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09/02/2012

n°525 - Journal d'Irak - du 05/01 au 08/02/12 -Qui disait que l’OTAN n’a pas participé à la guerre en Irak …?!-

n°525 - Journal d'Irak - du 05/01 au 08/02/12 - a1 -



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.Sa diffusion est un acte de résistance.

Les médias occidentaux dans leur large majorité ont de tout temps accepté les versions des armées occupantes et ferment les oreilles aux autres sources.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!



Journald'Irak

n°525                 du 05/01                  au 08/02/12

C.De Broeder & M.Lemaire



Le " Journal d’Irak  " est visible  sur ...

a) sur mes  blog : http://www.dhblogs.be/categories/International.html

                              http://www.lalibreblogs.be/categories/International.html

b) sur le site http://turkmenfriendship.blogspot.com/2007/10/journal-dirak-de-m-lemaire.html

c) sur le site de Eva Resis  :  no-war.over-blog.com

d) Et Sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

e) sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire :

Tiré à part

Qui disait que l’OTAN n’a pas participé à la guerre en Irak …?!

Le Koweït reçoit 1,02 md USD en réparations de guerre de l'Irak.  

Jean-Pierre Dubois : Criminels contre l'humanité : de l’agent orange à l’uranium appauvri.

1 Dommages Collatéraux... le Pentagone prolonge

1-1 Ramzy Baroud : Les victimes oubliées...

L'armée US admet avoir tiré sur des combattants anti-Qaïda.

2 L'Irak au cœur des débats.

Alain Gresh : Haditha, un massacre impuni en Irak.

Analyse & déclaration - a)   Les voisins 

Conflit confessionnel : Erdogan menace l’Irak: « La Turquie ne restera pas silencieuse."

Russie

La Russie prête à s'associer aux grands projets économiques.

3 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

3-1 Socialist Worker : Les médias passent sous silence les morts dont les Etats-Unis sont responsables.

4 Dossier & Point de vue

4-1 Almanar.com. : US d’Irak : Mensonges, et défaite sans précédent!

4-2 Anastasiya Pershkina : Des drones américains dans le ciel irakien.

5 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

5-1 McDonough County : A QUI PROFITE LE CRIME ?

5-2 Chems Eddine CHITOUR : Des GI’s auraient vendu des listings d’employés à des « insurgés ».

6  Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

6-1 Gilles Munier : Etats-Unis : départ d’Irak… sur la pointe des pieds ...

7 Annexe

7-1 Dr. Lawrence Davidson : Les Etats-Unis réduisent les coûts en utilisant de l’uranium appauvri dans ses guerres.

 


Tiré à part

Qui disait que l’OTAN n’a pas participé à la guerre en Irak …?!

Le secrétaire général de l’OTAN annonce la fin de la mission OTAN de formation (NTM-I).

« Le Conseil de l’Atlantique Nord a décidé d’entamer le retrait permanent du personnel de la mission OTAN de formation en Irak (NTM-I) à partir du 31 décembre 2011, date à laquelle l’actuel mandat de la mission viendra à expiration. Il n’a pas été possible de trouver un accord sur la prolongation de ce programme, qui a porté ses fruits, en dépit d’âpres négociations qui ont duré plusieurs semaines. L’OTAN est fermement résolue à maintenir son partenariat et ses relations politiques avec l’Irak, dans le contexte de l’actuel Cadre de coopération structurée. La mission OTAN de formation en Irak, qui a débuté en 2004 à la demande des autorités iraquiennes, a été un succès. Nos formateurs peuvent être très fiers de ce qu’ils ont accompli au cours de ces sept années : ils ont contribué à renforcer la capacité de sécurité de l’Irak, et ont aidé ce pays à développer une force de sécurité multiethnique, et plus stable à long terme. Depuis 2004, la NTM I a formé plus de 5 000 militaires et plus de 10 000 policiers en Irak ; elle a permis à plus de 2 000 autres personnes de participer à des stages organisés dans les pays alliés, et a fourni pour plus de 115 millions d’euros de matériel militaire ainsi que des fonds d’un montant total de 17,7 millions d’euros, versés au titre de fonds d’affectation spéciale par les 28 pays membres de l’OTAN et destinés à l’entraînement et à la formation dans des installations de l’Alliance ».(11.12.2011 – sur le site www.nato.int).

Ce communiqué est très révélateur : en premier lieu, il témoigne de l’échec magistral de la Coalition US-GB qui a fait la guerre contre l’Irak et celui de l’Otan qui a servi d’encadrement d’une soi-disant « armée nationale iraquienne ». Malgré un engagement militaire et financier colossal pendant des années, ils ne sont pas parvenus à imposer l’ordre impérial en Irak. En deuxième lieu, il ressort de ce communiqué que la participation de l’OTAN à la guerre était très importante, tant en fourniture de militaires, que de matériel et de moyens financiers. Enfin, le communiqué n’explique pas comment l’OTAN va, à la fois, mettre fin à sa mission… et renforcer son partenariat avec le gouvernement irakien. (C.P.)

http://csotan.org/ao/article.php?ao_id=44&art_id=595&Mois=d%E9cembre&Year=2011


Le Koweït reçoit 1,02 md USD en réparations de guerre de l'Irak.  

Les Nations unies ont versé jeudi au Koweït une tranche de 1,02 milliard de dollars (775 millions d'euros) au titre de réparations de guerre qui ont débuté en 1994, a annoncé la commission de compensation de l'ONU dans un communiqué.
Avec ce dernier paiement, le total des réparations de guerre versées au fonds spécial de l'ONU pour le Koweït s'élève désormais à 35,4 milliards de dollars.
Quelque 17 milliards doivent encore être versés, indique la commission de compensation de l'ONU, qui est basée à Genève. L'Irak verse actuellement 5% de ses revenus pétroliers et gaziers au fonds spécial de l'ONU au titre des réparations de guerre durant ses sept mois d'occupation du Koweït en 1991.

Après la chute du régime de Saddam Hussein en 2003, les autorités irakiennes ont à maintes reprises demandées l'allègement des compensations et des dettes héritées de l'ancien régime.
27/01/2012

http://www.letempsdz.com//content/view/69279/1/


Jean-Pierre Dubois : Criminels contre l'humanité : de l’agent orange à l’uranium appauvri.

L’humanité (avérées ou non) sont réservées à l’ennemi du moment, celui contre lequel nos gouvernements s’apprêtent à déchaîner le feu de leurs armées.

Mais que penser des dirigeants des Etats-Unis ?

L’AGENT ORANGE

C’est en 1962 que John F. Kennedy déclenche l'opération Ranch Hand, une guerre chimique contre la population du Vietnam qui consiste à répandre sur les forêts et les récoltes des millions de litres de défoliant : l´agent orange. [1]

Fabriqué par Mosanto, l'agent orange - qui contient de la dioxine - est responsable du développement de maladies chez les personnes exposées, notamment de plusieurs sortes de cancers.

En outre, la stabilité de la dioxine fait qu’elle continue d’agir bien après son épandage provoquant des malformations à la naissance d’enfants dont les parents ont été contaminés : cécité, diabète, troubles mentaux, déficits moteurs et intellectuels, malformations diverses.

Trente ans après la fin des hostilités, environ 60.000 adultes et plus de 200.000 enfants souffraient toujours de l'agent orange. [2]

L’opération Ranch Hand a duré jusqu’en 1971. Près de 80 millions de litres de ce défoliant auraient été déversés sur le Sud du Vietnam. Un cinquième des forêts auraient été atteintes et 400.000 hectares de terrains agricoles contaminés.

On estime de 2,1 à 4,8 millions le nombre de Vietnamiens qui ont été directement exposés à l’agent orange entre 1961 et1971. Auxquels il faut ajouter un nombre inconnu de Cambodgiens et de Laotiens, des civils et militaires américains, sud-coréens, canadiens, australiens et néo-zélandais. [3]

L’URANIUM APPAUVRI

En 2004, sous le mandat de G.W. Bush, plus de 15.000 soldats de l’armée américaine donnent l’assaut à la ville de Fallouja (Irak). Pendant plusieurs semaines les raids de l’aviation se succèdent larguant des centaines de tonnes de missiles.

Parmi ces projectiles figuraient des bombes au phosphore blanc, une arme chimique et incendiaire interdite contre les populations. Mais c’est l’usage massif de bombes à l’« uranium appauvri » qui a eu les conséquences les plus graves sur la santé des habitants de Fallouja.

Réalisé pour France-Info en juin dernier, le documentaire de Feurat Alani - Irak : Les enfants sacrifiés de Fallouja – montre les effets terribles de l’emploi de ces armes : des bébés naissent avec la tête difforme, des organes en moins ou des membres atrophiés. Un nouveau-né sur cinq serait atteint de malformations graves. A ces malformations apparues à partir de 2005, s’ajoute des cancers à des taux jamais atteints ailleurs.

Selon une étude scientifique publiée en 2010, sur la période 2006-2009, le taux de mortalité à Fallouja s'élèverait à 80 ‰, quand des pays voisins comme l'Egypte et la Jordanie affichent respectivement 19,8 et 17 ‰. [4]

Pour Feurat Alani, « chaque famille ou presque a son "bébé-monstre" à Fallouja ».

Sous-produit de l’enrichissement de l’uranium naturel, l’uranium appauvri présente une densité très élevée, propriété utilisée dans les applications militaires pour la fabrication de blindages et de projectiles. [5]

Avant Fallouja, l’armée américaine a utilisé des munitions à uranium appauvri lors de la première guerre du Golfe et dans les Balkans (30.000 obus ont été tirés au Kosovo et 10.000 en Bosnie). [6]

Pour la population civile, les dangers résident dans les poussières et les aérosols dissipés par l’effet pyrophore [7] des ogives d’obus à uranium appauvri.  Ces particules peuvent être inhalées ou ingérées dans les aliments, l’eau potable ou les sols contaminés.

La toxicologie chimique de l'uranium appauvri, plus importante que sa toxicité radiologique, est comparable à celle des métaux lourds comme le plomb ou le mercure.

L’OMERTA

Robert James Parsons [8] a révélé que « les agences des Nations unies ont imposé une chape de silence sur la dangerosité radiologique et chimique de cette arme » et qu’il a fallu attendre janvier 2001 pour que l’Organisation mondiale de la santé « envisage » d’enquêter sur les effets de l’uranium appauvri sur les populations du Golfe.

Les Etats-Unis n'ont pas ratifié le traité de Rome qui institue la Cour pénale internationale.

Ce qui met ses dirigeants et chefs militaires à l'abri de toute poursuite pour leurs crimes.

[1] L’agent orange doit son nom aux bandes de couleur orange inscrites sur les fûts dans lesquels il était stocké.

[2] Dans une maternité d’Ho-Chi-Minh-Ville sont conservés tous les fœtus « monstrueux » dans du formol, on peut y voir des frères siamois partageant une seule tête disproportionnée, un tronc a deux têtes, des cas d’anencéphalie (absence de cerveau), de microcéphalie (petit cerveau)...

[3] Les soldats américains (68.000) et coréens (20.000), qui ont été victimes de l'agent orange, ont obtenu des fabricants le versement d’une indemnité à titre de compensation (environ 250 millions de dollars). En revanche, l'association vietnamienne des victimes de l'agent orange/dioxine a vu sa plainte rejetée par la justice américaine.

[4] International Journal of Environmental Research and Public Health.

[5] La plus caractéristique des munitions à uranium appauvri est l’obus-flêche. Il est doté d’une barre à uranium appauvri longue d'environ 25 cm. Son impact sur un char provoque une fusion du blindage et une projection de métal liquide dans l’habitacle. Le char explose en 5 secondes.

[6] En 2001, après la guerre du Kosovo, l’Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe a réclamé l’interdiction de la fabrication, des essais, de l'utilisation et de la vente d'armes à l’uranium appauvri afin de préserver les générations présentes et futures.

[7] Lors de l’impact, l’uranium appauvri se divise en très fines particules dont certaines prennent feu spontanément : c’est la caractéristique d’un  métal « pyrophore ».

[8] Loi du silence sur l’uranium appauvri, Le Monde diplomatique, février 2001.

Jean-Pierre Dubois

http://lepetitblanquiste.hautetfort.com/archive/2012/01/02/de-l-agent-orange-a-l-uranium-appauvri.html



1 Dommages Collatéraux... le Pentagone prolonge

1-1 Ramzy Baroud : Les victimes oubliées...

Quelqu’un devrait faire savoir aux pourvoyeurs d’informations pour le grand public que les 4500 soldats américains tués dans la guerre en Irak ne sont de loin pas les seules victimes.

Des centaines de milliers d’Irakiens ont également été tués à la suite de l’invasion injustifiée des États-Unis, et un bien plus grand nombre encore ont été blessés et à jamais estropiés.

Abdul Hussein Hassan porte son fils âgé de 10 mois, près de leur maison et à l’écart d’un dépôt de pétrole en feu dans ce qui était un camp de l’armée irakienne dans la banlieue de Bagdad le 29 avril 2003 - Photo : Reuters/Yannis Behrakis YB

Il y a de fortes chances que toutes ces victimes de la guerre en Irak seraient encore en vie aujourd’hui s’il n’y avait pas eu George Bush et sa clique de néo-conservateurs. Montrant un bizarre mélange de délire évangélique, de bravade de cow-boy et de désir pathologique de « garder Israël sécurisé », ils n’ont eu de cesse de détruire l’Irak.

Un court reportage sur WTKR, une station en Virginie liée à CBS et référencé sur le site internet du Los Angeles Times le 16 décembre, montre des images d’un drapeau américain en train d’être enroulé dans une petite base américaine à Bagdad. Lors de la cérémonie, le secrétaire à la Défense Leon E. Panetta, a rappelé les sacrifices des États-Unis et voulu justifier l’une des guerres les plus destructrices de l’histoire contemporaine. De nombreux bulletins d’informations ont également déclaré que la guerre en Irak était terminée, mais certains exprimaient des doutes en se demandant si les Irakiens - présentés comme de tous temps, si ce n’est génétiquement, condamnés à être violents - seraient capables de s’occuper eux-mêmes de leurs propres affaires maintenant que les Etats-Unis ont mis fin à leur intervention « humanitaire ».

Faisons un bref récapitulatif : l’enquête de The Lancet a déterminé que entre mars 2003 et Juin 2006, 601 027 Irakiens sont morts de mort violente. L’enquête d’affaires de Opinion Research Bussiness a révélé que 1 033 000 personnes avaient été tuées à la suite du conflit entre mars 2003 et août 2007. Dans une révélation sans équivalent, Wikileaks a déclaré que « la diffusion de près de 400 000 fichiers américains classés sur la guerre en Irak a permis d’établir que 15 000 civils irakiens sont morts en plus de ce que l’on estimait auparavant ». Cela s’ajoute aux centaines de milliers de vies perdues dans le long blocus imposé à l’Irak tout au long de la décennie qui a précédé, et les centaines de milliers d’autres vies perdues pendant la première guerre contre l’Irak entre 1990 et 1991.

Si l’on met les chiffres de côté, les médias spécialistes des retournements de veste [traduction approximative de spin-mongers - NdT] s’activent à changer les termes de la discussion en procédant par omission, s’appuyant sur des mensonges et un pur et simple racisme. Prenez par exemple l’article de Loren Thomspon dans Forbes. Thompson est persuadée que la guerre était une erreur - non en raison de n’importe quel critère d’immoralité ou d’illégalité - mais purement à cause d’erreurs pratiques impliquant des ressources, un manque de volonté, le sectarisme en Irak et l’incohérence au niveau militaire, etc... Malgré ces erreurs, « nos intentions étaient bonnes », a déclaré Thompson. Afin de s’assurer que personne n’imagine qu’elle fasse « un travail de sape » de gauche et anti-guerre - la perception dans les médias de droite de quiconque s’oppose à la guerre américaine pour une raison quelconque - elle fait une affirmation intéressante :

« Ce que les dirigeants et une majorité de l’électorat américain savent à présent, c’est qu’en premier lieu l’Irak n’aurait jamais dû être un pays, donc essayer d’y faire fonctionner la démocratie est susceptible d’être une tâche ingrate » (Forbes, Décembre 15).

Une telle intransigeance et un tel manque de sensibilité (détruire un pays souverain, puis nier son droit à avoir jamais existé- ce qui rappelle la logique du comportement d’Israël en Palestine) - sont les principales caractéristiques de la représentation de la guerre en Irak par les médias américains.

Dans leur article du Los Angeles Times du 15 décembre, David S. Cloud et David Zucchino reconnaissent, quoique tardivement, que des Irakiens ont été tués. Toutefois, ils se contenent de citer le chiffre le plus bas qu’ils ont pu trouver (à partir du site Web de Body Count), et usent de généralisations qui indirectement font porter la responsabilité de la violence aux Irakiens eux-mêmes. « Avec les Américains partis, c’est (aux Irakiens) d’aider à contrôler la violence endémique dans le pays », écrivent-ils.
Oui, « endémique » signifie « naturelle ou caractéristique d’un peuple ou d’un lieu » (Dictionary.com). Si les Irakiens sont enclins à la violence en raison de leur nature culturelle, religieuse ou même génétique, pourquoi dont le comptage quotidien des morts Irakiens commence-t-il en mars 2003, date de l’invasion américaine ? Qui a pris la décision d’aller à la guerre, faisant de la violence quelque chose « d’endémique » ? Certainement pas le peuple irakien.

Et ce n’était pas les Irakiens qui ont semé les germes de leurs propres conflits inter-confessionnels non plus. Cela a également été le cadre d’une stratégie visant à redéfinir le rôle militaire des Etats-Unis depuis la recherche d’armes (inexistantes) de destruction massive vers la lutte contre le terrorisme, tout en prétendant simultanément éteindre le feu de la violence sectaire.

En termes militaires brut, la guerre en Irak peut être présentée comme terminée, mais ce n’est pas le cas du point de vue des Irakiens. Cette guerre qui a commencé il y a près de neuf ans avec la campagne de bombardement destinée à produire « choc et effroi », est symptomatique des politiques américaines à venir. La région entière est devenue l’épine dorsale d’un empire américain sur le déclin.

Dans son livre très marquant, The Shock Doctrine : The Rise of Disaster Capitalism, Naomi Klein décrit comment la guerre en Irak avait pour but de construire un modèle pour le Moyen-Orient. C’était une expérience, dont le succès présumé pourrait influer sur la géopolitique de la région tout entière. Dans le chapitre intitulé, « Effacer l’Irak : À la recherche d’un ’modèle’ pour le Moyen-Orient », Klein décrit la tentative de détruire et ensuite de « ressusciter » le pays en le faisant entrer dans le moule adéquat pour ceux qui ont administré sa chute. Elle conclut la partie 6 avec la déclaration suivante : « Pour finir, la guerre en Irak a créé un modèle d’économie ... Elle est devenue un modèle pour la guerre privatisée et la reconstruction - un modèle qui est rapidement devenue prêt pour l’exportation ».

Ecrivant sur le site Web de Fox News sous le titre « Irak : La victoire ou la défaite », Oliver North ne manifestait aucune empathie et certainement pas pour les Irakiens. « Qui a gagné ? », a-t-il demandé. « Courte réponse : les soldats, les marins, les aviateurs, les gardes et les marines américains, et le peuple américain, dont les fils et filles ont servi en Irak. »

C’est ce type de patriotisme irrationnel et de hooliganisme intellectuel qui ont rendu en premier lieu la guerre possible. Et ils continueront à faciliter de futures guerres, suivies de fausses victoires.

Les millions d’Américains (et beaucoup plus dans le monde), qui sans crainte et avec courage se sont opposés à la guerre, continueront à le faire. Si les Etats-Unis veulent récupérer une once de crédibilité dans le monde, il doivent cesser de considérer la guerre comme une simple occasion stratégique. La guerre est brutale et inhumaine. Elle est coûteuse à tous les niveaux et ses terribles conséquences traversent les générations - ce que l’avenir de l’Irak va avec certitude, et si tristement, révéler.

samedi 7 janvier 2012 - 06h:34

Ramzy Baroud

Ramzy Baroud (http://www.ramzybaroud.net) est un journaliste international et le directeur du site PalestineChronicle.com.

Son dernier livre, Mon père était un combattant de la liberté : L’histoire vraie de Gaza (Pluto Press, London), peut être acheté sur Amazon.com.

22 décembre 2011 - Communiqué par l’auteur
Traductions : Info-Palestine.net - Nazem


L'armée US admet avoir tiré sur des combattants anti-Qaïda.

Un groupe de plus de cent combattants de Jorf al-Sakher, dans le sud de l'Irak, ont cessé samedi de coopérer avec l'armée américaine.

L'armée américaine a admis dimanche avoir tiré la veille sur des combattants anti-Qaïda dans le sud de l'Irak, provoquant pour la première fois la démission d'un groupe de plus de cent hommes.
"Une enquête a été ouverte sur cet incident.

Toutefois nous avons été pris pour cible en premier et avons riposté. Nous pensons que les (combattants anti-Qaïda) nous ont visé par erreur et il se peut que nous en ayons tué trois", a affirmé le commandant Brad Leighton à l'AFP. "Nous regrettons la perte de vie innocente et la politique de la coalition est de dédommager les familles des personnes tuées accidentellement dans nos opérations", a poursuivi le commandant.
Un groupe de plus de cent combattants de Jorf al-Sakher, dans le sud de l'Irak, ont cessé samedi de coopérer avec l'armée américaine, qu'ils accusent d'avoir tués trois des leurs, ce qui porte, selon eux, à 19 le nombre de leurs combattants tués par erreur depuis un mois. "Le groupe du réveil de la région de Jorf al-Sakher (au nord de la ville de Hilla, située à 100 km au sud de Bagdad), qui compte 110 combattants, a démissionné de ses fonctions pour protester contre les assassinats planifiés menés par la coalition", a affirmé le chef du groupe, Sabah al-Janabi à l'AFP.
Selon M. Janabi et un responsable local de la police, Ali al-Lami, les trois combattants anti-Qaïda ont été tués par un tir d'hélicoptère américain. "Il s'agit du troisième incident en un mois. Nous avons déjà perdu 19 hommes et 12 ont été blessés par des bombardements de la coalition", a dit M. Janabi. Les "comités populaires", également baptisés les "forces du réveil" ou encore les "fils de l'Irak", sont des groupes mobilisés depuis septembre 2006 avec le soutien financier américain pour lutter contre Al-Qaïda.
Au nombre de 130 groupes, ils regroupent 80.000 combattants en grande majorité des sunnites, selon les estimations américaines.
Dans quelques régions d'Irak, des tensions sont toutefois apparues entre ces groupes et l'armée américaine ou les autorités locales.

(afp)

http://www.7sur7.be/7s7/fr/1734/Irak/article/detail/173919/2008/02/17/L-arm-e-US-admet-avoir-tir-sur-des-combattants-anti-Qa-da.dhtml



2 L'Irak au cœur des débats.

Alain Gresh : Haditha, un massacre impuni en Irak.

Ce taux élevé d’acquittement confirme, bien évidemment, aux yeux des Irakiens comme des peuples de la région, que le discours démocratique et humanitaire tenu par l’Occident est la couverture d’une politique cynique.

 La nouvelle a été réduite à quelques lignes dans Le Monde et à peine évoquée ailleurs. Le quotidien du 27 janvier écrivait : « L’arrangement judiciaire qui a permis au sergent des marines américain Frank Wuterich, accusé de la mort de 24 civils irakiens (dont 10 femmes et enfants tués à bout portant) en novembre 2005 à Haditha, d’échapper à la prison a provoqué l’écœurement en Irak. En plaidant coupable devant une cour martiale de Camp Pendleton, M. Wuterich n’encourt que la dégradation et une peine maximale de trois mois aux arrêts. Le président de la commission des droits de l’homme du Parlement irakien, Salim Al-Joubouri a dénoncé une “atteinte à la dignité des Irakiens”. [1] » Point final, aucun commentaire, aucun éditorial indigné, ni dans Le Monde, ni dans les autres médias. Le porte-parole du Quai d’Orsay, si prompt à s’émouvoir de toute violation des droits humains, est resté silencieux.

Rappelons les faits. Le 19 novembre 2005 à Haditha, une ville de la province d’Al-Anbar, une mine artisanale explose sur le passage d’un convoi américain ; elle provoque la mort d’un caporal. En représailles, les marines tueront un grand nombre de civils et tenteront de camoufler le crime en prétendant que la grande majorité des morts avait été provoquée par la bombe. Mais les incohérences de cette version et le travail de la presse, notamment du Time Magazine, amèneront l’ouverture d’une enquête et la reconnaissance du fait que les troupes américaines ont délibérément tiré sur des civils. En 2007, Hollywood produit même un film, Battle for Haditha (Nick Broomfield), qui raconte le crime.

Pourtant, le procès qui s’est déroulé il y a quelques jours et qui a abouti à l’abandon des poursuites contre six marines et une peine légère pour le dernier, montre à quel point la justice des États-Unis est biaisée quand il s’agit de crimes de guerre commis par ses propres citoyens. On comprend mieux pourquoi Washington, si empressé de vouloir envoyer devant la Cour pénale internationale tel ou tel dirigeant d’un petit pays, refuse d’en signer le statut, de peur d’y voir traînés ses propres responsables, dont ceux qui ont déclenché la guerre contre l’Irak (lire « Du Liban à l’Irak, juger les criminels ? »).

Dans un article du New York Times du 27 janvier, « An Iraqi Massacre, a Light Sentence and a Question of Military Justice », Charlie Savage et Eilsabeth Bumiller écrivent : « Les informations limitées disponibles montrent que même quand les militaires ont essayé de poursuivre des soldats pour meurtre ou massacre en zone de combat, le taux d’acquittement a été bien plus élevé que pour des cas civils. » Ce taux élevé d’acquittement confirme, bien évidemment, aux yeux des Irakiens comme des peuples de la région, que le discours démocratique et humanitaire tenu par l’Occident est la couverture d’une politique cynique.
[1]
« Haditha : le scandale après le massacre »
Alain Gresh

lundi 30 janvier 2012

Le Monde diplomatique



Analyse& déclaration

a)   Les voisins 

Turquie

Conflit confessionnel : Erdogan menace l’Irak: « La Turquie ne restera pas silencieuse."  

Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a prévenu mardi les autorités irakiennes que la Turquie ne restera pas silencieuse si elles favorisent un soi-disant « conflit confessionnel » en Irak, alors que Bagdad a récemment accusé Ankara d'interférer dans ses affaires intérieures.
"M. (le Premier ministre irakien Nouri) al-Maliki doit comprendre ceci: si vous entamez un processus d'affrontement en Irak sous la forme d'un conflit confessionnel, il n'est pas possible que nous restions silencieux", a déclaré M. Erdogan dans une allocution devant les députés de son parti à Ankara.
"Il n'est pas possible que nous restions silencieux car nous partageons avec vous une frontière commune, nous avons des relations de parenté, chaque jour nous sommes en contact avec vous", a-t-il dit.
"Nous attendons des autorités irakiennes qu'elles adoptent une attitude responsable qui laisse de côté les discriminations confessionnelles et prévienne les conflits confessionnels", a ajouté Erdogan.
Le Premier ministre a dénoncé des "déclarations très laides et malvenues" de M. Maliki, faisant référence à des reproches exprimés le 13 janvier par celui-ci, qui a accusé la Turquie de s'immiscer dans les affaires intérieures de l'Irak.
La Turquie s'était opposée à un mandat d'arrêt émis contre le vice-président irakien, Tarek Hachémi, accusé de diriger des escadrons de la mort en Irak.
http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?eid=47239&cid=20&fromval=1&frid=20&seccatid=29&s1=1


Irak

L'Irak qualifie de "provocation" les déclarations d'Erdogan
Le bureau du Premier ministre irakien, Nuri al-Maliki, a qualifié mardi de provovation les déclarations du Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, qui a affirmé qu'Ankara ne resterait pas silencieux si les autorités de Bagdad favorisaient un conflit confessionnel en Irak.
"M. Erdogan a provoqué tous les Irakiens par ses déclarations, particulièrement ceux qui croient qu'il les défend", affirme le communiqué faisant clairement allusion aux sunnites.
http://www.lorientlejour.com/category/Derni%C3%A8res+Infos/article/741734/LIrak_qualifie_de_%22provocation%22_les_declarations_dErdogan.html


Russie

la Russie prête à s'associer aux grands projets économiques.  
La Russie est prête à prendre une part plus active aux projets économiques d'envergure en Irak, a déclaré jeudi le représentant spécial du président russe pour le Proche-Orient, Mikhaïl Bogdanov.
"M. Bogdanov a réaffirmé que les sociétés russes étaient prêtes à s'associer à la mise en œuvre de projets importants dans différents secteurs de l'économie irakienne, à la condition que la sécurité des ressortissants russes en Irak soit assurée", lit-on dans un communiqué du ministère russe des Affaires étrangères.
Ce document a été publié sur le site du ministère à l'issue de négociations entre M. Bogdanov et une délégation du mouvement politique Moqtada al-Sadr, conduite par le leader du mouvement Mustafa el-Yacoubi.
La présence d'entreprises russes en Irak est particulièrement importante dans le secteur énergétique. Ainsi, la compagnie Gazprom Neft a entamé un forage de prospection sur le champ pétrolifère de Badra. Une autre entreprise russe, le groupe Lukoil, procède avec le norvégien Statoil à la mise en valeur du gisement pétrolier West Qurna-2. La production de brut doit y démarrer en 2013.
http://fr.rian.ru/business/20120126/193159417.html



3 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information

3-1 Socialist Worker : Les médias passent sous silence les morts dont les Etats-Unis sont responsables.

Plus d’un million d’Irakiens sont morts dans la guerre américaine.

Cette phrase est un test décisif. La réaction immédiate de certaines personnes est de dire "Ce n’est pas possible" parce que les Etats-Unis ne pourraient pas faire une chose pareille. Ou parce que des crimes d’une telle envergure ne se produisent plus. Ou parce qu’ils se produisent mais seulement dans des endroits épouvantables que les Etats-Unis n’ont pas encore libérés.

Un million de morts c’est un chiffre qui vous fait dire "Grand-papa, pourquoi n’as-tu rien fait pour empêcher ça ?". C’est un chiffre qui place indéniablement les Etats-Unis au rang des méchants de l’histoire. Ceux qui ne peuvent pas ou ne veulent pas accepter cela ne peuvent pas non plus admettre qu’un million d’Irakiens soit mort. Leur cerveau rejette cette éventualité comme s’il s’agissait d’un virus étranger.

Noam Chomsky a écrit un jour que "le signe d’une culture vraiment totalitaire est que des vérités importantes ont tout simplement perdu tout sens pour les gens et sont assimilées à des provocations du niveau de ’Va te faire foutre !’ et ne peuvent générer en réponse qu’une torrent parfaitement prévisible d’injures."

C’est en effet à peu près la manière dont les médias ont réagi au chiffre de un million quand il a été annoncé en 2007 par la firme de sondages britannique, Opinion Research Business (ORB) (En fait la firme estimait que 1 220 580 Irakiens étaient morts, ce qui confirmait en la mettant à jour une étude réalisée l’année précédente par des chercheurs de l’Université Johns Hopkins et publiée dans le journal médical The Lancet).

Prenons par exemple Kevin O’Brien, le rédacteur en chef du Cleveland Plain Dealer. Quand il a reçu le mail qui l’informait des résultats des recherches de ORB qui a parmi ses clients le Parti Conservateur Britannique et Morgan Stanley, il a répondu : "Enlevez-moi de votre mailing list et épargnez-moi votre propagande cousue de fil blanc".

* * * *

"Nous ne tenons pas le compte des cadavres" est la célèbre réponse que le Général Tommy Franks a faite à un reporter qui l’interrogeait sur les pertes civiles. Il n’est pas le seul dans son cas.

Dans les commentaires moroses du mois dernier sur la fin de la guerre en Irak, on a rarement trouvé un chiffre correspondant au nombre d’Irakiens morts. Les reporters ont répété que les chiffres des pertes irakiennes "n’étaient pas connus", ce qui montre que les médias ont à peu près le même intérêt pour le nombre de morts en Irak que pour le nombre d’écureuil morts dans un feu de forêt.

Ce que Mary Milliken de Reuters a écrit est typique : "Aujourd’hui nous avons commémoré la mort dans cette guerre d’un nombre inconnu d’Irakiens et celle de presque 4 500 Etasuniens."

Combien d’Etasuniens sont morts, Mary ? - Presque 4 500. Et combien d’Irakiens ? - Oh, vous savez, beaucoup. Un grand nombre.

"Un nombre inconnu" signifie qu’il n’y a pas d’estimation disponible du nombre exact de morts irakiens. En fait, il y en a deux : une organisation intitulée Iraq Body Count (IBC) a estimé à environ 110 000 le nombre d’Irakiens morts, sur la base des rapports des médias et des statistiques du ministère de la Santé. IBC admet que ce total est sûrement inférieur à la réalité parce que les armées d’occupation et les combattants de guerres civiles sectaires n’ont pas l’habitude de bien tenir leurs livres de comptes, mais il n’est pas d’accord avec le chiffre plus élevé de ORB et Johns Hopkins indiqué plus haut.

Sans vouloir entrer dans un débat méthodologique, il y a des chiffres disponibles qui permettraient de se faire une bonne idée des pertes civiles en Irak. Mais les reporters comme Kevin O’Brien et Mary Milliken ne les font pas "connaître".

Le silence qui entoure les chiffres n’est pas tant une conspiration que l’évidence que certains chiffres sont absolument incompatibles avec la mentalité impériale étasunienne.

Prenons un autre chiffre funeste d’une décennie antérieure : selon le Fond pour les Enfants de l’ONU, 500 000 enfants irakiens sont morts dans les années 1990 à cause des sanction imposées par l’ONU (sous la pression des Etats-Unis) qui empêchaient les médicaments et autres produits de première nécessité d’entrer dans le pays.

En 2000, le coordinateur des l’aide humanitaire de l’ONU a donné sa démission pour protester contre les sanctions, deux ans après que son prédécesseur ait fait la même chose. Ces deux diplomatiques expérimentés ont plus tard utilisé le mot "génocide" pour décrire la politique étasunienne.

Si vous ignorez ces faits ou les avez oubliés, vous n’êtes pas le seul. Il en est de même pour ceux qui ont décidé d’attaquer l’Irak. Il n’y a pas d’autre explication au fait que la stratégie de guerre et d’occupation étasunienne reposait sur la présomption que leur soldats seraient accueillis en libérateurs par les parents de ces 500 000 enfants. (Les sanctions d’ailleurs n’avaient pas été imposées au nord kurde, la seule partie d’Irak qui n’a pas offert de résistance massive à l’occupation étasunienne).

Ce n’est pas par hasard que la plupart des militants pacifistes les plus engagés sont des révolutionnaires d’une couleur ou d’une autre. Nous sommes capables d’appréhender l’atrocité du crime commis contre l’Irak parce que nous sommes radicaux. Et vice-versa.

Nous, les révolutionnaires, nous sommes confrontés ironiquement à la sagesse conventionnelle qui nous accuse d’être des adeptes fanatiques de "la fin justifie les moyens" sans aucun souci du sang versé, parce que nous voulons transformer la société.

Mais c’est Madeleine Albright, la Secrétaire d’Etat de l’époque, qui a dit en parlant de la mort des 500 000 enfants irakiens que "c’était le prix à payer". Et c’est Leon Panetta, le secrétaire de la Défense actuel qui a utilisé exactement la même expression à propos de la seconde invasion et occupation de l’Irak.

Ces paroles sont l’expression d’une ordre fanatique auquel nous devrions tous nous opposer de toutes nos forces.

Danny Lucia

Pour consulter l’original :http://socialistworker.org/2012/01/30/one-million-dead

Traduction : Dominique Muselet

URL de cet article 15724
http://www.legrandsoir.info/un-million-de-morts-en-irak-socialist-worker.html



4 Dossier & Point de vue

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information.

4-1 Almanar.com. : US d’Irak : Mensonges, et défaite sans précédent!

Les dirigeants américains se sont attelés ces derniers jours à transfigurer leur défaite factuelle en Irak en une victoire illusoire.

Les Etats-Unis qui ont envahi ce pays riche en pétrole, n’ont certainement pas dépensé gratuitement plus de mille milliards de dollars et perdu des milliers de leurs soldats pour l’offrir à leur ennemi juré l’Iran.

L’administration américaine a tout fait pour garder des bases militaires à proximité de l’Iran et des milliers de ses soldats sous le titre de « formateurs américains », mais elle s’est affrontée à un refus ferme de la part des Irakiens.

Malgré cela, les dirigeants américains persistent dans le mensonge. 

L’opinion publique n’a pas encore oublié le «grand mensonge» de Bush sur les armes de destruction massive en Irak propagé pour justifier l’invasion du pays en 2003.

Aujourd’hui, son successeur, Barak Obama, semble adopter la même voie de falsification des faits, en qualifiant de « réussite extraordinaire » le retrait humiliant d’Irak.

Obama salue la « réussite » en Irak

S'exprimant mercredi sur la base de Fort Bragg (Caroline du Nord), le président américain a donc marqué «un moment historique de la vie de notre pays et de notre armée».
«Et tant que commandant en chef, je suis fier, au nom de la nation reconnaissante, de vous dire enfin ces mots:

«(…) C'est une réussite extraordinaire, qui a pris neuf ans».

Prix élevé de la guerre

Obama s’est en outre contredit en rappelant le «prix élevé» de la guerre, qui a coûté la vie à quelque 4500 Américains.

« Plus de 30.000 Américains ont été blessés, et ce sont seulement les blessés dont les blessures sont visibles», a-t-il ajouté, en allusion aux séquelles psychologiques dont souffrent les anciens combattants.
Cérémonie marquant la fin d’occupation à Bagdad

Entre-temps, en Irak, les soldats d’occupation américaine ont symboliquement marqué jeudi à Bagdad, lors d'une cérémonie, la fin de leur occupation.

Le général Lloyd Austin, qui commande les forces américaines dans ce pays a replié officiellement le drapeau des Forces américaines en Irak (USF-I).

La cérémonie a eu lieu à l'aéroport de Bagdad, endroit emblématique puisque ce fut le premier secteur occupé par l'armée d’occupation en mars 2003.

Panetta prédit des défis en Irak

Le secrétaire américain à la guerre Leon Panetta qui a participé à cette cérémonie, a prédit que "l'Irak va être confronté à des défis lancés par les terroristes et par ceux qui vont essayer de diviser le pays, mais les Etats-Unis resteront aux côtés des Irakiens", selon lui.

Le nombre des soldats US tués est beaucoup plus supérieur à celui annoncé

Selon le témoignage d'un soldat US se prénommant Kevin daté du 23 mai 2011, il n’y aurait pas seulement 4500 soldats américains qui ont été tués en Irak.

''Je peux attester qu'en 2007 lorsque j'étais en activité, je me suis porté volontaire pour décharger les cercueils de soldats US sur une base aérienne. Je faisais parti de deux équipes qui se relayaient jour et nuit par un roulement de 12 heures. J'ignore si cette activité était entreprise avant ou sur d'autres bases aériennes. De même, j'ignore, mais je le soupçonne fortement, si cette activité a continué par la suite. Depuis toujours nous avons considéré que le nombre officiel des tués US était en contradiction amère avec la réalité. ''

Fête parmi la population

Côté irakien, des milliers de personnes ont brûlé des drapeaux américains, brandi des banderoles et défilé dans les rues de plusieurs villes irakiennes pour fêter à leur façon le retrait humiliant des troupes d’occupation du pays.

http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?eid=41626&cid=20&fromval=1&frid=20&seccatid=29&s1=1


4-2 Anastasiya Pershkina : Des drones américains dans le ciel irakien.

Les relations entre les Etats-Unis et l'Irak sont sous la menace des drones américains. Comme l’affirment les autorités irakiennes, les appareils de renseignement survolent le territoire de leur pays sans autorisation, ce qui représente une menace non seulement pour la sécurité des citoyens, mais aussi pour la souveraineté nationale de l'Irak.

Les autorités américaines, en répondant aux accusations des Irakiens, affirment que des drones «diplomatiques» sont utilisés pour survoler le pays. Ils volent à basse altitude et recueillent des informations concernant les embouteillages sur les routes qu’empruntent les convois. Ce qui peut être également intéressant pour ces appareils, ce sont des manifestations qui sont organisées dans le pays. Mais le gouvernement irakien ne croit pas à ces explications et donne l’exemple du Pakistan, où les drones sont utilisés pour chasser les Talibans, mais ils attaquent parfois aussi des civils. Par ailleurs, l’Irak craint également qu’après les drones de renseignement, des drones militaires puissent apparaître dans l’espace aérien de l’Irak.
«Le terme de «drone diplomatique» est très arbitraire et suscite un certain étonnement», considère Petr Topytchakov, l’expert du Centre de sécurité internationale de l’Institut de l'économie mondiale et des relations internationales (IMEMO) de l’Académie Russe des sciences. «Car on ne connaît pas la différence entre un drone «diplomatique» et «non-diplomatique». La question, c’est de savoir quelle est la mission de ces appareils. Il est évident que dans le cas de l’Irak, il s’agit des missions de renseignement. Le drone doit prendre des photos, transmettre des images du déploiement des forces militaires, et du déplacement des personnes. Il doit examiner les différents objets militaires. Mais dans quel but ces appareils peuvent-ils être utilisés par la suite ? Les Irakiens supposent qu’ils pourraient être utilisés pour des bombardements. Rien n’empêche de les utiliser ensuite dans ce but».
Les préoccupations des autorités irakiennes son tout à fait compréhensibles. En 2011, même si certains spécialistes considèrent cette opération de «rebranding», le retrait des troupes américaines d'Irak a bien été terminé. Seule une division militaire, composée de 5000 personnes, se trouve toujours sur le territoire du pays. Elle assure la garde de l’Ambassade américaine en Irak. Par ailleurs, les Etats-Unis n’ont pas cessé d’apporter une aide financière au gouvernement irakien. Et les Irakiens, en l’acceptant, craignent que les Américains vont à nouveau s’impliquer activement dans la politique du pays.
«Pour les Etats-Unis, l’Irak est devenu un terrain d'essais, sur lequel sont testés des mécanismes de diffusion des principes de contrôle politique, caractéristique pour les pays occidentaux», analyse Petr Topytchkanov. «Strictement parlant, le changement de régime, la création de nouvelles institutions du pouvoir, le changement total du paradigme du gouvernement - tout cela a été utilisé en Irak après la destitution de Saddam Hussein. Et les Etats-Unis espèrent voir en l'Irak un État qui puisse devenir un possible modèle d’Etat démocratique pour les pays du Moyen-Orient. Et ce terrain d’essai a influencé indirectement les autres pays et les événements politiques qui sont communément appelés le par le terme «Printemps arabe».
L’Irak reste en outre un tremplin important pour les Etats-Unis dans la région, car il possède des frontières communes avec deux Etats hostiles envers les Etats-Unis – la Syrie et l’Iran.
«Ce pays peut jouer deux rôles différents», estime Fedor Loukianov, le rédacteur en chef du magazine La Russie dans la politique globale. «Il peut jouer le rôle du pont qui relie deux Etats amicaux et proches, et apporter un soutien du régime syrien depuis l’Iran et participer ainsi dans des mouvements anti-occidentaux et anti-sunnites. Mais si les Etats-Unis vont faire pression sur ce pays, l’Irak pourra au contraire être un obstacle à la coopération entre l'Iran et la Syrie, et aider ainsi à renfermer l'anneau d’isolation autour du régime d'Assad».
Les experts estiment que les Etats-Unis tentent d'étouffer le scandale actuel autour des drones et vont demander officiellement aux autorités irakiennes l’autorisation pour leur utilisation. La principale raison de cela – ce sont les élections présidentielles américaines. En tant que candidat, Obama ne va pas aggraver les relations avec aucun pays, redoutant de perdre son soutien populaire. Mais après novembre 2012, des changements de la position américaine sont possibles, surtout si la présidence sera assurée par un représentant du Parti républicain.

Anastasiya Pershkina

Jeudi 2 Février 2012

french.ruvr.ru



5 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

5-1 McDonough County :A QUI PROFITE LE CRIME ?

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information.

De nombreux vétérans post 11-Septembre estiment que les guerres n’en valaient pas la peine.

Dix années se sont écoulées depuis que les États-Unis ont envahi l’Afghanistan, et durant cette décade, [les USA] ont perdu plus de 6000 soldats dans les conflits tant là qu’en Irak.
Les vétérans post 11-Septembre et les troupes [US] encore à l’étranger se sont battues avec courage et abnégation pour protéger notre nation loin de leurs êtres chers, pour effectuer souvent plusieurs périodes de service au front.
Tandis que le président Obama semble vouloir retirer pratiquement toutes les troupes d’Irak d’ici la fin de l’année, la mission en Afghanistan n’est toujours pas terminée. Le personnel militaire continue d’endurer des sacrifices, parmi lesquels le syndrome du stress post-traumatique et les blessures physiques de guerre.
Aussi, lorsque les vétérans nous font part de leurs opinions sur les missions pour lesquelles ils ont tant sacrifié, nous devrions écouter attentivement. Le Pew Research Centre a diffusé un récent sondage de vétérans post 11-Septembre qui contient quelques informations surprenantes : un tiers des vétérans pense que les guerres en Irak et en Afghanistan n’en valaient pas la peine.
Bien que cette opinion ne soit pas majoritaire, il est surprenant qu’un pourcentage aussi élevé de ceux qui ont risqué leurs vies pour les causes en Irak et en Afghanistan estime que ces guerres n’auraient jamais dû être entreprises.
Le sondage a aussi révélé que pour la majorité des vétérans post 11-Septembre, après dix années de combats, l’Amérique devrait se concentrer moins sur les affaires extérieures et davantage sur ses problèmes domestiques.
Que l’Américain moyen ne fasse pas grand cas de ces missions est une chose. Après tout, elles sont devenues depuis longtemps des problèmes tant politiques que militaires, et il a finalement été demandé relativement peu de sacrifices aux familles de non-combattants – même au niveau des impôts.
Mais concernant ceux qui ont été les témoins directs des efforts en cours, qui ont subi au premier chef la dévastation des guerres et qui ont vu leurs effets sur nos Alliés et leurs positions, il extrêmement frappant de les voir manifester de tels sentiments au sujet de leur expérience à l’étranger.
Ces sentiments sont exactement ce que l’administration Obama devrait prendre en considération alors qu’elle planifie ses prochaines actions. Si autant de vétérans en viennent à penser que partir en guerre fut une erreur depuis le début, il serait temps que le gouvernement réfléchisse exactement pourquoi il en est ainsi et pourquoi il se bat.

McDonough County The Voice

http://11septembre2001.blogspot.com/


5-2 Chems Eddine CHITOUR : Des GI’s auraient vendu des listings d’employés à des « insurgés »

Retrait des Américains d’Irak : le chaos en cadeau d’adieu

 « On dit que le calife Haroun Errachid envoya comme cadeau à Charlemagne empereur d’Occident, à Aachen, une clepsydre, une horloge à eau, la première au monde à pouvoir mesurer le temps. Charlemagne envoya ce qu’il avait de mieux comme cadeau, des lévriers. »

Voilà résumé en une phrase le niveau de Bagdad il y a de cela 1200 ans comparé à l’Occident d’alors. Mieux encore, les Irakiens héritiers de la Mésopotamie avec Hammourabi qui fut le premier roi à édicter un corpus juridique, le fameux Code d’Hammourabi il y a de cela 34 siècles.

Pour rappel, l’Irak avait un système éducatif et de recherche performant.

Le niveau de développement était de loin le plus important du Monde arabe. Les infrastructures étaient développées et un célèbre dicton permet de situer le niveau intellectuel héritier de « Dar El Hikma » « La Maison de la Sagesse », le taux d’analphabétisme le plus bas du Monde arabe, il constituait un danger pour le « monde libre et civilisé ».

Une brève histoire de l’Irak

Du point de vue de l’histoire, le déclin de Bagdad est dû, dit-on, à l’invasion des Mongols d’Hulagu qui détruisirent la capitale vers 1250 mettant un coup d’arrêt à la civilisation musulmane. L’Irak fut par la suite rattaché à l’Empire ottoman, jusqu’au jour où il intéressa les Allemands avec le kaiser Guillaume qui promit au sultan Abdelhamid la construction du Bagdad Bahn, le train Berlin-Bagdad. La découverte d’indices de pétrole fut le début du malheur des Irakiens qui furent une variable de confrontation entre l’Empire, britannique, et le gouvernement français qui, après avoir démoli l’Empire ottoman - accords de Sykes-Picot - firent main basse sur le pétrole. L’Anglo Irakian Oil Company remplaça la Turkish Petroleum Company. Par la suite encore, les Etats-Unis demandèrent leur part du gâteau. De coups d’Etat en coups d’Etat fomentés par les puissances occidentales, l’Irak connut l’avènement de Saddam Hussein qui, au départ, fut « utilisé » pour contrer la Révolution iranienne de 1979.

La première guerre du Golfe fut sponsorisée par l’Occident en armements à Saddam, notamment français et américains, et financièrement ce sont les roitelets du Golfe qui furent mis à contribution. Huit ans plus tard, fin des combats pour rien. L’empire soviétique s’effondrait, grâce aux coups de boutoir des moudjahidine commandés par le meilleur allié de l’Occident, Oussama Ben Laden.

Lors de la deuxième guerre du Golfe de 1991, qui, rappelons-le, s’est faite sur un malentendu, Saddam Hussein avait reçu l’ambassadrice Glapsie et l’avait informée des problèmes qu’il avait avec le Koweït -19e province de l’Irak avant la Première Guerre mondiale. Celle-ci lui aurait dit que les Etats-Unis ne se sentent pas concernés par ce problème. L’erreur de Saddam Hussein - en envahissant le Koweït le 2 août 1990 - est d’avoir cru que les Américains n’interviendraient pas. Il le paya cher, mais curieusement, George Bush s’arrêta aux portes de Bagdad. Ce fut la fin de l’Histoire, d’après l’idéologue du Pentagone Francis Fukuyama. Plus rien ne s’opposait à l’hyper puissance américaine. Cependant, deux faits importants sont à signaler d’abord, le déclin des réserves pétrolières aux Etats-Unis et la montée en puissance aux Etats-Unis des néoconservateurs avec un « born again », George Bush, inféodé au lobby sioniste pro-israélien. De plus, l’Irak de Saddam apparaissait comme un danger pour Israël. pour un autre motif concocté par les néo-conservateurs, l’Irak fut accusé d’avoir des liens avec Oussama Ben Laden, et de détenir des armes de destruction massive. Douze ans après son père, George Walker Bush envahit l’Irak en mars 2003, sans qu’il y ait une résolution des Nations unies.

Que reste-t-il de l’Irak ?

En octobre 2006, la revue médicale The Lancet estimait le nombre de décès irakiens imputables à la guerre à 655.000. L’institut Opinion Research Business a estimé à plus de 1000.000 le nombre de victimes irakiennes entre mars 2003 et août 2007. La guerre a provoqué l’exode d’au moins deux millions d’Irakiens. Ceci sans parler des dégâts occasionnés par le Programme « pétrole contre nourriture » : plus de 500.000 enfants seraient morts de maladie et de malnutrition. Les dommages aux infrastructures civiles sont immenses : les services de santé sont pillés. Il y a eu une détérioration des canalisations d’eau et la dégradation des bassins hydrographiques du Tigre, de l’Euphrate. Il y a de plus, augmentation de l’insécurité générale (pillages, incendies et prises d’otage), suite à la désorganisation totale des différents services publics tels que les forces de l’ordre. De nombreux centres historiques ont été détruits par les bombardements américains, les combats et les pillages. Le Musée national d’Irak a été pillé.

Le bilan est connu, des centaines de milliers de morts, des millions de personnes déplacées, les infrastructures détruites et réduites à l’âge de pierre selon la promesse de George Bush père. Le 15 septembre 2004, l’armée américaine relâche 275 détenus de la prison d’Abou Ghraib avec toute l’horreur attachée à la perversion d’un côté et aux souffrances de l’autre. En janvier 2007, en pleine fête de l’Aïd el Adha, Saddam Hussein a fait preuve d’un rare courage lors de sa pendaison. Comme l’écrit Manlio Danucci faisant le bilan de cette chevauchée fantastique : « Nos troupes sont sorties d’Irak ’’la tête haute’’, a annoncé le commandant en chef Barack Obama. Les USA ont de quoi être fiers.. Mis à feu et à sang par plus d’un million et demi de soldats, que le Pentagone a déployés par rotations, avec aussi des centaines de milliers de contractor militaires (mercenaires), en employant n’importe quel moyen pour écraser la résistance : des bombes au phosphore contre la population de Fallujah aux tortures d’Abu Ghraïb. Provoquant environ un million de victimes civiles, qui s’ajoutent à celles de la première guerre contre l’Irak et de l’embargo. Laissant un pays sinistré, avec un chômage à plus de 50%, la moitié des médecins qu’il avait avant l’invasion, un tiers des enfants affectés de malnutrition, à qui s’ajoutent ceux qui ont des malformations génétiques dues aux armes du Pentagone. Une guerre que les USA ont payée de 4500 morts et plus de 30.000 blessés chez les militaires, dont 30% sont rentrés chez eux avec de graves problèmes psychiques. Guerre qui a coûté 1000 milliards de dollars, à quoi s’ajoutent environ 4000 milliards de dépenses indirectes, comme celles de l’assistance aux anciens combattants. » (1)

Dans sa course à la Maison-Blanche, Barack Obama avait promis le désengagement de l’Irak, mais pas à n’importe quel prix. En novembre 2008, les gouvernements irakien et américain ont signé un pacte bilatéral incluant le Status of Forces Agreement (Sofa) qui fixe à la fin 2011 le terme de la présence militaire des États-Unis. Les Américains avec la satisfaction du devoir bien fait, notamment par une mainmise sur les ressources pétrolières et agricoles par multinationales américaines interposées, rentrent au pays.

Depuis 2005, le gouvernement irakien a acheté des armements étasuniens pour une valeur de 5 milliards de dollars et, selon le programme, il en achètera d’autres pour 26 milliards. Les Etats-Unis ayant réussi à mettre en place une partition de fait de l’Irak en trois régions quasi autonomes avec le Nord kurde, la région de Bagdad à majorité sunnite et le sud de l’Irak à majorité chiite. En même temps, poursuit Manlio Dinucci, Washington s’attache le gouvernement régional kurde de Masoud Barzani avec lequel Exxon Mobil a conclu un gros contrat d’exploitation pétrolière, en doublant le gouvernement de Bagdad. Au Kurdistan irakien opèrent depuis 2003 des forces spéciales étasuniennes, sous les ordres du général Charles Cleveland. Celui-là même qui - révèle le journal égyptien al-Arabi - entraîne et dirige aujourd’hui en Turquie les commandos de l’« armée syrienne libre » pour la « guerre subrogée » contre la Syrie. (1)

Mieux encore, on apprend que même l’agriculture plusieurs fois millénaire de l’Irak est menacée. L’ordonnance 81 signée il y a cinq ans, le 26 avril 2004, par l’administrateur provisoire de l’Irak, Paul Bremer, a placé le pays sous le joug économique total de l’Occupant en obligeant le pays à réformer drastiquement son économie sur le modèle économique néolibéral américain. Ceci en violation de la Constitution irakienne et des conventions de La Haye et de Genève qui stipulent que l’occupant doit respecter la juridiction du pays occupé. Il s’agit d’une véritable déclaration de guerre contre les fermiers des pays occupés. Elle a livré le pays en pâture aux nécro-entreprises géantes qui contrôlent le commerce mondial des graines, comme Monsanto, Syngenta et Dow Chemicals. Comble de l’ironie, c’est au coeur de la Mésopotamie (l’actuel Irak) qu’a été inventée l’agriculture voici plus de dix mille ans ! L’ordonnance 81 a donné aux sociétés étrangères un droit de propriété intellectuelle (semblable à ceux que Washington a introduits dans les règles de l’OMC) qui leur concède pendant vingt ans le monopole sur la production, la reproduction, la vente, l’exportation, l’importation et le stockage de toutes les semences génétiquement modifiées et les variétés de plantes « similaires ». L’article 14 de cette loi interdit aux agriculteurs de réutiliser les semences de ces variétés transgéniques protégées ! Les agriculteurs « coupables » d’avoir semé des graines non achetées, ou dont le champ aurait été contaminé accidentellement, encourent de fortes amendes, voire des peines d’emprisonnement, la destruction de leurs récoltes, de leurs outils et de leurs installations ! Monsanto a fait un hold-up sur les semences millénaires des pays qu’elle envahit pour les modifier génétiquement, les breveter et les revendre aux agriculteurs désormais contraints de payer pour pouvoir les cultiver !

L’Irak actuel

Face au refus de l’Irak d’accorder l’immunité à des milliers de soldats américains chargés de poursuivre la formation, le président Obama avait décidé, le 21 octobre, le retrait total des troupes.

La paix n’a jamais été à l’ordre du jour même du temps de la présence américaine. La boite de Pandore du régionalisme et surtout de l’extrémisme religieux à fait le reste malgré un décor exogène comme l’organisation d’élections, le chaos est là parce que les problèmes de fond qui existaient du temps de Saddam Hussein qui les traitaient à sa manière au nom d’un intérêt supérieur, celui de l’Etat Nation laïc, ressurgissent maintenant qu’il n’y a plus de garde fous. Les partis en présence, n’ont pas connaissance du logiciel de la paix. Je pense même que chacun à sa manière instrumente la religion pour s’emparer du pouvoir. Apparemment le clan chiite de Nouri el Maliki celui qui ordonna la mise à mort de Saddam Hussein le sunnite, l’a emporté su l’autre clan d’Ilyad Alaoui le sunnite, à telle enseigne qu’il a fallu plus d’une année pour former le nouveau gouvernement .

« Des élections ont eu lieu et un gouvernement à majorité chiite a mis plus d’une année à émerger. (...) Outre les dizaines de milliers de membres de sociétés de sécurité privées, peu connues pour leurs compétences en termes de réconciliation et de maintien de la paix. Les Américains laisseront 50.000 au Koweït, prêts à débarquer en cas de besoin. Le chaos qui règne à Bagdad ne leur laissera peut-être même pas le temps de défaire leur paquetage. La transformation de Bagdad en une ville à majorité chiite et le soutien des pays frontaliers devaient jouer un rôle majeur dans la stabilisation du pays. Au moins 12 explosions ont retenti dans 9 quartiers de la ville, faisant 63 morts et plus de 200 blessés. Des attaques coordonnées qui ciblaient essentiellement les quartiers chiites et qui font craindre un retour des violences confessionnelles sur fond de luttes politiques. Comme dans toute guerre, il y a ceux qui ont collaboré avec l’ennemi. Ils - ou elles - écrit Gilles Munier, étaient pour la plupart employés à tout faire, mais aussi secrétaires, interprètes ou espions. Certains, cagoulés, participaient aux interrogatoires et aux séances de torture. Considérés comme des traîtres par la population. Tous rêvaient de partir avec les occupants, d’émigrer aux Etats-Unis. Les Américains ont abandonné leurs collaborateurs à leur triste sort. Le bruit court même à Bagdad que des GI’s auraient vendu des listings d’employés à des « insurgés ». Une loi américaine, votée en 2008, a créé le Special Immigrant Visas (SIV) qui facilite l’entrée aux Etats-Unis des Irakiens qui travaillaient dans leurs bases et qui sont menacés de mort ou d’enlèvement. Mais, en quatre ans, seules 25.000 demandes ont été acceptées, 7000 visas délivrés. (2)

C’est une force étrangère, lit-on dans un éditorial du Monde, qui envahit le pays et ce sont des proconsuls américains bunkérisés qui vont le gouverner ensuite. L’Irak a été privé d’une partie de son histoire. Tout est faux depuis le début dans cette tragédie. Les motifs invoqués par George W. Bush pour se lancer dans l’aventure : l’Irak n’avait rien à voir ni avec Al Qaeda ni avec les attentats du 11 septembre 2001 ; le régime, exsangue après des années d’embargo, n’entretenait aucun arsenal d’armes de destruction massive (…). (3)

« L’Irak s’est un peu démocratisé, il est plus libre. Mais il est plus divisé que jamais entre ses trois composantes ethnico-religieuses. Il est gouverné par un parti pro-iranien issu de la majorité arabe chiite, qui marginalise la minorité sunnite, cependant que les Kurdes du pays vivent en quasi-indépendance. La violence est endémique. Un Irakien sur quatre vit dans la misère. La classe moyenne a fui à l’étranger. Le statut des femmes a régressé. La production pétrolière n’a pas retrouvé son niveau d’avant-guerre. (...) » (3)

« Chercheur au CNRS et spécialiste de l’Irak, Pierre Jean-Luizard anticipait les difficultés à venir : « Les Américains laissent derrière eux un système politique qui est voué à l’échec. C’est un système qui a été, par défaut d’autres solutions, conçu sur des bases confessionnelles et ethniques, dont la Constitution de 2005 condamne les Irakiens à jouer un jeu politique duquel ils ne peuvent pas sortir et qui les met en confrontation sur des bases d’abord communautaires et régionales. La meilleure illustration de tout cela est le mandat d’arrêt que le Premier ministre chiite Nouri al-Maliki vient de lancer contre le vice-président arabe sunnite Tareq al-Hachemi. Accusé de terrorisme et d’avoir financé des escadrons de la mort, Tarek El Hachémi nie toutes les accusations et accuse le Premier ministre de complot, qualifié de « Saddam chiite » par ses opposants. Le groupe parlementaire sunnite Iraqiya a décidé de boycotter l’Assemblée et le gouvernement. Une provocation pour le chef du gouvernement, lequel a menacé de remplacer les neuf ministres appartenant à Iraqiya s’ils maintenaient cette décision.. « Cette guerre menée pendant plus de huit ans par Bush et Obama est un échec patent. Leur armée abandonne un pays aux mains d’un gouvernement chiite corrompu, allié à l’Iran, et en butte à l’hostilité d’une minorité sunnite », confie un officier du renseignement. Un nouveau Vietnam suivi d’une guerre civile pour les plus optimistes, « un arc chiite allant de la Syrie à l’Iran, en passant par l’Irak et le Hezbollah libanais ». Autrement dit, la hantise d’une troisième intifada chiite pour les plus alarmistes. (4)

Y aura t-il d’autres Irak ?

On peut s’interroger si après le désastre irakien, les 4500 morts les dizaines de milliers de traumatisé et une guerre qui aura couté près de 1000 milliards de dollars, les Américains seront tentés par une autre aventure que celle de formater le monde. Pour le Christian Science Monitor qui rapporte le nouveau format des guerres américaines, on parle de nouvelles guerres : « On les appelle les interventions militaires « transhorizon » ou à distance : l’usage de drones ou de missiles lancés à partir de bâtiments de combat en vue d’éliminer des cibles humaines dans un pays étranger sans avoir à envoyer de soldats sur le terrain. Alors que les Etats-Unis quittent l’Irak après plus de huit ans de guerre et d’occupation, le recours accru à ces tactiques à distance et aux unités d’élite des forces spéciales, extrêmement mobiles, n’est qu’un exemple parmi d’autres de l’impact durable que cette guerre, lancée en mars 2003, a eu sur la politique étrangère américaine ». (5)

« “Pendant un certain temps, le syndrome postirakien produira une réelle réticence à mener des opérations militaires ressemblant de près ou de loin à la guerre en Irak”, prédit Stephen Walt, professeur à l’université Harvard. “Nous n’allons plus nous lancer dans des occupations prolongées ni tenter de remodeler la politique intérieure d’un pays.”Autrement dit, au lieu de guerres comme celle d’Irak, nous assisterons à des interventions ciblées, comme au Pakistan et au Yémen. “Nous allons nous employer à éliminer les méchants au lieu de chercher à réformer des sociétés entières”, résume l’universitaire ». (5)

On le voit la tentation d’empire étasunienne est intacte, sauf que l’expérience américaine est mise à profit pour ouvrir d’autres théâtres. De fait poursuit le journal : « La guerre d’Irak ainsi que celle d’Afghanistan ont conduit les Etats-Unis à se préoccuper d’une région qui ne devrait pas jouer un rôle important dans leur future prospérité. Comme Jon Huntsman Jr., candidat à l’investiture républicaine pour la présidentielle de 2012, se plaît à le répéter : « Notre avenir n’est pas dans les montagnes afghanes de l’Hindu Kuch ». Après s’être focalisés sur l’Irak pendant la majeure partie de la dernière décennie, les Etats-Unis doivent, selon M. Lindsay, rattraper leur retard dans une région qui pèsera beaucoup sur leur futur : l’Asie orientale ». (5)

« “A présent, nous allons être beaucoup plus prudents pour décider des endroits et des moments opportuns pour faire appel à l’armée.” Selon Henry Barkey, un ancien analyste du département d’Etat, cette “nouvelle réticence” transparaît déjà dans le rôle de soutien que les Etats-Unis ont choisi de jouer dans l’intervention de l’Otan en Libye. Mais, selon d’autres experts, la Libye ne pré­sentait qu’un intérêt secondaire pour Washington. D’après eux, le véritable test de l’impact de la guerre d’Irak sur la politique extérieure américaine se fera avec l’Iran, et peut-être plus tôt qu’on ne le pense ». (5)

Nous y voilà. Le scénario est mis en place avec la complicité du directeur Général de l’AIEA qui n’a pas la même réticence qu’El Baradei ou encore moins qu’un Hans Blix qui s’est opposé frontalement à Georges Bush, en persistant sur le fait qu’il n’y avait pas d’ADM en Irak. L’actuel directeur de l’AIEA fait parti du scénario visant à créer le motif qui amènera le monde à un futur chaos. La guerre irakienne terminée, les GI’s ne sont pas loin, jute à côté au Koweït, ils peuvent reprendre du service. Il est possible même que le détroit d’Ormuz soit l’étincelle qui déclenchera l’apocalypse.

Nous ne souhaitons que l’Iran finisse comme l’Irak encore que cela ne sera pas facile pour l’empire ! L’Irak une des plus brillantes civilisations que l’humanité ait connues sombre dans un chaos qui, à moins d’un miracle, semble être parti pour longtemps. Tout ceci pour une mainmise sur des matières premières et imposer Israël comme « rempart contre la barbarie ».

1. http://www.legrandsoir.info/en-irak-la-guerre-est-subrogee-il-manifesto.html

2. Gilles Munier : 23 - 12- 2011 150 000 collaborateurs irakiens abandonnés par les troupes américaines
. Mauvaise fin pour une mauvaise guerre Editorial Le Monde 21.12.11

4. http://www.mleray.info/article-irak-le-chaos-94973865.html

5. http://www.courrierinternational.com/article/2011/12/22/dures-lecons-de-l-aventure-irakienne

URL de cet article 15497
http://www.legrandsoir.info/retrait-des-americains-d-irak-le-chaos-en-cadeau-d-adieu.html

 


 


6  Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

6-1 Gilles Munier : Etats-Unis : départ d’Irak… sur la pointe des pieds ...

Comme la résistance irakienne le prévoyait, les troupes étasuniennes ont quitté l’Irak « la queue entre les jambes », sans tambour ni trompette. Cela dit, les Irakiens sont loin d’en avoir fini avec l’occupation américaine.

Barack Obama avait beau dire, le 12 décembre dernier, que les « derniers soldats américains »quittaient l’Irak « la tête haute et dans l’honneur », sur le terrain la réalité était toute autre. A part leurs obligés politiques et les trafiquants et proxénètes qui rodaient autour de leurs bases, personne ne les regrette. Pour les Irakiens, toutes tendances confondues, les G.I sont la lie de la terre, des « serial killers ». Les communicants du Pentagone se gardent bien de dire que l’armée US a dû payer cash plus d’une vingtaine de chefs de tribus sur la route du sud de l’Irak pour que les convois militaires parviennent au Koweït sans être attaqués.

 

Redéploiement militaire,plutôt que retrait

Dans un communiqué, l’Armée de l’Ordre naqshabandi, membre du front de libération dirigé par Izzat Ibrahim al-Douri, chef du parti Baas clandestin, fait remarquer que l’ambassade des Etats-Unis héberge « des milliers de mercenaires de sociétés de sécurité », que des consulats bourrés d’espions ont été ouverts dans chaque gouvernorat et que des officiers américains, baptisés « instructeurs », conseilleront les forces de répression du régime. Le porte-parole de l’organisation en conclut que l’occupation de l’Irak se poursuit sous une autre forme. C’est également le constat de Jason Chaffetz, Représentant républicain de l’Utah au Congrès des Etats-Unis, qui note qu’Obama s’est livré à un « tour de passe-passe », après le refus du gouvernement irakien d’accorder l’immunité aux G.I’s, en augmentant le nombre des« contractors » haïs par la population. La résistance nationale et Al-Qaïda au Pays des deux fleuves ont donc de beaux jours devant eux.

En effet, si les Etats-Unis ont construit à Bagdad une ambassade-bunker occupant une surface équivalent à celle de l’Etat du Vatican, ce n’est pas pour laisser les Irakiens maîtres de leur destin, mais pour tirer les ficelles des agents recrutés par la CIA ces neuf dernières années. Selon The Huffington Post, 50% des 16 000 personnes constituant le personnel de l’ambassade, sont des agents de sécurité. En d’autres termes des militaires et des espions. Ces chiffres ne comprennent pas les contractors – mercenaires - protégeant les consulats et leBureau de coopération en matière de sécurité qui forme la nouvelle armée irakienne aux matériels en attente de livraison : hélicoptères, tanks, et 18 F-16. Les contrats signés dans se domaine sont estimés à 13 milliards de dollars. D’autres, d’une valeur de 900 millions de dollars, sont en discussion. Au total, pas moins de 3 500 « contractors » seront dispatchées à travers l’Irak, dans dix agences dépendant du Bureau de coopération. On comprend à l’énumération de ces chiffres que le Pentagone préfère parler de « redéploiement » militaire, plutôt que de « retrait »  !

 

Vers la dictature

Les troupes qui s’en vont laissent derrière elles un pays brisé en mille morceaux. En neuf ans, alors que le pétrole coule à flot, les gouvernements américano-iraniens successifs n’ont pas été capables de remettre en état les infrastructures détruites en avril 2003. Saddam Hussein, se rappellent les Irakiens, avait rétabli la distribution d’eau potable et d’électricité en six mois, et fait reconstruire à l’identique les bâtiments et ouvrages détruits. Mi-décembre, Salah al-Mutlaq, vice-Premier ministre irakien, s’est dit « choqué » d’entendre Barack Obama présenter Nouri al-Maliki en visite à la Maison-Blanche, comme « le chef élu d'un Etat souverain, autonome et démocratique », d’autant qu’il était accompagné par Hadi al-Amiri, ministre des Transports et ancien chef de la milice Badr, accusé d’enlèvements et de tortures par les Irakiens. Depuis les dernières élections législatives, le Premier ministre irakien a entre ses mains tous les organes de sécurité et a fait arrêter un millier de baasistes soupçonnés de complot. Une brigade chiite, acquise à sa cause, suffirait pour occuper la Zone verte et cueillir au saut du lit tous les dirigeants opposés à son régime. En fait, dit Al-Mutlaq, l’Irak se dirige vers la dictature et la partition, c'est-à-dire vers de nouvelles guerres. Des vérités pas bonnes à dire, Maliki demande maintenant au Parlement de le démettre de son poste et s’en prend à Tarik al-Hashemi, vice-président de la République, chef du Parti islamique, les Frères Musulmans irakiens.

Gilles Munier

http://www.michelcollon.info/Etats-Unis-depart-d-Irak-sur-la.html



7 Annexe

7-1 Dr. Lawrence Davidson : Les Etats-Unis réduisent les coûts en utilisant de l’uranium appauvri dans ses guerres.

Les Etats-Unis ont utilisé l’uranium appauvri dans les guerres d’Afghanistan et d’Irak parce que ces armes destructrices et mortelles sont bon marché et très abondantes, dit un professeur à Press TV.

“C’est très bon marché et en abondance. L’uranium appauvri est un résidu de l’enrichissement de l’uranium passé un certain pourcentage”, a dit à Press TV le professeur Lawrence Davidson de l’université de West Chester.

Le gouvernement américain a utilisé des armes à l’uranium appauvri sur des humains dans ses deux dernières guerres, au moins 1 000 tonnes durant l’invasion de l’Afghanistan en 2001 et 2 400 tonnes lors de l’invasion de l’Irak en 2003.

Les commissions des droits de l’Homme ont prohibé l’utilisation de l’uranium appauvri sur les humains et ce incluant les conflits militaires, à cause des difformités congénitales et des cancers qu’il provoque.

Davidson a expliqué que ces armes ont certaines qualités qui font que Washington les utilise pour des buts militaires.

“Par exemple, les projectiles que vous pouvez réaliser avec cet uranium appauvri ont une très grande densité et quand vous les tirez d’un canon ou d’une mitrailleuse, ou d’un avion de combat, leur capacité de pénétration est très importante”, a t’il dit.

“Vous pouvez créer le projectile de telle façon qu’il se désintègre lors de sa pénétration et s’enflamme. Donc, disons qu’il pénètre un véhicule blindé, il va mettre le feu à tout l’intérieur du véhicule”, dit Davidson.

“Ceci crée un résidu poussiéreux très volatile. Ce résidu peut facilement se mélanger à l’air ambiant et peut aussi rester sur place pendant un très long moment. Quand il est remué, il s’envole et on peut l’inhaler, l’ingérer.

Le résultat classique si vous en avez assez inhalé / ingéré est un mauvais fonctionnement rénal qui devient fatal.” A noté le professeur.
Texte original en anglais (avec interview -vidéo- du Dr. Lawrence Davidson) :
Traduit de l’anglais par Résistance 71

http://www.presstv.ir/detail/224306.html

06/01/2012

Les Dossiers d'Irak - 5/01/12 : La défaite de l'empire américain.

n° 524 - Les Dossiers d'Irak - 5/01/12   -1a  - : La défaite de l'empire américain.


Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre



LesDossiers d'Irak

n° 524                                                      5/01/12

C.De Broeder & M.Lemaire



Le " Dossier d’Irak  " est visible  sur ...

a) sur mes blog : 

http://www.dhblogs.be/categories/International.html  http://www.lalibreblogs.be/categories/International.html

 

b) Sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com  

 

c) Sur le site http://turkmenfriendship.blogspot.com/2007/10/journal-dir...

d) Sur le site de Eva Resis  :  no-war.over-blog.com

e) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

 f) sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire : 

Tiré à part

Gilles Munier : Etats-Unis : départ d’Irak… sur la pointe des pieds

IRIB : Irak: Tarek al-Hachemi appelle les Etats-Unis à renverser le gouvernement Maliki

Dossier & Point de vue

1-1 L’art de la guerre  - Manlio Dinucci: En Irak la guerre est « subrogée ».

1-2 Bill Van Auken : Le scandale de la morgue de Dover et les soldats jetables de l’Amérique.

2 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

2-1 Crime de guerre: la prison d'Abou Ghraib, vous en rappelez-vous ?

3  Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

3-1 Louis DALMAS : LA CONTINUITÉ DU MENSONGE.

3-2 Après la guerre directe, la guerre soft commence à rendre l’âme !

3-3 Dirk Adriaensens : L’Irak totalement détruit par l’invasion et l’occupation.

3-4 Gilles Munier : Les dirigeants irakiens s’entre- assassinent.

4 Annexe

4-1 New Orient News : La défaite de l'empire américain.


Tiré à part

Gilles Munier : Etats-Unis : départ d’Irak… sur la pointe des pieds

Comme la résistance irakienne le prévoyait, les troupes étasuniennes ont quitté l’Irak « la queue entre les jambes », sans tambour ni trompette. Cela dit, les Irakiens sont loin d’en avoir fini avec l’occupation américaine.

Barack Obama avait beau dire, le 12 décembre dernier, que les « derniers soldats américains »quittaient l’Irak « la tête haute et dans l’honneur », sur le terrain la réalité était toute autre. A part leurs obligés politiques et les trafiquants et proxénètes qui rodaient autour de leurs bases, personne ne les regrette. Pour les Irakiens, toutes tendances confondues, les G.Isont la lie de la terre, des « serial killers ». Les communicants du Pentagone se gardent bien de dire que l’armée US a dû payer cash plus d’une vingtaine de chefs de tribus sur la route du sud de l’Irak pour que les convois militaires parviennent au Koweït sans être attaqués.

Redéploiement militaire,

plutôt que retrait

Dans un communiqué, l’Armée de l’Ordre naqshabandi, membre du front de libération dirigé par Izzat Ibrahim al-Douri, chef du parti Baas clandestin, fait remarquer que l’ambassade des Etats-Unis héberge « des milliers de mercenaires de sociétés de sécurité », que des consulats bourrés d’espions ont été ouverts dans chaque gouvernorat et que des officiers américains, baptisés« instructeurs », conseilleront les forces de répression du régime. Le porte-parole de l’organisation en conclut que l’occupation de l’Irak se poursuit sous une autre forme. C’est également le constat de Jason Chaffetz, Représentant  républicain de l’Utah au Congrès des Etats-Unis, qui note qu’Obama s’est livré à un « tour de passe-passe », après le refus du gouvernement irakien d’accorder l’immunité aux G.I’s, en augmentant le nombre des« contractors » haïs par la population. La résistance nationale et Al-Qaïda au Pays des deux fleuves ont donc de beaux jours devant eux.

En effet, si les Etats-Unis ont construit à Bagdad une ambassade-bunker occupant une surface équivalent à celle de l’Etat du Vatican, ce n’est pas pour laisser les Irakiens maîtres de leur destin, mais pour tirer les ficelles des agents recrutés par la CIA ces neuf dernières années. Selon The Huffington Post, 50% des 16 000 personnes constituant le personnel de l’ambassade, sont des agents de sécurité. En d’autres termes des militaires et des espions. Ces chiffres ne comprennent pas les contractors– mercenaires - protégeant les consulats et leBureau de coopération en matière de sécuritéqui forme la nouvelle armée irakienne aux matériels en attente de livraison : hélicoptères, tanks, et 18 F-16. Les contrats signés dans se domaine sont estimés à 13 milliards de dollars. D’autres, d’une valeur de 900 millions de dollars, sont en discussion. Au total, pas moins de 3 500 « contractors » seront dispatchées à travers l’Irak, dans dix agences dépendant du Bureau de coopération. On comprend à l’énumération de ces chiffres que le Pentagone préfère parler de « redéploiement » militaire, plutôt que de « retrait » !

Vers  la dictature

Les troupes qui s’en vont laissent derrière elles un pays brisé en mille morceaux. En neuf ans, alors que le pétrole coule à flot, les gouvernements américano-iraniens successifs n’ont pas été capables de remettre en état les infrastructures détruites en avril 2003. Saddam Hussein, se rappellent les Irakiens, avait rétabli la distribution d’eau potable et d’électricité en six mois, et fait reconstruire à l’identique les bâtiments et ouvrages détruits. Mi-décembre, Salah al-Mutlaq, vice-Premier ministre irakien, s’est dit « choqué » d’entendre Barack Obama présenter Nouri al-Maliki en visite à la Maison-Blanche, comme « le chef élu d'un Etat souverain, autonome et démocratique », d’autant qu’il était accompagné par Hadi al-Amiri, ministre des Transports et ancien chef de la milice Badr, accusé d’enlèvements et de tortures par les Irakiens. Depuis les dernières élections législatives, le Premier ministre irakien a entre ses mains tous les organes de sécurité et a fait arrêter un millier de baasistes soupçonnés de complot. Une brigade chiite, acquise à sa cause, suffirait pour occuper laZone verte et cueillir au saut du lit tous les dirigeants opposés à son régime. En fait, dit Al-Mutlaq, l’Irak se dirige vers la dictature et la partition, c'est-à-dire vers de nouvelles guerres. Des vérités pas bonnes à dire, Maliki demande maintenant au Parlement de le démettre de son poste et s’en prend à Tarik al-Hashemi, vice-président de la République, chef du Parti islamique, les Frères Musulmans irakiens.

Gilles Munier

Mardi 3 janvier 2012

 (Afrique Asie – janvier 2012)

 

IRIB : Irak: Tarek al-Hachemi appelle les Etats-Unis à renverser le gouvernement Maliki.

Le vice-président irakien Tarek al-Hachemi, accusé d’être impliqué dans les attentats terroristes, a demandé aux Etats-Unis d’intervenir pour renverser le gouvernement irakien. Après le lancement du mandat d’arrêt à son encontre, Tarek al-Hachemi, s’est enfui dans la région kurde irakienne. Le vice-président irakien, sans tenir compte des aveux de ses partisans révélant sa collaboration avec les terroristes afin de semer la discorde entre les musulmans de ce pays, a prétendu : nous les sunnites, nous ne pouvons pas parvenir avec Nouri al-Maliki à la réconciliation, les sunnites irakiens doivent penser plutôt à l’autonomie. Les aveux de certains proches de Tarek al-Hachemi, révèlent le soutien financier qu’il apportait aux terroristes pour massacrer les chiites irakiens. Le mandat émis contre le haut membre de la coalition al-Iraqiya a fait que cette coalition qui, avec moins d’un quart des 325 sièges du parlement, est la deuxième grande fraction parlementaire, retire ses membres du parlement et du gouvernement de Maliki. En réaction à ce geste d’Al-Iraqiya, Nouri al-Maliki lui a donné un délai de 10 jours pour retourner à ses postes, le cas échéant, il sera écarté du pouvoir. Le premier ministre irakien a demandé au chef de la région kurde, Massoud Barzani, de remettre Al-Hachémi, à l’appareil judiciaire. La déstabilisation de l’Irak sur le plan politique et sécuritaire figure parmi les tactiques d’Iraqiya pour faire pression sur le gouvernement de Nouri al-Maliki, le conduisant à quitter le pouvoir. Al-Iraqiya soutenu par les Etats-Unis ne ménage aucun effort pour renverser le gouvernent Maliki et démembrer l’Irak. Selon Hossein Chalouchi, analyste politique irakien, la Liste al-Iraqiya dont Tarek al-Hachemi est un des piliers des relations étroites avec les Etats-Unis, c’est pourquoi son échec est considéré comme celui de la Maison Blanche en Irak. La Liste al-Iraqiya pour occulter ce revers et le retrait américain d’Irak, a mis sur la table le projet de la création des zones autonomes en Irak, un projet suspect qui vise l’unité et l’homogénéité du pays, en connivence avec les Etats-Unis et certains pays de la région.
04/01/2012
http://french.irib.ir/analyses/commentaires/item/162234-tarek-al-hachemi-appelle-les-etats-unis-a-renverser-le-gouvernement-maliki



Dossier & Point de vue

1-1L’art de la guerre  - Manlio Dinucci: En Irak la guerre est « subrogée ».

Nos troupes sont sorties d’Irak « la tête haute », a annoncé le commandant en chef Barack Obama. Les USA ont de quoi être fiers. Ils quittent un pays envahi en 2003 au motif qu’il possédait des armes de destruction de masse, motif qui s’est révélé infondé. Mis à feu et à sang par plus d’un million et demi de soldats, que le Pentagone a déployés par rotations, avec aussi des centaines de milliers de contractor militaires (mercenaires), en employant n’importe quel moyen pour écraser la résistance : des bombes au phosphore contre la population de Fallujah aux tortures d’Abu Ghraib. Provoquant environ un million de victimes civiles, qui s’ajoutent à celles de la première guerre contre l’Irak et de l’embargo. Contraignant plus de 2 millions d’Irakiens à quitter leur maison et autant à se réfugier en Syrie et en Jordanie. Laissant un pays sinistré, avec un chômage à plus de 50%, la moitié des médecins qu’il avait avant l’invasion, un tiers des enfants affectés de malnutrition, à qui s’ajoutent ceux qui ont des malformations génétiques dues aux armes du Pentagone. Une guerre que les USA ont payée de 4.500 morts et plus de 30mille blessés chez les militaires, dont 30% sont rentrés chez eux avec de graves problèmes psychiques. Guerre qui a coûté 1.000 milliards de dollars, à quoi s’ajoutent environ 4mille milliards de dépenses indirectes, comme celles de l’assistance aux anciens combattants. Elle en a cependant valu la peine : dorénavant « l’avenir de l’Irak sera dans les mains de son peuple », assure le président Obama. Est-ce ainsi qu’il a gagné le Prix Nobel de la Paix ? On peut en douter en lisant le manuel de la US Army sur « La guerre subrogée pour le 21ème siècle » : une guerre menée en substituant aux forces armées traditionnelles, qui interviennent ouvertement, des forces spéciales et agents secrets qui agissent dans l’ombre, avec le soutien de forces alliées, de fait sous commandement étasunien. Divers faits le confirment. Le personnel de l’ambassade étasunienne à Bagdad, la plus grande du monde, passera de 8mille à 16mille personnes. Son « bureau de coopération et sécurité », qui entraîne et arme les forces irakiennes sera renforcé. Depuis 2005, le gouvernement irakien a acheté des armements étasuniens pour une valeur de 5 milliards de dollars et, selon le programme, il en achètera d’autres pour 26 milliards. Parmi lesquels, 36 chasseurs F-6 avec leurs armements (qui pourraient augmenter jusqu’à 96), dont les pilotes seront entraînés aux Etats-Unis et dont les bases seront de fait sous le contrôle du Pentagone. Des unités de la Cia et des forces spéciales étasuniennes continuent à entraîner (et de fait à diriger) les « forces de sécurité » qui, sur ordre du premier ministre Nouri al-Maliki, ont déjà arrêté des centaines d’ex-baasistes accusés, sur la base de preuves fournies par le Cnt libyen, d’avoir préparé un coup d’état avec l’appui de Kadhafi. En même temps Washington s’attache le gouvernement régional kurde de Masoud Barzani avec lequel ExxonMobil a conclu un gros contrat d’exploitation pétrolière, en doublant le gouvernement de Bagdad. 

  Au Kurdistan irakien opèrent depuis 2003 des forces spéciales étasuniennes, sous les ordres du général Charles Cleveland. Celui-là même qui -révèle le journal égyptien al-Arabi- entraîne et dirige aujourd’hui en Turquie les commandos de l’ « armée syrienne libre» pour la « guerre subrogée » contre la Syrie.

Manlio Dinucci

Edition de mardi 20 décembre 2011 de il manifesto

http://www.ilmanifesto.it/area-abbonati/in-edicola/manip2n1/20111220/manip2pg/14/manip2pz/315245/

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

 



1-2 Bill Van Auken : Le scandale de la morgue de Dover et les soldats jetables de l’Amérique.

L’épouvantable révélation selon laquelle l’armée américaine a engagé un sous-traitant privé pour transporter, incinérer et jeter les restes humains des soldats américains tués en Irak dans un site d’enfouissement a outré les familles de ceux qui ont été tués dans les guerres de Washington ainsi que plusieurs des membres du personnel militaire qui sont encore actifs ou qui sont à la retraite.

L'enfouissement des restes humains envoyés à la base aérienne de Dover, qui, selon le Pentagone, a pris fin en 2008, s’est déroulé sous le couvert d'un silence médiatique imposé par le Pentagone et la Maison-Blanche de Bush. Bush avait justifié la censure de la presse en déclarant que « la sensibilité et la vie privée des familles de ceux qui sont tombés au combat doivent être la priorité numéro un ».

Bien sûr, la vraie raison était que l’administration ne voulait pas alimenter le sentiment antiguerre qui allait en augmentant. Comme l’a expliqué un ancien commandant de l’armée, la décision d’utiliser la force militaire devrait passer « le test Dover » – c’est-à-dire, la réaction du public face au flot continu de cercueils enveloppés dans le drapeau et défilant dans la base aérienne du Delaware. De la même manière que la Maison-Blanche de Bush a lancé la guerre en Irak sur la base de mensonges, elle a tenté de tromper le peuple américain en s'évitant ce « test » par le biais de la censure d’État.

Ses opérations étant entourées de mystère, la morgue de Dover a introduit la pratique bizarre et inhumaine qui consiste à empaqueter des restes humains déjà incinérés ainsi que des déchets médicaux et à les envoyer à un site d’enfouissement afin qu’ils soient incinérés et éparpillés parmi les déchets.

Gari-Lynn Smith, la veuve de Scott B. Smith, sergent de première classe et membre d’une unité de déminage tué en 2006, a passé quatre ans à écrire des lettres, à faire des appels téléphoniques et à soumettre des requêtes d’informations afin de découvrir ce qui est arrivé aux restes de son mari identifiés après ses funérailles.

En avril dernier, elle a finalement reçu une réponse qui disait que de tels restes étaient incinérés et jetés au site d’enfouissement de King George. Cette information était suivie d’une note du directeur de la morgue de Dover qui disait : « J’espère que cette information vous amène du réconfort en cette période de deuil. »

En colère, Smith a dit au Washington Post, « Ils savaient qu’ils faisaient quelque chose de dégueulasse et ils faisaient tout ce qu’ils pouvaient pour nous le cacher. »

Dans des excuses faites à contrecœur, le chef adjoint de l'état-major de l’Air Force, le lieutenant-général Darrell Jones, a déclaré lors d’une conférence de presse à Washington jeudi que le Pentagone regrettait toute « détresse additionnelle que les pratiques passées auraient pu causer aux familles. »

Tout en soutenant que la mission de l'Air Force Mortuary Affairs Operations était de traiter les dépouilles des soldats morts au combat avec "dignité, honneur et respect", il a défendu la pratique de mettre ensemble des restes humains et des déchets biologiques pour incinération et élimination comme étant « en respect des normes de l'industrie ». Cependant, des représentants du site d'enfouissement et de l'entreprise recrutée pour procéder au transport et à l'incinération des caisses marquées « déchets biologiques » provenant de Dover n'ont jamais été informés de leur contenu et ont été choqués d'apprendre qu'ils avaient manipulé des restes humains.

Le général de l'Air Force fait référence aux « normes de l'industrie » pour le transport des déchets. Mais la norme pour s'occuper des dépouilles des soldats a été fixée par la tombe des inconnus au cimetière national d'Arlington.

L'Air Force a tenté de justifier ses actes en notant que les familles des 274 membres du personnel militaire impliqués avaient signé des documents demandant de ne pas être avisées si des restes de leurs êtres chers étaient identifiés après leur inhumation. Certainement, pour de nombreuses personnes, rien ne pourrait être plus horriblement douloureux que de recevoir des appels les informant qu'un autre morceau de leur enfant, conjoint ou parent avait été retrouvé.

Mais bien sûr, aucun d'entre eux n'aurait pu imaginer que ces restes allaient être enterrés dans un site d'enfouissement. En plus des 976 membres et parties de corps humain des 274 soldats, on s'est débarrassé de plus de 1700 autres restes humains de façon semblable.

Le chef de l'Air Force, le général Norton Schwartz, a dit aux médias que les familles n'avaient été informées de cette procédure que la semaine dernière, car le Pentagone avait été forcé d'attendre que l'Office of Special Counsel produise son rapport d'enquête dans l'affaire.

Cependant, la conseillère juridique Carolyn Leclair a qualifié l'explication fournie par Schwartz de « manifestement fausse ». Elle a soutenu que son bureau avait pressé l'Air Force à maintes reprises, et ce, depuis mars, d'avertir les familles. « Ils ont dit alors que certaines de ces familles avaient des blogues, et que l'on ne pouvait pas leur faire confiance, qu'ils pourraient raconter ce qu'ils savaient aux médias », a-t-elle dit.

La société américaine et sa culture politique sont saturées de la glorification du militarisme et de l'incessante déification des « guerriers » de l'armée, un concept complètement étranger à une république démocratique dont l'usage s'est répandu avec la « guerre contre le terrorisme ». Mais l'horrible vérité de la profanation de restes humains à Dover et la honteuse tentative de l'armée pour masquer cette affaire ont exposé le cynisme et la brutalité entourant une décennie de guerres sans interruption, ainsi que l'inhumanité exprimée envers les soldats qui ont mené ces guerres.

Les guerres en Afghanistan et en Irak ont été déclenchées sur la base de mensonges sur la supposée menace du terrorisme et d'armes inexistantes de destruction massive. Elles sont menées dans les intérêts de l'élite financière et dans le but d'assurer l'hégémonie des États-Unis sur les régions stratégiques vitales et riches en énergie de l'Asie centrale et du golfe Persique. Ces guerres ont considérablement enrichi une clique de contractants privés, de Halliburton à Blackwater.

Quant aux soldats, ils sont considérés comme de la chair à canon. Ils sont membres d'une soi-disant « armée de volontaires » qui a été créée au lendemain de la guerre du Vietnam précisément pour isoler la machine de guerre américaine des influences démocratiques et des sentiments populaires contre le militarisme. L'objectif était de donner au gouvernement une plus grande liberté pour mener une agression militaire à l'étranger que si la population entière était soumise à la conscription militaire.

Le résultat est que les guerres impérialistes de la dernière décennie ont été menées par une très faible portion de la population, où seulement la moitié d’un pour cent des adultes américains en service actif à n’importe quel moment. Cette couche, issue principalement de la jeunesse ouvrière, la plupart cherchant du travail ou une façon d’obtenir une éducation universitaire, a été soumise à un nombre sans précédent de tours de service pratiquement sans interruption en Afghanistan et en Irak.

Ces guerres ont impliqué des crimes terribles contre les  populations civiles : on évalue à plus d’un million le nombre de vies irakiennes perdues et à des dizaines de milliers les civils tués en Afghanistan. Le caractère colonial de ces conflits a aussi fait des ravages sur les troupes qui les ont menés. En addition aux plus de 6 300 soldats qui ont perdu la vie en Irak et en Afghanistan, plus de 16 pour cent des anciens combattants, après le 11-Septembre, ont souffert de sérieuses blessures, dont bon nombre d'entre elles étaient des amputations et des traumatismes crâniens. Les blessures invisibles des traumatismes psychologiques et émotionnels sont encore plus envahissantes.

Pour ceux qui quittent l’armée, et des dizaines de milliers se joindront à eux avec le retrait des troupes d’Irak, les conditions sont de plus en plus sombres. Ceux qui retournent à la vie civile feront face à la pire crise économique depuis la Grande Dépression des années 30.

Le taux de chômage chez les jeunes vétérans, âgés de 18 à 24 ans, a augmenté à 30,4 pour cent, soit le double du taux pour l’ensemble de cette tranche de la population.

Au moins 13 000 jeunes vétérans âgés de 18 à 30 ans ont joint la population sans domicile fixe du pays selon une récente étude menée par le Department of Housing and Urban Development and the Veterans Administration (ministère du Logement et du Développement Urbain et de l'Administration des anciens combattants).

Des centaines de milliers de ceux envoyés en Irak et en Afghanistan sont revenus avec le trouble de stress post-traumatique, qui avec les multiples amputations est possiblement la blessure typique de ces deux guerres coloniales. La plupart doivent se battre pour recevoir des traitements, les rendez-vous étant souvent retardés de plusieurs mois. Dans certains cas, même les soldats ayant fait une tentative de suicide se voient refuser des rendez-vous dans un délai raisonnable. 

Le taux de suicide parmi les militaires en service actif ont atteint de nouveaux records : 305 membres de l'armée se sont enlevé la vie l'année dernière. Chez les anciens combattants, les chiffres sont encore plus alarmants. L'Administration des anciens combattants estime que 18 vétérans se suicident tous les jours.

Le scandale entourant la gestion des  restes humains à Dover est emblématique de la réalité des soldats jetables, mâchés et crachés par la machine de guerre américaine. 

Bill Van Auken

Mondialisation.ca, Le 19 décembre 2011

wsws.org

Article original, WSWS, paru le 10 décembre 2011

Articles de Bill Van Auken publiés par Mondialisation.ca

 

 



2 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information.

2-1 Crime de guerre: la prison d'Abou Ghraib, vous en rappelez-vous ? (témoignage)  

Samedi 17 Décembre 2011

Les Américains "nous enfermaient dans des boîtes en fer et faisaient un bruit infernal qui provoquait de terribles maux de tête": Abou Moustafa a connu l'"enfer" de la prison d'Abou Ghraib près de Bagdad, et il lui arrive depuis de devenir "fou par moments".
Cet enseignant de 33 ans, originaire de la ville sainte chiite de Najaf, a appartenu à l'Armée du Mahdi, lié au courant Sadriste. Arrêté en septembre 2004, il a passé quatre ans dans les prisons américaines, dont deux séjours à Abou Ghraib.  
Depuis il est devenu totalement instable. "Par moments, je deviens fou, je crie sans raison ou je reste prostré pendant des heures. Ma famille me demande pourquoi je me conduis ainsi. Que lui dire? Que j'ai brusquement le sentiment qu'ils m'enchaînent pour me remettre à nouveau dans cette boîte".
"Je ne peux pas décrire l'enfer que j'ai vécu", assure ce père de deux enfants.
En avril 2004, la prison d'Abou Ghraïb, à 20 km à l'ouest de Bagdad, est devenue le symbole honni de l'occupation américaine pour nombre d'Irakiens, après la révélation des sévices infligés aux prisonniers par des soldats américains.La publication des premières photos de prisonniers maltraités par leurs geôliers a entraîné un scandale retentissant. Sur les images, des pyramides de détenus nus, des prisonniers tenus en laisse, menacés par des chiens.
Ces exactions ont été présentées par l'administration américaine comme étant le fait de quelques militaires isolés. Onze soldats américains ont été condamnés à des peines allant de la radiation de l'armée à dix ans de prison. Mais qui peut croire un tel mensonge?
La prison fut graduellement fermée de septembre 2006 à février 2009.Un autre ancien détenu, Mahmoud Ali Hussein, jette un oeil à ses moignons avant de promettre: "Jamais je n'oublierai ce que m'ont fait les Américains et j'apprendrai à mes trois enfants à les combattre".
Employé dans le garage de son père à Fallouja, à 60 km à l'ouest de la capitale, Mahmoud Ali Hussein, âgé aujourd'hui de 35 ans, avait été arrêté avec dix autres habitants en octobre 2005, au pic de l'insurrection dans cette région sunnite. Blessé dans un attentat contre le convoi américain qui le conduisait à la sinistre prison, il a été amputé des deux bras et des jambes.
"Les soldats américains étaient brutaux. Même les malades étaient attachés à leur lit", se souvient l'homme assis sur une chaise roulante, qui a été libéré en 2006. Pendant qu'il parle, un parent lui tend une cigarette pour qu'il aspire une bouffée. "J'aurais voulu posséder encore mes bras et mes jambes pour les combattre car j'ai assisté à la longue souffrance de mon peuple".
Construite dans les années 1960, la prison était un centre de torture et d'exécution sous l'ex-président Saddam Hussein. Après sa chute en avril 2003, l'établissement avait été baptisé par les Etats-Unis "Centre correctionnel de Bagdad", ultime affront aux Irakiens.  Il a été transféré aux Irakiens en septembre 2006.
Selon Nagi Abid Hamid, chef d'Ahed (Promesse), une organisation de défense des droits des prisonniers, 70% des dizaines de milliers d'Irakiens qui sont passés par les prisons américaines ont des séquelles. "Ils ont des accès de violence, certains s'isolent de leur famille ou refusent de manger pendant plusieurs jours, d'autres ont divorcé", assure-t-il.
A Samarra, à 110 km au nord de Bagdad, Abou Mohammad, un enseignant de 47 ans, assure être "devenu asocial". "Je n'arrive plus à plaisanter, ni à passer une soirée avec des amis. J'ai le sentiment que mes enfants me haïssent", confie ce père de cinq enfants, arrêté en mars 2004 car il se trouvait sur le lieu d'un attentat anti-américain. Il a croupi deux ans à Abou Ghraib.
Dans le jardin de la maison familiale à Fallouja, pendant qu'un de ses proches distribue des photos de Mahmoud avant l'attentat, son père Ali Hussein se dresse et lance d'une voie sourde: "S'il existe une justice internationale, ces Américains doivent être jugés. J'espère qu'il leur arrivera la même chose qu'à mon fils".
IRIB



3  Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

3-1 Louis DALMAS : LA CONTINUITÉ DU MENSONGE.

Un article de Tzvetan Todorov a été publié par Libération, le 19 décembre dernier, sous le titre "Le souci de vérité", est à figurer également en anglais dans le International Herald Tribune du même jour.

Le texte est important, à la fois par la notoriété de l'auteur, et par l'ampleur de sa diffusion.
Le sous-titre français en résume le thème : "Les fondements de la démocratie sont en péril dès lors qu'un pays accepte, comme les Etats-Unis avec la guerre en Irak, le mensonge ou l'illusion".
Se référant au rapport Baker-Hamilton, qui affirme en termes mesurés mais fermes, que le gouvernement de Bush a sacrifié la vérité à ses buts politiques dans son aventure irakienne, Todorov écrit ; "La préparation et le déclenchement de la guerre reposaient sur un double mensonge ou une double illusion, à savoir qu'Al Qaeda était lié au gouvernement irakien et que l'Irak possédait des armes de destruction massive, nucléaires, biologiques ou chimiques."
L'information ainsi faussée a été relayée pendant cinq ans par tous les grands médias, conditionnant l'opinion publique à une vision erronée de la réalité.
Ce constat à la fois juste et inquiétant est aujourd'hui généralement partagé, ce qui est une avancée, mais malheureusement trop tard pour effacer le mal déjà fait. Si l'on veut éviter de semblables entorses à la démocratie dans l'avenir, il faut pousser plus loin l'analyse au moyen de quelques rappels historiques indispensables.

Il y a un peu plus de trente ans, s'est déroulé un processus en tous points semblable à celui qui a servi à justifier l'attaque de l'Irak : la manipulation qui a déclenché la guerre du Vietnam.
Le 22 novembre 1963, trois semaines après le meurtre de Ngo Dinh Diem à Saigon, le président John F. Kennedy est assassiné à Dallas. Le vice-président Lyndon Baines Johnson le remplace. La tension est vive dans l'ex-Indochine. Au cours de l'année 1964, cinq coups d'Etat ou tentatives de coups d'Etat ont lieu à Saigon, et sept gouvernements se succèdent. La République démocratique du Vietnam, installé au nord à Hanoi, renforce son aide au Front national pour la libération du Vietnam, qui contrôle d'importantes zones au sud et à l'ouest de Saigon. Des détachements armés de la CIA, en coopération avec l'Armée nationale de la République du Vietnam, effectuent des opérations de commando contre des objectifs côtiers du nord (Opération Plan 34 A). Des navires américains sont envoyés dans les eaux territoriales du Nord-Vietnam, dans le golfe du Tonkin (Opération De Soto). Un accrochage se produit avec les garde-côtes de l'Armée populaire vietnamienne, en riposte à un raid clandestin, le 30 juillet, d'agents de la CIA contre des objectifs situés sur les îles de Hon Mé et Hon Ngu. Le destroyer USS Turner Joy rejoint le Maddox dans le golfe du Tonkin.
Dans la soirée du 4 août, les marins américains signalent une attaque du Nord-Vietnam. Selon leur rapport, le combat dure quatre heures et 22 torpilles sont tirées contre les navires US.
Or l'incident s'est révélé - des années plus tard - complètement imaginaire. Que son récit ait été dû à une erreur de transmission ou à une fabrication volontaire, il est monté en épingle par tous les grands médias et convainc les Américains de la nécessité de réagir. Le président Johnson ordonne des raids aériens contre la République démocratique du Vietnam (Opération Pierce Arrow). Le 5 août, le Washington Post titre : "Les avions américains frappent le Nord-Vietnam. Après la seconde attaque de nos destroyers, des mesures sont prises pour empêcher une nouvelle agression." Le même jour, le New York Times porte la manchette : "Le président Johnson ordonne des opérations de représailles contre les bateaux et les installations de soutien au Nord-Vietnam après les attaques renouvelées de destroyers américains dans le golfe du Tonkin." Le 7 août, le Sénat américain, enthousiaste, adopte la "Résolution sur le golfe du Tonkin" qui est confirmée le lendemain par la Chambre des représentants. Johnson a carte blanche. La guerre du Vietnam commence.
Le parallèle avec l'Irak est frappant. Un prétexte inventé de toutes pièces sert à justifier la guerre. Plus grave encore, le mensonge est occulté pendant toute la période où meurent des centaines de milliers de victimes. Dans l'intervalle, les initiés se rendent compte que la seconde attaque n'a jamais eu lieu, mais ils attribuent la désinformation à une mauvaise interprétation des communications de l'époque et préfèrent garder le silence. Ce n'est qu'en 2001 que Robert Hanyok, un historien de la National Security Agency, apporte la preuve définitive de la falsification délibérée de ces communications. Mais là encore, on occulte l'affaire. L'agence continue à classer "secret" le rapport "interne" de Hanyok, pour éviter la comparaison avec l'Irak. Il a fallu attendre un article du New York Times du 31 octobre 2006 pour que le public soit enfin informé.

Pourquoi ce retour en arrière ? Parce que l'affaire du golfe du Tonkin est une répétition générale du processus qui a mûri en Irak, et qui illustre la règle bien connue : quand un Etat veut justifier une initiative militaire, il en invente le prétexte. Et, avec l'aide des grands médias, il imprègne la conscience de ses citoyens de la réalité du prétexte inventé, fondé sur le noircissement de l'adversaire, de façon à les convaincre de la nécessité de l'intervention projetée. C'est ainsi qu'a été décidé par Washington (avec le consensus de la classe politique et l'assentiment populaire) le bombardement du nord-Vietnam ; c'est ainsi qu'a été décidé (avec le consensus de la classe politique et l'assentiment populaire) le bombardement de l'Irak. Les deux bombardements légitimés par de fausses informations et massivement acclamés. Ce genre de plébiscite du bourrage de crâne marque le succès de ce qu'on appelle la propagande, dont les Etats-Unis n'ont cessé de développer et de perfectionner les moyens.

Mais alors se pose une question importante. Comment peut-on raisonnablement imaginer que cette continuité dans la façon mensongère de justifier une agression, allant du Vietnam à l'Irak, ait tout à coup été interrompue à propos de la Yougoslavie ? Comment, en toute logique, peut-on croire qu'on ait menti pour pouvoir bombarder le Vietnam en 1964, qu'on ait menti pour pouvoir bombarder l'Irak en 2003, et qu'entre les deux, on ne se soit jamais écarté de la vérité pour pouvoir bombarder la Yougoslavie en 1999 ?
C'est bien sûr improbable. La technique de conditionnement du public n'a cessé de faire des progrès. Elle s'est montrée de plus en plus efficace au cours des années, et il serait bien naïf de penser qu'ayant été mise à profit au Vietnam et en Irak, elle ne l'ait pas été en Yougoslavie.
Elle l'a été. Comme jadis pour le Vietnam et récemment pour l'Irak, la crédulité publique a été entretenue, et abusée, pour la Yougoslavie. Exactement de la même façon que les grands médias ont surenchéri dans la description de l'agression nord-vietnamienne et dans celle de la menace irakienne, ils ont rivalisé pendant une décennie dans la dénonciation de la barbarie serbe. Les deux premiers mensonges sont désormais reconnus, le troisième ne l'est pas encore. Pourtant, comme pour les deux autres, à partir du moment où l'on s'affranchit des préjugés alimentés par la propagande, de l'aveuglement perpétué par le bourrage de crâne, tout change d'aspect. Les certitudes s'effondrent, la version "officielle" s'effrite, on s'aperçoit combien elle est invraisemblable et à quel point on a été trompé.
L'attaque du golfe du Tonkin n'a jamais eu lieu. Comme le dit très justement Todorov, les liens de Saddam Hussein avec Al Qaeda et les armes de destruction massive n'ont jamais existé. Mais ce qu'il ne dit pas, et qu'en toute logique il devrait dire, c'est que beaucoup d'autres choses n'ont pas eu lieu n'ont plus : les viols par les Serbes de 80.000 femmes musulmanes, les camps d'extermination serbes, la destruction serbe de Dubrovnik, la responsabilité serbe des bombes sur le marché de Markalé, le massacre génocidaire par les Serbes de 8.000 prisonniers à Srebrenica, les centaines de milliers de réfugiés fuyant les exactions serbes au Kosovo. Rien de tout cela n'est vrai. Il y a autant de documents et de témoignages qui démentent ces affirmations qu'il y en a eu pour mettre en doute l'agression nord-vietnamienne et les armes de l'Irak. Il y a autant de preuves de la force et de la fausseté de la propagande en ce qui concerne Belgrade qu'on en a trouvé pour réfuter ce qui a été dit de Hanoi et de Bagdad.
Dénoncer le bourrage de crâne ne change rien à la réalité. Personne ne conteste le fait que le régime du Nord-Vietnam était un régime communiste ou que Saddam Hussein était un cruel dictateur. Personne ne conteste non plus le fait que les Serbes ont commis des atrocités. Ce qui est en question, c'est la déformation de cette réalité par un battage médiatique mensonger. La falsification a déclenché la guerre du Vietnam et l'invasion de l'Irak ; elle a justifié le bombardement et l'écrasement de la Serbie. Trois développements, dus à des mensonges, qui auraient pu être évités et qui demeurent une honte pour l'Occident.
Deux de ces mensonges ont été reconnus. Il reste à reconnaître le troisième, et à en tirer la leçon.

Louis DALMAS


3-2 Après la guerre directe, la guerre soft commence à rendre l’âme !  

Pour justifier sa guerre contre l'Iraq, l'administration Bush a emprunté les sentiers du mensonge en avançant la thèse des armes à destruction massive.

De son côté, l'administration Obama a emprunté les mêmes sentiers du mensonge non seulement pour justifier la cuisante défaite des Américains et de leurs alliés et laquais, mais aussi pour faire croire aux peuples d'Occident et du monde entier que la mission du Pentagone en Iraq ait été couronnée de succès.
"Nos soldats, s'est permis de dire le président américain, sont sortis d'Irak "la tête haute".

Et s'expliquant, il a fait allusion à la démocratie que les envahisseurs avaient promis d'en doter ce pays : "l'avenir de l'Irak sera dans les mains de son peuple". C'est à dire dans les mains de ce qui en reste de ce peuple après 18 ans de guerre de massacre, et d'embargo qui ont fait plus de deux millions de morts, et de ce qui en restera après la guerre soft que les Etats-Unis et son camp du mal continuent de mener contre ce peuple.
Les attentats qui viennent d'ensanglanter la capitale iraquienne sont une expression de cette guerre soft : Ciblant "équitablement" l'une et l'autre des deux confessions majeures en Irak, ces attentats ne
peuvent qu'être l'œuvre des services de renseignement américains et de leurs agents de tout bord.
Même les craintes de voir l'Iraq glisser vers une guerre de confessions, craintes exprimées par de Hauts responsables américains ainsi que par des personnalités politiques et des médias arabes enrôlés dans la guerre soft, et qui concernent également la Syrie et d'autres pays dans la région, n'ont d'autre but que la promotion de la logique des conflits confessionnels sur lesquels compte le camp du mal américain pour atteindre les objectifs qu'il n'a pas pu réaliser par la guerre directe pure et dure.

Les défaites américaines et israéliennes en Afghanistan, en Iraq, au Liban et à Gaza s'ajoutent à la peur de déclencher une guerre ouverte contre l'Iran ou une intervention directe en Syrie pour consolider l'option de la guerre soft dans la mesure où les opérations secrètes et l'attisement des conflits internes semblent mener au but en affaiblissant toutes les parties antagonistes, y compris celles qui prennent au sérieux le mythe d'une alliance en bonne et due forme avec les Etats-Unis et l'Alliance atlantique.

En témoigne la néfaste expérience de la "Grande" révolution arabe qui, pendant la première guerre mondiale, a pourchassé les Ottomans au nom de la fameuse promesse donnée par l'Angleterre et la France selon laquelle les deux super puissances de l'époque reconnaitraient l'instauration d'un Etat arabe unifié et indépendant incluant la péninsule arabique et la Grande Syrie.

Au lieu de cet Etat, et conformément aux accords secrets de Sykes-Picot, les Arabes ont obtenu une vingtaine d'Etats impuissants, dépendants et en querelle permanent les uns avec les autres, ce qui a facilité l'implantation de l'Etat sioniste sur la terre palestinienne et permis l'évincement de grands pays porteurs des idéaux nationalistes arabes comme l'Egypte, la Syrie et l'Iraq, pour le compte de quelques anciens protectorats du Golfe qui, à l'exemple de Qatar et des Emirats, se proposent maintenant, et par la force des pétrodollars, d'écrire l'histoire de la région en coopération totale avec les Etats-Unis, l'entité sioniste et l'Alliance atlantique.

Bien sûr, les zizanies confessionnelles font partie intégrantes d'une grande panoplie de brouilles religieuses, ethniques, communautaires, politiques, et sociales qu'on cherche à exacerber pour provoquer des conflits qui servent le projet de démantèlement destiné à faire de la Cisjordanie –transformée par l'occupation israélienne en une infinité d'îlots séparés les uns des autres par des autoroutes, des barbelés et des murs de séparation- le modèle de la carte future de ce qu'on appelle le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord.

Le pétrole est depuis longtemps revendiqué par l'Occident comme étant une ressource mondiale. Les monarchies pétrolières du Golfe, fourmillant déjà de bases militaires occidentales et d'armées secrètes ne seront pas épargnées le moment venu par la guerre soft. Tout comme les trillions de dollars amassés par maints chefs et dignitaires arabes dans les banques occidentales et qui sont réduits à des chiffres démunis de sens parce qu'engloutis par la crise monétaire qui frappe les Etats-Unis et l'union européenne.

Mais ce moment ne viendra pas. Non parce que les complexes militaro-industriels qui dictent leurs politiques aux politiciens occidentaux auront perdu leur appétit. Mais parce que la guerre soft qu'on mène contre les forces de la résistance arabe et islamique dans la région n'aura pas plus de chances que la guerre directe pure et dure. Ses échecs sont déjà flagrants dans la guerre cybernétique et les réseaux d'espionnage au Liban et en Iran.
Ce qui se passe actuellement notamment en Iraq, en Syrie et en Egypte, les vieilles matrices du nationalisme arabe et du véritable islamisme, ne tarderont pas à voir se constituer le bloc arabo islamique qui, de l'Iran jusqu'aux côtes de la Méditerranée, se chargera de redessiner la carte unifiée de la région et de la totalité de ce monde qui s'affaisse sous le poids de ses crises sans issue.

27/12/2011 
 
http://www.moqawama.org/


3-3 Dirk Adriaensens :L’Irak totalement détruit par l’invasion et l’occupation.
 « C’est avec une grande fierté – et une fierté durable – que vous  quitterez ce pays d’entre les fleuves », a déclaré le ministre américain  de la Défense, Leon Panetta, à l’adresse de ses soldats lors de la cérémonie d’adieu qui s’est déroulée à Bagdad le 15 décembre 2011.

Et Panetta, ancien patron de la CIA, d’ajouter que « la guerre en Irak a bien valu son coût énorme en sang et en argent ».

 Un récapitulatif s’impose.
Au moins 31 pour 100 du million cinq cent mille soldats environ qui rentrent de la guerre en Irak souffrent de dépression ou de trouble de stress post-traumatique, lesquels influencent de façon très négative leur travail, leurs relations et leur existence familiale. C’est ce que révèle une étude réalisée par des chercheurs de l’armée américaine. Tant en 2009 qu’en 2010, un plus grand nombre de soldats américains sont morts de suicide que lors des combats.
Cela en valait-il vraiment la peine
Le déclin de l’empire américain

Le 18 mars 2003, ECAAR (EConomists Allied for Arms Reduction – Économistes unis pour la limitation des armements) rédigeait un pamphlet contre le déclenchement d’une guerre unilatérale en Irak. Le texte était signé par plus de deux cents économistes américains, dont sept lauréats du prix Nobel et deux anciens présidents du Comité des conseillers économiques de la Maison-Blanche.

Ce texte constituait la base d’une annonce publiée dans le Wall Street Journal. En voici quelques extraits :
« En tant qu’économistes américains, nous nous opposons à une guerre unilatérale contre l’Irak que nous considérons comme inutile et néfaste  pour la sécurité et l’économie des États-Unis et de l’ensemble de la communauté mondiale. »« (...) Nous doutons que la guerre serve la sécurité et qu’elle n’accroisse  le risque d’instabilité future et de terrorisme. Nous pressentons clairement l’immédiate tragédie humaine et les destructions de la guerre, ainsi que la potentialité de dégâts économiques graves pour notre nation et le monde entier. » « (…) Nous ne croyons pas que cette guerre soit nécessaire pour la sécurité nationale des États-Unis. Une économie saine est nécessaire pour la sécurité des États-Unis et le développement économique pacifique du reste du monde. »
La guerre contre l’Irak est la cause de la crise économique
Cette explication donne une image douloureusement précise de ce qui allait suivre : Cette guerre a plongé les États-Unis et le reste du monde dans  une crise économique et elle a indiqué clairement les limites de la puissance américaine. La résistance irakienne contre l’occupation est coresponsable du déclin de l’Amérique tel qu’il fut prédit en 2004 : « Nous figerons les occupants ici en Irak, épuiserons leurs moyens et effectifs et briserons leur volonté de combattre.
Nous les obligerons à investir autant qu’ils pourront voler, si pas plus. Nous perturberons le flux du pétrole volé, puis l’arrêterons de sorte que leurs plans deviendront inutiles. »
Le lauréat du prix Nobel Joseph Stiglitz a calculé le prix de la guerre
 Joseph E. Stiglitz, lauréat du prix Nobel et l’un des signataires de la déclaration susmentionnée, a calculé les coûts de la guerre en Irak dans  son ouvrage paru en 2008, The Three Trillion Dollar War (La guerre à trois mille milliards de dollars). Il conclut : « Il n’existe pas de déjeuner gratuit, pas plus qu’il n’existe de guerre gratuite.
L’aventure irakienne a gravement affaibli l’économie américaine et la misère va bien plus loin que la crise des hypothèques. On ne peut dépenser 3.000  milliards de dollars – oui, 3.000 milliards de dollars – dans une guerre ratée à l’étranger sans en ressentir la douleur dans son propre pays. »
Stiglitz décrit ce qu’on pourrait payer avec ces milliards de dollars : 8  millions d’habitations ou 15 millions d’enseignants, les soins de santé  pour 530 millions d’enfants pendant un an, des bourses universitaires pour 43 millions d’étudiants. Ces 3.000 milliards de dollars résoudraient le problème de la sécurité sociale de l’Amérique pour un demi-siècle.
 En ce moment, dit Stiglitz, l’Amérique consacré 5 milliards de dollars par  an à l’Afrique et se fait du mouron parce qu’elle est sur le point d’y être supplantée par la Chine :
« Cinq milliards de dollars, cela représente en gros 10 jours de guerre.
Cela vous donne une idée du gaspillage de moyens ! »
Cela s’aggrave encore
« Maintenant que les États-Unis vont mettre un terme à la guerre en Irak, il s’avère que notre estimation de 3.000 milliards de dollars (couvrant aussi bien les dépenses publiques pour la guerre que l’impact plus large sur l’économie américaine) était bien trop basse. Ainsi, les coûts du diagnostic, du traitement et des compensations des vétérans handicapés se sont révélés plus élevés que nous ne nous y étions attendus », écrivait Joseph Stiglitz le 3 septembre 2010 dans The Washington Post.
 Encore plus dramatiques sont les conséquences pour le Moyen-Orient même.
 Un rapport publié par le Strategic  Foresight Group en Inde, dans un  ouvrage intitulé Les coûts du conflit au Moyen-Orient, a calculé que, ces vingt dernières années, les conflits dans la région ont coûté aux pays et aux habitants 12.000 milliards de dollars (!).
Le rapport indien ajoute que le Moyen-Orient « a consacré un montant record aux dépenses militaires des vingt dernières années et qu’il est considéré comme la région la plus armée du monde ». Imaginez que ce montant soit consacré au développement des régions rurales  et des infrastructures urbaines, des barrages et des réservoirs, de la  désalinisation et de l’irrigation, du reboisement et des pêcheries, de l’industrie et de l’agriculture, de la médecine et de la santé publique, du logement et des technologies de l’information, des emplois, de l’intégration équitable des villes et des villages et aux réparations des dégâts de la guerre au lieu de produire des armes qui ne sèment que la destruction.
Les conséquences dramatiques de la prétendue « démocratie florissante » pour l’Irak
L’argent de la guerre du contribuable américain a non seulement ruiné l’économie  américaine et plongé le reste du monde dans une crise économique, il a  aussi anéanti une nation souveraine qui ne souhaitait aucunement faire partie du « Nouvel Ordre mondial ». La situation dramatique qui règne en Irak dément de façon criarde   Irak, le ministère de la Défense a payé à des entrepreneurs privés américains jusqu’à 300millions de dollars dans les années 2009-2011 pour la production d’informations et de programmes de distraction dans les médias irakiens et ce, dans une tentative de présenter une image sympathique à la population locale afin que celle-ci soutienne les objectifs américains et le gouvernement irakien.
Lé désinformation, une arme stratégique de la guerre
« Cette année, les dépenses en public relations du Pentagone censées ‘rallier les cœurs et les esprits’ tant au pays qu’à l’extérieur, s’élèveront  à 4,7 milliards de dollars au moins », communiquait en 2009 la Fondation Nieman pour le journalisme à l’Université de Harvard, se demandant où se situe exactement la frontière entre information et propagande.
Le public n’est pas censé être mis au courant de tous les méfaits de la  machine de guerre américaine et la désinformation se diffuse à grande échelle pour être avidement reprise par un appareil médiatique ami.
« Il est essentiel aussi essentiel pour le succès du nouveau gouvernement irakien et pour les troupes américaines de communiquer efficacement avec  notre public stratégique (c’est-à-dire le public irakien, panarabe, international et américain) que de recevoir un large soutien dans nos thèmes centraux et nos  informations », disait l’annonce de recrutement d’une équipe de 12 entrepreneurs civils en Irak.                                                                                
Une catastrophe humanitaire encore jamais vue
Le haut commissaire des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR), António  Guterres, a constaté que la guerre de l’Irak est le conflit le plus  retentissant au monde, mais également la crise humanitaire la moins connue. Examinons donc quelques-uns des « résultats » destructeurs de cette guerre et de cette occupation de ce même Irak que l’élite américaine qualifie de « démocratie florissante » :1,45 million de victimes. Le nombre est choquant et dégrise. Il est au moins dix fois plus élevé que la plupart des estimations citées dans les médias américains, mais il s’appuie sur une étude scientifique portant sur les morts irakiens par violence suite à l’invasion demars 2003 dirigée par les États-Unis ;la mortalité infantile irakienne a augmenté de 150 pour 100 depuis 1990, lorsque, pour la première fois, les
Nations unies ont imposé des sanctions ;en 2008, 50 pour 100 seulement des enfants en âge de fréquenter l’école primaire allaient en classe, contre 80 pour 100 en 2005 ; en 2007, l’Irak   millions d’orphelins, selon les statistiques officielles du gouvernement ;l’Irak compte entre 1 et 2 millions de veuves ;d’après des chiffres de l’UNHCR, il y a 2,7 millionsd’Irakiens expatriés et 2,2 millions de réfugiés, surtout dans les pays voisins. Un Irakien sur six a quitté son pays. Le Croissant-Rouge irakien estime que plus de 83 pour100 des expatriés irakiens sont des femmes et des enfants, dont la majorité de moins de 12 ans ; on estime que 8 millions d’Irakiens ont besoin d’aide humanitaire ; 70pour 100 des Irakiens n’ont pas accès à l’eau potable. Le taux de chômage est officiellement de 50 pour 100 et, officieusement, de 70 pour 100. 43 pour 100 des Irakiens vivent dans une pauvreté profonde. 4 millions de personnes souffrent d’un manque de nourriture. 80 pour 100 des Irakiens n’ont pas accès à des équipements sanitaires décents ;60 pour 100 se ulement des 4 millions de personnes dépendant de l’aide alimentaire ont accès aux rations distribuées par le Système de distribution
publique(PDS) contre 96 pour 100 en 2004 ;l’Irak n’a plus d’argent pour le paiement des indemnités aux veuves, les plantes servant dans l’agriculture et autres programmes pour les pauvres, a déclaré le président du Parlement, le 21 novembre 2010, et ce dans une des nations les plus riches en pétrole de la terre ;diverses minorités confessionnelles irakiennes (chaldéens, orthodoxes syriens, chrétiens assyriens et arméniens, communautés yezidi et mandéennes) courent le risque d’être  éradiquées parce qu’elles sont confrontées à des niveaux inouïs de violence, d’après un rapport de Minority Rights Group International ;d’après un rapport d’Oxfam, 33 pour 100des femmes n’ont pas reçu la moindre aide humanitaire depuis 2003 ; 76 pour 100 des veuves n’avaient pas reçu la moindre pension ; 52 pour 100 étaient au chômage ;55 pour 100 s’étaient expatriées depuis 2003 et 55 pour 100 avaient été victimes de violence(s) ;des années d’instabilité et de guerre ont fait qu’entre un et deux millions de femmes sont chefs de famille (FHoH) en Irak : veuves, divorcées et soignante de leur époux malade. À peine 2 pour 100 de ces femmes chefs de famille travaillent régulièrement, selon l’Organisation internationale de la migration (OIM).
 Prendre la vie à des personnes innocentes est devenu une composante de la  vie quotidienne.

Dirk Adriaensens

22 décembre 2011
Dirk Adriaensens
est le coordinateur de SOS Iraq et il est membre du BRussells Tribunal. Entre 1992 et 2003, il a dirigé plusieurs délégations en Irak afin d’y observerles effets des sanctions. Il est également coordinateur de la Global Campaign against the Assassination of Iraqi Academics (Campagne mondiale contre l’assassinat d’universitaires irakiens).
Source originale : De wereld morgen
Traduit du néerlandais par
Jean-Marie Flémal pour Investig'Action


3-4 Gilles Munier: Les dirigeants irakiens s’entre- assassinent.

   La cohabitation plus ou moins conflictuelle qui règne à la tête de l’Irak entre politiciens irakiens pro-américains et pro-iraniens –  ou adeptes du double jeu -  a volé en éclat : Nouri al-Maliki accuse Tarek al-Hashemi – un des vice-présidents de la République – d’avoir tenté de l’assassiner, le 28 novembre dernier, dans la Zone verte hyper-sécurisée, près du Parlement où il devait prendre la parole. Mais Oussama al- Noujafi, président du Parlement, n’est pas de cet avis. Il affirme que c’est lui qui était visé. Selon un témoin, un kamikaze aurait pénétré dans l’enceinte du Parlement au volant d’un véhicule identique à ceux du convoi de Noujafi, ennemi politique du Premier ministre. Refoulé, faute de badge, il aurait alors actionné sa charge explosive.

   Un mandat d’arrêt ayant été lancé à l’encontre de Tarek al-Hashemi pour « terrorisme », le Bloc Iraqiya (82 députés, 9 ministres au gouvernement) auquel il appartient, a décidé, le 17 décembre, de boycotter le gouvernement. Il accuse Nouri al-Maliki d’avoir fait placer des chars et des véhicules blindés devant les résidences des dirigeants d'Iraqiya habitant dans la Zone verte.

Maliki : un dictateur pire que Saddam Hussein !

   Tarek al-Hashemi s’est réfugié à Erbil, capitale de la Région autonome du Kurdistan, où il s’est placé sous la protection de Jalal Talabani, président de la République. Il crie au complot. Selon lui : « Al-Maliki est derrière tout ça. Le pays est entre les mains d'Al-Maliki. Tous les efforts faits en vue de parvenir à une réconciliation nationale et pour unifier l'Irak appartiennent au passé ». Ses accusations rejoignent celles de Salah al-Mutlaq, vice-Premier ministre, membre d’Iraqiya, qui a déclaré sur une chaîne de télévision irakienne : « Maliki est un dictateur pire que Saddam Hussein car ce dernier était un bâtisseur alors que lui n'a absolument rien fait». Le Premier ministre a réagi en le limogeant. La décision devra être confirmée par le Parlement qui se réunira à cet effet le 3 janvier prochain.

   Plusieurs observateurs notent qu’à chaque fois que la coalition chiite pro-iranienne prépare un coup de force ou se trouve en difficulté, un complot, un attentat ou un massacre arrive à point nommé pour resserrer les rangs de ses partisans. Pour Massoud Barzani, président de la Région autonome du Kurdistan, l’Irak s’achemine vers « une crise profonde » qui risque de faire effondrer le « processus politique ».

Gilles Munier

http://www.france-irak-actualite.com/



4 Annexe

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information.

4-1 New Orient News : La défaite de l'empire américain.

Lorsqu’ils ont décidé d’envahir et d’occuper l’Irak, en 2003, les Etats-Unis ont tenté d’imposer leur vision d’un monde unipolaire. Cette guerre avait pour but de terroriser toutes les puissances régionales et internationales qui osaient relever la tête, et de détruire les Nations unies en tant qu’organisation basée sur le partenariat dans le processus de prise de décisions. C’est ce qu’avait affirmé Washington à la veille et après l’invasion de l’Irak. Il a aussi clairement exprimé son intention de remodeler le Moyen-Orient et de le placer sous son hégémonie en créant de nouvelles réalités régionales basées sur deux principes: protéger Israël après sa défaite au Liban (le retrait unilatéral de l’an 2000) et démembrer les deux pays réellement indépendants et soutenant la Résistance: la Syrie et l’Iran.

Certains experts américains affirment que l’invasion de l’Irak a atteint ses objectifs dans la mesure où l’entourage de George Bush a amassé des fortunes colossales à travers le pillage du pays, sans compter que les cartels du pétrole et de l’armement ont raflé des contrats faramineux. Le tout sous le parrainage de l’ancien secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld.

Certes, le clan de la guerre, appuyé par le lobby sioniste, a des raisons de se réjouir en prenant en compte ces considérations matérielles. Mais mis à part ces maigres dividendes, l’occupation de l’Irak, suivie des guerres du Liban en 2006 et de Gaza en 2008-2009, ont été une véritable catastrophe d’ordre stratégique pour les Etats-Unis et leurs protégés israéliens. Les sacrifices consentis par les Irakiens, qui ont infligé des pertes énormes aux troupes américaines, ainsi que les revers subis par les Israéliens au Liban et en Palestine, ont prouvé que les peuples de l’Orient arabe, qui ont résisté et défendu leur dignité et leur indépendance, ont infligé à l’alliance impérialiste, notamment aux Etats-Unis, une défaite historique aux conséquences stratégiques.

La commission bipartisane Baker-Hamilton a publié, après la défaite israélienne en 2006, un rapport qui présente l’évaluation de l’establishment américain. La conclusion se résume en un seul mot: l’échec. Dès lors, la politique américaine n’avait plus qu’un seul but: contenir cet échec et limiter les dégâts en optant pour la soft power, qui se base sur les guerres secrètes menées par les services de renseignements et une panoplie de sanctions lesquelles ont montré leur impuissance à réaliser les buts que la force militaire a été incapable d’atteindre.

L’éclatement de la crise économique et financière qui secoue les Etats-Unis et l’Occident n’est pas un hasard. Elle est directement liée aux défaites successives dans les guerres qui ont couté un trillion de dollars. Les experts s’attendent à une nouvelle crise encore plus dévastatrice que celle qui a frappé les Etats-Unis en 2008 et l’Europe en 2011. Ce n’est pas un hasard non plus que la fuite américaine de l’enfer de la Résistance irakienne coïncide avec les revers de la CIA au Liban et en Iran (Voir ci-dessous). Il est clair que le soft power, déployé après les défaites militaires rencontre des difficultés non moins graves que le hard power.

Prémices de l’échec du plan contre la Syrie.

Le retrait d’Irak, passé sous silence par les médias dominants dans le but de préserver le moral déjà très affecté de l’armée et du peuple américains, constitue l’événement fondateur d’un monde nouveau qui verra les compétiteurs des Etats-Unis se relever pour faire face à l’hégémonie d’une superpuissance déclinante. Les prémices de cette ère commencent à poindre avec la constitution d’un nouveau front international, les Brics, qui refusent que l’Occident continue à gérer unilatéralement les affaires du monde.

Les développements de la crise en Syrie, où les Américains et leurs alliés arabes et européens ont des difficultés à imposer leur volonté, illustrent cette tendance à un monde multipolaire. En Syrie, les sanctions que l’alliance occidentale s’efforçait de mettre en place à travers la Ligue arabe commencent à s’effondrer. Grâce à un subtil jeu politique et diplomatique, Damas a réussi à ouvrir des brèches importantes par le biais de l’Irak, qui a ravi l’initiative au Qatar. Avec le Liban et la Jordanie, qui refusent de mettre en œuvre les sanctions décidées par la Ligue arabe, c’est tout le système que les pays du Golfe voulaient mettre en place qui vacille. Un article publié dans le Foreign policy par deux experts internationaux précise que les sanctions adoptées contre la Syrie affectent le peuple et renforcent l’Etat, qui dispose d’un large éventail de solutions de rechange pour contourner les sanctions et les vider de leur sens.

Les pressions politiques arabo-occidentales ont encore moins d’effets que les mesures de rétorsions économiques. Les tentatives forcenées d’internationaliser la crise en envoyant le dossier au Conseil de sécurité se heurtent à la position ferme de la Russie et de ses amis du Brics. Moscou a procédé à une manœuvre politico-diplomatique remarquable qui a, à son tour, ravi l’initiative aux Etats-Unis. En présentant un projet de loi sur la Syrie au Conseil de sécurité, la Russie a coupé l’herbe sous les pieds des Occidentaux qui font actuellement preuve d’une grande confusion, autant que leurs marionnettes du Conseil national syrien mené par Burhan Ghalioun. Ce dernier, très maladroit, ne cache plus ses intentions en affirmant que l’opposition syrienne a pour objectif de déconnecter la Syrie de ses alliances actuelle avec l’Iran et les mouvements de résistance pour l’amarrer solidement au camp occidental.

Pendant ce temps sur le terrain, les groupes terroristes multiplient leurs crimes et leurs attaques contre les troupes régulières. Mais ces actions armées sont incapables de modifier les rapports de forces internes qui restent largement en faveur du pouvoir syrien.

 

Source : New Orient News

Lundi 19 décembre 2011
http://www.neworientnews.com/...



Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières,les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

  • " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19

 

05/01/2012

n°523- Journal d'Irak - 25/11 au 05/01/12 - a1 : Bush et Blair reconnus coupables de crimes de guerre


n°523- Journal d'Irak -  25/11  au 05/01/12 - a1 : Bush et Blair reconnus coupables de crimes de guerre



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.Sa diffusion est un acte de résistance.

Les médias occidentaux dans leur large majorité ont de tout temps accepté les versions des armées occupantes et ferment les oreilles aux autres sources.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!



Journald'Irak

n°523                 du 25/11                  au 05/01/12

C.De Broeder & M.Lemaire



Le " Journal d’Irak  " est visible  sur ...

a) sur mes  blog : http://www.dhblogs.be/categories/International.html

                              http://www.lalibreblogs.be/categories/International.html

b) sur le site http://turkmenfriendship.blogspot.com/2007/10/journal-dir...

c) sur le site de Eva Resis  :  no-war.over-blog.com

d) Et Sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

e) sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire :

 

1 Tiré à part :

1-1 Irak : guerres humanitaires et exportation de la démocratie moderne.
1-2 Vidéo : Bush et Blair reconnus coupables de crimes de guerre

1-3 Chems Eddine Chitour: Retrait américain d'Irak: Le chaos en cadeau d'adieu…

1-4 Le coût astronomique de la guerre américano-européenne en Irak.

1-5 Gilles Munier : 150 000 collaborateurs irakiens abandonnés par les troupes américaines.

1-6 The Guardian :Un viol toutes les 3 heures dans l'armée américaine.

2 Dommages Collatéraux... le Pentagone prolonge

Amnesty réclame de nouveau l'arrestation de George W. Bush

3 Paroles & action du président Obama..

4 Politique

Le chef de la diplomatie irakienne souligne les erreurs des Etats-Unis en Irak.

5 Les alliés (des Usa)

Otan

La mission de formation de l'Otan pas prolongée après 2011

6 Dossier & Point de vue

6-1 Almanar : Retrait US d’Irak : Mensonges, et défaite sans précédent!

6-2 Gilles Munier : Encore un marché pour les traitres avant leur défaite finale.

6-3 Damien HYPOLITE :Dix ans de présence militaire américaine en Irak.

6-4 -Manlio Dinucci :Les Etats-Unis plus présents que jamais en Irak.

 



1 Tiré à part :

1-1 Irak : guerres humanitaires et exportation de la démocratie moderne.
Lien Vidéo : http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=gBsuQi1TuRs


1-2 Vidéo : Bush et Blair reconnus coupables de crimes de guerre

http://www.youtube.com/watch?v=NxHMvlnU2WE&feature=player_embedded#!

 

Le verdict a été rendu le 22 novembre dernier mais a peu été relayé par la presse. L’ancien président américain George Bush et son ex-homologue Tony Blair ont été reconnus coupables de massacres et de « crimes contre la paix » par le tribunal des crimes de guerre de Kuala Lumpur, en Malaisie, pour leur invasion d’Irak, décidée en mars 2003.
Les Etats-Unis et la Grande-Bretagne avaient envahi le pays, alors sous commandement de Saddam Hussein, sous le prétexte que l’Irak détenait des armes de destruction massive et ceci, en s'appuyant des documents contrefaits que Bush et Blair ont présenté au monde comme vrais. Les membres de la commission ont estimé que les deux anciens chefs de gouvernements ont commis un flagrant abus de droit et une agression qui a mené au meurtre massif de civils irakiens.
Neuf ans après l’invasion, les Etats-Unis ont pris la décision en décembre de retirer définitivement ses troupes d’Irak mais ont laissé un pays en ruine où tout est à reconstruire. Des centaines de milliers d’Irakiens ont perdu la vie dans ce conflit.
Le jugement rendu par le tribunal malaisien, crée en 1967 à l’initiative de l’ancien Premier ministre malaisien, un fervent opposant à l’invasion d’Irak, n’a aucun caractère contraignant. Toutefois, les juges ont souhaité présenter leurs conclusions aux signataires du Statut de Rome, qui a établi la Cour Pénale Internationale (CPI) en 2002 mais qui n'a jusque là pas été ratifié par les Etats-Unis. Ils ont aussi déclaré qu’ils continueront leurs efforts pour que les noms de Bush et de Blair soient sur le registre des criminels de guerre.

31/12/2011
http://www.saphirnews.com/Irak-Bush-et-Blair-reconnus-cou...


1-3 Chems Eddine Chitour: Retrait américain d'Irak: Le chaos en cadeau d'adieu…
 «On dit que le calife Haroun Errachid envoya comme cadeau à Charlemagne empereur d'Occident, à Aachen, une clepsydre, une horloge à eau la première au monde à pouvoir mesurer le temps. Charlemagne envoya ce qu'il avait de mieux comme cadeau, des lévriers
Voilà résumé en une phrase le niveau de Baghdad il y a de cela 1200 ans comparé à l’Occident d’alors. Mieux encore, les Irakiens héritiers de la Mésopotamie avec Hammourabi qui fut le premier roi à édicter un corpus juridique, le fameux Code d'Hammourabi il y a de cela 34 siècles. Pour rappel, l'Irak avait un système éducatif et de recherche performant. Le niveau de développement était de loin le plus important du Monde arabe. Les infrastructures étaient développées et un célèbre dicton permet de situer le niveau intellectuel héritier de « Dar El Hikma » « La Maison de la Sajesse », le taux d'analphabétisme le plus bas du Monde arabe, il constituait un danger pour le «monde libre et civilisé».

Une brève histoire de l'Irak

Du point de vue de l'histoire, le déclin de Bagdad est dû, dit-on, à l'invasion des Mongols d'Hulagu qui détruisirent la capitale vers 1250 mettant un coup d'arrêt à la civilisation musulmane. L'Irak fut par la suite rattaché à l'Empire ottoman, jusqu'au jour où il intéressa les Allemands avec le kaiser Guillaume qui promit au sultan Abdelhamid la construction du Bagdad Bahn, le train Berlin-Bagdad. La découverte d'indices de pétrole fut le début du mallheur des Irakiens qui furent une variable de confrontation entre l'Empire, britannique, et le gouvernement français qui, après avoir démoli l'Empire ottoman - accords de Sykes-Picot - firent main basse sur le pétrole. L'Anglo Irakian Oil Company remplaça la Turkish Petroleum Company. Par la suite encore, les Etats-Unis demandèrent leur part du gâteau. De coups d'Etat en coups d'Etat fomentés par les puissances occidentales, l'Irak connut l'avènement de Saddam Hussein qui, au départ, fut «utilisé» pour contrer la Révolution iranienne de 1979.
La première guerre du Golfe fut sponsorisée par l'Occident en armements à Saddam, notamment français et américains, et financièrement ce sont les roitelets du Golfe qui furent mis à contribution. Huit ans plus tard, fin des combats pour rien. L'empire soviétique s'effondrait, grâce aux coups de boutoir des moudjahidine commandés par le meilleur allié de l'Occident, Oussama Bin Laden.
Lors de la deuxième guerre du Golfe de 1991, qui, rappelons-le, s'est faite sur un malentendu, Saddam Hussein avait reçu l'ambassadrice Glapsie et l'avait informée des problèmes qu'il avait avec le Koweil -19e province de l'Irak avant la Première Guerre mondiale. Celle-ci lui aurait dit que les Etats-Unis ne se sentent pas concernés par ce problème. L'erreur de Saddam Hussein - en envahissant le Koweit le 2 août 1990 - est d'avoir cru que les Américains n'interviendraient pas. Il le paya cher, mais curieusement, George Bush s'arrêta aux portes de Baghdad. Ce fut la fin de l'Histoire, d'après l'idéologue du Pentagone Francis Fukuyama. Plus rien ne s'opposait à l'hyperpuissance américaine. Cependant, deux faits importants sont à signaler d'abord, le déclin des réserves pétrolières aux Etats-Unis et la montée en puissance aux Etats-Unis des néoconservateurs avec un «born again», George Bush, inféodé au lobby sioniste pro-israélien. De plus, l'Irak de Saddam apparaissait comme un danger pour Israël. pour un autre motif concocté par les néo-conservateurs, l'Irak fut accusé d'avoir des liens avec Oussama Bin Laden, et de détenir des armes de destruction massive. Douze ans après son père, George Walker Bush envahit l'Irak en mars 2003, sans qu'il y ait une résolution des Nations unies.

Que reste-t-il de l'Irak?

En octobre 2006, la revue médicale The Lancet estimait le nombre de décès irakiens imputables à la guerre à 655.000. L'institut Opinion Research Business a estimé à plus de 1000.000 le nombre de victimes irakiennes entre mars 2003 et août 2007. La guerre a provoqué l'exode d'au moins deux millions d'Irakiens. Ceci sans parler des dégâts occasionnés par le Programme «pétrole contre nourriture»: plus de 500.000 enfants seraient morts de maladie et de malnutrition. Les dommages aux infrastructures civiles sont immenses: les services de santé sont pillés. Il y a eu une détérioration des canalisations d'eau et la dégradation des bassins hydrographiques du Tigre, de l'Euphrate. Il y a de plus, augmentation de l'insécurité générale (pillages, incendies et prises d'otage), suite à la désorganisation totale des différents services publics tels que les forces de l'ordre. De nombreux centres historiques ont été détruits par les bombardements américains, les combats et les pillages. Le Musée national d'Irak a été pillé.
Le bilan est connu, des centaines de milliers de morts, des millions de personnes déplacées, les infrastructures détruites et réduites à l'âge de pierre selon la promesse de George Bush père. Le 15 septembre 2004, l'armée américaine relâche 275 détenus de la prison d'Abou Ghraib avec toute l'horreur attachée à la perversion d'un côté et aux souffrances de l'autre. En janvier 2007, en pleine fête de l'Aïd el Adha, Saddam Hussein a fait preuve d'un rare courage lors de sa pendaison. Comme l'écrit Manlo Danucci faisant le bilan de cette chevauchée fantastique: «Nos troupes sont sorties d'Irak ''la tête haute'', a annoncé le commandant en chef Barack Obama. Les USA ont de quoi être fiers.. Mis à feu et à sang par plus d'un million et demi de soldats, que le Pentagone a déployés par rotations, avec aussi des centaines de milliers de contractor militaires (mercenaires), en employant n'importe quel moyen pour écraser la résistance: des bombes au phosphore contre la population de Fallujah aux tortures d'Abu Ghraïb. Provoquant environ un million de victimes civiles, qui s'ajoutent à celles de la première guerre contre l'Irak et de l'embargo. Laissant un pays sinistré, avec un chômage à plus de 50%, la moitié des médecins qu'il avait avant l'invasion, un tiers des enfants affectés de malnutrition, à qui s'ajoutent ceux qui ont des malformations génétiques dues aux armes du Pentagone. Une guerre que les USA ont payée de 4500 morts et plus de 30.000 blessés chez les militaires, dont 30% sont rentrés chez eux avec de graves problèmes psychiques. Guerre qui a coûté 1000 milliards de dollars, à quoi s'ajoutent environ 4000 milliards de dépenses indirectes, comme celles de l'assistance aux anciens combattants. (1)

Dans sa course à la Maison-Blanche, Barack Obama avait promis le désengagement de l'Irak, mais pas à n'importe quel prix. En novembre 2008, les gouvernements irakien et américain ont signé un pacte bilatéral incluant le Status of Forces Agreement (Sofa) qui fixe à la fin 2011 le terme de la présence militaire des États-Unis.

Les Américains avec la satisfaction du devoir bien fait, notamment par une mainmise sur les ressources pétrolières et agricoles par multinationales américaines interposées, rentrent au pays.

Depuis 2005, le gouvernement irakien a acheté des armements étasuniens pour une valeur de 5 milliards de dollars et, selon le programme, il en achètera d'autres pour 26 milliards. Les Etats-Unis ayant réussi à mettre en place une partition de fait de l'Irak en trois régions quasi autonomes avec le Nord kurde, la région de Bagdad à majorité sunnite et le sud de l'Irak à majorité chiite. En même temps, poursuit Manlio Dinucci, Washington s'attache le gouvernement régional kurde de Masoud Barzani avec lequel Exxon Mobil a conclu un gros contrat d'exploitation pétrolière, en doublant le gouvernement de Baghdad. Au Kurdistan irakien opèrent depuis 2003 des forces spéciales étasuniennes, sous les ordres du général Charles Cleveland. Celui-là même qui -révèle le journal égyptien al-Arabi- entraîne et dirige aujourd'hui en Turquie les commandos de l'«armée syrienne libre» pour la «guerre subrogée» contre la Syrie.(1)

Mieux encore, on apprend que même l'agriculture plusieurs fois millénaire de l'Irak est menacée. L'ordonnance 81 signée il y a cinq ans, le 26 avril 2004, par l'administrateur provisoire de l'Irak, Paul Bremer, a placé le pays sous le joug économique total de l'Occupant en obligeant le pays à réformer drastiquement son économie sur le modèle économique néolibéral américain. Ceci en violation de la Constitution irakienne et des conventions de La Haye et de Genève qui stipulent que l'occupant doit respecter la juridiction du pays occupé. Il s'agit d'une véritable déclaration de guerre contre les fermiers des pays occupés. Elle a livré le pays en pâture aux nécro-entreprises géantes qui contrôlent le commerce mondial des graines, comme Monsanto, Syngenta et Dow Chemicals. Comble de l'ironie, c'est au coeur de la Mésopotamie (l'actuel Irak) qu'a été inventée l'agriculture voici plus de dix mille ans! L'ordonnance 81 a donné aux sociétés étrangères un droit de propriété intellectuelle (semblable à ceux que Washington a introduits dans les règles de l'OMC) qui leur concède pendant vingt ans le monopole sur la production, la reproduction, la vente, l'exportation, l'importation et le stockage de toutes les semences génétiquement modifiées et les variétés de plantes «similaires». L'article 14 de cette loi interdit aux agriculteurs de réutiliser les semences de ces variétés transgéniques protégées! Les agriculteurs «coupables» d'avoir semé des graines non achetées, ou dont le champ aurait été contaminé accidentellement, encourent de fortes amendes, voire des peines d'emprisonnement, la destruction de leurs récoltes, de leurs outils et de leurs installation! Monsanto a fait un hold-up sur les semences millénaires des pays qu'elle envahit pour les modifier génétiquement, les breveter et les revendre aux agriculteurs désormais contraints de payer pour pouvoir les cultiver!

L'Irak actuel

Face au refus de l'Irak d'accorder l'immunité à des milliers de soldats américains chargés de poursuivre la formation, le président Obama avait décidé, le 21 octobre, le retrait total des troupes.
La paix n’a jamais été à l’ordre du jour même du temps de la présence américaine. La bôite de Pandore du régionalisme et surtout de l’extrêmisme religieux à fait le reste malgré un décor exogène comme l’organisation d’élections, le chaos est là parceque les problèmes de fond qui existaient du temps de Saddam Hussein qui les traitaient à sa manière au nom d’un intrêt supérieur , celui de l’Etat Nation laïc, ressurgissent maintenant qu’il n’y a plus de garde fous. Les partis en présence, n’ont pas connaissance du logiciel de la paix . Je pense même que chacun ,à sa mamnière instrumente la religion pour s’emparer du pouvoir.. Apparemment le clan chiïte de Nouri el Maliki celui qui ordonna la mise à mort de Saddam Hussein le sunnite, l’a emporté su l’autre clan d’Ilyad Alaoui le sunnite, à telle enseigne qu’il a fallu plus d’une année pour former le nouveau gouvernement .

« Des élections ont eu lieu et un gouvernement à majorité chiite a mis plus d'une année à émerger. (...) Outre les dizaines de milliers de membres de sociétés de sécurité privées, peu connues pour leurs compétences en termes de réconciliation et de maintien de la paix. Les Américains laisseront 50.000 au Koweït, prêts à débarquer en cas de besoin. Le chaos qui règne à Baghdad ne leur laissera peut-être même pas le temps de défaire leur paquetage. La transformation de Baghdad en une ville à majorité chiite et le soutien des pays frontaliers devaient jouer un rôle majeur dans la stabilisation du pays. Au moins 12 explosions ont retenti dans 9 quartiers de la ville, faisant 63 morts et plus de 200 blessés. Des attaques coordonnées qui ciblaient essentiellement les quartiers chiites et qui font craindre un retour des violences confessionnelles sur fond de luttes politiques. Comme dans toute guerre, il y a ceux qui ont collaboré avec l'ennemi. Ils - ou elles -écrit Gilles Munier étaient pour la plupart employés à tout faire, mais aussi secrétaires, interprètes ou espions. Certains, cagoulés, participaient aux interrogatoires et aux séances de torture. Considérés comme des traîtres par la population. Tous rêvaient de partir avec les occupants, d'émigrer aux Etats-Unis. Les Américains ont abandonné leurs collaborateurs à leur triste sort. Le bruit court même à Baghdad que des GI's auraient vendu des listings d'employés à des «insurgés». Une loi américaine, votée en 2008, a créé le Special Immigrant Visas (SIV) qui facilite l'entrée aux Etats-Unis des Irakiens qui travaillaient dans leurs bases et qui sont menacés de mort ou d'enlèvement. Mais, en quatre ans, seules 25.000 demandes ont été acceptées, 7000 visas délivrés.(2)

C'est une force étrangère, lit-on dans un éditorial du Monde, qui envahit le pays et ce sont des proconsuls américains bunkérisés qui vont le gouverner ensuite. L'Irak a été privé d'une partie de son histoire. Tout est faux depuis le début dans cette tragédie. Les motifs invoqués par George W. Bush pour se lancer dans l'aventure: l'Irak n'avait rien à voir ni avec Al Qaîda ni avec les attentats du 11 septembre 2001; le régime, exsangue après des années d'embargo, n'entretenait aucun arsenal d'armes de destruction massive(…) . (3)

«L'Irak s'est un peu démocratisé, il est plus libre. Mais il est plus divisé que jamais entre ses trois composantes ethnico-religieuses. Il est gouverné par un parti pro-iranien issu de la majorité arabe chiite, qui marginalise la minorité sunnite, cependant que les Kurdes du pays vivent en quasi-indépendance. La violence est endémique. Un Irakien sur quatre vit dans la misère. La classe moyenne a fui à l'étranger. Le statut des femmes a régressé. La production pétrolière n'a pas retrouvé son niveau d'avant-guerre.(...)»(3)

«Chercheur au Cnrs et spécialiste de l'Irak, Pierre Jean-Luizard anticipait les difficultés à venir: «Les Américains laissent derrière eux un système politique qui est voué à l'échec. C'est un système qui a été, par défaut d'autres solutions, conçu sur des bases confessionnelles et ethniques, dont la Constitution de 2005 condamne les Irakiens à jouer un jeu politique duquel ils ne peuvent pas sortir et qui les met en confrontation sur des bases d'abord communautaires et régionales. La meilleure illustration de tout cela est le mandat d'arrêt que le Premier ministre chiite Nouri al-Maliki vient de lancer contre le vice-président arabe sunnite Tareq al-Hachemi. Accusé de terrorisme et d'avoir financé des escadrons de la mort, Tarek El Hachémi nie toutes les accusations et accuse le Premier ministre de complot, qualifié de «Saddam chiite» par ses opposants. Le groupe parlementaire sunnite Iraqiya a décidé de boycotter l'Assemblée et le gouvernement. Une provocation pour le chef du gouvernement, lequel a menacé de remplacer les neuf ministres appartenant à Iraqiya s'ils maintenaient cette décision.. «Cette guerre menée pendant plus de huit ans par Bush et Obama est un échec patent. Leur armée abandonne un pays aux mains d'un gouvernement chiite corrompu, allié à l'Iran, et en butte à l'hostilité d'une minorité sunnite», confie un officier du renseignement. Un nouveau Vietnam suivi d'une guerre civile pour les plus optimistes, «un arc chiite allant de la Syrie à l'Iran, en passant par l'Irak et le Hezbollah libanais». Autrement dit, la hantise d'une troisième intifada chiite pour les plus alarmistes. (4)

Y aura t-il d’autres Irak ?

On peut s’interroger si après le désastre irakien, les 4500 morts les dizaines de milliers de traumatisé et une guerre qui aura couté près de 1000 milliards de dollars, les Américains seront tentés par une autre aventure que celle de formater le monde. Pour le Christian Science Monitor qui rapporte le nouveau format des guerres américaines, on parle de nouvelles guerres : « On les appelle les interventions militaires “transhorizon” ou à distance : l’usage de drones ou de missiles lancés à partir de bâtiments de combat en vue d’éliminer des cibles humaines dans un pays étranger sans avoir à envoyer de soldats sur le terrain. Alors que les Etats-Unis quittent l’Irak après plus de huit ans de guerre et d’occupation, le recours accru à ces tactiques à distance et aux unités d’élite des forces spéciales, extrêmement mobiles, n’est qu’un exemple parmi d’autres de l’impact durable que cette guerre, lancée en mars 2003, a eu sur la politique étrangère américaine ».(5)

« “Pendant un certain temps, le syndrome postirakien produira une réelle réticence à mener des opérations militaires ressemblant de près ou de loin à la guerre en Irak”, prédit Stephen Walt, professeur à l’université Harvard. “Nous n’allons plus nous lancer dans des occupations prolongées ni tenter de remodeler la politique intérieure d’un pays.”Autrement dit, au lieu de guerres comme celle d’Irak, nous assisterons à des interventions ciblées, comme au Pakistan et au Yémen. “Nous allons nous employer à éliminer les méchants au lieu de chercher à réformer des sociétés entières”, résume l’universitaire ».(5)

On le voit la tentation d’empire étasunienne est intact, sauf que l’expérience américaine est mise à profit pour ouvrir d’autres théâtres ; De fait poursuit le journal : « La guerre d’Irak ainsi que celle d’Afghanistan ont conduit les Etats-Unis à se préoccuper d’une région qui ne devrait pas jouer un rôle important dans leur future prospérité. Comme Jon Huntsman Jr., candidat à l’investiture républicaine pour la présidentielle de 2012, se plaît à le répéter : “Notre avenir n’est pas dans les montagnes afghanes de l’Hindu Kuch.” Après s’être focalisés sur l’Irak pendant la majeure partie de la dernière décennie, les Etats-Unis doivent, selon M. Lindsay, rattraper leur retard dans une région qui pèsera beaucoup sur leur futur : l’Asie orientale ». (5)

« “A présent, nous allons être beaucoup plus prudents pour décider des endroits et des moments opportuns pour faire appel à l’armée.” Selon Henry Barkey, un ancien analyste du département d’Etat, cette “nouvelle réticence” transparaît déjà dans le rôle de soutien que les Etats-Unis ont choisi de jouer dans l’intervention de l’Otan en Libye. Mais, selon d’autres experts, la Libye ne pré¬sentait qu’un intérêt secondaire pour Washington. D’après eux, le véritable test de l’impact de la guerre d’Irak sur la politique extérieure américaine se fera avec l’Iran, et peut-être plus tôt qu’on ne le pense ». (5)

Nous y voilà. Le scénario est mis en place avec la complicité du directeur Général de l’AIEA qui n’a pas la même réticence qu’El Baradei ou encore moins qu’un Hans Blixc qui s’est opposé frontalement à Georges Bush, en persistant sur le fait qu’il n’y avait pas d’ADM en Irak . L’actuel directeur de l’AIEA fait parti du scénario visant à créer le motif qui amènera le monde à un futur chaos. La guerre irakienne terminée, les GI’s ne sont pas loin, jute à côté au Koweit, ils peuvent reprendre du service. Il est possible même que le détroit d’Ormuz soit l’étincelle qui déclenchera l’apocalypse .

Nous ne souhaitons que l’Iran finisse comme l’Irak encore que cela ne sera pas facile pour l’empire ! L’Irak une des plus brillantes civilisations que l'humanité ait connues sombre dans un chaos qui, à moins d'un miracle, semble être parti pour longtemps. Tout ceci pour une mainmise sur des matières premières et imposer Israël comme «rempart contre la barbarie».

1. Manlio Dinucci Edition de mardi 20 décembre 2011 http://www.ilmanifesto.it/area-abbonati/in-edicola/manip2n1/...
2. Gilles Munier: 23 - 12- 2011 150 000 collaborateurs irakiens abandonnés par les troupes américaines
3. Mauvaise fin pour une mauvaise guerre Editorial Le Monde 21.12.11
4. http://www.mleray.info/article-irak-le-chaos-94973865.html
5. http://www.courrierinternational.com/article/2011/12/22/dures-lecons-de-l-aventure-irakienne

Professeur Chems Eddine Chitour
Ecole Polytechnique enp-edu.dz

Jeudi 29 décembre 2011

Publié le 30 décembre 2011 avec l'aimable autorisation de l'auteur

Source : Le blog de l'auteur
http://commentjevoislemonde.blogs.nouvelobs.com/...



1-4 Le coût astronomique de la guerre américano-européenne en Irak.

Ndlr : la publication de l'article ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses  des auteurs, mais doit être vu comme information.

Des milliers de morts et de blessés, de soldats déployés, des centaines de milliards de dollars engloutis en huit ans de guerre et des dizaines de milliards supplémentaires qui seront dépensés dans les années à venir: le coût du conflit en Irak est astronomique.
Le coût humain
Depuis l'invasion américaine du pays en mars 2003, au moins 126.000 civils irakiens sont morts des causes directes du conflit, selon Neta Crawford, professeur à la Boston University. A cela, il faut ajouter 20.000 soldats et policiers irakiens et plus de 19.000 résistants
Selon l'organisation britannique IraqBodyCount.org, les pertes civiles s'étaleraient entre 104.035 et 113.680 depuis 2003. 
Côté occupation, les Etats-Unis ont perdu 4.408 hommes, dont 3.480 au combat. Près de 32.000 militaires américains ont par ailleurs été blessés, selon les chiffres du Pentagone.

Le Royaume-Uni a de son côté perdu 179 soldats. 
Quelque 1,75 million d'Irakiens ont trouvé refuge dans les pays voisins ou ont été déplacés dans le pays, selon l'ONU.

  
Des centaines de milliers de soldats déployés
Lors du déclenchement de l'occupation amèricaine, appelée opération Iraqi Freedom (OIF), quelque 150.000 soldats américains étaient déployés en Irak, soutenus par 120.000 autres militaires américains soutenant l'opération depuis l'extérieur. Plus de 40.000 Britanniques, ont également participé à l'invasion.
Les effectifs d'OIF tombent ensuite régulièrement et atteignent 165.000 fin 2006 avant que Washington ne décide d'envoyer 30.000 hommes en renfort pour tenter d'endiguer l'explosion de violences.
En septembre 2010,   l'occupation USA prend fin, 50.000 soldats américains restent sur place pour soi-disant aider à la formation de l'armée irakienne. Ils doivent quitter le pays d'ici la fin du mois.
  
Le coût financier
Le Pentagone a alloué près de 770 milliards de dollars depuis 2003 aux opérations en Irak. Pris sur le poste des opérations extérieures, ces sommes s'ajoutent au budget du Pentagone, dont une fraction indéterminée a également servi à financer la guerre en Irak.
Il faut également ajouter le coût de l'aide américaine à l'Irak, de la prise en charge des blessés, des vétérans.
Pour les vétérans, les coûts propres aux conséquences de l'opération Iraqi Freedom sont difficilement séparables de ceux des opérations en Afghanistan, les quelque 1,25 million de vétérans de ces conflits ayant fréquemment été déployés sur les deux théâtres. De fait, les statistiques publiées par le gouvernement américain ne font pas la distinction entre les deux.
Fin 2010, les Etats-Unis avaient ainsi déjà dépensé près de 32 milliards de dollars pour la prise en charge des soins médicaux des blessés et le versement des pensions d'invalidité, dont les vétérans bénéficient à vie.
Les coûts futurs à venir sont exponentiels. Linda Bilmes, professeur à l'université dHarvard, estime que les coûts médicaux et des pensions d'ici 2055 pour les vétérans seront de 346 à 469 milliards de dollars.

Il est clair que dans ce rapport, publié par l'AFP, ce que cette guerre a coûté aux Irakiens tant sur le plan financier, économique, social (guerre confesionnelle imposée par les agents amèricains, culturel (vol du patrimoine  irakien) que psychologique (scandale de la prison de Abou Ghreib) n'est pas pris en considération!

Or, selon notre correspondant en Irak, citant des organisations non gouvernementales irakiennes la guerre américaine en Irak a coûté au peuple irakien, deux millions de veuves, deux millions de mutilés, prés d'un million d'orphelins..

Ces ONG comptent porté plainte contre les Etats-Unis pour crimes contre l'humanité!   

http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?eid=40946&cid=18&fromval=1&frid=18&seccatid=29&s1=1


1-5 Gilles Munier : 150 000 collaborateurs irakiens abandonnés par les troupes américaines. 

   Les derniers GI’s ayant quitté l’Irak pourront passer Noël en famille, mais 150 000 Irakiens engagés par l’armée d’occupation sont en danger de mort. Parmi eux beaucoup de chrétiens.

   Ils -  ou elles - étaient pour la plupart employés à tout faire, mais aussi secrétaires, interprètes ou espions. Certains, cagoulés participaient aux interrogatoires et aux séances de torture. Considérés comme des traîtres par la population, ils se sentaient plus ou moins protégés tant que les Américains étaient présents massivement. Tous rêvaient de partir avec les occupants, d’émigrer aux Etats-Unis. Comme le font généralement les envahisseurs se retirant d’un pays occupé et martyrisé, les Américains ont abandonnés leurs collaborateurs à leur triste sort. Le bruit court même à Bagdad que des GI’s auraient vendu des listings d’employés à des « insurgés ».

   La résistance aurait tué au moins 300 d’entre eux depuis 2003. Les plus menacés ont émigré depuis longtemps en Jordanie ou en Syrie. Mais, ils n’y dorment pas sur leurs deux oreilles. Ils sont rapidement démasqués par leurs compatriotes nationalistes, réfugiés dans ces pays depuis 2003.

   Une loi américaine, votée en 2008, a créé le Special Immigrant Visas (SIV) qui facilite l’entrée aux Etats-Unis des Irakiens qui travaillaient dans leurs bases et qui sont menacés de mort ou d’enlèvement. Mais, en quatre ans, seules 25 000 demandes ont été acceptées, 7000 visas délivrés. L’ordre donné aux fonctionnaires de l’immigration, par Barack Obama, de bien vérifier les dossiers qui leur sont présentés - de crainte que des militants d’Al-Qaïda pénètrent aux Etats-Unis - a ralenti le processus mis en place par une administration déjà peu encline à les accueillir. Le temps moyen d’étude d’une demande est passé à 9 mois… 30 000 seraient en attente. Les 150 000 collaborateurs abandonnés en Irak sont dans de beaux draps. C’était prévisible.

Gilles Munier

Lire aussi :

Iraq: Have Thousands of U.S. Friendly Iraqis Been Targeted for Assassination?(Catholic Online - 19/12/11)

12 /Déc /2011

http://www.catholic.org/international/international_story.php?id=44101

http://www.france-irak-actualite.com/


1-6 The Guardian :Un viol toutes les 3 heures dans l'armée américaine.

Le problème du viol dans l'armée américaine a longtemps été passé sous silence et continue d'ailleurs à l'être, raconte le quotidien britannique The Guardian, pointant la présence d'une culture de l'ignorance et de la confidentialité chez les militaires. 

C'est l'histoire de Kate Weber, violée, après un bal, par un officier qui l'avait conduite vers l'issue de secours d'un bâtiment pour soi-disant lui parler de son travail; c'est aussi celle de Rick Tringale, qui a subi un viol collectif dans son dortoir lors de ses premières semaines d'entraînement. On estime que 37% des agressions sexuelles dans l'armée sont commises sur des soldats.

Pour Mic Hunter, auteur de l'essai Honor Betrayed: Sexual Abuse in America's Military, cité par Newsweek, ce sont bien souvent des héterosexuels qui commettent ce type d'agressions, non par pulsion sexuelle, mais pour «remettre les gens à leur place». Dans ce cas, «l'agression sexuelle n'est pas une question de sexe, mais de violence».

En février, 17 membres militaires et vétérans ont porté plainte contre le Pentagone (via une class action) pour protester contre le «fléau» des violences sexuelles pratiquées dans l'armée américaine et ont particulièrement visé les anciens secrétaires d'Etat Robert Gates et Donald Rumsfeld pour avoir toléré, ignoré voire encouragé implicitement la poursuite de telles pratiques.

En 2005, face à la médiatisation de certaines histoires de viol et l'accroissement du nombre de femmes dans l'armée, le Congrès avait demandé au département de la Défense de réfléchir aux mesures à mettre en place pour une meilleure prévention de telles pratiques, ce qui donna lieu à la création du Sexual Assault Prevention and Response Office. En 2007, le département de la Défense avait signalé 2.200 cas de viols dans l'armée; le nombre a augmenté à 3.158 en 2010 (soit un viol toutes les 3 heures) et une femme sur 3 a déclaré avoir expérimenté une forme de violence sexuelle, allant du harcèlement au viol. Ce nombre est deux fois supérieur à la moyenne de la population féminine civile américaine, chez qui on répertorie un traumatisme d'ordre sexuel pour une femme sur 6.

Dans une enquête, un journaliste d'Al-Jazeera estimait en octobre 2011 que de nombreux cas de viols étaient généralement classés, faute de preuves ou d'informations concordantes et que seulement 8% des agresseurs supposés étaient réellement poursuivis. En dépit des 15 millions de dollars mobilisés, le Government Accountability Office, qui évalue le suivi des politiques publiques, a estimé en 2008 que peu de choses avaient été accomplies en la matière.

Pourquoi l'armée faillirait-elle à protéger ses soldates des intentions malveillantes de leurs collègues? Pour Kira Mountjoy-Pepka, directrice de Pack Parachute, association défendant les droits des victimes de «military sexual trauma» (terme retenu par le département américain des vétérans pour qualifier les agressions ou harcèlements sexuels subis par les membres de l'armée), la non-judiciarisation de ces affaires s'inscrit dans la doctrine juridique qui a suivi l'arrêt Feres v. United States, après lequel la Cour suprême américaine a rendu difficile toute poursuite engagée contre l'armée, laquelle tend à être placée à l'extérieur de la sphère du droit du travail.

Une désillusion pour ces femmes qui «aspiraient à des longues carrières dans l'armée et croient en leur mission» et qui, faute d'avoir reçu l'écoute nécessaire à la suite de leurs traumatismes post-viol, «sont conduites à démissionner ou à prendre leur retraite plus tôt car elles n'ont pas su surmonter leurs souffrances», relève Sandra Park, avocate auprès de l'American Civil Liberties Union (ACLU) interrogée par IPS News. The Guardian mentionne l'existence de sites comme mydutytospeak.com permettant aux victimes de viols de partager leurs expériences.

The Guardian 

http://www.slate.fr/lien/47343/armee-americaine-viol 



2 Dommages Collatéraux... le Pentagone prolonge

Amnesty réclame de nouveau l'arrestation de George W. Bush –

 L'organisation de défense des droits de l'homme Amnesty International appelle trois Etats africains à arrêter l'ancien président américain George W. Bush lors d'une prochaine visite, l'accusant de "crimes" et notamment de "torture".

M. Bush se rend du 1er au 5 décembre en Zambie, en Tanzanie et en Ethiopie, dans le cadre d'une tournée de promotion de programmes de santé, notamment axés sur la lutte contre les cancers du cerveau et du sein.
Dans un communiqué, Amnesty International affirme qu'"il y a suffisamment de preuves dans le domaine public, émanant des autorités américaines et de M. George W. Bush lui-même, pour demander à l'Ethiopie, à la Tanzanie et à la Zambie d'ouvrir une enquête sur sa présumée responsabilité dans des actes de torture, et pour s'assurer de sa présence pendant l'enquête". 
M. Bush est accusé d'avoir autorisé des méthodes de torture aux Etats-Unis sous couvert de "guerre contre le terrorisme" dans les années 2000, notamment le supplice de la baignoire, une simulation de noyade. 
"Tous les pays dans lesquels M. George W. Bush se rend ont l'obligation de le déferrer devant la justice pour son rôle dans la torture", affirme Matt Pollard, conseiller juridique d'Amnesty. 
En octobre, Amnesty avait fait la même démarche envers le Canada, qui accueillait l'ex-président américain pour une conférence. Ottawa avait répondu en accusant Amnesty de "banqueroute morale", de "dégénérescence et de politisation".
En février, M. Bush avait annulé une visite en Suisse, après que des appels similaires à son arrestation y avaient été lancés. (belga)

Monde - 7s7

 01/12/11 18h00

http://www.7sur7.be/7s7/fr/1505/Monde/article/detail/1356671/2011/12/01/Amnesty-reclame-de-nouveau-l-arrestation-de-George-W-Bush.dhtml



3 Paroles & action du président Obama..

L’Irak au cœur des débats.

Joseph Kishore : La réalité de la guerre en Irak.

Le président américain Barack Obama a organisé mardi 20 décembre une cérémonie à la base aérienne d’Andrews dans l’Etat du Maryland pour marquer la fin de la guerre en Irak et le retour du commandant des forces américaines en Irak, le général Lloyd Austin. Ce dernier a déclaré, le président américain approuvant de la tête, « Ce que nos troupes ont réalisé en Irak durant près de neuf ans est vraiment remarquable. En collaboration avec nos partenaires de la coalition et une équipe de civils dévoués, elles ont écarté un dictateur brutal et donné la liberté au peuple irakien. »

Le maréchal Göring n’aurait pu mieux dire en parlant de la « libération » de la Pologne.

Le départ des dernières troupes de « combat » d’Irak ne marque en aucune manière la fin de l’intervention des Etats-Unis dans ce pays. Il offre, toutefois, l’occasion d’évaluer l’un des plus grands crimes de l’ère moderne. Quelles que soient les invocations nauséabondes et hypocrites du « succès » et de la « liberté », la guerre et l’occupation ont été une catastrophe pour le peuple irakien et une tragédie pour la population des Etats-Unis.

Les statistiques donnent une idée de l’ampleur de la destruction infligée par l’armée américaine :

• Selon des évaluations scientifiques réalisées en 2007, plus d’un million d’Irakiens ont été tués du fait de l’invasion et de l’occupation. Les Nations unies ont estimé qu’en 2008, 4,7 millions de personnes, ou près de 16 pour cent de la population, avaient été transformés en refugiés.

• L’infrastructure du pays, dont le réseau électrique, a été dévastée. Selon le rapport 2010-2011 de la publication des Nations unies, State of the World’s Cities, le pourcentage de la population urbaine irakienne vivant dans des bidonvilles, comme défini par le manque d’accès aux nécessités de base comme le système sanitaire et l’eau, est passé de moins 20 pour cent en 2003 à 53 pour cent en 2010.

• Le chômage réel est de l’ordre de 50 pour cent et l’inflation dépasse 50 pour cent. Il y a un exode en masse des médecins et d’autres professionnels (évalué à 40 pour cent par rapport à ceux qui se trouvaient dans le pays avant la guerre) et le système d’éducation est en ruine.

• L’Irak a connu une augmentation vertigineuse de la mortalité infantile. Un rapport de 2007 évalue que 28 pour cent des enfants souffraient de malnutrition chronique. Une agence gouvernementale irakienne a rapporté que 35 pour cent des enfants irakiens étaient orphelins en 2007 (environ 5 millions d’enfants). Une génération entière a vu ses parents tués ou disparus.

• Plus de 4.500 soldats américains ont été tués au cours de la guerre et de l’occupation et plus de 30.000 ont été blessés. Ceci n’inclut pas les dizaines de milliers de soldats qui quittent l’Irak souffrant d’un traumatisme psychologique sévère.

• En termes de ressources, les guerres en Irak, en Afghanistan et au Pakistan sont estimées avoir coûté quelque 4 milliers de milliards de dollars, y compris les dépenses directes et l’impact à long terme sur la santé et la croissance économique. Des centaines de milliards ont été acheminés vers des entreprises sous-traitantes du secteur de la défense et vers des profiteurs et, au moins 16 milliards de dollars ont tout simplement été perdus ou volés.

La guerre en Irak a été une entreprise criminelle dans le sens le plus profond du terme. Elle fut ‘vendue’ sur la base de mensonges racontés effrontément à un public international au sujet « d’armes de destruction massive ». Cela a été une guerre d’agression lancée sans la moindre provocation et en dépit d’une opposition de masse aux Etats-Unis et partout dans le monde. Elle a été un exercice de banditisme international destiné à prendre le contrôle de l’un des pays du monde le plus riche en pétrole au profit de compagnies pétrolières américaines tout en renforçant la position des Etats-Unis au Moyen-Orient et en augmentant son poids face à ses rivales parmi les grandes puissances.

Toutes les atrocités pour lesquelles on se souviendra de la guerre en Irak découlent du caractère impérialiste de cette guerre : l’emprisonnement de masse et la torture d’Irakiens à Abou Ghraib et dans d’autres prisons ; la démolition de Fallujah ; le massacre de 24 civils à Haditha ; le viol et le meurtre d’une jeune fille de 14 ans et le massacre de sa famille à Mahmudiyah ; les meurtres routiniers aux points de contrôle, lors de rafles nocturnes et suite aux bombes larguées d’avions de chasse et aux missiles tirés et par des hélicoptères de combat.

La terrible confrontation de l’Irak avec l’impérialisme américain est loin d’être terminée. L’ambassade des Etats-Unis en Irak, la plus grande du monde, héberge 15.000 personnes. Les responsables de la CIA et les mercenaires privés – qui ont joué un rôle majeur dans l’occupation – resteront dans le pays. Des dizaines de milliers de troupes américaines se trouvent encore dans la région, prêtes à être déployées en cas de besoin.

Près de neuf ans après l’invasion, l’Irak est un pays dirigé par un régime instable et de plus en plus autoritaire, et miné par les luttes factionnelles qui menacent de dégénérer en une guerre civile ouverte.

La guerre a aussi laissé ses marques dans la société américaine et pas seulement en termes de dizaines de milliers de personnes tuées ou blessées et de milliers de milliards de dollars gaspillés. La guerre a joué un rôle non négligeable dans le pouvoir grandissant que l’armée exerce sur la vie politique et dans le développement de l’appareil militaro policier ; celui-ci représente un danger mortel pour les droits démocratiques du peuple américain.

Alors que la guerre a été lancée et menée par le gouvernement Bush, le rôle central pour frustrer et détourner l’attention de l’opposition fut joué par le Parti démocrate et ses partisans de « gauche ». A la veille de l’invasion, les Etats-Unis avaient connu les plus importantes protestations anti-guerre depuis la guerre du Vietnam, des centaines de milliers d’Américains se joignant aux millions de personnes de par le monde qui s’opposaient à l’horreur imminente.

Les tentatives répétées du peuple américain de mettre un terme à la guerre furent bloquées par le Parti démocrate et culminèrent dans l’élection d’Obama en 2008. Sa victoire était due en grande partie au sentiment anti-guerre de masse auquel le candidat Obama avait cyniquement fait appel.

Les groupes officiels « anti-guerre », après avoir miné l’opposition organisée contre la guerre en la canalisant derrière la campagne électorale des Démocrates en 2004 et en 2006, ont profité de la victoire d’Obama pour mettre fin au mouvement de protestation. Toutefois, loin de représenter une rupture avec la politique de Bush, le gouvernement Obama l’a poursuivie dans les grandes lignes. Non seulement Obama a maintenu l’occupation de l’Irak et de l’Afghanistan, il a encore étendu la guerre au Pakistan et lancé une nouvelle guerre dans un autre pays riche en pétrole, la Libye.

Les mêmes organisations qui avaient proclamé leur opposition à la guerre en Irak ont soutenu l’invasion de la Libye. Ces organisations et publications de la classe moyenne telles le magazine Nation ont profité de l’élection d’Obama pour faire la paix avec l’impérialisme.

Le retrait des troupes de combat d’Irak est le prélude à de nouvelles guerres plus sanglantes encore. La crise capitaliste est entrée dans une nouvelle phase qui entraîne des tensions grandissantes entre les principales puissances. Des sections de la classe dirigeante aux Etats-Unis avaient considéré l’occupation comme une initiative mal inspirée en détournant les ressources et l’attention de menaces plus importantes émanant de puissances régionales telles que l’Iran et des puissances mondiales montantes tellesque  la Chine.

La classe dirigeante américaine agira de manière tout aussi impitoyable en attaquant les emplois et les programmes sociaux des travailleurs à l’intérieur du pays qu’elle le fera internationalement pour faire valoir ses intérêts.

Aux Etats-Unis, l’énorme réservoir de sentiment anti-guerre devra à nouveau s’exprimer comme partie intégrante d’un mouvement social et politique de la classe ouvrière contre le système capitaliste.

Joseph Kishore
24 décembre 2011

http://www.wsws.org/francais/News/2011/dec2011/irak-d24.shtml

Voir aussi:

The US war and occupation of Iraq--the murder of a society
[19 May 2007]

(Article original paru le 21 décembre 2011)


4 Politique

a) Des collaborateurs Irakiens

Le chef de la diplomatie irakienne souligne les erreurs des Etats-Unis en Irak.

Le ministre irakien des Affaires étrangères, Hoshyar Zebari a rappelé lors d'une interview avec une chaine télévisée que la présence de militaires américains en Irak avaient posés d'énormes problèmes au pays et qu'au cours des années d'occupation, les irakiens avaient subi des dommages considérables.

« Le retrait des forces américaines de l’Irak permettra de transférer la responsabilité de la sécurité du pays, celle du système défensif et aussi du contrôle de l’espace aérien et maritime aux responsables et aux experts irakiens. »a-t-il dit. Il a poursuivi dans une autre partie de ses déclarations que l’Irak était politiquement mature et que les dirigeants irakiens ne permettraient pas aux terroristes et aux gangs armés de prendre le contrôle du pays et de saboter la sécurité de la population.
« Des terroristes tentent de perturber la sécurité du pays mais l’unité national est l’unique solution pour faire face aux menaces de sécurité. »a conclu Hoshyar Zebari.
http://french.irib.ir/info/...

 



b) Des occupants 

1) Usa

Extension des guerres ?

Les Etats-Unis font pression sur l’Irak  

Lors de sa récente visite à Bagdad, le vice-président américain, Joe Biden, a tenté de convaincre le Premier ministre irakien de confier le contrôle de l’espace aérien irakien aux Etats-Unis. Biden a exigé également du Premier ministre irakien d’accepter la présence sur le sol irakien de 1.600 instructeurs militaires américains pouvant jouir de l’immunité judiciaire. Il aurait également proposé à Nouri al-Maliki d’accepter la présence de 3.000 militaires US en Irak, en vue d’assurer la protection des délégations diplomatiques américaines. Le vice-président américain aurait tenté, aussi, d’obliger Nouri al-Maliki à changer la position de Bagdad vis-à-vis du régime syrien.
03/12/2011

http://french.irib.ir/info/moyen-orient/item/156630-les-etats-unis-font-pression-sur-lirak



5 Les alliés (des Usa)

Otan

La mission de formation de l'Otan pas prolongée après 2011  

L'Otan n'étendra pas sa mission de formation militaire en Irak au-delà de fin 2011 faute d'immunité juridique pour ses membres, a déclaré dimanche le conseiller irakien à la Sécurité nationale, Falah al-Fayad.
"L'Otan nous a surpris avec cette décision", a-t-il dit à l'AFP dans l'avion alors qu'il accompagne le Premier ministre Nouri al-Maliki pour un voyage officiel à Washington.
"Nous sommes désolés de ce que l'Otan ait recommandé de retirer sa mission d'Irak", a-t-il dit à l'AFP, précisant que Bagdad en avait été informé il y a trois jours.
11/12/2011

http://www.lorientlejour.com/category/Derni%C3%A8res+Infos/article/735653/Irak%3A_la_mission_de_formation_de_lOtan_pas_prolongee_apres_2011.html
BRUXELLES - L'Otan a démenti dimanche avoir décidé de ne pas étendre sa mission de formation militaire en Irak au-delà de 2011, comme l'a affirmé un responsable irakien, tout en soulignant qu'elle ne pourrait la prolonger que si l'immunité juridique de ses membres était également prolongée.
AFP / 11 décembre



6 Dossier & Point de vue

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information.

6-1 Almanar : Retrait US d’Irak : Mensonges, et défaite sans précédent!

Les dirigeants américains se sont attelés ces derniers jours à transfigurer leur défaite factuelle en Irak en une victoire illusoire.

Les Etats-Unis qui ont envahi ce pays riche en pétrole, n’ont certainement pas dépensé gratuitement plus de mille milliards de dollars et perdu des milliers de leurs soldats pour l’offrir à leur ennemi juré l’Iran.

L’administration américaine a tout fait pour garder des bases militaires à proximité de l’Iran et des milliers de ses soldats sous le titre de « formateurs américains », mais elle s’est affrontée à un refus ferme de la part des Irakiens.

Malgré cela, les dirigeants américains persistent dans le mensonge. 

L’opinion publique n’a pas encore oublié le «grand mensonge» de Bush sur les armes de destruction massive en Irak propagé pour justifier l’invasion du pays en 2003.

Aujourd’hui, son successeur, Barak Obama, semble adopter la même voie de falsification des faits, en qualifiant de « réussite extraordinaire » le retrait humiliant d’Irak.

Obama salue la « réussite » en Irak

S'exprimant mercredi sur la base de Fort Bragg (Caroline du Nord), le président américain a donc marqué «un moment historique de la vie de notre pays et de notre armée».
«Et tant que commandant en chef, je suis fier, au nom de la nation reconnaissante, de vous dire enfin ces mots:

«(…) C'est une réussite extraordinaire, qui a pris neuf ans».

Prix élevé de la guerre

Obama s’est en outre contredit en rappelant le «prix élevé» de la guerre, qui a coûté la vie à quelque 4500 Américains.

« Plus de 30.000 Américains ont été blessés, et ce sont seulement les blessés dont les blessures sont visibles», a-t-il ajouté, en allusion aux séquelles psychologiques dont souffrent les anciens combattants.
Cérémonie marquant la fin d’occupation à Bagdad

Entre-temps, en Irak, les soldats d’occupation américaine ont symboliquement marqué jeudi à Bagdad, lors d'une cérémonie, la fin de leur occupation.

Le général Lloyd Austin, qui commande les forces américaines dans ce pays a replié officiellement le drapeau des Forces américaines en Irak (USF-I).

La cérémonie a eu lieu à l'aéroport de Bagdad, endroit emblématique puisque ce fut le premier secteur occupé par l'armée d’occupation en mars 2003.

Panetta prédit des défis en Irak

Le secrétaire américain à la guerre Leon Panetta qui a participé à cette cérémonie, a prédit que "l'Irak va être confronté à des défis lancés par les terroristes et par ceux qui vont essayer de diviser le pays, mais les Etats-Unis resteront aux côtés des Irakiens", selon lui.

Le nombre des soldats US tués est beaucoup plus supérieur à celui annoncé

Selon le témoignage d'un soldat US se prénommant Kevin daté du 23 mai 2011, il n’y aurait pas seulement 4500 soldats américains qui ont été tués en Irak.

''Je peux attester qu'en 2007 lorsque j'étais en activité, je me suis porté volontaire pour décharger les cercueils de soldats US sur une base aérienne. Je faisais parti de deux équipes qui se relayaient jour et nuit par un roulement de 12 heures. J'ignore si cette activité était entreprise avant ou sur d'autres bases aériennes. De même, j'ignore, mais je le soupçonne fortement, si cette activité a continué par la suite. Depuis toujours nous avons considéré que le nombre officiel des tués US était en contradiction amère avec la réalité. ''

Fête parmi la population

Côté irakien, des milliers de personnes ont brûlé des drapeaux américains, brandi des banderoles et défilé dans les rues de plusieurs villes irakiennes pour fêter à leur façon le retrait humiliant des troupes d’occupation du pays.

http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?eid=41626&cid=20&fromval=1&frid=20&seccatid=29&s1=1


6-2 Gilles Munier : Encore un marché pour les traitres avant leur défaite finale.
Nouveaux harkis : 150 000 collaborateurs irakiens abandonnés par les troupes us américaines mais il y a encore en Irak, les firmes US de sécurité privées (mercenaires) dont personne ne parle.... et tous les commandos des services secrets de tous les pays voisins et de l'entité sioniste.

Bref, encore un marché pour les traitres avant leur défaite finale.
Les derniers GI’s ayant quitté l’Irak pourront passer Noël en famille, mais 150 000 Irakiens engagés par l’armée d’occupation sont en danger de mort.
Parmi eux beaucoup de chrétiens.
Ils - ou elles - étaient pour la plupart employés à tout faire, mais aussi secrétaires, interprètes ou espions. Certains, cagoulés participaient aux interrogatoires et aux séances de torture. Considérés comme des traîtres par la population, ils se sentaient plus ou moins protégés tant que les Américains étaient présents massivement. Tous rêvaient de partir avec les occupants, d’émigrer aux Etats-Unis. Comme le font généralement les envahisseurs se retirant d’un pays occupé et martyrisé, les Américains ont abandonnés leurs collaborateurs à leur triste sort. Le bruit court même à Bagdad que des GI’s auraient vendu des listings d’employés à des « insurgés ».
La résistance aurait tué au moins 300 d’entre eux depuis 2003. Les plus menacés ont émigré depuis longtemps en Jordanie ou en Syrie. Mais, ils n’y dorment pas sur leurs deux oreilles. Ils sont rapidement démasqués par leurs compatriotes nationalistes, réfugiés dans ces pays depuis 2003.
Une loi américaine, votée en 2008, a créé le Special Immigrant Visas (SIV) qui facilite l’entrée aux Etats-Unis des Irakiens qui travaillaient dans leurs bases et qui sont menacés de mort ou d’enlèvement. Mais, en quatre ans, seules 25 000 demandes ont été acceptées, 7000 visas délivrés. L’ordre donné aux fonctionnaires de l’immigration, par Barack Obama, de bien vérifier les dossiers qui leur sont présentés - de crainte que des militants d’Al-Qaïda pénètrent aux Etats-Unis - a ralenti le processus mis en place par une administration déjà peu encline à les accueillir. Le temps moyen d’étude d’une demande est passé à 9 mois… 30 000 seraient en attente. Les 150 000 collaborateurs abandonnés en Irak sont dans de beaux draps. C’était prévisible.

http://0z.fr/KWZaR
Par Gilles Munier

http://www.catholic.org/international/international_story.php?id=44101


6-3 Damien HYPOLITE :Dix ans de présence militaire américaine en Irak.

INFOGRAPHIE - L'opération américaine a mobilisé jusqu'à 166.300 soldats en Irak.

Retour en chiffres sur cette guerre atypique et ses étapes majeures.

Selon CNN, Tarek Aziz sera bientôt exécuté
Mercredi 7 décembre 2011

Tarek Aziz sera « certainement » exécuté – c'est-à-dire pendu – après le départ des Américains d’Irak, a déclaré à CNN*, le 5 décembre, Saad al-Yousif Muttalibi, conseiller de Nouri al-Maliki.

Maître Badi Aref, avocat irakien de l’ancien vice-Premier ministre irakien, condamné à mort en octobre 2010, a réagi vivement. Il a qualifié la déclaration de « stupide », de nature à entraîner l’Irak « au bord de l’abîme ». Maître Badi a rappelé que Tarek Aziz lui a dit à plusieurs reprises que le nouveau régime le tuerait, qu’il n’avait aucun moyen « d'échapper à cela ».

En Irak, une nouvelle loi est à l’étude obligeant la ratification des peines de mort dans les quinze jours suivant leur prononciation. Selon Al-Mutalibbi, le projet fait l’unanimité au Parlement, quelle que soit la coalition (sunnite, chiite, kurde).

Pour le père Federico Lombardi, porte-parole du pape Benoît XVI, la décision d’exécuter Tarek Aziz « n'est pas le moyen le plus adéquat pour promouvoir la réconciliation et la reconstruction de la justice et de paix dans un pays qui a tant souffert ».

Où sont les Chirac, Jospin, Pasqua, Juppé qui ont reçu Tarek Aziz à Paris en 1995, lui promettant monts et merveilles pourvu qu’il renvoie l’ascenseur ? (1). Alain Juppé, de nouveau ministre des Affaires étrangères, très prolixe lorsqu’il s’agit de parler des « droits de l’homme » en Libye et en Syrie, réagira-t-il ?

* Ex-Foreign Minister Tariq Aziz to be executed, Iraqi official says (CNN- 5/12/11)

http://www.ksat.com/news/nationalnews/Former-Iraqi-leader-Aziz-to-be-executed/-/478364/4879072/-/apxpe5/-/index.html

(1)   Tarek Aziz… connais pas ! par Gilles Munier (Bakchich.info – 20/5/08)
http://www.france-irak-actualite.com/pages/Tarek_Aziz_connais_pas_Bakchichinfo_20508-1982322.html

Damien HYPOLITE

http://www.lefigaro.fr/international/2011/12/15/01003-20111215ARTFIG00537-la-presence-militaire-americaine-en-irak.php

 

Nb : Sur le même sujet, lire aussi :

- Tarek Aziz : le témoignage de Paul Baltahttp://0z.fr/NDfiA

-Tarek Aziz, l’homme qui en sait trop, par Gilles Munier (Afrique Asie – juin 2008)

http://www.france-irak-actualite.com/pages/tarek-aziz-l-homme-qui-en-sait-trop-juin-2008--1982315.html

© G. Munier/X.Jardez
Publié le 7 décembre 2011 avec l'aimable autorisation de Gilles Munier


 

Source : France Irak
http://www.france-irak-actualite.com/...


6-4 -Manlio Dinucci :Les Etats-Unis plus présents que jamais en Irak.

Les Etats-Unis ont littéralement dévasté et pillé l’Irak et Obama escompte maintenant assurer une fausse transition en s’appuyant sur des structures politiques irakiennes fantoches

Nos troupes sont sorties d’Irak « la tête haute », a annoncé le commandant en chef Barack Obama. Les USA ont de quoi être fiers.

Ils quittent un pays envahi en 2003 au motif qu’il possédait des armes de destruction de masse, motif qui s’est révélé infondé. Mis à feu et à sang par plus d’un million et demi de soldats, que le Pentagone a déployés par rotations, avec aussi des centaines de milliers de contractor militaires (mercenaires), en employant n’importe quel moyen pour écraser la résistance : des bombes au phosphore contre la population de Fallujah aux tortures d’Abu Ghraib.

Provoquant environ un million de victimes civiles, qui s’ajoutent à celles de la première guerre contre l’Irak et de l’embargo. Contraignant plus de 2 millions d’Irakiens à quitter leur maison et autant à se réfugier en Syrie et en Jordanie. Laissant un pays sinistré, avec un chômage à plus de 50%, la moitié des médecins qu’il avait avant l’invasion, un tiers des enfants affectés de malnutrition, à qui s’ajoutent ceux qui ont des malformations génétiques dues aux armes du Pentagone.

Une guerre que les USA ont payée de 4.500 morts et plus de 30mille blessés chez les militaires, dont 30% sont rentrés chez eux avec de graves problèmes psychiques. Guerre qui a coûté 1.000 milliards de dollars, à quoi s’ajoutent environ 4mille milliards de dépenses indirectes, comme celles de l’assistance aux anciens combattants. Elle en a cependant valu la peine : dorénavant « l’avenir de l’Irak sera dans les mains de son peuple », assure le président Obama.

Est-ce ainsi qu’il a gagné le Prix Nobel de la Paix ? On peut en douter en lisant le manuel de la US Army sur « La guerre subrogée pour le 21ème siècle » : une guerre menée en substituant aux forces armées traditionnelles, qui interviennent ouvertement, des forces spéciales et agents secrets qui agissent dans l’ombre, avec le soutien de forces alliées, de fait sous commandement étasunien. Divers faits le confirment.

Le personnel de l’ambassade étasunienne à Bagdad, la plus grande du monde, passera de 8mille à 16mille personnes. Son « bureau de coopération et sécurité », qui entraîne et arme les forces irakiennes sera renforcé.

Depuis 2005, le gouvernement irakien a acheté des armements étasuniens pour une valeur de 5 milliards de dollars et, selon le programme, il en achètera d’autres pour 26 milliards. Parmi lesquels, 36 chasseurs F-6 avec leurs armements (qui pourraient augmenter jusqu’à 96), dont les pilotes seront entraînés aux Etats-Unis et dont les bases seront de fait sous le contrôle du Pentagone.

Des unités de la Cia et des forces spéciales étasuniennes continuent à entraîner (et de fait à diriger) les « forces de sécurité » qui, sur ordre du premier ministre Nouri al-Maliki, ont déjà arrêté des centaines d’ex-baasistes accusés, sur la base de preuves fournies par le Cnt libyen, d’avoir préparé un coup d’état avec l’appui de Kadhafi.

En même temps Washington s’attache le gouvernement régional kurde de Masoud Barzani avec lequel ExxonMobil a conclu un gros contrat d’exploitation pétrolière, en doublant le gouvernement de Bagdad.

Au Kurdistan irakien opèrent depuis 2003 des forces spéciales étasuniennes, sous les ordres du général Charles Cleveland. Celui-là même qui -révèle le journal égyptien al-Arabi- entraîne et dirige aujourd’hui en Turquie les commandos de l’ « armée syrienne libre » pour la « guerre subrogée » contre la Syrie.

Manlio Dinucci

20 décembre 2011

- Il Manifesto – Vous pouvez consulter cet article à : http://www.ilmanifesto.it/area-abbo...
Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio


 

Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières,les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

  • " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19

 

 

 

27/11/2011

n° 522 - Dossier & Point de vue - 27-10 -1ap - Les Etats-Unis planifient un renforcement militaire dans le Golfe persique pour compenser le retrait de l’Irak

Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre



LesDossiers d'Irak

n° 495                                                      26/08/10

C.De Broeder & M.Lemaire



 


Le " Dossier d’Irak  " est visible  sur ...

a) sur mes blog : 

http://www.dhblogs.be/categories/International.html  http://www.lalibreblogs.be/categories/International.html

 

b) Sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com  

 

c) Sur le site http://turkmenfriendship.blogspot.com/2007/10/journal-dir...

d) Sur le site de Eva Resis  :  no-war.over-blog.com

e) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

 f) sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire : 

:

Tiré à part :

Lorientlejour : Avertissement implicite de Clinton à l'Iran: Pas d'intervention en Irak.

1 Dossier & Point de vue

1-1 Bill Van Auken : Les Etats-Unis planifient un renforcement militaire dans le Golfe persique pour compenser le retrait de l’Irak

1-2 L’unité de l’Irak toujours menacée : La chasse au Bâath relancée.

3 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

3-1 Gilles Munier : Bagdad : un des organisateurs des «Journées de la colère» assassiné par le régime Maliki.

Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

4-2Francisco Vielma : Les tyrans pétroliers dans le monde.

4-3 Tony Cartalucci : Le Retrait Des Troupes US D’Irak =Très Suspect - Israël Contrôle les Ventes d’Armes de l’Allemagne.

5-1 JustinLogan  Iran: Les USA doivent retenir les leçons de la guerre en Irak



Tiré à part :

Lorientlejour : Avertissement implicite de Clinton à l'Iran: Pas d'intervention en Irak.

La secrétaire d'Etat américaine, Hillary Clinton, a implicitement averti l'Iran samedi de ne pas chercher à intervenir dans les affaires irakiennes, au lendemain de la confirmation par le président Barack Obama du retrait militaire américain d'Irak à la fin de l'année.
"Au moment où nous ouvrons ce nouveau chapitre des relations avec un Irak souverain, nous disons aux Irakiens: l'Amérique est à vos côtés au moment où vous faites un nouveau pas sur le chemin pour assurer votre démocratie", a déclaré à Douchanbé la chef de la diplomatie américaine, en visite au Tadjikistan.
"Et aux pays de la région, particulièrement aux voisins de l'Irak, nous tenons à souligner que l'Amérique se tiendra aux côtés de ses alliés et amis, Irak compris, pour défendre notre sécurité et nos intérêts communs".
"Nous maintiendrons une présence robuste dans la région, ce qui est la preuve de notre engagement qui se poursuit pour l'Irak et l'avenir de cette région, qui recèle tant d'espoirs et doit être préservée d'influences extérieures pour poursuivre sa voie vers la démocratie," a-t-elle conclu.
Le président Obama a confirmé vendredi le retrait des quelque 39.O00 soldats américains encore stationnés en Irak d'ici à la fin de l'année, une décision critiquée par la droite américaine qui estime qu'elle va accroître l'influence iranienne dans ce pays.
Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a estimé que cette confirmation était "une bonne chose", dans une interview à la chaîne américaine CNN, mais qu'elle aurait du intervenir "depuis longtemps".
Téhéran a pris une position très mesurée lors de l'intervention américaine de 2003 qui l'a débarrassé du régime de Saddam Hussein, son principal ennemi, et a amené au pouvoir la majorité chiite du pays, mais a ensuite très vite réclamé le départ des troupes américaines accusées de constituer une facteur de tension dans la région.

22/10/2011

http://www.lorientlejour.com/category/Derni%C3%A8res+Infos/article/728343/Avertissement_implicite_de_Clinton_a_lIran%3A_Pas_dintervention_en_Irak.html



1 Dossier & Point de vue

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information

1-1 Bill Van Auken : Les Etats-Unis planifient un renforcement militaire dans le Golfe persique pour compenser le retrait de l’Irak.

Le gouvernement Obama et le Pentagone planifient un renforcement considérable des moyens militaires dans le Golfe persique pour compenser le retrait des troupes de l'Irak et se préparer à de nouvelles guerres dans la région.

Les responsables, les diplomates et les commandants américains cités dans un article publié dimanche par le New York Times ont indiqué que de nouveaux déploiements pourraient inclure le stationnement de brigades de combat au Koweït, de l'autre côté de la frontière de l'Irak à une distance permettant facilement de frapper l'Iran et d'« envoyer dans la région davantage de bâtiments de guerre par les eaux internationales. »

L'existence de ces projets a émergé après l'annonce faite par le président Barack Obama le 21 octobre que toutes les forces américaines occupant l'Irak seront retirées du pays avant la fin de cette année.

Alors que le gouvernement Obama et ses apologistes présentent ce projet de retrait comme la réalisation des promesses de campagne du président démocrate concernant la fin de la guerre en Irak, et même comme un tournant vers la paix dans la région, en fait il n'en est rien.

En fait, la date d'échéance du retrait en décembre 2011 avait été fixée par le gouvernement Bush dans un Status of Forces Agreement (un accord sur le statut des forces, SOFA) négocié en 2008 avec le régime de Bagdad soutenu par les Etats-Unis. Les deux gouvernements de Bush et d'Obama, aux côtés de leur gouvernement clientéliste de Bagdad ont cherché à négocier un nouvel accord qui aurait permis que jusque 20.000 forces américaines demeurent dans le pays, enregistrés comme « formateurs » et « conseillers. »

Ces négociations ont toutefois échoué en raison de l'incapacité du régime irakien à obtenir une approbation parlementaire pour l'immunité juridique des troupes américaines exigées par le Pentagone. Compte tenu de la colère profonde ressentie par le peuple irakien contre les crimes de guerres atroces commis par les forces américaines et la perte de plus d'un million de vies irakiennes depuis l'invasion de 2003, aucun parti irakien majeur n'est prêt à associer son nom à un soutien à l'impunité de l'armée américaine.

Dans les coulisses, les négociations se poursuivent entre Washington et le gouvernement irakien au sujet du maintien de troupes américaines pour les forces de sécurité irakiennes.

Tom Donilon, conseiller à la Sécurité nationale des Etats-Unis, a rencontré samedi à Washington son homologue irakien Falah al-Fayyath pour discuter de la façon dont ces liens vont être maintenus après le retrait planifié. Selon une déclaration de la Maison Blanche, les deux responsables « ont réaffirmé la vision commune d'un profond partenariat élargi entre les Etats-Unis et l'Irak comme prévu dans le Strategic Framework Agreement (accord cadre stratégique). »

Le porte-parole de la Maison Blanche a ajouté que les deux responsables « étaient déterminés à développer des mécanismes supplémentaires pour l'établissement d'un dialogue stratégique continu entre les Etats-Unis et l'Irak. »

Washington n'abandonne en aucun cas sa tentative de dominer l'Irak. Ils projettent de laisser là-bas une force de quelque 5.500 employés de sécurité privés en tant qu'armée de mercenaires contrôlée par le Département d'Etat américain, ainsi que quelque 16.000 civils employés par le gouvernement américain et basés dans la plus grande ambassade américaine du monde.

Un rapport publié dimanche par l'Inspecteur général spécial américain pour la reconstruction de l'Irak (Special Inspector General for Iraq Reconstruction, SIGIR) cite le chef d'état-major de l'armée irakienne, le lieutenant général Babaker Zebari, disant que les forces de sécurité irakiennes n'auront pas la capacité « sans l'aide de partenaires internationaux » de défendre l'espace aérien et les frontières du pays jusqu'à l'horizon 2020 à 2024. Manifestement, l'implication est que les Etats-Unis resteront la force militaire dominante en Irak bien après la date limite du retrait, et ce au moyen essentiellement d'une puissance aérienne.

Néanmoins, les plans d'urgence révélés dimanche par le Times indiquent que Washington se prépare à une guerre bien plus vaste dans la région après le retrait des troupes d'Irak.

De nouveaux objectifs pour une agression américaine comprennent à la fois la Syrie et l'Iran. La déclaration faite par le président Barack Obama après le meurtre sordide le 20 octobre du dirigeant libyen Mouammar Kadhafi contenait une menace à peine voilée que la Syrie se trouvait dans la ligne de mire des Etats-Unis et de l'OTAN pour une opération de changement de régime identique à celle menée en Libye.

Le sérieux accordé à ces menaces par le régime syrien a été reflété dans une interview de Bashar al-Assad publiée dimanche par le journal britannique Telegraph. Le président syrien a averti qu'une intervention occidentale en Syrie provoquerait un « séisme » qui ébranlerait la région et menacerait de déclencher des « dizaines d'Afghanistan. »

Les Nations unies ont estimé que jusqu'à 3.000 Syriens sont morts dans les troubles qui ont balayé une grande partie du pays depuis mars dernier. Le gouvernement syrien a affirmé que 1.100 soldats et policiers ont été tués lors des affrontements avec les tireurs antigouvernementaux.

Prendre la Syrie pour cible d'agression représenterait le prélude à une guerre encore plus vaste contre l'Iran que Washington considère comme l'un de ses principaux rivaux dans les deux régions stratégiques riches en énergie du Golfe persique et de l'Asie centrale. Après avoir échoué dans deux guerres extrêmement sanglantes et coûteuses au cours de cette dernière décennie – en Afghanistan et en Irak – pour préserver sa domination dans ces régions, l'impérialisme américain n'abandonnera en aucun cas ses objectifs prédateurs. L'échec de ces deux guerres ne fait que créer une impulsion plus forte encore pour une troisième guerre, contre l'Iran cette fois.

Washington est en train de poursuivre une stratégie d'escalade de provocations contre le régime iranien et qui s'est exprimée tout dernièrement dans sa tentative de faire croire à un « complot terroriste » extrêmement improbable qui impliquerait Téhéran dans une conspiration visant à passer un contrat avec un gang de trafiquants de drogue mexicain pour le meurtre de l'ambassadeur saoudien aux Etats-Unis. Dans le même temps, des diplomates américains parcouraient l'Europe en vue d'obtenir du soutien pour l'imposition de sanctions contre la banque centrale de l'Iran, soit embargo économique hâtif qui constituerait un acte de guerre.

« Gardant l'œil sur la menace d'un Iran belligérant, le gouvernement cherche aussi à élargir ses liens militaires avec les six pays du Conseil de coopération du Golfe (Gulf Cooperation Council, GCC) – l'Arabie saoudite, le Koweït, Bahreïn, le Qatar, les Emirats arabes unis et Oman, » rapporte le Times. Il ajoute que la Maison Blanche et le Pentagone « essaient de développer une nouvelle 'architecture sécuritaire' pour le Golfe persique qui intègrerait des patrouilles aériennes et navales et une défense antimissiles. »

En d'autres termes, Washington tente de rabibocher une alliance anti iranienne et contre-révolutionnaire militaire fondée sur une coopération américaine avec les régimes monarchiques les plus réactionnaires de la région. Un tel pacte militaire viserait à éliminer tout nouveau soulèvement des masses arabes, comme l'avaient faits eux-mêmes les émirats du GCC à l'encontre des masses au Bahreïn, et à fournir une base à l'agression militaire des Etats-Unis contre l'Iran.

Selon l'article du Times, ces préparatifs sont déjà bien avancés et les résultats des négociations concernant l'effectif des forces de combat américaines qui seront déployées au Koweït « seront disponibles dans les jours à venir. »

Il ne fait pas de doute qu'une préoccupation majeure de Washington est la stabilité de ces Etats alliés du Golfe même. L'Arabie saoudite, clé de voûte de la stratégie contrerévolutionnaire américaine dans la région, a elle aussi été ébranlée par des troubles survenus à l'Est du pays, dans sa province productrice de pétrole et à forte prédominance chiite. Un rapport inhabituellement franc de la monarchie située dans le désert a été affiché dernièrement sur Al Jazeera, indiquant que « la lignée de successeurs octogénaires » de la monarchie corrompue « rappelait les dernières années de l'Union soviétique, lorsqu'un dirigeant infirme succédait au précédent pour une brève période de règne inerte. »

Des aspects de politique interne aux Etats-Unis contribuent aussi au renforcement d'une nouvelle guerre. Obama a subi les feux de la critique des Républicains au sujet de l'annonce du retrait de l'Irak, les sénateurs républicains exigeant des audiences quant à ses implications. Et la menace d'une action militaire contre l'Irak est, à n'en pas douter, considérée au sein de l'aile droite du Parti démocrate comme un moyen efficace de contrer de telles critiques.

Mais ce qui est plus décisif toutefois, ce sont les inquiétudes au sujet des troubles sociaux grandissants aux Etats-Unis qui ont trouvé leur expression initiale dans les protestations Occupons Wall Street qui se sont déclenchées partout dans le pays. L'élite dirigeante américaine considère une nouvelle aventure militaire comme un moyen de détourner les conflits de classes qui s'intensifient au sein de l'Amérique même.

Bill Van Auken
2 novembre 2011

http://www.wsws.org/francais/News/2011/nov2011/golf-n02.shtml

 


1-2 L’unité de l’Irak toujours menacée : La chasse au Bâath relancée

Nb - Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage l'analyse des auteurs, mais doit être vu comme information

La nouvelle campagne d’arrestations de baâthistes présumés en Irak, lancée par le gouvernement à majorité chiite, risque d’attiser les tensions confessionnelles et même de mettre en danger l’unité du pays, estiment des analystes.

Des centaines d’arrestations de prétendus membres du Baâth, parti au pouvoir sous, Saddam Hussein, mais interdit depuis 2003, ont eu lieu fin octobre à l’instigation du Premier ministre, Nouri al-Maliki, qui les considère comme une menace du pays. Au total, 615 personnes ont été arrêtées au niveau national, selon M. Maliki. En réaction, le conseil de la province sunnite de Salaheddine, où se trouve la ville natale de Saddam Hussein, a décidé par un vote du 27 octobre de devenir une région administrativement et économiquement autonome, à l’instar du Kurdistan voisin. Selon son gouverneur, Ahmad Abdallah, les arrestations effectuées dans la province «sans coordination ni consultation avec nous» constituent la «raison principale» de ce choix.

Dans cette province, 30 personnes avaient été arrêtées quelques jours avant le vote, a précisé la police. Le vote d’autonomie a irrité M. Maliki, même si l’article 119 de la   Constitution stipule qu’une décision de cette nature doit être validée par référendum. «Le Baâth veut faire de cette province un refuge pour ses membres, mais cela ne se produira pas», a récemment assuré le Premier ministre. Les arrestations et la volonté d’autonomie affichée par cette province de 1,2 million d’habitants, au nord de Baghdad, illustrent les défis auxquels est confronté le pays, où les sunnites ont gouverné pendant 80 ans avant de laisser les rênes à la majorité chiite en 2003. «Il existe un sérieux dysfonctionnement entre Baghdad et les provinces et il y a aussi une forte tension entre le Premier ministre et ses opposants», remarque Joost Hiltermann, directeur adjoint pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord d’International Crisis Group. «Ces deux phénomènes convergent dans les provinces sunnites, qui s’estiment négligées par Baghdad pour des raisons confessionnelles.

La campagne d’arrestations a renforcé ce sentiment», dit-il. «Ces emprisonnements sont de mauvais augure pour l’Irak, on a le sentiment qu’ils visaient spécialement la communauté sunnite et si cette impression perdure, cela exacerbera les tensions confessionnelles», souligne Ali al-Saffar, analyste irakien de l’Economist Intelligence Unit, basé à Londres. Selon lui, «les sunnites considèrent ces détentions comme injustes, alors que les chiites voient dans le vote (de Salaheddine) une volonté des sunnites de se séparer du centre». Pour John Drake, analyste pour la firme de sécurité AKE, basée à Londres,   «l’appel de Salaheddine est peut-être une protestation symbolique face au  gouvernement central, mais nous pourrions assister à des demandes identiques dans d’autres provinces pour obtenir des concessions du gouvernement». Ainsi, Anbar, l’autre grande province sunnite, dans l’ouest du pays, a avancé la même demande avant que le président du conseil provincial Mamoun Sami Rachid ne fasse marche arrière pour éviter «une crise avec le gouvernement».

Pour Reidar Visser, qui dirige un site consacré à l’Irak, www.historiae.org, «il existe un risque de voir le fédéralisme se transformer demain en séparatisme si Maliki est incapable d’offrir aux habitants de cette province des concessions et un espoir dans l’avenir». Si M. Maliki est opposé à cette autonomie, le président sunnite du Parlement, Oussama al-Noujaifi, estime à l’inverse que la décision de Salaheddine est «constitutionnelle».

Cependant, les experts doutent de la viabilité de l’autonomie de cette province, qui ne dispose pas de richesses naturelles et dont, selon l’ONU, 40% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté (2,2 dollars par jour).   

http://www.elwatan.com/international/la-chasse-au-baath-relancee-08-11-2011-146471_112.php



3 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information.

3-1 Gilles Munier : Bagdad : un des organisateurs des «Journées de la colère» assassiné par le régime Maliki.

   Les manifestations de 9 septembre 2011 en Irak, baptisées « Aube de la libération », ont été entachées par l’assassinat du journaliste Hadi al-Mahdi, 44 ans. Il était connu pour être l’un des principaux organisateurs des « Journées de la colère » qui se déroulent tous les vendredis depuis février dernier dans tout le pays. La veille, un tueur l’a abattu de deux balles dans la tête à son domicile, avec un revolver silencieux. C’est le septième journaliste assassiné depuis janvier 2011.

Les menaces de Nouri al-Maliki

   Le 27 février dernier, Hadi al-Mahdi, ancien membre du parti al-Dawa du Premier ministre Nouri al-Maliki, avait été enlevé par des militaires après la manifestation du vendredi et conduit, les yeux bandés, dans une prison secrète du régime. Accusé d’être un baasiste, il avait été interrogé, torturé à l’électricité, menacé de viol. En mars, un civil avait abordé le journaliste pour lui conseiller de mettre en veilleuse ses activités. L’individu lui avait récité les noms des personnes à qui il avait téléphoné dans la journée pour bien lui montrer qu’il était sous étroite surveillance. Il y a deux mois, craignant pour sa sécurité, Hadi al-Mahdi avait mis un terme aux débats qu’il animait, depuis 2008, trois fois par semaine sur Radio Demozy, où il s’en prenait, non sans humour, à la corruption et à l'incompétence des hommes politiques irakiens, quelles que soient leurs tendances. Des représentants de Nouri al-Maliki avaient alors fait savoir à la direction de la radio que son émission, très écoutée, déplaisait à Nouri al-Maliki. En Irak, ce genre de remarque vaut avertissement. Elle est à prendre très au sérieux.

 Hadi al-Mahdi n’en poursuivait pas moins ses activités politiques et voulait faire du 9 septembre un grand moment de la contestation. Amnesty International rapporte que quelques heures avant son assassinat, il a publié sur Facebook le message suivant : « J'ai passé les trois derniers jours dans un état de terreur. Certaines personnes m'appellent et me mettent en garde contre les descentes de la police et les arrestations de manifestants. Quelqu'un me dit que le gouvernement va faire ceci et cela. Une personne sous un faux nom vient sur Facebook pour me menacer ».

   Le 9 septembre, un cortège d’une centaine de personnes, précédé par un cercueil symbolique recouvert du drapeau irakien sur lequel était placée la photo de Hadi al-Mahdi, a tenté de se joindre aux manifestants occupant la place Tahrir. Il en a été empêché par les véhicules blindés et des cordons de police barrant les rues attenantes.

8 octobre

Gilles Munier (Afrique Asie – octobre 2011)



Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

4-1 Dana Priest et William M. Arkin : "Top secret america": aux Etats-Unis, un monde caché hors de tout contrôle.

L’éventuelle prolongation de la présence des troupes US  en Irak, l’envergure de l’ambassade américaine en Irak, qui ne comportera pas moins de 16 000 personnes (!) au statut flou, l’immense pouvoir occulte délégué à une organisation telle que le JSOC (Joint Special Operations Command), comme exposé ci-dessous dans un article paru dans le Washington Post, laissent planer des doutes sur la capacité de l’Irak à assurer sa souveraineté et son indépendance.

   Les drones militaires et les forces paramilitaires de la CIA ont tué des dizaines de chefs d’Al-Qaïda et des milliers de ses soldats. Mais, il existe une autre organisation mystérieuse qui, elle aussi, a éliminé encore plus d’ennemis des Etats-Unis au cours de la décade qui a suivi le 11 septembre.

   Les agents de la CIA ont emprisonné et interrogé près d’une centaine de terroristes présumés dans leurs prisons secrètes éparpillées dans le monde mais les hommes de cette autre organisation en ont interrogé dix fois plus dans des prisons qu’elle seule contrôle en Irak et en Afghanistan.

   Depuis les attaques du 11 septembre, ce groupe d’hommes (et quelques femmes), a été multiplié par dix tout en maintenant un degré de clandestinité sans aucune mesure avec celle de la CIA. « Nous sommes la matière noire, nous sommes la force qui ordonne l’univers mais on ne peut nous voir ». C’est en ces termes qu’un homme de SEAL Marine (initiales pour mer, air et terre) décrit son unité sous couvert d’anonymat.

Choisir les individusà mettre sur sa liste de cibleset les tuer plutôt que de les capturer

   Les SEALs font partie du Commandement des Opérations Spéciales de l’armée américaine connu sous l’acronyme de JSOC (Joint Special Operations Command), qui, d’une petite équipe de sauvetage d’otages est devenue une armée secrète. Quand des membres de cette force d’élite a tué Ossama ben Laden, en mai dernier, au Pakistan, les chefs  ont célébré non seulement le succès de l’opération, mais le fait que peu de gens connaissaient leur commandement, basé à Fayetteville, NC. Peu d’informations ont circulé, jusqu’à présent, dans le public sur cette organisation.

   Deux présidents et trois secrétaires d’Etat ont assez souvent demandé au JSOC de monter des missions de contre espionnage et des raids mortels en Irak et en Afghanistan mais aussi dans des pays avec lesquels les Etats-Unis n’étaient pas en guerre, notamment, le Yémen, le Pakistan, la Somalie, les Philippines, le Nigeria et la Syrie. « La CIA n’a ni la taille ni l’autorité pour faire ce que nous pouvons faire » dit-on chez les JSOC.

   Le président a, aussi, conféré au JSOC le pouvoir de choisir les individus à  mettre sur sa liste de cibles – et de les  tuer plutôt que de les capturer. Des critiques ont dénoncé cette chasse à l’homme individuelle, la considérant comme un assassinat, une méthode interdite par la loi américaine. Cette liste n’est en rien rattachée à une  liste similaire de la CIA, mais qui comporte moins de noms.

   Créée en 1980, mais réinventée ces dernières années, le JSOC est passé de 1800 personnes avant le 11 septembre à 25000, nombre qui fluctue en fonction des missions. Elle a son propre service de renseignement, ses propres drones, et avions de  reconnaissance, même ses propres satellites. Elle a aussi ses propres cyber-guerriers, qui, en septembre 2008, ont fermé tous les sites des djihadistes qu’ils connaissaient. Le secret est la marque de fabrique de cette unité ; quand ses membres travaillent au sein d’agences ou ambassades US, à l’étranger, ils se dispensent de porter l’uniforme, ou tout autre nom ou grade, au combat… Le JSOC prend ses ordres directement du Président ou du Secrétaire à la Défense et est  dirigé et sous le contrôle d’un commandement strictement militaire.

   Sous le Président Bush, les opérations du JSOC étaient rarement soumises au regard du Congrès, ni avant ni après d’ailleurs car les conseillers du gouvernement considéraient leurs activités comme « des activités militaires traditionnelles ». Obama a adopté exactement la même position  mais il a insisté pour que les opérations sensibles du JSOC soient présentées à un comité du Congrès spécialement sélectionné.

Force létale

   La première mission du JSOC en 1980, l’Opération Griffe de l’Aigle (Eagle Claw) consistait en une mission de sauvetage des diplomates retenus en otages par les étudiants iraniens à l’ambassade US à Téhéran et s’est terminée par une collision dans le désert et la mort de huit des membres de l’équipe. L’extrême  « discrétion » de l’unité engendrait la méfiance des chefs militaires traditionnels et on n’y eut plus recours.

   Le Secrétaire à la Défense, Ronald Rumsfeld, se gaussant de ce que la CIA avait pénétré la première en Afghanistan et frustré de la lenteur de l’armée, a insufflé une nouvelle vie à l’organisation. Le noyau du JSOC regroupe la Force Delta, le SEAL de la marine, le 24ème Special Tactics Squadront de l’armée de l’air, le 160th Special Operations Aviation Regiment de l’armée et le 75 Ranger Regiment.

   Le caractère dangereux de la JSOC s’est manifesté en décembre 2001, dans les montages de Tora Bora où, dans les nuits du 13 et  14 décembre, JSOC a tué tant de forces ennemies qu’il a fallu enlever les cadavres des combattants d’Al-Qaïda par camions le lendemain. Mais elle a aussi commis des fautes : le 1er juillet 2002, dans ce que la Rand Corporation a qualifié « la pire attaque dévoyée de toute la guerre » une équipe de reconnaissance de la JSCO  à la poursuite de Talibans est tombée dans une embuscade. Un AC 130 a tiré sur six sites dans le village de Kakarak ; tuant des centaines de civils. « L’incident du mariage » du nom qui lui a été donné parce que ceux qui assistaient à ce mariage ont été pris pour cible a convaincu les Afghans que les forces américaines n’avaient aucun respect pour la vie des civils.

   Il n’empêche que, le 16 septembre 2003, Rumsfeld a signé un ordre renforçant la position du JSOC comme centre mondial du contre-terrorisme, et établissant une liste de 15 pays et les activités permises selon certains scénarii avec les approbations préétablies pour les appliquer. En Irak et en Afghanistan, il n’y avait pas besoin d’autre accord pour toute action contre Al-Qaïda. Dans d’autres pays, comme l’Algérie, l’Iran, la Malaisie, le Mali, le Nigeria, le Pakistan, les Philippines, la Somalie et la Syrie-  les forces du JSOC devaient requérir l’accord tacite du pays concerné ou au moins un blanc seing des hauts échelons de la chaîne de commandement. Aux Philippines, par exemple, le JSOC pouvait entreprendre une action psychologique pour confondre ou piéger les agents d’Al-Qaïda, mais avait besoin d’une approbation de la Maison Blanche pour toute action mortelle…

   A l’automne 2003, le JSOC eut un nouveau commandant qui désirait en faire l’arme la plus efficace de l’arsenal du contre-terrorisme des Etats-Unis. De son perchoir de vice-directeur des opérations de l’Etat-Major, Mc Chrystal en était venu à croire qu’au plus niveau du gouvernement, on détestait prendre des décisions. Personne ne voulait avoir tort, aussi posait- on plus de questions ou ajoutait-on des procédures au processus.

   Mc Chrystal se devait donc de « se glisser hors du trou » de l’administration suffocante de Washington. Il déménagea son quartier général dans la base de Balad à 60 kms de Bagdad et s’installa dans un vieil hangar avec trois centraux de communications : un pour combattre les affiliés à Al-Qaïda,  un autre pour les extrémistes chiites dans le pays et un troisième pour lui-même pour contrôler toutes les opérations. (…)

Aucune guerre moderne n’est gagnée simplement par l’éliminationmathématique de l’ennemi

   Tuer l’ennemi était le morceau le plus facile, grâce aux immenses moyens technologiques, mais le trouver ne l’était pas. Mais grâce à Roy Apseloff, directeur du Centre National pour l’Exploitation des Médias, l’agence gouvernementale US pour l’analyse des documents saisis par la communauté du renseignement et les militaires, JSOC put recueillir un nombre considérable d’informations….

   L’autre défi était d’origine humaine : les interrogateurs étaient mal formés et ignoraient tout de leurs détenus, ne sachant quelle question poser, comment les poser efficacement… Avant même que les photos sur Abu Ghraib n’apparaissent en 2004, un rapport confidentiel avertissait que des éléments du JSOC battaient les prisonniers et les détenaient dans des endroits secrets. Lorsqu’ils ne trouvaient pas les hommes dans les maisons fouillées, ils emmenaient les femmes, les mères et les filles. Le rapport concluait au caractère contreproductif de ces méthodes pour obtenir le soutien des Irakiens.

   Une autre enquête sur le JSOC, en 2004, réalisée sur une période de quatre mois montra que les interrogateurs ne fournissaient aux prisonniers que de l’eau et du pain ; d’autres prisonniers étaient entassés dans des cellules si peuplées qu’ils ne pouvaient ni se tenir debout ni se coucher tandis que leurs gardiens jouaient de la musique à haut volume pour les priver de sommeil. D’autres encore étaient déshabillés, trempés dans de l’eau froide et ensuite interrogés dans des pièces à air conditionné ou dehors dans le froid. …

   Le caractère dangereux du JSOC ressort du nombre de morts qu’il fit. En 2008, en Afghanistan seul, ses commandos ont frappé 550 cibles et fait  à peu près un millier de morts. En 2009, ils ont exécuté 464 opérations et tué de 400 à 500 personnes. Lors de la descente de l’Irak dans le chaos, à l’été 2005, JSOC  conduisait 300 raids par mois….Mais si tuer signifie gagner la guerre, le livre sur le JSOC pourrait être écrit. Or, aucune guerre moderne n’est gagnée simplement par l’élimination mathématique de l’ennemi. Même à une époque d’armes « intelligentes » les accidents surviennent qui peuvent entraîner des reculs politiques majeurs.

   Chaque raid du JSOC qui a blessé ou tué des civils, détruit leur maison ou leur source de revenus est devenu source de plaintes si lourdes que leurs effets contreproductifs, jusqu’à ce jour, sont difficiles à évaluer. Le taux de précision dans la cible visée (individu, maison, business) est pour le JSOC de seulement 50%, ce qu’il considère comme un bon score…

   Lors des raids les plus durs, Mc Chrystal s’est souvenu de la description de Lawrence d’Arabie des « cercles de chagrin »  ou le choc émotionnel ressenti par des petits groupes de combattants devant les morts. Fortement influencé par la vie de Lawrence, Mc Chrystal a vu dans ses troupes, des forces tribales des temps modernes : dépendantes les unes des autres pour la survie et l’attachement…

   … Le Département à la Défense a assigné au JSOC un plus grand rôle dans un domaine non militaire, dont celui de suivre le flux de fonds des banques internationales vers les réseaux terroristes. Il l’a aussi engagé dans des « opérations psychologiques » rebaptisées « opérations militaires d’information » et a envoyé des petites équipes de JSOC en habits civils dans les ambassades US pour les aider dans leurs campagnes en direction des médias.

   Lors de son arrivée à la Maison Blanche, Obama a chouchouté l’organisation et s’en est servi plus que son prédécesseur. En 2010, il a secrètement dirigé des troupes du JSOC au Yémen pour éliminer les chefs d’Al-Qaïda dans la péninsule arabe. Le Printemps arabe a obligé la Maison Blanche à différer certaines opérations du JSOC.

   Mais en dehors de réseaux terroristes, l’ennemi de longue date du JSOC reste en fait la bureaucratie à Washington…

Version intérale : « Top Secret America : The Rise of the New American Security State » par Dana Priest et William M.Arkin

Washington Post - 2/9/11) –

Traduction (extraits) : Xavière Jardez

http://www.washingtonpost.com/world/national-security/top-secret-america-a-look-at-the-militarys-joint-special-operations-command/2011/08/30/gIQAvYuAxJ_story.html

Livre: http://www.amazon.fr/Top-Secret-America-American-Security...

http://www.france-irak-actualite.com/

Dana Priest et William M. Arkin (Washington Post - 2/9/11) –

http://www.france-irak-actualite.com/


4-2Francisco Vielma : Les tyrans pétroliers dans le monde.

Après la seconde guerre mondiale, les puissances triomphantes ont commencé une nouvelle phase de contrôle hégémonique sur le monde. Des facteurs tels que la position stratégique et l'énergie, ont été les principaux éléments qui expliquent l'intervention militaire, la guerre, l’interventionnisme politique, les coups d'État et les assassinats partout dans le monde entier, comme action spécifique et historiquement démontrée de pays comme les Etats-Unis, le Royaume Uni, la France, entre autres. 

Mais il convient de s’arrêter au facteur énergétique. Comme nous le savons, l’énergie fossile est un élément clé dans le système économique mondial. C’est le produit qui fait marcher la planète. Le pétrole est la clé du système de production des pays développés, parce qu’ils n’ont pas su concevoir un système de développement au-delà des règles du capitalisme et du faux developpementisme, dans lequel la nature du capital est de croître indéfiniment, de croître ou de périr. Cela implique l’utilisation démesurée et accélérée des ressources naturelles comme le pétrole, qui se trouve à l’extérieur des pays développés. 

La clé de la survie des Empires, est le contrôle de l’énergie et des matières premières. C’est pourquoi, depuis le début du XXe siècle le contrôle politique de l’énergie des pays dotés d’énergie et de matières premières s’est déjà pratiqué. Ce contrôle a été imposé sur la base de l’inégalité, ce qui a évidemment historiquement favorisé les pays développés au détriment de la richesse des pays propriétaires de l’énergie et des matières premières, Cette inégalité a été imposée par le contrôle de la direction politique des pays dotés de ces ressources, par l’utilisation de la force militaire, ou par l’utilisation de règles inégales dans le commerce international. Concrètement dans le cas du pétrole, l’OPEP a pris naissance dans les années 1960 dans le but de défendre les intérêts des pays possesseurs de ce point.

Dans un cadre global inégal dans l’exploitation des richesses, dans commerce international injuste, dans des conditions injustes impliquant le pillage des richesses pétrolières des pays à des prix dérisoires, nous avons vu comment historiquement, dans la plupart des pays riches en ressources, leurs peuples ont été soumis à des conditions de pauvreté et d’inégalité. Un cas emblématique à cet égard, a été le Venezuela du XXe siècle, qui, alors qu’il était le principal exportateur de pétrole au monde de 1925 à 1960, a maintenu un niveau de pauvreté autour de 68 %. Les asymétries ont toujours été visibles, dans les pays riches en pétrole, c’est pourquoi s’y sont trouvés des secteurs sociaux qui ont exigé des changements dans l’utilisation de la richesse nationale, c’est pourquoi il y a eu des troubles politiques et sociaux qui sont clairement prévisible.

 

Les bouleversements sociaux et les changements politiques se sont produits par intermittence dans tous les pays riches en pétrole. Mais dans de nombreux cas, ces transformations n’ont pas eu l’approbation des pays développés, surtout des États-Unis, le pays qui consomme le plus de pétrole sur la planète. Les changements politiques dans les pays riches en pétrole qui n’ont pas été approuvés par les États-Unis, ont été précisément ceux qui imposent de nouvelles règles dans le commerce dans l’exploitation du pétrole et dans sa fourniture, par le biais de taxes, des concessions et de collecte de redevances. La création de conditions plus favorables pour les pays détenteurs de pétrole, met en péril la marge de profit des compagnies pétrolières transnationales et les sociétés captatrices de la richesse engendrée par la fourniture de cette matière première.

Historiquement les Etats-Unis dans leur quête de matières premières et d’énergie bon marché ont assuré ce pillage des pays du tiers-monde, en utilisant l’ingérence politique et dans beaucoup de cas l’ingérence militaire. Mais ces stratégies ne fonctionnent pas elles seules, car, après la seconde moitié du XXe siècle, ils utilisent les armes de propagande mondiale, de l’intermédiation des organismes internationaux et de l’utilisation d’alliances politiques pour sécuriser leur hégémonie. Les États-Unis et les membres de l’OTAN (organisation du traité de l’Atlantique Nord), après la deuxième guerre, se sont assuré un rôle de « policiers du monde ». Comme dans n’importe quel film où il doit y avoir les « good guys » il doit y avoir les « bad guys », qu’ils le soient vraiment, ou simplement parce qu’il est nécessaire de les diaboliser afin que les « good guys » puissent agir. C’est ainsi que les « tyrans pétroliers », ont été groupe de « bad guys » sélectionné dans le monde par les Etats-Unis, parce qu’ils sont particulièrement riches et « Tyrans ».

 

Beaucoup de dirigeants des pays riches en pétrole, ont été identifiés par les Etats-Unis comme « tyrans ». Tous les moyens de propagande mondiale ont été utilisés pour attaquer ces « tyrannies » et leurs dirigeants, toutes les formes d’ingérence politique visant à les renverser par tout moyen ont été utilisées, des organismes internationaux (comme l’ONU spatialement son Conseil de sécurité ont été utilisés pour imposer des sanctions sur ces pays et à l’occasion (pour diverses raisons) la guerre frontale a été utilisée contre ces pays pétroliers gouvernés par « tyrans ».

Certes, dans les pays pétroliers il y a eu des tyrannies, comme il ya pu en avoir dans n’importe quel lieu dans le monde. Mais la préférence ou des États-Unis et en Europe pour un tyran, ne dépend pas de son niveau de tyrannie, mais de la façon dont ces personnages traitent l’industrie pétrolière. Si le tyran gère l’entreprise en faveur des pays impériaux, il n’est pas un tyran, il est un « ami ». Si le tyran gère l’entreprise pétrolière dans une perspective nationaliste, c’est un tyran et un ennemi. Les Exemples sont multiples, examinons les !

Les bons tyrans

L’Arabie saoudite est gouvernée par une monarchie avec des dizaines d’années au pouvoir et dont le chef est le roi Abdullah bin Abdul Aziz, dans cette nation il n’y a pas de démocratie, mais une terrible ségrégation sociale et un processus systématique de violation des droits des femmes et des enfants. Ce n’est pas une tyrannie.

Le Venezuela a été gouverné pendant 4 ans à partir de 1988 et par Carlos Andres Perez, qui a envoyé à l’armée pour repousser les manifestations populaires de 1989, faisant plus de 6000 morts dans tout le pays soit au moment des émeutes, soit par la répression et la disparition systématique de personnes dans les jours suivants. Après cela, Pérez a été décrit par le père de George Bush, comme un « démocrate » exemplaire Il ne s’agissait pas d’une tyrannie.

L’Iran a été gouverné par Mohammad Reza Pahlavi connu comme le Shah ou l’empereur d’Iran de, qui fut roi de l’Iran du 16 septembre 1941 jusqu’à la révolution iranienne, le 11 février 1979. Il était le deuxième souverain de la dynastie Pahlavi. Il est célèbre pour avoir supprimé et interdit des partis politiques, pour avoir promu la ségrégation tribale et pour avoir appauvri le peuple iranien en favorisant les secteurs de l’aristocratie de pétrole. Son règne s’est maintenu par la répression. Cela n’était pas considéré comme une tyrannie.

Les exemples de tyrannies avec consentement impérial peuvent être infinis à s’effriter de l’histoire, mais ont tous un dénominateur commun : tous géraient de manière complaisante les richesses pétrolières dans l’inégalité des conditions pour leurs pays et en favorisant les intérêts économiques des transnationales étasuniennes.

 

Les mauvais tyrans

Regardons la liste des dirigeants des pays riches en pétrole, qui ont reçu le label de « tyrans ». Malgré les actions de ces personnages, dans tous les cas, leur description comme « tyrans » par les États-Unis et l’Europe, a apporté l’élément additionnel justifiant le renversement de ces régimes pour installer le système démocratique occidental et le développement du système économique capitaliste international. Certains d’entre eux ont été destitués par les États-Unis, par les méthodes déjà expliquées, d’autres ont donné naissance à des systèmes de gouvernement plus qu’eux-mêmes. Ce sont :

Mohammad Mossadegh : a été le premier ministre démocratiquement élu d’Iran, entre 1951 et 1953. Il est connu pour avoir décrété la nationalisation du pétrole le 20 mars 1951, mesure qui a conduit à l’intervention des États-Unis et la Grande-Bretagne qui financèrent un coup d’état organisé par la CIA en 1953, qui renversa Mossadegh et établit une dictature monarchique avec à sa tête le Shah Mohammad Reza Pahlavi. Il fut accusé de terrorisme international et d’avoir une attitude anti-étasunienne affectant les entreprises transnationales à partir de la nationalisation de l’industrie pétrolière iranienne. Après le départ de Mossadegh Les entreprises de pétrole, retombèrent aux mains de British Petroleum et Texaco, jusqu’à l’arrivée de la révolution islamique de 1979.

Cipriano Castro : était un militaire et politicien vénézuélien qui devint chef d’État de 1899 à 1908, premier président de facto après le triomphe d’une guerre civile et à partir de 1901, comme Président constitutionnel du Venezuela. Il proposa de nouvelles règles pour les taxes et les redevances des compagnies pétrolières lesquelles développaient des activités échappant au contrôle. Il entreprit des actions judiciaires spécifiquement contre la Compagnie « New York and Bermúdez, Co. » dans lesquelles la nation réclamait une indemnité de 50 millions de bolivars ; et, deuxièmement, il commence l’expropriation de l’Orénoque Steamship Co. Toutes deux compagnies pétrolières. Ces deux cas actions entraînèrent la rupture des relations diplomatiques entre le Venezuela et les États-Unis en 1908. Année où Castro fut renversé par Juan Vicente Gómez. Castro était décrit comme « tyrannique et incompétent » par les États-Unis juste après la rupture des relations diplomatiques. Sous le gouvernement de Gómez, le Venezuela devint le premier producteur mondial de pétrole, avec une fourniture préférentielle aux Etats-Unis à des prix bas et inhabituels, libres de redevances et offrant une rente préférentielle.

L’ayatollah Ruhollah Khomeiny était un imam et un Ayatollah chiites iraniens leader politico-spirituel de la révolution islamique de 1979 et qui le reste encore. Les puissances occidentales le considéraient comme un « leader messianique, dont les initiatives politiques mettaient en danger la stabilité internationale ». En 1979, il a renversé le Shah d’Iran, Mohammad Reza Pahlavi. Khomeiny a dirigé l’Iran jusqu’à sa mort en 1989. Iran nationalisa la compagnie pétrolière et créa de nouvelles règles en matière de taxes et de redevances, et fit des réformes pour faire bénéficier de grands secteurs de la société des ressources pétrolières. L’Iran est maintenant qualifié (comme au temps de Khomeiny) par les Etats-Unis de « sponsor international du terrorisme et de pays hors-la-loi et tyrannique ».

 

Saddam Hussein : fut 1979 à 2003 avec le soutien de la CIA un dirigeant irakien qui entreprit une guerre contre l’Iran pour renverser le gouvernement de l’Ayatollah. Son gouvernement dans les premières années, a eu le soutien des Etats-Unis des d’armes y compris des gaz et des armes bactériologiques qu’il utiliserait contre l’Iran. Hussein était un allié clé des Etats-Unis, jusqu’à ce qu’il décide de faire des réformes pétrolières dans son pays, l’Irak devint un membre clé de l’OPEP et décida d’attaquer le Koweït (ancienne province pétrolière de l’Irak) pour le rattacher. Après, cela a engendré « Tempête du désert » et la guerre Golfe où les Etats-Unis envahirent le golfe Persique, attaquant l’Irak et créant une zone de non survol. En 2003, au prétexte de l’existence d’armes de destruction massive, les Etats-Unis et d’autres partenaires de l’OTAN, envahirent l’Irak, capturèrent puis exécutèrent Hussein et maintiennent jusqu’à présent une occupation .Il n’y a jamais eu d’armes de destruction massive en Irak. Hussein a été décrit comme « dictateur et bailleur de fonds du terrorisme international ». A présent les accords pétroliers en Irak sont excessivement injustes envers l’Irak et ont tellement libéré la production que le pays en déjà ne fait déjà plus partie de l’OPEP.

 

Gamal Abdel Nasser : était un militaire et un homme d’État égyptien et le principal dirigeant politique arabe de son temps. Il fut président de l’Égypte de 1956 jusqu’à sa mort en 1970. Il nationalisa le Canal de Suez, provoquant une intervention militaire de l’Angleterre avec le soutien des Etats-Unis. L’Egypte, pays pétrolier et pays membre de l’OPEP, fit des réformes dans ce domaine, ce qui signifiait que Nasser était au centre d’attaques et de déstabilisation systématique, sa proposition de l’unité arabe est devenue une ingérence internationale plus constante. Après sa mort naturelle, de nouveaux groupes politiques prirent le pouvoir en l’Égypte, Sadate et puis Hosni Moubarak ouvrirent Égypte au marché libre avec l’Europe et les Etats-Unis, signant de nouveaux accords pétroliers préférentiels avec ces pays. 

Jaime Roldós Aguilera : a été président de l’Équateur de 10 août 1979 jusqu’au 24 mai 1981. Il est mort dans un accident d’avion qui selon de nombreux indices aurait été provoqué. John Perkins, présenté comme un « assassin économique » confirme les actions spécifiques de la CIA pour l’assassiner. Roldos proposa des réformes politiques majeures. Sur la question du pétrole Équateur avait à l’époque avec une production de pétrole naissante et les projections futures de gaz, l’intention de créer une entreprise de production nationale au moyen d’une excluant les sociétés transnationales. Il fut présenté par les Etats-Unis comme une « menace » et fut accusé d’être lié au réseau communiste international en seulement 2 ans du gouvernement. Après la mort de Roldos, l’Équateur, repassa sous le contrôle de la classe politique qui l’avait précédé. Le projet pétrolier de Roldos fut transporté vers le futur de telle façon qu’il se réalise aujourd’hui sous la direction de Rafael Correa, l’Équateur disposant de ressources énergétiques suffisantes pour se considérer comme un pays exportateur et être maintenant membre de l’OPEP.

Isaías Medina Angarita : Président de la République du Venezuela, de 1941 à 1945. Il a été renversé par un coup d’état « civil-militaire » dans lequel a participé le parti d’Action démocratique. Il décréta l’augmentation de la participation de l’Etat vénézuélien à 50 % des bénéfices du pétrole, établissant également l’obligation pour les titulaires de licences de payer, non seulement les taxes consacrées par cette loi, mais aussi toutes les taxes générales qui seraient instituées c’est pourquoi les compagnies pétrolières ont été soumises depuis au paiement de l’impôt sur le revenu. Les transnationales intéressées ont aidé à son renversement, appuyant les civils et les militaires, parmi lesquels on compte Marcos Pérez Jiménez, qui deviendra plus tard un dictateur, Medina Angarita a été accusé de « nationaliste dangereux ». Après son départ s’ouvre une autre étape dans la dynamique des concessions pétrolières vénézuéliennes. 

Ben Bella : gouverna l’Algérie entre 1962 et 1965. Ben Bella nationalisa les propriétés abandonnées par les français après la décolonisation, ainsi que d’autres entreprises clés de l’économie du pays. Il établit un régime socialiste fondé sur l’autogestion des petites et moyennes entreprises, entreprit une réforme agraire et conçut un programme de libération des femmes, les encourageant à abandonner le voile et à s’intégrer dans la vie sociale et politique. LE pétrole comme ressource principale de l’Algérie fit l’objet de réformes. Ben Bella a été renversé et emprisonné pendant 10 ans. Il a été accusé de pratiquer la tyrannie et la persécution politique. Après son renversement, les conservateurs au pouvoir sont devenus des alliés de l’Amérique au Maghreb. 

Mahmoud Ahmadinejad : actuel président de la République islamique d’Iran, depuis le 2 août 2005. Il a continué la politique pétrolière de son pays mise en œuvre depuis le début de la révolution islamique. Cette politique a été très nationaliste et a conduit à l’Iran à une place de puissance moyenne, étant le pays le plus puissant en Asie centrale et l’un des plus influents du golfe Persique. Ahmadinejad et l’Iran sont considérés comme ennemis des Etats-Unis comme parrains du terrorisme international et « obstacle à la paix dans le monde ».ils insistent sur le fait que le programme nucléaire iranien est pacifique (pour la production d’électricité, le dessalement d’eau de mer à usage humain et à des fins médicales) a, à la demande des membres de l’OTAN, engendré des sanctions économiques pour l’Iran. L’Iran est soumis à de possibles actions militaires des États-Unis étant considéré comme une menace contre Israël et le monde occidental par sa possible puissance militaire nucléaire, chose qui n’a pas été confirmée et l’Iran a nié en se soumettant à l’inspection internationale de l’AIEA (Agence internationale de l’énergie atomique). La droite républicaine américaine au complet, demande à Barak Obama d’agir militairement en Iran, d’envahir ce pays pour « sauvegarder la paix et la sécurité des Etats-Unis ». 

Kadhafi : dirigeant libyen installé au pouvoir depuis 1969 et qui, depuis les années 1970 a nationalisé l’industrie pétrolière. Bien qu’actuellement l’activité pétrolière ne soit pas entièrement nationalisée, la Libye recèle près de 50 milliards de pétrole ultraléger, le plus convoité et qui avant le conflit de 2011 était dirigé vers l’Europe à raison d’environ 1 600 000 barils par jour. La Richesse de la Libye est estimée à 200 milliards de dollars en dépôts dans les banques européennes. Depuis la politique Kadhafi la Libye est considérée comme un pays hors-la-loi, il a traversé des moments d’isolement international, dont il est sorti seulement après une ouverture de Kadhafi à l’investissement International, principalement français, italien et britannique. Au début de 2011, les tribus hostiles à Kadhafi, conjointement avec la coopération internationale de mercenaires armés, ont pris des postes militaires du gouvernement, y ont pris l’armement et ont entamé une rébellion contre Kadhafi en essayant de créer une République séparatiste dans l’est pétrolier du pays. Kadhafi a répondu militairement. Les médias internationaux et la diplomatie internationale où les USA ont joué un rôle de premier plan, ont soulevé la nécessité de prendre des mesures contre Kadhafi puisqu’il attaquait des« civils sans défense, qui réclamaient la liberté ». Au moment de la rédaction de cette note, il y a des sanctions économiques et militaires et la création d’une zone d’exclusion aérienne en Libye permettant le bombardement par les États-Unis et la France, avec la collaboration des membres de l’OTAN.

Tripoli est assiégée et les habitants massacrés dans les rues par des mercenaires séditieux et infiltrés, représentant la dissidence du soi-disant Conseil national de transition, soutenu par l’Occident.

Les comptes de la Libye en Europe ont été gelés sans qu’on connaisse leur avenir, confisquant les richesses du peuple et de l’État libyen pour asphyxier Kadhafi. Le maintien au pouvoir de Kadhafi est incertain. 

Hugo Chávez : dirigeant vénézuélien élu depuis 1998. Avec un Discours anti-impérialiste et une action progressiste, il a fait 2 changements à la Loi sur les hydrocarbures, donnant la priorité à l’État dans la capture des revenus pétroliers et le revenu par la redevance. Il a renationalisé la compagnie pétrolière, mettant un terme à « l’ouverture pétrolière » de la présidence précédente. Après un sabotage pétrolier, il a repris le contrôle complet de l’État sur PDVSA et commence une nouvelle étape dans la politique pétrolière nationale, où l’entreprise d’Etat est le principal actionnaire et l’unique gérant de l’économie pétrolière. Chavez, accusé de « Communiste » par les États-Unis, a subi un coup d’état en 2002, mais deux jours plus tard il a été réinstallé à son poste par les militaires et les civils qui le soutenaient. Il a été constamment accusé par les médias internationaux et la diplomatie étasunienne et européenne de financer le terrorisme international (FARC, ETA, HEZZBOLLAH, le HAMAS et Al-Qaïda), de mettre fin à la liberté d’expression, d’emprisonner ses ennemis politiques et d’entraîner son pays dans la pauvreté grâce à sa version du communisme. Le Venezuela est le pays qui détient les plus grandes réserves de brut lourds et ultralourds certifiées et vérifiés dans le monde, environ 296,5 milliards de barils. Hugo Chávez est la cible de toutes sortes d’attaques politiques et de complots dans son pays, par le biais de secteurs d’opposition principalement constitués par les groupes politiques et économiques (médias, partis et associations) liés aux Etats-Unis qui détenaient la richesse et le pouvoir avant son arrivée. Les gouvernements antérieurs ont conduit des politiques pétrolières préjudiciables à l’intérêt national et en faveur du premier client du pétrole du Venezuela : les Etats-Unis.

 

La liste est trop courte pour intégrer les cas de pays comme le Nigeria, l’Indonésie et le Gabon, qui ont été membres de l’OPEP, comme aussi le cas des autres pays pétroliers à l’extérieur de l’OPEP. Dans un monde aux ressources de plus en plus limitées, les puissances consommatrices et surtout les Etats-Unis et l’Europe, ont lancé une nouvelle étape dans la chasse aveugle au pétrole que ce soit par les voies régulières de l’entreprise, par la subordination politique des producteurs ou par une intervention militaire directe. 

N’apparaissent pas dans cette note, les tyrans anonymes du pétrole, ceux qui gèrent les sociétés pétrolières transnationales qui bénéficient de ces méthodes pour le contrôle de l’énergie. Des entreprises comme Exxon, Halliburton, Chevron, BP, ENI, Shell, entre autres, ont participé ouvertement au financement des politiciens aux États-Unis et en Europe, au soutien aux forces militaires, à la création de lobbies internationaux en soutien à l’ingérence la guerre et au pillage de la richesse des pays visés. 

La raison du captage du pétrole bon marché, par les pays développés et même de puissance émergentes comme la Chine, le Brésil et l’Inde, consiste à externaliser les dépenses, à maintenir le système de production et de consommation mondial. Externaliser les coûts, implique baisser le prix des matières premières à un niveau ridicule, afin de produire à bas prix et ainsi maximiser les profits, dans le même temps de mettre les biens de consommation sur une grande échelle au niveau mondial. Cela indique que, dans la continuité du système mondial capitaliste, aucun pays détenteur de ces matières premières(ne peut éviter ((être soumis (pacifiquement ou violemment) aux intérêts du système de domination mondiale. 

Les guerres du pétrole, sont une réalité de notre temps. Nous avons vu le cas de l’Irak et de la Libye, comme les menaces contre l’Iran. Dans le même temps, il convient de souligner les menaces directes et indirectes contre le Venezuela, se souvenant de sénateur Paul Coverdell, qui, comme Rapporteur du Plan Colombie « pour contrôler le Venezuela, il est nécessaire d’occuper militairement la Colombie ». À présent les Etats-Unis ont 7 bases en Colombie et 6 bases dans les Caraïbes, toutes entourant le Venezuela. 

Le système des médias internationaux dans les mains des intérêts transnationaux, ont pratiqué la soi-disant « fabrication du consentement » tant au sein des frontières de l’Europe que dans l’arène de l’opinion publique mondiale. Cela consiste à créer l’approbation, créent une masse critique, d’adopter les motifs des guerres et des invasions. Ils ont fabriqué et protégés des tyrans, comme nous l’avons dit, cela dépend sur complaisants qu’ils sont les intérêts économiques des pouvoirs. De cette façon, l’Empire a fait leurs villages dans le service des guerres, assumant un rôle de police dans le monde et en leur faisant croire leurs peuples que ces mesures d’interférence sont dus à des raisons liées à la paix et la sécurité des américains et des européens dans leur propre territoire et d’aide humanitaire. N’oubliez pas que le cas de l’Irak, a été le cas d’une « guerre préventive », c’est-à-dire, envahir l’Irak pour éviter l’attaque avec des armes de destruction massive qui n’a jamais existé, en Europe et aux USA. Ils omettent et refuser, l’entreprise transnationale découlant de la guerre dans les pays occupés.

 « Pour voir les fanons de votre voisin brûler, mets les tiens à tremper », explique une expression populaire. Est laissée à la réflexion des pays possédant des Richesses naturelles et ses peuples, la compréhension du cycle historique de notre temps. Une ère de respect pour le droit international, la fabrication des « raisons de guerre » et les actions plus flagrantes des pouvoirs et ses multinationales par des ressources.

Combien de tyrans de pétrole ont été ou sont en fait une telle chose ? Quelques tyrans de pétrole n’ont jamais été ni ne seront appelés comme tel ? Seule la mémoire vivante des peuples a réponse à cette question. Cela nous ne le saurons jamais par CNN, ni par la voix officielle des maîtres du monde.

Mais pour déchiffrer la relation tyrannie-pétrole nous pouvons appliquer le principe du rasoir d’Occam (principe philosophique selon lequel, lorsque deux théories égales ont les mêmes conséquences, la théorie qui a le plus de chances d’être correcte est la plus simple). Exprimé en ces termes : qu’est ce qui est le plus probable ?

Option A :

Partout dans le monde Les pays riches en pétrole, indépendamment de leur latitude et de leur culture, pour des raisons inexpliquées, ont une forte propension à être dirigés par les tyrans terroristes.

Option B :

Les Etats-Unis et l’Europe qualifient tyran à tout dirigeant d’un pays de pétrole qui touche aux entreprises transnationales.

L’option la plus simple dans ce cas, est probablement en appliquant le rasoir d’Occam, est l’option B, étant la plus simple au premier abord, et étant confirmée par les lignes qui précèdent et étant une réalité inscrite dans l’histoire des pays victimes de l’impérialisme comme étape suprême du capitalisme.

Mon dernier message au lecteur :

Si vous vivez dans un pays pétrolier et si votre pays est gouverné selon CNN par un « tyran », n’oubliez pas qu’il est dans le collimateur d’intérêts transnationaux. Votre pays, est un pays de hors-la-loi. Il est probable que des soldats viennent de l’étranger pour vous « libérer » vous et les vôtres, qu’il est possible qu’ils entrent dans votre maison et vous soumettent vous et les vôtres. N’oubliez pas, que lorsque des soldats étrangers, certainement étasuniens sont dans votre pays, ils ne vous entendront probablement pas si vous criez que vous n’êtes pas un terroriste, parce que vous faites partie de l’ennemi. Pas plus qu’ils ne vous entendront vous si vous insistez sur le fait que vous étiez contre la « tyrannie », car vous faites partie de l’ennemi. Comprenez que vous êtes considéré un ennemi, si de l’occupation de leur pays par une force étrangère vous déplait. Comprenez que, que vous sympathisiez ou non avec votre « tyran », vous serez un ennemi de tout citoyen au sein des frontières des Etats-Unis, surtout si ce citoyen américain est un soldat, est dans l’obligation de vous tuer ou de vous arrêter ou de vous torturer. Sachez que s’ils viennent pour votre pétrole, passera sous occupation par une force étrangère pour des années, et il faudra des décennies pour que votre pays atteigne une situation économique favorable et équitable. Mais voyez le côté positif ; ce qui a conduit ces forces étrangères à « libérer » votre pays, prendra fin, le tyran et le pétrole disparaitront. Et puis ils s’en iront. Ceci suggère que plus jamais ils ne « libéreront » votre son pays pour ces mêmes raisons. A moins que ne surgisse une autre ressource et que surgisse ensuite un autre tyran qui veut la gérer pour votre bien. Mais ceci est déjà une autre histoire.

Francisco Vielma. Sociologue

1er septembre 2011

Source : COMAGUER


4-3 Tony Cartalucci : Le Retrait Des Troupes US D’Irak =Très Suspect - Israël Contrôle les Ventes d’Armes de l’Allemagne."...Les US sont en fait entrain de colporter l’illusion qu’ils retirent leurs billes d’Irak, ne laissant qu’une force symbolique pour une raison - une raison qui a à voir avec la manœuvre finale jouée contre l’Iran, le dernier domino à tomber dans le «Printemps Arabe» inventé par les US. Il y a deux scénarios possibles..."

Depuis 10 mois l’administration Obama a dirigé le «Printemps Arabe» un processus géopolitique programmé depuis des années et exécuté simultanément dans plusieurs pays au Moyen Orient et en Afrique du Nord début 2011. La conflagration régionale a été alimentée par un flot constant de démentis même de surprise feinte, avec soutien clandestins par les US des groupes d’opposition, puis un soutien plus ouvert et finalement des frappes de l’OTAN, armes, entraînement, et des opérations de forces spéciales mis à disposition de la rébellion en Libye et des armes et soutien aux militants en Syrie. Ces efforts collectifs se déployant de la Tunisie jusqu’aux portes de l’Iran serve un agenda particulier - c'est-à-dire contenir et finalement faire échouer la réémergence de la Russie de même que de contenir la montée en puissance de la Chine.
Renverser l’Iran
Cet agenda déclaré comprend le renversement du gouvernement d’Iran et son intégration dans »l’ordre international » de Wall Street - Londres. Les efforts pour renverser le gouvernement en Syrie par les groupes d’oppositions armés semble-t-il soutenus par les US visent à isoler et provoquer la République islamique pour justifier des représailles acceptables par les US ou Israël (ou les deux). Comme on l’a rapporté de multiples manières le document contenant les plans précis que ces stratèges ont conçu c’est le rapport «Which Path to Persia « du Brookings Institution financé par les 500 plus grosses fortunes. Dedans on y déclare spécifiquement :
« … Ce serait bien préférable si les US pouvaient citer une provocation iranienne comme justification pour les attaques aériennes avant de les lancer. Evidemment, le plus choquant, le plus mortel et le moins provoqué cette action de l’Iran, le mieux cela serait pour les Etats Unis. Bien sûr se serait très difficile pour les US d’inciter l’Iran à une telle provocation sans que le reste du monde ne reconnaisse ce jeu, ce qui le saperait. (L’une des méthodes qui pourrait avoir du succès c’est de pousser clandestinement à des efforts pour changer le régime dans l’espoir que Téhéran lancerait ouvertement des représailles, ou semi ouvertement, qui pourraient alors être décrites comme un acte d’agression iranien non provoqué). »
La « Révolutions Verte » de 2009 était justement une telle tentative de « changement de régime clandestin » pour «inciter l’Iran à une telle provocation » bien que cela ait échoué lamentablement. Il semble qu’en plus de financer, armer, et héberger le groupe terroriste MEK (Mujahedin -e Khalq), les US ont également pris sur eux de fabriquer totalement de « telles provocations ». Le complot récent du DEA d’assassinat de l’ambassadeur saoudien annoncé par le procureur général Eric Holder vacille sérieusement surtout depuis que l’Iran a affirmé pour le nier que le membre supposé des Forces Quds que les US disent impliqué pourrait être en fait un membre de l’organisation terroriste citée ci-dessus MEK soutenue par les US. Les US ont tout fait pour pousser l’Arabie Saoudite à adopter une position plus dure contre Téhéran. Le rapport du Brookings le disait en 2009 :
« Par exemple, l’Arabie Saoudite est totalement apoplectique concernant le programme nucléaire iranien, de même que leur ingérence au Liban, en Irak, et dans les territoires palestiniens. Pourtant jusqu’à présent, Riyad a fait clairement comprendre qu’ils ne soutiendraient pas d’opérations militaires d’une quelconque nature contre l’Iran. Cela pourrait certainement changer mais difficile d’imaginer ce que cela nécessiterait. »
« … Difficile d’imaginer ce que cela nécessiterait ». Peut être des terroristes MEK se faisant passer pour des Forces de Quds manipulant un drogué vendeur de voitures d’occasion pour arranger un complot pour tuer l’ambassadeur saoudien et puis accuser l’Iran.
Avec le sort de la Libye pas résolu, des troupes US à la fois en Irak et en Afghanistan et une vigueur renouvelée envers la Syrie après la chute supposée du dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, il est fort peu probable que les US aient abandonné leurs plans pour finalement renverser le régime iranien comme ultime cible de cette campagne régionale. En fait, un grand nombre dans l’administration Obama ont été les supporters les plus enthousiastes pour exécuter le but final de cette stratégie à long terme démarrée sous l’administration Bush. Le candidat à la présidentielle de 2008 John MacCain et bien sûr toute la troupe des décideurs politiques non élus financés par les multinationales appartenant aux bureaux du Brookings Institution, du Foreign Policy Initiative, et de l’American Enterprise Institute (AEI) ont été des plus désireux de faire avancer tout le temps cet agenda.
Que ces décideurs politiques -qui ont aidé à concevoir et soutiennent actuellement la politique d’Obama - boudent maintenant la décision d’Obama de retirer les troupes d’Irak alors qu’en fait Obama ne l’a pas décidé et ne prendra jamais de telles décisions est très suspect. Kenneth Pollack, l’un des co-auteur du rapport «Which Path to Persia » a exprimé il y a peu sa consternation dans un article intitulé “ “With a Whimper, Not a Bang.” «Pas de Bang, un Gémissement ». Fréderic Kagan l’architecte derrière le « renforcement des troupes » en Irak de l’AEI financé par les multinationales c’est également plaint dans un article intitulé « Obama abandons Irak » « Obama Abandonne l’Irak ». Kagan affirme explicitement que le retrait «ce serait satisfaire le seul objectif le plus important que Téhéran poursuit depuis des années - le retrait complet des forces militaires US d’Irak. »

Scénarios Possibles
Les US sont en fait entrain de colporter l’illusion qu’ils retirent leurs billes d’Irak, ne laissant qu’une force symbolique pour une raison - une raison qui a à voir avec la manœuvre finale jouée contre l’Iran, le dernier domino à tomber dans le « Printemps Arabe » inventé par les US. Il y a deux scénarios possibles :

1.Laisser une petite force symbolique que les Iraniens attaqueront en Irak après une attaque aérienne « unilatérale » israélienne. Quoique décide de faire l’Iran il pourrait ne pas pouvoir le faire de façon soutenue mais le fera lors des premières phases vicieusement. En laissant une force symbolique en Irak les US peuvent obtenir la sympathie nécessaire et la colère politiquement parlant en interne pour lancer une opération plus large contre l’Iran en « représailles ».

2. Feindre de se désengager du Moyen Orient et quand une attaque terroriste sous faux pavillon ou une autre provocation est commise contre les US cela aura l’air d’un acte de guerre énorme de l’Iran. Tandis qu’une présence réduite des US au Moyen Orient devrait créer encore plus de patience à Téhéran les scénaristes du dernier complot pour assassiner l’ambassadeur saoudien ont bien pris soin de dire que « l’Iran est devenu audacieux » un point de discussion répété à l’envie dans les airs et mis dans l’esprit des Américains crédules.
C’est plus que de la simple spéculation. Dans le rapport de la Brookings Institution, « Which Path to Persia «pratiquement toutes les mesures extrêmes proposées dans le rapport ont été exécutées. Les seules options restant sur la table non utilisées incluent une attaque aérienne unilatérale ayant pour but de provoquer des représailles significatives faisant ainsi entrer les US en guerre contre l’Iran et toute une panoplie d’options pour provoquer une invasion à grande échelle.
Dans une partie du rapport intitulé « Leave it to Bibi : Allowing or Encouraging an Israeli Military Airstrike » - Laissez faire Bibi : autorisé ou encouragé une frappe militaire aérienne israélienne ( page 89 , page 102 voir document pdf joint à gauche de la photo) il semble que les services secrets israéliens travaillent aussi avec l’organisation terroriste MEK :
« Les opérations des services secrets israéliens contre l’Iran ont été intensifiées bien avant et incluaient l’utilisation de tierces parties pour publier la menace iranienne sans révéler la main d’Israël. Les programmes secrets d’enrichissement et de réacteur à eau lourde de l’Iran ont été rendus publics en Août 2002 par un groupe dissident iranien ( the Mujahedin- e Khalq - - - MEK ndlt) qui a dit on reçu l’information involontairement des services secrets israéliens. »

Le rapport continue en parlant d’une attaque israélienne autorisée par les US :
« Cependant, comme noté dans le chapitre précédent, les attaques aériennes en elles-mêmes sont en fait simplement le début de cette politique. Les Iraniens de nouveau reconstruiraient leurs sites nucléaires. Ils mèneraient probablement des représailles contre Israël et pourraient mener des représailles contre les US aussi ( Ce qui pourrait créer un prétexte pour des frappes aériennes américaines ou même une invasion »).
Autoriser les Israéliens à attaquer par air et sacrifier des troupes US au sol en Irak comme prétexte pour élargir la guerre est très certainement une possibilité. Le rapport continue en affirmant la nécessité de maintenir un certain niveau de déniabilité plausible concernant les frappes aériennes israéliennes. Des troupes US en Irak impliqueraient par défaut l’Amérique dans toute frappe aérienne israélienne nécessitant de survoler l’espace aérien irakien. Des troupes US » entrain de se retirer » d’Irak pourraient peut être réduire de telles implications et feraient de même apparaître des représailles iraniennes comme encore plus «choquantes, mortelles, et non provoquées ».
Nous pouvons être sur qu’après des années de mise en application d’un agenda élaboré avant sa présidence Obama n’a pas brusquement décidé unilatéralement de retirer les troupes d’Irak. La duplicité de son administration et son ardeur à l’égard du « Printemps Arabe » concocté par les US tout ceci nous montre que l’agenda global inclue aussi d’encercler et de renverser le gouvernement en Iran. Cela n’a pas échappé à l’attention de la Maison Blanche qu’un retrait d’Irak fournirait à l’Iran un espace pour respirer très convoité et diminuerait de manière importante l’influence des US au Moyen Orient.
Tout comme le faux rapprochement entre l’Occident et Kadhafi de Libye avant que les US ne réarment, réorganisent, et lâchent le Libyan Islamic Fighting Group ( LIFG) quand l’Occident revient tourmenter Téhéran il reviendra avec l’idée de vengeance. Surveillez Israël pour leur attaque et les US complices attendant une nouvelle fois de « diriger en coulisse ». Et si vous avez quelqu’un que vous connaissez dans l’armée US stationné en Irak restant derrière préparez vous au pire absolu. Comme Henri Kissinger l’a dit une fois brutalement : « les soldats sont des animaux débiles, stupides à utiliser comme pions pour la politique étrangère. » (Woodward and Bernstein The Final Days in chapter 14). Certainement que quelques GI’s morts en Irak après des représailles iraniennes pour une attaque aérienne israélienne seraient effectivement les pions dont la « politique étrangère » a besoin pour avancer.
On peut simplement espérer que cette analyse pessimiste est complètement fausse et que les US sont dépassés et ont simplement décidé de se retirer du champ de bataille et finalement de l’Empire. Cependant si l’instabilité continue de se développer en Syrie, ce qui est principalement une guerre US de proxy de basse intensité contre Damas et par conséquent contre Téhéran on peut être sur que tout optimisme sera rapidement écrasé contre le mur par les oligarchies multinationales financières de Wall Street-Londres.
PS/MD : Obama affirme que toutes les troupes américaines partiront d'Irak. Ce qu'il oublie de dire c'est que 16 000 membres du personnel de l'ambassade US - la plus grande du monde - située dans la Zone Verte à Bagdad et dont un bon nombre sont des agents de renseignements et autres agents de forces spéciales militaires vont rester à demeure de même que 5000 agents de sécurité appartenant à des sociétés privées (des mercenaires).

Des "pions" pour utiliser le vocabulaire de Kissinger dans la "politique étrangère" US en Irak ?

Israël contrôle les ventes d’armes de l’Allemagne au Moyen Orient

Selon un article du quotidien allemand Der Spiegel, Israël a donné son feu vert au gouvernement allemand pour la vente de tanks à l’Arabie Saoudite. Début 2011 ce dernier avait demandé au premier ministre israélien Benjamin Netanyahou son opinion sur la vente de ces armes.
« Israël n’avait pas d’objection à ce moment là. Des contacts entre Jérusalem (al-Quds) et Riyad s’étaient améliorés les années précédentes, l’Arabie Saoudite devenant l’un des alliés les plus importants d’Israël dans le combat contre le programme nucléaire iranien. Le gouvernement des US a aussi donné son accord »

Selon la politique du ministère de la défense allemand, aucun gouvernement n’est autorisé à vendre d’équipement militaire à un état arabe à cause des intérêts sécuritaires d’Israël.

Début Juillet le Der Spiegel a révélé que le gouvernement de Merkel et son cabinet avait approuvé la vente de plus de 200 tanks de type Leopard 2A7 à l’Arabie Saoudite. Cette décision a été critiquée par des partis d’opposition compte tenu du fait que l’Arabie Saoudite est intervenue militairement en début d’année en envahissant le Bahraïn à la demande de la dictature royale des Al Kalifah pour y réprimer par la violence des manifestations demandant plus de démocratie dans ce pays.

Cette décision montre à quel point l’Allemagne est soumise au régime sioniste.

Mais aussi dans le contexte du « Printemps Arabe » - dont Ryad contribue également à tirer les ficelles en coulisse (Syrie, Libye, Yemen)- comment l’Arabie Saoudite s’est alliée avec Israël le feu vert de Tel Aviv à la vente de tanks allemands à Ryad en étant une preuve éclatante.
Après tout si l’armée israélienne ne peut pas utiliser l’espace aérien irakien pour aller bombarder les installations nucléaires iraniennes, les Saoudiens se feront un plaisir d’ouvrir le leur, juste retour d’ascenseur !
Alors ces tanks allemands vendus aux Saoudiens contre qui vont-ils servir ? A réprimer dans le sang les manifestations shi’ites dans les émirats du Golfe et en Arabie Saoudite si l’Iran est bombardé puisqu’il existe un accord de coopération militaire entre ses pays ?
Mireille Delamarre

Dimanche 23 Octobre 2011

Tony Cartalucci - traduction info + Mireille Delamarre

http://www.planetenonviolence.org/Le-Retrait-Des-Troupes-US-D-Irak-Tres-Suspect-Israel-Controle-Les-Ventes-D-Armes-De-L-Allemagne_a2506.html

 



5 Annexe

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information.

 

5 Iran: Les USA doivent retenir les leçons de la guerre en Irak

Publié le 18/11/2011

Justin Logan :

·         Les Américains devraient réfléchir longuement et sérieusement avant de se laisser vendre l’idée d’une nouvelle guerre, en Iran, par les mêmes personnes qui ont mené l’Amérique en Irak.

 

·         Au cours des 10 dernières années, l’Amérique a mené des guerres en Afghanistan, en Irak, en Libye, et à travers la péninsule arabique. La dernière chose dont elle a besoin aujourd’hui, est une autre guerre dans le monde musulman.

·         La première raison est que l’Iran, malgré les rapports des médias, n’est pas en train d’acquérir une arme nucléaire. Comme le rapport de l’AIEA l’a indiqué, il n’y a pas eu de détournement de matières fissiles provenant d’installations connues à l’intérieur de l’Iran, et sans matières fissiles que les Iraniens pourraient enrichir aux niveaux requis pour une arme nucléaire, ils ne peuvent pas passer au nucléaire militaire. L’Iran aurait besoin soit de mettre à la porte les inspecteurs et de détourner ses stocks existants, ou bien développer d’importantes installations d’enrichissement, sans être détecté par le monde extérieur. Mettre à la porte les inspecteurs serait facilement observable, et il est peu probable que l’Iran dispose d’installations secrètes suffisantes pour y produire des armes nucléaires dans un avenir proche.

·         En outre, bombarder l’Iran ne ferait que retarder, et non arrêter, son programme nucléaire. Cela conforterait par ailleurs les Iraniens dans la croyance qu’ils ont besoin d’une bombe pour se protéger des États-Unis et Israël. Les différentes leçons enseignées par l’Irak et la Libye d’une part, et la Corée du Nord, de l’autre, deviendraient encore plus âpres. La campagne de bombardement massif qui serait nécessaire pour atteindre les sites importants en Iran risque aussi de rallier la population iranienne derrière un régime qui a grandement perdu en légitimité depuis des années. La réponse probable de l’Iran pourrait transformer le Moyen Orient tout entier – y compris Israël, l’Irak et l’Afghanistan – en un chaudron de la violence.

·         Il y a huit ans, l’establishment de la politique étrangère des deux partis démocrate et républicain a conduit le peuple américain dans une guerre en Irak qui a eu des conséquences dévastatrices pour l’Amérique et pour le monde. Beaucoup de ces mêmes élites sont actuellement en train d’appeler à une autre guerre au Moyen-Orient. Chat échaudé craint l’eau froide, en règle générale : les Américains devraient donc réfléchir longuement et sérieusement avant de se laisser vendre l’idée d’une autre guerre par les mêmes personnes qui ont mené l’Amérique en Irak.

Publié le 18/11/2011

Justin Logan (*),depuis Washington D.C., États-Unis
Article publié en collaboration avec UnMondeLibre

 



Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières,les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

  • " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19


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26/11/2011

n°521 - Journal d'Irak - du 27/10 au 25/11/11 - a1ip I? - 27/10 au 25/11/11 : Bush et Blair coupables de crimes de guerre.


Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.Sa diffusion est un acte de résistance.

Les médias occidentaux dans leur large majorité ont de tout temps accepté les versions des armées occupantes et ferment les oreilles aux autres sources.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!



Journald'Irak

n°521                     du 27/10   au        25/11/11

C.De Broeder & M.Lemaire



Le " Journal d’Irak  " est visible  sur ...

a) sur mes  blog : http://www.dhblogs.be/categories/International.html

                              http://www.lalibreblogs.be/categories/International.html

b) sur le site http://turkmenfriendship.blogspot.com/2007/10/journal-dirak-de-m-lemaire.html

c) sur le site de Eva Resis  :  no-war.over-blog.com

d) Et Sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

e) sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire :

1 Tiré à part :

Bush et Blair coupables de crimes de guerre.

Richard Labévière : De New-York à Kaboul, Mythes et réalités de la Global War On Terror.

Feurat Alani : « A Falluja, des bébés déformés naissent presque tous les jours ».

Ramzy Baroud : La guerre d’Irak est finie, mais …le parti de la guerre persiste…

Afghana : Germe d’une nouvelle guerre avec le Koweït.

Lorientlejour : Avertissement implicite de Clinton à l'Iran: Pas d'intervention en Irak.

2 Dommages Collatéraux... le Pentagone prolonge.

Alex Lantier : Un câble publié par WikiLeaks confirme les rapports sur le massacre américain de civils irakiens

Politique

4 Les alliés (des Usa)

5 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

5-1Tarek Aziz - L'autre vérité", Award du meilleur documentaire.

6 Les brèves

6-1 LEMONDE.FR avec AFP : Des Irakiens accusant l'armée britannique de torture obtiennent gain de cause.

6-2 Gilles Munier : Mustapha Abdeljalil va dénoncer un complot baasiste à Bagdad.

6-3 TECHNIP : Signature de deux contrats d’études en Irak.



1 Tiré à part :

Bush et Blair coupables de crimes de guerre.

Mercredi 23 Novembre 2011

Occident, impérialisme et crimes de guerre: Bush et Blair officiellement coupables de crimes de guerre devant une cour contre les crimes de guerre…

Nous avons traduit ici une brève nouvelle émise par Press TV la chaîne iranienne de langue anglaise, info qui bien sûr et comme de bien entendu n’est absolument pas relayée par les médias larbins occidentaux, à savoir que Bush et Blair ont été tous deux reconnus coupable de crimes de guerre et de génocide par une cour de justice contre les crimes de guerre siégeant à Kuala Lumpur en Malaisie.
Les juges vont presser pour que les deux criminels notoires soient inscrits sur le registre des criminels de guerre pour un transfert du dossier au TPI… Que les Etats-Unis ne reconnaissent bien évidemment pas !…
Que Sarko, Berlu, Cameron se rassurent, pour la Libye, ils seront de la prochaine charette… 
Bush et Blair coupables de crimes de guerre
Press TV
Le 23 Novembre 2011
Un tribunal pour crimes de guerre a trouvé l’ancien président américain George W. Bush et l’ancien premier ministre britannique Anthony Blair coupables de crimes de guerre pour leurs rôles dans la guerre d’Irak.
Le panel de cinq juges du tribunal de Kuala Lumpur (Malaisie) pour crimes de guerre a décidé que Bush et Blair ont commis un génocide et des crimes contre l’humanité en menant l’invasion contre l’Irak en 2003, a rapporté un correspondant de Press TV Mardi.
En 2003, les Etats-Unis et la Grande-Bretagne envahissaient l’Irak en bafouant la loi internationale et sous le prétexte de trouver des armes de destruction massive qui avaient soi-disant été stockées par l’ex-dictateur Saddam Hussein.
Les juges du tribunal malais ont décidé que la décision d’entrer en guerre contre l’Irak, prise par les deux anciens chefs de gouvernements, était un abus flagrant de la loi et un acte d’agression qui mena à des massacres de grande ampleur sur le peuple irakien.
Les bombardements et d’autres formes de violence devinrent monnaie courante en Irak peu après l’invasion du pays menée par les Etats-Unis.
Dans leur verdict, les juges du tribunal ont également déclaré que les Etats-Unis sous le leadership de Bush, ont fabriqué des documents pour faire penser que l’Irak avait des armes de destruction massive.
Quoi qu’il en soit, le monde apprît par la suite que l’ancien régime irakien ne possédait pas d’armes de destruction massive et que les Etats-Unis et la Grande Bretagne le savaient depuis le départ.
Plus d’un million d’Irakiens ont été tués durant l’invasion en accord avec l’organisation d’enquête basée en Californie Project Censored.
Les juges ont aussi dit que les décisions de la cour devraient être fournies aux signataires des Statuts de Rome, qui ont établis le Tribunal Pénal International (TPI) et ont ajouté que les noms de Bush et de Blair seraient listés sur le registre des criminels de guerre.


Richard Labévière : De New-York à Kaboul, Mythes et réalités de la Global War On Terror.

1er mai 2003. Sur le porte-avions USS Abraham Lincoln, le président américain George W. Bush annonce avec fierté la fin des « combats majeurs » de l’opération « Libération de l’Irak ».

En toile de fond, une grande banderole sur la tour de commandement précise «  Mission Accomplished.».

Cette prestation est d’autant plus grotesque qu’au même moment trois attentats frappent le cœur de Bagdad. Commençaient alors l’occupation angloaméricaine et le démantèlement de l’Etat-nation irakien, livré aux communautés, aux tribus et autres pillards, avant-goût de la démocratie selon Washington.

Grotesque, ce discours l’est à plus d’un titre, mais sa structure formelle confirme au moins un point capital : la deuxième guerre d’Irak s’inscrivait bien dans le cadre stratégique plus large de la « Global War on Terror », déclenchée au lendemain des attentats du 11-Septembre.

A cette date-là, l’OTAN déclare en effet qu’il ne s’agit pas d’une attaque contre les Etats-Unis, mais contre les 19 pays de l’Alliance. C’est la première fois que la clause de solidarité de l’article 5 du Traité de l'Atlantique Nord est invoquée depuis sa création en 1949. Rapidement, Al-Qaïda et son chef Oussama Ben Laden sont désignés comme responsables. Un contingent d’américains débarque le 7 octobre 2001 en Afghanistan pour l’opération Enduring Freedom. Le 20 décembre 2001, la résolution 1386 de l’ONU est votée. Elle mandante officiellement une coalition internationale.

La Force internationale d’assistance et de sécurité (FIAS) est mise en place. La troisième guerre d’Afghanistan commence. Trois objectifs sont affichés : capturer Ben Laden, détruire les bases Al-Qaïda et renverser le régime taliban. Les deux derniers objectifs sont rapidement atteints. 

GWOT : confusion volontaire des fins et des moyens

De la troisième guerre d’Afghanistan à celles d’Irak et de Libye (2011), ces opérations se démarquent des ripostes anti-terroristes et du contre-terrorisme traditionnels par des actions militaires de grande ampleur à l’étranger, non dénuées de visées stratégiques différentes de leurs objectifs initiaux. «.Guerre globale contre la terreur » : étymologiquement, cette terminologie pose un problème de stricte logique formelle. Le terrorisme n’est pas une substance, mais un flux, sinon une technique – guerre du faible au fort – dont les modus operandi ne cessent de se transformer.

Peut-on faire la guerre à un flux ? Ne s'opposantpas à des Etats mais à des groupes non étatiques, la GWOT n'a pas de calendrier clairement établi et conduit immanquablement à l’instauration d'un « état d'exception permanent ». Elle recourt parfois à des procédures étrangères au droit international et finit par imposer, sinon « légaliser » le concept de « guerres préventives » contre les États soupçonnés d’abriter des groupes terroristes et/ou susceptibles de leur fournir des « armes de destruction massive.».

Dans une confusion volontairement établie entre ses finalités stratégiques et ses moyens tactiques, la GWOT combine la lutte directe, c’est-à dire le démantèlement des cellules terroristes, la destruction des camps d’entraînement et la lutte indirecte. Cette dernière recouvre les enquêtes et les pressions sur les gouvernements, organisations et personnes soutenant les organisations terroristes et le gel des avoirs soupçonnés d’appartenir ou de servir à des groupes terroristes. Elle englobe aussi les aides financières aux pays participant à la lutte contre le terrorisme, les coopérations policière et judiciaire internationales ainsi que de la coopération entre services de renseignement. Sa dernière invention préconise une tentative de réorganisation politique des Proche et Moyen- Orient – le Grand Moyen-Orient – concocté par les idéologues néo-conservateurs de l’administration Bush. La deuxième guerre d’Irak aura été sa séquence la plus dévastatrice.

 

Le choix de l’instabilité constructive

La stratégie des Etats-Unis ne se résume pas à une traduction mécanique de ces éléments, mais de l’aveu même du président des Etats-Unis et de ses conseillers, ils permettent d’élaborer une « vision globale » et des « lignes directrices ». Le directeur exécutif du très influent Washington Institute for Near East Policy, Robert Satloff, a baptisé cette stratégie « instabilité constructive ». Il constate que la recherche de la stabilité des Etats de la région, qui fut, «  historiquement », le trait dominant d’une politique proche-orientale des Etats- Unis, a abouti « à des impasses ». Cette remise en cause d’une politique étrangère privilégiant la « stabilité » des Etats des Proche et Moyen-Orient a été, certes, confortée par les attentats du 11 septembre 2001, mais son chantier était ouvert dix ans plus tôt, début 1991, dès la fin de la première guerre du Golfe. Les experts des officines néo-conservatrices, comme Paul Wolfowitz qui deviendra numéro deux du Pentagone, expliquent alors qu’il aurait fallu« poursuivre la guerre de libération du Koweït jusqu’à Bagdad, pour démanteler un pays qui restera une menace pesant à la fois sur nos intérêts énergétiques et sur la sécurité d’Israël.».Les attaques du 11-Septembre apporteront le meilleur argument aux adeptes de l’instabilité constructive, qui estiment que la menace terroriste est ancrée principalement dans certains États de la région, dont l’Irak, la Syrie et l’Iran. En « déstabilisant » ces trois Etats de «  l’Axe du mal », la stratégie américaine « révisée » prétendait anéantir le terrorisme en changeant, par la force, la nature de leur régime.

 

Elle a produit le phénomène inverse : selon plusieurs rapports de l’administration américaine, la menace terroriste a été multipliée par six depuis l’intervention anglo-américaine en Irak. Mais pour nombre d’analystes américain, cette contre-performance est loin d’être une défaite et s’inscrit – au contraire – parfaitement dans la mise en oeuvre de l’instabilité constructive.

GWOT : un bilan désastreux

L’utilisation optimale des attentats du 11- Septembre a fourni l’habillage médiatique idéal pour justifier les nouvelles priorités de la politique étrangère des Etats-Unis. En proclamant la priorité à la GWOT, à la chasse de ben Laden et de ses complices, « les décideurs américains vont disposer du plus bel alibi historique à leur disposition depuis la fin de la Guerre froide », explique un attaché militaire européen en poste à Washington : « Au nom de la lutte anti-terroriste, ils vont opérer le redéploiement militaire américain le plus considérable depuis la fin de la Seconde guerre mondiale ».

 Directeur de l’IRIS, Pascal Boniface explique.: « Les Américains ont prôné le modèle du coup de pied dans la fourmilière, y compris par la guerre. Le bilan de celle d’Irak apparaît largement et globalement négatif. Les adversaires de cette politique estiment qu'ils peuvent être de l’extérieur un mouvement démocratique mais que celui-ci doit avant tout être le fruit d’un processus interne » . En définitive, la guerre globale contre la terreur et son corollaire diplomatique – le Grand Moyen-Orient – auront sérieusement amplifié la menace qu’ils étaient censés circonscrire, sinon anéantir. Discréditant durablement les principes fondateurs des vieilles démocraties occidentales et leurs capacités à inspirer l’avenir constitutionnel et politique de pays d’autres continents, les réponses aux attentats du 11 septembre 2001 auront aussi passablement consolidé la fabrication du « choc des civilisations ».

Richard Labévière,

Richard Labévière, Consultant international, Auteur de Vérités et mythologies du 11 septembre. Ed. Nouveau Monde

http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?eid=33376&frid=18&cid=18&fromval=1&seccatid=29


Feurat Alani : « A Falluja, des bébés déformés naissent presque tous les jours ».

Falluja est dans toutes les mémoires.

Prise d’assaut en 2004 par les troupes américaines, la ville aux deux-cents mosquées est une ville martyre. Ses 300 000 habitants essuyèrent lors de l’assaut un feu dévastateur et peu conventionnel. Aujourd’hui, la population de Falluja est décimée par les cancers.

Canal+ diffuse demain soir dans Spécial Investigation à 22h45 « Irak : les enfants sacrifiés de Falluja », un reportage de Feurat Alani, que nous avons interviewé.

Al-Kanz : Pourquoi avoir réalisé un reportage sur Falluja ?
Feurat Alani : J’ai eu la chance d’être correspondant à Bagdad, en Irak, et dans la région, entre 2003 et 2007. A l’époque, un reportage sur les dissensions grandissantes entre certaines tribus et « Al-Qaïda en Mésopotamie » m’avait amené à Falluja. Et alors que je récoltais des témoignages dans la ville, des habitants venaient spontanément me voir pour me parler. Ils voulaient m’informer d’un phénomène qui à l’époque, je l’avoue, avait suscité des doutes dans mon esprit tellement les propos étaient incroyables. On me disait : « le fils de mon voisin est né aveugle », « un tel à six doigts dans chaque main », ou pire encore, « certains bébés naîtraient avec deux têtes ». Face à ces propos, consternants, j’ai décidé de mener l’enquête, quelques années plus tard. Falluja est aussi la ville de mes parents.

Al-Kanz : Falluja est la ville des cancers. La situation est bien pire qu’à Hiroshima selon un expert britannique que vous avez rencontré. Comment l’expliquer ?
Feurat Alani : En 2004, Falluja a connu quelques batailles foudroyantes, notamment en novembre 2004, lorsque 15 000 soldats américains appuyés par l’aviation ont affronté 2 000 combattants irakiens, accompagnés de quelques dizaines de combattants étrangers. Résultats : la ville a été détruite à 80 %, bombardements et tirs de chars aidant. On soupçonne ces armes de contenir des matériaux très toxiques comme l’uranium et le phosphore blanc. Le premier, l’uranium, est un minerai exploité dans les centrales nucléaires. Il permet aux missiles de percer les blindages et les murs épais. Le second, le phosphore blanc, est officiellement utilisé pour éclairer les zones de combats et pour masquer la visibilité des troupes adverses. Or il a été utilisé directement contre des personnes. Le phosphore blanc est une arme barbare qui cause des brûlures très graves. L’air, le sol, l’eau de la ville de Falluja ont donc été contaminés sans que la communauté internationale s’en inquiète. Les habitants vivent depuis 2004 dans une ville toxique.

Al-Kanz : Pour vous le constat est clair. Les Etats-Unis ont utilisés des armes prohibées à Falluja. Vengeance, expérimentation, punition ? Tout cela en même temps ?
Feurat Alani : Malheureusement, ce n’est pas aussi simple. Le phosphore blanc est autorisé par les conventions internationales lorsque son utilisation est défensive et hors de portée des zones civiles. Pourtant, il y avait des milliers d’habitants dans la ville pendant les combats et des rapports militaires évoquent son utilisation directe contre les combattants. Quant à l’uranium, il n’est pas clairement banni, ni mentionné dans la convention de Genève par exemple. Des avocats internationaux affirment que son usage relève du crime de guerre, mais il est difficile de monter un dossier tant le sujet est obscur.

Al-Kanz : Qu’avez-vous vu que vous aimeriez que plus personne n’ignore aujourd’hui ?
Feurat Alani : Qu’à Falluja des bébés déformés naissent presque tous les jours. Que la guerre en Irak n’était évidemment pas une guerre propre. Les « frappes chirurgicales » vantées par l’administration Bush et de manière générale par les belligérants dans les guerres modernes causent beaucoup de dommages collatéraux irréversibles. Il faut savoir qu’une partie des déchets radioactifs dans les usines nucléaires, dont le stockage coûte très cher, est recyclée dans les missiles, obus et autres munitions sans que personne dans les plus hautes sphères ne le condamne. Que la « démocratie » en Irak a un autre visage.

Al-Kanz : On apprend que l’on recommande aux habitants de Falluja qui tente de se reconstruire de cesser d’avoir des enfants. C’est terrible.
Feurat Alani : Oui, c’est une phrase choquante et qu’une femme qui souhaiterait avoir des enfants n’aimerait jamais entendre. C’est terrible et injuste dans un pays où la fondation d’une famille est le dernier rempart contre la guerre vécue au quotidien.

Al-Kanz : Quel avenir pour Falluja ?
Feurat Alani : Falluja a besoin d’une enquête internationale, peut être encadrée par l’OMS, pour permettre aux médecins d’être informés et formés. Les hôpitaux manquent de personnels qualifiés et de matériels pour gérer ce phénomène. Il faut aussi que la population soit informée et éduquée. Les habitants de Falluja doivent-ils quitter la ville ? Peut-on la nettoyer ? Si ces simples questions ne sont pas prises en compte, l’avenir de Falluja risque d’être sombre. Des générations d’enfants seront sacrifiées

Feurat Alani 

http://www.al-kanz.org/2011/10/30/falluja/


Ramzy Baroud : La guerre d’Irak est finie, mais …le parti de la guerre persiste…

Dans une déclaration faite à la Maison-Blanche le 21 octobre, le président US Barak Obama a promis que son pays retirerait enfin son armée d’Irak.

« Après quelque neuf années, la guerre menée par les USA en Irak sera terminée » dit-il.

Plaçant l’annonce faite par Obama dans son contexte, CBSNews.com disait dans un article publié le même jour : « la guerre d’Irak a entraîné la mort de plus de 4400 soldats étasuniens et a coûté plus de 700 milliards de dollars. »

Les médias US abordent maintenant uniquement les pertes subies par les USA, eux qui ont semé la guerre et la destruction dans un pays qui avait un besoin urgent de paix et d’aide humanitaire. Pendant les dix années qui ont précédé la guerre, l’Irak pliait sous le poids des sanctions imposées par les Nations unies sous l’impulsion des USA, sanctions qui ont laissé l’infrastructure du pays au bord de l’effondrement.

Dans son introduction à l’important livre de Ramsey Clark, The Impact of Sanctions on Iraq : The Children Are Dying (Impact des sanctions sur l’Irak : les enfants meurent), Sara Flounders écrivait "les sanctions sont une arme de destruction massive".

Depuis le début des sanctions frappant l’Irak, un demi-million d’enfants de moins de cinq ans sont morts de malnutrition et de maladies évitables. Les sanctions provoquent une famine artificielle. Un tiers des enfants irakiens survivants aujourd’hui souffrent de retards de croissance et de carences nutritionnelles qui déformeront leur courte vie ».

En 1999, j’ai été le témoin direct de l’impact des sanctions sur les enfants irakiens. Je suis rentré de ce pays avec des montagnes de photos et des souvenirs qui me hantent jusqu’ici. Curieusement, ce ne sont pas les sanctions en tant que « armes de destruction massive » qui ont inspiré la fin du siège, mais les prétendues armes de destruction massive (ADM) irakiennes qui ont attiré un autre désastre pour un pays déjà dévasté.

Il faudra peut-être des années pour véritablement comprendre l’ampleur de ce que l’on a appris depuis sur l’Irak. La mort et la destruction ont plané sur le pays tuant et blessant des centaines de milliers de personnes ; elles en ont envoyé des millions en exil tandis que des millions supplémentaires ont été classés par les organismes des Nations unies comme des personnes intérieurement déplacées (IDP). Ce fut un spectacle épouvantable que l’on ne peut pas décrire avec le langage de la raison, mais qui a été le quotidien de millions de personnes ordinaires, abominablement punies pour un crime qu’elles n’avaient jamais commis.

Les derniers soldats US quitteront le pays le 1er janvier « la tête haute, fiers de leur succès », selon Obama. C’est ce même président qui dans un discours au Caire déclarait le 4 juin 2009 que « à l’encontre de l’Afghanistan, la guerre en Irak a été le fruit d’un choix ». Y a-t-il de quoi être fier d’une guerre dévastatrice choisie, M. le président ?

S’adressant à la chambre des représentants US le 18 janvier 2007, celui qui est maintenant candidat républicain à la présidence, Ron Paul, a très bien dit que le soutien aux soldats a pour but de "nous faire oublier l’échec de nos politiques, politiques promues par des intérêts spéciaux puissants qui profitent de la guerre. Tout est fait pour détourner le débat des véritables raisons de la guerre en Irak et cela n’est pas sur le point de se terminer".

Mais la guerre se termine parce qu’elle ne pouvait pas être gagnée du point de vue militaire, qu’elle était financièrement inabordable et politiquement indéfendable. « Le soutien aux troupes » continuera toutefois à servir de dérobade à ceux qui refusent toujours de discuter de la guerre en Irak d’un point de vue moral et légal. Pour eux, il est essentiel que le camouflage se poursuive, afin de ne pas priver les USA de l’occasion de pousser à d’autres guerres par choix chaque fois que cela leur conviendra.

Dans une conférence de presse tenue peu après qu’Obama eut annoncé la fin de la guerre, Antony Blinken, conseiller à la sécurité nationale auprès du vice-président Joe Biden, a répondu à quelqu’un qui demandait si la guerre en valait la peine : « ce sera à l’histoire d’en juger ».

Pourtant, les Irakiens n’ont pas besoin d’attendre les livres d’histoire étasuniens pour connaître l’ampleur de leur tragédie. L’enquête du Lancet avait déjà conclu que de mars 2003 à juin 2006, 601.027 Irakiens avaient connu une mort violente. Une étude du bureau de sondage Opinion Research Business révèle que de mars 2003 à août 2007, 1.033.000 irakiens sont morts des suites du conflit. Lors d’une seule de ses révélations, WikiLeaks a dit que « les quelque 400.000 dossiers secrets US diffusés sur l’Irak ont montré qu’il y avait 15.000 décès de civils irakiens de plus qu’on ne l’avait pensé » (Reuters, 24 octobre 2010).

Tout aussi important est le fait que la violence de ceux qui insistent pour partir en guerre afin de favoriser les intérêts US - plutôt que d’avoir recours à la diplomatie - est toujours profondément enracinée chez les élites étasuniennes. Depuis Washington, Jim Lobe écrivait « les principaux néoconservateurs et les autres faucons de droite qui ont prôné l’invasion US de l’Irak en 2003 réclament des frappes militaires contre l’Iran en représailles pour le prétendu contrat d’assassinat sur la personne de l’ambassadeur saoudien aux USA » (Asia Times, 19 octobre).

Dans son blogue sur le site de Foreign Policy, Dalia Dassa Kaye écrivait le 21 octobre :« la rhétorique martiale de faucons invétérés était prévisible. Même le président Obama a laissé entendre que les USA n’écarteraient "aucune des options possibles", expression qui suppose que les options militaires sont envisageables. »

 

Le battage en faveur d’un nouveau conflit s’est intensifié lors de la première visite que le secrétaire de la défense US, Léon Panetta, a faite en Irak le 1er juillet. Il a dit que son pays « agira unilatéralement » pour confronter ce qu’il a appelé les menaces iraniennes contre les intérêts US en Irak. Les USA étaient « très inquiets au sujet de l’Iran et des armes que celui-ci fournit aux extrémistes ici en Irak » a-t-il dit selon Al-Jazeera (11 juillet).

Il ne sera pas facile de concilier les observations de Panetta avec l’annonce de la fin de la guerre faite par Obama dans laquelle il a dit que « les Irakiens ont pris l’entière responsabilité de la sécurité de leur pays » et que « la relation entre les USA et l’Irak sera celle de pays souverains, formant une association sur un pied d’égalité, fondée sur l’intérêt mutuel et le respect mutuel ».

Rien n’indique que les néoconservateurs changeront d’opinion. Leur appétit pour un conflit est partagé par les élites influentes de Washington qui continuent à diffuser effrontément que la guerre US a été bénéfique pour la société irakienne, malgré toutes les preuves contraires.

USF-Iraq.com, site Web officiel des forces US en Irak, porte la déclaration ci-après sous le signet The New Face of Iraq (le nouveau visage de l’Irak) : « la nation irakienne a subi des changements politiques économiques et sociaux radicaux depuis la chute du régime de Saddam Hussein. Des officiels élus sont maintenant au pouvoir et encadrent le développement constant de la sécurité, de l’infrastructure, de l’éducation et des finances. »

Forts de cet apparent « succès », les néoconservateurs peuvent toujours plaider en faveur d’une autre intervention militaire ou d’une invasion à grande échelle chaque fois que l’occasion se présentera et que l’opération sera envisageable.

« La marée de la guerre descend » dit Obama. Nous avons de gros doutes.

Ramzy Baroud (http://www.ramzybaroud.net) est un journaliste international et le directeur du site PalestineChronicle.com. Son dernier livre, Mon père était un combattant de la liberté : L’histoire vraie de Gaza (Pluto Press, London), peut être acheté sur Amazon.com. 

25 octobre 2011 - Cet article peut être consulté dans l’original anglais ici : http://palestinechronicle.com/view_...

 Ramzy Baroud

2 novembre

Traduction : Anne-Marie Goossens


Afghana : Germe d’une nouvelle guerre avec le Koweït.

Les forces de répression du régime Maliki sont parvenues, cette fois, à circonscrire en partie l’expression publique du mécontentement populaire à Bagdad. Mais, le feu couve toujours sous la braise.

D’autres revendications s’ajoutent à l’éradication de la corruption, à la remise en état des services publics et au départ des troupes d’occupation.

A Faloujah, Ramadi, Hilla, Bassora, quelques milliers de manifestants demandaient à l’ONU de stopper les ingérences iraniennes et turques au Kurdistan et d’interdire la construction d’un terminal pétrolier sur l’île koweitienne de Boudiyane. Ce projet démentiel porte en lui les germes d’une nouvelle guerre, sa finalisation aurait pour effet d’obstruer l’accès de l’Irak au Golfe arabe, et permettrait aux Koweïtiens de prélever un droit de passage sur les navires livrant des marchandises au port irakien de Fao. A Bagdad, place Tahrir, le cheikh Farouk Mohammadawi, président du Rassemblement des tribus du Sud et du Moyen-Euphrate, a résumé le sentiment profond de la population en déclarant être venu « pour renverser le gouvernement et réformer le système politique ».

afghana : «Elle [la stratégie américaine] a produit le phénomène inverse : selon plusieurs rapports de l’administration américaine, la menace terroriste a été multipliée par six depuis l’intervention anglo-américaine en Irak. Mais pour nombre d’analystes américain, cette contre-performance est loin d’être une défaite et s’inscrit – au contraire – parfaitement dans la mise en œuvre de l’instabilité constructive.»

Article paru dans Afrique Asie sous le titre : Bagdad redouble de colère le vendredi

Texte publié dans la brochure de l'IRIS "Dix ans de guerre de l'information en Afghanistan"

 http://www.afghana.org/1015/index.php?option=com_docman&task=doc_download&gid=31

(ou http://csotan.org/pdf/574.pdf)


Lorientlejour : Avertissement implicite de Clinton à l'Iran: Pas d'intervention en Irak.

La secrétaire d'Etat américaine, Hillary Clinton, a implicitement averti l'Iran samedi de ne pas chercher à intervenir dans les affaires irakiennes, au lendemain de la confirmation par le président Barack Obama du retrait militaire américain d'Irak à la fin de l'année.
"Au moment où nous ouvrons ce nouveau chapitre des relations avec un Irak souverain, nous disons aux Irakiens: l'Amérique est à vos côtés au moment où vous faites un nouveau pas sur le chemin pour assurer votre démocratie", a déclaré à Douchanbé la chef de la diplomatie américaine, en visite au Tadjikistan.
"Et aux pays de la région, particulièrement aux voisins de l'Irak, nous tenons à souligner que l'Amérique se tiendra aux côtés de ses alliés et amis, Irak compris, pour défendre notre sécurité et nos intérêts communs".
"Nous maintiendrons une présence robuste dans la région, ce qui est la preuve de notre engagement qui se poursuit pour l'Irak et l'avenir de cette région, qui recèle tant d'espoirs et doit être préservée d'influences extérieures pour poursuivre sa voie vers la démocratie," a-t-elle conclu.
Le président Obama a confirmé vendredi le retrait des quelque 39.O00 soldats américains encore stationnés en Irak d'ici à la fin de l'année, une décision critiquée par la droite américaine qui estime qu'elle va accroître l'influence iranienne dans ce pays.
Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a estimé que cette confirmation était "une bonne chose", dans une interview à la chaîne américaine CNN, mais qu'elle aurait du intervenir "depuis longtemps".
Téhéran a pris une position très mesurée lors de l'intervention américaine de 2003 qui l'a débarrassé du régime de Saddam Hussein, son principal ennemi, et a amené au pouvoir la majorité chiite du pays, mais a ensuite très vite réclamé le départ des troupes américaines accusées de constituer une facteur de tension dans la région.

22/10/2011

http://www.lorientlejour.com/category/Derni%C3%A8res+Infos/article/728343/Avertissement_implicite_de_Clinton_a_lIran%3A_Pas_dintervention_en_Irak.html



2 Dommages Collatéraux... le Pentagone prolonge.

Alex Lantier : Un câble publié par WikiLeaks confirme les rapports sur le massacre américain de civils irakiens

Un câble non classifié du Département d'Etat américain et récemment publié par le site Internet WikiLeaks confirme les rapports d'un massacre en 2006 de civils, dont des femmes et de jeunes enfants dans le district d'Ishaqi en Irak.

Le massacre avait d'abord été rapporté dans les médias occidentaux en 2006 par Matthew Schofield du journal Knight Ridder (racheté par la suite par McClatchy News). Knight Ridder avait cité des rapports de médecins et d'enquêteurs irakiens faits au Joint Coordination Center basé à Tikrit - un bureau de la sécurité irakienne mis en place avec l'aide de l'armée américaine et dont le personnel est composé d'officiers de police irakiens formés par les Etats-Unis.

Le colonel Fadhil Muhammed Khalaf, chef adjoint au Centre de Coordination jointe, a écrit : « A [14 heures 30] le 15/3/2006, selon une communication par télégramme de la direction de la police d'Ishaqi, des forces américaines ont utilisé des hélicoptères pour faire descendre des troupes sur la maison de Faiz Harat Khalaf située dans le village Abu Sifa dans le district d'Ishaqi. Les forces américaines ont rassemblé les membres de la famille dans une pièce et ont exécuté 11 personnes, dont cinq enfants, 4 femmes et 2 hommes, puis elles ont bombardé la maison, brûlé trois véhicules et tué leurs animaux. »

A l'époque, l'armée avait nié les rapports de McClatchy et de la police formée par les Etats-Unis, affirmant que cinq Irakiens avaient été tués lors d'un raid réussi contre des forces insurrectionnelles sunnites. Un porte-parole du Pentagone, le major américain Tim Keefe, a dit : « Nous sommes préoccupés d'entendre des accusations de la sorte, mais c'est tout à fait invraisemblable qu'elles soient vraies. [les forces américaines] prennent toutes les précautions pour tenir les civils en dehors des zones à risque. »

De telles affirmations manquaient totalement de crédibilité étant donné que des rapports et des images en provenance d'Ishaqi montraient le meurtre ressemblant à une exécution d'une vieille femme et d'un bébé de moins d'un an. Les responsables américains ont reconnu plus tard que plus de cinq Irakiens avaient été tués à Ishaqi.

Le câble de l'ambassade américaine de Genève publié dernièrement par WikiLeaks relate les conclusions de mars 2006 d'une enquête de Philip Alston, rapporteur spécial sur les exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires. Les conclusions d'Alston concordent avec celles de la police irakienne et de Knight Ridder.

Après avoir essuyé des coups de feu aux alentours de la maison, selon Alston, des « troupes [américaines] sont entrées dans la maison, ont menotté tous les occupants et les ont tous exécutés. Après l'intervention initiale de la Force multinationale (MNF) [c'est-à-dire la coalition américaine], un raid aérien a suivi qui a détruit la maison. Des reportages faits sur place par des stations de télévision irakiennes ont montré les corps des victimes (c'est-à-dire, cinq enfants et quatre femmes) à la morgue de Tikrit. Les autopsies pratiquées à l'hôpital de la morgue de Tikrit ont révélé que tous les corps portaient des traces de balles dans la tête et étaient menottés. »

Le câble souligne qu'« au moins 10 personnes, à savoir M. Faiz Hratt Khalaf (28 ans), sa femme Sumay'ya Abdul Kazzaq Khuther (24 ans), leurs trois enfants Hawra'a (5 ans), Aisha (3 ans) et Husam (5 mois), la mère de Faiz, Mme Turkiya Majeed Ali (74 ans), la soeur de Faiz (nom inconnu), les nièces de Faiz, Asma'a Yousif Ma'arouf (5 ans) et Usama Yousif Ma'arouf (3 ans), ainsi qu'une parente en visite, Mme Iqtisad Hameed Mehdi (23 ans), ont été tués durant le raid. »

Contacté par la semaine passée par McClatchy, Alston - qui est à présent professeur à l'université de New York - a dit que les responsables américains avaient ignoré son rapport sur le massacre d'Ishaqi : « La tragédie est que ce système sophistiqué de communication est en place mais le Conseil des droits de l'homme des Nations unies ne fait rien pour suivre l'affaire lorsque les Etats ignorent les questions portées à leur attention. »

Cette réaction n'est pas non plus inhabituelle. Selon Alston, une absence de réponse des responsables américains « a été le cas en ce qui concerne la plupart des lettres adressées aux Etats-Unis durant la période 2006-2007. »

Cette période, qui a été celle de la « montée en puissance » américaine (« surge ») des troupes en Irak et de la tolérance des meurtres par des escadrons de la mort sectaires, a été l'une des plus brutales de ces neuf années d'occupation américaine de l'Irak. Les responsables américains avaient tout particulièrement à coeur de mettre un terme aux enquêtes sur les exécutions américaines de masse de civils irakiens en raison de l'indignation massive en Irak après le meurtre de 24 civils à Haditha en novembre 2005.

L'armée américaine a refusé de mener toute nouvelle enquête sur le massacre d'Ishaqi et le premier ministre irakien, Nouri Al-Maliki, a déclaré qu'il n'était pas en mesure d'enquêter pleinement sur les meurtres s'il n'avait pas d'informations supplémentaires du gouvernement américain.

Le porte-parole du Pentagone, le lieutenant-colonel James Gregory, a dit au Guardian : « L'incident avait fait l'objet d'une enquête correctement menée à l'époque et aucune information nouvelle n'est apparue. »

La seule conclusion que l'on puisse tirer de la déclaration de Gregory est que le Pentagone n'attache aucune importance au meurtre de civils irakiens et qu'il a l'intention de continuer à publier de faux dénis sur la responsabilité américaine du massacre.

Si l'enquête américaine initiale de 2006 avait en effet eu accès à l'information contenue dans le rapport d'Alston, alors l'enquête était de toute évidence un camouflage. Elle n'a pas publié les conclusions d'Alston mais a conclu que les troupes américaines avaient eu recours à «la force appropriée ». En qualifiant ceci d'enquête « correcte », le Pentagone manifeste son souhait de continuer à dissimuler l'événement afin d'éviter de susciter une plus grande opposition populaire à la guerre, à la fois aux Etats-Unis et en Irak même.

Les nouveaux rapports sur le massacre d'Ishaqi ont déjà provoqué une controverse au sein du régime irakien qui est en train de négocier un accord avec l'impérialisme américain afin de maintenir des bases militaires permanentes en Irak après la date butoir purement nominale du 31 décembre pour le départ des troupes américaines du pays. Le Pentagone exige que les troupes américaines bénéficient d'une immunité légale pour leur comportement en Irak après le 31 décembre.

Une telle immunité permettrait aux troupes américaines de tuer des civils irakiens sans avoir de comptes à rendre à quiconque. Ces exigences attisent la colère populaire et l'opposition en Irak.

Amman Yousif, président du conseil de la province de Salahuddin (où est situé Ishaqi), a dit que les responsables locaux « rejettent l'extension ou l'existence de troupes américaines à Salahuddin. [les troupes américaines] n'ont jamais présenté leurs excuses. Nous voulons qu'elles s'excusent, qu'elles dédommagent les familles des victimes et qu'elles se retirent d'Irak. »

(Article original paru le 6 septembre 2011)

Alex Lantier
14 septembre 2011

http://www.wsws.org/francais/News/2011/sep2011/wili-s14.shtml 



Politique

a) des collaborateurs Irakiens

Maliki

Maliki à Washington le 12 décembre…

Le Premier ministre Nouri al-Maliki sera reçu à Washington le 12 décembre, au moment où les derniers soldats américains présents dans ce pays s'apprêteront à regagner les États-Unis, a annoncé aujourd'hui la Maison Blanche. "Les deux dirigeants discuteront de l'approfondissement du partenariat stratégique entre les États-Unis et l'Irak", a indiqué la présidence américaine dans un communiqué.
Le principe de cette visite avait déjà été révélé par le président
Barack Obama lui-même le 21 octobre lorsqu'il avait annoncé le retrait des derniers soldats américains encore stationnés en Irak d'ici à la fin de l'année. Mais la date de la visite n'était pas connue. "Le président salue le sacrifice et la réussite du peuple irakien et de tous ceux qui ont servi en Irak afin de parvenir à ce moment riche de promesses pour une amitié durable entre les Etats-Unis et l'Irak", a indiqué la Maison Blanche.
La "grande majorité" des quelque 34.000 militaires américains encore présents en Irak aura quitté le pays d'ici à la mi-décembre, après près de neuf années d'intervention, a affirmé jeudi le commandant adjoint des troupes américaines en Irak, le général Thomas Spoehr.
Alors que les deux pays envisageaient le maintien d'un petit contingent américain afin de former l'armée irakienne, M. Obama s'est résolu à retirer tous ses soldats après l'échec de discussions avec M. Maliki sur le statut juridique des troupes américaines après 2011. Washington exigeait une immunité totale pour ses militaires, les mettant à l'abri de toute poursuite judiciaire en Irak, ce que Bagdad refusait. Critiqué par son opposition républicaine, Barack Obama s'est défendu d'abandonner l'Irak. La secrétaire d'Etat Hillary Clinton a prévenu l'Iran que le retrait militaire américain ne signifiait en aucun cas le désengagement des États-Unis de la région.

Publié le 04/11/2011

AFP


RIA Novosti : Pétrole: l'Irak pourrait sanctionner l'Américain ExxonMobil

L'Irak pourrait sanctionner le géant pétrolier américain ExxonMobil, qui a récemment conclu plusieurs accords avec le Kurdistan irakien, rapportent les médias internationaux citant le vice-premier ministre irakien Hussein al-Chahristani.

"Les autorités irakiennes évoquent des sanctions", a indiqué le responsable.

En effet, ExxonMobil avait auparavant conclu plusieurs contrats d'exploration pétrolière avec la région autonome irakienne du Kurdistan, qui a plusieurs divergences avec l'Irak, notamment dans le domaine de la production de pétrole. Bagdad a riposté en déclarant que la société américaine pourrait perdre son droit d'exploitation du champ pétrolier irakien de Qurna-Ouest.

L'accord sur l'exploitation de Qurna-Ouest a été signé début 2010 par ExxonMobil, la société anglo-hollandaise Royal Dutch Shell et l'Irakien Oil Exploration Company of Iraq. Les réserves pétrolières de ce champ sont estimées à 8,7 milliards de barils.

L'Irak a déjà refusé de reconnaître des dizaines de contrats signés par le Kurdistan avec des entreprises énergétiques internationales, affirmant que les questions d'exportation de pétrole et de gaz devaient être réglées uniquement par les autorités centrales.

22 novembre –

RIA Novosti


c) Sur le terrain

La formation des policiers critiquée.

Le programme américain de formation de la police irakienne présente de nombreuses lacunes et ne bénéficie pas du soutien du gouvernement irakien, déplore un rapport du bureau de l'inspecteur général spécial pour la reconstruction de l'Irak (SIGIR) publié aujourd'hui.
Le Département d'Etat américain, en charge depuis octobre 2011 de la formation de la police irakienne au moment où l'armée américaine achève son retrait d'Irak, n'a pas établi d'évaluations détaillées ni d'objectifs quantifiables, et leur absence risque de transformer ce programme en "puits sans fond pour les dollars américains", a critiqué cet observatoire américain dans ce rapport d'une cinquantaine de pages. Selon une estimation de 2010 du ministère américain de la Défense citée dans le rapport, la police irakienne comptait 412.000 membres. Les Etats-Unis estiment avoir dépensé "depuis 2003 environ 8 milliards de dollars à former, recruter et équiper les forces de police irakiennes afin de maintenir l'ordre public et priver les terroristes de refuge en Irak". Le SIGIR déplore aussi que parmi les fonds attribués au programme, seule une petite partie (12%) soit apparemment réellement dédiée au programme de formation de la police, le reste servant à couvrir l'entretien et le transport des formateurs en Irak.
Il critique également l'absence d'"engagement écrit du gouvernement irakien" à soutenir le programme. Les documents devant détailler les coûts et la participation irakienne n'ont pas encore été rédigés, signale-t-il. Or, "le SIGIR a souligné qu'une collaboration étroite avec le gouvernement irakien est indispensable pour le succès à long terme du programme et pour éviter le gaspillage de fonds américains", relève le rapport. Les auteurs appellent les responsables américains à signer "un accord écrit avec le gouvernement irakien sur le rôle et les devoirs de l'Irak" dans ce programme, y compris d'un point de vue budgétaire. Si un tel document ne peut être obtenu, ils recommandent de déterminer dans quelle mesure le programme de formation de la police doit "être modifié".
Ce rapport est publié alors que Washington vient de confirmer qu'il procédera
au retrait complet des quelque 39.000 militaires américains encore déployés sur le sol irakien. Cette annonce suscite des craintes de regain d'instabilité dans le pays, où les actes de violence, visant notamment la police, demeurent quotidiens.

24/10/

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2011/10/24/97001-20111024FILWWW00458-irakla-formation-des-policiers-critiquee.php



b) Des occupants 

Usa

Irib :Leon Panetta: les GI's doivent se voir garantir une totale immunité, en Irak.

 Leon Panetta, le secrétaire américain à la Défense, a exigé que les troupes américaines se voient garantir une totale immunité. Les militaires employés par des officines privées, en Irak, ont perdu cette immunité, en 2007, après le massacre de 17 Irakiens par les gardes de sécurité de la compagnie américaine "Blackwater". Panetta tient ces propos, alors que certains politiciens irakiens se sont accordés sur la prolongation de la mission de certains militaires américains, en Irak, chargés de former l'armée et les forces de sécurité irakiennes.

10/10/2011

Irib



Politique intérieure & extérieure

Manlio Dinucci : War Tour : départs et arrivées.

Après ce qui apparaît comme une défaite en Irak, Washington a dû renoncer aux bases militaires qu’il y avait construites à grand frais, et doit se repositionner au Proche-Orient.

De toute urgence, il doit mobiliser ses alliés et les armer pour empêcher la formation d’un bloc régionalIran/Irak/Syrie/Liban capable de lui résister.

Tandis qu’une campagne médiatique anti-iranienne et anti-syrienne accapare l’attention de l’opinion publique internationale, Washington déplace ses troupes et prépare de nouvelles guerres.

Réseau Voltaire | Rome (Italie) | 9 novembre 2011

 

Au Pentagone, on l’appelle « repositioning », repositionnement de forces militaires. C’est le grand Tour de la guerre, dont les localités préférées sont en Asie et en Afrique. En partance d’Irak : les troupes US. Immanuel Wallerstein qualifie ce départ de « défaite comparable à celle subie au Vietnam », parce que les « dirigeants politiques irakiens ont contraint les États-Unis à retirer leurs troupes » et « le retrait a été une victoire pour le nationalisme irakien ». Selon lui, après deux guerres, l’embargo et huit années d’occupation qui ont provoqué des millions de morts et d’énormes destructions, l’Irak sort plus fort et indépendant, puisqu’il arrive à imposer sa volonté à la plus grande puissance mondiale.

Pendant l’occupation, la CIA et le Département d’État ont travaillé en profondeur pour « une solution politique en Irak fondée sur le fédéralisme », selon l’amendement qu’a fait passer au Sénat, en 2007, l’actuel vice-président Joe Biden. Il prévoit « la décentralisation de l’Irak en trois régions semi-autonomes : kurde, sunnite et chiite », avec un « gouvernement central limité à Bagdad ». La « décentralisation », qui est en réalité ici la désagrégation de l’État unitaire, est déjà en acte dans le secteur énergétique, avec des pouvoirs locaux qui passent des accords directs avec les multinationales, parmi lesquelles dominent les étasuniennes. Et les troupes US qui quittent l’Irak ne rentrent pas à la maison, mais sont en grande partie « repositionnées » dans d’autres pays du Golfe, où les États-Unis ont déjà un contingent de 40 000 hommes, dont 23 000 au Koweït, soutenu par de puissances forces navales et aériennes. De plus, dans les Émirats arabes unis est en train de naître une armée secrète à disposition du Pentagone et de la CIA. « Cette robuste présence militaire dans toute la région prouve que notre engagement envers l’Irak continue », assure Hillary Clinton.

Le plan prévoit de potentialiser militairement les monarchies de la région, en créant une sorte d’ « OTAN du Golfe ». Et de s’en servir aussi en Afrique, comme il est déjà advenu avec la participation du Qatar et des Émirats dans la guerre de Libye, tandis que des troupes irakiennes participeront en 2012 en Jordanie à la manœuvre régionale anti-guérilla Eager Lion.

C’est la nouvelle façon de faire la guerre —soutient-on à Washington— testée par l’opération en Libye, qui a montré comment, sans envoyer de troupes ni subir de pertes, « les dirigeants de certaines puissances de moyenne grandeur peuvent être renversés à distance », en utilisant des armes aériennes et navales et en faisant assumer le poids le plus important aux alliés.

Parmi ceux-ci les nouveaux dirigeants libyens qui, selon des sources fiables, ont proposé à l’OTAN de créer en Libye une grande base militaire permanente. Le plan, décidé en réalité à Washington, prévoit la présence de 15 à 20 000 militaires, dont 12 000 européens, avec de considérables forces aériennes et navales. Essentielles pour la « sécurité intérieure » et à disposition pour d’autres guerres contre l’Iran et la Syrie.

Uri Avnery s’en trouvera content, lui qui a « béni » la guerre de l’OTAN en Libye , en soutenant cependant que « la Libye s’est libérée seule ». Et Farid Adly, persuadé que « le drapeau du roi Idris, celui de l’indépendance, n’est pas un symptôme de retour au passé », sera satisfait de le voir flotter sur une nouvelle grande base étrangère, qui remplacera celle de Wheelus Field concédée aux USA par le « souverain éclairé » Idris, mais fermée par le «  tyrannique » Kadhafi.

Manlio Dinucci

Traduction Marie-Ange Patrizio

Source : Il Manifesto (Italie)

 

Irak, Afghanistan: 30 Mds$ gaspillés.

Une gestion hasardeuse des contrats passés par le Pentagone dans le cadre des conflits en Irak et en Afghanistan, avec les sociétés de sécurité privées par exemple, a entraîné un gaspillage de 30 milliards de dollars, affirme une commission d'enquête du Congrès américain. En outre, ces erreurs de gestion ont miné l'image des États-Unis à l'étranger et encouragé la corruption dans ces deux pays, indique la commission sur les contrats en temps de guerre, où figurent des républicains comme des démocrates, qui remettra un rapport sur la question mercredi au Congrès.
"Des dizaines de milliards de dollars du contribuable ont été gaspillés en raison d'un manque de planification, de demandes imprécises et fluctuantes, de mises en concurrence inadaptées, de critères insuffisants de contrôle et de surveillance", indiquent les deux coprésidents de la commission, Christopher Shays et Michael Thibault, dans une tribune publiée dimanche dans le Washington Post. Les deux hommes évoquent également des problèmes de coordination entre les nombreuses agences gouvernementales américaines mais aussi les comportements fautifs ou négligents d'employés fédéraux comme des contractants. "Le gouvernement et les contractants doivent faire mieux", disent-ils.
L'armée américaine s'est énormément appuyée sur les contractants tiers, en particulier les sociétés de sécurité privées, au cours de la dernière décennie. "Les Etats-Unis dépendent trop des contractants", estiment MM. Shays et Thibault, prévenant que 30 autres milliards de dollars, voire plus, pourraient être gaspillés si les gouvernements afghan et irakien "ne sont pas capables ou ne veulent pas soutenir les projets financés par des fonds américains après la fin de nos interventions".

29/08

AFP

 

Perte de milliards de dollars des contribuables américains, en Irak.

40 milliards de dollars, transférés, par l’armée américaine, en Irak, ont été perdues. Selon un rapport, mercredi, de PressTV, cette grosse somme a été perdue, avant même d’être transférée à la Banque centrale irakienne. Selon ce rapport, cet argent était transporté, par avion, secrètement, depuis New York, pour la reconstruction de l’Irak. Après des années d’enquête, les responsables américains et irakiens ne sont pas arrivés à un résultat concret. Ce, alors que le Congrès américain n’était pas informé de ce transfèrement.

27/10/2011

Irib



Prisons, exactions & torture

lejdd.fr : Les États-Unis à la torture.

Un des prisonniers d'Abou Ghraïb, Saddam Saleh, montre les images de son calvaire. (Reuters)

Un agent des forces spéciales qui a été, à des fins d’entraînement, soumis au supplice de la baignoire en témoigne.

La sensation est atroce, celle d’une noyade, assurément un vrai acte de torture.

"Pas du tout, modère un responsable de la CIA, elle a été approuvée par le Président et par la communauté juridique américaine."

Après le 11- Septembre, les États-Unis se sont lancés dans deux guerres, en Afghanistan et en Irak, misant avant tout sur le renseignement. Elles ont conduit tout droit au camp de Guantánamo et à la prison d’Abou Ghraib. La démocratie américaine, au mépris de sa Constitution, des règles de droit international, des conventions de Genève – fondements du droit humanitaire –, a systématisé l’usage de la torture.

Dans son remarquable documentaire Torture made in USA, Marie-Monique Robin retrace la genèse de cette dramatique démission de la civilisation et dévoile les manipulations de Bush et de son équipe pour faire passer l’inacceptable. Parce que la journaliste avait déjà commis en 2004 un travail remarqué sur les Escadrons de la mort, l’école française* – où elle avait exposé comment des militaires français, forts de leur "expérience" algérienne, étaient devenus les spécialistes de méthodes enseignées aux dictateurs Sud-Américains –, elle a pu, sans être suspectée d’antiaméricanisme primaire, approcher des témoins essentiels. Ces interviews exclusives, mêlées à des archives filmées inédites d’auditions parlementaires conduites par des commissions du Congrès, montrent comment, à travers manœuvres et mensonges, s’est mise en place cette dérive.

 "Intensité d’une blessure physique sévère"

Le vice-président Dick Cheney l’avait annoncé dès le 16 septembre 2001: "Nous devons libérer de toute contrainte les services de renseignements pour qu’ils puissent conduire leur mission." Il va s’appuyer sur une armée de juristes pour tordre les lois, faisant requalifier la torture comme "intensité d’une blessure physique sévère", ce qui laisse bien des latitudes. Dans un mémo approuvé par Bush et retiré de la circulation après Abou Ghraib, sont même détaillées trois catégories de techniques inspirées d’un programme détourné de son objectif. Il visait à l’origine à entraîner l’élite des officiers américains à résister à la torture.

En connaisseurs, les militaires ne sont pas dupes: elle est inefficace et les trois armes se sont unanimement prononcées contre son usage. Elle fait avouer tout et n’importe quoi et peut se retourner contre les troupes américaines elles-mêmes. Son efficience ne vaut qu’à Hollywood, explique Larry Wilkerson, chef de cabinet du ministre de la Défense Colin Powell. Faisant allusion à des séries comme 24 Heures, où Jack Bauer se livre à chaque épisode à des actes de torture pour sauver le monde, il souligne "le grotesque de l’argument". Cela suppose qu’on "peut obtenir le bon renseignement au bon moment"…

Mais on ne se débarrasse pas facilement de la torture une fois installée dans les pratiques et les consciences. Obama, malgré ses promesses, n’a pas fermé Guantánamo et a assuré l’impunité à l’administration Bush. Au-delà du cas américain, Marie-Monique Robin espère attirer l’attention sur la portée universelle de son film. "À un problème politique, explique-t-elle, il faut une réponse politique. Une solution strictement militaire dans un cas comme celui-là ne peut que s’enliser inévitablement dans la torture.

Et le premier résultat, c’est de produire de nouveaux terroristes."

http://www.lejdd.fr/Medias/Television/Actualite/Torture-made-in-USA-documentaire-sur-Arte-332653/?from=cover



4 Les alliés (des Usa)

1 Dans le monde

Japon

Le Japon promet 750 millions USD pour le développement en Irak.

Le Premier ministre japonais Yoshihiko Noda a déclaré mardi que son gouvernement aiderait au développement de l'Irak avec une contribution de 67 milliards de yens (750 millions de dollars) pour la modernisation de deux raffineries ainsi que pour d'autres projets d'infrastructure.

Lors de ses entretiens avec le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki, M. Noda s'est déclaré ravi que le Japon puisse participer au développement de l'Irak, ajoutant qu'il souhaitait une collaboration économique plus étroite entre les deux pays dans l'avenir.

« Nous sommes fiers d'avoir contribué au développement de l' Irak par des prêts en yens et une coopération technique », a déclaré le Premier ministre japonais. « J'espère porter le partenariat entre nos pays à un niveau supérieur », a-t-il ajouté.

Pour sa part, M. Al-Maliki a déclaré qu'il encourageait activement les entreprises japonaises à poursuivre leurs travaux en Irak, qui sont essentiels pour le développement des infrastructures de ce pays, et de saluer le renforcement des liens économiques entre les deux pays comme un moteur du Partenariat global Japon-Irak.

Les deux dirigeants ont décidé de convenir d'une stratégie d' investissement pour encourager davantage d'investissements dans des projets à grande échelle en Irak, et cette stratégie impliquera une intervention des agences de crédit à l'exportation japonaises contre une garantie en pétrole brut des réserves irakiennes, qui sont les troisièmes plus importantes au monde.

Le Premier ministre irakien a également promis que les troupes irakiennes seraient capables de maintenir la sécurité dans la région après le départ des troupes américaines de cette région où elles étaient déployées depuis huit ans.

« Les troupes irakiennes sont devenues extrêmement capables et expérimentées dans la lutte contre la menace terroriste. Je suis confiant dans leur capacité à assurer la sécurité » a déclaré mardi M. al-Maliki à la chaîne nationale Nippon Hoso Kyokai (NHK).

Les entreprises japonaises seront bien positionnées dans la concurrence avec les autres qui souhaitent aussi tirer parti du développement post-conflit de ce pays pétrolifère, un développement qui concerne aussi un certain nombre de projets de santé, de transports et de communications, a-t-il par ailleurs déclaré.

« Les entreprises japonaises ont déjà une histoire de succès commercial en Irak. Je suis sûr que cette expérience importante leur permettra de surpasser leurs rivales d'autres pays », a déclaré le dirigeant irakien à NHK.

Mitsubishi Corp. sera l'une des premières entreprises à miser sur cette alliance économique et participera à la construction de sites de production de gaz naturel liquéfié (GNL) en Irak, d'après le journal Nikkei.

Mitsubishi commencera à partir de 2020 l'exportation de GNL vers le Japon, en collaboration avec la compagnie publique irakienne South Gas Co. et avec Royal Dutch Shell Plc.

D'après Nikkei, cette collaboration prévoit aussi la mise en service de deux nouveaux sites gaziers en 2013, avec une capacité de production de 4 millions de tonnes de GNL exportable.

M. al-Maliki est au Japon jusqu'à mercredi pour une visite de quatre jours. Il a souligné que le pétrole irakien connaissait une forte demande depuis la crise nucléaire au Japon, mais démenti les affirmations selon lesquelles l'Irak lui-même envisagerait de construire une centrale nucléaire.

2011-11-23 14:40:36  xinhua

http://french.cri.cn/621/2011/11/23/501s262010.htm


France

La reconstruction de l’Irak attire les entreprises françaises.

Pour la troisième année consécutive, les entreprises françaises sont présentes en nombre à la Foire internationale de Bagdad.

Le marché de la reconstruction du pays est évalué à près de 435 milliards d’euros.

Quartier Mansour à Bagdad. Pour la troisième année consécutive, la France sera le pays européen le mieux représenté à la Foire internationale de Bagdad, inaugurée mardi 1er novembre en grande pompe par le premier ministre irakien Nouri Al Maliki. Pierre Lellouche, secrétaire d’État au commerce extérieur, a fait le déplacement pour inaugurer le pavillon France, accompagné d’une trentaine de représentants d’entreprises françaises.

Le programme de reconstruction de l’Irak, « futur grand émergent du monde arabe », se chiffre à 600 milliards de dollars (435 milliards d’euros), un enjeu considérable qui attise une compétition féroce dans la chasse aux contrats et aux parts de marché. Après une série d’entretiens avec les responsables irakiens et une visite à Erbil, dans le Kurdistan, le ministre français a inauguré un des investissements industriels français phares du moment : la nouvelle chaîne de montage de Renault Trucks à Iskandariyah, à 40 km au sud de la capitale. 

Plusieurs modèles de camions y seront assemblés pour le marché irakien, « le plus gros du Moyen-Orient cette année » souligne Bernard Amiel, représentant de l’entreprise à Amman (Jordanie), « et appelé à le rester pour les trois ou quatre prochaines années ».

Fort besoin en infrastructures

Parmi les exposants, sur place jusqu’au 10 novembre, des poids lourds de l’industrie comme Total, Alstom, Schneider Electric, Lafarge et Technip, mais aussi quelques PME, à l’instar de Matière, entreprise qui fabrique des ponts métalliques modulaires, et qui est basée à Arpajon-sur-Cère (Cantal). 

Après la réalisation, en 2010, du pont d’Al-Nahrawann, dans la banlieue de Bagdad, la société a décroché un contrat avec le gouvernorat de Nasiriyah, dans le sud du pays. De son côté, Alstom va construire une centrale électrique à Al-Mansuriya, au nord de Bagdad, dans la province de Diyala.

Huit ans après l’invasion américaine, les Irakiens disposent toujours de moins de dix heures d’électricité par jour, été comme hiver, et ceux qui peuvent se le permettre utilisent des générateurs. Pénurie de courant et de logement, insuffisance des infrastructures, minées par trois décennies de guerres et de sanctions : le chantier de la reconstruction du pays ne fait que commencer. 

Revenus du pétrole et du gaz

Plus que jamais, les autorités irakiennes comptent sur les revenus de l’or noir pour la financer. Début mars 2012, le ministère du pétrole mettra aux enchères douze sites d’exploration, sept pour le gaz et cinq pour le pétrole. La production pétrolière doit passer à 6,5 millions de barils par jour (mbj) d’ici à 2014, contre 2,3 aujourd’hui. Ces rentrées d’argent attendues permettent à l’État de financer les salaires de ses nombreux fonctionnaires et de signer de très gros contrats…

En dépit de l’insécurité persistante dans une partie du pays, de la lenteur et de l’opacité du processus de décision, sans oublier la corruption rampante, les entreprises étrangères sont engagées dans une bataille féroce pour la chasse aux contrats et aux parts de marché. 

Implanté à Souleymanieh dans le nord et à Kerbala dans le sud, le cimentier Lafarge doit ainsi compter avec des concurrents turcs, iraniens et saoudiens qui fournissent leurs clients à partir d’usines situées à proximité de la frontière. 

Concurrence acharnée 

« L’époque des marges à 30 % et du gré à gré, c’est fini. Tout se fait sur appel d’offres et il n’y aura pas de faveur particulière accordée à la France », insiste Pierre Lellouche. « Nous avons un gros effort à faire pour être compétitifs et diversifiés face à des compétiteurs redoutables, qu’ils soient turcs, iraniens, chinois, coréens du Sud ou allemands. »

Pour « mieux organiser l’offre française », le secrétaire d’État entend promouvoir la coopération entre grandes entreprises et PME sous-traitantes, à travers « des politiques de filière, secteur par secteur ».

Les entreprises françaises ont, en tout cas, du pain sur la planche si elles veulent retrouver les presque 11 % (contre environ 3 % aujourd’hui) de parts de marché un moment détenues dans l’Irak de Saddam Hussein.

http://www.la-croix.com/Actualite/S-informer/Economie/La-reconstruction-de-l-Irak-attire-les-entreprises-francaises-_NP_-2011-11-03-731367



5 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information

3-1Tarek Aziz - L'autre vérité", Award du meilleur documentaire.

   En septembre dernier, le film – document « Tarek Aziz - L’autre vérité », réalisé par Jean-Marie Benjamin, a reçu le Award du meilleur documentaire au Festival de Silent River (Irvine-Los Ageles). Dans un long entretien accordé en mars 2003 au réalisateur, Tarek Aziz révèle l’histoire cachée de la guerre du Golfe, les activités de la CIA en Irak, les manipulations des inspecteurs des Nations unies pour le désarmement de l’Irak, les influences et stratégies des Etats-Unis en Irak et au Moyen-Orient. Plusieurs personnalités des Nations unies – Hans von Sponeck, Denis Halliday, Scott Ritter – interviennent durant le développement du récit de Tarek Aziz, illustré d’images de la situation politique, économique et militaire de l’Irak de 2003 à 2011.

   Au cours de l’interview, Tarek Aziz témoigne également de sa religion chrétienne et des rapports entre chrétiens et musulmans.

   Jean-Marie Benjamin, ancien fonctionnaire de l’UNICEF, ordonné prêtre à Rome, a organisé l’audience privée de Tarik Aziz avec le Pape Jean-Paul II en février 2003. Il a réalisé plusieurs films en Irak, notamment «Irak Radioactivité » pour dénoncer l’emploi d’armes à l’uranium appauvri. Compositeur de musique classique, il est l’auteur de « Ode to the child » enregistrée par l’ex-Beatles Paul Mc Cartney.

Une projection du film « Tarek Aziz - L’autre vérité », sous-titré en français, est prévue à Paris fin janvier 2012, en présence du Père Benjamin

Vidéo de présentation du film (3’) :

30 octobre

http://www.jmbenjamin.org/ENG/iraq/Tareq%20AZIZ%20FILM_Info%20press%20release_2.htm

http://www.france-irak-actualite.com/article-tarek-aziz-l-autre-verite-award-du-meilleur-documentaire-87559968.html



6 Les brèves

Ndlr : la publication de l’article ne signifie nullement que la rédaction partage l’analyses ou le point de vue de l’auteur, mais doit être vu comme information.

6-1 LEMONDE.FR avec AFP : Des Irakiens accusant l'armée britannique de torture obtiennent gain de cause.

La Cour d'appel de Londres a donné raison, mardi 22 novembre, à plus d'une centaine d'Irakiens qui réclament l'ouverture d'une enquête indépendante sur les tortures dont ils affirment avoir été victimes de la part de militaires britanniques en Irak. Ce jugement invalide celui rendu en première instance par la Haute Cour. En décembre 2010, cette dernière avait donné raison au gouvernement britannique, estimant qu'une telle investigation n'était pas nécessaire dans la mesure où le gouvernement avait mis en place une enquête ad hoc (Iraq Historic Allegations Team, IHAT) chargée de se pencher sur les abus perpétrés en Irak.

La Cour d'appel a estimé que l'IHAT "manquait d'indépendance" puisqu'elle compte dans ses rangs des membres de l'armée. Le ministère de la défense a réagi en expliquant qu'il allait examiner le jugement "avec attention et étudier les prochaines étapes". Il a jusqu'au 30 novembre pour saisir ou non la Cour suprême, la plus haute instance judiciaire du pays. 

Un avocat des cent vingt-huit plaignants, Phil Shiner, s'est réjoui de la décision de la Cour d'appel, observant que "le ministère de la défense a eu recours à toutes les combines pour éviter de rendre des comptes. Maintenant, il ne peut plus se cacher", a-t-il estimé. L'un des principaux plaignants dans ce dossier, Ali Zaki Mousa, affirme avoir été battu pendant plusieurs mois en Irak, entre 2006 et 2007, alors qu'il était détenu par des soldats britanniques.

Deux autres enquêtes publiques ont été ouvertes au Royaume-Uni dans des affaires comparables. L'une d'entre elles a conclu en septembre que des soldats britanniques s'étaient livrés à des "violences gratuites" sur un détenu, Baha Moussa, qui avait succombé à ses blessures en 2003 à Bassorah, dans le sud de l'Irak.

L'armée britannique s'est retirée d'Irak en mai 2011, après huit ans de présence.

LEMONDE.FR avec AFP |

 22.11.11 | 16h15

http://www.lemonde.fr/europe/article/2011/11/22/des-irakiens-accusant-l-armee-britannique-de-torture-obtiennent-gain-de-cause_1607692_3214.html


6-2 Gilles Munier : Mustapha Abdeljalil va dénoncer un complot baasiste à Bagdad.

Ces derniers jours, près de 600 anciens membres du parti Baas ont été arrêtés en Irak, dans les provinces d’Al-Anbar, Kirkouk, Diyala, Salahaddin, Wasit, Najaf, Bassora et Bagdad. Ils sont accusés de « reconstitution de parti dissous » (1). Selon le New York Times, ces arrestations font suite à la visite surprise à Bagdad de Mustapha Abdeljalil, chef du CNT, qui aurait remis à Nouri al-Maliki des documents découverts dans les archives des services secrets libyens sur un complot visant à le renverser, après le départ des troupes américaines (2).

   La plupart des militants incarcérés sont des partisans de la Liste Al-Iraqiya, dont Salah al-Mutlaq, vice-Premier ministre, est un des principaux dirigeants. Ce dernier a aussitôt menacé Maliki de soulever l’opinion publique si un terme n’était pas mis aux arrestations. Iyad Allaoui, qui dirige la liste, ancien Premier ministre proche de la CIA, n’a pas réagi, mais des manifestations de protestation réclamant la libération des prisonniers ont eu lieu à Falloujah et Ramadi.

   Quelques jours plus tard, 140 professeurs et employés de l’Université de Tikrit – ville de naissance du président Saddam Hussein - ont été arrêté, pour le même motif. Le Conseil de la province de Salaheddin a répliqué… en se proclamant région autonome. Salah al-Mutlaq a informé Maliki que la région d’Al-Anbar pourrait faire de même.

   Selon le site Roads to Iraq, cette campagne anti-baasiste serait en fait la première phase d’un plan américain de déstabilisation de l’Irak conçu avec certains officiers irakiens (3). Roads to Iraq se demande si la vague d’assassinats ciblés au Proche-Orient, annoncée par l’ancien ministre de l’Information libanais, Michel Samaha (4), ne fait pas partie de ce plan.

 L’opération, dit-il, serait dirigée par David Petraeus, directeur de la CIA, en liaison avec la Grande-Bretagne, la France et le Qatar.

(1) http://aknews.com/en/aknews/4/269818/http://aknews.com/en/aknews/4/269682/

(2)http://www.nytimes.com/2011/10/27/world/middleeast/libya-rebels-said-to-find-qaddafi-tie-in-plot-against-iraq.html?_r=1&ref=iraq

(3)http://www.roadstoiraq.com/2011/10/26/the-us-plot-after-iraq-withdrawal-wave-of-arrests-and-assassinations/

(4)http://www.beirutobserver.com/index.php?option=com_content&view=article&id=64348:2011-10-25-22-14-23&catid=41:2010-10-03-20-24-15

© G. Munier/X.Jardez

Gilles Munier
Publié le 29 octobre 2011 avec l'aimable autorisation de Gilles Munier


6-3 TECHNIP : Signature de deux contrats d’études en Irak.

La reprise des relations commerciales bilatérales avec l’Irak après les affres de la seconde guerre du Golfe profite à Technip. Le spécialiste des services pour les industriels de l'énergie a remporté deux contrats d’études dans la région. C’est ce qu’a déclaré le secrétaire d’Etat chargé du Commerce, Pierre Lellouche. Ils viennent emplir un peu plus le carnet de commandes déjà bien fourni, dépassant les deux milliards d’euros sur les trois derniers mois. La visibilité s’étend ainsi jusqu’en 2013. Cette nouvelle intervient quelques jours après la publication des résultats trimestriels jugés bons à l’aune de l’année 2010. Et pour cause : le chiffre d’affaires a progressé de 12,3% à 1,7 milliard d’euros. L’élément de satisfaction principal réside toutefois en l’amélioration de la rentabilité sur la période, le résultat net grimpant de 17% à 121 millions d’euros. Le groupe d'ingénierie pétrolière et gazière réussit, trimestre après trimestre, à faire remonter sa rentabilité et ce, dans toutes ses divisions : le Subsea (taux de marge opérationnelle remonté de 16,7 % à 16,9 %), dans l'onshore (de 6,6 % à 7,8 %) et dans l'offshore (de 4,8 % à 5 %). Lors de la conférence téléphonique organisée pour les analystes la semaine dernière, Thierry Pilenko s'est montré optimiste, tant en ce qui concerne les coûts (pas de tension inflationniste) que les prix (la tendance est plutôt à la hausse). Le président a, en outre, déclaré qu'il ne voyait pas de ralentissement de l'activité en Mer du Nord (indicateur avancé en cas de retournement) et que le Golfe du Mexique était en train de redémarrer (il a de bons espoirs dans cette zone avec son client BP).

02/11

L'analyse (Investir) http://www.investir.fr/infos-conseils-boursiers/infos-conseils-valeurs/infos/signature-de-deux-contrats-d-etudes-en-irak-383814.php



Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières,les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

  • " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19


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30/09/2011

n° 519 - Dossier d'Irak -28/09/2011 - 1api - Et maintenant, que diriez-vous d’une minute de silence pour les morts en Afghanistan, Irak, Pakistan.... ?

n° 519 - Dossier d'Irak -28/09/2011 -  1api - Et maintenant, que diriez-vous d’une minute de silence pour les morts en Afghanistan, Irak, Pakistan.... ?



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre



LesDossiers d'Irak

n° 519                                                      28/09/2011

C.De Broeder & M.Lemaire



Le " Dossier d’Irak  " est visible  sur ...

a) sur nos blogs : 

http://www.dhblogs.be/categories/International.html  http://www.lalibreblogs.be/categories/International.html

 

b) Sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com  

 

c) Sur le site http://turkmenfriendship.blogspot.com/2007/10/journal-dirak-de-m-lemaire.html

d) Sur le site de Eva Resis  :  no-war.over-blog.com

e) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

f) sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

Si vous voulez nous contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire : 

Tiré à part 

Manlio Dinucci : Le coût exhorbitant de la « Guerre au Terrorisme ».

Dossier

1-1 De Guantanamo à l'Irak, Dick Cheney ne regrette rien… 

Résistance au Royaume-Uni

1-2 Dominique Muselet : Pourquoi laissons-nous à nos enfants le soin de demander des comptes à la police et de redistribuer la richesse ?

1-3 L'Irak toujours à la peine, dix ans après le 11-Septembre.

1-4 Lindsey GERMAN : Et maintenant, que diriez-vous d’une minute de silence pour les morts en Afghanistan, Irak, Pakistan.... ?

1-5 Le meneur des sévices d'Abou Ghraïb,Charles Graner, libéré de prison !

Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

2-1 Iyad Allaoui : SSauver l’Irak de la faillite par le partage du pouvoir

2-2 Michaël Schwartz : IIrak : Incertitudes et luttes futures.

3 Annexe

3-1 Bill Van Auken : Les guerres sans fin de Washington.

3-2 Manlio Dinucci : La contre-manœuvre fantastique.

3-3 Domenico Losurdo : La Syrie vue depuis l’Irak.



Avant propos

Les militaires américains usent d’un terme générique- Al Qaida- pour désigner les résistants qui osent leur résister...



Tiré à part 

Manlio Dinucci : Le coût exhorbitant de la « Guerre au Terrorisme ».

Alors que les Etats-Unis et nombre de pays européens croulent sous des dettes publiques gigantesques, d’un montant souvent comparable à leur PIB, et alors que la rigueur sociale atteint tous les pays occidentaux, combien coûtent réellement cette "Guerre au terrorisme" et les guerres déclenchées au lendemain du 11-Septembre ?

En termes de dollars, mais aussi en coût "humain", morts, blessés, invalides.

C’est ce à quoi s’est intéressé le journaliste Manlio Dinucci du quotidien italien Il Manifesto.,

Quel est le coût économique de la « guerre à la terreur », que les Etats-Unis ont lancée il y a dix ans ? L’Institut d’études internationales de la Brown University(1) l’a calculé.

L’invasion de l’Afghanistan en 2001 et de l’Irak en 2003, et l’extension successive des opérations guerrières au Pakistan, comportent un coût d’environ 4.000 milliards de dollars.

Pour avoir une idée de ce que représente ce chiffre, il suffit de penser qu’il équivaut à ce que l’Afghanistan réalise, en termes de produit intérieur brut, en trois siècles environ, et l’Irak en plus d’un demi siècle. 

L’équipe de l’institut, formée de plus de vingt chercheurs, a calculé avant tout la dépense militaire directe, constituée par les sommes allouées pour la guerre que le Congrès a ajoutées au budget du Pentagone : environ 2.000 milliards de dollars. Cette somme n’était pas disponible dans les caisses publiques. Elle a donc été empruntée à des banques et organismes internationaux, obligeant cependant le gouvernement fédéral à payer (toujours avec de l’argent public) des intérêts salés : environ 200 milliards de dollars en dix ans. 74 autres milliards ont été dépensés, sous forme d’aides extraordinaires, pour étayer les vacillants régimes mis au pouvoir en Irak et Afghanistan.

La « guerre à la terreur » a en outre comporté une dépense de plus de 400 milliards de dollars pour renforcer la « sécurité de la patrie ». A ces dépenses est venue s’ajouter celle de l’assistance aux militaires rentrés blessés ou invalides des actions guerrières : jusqu’à présent 32 milliards de dollars. Mais ceci n’est que la pointe de l’iceberg : les vétérans (anciens combattants, NdT) qui réclament assistance pour des blessures ou des invalidités sont plus d’un million.  On calcule que, en 30-40 ans, ils coûteront de 600 à 1.000 milliards de dollars. Et, malgré le plan annoncé de diminuer le nombre des militaires en Afghanistan et Irak,  d’autres financements sont prévus pour la guerre : pour l’année budgétaire 2012, au moins 118 milliards, qui s’ajouteront aux 553 du budget du Pentagone.

Le coût de la guerre grimpera donc bien au-dessus des 5.000 milliards de dollars. La dette publique augmente en conséquence, dette que l’Etat n’est pas en mesure de rembourser, et les intérêts pourraient atteindre environ 1.000 milliards dans l’actuelle décennie. Ceci provoque une augmentation des taux d’intérêt (c’est-à-dire du coût de l’argent), qui se répercute aux USA surtout sur les classes moyennes : l’an dernier, à cause de l’augmentation des taux d’intérêt dû à l’endettement pour la guerre, les acquéreurs de logements ont vu augmenter leurs emprunts hypothécaires, en moyenne, de 600 dollars.

La guerre a par contre renfloué les caisses des partenaires contractuels du Pentagone : Halliburton est passé en quatre années de moins d’un demi milliard à 6 milliards de dollars de contrats, et Lockheed Martin est arrivé à 29 milliards en une année. Grosses affaires aussi pour les  compagnies militaires privées : en 2003 il y avait dans la guerre en Irak plus de « contractuels » (mercenaires, NdT) que de militaires.

Les coûts humains, pour les Etats-Unis, sont quantifiés à hauteur de plus de 6 mille morts au combat et plus d’un demi-million d’invalides. Le nombre de civils tués dans les actions guerrières se monte à 125 mille en Irak, 50 mille au Pakistan et Afghanistan. Mais ce sont des estimations faites largement par défaut : des centaines de milliers de blessés et environ 8 millions de réfugiés continuent à mourir. Loin des yeux, loin du cœur des grandes démocraties qui sont allées les sauver de la menace de terrorisme.

Note : (1)  Située à Providence dans l’Etat du Rhode Island. 

Manlio Dinucci

mondialisation.ca

Edition de mardi 12 juillet 2011 de il manifesto 

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

http://www.reopen911.info/News/2011/09/07/le-cout-exhorbitant-de-la-guerre-au-terrorisme/



Dossier

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

1-1 De Guantanamo à l'Irak, Dick Cheney ne regrette rien… 
L'ancien vice-président de George W. Bush justifie, dans ses Mémoires, le recours aux interrogatoires musclés. 

Dick Cheney n'a aucun regret, ni sur la guerre en Irak ni sur les méthodes d'interrogatoire musclées. En 2007, il aurait même volontiers bombardé la Syrie.

En revanche, le «faucon» de l'Administration Bush a quelques comptes à régler avec ses ex-collègues.

L'ex-vice-président le plus influent de l'histoire récente des États-Unis a publié ses Mémoires intitulés In My Time, mardi, aux États-Unis. À l'heure où Barack Obama met en pratique sa doctrine multilatéraliste en Libye et en Syrie, Dick Cheney, lui, continue de défendre vigoureusement la politique étrangère américaine des années Bush, de 2001 à 2008. Dans son autobiographie de 565 pages coécrite avec sa fille Liz, le prédécesseur de Joe Biden écrit: «Pourquoi s'excuser alors que les Britanniques avaient bien déclaré que l'Irak cherchait à se procurer une quantité importante d'uranium en Afrique? Les 16 mots étaient vrais.»

Simulation de noyade 

Jouant avec les mots, Dick Cheney fait référence à la petite phrase prononcée par le président Bush dans son fameux discours sur l'État de l'Union, en janvier 2003.

L'Administration avait alors monté en épingle l'affaire de l'uranium devant lui servir de justification morale pour envahir l'Irak. Elle a plus tard officiellement regretté «ces 16 mots». Dans ses propres Mémoires publiées en 2010, George Bush a écrit avoir eu la «nausée» lorsqu'il a découvert qu'il n'y avait pas d'armes de destruction massive en Irak. Revenant sur les simulations de noyades contre les détenus soupçonnés de terrorisme, comme il l'a toujours dit depuis son départ du pouvoir, Dick Cheney estime que Barack Obama devrait continuer cette pratique «efficace». Sur Guantanamo, il se dit «heureux de noter» que le président n'a toujours pas fermé la prison. Sur le 11 Septembre, à l'en croire, c'est lui qui fut derrière l'ordre d'abattre tout avion civil posant une menace. George Bush avait pour sa part revendiqué cette initiative.

Sur la Syrie, Cheney raconte comment il se désolait en 2007 de voir un George Bush de plus en plus influencé par les partisans de la voie diplomatique. Il avait encouragé en vain le président à faire bombarder un réacteur nucléaire, lequel a depuis été détruit par Israël. «J'étais seul à penser cela. Quand j'ai eu fini de parler, le président a demandé: “Quelqu'un est-il d'accord?” Personne n'a levé la main.»

Dark Vador

Mais c'est lorsqu'il décrit ses anciens collègues que Dick Cheney est le plus vindicatif.

Il accuse Colin Powell, le secrétaire d'État de 2001 à 2005, d'avoir saboté en coulisses la politique de George Bush en Irak en faisant fuiter des informations embarrassantes dans la presse. Dans ses propres Mémoires, George Bush n'avait pas caché ses désaccords avec Colin Powell jusqu'à la démission de ce dernier en 2005. Dick Cheney est également très acide avec celle qui a succédé à Powell, Condoleezza Rice: une secrétaire qu'il a jugée «naïve» sur la Corée du Nord.

L'ancien patron de la CIA, George Tenet, en prend aussi pour son grade pour avoir démissionné «quand ça devenait sérieux» en 2004. Interviewé mardi matin sur NBC, Cheney n'a pas enfin caché sa satisfaction d'être toujours surnommé «Dark Vador».

http://www.lefigaro.fr/international/2011/08/30/01003-20110830ARTFIG00613-de-guantanamo-a-l-irak-dick-cheney-ne-regrette-rien.php


Résistance au Royaume-Uni

1-2 Dominique Muselet : Pourquoi laissons-nous à nos enfants le soin de demander des comptes à la police et de redistribuer la richesse ?

The Rebel Griot

Les émeutes et le pillage n’ont pas été les seules violences perpétrées par les Anglais dimanche soir. Quelques heures avant que Cameron n’apparaisse à la télévision et ne jure de se venger des jeunes Britanniques qui s’étaient soulevés, les pilotes de ses bombardiers revenaient d’une opération qui avait causé la mort de 33 enfants, 32 femmes et 20 hommes libyens à Zlitan un village près de Tripoli. Cameron et les dirigeants de France et des USA essaient désespérément d’enrayer la déroute économique de la même manière que d’habitude, en massacrant un peuple du tiers-monde et en lui volant ses ressources.

C’est le contexte dans lequel il faut replacer ces émeutes. Notre mode de vie occidental est fondé sur la violence et le pillage. Ceux qui ne s’en rendent pas compte n’ont qu’à regarder comment les forces d’occupation occidentales ont transformé l’Afghanistan en un gigantesque champ de pavots à héroïne avec l’une des espérances de vie les plus basses de la planète, comment elles ont fait de l’Irak un enfer pour ses habitants dans le seul but de lui voler son pétrole, comment elles préparent l’invasion de la Syrie qui servira de prélude à la "solution finale" du "problème" palestinien et comment elles volent déjà les revenus du pétrole de la Libye que Kadhafi avait destinés au développement de l’Afrique mais qui à la place iront tout droit dans les caisses des usines d’armement occidentales pour acheter des armes au rebelles racistes. Et je ne mentionne même pas l’extorsion du remboursement des prêts d’aide octroyés par l’Occident aux pays du tiers-monde dont les intérêts multiplient par 13 les sommes empruntées.

Nos jeunes ont été témoins de tout cela en grandissant. Ils voient très bien que l’Occident s’enrichit par de violents pillages. Ils voient bien aussi que plus de la moitié de leurs soi-disant "représentants" au Parlement ont systématiquement volé des télévisions, des produits électroniques, des vêtements et tout ce qu’ils croient pouvoir voler sans se faire prendre, en se livrant à des fraudes de grande envergure. Ils savent que la police tue des gens en toute impunité et que leurs communautés sont en permanence humiliées et harcelées par la police. Ils savent que les banquiers qui ont détruit les moyens d’existence de millions de personnes continuent à se verser des bonus prélevés sur les deniers publics.

Ils savent aussi qu’aucune de ces personnes ne sera sans doute jamais amenée devant la justice pour y répondre d’un délit. La plupart des Membres du Parlement coupables de fraude sont toujours en place ou ont obtenu des postes lucratifs dans des entreprises à qui ils ont rendu des services quand ils étaient parlementaires. La police enquête sur elle-même et ne se trouve aucune faute. L’armée enquête sur elle-même et ne se trouve aucune faute. Tony Blair enquête sur lui-même et ne se trouve aucune faute. Les riches et les puissants démontrent aux jeunes jour après jour que pour réussir il faut voler, frauder et se montrer violent. C’est le monde dans lequel ils sont nés. C’est la moralité dans laquelle ils baignent. C’est l’air qu’ils respirent.

En comparaison de leurs modèles, la vaste majorité des jeunes émeutiers se sont très bien conduits. Les attaques sur les petits commerces, les maisons et les civils ont été des exceptions et non la règle ; les principales activités ont été de piller des supermarchés appartenant à de grands groupes et d’assiéger les commissariats. En faisant cela, les jeunes ont réussi à faire ce que personne d’autre n’a pu faire : mettre la police et les multinationales devant leurs responsabilités. Le message à la police a été très clair : vous ne pouvez pas tuer, battre et humilier en toute impunité. Plusieurs commissariats ont été complètement incendiés et les vacances d’été de toute la police de Londres ont été annulées. Quand des incidents comme le meurtre de Mark Duggan se produisent, ce n’est jamais dû à une "pomme pourrie" ; le parti pris de couvrir les fautes est systématique et provient d’une collusion à tous les niveaux. Quelques officiers de police vont peut-être y réfléchir à deux fois avant de se laisser entraîner dans des affaires douteuses à l’avenir.

Quant aux multinationales, l’efficacité de leur exploitation et de leur esclavagisation du tiers-monde a crée une telle pauvreté sur toute la planète que les gens sont de plus en plus incapables d’acheter ce qu’ils produisent. C’est la principale cause systémique de la crise économique. Ils ne le savent peut-être pas mais les multinationales que nos enfants ont attaquées sont bien la cause principale de leur pauvreté. Qui plus est, ces firmes emploient des techniques publicitaires qui ciblent impitoyablement nos enfants et véhiculent le message cruel selon lequel leur statut social dépend de l’acquisition de marchandises ; ils ne devraient pas faire semblant d’être surpris que nos enfants essaient aussi de les acquérir.

Avec leur "pillages irresponsables" les jeunes privés de tout se sont en fait livrés à une forme primitive de redistribution de la richesse. Ce qu’ils ont fait d’une manière anarchique et spontanée est exactement ce que nous devrions faire d’une manière systématique et organisée. Nous avons besoin de créer des organismes qui se donneraient vraiment pour mission de mettre en place "un socialisme par la base" -en prenant le contrôle des usines, des chaînes de magasins et de terrains pour répondre aux importants besoins sociaux que le capitalisme est incapable de satisfaire. C’est cela la vraie Grande Société -celle qui fait si peur à Cameron et à sa clique.

Je ne blâme pas Cameron, ni les politiciens, ni les médias. Ce sont nos ennemis. Ils sont fidèles à leur classe sociale. Ils nous exploitent et nous mentent avec beaucoup de talent et d’efficacité. Ils font leur travail parfaitement bien. Je blâme ceux d’entre nous qui s’intéressent aux autres et qui veulent mettre fin aux privilèges de classe, au racisme et à l’impérialisme. Nous devrions nous lever, nous organiser et élire un leader et tant que nous ne le ferons pas, il sera vain et hypocrite de critiquer la jeunesse. Si nous nous déchargeons sur nos enfants de la tâche de rendre la police responsable de ce qu’elle fait et de répartir les richesses, il ne faudra pas s’étonner que, sans personne pour les guider et les conseillers, ils ne fassent pas du bon boulot.

Dominique Muselet

17 août 2011 :The Rebel Griot

Pour consulter l’original : http://rebelgriot.blogspot.com/2011/08/why-are-we-leaving-it...

Traduction : Dominique Muselet pour LGS

URL de cet article 14388
http://www.legrandsoir.info/pourquoi-laissons-nous-a-nos-enfants-le-soin-de-demander-des-comptes-a-la-police-et-de-redistribuer-la-richesse-the-rebel-griot.html


1-3 L'Irak toujours à la peine, dix ans après le 11-Septembre.

Conséquence du 11-Septembre, l’invasion de l’Irak en 2003 devait libérer le pays d’un dictateur et lui ouvrir un avenir meilleur : huit ans plus tard, malgré la manne pétrolière, violences, querelles politiques et corruption endémique minent toujours sa reconstruction.

Depuis le renversement de Saddam Hussein par la coalition internationale, le pays a vécu deux élections législatives jugées démocratiquement satisfaisantes et la production pétrolière est repartie, assurant une rente appréciable.

Mais les violences, malgré un recul depuis quatre ans, ont fait plus de 100.000 morts au total. Et la classe politique, dans un contexte marqué par le confessionnalisme, ne cesse de se déchirer pour la répartition des postes ministériels et le maintien ou non des troupes américaines.

"C'est une histoire à deux facettes: concernant la politique, c'est la stagnation. Concernant l'économie, grâce au pétrole, l'avenir s'annonce plutôt prometteur", analyse Ali al-Saffar, expert à l'institut Economist Intelligence Unit à Londres.

Invoquée par le président américain George W. Bush pour justifier l'invasion de l'Irak, 18 mois après les attentats de New York, la présence d'armes de destruction massives s'est vite avérée fantaisiste. Et la guerre y a paradoxalement favorisé l'implantation d'Al-Qaïda, de l'aveu même d'officiers.

Les violences ont nettement diminué, après avoir culminé en 2006 et 2007, mais restent un défi majeur, même si l'influence d'Al-Qaïda semble avoir faibli.

Entre 2005 et 2007, "Al-Qaïda représentait une menace fondamentale pour l'Etat", reconnaît le général Jeffrey Buchanan, porte-parole des forces américaines en Irak, interrogé par l'AFP. "Ils sont toujours présents. Mais ils ne représentent plus la menace existentielle d'auparavant".

Quatre mois avant le retrait prévu des troupes américaines fin 2011, les forces de sécurité irakiennes ont gagné en effectifs et en compétences. Mais elles ne sont toujours pas à même d'assurer la sécurité de l'espace aérien ni des frontières terrestres et maritimes du pays.

Le 3 août, les dirigeants irakiens ont annoncé qu'ils acceptaient de négocier avec Washington le maintien d'un contingent limité de formateurs américains après 2011, une décision impopulaire mais dictée par la nécessité.

Selon l'armée américaine, une des principales menaces provient aujourd'hui de groupes chiites armés par l'Iran.

L'apaisement relatif sur le plan sécuritaire a cependant ouvert les vannes de l'investissement privé, avec 86 milliards de dollars prévus pour la période 2010-2014 pour la construction de logements et d'infrastructures, selon la Commission nationale d'investissement.

Toutefois, "la corruption demeure un frein majeur à l'investissement, la croissance et la création d'emplois", relève l'ONU. L'Irak est le 4e pays le plus corrompu au monde, selon l'ONG Transparency International.

Autre défi: la gestion des riches gisements pétroliers de la région de Kirkouk (nord), revendiquée par la province autonome du Kurdistan, un dossier considéré par Washington et des responsables irakiens comme une des plus graves menaces à long terme pour la stabilité du pays.

L'Irak dispose, selon des estimations, des 4e réserves mondiales de pétrole. La production a redémarré, atteignant 2,7 millions de barils par jour (mbj) et assurant la majeure partie des revenus du pays. Bagdad croit possible de porter sa production à 12,5 mbj en 2017, un objectif dont doute le Fonds monétaire international (FMI).

Pour Ali al-Saffar, la perspective d'un tardif décollage économique ne fait pas oublier les espoirs déçus de 2003. A la chute de Saddam, "il y avait un optimisme général", note-t-il. "On ne savait pas qu'il y aurait les attentats d'Al-Qaïda, une guerre religieuse, et que les politiciens, qui semblaient si proches dans l'opposition, se déchireraient ainsi".
AFP |

30.08.

http://www.24heures.ch/depeches/monde/irak-peine-ans-11-septembre


1-4 Lindsey GERMAN : Et maintenant, que diriez-vous d’une minute de silence pour les morts en Afghanistan, Irak, Pakistan.... ?

Les commémorations du 11/9 ont donc eu lieu, mais n’attendez pas une couverture non-stop de la guerre en Afghanistan, avec son cortège d’histoires poignantes de parents, de conjoints et d’enfants tués

A mes yeux, nous avons touché le fond avec l’omniprésence de Tony Blair dans les médias. Longuement interviewé pour l’émission Today et cité par de nombreux journaux nationaux, il a profité de cet anniversaire pour justifier sa guerre illégale contre l’Irak et encourager de futures attaques contre l’Iran en particulier.

Ce fût particulièrement scandaleux de le voir profiter de la sympathie naturelle ressentie envers ceux qui ont perdu des proches pour promouvoir de nouvelles guerres, tel un prêcheur démentiel. Et tous les va-t-en guerre l’ont rejoint dans sa mission en ignorant les morts et les destructions bien plus grandes provoquées par ces guerres présentées comme des représailles contre un acte original.

J’attends toujours des commémorations pour ceux qui sont morts dans la guerre en Afghanistan. Cette guerre, déclenchée il y a dix ans, a tué 20.000 Afghans aux cours des deux premiers mois, selon une estimation d’un rapport de l’ONU. Des dizaines de milliers sont morts depuis, ainsi qu’un million d’Irakiens.

Mais je ne vois pas les présidents passés et présent des Etats-Unis en train d’observer une minute de silence solennelle. Je suppose que nous n’avons pas d’histoires poignantes à raconter sur des parents, des conjoints et des enfants tués au cours de ces attaques. Je suis certaine que nous n’aurons pas droit à une couverture non-stop de deux semaines sur les moindres détails de la guerre en Afghanistan.

Le 11/9 est donc présenté comme une terrible tragédie vécue par le peuple américain dans son ensemble – tragédie provoquée par des « fanatiques », des « extrémistes », par « des gens qui haïssent notre mode de vie » (et qui se trouvent être tous des musulmans, évidemment). Mais il n’y a pas d’équivalent pour les Afghans ou les Irakiens qui subissent des guerres toujours provoquées par des méchants issus de leurs rangs et jamais par « l’appareil militaire des Etats-Unis » dont « les objectifs impériaux » les amènent à « haïr les musulmans ».

Pire encore, ces guerres sanglantes qui provoquent des morts, des blessés, des réfugiés déplacés pendant des années, des niveaux de violence et d’insécurité accrus, la peur, la corruption, des chefs de guerre, des tortures, des emprisonnements, ne sont pour la plupart du temps jamais mentionnées.

Les médias font passer leurs messages soit par ce qu’ils racontent que par ce qu’ils taisent. En ignorant ces guerres tout en insistant sur le 11/9, le clou est enfoncé. Le fait de ne pas parler de ces guerres fait croire aux gens qu’elles n’ont pas vraiment lieu ou qu’elles vont bientôt se terminer.

Je suppose que les attaques à Kaboul aujourd’hui par les Taliban sont destinées à contrer cette vision des choses et que c’est pour cela qu’elles ont eu lieu deux jours après le 11/9. Les attaques contre le quartier général de l’OTAN et l’ambassade des Etats-Unis envoient un message très simple : la guerre continue et les envahisseurs ne sont pas en train de la gagner. Ces derniers n’arrivent même pas à effectuer le transfert de pouvoir à leurs alliés afghans.

Un témoin oculaire à Kaboul à raconté à la BBC : « Il n’y a aucune sécurité à Kaboul. Ceci est la zone la plus sûre et si nous ne sommes pas en sécurité ici alors nous ne sommes en sécurité nulle part en Afghanistan. »

La véritable histoire de ces dix dernières années, celle qui devrait être criée sur tous les toits, c’est celle de l’échec de la guerre contre le terrorisme.

La couverture médiatique du 11/9 était censée le cacher et non le révéler. Mais la réalité finit toujours par s’imposer.

Lindsey German

15 septembre 2011

Stop the War

http://www.stopwar.org.uk/index.php/usa-war-on-terror/789-no...

Traduction par VD pour le Grand Soir avec probablement les fautes et coquilles habituelles.

URL de cet article 14640 
http://www.legrandsoir.info/et-maintenant-que-diriez-vous-d-une-minute-de-silence-pour-les-morts-en-afghanistan-irak-pakistan-stop-the-war.html


1-5 Le meneur des sévices d'Abou Ghraïb,Charles Graner, libéré de prison !

caporal américain condamné à 10 ans prison pour son rôle de meneur dans le scandale des sévices à la prison irakienne d'Abou Ghraïb en 2004 a été libéré sur parole, a annoncé l'armée américaine, suscitant des réactions d'indignation dimanche à Bagdad.
Charles Graner, 42 ans, a été libéré de la prison militaire de Fort Leavenworth, au Kansas (centre des Etats-Unis), après avoir purgé 6,5 des dix années d'emprisonnements auxquelles il avait été condamné en janvier 2005, a indiqué la porte-parole de l'armée Rebecca Steed.

Il est placé sous contrôle judiciaire jusqu'au 25 décembre 2014.
Alors caporal de réserve, Charles Graner était le meneur d'un groupe de six gardiens accusés en 2004 d'avoir commis des abus sur les détenus de la prison d'Abou Ghraïb, près de Bagdad. Les photos à l'origine du scandale avaient déclenché une vague de protestations internationales.
Charles Graner avait écopé de la peine de prison la plus lourde. Sa compagne de l'époque, Lynndie England, devenue le symbole du scandale d'Abou Ghraïb, avait, elle, été condamnée à trois ans de prison.
A Bagdad, l'annonce de la libération de Charles Graner a suscité des réactions d'indignation chez des habitants interrogés par l'AFP.
Pourquoi l'ont-ils relâché ? Le criminel devrait être puni quelle que soit sa nationalité, a réagi Reem Hadi.
C'est une décision injuste, a également estimé Wael Safah Jassem, un gérant de boutique de 23 ans. Toute personne ayant commis de tels crimes ne devrait pas être libérée aussi facilement, a-t-il dit.
Anwar Hamoud, un employé du gouvernement de 41 ans, s'est montré encore plus direct: Le criminel qui a été libéré (...) devrait être amené devant une cour irakienne pour être jugé, a-t-il dit. Et d'ajouter: Il devrait être exécuté pour son crime à Abou Ghraïb.
Beaucoup d'Irakiens estiment en outre que les soldats américains en Irak, qui bénéficient de l'impunité vis-à-vis du droit irakien depuis l'invasion américaine de 2003, devraient se voir retirer ce privilège à l'avenir, s'il est décidé qu'un contingent limité reste dans le pays au-delà de la date-butoir de fin 2011. Les responsables américains insistent au contraire pour que cette immunité soit maintenue.
Les dirigeants irakiens ont accepté cette semaine d'ouvrir des négociations avec Washington sur un éventuel maintien de troupes américaines afin de former l'armée irakienne, alors que l'accord de sécurité signé en novembre 2008 prévoit leur départ à la fin de l'année.
Aucune décision n'a encore été prise, ni sur le principe, ni sur les conditions dans lesquelles la présence américaine pourrait être organisée.
AFP /

 07 août 2011

http://www.romandie.com/news/n/_Le_meneur_des_sevices_d_Abou_Ghraib_libere_de_prison070820111508.asp



Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

2-1 Iyad Allaoui : Sauver l’Irak de la faillite par le partage du pouvoir.

Bien que ne partageant pas la vision du monde et des relations irako-américaines d’Iyad Allaoui, ancien Premier ministre et un des principaux « hommes de la CIA » à Bagdad, nous pensons intéressant de lire son analyse de la situation dans le pays.

   Avec le déroulement du printemps arabe apportant dans sa foulée, démocratie et  réformes pour des millions d’Arabes, on prête peu d’attention à la situation désespérée de l’Irak et de son peuple. Nous fûmes les premiers à passer de la dictature à la démocratie mais le résultat en Irak est loin d’être assuré. Notre transition pourrait être soit un élément positif pour le progrès et contre les forces extrémistes ou soit, alors, un dangereux précédent augurant mal pour la région et la communauté internationale.

Un amalgame de copinage et d’incurie

   Les débats font rage à Bagdad et à Washington sur les conditions d’une extension de la présence de troupes américaines au-delà de la fin de l’année. Si différer semble être nécessaire, cela à lui seul ne pourra s’attaquer aux problèmes fondamentaux qui empoisonnent l’Irak et qui présentent, pour la stabilité du Moyen-Orient et de la communauté internationale, un risque croissant. L’envoi initial de renforts militaires US - « the surge » - devait créer l’environnement propice à la réconciliation politique nationale et la remise sur pied des institutions et de l’infrastructure du pays. Mais, rien n’a été fait.

   Plus de huit ans après la chute du régime de Saddam Hussein, les services de base font défaut. La majeure partie du pays ne dispose que de quelques heures d’électricité. Les coupures ont été courantes au cours de l’été. Les exportations de pétrole, encore et toujours la seule ressource de l’Irak, dépassent à peine ce qu’elles étaient lorsque Saddam a été renversé. Le gouvernement a été incapable de saisir l’aubaine que fut l’augmentation du prix du pétrole échouant ainsi à créer des emplois réels et durables. L’économie irakienne est devenue encore davantage un amalgame de copinage et d’incurie, caractérisée par un chômage élevé et une corruption endémique. Transparency International place l’Irak en quatrième position parmi les pays les plus corrompus et le pire pays au Moyen-Orient.

Maliki s’accroche au pouvoiravec le soutien de l’Iranet la basse complaisance des Etats-Unis

   La promesse d’une plus grande sécurité n’a été qu’un vain mot à cause de  la vigueur du communautarisme. Le Pentagone a récemment fait état d’une montée alarmante des attaques qu’il attribue aux milices d’obédience iranienne. Le dernier rapport du Congrès par l’inspecteur général spécial  US pour la reconstruction irakienne note que le mois de juin a été le mois le plus sanglant pour les troupes US en Irak depuis 2008. Il conclut que ce pays est plus dangereux qu’il y a un an. Il est à regretter que les forces de sécurité irakienne naissantes soient  noyautées par le communautarisme et des loyautés partagées ; elles sont à peine capables de se défendre elles-mêmes, sans parler du reste du pays. Bien que n’ayant pas pu réunir un nombre plus important de sièges aux élections de l’an dernier, Maliki s’accroche au pouvoir avec le soutien de l’Iran et la basse complaisance des Etats-Unis. Il affiche le plus grand mépris pour les principes démocratiques et la règle du droit. Des institutions vitales comme la commission électorale, la commission pour la transparence et la banque centrale irakienne sont placées sous la tutelle directe du cabinet du premier ministre. Par ailleurs, Maliki refuse de nommer aux postes de ministre de l’intérieur et de la défense des candidats de consensus comme le voudrait l’accord de partage du pouvoir signé l’an dernier.

   Le gouvernement  a recours à des  méthodes dictatoriales éhontées et à l’intimidation pour faire taire l’opposition, passant  ainsi outre aux droits de l’homme les plus élémentaires. Human Rights Watch a fait état, en février, de prisons secrètes où sévit la torture sous l’autorité de Maliki. En juin, cette organisation a dénoncé l’utilisation par le gouvernement de brutes à sa solde pour cogner, poignarder et même agresser sexuellement des manifestants pacifiques à Bagdad qui se plaignaient de la corruption et de la pauvreté des services.

Ces horreurs font penser aux réactions autocratiques, aux manifestations des régimes en perte de vitesse dans la région, et sont bien loin de la démocratie et de la liberté promises à l’Irak.

   Est-ce pour cela que les Etats-Unis ont sacrifié plus de 4 000 jeunes hommes et femmes et des centaines de millions de dollars ?

Trop tard pour renverser la vapeur

   La pente vers la faillite est devenue irréversible. Pour le dire simplement, l’échec en Irak rendra tout objectif de politique américaine et internationale au Moyen-Orient difficile sinon impossible. De la lutte contre le terrorisme, à la limitation nucléaire, ou à la sécurité énergétique, ou au processus de paix au Moyen Orient, l’Irak en est au centre. Notre pays est rapidement devenu un contrepoids aux efforts faits pour résoudre ces questions au lieu d’assurer le rôle de modèle régional pour la démocratie, le pluralisme et un développement économique réussi qu’il était supposé être.

   Il n’est pas trop tard pour renverser la vapeur. Mais il faut agir maintenant. Repousser le départ des troupes US ne résoudra rien en lui-même. Des engagements politiques plus concertés sont demandés au plus haut niveau pour garantir la liberté et le progrès promis au peuple irakien, qui a beaucoup souffert et qui perd patience.

   Il est nécessaire, et il est possible, d’insister pour que l’accord de partage du pouvoir de 2010 soit  appliqué pleinement avec les contrepoids requis pour prévenir tout abus de pouvoir et pour que la formation d’un gouvernement et de ses institutions soit réalisée sur une base non communautaire. Les influences régionales malsaines doivent être contrebalancées. A défaut, de nouvelles élections, libres de toute ingérence étrangère, avec une commission électorale et judiciaire réellement indépendante, sont la seule voie pour sauver l’Irak des profondeurs abyssales. C’est cette solution que les  journalistes et les dirigeants politiques irakiens, ainsi que la rue, demandent avec insistance.

L’invasion de l’Irak en 2003 a certainement été une guerre par choix.

Mais perdre l’Irak en 2011 est un choix que les Etats-Unis et le reste du monde ne peuvent se permettre.

Iyad Allaoui est le chef d’Iraqiya, le bloc politique le plus important au sein du Parlement irakien (législatives de 2010).

Iyad Allaoui

* Source : http://www.denverpost.com/opinion/ci_18808095

Concernant Iyad Allaoui, lire aussi :

Iyas Allaoui, du Baas à la CIA, par Gilles Munier (21/7/04)

Opinion: Iyad Allaoui (revue de presse)*

Traduction: Xavière Jardez

http://www.france-irak-actualite.com/pages/Iyad_Allaoui_du_Baas_a_la_CIA-2608116.html


2-2 Michaël Schwartz : Irak : Incertitudes et luttes futures.

Si, selon Claus von Clausewitz, la guerre est la continuation de la politique par d’autres moyens, l’environnement politico-économique actuel en Irak est « la continuation de la guerre par d’autres moyens ». Après six années d’un carnage militaire sans égal au cours des deux dernières décennies, on assiste à « l’installation » d’une lutte multiple sur son rôle dans le système mondial, son rôle au Moyen-Orient et son rôle dans sa réponse aux besoins de la population …

Cette lutte prend des formes moins spectaculaires que celles, plus violentes, de la période précédente et obscurcit les liens qui relient la guerre et cette espèce de quasi-paix qui prévaut actuellement. C’est en scrutant cette nouvelle réalité, que nous voulons rendre visibles ces liens et identifier les forces qui donneront forme à l’issue de cette lutte.

Ambitions impériales

Quand les Etats-Unis ont envahi l’Irak en mars 2003, ils avaient mûri les buts de cette invasion depuis 15 ans et les avaient affinés au cours des 26 mois de l’administration Bush. La population américaine n’avait pas eu son mot à dire sauf à suivre ce que Paul Wolfowitz avait déclaré « la seule question sur laquelle tous doivent être d’accord est la question des armes de destruction massive ». Il va sans dire que les événements postérieurs ont dégagé quatre principes généraux pour cette invasion :

- l’Irak deviendrait le noyau militaire d’une présence hégémonique US au Moyen Orient, quartier général d’une force militaire permanente majeure, comptant habituellement 50 000 militaires.

- Le gouvernement irakien serait un allié politique solide des Etats-Unis opposant une résistance vigoureuse au contrôle régional de l’Iran et apaiserait son antagonisme face à Israël.

- L’économie irakienne intégrerait le système de mondialisation conduit par les Etats-Unis, en démantelant les entreprises nationalisées (constituant 35% de l’économie avant la guerre) et les replaçant par des multinationales privées, internationales bien imbriquées.

- L’industrie pétrolière irakienne serait intégrée au marché mondial avec une augmentation dramatique de sa production dont le contrôle et la prise de décision sur les niveaux de production échapperaient au gouvernement irakien pour être transférés aux forces du marché international.

Rien n’est joué

Qu’en est-il de la réalisation de ces buts initiés par Bush et  repris par l’administration Obama ?

- S’agissant du positionnement du quartier général US au Moyen-Orient, plutôt que de conquérir et de pacifier les centres de résistance à son occupation, les Etats-Unis ont engendré, avec l’envoi de troupes additionnelles (the surge), un carnage sans précédent et une dislocation de l’Irak. C’est seulement quand les Etats-Unis ont modifié leur stratégie et se sont alliés à leurs adversaires insurgés que les massacres et les attentats ont cessé…. Mais Obama n’a pas abandonné l’idée de Bush, indépendamment de l’accord signé par ce dernier (retrait des troupes US, vacation ou destruction des bases US ou leur transfert aux Irakiens), comme l’a dernièrement souligné le Secrétaire à la Défense, Robert Gates devant le Congrès : «  Il y a certainement pour nous un intérêt à disposer  d’une présence additionnelle ». Des pressions accrues pour modifier l’accord (SOFA), avant le 31 décembre 2011, ont donné lieu à une campagne publique orchestrée par de hauts militaires soulignant l’urgence de la situation et corrélativement à des mouvements de protestations incluant syndicats, parlementaires, la résistance.

- L’Irak sera-t-il l’allié inconditionnel des Etats-Unis ?

Trois élections et quatre gouvernements, n’ont pas permis aux Etats-Unis de recueillir le soutien à sa ligne politique, particulièrement en matière de diplomatie régionale, c’est-à-dire, face à l’Iran, avec lequel un certain nombre de membres du gouvernement irakien avait des liens. Les Américains ont subi échec après échec jusqu’à la conclusion d’un accord… d’armement avec l’Iran, abrogé sous pression américaine,  d’accords économiques à long terme, dont la construction à Kerbala d’un aéroport pour desservir les pèlerins chiites, et l’inclusion de la province de Diyala dans le réseau électrique iranien.

Il n’y a eu aucun dégel face à Israël ; l’opinion publique et les  manifestations font de l’Irak une place forte du soutien (rhétorique) aux Palestiniens. Au lieu de graviter dans l’orbite de l’Arabie Saoudite, le gouvernement de Maliki a gardé ses distances avec les pays du Golfe et n’a toujours pas réglé avec le Koweït la question des compensations réclamées par ce dernier après la première guerre du Golfe. L’amélioration de ses relations avec l’Iran a facilité les relations économiques et politiques avec la Chine et la Russie, créant ainsi d’autres difficultés pour les Etats-Unis.

Rien n’est joué sur la place qu’occupera l’Irak au Moyen- Orient dans les remaniements politico-militaro-économiques régionaux qui se dérouleront au Moyen-Orient.

- Ouvrir la voie à la mondialisation de l’économie irakienne a été accompli dès les premiers jours de l’invasion  avec le démantèlement des 192 entreprises nationales qui constituaient les 30% du produit du pays et soutenaient une portion substantielle du secteur privé. Cela entraîna une dépression pire que celle connue par les Etats-Unis en 1930 à laquelle s’ajouta la dé-baasification du système qui a paralysé tous les services publics dont l’éducation, le secteur hospitalier, l’assainissement des eaux. « Cette thérapie de choc de l’économie » selon la terminologie des néo-libéraux US, devait être suivie d’un train d’investissements pour ériger une économie dynamique. Mais l’âge d’or ne s’est jamais matérialisé car les multinationales ont refusé leur participation et la « reconstruction » des « contractors » n’a qu’aggravé le déclin.

Rien n’est résolu

Devant cette catastrophe économique, les forces civiles du pays (syndicats, parlementaires, fonctionnaires) ont tous demandé de revenir sur les privatisations imposées par l’occupant US par l’utilisation des recettes pétrolières pour financer des programmes, nouveaux ou en cours, proposés par les autorités locales. Depuis deux ans, l’Irak a été le théâtre de nombreuses manifestations sur les questions économiques tant et si bien que le ministre de l’énergie a été obligé de promettre d’engager 70 milliards de dollars sur 10 ans pour la restauration (non  privée) du réseau de distribution d’électricité. Il est à noter que la municipalité de Bagdad a engagé une procédure contre les Américains, pour un milliard de dollars,  pour les dommages causés à l’infrastructure de la ville.

Dès 2008, la poursuite par les Etats-Unis de cette politique néo-libérale devint plus visible et fut même endossée par Obama dans son Message à l’Union en 2011 qui promettait un « partenariat durable avec l’Irak » sous la forme « d’un partenariat dynamique » centré sur  «  la stabilisation de l’économie par l’investissement étranger ». La mise en œuvre revenait au Département d’Etat avec l’expansion d’ « une ambassade extraordinaire avec différentes fonctions » comme décrite par l’ambassadeur US  James Jeffrey dont le personnel totaliserait en 2012, 16 000 personnes.

-La lutte pour le pétrole : contrairement à l’économie, le secteur pétrolier a été maintenu par les Américains sous contrôle de l’Etat irakien pour que ni le flot, ni les recettes du pétrole ne s’interrompent. Le plan US était de quadrupler la production et de transférer les pouvoirs de décision aux compagnies pétrolières internationales, ce qui aurait définitivement torpillé les possibilités de l’OPEP en matière de production et de prix. Mais l’opposition à ces projets a éclaté venant de tous bords et allant du sabotage d’oléoducs à la reprise en main des sites ou au détournement des fonds vers de projets locaux et la résistance armée.

Questions en suspens

Si, avec l’arrivée au pouvoir d’Obama, des contrats d’exploration et de production ont été signés, il n’en reste pas moins que les termes et conditions de ces contrats ont été tels que ces compagnies pétrolières ont refusé de jouer le jeu et ne l’ont fait que lorsque les deux principales compagnies nationales chinoises en ont accepté le cadre à savoir, contrôle du niveau de production par le gouvernement irakien, formation et embauche de personnel irakien, techniciens et administratifs, et royalties de deux dollars par baril de pétrole extrait.

A l’heure actuelle, les questions qui sont en suspens et feront l’objet de luttes sont de savoir si le gaz naturel capté sera sous le contrôle des compagnies ou le gouvernement, si les produits raffinés seront alloués en premier lieu aux Irakiens avant d’être exportés, si les compagnies seront dans l’obligation d’employer des Irakiens en lieu et place de leurs employés non-nationaux.

Rien n’est résolu dans ce domaine et les forces civiles, syndicales, du gouvernement local et la résistance seront là pour que ce combat centenaire pour le pétrole aboutisse à un « commonwealth » irakien.

Source : Professeur Michaël Schwartz, Department of Sociology, Stony Brook University, paru dans International Socialist Review (juillet-août 2011)

Michaël Schwartz

(traduction et synthèse par Xavière Jardez)

http://www.isreview.org/issues/78/feat-iraq.shtml

http://www.france-irak-actualite.com/ 



3 Annexe

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information.

3-1 Bill Van Auken : Les guerres sans fin de Washington.

L’armée américaine est en train de mener simultanément des campagnes d’attaque de missiles par drones, des bombardements, des opérations à des fins d’assassinats par les forces spéciales et des combats au sol dans cinq pays différents: Irak, Afghanistan, Pakistan, Libye et Yémen.

Le président Barack Obama qui doit en grande partie sa victoire électorale en 2008 à l’écœurement populaire ressenti par des millions d’Américains à l’égard des guerres d’agression lancées par le gouvernement Bush en Afghanistan et en Irak, a plus que rempli les prédiction de George W. Bush concernant les « guerres du 21ème siècle. »

Il a surpassé son prédécesseur républicain en un point au moins.

Bush avait proclamé une doctrine infâme affirmant que l’impérialisme américain avait le droit de mener une guerre contre tout pays qu’il reconnaissait comme étant, maintenant ou n’importe quand dans l’avenir, une menace potentielle.

Il adopta le principe de la « guerre préventive », une forme de guerre agressive pour laquelle les dirigeants du Troisième Reich encore vivants furent jugés à Nuremberg.

En justifiant la guerre contre la Libye, Obama a promulgué sa propre doctrine qui se passe même du prétexte d’une menace potentielle comme justification pour la guerre. Au lieu de cela, il affirme que les Etats-Unis sont dans leur droit de mener une guerre partout où ils jugent que leurs « intérêts et leurs valeurs » sont en jeu même si les objectifs de l’attaque ne représentent aucune menace concevable à la sécurité américaine.

Dans son discours sur la Libye, Obama a inclus parmi les inviolables valeurs américaines le « maintien du flux commercial »,     c’est-à-dire, le flux de profits dans les caisses des compagnies pétrolières américaines et d’autres grands groupes.

Même au moment où, il y a près de trois mois, des missiles de croisière pleuvaient sur la Libye, Obama avait cyniquement fait valoir que Washington avait lancé la guerre par crainte qu’une répression menée par le gouvernement libyen du colonel Mouammar Kadhafi éteindrait « le printemps arabe. »

Quelle hypocrisie!

La véritable attitude de Washington à l’égard des aspirations démocratiques des peuples du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord s’est traduite sans ambiguïté dans une série d’actions survenues ses derniers jours.

Obama a accueilli à la Maison Blanche le prince héritier du Bahreïn, une dictature monarchique qui, avec le l’appui tacite des Etats-Unis et le soutien militaire ouvert du principal allié de Washington dans la région, l’Arabie saoudite, a impitoyablement réprimé un mouvement de masse en faveur de droits démocratiques, tuant des centaines de personnes, en emprisonnant des milliers d’autres et en torturant systématiquement les détenus.

Le prince est arrivé quelques jours à peine après que le régime eut ouvert un procès militaire contre des médecins et des infirmiers. Interpellés pour avoir traité des manifestants blessés par des forces de sécurité, ces travailleurs médicaux ont été contraints, à l’aide de chocs électriques et de bastonnades avec des planches pourvues de clous, de signer de faux témoignages.

Dans un communiqué official, Obama a « réaffirmé le ferme engagement des Etats-Unis à l’égard du Bahreïn » – dont le régime abrite la cinquième flotte américaine – en louant son monarque pour avoir embrassé le « dialogue » et la « réforme ». Le président américain a généreusement conseillé que « l’opposition et le gouvernement » – les torturés tout comme les tortionnaires – « doivent trouver un compromis pour forger un avenir juste pour tous les habitants du Bahreïn. »

Le New York Times a révélé que de l’autre côté de la péninsule arabe, les Etats-Unis « étaient en train d’exploiter un vide grandissant du pouvoir » créé par cinq mois de soulèvement de masse contre la dictature au Yémen, le pays le plus appauvri de la région, soutenue par les Etats-Unis pour y lancer une nouvelle guerre en recourant à des frappes de missiles tirés depuis des drones et à des attaques d’avions de combat.

Tout en étant prétendument dirigées contre des éléments d’Al Qaïda, tout indique que les attaques visent à sauver le régime du président Ali Abdullah Saleh, et ce tout en facilitant le départ du dictateur d’une présidence qu’il avait occupée durant 33 ans.

La première frappe relatée dans ce nouveau théâtre de guerre débutée par le Pentagone a tué au moins quatre civils ainsi que plusieurs prétendus « militants. »

En Libye, la guerre Etats-Unis/OTAN touche à la fin de son troisième mois avec une intensification des bombardements incessants menés pour terroriser et qui ont coûté la vie à des centaines de civils et à un nombre incalculable de soldats libyens.

Washington et ses alliés européens ne cachent pas leur véritable objectif, qui est un « changement de régime », dans cette guerre lancée sous le prétexte cynique de protéger des civils, c’est-à-dire la mise en place d’un Etat fantoche garantissant la domination de l’impérialisme et des principales compagnies pétrolières occidentales.

C’est cela la véritable réponse de l’impérialisme américain au « printemps arabe » – une explosion du militarisme au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, une tentative désespérée d’étayer les dictatures servant ses intérêts dans la région, et une détermination à étrangler les luttes révolutionnaires des travailleurs et de la jeunesse arabe.

Ces nouvelles interventions militaires s’ajoutent aux guerres et aux occupations qui durent déjà depuis une décennie en Afghanistan et en Irak et qui, comme il apparaît de plus en plus clairement, doivent continuer indéfiniment.

Lors d’une audience de confirmation jeudi devant le Sénat, le directeur de la CIA, Leon Panetta, choisi par Obama pour remplacer le chef du Pentagone sortant, le secrétaire à la Défense Robert Gates, a reconnu qu’il était « tout à fait persuadé » que le régime en Irak réclamerait prochainement que Washington maintienne des milliers de soldats américains sur le sol irakien après la date butoir du retrait des troupes, le 31 décembre 2011.

Panetta a clairement fait comprendre que Washington veut maintenir les troupes en lieu et sur place « pour s’assurer que les gains que nous avons fait en Irak soient maintenus. » Le fait que la grande majorité de la population irakienne pour qui l’occupation américaine a signifié la mort, la mutilation et le déplacement de millions de gens, veut que les 47.000 soldats américains quittent maintenant le pays est hors de propos.

L’homme que Panetta remplacera, le secrétaire à la Défense Gates, a souligné à maintes reprises au cours de ces derniers jours que la date butoir de juillet 2011 qu’Obama avait fixée pour le retrait d’Afghanistan ne devrait entraîner aucune réduction significative du déploiement des quelque 100.000 soldats américains.

Après la réunion du week-end avec les commandants militaires en Afghanistan, Gates a fait remarquer que tout retrait serait « modeste » en disant à Bruxelles aux ministres de la Défense de l’OTAN qu’il « n’y a aucune urgence de notre part pour un retrait. » Entre-temps, de nouvelles atrocités sont commises chaque semaine avec des victimes civiles causées au-delà de la frontière pakistanaise par des bombardements, des raids nocturnes menés par les forces spéciales et des attaques de missiles par drones.

Les travailleurs, les étudiants et la jeunesse aux Etats-Unis sont de plus en plus obligés de porter le fardeau d’une politique de guerre sans fin visant à forger un empire mondial servant les intérêts de l’oligarchie financière américaine. Une élection après l’autre et un sondage d’opinion après l’autre ont montré qu’une vaste majorité de la population est opposée à ces guerres, et pourtant cette opposition ne trouve pas son expression dans le système politique bipartite ou dans les médias qui sont à la botte des grandes entreprises.

Les travailleurs sont parfaitement conscients que des milliers de milliards de dollars sont dépensés pour ces guerres et pour le complexe militaire industriel américain, en dépit du fait que les gouvernements tant au niveau fédéral, qu’au niveau régional et local, dirigés tant par les Démocrates que les Républicains, disent qu’il n’est pas possible de trouver de l’argent pour financer des emplois, des salaires décents, les soins de santé, l’éducation ou des services sociaux vitaux.

De plus, la tentative de l’élite dirigeante américaine d’utiliser le militarisme pour pallier au déclin de sa position dans l’économie mondiale, engendre des tensions internationales de plus en plus dangereuses et une menace de guerres à venir encore plus sanglantes.

Alors même que l’hostilité à ces guerres s’accroît, les manifestations anti-guerre ont presque complètement disparus, asphyxiées qu’elles sont par une couche petite bourgeoise jadis de gauche qui soutient Obama et qui s’est en grande partie intégrée dans le Parti démocrate.

Un nouveau mouvement contre la guerre ne peut être construit que sur la base d’une rupture irrémédiable avec les Démocrates et une mobilisation indépendante de la classe ouvrière contre le gouvernement Obama et le système de profit capitaliste, source de guerre et de militarisme.

Internationalnews

WSWS  

16 juin 2011

 (Article original en anglais paru le 11 juin 2011)

http://www.internationalnews.fr/article-les-guerres-sans-fin-de-washington-par-bill-van-auken-76987181.html 


3-2 Manlio Dinucci : La contre-manœuvre fantastique.

Notre cœur saigne quand nous pensons qu’un des mérites de ce gouvernement  était de n’être jamais allé mettre la main à la poche des militaires : c’est ainsi que le président du Conseil a annoncé des coupes drastiques dans le budget de la défense. La manœuvre anti-déficit, précise le ministre de l’économie, peut être réalisée en réduisant surtout la dépense militaire, qui a grimpé jusqu’à 25 milliards d’euros annuels, l’équivalent (en argent public) d’une grosse loi des finances. Il faut pour cela un engagement de cohésion nationale, souligne quant à lui le président de la république, qui a immédiatement promulgué le décret-loi. En tant que garant suprême de la Constitution, il avait déjà relevé que l’engagement militaire en Libye et Afghanistan viole le principe fondamental de l’article 11. Le décret-loi établit le retrait de nos forces et bases de la guerre de Libye, qui a déjà coûté à l’Italie plus d’un milliard d’euros, auxquels s’ajoutent divers milliards de dommages collatéraux à notre économie. À la bonne heure, a commenté le secrétaire du plus grand parti d’opposition, opposé à celle qu’il a définie comme une guerre d’empreinte coloniale. Sera aussi retiré le contingent italien en Afghanistan. Et sera ainsi épargné un milliard et demi d’euros annuels, plus d’autres coûts : environ 25 millions pour les militaires déployés pour la mission dans les Emirats arabes unis et au Bahrein, plus 80 millions pour les contrats d’assurance et transport, et pour la réalisation d’infrastructures. L’aéronautique contribuera aux sacrifices imposés par cette manœuvre en renonçant aux 131 chasseurs F-35, dont le coût prévu à 15 milliards d’euros continue à gonfler. La marine contribuera en renonçant à de nouveaux porte-avions du type Cavour (coût un milliard et demi), à d’autres navires d’assaut amphibie du type San Giorgio (un demi milliard pièce) et autres frégates Fremm (350 millions pièce). Ces mesures, relèvent les commissions défense de la Chambre et du Sénat, sont nécessaires aussi  parce que ces systèmes d’arme sont  conçus non pas pour la défense de la patrie mais pour la projection de puissance. D’autres coupes seront proposées par la commission parlementaire d’enquête qui est en train faire des investigations sur la « coopération au développement sous forme de don» gérée par le ministère des affaires étrangères en fonction des missions militaires.

Par exemple, en 2011 on dépense plus de 25 millions pour la stabilisation en Irak et au Yémen, alors que l’Italie est de plus en plus déstabilisée par les coupes dans les dépenses sociales.  36,5 autres millions d’euros sont dépensés en Afghanistan en 2011, en particulier pour le soutien aux petites et moyennes entreprises dans la zone de la frontière avec le Pakistan, alors qu’en Italie les fonds pour soutenir les PMI se raréfient. Ces gaspillages et d’autres encore prendront fin avec le décret-loi qui instaure le retrait d’Afghanistan. Décret-loi qui sera voté aussi par le sénateur Marco Perduca (Pd), qui, par contre, avait auparavant voté pour le refinancement de la mission. Il retirera en conséquence sa proposition, faite le 26 juillet, de « transformer l’opium produit en Afghanistan en médicaments analgésiques, à utiliser pour faire face à l’urgence humanitaire en Somalie ».

Dommage qu’aille ainsi se perdre une idée géniale pour anesthésier l’opinion publique opposée à la guerre".

Apostille de la traductrice :

Les positions politiques décrites dans cet article satyrique sont exactement à l’opposé de la réalité. Par exemple, le président du Conseil Berlusconi qui annonce ici les coupes dans le budget militaire a annoncé en réalité des coupes dans les dépenses sociales, en se déclarant navré car son gouvernement n'était "jamais allé mettre la main à la poche des Italiens”. Le président de la république Napolitano, lui, a en réalité été le principal artisan de la participation italienne à la guerre en Libye.

Le secrétaire du plus gros parti d’opposition (Partito democratico), Bersani, s’était bien écrié “à la bonne heure !” : mais au moment où l’Italie est entrée en guerre contre la Libye, en définissant cette intervention comme une opération humanitaire et de défense du droit international.

Les chiffres de la dépense militaire sont par contre absolument réels.

 


3-3 Domenico Losurdo : La Syrie vue depuis l’Irak.

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information

Informations tragiques et détails effarants arrivent de ce pays, mais il est difficile de distinguer entre la vérité et la manipulation, entre les protestations légitimes et les tentatives infâmes de déstabilisation.

 Il peut cependant s’avérer utile de regarder vers la Syrie à partir non pas de l’Occident mais, par exemple, de l’Irak.

L’occasion nous en est fournie par un article de Tim Arango sur l’International Herald Tribune du 30-31 juillet. Lisons

« En Irak, la Syrie représente encore quelque chose de semblable à un oasis. Les Irakiens commencent à se réfugier là-bas pour fuir la guerre dirigée par les Usa et le bain de sang de la violence sectaire qui s’en suit. Au cours de la guerre, la Syrie a accueilli environ 300 mille réfugiés irakiens, plus que n’importe quel autre pays de la région (d’après le Haut Commissariat Onu pour les réfugiés).

Ces jours-ci (1er août 2011),  même si la Syrie doit faire face à ses désordres, rares sont les Irakiens qui rentrent chez eux. En effet, les Irakiens qui partent pour la Syrie sont beaucoup plus nombreux que ceux qui rentrent dans leur patrie ». 

Les Irakiens fuient non seulement pour laisser derrière eux la guerre qui continue à sévir, mais aussi parce qu’ils n’en peuvent plus d’un pays caractérisé par l’inefficience et la corruption des services publics. Oui, « la Syrie est vue comme un pays où il est meilleur de vivre ». 

Interrogés par l’International Herald Tribune, les Irakiens s’expriment avec simplicité et efficience. Se référant à la Syrie, ils disent : « Là-bas la vie est belle, là-bas les femmes sont belles » (il n’y a pas d’obligation de port du voile). En tous cas, « il y a là-bas une chose importante : liberté et sécurité partout ». C’est à partir de cette conviction diffuse que, « à cause des vacances estivales, le nombre des personnes qui abandonnent l’Irak  pour la Syrie a augmenté ».  

Mais que disent ceux qui se sont déjà établis dans ce pays (on présume dans les régions les plus tranquilles) ? Interrogé, toujours, par le quotidien étasunien, un Irakien témoigne : en effet, à la télévision le spectacle qui est offert de la Syrie est assez inquiétant, mais « quand je téléphone à ma famille, ils me disent que tout est ok » !

Le cadre ici tracé est certainement unilatéral et excessivement rose. Mais ceux qui, après avoir déchaîné la guerre et avoir provoqué directement ou indirectement des dizaines et dizaines de milliers de morts, ont réduit l’Irak à des conditions, aujourd’hui encore, catastrophiques au point de faire apparaître la Syrie comme un « oasis », ceux-là n’ont de leçons à donner ni à l’un ni à l’autre de ces pays. Pour rester au Moyen-Orient : ceux qui, alors qu’ils continuent à bombarder la Libye, sans hésiter à massacrer les journalistes et les techniciens de la télévision de ce pays, prétendent donner des leçons sur les « droits humains » et rêvent d’une nouvelle « guerre humanitaire », ceux-là démontrent qu’ils ont perdu jusqu’au sens de la pudeur et du ridicule.

Domenico Losurdo

Edité sur le blog de l’auteur le 1er août 2011.
http://domenicolosurdo.blogspot.com/
Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio



Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières,les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

  • " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19


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28/09/2011

n°518 - Journal d'Irak - 28/07au 27/09 - : Début - : Guerres américaines au P-O en dix ans : 225 000 morts et 3700 milliards de $ .


n°518   - Journal d'Irak -  28/07au 27/09 - : Début -  : Guerres américaines au P-O en dix ans : 225 000 morts et 3700 milliards de $ . 



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.Sa diffusion est un acte de résistance.

Les médias occidentaux dans leur large majorité ont de tout temps accepté les versions des armées occupantes et ferment les oreilles aux autres sources.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!



Journald'Irak

n°518                 du 28/07                   au 27/09/11

C.De Broeder & M.Lemaire



Le " Journal d’Irak  " est visible  sur ...

a) sur mes  blog : http://www.dhblogs.be/categories/International.html

                              http://www.lalibreblogs.be/categories/International.html

b) sur le site http://turkmenfriendship.blogspot.com/2007/10/journal-dirak-de-m-lemaire.html

c) sur le site de Eva Resis  : no-war.over-blog.com

d) Et Sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

e) sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 


Si vous voulez-nous contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire :

Tiré à part :

Morice : Le rapport ignoré pendant cinq ans qui condamne un crime abominable.

Guerres américaines au P-O en dix ans : 225 000 morts et 3700 milliards de $ . 

AFP : Irak, Afghanistan: 30 Mds$ gaspillés.

Gilles Munier : Une révolution arabe occultée.

Alkhbar :Le pétrole de l’Irak : l’histoire d’un vol inimaginable

Les troupes américaines ont besoin d'une immunité pour rester en Irak.

Dommages Collatéraux... le Pentagone prolonge

K. Selim : La retraite des assassins

1 La résistance contre l'agresseur

b) Occupation  : Analyse & déclaration

Fin

2 Politique -  Irak

Maliki

Nouri al-Malikiva signer un accord pour le maintien de troupes américaines dans son pays…

b) Les grandes manœuvres

Moqtada al-Sadr rejette toute présence américaine après 2011

c) Sur le terrain

L’Irak va négocier avec les Etats-Unis le maintien de "formateurs" 

b) Des occupants 

Usa

Extension ?

Une série d’attaques frappe plus d’une quinzaine de villes…

3 Lutte pour la libération du territoire

L’Irak en chiffres (depuis le début de la guerre de conquête en mars 2003) 

4 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

4-1 Wikileaks et Cantona servent-ils à quelque chose?

5 Les brèves

5-1 L''Irak récupère 216 millions de dollars en France et au Koweït.

6 Dossier & Point de vue

6-1 Guy Delorme : Syrie/Irak/Iran : Un gazoduc très politique.

6-2 Total sera jugé pour corruption en Irak .

6-3 LEMONDE.FR, Reuters : La participation de la Grande-Bretagne à l'invasion de l'Irak était liée aux intérêts des firmes pétrolières britanniques.



Tiré à part :

Morice : Le rapport ignoré pendant cinq ans qui condamne un crime abominable.

 lTribune Libre >

Je vous l'ai dit à plusieurs reprises : on a commis des crimes de guerre et on a cherché à en masquer certains, en Irak comme en Afghanistan.

Aujourd'hui, l'une des pires exactions du genre vient d'être révélée.

On sait aujourd'hui comment ça s'est passé.

Et ce n'est certes pas à l'honneur de ceux qui ont pu faire ça.

Il faudra qu'un jour la clique de Cheney, de Rumsfeld et de Bush rende compte de ses crimes de guerre, sinon de crimes contre l'humanité comme on peut aisément le faire pour les deux attaques sur Faludjah et l'emploi lors de ces assauts d'armes prohibées par l'ensemble des nations civilisées. Aujourd'hui, cinq ans après les faits, l'Irak elle-même, mise sous pression par les révélations de Wikileaks, vient de demander à réouvrir un dossier que l'on avait soigneusement enterré avec les victimes, dont cinq enfants en bas âge, abattus comme des animaux par des soldats US.

C'est l'envoyé de l'ONU,  Philip Alston, venu enquêter sur de possibles crimes de guerre, qui vient de rédiger un mail à l'adresse de plusieurs journaux qui nous explique une nouvelle fois les faits. Ils sont atroces. Il était venu enquêter 12 jours à peine après les faits, mais on n'apprend qu'aujourd'hui ses conclusions, qui ont donc bien été étouffées depuis. Le 15 mars 2006, des soldats américains, en s'approchant d'une maison d' Ishaqi, tout près de Tikrit, appartenant à un fermier, Faiz Harrat Al-Majmae, pris selon eux sous un tir, ont investi en trombe la maison et ont arrêté tous ses occupants, en les menottant, selon les témoignages recueillis, dont celui d'Ibraheem Hirat Khalaf, le propriétaire de la maison, qui avait tout vu, habitant à une centaine de mètres de là à peine. L'histoire en était resté là : on avait retrouvé de petits corps d'enfants, mais ils avaient été jugés comme étant les victimes collatérales du bombardement, placés donc dans la catégorie "peanuts" habituelle pour l'administration américaine : 11 morts de plus, dont on avait les identités exactes, cependant. Un journaliste, Matthew Schofield du journal Knight Ridder en avait dressé la liste précise, avec les âges. Un vieillard de 75 ans, Turkiya Muhammed Ali, cinq personnes de plus de vingt ans, Faiza Harat Khalaf, 30 ans, Faiz Harat Khalaf, 28 ans, Um Ahmad, 23 ans, Sumaya Abdulrazak, 22 ans et Aziz Khalil Jarmoot, 22 ans et cinq enfants de 6 mois à 5 ans : Hawra Harat Khalaf, 5 ans, Asma Yousef Maruf, 5 ans, Osama Yousef Maruf, 3 ans, Aisha Harat Khalaf, 3 ans et Husam Harat Khalaf, un bébé de 6 mois. Selon le témoin de la scène, après les coups de feu, les hélicoptères avaient tiré six missiles sur la maison pour la réduire en morceaux.

On en serait resté là, si Alston n'avait pas enquêté plus loin sur cet étrange bombardement après des arrestations d'enfants et d'adultes. Ce qu'il allait découvrir et resurgir coinq ans après les faits était innommable. En recueillant notamment les dires du Lt. Col. Farooq Hussain, de la police irakienne, qui lui avait confirmé l'horreur. Ce dernier lui a en effet révélé que toutes les victimes avaient bien été menottées (les adultes) mais qu'elles avaient toutes été tuées chacune d'une balle dans la tête. Un journaliste de Reuters, Amer Amery, lui ayant confirmé que  "l'autopsie avait été effectuée à l'hôpital de Tikrit et qu'elle avait trouvé que toutes les victimes avaient des blessures par balles à la tête". Les corps, retrouvés les mains liées, "avaient été jetés dans une pièce avant que la maison ne soit détruite", avait déclaré Hussain. "La police avait même retrouvé les cartouches employées par les soldats US dans les décombres." On est en face de la révélation d'un crime de guerre manifeste, révélé aujourd'hui cinq ans après les faits, bien que dès le mois de mars 2006, cette histoire avait été décrite telle quelle lors d'une émission de radio aux USA, faite par le mouvement Democracy Now. Cinq ans que l'on savait, et cinq ans que les médias US s'étaient tus. Alors que l'on disposait également d'un reportage filmé et de photos de l'événement ! Et même de deux reportages ! Le 2 juin 2006, la BBC avait diffusé une deuxième prise vidéo du massacre, qui selon elle, mettait déjà en cause la version officielle : y était rappelé au passage le massacre d'Haditha, qui avait fait, rappelons-le 24 victimes. Cette fois-ci, il y en avait 11, dont cinq enfants. La BBC mettait déjà en cause le fait que la maison se serait effondrée à la suite d'un échange de tir nourri, la première version donnée par les américains de l'événement. En 2006, pourtant, la presse avait bien relaté les faits.

 

Même le Figaro en avait fait part. et de façon fort correcte : "Un nouveau scandale guette l’armée américaine. Après les révélations sur le massacre d’Haditha, la BBC diffuse depuis jeudi soir les images de onze cadavres, adultes et enfants, tués dans le village d’Ishaqi, situé à 100 kilomètres au nord de Bagdad. Selon la police irakienne, ils auraient été délibérément abattus par les troupes américaines le 15 mars. Toujours selon la chaîne britannique, qui cite un porte-parole des forces américaines en Irak, Washington a ouvert une enquête. La BBC affirme avoir reçu cette vidéo d'un groupe sunnite opposé à la présence des forces américaines en Irak et estime que ces images contredisent la version officielle des événements, élaborée par les Etats-Unis. Selon les représentants des forces américaines en Irak en poste au moment des faits, quatre civils irakiens seraient morts après une fusillade impliquant des soldats américains qui recherchaient un militant d'al-Qaida signalé dans une maison d'Ishaqi. Selon les militaires américains, ces civils seraient morts dans l'écroulement de leur maison, sous l'effet de la fusillade. Dans cette version officielle des faits, les victimes sont un militant présumé d'al-Qaida, deux femmes et un enfant. Mais selon un rapport de la police irakienne cité par la BBC, les troupes américaines auraient délibérément tué onze personnes dans cette maison, dont cinq enfants et quatre femmes, avant de faire exploser le bâtiment. Sur les images diffusées par la chaîne, on aperçoit plusieurs corps, dont ceux de trois enfants. L’un d’entre eux est couvert de sang. Pour la BBC, les images montrent clairement que les adultes et les enfants ont été tués par balles". Pourquoi donc ce texte, tteès précis, était-il tombé dans l'oubli depuis 2006 C'est encore un des télégrammes interceptés par Wikileaks qui a rappelé aux irakiens les faits. Mais la BBC n'avait pas plus été écoutée que les autres. La raison ? Les sources qu'elle avait utilisées : "la bande vidéo obtenue par la BBC montre un nombre d'adultes et d'enfants morts sur le site avec ce que notre rédacteur en chef des affaires extérieures, John Simpson, affirme être clairement des blessures par balles. Les photos proviennent d'un groupe extrémiste sunnite opposée aux forces de la coalition". Planait sur le document le spectre de la fabrication : en fait il était brut de décoffrage et nullement retouché. Le bombardement de la maison avait donc été décidé pour camoufler les crimes. Pourquoi ne l'apprend-t-on qu'aujourd'hui ? L'enquêteur de l'ONU nous a donné depuis sa version : selon lui, a-t-il déclaré dans un courriel adressé à une chaîne de journaux, c'est "le fait que le système complexe de communications qui est en place à l'ONU empêche le Human Rights Council d'assurer le suivi lorsque des États ignorent les questions soulevées avec eux." Les Etats-Unis, qui savaient douze jours après qu'ils avaient commis un atroce crime de guerre, auront réussi à le cacher cinq ans, en en empêchant sa divulgation. En plus du premier crime, il en a bien un second, celui d'avoir tout fait pour qu'on l'ignore.

Erreur ! Nom du fichier non spécifié.

Exactement comme en Afghanistan, avec le cas Steven Dale Green qui avait assassiné la petite Abeer Qassim Al-Janabi et toute sa famille, ou en Afghanistan, à Kunduz, notamment, où on a massacré en masse en offrant après quelques dollars en compensation. On attend toujours q'un tribunal pénal international se décide à juger les véritables responsables de ces crimes abominables. Ce n'est pas tout de mettre la main sur le cœur, encore faut-il assumer ne pas savoir s'en servir (*).

PS : Je m'étais toujours jusqu'ici promis de ne pas mettre des photos de cadavres dans mes articles afin de ne pas provoquer une compassion déplacée. Cette fois-ci, je vous l'avoue, la coupe est pleine, et c'est un homme révolté qui revient sur ce qu'il avait pu décider jadis : cette fois, trop, c'est trop !

(*) à ce propos, il y en a un au moins qui commence à se poser des questions sur son sort

lundi 5 septembre  

Morice


Guerres américaines au P-O en dix ans : 225 000 morts et 3700 milliards de $ . 

Les guerres que les Etats-Unis ont provoqué depuis le 11-Septembre ont causé la mort d'au moins 225 000 personnes et entraîné un coût d'au moins 3700 milliards de dollars, selon une étude américaine publiée cette semaine par l'université Brown.
Les chercheurs, dirigés par les Pr Neta Crawford et Catherine Lutz, se sont penchés sur les guerres en Irak, en Afghanistan ainsi que sur la campagne anti-terroriste menée au Pakistan.
Selon eux, "une estimation extrêmement prudente du bilan des victimes directes de ces guerres s'élève à ce stade à 225 000 morts et environ 365 000 blessés".
Le nombre de soldats tués est ainsi de 31 741 selon ce rapport, dont environ 6000 Américains, 1200 soldats alliés, 9900 Irakiens, 8800 Afghans, 3500 soldats pakistanais ainsi que 2300 membres de sociétés militaires privées !
Une majorité de victimes civiles
Les civils paient le plus lourd tribut: 172 000 morts (125 000 Irakiens, 35 000 Pakistanais et 12 000 Afghans).
Les chercheurs n'évaluent en revanche qu'entre 20 000 et 51 000 le nombre total d'résistants éliminés.
Quelque 168 journalistes et 266 travailleurs humanitaires ont par ailleurs été tués depuis que les Etats-Unis se sont engagés dans ces pays dans la "guerre contre le terrorisme".
Ces conflits ont engendré un flot massif de réfugiés et de personnes déplacées de plus de 7,8 millions de personnes, surtout en Irak et en Afghanistan.
Le coût cumulé de ces guerres est faramineux si l'on en croit cette étude: au minimum 3700 milliards de dollars, ce qui représente le quart de la dette américaine.

02/07/2011

http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?eid=21686&cid=13&fromval=1&frid=13&seccatid=15&s1=1

 


AFP : Irak, Afghanistan: 30 Mds$ gaspillés.

Une gestion hasardeuse des contrats passés par le Pentagone dans le cadre des conflits en Irak et en Afghanistan, avec les sociétés de sécurité privées par exemple, a entraîné un gaspillage de 30 milliards de dollars, affirme une commission d'enquête du Congrès américain. En outre, ces erreurs de gestion ont miné l'image des États-Unis à l'étranger et encouragé la corruption dans ces deux pays, indique la commission sur les contrats en temps de guerre, où figurent des républicains comme des démocrates, qui remettra un rapport sur la question mercredi au Congrès.
"Des dizaines de milliards de dollars du contribuable ont été gaspillés en raison d'un manque de planification, de demandes imprécises et fluctuantes, de mises en concurrence inadaptées, de critères insuffisants de contrôle et de surveillance", indiquent les deux coprésidents de la commission, Christopher Shays et Michael Thibault, dans une tribune publiée dimanche dans le Washington Post. Les deux hommes évoquent également des problèmes de coordination entre les nombreuses agences gouvernementales américaines mais aussi les comportements fautifs ou négligents d'employés fédéraux comme des contractants. "Le gouvernement et les contractants doivent faire mieux", disent-ils.
L'armée américaine s'est énormément appuyée sur les contractants tiers, en particulier les sociétés de sécurité privées, au cours de la dernière décennie. "Les Etats-Unis dépendent trop des contractants", estiment MM. Shays et Thibault, prévenant que 30 autres milliards de dollars, voire plus, pourraient être gaspillés si les gouvernements afghan et irakien "ne sont pas capables ou ne veulent pas soutenir les projets financés par des fonds américains après la fin de nos interventions".

29/08

AFP


Gilles Munier : Une révolution arabe occultée.

Le tour révolutionnaire que pourraient prendre les « Printemps arabes » suscite l’inquiétude des impérialistes occidentaux. De crainte que la contagion ne s’étende à tous les régimes autocratiques pro-américain, l’opposition au Bahreïn et à Oman a été étouffée et la Libye bombardée. La Syrie est dans la ligne de mire.

En Irak, la chape de plomb médiatique qui s’est abattue sur la révolution arabe -  et kurde - permet à Nouri al-Maliki et Massoud Barzani de réprimer sauvagement la contestation.

Depuis le 30 janvier 2011, de Bassora à Soulinaniya - Kurdistan irakien - en passant par Mossoul et la Place Tahrir de Bagdad, des dizaines de milliers d’Irakiens défilent presque tous les vendredis en criant: « Maliki dégage ! », « Barzani, dégage ! », « Non à l’occupation ». La presse internationale a d’abord rendu compte des manifestations et de leur répression sanglante, puis s’est tue, brusquement. Cela a permis au Premier ministre irakien, Nouri al-Maliki, calfeutré derrière les murs fortifiés de la Zone verte, de déclarer que l’Irak est « la région la plus sûre du monde arabe ». Autrement dit, à l’attention des journalistes curieux : « Circulez, il n’y a rien à voir… ».

Le Pew Research Center (PRC), qui recense les sujets traités dans les médias, a constaté qu’aux Etats-Unis, entre le 31 janvier et le 6 février dernier, 56% d’entre eux étaient consacrés aux troubles dans les pays arabes dont l’Irak, mais qu’ils n’étaient plus que 12% fin avril. Concernant l’Irak, les articles ne portaient que sur les attentats, alors que des manifestations se déroulaient régulièrement. « Cela donne une vision très déformée du pays », conclu le think tank.

Crime cybernétique

Faute de couverture des événements, les chercheurs se rabattent sur des agences irakiennes indépendantes comme Awsat al-iraq ou, pour le Kurdistan, sur les sites Rudaw.net ou KurdishMedia.com. Une des principales sources d’information sur le développement de la contestation en Irak est la page Facebook de la « Grande révolution irakienne », mais peut-être plus pour longtemps. En effet, le gouvernement s’apprête à assimiler à un « crime cybernétique » la diffusion sur Internet de messages appelant à manifester , ou qui rendent compte des rassemblements anti-gouvernementaux, arguant que cela trouble l’ordre public et peut déboucher sur une « rébellion armée ». Les contrevenants risqueront… la prison à vie et de 25 à 50 millions de dinars d’amende (16 250 à 32 500 euros). Pas impressionnés pour autant, plus de 36 000 personnes se sont inscrites sur les réseaux sociaux pour participer au prochain grand rassemblement contestataire, baptisé Aube de la libération, qui se tiendra le vendredi 9 septembre prochain sur la Place Tahrir à Bagdad et dans les gouvernorats. Ses organisateurs, outre La Grande révolution irakienne, sont entre autre l’Alliance du 25 février, le Mouvement populaire pour sauver Kirkouk et les Etudiants et organisations de jeunesse de l’Irak libre. Qui en a entendu parler, au moment où les médias gavent leurs lecteurs d’extraits de déclarations mensongères du Conseil national de transition libyen et de communiqués invérifiables d’organisations syriennes inconnues ? En mai, dans son discours consacré aux révolutions arabes, le président Obama ne s’est évidement pas offusqué  que l’Arabie, les émirats du Golfe et l’Irak soient parmi les pays les moins démocratiques au monde.

Menace intérieure

Les « 100 jours » que s’était donné Nouri al-Maliki , fin février, pour améliorer les services publics, réduire le chômage et éradiquer la corruption, n’étant que de la poudre aux yeux, début juin il ne restait plus aux Irakiens qu’à manifester à nouveau leur colère. Human Right Watch (HWR) affirme qu’à Bagdad, le vendredi 10 juin, des nervis pro-Maliki armés de planches, de couteaux et de tuyaux en fer ont battu et poignardé des manifestants, agressé sexuellement des femmes participant à la manifestation. Cent cinquante policiers et militaires en civil infiltraient le rassemblement. Les 17 et 24 juin, les forces de sécurité présentes pour protéger les contestataires, aidaient ouvertement les voyous.

Au Kurdistan, où règnent en force le népotisme et la corruption, les affrontements sont des plus violents. Parmi les nombreux tués : Swrkew Qaradaxi, un jeune de 16 ans abattu en février à Soulimaniya par les miliciens barzanistes, et devenu le symbole de la contestation. Son père, ancien peshmerga, accuse la clique dirigeante de tirer sur son propre peuple pour garder le pouvoir : « Saddam Hussein était un ennemi extérieur au Kurdistan », dit-il, « mais maintenant nous en avons un à l'intérieur: le gouvernement kurde tue les Kurdes. C’est bien pire ».Amnesty International demande aux autorités régionales d’enquêter sur attaques visant les défenseurs des droits humains : fusillades, enlèvements, tortures.

Le projet gouvernemental ubuesque de parquer les contestataires dans trois stades de Bagdad - au nom du droit à manifester sans gêner les commerçants (!) - n’était pas réalisable. En cas de troubles graves – c'est-à-dire mettant en danger la Zone verte – Nouri al-Maliki qui truste les fonctions de ministre de la Défense et de président du Conseil national de sécurité, s’est assuré en mars dernier du soutien du général kurde Babacar Zebari, chef d’Etat major de l’armée. Ce dernier, favorable au maintien de troupes américaines en Irak, se dit prêt à affronter n’importe quelle menace… intérieure.

Gilles Munier

(Afrique Asie – Octobre 2011)


Alkhbar :Le pétrole de l’Irak : l’histoire d’un vol inimaginable 

En Irak, les chiffres des ventes de pétrole sont trompeurs. Alors qu’ils ont atteint des records inégalables, le citoyen irakien est hélas celui qui en profite le moins. Les premiers profiteurs sont bien entendu les Américains, suivis par des parties irakiennes corrompues, de main avec les envahisseurs.
L’ex-ministre irakien de pétrole, Issam Tchalabi a dit que les ventes de pétrole durant les 8 dernières années ont dépassé de loin ses ventes tout au long de 80 ans, avec un montant de 289 milliards de dollars, n’incluant pas les comptes gelés de l’ex-président irakien Saddam Hussein.
Durant leur invasion de l’Irak, les Américains ont détruits totalement ou partiellement presque toutes les institutions étatiques irakiennes, à l’exception du ministère du pétrole. Bien au contraire, une unité des Marines a été chargée de le surveiller et d’empêcher les Irakiens de s’en approcher. « Sacro-saint » l’ont alors appelé les Irakiens.
Dans un premier temps, les américains profitèrent de l’absence de compteurs dans les ports pétroliers situés au sud du pays pour imposer leurs estimations du pétrole exporté. Aucun responsable irakien ne s’étant chargé de s’informer si ces compteurs ont été arrachés avant ou après l’invasion...
Selon des experts, le vol de pétrole se faisait via trois moyens :
En manipulant les chiffres des exportations de la part des fonctionnaires américains eux-mêmes, et sous la supervision des autorités militaires et civiles de l’occupation
En doublant le coût des opérations de réinstauration ou de réparation des installations pétrolières irakiennes prise en charge par les sociétés américaines.
En faisant payer aux Irakiens les prix exorbitants des produits manufacturés que les occupants importaient du Koweït
Le montant des fonds irakiens dérobés par les forces de l’occupation est astronomique. Comme en témoignent les propos d’un enquêteur américain chargé d’enquêter sur cette affaire, lequel signale que dans une seule affaire parmi tant d'autres « 7 milliards de dollars des rentrées pétrolières consacrées à la reconstruction ont été dérobés ». Les Américains expliquent l’inefficacité de leurs efforts pour les retrouver par « l’hésitation des Irakiens à collaborer avec la commission d’enquête». Laissant entendre que des parties irakiennes sont impliquées avec des parties américaines dans le partage du montant de ces vols, qualifiés par l’inspecteur général américain pour le programme de reconstruction de l’Irak, Stuart Boyne, comme « l’un des crimes financiers les importants dans l’histoire des Etats-Unis ».
Dans des rapports américains, il est écrit que les petits voleurs américains parmi les entrepreneurs et les hommes politiques hauts placés, « se sont emparés de dizaines de millions de dollars via les pots de vin et les transactions illicites durant les jours chaotiques qui suivirent l’invasion, tout en prétendant que ce sont des responsables irakiens qui s’accaparaient la part la plus importante de ces sommes».
Personne ne sait jusqu’à présent comment les gouvernements irakiens qui se sont succédé dépensent les rentrées pétrolières. Personne ne sait à quel point ils sont libres de les utiliser.
Sachant que depuis l’embargo imposé contre l’Irak, et qui n’a pas encore été suspendu, et depuis la chute de Saddam, les accords onusiens contraignent l’Irak à placer ses rentrées pétrolières dans une caisse spéciale, « la caisse de développement de l’Irak », c’est-à-dire dans la Banque fédérale de New York.
Il découle l’Irak n'a aucune souveraineté sur ces fonds, d'autant plus il est sous le coup du septième chapitre des Nations Unies....

A SUIVRE

Source : Alkhbar
http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?eid=29916&cid=20&fromval=1&frid=20&seccatid=29&s1=1

 

Les troupes américaines ont besoin d'une immunité pour rester en Irak.
Un haut responsable militaire américain a déclaré mardi qu'il faut accorder une immunité de poursuites judiciaires aux troupes américaines dans le cadre de tout accord visant à prolonger leur stationnement en Irak au delà de la date limite de cette année, soulignant le fait que l'Irak doit se décider le plus tôt possible sur l'avenir de la présence des forces américaines.

"Ce genre d'accord, qui inclurait les privilèges et immunités pour nos hommes et femmes américains en uniforme a besoin de passer par le Conseil des représentants (parlement)," a déclaré l'amiral Mike Mullen, le chef d'Etat-major interarmées des Etats-Unis,, lors d'une conférence de presse à Bagdad. 

La demande de M.Mullen d'une immunité pour les troupes américaines qui restent en Irak après la fin de 2011 pourrait compliquer davantage la situation pour le gouvernement d'union irakien, qui a déjà trouvé difficile de persuader les blocs politiques rivaux d'accepter le maintien de certaines troupes américaines au-delà de la date limite.

M.Mullen est arrivé lundi à Mossoul, une ville du nord de l'Irak, pour une visite surprise et y a rencontré les troupes américaines avant de s'envoler pour Bagdad quelques heures plus tard dans le bute de rencontrer les dirigeants irakiens et les inciter à décider rapidement s'ils veulent que les troupes américaines restent dans le pays au-delà la date limite. 

"Je crois qu'ils comprennent également que le temps s'écoule rapidement, or il nous faut un certain temps pour que nous soyions en mesure d'examiner toute autre option," a déclaré M.Mullen à des journalistes.

 "Nous avons vraiment besoin d'une décision maintenant. J'espère que la décision des dirigeants irakiens d'entrer dans des négociations avec les Etats-Unis sera prise très rapidement", a ajouté Mullen.

 Lundi soir, M.Mullen a rencontré le président irakien Jalal Talabani et le Premier ministre Nouri al-Maliki, et a abordé avec eux le besoin urgent d'une décision sur l'avenir des troupes américaines.

 Durant sa rencontre avec Mullen, M. Maliki a confirmé la position de son gouvernement selon laquelle il appartient aux dirigeants des blocs politiques et au parlement de prendre la décision finale, selon un communiqué du bureau de Maliki. 

Maliki espère que les dirigeants politiques vont prendre une décision de principe lors de leur réunion prévue plus tard mardi, après avoir manqué à plusieurs reprises de s'entendre sur une décision finale. 

Les forces militaires américaines se retirent complètement d'Irak d'ici la fin de 2011, selon un accord sur le Statut des forces (SOFA), signé fin 2008 entre Bagdad et Washington. 

M.Maliki a régulièrement indiqué auparavant que le SOFA ne peut pas être renouvelé tel que mentionné dans l'accord, mais qu'il s'attendait à un nouveau type d'accord entre les deux parties pour décider du maintien d'une petite force américaine après la date limite, essentiellement pour la formation des troupes irakiennes.

2 août 2011
http://french.cri.cn/781/2011/08/02/302s249979.htm



Dommages Collatéraux... le Pentagone prolonge

K. Selim : La retraite des assassins

C’est un scandale permanent de savoir que ceux qui ont provoqué cette destruction fondamentale ne seront jamais tenus de rendre des comptes.

Au lendemain d’une série d’attentats particulièrement sanglants, la presse américaine est quasi unanime pour constater que rien n’est réglé en Irak. Des centaines de milliards dépensés et des milliers de vies perdues depuis l’invasion du pays par les troupes américaines en 2003, n’ont pratiquement servi à rien, constate sombrement le New York Times.

Pour les médias américains, le souci principal est que les troupes américaines, censées commencer leur retrait d’ici la fin de l’année, seront contraintes d’y rester. Certains spéculent sur le fait que ces attentats sont un signal iranien indiquant que Téhéran ne laissera pas tomber, sans réagir, son allié syrien qu’il juge sous pression américaine.

Rien ne permet de confirmer toutes ces conjectures. Mais tout est possible dans un pays qui a été littéralement assassiné et massacré par la décision prise par Bush, Cheney, Rumsfeld et les idéologues néoconservateurs d’envahir l’Irak. Ces hommes, qui sont directement responsables de crimes massifs, jouissent d’une paisible retraite.

Le procureur du TPI, qui, à juste titre, a une dent contre les dictateurs africains, ne songerait même pas en rêve à demander des comptes à des criminels qui ont menti à leur peuple et au monde entier pour entreprendre la destruction massive d’un pays.

L’Irak est aujourd’hui sans la dictature de Saddam Hussein mais ce n’est pas un pays libre. C’est un pays qui a été rendu problématique par une agression violente qui a succédé à de longues et éprouvantes années d’embargo. Il faut le souligner, l’Irak n’a pas été détruit au niveau matériel seulement. Bush and Co ont cassé l’âme de ce pays, qui pouvait s’affirmer, malgré la dictature, dans une identité irakienne qui transcende les différences communautaires.

Les journaux américains s’inquiètent du « coût » de la présence américaine en Irak -comme si la guerre n’était pas l’aubaine du complexe militaro-industriel-, mais qui peut estimer ce qui a été perdu pour les Irakiens ? Les divisions sectaires qui sont en train de détruire l’Irak ont été activées par les Américains, et les Irakiens n’arrivent pas à trouver le moyen de refermer la blessure.

C’est un scandale permanent de savoir que ceux qui ont provoqué cette destruction fondamentale ne seront jamais tenus de rendre des comptes. Les mensonges sur les armes de destruction massive martelés comme une évidence et repris, sans le moindre examen critique, par les grands médias américains, peuvent-ils être oubliés ? Les supplétifs politiques d’une guerre pour le plaisir menée par Bush-Cheney ont, à l’instar de Tony Blair, tenté d’inventer, a posteriori, un objectif démocratique à l’expédition. Un autre mensonge de plus. Et l’État de l’Irak aujourd’hui est édifiant sur cet aspect. L’Irak, qui n’en finit pas de se déchirer, est le fruit d’actions menées par des assassins en retraite.

Comment ne pas se souvenir, face à la petitesse sanglante de ces hommes, de la grandeur de l’Américain Ramsay Clark, grand homme et grand combattant de la vérité et de la justice. Ce pourfendeur des Bush père et fils incarne la vraie grandeur des États-Unis.

Selim –

18 août 2011

Éditorial Le Quotidien d’Oran

 


L’irak à vendre

41 entreprises en lice pour les gisements pétro-gaziers.  

Le ministère irakien du Pétrole a choisi 41 sociétés étrangères qui participeront aux appels d'offres pour l'exploitation de douze lots de gisements de pétrole et de gaz qui débutera en janvier 2013, rapporte lundi l'agence Dow Jones citant le ministère irakien.
Le potentiel des nouveaux gisements est estimé à environ 10 milliards de barils de pétrole et près de 820 milliards de mètres cubes de gaz.
Parmi les sociétés choisies par le ministère irakien figurent
les groupes russes Lukoil, Gazprom, TNK-BP, Rosneft, Bashneft, les britanniques BP et Shell, le français Total, le chinois CNPC, l'italien ENI, ainsi que les compagnies américaines Occidental Petroleum, Chevron et ExxonMobil.

Ria Novosti

 


Khaled Desouki :L'Irak récupère 216 millions de dollars en France et au Koweït.

Le gouvernement irakien a récupéré quelque 216 millions de dollars placés sur des comptes de deux anciens dignitaires du régime de Saddam Hussein dans des banques en France et au Koweït, selon la commission irakienne de lutte contre la corruption. |

Le gouvernement irakien a récupéré quelque 216 millions de dollars placés sur des comptes de deux anciens dignitaires du régime de Saddam Hussein dans des banques en France et au Koweït, selon la commission irakienne de lutte contre la corruption.
"D'ici deux mois, grâce à l'aide de l'ambassade des Etats-Unis à Bagdad, 106 millions de dollars déposés à l'Union des banques françaises et arabes (UBAF) et l'équivalent de 10 millions dollars en différentes devises dans d'autres banques françaises, au nom d'un haut dignitaire" de l'époque de Saddam Hussein seront rapatriés en Irak, a indiqué sur son site la commission pour l'Intégrité.

Par ailleurs, à la mi-août, "avec l'aide de l'ambassade des Etats-Unis, 100 millions de dollars ont été retrouvés dans une banque au Koweït également sur le compte d'un ancien responsable de l'ancien régime et ont été transférés au Fonds de développement de l'Irak qui est supervisé par le ministère de la Défense", a-t-elle ajouté.

Khaled Desouki :

Publié le 17.09.2011, 15h18

http://www.leparisien.fr/flash-actualite-monde/l-irak-recupere-216-millions-de-dollars-en-france-et-au-koweit-17-09-2011-1612801.php

 



1 La résistance contre l'agresseur

22/08/2011

L’accord sécuritaire signé entre Bagdad et Washington prévoit un retrait total des forces d’occupation à l’horizon 2011.

Toutefois, les Américains cherchent divers prétextes pour prolonger leur présence.

IRIB-


Analyse

Alors que les troupes américaines se préparent à quitter l'Irak d'ici la fin de l'année, ….

24/08

 Au moins cinq personnes, dont une femme et un enfant, ont été tuées et neuf autres blessés aujourd'hui dans une série d'attaques dans la province de Diyala, au centre de l'Irak, selon des sources de sécurité et hospitalières.
Firas al-Doulaimi, un médecin à l'hôpital général de Baqouba, a confirmé de son côté le bilan de quatre morts et de sept blessés.

AFP - Avec Reuters
http://lci.tf1.fr/filnews/monde/irak-six-personnes-dont-trois-policiers-tuees-dans-de-nouvelles-6662628.html

 


Action de la Résistance :

01.09.

Trente-cinq détenus soupçonnés se sont évadés d'un centre pénitentiaire provisoire de Mossoul, dans le nord de l'Irak, en passant par les égouts, ont fait savoir ce jeudi les autorités.

Vingt et un ont été repris et un couvre feu a été décrété dans ce bastion de la résistance situé à 400 km au nord de Bagdad.

Avec Reuters



 b) Occupation  : Analyse& déclaration

Etats-Unis

Retrait des troupes US, mais déploiement de 3 000 conseillers et instructeurs du privé !!!

Resteront?

Resteront pas?

Si l'on en croit de récentes déclarations du Premier ministre Maliki, le retrait d'Irak des troupes US (46 000 hommes environs) sera total à la fin de l'année, conformément aux accords de 2008. Mais...
"Nous avons acheté et reçu des Américains des armes, des chars, des avions et nous allons acheter des chasseurs (ndla: des F-16) et nous avons des bateaux de guerre. Ce dont nous avons besoin, ce sont des formateurs", a-t-il déclaré lors d'un entretien à la chaîne de télévision Iraqiya. Une mesure, le recours à des contractors, qui n'a pas a être approuvée par le Parlement irakien.

Un proche du Premier ministre a été plus précis: "Du point de vue US, nous aurions besoin de 6 000 à 7 000 conseillers pendant les 5 prochaines années. Mais nous pensons que nous n'en avons pas besoin de plus de 2 000 à 3 000 (...). Nous n'avons pas besoin de troupes de combat... Nous avons aussi une coopération en matière de renseignement avec les Américains".

Pas de bases mais des centres de formation et d'entraînement donc, où les conseillers/formateurs US pourraient entraîner les troupes irakiennes. Deux centres pour la police et l'armée à Bagdad, un pour l'infanterie à Mossoul, un pour l'armée de l'air à Kirkouk, un pour la marine à Bassorah et le dernier à Taji (nord de Bagdad) pour la cavalerie.

Disons 3 000 formateurs qui auront besoin de 2 000 contractors pour le soutien et la logistique, auxquels s'ajouteront les 5 000 security contractors que le DoS (Département d'Etat) va positionner pour protéger ses emprises et son personnels. Soit une dizaine de milliers de mercenaires. Si le projet se concrétise, les appels d'offres ne devraient pas tarder à être lancer. Une aubaine pour les futurs démobilisés américains qui auront du mal à trouver du travail sur le marché CONUS (continental US). Le marché OCONUS (outside continental US) a donc de beaux jours devant lui.

http://lignesdedefense.blogs.ouest-france.fr/archive/2011/09/01/irak-retrait-des-troupes-us-mais-3000-conseillers-et-instruc.html

 


26-08

Washington compte encore 43.000 hommes en Irak, contre 170.000 au maximum de sa présence militaire. Ils devront tous avoir quitté le sol irakien le 31 décembre en vertu d'un accord bilatéral conclu avec Bagdad.

Avec Reuters