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02/01/2011

n°565 - Dossier de Palestine - 31-12 - Début - : 1 million (1.000.000) de Palestiniens ont été détenus depuis 1967 par les forces d’occupation israéliennes.

n°565 - Dossier de Palestine - 31-12 -  Début  - : 1 million (1.000.000)  de Palestiniens ont été détenus depuis 1967 par les forces d’occupation israéliennes.



       L'information est une arme au service de la paix. Sa diffusion est un acte de résistance

                 Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources 

                                                       



Dossier de Palestine

N°565                                                     31-12

C.De Broeder & M.Lemaire

 


 


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Sommaire

1 Dossier

1-1 Abbas : la dissolution de l'Autorité palestinienne envisagée en cas d'échec des négociations de paix.

1-2 Processus de paix: les Palestiniens enterrent les propositions de Clinton.  

1-3 David Cronin : Avec ses équipements, Volvo permet la torture et renforce l’occupation.

1-4 Le ministère des Legs pieux met en garde contre une guerre idéologique imminente.  

Suite

2 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

2-1 Fadwa Nassar : Prisonniers palestiniens lourdement condamnés.

2-2 1 million (1.000.000)  de Palestiniens ont été détenus depuis 1967 par les forces d’occupation israéliennes.

2-3 10.000 palestiniennes emprisonnées par Israël depuis le début de la colonisation.

2-4 Mario Correnti - L’AP de Ramallah emprisonne et torture pour tenter d’éliminer le Hamas en Cisjordanie.

3 Analyse - Géopolitique et stratégie – Réflexion.

3-1 Robert Bibeau : Il est parfois très difficile en politique (particulièrement au Proche-Orient), de démêler la vérité du mensonge.

3-2 Mounir Shafiq : Les formes de lutte et l’expérience palestinienne.

Fin

4 Annexe

4-1 Le 23ème anniversaire du Hamas, riche expérience et espoir de la nation

4-2 Fêtant son 23ème anniversaire, le Hamas renouvelle son serment de défendre les droits et les constantes du peuple palestinien.

4-3 23ème anniversaire du Hamas : La popularité du Hamas est en nette ascension

5 Conférence

5-1Chomsky : la sauvagerie de l’impérialisme états-unien.



Tiré a part

 


1 Dossier

Ndlr :La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information 

1-1 Abbas : la dissolution de l'Autorité palestinienne envisagée en cas d'échec des négociations de paix.

Le président Abbas a déclaré samedi que la dissolution de l'Autorité nationale palestinienne (ANP) et du régime d'autonomie palestinien serait une option envisagée en cas d'échec des négociations de paix.

Dans une interview accordée à la chaîne de télévision satellitaire officielle palestinienne (Palestine TV), M. Abbas a déclaré avoir informé plusieurs fois les Israéliens qu'il pourrait dissoudre l'Autorité palestinienne en cas d'échec des négociations de paix.

Suite au refus israélien de geler la construction de colonies dans les territoires palestiniens, les autorités palestiniennes ont suspendu les négociations de paix directes et menacé d'utiliser d'autres options diplomatiques au cas où Israël insiste sur sa position.

M. Abbas a également ajouté que l'administration américaine l'avait informé qu'elle poursuivrait ses discussions avec Israël sur le gel de la colonisation et la reprise des négociations de paix directes, actuellement dans l'impasse.

"Je n'accepterai pas de poursuivre les négociations avec Israël, si ce dernier reprend la construction des colonies", a-t-il répété, ajoutant qu'il était prêt à discuter des problèmes de sécurité et de frontières avec Israël durant la période de trois mois proposée par les Etats-Unis pour la reprise des négociations.

Les Etats-Unis ont proposé une initiative, selon laquelle Israël ne gèlera la construction des colonies qu'en Cisjordanie, mais pas à Jérusalem, pour trois mois, en échange de la reprise, pendant cette période, des négociations de paix directes entre Israéliens et Palestiniens.

"Le choix de la partie palestinienne est de tenir des négociations de paix directes avec Israël, mais ces négociations devraient être fondées sur une base claire et globale concernant tous les territoires palestiniens, y compris Jérusalem", a déclaré le dirigeant palestinien.

"Je ne peux accepter de rester président d'une Autorité qui n'existe pas en cas de poursuite de l'occupation israélienne", a-t-il déclaré.

"S'ils veulent poursuivre l'occupation, qu'il en soit ainsi, et par conséquent, Israël sera entièrement responsable des territoires palestiniens en tant qu'Etat d'occupation", a menacé M. Abbas.

Il a également appelé les Etats-Unis à coopérer avec d'autres parties soutenant le processus de paix au Moyen-Orient, comme l'Europe, la Chine, le Japon et les Nations Unies, "parce que tous souhaitent la paix, souhaitent des négociations et souhaitent régler le problème de la colonisation", a souligné le président palestinien.

http://french.cri.cn/781/2010/12/05/304s233862.htm

  2010-12-05

http://www.lorientlejour.com/category/Moyen+Orient+et+Monde/article/680855/Abbas_menace_de_dissoudre_l'Autorite_palestinienne.html


1-2 Processus de paix: les Palestiniens enterrent les propositions de Clinton.  

Déçus par l'administration Obama, les Palestiniens ont de facto enterré les dernières propositions américaines de relance du processus de paix moribond, pour tenter à la place d'obtenir une reconnaissance internationale de l'Etat palestinien sur les frontières de 1967.   
Pour le négociateur palestinien Nabil Chaath, le processus de paix est dans un "coma profond" et les tentatives de la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton pour le ressusciter sont "totalement inutiles" en l'état.   
"Ce processus de négociation n'a plus la moindre crédibilité", a déclaré M. Chaath samedi, qualifiant l'"exercice de futile et ridicule" et parlant même de "nausée" devant l'impasse due, selon lui, à l'intransigeance du gouvernement Netanyahu et à l'impuissance de Washington.   
 "Je ne pense pas que nous allons reprendre les négociations de sitôt", a-t-il prédit. Les pourparlers directs, relancés le 2 septembre à Washington, sont suspendus depuis l'expiration le 26 septembre d'un moratoire sur la colonisation.   
"Nous nous sommes consacrés aux négociations pendant près de 20 ans et aujourd'hui nous sommes pris au piège d'un processus qui n'a rien changé à l'occupation", a souligné un autre négociateur palestinien, Saëb Erakat.   
Les Palestiniens ne décolèrent pas depuis l'échec cuisant de Washington dans sa tentative d'obtenir un nouveau gel des colonies. Les Américains ont abandonné l'idée, après un embarrassant marchandage avec le Premier ministre israélien.   
Sa stratégie en miettes, Mme Clinton propose une nouvelle approche: des négociations indirectes sur les questions de fond (frontières, réfugiés, Jérusalem).   

Mais, soutenus par la Ligue arabe, les Palestiniens ont signifié aux Etats-Unis qu'une reprise des négociations avec Israël était exclue sans gel de la colonisation, mettant la pression sur Washington pour présenter une "offre sérieuse".   
Les négociations proposées par Mme Clinton sont "totalement inutiles sans termes de référence", a insisté M. Chaath.    Pour renouer le dialogue, les Palestiniens réclament des références politiques claires, comme la fin de l'occupation des Territoires palestiniens occupés en 1967 et Jérusalem-Est pour capitale. Ils demandent aussi la reconnaissance de l'Etat palestinien à l'intérieur des frontières de juin 1967, avant la guerre des Six-Jours, moyennant des échanges mineurs de territoire.   
Désillusionnés, les responsables palestiniens ne cachent pas qu'ils n'attendent plus grand-chose d'un président Barack Obama tout à ses problèmes intérieurs et bientôt en campagne électorale.   
Pour autant, ils n'ont pas l'intention de procéder à une "déclaration unilatérale d'indépendance", comme l'a rappelé samedi le Premier ministre Salam Fayyad qui s'efforce d'ériger les bases d'un "Etat souverain et viable" d'ici la fin 2011.   
Face au blocage, les Palestiniens veulent intensifier "dans les prochains jours" leurs efforts pour obtenir la reconnaissance de leur Etat.    Le Brésil, l'Argentine et la Bolivie ont déjà accédé à cette requête et l'Uruguay a annoncé son intention de les imiter le 7 janvier. D'autres pays devraient suivre.   
Sur le front européen, l'Autorité palestinienne fait campagne pour le rehaussement du niveau de ses représentations diplomatiques, comme l'ont déjà fait la France, l'Espagne, le Portugal et la Norvège.   
En outre, les Palestiniens, qui se réfèrent au "modèle sud-africain" d'émancipation non violente, ont annoncé leur intention de saisir le Conseil de sécurité de l'ONU pour tenter d'obtenir une résolution ordonnant l'arrêt de la colonisation juive. Celle-ci est illégale au regard du droit international. 
En revanche, ils n'envisagent pas, à ce stade, de dissoudre l'Autorité palestinienne, ultime option qui serait, selon Nabil Chaath, "apocalyptique".

20/12/2010

 http://www.almanar.com.lb


1-3 David Cronin : Avec ses équipements, Volvo permet la torture et renforce l’occupation.

Mais après une analyse minutieuse des investissements du fabricant de voitures en Israël, la firme deviendrait peut-être synonyme d’une autre spécificité : l’encouragement de la torture.

Avec 26.5%, la société suédoise est actionnaire dans la firme israélienne Merkavim, fabricant du bus pour prisonniers Mars (The Mars Prisoner Bus). Ce bus avait été spécialement conçu pour permettre à l’administration pénitentiaire israélienne de transporter les Palestiniens, arrêtés en Cisjordanie et dans la Bande de Gaza Occupées, vers des infrastructures se trouvant au cœur des frontières internationalement reconnues d’Israël. Le reste de l’actionnariat de Merkavim est détenu par Meyer ‘s Cars & Trucks (Meyer voitures et camions) qui est également le représentant exclusif de Volvo en Israël.

S’agissant des tortures, des observateurs pour les droits de l’homme ont assemblé des preuves révélant que ce phénomène est répandu dans tous les centres de détention israéliens. En fait, Amnesty International avait relevé qu’Israël continue de faire appel à la torture lorsqu’elle est jugée « nécessaire » en dépit de la décision de la Cour Suprême israélienne qui, en 1999, avait décrété illégales certaines méthodes utilisées lors des interrogatoires.

Dans ce contexte, une importante lacune dans les décisions de la Cour indique que la torture est autorisée dans le cas où les forces de sécurité israéliennes sont exposées à une menace imminente. Le procureur général israélien avait été bien trop disposé à invoquer cette lacune afin d’approuver le recours à la torture et ce, en dépit de la façon avec laquelle Israël avait entériné la Convention des Nations Unies Contre la Torture.

Sur le terrain, Israël séquestre chaque année environ 700 enfants palestiniens, souvent pour des délits aussi simples que le jet de pierres. Dans sa section palestinienne, l’Organisation Défense des Enfant International -Defence Children International- (DEI-SP) rapporte que le mauvais traitement est usuel lors du transfert des détenus dans les prisons. A ce sujet, Raifat Kassis, directeur du bureau de DEI-SP à Ramallah, en Cisjordanie, affirme que les individus arrêtés sont tous sujets à des insultes et à des menaces verbales, et d’ajouter : « Certains sont tabassés, battus à coups de pieds et sommés de s’asseoir de manière inconfortable et gênante. Il existe aussi d’autres méthodes pénibles qui consistent à retenir des enfants les mains menottées et les yeux bandés. »

En effet, durant le mois de septembre, trois enfants auraient reçu des décharges électriques de la part d’interrogateurs dans la colonie juive d’Ariel en Cisjordanie. L’un d’eux n’avait que 14 ans. Une récente enquête conduite pas DEI-SP, en collaboration avec d’autres groupes anti-torture, révèle que sur un échantillon de 100 enfants arrêtés l’an dernier par les forces israéliennes, 69% avaient été tabassés, battus à coups de pieds et 12% avaient été victimes de menaces de viols et autres formes d’agression sexuelle.

Kassis ne manque de rappeler que le processus de transfert de détenus de la Cisjordanie occupée jusqu’à Israël, à travers les bus de Merkavim, constitue une violation du droit humain international. Dans cette optique, la Quatrième Convention de Genève de 1949 stipule que les personnes déclarées coupables de délits ou infractions dans un territoire occupé ne peuvent être incarcérées que dans ce même territoire.

A ce sujet, un représentant de Merkavim m’a fait savoir que la société « ne désire pas parler avec les journalistes ». Sur le site internet de la firme, on peut lire que le Bus de Prisonniers Mars est « la solution optimale pour le transport sous escorte des prisonniers ». Les bus est composé de six compartiments séparés et offre « une surveillance complète et totale pendant les transferts délicats et à hauts risques reliant une infrastructure protégée à une autre ». Outre ces atouts, le bus dispose de larges fenêtres « encastrées avec des verres blindés, conçues pour éviter d’éventuelles évasions » ainsi qu’un « système d’interphone et de vidéosurveillance de pointe ».

Un porte-parole de Volvo-Bus, Per-Martin Johansson a déclaré que la société suédoise « ne peut pas contrôler » les activités de ses filiales. Il ajoute que les véhicules destinés à transporter les prisonniers se trouvent dans tous les pays à travers le monde entier, et de conclure : « Ce modèle de bus n’est pas conçu spécialement pour Israël ; il est requis dans chaque pays soucieux de prévenir l’évasion de prisonniers ».

Or, il est évident que la déclaration de Johansson s’oppose aux normes d’éthique auxquelles Volvo s’est théoriquement engagé. Pour rappel, le Conseil d’Administration de Volvo avait, en 2003, entériné « un code de conduite » de la société qui stipule que cette dernière soutient « les droits humains proclamés à l’échelle internationale et garantit sa non implication dans toute sorte d’agression ou d’atteinte aux droits de l’homme ».

Mais en dépit de la présence de ce code, Volvo avait été exposé à moult critiques accusant ses produits d’être utilisés dans l’oppression que conduit Israël. En effet, au mois d’avril de l’année en cours, les forces israéliennes ont été photographiées pendant qu’elles manipulaient des bulldozers Volvo dans le village palestinien d’Al-Walaja, effectuant ainsi des travaux liés au mur de séparation. Pour rappel, la Cour Internationale de Justice avait certes émis, en 2004, un avis déclarant le projet illégal mais Israël a quand même poursuivi la construction dans le territoire occupé de la Cisjordanie.

L’utilisation des bulldozers de marque Volvo pour la démolition des maisons palestiniennes à Jérusalem-Est et dans toute la Cisjordanie a également été documentée, avec la participation d’Adri Nieuwhof, collaboratrice de The Electronic Intifada. Il s’agit donc de preuves mettant en évidence les bénéfices que tire Volvo de l’occupation.

S’agissant de Merkavim, ce dernier fabrique également le Mars Defender Bus qui, à l’instar du Mars Prisoner Bus contient un châssis Volvo. Le parc de véhicules de ce dernier (Mars Defender Bus) est géré par la société de transport public israélienne Egged qui fournit des services aux colonies israéliennes de la Cisjordanie.

Ainsi, Mauricio Lazala, chercheur dans le Centre de Ressources sur les Entreprises & les Droits de l’Homme à Londres a souligné l’importance pour que les grandes compagnies comme Volvo étudient l’impact de leurs activités d’entreprise, principalement dans les zones de conflits. Il ajoute : « Dans les zones de conflits, les abus peuvent avoir des retombées très fâcheuses. C’est pourquoi, les entreprises doivent être doublement vigilantes ».

Dans la même optique, Londres a abrité le mois de novembre une session du Tribunal Russell sur la Palestine qui a conclu que bon nombre d’entreprises privées « jouent un rôle décisif permettant à Israël de perpétrer des crimes contre l’humanit ».

Certes, Volvo ne figure pas dans la liste des entreprises identifiées par le Tribunal, mais il facilite les délits jugés « répréhensibles » par cette institution, notamment la fourniture de services aux colonies israéliennes et l’assistance à la construction du « mur de l’apartheid » en Cisjordanie.

Le tribunal a publié une déclaration dans laquelle il note que les entreprises complices avec les agissements qui transgressent les droits de l’homme ont mal choisi leur camp et ont pris le parti d’un ensemble « d’opinions, de moralités et de lois internationales erronées ». Par voie de conséquence, ils sont en train « de nuire à l’intégrité même et à la crédibilité de la loi internationale et des institutions qui la soutiennent », ajoute la déclaration qui a été approuvée par l’ancien ministre sud-africain Ronnie Kasrils, l’ancien diplomate français Stéphane Hassel, la lauréate irlandaise du Prix Nobel de la paix Mairead Corrigan Maguire et l’ancienne membre du Congrès, l’américaine Cynthia McKinney.

Pour sa part, le coordinateur auprès du tribunal, Frank Barat a reconnu que lorsqu’il s’avère difficile de poursuivre en justice ces sociétés, des campagnes publiques peuvent les forcer à changer leur comportement. En effet, l’apport des gens peut se traduire par l’action de pousser leurs gouvernements respectifs à se défaire de ces entreprises. Il conclut : « Si une société apporte son aide à la construction du mur [en Cisjordanie], cela ne veut dire qu’une seule chose : elle contribue à un acte illégal et c’est pourquoi elle doit être sanctionnée ».

Ainsi, que Volvo tente de justifier ses investissement en Israël relève de la duplicité. Il est inconcevable que la société prétende que les activités des filiales ne dépendent pas du siège à Gothenburg, ou que les bus de Merkavim ressemblent à tous les bus pour prisonniers, disponibles à travers le monde entier. Il est donc clair que ces véhicules ont été spécialement adaptés et conçus pour satisfaire les « besoins » sadiques de l’occupation israélienne ; et c’est là où réside, en effet, leur argument de vente.

Toutefois, il y a une grande différence entre le concept d’approvisionner les services pénitentiaires israéliens et les services pénitentiaires d’autres pays. Et pour cause, Israël conduit des opérations massives d’emprisonnement et de torture à l’encontre des Palestiniens pour leur interdire toute forme de résistance contre l’occupation.

Pour argumenter ce fait, il suffit de consulter les chiffres avancés par Adameer, un groupe de soutien aux prisonniers qui recense le nombre alarmant de 650.000 palestiniens, incarcérés depuis le début de l’occupation en 1967. Ce chiffre représente le un cinquième - 1/5 - de la population vivant des les territoires occupés.

En fin de compte, quoique Volvo puisse dire, la réalité est que la firme est devenue un sous-traitant de l’occupation israélienne. La marque est la même mais l’impact est totalement différent. En Europe et en Amérique, les conducteurs pourraient se sentir en sécurité en se glissant sur le siège bien rembourré de leur voiture Volvo, tandis qu’en Palestine, la même entreprise contribue à la torture des enfants.

* David Cronin a publié Europe’s Alliance With Israel : Aiding the Occupation [l’Alliance de l’Europe avec Israël : Aider l’Occupation] chez Pluto Press

Du même auteur :

  L’UE stimule ses liens avec Israël et ferme les yeux sur les colonies illégales
  
L’alliance de l’Europe avec Israël
  
Comment les fabricants d’armes israéliens bénéficient des fonds européens pour la recherche
  
Le silence de l’Union européenne face aux actions de l’Etat d’Israël

Articles liés :

*        Des bulldozers Volvo pour démolir des maisons - 23 janvier 2008
Démolition de maisons en Cisjordanie - 18 décembre 2006

David Cronin - The Electronic Intifada

samedi 4 décembre 2010

http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=9761


1-4 Le ministère des Legs pieux met en garde contre une guerre idéologique imminente.  

Le comité d’al-Qods dans le ministère des Legs pieux et des affaires religieuses a mis en garde contre la survenue d’une guerre idéologique douloureuse d’après l’annonce renouvelée du gouvernement de l’occupation du projet sioniste « al-Qods 2020 ». Il stipule que la population palestinienne sera réduite de 20%, contre une majorité juive qui devrait atteindre 80% de la population de la ville sainte.

Le comité d’al-Qods a précisé dans un communiqué aujourd’hui, lundi 8 novembre, que cette décision sioniste a été prise par le gouvernement de l’occupation sioniste dans le but de judaïser al-Qods, d’effacer la présence maqdissine, de la vider de ses habitants maqdissins de diverses manières et moyens disponibles. Cela tout en remplissant le vide illégalement de colons et de juifs extrémistes par la force.

Le comité a ajouté que « par la décision "al-Qods 2020", le gouvernement sioniste entend effacer les lieux saints islamiques et les monuments historiques autour de la mosquée al-Aqsa, dans l’espoir de l’accaparer et de la détruire afin de construire le prétendu temple sur ses ruines ».


Le comité a souligné que le gouvernement de l’occupation cherche à transférer le plus grand nombre de juifs vers la ville sainte, et d’y établir des communautés résidentielles à cette fin pour la changer d’ « une ville fondamentalement juive en une ville vivante ».

Il a affirmé que la construction de milliers d’appartements, d’un train entre Tel-Aviv et al-Qods avec une grande gare à l’ouest d’al-Qods, des réseaux ferrés reliant la colonie Gush Etzion à la ville, s’inscrivent dans le cadre du projet qui considère al-Qods comme une priorité nationale, selon les prétentions sionistes.

Il a déclaré que « le nombre d’habitants arabes est de 300 mille, mais le mur raciste a isolé 120 mille personnes, en plus de la politique de confiscation des cartes d’identité qui a privé 14 mille familles de la citoyenneté, sans oublier le décret 1650 qui a interdit le regroupement familial à des milliers de Palestiniens. Après ces mesures, le nombre d’habitants arabes a atteint 175 mille citoyens, contre 200 mille juifs dans al-Qods-Est ».

Le comité d’al-Qods a souligné que le nombre de juifs est en hausse constante en raison de la politique de remplacement des propriétés des citoyens maqdissins, en plus de la politique d’expulsion et de déplacement pratiquée par l’occupation volontairement contre les maqdissins, et la main mise des juifs extrémistes et des colons sur les territoires et les propriétés des citoyens.

09/11/2010

http://www.palestine-info.cc/fr/

n°565 - Dossier de Palestine - 31-12 - Suite - : 1 million (1.000.000) de Palestiniens ont été détenus depuis 1967 par les forces d’occupation israéliennes.


n°565 - Dossier de Palestine - 31-12 -  Suite - : 1 million (1.000.000)  de Palestiniens ont été détenus depuis 1967 par les forces d’occupation israéliennes.



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Dossier de Palestine

N°565                                                     31-12

C.De Broeder & M.Lemaire

 


 


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Sommaire

 

2 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

2-1 Fadwa Nassar : Prisonniers palestiniens lourdement condamnés.

2-2 1 million (1.000.000)  de Palestiniens ont été détenus depuis 1967 par les forces d’occupation israéliennes.

2-3 10.000 palestiniennes emprisonnées par Israël depuis le début de la colonisation.

2-4 Mario Correnti - L’AP de Ramallah emprisonne et torture pour tenter d’éliminer le Hamas en Cisjordanie.

3 Analyse - Géopolitique et stratégie – Réflexion.

3-1 Robert Bibeau : Il est parfois très difficile en politique (particulièrement au Proche-Orient), de démêler la vérité du mensonge.

3-2 Mounir Shafiq : Les formes de lutte et l’expérience palestinienne.




2 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

Ndlr : PS : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information 

2-1 Fadwa Nassar : Prisonniers palestiniens lourdement condamnés.

La vengeance des tribunaux militaires.

Avant les années 90, les condamnations à perpétuité par les tribunaux militaires de l’occupation étaient relativement moins fréquentes qu’à présent. Non pas que les actes de résistance étaient moins importants ou moins violents, mais parce que les tribunaux sionistes essayaient encore, à cette époque, de montrer qu’ils se souciaient quelque peu des normes internationales lorsqu’ils se réunissaient et prononçaient leurs condamnations. Déjà à cette époque, ces cours militaires, où ceux qui présidaient n’étaient que des criminels passés à la retraite, n’appliquaient pas les normes internationales de justice, d’abord parce qu’elles n’ont jamais considéré les prisonniers de la résistance comme étant des prisonniers de guerre. Ne reconnaissant pas le peuple palestinien, ni le fait qu’eux-mêmes occupent la Palestine, les sionistes ont instauré leurs tribunaux militaires sur la base qu’il s’agit d’actes de « violence » contre l’institution sioniste et sa population. Malgré cette première faille dans le droit international, les tribunaux avaient prononcé quelques condamnations à perpétuité mais ne se privaient pas de prononcer des peines pouvant aller jusqu’à 30 ou 40 années de prison.
Dès le début des années 90, et surtout avec l’Intifada al-Aqsa déclenchée en septembre 2000 et le feu vert américain consistant à considérer tout résistant comme un « terroriste », l’occupation va rejeter toute parodie de justice et ne plus faire dans les détails : désormais, les résistants sont allègrement condamnés à une ou plusieurs perpétuités, jusqu’à 67 perpétuités, comme la peine prononcée contre le prisonnier de Jordanie, Abdallah Barghouty.
Une cour militaire où siègent des officiers criminels à la retraite dont le seul désir est de se venger et de d’humilier, parce qu’un peuple ose braver leur occupation. C’est la parodie de « justice israélienne ». Mener une opération de la résistance, la concevoir, la préparer ou bien même la désirer, la rêver, en parler, deviennent des actes « criminels » et « terroristes » aux yeux de l’occupant, qui lance ses troupes, arrête, brutalise, interroge et torture, avant de jeter en prison, avec des condamnations démesurées, juste pour épouvanter et dissuader.
Parmi les 5000 prisonniers ayant été jugés par les tribunaux, 820 prisonniers ont été condamnés à la prison à vie et la perpétuité, une ou plusieurs fois, d’après les statistiques du mois de novembre 2010. Parmi eux, figurent cinq résistantes : Ahlam Tamimi, de Ramallah, arrêtée le 14 septembre 2001, condamnée à 16 perpétuités ; Sana’ Shehadé de la ville occupée d’al-Qods, arrêtée le 25 mai 2002, est condamnée à 3 perpétuités + 31 ans, Qahira Saadi, de Jénine, arrêtée le 8 mai 2003, condamnée à trois perpétuités, Du’â’ Jayyousi, de Tulkarm, arrêtée le 7 juin 2002, condamnée à trois perpétuités et la prisonnière Amina Jawad Muna, de Ramallah, arrêtée le 29 janvier 2001, condamnée à une perpétuité et qui est la plus ancienne prisonnière.
Qui sont ces prisonniers, ces résistants qui ont osé affronter l’occupation, en concevant, préparant, se préparant ou menant des opérations armées contre la plus criminelle des occupations dans le monde ? Qui sont ces prisonniers réclamés par la résistance pour faire partie de de l’opération d’échange en contrepartie du soldat sioniste capturé à Gaza en juin 2006 ?
Parmi les prisonniers palestiniens condamnés à perpétuité avant l’Intifada al-Aqsa, se trouve le combattant Abdel Hadi Ghnaym, originaire du camp de Nusayrat, dans la bande de Gaza. Le 6 juillet 1989, il monte dans le bus israélien n°405 se dirigeant vers la ville occupée d’al-Qods, il maîtrise le véhicule et l’entraîne dans une vallée. 16 Israéliens sont tués et des dizaines sont blessés. Abdel Hadi a aujourd’hui 45 ans, il est marié et son premier et seul fils Thaer, est né le jour même où il menait son opération. Après avoir été longtemps torturé, alors qu’il était blessé, pendant l’interrogatoire, il a été condamné à 16 perpétuités et 480 années de prison, ce qui équivaut, d’après les calculs dans les prisons sionistes, à 2064 années de prison ! Il devrait « être libéré » en l’an 4053…. Au cours de son emprisonnement, qui dure depuis 21 ans, Abddel Hadi a passé trois ans en isolement dans la prison de Ramleh, puisa été transféré vers d’autres prisons, Ascalan, Eishel à Beer Saba’, toujours dans des cellules isolées, pour un total de dix ans d’isolement.
Le 6 juillet, Abdel Hadi a entamé sa 22ème année de prison. Il fait partie des 40 noms que l’institution sioniste a refusé de rendre en contrepartie du soldat sioniste, comme il a refusé la libération de Ahlam Tamimi, Hassan Salameh, Na’il Barghouty, Sami Jaradat, Amjad Ubaydu et Abdallah Barghouty, entre autres.
Le combattant Salameh Abdallah Muslih a été arrêté le 9 octobre 1993 et sa maison démolie. Il est né le 20 juillet 1969 à Beer Saba’, et il est détenu dans la prison de Nafha, dans le désert du Naqab. Il a été condamné à la perpétuité, accusé d’avoir tué un colon dans la colonie Petah Tikva, en Palestine occupée en 48. Salameh avait vécu le massacre d’ouvriers palestiniens  à Uyun Qara, perpétré par un colon, le 20 mai 1990 : sept ouvriers palestiniens avaient été froidement massacrés par le colon Ami Buber. Il a alors mené une opération contre l’occupant pour venger leur martyre.
Le combattant Tayseer Bardini a été arrêté le 29 novembre 1993 et condamné à la perpétuité. Il est né à Rafah, au sud de la Palestine, en décembre 1969 et a assisté, enfant, à la résistance armée et populaire contre l’occupant dans la bande de Gaza. En 1986, il rejoint le mouvement de jeunesse du Fateh et fut l’un de ses principaux animateurs dans l’école secondaire Beer Saba’. Au cours de la première intifada, il participe activement et est blessé plusieurs fois. Il a été arrêté plusieurs fois entre 1987 et 1988. La seconde fois, il est emprisonné pendant 9 mois dans la prison du Naqab. En 1990, il poursuit ses études à la faculté des sciences et des technologies et devient le responsable de la coordination de la branche des Panthères Noires (Fuhud Soud) à Rafah. En 1991, il est arrêté et interrogé sous la torture pendant 5 mois, sans aucune reconnaissance de sa responsabilité au sein des comités populaires. En 1992 et 1993, il est poursuivi par les forces de l’occupation, accusé d’avoir tué un colon. Tayseer était nettement opposé à la ligne du règlement et des négociations. Il a poursuivi sa résistance militaire contre les forces de l’occupation. Le 29 novembre 1993, suite à une bataille qui a duré sept heures d’affilée avec l’occupation, où trois soldats sionistes ont été blessés, Tayseer, blessé, se rend après avoir épuisé ses munitions. Il a poursuivi ses études en prison en s’inscrivant à l’université hébraïque libre (la seule autorisée par l’occupant) en sciences politiques et économie. Il a été placé pendant sept ans et demi en isolement sur les 19 ans d’incarcération jusque là. Depuis, l’autorité carcérale le déplace d’une prison à une autre, sans cependant parvenir à le déstabiliser puisqu’il participe au mouvement national des prisonniers et aux efforts de réconciliation entre les organisations palestiniennes de la résistance sur des bases de lutte.
Parmi les prisonniers d’al-Qods, 73 combattants, dont 27 avant l’Intifada al-Aqsa, sont condamnés à la prison à vie. La peine la plus lourde concerne le combattant Wael Mahmoud Qassem, de Selwan, condamné à 35 perpétuités + 50 ans. Responsable de la cellule combative de Selwan, il est né en 1971 et est marié et père de quatre enfants. Dès la première intifada, il participe à la vie associative et sociale de son quartier et sa ville. En 1989, il adhère au Hamas mais consacre une grande partie de son activité à l’action sociale. Il fait ses études dans les écoles de Selwan puis au lycée Rachadiyé dans al-Qods, et obtient son diplôme en informatique à la faculté Ibrahimi dans al-Qods également. En 2001, il adhère aux Brigades al-Qassam et commence son activité sécuritaire en formant une cellule des Brigades d’al-Qassam dans Selwan. Cette cellule parvient à mener des opérations dans la ville d’al-Qods, comme l’opération de l’université hébraïque et ailleurs en Palestine occupée, avant d’être découverte.
Parmi les prisonniers de 48, nombreux sont ceux qui ont été condamnés à la perpétuité (une ou plusieurs), accusés de participer à la résistance armée de leur peuple : Ibrahim Hassan Aghbariyé et son  frère Muhammad Hassan Ighbariyé, de Mcheyrafé, arrêtés en février 1992, ont été condamné à 3 perpétuités + 15 ans, Ahmad Ali Hussayn Abou Jaber, arrêté en 1986, du village de Kfar Qassem, a été condamné à une perpétuité + 10 ans. Muhammad Tawfiq Sulayman Jabbarine, d’Umm al-Fahem, arrêté le 4 mars 1991, a été condamné à 3 perpétuités+ 15 ans.
Plus récemment, depuis l’intifada al-Aqsa, le combattant Ashraf Nazmi Qayssi, de Baqa al-Gharbiya, a été arrêté en février 2005 et condamné à 5 perpétuités + 20 ans de prison. Le combattant Samir Abou Mokh, de Baqa al-Gharbiya également, a été arrêté en octobre 2005 et condamné à une perpétuité + 10 ans. Les combattants Ibrahim Muhammad Bakri et son cousin Yassin Bakri, du village Baane, en Galilée, ont été arrêtés le 8 et 15 août 2002 et condamnés à 9 perpétuités + 30 ans de prsion.
Certains de ces combattants condamnés à la perpétuité souffrent de plusieurs maladies : ‘Imad Ata Zaarab, de Khan Younis, qui est détenu depuis 18 ans dans la prison d’Eschel, dans le Naqab occupé, et condamné à la perpétuité, a été atteint par le cancer, deux ans après son arrestation. Raed Mohammad Darrabiyé, du camp de Jabalya, condamné à perpétuité et détenu depuis neuf ans, est également atteint par le cancer. Plusieurs autres graves maladies touchent les prisonniers, notamment ceux qui ont déjà passé plus de dix ans en détention. Mais ce qu’il faut retenir, c’est la combativité et la persévérance de tous ceux qui sont condamnés à de lourdes peines de poursuivre leur combat. La majeure partie d’entre eux ont poursuivi leurs études, obtenu des diplômes, participent aux activités militantes et éducatives à l’intérieur des prisons, participent à la vie politique du pays, dans l’espoir d’être libérés par des échanges avec des soldats sionistes capturés. Appartenant à plusieurs organisations de résistance, ils participent ensemble à l’élaboration d’une ligne politique de résistance, en relation avec leurs frères hors de prison. Leur rôle important dans la lutte de libération, en prison et hors de prison, a amené l’occupant à les isoler fréquemment de leurs frères, dans des cellules conçues spécialement pour les couper du monde et les humilier.

Article publié sur Résistance islamique au Liban

Fadwa Nassar

Lundi 6 décembre 2010

http://www.palestine-solidarite.org:80/analyses.Fadwa_Nassar.061210.htm


2-2 1 million (1.000.000)  de Palestiniens ont été détenus depuis 1967 par les forces d’occupation israéliennes.

Près d'un million de Palestiniens ont été détenus par  les forces d'occupation depuis 1967 à ce jour soit 20% de la population palestinienne,  a indiqué M. Oussama Hamdane, responsable des relations extérieures au Mouvement  palestinien Hamas.         

"Les autorités israéliennes adoptent une politique d'intimidation à  l'égard du peuple palestinien", a souligné M. Hamdane à l'APS en marge des travaux  du colloque arabe international de soutien aux prisonniers palestiniens.          
 "Certains détenus ont passé à ce jour 33 ans de prison et d'autres jusqu'à  50 ans mais résistent encore", ajoute le même responsable.         
 Plusieurs détenus libérés ayant assisté à cette rencontre sont revenus  sur la politique d'isolement dans les geoles israéliennes.          
 Ils ont, par ailleurs, soulevé l'interdiction faite à certains détenus  de voir leur proches pendant des années.         
 Pour sa part, la détenue libérée, Fatma Ezek qui a donné naissance à  son fils en prison, a souligné que "la détenue palestinienne symbolise la résistance  palestinienne". Un nombre important de détenues palestiniennes croupissent dans les  prison d'Israël, a-t-elle rappelé affirmant que 250 prisonniers avaient   moins de 18 ans.         

Les prisonniers mineurs subissent le même traitement que les détenus  adultes (torture, procès sommaires, violation des droits fondamentaux...), a-t-elle  encore souligné.

PUBLIE LE : 05-12-2010 | 21:39

http://www.elmoudjahid.com/fr/actualites/6402


2-3 10.000 palestiniennes emprisonnées par Israël depuis le début de la colonisation.

Le nombre de femmes palestiniennes emprisonnées par  Israël, depuis la colonisation, dépasse les 10 mille détenues, dont 56 croupissent  toujours dans les geôles. 

Le nombre de femmes palestiniennes emprisonnées par  Israël, depuis la colonisation, dépasse les 10 mille détenues, dont 56 croupissent  toujours dans les geôles, indique un décompte établi par le Front populaire  pour la libération  de la Palestine (FPLP).     

Rendu public à l'occasion de la tenue du Forum arabe et international  de soutien aux détenus palestiniens, organisé à Alger, ce décompte précise que la période allant  de 1968 à 1986, ainsi que durant la première Intifadha, ont été les périodes ayant connu le plus grand nombre d'arrestations de femmes palestiniennes.  

Le document du FPLP indique, encore, que des mineures ont été mises  en prison, comme c'est le cas de Saoussan Abou Zaki (15 ans et originaire dÆEl  Khalil), Rabaa Hamail (13 ans et originaire de Naplouse et Sanaa Amrou  (14 ans-originaire d'El Khalil). Parmi les détenues, il y avait aussi des femmes enceinte qui avaient  accouché dans les prisons israéliennes. 

Les détenues palestiniennes ont recouru, à plusieurs reprises, à des  grèves de la faim pour faire valoir leurs droits, dont la grève de 18 jours en 1984, la grève de 15 jours de 1992 ainsi que la grève de 1996, pour exprimer  leur refus la libération partielle d'une partie des détenues suite aux accords  de Taba. La grève de la faim de 1996 a poussé les autorités israéliennes à libérer,  en 1997, l'ensemble des détenues palestiniennes.

Aujourd'hui encore, pas moins de 56 Palestiniennes sont maintenues en détention. 

El Watan.com

06.12.10 |

http://www.elwatan.com/une/10-mille-palestiniennes-emprisonnees-par-israel-depuis-le-debut-de-la-colonisation-06-12-2010-101856_108.php


2-4 Mario Correnti - L’AP de Ramallah emprisonne et torture pour tenter d’éliminer le Hamas en Cisjordanie.

 Les militants et sympathisants du Hamas sont désormais la cible d’arrestations, d’intimidations et même de tortures dans ce qui semble être le nouveau précepte des actions menées par les forces de sécurité de l’Autorité Nationale Palestinienne (ANP).  

Milices supplétives de l’AP de Ramallah à l’entraînement - Indépendamment du gel du soit-disant "processus de paix" entre Ramallah et l’occupant israélien, la collaboration des milices du Fatah avec les forces sioniste n’a jamais cessé - Photo : AFP

En septembre dernier, 12 associations et groupes pour la protection des droits de l’homme et des libertés civiles dans les Territoires Occupés avaient dénoncé le recours à la torture par la police secrète dans les centres de détention, en application des ordres du Président Abu Mazen et du Premier Ministre Salam Fayyad.

Le 20 octobre dernier, Human Rights Watch (HRW) a demandé à l’ANP d’enquêter sur les cas alarmants de tortures, subies par deux hommes arrêtés en Cisjordanie et soupçonnés d’avoir des liens avec le mouvement islamiste.

Dans ce contexte, Joe Stork de HRW a affirmé qu’Abu Mazen et Fayyad sont au courant de ce qui se passe. Ils doivent ainsi mettre un terme à l’impunité et engager une procédure judiciaire contre les tortionnaires.

D’après plusieurs sources, les prisons de l’ANP renfermeraient quelques centaines de militants et de sympathisants du Hamas, dont la plupart n’ont jamais eu de procès. Pour Fayyad et Abu Mazen, ces personnes auraient été arrêtées pour avoir « transgressé la loi ». Cependant, on ne partage pas cet avis en Cisjordanie où règne la conviction que ces personnes se sont trouvées en prison uniquement pour leurs opinions politiques.

En fait, (depuis que le Hamas a pris le pouvoir à Gaza->http://www.info-palestine.net/article.php3 ?id_article=2078] en juin 2007, l’ANP a réorganisé, en Cisjordanie, ses forces de sécurité grâce, faut-il le souligner, aux fonds spéciaux financés par les Etats-Unis et sur la base d’un programme élaboré par le général américain Keith Dayton qui a récemment quitté ses fonctions.

Les troupes d’élite de l’ANP qui ont été formées durant les trois dernières années, généralement par des experts jordaniens, semblent avoir comme objectif principal la distinction entre militants réels ou présumés du Hamas, d’une part, et l’intimidation des sympathisants du mouvement islamiste, d’autre part.

C’est pourquoi, beaucoup de palestiniens, qui ont requis l’anonymat, affirment qu’il s’agit d’une activité intensive du renseignement de base.

Par ailleurs, interrogés récemment par l’agence de presse Reuters, certains étudiants universitaires ont évoqué la présence d’une forte activité « d’espionnage » au sein des universités pour repérer les jeunes proches du Hamas. Parmi les gens interviewés, certains reconnaissent avoir été torturés et battus durant leur arrestation.

Dans le camp adverse, l’ANP déplore, pour sa part, les conditions auxquelles sont confrontés les militants du Fatah à Gaza. Il a été rapporté que les affiliés au parti d’Abu Mazen ne jouissent pas de leur entière liberté. En effet, outre les arrestations et les détentions, le Hamas avait, en particulier durant l’offensive israélienne Plomb durci (décembre 2008-janvier 2009) assassiné ou blessé « aux jambes » des partisans du Fatah.

Toutefois, bien que beaucoup de ces accusations aient été effectivement confirmées par les enquêtes menées par des centres pour les droits de l’homme, Gaza n’a pas enregistré des arrestations et des détentions en masse contre des militants du Fatah. Le problème le plus épineux dont souffre réellement Gaza reste les restrictions imposées à la liberté de presse et d’expression.

A ce titre, il convient de souligner le recours à la force par la police du Premier Ministre Ismail Haniyeh contre de nombreuses manifestations organisées par la gauche palestinienne et par des groupes islamistes antagonistes du Hamas.

Cependant, il faut reconnaître que les restrictions imposées à la liberté de presse et d’expression ne sont pas du ressort de Gaza uniquement. Même en Cisjordanie, gouvernée par le Premier Ministre Salam Fayyad, généreusement sponsorisé par les USA et l’Union Européenne, la condition de la liberté de presse et d’expression n’est pas enviable.

C’est ainsi que peu à peu, l’ANP est en train de s’apparenter à plusieurs régimes arabes autoritaires de la région où les services de sécurité sont les seuls à décider si ou quand un citoyen ou une organisation ont la possibilité de s’exprimer et d’agir en toute liberté, et où, à l’instar de l’Egypte, de la Jordanie, de La Syrie ou de la Tunisie, les mouvements islamistes sont autorisés ou interdits d’opérer en fonction des exigences politiques locales et internationales.

Il est donc tout à fait clair que l’ANP, à travers le Président Abu Mazen et le Premier Ministre Fayyad, peinera à atteindre son objectif qu’est l’anéantissement du Hamas en Cisjordanie. En effet, même si le mouvement islamiste vit dans l’ombre et agit rarement en public afin d’éviter les répliques de l’ANP, il ne faut pas nier que sa popularité, acquise lors de sa victoire aux élections de 2006 même en Cisjordanie, bastion du Fatah, est encore imposante.

C’est pourquoi, les derniers sondages qui donnent un net avantage au Fatah et à Abu Mazen dans cette phase des élections législatives et présidentielles sont à prendre avec les pincettes. Pour rappel, la situation était similaire lors des élections de 2006 quand, à quelques jours du vote, les sondages donnaient la victoire au Fatah. Les urnes en disaient autrement et les résultats étaient en faveur du Hamas.

Ainsi, il est évident que la plupart des personnes interrogées, par crainte d’actions punitives de la part des services de sécurité de l’ANP, préféreraient garder confidentielles leurs véritables intentions de vote et avouer n’appartenir à aucun parti ou force politique.

Dans cette optique, l’analyste politique Hany al Masri explique que le Hamas jouit d’un consensus et d’un appui aussi bien dans les Territoires Occupés que dans d’autres pays. Il précise que même si la popularité du mouvement venait à s’éroder, elle ne sera, sans doute pas, annihilée. 

Nema News - Vous pouvez consulter cet article à : http://www.osservatorioiraq.it/modu...

25 novembre

Mario Correnti –

Nema New
Traduction de l’italien : Niha



3 Analyse - Géopolitique et stratégie – Réflexion.

Ndlr : PS : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information

3-1 Robert Bibeau : Il est parfois très difficile en politique (particulièrement au Proche-Orient), de démêler la vérité du mensonge.

Il est parfois très difficile en politique (particulièrement au Proche-Orient), de démêler la vérité du mensonge, l’intention réelle du simulacre. 
Hillary Clinton aurait déclaré forfait ; le très puissant Premier Ministre israélien Benjamin Netanyahu, aurait tenu tête à la Secrétaire d’État américaine et refusé de se plier aux exigences de cette dernière, de proroger le « moratoire sur la colonisation ». Ce serait  le nain israélien qui dirigerait la superpuissance américaine, et non pas l’inverse. Cependant,  regardons-y de plus près.  
Première question à résoudre, dans cette affaire des « pourparlers directs » entre Mahmoud Abbas, le Président échu de l’Autorité sans autorité, et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu :  quels étaient les objectifs poursuivis par chacun des protagonistes ? Une fois cette question résolue, nous serons à même de résoudre l’énigme Clinton-Netanyahu.  
Mahmoud Abbas, dont le mandat à la Présidence de l’Autorité palestinienne sans aucune autorité (1) est échu depuis Janvier 2009, se rendait à ces pourparlers de paix afin d'échanger  les derniers droits du peuple palestinien (tel le droit de retour et les droits sur 80% de la terre de la Palestine du mandat britannique, tel qu’amendé en 1922) et d’échanger, également, les droits palestiniens sur la ville de Jérusalem en tant que capitale de l’État palestinien. En retour,  Mahmoud Abbas réclamait le privilège de créer un État de type bantoustan, sous protectorat israélien, sur environ 20% des terres palestiniennes (la portion de la terre palestinienne que les sionistes n’avaient pas encore conquis et occupé en 1967, dont la limite suit approximativement le tracé de la Ligne verte).  
Benjamin Netanyahu se rendait à ces « pourparlers directs » avec l’intention d’obtenir d’un interlocuteur palestinien crédible la renonciation définitive, légale, écrite et signée aux droits du peuple palestiniens sur 90 % de la terre palestinienne (toutes les terres déjà conquises et colonisées en Israël, en Cisjordanie et à Jérusalem annexée illégalement), la renonciation à Jérusalem dans son entier, la renonciation définitive au droit de retour pour les quelques sept millions de palestiniens des camps de réfugiés et de la diaspora et la reconnaissance d’Israël en tant qu’État juif condition de légalisation des précédentes exigences. Rien de moins !
  Benjamin Netanyahu était toutefois d’accord pour la création d’un État bantoustan sous protectorat israélien sur moins de 10% des terres palestiniennes. Restait, cependant, à négocier les conditions de ce protectorat (sans plateau marin continental, sans armée, sans espace aérien, sans postes frontières, emmuré, avec droit de contrôle absolu d’Israël sur tout ce qui rentre et tout ce qui sort du bantoustan).  
Barak Obama et Hillary Clinton se rendaient à ces « pourparlers directs » pour soutenir leur colonie militaire de peuplement dans ses revendications. Ils étaient évidemment sceptiques quant à l’éventualité que Mahmoud Abbas se rende à de telles exigences extravagantes. Mais, si Mahmoud Abbas acceptait tout de même de « pourparler », pourquoi pas ? C’était lui, le sacrifié… Après tout, s’il se croyait assez fort pour refiler ce « package » à son peuple, à lui de s’exécuter… 
Évidemment, il apparut très tôt, et je l’avais prédit dès l’amorce, que ces « pourparlers directs » étaient morts nés (2).  Mahmoud Abbas, le Président échu et illégal, n’avait pas la crédibilité requise pour signer quoi que ce fût.  Il ne contrôlait pas la bande de Gaza, d’où l’armée israélienne avait été incapable de chasser le Hamas en janvier 2009. Surtout, Mahmoud Abbas ne pouvait pas espérer faire admettre, dans les camps de réfugiés de Syrie, de Jordanie et du Liban, un accord répudiant le droit au retour. Mahmoud Abbas ne pouvait laisser croire aux milliers de Palestiniens de Jérusalem-Est qu’Abou Dis, ce village de banlieue – la capitale promise à Arafat – était bien la ville de Jérusalem. Enfin, il n’était pas du tout assuré que le président échu puisse même faire passer l’entente en Cisjordanie occupée, malgré l’activité fébrile de ses services de sécurité secondés par l’armée israélienne. Il aurait fallu massacrer probablement la moitié de la population palestinienne pour espérer que la moitié restante vote en faveur d’un tel accord.  
Le cheval présidentiel s’avérait un baudet, un canasson crevé qui ne pouvait délivrer la marchandise promise. Ne restait plus au tandem Clinton-Netanyahu qu’à se trouver une échappatoire pour se sortir de ce futile exercice diplomatique.
La mise en scène du moratoire temporaire partiel non prorogé offrait le prétexte rêvé permettant à Mahmoud Abbas de se sortir du guêpier où il s’était lui-même fourré.  Aussitôt dit, aussitôt fait. Après avoir pris acte du refus israélien de proroger le moratoire partiel et temporaire, Hillary Clinton conserve le rôle de celle qui a fait tous les efforts pour obtenir un accord : elle pourra donc revenir sur le devant de la scène en tant que médiatrice, si un traitre plus crédible que Mahmoud Abbas se profil un jour dans le camp palestinien. Benjamin Netanyahu peut se présenter à la Knesset avec l’auréole du dompteur de lionne et  Mahmoud Abbas se retire de cet accord-guêpier  avec les honneurs de celui qui ne cède pas devant le chantage à la colonisation, lui qui, de toute façon, ne pouvait signer cet accord que personne n’aurait reconnu et qui n’a jamais exigé la levé du blocus de Gaza pour « pourparler ».  
En finale, il est très bien que ces « pourparlers » de capitulation et de trahison du peuple palestinien aient échoué et pris fin comme ils avaient commencé, en queue de requin. (3) 
 (1) C’est Mahmoud Abbas lui-même qui, en menaçant de démissionner, avoue candidement qu’il n’a même pas le droit de sortir de Ramallah sans l’autorisation signée du gouverneur militaire de la zone. Salam Fayyad,  le Premier ministre de l’Autorité en Cisjordanie, le réaffirmait, quand à lui suite à la destruction par les israéliens d’une autoroute qu’il venait tout juste d’inaugurer (le mois dernier). Une autoroute payée par les contribuables européens détruite le lendemain de son inauguration.
(2)   Robert Bibeau. (2010).  
http://www.ism-france.org/news/article.php?id=14340&t...  et    http://www.palestine-solidarite.org/analyses.Robert_Bibea...
et  http://www.oulala.net/Portail/spip.php?article4789
(3) http://www.aloufok.net/spip.php?article2891

 Robert Bibeau

Lundi 13 Décembre 2010
Visitez le site http://boycottisraelinternational.com
Visitez le site
http://www.robertbibeau.ca/palestine.html


3-2 Mounir Shafiq : Les formes de lutte et l’expérience palestinienne.

Quiconque se trompe s’il ne lit pas le conflit en Palestine comme étant exceptionnel, en comparaison avec les différents conflits menés par les mouvements de libération nationale, bien que chacun de ces mouvements ait sa spécificité ou sa particularité.

Toutefois, le sujet palestinien présente également une particularité et une spécificité incomparables, à cause de la nature de l’ennemi auquel fait face le peuple palestinien, et de son projet fondamentalement différent des projets de la domination coloniale et impériale, et même colonialiste connus par tous les peuples colonisés. Cet état se rapproche plutôt des cas qu’ont affronté les peuples autochtones dans les deux Amériques, en Australie et Nouvelle-Zélande, même si le peuple palestinien n’a pas subi une extermination concrète comme ces peuples.

La ressemblance concerne plutôt l’installation par des groupes coloniaux à la place du peuple autochtone. La Palestine, cependant, ne fait pas non plus partie de cette catégorie, non pas seulement parce que la suppression par l’extermination n’a pas eu lieu, mais parce qu’il n’a pas été possible de trancher définitivement le conflit au profit de l’entité sioniste comme cela a eu lieu en Amérique, Australie et Nouvelle-Zélande.

L’installation et la conversion de groupes de colons en un peuple à la place du peuple palestinien, dans sa patrie, ont été exécutées grâce à la domination colonialiste et impérialiste sur le rapport de forces international et avec le soutien et l’aide des Etats impérialistes qui ont même protégé et adopté le projet de la fondation de l’entité sioniste. Au départ, le colonialisme britannique en a été le père et le fer de lance. Il fut son protecteur et celui qui lui a permis d’arriver jusqu’en Palestine et de s’y implanter, puis de s’y renforcer militairement pour lui assurer une suprématie sur le peuple de Palestine, après avoir désarmé ce dernier et avoir coupé ses liens avec sa nation arabo-islamique, en procédant au morcellement et à la domination de ses Etats.

Par la suite, la protection, la sauvegarde, l’aide militaire et financière sont passées à l’impérialisme américain qui continue à diriger les Etats impérialistes et d’autres Etats, pour l’aider d’une part et pour mettre le plus possible d’Etats arabo-musulmans sous sa domination, et utiliser ce qui en est possible contre la résistance du peuple palestinien, pour faire des concessions sur le droit palestinien et arabe en Palestine.

Deux caractéristiques principales rendent la situation palestinienne particulière et spécifique :

La première : la nature du conflit qui consiste à installer un « peuple » à la place d’un autre, déraciné de son pays et expulsé par la force, avec des massacres, des actes terroristes et toutes formes de pression, ce qui s’est passé pendant la guerre de 1948, puis imposer des lignes de trêve qui protègent l’instauration de l’entité sioniste : armée, société et Etat, et imposer sa suprématie militaire sur toutes les armées arabes réunies. Le projet de cette installation s’est déroulé par étapes, au gré de l’évolution des rapports de force et les conditions, données et équations palestiniennes, arabes, islamiques, tiers-mondistes et internationales qui émergeaient. Mais ce parcours zigzagant est resté dans le cadre de l’objectif principal.

La deuxième : l’ennemi qu’a affronté et que continue à affronter le peuple palestinien représente un large front international qui s’est ligué contre lui, ce qui est différent de ce qu’ont affronté les peuples des colonies lors de leurs luttes contre un seul ennemi colonialiste. Ce qui rend la confrontation menée par le peuple palestinien beaucoup plus large que toute autre confrontation connue par un mouvement de libération nationale. Il n’est pas exagéré de dire que le peuple palestinien n’a pas combattu le colonialisme britannique seul, au cours du mandat, ni combattu l’armée sioniste seule, pendant la guerre de 1948, mais qu’une ligue mondiale des grandes puissances s’est opposée à lui, et notamment après l’instauration de l’Etat de l’entité sioniste. L’Inde a combattu la Grande-Bretagne seule, l’Algérie a combattu la France seule, le Vietnam a combattu les Etats-Unis seuls, et l’Afrique du Sud a combattu les colons racistes qui étaient protégés par un seul Etat ou plusieurs de second rang, quant au rapport de forces, mais elle a pu, dans les étapes ultérieures, gagner la majorité des grandes puissances pour démanteler le régime raciste.

Mais en Palestine, il y a l’entité sioniste elle-même super-armée, et avec elle, de manière organique, les mouvements sionistes mondiaux qui sont devenus influents à l’intérieur des cerles de décision et des concepteurs de stratégies dans les Etats occidentaux, et notamment aux Etats-Unis. Ces Etats se sont engagés, et s’engagent, à protéger l’Etat de l’entité sioniste, à le soutenir, le renforcer pour mener le processus de l’occupation et du déracinement qui ont eu lieu, ou qui sont susceptibles de se poursuivre jusqu’au bout, si possible.

Il faut ajouter ici que la complicité de l’impérialisme mondial avec l’entité sioniste a joué et joue encore un rôle décisif, en paralysant les Etats arabo-musulmans et du tiers monde, en les empêchant de soutenir le peuple palestinien et en mobilisant l’opinion internationale en faveur de l’entité sioniste. Ainsi, le déséquilibre du rapport de forces dans ce conflit n’a jamais été aussi évident pour aucun peuple ni mouvement de libération nationale dans le monde.

C’est à partir de là qu’il faut comprendre la nature du conflit en Palestine, la nature de l’ennemi sioniste et des forces mondiales qui le soutiennent, mais aussi la paralysie des situations palestinienne et arabe, due au morcellement par pays et à la domination impérialiste qu’elles subissent, en général.

Cette équation complexe et très difficile, même si en fin de compte elle est susceptible d’être démantelée et changée (ce qui est un autre sujet), explique pourquoi le projet sioniste est parvenu à instaurer son entité et son Etat, pourquoi il poursuit son expansion et la judaïsation en Cisjordanie, et pourquoi il pose la condition de la reconnaissance de la judaïté de l’Etat en contrepartie de concessions sur des miettes où s’installerait un mini-Etat pour les Palestiniens.

Cette équation complexe et très difficile qui caractérise la question palestinienne et qui a donné naissance à une particularité et spécificité exceptionnelles, explique pourquoi existent deux Autorités, l’une à Ramallah qui agit en collaboration avec l’entité sioniste contre la résistance et poursuit les négociations, et l’autre dans la bande de Gaza, qui est une base militaire libérée mais encerclée de tous côtés et qui a mené la guerre de 2008-2009, qui a fait échec à l’attaque et qui vit l’expérience de la division entre la Cisjordanie et la bande de Gaza et entre deux stratégies.

Il faut ajouter l’expérience des Palestiniens restés dans le cadre de l’Etat de l’entité sioniste, qui ont enduré les pleins pouvoirs, le racisme et toutes formes de pression pour les expulser, mais qui ont résisté et lancé plusieurs formes de lutte pour maintenir leur présence dans leur pays.

Par ailleurs, la résistance a fait l’expérience en Jordanie, entre 1968 et 1970, puis au sud du Liban, entre 1971 et 1982, elle a mené deux grandes guerres en 1978 et 1982, tout comme elle a fait l’expérience de la première intifada entre 1978 et 1993 pendant que l’OLP se trouvait dans l’exil tunisien. Puis ce fut l’expérience de la résistance nationale puis de la résistance islamique au Liban qui furent couronnées par la libération du sud en 2000 puis la guerre de 2006 et la défaite de l’armée sioniste.

En d’autres termes, dans le conflit avec le projet sioniste depuis le début jusqu’à aujourd’hui, l’expérience palestinienne est passée par plusieurs formes principales de lutte armée, de guérilla au cours de 1936-1938, puis la guerre de « surface », puis la résistance de l’extérieur vers l’intérieur entre 1965 et 1982, puis de l’intérieur vers l’extérieur entre 1985 et 2006, puis les véritables guerres qui se caractérisent par la confrontation et l’affrontement, tout comme le peuple palestinien a expérimenté l’action dans les bases libérées, où se font les préparatifs militaires, y compris la consolidation et le développement de l’armement, le creusement des tunnels, la préparation à l’affrontment de l’armée ennemi (au sud Liban et actuellement dans la bande de Gaza).

De même, toutes les formes du refus politique et populaire, de boycott économique et de lutte contre l’impérialisme, et notamment contre les Etats-Unis et son alignement du côté de l’entité sioniste, ont été exercées de 1948 à 1967, et ensuite, même à toutes les étapes. Comment peut-on alors évaluer les résultats des stratégies de la résistance, de la protestation, de boycott, de l’intifada populaire et des guerres ?

Ceux qui ont condamné les diverses expériences de la résistance armée et celles de l’objection politique et populaire les ont jugées inutiles parce qu’elles n’ont pu empêcher l’instauration de l’Etat de l’entité sioniste ni les résultats de la guerre de 1967. Ils leur ont même fait porter la responsabilité des guerres et les atrocités et crimes de l’ennemi sioniste, mais ces condamnations ne sont pas justifiées, comme le fait de considérer la résistance armée comme ayant échoué parce qu’elle n’a pas pu empêcher la fondation de l’Etat de l’entité sioniste, ce qui n’était pas possible, à l’époque, avec toutes les conditions et circonstances, les données de l’équilibre des forces, la nature de l’entité sioniste, les politiques des grandes puissances et la faiblesse arabe due au morcellement et la domination. La résistance ne pouvait qu’empêcher l’effondrement et limiter la progression du projet, tout en maintenant l’état de confrontation avec lui et l’empêcher de tout avaler, de la manière la plus facile et la plus rapide.

De ce point de vue, limiter la vitesse de la progression du projet et lui mettre des entraves à telle ou telle étape, ou garder telle ou telle limite, tout comme le fait de garder attisée la flamme de la résistsance et la passer de génération en génération, représente en soi un grand acquis, si l’on discute la question dans un cadre de relativité ; mieux, elle mérite tous les sacrifices qui ont été consentis.

Ces paroles s’appliquent à toutes les étapes pécédentes, mais la résistance, et notamment après 2000, que ce soit au Liban ou en Palesitne, a réalisé des acquis qui dépassent ceux d’empêcher l’effondrement et la dégringolade, pour entamer une phase de semi-équilibre stratégique, comme l’ont montré les guerres de 2006 au Liban et de 2008-2009 dans la bande de Gaza. Dans les deux cas, il est possible de parler de libération de terres et de formation de bases libérées ou semi-libérées, même si la bande de Gaza est encerclée. L’ennemi ne peut plus y entrer qu’au moyen de la guerre et de la confrontation armée, d’une rue à l’autre et d’une maison à l’autre.

C’est pourquoi il est possible de dire que la statégie de la résistance et de la protestation peuvent, avec une mobilisation arabe, islamique et mondiale pour l’aider et isoler l’entité sioniste, imposer le retrait de Cisjordanie et le démantèlement des colonies, inconditionnels, comme cela a eu lieu au sud du Liban et dans la bande de Gaza. Mais ce qui les a corrompus est venu de la stratégie du processus politique et des négociations et d’avoir compté sur la supervision américaine, au niveau palestinien et arabe. C’est ce qui a transformé la Cisjordanie, avec l’Autorité de Ramallah et la coopération sécuritaire avec l’occupant, en une base contre la résistance, collaborant avec l’occupation et prisonnière financièrement des Etats donateurs.

Si l’état présent en Cisjordanie n’est pas brisé par la suppression de l’accord sécuritaire, et par l’annulation et l’anéantissement de la stratégie des négociations, il y a risque de liquider la cause palestinienne. Cette situation est arrivée au point de négocier pour un mini-Etat dont le prix serait l’échange de territoires de la Cisjordanie, l’acceptation de la colonisation, la concession sur les terres occupées et usurpées en 1948 et le droit au retour, mais aussi la reconnaissance de l’Etat de l’entité sioniste en tant qu’Etat juif, ce qui s’oppose au principe du droit sur la Palestine et la fin de la réclamation des droits historiques du peuple palestinien sur la Palestine : voir les déclarations de Abbas, de Abd Rabbo sur la reconnaissance de la judaïté de l’Etat et de Salam Fayyad sur son acceptation du récit biblique.

Atteindre ce stade dans ce parcours de concessions et d’insertion dans le processus de règlement ne laisse aucune possibilité de doute quant au fait que les formes de lutte, la résistance, l’intifada, le refus, le boycott, l’attachement aux constantes précises de la Charte de l’OLP de 1964 et 1968 sont les seules à pouvoir être caractérisées comme des formes de lutte efficaces et sérieuses. Quant aux autres formes de la gestion du conflit, les concessions sur les constantes et les droits, l’acceptation des résolutions des Nations-Unies, les conditions du processus de règlement et les négociations, ne sont en rien des formes de lutte. Elles n’ont rien sauvé du tout mais au contraire, elles ont dilapidé jusqu’à se trouver prêtes à accepter le prétendu « droit des juifs » historique et l’abandon du droit palestinien, arabe et islamique certain sur la Palestine, toute la Palestine.

Ce serait une falsification que de considérer les négociations et le processus de règlement dans la situation palestinienne comme étant semblables à d’autres expériences pratiquées par des mouvements de libération nationale et la résistance, ou de considérer la négociation comme une forme de lutte alors que c’est une voie pour corrompre la lutte et liquider la cause et les droits fondamentaux. Une telle assertion n’est plus basée seulement sur la spécificité de la cause palestinienne, la nature de l’ennemi et la nature du conflit mais elle a été démontrée par l’expérience réaliste et pratique, qui a le dernier mot et qui tranche la question.

Mounir Shafiq - As-Sabil

 dimanche 5 décembre 2010

http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=9763

Munir Shafiq,

Ecrivain et penseur – Jordanie

Source : Le Grand soir –

9 décembre 2010

.http://www.palestine-solidarite.org/analyses.Munir_Shafiq.301110.htm


 

n°565 - Dossier de Palestine - 31-12 - Fin - : 1 million (1.000.000) de Palestiniens ont été détenus depuis 1967 par les forces d’occupation israéliennes.


n°565 - Dossier de Palestine - 31-12 -  Fin  - : 1 million (1.000.000)  de Palestiniens ont été détenus depuis 1967 par les forces d’occupation israéliennes.



       L'information est une arme au service de la paix. Sa diffusion est un acte de résistance

                 Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources 

                                                       



Dossier de Palestine

N°565                                                     31-12

C.De Broeder & M.Lemaire

 


 


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Sommaire

4 Annexe

4-1 Le 23ème anniversaire du Hamas, riche expérience et espoir de la nation

4-2 Fêtant son 23ème anniversaire, le Hamas renouvelle son serment de défendre les droits et les constantes du peuple palestinien.

4-3 23ème anniversaire du Hamas : La popularité du Hamas est en nette ascension

5 Conférence

5-1Chomsky : la sauvagerie de l’impérialisme états-unien.




4 Annexe

4-1 Le 23ème anniversaire du Hamas, riche expérience et espoir de la nation.
Le mouvement de la résistance islamique Hamas est né il y a de cela vingt-trois ans.

Malgré ces années peu nombreuses, le Hamas a pris de l’importance. Le Hamas a maintenant un poids que personne ne pourra ignorer. Notre Centre Palestinien d’Information (CPI) a rencontré certains chercheurs et experts pour sonder leurs avis concernant cette riche expérience.
Le professeur d’université Ayad Al-Qar dit que le mouvement du Hamas a pu, depuis sa naissance, présenter un exemple exceptionnel dans ses relations avec les autres mouvements, un exemple de mariage entre ses exigences en tant que faction et les exigences de l’intérêt national, un exemple de celui qui laisse ses intérêts au profit de l’unité du peuple palestinien, en présentant une vision claire du travail militaire résistant.
Il souligne que le mouvement a réalisé des dizaines d’opérations militaires de résistance communes avec plusieurs autres factions palestiniennes, le mouvement du Fatah en tête, bien que le mouvement du Hamas soit capable de les réaliser tout seul. Il veut cependant consolider l’unité des mouvements de la résistance.
Etapes importantes
Al-Qarra croit que le Hamas a connu plusieurs étapes importantes dans son parcours, comme toutes les factions de la résistance du Vietnam et d’Amérique du Sud. On peut en compter quatre.
La première étape concerne l’année 1996, l’année où s’est tenue la conférence « La lutte contre le terrorisme » à Charm Al-Cheikh. Le Hamas a ensuite subi l’encerclement, la poursuite, la répression interne. Tout cela a énormément touché son organisation.
La deuxième étape a commencé avec le déclenchement de l’Intifada d’Al-Aqsa. Le Hamas s’est organisé, en effectuant des opérations martyres, en dirigeant la résistance et en infligeant aux occupants israéliens de lourdes pertes.
La troisième étape a commencé en 2005, l’année de la victoire du Hamas contre l’occupation israélienne qui s’est trouvée obligée de se retirer de la bande de Gaza, une conséquence de ses sacrifices dont la tombée en martyre de ses dirigeants et de ses fondateurs.
La quatrième étape a débuté par sa victoire aux élections législatives, qui a confirmé la grande confiance populaire en lui.
La période la plus dangereuse de l’histoire du Hamas est celle de la dernière guerre agressive israélienne menée contre Gaza, fin 2008/début 2009. Cette guerre avait pour but de l’anéantir, totalement. Il a cependant pu en sortir avec une bonne aptitude et une grande capacité d’endurance.
Une riche expérience
Pour sa part, le chercheur Hassan Abdou a compté cinq étapes dans l’histoire du Hamas.
La première étape commence le 14 décembre 1987, le jour de sa naissance, un point important dans l’histoire de tout le travail islamique en Palestine. Cette étape a connu la résistance et le sacrifice, tout au long de la Première Intifada.
Avec la naissance des brigades d’Al-Qassam, au début des années quatre-vingt-dix, une nouvelle étape est née, non seulement dans l’histoire du mouvement du Hamas, mais aussi dans l’histoire du peuple palestinien. Le mouvement a pu réaliser plusieurs opérations de résistance qui ont eu un bon écho en Palestine toute entière.
Le mouvement du Hamas a laissé ses empruntes sur l’Intifada d’Al-Aqsa, en 2000, bien que cette Intifada soit venue après plusieurs coups donnés par les occupants israéliens, ainsi que par l’autorité du Fatah de l’époque. La période entre 1996 et 2000 était une période très sombre pour le Hamas : entre poursuites et arrestations politiques.
Le chercheur Abdou confirme que le Hamas a activement participé dans l’Intifada d’Al-Aqsa. L’industrie militaire a connu un progrès remarquable, les roquettes d’Al-Qassam n’en sont qu’un exemple. La balance de la terreur avec l’ennemi sioniste a connu une sorte d’équilibre.
Le mouvement a enregistré une réussite remarquable dans l’action sociale, comme dans la résistance. Puis dans le travail politique lorsque le mouvement du Hamas est sorti victorieux des élections législatives du 2006, et qu’il a constitué le dixième gouvernement palestinien. Toutefois, les tentatives de le faire tomber se sont multipliées, menant enfin à cette division de la scène palestinienne.
Ce chercheur politique attire l’attention sur le fait qu’on ne puisse parler du Hamas sans parler de toutes ces tentatives : le blocus, la force, la guerre ; le Hamas, cependant, a réussi à préserver les principes qu’il respecte depuis toujours.
Les observateurs remarquent l’enracinement du Hamas dans la réalité palestinienne et arabe. Le mouvement marche avec assurance vers la libération de la Palestine et vers le gouvernement islamique.

14-12-2010

Palestine Info


 

4-2 Fêtant son 23ème anniversaire, le Hamas renouvelle son serment de défendre les droits et les constantes du peuple palestinien.
Le Mouvement Hamas a renouvelé, lors du 23ème anniversaire de sa création, son serment de protéger les droits nationaux et les constantes palestiniens et de travailler sans relâche à la fin de la division interne dans l'arène palestinienne.
"Le Hamas a travaillé en accord avec les enseignements de Sheikh Ahmed Yassin et ses compagnons, qui ont allumé la première étincelle de l'intifada bénie," a déclaré le Hamas lors d'une conférence de presse, lundi, dans la Bande de Gaza.
"Le mouvement Hamas a réussi, grâce à Dieu Tout-Puissant, à établir une structure organisationnelle basée sur une éducation solide, de bonnes mœurs et un engagement constructif. Cette structure a engendré des héros comme les martyrs, les prisonniers, les exilés, les blessés et les personnalités nationales qui se sont transformés en une entreprise intégrée de dirigeants et de cadres rejoints par les masses du peuple palestinien," souligne la déclaration.
Le communiqué souligne que la Palestine, de la Méditerranée au Jourdain, est la terre des Palestiniens et que le Hamas ne reconnaîtra jamais l'Etat israélien d'occupation et qu'il continuera d'adhérer à l'option de la résistance jusqu'à la libération de la Palestine et de ses lieux saints.
Dans un communiqué similaire diffusé mardi par le Hamas depuis Damas, le Mouvement a appelé l'Autorité palestinienne (AP) sous contrôle Fatah à cesser de courir après le mirage du processus de paix et à adopter l'option de la résistance et de la fermeté, soulignant que les droits nationaux sont extorqués par la force et non en les mendiants.
Il exige aussi du président de facto Mahmoud Abbas qu'il prenne une décision audacieuse et mette fin à la coopération sécuritaire entre ses forces de sécurité et l'occupation israélienne.
Dans le même contexte, Mahmoud al-Zahhar, membre du bureau politique du Hamas, a dit dans un communiqué de presse au quotidien jordanien Assabeel, lors de cet anniversaire, que son mouvement avait eu de nombreuses réussites pendant 23 ans de lutte de libération de la Palestine.
Zahhar a souligné que le Hamas avait réussi à unir la résistance et l'action politique, et que son gouvernement avait réussi à gérer Gaza avec succès malgré le blocus et les complots pour lui nuire.
The Palestinian Information Center,

14.12.2010
(traduction MR)

http://www.ism-france.org/news/article.php?id=14723&type=analyse&lesujet=Histoire


4-3 23ème anniversaire du Hamas : La popularité du Hamas est en nette ascension  24/12/2010

Les gens sont venus en masse, sur la place d’Al-Katiba, au centre de la ville de Gaza. Ils sont venus fêter le vingt-troisième anniversaire du Hamas. Ils sont venus exprimer leur résistance, la résistance du peuple palestinien, la résistance du mouvement de la résistance islamique Hamas.

Notre Centre Palestinien d’Information (CPI) a recueilli les remarques de certains observateurs sur la popularité du Hamas. Tous croient qu’elle est en nette ascension. Elle se consolide de jour en jour. La célébration du jour de la naissance du Hamas de cette façon représente un réel plébiscite soutenant le choix de la résistance et montrant que le Hamas reste toujours fort.

Popularité en ascension

L’analyste Hani Al-Bassous confirme que ces masses tellement énormes qui viennent célébrer l’anniversaire du Hamas montrent que le Hamas profite d’un soutien sans faille qui se renforce de jour en jour, cette année plus encore que l’année dernière. Ainsi, la popularité du mouvement du Hamas est en ascension au niveau local. Il y a aussi une certaine ascension aux niveaux régional et international.

Les activités affirment l’étendue de l’organisation, l’esprit pratique qui réagit de façon professionnelle face aux évènements.

Pour lui, la sortie de ces masses porte beaucoup de sens.

En fait, la grande majorité de la bande de Gaza est sortie pour cette célébration, sans parler de ceux qui la suivent via la radio et la télévision. Quasiment tous les habitants de la bande de Gaza y ont participé.

En Cisjordanie, le Hamas profite du même taux de soutien ; cependant, les gens ne peuvent pas le montrer.

« Je ne pense pas, dit-il, que les masses auraient été moins denses s’il avait été possible d’organiser l’événement ».

La plus grande foule

Des centaines d’hommes et de femmes ont participé au festival du mouvement du Hamas. Cette année, la foule était beaucoup plus dense que les années précédentes, confirme Ismaël Haniyeh, premier ministre palestinien.

Pour sa part, Mohammed Al-Hindi, chef du mouvement du Jihad Islamique, pense que ces grandes masses confirment l’adoption du choix de la résistance et du djihad par le peuple palestinien.

Et de son côté, l’analyste politique Hassan Abdou croit que ces masses reflètent la force du mouvement du Hamas et leur attachement au choix de la résistance.

Cette façon de célébrer représente pour le mouvement de la résistance islamique Hamas une victoire populaire.

14.12.2010

http://www.palestine-info.cc/fr/


5 Conférence

5-1Chomsky : la sauvagerie de l’impérialisme états-unien.

Nb PS : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information

Conférence de juin 2010

par Comité Valmy

1. L’empire des États-Unis, le Moyen-Orient et le monde

Noam CHOMSKY

Il est tentant de reprendre depuis le début.

Le début c’était il y a bien longtemps, mais il est utile de revoir certains points d’histoire qui pourront être comparés à la politique actuelle des États-Unis au Moyen-Orient.

Les États-Unis sont un pays très particulier par bien des aspects. Ils sont probablement le seul pays au monde qui soit né empire. C’était un empire enfant – comme George Washington l’a appelé –, et les Pères fondateurs étaient très ambitieux. Le plus libéral d’entre eux, Thomas Jefferson, pensait que l’empire enfant devait s’étendre davantage et devenir le « nid » à partir duquel le continent entier serait colonisé. Cela signifiait se débarrasser des « rouges », les Indiens, lesquels ont effectivement été déplacés ou exterminés. Les Noirs devaient être renvoyés en Afrique dès qu’on n’aurait plus besoin d’eux et les Latins seraient éliminés par une race supérieure.

La conquête du territoire national

Les États-Unis ont été un pays très raciste pendant toute leur histoire, et pas seulement à l’encontre des Noirs. Les idées de Jefferson étaient assez communes, les autres étaient globalement d’accord avec lui. C’est une société de colons. Le colonialisme de peuplement c’est ce qu’il y a de pire comme impérialisme, le genre le plus sauvage parce qu’il requiert l’élimination de la population indigène. Ce n’est pas sans relation, je crois, avec le soutien automatique des États-Unis à Israël, qui est aussi une société coloniale. La politique d’Israël d’une certaine façon fait écho à l’histoire états-unienne, en est une réplique. Et, il y a plus, les premiers colons aux États-Unis étaient des fondamentalistes religieux qui se considéraient être des enfants d’Israël répondant au commandement divin de peupler la terre et de massacrer les Amalécites, etc. C’est tout près d’ici, les premiers colons, au Massachusetts.

 

Tout cela était fait avec les meilleures intentions. Ainsi, par exemple, le Massachusetts (le Mayflower et toute cette histoire) à reçu sa Charte de la part du roi d’Angleterre en 1629. La Charte chargeait les colons de sauver les populations locales des affres du paganisme. D’ailleurs si vous regardez le sceau de la Bay Colony du Massachusetts vous voyez un Indien qui tient une flèche pointée vers le bas en signe de paix. Et devant se bouche il est écrit « Come over and help us » [« Venez et aidez-nous »]. C’est l’un des premiers exemples de ce qu’on appelle aujourd’hui l’interventionnisme humanitaire. Et ce n’est qu’un exemple, il y a bien d’autres cas au cours de l’histoire, et cela dure jusqu’à nos jours. Les Indiens demandaient aux colons de venir et de les aider et les colons suivaient gentiment le commandement leur demandant de venir et de les aider. En fait nous les aidions en les exterminant.

Après coup on a trouvé ça bizarre. Dans les années 1820, un membre de la Cour suprême a écrit à ce propos. Il dit qu’il est assez étrange que, malgré toute notre bienveillance et notre amour pour les Indiens, ils dépérissent et disparaissent comme les « feuilles d’automne ». Comment était-ce possible ? Il a fini par en conclure que la volonté divine est « au-delà de la compréhension humaine ». C’est simplement la volonté de Dieu. Nous ne pouvons pas espérer comprendre. Cette conception – appelée le providentialisme – selon laquelle nous suivons toujours la volonté de Dieu existe encore aujourd’hui. Quoi que nous fassions nous suivons la volonté de Dieu. C’est un pays extrêmement religieux, unique en son genre en matière de religiosité. Une grande partie de la population – je ne me souviens plus du chiffre, mais il est assez élevé – croit littéralement ce qui est écrit dans la Bible. Le soutien total à Israël est l’une des conséquences de tout cela, parce que Dieu a promis la terre promise à Israël. Donc nous devons les soutenir.

Les mêmes personnes – une part importante des plus importants défenseurs d’Israël – sont des anti-sémites, parmi les plus extémistes du monde. À côté d’eux Hitler semble assez modéré. Leur perspective est l’élimination des Juifs après Armageddon. Il y a tout un tas d’histoires à ce propos, lesquelles sont crues, littéralement, jusqu’à un très haut niveau – probablement des gens comme Reagan, George W. Bush, et d’autres. Cela n’est pas sans lien avec l’histoire colonialiste du sionisme chrétien – il précède le sionisme juif, et il est beaucoup plus puissant. C’est l’une des raisons qui expliquent le soutien automatique et inconditionnel à Israël.

La conquête du territoire national est une histoire assez laide. Certaines des personnes les plus honnêtes l’ont reconnu, comme John Quincy Adams, qui était l’un des grands stratèges de l’expansionnisme – le théoricien de la Destinée manifeste, etc. À la fin de sa vie, longtemps après ses propres crimes, il se lamentait sur le sort de ceux qu’il appelait « la malheureuse race des indigènes américains, que nous exterminons sans pitié et avec une perfide cruauté ». Il a dit que ce serait l’un des péchés pour lesquels le Seigneur allait nous punir. Nous attendons encore.

Ses idées sont jusqu’à nos jours tenues en haute considération. Il y a un livre de référence, universitaire, écrit par John Lewis Gaddis, un grand historien états-unien, qui concerne les racines de la doctrine Bush. Gaddis, avec raison, présente la doctrine Bush comme héritière de la grande stratégie de John Quincy Adams. Il dit que c’est un concept qui existe tout au long de l’histoire des États-Unis. Il en fait l’éloge, il considère que c’est la conception correcte – nous devons assurer notre sécurité, l’expansion est le moyen de la sécurité, et vous ne pouvez pas vraiment assurer votre sécurité sans tout contrôler. Donc nous devons nous déployer, non seulement dans l’hémisphère, mais partout dans le monde. C’est la doctrine Bush.

Au moment de la Deuxième Guerre mondiale, sans entrer dans les détails…

Bien que les États-Unis aient été depuis longtemps et de loin le pays le plus riche du monde, ils jouaient un rôle secondaire sur la scène mondiale. L’acteur principal c’était la Grande-Bretagne – et y compris la France avait une plus grande présence dans le monde. La Deuxième Guerre mondiale a changé tout cela. Les stratèges états-uniens durant la Deuxième Guerre mondiale, les planificateurs de Roosevelt, ont dès le début de la guerre très bien compris qu’au bout du compte les États-Unis allaient se retrouver dans une position de supériorité absolue.

Alors que la guerre se déroulait – les Russes terrassaient les Allemands, ils ont à ce moment presque gagné la guerre en Europe – on avait compris que les États-Unis seraient dans une position de domination encore plus nette. Et ils ont donc élaboré des plans pour la configuration du monde de l’après-guerre. Les États-Unis auraient le contrôle total d’une zone qui comprendrait l’hémisphère occidental, l’Extrême-Orient, l’ex-Empire britannique, la plus grande partie possible de l’Eurasie, incluant donc l’Europe occidentale et son importante infrastructure commerciale et industrielle. C’est le minimum. Le maximum c’est le monde entier ; et bien entendu c’est ce dont nous avons besoin pour notre sécurité. Dans cette zone les États-Unis auraient le contrôle incontesté et empêcheraient tous les pays d’aller vers davantage de souveraineté.

Les États-Unis se trouvent à la fin de la guerre dans une position de domination et de sécurité sans équivalent dans l’histoire. Ils ont la moitié de la richesse mondiale, ils contrôlent tout l’hémisphère occidental et les deux rives des deux océans. Ce n’était pas un contrôle total. Les Russes étaient là et il y avait encore quelques parties hors de contrôle, mais l’expansion avait été remarquable. Juste au centre se trouvait le Moyen-Orient.

Adolf A. Berle, une personnalité libérale, qui fut très longtemps le conseiller du président Roosevelt, mettait l’accent sur le fait que contrôler le pétrole du Moyen-Orient signifierait dans une bonne mesure contrôlé le monde. Cette doctrine reste inchangée, elle est encore en vigueur actuellement et c’est l’un des facteurs essentiels pour décider des orientations politiques.

Après la Deuxième Guerre mondiale

Durant la Guerre froide les décisions politiques étaient invariablement justifiées par la menace russe. C’était dans une bonne mesure une menace fictive. Les Russes géraient leur propre petit empire avec un prétexte similaire, la menace états-unienne. Ce rideau de fumée n’existe plus depuis la chute de l’Union soviétique. Pour ceux qui veulent comprendre la politique étrangère de États-Unis, un point qui de toute évidence devrait être observé c’est ce qui est arrivé après la disparition de l’Union soviétique. C’est naturellement le point qu’il faut observer, et il s’ensuit presque automatiquement que personne ne l’observe. On en parle à peine dans la littérature universitaire alors qu’il est évident que c’est ce que vous devez regarder pour comprendre la Guerre froide. En fait si vous regardez vous obtenez des réponses tout à fait claires. Le président à l’époque était George Bush I. Immédiatement après la chute du mur de Berlin, il y a eu une nouvelle stratégie de sécurité nationale, un budget de la défense, etc. C’est très intéressant. Le message principal est le suivant : rien ne va changer sauf les prétextes. Donc nous avons encore besoin, disaient-ils, d’une force militaire gigantesque, non pas pour nous défendre des hordes russes parce que ça n’existe plus, mais à cause de ce qu’ils ont appelé la « sophistication technologique » de certains pouvoirs dans le Tiers monde. Maintenant si vous êtes une personne bien éduquée, bien formée, qui vient de Harvard, etc., vous n’êtes pas supposé rire quand vous entendez ça. Et personne n’a ri. En fait je pense que personne n’en a rendu compte. Donc, disaient-ils, nous devons nous protéger de la sophistication technologique des puissances du Tiers monde et nous devons maintenir ce qu’ils ont appelé la « base industrielle de la défense » – un euphémisme pour parler de l’industrie high-tech (les ordinateurs, Internet, etc.), qui dépend principalement du secteur étatique, sous le prétexte de la défense.

Concernant le Moyen-Orient... Ils disaient que nous devions maintenir nos forces d’intervention, la plupart d’entre elles au Moyen-Orient. Puis vient une phase intéressante. Nous devons faire barrage pour contenir l’ennemi. Nous devons maintenir les forces d’intervention au Moyen-Orient pour défendre nos intérêts, la région qui « ne pouvait pas être offerte en cadeau au Kremlin ». En d’autres termes, désolés les gars, nous vous avons menti pendant 50 ans, mais maintenant que le prétexte n’existe plus, nous vous dirons la vérité. Le problème au Moyen-Orient est ce qu’on appelle le nationalisme radical. « Radical » signifie simplement indépendant. C’est un terme qui signifie « ne suit pas les ordres ». Le nationalisme radical peut être de différentes sortes. L’Iran en est un bon exemple.

La menace du nationalisme radical

En 1953 la menace iranienne c’était un nationalisme laïque. Après 1978 c’est le nationalisme religieux. En 1953 on a renversé le régime parlementaire et on a installé un dictateur beaucoup plus à notre goût. Ce n’était pas un secret. Le New York Times, par exemple, dans un éditorial, se réjouissait du renversement du gouvernement iranien, estimant qu’il s’agissait d’une bonne « leçon de choses » pour les petits pays qui devenant fous, emportés par le nationalisme radical, rejettent toute autorité et veulent contrôler eux-mêmes leurs ressources. Ce sera une leçon de choses pour eux : n’essayez pas ce genre de bêtises, et certainement pas dans cette région dont nous avons besoin pour contrôler le monde. C’était en 1953.

Depuis le renversement du tyran imposé par les États-Unis en 1979 l’Iran a continuellement été attaqué par les États-Unis. Au début Carter a essayé de répondre au renversement du shah en organisant un coup d’État. Ça n’a pas marché. Les Israéliens – l’ambassadeur… il y avait des relations très proches entre Israël et l’Iran sous le shah, bien que théoriquement il n’y eût pas de relations formelles – ont fait savoir que si nous pouvions trouver des officiers disposés à tuer 10 000 personnes dans les rues, nous pourrions rétablir le régime du shah. Zbigniew Brzezinski, le conseiller de Carter à la sécurité nationale, avait à peu près les mêmes idées. Mais ça n’a pas vraiment marché. Les États-Unis ont alors immédiatement soutenu Saddam Hussein, pour qu’il envahisse l’Iran. Et ce n’est pas une mince affaire. Des centaines de milliers d’Iraniens ont été massacrés. Les gens qui sont à la tête de l’Iran actuellement sont des vétérans de cette guerre et ils ont une claire conscience du fait que l’ensemble du monde est contre eux – les Russes, les États-Uniens, tout le monde soutenait Saddam Hussein, tout le monde voulait renverser le nouvel État islamique.

Ce n’est pas peu de choses. Le soutien des États-Unis à Saddam Hussein est allé très loin.

Les crimes de Saddam – comme le génocide d’Anfal, massacre de Kurdes – étaient niés.

Le gouvernement Reagan les démentait et les attribuait à l’Iran.

 À l’Irak on a même donné un privilège rare. C’est le seul pays, avec Israël, qui a pu attaquer un navire états-unien et s’en sortir impunément. Dans le cas d’Israël c’était le USS Liberty en 1967. Dans le cas de l’Irak c’était le USS Stark en 1987 – un navire qui appartenait à la flotte états-unienne protégeant les convois irakiens des attaques iraniennes pendant la guerre. Ils ont attaqué le navire avec des missiles français, ils ont tué plusieurs dizaines de marins – et ils n’ont reçu qu’une petite tape sur la main, rien de plus.

Le soutien des États-Unis était tel que c’est quasiment eux qui ont remporté la guerre pour l’Irak. Une fois la guerre finie, le soutien des États-Unis à l’Irak a continué. En 1989 George Bush I a invité des ingénieurs nucléaires irakiens aux États-Unis, pour qu’ils reçoivent des formations de pointe dans le domaines des armes nucléaires. C’est l’une de ces petites choses qu’on cache parce que quelques mois plus tard Saddam est devenu un mauvais garçon. Il a désobéi aux ordres. Juste après cela il y a eu de terribles sanctions, etc.

La menace iranienne

Pour en revenir à notre époque, dans la littérature sur la politique étrangère et dans les commentaires généraux ce que vous lisez généralement c’est que le problème le plus important pour les États-Unis était et reste la menace iranienne. Qu’est-ce que c’est que cette menace iranienne au juste ? Nous disposons d’une source qui fait autorité sur ce point. C’était il y a quelques mois : un compte rendu au Congrès des États-Unis émanant du département de la défense et des services d’intelligence. Tous les ans ils font un compte rendu au Congrès sur la situation mondiale en matière de sécurité. Le dernier compte rendu, celui d’avril dernier, comporte une partie qui concerne l’Iran, bien sûr, la plus grande menace. Il est important de lire ce compte rendu. Ce qu’ils disent c’est que, quoi qu’il en soit de la menace iranienne, ce n’est pas une menace militaire. Ils disent que les dépenses militaires iraniennes sont plutôt basses, y compris si on les compare aux pays de cette région ; et si on les compare à celles des États-Unis, elles sont insignifiantes – probablement moins de 2% de nos dépenses militaires. Par ailleurs ils disent que la doctrine militaire iranienne est basée sur le principe de la défense du territoire national, elle est conçue pour contenir une invasion pendant un temps suffisant pour rendre possible le passage à l’action diplomatique. Voilà la doctrine militaire des Iraniens. Ils disent qu’il est possible que l’Iran pense aux armes nucléaires. Ils ne vont pas plus loin que cela, mais ils disent que si les Iraniens développaient des armes nucléaires ce serait dans le cadre de leur stratégie défensive, afin de prévenir une attaque, ce qui est une éventualité assez réaliste. Le plus grand pouvoir militaire de l’histoire – c’est-à-dire nous –, qui leur a toujours été extrêmement hostile, occupe deux pays frontaliers de l’Iran et menace ouvertement d’attaquer ce pays. Israël, État client des États-Unis, lance les mêmes menaces. Voilà pour le côté militaire de la menace iranienne telle qu’identifiée dans le Military Balance.

Ils disent par ailleurs que l’Iran est une menace majeure parce que ce pays tente d’étendre son influence dans les pays voisins. On appelle cela déstabilisation. Ils œuvrent à la déstabilisation dans les pays voisins en tentant d’augmenter leur influence et cela est un problème pour les États-Unis, parce que les États-Unis tentent d’apporter la stabilité. Lorsque les États-Unis envahissent un pays c’est pour apporter la stabilité – un terme technique dans la littérature des relations internationales qui signifie obéissance aux ordres des États-Unis. Donc lorsque nous envahissons l’Irak ou l’Afghanistan, c’est pour créer de la stabilité.

Si les Iraniens essaient d’accroître leur influence, juste chez leurs voisins, c’est déstabilisant. Cette doctrine, comme tant d’autres, est élaborée dans les universités. Un commentateur libéral et ex-éditeur de Foreign Affairs, James Chase, a même pu dire sans crainte du ridicule que les États-Unis devaient déstabiliser le Chili d’Allende pour apporter la stabilité – c’est-à-dire la soumission aux États-Unis.

Qu’est-ce que le terrorisme ?

La deuxième menace iranienne c’est le soutien au terrorisme.

Qu’est-ce que le terrorisme ?

On nous donne deux exemples du soutien de l’Iran au terrorisme : son soutien au Hezbollah libanais et son soutien au Hamas palestinien. Quoi que vous pensiez du Hezbollah et du Hamas – vous pensez peut-être que c’est ce qu’il y a de pire au monde –, qu’est-ce qui fait qu’on les considère terroristes ?

Bon, le « terrorisme » du Hezbollah est fêté tous les ans au Liban le 25 mai, fête nationale libanaise qui célèbre l’expulsion des envahisseurs israéliens du Liban en 2000. La résistance du Hezbollah et sa guerre de guérilla avaient fini par obliger Israël à se retirer du Sud-Liban, mettant fin à une occupation de 22 ans, avec son lot de terreur, de violence, de torture – occupation maintenue en violation des ordres du Conseil de sécurité de l’ONU.

Donc Israël a finalement quitté le Liban et c’est le jour de la Libération au Liban. Voilà globalement ce qui est considéré comme le terrorisme du Hezbollah. C’est comme ça qu’il est décrit.

En fait, en Israël c’est même décrit comme une agression. Vous pouvez lire la presse israélienne ces jours-ci et des politiciens de premier plan disent que c’était une erreur de se retirer du Sud-Liban parce que cela permet à l’Iran de poursuivre son « agression » contre Israël, agression qui a commencé en 2000 avec le soutien à la résistance contre l’occupation israélienne. C’est considéré comme une agression contre Israël. Ils ont les mêmes principes que les États-Unis, nous disons la même chose. Voilà pour le Hezbollah. Il y a d’autres actes que vous pourriez critiquer, mais voilà ce qu’est le terrorisme du Hezbollah.

Un autre crime commis par le Hezbollah c’est que la coalition dont il est l’élément principal a largement emporté les dernières élections parlementaires ; mais en raison du principe communautariste qui prévaut pour l’assignation des sièges ils n’ont pas reçu la majorité des sièges. Thomas Friedman [du New York Times] a donc versé des larmes de joie, comme il l’a lui-même expliqué, lors de ces merveilleuses élections libres au Liban, le président Obama ayant battu le président iranien Ahmadinejad. D’autres se sont joints à cette célébration. Autant que je sache personne n’a rendu compte des véritables résultats électoraux.

Et le Hamas ?

Hamas est devenu une menace sérieuse – une organisation terroriste importante – en janvier 2006 lorsque les Palestiniens ont commis un crime vraiment grave. C’était au moment des premières élections libres jamais tenues dans le monde arabe et les Palestiniens ont voté comme il ne fallait pas. C’est inacceptable pour les États-Unis. Immédiatement, sans la moindre hésitation, les États-Unis et Israël ont fait savoir qu’ils prenaient la décision de punir les Palestiniens pour ce crime.

Juste après vous avez pu lire dans le New York Times deux articles qui se côtoyaient – l’un des deux parlant de notre amour pour la démocratie, ce genre de choses, et l’autre parlant de nos projets de punition contre les Palestiniens parce qu’ils avaient mal voté aux élections de janvier. Aucune contradiction.

Les Palestiniens avaient dû subir bien des punitions avant les élections, mais elles ont été accentuées après – Israël est allé jusqu’à couper l’alimentation en eau à la bande de Gaza, si aride. Au mois de juin Israël avait déjà lancé 7 700 roquettes sur Gaza. Tout cela s’appelle défense contre le terrorisme. Puis les États-Unis, et Israël, avec la coopération de l’Autorité palestinienne, ont essayé d’organiser un coup pour renverser le gouvernement élu. Ils ont échoué et le Hamas a pris le contrôle de Gaza. Après cela le Hamas est devenu l’une des principales forces terroristes au monde. Vous pouvez leur faire beaucoup de critiques – leur façon de traiter leur propre population par exemple – mais le terrorisme du Hamas est assez difficile à prouver. Les accusations actuelles concernent les roquettes lancées de Gaza sur les villes israéliennes frontalières. C’est la justification qui a été donnée pour l’opération « plomb durci » (l’invasion israélo-états-unienne de décembre 2008) et aussi pour l’attaque israélienne contre la Flotille de la paix en juin 2010, dans les eaux internationales. Neuf personnes avaient alors été tuées.

Il n’y a que dans un pays très endoctriné que vous pouvez entendre ces choses ridicules et ne pas rire. Passons sur la comparaison entre les roquettes Qassam et le terrorisme que les États-Unis et Israël pratiquent constamment. L’argument n’a absolument aucune crédibilité pour une raison bien simple : Israël et les États-Unis savent très bien comment arrêter les tirs de roquettes : par des moyens pacifiques. En juin 2008 Israël a accepté un cessez-le-feu avec le Hamas. Israël ne l’a pas vraiment respecté – ils étaient supposés ouvrir les frontières et ils ne l’ont pas fait – mais le Hamas l’a respecté. Vous pouvez vérifier sur les sites officiels israéliens ou écouter leur porte-parole officiel, Mark Regev : ils sont d’accord pour dire que durant le cessez-le-feu le Hamas n’a pas lancé une seule roquette.

Israël a rompu le cessez-le-feu en novembre 2008 en envahissant Gaza et en tuant une demi-douzaine de militants du Hamas. Quelques roquettes ont alors été lancées, puis Israël a lancé une attaque bien plus importante. Il y a eu des morts, tous palestiniens. Hamas a proposé le retour au cessez-le-feu. Le gouvernement israélien a évalué l’offre, puis l’a rejetée, optant pour le recours à la violence. Quelques jours plus tard il y a eu l’attaque israélo-états-unienne contre Gaza.

Aux États-Unis, et en Occident de façon générale, y compris les organisations de défense des droits humains, y compris le rapport Goldstone, on considère comme une évidence le droit d’Israël à se défendre en utilisant la force. Il y a eu des critiques disant que l’attaque était disproportionnée, mais cela est secondaire par rapport au fait qu’Israël n’avait absolument pas le droit d’utiliser la force. Vous n’avez aucune justification pour l’utilisation de la force tant que vous n’avez pas épuisé les recours pacifiques. Dans ce cas les États-Unis et Israël n’avaient non seulement pas épuisé les recours pacifiques, ils avaient rejeté tout recours aux moyens pacifiques, alors que c’était parfaitement possible et ils le savaient bien. Ce principe selon lequel Israël a le droit de lancer des attaques militaires est tout bonnement un fascinant cadeau.

Quoi qu’il en soit, que l’Iran essaie d’étendre son influence et que l’Iran soutienne le Hezbollah et le Hamas c’est, du point de vue des services d’intelligence et du département de la défense, ce qui constitue son soutien au terrorisme.

Noam Chomsky

Source : http://www.zcommunications.org/u-s-...

Traduction : Numancia Martínez Poggi

http://www.comite-valmy.org/spip.php?article1011



Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

" Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19


23/10/2010

n°555 - Les Dossiers 'Géopolitique et stratégie' de Palestine - 22-10 - : Début : - : Gaza : Le soleil s’était levé tôt ce matin là …

n°555 - Les  Dossiers   'Géopolitique et stratégie' de  Palestine - 22-10 - : Début : -  : Gaza : Le soleil s’était levé tôt ce matin là …



L'information est une arme au service de la paix. Sa diffusion est un acte de résistance

                 Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources 



Les  Dossiers   'Géopolitique et stratégie' de  Palestine

555 du 22-10

C.De Broeder & M.Lemaire



Vous retrouverez ce journal 

a) sur nos blog : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site de Eva Resis       :  no-war.over-blog.com

c) sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com  

 

d) sur le site : www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

  

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be

 

Sommaire

Tiré à part

Le convoi Viva Palestina5 est à Gaza, enfin ! (vidéo)

La poursuite de la colonisation israélienne en Cisjordanie n'a pas d'impact

1 Analyse - Géopolitique et stratégie – Réflexion.

1-1 Samidoun : La bataille pour la Cisjordanie fait rage.

1-2 Samidoun : Gaza : Le soleil s’était levé tôt ce matin là

1-3 Francis A. Boyle : L’effondrement imminent d’Israël en Palestine.

1-4 Centre Palestinien d'Information : Le droit au retour menacé par la solution de deux Etats avec un Etat purement juif.

1-5 Nejad : Le Liban, la Syrie, la Palestine, la Turquie et l'Iran dans un même front.

2 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

2-1 ierre Piccinin : La liberté d’expression menacée de mort.

2-2 Centre Palestinien pour les Droits de l’Homme : L’Autorité Palestinienne emprisonne et torture des militants..

2-3 Hicham Issa : Je continue à rêver d’une enfance libre.

Fin  

3 Annexe

3-1 Appel de personnalités pour la liberté d’expression.

3-2 Obama a donné le traditionnel discours annuel à l’ouverture de l’Assemblée Générale des Nations Unies.

3-3 Les lauréats du Prix Nobel de la paix après le 11-Septembre.

3-4 Manuel de Diéguez : Israël et la régression intellectuelle de la civilisation occidentale.

 



Tiré a part

Le convoi Viva Palestina5 est à Gaza, enfin ! (vidéo)

Le 21-10 à 16h, les 342 activistes et leurs 140 camions sont entrés à Gaza. 

http://www.ism-france.org/news/article.php?id=14513&type=temoignage&lesujet=Actions


La poursuite de la colonisation israélienne en Cisjordanie n'a pas d'impact sur les garanties de prêts que les Etats-Unis accordent à l'Etat juif, dont le Trésor américain a annoncé jeudi l'augmentation.
 A l'issue d'une rencontre du Groupe de développement économique mixte américano-israélien à Jérusalem, le ministère a indiqué que le total des garanties de prêts accordées par Washington à Tel-Aviv s'élevait à 3,481 milliards de dollars au 1er octobre.
 Cela signifie que la tranche de 333 millions de dollars de garanties supplémentaires au titre de l'exercice budgétaire américain 2010, clos le 30 septembre, a été allouée.
 Washington attend "de recevoir un rapport du gouvernement d'Israël début 2011 indiquant si celui-ci a rempli en 2010 les conditions permettant le déblocage de la tranche de garanties de prêt de 333 millions de dollars au titre de l'exercice 2011", ajoute le ministère dans un communiqué.
 Ces garanties permettent à Israël d'emprunter sur les marchés à taux préférentiels en bénéficiant de la garantie de remboursement de l'Etat américain.
 Les conditions mentionnées par le Trésor sont d'ordre économique.
 De par la loi américaine, ces garanties, dont l'Etat juif ne s'est pas servi depuis 2004, ne peuvent être utilisées pour soutenir des activités dans les territoires occupés depuis la guerre des Six Jours (1967).
 Les Etats-Unis peuvent les réduire "d'un montant égal au montant alloué ou estimé avoir été alloué par l'Etat d'Israël" à des activités que le président américain jugerait "incompatibles avec les objectifs" définis dans l'accord conclu avec l'Etat juif: la colonisation des Territoires palestiniens.
 Le gouvernement américain a imposé des réductions à ces garanties pour la dernière fois en 2005, sous le président George W. Bush.
  Le gouvernement du président américain Barack Obama, qui ne cesse d'appeler Israël à la retenue en matière de colonisation, a jusqu'à présent refusé d'en faire autant.
 mj/sl/sj
 AFP 21-10



1 Analyse - Géopolitique et stratégie – Réflexion.

Ndlr : PS : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information

1-1 Samidoun : La bataille pour la Cisjordanie fait rage.

Qui l’emportera, des collaborateurs, ceux qui ont fait de la « négociation-bradage » des droits du Peuple palestinien leur métier, ou de ceux qui hésitent et se demandent s’ils ne devraient pas embarquer à bord du Titanic des « négociations directes » afin d’obtenir leur part du butin palestinien ou, enfin, des résistants, qui refusent de négocier en ces temps défavorables pour la cause palestinienne et préfèrent mourir plutôt que de  disparaître? 
Nous l’avions écrit en décembre 2009 : la dernière année de la décennie sera celle de tous les   dangers pour le Peuple palestinien (1).

Après soixante-deux années de combat, le repos n’est pourtant pas permis : les sionistes rôdent et veulent se repaître des restants de droits pas encore bradés par les « négociateurs » professionnels non mandatés dont la présidence est échue depuis dix-huit mois et qui n’osent pas faire parler les urnes et s’enquérir de l’avis du peuple qui les avaient mandaté, tant ils sont certains du verdict sans appel qui les attend.
Pourtant, le peuple que ces négociateurs illégitimes méprisent aurait de bonnes raisons de passer la main et de souhaiter se reposer. Après l’agression meurtrière et le blocus génocidaire contre Gaza, après la multiplication des check-points et des routes de contournement qui étranglent l’économie de
la Cisjordanie, après les nettoyages ethniques à Jérusalem, voilà que la répression militaire et  sécuritaire conjuguée des forces sionistes d’occupation et de leurs alliés de l’Autorité palestinienne multiplient les assauts, les exécutions extrajudiciaires, les assassinats ciblés, les arrestations arbitraires massives (plus de 750 militants du Hamas, en Cisjordanie ces derniers jours ) et les tortures jusqu'à ce que mort s’ensuive. 

Les « négociateurs » préparent déjà l’imposition de l’entente illégale qu’ils auront concoctée derrière des portes closes.  Et ils entendent bien recevoir leur salaire « judaïque » et ne pas permettre à ce peuple martyr de s’interposer entre eux et les prébendes de l’aide de la « communauté internationale », comprendre la communauté de quelques puissances  qui ont hâte de passer à autre chose et d’en découdre ensuite avec l’Iran et avec la Chine.
Le
président français et celui qui lui tient lieu de thuriféraire, le dénommé Kouchner, menacent de traîner les négociateurs des deux bords jusque devant le Conseil de sécurité de l’ONU.  Depuis quand un sous-fifre a-t-il l’autorisation de menacer un pion des sanctions du Conseil de sécurité sans y avoir été autorisé par le maître du conseil de la « communauté internationale » ?  Il court droit au véto, l’excité de l’Élysée !

La présente manche est facile à comprendre. George W. Bush est allé très loin et, en son temps, il a promis (comme Sharon avant lui) que toute la terre qui aurait été accaparée par les sionistes de l’État pour les « juifs » seulement, qu’ils soient croyants ou non, leur reviendrait. Aujourd’hui, les sionistes se souviennent de cette promesse et ils exigent, pour revenir à la table de « négociation », de  connaître à l’avance l’issue desdites « négociations » (2). Vous aurez remarqué que Netanyahu ne demande pas à Abbas – quantité négligeable, dans cette triste équipée – des garanties de succès de ses négociations. Non : Benjamin demande au chef des deux clans, le juge et le bourreau, qu’il lui garantisse le succès des ces négociations, et il le fait publiquement, au vu et au su de la « communauté internationale », sous le nez du Peuple palestinien à qui on ne demande rien.
Que va-t-il négocier, le « Président palestinien » échu ?

Netanyahu nous dévoile la mise et sa main gagnante, à défaut de quoi, il ne « négocie » plus.

En fait, par cette manœuvre, Netanyahu place encore une fois Abbas dans une position impossible ; il le ridiculise et l’humilie devant son peuple, le montrant à plat-ventre quémandant le droit de parapher le document de l’entente avant même de l’avoir lu et « négocié ». C’est que Netanyahu pense que le temps n’est pas encore venu d’accorder le bantoustan – la réserve – aux « Indiens » Palestiniens. Netanyahu et sa clique de Tel-Aviv pensent qu’il y a encore de la terre à voler aux Palestiniens, qu’il y a encore des droits à leur arracher, dont le droit ultime de s’accaparer de la terre de Palestine avec l’accord explicite et signé des Palestiniens eux-mêmes qui accréditerait ainsi l’inique recommandation 181 de l’ONU (1947).  La fameuse clause reconnaissant « l’État juif » qu’exige Netanyahu ces temps-ci n’a pas d’autre but que celui-là. (3).
Obama quant à lui pense que c’est suffisant et que les sionistes devraient se contenter de 85% de la superficie de
la Palestine mandataire. La contradiction, que dis-je, le fossé qui sépare les deux compères, Obama et Netanyahu, n’est environ que de 5% de la terre palestinienne. Abbas n’a rien à dire dans ce débat sinon d’accepter le fait accompli de « l’État juif » et de renoncer par écrit à tous les droits des Palestiniens : il recevra (si ce n’est déjà fait) les contrats qu’il recherche et le salaire qu’il convoite (probablement trente deniers). Alors qu’a-t-il à intervenir ainsi dans cette discussion à propos du partage du reste de la terre palestinienne et des droits palestiniens ?
Prenez note qu’Obama serait prêt à garantir l’issue des pseudo-négociations, mais il aurait aimé que Netanyahu le fasse discrètement pour ne pas indisposer Abbas, lequel devra maintenant se présenter devant les chefs de la Ligue Arabe l’air maussade et la queue entre les jambes et il ne pourra probablement pas tenir de référendum,  même pas auprès de la population de la Cisjordanie. Gaza et les camps de réfugiés au Liban, en Syrie ou en Jordanie, qui verront résilié leur droit au retour, n’en parlons même pas...
Dans quelques jours, Netanyahu annoncera en grande pompe, douloureusement, qu'il décrète un moratoire partiel des constructions dans certaines colonies de Cisjordanie (4).  Moratoire qui ne sera que poudre aux yeux car la construction se poursuivra de plus belle, comme avant la reconduction du moratoire.  Abbas aura sa déclaration de moratoire partiel et temporaire, ce qui lui permettra de retourner faire le pion pour entériner toutes les concessions convenues entre Obama et Netanyahu : que voulez-vous, sa signature de Président  palestinien, même échu, c'est sa seule monnaie d'échange contre le monopole de la téléphonie cellulaire en Cisjordanie…
Prévoyez l’intensification de la répression en Cisjordanie car plus la trahison est profonde, plus la grogne sera difficile à écraser et plus grand le risque que le bon Peuple palestinien maugrée assez fort pour qu'on l’entende  jusque dans les officines de la "communauté internationale" (5).

Le Hamas et toutes les organisations de la Résistance doivent mettre fin à leur myopie : l'Autorité « palestinienne » sans autorité fait partie de l'ennemi et elle doit être démantelée – détruite –. La bataille pour la résistance en Cisjordanie fait rage, c’est la seule bataille qui vaille : les organisations de la Résistance doivent la gagner pour maintenir les droits du Peuple palestinien.

12.10.201 

Samidoun


1-2 Samidoun : Gaza : Le soleil s’était levé tôt ce matin là

(LA BATAILLE DE GAZA SE POURSUIT.)

L’agression militaire

Le soleil s’était levé tôt ce matin là, vers 11 h 30 il frappait dru dans un ciel sans nuage au-dessus de Gaza l’indomptable. Ce samedi 27 décembre 2008 une « panzer division » blindée se mit en marche suivit par une  division d’infanterie, une escadrille d’avions de chasse F-16 rugit dans le ciel et des détachements d’hélicoptères de combat Apache frappaient l’air de leurs palmes effrayantes, des escadrons aéroportés des Forces de « défense » d’Israël (FDI) se lancèrent elles aussi, courageusement, à l’assaut des misérables faubourgs de Gaza[1].  

Un million et demi de civils terrorisés, entassés sur 305 kilomètres carrés de sable et de terre amère, la plus forte densité humaine sur terre (3 900 h./km2), subiront pendant vingt trois jours un déluge de fer et de feu comprenant des munitions à l’uranium appauvri, des bombes incendiaires au phosphore  blanc, des bombes à fragmentation (sous-munition), des bombes conventionnelles à fort tonnage, autant d’armes de destruction massive prohibées en zone urbaine par les conventions internationales. 

 

Quelques patriotes palestiniens, dirigés par le Hamas et d’autres organisations de la résistance, tenteront avec de vieux fusils et quelques lance-roquettes artisanaux de riposter à ces crimes de guerre et de contenir cet assaut meurtrier. Pendant ces vingt trois jours de crimes de guerre, commis au su et au vu de la « communauté internationale », Israël assassina 1434 enfants, femmes, vieillards et hommes Palestiniens et en estropia ou blessa des milliers d’autres[2]. La plupart des écoles, des édifices municipaux, plusieurs hôpitaux, des canalisations d’eau et d’autres infrastructures urbaines furent gravement endommagés. Mais surtout, et cela a été très peu relaté dans les médias occidentaux, la plupart des arbres fruitiers et de nombreux oliviers furent coupés ou déracinés, le bétail fut abattu, y compris les abeilles[3] et des millions de poulets [4] devenus soudainement agents terroristes, les champs furent saccagés par les tanks Merkavas venus là exprès car aucun blindé palestinien ne les menaçait, et enfin, des centaines d’agriculteurs furent sciemment assassinés dont tous les membres (33 personnes) de la famille Samouni exécutées devant leurs voisins effarés dans la petite ville de Zietoune[5]. La proposition qu’avait faite Dov Weisglass, conseiller du Premier ministre israélien, au lendemain de la victoire du Hamas en 2006, avait  donc fait son chemin. Il avait déclaré devant le Conseil des ministres israélien hilarant « Que l’idée est de mettre les Palestiniens à la diète, mais de ne pas les faire mourir de faim. ». De fait, ils furent nombreux à mourir de faim.
Chaque jour de l’attaque l’État major hébreu tenait un point de presse afin d’indiquer aux journalistes occidentaux, témoins éloignés du massacre, ce qu’ils devaient écrire à propos du droit de défense d’Israël face à un million et demi de civils enfermés dans le bagne de Gaza. Chaque jour la plupart des journalistes occidentaux répétaient consciencieusement ce qu’ils avaient entendu au point de presse des FDI et s’en retournaient à leur hôtel confortable de Jérusalem attendre le prochain point de presse « d’information objective » de l’État-major israélien.

 

Pourquoi attaquer Gaza ?

Pourquoi les Forces de « défense » d’Israël (FDI) ont-elles attaqué, envahi et saccagé la bande de Gaza en décembre 2008 ? L’État-major israélien a déclaré que les FDI en agressant Gaza visaient trois objectifs : 1) faire cesser les tirs de roquettes artisanales sur le ville de Sderot au nord de la bande de Gaza; 2) libérer le caporal Shalit, prisonnier de guerre du Hamas depuis deux ans; 3) déloger le Hamas du pouvoir à Gaza et rétablir l’Autorité palestinienne sous le contrôle du Fatah palestinien. Ce programme militaire fera dire à Gideon Levy que l’assaut contre Gaza fut un échec complet puisque aucun de ces objectifs ne fut atteint.

 

L’État-major de l’armée israélienne est passé maître dans le domaine de la désinformation. Aucun des motifs invoqués par les autorités israéliennes ne tient la route. Les tirs sporadiques – symboliques – de roquettes artisanales sur le village de Sderot ont provoqué 6 à 10 morts en dix ans. Ils constituent un excellent argument de propagande pour Israël qui cherche ainsi à se présenter en victime des soi-disant terroristes du Jihad Islamique et du Hamas. Les politiciens israéliens ont besoin de ces tirs sporadiques de roquettes inefficaces pour se présenter à l’électorat israélien comme ceux qui feront cesser ces tirs et qui assureront la sécurité du bon peuple israélien colonisateur. Les FDI n’ont pas libéré le caporal Shalit alors que par de simples négociations elles pouvaient très bien le faire comme le Hamas l’a toujours proposé. Inutile d’aller détruire les infrastructures d’une grande cité pour libérer un soldat prisonnier. Enfin, reste l’argument de l’écrasement du Hamas à Gaza et du  rétablissement du pouvoir de Mahmoud Abbas, le Président échu de l’Autorité palestinienne, cet argument est également un faux.

 

Les politiciens israéliens ont parfaitement compris que devant les pressions du Président Obama pour accorder tout de suite un bantoustan – une réserve – à gérer à l’Autorité palestinienne leur seule chance pour que cette éventualité ne survienne pas tout de suite était d’une part de redémarrer la colonisation en Cisjordanie et d’autre part de laisser le Hamas au pouvoir à Gaza. La division entre l’OLP-Fatah (27% du vote populaire en 2006) et le Hamas (65 % du vote populaire en 2006) les assure contre tout accord de paix qui les obligerait à concéder tout de suite un bantoustan – une réserve – aux Palestiniens, à faire cesser la colonisation en Cisjordanie ainsi que le grignotage des terres palestiniennes.

 

La bataille pour Gaza se poursuit

 Quels étaient donc les véritables objectifs de l’agression armée – et des crimes de guerre – contre Gaza en décembre 2008 ? Par cet assaut l’État-major israélien poursuivait trois objectifs : 1) D’une part, terroriser la population de Gaza mais aussi celle de Cisjordanie, lui indiquer ce qu’il en coûte de résister. 2) D’autre part, consolider le blocus de Gaza et s’assurer que la population gazaouï soit bien à la « diète », presque affamée, comme le proposait le conseiller Weisglass. En effet, depuis plus de deux ans que la population gazaoui vivait sous blocus illégal et illégitime avec moins du cinquième des approvisionnements nécessaires qui perçait le blocus au dire de l’UNRWA – ONU, elle ne semblait pas faiblir ni faillir. La famine ne menaçait pas le million et demi d’habitants de Gaza parce que la bande de Gaza comprend des terres fertiles et des exploitations agricoles, des oliveraies et des arbres fruitiers, des élevages d’animaux et  elle produit ses propres ressources alimentaires. L’invasion visait à exterminer les agriculteurs qui nourrissent Gaza et à détruire les terres et les exploitations agricoles, ce qui fut fait. 3) Enfin, l’attaque visait à préparer les « négociations de paix » et à assurer la réélection du Fatah en Cisjordanie sans ébranler le pouvoir du Hamas à Gaza. Quand ces trois objectifs furent atteints le 18 janvier 2009, l’armée israélienne cessa le carnage et décréta un cessez-le-feu unilatéral.

 

Après la main de fer de la répression l’État-major hébreu ne doutait pas que les Palestiniens apprécieraient le gant de velours des « négociations de paix » et qu’ils seraient bien disposés pour de nouvelles concessions. Car pour Israël il convenait de redonner du souffle et de la crédibilité à une Autorité palestinienne plus préoccupée de sa propre survie que de la satisfaction des droits historiques du Peuple palestinien. Désormais démunie de toute stratégie de lutte et totalement impuissante sur le terrain de la résistance à l’occupation et de la colonisation, incapable d’aider la population à affronter les difficultés de la vie quotidienne, l’Autorité n’existe plus que par la « négociation » et le soutien diplomatique et financier de la « communauté internationale »[6], qu’elle paye de ses concessions croissantes[7].

 

« Depuis le début, on peut identifier deux conceptions sous-jacentes au processus d’Oslo (au processus de paix NDLR). La première est que ce processus peut réduire le coût de l’occupation grâce à un régime palestinien fantoche, avec Arafat (ou Mahmoud Abbas NDLR) dans le rôle du policier en chef responsable de la sécurité d’Israël. L’autre est que le processus doit déboucher sur l’écroulement d’Arafat et de l’OLP. (…) L’OLP va s’effondrer ou succomber à des luttes internes. La société palestinienne va ainsi perdre sa direction politique et ses institutions, ce qui constituera un succès car il faudra du temps aux Palestiniens pour se réorganiser. Et il sera plus facile de justifier la pire oppression quand l’ennemi sera une organisation islamiste fanatique. »[8]

 

Ce que T.  Reinhart ne savait pas quand elle a écrit ces lignes en 2002 c’est que le Peuple palestinien s’était déjà réorganiser. Le Hamas fut la réponse du Peuple palestinien à la trahison du Conseil national palestinien (PNC) du 5 novembre 1988 et aux accords d’Oslo[9]. Jusqu'à tout récemment le Hamas n’avait pas encore compris cette dynamique qui pousse la classe politique au pouvoir à la Présidence de l’Autorité palestinienne à s’inféoder complètement à l’occupant israélien et à en épouser les intérêts pour assurer sa survie en tant que segment de classe compradore, dominée, vivant de l’usufruit de l’occupation et de la colonisation, des prébendes de l’aide internationale et de la charité de l’Union européenne, l’industrie de l’ONG humanitaire est florissante en Palestine occupée. La direction du Hamas commence à comprendre que l’unité des Palestiniens ne se fera pas avec ces politiciens véreux, corrompus et collaborateurs[10].

 

La Présidence de Mahmoud Abbas est échue depuis dix-huit mois, des élections législatives seront bientôt requises, il n’est pas du tout évident que le Fatah les remportera malgré le soutien de leurs amis sionistes. Les négociations directes entre Netanyahu et Abbas ne mèneront à rien. Abbas est disposé à faire toutes les concessions souhaitées mais la partie israélienne en redemande toujours davantage. L’entente qui risque d’émerger de ces négociations directes sera tellement catastrophique pour la partie palestinienne qu’aucun leader palestinien ne pourra la défendre devant le Peuple palestinien. La bataille pour Gaza se poursuit donc, bataille que le Hamas est bien placé pour gagner.

 

 [1] http://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_de_Gaza_de_2008-2009

[2] http://blog.mondediplo.net/2009-03-14-Bilan-a-Gaza

[3] http://danactu-resistance.over-blog.com/article-gaza-l-ar...

[4] Le Saviez-vous ? Gaza http://www.youtube.com/

[5] http://hichamdenancy.20minutes-blogs.fr/

[6] http://www.robertbibeau.ca/palestine/edito30092010.html

[7] http://www.silviacattori.net/article1355.html

[8] T. Reinhart. Détruire la Palestine. Éditions La Fabrique. 2002.

[9] http://www.legrandsoir.info/L-effondrement-imminent-d-Isr...

[10] http://www.aloufok.net/spip.php?article2571

Salutations cordiales   SAMIDOUN

10.10.2010

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1-3 Francis A. Boyle : L’effondrement imminent d’Israël en Palestine.

Le 5 novembre 1988, le Conseil National de Palestine (PNC) réuni à Alger publiait la Déclaration Palestinienne d’Indépendance qui créait l’état indépendant de Palestine. Aujourd’hui l’état de Palestine est reconnu bilatéralement de jure par environ 130 états. Palestine a la reconnaissance diplomatique de facto de la plus grande partie de l’Europe. C’est seulement l’importante pression diplomatique des USA qui a empêché les états européens d’accorder à la Palestine la reconnaissance diplomatique de jure.

La Palestine est membre de la Ligue Arabe et de l’Organisation de la Conférence Islamique. Quand la Cour de Justice Internationale de La Haye - la soi-disant Cour Mondiale de l’Organisation des Nations Unies - a mené les procédures légales sur le Mur d’Apartheid d’Israël en Cisjordanie, la Cour Mondiale a invité l’état de Palestine à participer aux débats. En d’autres termes, la Cour Internationale de Justice reconnaît l’état de Palestine.

La Palestine a le statut d’état observateur auprès de l’ONU et essentiellement tous les droits d’un membre de l’ONU sauf le droit de vote. Dans les faits la Palestine est membre de facto de l’ONU. La seule chose qui empêche la Palestine d’avoir la reconnaissance de jure est la menace implicite d’un veto des USA au conseil de sécurité de l’ONU qui serait clairement illégal. Un jour la Palestine sera un état membre de l’ONU à part entière.

Du point de vue de l’ordre mondial, la déclaration d’Indépendance de la Palestine a créé une occasion remarquable de faire la paix avec Israël parce que par là même le PNC acceptait explicitement la Résolution 181(II) de 1947 sur la partition de la Palestine décidée par l’Assemblée Générale de l’ONU qui instituait un état juif et un état arabe dans la Palestine sous mandat britannique ainsi que l’administration internationale de la ville de Jérusalem, pour résoudre le conflit de base :

En dépit de l’injustice historique que constitue pour le peuple palestinien la Résolution 181(II) de 1947 qui a divisé la Palestine en deux états, un arabe et un juif, en les privant du droit à l’autodétermination et en provoquant leur dispersion, c’est toutefois cette Résolution qui assure la légitimité internationale qui garantit au peuple arabe palestinien son droit à la souveraineté et à l’indépendance nationale.

L’importance de l’acceptation du PNC de la Résolution sur la Partition dans le cadre de la Déclaration d’Indépendance est capitale. Auparavant, la Résolution sur la Partition avait été considérée par le peuple palestinien comme un acte criminel perpétré contre eux par l’ONU en violation flagrante de leur droit fondamental à l’autodétermination tel qu’il est établi par la Charte de l’ONU et les principes généraux du droit international publique. L’acceptation de la Résolution sur la Partition dans la Déclaration d’Indépendance a révélé le désir sincère des Palestiniens de mettre fin au terrible conflit du siècle dernier qui les opposait au peuple juif illégalement implanté en son sein afin de parvenir à un arrangement historique sur la base de deux états.

Le fait même que l’acceptation de la Résolution 181 sur la Partition ait été mis en avant dans leur Déclaration d’Indépendance indique le degré de sincérité avec lequel les Palestiniens ont accepté Israël. Cette acceptation se devait d’être déterminante, définitive et irréversible. Comme le PNC le savait très bien à l’époque, leur Déclaration d’Indépendance n’était pas quelque chose qui pouvait être amendé ni faire l’objet de marchandages.

Cependant, cela fait maintenant 22 ans que les Palestiniens essaient en vain de négocier honnêtement avec Israël la solution de deux états inscrite dans la Résolution 181. Ils n’ont aboutit à rien du tout. Israël n’a jamais manifesté la moindre bonne foi dans les négociations pour une solution globale du conflit au Moyen Orient avec les Palestiniens sur la base de deux états. Même les accords d’Oslo de 1993 ne furent rien d’autre que la création d’un Bantoustan temporaire décidé par les Israéliens pour une période de 5 ans et qui fut rejeté à Washington par la Délégation Palestinienne pour les Négociations de Paix au Moyen Orient pour cette raison précise. Israël comme les USA veulent maintenant entériner l’accord Bantoustan d’Oslo de manière permanente et dans la foulée supprimer le droit au retour des réfugiés palestiniens que leur accorde la Résolution 194(III) de 1948 de l’Assemblée Générale de l’ONU et les principes généraux du droit international public.

A ce propos, peu de temps avant sa mort le 24 septembre 2007, j’ai appelé l’ancien chef de la Délégation Palestinienne des Négociations de la paix au Moyen-Orient, Dr Haidar Abdul Shaffi chez lui à Gaza pour faire le point de la situation avec lui. Selon le Dr Haida r : "Les sionistes n’ont pas changé d’objectif depuis la conférence de Bâle de 1897 !" En d’autres termes, les sionistes veulent un "plus grand" Israël sur tout le territoire de la Cisjordanie mandataire en procédant, pour se débarrasser des Palestiniens, à autant de nettoyage ethnique qu’ils pensent que la communauté internationale peut tolérer.

Après 22 ans de négociations que n’ont mené nulle part, mais qui au contraire ont permis l’érection du mur d’apartheid en Cisjordanie et l’asphyxie de Gaza, il est temps que les Palestiniens adoptent cette nouvelle stratégie que je leur recommande respectueusement de bien vouloir étudier : Ne plus rien signer et attendre qu’Israël s’effondre ! Il y a peu, on a entendu dire que la CIA américaine a prédit l’effondrement d’Israël dans les 20 ans qui viennent. Mon conseil respectueux aux Palestiniens est de laisser Israël s’effondrer !

Si les Palestiniens signaient un traité de paix global avec Israël, cela n’aboutirait qu’à consolider, renforcer et garantir l’existence du sionisme et des sionistes en Palestine pour toujours. Pourquoi les Palestiniens voudraient-ils faire une chose pareille ? Sans l’accord écrit des Palestiniens, le sionisme et Israël vont s’effondrer. Donc les Palestiniens ne doivent signer aucun accord de paix pour le Moyen Orient avec Israël, mais au contraire maintenir la pression sur Israël pour que le sionisme s’effondre dans les 20 années qui viennent comme l’a prédit la CIA. La comparaison historique adéquate n’est pas l’Afrique du Sud de l’apartheid mais la Yougoslavie génocidaire qui s’est effondrée en tant qu’état, a perdu son statut de membre de l’ONU et n’existe plus en tant qu’état pour cette raison précise.

L’évolution démographique est favorable aux Palestiniens et défavorable aux sionistes. Le gouvernement des USA commence à se lasser de donner un chèque en blanc à Israël car le soutien inconditionnel qu’il lui procure nuit considérablement et même s’oppose à l’objectif américain impérialiste de s’approprier par tous les moyens les gisement de pétrole qui se trouvent sous les terres arabes et musulmanes. Israël est handicapé, paralysé même par tellement de conflits et de contradictions internes qu’il est impossible de les citer tous ici.

De fait depuis le tout début de son existence née du génocide sioniste de 1948, la Nakba, Israël a été l’exemple même de l’état failli et il l’est resté. Israël n’aurait jamais existé sans le soutien des puissances impériales coloniales occidentales au cours du vingtième siècle. Et c’est toujours vrai. Sans le soutien politique, économique, diplomatique et militaire fourni principalement par les USA et dans une moindre proportion pas la Grande Bretagne, la France et l’Allemagne, Israël s’effondrerait immédiatement. La campagne de boycott internationale (BDS) menée contre Israël réduit rapidement le soutien des habitants de ces pays. Les atrocités commises par Israël contre les Palestiniens et les Libanais ont révélé le vrai visage du sionisme au monde entier : le génocide.

En fait Israël n’a jamais été un état ; c’est juste une armée déguisée en état -un état Village Potemkine. Israël est l’archétype de la Grande Bande de Voleurs que St Augustin décrit au livre 4, chapitre 4 de "la Cité de Dieu" :

"Les royaumes sans justice sont semblables aux grands voleurs. S’il n’y a pas de justice, que sont les royaumes sinon des bandes de voleurs ? Car les bandes de voleurs ne sont-elles pas de petits royaumes ? La bande est aussi un groupe d’hommes gouvernés par un leader, qui ont des liens sociaux et qui se partagent le butin selon les règles en vigueur chez eux. Si en ralliant toujours plus d’hommes désespérés ce fléau grossit au point qu’il réussit à conquérir un territoire et à s’y établir, à conquérir des villes et à soumettre des gens, alors il peut prendre ouvertement le nom de royaume et on lui donne ce nom non parce qu’il est devenu moins cupide mais parce qu’il jouit de davantage d’impunité..."

Toutes les forces politiques, économiques, militaires, diplomatiques, sociologiques, psychologiques et démographiques jouent en faveur des Palestiniens et contre Israël et les sionistes en Palestine. Cela prendra encore quelques années pour que ces forces deviennent prédominantes et l’emportent. Mais le sombre destin de l’entreprise sioniste en Palestine est écrit sur le mur et le monde entier -y compris surtout la CIA- peut le lire. D’ailleurs de nombreux sionistes qui vivent en Israël ont déjà préparé leurs parachutes, leurs plans de sortie et leur destination d’atterrissage dans un autre endroit du monde. Il n’y a pas de raison que les Palestiniens donnent aux sionistes une seconde jeunesse en Palestine en signant un quelconque accord de paix avec Israël.

Il est clair que le sionisme va bientôt entrer dans la "poubelle" de l’histoire comme dit Trotsky avec tous les autres mouvements nationaux en "isme" qui ont fait souffrir l’humanité au cours du vingtième siècle : le Nazisme, le Fascisme, le Franquisme, le Phalangisme, le Stalinisme, le Maoïsme, etc. La seule chose qui pourrait sauver le sionisme en Palestine, serait que les Palestiniens signent un accord de paix soit-disant global pour le Moyen Orient de quelque nature que ce soit avec Israël. C’est exactement pour cette raison que les Palestiniens ne doivent rien signer du tout et attendre qu’Israël s’effondre tout seul au cours des deux prochaines décennies.

Depuis 1948, c’est à dire depuis 62 ans, des millions de Palestiniens attendent dans des camps de réfugiés de pouvoir rentrer chez eux. Ils peuvent attendre encore un petit peu qu’Israël s’effondre au cours des 20 ans qui viennent. An contraire, si les Palestiniens signent un accord de paix global avec Israël ils ne pourront jamais rentrer chez eux comme leur en donne le droit la Résolution 194 de 1948.

L’histoire et la démographie sont du côté des Palestiniens et les Palestiniens sont contre Israël et le sionisme. Mais les Palestiniens doivent donner un peu plus de temps à l’histoire et à la démographie pour que Israël et le sionisme s’effondrent. Vingt ans, ce n’est qu’une paille au regard de l’histoire millénaire du peuple palestinien qui est le peuple originel de la Palestine. Dieu n’a aucun droit de voler la Palestine aux Palestiniens et de donner la Palestine aux Juifs pour commencer. Et l’ONU avait encore moins le droit de voler la Palestine aux Palestiniens pour la donner aux sionistes en 1947.

En attendant les Palestiniens doivent maintenir la pression sur Israël, le sionisme et les sionistes en Palestine. Les Palestiniens ont parfaitement le droit en vertu des lois internationales de résister à un régime illégal, colonial, génocidaire et criminel d’occupation armée de leur terres, de leurs maisons et de leur peuple qui remonte à 1948, aussi longtemps qu’ils le font d’une manière conforme au droit humanitaire international. En même temps les Palestiniens doivent continuer à édifier leur état comme ils le font avec succès depuis la première Intifada en 1987 sur la base du Commandement Unifié de l’Intifada.

Sur le plan international les Palestiniens doivent continuer leur offensive légale, diplomatique et politique contre Israël. La Palestine a gagné beaucoup de terrain depuis le 15 novembre 1988 jour où le PNC a proclamé l’indépendance de la Palestine. La Palestine va gagner de plus en plus le soutien international pendant les deux prochaines décennies, en partie grâce à la campagne BDS qui s’accélère et qui délégitime Israël et le sionisme dans le monde entier. An même moment Israël va continuer son déclin jusqu’à devenir un état paria comme la Yougoslavie génocidaire s’est effondrée et n’existe plus en tant qu’état. Israël aura le même destin que la Yougoslavie génocidaire à condition que les Palestiniens ne signent aucun accord international de paix avec Israël.

Quand Israël s’effondrera la plupart des sionistes seront déjà partis ou en train de partir vers d’autres pays du monde. Les Palestiniens pourront alors demander que leur état occupe toute la Palestine du mandat Britannique, y compris la ville entière de Jérusalem qui deviendra leur capitale. La Palestine pourra inviter tous ses réfugiés à rentrer chez eux selon la résolution 194.

Il y aura des Juifs qui resteront en Palestine, volontairement ou non. La Palestine et les Palestiniens traiteront avec justice les Juifs qui seront restés. La Palestine et les Palestiniens ne feront pas aux Juifs ce que Israël, le sionisme et les sionistes ont fait aux Palestiniens.

les Palestiniens ne doivent rien signer et ils doivent laisser Israël s’effondrer de lui-même.

Francis A. Boyle

Le Professeur de droit de l’université de l’Illinois, Francis A. Boyle a été conseiller juridique de l’Organisation de Libération de la Palestine dans le cadre de la Déclaration d’Indépendance de la Palestine de 1988 ; de la délégation palestinienne aux négociations de Paix pour le M.O. de 1991 à 1993 ; et du Président Yasser Arafat. Il relate ces événements dans son livre "la Palestine, les Palestiniens et le droit international" (Clarity Press, 2003). On peut le joindre à : FBOYLE [a] AW.UIUC.EDUP

Francis A. Boyle

5 octobre 2010

Pour consulter l’original : http://www.dissidentvoice.org/2010/...

Traduction D. Muselet pour le Grand Soir

CAPJPO-EuroPalestine

http://www.europalestine.com:80/spip.php?article5447

URL de cet article
http://www.legrandsoir.info/L-effondrement-imminent-d-Isr...

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n°555 - Les Dossiers 'Géopolitique et stratégie' de Palestine - 22-10 - : Suite : - : Gaza : Le soleil s’était levé tôt ce matin là …

n°555 - Les  Dossiers   'Géopolitique et stratégie' de  Palestine - 22-10 - : Suite : -  : Gaza : Le soleil s’était levé tôt ce matin là …



L'information est une arme au service de la paix. Sa diffusion est un acte de résistance

                 Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources 



Les  Dossiers   'Géopolitique et stratégie' de  Palestine

555 du 22-10

C.De Broeder & M.Lemaire



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Sommaire

Tiré à part (suite)

1 Analyse - Géopolitique et stratégie – Réflexion.

1-4 Centre Palestinien d'Information : Le droit au retour menacé par la solution de deux Etats avec un Etat purement juif.

1-5 Nejad : Le Liban, la Syrie, la Palestine, la Turquie et l'Iran dans un même front.

2 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

2-1 ierre Piccinin : La liberté d’expression menacée de mort.

2-2 Centre Palestinien pour les Droits de l’Homme : L’Autorité Palestinienne emprisonne et torture des militants..

2-3 Hicham Issa : Je continue à rêver d’une enfance libre.

 

 


1-4 Centre Palestinien d'Information : Le droit au retour menacé par la solution de deux Etats avec un Etat purement juif.

Rapport

Le droit au retour reste un principe palestinien qui ne peut jamais tomber en aussi haute soit sa fonction, sa position, sa mission…

Les lois et les traités internationaux soutiennent ce droit palestinien. Cependant, la communauté internationale ne fait rien pour appliquer ce droit à cause de la faiblesse arabe et de la faiblesse du négociateur palestinien qui ne court que derrière le mirage des négociations, qui ne font que porter préjudice à la cause palestinienne. Le négociateur ne fait que des concessions sur les principes du peuple palestinien, dont le droit au retour à leurs maisons, à leur patrie.

Succession de conspirations

Le droit au retour est toujours le sujet de conspirations, surtout de la part de l’Entité sioniste qui considère ce droit comme une menace existentielle. Et c’est pour cette raison que les occupants israéliens ne se privent pas de commettre des massacres à l’encontre des Palestiniens, les vrais propriétaires de la terre. Ils ne se privent pas de les chasser de leur terre et de démolir leurs maisons pour construire les leurs.

L’autorité du Fatah est pour impliquée dans l’anéantissement du droit au retour, en continuant ces négociations inutiles entamées avec l’Entité sioniste, en appelant à la solution de deux Etats qui s’accorde avec l’appel de Benyamin Netanyahu, le premier ministre israélien, demandant la reconnaissance de l’Entité sioniste comme étant un Etat purement juif.

Parlons de cette solution de deux Etats. Le président de l’autorité Mahmoud Abbas ne connaît même pas la forme de l’Etat palestinien promis. Quelle sera la superficie d’un tel Etat au moment où les colonies sionistes avalent de plus en plus de territoires palestiniens de la Cisjordanie, où la judaïsation de la ville d'Al-Quds et de sa sainte mosquée d’Al-Aqsa va de bon train ? Il ne reste plus qu’à reconnaître les territoires palestiniens occupés en 1948 comme un Etat juif pour que le droit au retour tombe définitivement.

Le discours palestinien officiel

Ce qui est inquiétant, c’est le discours officiel de l’autorité du Fatah, à Ramallah. Le président de cette autorité ne croit qu’à la solution de deux Etats. Pire, il dit que la question d’un Etat purement juif n’est qu’une affaire intérieure, a-t-il précisé lors de sa rencontre avec la présidente finlandaise, à Ramallah, le 15 octobre 2010.

Il pousse le bouchon très loin en disant que si l’Entité sioniste veut changer de nom, elle doit s’adresser à l’Organisation des Nations Unies. Pour lui, ce n’est pas une affaire palestinienne !!

Des observateurs s’étonnent de constater à quel point le discours politique international est en baisse, un niveau catastrophique jamais connu auparavant. Le président Abbas a dit une fois qu’il « n’ignore pas le droit des Juifs en Palestine ». Une autre fois, il a dit que « la sécurité de l’Entité sioniste est la nôtre ». Mais où va le monde ?

Si le sort des Palestiniens des territoires occupés en 1948 ne nous intéresse plus, qu’est-ce qui nous intéressera alors ?

Ce qui est plus étonnant, c’est que quelques médias qualifient de telles déclarations d’héroïques ! Les réalités du terrain les démontent : les souffrances des Palestiniens de la Cisjordanie, les poursuites acharnées des résistants…

Correspondances secrètes

Bien qu’Abbas déclare que ces questions sont des affaires internes israéliennes, Benyamin Netanyahu, le premier ministre israélien, dit qu’il y a des correspondances secrètes entre lui et Abbas.

Netanyahu a considéré, devant la Knesset, que ces correspondances sont « la preuve de la volonté des Palestiniens de voir une paix » entre les deux partis.

Le même Netanyahu ne se lasse pas de demander aux Palestiniens et aux autres de reconnaître "Israël" comme un Etat purement juif, dans le dessein de mettre dans l’illégitimité l’existence des Palestiniens dans les territoires palestiniens occupés en 1948.

Il est allé jusqu’à dire qu’il faut « compléter ce que Ben Gourion, fondateur de l’Etat d’Israël, avait commencé, c'est-à-dire que les territoires palestiniens occupés en 1948 sont un Etat pour les Juifs et non un Etat dans lequel vivent des Juifs » !!

17 octobre 2010

Le Centre Palestinien d'Information


1-5 Nejad:le Liban, la Syrie, la Palestine, la Turquie et l'Iran dans un même front.

Extrait

Accueilli en grande pompe, mercredi soir, par une foule enthousiaste, dans le stade al-Raya (banlieue-sud) le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad n’a pas caché ses émotions, en remerciant Dieu de lui avoir permis de vivre cet instant et de venir au Liban, qu’il a qualifié de terre bénie et de pays des Libres.  
"Mort aux Etats-Unis!" "Mort à Israël!" et "Ahmadi, Ahmadi, Khosh Amdid (bienvenue)" ont scandé les dizaines de milliers de sympathisants, à l'apparition du président iranien qui les a salués, avant d'embrasser le numéro deux du Hezbollah, cheikh Naïm Kassem.
FRONT COMMUN ENTRE LE LIBAN, LA SYRIE, LA PALESTINE, LA TURQUIE ET L’IRAN
Dans son discours qui a été retransmis en direct par les télévisions israéliennes, M.Ahmadinejad a assuré que le Liban est une école de résistance face aux arrogants du monde.
Il a notamment évoqué un front commun de résistance entre le Liban,
la Syrie, l'Irak, la Palestine, la Turquie et l'Iran .  "J'annonce que le régime sioniste poursuit sa chute et aucune puissance ne peut le sauver (en raison du) front résistant au Liban, en Syrie, en Palestine, en Irak et en Turquie", a-t-il affirmé, sous les applaudissements.
Tout en assurant que l'entité sioniste est en pleine déroute, il a invité le peuple du Liban, « pays des purs », à ne pas écouter les démons qui n'aiment pas l'unité et l'harmonie.  
« Vous avez jeté le désespoir dans la cour des démons. Sachez que vos causes sont celles de l'Iran. Nous sommes ensemble dans une même tranchée. Votre dignité et votre développement sont les nôtres. Le peuple iranien sera toujours à vos côtés. » 
Tout en affirmant que le nouvel ordre mondial doit être global et juste, permettant à tous les peuples de participer à la gestion des affaires du monde, il a rendu un vibrant hommage aux Libanais et surtout aux jeunes moujahidine, leur criant : « L'avenir est à vous. Nous sommes fiers de vous, et nous serons toujours à vos côtés».

 

NECESSITE DU RETRAIT DES ENVAHISSEURS, SINON LES CYCLONES DES PEUPLES LES EMPORTERONT  
Le président iranien a rappelé comment l'entité israélienne a essuyé des défaites en 1982, à l’issue de l’agression israélienne contre le Liban en 2006 et la dernière riposte courageuse de l'armée libanaise (à Adaïssé). Il assure que ces défaites ainsi que la résistance héroïque à Gaza montrent la faiblesse de l'entité israélienne.  
« Se sentant dans une impasse, celui-ci (Israël) peut chercher à provoquer des étincelles, dit-il, mais chaque étincelle ne fera qu'accélérer sa chute (...). Ils parlent de paix et continuent de s'étendre en bafouant les droits palestiniens et les résolutions internationales. L'entité sioniste est raciste et signifie l’expulsion d'un million et demi d'habitants originaires des territoires occupés. »   
M.Ahmadinejad a poursuivi que la solution consiste dans « la reconnaissance des droits des Palestiniens et dans le retour des envahisseurs vers leurs pays d'origine, sinon les cyclones du peuple palestinien et des autres peuples libres les
emporteront. »  
 Ahmadinejad demande à certains régimes de la région d'écouter leurs peuples, qui appuient les Palestiniens. «Quant à ceux qui protègent l'entité sioniste, ils doivent savoir qu'ils doivent mettre un terme à son hégémonie et ils doivent réparer le mal qu'ils ont fait. S'ils se sentent coupables à l'égard des sionistes, ils n'ont qu'à leur donner des compensations chez eux. »    
ISRAEL CREE POUR COMPENSER LES DEGATS DE LA SECONDE GUERRE MONDIALE  
S’agissant de l’entité sioniste, M.Ahmadinejad a réitéré qu’ « Israël » a été crée pour compenser les dégâts de
la Seconde Guerre mondiale et profitant d'un moment d'égarement des Arabes. « Ils ont implanté une entité hostile et lui ont donné les moyens d'imposer sa force, tout en couvrant ses crimes. Voyez-vous dans le registre des sionistes autre chose que des crimes ?... »
 Il a ajouté que cette entité est la concrétisation du projet capitaliste et, pour preuve, il a relevé l'appui unanime dont bénéficie « Israël ». Mais M.Ahmadinejad affirme que les peuples ont d'autres aspirations.
 Il a en outre attiré l'attention des présents sur le fait que lorsqu'ils envahissent un pays, les ennemis misent sur la discorde et les divergences religieuses et ethniques. C'est, poursuit-il, ce qui s'est passé en Irak. Il ajoute que les ennemis ne veulent pas d'un peuple fort et uni pour pouvoir lui imposer leurs volontés.
 « Heureusement, grâce à l'éveil des peuples, le plan a été découvert. Les peuples connaissent désormais l'importance de l'unité », conclut-il .
AHMADINEJAD RECLAME LA LIBERATION DES DETENUS PAR ISRAEL  
Le président iranien a également évoqué les milliers de détenus palestiniens dans les geoles israéliennes et il informe les présents que l'épouse et le fils de Mohsen Moussaoui, diplomate iranien enlevé au Liban en 1982, font partie de la délégation qui l'accompagne.  
Il ajouté que ce diplomate et ses trois compagnons sont encore vivants et retenus en otages en « Israël ». Il réclame pour eux la visite de
la Croix-Rouge et la libération, avec les autres « otages palestiniens ».
AlManar et Orient Le Jour

Jeudi 14 Octobre 2010

 http://www.almanar.com.lb



2 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

2-1 ierre Piccinin : La liberté d’expression menacée de mort.

Après avoir critiqué la politique israélienne en Palestine, le chercheur Souhail Chichah est menacé.

Le 20 septembre dernier, à l’ULB, s’est tenue une conférence sur le thème de "La liberté d’expression", précédée du film du journaliste Olivier Mukuna, "Est-il permis de débattre avec Dieudonné ?", à propos de l’humoriste dont les sketches s’attaquent régulièrement aux milieux sionistes et à la politique israélienne en Palestine.

 Parmi les intervenants, Souhail Chichah, chercheur en économie de la discrimination, a critiqué sans détour cette politique, concluant qu’Israël se comporte en "Etat raciste, ségrégationniste et colonial". Il a en outre dénoncé l’impossibilité d’ouvrir ce débat sans être systématiquement vilipendé par les organisations juives et qualifié d’antisémite. Souhail Chichah a ainsi regretté l’instrumentalisation de la Shoah, utilisée pour bâillonner les opposants à la politique d’expansion de l’Etat hébreu. A aucun moment, cependant, il n’a tenu de propos haineux ou irrespectueux envers les Juifs.

Dans le public, néanmoins, les représentants de plusieurs associations juives, venus en nombre, ont d’emblée tenté de l’empêcher de s’exprimer par des huées, des menaces physiques et des insultes, à tel point que la conférence fut interrompue et l’auditoire évacué.

 Depuis ce jour, Souhail Chichah est victime d’un harcèlement intense, qui a commencé par une campagne de diffamation, initiée par le Comité de coordination des organisations juives de Belgique, qui accuse Souhail Chichah d’avoir voulu attiser la haine envers les Juifs et d’avoir remis la Shoah en question. Suivront le Centre communautaire laïc juif, l’Union des étudiants juifs de Belgique et l’European Union of Jewish Students, qui l’accuseront d’antisémitisme et de négationnisme, assertions particulièrement graves, a fortiori à l’égard d’un enseignant. Mis en œuvre dans la presse et sur le net, ce harcèlement médiatique a débordé les frontières du royaume. Et certains demandent à l’ULB le licenciement de Souhail Chichah.

En outre, Souhail Chichah a reçu de nombreux courriers anonymes le menaçant d’être passé à tabac et tué : "tu vas saigner, espèce de porc" ; "morpion islamiste, ton heure est venue !" ; "un musulman, une balle ; toi, dix !" Certains de ces courriers font état avec précision de ses horaires et mouvements à l’ULB  

Le lundi 4 octobre au matin, en sortant de son domicile, Souhail Chichah échappait de justesse à une tentative d’agression au couteau, grâce à l’intervention de voisins.

Vendredi 8 octobre, il a été convoqué pour répondre d’une plainte déposée contre lui pour incitation à la haine raciale, non pas suite à son discours lors de la conférence, mais pour la rédaction d’un article vieux de plusieurs mois, "De la hiérarchie des races en Belgique", lequel, pourtant, a précisément pour objet de dénoncer les dérives racistes. 

Sans aucun soutien, ni des autorités de l’ULB, ni du monde académique, craignant pour sa sécurité physique, Souhail Chichah n’est plus en mesure d’assurer ses activités professionnelles.

La stratégie est évidente : salir, terroriser et harceler pour faire taire, puisqu’un procès est impossible, aucun acte délictueux n’ayant été commis.

Or tout cela ne se passe pas dans l’Allemagne nazie des années 1930, ni en Chine ou en Afghanistan, mais aujourd’hui et en Belgique, Etat démocratique qui garanti la liberté d’expression. 

Quelque chose se serait-il donc effondré dans le système de valeurs de cet Etat ? La "liberté d’expression" est-elle désormais une notion abstraite ? Ou bien le "cas Chichah", cette ignoble mise à mort, constitue-t-il l’exception qui confirme la règle ? Pourrait-on, en fait, parler de tout et caricaturer Mahomet sous la forme d’une bombe et assimiler tous les musulmans à des terroristes, de tout, sauf d’Israël et de sa politique en Palestine ? 

Si les collègues de Souhail Chichah, si les enseignants et chercheurs, si tous les intellectuels de ce pays continuent de se taire et refusent de le soutenir maintenant, cette stratégie réussira à détruire une part de notre liberté. Si nous laissons faire, "l’exemple Chichah" demeurera, tel une épée de Damoclès, et pour notre plus grande honte.

Pierre Piccinin

Mis en ligne le 14/10/2010

http://www.lalibre.be:80/debats/opinions/article/616740/la-liberte-d-expression-menacee-de-mort.html


2-2 Centre Palestinien pour les Droits de l’Homme : L’Autorité Palestinienne emprisonne et torture des militants.

Le Centre Palestinien pour les Droits de l’Homme (PCHR) condamne les campagnes d’arrestations arbitraires menées – en violation de la loi – par les services de sécurité palestiniens contre les membres et partisans du Hamas et du Jihad islamique, et condamne le fait que les détenus soient soumis à des traitements cruels.

Le PCHR relève que, en dépit de la libération d’un certain nombre de détenus récemment, les services de sécurité palestiniens ont continué de mener des campagnes d’arrestations visant des dizaines de membres et sympathisants du mouvement Hamas, et ont continué à en emprisonner des centaines d’autres depuis plusieurs mois.

Des dizaines de personnes ont également été convoquées par les services de sécurité.

Le PCHR est préoccupé par l’augmentation des accusations par les détenus libérés ou les proches des personnes détenues que ces détenus ont été soumis à la torture et à des traitements cruels. Le PCHR réitère son appel pour que les services de l’Autorité nationale (ANP) et de la sécurité palestinienne cessent toutes les arrestations arbitraires, et libèrent tous les prisonniers politiques, mettant fin ainsi à la question des arrestations politiques.

Selon les enquêtes menées par le PCHR, et selon les renseignements obtenus auprès des bureaux des membres du Conseil législatif palestinien (PLC) appartenant au « Bloc pour le Changement et la Réforme » affilié au Hamas en Cisjordanie, au moins 230 personnes ont été arrêtées à Hébron, dont 130 par le Service de sécurité préventive (PSS), et les 100 personnes restantes ont été détenues par le Service des renseignements généraux (SIG). À Bethléem, 25 personnes ont été détenues par le PSS et 15 ont été détenues par les SIG. A Naplouse, 77 personnes ont été détenues dans la prison Jnaid. À Ramallah et Al-Bireh, 45 personnes ont été arrêtées par les services de sécurité.

On trouve parmi les personnes emprisonnées des détenus récemment libérés des prisons israéliennes et des proches de membres du conseil législatif palestinien. Des dizaines de détenus ont été arrêtés à nouveau quelques jours après leur libération. Bien qu’un certain nombre de familles aient pu visiter les détenus, certains détenus se sont vu refuser l’accès aux visites familiales et d’avoir des contacts avec leurs supports juridiques, en particulier les personnes qui sont détenues par le SIG à Hébron.

Tortures

Un certain nombre de prisonniers libérés à Hébron, par exemple, ont fait valoir qu’ils ont été confinés dans des salles et cellules pour interrogatoires, et sans sanitaires, et certains d’entre eux n’ont eu ni lumière ni couvertures.

Selon les enquêtes menées par le PCHR et les témoignages d’un certain nombre de prisonniers libérés, beaucoup de ceux qui ont été arrêtés récemment ont eu à subir de graves et inhumaines conditions de détention, notamment ceux qui souffrent de maladies chroniques ou de blessures. De nombreux détenus ont été soumis à diverses formes de traitements cruels et dégradants, et d’autres ont été soumis à la torture. Les conditions de santé d’au moins 3 détenus se sont détériorées, et ils ont été hospitalisés.

Un des prisonniers libérés à Hébron a dit devant un enquêteur du PCHR qu’un agent du SIG lui avait infligé des conditions de détention cruelles. Bien qu’il était malade et avait grandement besoin de soins médicaux, les agents de sécurité lui ont fait subir la torture, ce qui a provoqué une nouvelle détérioration de son état de santé. Il a été emmené trois fois à l’hôpital.

Lors du dernier contrôle médical le 14 Septembre 2010, les médecins ont insisté pour pouvoir le traiter à l’hôpital, de sorte qu’il a été placé sous garde. Après sa libération de l’hôpital, les médecins recommandaient qu’il ait un traitement approprié à domicile, car il souffrait de divers problèmes de santé. Toutefois, les agents de sécurité ont continué à le retenir jusqu’au 16 Septembre 2010.

Dans son témoignage au PCHR, le détenu libéré précité a déclaré que pendant sa détention « il entendait les voix des détenus pleurant de douleur d’être battus et torturés ». Il a également vu un certain nombre de détenus contraints de rester debout avec les mains attachés et la tête couverte par un sac en plastique. Il a souligné que les interrogateurs , pour le forcer à collaborer avec eux, lui ont délibérément fait entendre des voix de détenus en train d’être torturés. Il a également indiqué avoir vu un certain nombre de détenus soumis au Shabeh prolongé [1] et battus, avec parmi eux ‘Alaa’ al-Ja’ba, Mo’tasse, al-Natsha, ’Abdulla Du’ais, Mohammed al-Atrash et Mohammed Abu Hadid.

Il a en outre déclaré avoir entendu un officier du SIG parler avec un interrogateur venant de l’extérieur de Hébron, et lui expliquer l’importance d’une porte de fer pour soutirer des aveux aux détenus. La porte est utilisée pour appuyer sur les mains et les pieds d’un des détenus, ce qui provoque de fortes douleurs.

Non-respect des procédures légales

Les familles d’un certain nombre de détenus dont les maisons ont été attaquées dans le but de les arrêter, ont souligné que la sécurité palestinienne a agi de façon provocante et ne respectait pas les procédures juridiques dans la fouille des maisons et l’arrestation des individus.

Dans ce contexte, une personne a affirmé que les forces de sécurité ont fouillé sa maison alors qu’il n’y avait personne. Ils ont utilisé la force pour ouvrir la porte et investir la maison. Il a en aussi indiqué que lorsque lui et sa famille sont rentrés, le SIG et PSS l’ont arrêté, ainsi que 4 de ses fils. Il a affirmé que 3 de ses fils et un certain nombre de ses neveux sont toujours détenus par les SIG et le PSS. Il a aussi déclaré que les agents du SIG et la police ont perquisitionné sa maison plus d’une fois, et des agents de police féminins ont interrogé sa femme.

Un des détenus libérés a dit avoir été arrêté avec son frère, parce que son cousin était recherché par les forces de sécurité palestiniennes. Il est resté détenu pendant 16 jours, période durant laquelle il n’a pas été questionné si ce n’est les deux dernières heures. Devant être libéré avec d’autres détenus, il a été forcé de signer un engagement « de ne pas posséder des armes sans permis, ne pas agir contre l’ANP, et de ne pas s’affilier à une organisation s’opposant à l’ANP. » Il a ajouté qu’en raison du trop grand nombre de prisonniers, des dizaines de détenus, dont lui-même, ont été déplacés vers un poste de police dans le village de Taffouh, à l’ouest d’Hébron, où ils étaient détenus dans des conditions qui n’ont rien d’humain.

Au début de ce mois-ci, le PSS d’Hébron a transféré un certain nombre de détenus des centres de détention de Jéricho et Ramallah, en raison du trop-plein. Les détenus sont : Ahmed Salhab, Eyad Mujahed, Nafez Bali, Nidal al-Qawasmi, Ma’ath Abu Juhaisha et Mahmoud Abu Juhaisha.

Arrestations dans les zones « C » [2]

Un certain nombre de personnes ont été victimes de tentatives d’arrestation dans les zones C. Dans ce contexte, ’Abdul Raziq Rajabi, le père d’un détenu, a indiqué qu’un groupe du PSS, dont les membres étaient habillés en civil, a tenté le jeudi 23 Septembre 2010 de kidnapper son fils, Amjad, âgé de 24 ans. Les membres des services de sécurité n’ont pas donné leur identification. Des gens sont intervenus et ont fait échouer la tentative. Mais Amajd a été convoqué et arrêté plus tard par le PSS.

Des dizaines de membres du Jihad islamique convoqués

Les services palestiniens de sécurité en Cisjordanie, notamment à Jénine et de Tulkarem, ont convoqué des dizaines de membres et sympathisants du Jihad islamique et les ont obligés à remplir un formulaire avec des informations détaillées à leur sujet. Ils ont aussi été forcés de signer un engagement « de ne pas violer la loi palestinienne, de ne pas s’opposer à la politique publique de l’Autorité Palestinienne [AP] et de ne s’engager dans aucune activité du Jihad islamique. »

Un militant du Jihad islamique a déclaré que 4 membres de son organisation, originaires du village ’Arraba au sud-ouest de Jénine, ont été arrêtés. L’un d’eux, Sheikh Khader Mousa, âgé de 32 ans, a été libéré le 29 Septembre 2010. Les autres détenus sont : Ahmed Shibani, 39 ans, Mohammed Shibani, 35 ans, et Ahmed al-Bousta, 35 ans.

Le PCHR réitère sa condamnation des arrestations politiques, des crimes de torture accompagnant ces arrestations et commis contre des détenus, et :

1. Rappelle la décision de la Cour supérieure palestinienne du 20 Février 1999 qui stipule l’illégalité des arrestations politiques. Toutes les autorités exécutives doivent respecter cette décision de justice et s’abstenir de procéder à des arrestations illégales et politiques ;

2. Souligne que les arrestations sont réglementées par la loi palestinienne et relèvent de la compétence des officiers de police, y compris de la police civile, qui sont supervisés directement par le procureur général ;

3. Appelle à l’arrêt immédiat des pratique de torture dans les prisons et centres de détention de l’Autorité palestinienne, étant donné que les crimes de torture demeurent sous le coup de la loi, sans limite dans le temps, et que leurs auteurs ne peuvent échapper à la justice, et…

4. Exige la libération immédiate des prisonniers politiques qui sont détenus par les services de sécurité en Cisjordanie.

PCHR Gaza

octobre 14th

http://www.inversalis-productions.eu:80/blog/2010/10/l'autorite-palestinienne-emprisonne-et-torture-des-militants/


2-3 Hicham Issa : Je continue à rêver d’une enfance libre.

Tous les Palestiniens, toute la société palestinienne dans toutes ses tranches ont goûté aux souffrances causées par l’occupation israélienne. Mêmes les enfants n’y échappent. Tout au contraire, les occupants israéliens font tout pour les perturber, les étouffer, les déraciner et déraciner leurs rêves d’une patrie libre et à eux.

L’adolescent Hicham Ahmed Ismaël Issa en fait partie. Il est enfermé dans les prisons israéliennes. Les occupants israéliens l’ont privé de son enfance, de son école, de sa famille. Cet adolescent de seize ans, les soldats israéliens ont attaqué sa maison familiale pour le prendre en captivité et le condamner à une prison ferme de deux ans. Ainsi, il rejoint ses deux frères Qassam et Hossam, enfermés derrière les barreaux de l’occupation israélienne.

L’arrestation

Hicham affirme que le moment de l’arrestation est un des plus difficiles de sa vie : « C’est à deux heures et demie du matin, le 31 décembre 2008, que les forces israéliennes d'occupation ont investi notre maison, au moment où notre village d’Abou Chakhim, sous préfecture de Ramallah, souffrait d’un froid très dur ».

« A cette heure-là, ajoute-t-il, les soldats israéliens ont commencé à frapper la porte de la maison et à crier à tue-tête. Faute de toute réponse, ils ont frappé les fenêtres et fait des bruits qui ont choqué les enfants. Et dès qu’on a ouvert la porte, les soldats sont entrés et ont dévasté la maison, avant de me bander les yeux, de m’enchaîner et de m’emmener vers une direction inconnue. »

« En arrivant, continue-t-il, je me retrouve devant un officier de renseignements. Ils m’ont mis dans une position impossible (Al-Chabah) pour m’interroger, sous une pluie d’insultes et de gros mots. Ils ont réussi à me mettre dans un état psychologique très difficile. »

Trois frères captifs

Hicham parle du chef d’accusation que les occupants israéliens lui ont adressé. « J’ai découvert qu’ils m’accusent de "Tentative d’écraser un soldat sioniste avec la voiture". Une accusation étonnante, j’étais petit et ne conduisais pas. Je ne sais d’où les occupations tiraient une telle accusation ».

L’état psychique de Hicham s’est empiré encore plus, après son transfert dans la prison des adolescents. Cette prison est dirigée par des hommes inhumains ne faisant usage que de la force et de l’insulte.

Le captif adolescent souffre beaucoup quand il se rappelle de ses deux frères qui sont aussi en captivité. Il pense à sa famille, à sa mère et surtout à son père malade. Ce n’est pas facile pour un père malade et sans travail de voir ses garçons emprisonnés.

« La famille, dit-il avec un grand soupir, n’a plus de ressource. »Volonté de l’homme

Hicham ne pensait pas qu’un jeune de son âge pouvait être enfermé dans les prisons construites normalement pour les criminels.

Il n’aime pas cette situation : « J’aime l’école, j’aime mes études, mes copains. J’aime jouer avec eux, partir dans des voyages collectifs. J’aimais la vie, mon enfance, avant le jour maudit où les occupation israélienne m’ont interdit mon enfance et mon éducation ».

A son étonnement, Hicham découvre un grand nombre d’adolescents enfermés dans les prisons israéliennes : « Certains d’entre eux sont beaucoup moins âgés que moi ».

Et avec la volonté d’un homme, Hicham dit que l’ennemi sioniste veut faire de nous des esclaves : « Ils veulent nous priver de notre liberté et de notre terre. Rien, rien, ils n’auront rien. Moi et mes frères, malgré ce qui se passe, nous ne baisserons jamais les bras ». « Nous serons le pont qui mènera à la liberté et à la dignité. »

Enfin, Hicham conclut ses propos en disant : « Notre patrie a besoin d’hommes. Et nous sommes les hommes qui se redressent contre les agressions de l’ennemi. Nous ne laisserons tomber pas même tomber une graine de la terre de notre bien-aimée Palestine ».

 18/10/2010 - 22:50 ]

http://www.palestine-info.cc:80/fr/default.aspx?xyz=U6Qq7k%2bcOd87MDI46m9rUxJEpMO%2bi1s7MmpfwbfVwXSiaiOz7%2fTdZdrHEM1miv%2f8uhqqaz8gXN0t9m7laW3XPGHHbw5gpB%2fn1tDJOKpi%2bhkP%2bjDe2SwPiBOPaBBam0QKn%2bLSnuNF5Mc%3d


n°555 - Les Dossiers 'Géopolitique et stratégie' de Palestine - 22-10 - : Fin : - : Gaza : Le soleil s’était levé tôt ce matin là …

n°555 - Les  Dossiers   'Géopolitique et stratégie' de  Palestine - 22-10 - : Fin  : -  : Gaza : Le soleil s’était levé tôt ce matin là …



L'information est une arme au service de la paix. Sa diffusion est un acte de résistance

                 Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources 



Les  Dossiers   'Géopolitique et stratégie' de  Palestine

555 du 22-10

C.De Broeder & M.Lemaire



Vous retrouverez ce journal 

a) sur nos blog : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site de Eva Resis       :  no-war.over-blog.com

c) sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com  

 

d) sur le site : www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

  

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be

 

Sommaire

3 Annexe

3-1 Appel de personnalités pour la liberté d’expression.

3-2 Obama a donné le traditionnel discours annuel à l’ouverture de l’Assemblée Générale des Nations Unies.

3-3 Les lauréats du Prix Nobel de la paix après le 11-Septembre.

3-4 Manuel de Diéguez : Israël et la régression intellectuelle de la civilisation occidentale.

 


3 Annexe

3-1 Appel de personnalités pour la liberté d’expression.

Plusieurs dizaines de personnalités, parlementaires, élus, responsables politiques et associatifs, ont lancé vendredi un appel protestant contre les procès intentés par le gouvernement aux militants engagés dans la campagne de boycott d’Israël, tant que cet Etat opprimera la Palestine

Voici le texte de cet « Appel de personnalités pour la liberté d’expression

Par des opérations non-violentes et symboliques, des élu-e-s et militant-e-s, dont une parlementaire, ont souhaité attirer l’attention de l’opinion publique sur le refus de l’Etat d’Israël de se conformer aux principes inscrits dans les traités européens et dans les accords d’associations qu’ils ont signés, à savoir le respect des Droits Humains et celui de la traçabilité des produits à l’exportation.

Par la même occasion, ils dénoncent l’impunité dont bénéficient les autorités israéliennes, impunité qui cautionne ces violations répétées du droit international et l’injustice que subit au quotidien le peuple palestinien du fait de l’occupation coloniale.

Pour avoir osé user de leur liberté d’expression dans le respect des principes républicains, ces élu-e-s et militant-e-s sont aujourd’hui poursuivi-e-s devant la justice pour provocation à la discrimination raciale, voire pour antisémitisme. Il s’agit d’un chantage fondé sur un amalgame inacceptable !

La critique de la politique du gouvernement israélien relève du débat d’idées et s’exerce dans le respect des grands principes fondamentaux de notre droit, dont celui de la liberté d’expression.

En aucun cas, les actions menées par ces élu-e-s et militant-e-s ne peuvent être considérées comme des actes, paroles ou propos « discriminatoires à l’égard d’une personne ou d’un groupe de personnes, en raison de son origine ou de son appartenance ou non appartenance à une nation ».

Nous dénonçons cet amalgame qui voudrait nous faire taire devant cette injustice qui heurte nos valeurs universelles.

Cette pétition est ouverte sur le site http://www.ipetitions.com/petition/boycottlibertedexpression

Publié le 1er-10-2010


3-2 Obama a donné le traditionnel discours annuel à l’ouverture de l’Assemblée Générale des Nations Unies.

extrait

Pendant de nombreuses années je n’ai pas prêté beaucoup d’attention à la vie des partis politiques aux Etats-Unis. Généralement, je ne sais pas qui est qui au Congrès. C’est la politique qui m’intéresse, plus que les politiciens. Mais pendant la campagne des présidentielles de 2008 je n’arrêtais pas d’entendre parler d’un certain Barack Obama. Lorsque j’allumais la radio, j’entendais son nom et son nom apparaissait sans cesse dans les titres des journaux. Je savais seulement qu’il était sénateur de l’Illinois et... vous dites qu’il est noir ?

Puis un jour j’ai allumé la radio dans ma cuisine et j’ai entendu que Obama allait prendre la parole. Alors j’ai écouté pendant 15 ou 20 minutes pendant que je faisais la vaisselle. J’ai écouté, et écouté, et soudain ça m’a frappé... Cet homme ne disait rien !

Rien que des banalités et des clichés, pratiquement rien sur le fond. Son discours aurait pu être rédigé par un ordinateur ?

Il abordait tous les sujets qu’il convenait d’aborder pour dire juste ce qu’il convenait de dire pour donner un peu d’espoir aux pessimistes et amadouer les sceptiques et les cyniques ; un langage passe-partout valable pour toutes les occasions ; et politiquement correct sur tous les sujets.

J’apprendrai plus tard que ses partisans affirmaient qu’il était obligé de s’exprimer ainsi pour se faire élire, mais qu’une fois élu – Ha ! Vous allez voir ce que vous allez voir ! Le véritable Barack Obama, progressiste et anti-guerre, allait faire son apparition. « Le Changement auquel vous pouvez croire ! », Alléluia ! … Et ils le croient encore.

La semaine dernière, Obama a donné le traditionnel discours annuel à l’ouverture de l’Assemblée Générale des Nations Unies. (7)

…..

Ensuite un verbiage sans fin sur l’interminable conflit Israelo-Palestinien, un discours qui aurait pu sortir de pratiquement n’importe quel discours prononcé par n’importe quel président des États-Unis au cours de ces trente dernières années.

Mais il n’a fait aucune allusion à Gaza. Oh, pardon, si, il y avait bien une ligne : « la jeune fille de Gaza qui ne veut pas qu’il y ait de couvercle sur ses rêves  ».

Tant d’émotion a de quoi vous nouer la gorge. A croire que les États-Unis n’ont aucun moyen de pression sur l’état d’Israël – des milliards, des milliers de milliards de dollars en aides et cadeaux militaires et économiques. Un président américain avec un minimum de courage pourrait obliger Israël à faire des concessions, et dans la lutte entre un gorille de 500 kg (Israël) et un bambin (le Hamas), le gorille ferait quelques concessions.

Et ceci aussi : « Nous savons d’expérience que ceux qui défendent ces valeurs (universelles) pour leur peuple ont été nos plus proches alliés et amis, tandis que ceux qui ont dénié ces droits – que ce soit des groupes terroristes ou des gouvernements tyranniques – ont choisi d’être nos ennemis. »

Quel mensonge. Il serait difficile de nommer une seule dictature brutale du monde occidental de la deuxième moitié du 20eme siècle qui n’a pas été soutenu par les États-Unis ; non seulement soutenu, mais souvent mis en place et maintenu au pouvoir contre la volonté des populations.

Et à une époque plus récente, Washington a soutenu des gouvernements très répressifs, tels l’Arabie Saoudite, le Honduras, l’Indonésie, l’Égypte, le Kosovo, la Colombie et Israël. Et pour ce qui concerne les groupes terroristes ennemis des Etats-Unis – voilà un autre volume à ranger dans la future bibliothèque des mensonges présidentiels de Barack Obama. Comme je l’ai déjà écrit, les Etats-Unis ont soutenu des groupes terroristes depuis des dizaines d’années. Tout comme ces derniers ont soutenu la politique étrangère des Etats-Unis.

« Certes, c’est très agréable d’avoir un président qui s’exprime avec des phrases complètes. Mais le fait que ses phrases soient cohérentes ne les rend pas honnêtes ». John R. MacArthur, directeur de Harper’s Magazine. (8)

….

Le secret pour comprendre la politique étrangère des Etats-Unis est qu’il n’y a pas de secret.

Il faut d’abord comprendre une bonne fois pour toutes que les Etats-Unis aspirent à dominer le monde. Une fois cette idée assimilée, tout le reste coule de source. Pour illustrer cette aspiration par des chiffres, depuis la deuxième guerre mondial les Etats-Unis ont :

- renversé plus de 50 gouvernements, la plupart démocratiquement élus
- se sont ingérés ouvertement dans les élections d’au moins 30 pays.
- mené des guerres ou des actions militaires, directement ou par des armées mercenaires, dans environ 30 pays
- tenté d’assassiner plus de 50 dirigeants étrangers
- largué des bombes sur environ 30 pays
- éliminé des dizaines de mouvements populistes/nationalistes partout dans le monde. (10)

La machine de guerre institutionnelle des Etats-Unis a longtemps été, et est encore, en pilotage automatique.

(…)

William Blum


3-3 Les lauréats du Prix Nobel de la paix après le 11-Septembre.

 

2003

Shirine Ebadi

Pour faire monter la pression contre l’Iran

 

2004

Wangari Muta Maathai

Pour faire monter la pression contre le Kenya et les Etats africains qui se rapprochent de la Chine

 

2005

AIEA et Mohamed ElBaradei

Pour avoir neutralisé Hans Blix et avoir permis la guerre contre l’Irak

 

2006

Muhammad Yunus et la Grameen Bank

Pour avoir financiarisé la pauvreté en prêtant aux personnes non solvables à un taux double du marché

 

2007

GIEC et Al Gore

Pour avoir inventé le bogue de l’an 2000 et pour justifier la financiarisation de l’écologie et la Bourse des droits d’émission de CO2

 

2008

Martti Ahtisaari

Pour avoir fait capoter les négociations avec la Serbie et avoir justifié la guerre du Kosovo

 

2009

Barack Obama

Pour avoir relooké les USA tout en continuant leurs guerres impériales

 

2010

Liu Xiaobo

 

 

Pour faire monter la pression contre la Chine

 

http://www.voltairenet.org/article167221.html

 


3-4 Manuel de Diéguez : Israël et la régression intellectuelle de la civilisation occidentale.

Les Etats et les Eglises ne se décident à ouvrir les yeux qu'à l'heure où il ne leur reste d'autre ressource que de retirer le bandeau qu'ils s'étaient mis sur les yeux. La cloche des évidences est-elle proche de sonner au beffroi de l'histoire ? Car enfin, jamais encore l'histoire du genre humain n'avait pris la tournure d'une farce planétaire.

Certes, il y avait longtemps qu'on se frottait les yeux au spectacle des négociations fantasmagoriques qui se déroulaient entre Israël et la Palestine et l'on n'en revenait pas de ce que des tractations condamnées à demeurer fictives pussent tenir en haleine des chancelleries médusées et une presse mondiale ébahie, on n'en croyait pas ses oreilles qu'une tragi-comédie de cette envergure pût un jour trouver place dans les livres d'histoire. Comment la raconter demain aux enfants sur les bancs de l'école si les adultes y jouaient, eux aussi, le rôle de spectateurs en bas âge?

Et voici que les bras vous en tombent de découvrir que ce théâtre d'ombres et de songes n'était pas encore allé au terme de sa puérilité et que l'on verrait un fantoche, un paltoquet, une marionnette débouler des coulisses sur la scène et saluer le public d'acte en acte. Quelle pièce jouait-on, à quel répertoire inconnu était-elle empruntée, quel en était l'auteur? L'histoire cache dans ses archives de nombreuses effigies d'une condition humaine titubante. Mais qui aurait pu imaginer qu'un Président de Etats-Unis adresserait au Premier Ministre d'un Etat étranger une lettre officielle dont les termes lui auraient été dictés au préalable par le destinataire et selon laquelle, primo, le locataire de la Maison Blanche mettrait son veto "à toute résolution concernant Israël, d'où quelle vienne, durant la période des négociations, laquelle est fixée à un an", secundo, que la "dotation militaire annuelle des Etats-Unis à Israël, de trois milliards de dollars, serait augmentée" et que Tel-Aviv pourrait "avoir accès à de nouvelles armes et à des systèmes de surveillance satellitaires", tertio, qu'Israël demeurerait maître de sa prédéfinition unilatérale des "exigences de sa sécurité", c'est-à-dire de la formulation aussi solitaire qu'incontrôlée de ses ambitions politiques et militaires sous le couvert traditionnel de l'évocation de la "sécurité" du pays; quarto, que durant l' année que dureraient les négociations imaginaires appelées à monter en volutes vers le ciel des anges, Israël disposerait d'une totale impunité, puisqu'aucune résolution ne pourra se trouver adoptée par le Conseil de Sécurité, quel que soit le comportement peu séraphique de son armée sur le champ de bataille; quinto, que le futur pseudo Etat palestinien sera privé d'armée et sera si peu souverain qu'il devra ouvrir tout grand son territoire et sans jamais rechigner aux mouvements des troupes israéliennes stationnées à ses frontières, sexto, qu'en retour Israël ne prolongerait que de deux mois la suspension de son expansion territoriale en Cisjordanie, après quoi il en reprendrait le cours inexorable, sauf à obtenir de nouveaux bénéfice tangibles en échange de l'ascension dans les airs d'un nouveau nuage de fumée.

Pourquoi les Etats-Unis ont-ils signé un marché de dupes de ce calibre? Pourquoi le parti démocrate a-t-il accepté de payer d'un ridicule immortel et d'un effondrement sans remède du poids de l'Amérique dans le monde l'avantage éphémère de perdre un peu moins cruellement les élections de mi-mandat de novembre 2010? Un désastre politique aussi indélébile ne s'explique que par le ligotage et le bâillonnement pur et simple de M. Barack Obama. Comme je l'ai écrit le 4 juin 2009 en prévision du discours du Caire du 6 juin, le garrottement politique de ce chef d'Etat résulte de son refus de se laisser héroïquement assassiner, donc de la dérobade de ce faux héros devant le destin sacrificiel auquel la vocation d'un vrai Président des Etats-Unis l'appelle aujourd'hui.

En raison de la désertion piteuse de la victime, déjà l'immolateur s'approche de l'autel. Est-il un tueur ou un délivreur ? Ce qui est sûr, c'est qu'un nouvel équilibre des forces vient d'ores et déjà démontrer que la nature a horreur du vide et qu'un locataire de la Maison Blanche réduit à un mannequin dont Israël tire les ficelles aux yeux du monde entier enfantera un nouvel équilibre des forces , qui remettra les rênes du monde à la Chine, à la Turquie, à l'Iran, à la Syrie, à la Russie, au Brésil. Du coup, le déclin de l'Europe deviendra irréversible pour s'être rangée jusqu'au bout aux côtés d'un empire agonisant.

Mais, depuis la plus haute antiquité, les sacrifices cultuels sont ambigus. Peut-être l'Europe saisira-t-elle cette occasion de sortir de son sépulcre. De toutes façons, cette tragédie deviendra, me semble-t-il, un peu plus intelligible à la lumière de la science historique et politique dont je tente d'exposer les fondements anthropologiques depuis près de dix ans.

A l'écoute des dernières péripéties et rebondissements de l'histoire d'Israël, je rappelle ci-dessous les paramètres d'une mutation des offertoires de la politique internationale. La vocation d'une politologie critique l'appelle à déchiffrer l'histoire d'une espèce auto-sacrificielle de naissance.


 

1 - Les fondements anthropologiques de l'intelligibilité de l'Histoire
2 - Une parturition rousseauiste
3 - Les vêtements religieux du temps
4 - Les cités et leur mythe
5 - De l'universalité du sacré
6 - " Dieu " est une île intérieure
7 - L'identité mythico-terrestre du simianthrope
8 - Où faire passer la frontière entre la théologie et la politique ?
9 - Un Graal à plusieurs convois

1 - Les fondements anthropologiques de l'intelligibilité de l'Histoire

Dans quelques mois au plus tard et peut-être déjà dans quelques semaines, un thème de fond va occuper la presse, les médias et surtout les quelques commentateurs de la politique internationale encore attachés non point à flâner en promeneurs désœuvrés dans les coulisses de l'actualité planétaire, mais à descendre en spéléologues hardis dans les arcanes de la politique et de l'histoire.

On peut lire, dans le Monde du 10 août 2010: "Un tremblement de terre moral". Pas moins. C'est la formule utilisée, dimanche 8 août, par Yediot Ahronot, le quotidien le plus lu en Israël, pour décrire la dernière nouvelle qui embarrasse l'armée. De quoi s'agit-il ? De la destruction du village bédouin d'Al-Farasiya, dans la vallée du Jourdain, qui a transformé une centaine de paisibles paysans en sans-abri ? Du fait que le ministère de la défense et la Cour suprême aient interdit à une jeune habitante de Gaza d'aller étudier les droits de l'homme en Cisjordanie ?"

Non, en Israël ce genre d'information, reléguée en bas de page, ne soulève guère d'indignation. L'émoi des médias trouve son origine dans le dernier épisode de la " guerre des généraux".

C'est dire qu'aucun événement digne de faire la une des journaux n'aura stupéfié l'opinion publique mondiale au point d'alerter tout subitement la conscience journalistique endormie sur les cinq continents. Et pourtant, dans les profondeurs, la science de la mémoire aura été ébranlée au point que la problématique et la méthodologie politique mondiale en sera bouleversée.

Pourquoi cela? Parce que ce sont les contradictions internes du géocentrisme, les défis à la logique interne de la phlogistique, l'incohérence interne de la physique classique, l'irrationalité interne de la psychologie dite "des facultés" qui ont contraint l'héliocentrisme, la chimie de Lavoisier, la relativité générale, la psychanalyse à faire exploser les présupposés immanents aux sciences antérieurement validées par une grille de lecture erronée. C'est dire que la science historique est longtemps parvenue à éluder la question centrale du statut anthropologique de son axiomatique et de sa problématique, donc à se dérober à la réflexion sur la validité de l'enceinte même dans laquelle Clio déplace les pions du jeu. Mais l'accumulation d'évènements allogènes à l'échiquier classique favorise l'examen critique et la mise en cause des coordonnées des anciens joueurs.

Il en sera de même des interprétations politiques et historiques traditionnelles du destin d'hier, d'aujourd'hui et de demain d'Israël parce que les prolégomènes approximatifs ou partiels qui permettent d'interpréter le parcours de cette nation au sein de la civilisation semi rationnelle d'aujourd'hui répondent à un code vieilli de l'intelligibilité des événements. Chaque fois qu'une science se conquiert une organisation cérébrale plus englobante que la précédente, donc un système de navigation qui lui permet de transcender les critères convenus de la compréhensibilité en usage à son époque, son armure méthodologique change radicalement de voltage et de pilotage de ses signifiants, donc de balisage mental. Il en sera nécessairement de même de la révolution de la science des Etats et des relations que leur logique interne entretient avec le récit historique de demain, parce que la nécessité s'imposera de changer entièrement de dialectique. Comment enserrerons-nous le présent et l'avenir d'Israël dans une trame moins anachronique et plus explicative que l'ancienne?

2 - Une parturition rousseauiste

Il s'agira d'insérer dans le tissu d'une anthropologie critique un Etat né d'une décision rousseauiste, celle de tous les pays de la terre de déverser soudainement et d'un seul coup une ethnie déterminée et reconnue dans sa singularité depuis trois mille ans sur un étroit territoire du Moyen Orient et de lui demander de cultiver gentiment son Eden en miniature. Mais comment lui faire paître ses moutons blancs sur le modèle bucolique dont Adam se prélassait dans le jardinet originel de l'humanité?

Jamais un régime d'assemblée privé de la lanterne de Diogène n'avait tenté de fonder une nation sur un modèle aussi pseudo-séraphique. Mais l'archétype biblique brutalement plaqué sur le Moyen Orient était censé avoir peuplé un désert de sable et non point une terre vrombissante de créatures. Certes, les historiens ont démontré qu'en 1948, le vote majoritaire des Paul et Virginie de la démocratie rassemblés dans l'enceinte des Nations Unies en faveur d'une répétition de l'Exode avait été obtenu avec le secours des méthodes de prévarication habituelles; les voix censées inspirées par un ciel de bergerie sont presque toujours achetées à prix d'or. Mais un adage latin dit que "nous sommes impuissants à changer le passé", ce que le français traduit par l'expression: "Ce qui est fait est fait".

L'Etat d'Israël existe donc bel et bien; et s'il n'a pas encore la tête sur les épaules, il a déjà les pieds sur terre. L'historien des songes incarnés tente donc de rendre compte d'une existence à la fois onirique et dûment concrétisée. Du coup, il constate que les paramètres chantonnants sur lesquels repose encore la science évangélique des Etats n'éclairent en rien le paysage, parce que le verdict des urnes ne saurait s'inscrire dans une logistique de type eschatologique, même si cette théologie politique se trouve aussitôt bousculée par les nouveaux marchands du temple. Du coup, une science du temps des nations qui ne se vissera à l'œil que la loupe du quotidien rendra le paysage incompréhensible à l'observateur, tellement les narrations patentées par un long usage se révèleront étrangères à l'histoire biblique que le mythe bénisseur sera censé raconter sur ses pâturages et qui paraîtra dicter ses péripéties à l'histoire en chair et en os.

Comment le récit traditionnel dont les ongles et les crocs s' appellent l'histoire va-t-il se trouver anéanti et jeté aux oubliettes à l'heure où les relations "objectives" des Etats entre eux ne répondent plus au code sentimental élaboré tout au long des siècles par une histoire artificiellement euphorisée du monde?

3 - Les vêtements religieux du temps

Un seul exemple : en août 2010, l'Arabie Saoudite entend acheter des avions de guerre américains baptisés F15. Mais la puissance du mythe biblique sur les imaginations est redevenue si grande que les Etats-Unis ne sauraient conclure un contrat rationnel de ce genre avec aucun Etat arabe sans avoir reçu l'autorisation "théologique" d'Israël. Ce sera en grand secret que les négociations para religieuses entre Washington et Tel Aviv seront menées. Comment expliquer les relations célestiformes qu'un Etat microscopique entretient avec l'empire le plus puissant du monde? Il sera supposé vital, pour les successeurs des Hébreux, de simuler une fragilité et même une précarité d'origine et de nature mythologiques, afin de donner au monde entier l'illusion que la nation biblique se trouve aussi menacée de mort sous les coups de ses ennemis que sous Pompée ou Vespasien. Or, il en est paradoxalement ainsi, mais sur d'autres chemins, et cela pour les mêmes raisons théologiques d'apparence qu'il y a deux mille ans.

Que disent aujourd'hui les Isaïe de la démocratie libératrice? Que la civilisation de la rédemption par la justice et le droit ne saurait faire de sa sotériologie décolonisatice une conséquence logique, donc universelle, de la religion du salut par la Liberté, puis se réfuter elle-même à légitimer la conquête armée, puis la vassalisation systématique d'un autre peuple. La réfutation du culte des droits de l'homme et du citoyen exige une eschatologie inversée selon laquelle une idole aurait légitimé de toute éternité un propriétaire prédestiné à occuper un sol déterminé. Les partis religieux d'Israël le savent et le disent haut et fort : "Si cette terre, confessent-ils, ne nous avait pas été expressément octroyée par le roi du cosmos, nous ne serions que des brigands."

Mais il se trouve qu'au début du IIIe millénaire, la science psychologique sait depuis longtemps que les dieux iréniques ou sanglants sont là pour porter sur leurs larges épaules les pires forfaits de leurs chétives créatures et qu'ils ne se contentent pas de rendre payant le sang des sacrifices qu'on leur présente sur leurs offertoires, mais à glorifier l'hémoglobine des immolations qu'on leur donne à humer. C'est pourquoi les profanateurs, les blasphémateurs et les saints iconoclastes qu'on appelle des prophètes et qu'Israël a tués en chaîne ne cessent de rappeler que le "vrai Jahvé" a horreur des meurtres sacrés sur les parvis de son temple et que, depuis trois mille ans les narines du génie d'Israël ont rendez-vous avec une civilisation irénique.

Mais si les habillages messianiques de la guerre échappent à la lecture laïque du monde - Clio se trouve encore privée des clés d'une interprétation anthropologique du temps de l'histoire - comment l'étude du profane accèderait-elle à une intelligibilité réfléchie? Pour que la science historique classique accède à la connaissance des secrets du temps mythologique dans lequel un peuple prétend dérouler le tapis de sa durée, il faut une épistémologie capable d'expliquer les propitiatoires, donc conquérir un regard de haut et de loin sur le globe oculaire dont nos ancêtres usaient à l'égard de notre espèce.

4 - Les cités et leur mythe

Israël n'est pas le seul peuple à vivre sa propre histoire dans le temps du mythe. Le monde hellénique est né du débarquement d'une expédition navale dans un univers littéraire appelé à devenir celui de la civilisation mondiale. La cité de Priam opposait ses murailles aux mâtures de la flotte de Ménélas. Les dieux décidèrent de se mettre de la partie. Les flèches de l'arc d'or d'Apollon vont venger Calchas, le devin outragé du dieu du soleil. Iphigénie est sacrifiée au dieu du vent. Ulysse et Achille vont se partager les premiers rôles. Un poète entre en scène. Il en tire deux légendes, celle du siège d'une cité fortifiée et celle du voyage initiatique d'un marin et de ses compagnons sur le chemin du retour au pays. La Grèce du symbolique a trouvé sa voix et son destin. Que serait-il advenu de la civilisation d'Eschyle et d'Archimède, de Platon et d'Aristophane, des mathématiques et de la tragédie si une guerre mythique n'avait pas vivifié la civilisation mondiale sur les cinq continents? Le Vieux Monde attend un nouvel Homère. Quelles sont les relations que les peuples entretiennent avec le nectar et l'ambroisie de leur immortalité? Comment un peuple de navigateurs a-t-il fondé la première civilisation de l'alliance de la parole avec le sacrifice?

Rome n'est née de la voix de Virgile que sur le tard : à l'origine, le berceau mythique de la ville se réduisait à la légende d'une louve qui aurait nourri de son lait les jumeaux Rémus et Romulus. Mais l'histoire réelle s'est trop hâtée de débarquer dans le récit fabuleux: Rémus sera assassiné par son frère de lait, lequel mourra de la main des patriciens. Et déjà le sacré est de retour. Les ambitieux sont aussi de malins comploteurs: ils vont s'entendre entre eux pour faire descendre le trépassé du haut des nues. Pour fonder la République, il leur faut mettre dans la bouche d'un mort l'annonce de la future grandeur de l'empire romain. Néanmoins la première civilisation des armes et des lois gardera une mémoire tenace et rancunière de la modestie de son mythe originel - celui de l'apparition d'une victime dont Tite-Live raconte le trucage et qui deviendra un classique de l'autel dans le monothéisme redevenu sacrificiel des chrétiens - l'islam s'en est tenu à la brebis d'Abraham. Sous Tibère encore, les prétentions religieuses de plusieurs cités de l'empire seront rognées par un Sénat soucieux de ne pas laisser supplanter son mythe fondateur par un Olympe plus illustre et plus généreux que le sien. Et puis, le culte romain des ancêtres ne s'était même pas procuré des dieux vivants et visibles: les édiles sont allés chercher des statues de divinités antiques et prestigieuses à Athènes et ils les ont installées en grande pompe dans l'enceinte de la ville, tellement l'Enéide faisait pâle figure auprès de l'Iliade et de l'Odyssée des Grecs.

5 - De l'universalité du sacré

Pour comprendre comment Israël s'est coulé dans le moule de son épopée biblique, il faut observer que les peuples forgent leur mythe à l'école de leur sainteté et que le naufrage des dieux antiques dans le monothéisme a seulement modifié le creuset antique du sacré. La France monarchique a entretenu avec une divinité plus unifiée que les précédentes les relations éloquentes et clairement énoncées qui permettaient d'élever les rois au rang de frères de Jésus-Christ. Puis, le songe de la délivrance universelle et définitive du simianthrope par l'assassinat d'un seul homme sur un autel planétaire a déserté les fonts baptismaux d'une révélation ciblée et que les scribes d'un ciel localisé avaient circonscrite avec précision afin de se forger sur l'enclume d'une Révolution dont Robespierre disait: "Une nation n'a pas accompli sa tâche véritable quand elle a renversé les tyrans et chassé des esclaves, ainsi faisaient les Romains, mais notre œuvre à nous, c'est de fonder sur la terre l'empire inébranlable de la justice et de la vertu."

A l'instar de celui des Anciens, le royaume du ciel panoptique des démocraties s'arrime à des territoires autonomes. Certes, le ciel nouveau se trouve seulement dans un état de latence ici-bas ; mais il ne va pas tarder à se transporter sur les arpents du salut et de l'innocence providentiellement retrouvées - les lopins du Nouveau Monde serviront de territoire à une résurrection plus globale de l'Eden. Le fossé qui s'est creusé entre les patries bénies par le Dieu récent des chrétiens et l'Olympe vieilli des Anciens n'est pas si difficile à combler. La prière rituelle "Dieu bénisse l'Amérique" s'est mondialisée : un finalisme religieux commun à la Rome d'autrefois et à l'ubiquité chrétienne a illustré l'appel à l'universalité du droit et de la justice déjà perceptibles chez Horace, Pline le Jeune, Cicéron.

Toute la scolastique du Moyen Age et de saint Thomas d'Aquin lui-même, demeuré le "docteur angélique" de l'Eglise - même à la suite du faux séisme de 1962 - n'est-elle pas la copie du Sénèque qui programmait les travaux futurs des théologiens chrétiens en ces termes: "Oui, je rends surtout grâces à la nature lorsque, non content de ce qu'elle montre à tous, je pénètre dans ses plus secrets mystères; lorsque je m'enquiers de quels éléments l'univers se compose; quel en est l'architecte ou le conservateur". Du coup, il s'agit déjà de savoir "ce que c'est que Dieu. Est-il absorbé dans sa propre contemplation ou abaisse-t-il parfois sur nous ses regards".

Autre difficulté: on ne sait s'il crée "tous les jours ou s'il n'a créé qu'une fois ; s'il fait partie du monde ou s'il est le monde même, si, aujourd'hui encore, il peut rendre de nouveaux décrets et modifier les lois du destin ou si ce ne serait pas descendre de sa majesté et s'avouer faillible que d'avoir à retoucher son œuvre". Et puis, quel casse-tête, pour la sagesse d' "aimer toujours les mêmes choses"; car "Dieu ne saurait aimer que les choses parfaites et cela non point qu'il soit, pour autant, moins libre ni moins puissant, car il est lui-même sa nécessité. Ah, si l'accès à ces mystères m'était interdit, aurait-ce été la peine de naître!"

Saint Anselme se fera le logicien d'un ciel plus unifié encore que celui de Sénèque. Si Dieu n'existait pas, dit la première prémisse de son raisonnement, il ne serait pas parfait, puisque l'existence est un attribut sine qua non de la perfection; et puisque Dieu est nécessairement parfait par nature et par définition, dit la seconde branche du syllogisme, il s'ensuit qu'il existe par la puissance invincible de la logique syllogistique qui inspire ses démonstrateurs. C'est dire que si la République n'était pas parfaite, elle n'existerait pas. Or, elle est visiblement imparfaite, donc elle n'existe que dans la tête de ses fidèles argumenteurs. Quelle est donc la sorte d'existence bancale de l'Etat d'Israël en tant que République à la fois juive et idéale dans la tête de M. Benjamin Netanyahou ou de M. Avigdor Lieberman? Qu'en est-il des personnages tout ensemble terrestres et cérébraux? C'est demander quelle était la spécificité de l'existence de Zeus dans l'encéphale des Grecs en chair et en os. Pour l'apprendre, il faudrait également préciser la double nature de Gulliver, de don Quichotte ou de Robinson Crusoé. A ce titre, quelle est la nature de l'existence cérébrale et physique de la civilisation européenne dans la tête des Européens si, à l'exemple du dieu universel de Sénèque, de saint Anselme, de saint Thomas d'Aquin ou de saint Augustin, le Vieux Continent n'existe que dans les âmes et les cerveaux et si toute la difficulté est de la faire partiellement débarquer sur la terre?

On voit que la question du statut psycho-physique du sacré est politique par définition, et même tellement politique que les civilisations qui ne se sont pas encore ancrées dans une interprétation salvatrice de leur propre historicité n'en sont pas moins lovées dans une politique de leur destin eschatologique et sotériologique: le culte d'un empereur tenu pour le fils du soleil figure le cœur glorieux de la civilisation nippone et la Chine elle-même, la seule civilisation à n'écouter que les leçons d'un grand sage, Confucius, expédie néanmoins un dragon rédempteur peupler un vide habité hier de statues d'airain, de bois ou de fer, aujourd'hui de statues mentales dressées dans les encéphales en l'honneur des idéalités devant lesquelles les démocraties se prosternent.

6 - " Dieu " est une île intérieure

Mais, dira-t-on, si Israël conduit la science historique moderne à se pencher en anthropologue sur la boîte osseuse du singe théologisé depuis le paléolithique, existerait-il cependant des civilisations entièrement dépourvues d'un symbole et d'une effigie de leur existence physico-eschatologique? Ne dira-t-on pas que l'Angleterre, par exemple, n'honore aucun héros mythique qui "donnerait corps" à son existence psychique? Mais l'insularité est un focalisateur naturel des âmes, l'insularité jaillit d'un feu identitaire physique. Cette génitrice change Neptune en compagnon d'une nation enserrée dans le corset de l'identité maritime qui l'isole du reste du monde et qui fait, de son autonomie océane, une autorité bénédictionnelle. Tout mythe sacré glorifie la solitude qu'il féconde. L'insularité psychique voit la géographie elle-même courir au secours de son soleil.

Mais que ferons-nous de l'identité mythique des civilisations évanouies? Le passé est un vivant appelé à jouer le même rôle que les dieux. C'est à la fontaine de leur trépas que les vivants boivent l'eau pure de leur histoire intérieure. Athènes respire encore dans la postérité d'Homère, l'Egypte entre-ouvre encore un œil sur l'immortalité de son souffle - celui qu'elle a inscrit dans la pierre des Pyramides.

Et la France ? Que restera-t-il de son âme et de sa tête quand elle se sera débranchée de son ascendance dans la folie de son rêve de justice? Le "Dieu" de la France serait-il son île intérieure, celle que féconde l'esprit de justice du simianthrope? Mais alors, quel est l'esprit de justice qui rend vivant à leur tour don Quichotte, Gulliver ou Robinson Crusoé, quel est l'esprit de justice qui fait d'une civilisation un personnage intérieur, quel est l'esprit de justice qui fait de l'Europe un héros en attente de son Homère? Israël donne du fil à retordre au verbe exister dont la science historique et la politique du XXIe siècle tentent de trouver le mode d'emploi.

7 - L'identité mythico-terrestre du simianthrope

La face cachée des "sanglantes ténèbres" de l'Histoire qu'évoquait Robespierre pose à une civilisation mondiale désormais mise à l'épreuve et au banc d'essai de sa schizoïde cérébrale la question, anthropologique en diable, de la nature de son propre déchirement intrérieur entre la pieuvre de l'abstrait et les floralies du singulier; car notre espèce se révèle irréductible à la fois aux tentacules d'une logique universelle et aux piquets mémorables de l'instant.

Un peuple juif à la fois ligoté à son sol et errant rappelle à l'Europe qu'elle se situe, elle aussi, dans son double enracinement cérébral. La question de l'identité délocalisée et pourtant fichée en terre des fuyards dédoublés de la simiologie que nous sommes demeurés se placerait-elle au cœur de la politique internationale contemporaine, donc au cœur de l'histoire biface de la planète? Dans ce cas, l'horloge de la pensée et de l'action conjuguées en appelleraient à l'anthropologie critique de demain; et cette science déboucherait sur la connaissance rationnelle d'un animal condamné, à l'instar d'Israël, à réfuter le sacré et à en vivre. Comment manier ensemble le glaive et le songe, l'épée et le totem, le poignard et les ciboires?

Notre civilisation des nouveaux crucifix cloue les idéalités de la démocratie sur la potence de l'histoire du monde. Nos banderoles des "droits de l'homme" sont aussi ensanglantées que les aigles romaines. Où sont passés les Bossuet de la démocratie séraphique? On cherche les orateurs qui monteraient en chaire pour dénoncer le sacrifice d'une ville d'un million cinq cent mille habitants, on cherche les dénonciateurs dont l'éloquence clouerait une tribu de Judée au pilori. Où est-elle passée, l'île intérieure qui donnerait une âme à l'Europe? Voyez comme ce continent se scinde entre la prudence de la Rome des papes, dont la foi a renoncé depuis deux millénaires à universaliser les Evangiles et la diplomatie, bifide à son tour, du Dieu du Nouveau Monde; voyez la loyauté semi évangélique du protestantisme du nord et l'attentisme de la Russie et de la Chine, de l'autre; voyez l'angoisse des peuples du monde entier face aux exploits du ciel des Hébreux . Comment domicilier Jahvé en Judée et donner le pain de son ciel à manger à un Dieu sans domicile fixe?

8 - Où faire passer la frontière entre la théologie et la politique ?

Qu'est-ce donc que le "pain du ciel" des mystiques et dans quel four faire monter ce pain-là ? Pour l'apprendre, observons pourquoi Israël se plaint si fort de ce que les F15 se trouvent dotés de missiles à longue portée et de haute précision. Tel-Aviv sue sang et eau à rendre crédible l'intention de l'Arabie saoudite de pulvériser le peuple juif. Impossible d'expliquer cette diplomatie théologique à la lumière des interprétations de la science historique traditionnelle: il faudra, disais-je, en passer par une anthropologie critique entièrement inédite, dont la méthode intronisera une mutation de la notion même de raison au sein de la science historique traditionnelle. Celle-ci s'imagine que Clio pourra, longtemps encore, se passer allègrement d'une science psychologique et généalogique de la "rationalité" des guerres de religion du XVIe siècle, pour ne citer que cet exemple.

Et pourtant, si l'on ignore allègrement les raisons anthropologiques pour lesquelles la rationalité théologique de la foi catholique, entend faire consommer aux fidèles la chair crue et ingurgiter le sang frais de la victime qu'elle est censée immoler physiquement le dimanche sur ses autels, on ignorera plus joyeusement encore les raisons psychobiologiques pour lesquelles la science historique moderne se garde bien de scanner les entrailles du messianisme sanglant que les peuples hébreu et chrétien se partagent depuis deux millénaires. Par bonheur, si je puis dire, cette histoire ne peut s'écrire qu'à l'école d'une anthropologie critique qui mettra la civilisation bicéphale dite des droits de l'homme face à la schizoïdie de sa prétendue sainteté.

Car enfin, Israël parvient, comme il est dit plus haut, à rendre crédible le scénario absurde et barbare selon lequel l'Arabie Saoudite serait le successeur attitré de Pompée et de Titus. Où le Président des Etats-Unis a-t-il la tête ? Mais qu'on ne s'y trompe pas, l'habillage théologique de l'histoire des glaives n'a jamais fait quitter davantage à Clio les planches du théâtre de l'inexorable qu'à Israël les vêtements religieux de ses relations avec le peuple palestinien. Quelle est donc la clé sacerdotale de ce marché simoniaque? On sait que ce contrat, si doctrinal qu'il paraisse, devra recevoir l'approbation politique des biblistes qui siègent en rangs serrés à la Chambre trans-océane des Représentants du peuple américain. Or, le suffrage de ces derniers n'est pas aussi confessionnel qu'il y paraît: on sait qu'il se trouve entre les mains des groupes de pression dont dispose Israël à Washington et qu'ils y jouissent du même statut que les autres entreprises nationales installées sur le territoire des Etats-Unis - ce qui signifie qu'ils s'y trouvent régis par un droit américain fondé, en l'espèce, sur un encouragement légalement adressé aux citoyens juifs du pays de se mettre au service des intérêts d'un Etat étranger, situation à laquelle le sénateur Robert Kennedy a tenté de faire obstacle au cours d'un combat inutile de plus de vingt ans .

Aussi, les "inquiétudes" ou les "craintes" militaires simulées de Tel Aviv ont-elles été "apaisées" par l'engagement solennel de l'administration américaine de livrer à l'Arabie Saoudite des F15 sous-équipés, donc privés du système "Standoff" qui seul permet des tirs précis et à longue portée. Le contrat ainsi amputé et devenu humiliant pour l'acheteur comme pour le vendeur portera sur quatre-vingt quatre appareils pour une durée de dix ans et d'un montant de trente milliards de dollars.

9 - Un Graal à plusieurs convois

Mais pourquoi seule l'anthropologie historique et critique fournit-elle la problématique et la méthodologie susceptibles de rendre scientifiquement intelligible un marché des sacrifices simulés? Certes, on comprend que l'industrie américaine de l'armement nourrisse l'ambition commerciale légitime d'étendre la vente de sa technologie au Moyen Orient. Mais si vous n'introduisez pas des paramètres messianiques et bibliques, donc une axiomatique de l'irréel dans la problématique mondiale du savoir historique bi-dimensionnel d'aujourd'hui, jamais vous n'expliquerez pourquoi Washington feint d'exorciser un autre danger encore, non moins biblique que le précédent, celui que les descendants de Cyrus et d'Artaxerxès sont désormais censés faire courir à la planète entière des marchands . Car ces déments sont prêts, n'est-ce pas, à recevoir l'ordre exprès d'Allah de se ruer tête baissée et sans armes contre un Etat nucléaire, Israël, lequel dispose, lui, de plus de deux cents ogives hautement exterminatrices. Dès le mois prochain, le Congrès autorisera donc la Maison Blanche à livrer des appareils sous-armés et dévalués à l'Arabie Saoudite en échange de la promesse secrète d'Israël de ne pas faire voter par le Congrès l'interdiction pure et simple de la vente des armes sus-dites, ce qui irait de surcroît, à l'encontre des intérêts électoraux d'un Président des Etats-Unis réduit au rang d'otage pitoyable d'un Etat étranger aux yeux du monde entier. (voir préambule)

On voit que le mythe biblique est un fusil à plusieurs canons: il faut que les Etats arabes soient perçus comme des Pompée potentiels afin que l'Iran, le Hamas, Gaza, Damas, Beyrouth et même Moscou soient censés menacer Israël dans sa survie - sinon, la planète entière des mythes sacrés actuels cesserait de se trouver dirigée par Jahvé. C'est cela qui contraindra une politologie mondiale devenue anachronique à conquérir les instruments de la connaissance rationnelle d'une humanité au cerveau onirique - connaissance sans laquelle l'histoire biblique contemporaine deviendrait la tragédie pleine de bruit et de fureur racontée par un idiot qu'évoquait un anthropologue célèbre de la fin du XVIe siècle et du début du XVIIe siècle.

Afin de ne pas fatiguer l'attention du lecteur par un texte trop long, je poursuivrai la semaine prochaine l'analyse anthropologique du destin mi-terrestre, mi-mythologique d'Israël, afin de mettre davantage en évidence la mutation des méthodes de la science historique classique qu'appelle la mise en évidence planétaire de la dimension schizoïde d'une espèce livrée à ses dieux bicéphales.

Opinion

Manuel de Diéguez

Publié le 17 octobre 2010 avec l'aimable autorisation de Manuel de Diéguez
http://www.dieguez-philosophe.com/

http://www.palestine-solidarite.org:80/analyses.Manuel_de-Dieguez.171010.htm



 Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

" Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19


04/10/2010

n°552 - Les Dossiers 'Géopolitique et stratégie' de Palestine - du 03-10 -: Début - La nouvelle orientation politique du Hamas.

n°552 - Les  Dossiers  'Géopolitique et stratégie' de  Palestine - du 03-10 -: Début  - La nouvelle orientation politique du Hamas.


L'information est une arme au service de la paix. Sa diffusion est un acte de résistance

                 Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources 



Les  Dossiers   'Géopolitique et stratégie' de  Palestine

552 du 03-10

C.De Broeder & M.Lemaire



Vous retrouverez ce journal 

a) sur nos blog : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/ 

b) sur le site de Eva Resis       :  no-war.over-blog.com

c) sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com  

 

d) sur le site : www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be


 

Sommaire

Tiré à part

1 Analyse - Géopolitique et stratégie – Réflexion.

1-1 Ginette Hess Skandrani : Un seul Etat pour tous ! Cet Etat ce sera la Palestine désionisée.

1-2 Interview de Ziyad Clot : "L'objectif d'un Etat palestinien est hors d'atteinte".

Suite

1-3 Khaled Mesh’al énonce la nouvelle orientation politique du Hamas (en 3 partie)

Fin

2  Annexe

2-1 Netanyahou : Le mouvement international de solidarité avec le peuple palestinien est une des trois "menaces stratégiques majeures"



Tiré a part



1 Analyse - Géopolitique et stratégie – Réflexion.

1-1 Ginette Hess Skandrani : Un seul Etat pour tous ! Cet Etat ce sera la Palestine désionisée.
En contribution au débat sur la proposition de Shamir d'un Etat israélien englobant
la Cisjordanie et Jérusalem, avec des droits égaux pour tous,  tout en soutenant les textes de Serge et de Robert, je me permets de rajouter quelques points de vue dans la discussion. Je n’insulte personne, mais je reste comme toujours ferme sur mes positions ce qui m’a valu de nombreuses agressions.
«
La Palestine est une terre arabe et doit pouvoir s’intégrer dans ce monde arabe surtout si elle sera multiculturelle et multicultuelle, tout en inventant sa propre démocratie.

Cela lui permettra également de faire avancer le débat à l’intérieur de ce monde arabe si soumis aux intérêts occidentaux »
J’ai participé à cette conférence de Lausanne « Pour un seul Etat démocratique en Palestine/ Israël dont parle Shamir et que cite également Serge. J’ai d’ailleurs failli en être exclue pour antisémitisme, puisque Uri Davis l’avait demandé. Heureusement que mes amis Libyens ont exigé qu’il me présente des excuses, ce qu’il a fait.
Six ans plus tard…
Quelques réflexions sur cette conférence qui a réuni 150 personnes de quatre continents, toutes  tendances politiques et religieuses confondues… mais je me rends compte, avec le recul que,  si tous se prononçaient pour un seul Etat, tous ne définissaient pas lequel. J’ai été la seule à demander le démantèlement d’Israël (ce qui m’a valu les félicitations des Natureï Karta) et le soutien à la résistance (ce qui a fait peur à tout le monde car j’ai osé prononcer le nom :Hamas)
Un seul Etat démocratique en Palestine/Israël
Lorsque j’ai adhéré à l'association "Pour un seul Etat démocratique en Palestine/Israël, après bien des réflexions, analyses et discussions avec les un/es et les autres, je pensais qu’il était question de décolonisation de toute
la Palestine.

Je le pense toujours quoi qu’en pense Shamir. Cela me semblait une proposition très utopique (ce qui était un avantage, car l'utopie c'est la vie), provocatrice (ce qui est également un avantage, car permettant de provoquer des débats contradictoires) et surtout antisioniste (ce qui sera beaucoup plus difficile à faire admettre).
Je savais que cette initiative serait très difficile à expliquer à ceux qui militaient pour la décolonisation de toute
la Palestine de la Méditerranée au Jourdain, et qui disaient : «  ce sera aux Palestiniens à décider quelle forme ils veulent donner à leur Etat et avec qui ils veulent construire cet Etat ».
Encore plus difficile à faire comprendre à ceux qui voulaient deux Etats, l'un a côté de l'autre.
Et certainement impossible à ceux qui dénonçaient la violence de l'Etat d'Israël sans proposer de solution.
Certains de mes amis argumentaient : "Pourquoi rajouter Israël au titre, cet Etat usurpateur des terres palestiniennes ayant été crée sur un mensonge bâtard « Une terre sans peuple pour un peuple sans terre ». Le nom de Palestine, cette contrée ancestrale englobant les descendants de toutes ces peuplades : Philistins, Cananéens, Hébreux etc. dont les descendants sont aujourd’hui les Palestiniens toutes religions confondues, suffisait amplement.
 Pourquoi ne pas revenir carrément à avant le vote de la résolution 181, le 29 novembre 1947 responsable de la partition de
la Palestine et de la création d’un Etat fictif, illégitime et illégal ? Cette résolution coloniale peut et doit être abolie. L’ONU a l’habitude d’abolir des résolutions qui ne vont pas dans la logique dominatrice, comme celle qui désignait le sionisme comme une forme de racisme.
D'autres disaient : "Il ne peut y avoir d’égalité entre tous les habitants si les uns ont tout et les autres rien. La démocratie proposée ne peut être qu'une démocratie de « domination et d’exploitation » des plus pauvres.
D'autres encore : "comment allez-vous vous opposer à l'idéologie sioniste qui est fondée sur l'épuration ethnique?
Puis, "Et tous les millions de réfugiés et déplacés, comment gérer ce problème, sans provoquer de nouveaux drames?"
Ou : "Il faudra pour créer un nouvel Etat, détruire les structures de d'Israël et se débarrasser de tous ceux qui ne veulent pas devenir Palestiniens, avec quels moyens et quelles transitions ?"
Je répondais souvent :
" Qui aurait pu imaginer au cours de toutes ces années de manifestations, rassemblements, pétitions, conférences contre l'apartheid en Afrique du Sud que ces deux communautés (noires et blanches, colonisateurs et colonisés, exploiteurs et exploités allaient se réconcilier et essayer de construire ensemble ce pays ? " D’accord il n’est pas parfait loin de là, le sort des plus pauvres et des plus exclus est toujours aussi lamentable, mais c’est quand même un petit plus.
Ou bien :
"Qui aurait pu imaginer, que l'URSS, aussi impérialiste que les USA, allait se désintégrer aussi vite? Elle a du coup réveillé tous les nationalismes, identités qu'elle avait réprimées dans le sang. Vous me direz qu’avec les mafias capitalistes qui ont remplacé les soviets, ce n’est guère mieux.
Qui dans ce XXIè siècle naissant peut s'imaginer qu'un Etat ethnique, fondé sur le judaïsme donc sur  le droit du sang, d'apartheid excluant tous ceux qui n'appartiennent pas à l'ethnie dominante puisse continuer à survivre dans un monde en pleine mutation?
Quelques réflexions à faire partager :
Faut-il opposer la proposition d'un Etat unique pour tous, à celle de deux Etats séparés ?
Après quatre guerres, deux Intifada, des milliers de massacres, des centaines de milliers de déportations, des milliers de maisons et de champs détruits, plusieurs négociations manipulations baptisées "pour la paix" et ratées… Rien n'a changé. Les sionistes ne peuvent toujours pas profiter tranquillement des terres usurpées.
Les Palestiniens sont toujours debout et résistent toujours.
Le peuple palestinien se relève à chaque fois que quelques âmes bien pensantes veulent lui faire baisser la tête en lui proposant des accords frelatés.
Il sait bien que sa cause est juste et qu'il finira par gagner.
 Nous sommes en 2010, et malgré  toutes manipulations siono-américaines, s’appuyant sur les complicités européennes, nous savons tous que la solution idéale est  celle d'un « Etat unique pour tous, pluriel, multiethnique, multiculturel et démocratique avec des droits et des devoirs partagés pour tous ses habitants quelle que soit leur religion, leur appartenance, leur pratique ou leur non pratique religieuse ». Un Etat unique qui s’appellera Palestine, à moins que les Palestiniens n’acceptent (ce dont je doute fort) de choisir un nom nouveau.
Cette initiative sera très difficile à faire accepter à tous les protagonistes, y compris à certains Palestiniens qui justifient la création d'un Etat musulman à côté de l'Etat juif. Cette initiative me semble toute aussi dangereuse et pleine d'embûches que celle  proposée par les Israéliens qui nous ont prouvé depuis longtemps qu’ils ne lâcheront aucune parcelle de terre conquise sans pression économique de la communauté internationale.
Seul un boycott des produits israéliens, ainsi que du tourisme,saura les convaincre, qu’ils ont moins de droits que les Palestiniens sur cette terre et allant de parallèle avec un soutien indéfectible avec la résistance palestinienne.
La résistance palestinienne
Cette résistance a toujours existé. Mais elle ne nous apparaissait pas dans nos lucarnes télévisées, puisque le peuple palestinien était nié dans son existence, donc sa résistance légitime ne pouvait qu'être traitée d'inexistante ou forcément de terroriste.
L'Intifada de 1987, avec le soulèvement de l'ensemble de la population, les enfants lanceurs de pierres, les femmes largement engagées dans l'autosuffisance alimentaire, les familles boycottant les produits israéliens, organisant les entraides, les grands-mères et grands pères soutenant l'infrastructure de la résistance,, a donné une autre image de ce peuple spolié depuis si longtemps.
Les accords d'Oslo, comme tous ceux qui ont suivi, y compris l'arlésienne de Genève n’ont  été qu’ une énième tentative de soumettre la résistance. La conférence de Washington est de la poudre de Perlin Pinpin/
Il n’y aura que la résistance qui pourra libérer
la Palestine, comme elle a libéré l’Algérie. Cette résistance libérera également l’Irak et l’Afghanistan.
Elle est légitime et elle finira par gagner . Aujourd’hui, elle s’appelle Hamas, hier elle s’appelait FPLP demain… elle sera toujours là.
Les réfugiés palestiniens
Intervenir pour un Etat unique en Palestine, implique évidemment d'exiger le droit au retour de tous les réfugiés.
La résolution 194 adoptée par l'Assemblée générale des Nations Unies le 11 décembre 1948 spécifie dans son paragraphe 11 : "Il y a lieu de permettre aux réfugiés qui le désirent de rentrer dans leurs foyers le plus tôt possible et de vivre en paix avec leurs voisins, que des indemnités doivent être payées au titre de compensation pour les biens de ceux qui décident de ne pas rentrer dans leurs foyers ou pour tout bien perdu et endommagé".
Cette résolution pourtant acceptée par Israël pour pouvoir accéder à l'ONU n'a jamais été appliquée. Encore aujourd'hui, après 62 ans d'errances des réfugiés et plusieurs guerres subies, l'Etat juif refuse toujours d'en discuter.
Actuellement, selon l'Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine (UNRWA) organisation crée en 1949, les réfugiés Palestiniens et leurs descendants, sont au nombre, de l'ordre de trois millions et demi de personnes dont 30 % vivent dans des camps.

Le sort de ces réfugiés constitue depuis plus d'un demi-siècle le plus grand problème humanitaire jamais résolu, la honte des Nations Unies et de la Communauté internationale et surtout un problème de sécurité majeure, ayant eu des répercussions régionales énormes et jouant un rôle central pour la paix dans le Moyen-Orient.

Ce problème s'est encore accentué depuis la colonisation de l'Irak, vu que les Palestiniens qui s'étaient intégrés dans la population irakienne ont été ramenés dans des camps et revivent dans le plus complet dénuement.
Que pense Shamir du droit au retour de tous les réfugiés ?

Et où, pense-t-il les faire retourner ?
N'oublions pas qu'Israël possède également de nombreuses armes de destruction massive. L'armement nucléaire israélien a été dénoncé dès 1986 par l'ingénieur israélien Mordachaï Vanunu, dans le "Sunday Times" des 5 et 12 octobre 1986 .

Et depuis cette date cet Etat a pu continuer en toute impunité et,  au vu et au su de toute la Communauté internationale,  à produire toutes sorte d’armes : nucléaires, chimiques et biologiques et c’est grâce à cet armement que ce Etat tient en otage tous les peuples de la région. Le seul Etat qui lui tient tête et ose résister à cette domination impérialiste est aujourd'hui l’Iran.

Ginette Hess Skandrani
Paris,
21 septembre 2010


1-2 Interview de Ziyad Clot : "L'objectif d'un Etat palestinien est hors d'atteinte".

(Ziyad Clot, ancien négociateur pour la partie palestinienne).

Badoumba: Pourquoi avez-vous  quitté les négociations?

A cause des Palestiniens, à cause de l'attitude israélienne, pourquoi?  

Ziyad Clot, A cause de l'attitude du gouvernement israélien, largement soutenue par la "communauté internationale", qui rend intenables les positions et les choix de l'OLP [Organisation de libération de la Palestinecomposée de plusieurs organisations palestiniennes, dont le Fatah de Mahmoud Abbas, le Front populaire de libération de la Palestine (FPLP) et le Front démocratique pour la libération de la Palestine (FDLP)].  

On demande à l'OLP de négocier alors que l'objet des négociations (la terre, Jérusalem, etc), s'évapore au fil du "processus de paix". Le plus dramatique est que les pseudo-négociations se font au détriment de la réconciliation nationale entre l'OLP et le Hamas. C'est le sort du mouvement national palestinien qui se joue sous nos yeux alors que la Cisjordanie continue a être repoussée vers la Jordanie et la bande de Gaza vers l'Egypte... 

 

Bibi: Y a-t-il vraiment d'un côté comme de l'autre la volonté de négocier, car c'est un dialogue de sourd...  

Ziyad Clot Chacun est prêt à négocier, mais à ses conditions. En partant du droit international côté OLP. En partant de la situation prévalant sur le terrain côté israélien. Toute négociation est l'expression d'un rapport de forces. Les Palestiniens sont trop affaiblis et divisés pour faire reconnaître leurs droits par le gouvernement israélien. Et l'administration Obama n'est pas en mesure -ou ne souhaite pas- peser de tout son poids sur la partie israélienne pour rétablir un semblant de parité.  

Naqba: Vous dites qu'il n'y aura pas d'Etat palestinien. C'est les Palestiniens qui n'en veulent pas ou les Israéliens?   

Ziyad Clot L'OLP s'est résolue en 1988 à un Etat sur 22% de l'ancienne Palestine mandataire avec Jérusalem-Est comme capitale. A l'époque ce choix d'accepter un "micro-Etat"en Cisjordanie et dans la bande de Gaza avec était lourdement critiqué par nombre de leaders palestiniens. Plus de 20 ans plus tard, le rapport de force et l'étendue de la colonisation fait que les Palestiniens ne sont même plus en mesure d'atteindre ce but. Le gouvernement israélien actuel veut sans doute la paix mais à ses conditions: maintien des blocs de colonies majeurs en Cisjordanie, refus de rendre Jérusalem-Est, reconnaissance de l'Etat juif par l'OLP etc. Tout ceci est naturellement inacceptable côté palestinien.  

Laetyaz: Quels sont pour vous les 3 arguments qui font que la Palestine ne pourra pas avoir son indépendance?  

Ziyad Clot- Plus de 500 000 colons entre Jérusalem-Est et le reste de la Cisjordanie: le territoire a été mangé par la colonisation  

- Faiblesse du leadership politique côté palestinien divisé entre Gaza et Ramalllah  

- Tout le monde oublie, une fois un possible accord conclu, qu'il faudra le mettre en oeuvre... Dans le cas israélo-palestinien, il faut compter un processus de 10-15 ans. Plus qu'il n'en faut pour faire capoter un accord de paix dans la région alors que les parties suivantes ne sont pas intégrées au dit "processus de paix": Hamas, Hezbollah, Iran, Syrie, Liban et -dans une certaine mesure- réfugiés palestiniens et colons israéliens...  

Tricheur: Et Gaza sinon le Hamas dans ces pourparlers?  

Ziyad Clot Quoiqu'on puisse penser du Hamas en tant que mouvement politique, on ne peut que l'intégrer d'une manière ou d'une autre dans les négociations:  

- c'est une exigence démocratique: il est arrivé en tête lors des élections législatives palestiniennes de 2006  

- d'un point de vue pragmatique, si on veut un Etat palestinien sur la Cisjordanie et Gaza, il faut mettre fin à l'ostracisation de la bande de Gaza.  

Ceci dit, je pense que même dans l'hypothèse d'une intégration du Hamas dans le jeu des pourparlers, l'objectif Etat palestinien (un vrai Etat souverain et viable avec Jérusalem-Est comme capitale s'entend) est devenu hors d'atteinte.  

Le clown: Quelle légitimité à des négociations dont les interlocuteurs sont illégitimes (Abbas- abs. élections) dans l'illégalité (Netanyahu- occupation et colonisation) ou absents (Hamas- Gaza)?  

Ziyad Clot Aucune.  

Le Palestinien Mahmoud Abbas et l'Israélien Benjamin Netanyahu se sont engagés à se rencontrer toutes les deux semaines dans l'année qui vient pour rechercher la paix au Proche-Orient.  

La truffe: Pourquoi l'Autorité palestinienne accepte-t-elle des négociations directes alors qu' il y a occupation et colonisation illégales selon le Droit internationnal?  

Parce qu'elle n'a pas d'autre choix... Ou parce qu'elle pense qu'elle n'a pas d'autre choix... L'OLP a fait le choix de la négociation avec les accords d'Oslo en 1993. Les négociateurs palestiniens sont encore traumatisés par les conséquences de seconde Intifada (plus de 5000 morts côté palestiniens notamment). Ils ne veulent plus commettre la même erreur et risquer un regain de violence trop coûteux pour la population. Alors on "négocie" sans pouvoir stopper la politique israélienne du fait accompli.  

Les dés sont pipés, mais l'Autorité palestinienne n'a pas d'autre choix que d'accepter les négociations

Il faut savoir aussi que l'objectif "Etat palestinien", c'est environ 7 milliards de promesses de dons (Conférence de Paris, en décembre 2007). Quitter la table des négociations, c'est prendre le risque de voir ces fonds coupés, de voir la population de Cisjordanie plongée dans la pauvreté etc. Difficile de quitter la table de négociations dans ces conditions même si les dés sont pipés.  

Boubou: Que prépare Israël en gagnant du temps? Car si il voulait la paix il aurait commencé à évacuer quelques petites colonies pour pouvoir négocier les grosses.  

Ziyad Clot L'évacuation des colonies, si elle doit un jour arriver (...), se fera après l'accord. Si vous voulez avoir une idée de ce qui est acceptable en terme territorial pour les Israéliens, je vous invite à regarder le tracé du mur de séparation. Il vous donne une bonne idée du tracé de frontière que le gouvernement de l'Etat hébreu serait prêt à accepter. Pour le reste, le "processus de paix" permet aux Israéliens de redorer leur image au niveau international (et d'accéder à tous les accords de partenariat qui vont avec: UE, OCDE, etc.) tout en poursuivant la colonisation de la Cisjordanie et en maintenant Gaza sous contrôle. Une aubaine...  

lestoret: Nous savons tous à peu près ce qui est demandé à Israël. Sait-on ce qui est demandé aux Palestiniens?  

Ziyad Clot Pour bien comprendre la position des Palestiniens dans les négociations, il faut garder à l'esprit que, pour eux, le "compromis historique" a été fait dans le cadre de la déclaration d'Alger (1988): l'OLP s'y était résolue à ce que l'Etat palestinien soit créé sur 22% de la Palestine historique, aux côtés d'Israël. L'OLP ne pensait pas, à l'époque, avoir encore à négocier ce compromis... Aujourd'hui, en plus d'assurer la sécurité d'Israël (postulat du processus de paix depuis Oslo, alors même que les Palestiniens vivent toujours sous occupation), il leur est demandé dans le cadre des négociations:  

- de céder à Israël les principaux blocs de colonies israéliennes situés en Cisjordanie (en particulier ceux encerclant désormais Jérusalem-Est)  

- de laisser Jérusalem-Est aux Israéliens (Netanyahou, soutenue par l'opinion israélienne, paraît inflexible sur cette question)  

- de reconnaître Israël en tant qu'Etat juif: ce qui fermerait définitivement la porte du droit au retour des réfugiés palestiniens et mettraient les Arabes israéliens sous la menace d’une expulsion par l'Etat hébreu  

- de laisser le contrôle de la frontière jordanienne aux Israéliens (impératif sécuritaire non négociable selon eux du fait de la menace venant de l'Est: Iran, Syrie etc)  

- que l'Etat palestinien soit démilitarisé  

De toute évidence, la création d'un Etat palestinien viable, souverain et indépendant sur la Cisjordanie et la bande de Gaza, avec Jérusalem-Est comme capitale est devenue hors d'atteinte.  

Vincent C.: La question de Jérusalem, qui a ressurgi en 2009, ne complique-t-elle pas la reprise des négociations entre Israéliens et Palestiniens? Et si la création d'un État palestinien est impossible, comme vous le pensez, qu'adviendra-t-il des palestiniens dans le futur?  

Ziyad Clot En quoi la question de Jérusalem a-t-elle ressurgi en 2009 (vous voulez dire au niveau de la colonisation?) ? Jérusalem a toujours été au cœur du conflit. Elle l'est plus que jamais aujourd'hui alors que, des deux côtés, le religieux prend le pas.  

S'il n'y a pas d'Etat palestinien:  

- la solution du moment -très similaire à l'Apartheid- se poursuivra (combien de temps?)  

- les Palestiniens resteront sous la menace d'une nouvelle expulsion alors que le risque démographique continue de s'accroître pour Israël  

- l'Etat unique redeviendra le seul horizon souhaitable en vue d'une résolution durable du conflit malgré les très grand risques également inhérents à cette option.  

L. Guyon: Pourquoi les négociations de paix s'orientent-elles depuis toujours vers une solution à deux Etats, laquelle n'a aucune chance d'être viable? Le futur Etat palestinien devrait-il en effet se réduire au bantoustan formé par la seule bande de Gaza, avec ou sans quelques confettis de Cisjordanie - que les juifs se sont déjà de toute manière appropriés sous le nom de "Judée-Samarie"? Israël peut-il rester durablement "Etat juif", ou ne devrait-il pas plutôt accepter de devenir un Etat laïc, accordant l'égalité des droits entre tous ses citoyens, et luttant effectivement contre toute forme de discrimination à l'encontre de ses citoyens non juifs, sous le contrôle le plus strict des instances internationales, avec sanctions économiques et présence de forces militaires internationales à la clef?  

Aucune des parties prenantes au processus de paix ne souhaite l'Etat unique. Mais je suis d'accord avec vous pour dire qu'un Etat binational est redevenu le seul horizon souhaitable, l'Etat palestinien étant devenu un objectif irréalisable. Je crois que cet Etat hybride existe d'ailleurs déjà: c'est ce que j'appelle "Israëltine" dans mon livre.  

Un Etat binational est redevenu le seul horizon souhaitable

"Israëltine" correspond à la situation créée par la main mise qu'exerce désormais Israël sur l'ensemble de la Palestine historique/le Grand Israël (selon qu'on se situe côté israélien ou palestinien): autrement dit, la terre qui s'étend de la Méditerranée au Jourdain. Israël est naturellement souveraine à l'intérieur de ses frontières (celles reconnues par le Droit international). Mais elle contrôle aussi la Cisjordanie malgré ou grâce à l'Autorité palestinienne. Malgré les apparences et le Hamas, Israëltine est enfin en charge du présent et de l'avenir de la bande de Gaza: elle contrôle ses frontières, son régime alimentaire, se réserve le droit d'y intervenir militairement chaque fois que sa sécurité est menacée etc. Une terre, deux peuples imbriqués dont l'un est discriminé: "Israeltine" est le pays imparfait, hybride, que nous avons aujourd'hui sous nos yeux.  

Cette situation génère cependant de nombreux risques car les deux populations ne sont pas prêtes à la cohabitation.  

Hâl: Aujourd'hui, quel avenir peut-on espérer pour le peuple Palestinien? Sachant qu'aucun pays arabe ne collabore étroitement avec Le Président Mahmoud Abbas...

Pour vous, le Salut des Palestiniens doit-il venir de son gouvernement ou au contraire de l'appui de ces frères Arabes? Et pensez vous qu'une paix pourra venir dans les prochaines années.... si oui comment envisagez vous les négociations?  

Ziyad Clot Je crois que l'avenir des Palestiniens ne passent ni par ses dirigeants actuels (à Ramallah comme à Gaza) et encore moins par ses "frères" arabes. Je crois qu'il passe par la lutte des Palestiniens pour leurs droits civiques et politique au sein d'Israël et ce qu'il reste des territoires palestiniens. Il n'y aura pas de paix dans un avenir proche. Une période de très grande instabilité est au contraire sans doute en train de s'ouvrir.  

Bio Express

Ziyad Clot, avocat français, ancien négociateur et conseiller juridique de l'Organisation de Libération de la Palestine (OLP) en 2007-2008. Rapidement, au fil des discussions, il acquiert la conviction que "le processus de paix est un spectacle".

Pour Ziyad Clot, la solution pacifique ne peut plus passer que par un Etat unique israélo-palestinien. Ce dernier, en un sens, existe déjà...

Mais Palestiniens et Israéliens doivent apprendre à vivre ensemble. Son ouvrage, incisif et subtil, sort ces jours-ci : Il n'y aura pas d'Etat palestinien (éditions Max Milo).  

LEXPRESS.fr,

Publié le 27/09/2010

http://www.lexpress.fr/outils/imprimer.asp?id=922775&k=29


n°552 - Les Dossiers 'Géopolitique et stratégie' de Palestine - du 03-10 -: Suite - La nouvelle orientation politique du Hamas.

n°552 - Les  Dossiers  'Géopolitique et stratégie' de  Palestine - du 03-10 -: Suite  - La nouvelle orientation politique du Hamas.


L'information est une arme au service de la paix. Sa diffusion est un acte de résistance

                 Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources 



Les  Dossiers   'Géopolitique et stratégie' de  Palestine

552 du 03-10

C.De Broeder & M.Lemaire



Vous retrouverez ce journal 

a) sur nos blog : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/ 

b) sur le site de Eva Resis       :  no-war.over-blog.com

c) sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com  

 

d) sur le site : www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

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Sommaire

Tiré à part

1 Analyse - Géopolitique et stratégie – Réflexion. Suite

1-3 Khaled Mesh’al énonce la nouvelle orientation politique du Hamas : 1 & 2 (en 3 partie)

 



1-3 Khaled Mesh’al énonce la nouvelle orientation politique du Hamas (en 3 partie)

(1ère partie)

Cet entretien est le plus récent donné par Khaled Mesh’al qui, depuis 1996, est le chef du Bureau politique du Mouvement de Résistance Islamique (Hamas). Après l’assassinat du dirigeant Hamas Abdul ‘Aziz Rantisi en 2004, Mesh’al dirige l’ensemble du mouvement.
Dans cet entretien avec le journal jordanien Al-Sabeel en juillet 2010, Mesh’al énonce l’orientation politique du Hamas sur nombre de questions essentielles : les négociations avec Israël, les relations internationales, les Juifs, les Chrétiens, les femmes, entre autres.

Cet entretien – qui a duré plusieurs heures – a été reçu comme un texte important dans le monde arabe et comme un indicateur clair de la politique que le Hamas entend poursuivre, en particulier envers Israël

C’est un document important qui exprime, avec leurs propres mots, les perspectives des dirigeants du Hamas, et il doit être lu par tous les observateurs du Moyen-Orient, et tous les décideurs politiques pour qui cette partie du monde compte. Le Centre Afro-Moyen Orient (Afro-Middle East Centre - AMEC) l’a traduit en anglais pour le rendre accessible à une audience plus large, et permettre une compréhension plus grande – en particulier dans le monde anglophone – des perspectives politiques d’un mouvement qui est devenu l’un des acteurs les plus importants dans le Moyen Orient actuel.

Article paru dans le Middle East Monitor le 5 septembre 2010.

Samedi 18 Septembre 2010
SUR LES NEGOCIATIONS
Refusez-vous, par principe, les négociations avec l’ennemi ? Si des négociations ne peuvent être conduites avec l’ennemi, sont-elles possibles avec un ami ? Le Hamas refuse-t-il le principe de négociations purement et simplement, ou rejetez-vous leurs formes, leur déroulement et leurs résultats ?
C’est à coup sûr une question épineuse et sensible, et beaucoup de gens préfèrent éviter toute discussion à ce sujet et ont tendance à ne prendre aucune position claire de peur de réactions négatives ou d’interprétations erronées. Le caractère sensible et crucial de cette question est aggravé par le souvenir sombre des expériences amères des négociations palestino-israéliennes et arabo-israéliennes. L’état d’esprit collectif et l’humeur de la nation sont influencés par ces expériences, et sont extrêmement sensibles à l’idée de « négociations ». Il y a maintenant, dans de nombreux quartiers, du dégoût et de l’aversion pour le concept de négociations. C’est tout-à-fait compréhensible et naturel, mais cela n’empêche pas d’aborder la question complètement et de trier soigneusement les sujets de manière à replacer chaque détail dans le contexte, si Dieu le veut.
Il est incontestable que nous ne refusons pas de négocier avec l’ennemi, ni légalement ni rationnellement ; il y a en effet, pendant un conflit entre ennemis, certaines étapes où les négociations deviennent nécessaires. Que ce soit d’une perspective rationnelle que d’une logique juridique, il est vrai que des négociations, comme moyen et outil, peuvent être acceptables et légitimes à un moment donné, et refusées et proscrites à d’autres moments ; elles ne sont pas refusées en elles-mêmes, ni refusées tout le temps.
Dans l’histoire islamique, à l’époque du Prophète (la paix soit sur lui) et pendant les siècles postérieurs – à l’époque de Salahuddin [Saladin], par exemple - la négociation avec l’ennemi avait lieu, mais à l’intérieur d’un cadre clair et d’une philosophie spécifique, à l’intérieur d’un contexte, d’une vision, de règles et de règlements régissant cette négociation. Ceci est en contraste frappant avec l’approche misérable prise par ces professionnels des négociations qui considèrent que c’est un mode de vie et la seule option stratégique au service de laquelle toutes les autres options sont écartées.
Si la résistance elle-même, qui est honorable et estimée, est un moyen et non pas une fin, est-il sensé de faire des négociations une fin, une option unique et une approche constante, plutôt qu’un moyen et une tactique sur lesquels se replier lorsque c’est nécessaire et quand le contexte l’exige ?
Dans le Coran, le concept est clair, lorsque Dieu Tout-Puissant dit : « Et s’ils penchent vers la paix, penchez-vous (vous aussi vers la paix) et ayez confiance en Dieu. » Ceci implique que pour nous, la négociation est acceptable, raisonnable et logique, pour défendre une cause juste lorsque l’ennemi est obligé d’y avoir recours, lorsqu’il vient vers nous prêt à négocier et à payer le prix, et pour répondre à nos exigences. Cependant, si nous la recherchons désespérément et si nous la considérons comme notre unique option, alors c’est nous qui payons le prix. Ceux qui sont obligés de négocier sont ceux qui habituellement paient le prix.
C’est pourquoi Dieu Tout-Puissant dit dans un autre verset : « Ne faiblissez pas et ne requérez pas la paix quand vous avez le dessus. »
Revenons au premier verset : «
Et s’ils penchent vers la paix, penchez-vous (vous aussi vers la paix) et ayez confiance en Dieu », qui est précédé par cette parole de Dieu Tout-Puissant : « Préparez-les leur ce que vous avez de puissance, y compris des coursiers de guerre pour terrifier l’ennemi d’Allah et votre ennemi. » Qu’est-ce que cela signifie ? Cela signifie que posséder la puissance et ses moyens est ce qui conduit de force l’ennemi vers la paix, et que l’inclination de l’ennemi vers la paix et les négociations est un résultat du jihad, de la résistance et de la possession de la puissance. Ceux qui considèrent les négociations sans résistance et sans aucune carte puissante sont virtuellement en position de reddition.
Dans la science de la stratégie et de la gestion des conflits, la négociation est une extension de la guerre et une forme de gestion de la guerre. Ce que vous obtenez à la table des négociations est un produit de votre position sur le terrain, et un résultat de l’équilibre des forces sur le terrain. Si sur le terrain vous êtes vaincus, vous serez certainement défaits aussi aux négociations.
Tout comme la guerre nécessite un équilibre de la puissance, les négociations et la paix nécessitent un équilibre de la puissance, car on ne peut faire la paix quand une des parties est puissante et l’autre est faible ; sinon, c’est la reddition. Les Etats-Unis n’ont pas fait la paix avec le Japon et l’Allemagne après
la Deuxième Guerre mondiale, mais, plutôt, ils leur ont imposé la reddition et un pacte de respect de ce qui était décidé et de soumission. En bref, la paix est faite par le puissant et non pas par le faible ; les négociations servent le puissant, pas le faible.
La situation sur le conflit avec l’occupation israélienne est différente, car c’est le cas d’un corps étranger à la région, qui est venu de l’extérieur et s’est imposé sur une terre et un peuple, a chassé ce peuple de sa terre et l’a remplacé par une diaspora d’immigrants du monde entier. C’est donc une situation complexe qui doit être traitée avec finesse.
Quand les conditions objectives et les exigences pour négocier sont réunies, en particulier l’existence d’une situation où un équilibre suffisant est présent, lorsqu’il y a un besoin avéré à un moment approprié – sans précipitation ni retard – alors cela peut être une des options auxquelles nous avons recours comme un mécanisme, un moyen, un outil, pas comme un objectif ou une fin, pas comme une condition permanente ou une option stratégique. La négociation est un instrument tactique, et tout comme la guerre n’est pas une situation permanente et à ses propres exigences et conditions, il en va de même pour les négociations.
Avec cette vision claire des négociations, et quand elles sont exercées avec beaucoup de prudence et sous les règles strictes au moment opportun, elles sont acceptables et utiles dans le contexte de la gestion des conflits ; sinon, elles ne mènent qu’à la reddition et à la soumission à l’hégémonie et aux conditions de l’ennemi, et ne se traduisent que par l’abandon des droits et par une baisse continue du niveau des exigences et des positions politiques.
Malheureusement, la situation arabe et palestinienne sur cette question est – globalement – très mauvaise ; c’est une position vulnérable, sans monnaie d’échange, soutien ou marge de manœuvre. Les cartes palestiniennes sont totalement affichées, alors ils vont aux négociations de paix en déclarant que c’est leur seule option stratégique. Quand votre ennemi sait que vous n’avez pas d’autre option que la négociation, et que vous ne parlez que de paix, qu’est-ce qui l’obligera à vous faire des concessions ?
Les négociateurs palestiniens disent : « Négocier est l’option, la ligne de conduite et le seul plan. » Ils coordonnent la sécurité avec l’ennemi et mettent en œuvre la « Feuille de Route » et ses exigences sécuritaires, avec un Israël qui n’offre rien en échange.

Qu’y a-t-il là qui oblige Olmert ou Netanyahu à accorder quoique ce soit aux Palestiniens ?
Dans le cas palestinien, la négociation est sortie de son contexte objectif ; d’un simple point de vue de la logique politique, elle manque de résistance et elle n’est pas basée sur le nécessaire équilibre du pouvoir. Les Vietnamiens, par exemple, ont négocié avec les Américains lorsque ces derniers battaient en retraite ; là les négociations étaient utiles pour tourner la dernière page de l’occupation et de l’agression américaines. Vous réussissez les négociations et vous imposez vos conditions à l’ennemi en fonction du nombre de cartes que vous avez sur le terrain.
En conséquence, pour que les négociations ne soient pas un processus risqué et couteux, vous devez faire clairement comprendre à l’ennemi – pas seulement en paroles, mais aussi en actes – que vous êtes ouverts à toutes les options. Le négociateur ne peut pas réussir sans fonder sa position sur une multiplicité d’options signifiant que, autant vous êtes prêts à négocier, autant vous êtes également prêts et capables d’aller à la guerre. Si les négociations entrent dans une impasse, vous devez être prêts à aller à la guerre ou à la résistance ; sinon, les négociations sont inutiles. Il faut se souvenir que les négociations, pendant les guerres d’antan, ont souvent été menées sur le champ de bataille, et que les négociateurs parvenaient à une solution, ou reprenaient la guerre.

Négocier est un outil et une tactique au service d’une stratégie, et non une stratégie en elle-même ; ce n’est pas un substitut à une stratégie de résistance et à la confrontation avec l’occupation.

Les négociations doivent être basées sur l’unité à un niveau national. Si une des parties voit un bénéfice à faire une certaine démarche vers la négociation, et poursuit cette décision seule et sans en référer à sa population, elle se place elle-même dans une situation difficile et donne à l’ennemi une opportunité qu’il utilisera certainement contre elle. Ce qui peut aussi obliger les négociateurs à faire des concessions significatives par crainte d’être plus tard obligés de reconnaître l’échec de leur option de négociation ; ainsi ils privilégient leurs propres intérêts sur l’intérêt national pour ne pas s’exposer devant leur peuple et les autres.

La négociation a ses espaces et domaines spécifiques et n’est pas une option absolue dans tous les domaines. Il y a des questions qui ne doivent pas être négociées, comme les constantes fondamentales. La négociation est un mécanisme et une tactique à l’intérieur de limites et domaines spécifiques ; quelqu’un de sensé ne devrait pas négocier sur tout, et en particulier pas sur les principes. En affaire, la négociation est souvent sur les bénéfices, pas sur les actifs de l’entreprise. Malheureusement, l’expérience actuelle, en particulier sur les négociations palestiniennes, prouve que toutes ces règles ont été abandonnées.
En toute honnêteté et courage, je dis : les négociations ne sont ni absolument proscrites ou interdites, que ce soit d’une perspective juridique ou politique, ou au vu des expériences de la nation et de l’humanité, ou des pratiques des mouvements de résistance et des révolutions à travers l’histoire. Cependant, elles doivent être soumises à équations, règlementations, calculs, circonstances, contextes et gestion adéquate, car sans cela, elles deviennent un outil négatif et destructeur.
Dans le cas palestinien, nous disons que négocier aujourd’hui avec Israël est un mauvais choix.

Une proposition a été faite au Hamas pour négocier directement avec Israël, mais nous avons refusé. Certains, à la direction du Hamas, ont reçu une proposition de rencontrer plusieurs dirigeants israéliens, certains d’entre eux au pouvoir, comme Eli Yishai [vice-premier ministre israélien et chef du parti Shas], et d’autres appartenant au camp de la paix.

Le Hamas a rejeté ses offres.
Aujourd’hui, les négociations – étant donné le déséquilibre actuel des forces – sont au service de l’ennemi, et ne servent pas le côté palestinien. Le conflit sur le terrain ne s’est pas développé de manière à obliger l’ennemi sioniste à avoir recours aux négociations ; jusqu’à ce jour, il refuse de se retirer de notre terre, et ne reconnaît pas les droits palestiniens. Négocier dans de telles circonstances est une sorte de pari stérile.
Compte tenu de notre faiblesse et du déséquilibre des forces, Israël utilise les négociations comme outil pour améliorer ses relations et polir son image devant la communauté internationale, et il s’en sert pour gagner du temps de manière à créer de nouveaux faits accomplis sur le terrain par la construction coloniale, l’expulsion de gens, la judaïsation de Jérusalem et la démolition de ses quartiers. Il se sert aussi des négociations comme couverture pour détourner l’attention de ses crimes et pour noyer les exigences palestiniennes. Israël exploite les négociations pour normaliser ses relations avec le monde arabe et islamique et pour le pénétrer, et pour déformer la nature du conflit ; en l’état, Israël est le seul bénéficiaire des négociations.
Négocier, étant donné le déséquilibre des forces, est une soumission du côté palestinien aux exigences, conditions et diktats de l’occupation israélienne ; ce n’est pas un processus égalitaire, car de même qu’il n’y a pas de parité sur le terrain de la confrontation, il n’y en a pas non plus à la table des négociations.

La question de la reconnaissance de l’entité sioniste soulève beaucoup de débats. Il est également question de reconnaissance juridique par opposition à une reconnaissance réaliste ou pragmatique. Quelle est la position du Hamas sur cette question ?
Notre position concernant la reconnaissance de la légalité de l’occupation est claire et constante, et nous ne la cachons ni ne la dissimulons. La reconnaissance d’Israël a été posée comme condition à l’ouverture de la communauté internationale au Hamas, et ainsi c’est devenu un obstacle sur notre route. Mais cela nous a été égal, et nous avons montré notre détermination à résister à ce défi, car la reconnaissance signifie la légitimation de l’occupation et confère une légitimité à l’agression israélienne, aux colonies, à la judaïsation, aux assassinats, aux arrestations et autres crimes et atrocités commis contre notre peuple et notre terre. C’est inacceptable selon le droit international et les valeurs humaines, sans parler de notre religion.
Il est inacceptable de légitimer l’occupation et le vol de la terre. L’occupation est un crime, le vol est un crime et ils ne doivent être légitimés en aucune circonstance. Ce sont des concepts qui ne prêtent pas à controverse dans la compréhension humaine commune, et c’est la conception de la victime palestinienne dont la terre a été usurpée. C’est une question liée à notre existence humaine, et elle entre en contradiction avec la reconnaissance de la légitimité de l’occupation et de l’usurpation, sans parler de nos sentiments patriotiques et religieux, notre appartenance culturelle et notre présence historique, qui nous lient tous à cette terre.
D’autres sont tombés dans ce piège par inefficacité et soumission aux pressions extérieures, et ils ont pensé que s’incliner devant ces exigences et pressions faciliterait l’avancée de leur programme politique. Cependant, la pratique a démontré qu’ils ont payé une illusion d’un prix exorbitant. Ils ont eu tort dans leur logique d’intérêt, ainsi que dans leur logique de principes.
Nous refusons la reconnaissance tant au sens juridique que pragmatique. Il y a une différence entre dire qu’il y a un ennemi appelé Israël d’un côté, et reconnaître sa légitimité de l’autre ; le premier postulat n’est pas réellement une reconnaissance. En bref, nous refusons de reconnaître la légitimité de l’occupation et le vol de la terre. Pour nous, ce principe est clair et définitif.

N’êtes-vous pas surpris de cette insistance israélienne et internationale sur la question de votre reconnaissance d’Israël ?

N’est-ce pas, d’une certaine manière, un signe de faiblesse, Israël donnant l’impression de questionner sa propre existence, et demandant aux autres de reconnaître la légitimité de son existence ?
Il ne fait aucun doute que l’ennemi est préoccupé par l’avenir de son entité, en particulier à la lumière des derniers développements. Sa psychologie est celle d’un voleur et d’un criminel qui, en fin de compte, se sent comme un proscrit manquant de légitimité, même s’il est fort. L’exigence de reconnaissance est certainement un signe de faiblesse, l’expression d’un complexe d’infériorité, d’un manque de confiance dans l’avenir de cette entité, le sentiment qu’il est illégitime et toujours rejeté par les populations de la région comme un étranger, et que la simple présence d’un peuple palestinien ferme est l’expression concrète du rejet de l’entité sioniste.
Pourtant, il y a une autre dimension, qui est le sentiment de supériorité. C’est la logique selon laquelle les nations occidentales traitent avec les pays du tiers monde. Les sionistes adoptent la même logique fondée sur la suprématie militaire, et pensent qu’ils sont le parti qui a le droit de dicter ses conditions aux autres, y compris des conditions préalables à toutes négociations.
Certains partis palestiniens et arabes ont, malheureusement, admis cette logique. C’est un déséquilibre inacceptable. Dans nos dialogues avec des délégations étrangères, nous les entendons parler constamment des exigences du Quartet ; certaines d’entre elles introduisent des révisions pour nous faciliter leur acceptation.
Nous refusons toutes les conditions par principe, et nous refusons de les discuter même dans le contexte de la recherche de formules révisées. Nous rejetons les conditions par principe, car elles suggèrent qu’il y a deux niveaux d’êtres humains, et qu’un parti peut dominer un autre, un parti étant supérieur et l’autre inférieur. Notre humanité, notre dignité et notre respect de nous-mêmes exigent que nous soyons sur un pied d’égalité avec les autres, même s’ils sont plus forts d’un point de vue militaire.

D’où notre refus qu’on nous impose des conditions préalables.
Malheureusement, une des erreurs qui les font persister dans cette approche est que certains ont accepté ces conditions, dont la question de la reconnaissance. Puis ils ont fait une autre erreur en n’échangeant pas la reconnaissance d’Israël avec la reconnaissance des droits palestiniens, mais ont préféré plutôt être reconnus eux-mêmes. C’est une faille importante ajoutée à l’originale, à savoir la reconnaissance ! Il est dérisoire de reconnaitre Israël en échange de la reconnaissance de l’Organisation de Libération de
la Palestine ou de tout autre mouvement, au lieu de la reconnaissance du peuple ou d’un Etat ou des droits palestiniens. Ceci implique que vous avez troqué l’intérêt public pour vos intérêts personnels, et que vous avez troqué le grand objectif national pour un objectif partisan mesquin. Comme nous le disons, nous affirmons notre refus de la question de la reconnaissance, quel qu’en soit le prix.
En conséquence, dans nos conversations avec ces délégations occidentales [qui nous demandent de reconnaître Israël], nous leur disons : Bien que nous ayons hâte de communiquer avec vous et que nous soyons ouverts au monde, nous ne supplions pas ou ne cherchons pas une reconnaissance occidentale du Hamas.

Cela ne nous préoccupe pas. Notre légitimité vient du peuple palestinien, des urnes, de la démocratie palestinienne, de la légitimité de la lutte, du sacrifice et de la résistance, et de notre dimension arabe et islamique. Nous ne recherchons pas la légitimité de l’étranger. Ce que nous cherchons, c’est d’obtenir la reconnaissance des droits palestiniens et le droit de notre peuple à la liberté, à être délivré de l’occupation, et notre droit à l’auto-détermination. Ce ne sera pas un échange pour la reconnaissance, parce que la reconnaissance est en fin de compte admettre la légitimité de l’occupation, de l’agression et du vol de la terre.
A votre avis, pourquoi la communauté internationale et les Israéliens refusent-ils la trêve à long terme proposée par le Hamas ?
Ce refus par l’entité sioniste, l’administration des Etats-Unis et les autres parties internationales est dû à plusieurs raisons.
La première raison : la logique du pouvoir, de la supériorité et de l’hégémonie de ces parties.

Elles croient que leur puissance supérieure les autorise à nous imposer ce qu’elles veulent, et à nous considérer, nous Arabes et Palestiniens, comme la partie perdante qui n’a pas d’autre choix que de signer l’instrument de la défaite, de la même manière que l’Allemagne et le Japon l’ont fait au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale, et non de proposer des solutions et des idées comme la trêve.
La deuxième raison : ils voient des parties arabes et palestiniennes faire des offres plus incitatives. Alors pourquoi répondraient-ils à une offre de trêve quand d’autres offrent de reconnaître Israël en échange d’une solution basée sur les frontières de 1967, prêts à négocier sur les détails de cette solution, à savoir les frontières, Jérusalem et le droit au retour ?
La troisième raison : l’expérience des Américains, des sionistes et d’autres avec d’autres parties dans la région les pousse à conclure que davantage de pression nous conduiront au désespoir, comme cela est arrivé pour d’autres ; ils ont essayé la politique de la pression et de l’extorsion avec d’autres, et elle a réussi.

Cela les pousse à dire : « Essayons la même chose avec le Hamas, il se soumettra peut-être, comme les autres. » Ajoutez à cela le fait que certains arabes et palestiniens et c’est regrettable – leur conseillent : « Encerclez le Hamas, financièrement et politiquement, et incitez contre eux ; ne vous ouvrez pas à eux directement, maintenez vos exigences, et ne vous précipitez pas. Le Hamas finira pas succomber ! »
Ces raisons, et peut-être d’autres, les poussent à rejeter l’offre de trêve. Quand nous discutons avec les délégations occidentales, nous leur disons : « Oui, les positions des autres sont plus faciles, et la nôtre plus difficile ; pourtant, notre avantage est que, quand nous faisons une offre ou prenons une position, nous nous efforçons d’assurer son applicabilité sur le terrain et son potentiel pour gagner la confiance du peuple palestinien et du public arabe et islamique, et c’est ainsi seulement lorsque cela ne va pas à l’encontre des constantes nationales, des droits et des intérêts de notre peuple. »

En ce qui concerne les positions des autres dans l’arène palestinienne, elles sont faciles mais manquent de l’approbation de la majorité de la population palestinienne, de ses forces nationales et de ses élites intellectuelles. Quelle est la valeur de ces positions, des accords signés et des solutions trouvées avec certaines directions qui ont été rejetées par la majorité de la population ?

Les Accords d’Oslo ont été imposés par le passé, et ils ont échoué parce qu’ils étaient injustes et ne répondaient pas aux aspirations de notre peuple, et sont restés ainsi étrangers à la réalité palestinienne et arabe.
Nous sommes donc conscients du fait qu’ils seront obligés de traiter finalement avec la vision du Hamas et avec la vision des forces et des dirigeants engagés dans les constantes nationales. Nous leur disons : « Si vous pensez que vous êtes capables de réussir dans la région par d’autres plans, essayez et vous arriverez à une impasse. »
Il est peut-être aisé pour les puissances principales de privilégier des solutions faciles avec certains leaders et décideurs, sans tenir compte qu’il est important que ces solutions convainquent et satisfassent la population. Ces puissances négligent le fait qu’une réconciliation avec les dirigeants et les gouvernements seuls est temporaire et de courte durée, et ne crée pas de stabilité dans la région – peu importe la portée de la pression et de l’oppression exercées sur la population. Cependant, le succès de toute entreprise ne se réalise que lorsque la population est convaincue et pense qu’elle est satisfaisante et équitable, même temporairement. Certains en Occident commencent à réaliser l’importance de ce point de vue et développent leurs positions en conséquence – bien que lentement – dans le sens de traiter avec le Hamas. Des obstacles persistent pour traduire ce développement limité en démarches réelles et sérieuses. Nous, en retour, ne sommes pas pressés, parce que ce qui nous importe n’est pas notre rôle mais plutôt notre engagement pour les droits et les intérêts de notre peuple.

LE HAMAS ET LES JUIFS
La résistance du Hamas est-elle dirigée contre les sionistes en tant que Juifs ou en tant qu’occupants ?
Nous ne combattons pas les sionistes parce qu’ils sont Juifs ; nous les combattons parce qu’ils sont des occupants. La raison qui sous-tend notre guerre avec l’entité sioniste et notre résistance contre elle est l’occupation et non des différences de religion. La résistance et la confrontation militaire avec les Israéliens ont été provoquées par l’occupation, l’agression et les crimes perpétrés contre le peuple palestinien, et non à cause de différences de religion ou de dogme.
Nous sommes bien conscients qu’Israël invoque la religion pour avancer sur le champ de bataille, tout comme il utilise des rancunes historiques, des textes, des légendes et des mythes déformés et des sentiments religieux dans la bataille contre les Palestiniens, les Arabes et les Musulmans. Même les leaders du sionisme laïc ont utilisé la religion, depuis le début du mouvement sioniste, et l’ont exploité au niveau politique ; et l’entité sioniste a été à l’origine fondée sur la religion et le racisme. En dépit de tout ceci, notre différence avec eux en religion n’est pas ce qui a créé un état de guerre et de résistance contre eux ; nous les combattons parce qu’ils sont des occupants.
Pour nous, la religion est la pierre angulaire de nos vies, de notre appartenance et de notre identité, de notre culture et de nos actes quotidiens ; c’est l’énergie qui insuffle la patience et la fermeté, et donne l’essor à plus de sacrifice et de générosité. C’est une énergie formidable en face de l’injustice, de l’agression et des puissances qui cherchent à nuire à notre peuple et à notre nation. Mais nous ne faisons pas de la religion une force qui engendre la haine, ni une cause ou un prétexte pour nuire ou attaquer les autres, ni pour nous emparer de ce qui n’est pas à nous, ni pour empiéter sur les droits d’autrui.

LE HAMAS ET LES RELATIONS INTERNATIONALES
Etes-vous satisfait de vos réalisations dans le domaine des relations internationales ?

Quelle est la position de ces relations dans la pensée, les programmes et les priorités du Hamas ?
Les relations internationales ont plusieurs dimensions dans la pensée politique du Hamas.
Première dimension : la conviction que la bataille de Palestine, dans un de ses aspects, est la bataille de l’humanité contre l’injustice et l’oppression israéliennes, et contre le projet sioniste raciste qui vise le monde et l’humanité dans son ensemble et qui menace les intérêts des peuples et des nations, car ses méfaits et ses dangers ne sont pas limités à
la Palestine et aux Palestiniens et aux Arabes et aux Musulmans.
Deuxième dimension : la nécessité de promouvoir notre juste cause et de gagner davantage d’amis qui soutiennent notre droit légitime à résister à l’occupation et à l’agression. Il a été démontré qu’il y a toujours du bon dans la conscience humaine, et qu’il peut être réveillé et mû en notre faveur si nous présentons bien notre cas, et si nous nous efforçons de révéler la vérité de l’entité sioniste. Le cas de l’appel à briser le blocus de Gaza, et le succès du gain d’un grand nombre de sympathisants grâce au mouvement des bateaux à Gaza est un exemple de l’importance de cette dimension. Nous rappelons et nous mettons l’accent sur le fait que c’est la confrontation avec l’entité sioniste – grâce au peuple et à la résistance, comme ce fut le cas avec la guerre à Gaza, au sud Liban et la flottille, qui révèle le visage affreux de cette entité, et non pas les négociations et les réunions avec elle, qui polissent son image et masquent sa réalité et ses crimes.
Troisième dimension : de même qu’Israël nous encercle et nous hante sur la scène internationale, nous aussi devons le suivre dans tous les forums internationaux, et ne pas lui laisser la tribune. Malheureusement, le côté officiel arabe et islamique n’a pas du tout atteint cet objectif, et son rôle réel a été absent. Cependant, ce qui atténue cette déficience, ce sont les efforts des communautés palestiniennes, arabes et islamiques qui se sont déplacées de façon plus efficace sur la scène internationale et ont obtenu des résultats significatifs et des percées importantes. Elles ont gagné des amis et des partisans à la cause palestinienne et aux questions arabes et islamiques, et ont œuvré pour exposer le visage hideux et impitoyable d’Israël, dont le comportement agressif et brutal a choqué la conscience et les sentiments humains car il va à l’encontre des valeurs éthiques des populations occidentales et des populations du monde. Ces communautés ont aussi contribué, par leurs activités, à poursuivre Israël juridiquement et judiciairement.
Quatrième dimension : nous sommes intéressés à constituer un réseau de relations, fort et efficace à tous les niveaux, international comme arabe et islamique. Nous avons créé dans notre groupe une section spéciale pour les relations internationales parce que nous considérons que c’est un facteur de force, d’ouverture et de gain du soutien international pour la cause et le mouvement.
Cinquième dimension : la constitution de relations internationales commence ici, à l’intérieur de la région, car la plante est ici, et la moisson est là-bas, en Occident, tandis que le travail acharné est nécessaire des deux côtés. Ceci signifie que la base principale pour réaliser une percée et la réussite des relations est la force sur le terrain, et y être profondément ancré, unis autour de notre peuple et de notre nation, résistants et résolus. [Avec une telle base], le monde nous respectera et réalisera qu’il n’y aura ni paix ni stabilité dans la région sans qu’ils traitent avec nous et nous accordent la considération que nous méritons, le respect de nos intérêts, nos droits et nos revendications légitimes, et ils s’écarteront de leurs politiques actuelles de partialité vis-à-vis d’Israël et de mépris pour les Palestiniens, les Arabes et les Musulmans.
Nous avons remporté des succès dans ce domaine, grâce à Allah.
Pourtant la route que nous avons à parcourir est encore longue. Nous sommes relativement satisfaits de ce que nous avons accompli, compte tenu de l’ampleur des obstacles auxquels nous sommes confrontés et qui sont jetés sur notre chemin. Il ne faut pas oublier que le niveau des relations et les gains obtenus ne dépendent pas de nous seuls, mais aussi de l’autre bord. C’est ainsi que les relations politiques, et les relations humaines aussi, fonctionnent.
Si nous mesurerons le produit de nos efforts comparé au degré de pénétration et d’influence sionistes dans le monde, l’écart semble grand. La politique occidentale, qui considère Israël comme son extension naturelle et qui choisit de le soutenir sans limite, la faiblesse de la performance et de la diplomatie arabes, et l’incitation des partis palestiniens et arabes contre le mouvement ont, sans aucun doute, eu une incidence sur le degré de réussite et de réalisation.
Nous avons actuellement une multitude de relations officielles, au niveau international, telles que les relations avec
la Russie, avec quelques pays d’Amérique Latine et avec des nations asiatiques et africaines. Nous avons aussi d’autres relations internationales directes, dont certaines sont secrètes au vu des demandes de l’autre parti, et des relations indirectes par l’intermédiaire d’anciens fonctionnaires qui communiquent avec nous en toute connaissance des officiels de leurs pays, comme c’est le cas avec les Etats Unis d’Amérique et d’autres. Tout ceci est un progrès important, et il n’y en a pas pour longtemps, si Dieu le veut, pour que ceci évolue vers des relations officielles et cohérentes avec le mouvement.
Nous ne parlons pas ici de relations internationales sur fond d’amertume, de désespoir, d’urgence et de recherche d’une gloire partisane ; nous forgeons plutôt ces relations et leur suivi avec calme et respect de soi-même, dans le but de récolter des gains pour la cause palestinienne plutôt que pour des causes partisanes étroites.

Source : Middle East Monitor

Traduction : MR pour ISM
Samedi 18 Septembre 2010

http://www.alterinfo.net/Khaled-Mesh-al-enonce-la-nouvelle-orientation-politique-du-Hamas-1ere-partie_a49978.html


Khaled Mesh’al énonce la nouvelle orientation politique du Hamas (2/3)
Le Hamas, les alignements et les axes
Au cours des récentes années, l’arène arabe a connu un certain nombre d’axes et alignements différents. Le Hamas a été classé par certains comme faisant partie de l’axe du refus.

Comment voyez-vous cette situation qui domine la scène politique arabe ?

Où vous situez-vous à cet égard ?

Et pensez-vous qu’elle soit dans l’intérêt de la nation ?
Je répondrai à cette question sous trois angles.
Premier angle : il y a un groupement répréhensible, et un autre groupement qui est louable.

Le groupement répréhensible est une assemblée, par exemple, sur la base de la race ou d’idées nationales étroites, qui s‘oppose à d’autres peuples ; elle invoque des facteurs de catégorisation et d’alignement interne au niveau du pays ou de la nation.
Mais si les gens se rassemblent pour faire le bien, pour soutenir le peuple palestinien, pour résister à l’ennemi sioniste, pour contrer la normalisation, pour résister aux tentatives des ennemis d’infiltrer la nation, pour combattre l’hégémonie américaine et l’occupation de l’Irak et de l’Afghanistan, et font obstacle aux tentatives de vol de la richesse de la nation, tout ceci constitue un groupement digne de louanges qui ne peut être mis sur le même plan que l’autre.
Par conséquent, lorsque nous disons que nous sommes pour la résistance, pour l’adhésion aux droits palestiniens, pour le droit au retour, et que nous avons un parti-pris pour
la Palestine, Jérusalem et les autres lieux sacrés de la nation, et que nous rejetons l’occupation sioniste et que nous refusons de succomber aux diktats de l’ennemi, alors ce sont des positions dont nous sommes fiers et nous ne le cachons pas. C’est le devoir de la nation. Dieu Tout-Puissant dit : « Aide l’autre dans la droiture et la piété et ne participe pas au crime et à l’agression. » Se retrouver ensemble pour une telle coopération est souhaité, et nous ne devons pas craindre pas d’être accusés de partialité envers un des axes dans un tel cas.
Deuxième angle : nous ne considérons pas que notre engagement pour la résistance et le refus de nous soumettre aux exigences du Quartet et de l’ennemi et à la vision américano-israélienne de la colonisation et à l’abandon des droits palestiniens sapent les parties palestiniennes ou arabes, mais plutôt, [nous considérons que cela sape] l’ennemi sioniste.

Ceux dont l’agenda se recoupe avec celui de l’ennemi, ou qui succombent et vont vers lui sous la pression, et participent ainsi à notre siège ou à l’incitation contre nous, sont ceux qui se placent en pratique contre la mission de la résistance.
Toutefois, nous ne braquons quiconque de notre peuple ou de notre nation, et nous n’avons pas formé un axe palestinien, arabe ou musulman contre un autre axe arabo-palestinien. Nous continuons à tendre la main à tous, et nous sommes désireux de communiquer et d’établir des relations avec chacun. S’il y a une cassure ou un refroidissement dans les relations avec quelqu’un, c’est lui qui a choisi la cassure ou le refroidissement et pas nous.
Tout le monde est conscient de ce fait, parce que nous tendons la main à tous les Arabes, certains répondent positivement, et les autres non.
Troisième angle : s’il était acceptable d’être en désaccord avec notre politique et notre analyse de la situation politique lorsque les négociations ont été tentées et que les gens ont payé cher pour la résistance, est-il acceptable d’être en désaccord aujourd’hui, après que les négociations se soient avérées être un échec, avec un horizon politique bouché et des coûts et conséquences très lourds, bien plus lourds que les coûts de la résistance ?
Nous appelons tous les Etats et les forces de la nation à se rassembler avec nous dans notre environnement naturel en tant que nation. Quand la nation subit une occupation, notre environnement naturel et notre priorité doivent être la résistance.
Lorsque nous subissons une attaque, il est naturel de s’unir en face de l’agression ; et quand la nation entre dans une étape d’indépendance, alors notre environnement naturel et notre priorité doivent être la reconstruction, les progrès économiques et le renouveau culturel dans toutes ses dimensions.
Aujourd’hui, la nation doit répondre aux défis actuels et se placer dans son environnement naturel. Nous espérons que tous seront dans cet environnement, en particulier si l’on considère qu’ils ont essayé et qu’ils ont échoué et qu’ils se sont rendus compte que parier sur les Américains ou autres est futile. Les Américains ont essayé en Palestine, en Irak et en Afghanistan, et en Iran avec le Shah, et les résultats ont été désolants. Nous disons aux régimes arabes et islamiques : « Le plus court chemin pour conserver vos régimes et même votre maintien au pouvoir est en étant aux côtés de votre nation et des choix du peuple. »
Les dirigeants arabes se sont engagés dans de nombreuses expériences et tentatives sur la voie des compromis et des négociations. La plus récente est l’Initiative de Paix arabe, par laquelle ils ont envoyé un message clair et généreux que les Etats arabes étaient prêts à accorder des bénéfices en échange des démarches prises par l’autre parti. Huit années se sont écoulées depuis que cette proposition a été débattue, sans que le moindre respect lui soit accordé, que ce soit de la part de l’ennemi sioniste, de l’administration des Etats-Unis, ou de la communauté internationale – à part quelques phrases flatteuses.
Lors de nos rencontres avec de nombreux responsables et dirigeants arabes, nous continuons à leur dire : « Après cette expérience, et après avoir atteint une impasse, est-ce que ça ne vaut pas la peine d’arrêter et de chercher des options alternatives ? » Nous avons aussi l’habitude de leur dire que se retirer du plan de règlement et de l’initiative arabe ne signifiait pas entrer dans des guerres ouvertes, ce qui n’est pas possible aujourd’hui avec Israël. Une autre option est de soutenir la résistance, et ainsi la nation peut se rassembler derrière une option réaliste et pragmatique qui a prouvé sa capacité à tenir bon et à marquer des points, une option qui est appelée à se développer de façon importante en termes de poids et d’influence dans le conflit arabo-israélien, en particulier si elle trouve du soutien.
Si des guerres ouvertes avec l’ennemi sont impossibles aujourd’hui à cause du déséquilibre des forces, il est difficile pour la nation – en l’état actuel des choses – de s’engager dans un programme de guerre arabe contre Israël. Alors, que l’option réaliste et pratique soit celle de la résistance, que nous avons essayée et qui a réussi à chasser les occupants du sud Liban et de Gaza, et dont les effets se voient clairement en Irak et en Afghanistan.
Par conséquent, nous croyons qu’appeler la nation et ses forces à s’aligner sur leur environnement naturel n’est pas une théorie abstraite ou émotionnelle, mais qu’elle est plutôt basée sur une option pratique qui a été tentée avec succès. La nation est capable d’utiliser cette option aux niveaux officiel et populaire, en particulier depuis que l’option des négociations a échoué et au vu du mépris affiché par les dirigeants ennemis envers nous, ainsi qu’au vu de la trahison, par les administrations US successives, des Arabes et des Musulmans, et même par leurs amis et associés.

LE HAMAS ET LES CHRETIENS
Quelle est la position du Hamas envers les Chrétiens et leur rôle dans la cause palestinienne ?

L’Islam traite avec les Chrétiens d’une manière particulière par rapport aux autres religions, comme dans le verset [coranique] : « Vous trouverez certainement que, de tous les peuples, les plus hostiles à ceux qui croient sont les Juifs et ceux qui sont polythéistes ; et vous trouverez certainement que, de tous les peuples, les plus proches en amitié de ceux qui croient sont ceux qui disent : ‘Nous sommes chrétiens’. » Les relations historiques entre Chrétiens et Musulmans ont un statut spécial dans l’histoire depuis la conquête de
la Palestine, lorsque le deuxième calife, Umar Ibn al-Khattab, a reçu les clés de la ville de Jérusalem après que les Chrétiens aient insisté pour que les Juifs ne vivent pas avec eux à Jérusalem. Une relation spéciale entre Musulmans et Chrétiens s’est formée ensuite.
Qui plus est,
la Palestine jouit d’un statut exceptionnel, en tant que terre des prophètes et des messagers, le berceau de Jésus (que la paix soit sur lui), et le lieu du voyage nocturne de Mohammad (que la paix soit sur lui). La Palestine est l’un des meilleurs exemples de coexistence et de tolérance entre toutes les religions.
C’est un héritage porté par les Palestiniens – qu’ils soient musulmans ou chrétiens – et qui a abouti à l’évolution des relations historiques que nous voyons.
Dans les dernières décennies, depuis les années 1930 lorsque le regretté Hadj Amin al-Husseini a parrainé les conférences chrétiennes et musulmanes, les Musulmans et les Chrétiens ont eu des préoccupations communes et ont coopéré pour faire face aux défis mutuels.

Les Palestiniens –musulmans et chrétiens- étaient dans le même bateau contre l’occupation sioniste. Cela s’est reflété dans le rôle de nos frères chrétiens dans la Révolution palestinienne contemporaine, lorsque toutes les factions se sont unies en un seul peuple.
Depuis la création du Hamas, les relations avec les frères chrétiens ont été normales et bonnes, et il n’y a aucun problème entre eux et nous. Ceci, en dépit du fait que certaines forces palestiniennes ont tenté, malheureusement, d’effrayer les Chrétiens avec l’idée du nouveau Hamas, rappelant que c’est un mouvement islamique afin de promouvoir l’idée qu’il y avait une contradiction soi-disant inévitable entre le Hamas et les Chrétiens. Cependant, ces tentatives d’intimidation ont échoué, et les Chrétiens se sont rendu compte que le mouvement est proche d’eux, et qu’il traite chacun avec tolérance, ouverture et respect. Pendant
la Deuxième Intifada palestinienne, le mouvement a tenu compte des spécificités des fêtes chrétiennes, et a pris soin de ne pas faire coïncider les jours de grève avec les fêtes et événements chrétiens, tout comme il a eu à cœur de protéger les biens chrétiens. Non seulement cela, mais le Hamas a tenu également à ce que les Chrétiens aient un rôle actif dans la vie politique palestinienne. Les dirigeants du mouvement, à la maison ou à l’étranger, ont eu plusieurs rencontres avec des personnalités nationales religieuses chrétiennes.
Pour toutes ces raisons, le Hamas a gagné un large soutien parmi les Chrétiens avant et après les élections législatives de 2006 ; beaucoup de Chrétiens ont voté pour le Hamas, et nous les soutenons en Cisjordanie et à Gaza. Par exemple, le docteur Husam al-Tawil – un Chrétien – a remporté un siège à Gaza grâce aux votes du Hamas et de ses partisans. Le nombre de Musulmans qui ont voté pour lui fut plusieurs fois le nombre de votes chrétiens – étant donné que le nombre de Chrétiens dans
la Bande de Gaza est faible.
Je rappelle ici, à cause de sa signification symbolique, un incident qui est survenu dans un aéroport arabe. Une personne s’est approchée de moi, s’est présentée comme un Palestinien, a dit qu’il était de Beit Jala, qu’il était chrétien, et qu’il avait voté pour le Hamas et qu’il continuait à le soutenir. Il n’était pas obligé de le dire, et personne ne l’y a poussé ; il a fait cela de sa propre initiative, et a exprimé ses sentiments. C’est un modèle des bonnes relations entre le mouvement et les frères chrétiens dans notre peuple.
Nous traitons les frères chrétiens comme une composante fondamentale du peuple et de la patrie, et comme une part active dans la lutte contre l’occupation, sans considération de qui est musulman et de qui est chrétien. Nous sommes partenaires dans le pays, et chacun a des droits et des devoirs. Lorsque nous évoquons les personnalités religieuses éminentes dans la lutte du peuple de Palestine, nous citons, parmi les Musulmans, Sheikh Raed Salah, Sheikh Ikrima Sabri, et [parmi les Chrétiens] l’évêque Atallah Hanna, l’évêque Capucci, etc. ; nous partageons tous la défense de Jérusalem et la cause.
Le Hamas a peut-être surpris quelques libéraux et laïcs dans l’arène palestinienne qui pensaient, ou même promouvaient l’idée que, à cause de son identité islamique, il s’isolerait et qu’une relation ténue pourrait se développer entre nous et les chrétiens palestiniens. Ils ont été surpris de voir que leurs prévisions ne se sont pas matérialisées. C’est parce que la religion n’est pas l’isolement et le détachement ; au contraire, la foi motive une personne à être tolérante, à être respectueuse des autres, et à reconnaître leurs droits.


Le Hamas et les femmes
Les mouvements islamiques sont souvent accusés de mépriser les femmes et de marginaliser leur rôle dans la vie politique et sociale. Que pensez-vous de ces accusations à la lumière de votre expérience au Hamas ?
Malheureusement, il y a un fossé entre les véritables concepts de l’Islam vis-à-vis des femmes et leurs applications pratiques plus récentes. Il y a une application et un comportement erronés qui découlent d’une mentalité rétrograde et ne vient pas des textes et de l’esprit de
la Sharia.
Même
à l’époque actuelle, cependant, et en dépit du bon niveau de progrès dans les pays arabes et islamiques, il y a toujours des erreurs dans l’application [de la Sharia], provenant de nombreux concepts, coutumes et traditions qui émanent de certaines situations et environnements spécifiques, et ne résultent pas des dispositions de l’Islam lui-même.
Dans les textes du Coran et les hadiths (traditions prophétiques), les femmes ont des devoirs tout comme les hommes, et lorsque le Coran parle de
la Sharia et de ses dispositions, il mentionne les hommes et les femmes ensemble parce que chacun a des responsabilités individuelles. C’est évident dans la phrase de Dieu Tout-Puissant : « Les croyants, hommes et femmes, sont les protecteurs les uns les autres : ils prescrivent ce qui est juste, et interdisent ce qui est mal, » et « Jamais je ne souffrirai que soit perdu le travail d’aucun d’entre vous, que vous soyez homme ou femme. Vous êtes membres, l’un de l’autre. » Et, dans les paroles du Prophète : « Les femmes sont les moitiés jumelles des hommes. » Et il y a d’autres versets coraniques et hadiths similaires.
Dans le concept islamique de pensée, de jurisprudence, de mandat et de rôle, la femme est – en effet – la moitié de la société, et la société lui garantit prestige et respect.

Cependant, il y a une énorme différence entre respecter et reconnaître la femme et son rôle légitime [d’un côté], et abuser d’elle et la présenter comme un produit bon marché, comme c’est le cas dans la civilisation occidentale [de l’autre]. Il y a une différence entre préserver la chasteté et la modestie de la femme et sauvegarder ses droits tout en lui accordant un rôle approprié, et la traiter comme un objet de désir et de plaisir. Ces règles éthiques ne sont pas seulement islamiques ; elles sont innées et humaines.
Nous, au Hamas, nous tenons, en ce qui concerne les femmes, à invoquer les concepts islamiques et leur application pure qui ne soient pas marqués par des siècles de retard ou le poids des normes sociales et des traditions qui s’enracinent dans l’environnement et non dans le texte religieux, en particulier depuis que l’environnement de
la Palestine n’est pas un environnement fermé mais un environnement historiquement civilisé jouissant de la pluralité et de l’ouverture à toutes les religions, civilisations et cultures.
Avec cette conception pure et originelle, et comme une partie et une extension de l’expérience palestinienne et de son héritage, le Hamas a assigné un rôle distinct aux femmes dans ses opérations. Le rôle des femmes a été souligné pendant l’Intifada, dans la résistance et dans toutes les formes de luttes, non seulement en tant que mères, épouses et sœurs des combattants, mais aussi en tant qu’elles-mêmes, menant des opérations de commandos et de martyrs, soutenant leurs frères et martyrs, et fournissant une assistance logistique. Il y a aussi des sœurs qui conduisent les combattants sur le lieu de l’opération, comme cela est arrivé dans l’opération Sbarro et d’autres. Dans les prisons sionistes, il y a des dizaines de sœurs captives qui endurent la souffrance de l’incarcération et payent leur tribu au jihad, aux côtés de leurs frères.
Le rôle des femmes est important dans l’arène palestinienne et dans le mouvement, que ce soit au travail, au jihad et dans la lutte, dans le domaine de l’aide sociale et du travail éducatif, ou dans le travail politique et syndical. La femme palestinienne est éduquée et cultivée, et son activité dans les écoles et les universités n’est pas moindre que celle d’un homme.
Partant de nos termes islamiques de référence, l’identité culturelle arabe et l’environnement palestinien distinct, les femmes au Hamas occupent une position de pointe. Dans l’action politique et avant que soit créé le Conseil législatif, les femmes ont eu des activités importantes dans le mouvement étudiant palestinien et dans différents syndicats ; et lorsque le Hamas a pris part aux élections législatives, les femmes ont joui d’une présence forte et d’une place importante sur nos listes, comme dans le gouvernement formé par le Hamas.
Il est vrai que certains mouvements et groupes islamiques sont critiqués pour négliger le rôle des femmes, mais nous trouvons, d’un autre côté, des cas de dépravation et de délit transgressant les préoccupations éthiques chez certains partis et forces laïques. Le Hamas a tenu à développer une vision modérée qui garantisse aux femmes leur rôle authentique, sans enfreindre les principes, valeurs et éthique islamiques et en même temps, en leur évitant l’isolement, la solitude et la marginalisation. Je crois que nous avons réussi en cela, grâce à Dieu. Les femmes ont aussi un rôle important au niveau organisationnel du Hamas, qui privilégie le développement de leur rôle et de leur participation au sein de la structure organisationnelle du mouvement.

Le modèle de résistance du Hamas
Quelle est la contribution du Hamas vis-à-vis du jihad et de la lutte ? Qu’est-ce qui distingue son modèle de résistance ?
Il faut d’abord souligner que le Hamas en tant que mouvement de résistance à l’occupation sioniste est une partie naturelle et authentique de l’expérience de la lutte palestinienne, son extension, et un de ses cercles qui continuent depuis une centaine d’années, commençant avec la première révolution et le premier martyr et toutes ses icones et dirigeants et leur grande lutte – en dépit des circonstances défavorables de leur époque. Ce furent des gens comme ‘Izzeddine al-Qassam, Haj Amin al-Husseini, Farhan al-Sa'adi, Abdul Qader al-Husseini, entre autres, jusqu’à la révolution palestinienne contemporaine avec toutes ses factions, forces, directions et icones de la lutte. La marche de la lutte palestinienne continue aujourd’hui, grâce à Dieu, et continuera jusqu’à ce que les objectifs de libération et de retour et de délivrance de l’occupation sioniste soient réalisés.
Ceci signifie que le Hamas, en tant que mouvement de résistance, n’est pas séparé ni n’existe sans racines dans un désert, mais qu’il fait partie d’un tout. Il fait partie de l’histoire de la lutte de notre peuple et sa marche jihadiste – pleine de sacrifices, de défis, de créativité, de patience, d’endurance et de détermination à continuer la marche et à surmonter tous les obstacles, les défis et les circonstances adverses et défavorables jusqu’à ce que le but ultime soit atteint, si Dieu le veut.
Ce sentiment d’appartenance et d’extension imprègne le Hamas – comme d’autres forces de la résistance palestinienne – avec l’héritage de cette histoire et son originalité, son esprit et son identité distincte, et nous fait saisir cette longue et riche expérience et les acquis de ses diverses étapes, avec tous ses succès et ses réalisations, et quelques échecs aussi. Pour nous et notre peuple, ces expériences sont un réservoir riche et précieux. Le choix du nom de Martyr ‘Izzeddine al-Qassam pour notre branche militaire et ses brigades n’est que l’expression de cette appartenance et sa manifestation.
Il est nécessaire et essentiel d’affirmer ce fait ici pour que chacun d’entre nous connaissent ses racines et les facteurs d’un pouvoir réel d’un côté, et aussi de connaître notre dimension réelle et nos positions spécifiques dans cette longue marche. Tout comme le fait d’appartenir à une telle histoire donne à la population et aux mouvements la force et la confiance en soi qui sont nécessaires, en particulier dans les moments difficiles, il leur donne aussi l’humilité et le respect dus aux rôles des autres. Nous et les autres faisons partie de cette marche bénie ; nous ne sommes pas les premiers, et nous ne serons pas les derniers.
Nous et les autres nous appuyons sur l’expérience de nos prédécesseurs et nous en tirons profit, et ensuite nous créons notre propre expérience à partir de leurs expériences positives et négatives, et nous interagissons avec nos alliés dans la marche. Tout ceci sera un héritage pour les générations futures qui porteront le drapeau et continueront la lutte jusqu’à la victoire et la libération, si Dieu le veut. C’est l’objectif auquel chacun doit contribuer – même s’ils ne sont pas témoins du résultat final.
Nous nous sommes efforcés de former notre modèle de résistance, que nous avons établi comme une contribution à cette grande lutte, et nous tenons à offrir – à travers lui – une contribution notable à la marche de la lutte palestinienne. Nous y avons enraciné une foule de concepts importants et nécessaires, de politique et de règlements, et lui avons donné beaucoup d’esprit, de créativité, de persévérance et de détermination.
Parmi ces visions, concepts et politiques,
les plus importantes sont :
Premièrement : la résistance est notre moyen de parvenir à l’objectif stratégique, à savoir la libération et la restauration de nos droits, et la fin de l’occupation sioniste de notre terre et de nos lieux saints.
C’est-à-dire que la résistance est une stratégie de libération, et elle est l’axe principal de notre travail en tant que mouvement de résistance plutôt qu’un simple choix que nous avons fait. Elle est la colonne vertébrale de notre projet. En dépit de l’importance de notre programme et de l’autre travail qui est fait pour mettre en œuvre le programme du mouvement – tel le travail politique, populaire, social, caritatif et économique, la valeur et l’impact véritables de ces activités à servi les objectifs repose sur leur position au sein du contexte de la résistance comme programme clé, et au sein du système de travail pour lequel la résistance est la colonne vertébrale. Ceci parce que nous sommes un mouvement de résistance face à une occupation militaire colonialiste opposée à notre existence, et il est donc naturel que la résistance armée et globale soit la base et le facteur décisif dans cette confrontation.

Deuxièmement : pour nous la résistance est un moyen, pas une fin, au service du but et des objectifs ; ce n’est pas la résistance pour la résistance. L’élaboration du concept de résistance pour en faire une fin en soi comporte de nombreuses erreurs de compréhension, de vision et d’attitudes et de comportements pratiques, ainsi qu’une faille dans la prise de décision et l’évaluation de l’intérêt.
Oui, la résistance est très importante, et elle est l’axe premier de notre projet, mais elle n’est pas l’objectif. Elle est le moyen et la façon d’atteindre cet objectif, et un outil stratégique pour la libération.

Troisièmement : le Hamas n’est pas un groupe militaire, mais un mouvement de libération nationale intégral, avec la résistance comme axe principal, son moyen stratégique de libération et de réalisation du projet national palestinien. En même temps, le mouvement travaille dans tous les domaines, et a ses propres buts et sa propre vision politique. C’est un mouvement de la base populaire conscient des préoccupations de son peuple à la maison et à l’étranger, qui défend ses intérêts et qui cherche à les servir le mieux possible dans tous les aspects de la vie quotidienne.

Quatrièmement : nous avons limité notre résistance à l’opposition à la seule occupation israélienne. Notre résistance est contre l’ennemi qui occupe notre terre et nos lieux saints, et contre personne d’autre. Nous n’avons pas utilisé la résistance même contre ceux qui soutenaient nos ennemis et leur fournissaient tous les moyens de la force et des armes qui tuent notre peuple. Nous avons aussi adopté, comme ligne politique, de confiner la résistance à la Palestine et pas en dehors – pas par impuissance mais en raison d’une estimation précise de l’intérêt, et pour concilier des considérations diverses.

Cinquièmement : nous avons clairement adopté une politique d’utilisation des armes et de la force seulement en face de l’occupant et de l’ennemi extérieur qui nous attaque : c’est une résistance légitime. Cela signifie de ne pas utiliser les armes et la force ni dans les affaires intérieures, ni pour régler des différends politiques et intellectuels. Le règlement des différends qui surgissent au sein des rangs nationaux doit se faire par le dialogue, le consensus et l’arbitrage du peuple, par la démocratie et les urnes.
Les événements tragiques récents dans
la Bande de Gaza ne sont pas une dérogation à cette politique, c’est un cas entièrement différent. Il y a eu un parti palestinien qui a refusé le résultat des élections et a cherché à le renverser, c’est-à-dire à renverser la légitimité palestinienne et, malheureusement, ils ont collaboré avec l’ennemi sioniste et les Américains et ont pris les armes contre nous. C’est notre droit naturel de nous défendre quand nous y sommes forcés, d’autant que nous l’avons fait depuis la position d’un gouvernement légitime formé après des élections justes et démocratiques qui ont été approuvées par le Conseil législatif élu.
D’un autre côté, lorsque nous avons été hors du pouvoir de 1994 à 2006, et bien que l’Autorité ait arrêté des milliers de nos membres et qu’elle les ait torturés, qu’elle ait pourchassé la résistance, ses armes et ses hommes, et qu’elle ait coordonné (et continue à coordonner) la sécurité avec l’ennemi sioniste, nous n’avons pas répondu à l’époque en faisant usage de nos armes et de notre force contre elle et nous avons limité notre résistance au seul ennemi sioniste. Nous avons restreint notre opposition à l’Autorité, et le règlement de notre différend avec elle, à des moyens politiques et populaires pacifiques.
Sixièmement : nous avons adopté une politique de non engagement dans les batailles de la région, contrairement à ce que d’autres avaient fait dans les étapes précédentes. Nous n’avons jamais usé de la force et des armes contre aucun Etat ou parti arabe, même lorsqu’ils nous portaient préjudice ou nous assiégeaient, ou arrêtaient et torturaient nos frères, ou poignardaient la résistance dans le dos, ou incitaient contre nous. Les Arabes sont nos frères et notre famille et ils constituent notre profondeur stratégique ; nous ne pouvons donc pas leur nuire même s’ils nous nuisent. Nous nous sommes engagés dans cette politique au cours des années passées, et nous y restons engagés, si Dieu le veut, parce que notre bataille est exclusivement contre l’ennemi sioniste.
Septièmement : dans la construction de la résistance, nous nous sommes efforcés de former l’activiste résistant d’un point de vue religieux, éducatif, psychologique et intellectuel, pour lui assurer un niveau élevé de discipline organisationnelle et comportementale, l’engagement aux règles religieuses et éthiques de résistance, et le développement de ses capacité d’endurance et de fermeté dans des circonstances extrêmes, ainsi que la prise de conscience et la clarté de la vision des combattants, la sincérité de la mission et de l’intention, et la fusion des dimensions religieuses et nationales pour développer une incitation forte dans le cadre du jihad et de la résistance. Les luttes des combattants contre l’ennemi occupant en défense de la patrie et des lieux saints, de son peuple et de sa nation, et de sa famille et de son honneur.
Pour ce qui est de la contribution du mouvement au jihad et la lutte, il faut noter comme point clé que le Hamas a réussi, grâce à Dieu, à bâtir et à renforcer sa résistance même lorsqu’elle a émergé à une période difficile, à un moment où de nombreux facteurs et conditions objectives pour le succès des révolutions et des mouvements de libération avaient disparu. Le plus notable de ces moments fut la fin de la guerre froide, l’absence d’un allié international et l’émergence d’un système international basé sur l’unipolarité des Etats-Unis d’Amérique, l’allié principal de l’entité sioniste, suivi par l’entrée du monde dans la « guerre contre le terrorisme », et la focalisation des accusations sur l’Islam et les mouvements de résistance.
Ajouté à cela, bien que ce facteur ait souvent des résultats et des implications variés, le fait que la résistance en Palestine subisse un siège étouffant depuis quelques temps, et est privée d’un environnement amical qui fournisse une profondeur stratégique et logistique et une base arrière sécurisée permettant la liberté de mouvement et de manœuvre. Tout ceci a conduit à une difficulté extrême dans la poursuite de la lutte armée comme elle se déroulait auparavant, en particulier le travail de l’extérieur vers l’intérieur, et la difficulté à fournir un soutien logistique à la résistance à la maison et à l’étranger.
A la lumière de cet énorme défi, pour poursuivre le projet de résistance et surmonter les obstacles et les blocus, le mouvement s’est centré sur une stratégie d’élargissement de la participation du peuple palestinien à la maison, et son implication dans la résistance et la confrontation [avec l’ennemi] ; en partant des jets de pierre, en apportant de la créativité à la première et à la deuxième intifada auxquelles tout le monde a participé (reflétant ainsi une nouvelle phase de la lutte palestinienne) et en introduisant de nouvelles formes de résistance innovantes et d’ouverture de la confrontation avec l’occupation.
Une autre stratégie d’auto-construction à la maison a été adoptée, aussi bien en termes de recrutement, d’entraînement, d’armement et de manœuvre, tout en s’efforçant de collecter autant que possible des soutiens financiers et techniques et des armes venant de l’étranger. Quand le blocus s’est encore intensifié, l’idée de manufacturer des armes, en interne, à partir de matériaux bruts, a émergé.
Nous avons donc accepté cette tâche avec ces défis énormes, le siège et les persécutions, et nous y avons fait face avec courage et résolution par l’innovation, la créativité, la diversification, l’autonomie et en comptant sur Dieu en toutes circonstances, et en cherchant continuellement des amis, des alliés et des soutiens disponibles. Nous nous sommes dit que, même si nous restions seuls sur le terrain, et si nous perdions tout soutien des autres, nous poursuivrions notre résistance et nous ne nous rendrions pas ni n’y mettrions fin, et nous continuerions à exhorter notre nation à nous soutenir et à prendre part à cette tâche honorable, citant la déclaration d’Allah Tout-Puissant au Prophète (que la paix soit sur lui) : « Combats dans le sentier d'Allah, tu n'es responsable que de toi même, et incite les croyants (au combat). Allah arrêtera la violence des mécréants. Allah est plus redoutable en force et plus sévère en punition. » (Sourate 4, verset 84). Nous avions coutume de dire ceci en dépit de notre conviction et de notre confiance en la loyauté de notre nation et en son engagement à ne pas abandonner ses responsabilités envers la question centrale de
la Palestine et à affronter l’entreprise sioniste. Notre nation se rend clairement compte de l’essence de l’entreprise sioniste et du danger qu’elle pose à la région toute entière et au monde.
Un autre ajout du Hamas, en terme de jihad et de lutte, est l’innovation dans la résistance et ses méthodes, tactiques et outils, comme l’expansion des opérations martyr et leur développement jusqu’à devenir une arme mortelle contre l’ennemi, et une frappe profonde dans sa sécurité. Un autre exemple est la fabrication d’armes localement et la transformant en un véritable projet sur lequel compter, même provisoirement, étant donné la difficulté pour obtenir des armes de l’extérieur. L’exemple le plus important à ce sujet est la fabrication d’armes qui, initialement, étaient légères étant donné leur simplicité, leur portée et leur efficacité limitées, mais qui ont évolué vers des stades avancés et sont devenues un véritable problème pour l’ennemi, avec un impact grandissant sur sa sécurité.
Un autre important ajout est le développement des capacités de la résistance face aux incursions israéliennes, et le succès dans la défense des secteurs et villes palestiniens suivant le modèle distinct de Gaza et la tentative héroïque dans le camp de Jenin, où toutes les méthodes conventionnelles ont été utilisées et complémentées par la méthode des tunnels et leur utilisation à grande échelle pour se défendre. Cela a même été jusqu’à résister à une vraie guerre dans laquelle l’ennemi a été mis en déroute et ses objectifs ont été déjoués – comme dans la guerre de l’ennemi sioniste sur
la Bande de Gaza en 2008-2009, qui fut en fait la plus grande guerre lancée par Israël sur la terre palestinienne.

Un autre ajout est l’amélioration de la résistance pour qu’elle soit capable de libérer une partie de la terre. La résistance palestinienne, avec ses branches militaires et ses opérations martyres, et avec l’impact important du deuxième soulèvement de notre peuple, a été en mesure de forcer l’ennemi sioniste à quitter
la Bande de Gaza et à démanteler ses colonies pour la première fois dans l’histoire de l’entité sioniste.
Ceci signifie clairement que la révolution palestinienne, par le développement de ses capacités, de ses initiatives et de ses outils, ainsi que par l’innovation et la diversification des méthodes et tactiques, et par la détermination et la patience, est devenue une option réelle et fiable, avec une capacité à résister, à défendre et à réussir, même si c’est pas à pas, sur laquelle le peuple peut compter en dépit de l’énorme différence et le déséquilibre de la force, comparée à celle de l’ennemi.

Un autre aspect important de l’expérience de la résistance en tant que mouvement de résistance est l’alternance de hauts et de bas suivant la situation et les circonstances vécues par notre peuple, au service de l’intérêt public et d’un jugement politique sain. Le calme a pu être notre choix ou non déclaré si c’était nécessaire, et comme partie de la décision de la résistance, ou bien il a pu être annoncé publiquement après accord avec les forces de la résistance, en échange d’exigences spécifiques comme l’interruption de l’agression sioniste, la levée du siège, etc.

Avec les autres factions de la résistance, nous avons exercé cela en toute conscience et courage et en avons pris la responsabilité pour notre peuple et ses intérêts. Mais, dans tous les cas, nous l’avons exercé sur la base de l’attachement à la résistance et à son développement en tant qu’option stratégique de libération. Sur le champ de bataille et sur le chemin de la résistance et de la libération, le mouvement a offert – comme d’autres l’ont fait pour notre peuple – une galaxie éminente de martyrs, depuis ses meilleurs dirigeants, icones et cadres, conduits par Sheikh Ahmad Yassin, fondateur du mouvement, Abdul Aziz al-Rantisi, Jamal Mansour, Jamal Salim, Ibrahim al-Makadmeh, Isma'il Abu Shanab, Salah Darwazeh, Yousef Sarakji, Saed Siam, Nizar Rayyan, et des milliers d’autres nobles martyrs.


Le mouvement a aussi offert des personnalités illustres dans l’histoire de l’activité militaire palestinienne comme Imad Akel, Yahya Ayyash, Salah Shehadeh, Mahmoud Abu Hannoud, et des dizaines d’autres martyrs qui ne peuvent pas être tous cités ici, bien que leurs noms demeurent dans la mémoire palestinienne et dans l’histoire de la lutte.
Un autre aspect, et un ajout très important, est l’introduction de la dimension religieuse islamique dans la bataille, aux côtés de la dimension nationale, avec toute la signification de l’Islam dans la vie de la population et de la nation, et l’esprit, la force et la vigueur dont elle dote les combattants, comme elle valorise la motivation pour la résistance et la capacité à endurer davantage, à persévérer et à résister, sans parler de la capacité de l’Islam à mobiliser les masses et à galvaniser leurs sentiments en face des occupants.
De plus, cette dimension essentielle a accru le ralliement des masses des nations arabes et islamiques et leur soutien envers le peuple palestinien et sa résistance, en particulier lors d’événements majeurs comme la guerre et le blocus contre Gaza, et tout ce qui a trait à Jérusalem et à
la Mosquée Al-Aqsa. Les sentiments islamiques sont parmi les liens les plus importants entre les masses de la nation et leurs élites et la Palestine. Ainsi, l’entrée vigoureuse du Hamas – avec sa claire identité islamique – sur le champ de bataille fut un facteur décisif de la recrudescence d’un élan arabe et islamique ample, et de son invocation pour la cause et la résistance palestinienne.
(à suivre)

http://www.middleeastmonitor.org.uk/...licy-direction

http://www.almoltaqa.ps/english/showthread.php?t=18192



n°552 - Les Dossiers 'Géopolitique et stratégie' de Palestine - du 03-10 -: Fin - La nouvelle orientation politique du Hamas.

n°552 - Les  Dossiers  'Géopolitique et stratégie' de  Palestine - du 03-10 -: Fin  - La nouvelle orientation politique du Hamas.


L'information est une arme au service de la paix. Sa diffusion est un acte de résistance

                 Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources 



Les  Dossiers   'Géopolitique et stratégie' de  Palestine

552 du 03-10

C.De Broeder & M.Lemaire



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Sommaire

Tiré à part

1 Analyse - Géopolitique et stratégie – Réflexion. Fin

1-3 Khaled Mesh’al énonce la nouvelle orientation politique du Hamas (Dernière partie)

2  Annexe

2-1 Netanyahou : Le mouvement international de solidarité avec le peuple palestinien est une des trois "menaces stratégiques majeures"


 

Khaled Mesh’al énonce la nouvelle orientation politique du Hamas (3/3)
Comment voyez-vous la question du laxisme dans le fait de faire couler le sang ?
Il y a des conditions strictement établies concernant le sang et les vies des gens, exprimées par le Coran et
la Sunna. Le Prophète (que la paix soit sur lui) n’a rien traité comme il a traité cette question. Il l’a soulignée à maintes reprises, en particulier dans son Sermon d’Adieu, et elle est devenue centrale dans la charte de la nation. Il y a aussi des codes d’éthique et des coutumes nationales auxquelles les gens souscrivent pour établir la paix dans leurs sociétés, et chacun doit obéir à ces règles et ne pas les transgresser.
Nous, dans le mouvement, nous y sommes très attachés et nous instillons ces contraintes et ces règles légales, éthiques et nationales, en sensibilisant les membres du mouvement, en les éduquant, en les astreignant à obéir à ces règles dans leur comportement, et à être responsables de toutes infractions ou violations.
Ceux qui ont besoin que l’accent soit mis sur ces questions sont, sans aucun doute, ceux du domaine militaire et ceux qui portent les armes, pour que les armes ne soient utilisées que dans leur domaine naturel contre l’ennemi occupant. Parce que ceux qui portent les armes pourraient être pris par un sentiment de puissance qui les pousserait à se servir de leurs armes inutilement. Dans une société, plus l’environnement de tension interne devient intense et plus l’excès dans l’usage des armes est prévisible.
Il faut noter ici que la gravité de l’expérience sécuritaire avec l’Autorité palestinienne dans les années 1990, la pauvre performance de son appareil sécuritaire, la corruption, le harcèlement de la population – en particulier des mouvements de résistance, et en premier du Hamas, et la torture et les insultes envers ses dirigeants, tout cela a créé un sentiment d’indignation et de douleur profonde, et a blessé des âmes qui ne guériront jamais de cette dure expérience. Ceci a rendu l’environnement domestique de la communauté palestinienne malsain, tendu et irascible, et a aggravé les postures partisanes étroites et la partialité au dépens de l’intérêt national global. Ce sont des écueils que nous devons tous nous efforcer de combattre ; nous devons travailler ensemble et prendre la responsabilité de nous en débarrasser, parce qu’il en va de l’intérêt du pays, de la cause et de nous tous, et parce que la perduration de ces anomalies nous porte préjudice à tous, et est préjudiciable à la cause et à l’intérêt national.
La possession d’armes, le sentiment de puissance et des forces importantes instillent souvent dans leurs propriétaires la vanité et l’auto-admiration, les pousse à utiliser les armes avec laxisme et peut les pousser à faire des erreurs et à violer les droits des autres. Par nature, l’homme dépasse ses propres limites lorsqu’il devient riche ou fort, comme dit Dieu Tout-Puissant : « Mais l’homme transgresse toutes les limites, dès qu’il estime qu’il peut se suffire à lui-même » (Sourate 96, versets 6-7). Empêcher de telles transgressions requiert de la discipline et du contrôle par l’engagement religieux, moral et patriotique, et par l’édiction de contraintes, de règles et de sanctions, et par la responsabilisation pour les abus et les irrégularités.
Dans le mouvement, nous exerçons cette approche avec ses deux composantes : la dissuasion religieuse, morale et patriotique, et les vérifications et les bilans, la responsabilité et les sanctions en cas de violation. Ce sont des questions liées à la religion, à l’intérêt national et aux droits des personnes. Nous sommes aussi vigilants sur l’intégrité de nos intentions et la pureté des motivations des combattants, de manière à ce que le jihad, l’effort et le comportement soient toujours purement au nom de Dieu, et pour la patrie et ses intérêts, loin de la passion de la revanche ou de motivations personnelles. En dépit de tout ceci, des erreurs peuvent toujours se produire ; cela fait partie de la nature humaine.
Des abus et des erreurs surviennent dans les expériences de toutes les nations et de tous les peuples, comme avec les armées du monde et la laideur que nous voyons pratiquée contre les peuples vulnérables et occupés en Irak et en Afghanistan. Cependant, en tant que nation arabe et musulmane, et grâce à nos principes religieux, notre héritage moral et culturel, nous devons toujours nous engager dans les plus hautes normes de la discipline éthique et comportementale, et la fermeté envers nos erreurs et nos abus, car notre éthique ne doit pas être pratiquée seulement parmi nous-mêmes, mais elle est universelle et humaine et doit être mise en œuvre vis-à-vis de chacun, quelle que soit sa religion ou sa race.
Même à l’époque du Prophète Muhammad (que la paix soit sur lui), il y a eu des excès et des erreurs, mais la manière de les traiter fut ferme et rapide.

Le Saint Coran parle d’un de ces cas dans le verset : « Ô les croyants! Lorsque vous sortez pour lutter dans le sentier d'Allah, voyez bien clair (ne vous hâtez pas) et ne dites pas à quiconque vous adresse le salut (de l'Islam) : "Tu n'es pas croyant", convoitant les biens de la vie d'ici-bas. Or c'est auprès d'Allah qu'il y a beaucoup de butin. C'est ainsi que vous étiez auparavant; puis Allah vous a accordé Sa grâce. Voyez donc bien clair. Allah est certes Parfaitement Connaisseur de ce que vous faites. » (Sourate 4, verset 94).
Le Prophète (la paix soit sur lui) était ferme en traitant de ces violations, aussi peu nombreuses qu’elles fussent, et les traditions prophétiques à ce sujet sont bien connues, car le parti-pris envers les principes, les valeurs et la morale est la base de la religion et la fondation de la nation.
De là, en respect des règles et de l’éthique islamiques, suivant l’exemple du Saint Coran et de
la Sunna – parce que nous considérons que notre engagement vis-à-vis d’eux est une obligation religieuse et une source de bonté et de félicité, et pour la satisfaction de l’intérêt national de notre peuple et de notre nation, la politique du mouvement est fondée sur la désapprobation des erreurs et des violations, et leur non-légitimation, peu importe d’où elles viennent. Nous estimons plutôt qu’elles divergent de l’approche du mouvement, de sa pensée et de son engagement, et nous punissons fermement les contrevenants.
L‘avenir de la région
Comment voyez-vous l’avenir de la région dans les cinq prochaines années ?
La région est aujourd’hui dans les affres de l’enfantement et les cinq prochaines années verront vraisemblablement la continuation et l’expansion de ce travail. Nous espérons qu’il en résultera finalement des changements positifs et des fruits prometteurs, si Dieu le veut, malgré les difficultés. Nous avons confiance et espoir que l’avenir, dans les prochaines années, sera au bénéfice de la nation et de la résistance et de la cause palestiniennes. Il ne fait aucun doute que la nation traverse aujourd’hui une phase de progression, mais elle est, inévitablement, difficile car elle est accompagnée de beaucoup de douleurs, et elle demande donc plus de patience et de détermination, le redoublement des efforts d’un côté, et la montée de la résistance et de la confrontation avec l’ennemi occupant de l’autre.
Certains diront que votre lecture est optimisme et sans fondement. Sur quelle base construisez-vous vos perspectives ?
Notre lecture de la situation n’est pas frivole, et elle n’est certainement pas défaitiste. C’est une lecture réaliste et fondée sur de nombreux faits, preuves et indicateurs. Un de ceux-ci est que l’effort de résistance s’est considérablement développé dans la région et a montré sa présence et son efficacité. Non seulement cela, mais la résistance a remporté des succès importants, même si elle travaille dans des conditions défavorables et qu’elle est face à des défis majeurs, le plus important étant le déséquilibre de pouvoir régional et international, et l’état de faiblesse et de division des pays arabes et islamiques.
Ceux qui observent la réalité de la résistance en Palestine, au Liban, en Irak et en Afghanistan se rendent compte que la résistance est devenu la seule véritable option sur laquelle les populations de la région peuvent compter pour combattre les forces de l’hégémonie et pour résister à l’occupation, défendre la terre et les intérêts et sauvegarder leur indépendance, et pour repousser l’agression de n’importe quelle nation du monde, même si elle est aussi puissante et imposante que les Etats-Unis d’Amérique.
Dans la région, la résistance n’a pas seulement tenu le coup et réussi à réaliser des progrès sérieux pour la libération – comme à Gaza et au Liban sud – et a tenu le coup face de grandes guerres, mais elle a également empêtré les forces d’invasion qui cherchent à contrôler directement la région dans de tels énormes problèmes et dilemmes qu’elles sont maintenant obligées de reconsidérer leurs calculs. La population et la résistance de la région ont – grâce à Dieu – forcé ces puissances et nations majeures à accorder quelque considération à notre nation, après avoir été tentées par la politique faible des gouvernements arabes à plus d’avidité et de sous-estimation et de mépris envers nous lorsqu’elles ont formulé leur politique étrangère et des décisions importantes pour la région.
La guerre sioniste à Gaza et l’incident de
la Flottille de la Liberté ont exposé quelque chose d’important dans le cours du conflit, à savoir que la nation considère toujours la Palestine comme sa première cause, et que la population de la nation, même découragée, est toujours capable de se reprendre et de se mobiliser de façon importante en un temps record, de faire face aux problèmes réels et aux confrontations sérieuses avec l’ennemi. Cette vitalité inhérente de la nation, reflétée dans certaines circonstances et points chauds, fut un des facteurs et une des causes – selon nos informations – qui ont poussé les pays occidentaux à faire pression sur Israël pour accélérer la fin de la récente guerre à Gaza, par crainte des répercussions du déferlement de colère arabe et islamique et de ses effets vis-à-vis de la réalité politique actuelle et des intérêts occidentaux dans la région.
Il y a eu également des transformations positives importantes ces récentes années dans les prises de position de plusieurs pays arabes et islamiques qui, avec les forces de la résistance, ont créé une situation de pouvoir et d’indépendance croissants, un préjugé favorable envers les efforts de la résistance et les intérêts de la nation, et le refus des conditions et pressions extérieures. Il y aussi des pays réjectionnistes alliés à la résistance, et ils ont fait des progrès remarquables en terme de leur rôle dans la région, aux côtés d’autres Etats arabes qui ont développé leur position et ont exprimé, avec courage et honnêteté, leur soutien à la résistance palestinienne, au choix du peuple palestinien et au choix démocratique exprimé lors des élections de 2006.
Nous avons vu récemment l’émergence du rôle régional de
la Turquie, et son évolution positive vers l’indépendance de sa prise de décision politique et du progrès économique, la promotion de l’expérience démocratique, l’ouverture aux nations arabes et islamiques, l’engagement remarquable et efficace sur la question de la Palestine et les autres problèmes régionaux, et l’adoption de positions fortes et courageuses ; tout ceci indique une transformation dans la région et dans la nation, renforçant la tendance vers une avancée et un changement pour le meilleur.
Il ne fait aucun doute qu’il y a une claire reconnaissance par tous, même ceux qui s’obstinent à le nier, que la stratégie de règlement et de négociations a misérablement échoué et a atteint une impasse, après presque 20 ans de son adoption comme seule option pour la politique arabe officielle globale basé sur une soi-disant « modération ». [Il y a aussi une reconnaissance] que toutes les administrations états-uniennes successives, sur lesquelles les Etats arabes ont compté pour les aider à faire réussir cette stratégie, n’ont rien fait pour eux sauf les embarrasser et les laisser tomber, leur donnant de simples paroles et promesses, et changeant les délais, tout en continuant à donner soutien politique et pratique à l’entité sioniste.
Bien que les tenants de cette stratégie refusent d’admettre publiquement leur échec, de peur qu’un vide se forme résultant de l’appel à une alternative, le travail dans cette région doit absolument conduire chacun à chercher une stratégie alternative plus sérieuse et plus respectueuse d’elle-même, qui sera plus à même de faire face à la réalité posée chaque jour par Israël sur le terrain, au mépris de tous – modérés et non modérés. La politique de l’attente, du gain de temps, de l’adhésion à la politique actuelle, du recours à des options qui ont échoué et de leur reproduction systématique n’est plus faisable ni possible.
En plus, la politique officielle arabe générale semble, malheureusement, incapable de prendre le pas sur les changements dans la région, l’avènement de nouveaux acteurs et le rôle grandissant d’autres acteurs, et les défis conséquents auxquels sont confrontés les Arabes et leur sécurité, leurs intérêts et leurs rôles régionaux – en particulier ceux des principaux pays.
Bien que les Etats-Unis continuent de peser de tout leur poids sur plusieurs pays de la région, un ressentiment caché commence à grandir contre eux dans ces pays. Ceci inclut même ceux qui sont amis avec les Etats Unis, simplement parce qu’ils les laissent tomber et ne les aident pas sur des questions concernant la nation arabe – en particulier en ce qui concerne le conflit arabo-israélien – et font plaisir à l’entité sioniste et à d’autres pays régionaux à leurs frais, ce qui accroît leur embarras en face de leur population, et affaiblit leur capacité à continuer à promouvoir et à défendre la stratégie politique de la modération basée sur les accords et les négociations.
Une des preuves qui renforce notre confiance que l’avenir de la région est en notre faveur est la position de plus en plus faible de l’entité sioniste. Il est vrai qu’elle est toujours en avance d’un point de vue militaire, et que l’équilibre du pouvoir continue de travailler pour elle, mais elle compte aujourd’hui de nombreux échecs. Oui, elle est capable de lancer une guerre, mais il y a longtemps qu’elle est incapable de remporter la victoire.
Tous les faits mentionnés ci-dessous, et ce qu’ils reflètent quelquefois d’amertume et quelquefois de signes prometteurs, avec une prise de conscience croissante parmi les populations de la région – en particulier les populations arabes, avec l’espace médiatique ouvert et l’impossibilité de cacher les faits, avec le retour grandissant des peuples de la nation à leur identité authentique et à leurs racines culturelles arabo-islamiques et leur préoccupation croissante sur la situation actuelle de la nation arabe et sa destinée et son avenir, la sécurité nationale et les rôles régionaux et internationaux et ses questions majeures, à l’avant-garde de laquelle se trouve le conflit arabo-sioniste… Tout ceci, à mon avis, stimule la nation vers un changement réel et important qui est devenu inévitable. C’est ceci qui me rend (moi et ceux qui pensent comme moi) confiant que l’avenir dans les prochaines années sera, si Dieu le veut, à l’avantage de notre nation, nonobstant l’amertume, la souffrance et les inquiétudes actuelles. Cette vision est renforcée par le fait que cette région, comme mis en évidence par les faits historiques, a toujours réussi à reprendre l’initiative et à défaire les forces de l’agression.
L’avenir de l’entreprise sioniste
Au travers de votre lecture du cours de l’entreprise sioniste et de sa réalité actuelle, comment voyez-vous l’avenir de cette entreprise ? Se dirige-t-elle vers la réalisation du « Grand Israël » ou est-elle en déclin et en régression ?
Les données factuelles renforcent la conviction que l’entreprise sioniste n’a aucun avenir dans la région. Il y a un réel déclin de cette entreprise, dont l’expansion fut une caractéristique importante, et elle n’est plus en mesure de poursuivre sur cette voie. La construction du mur (tout en reconnaissant ses répercussions négatives sur le peuple palestinien) et le retrait du Liban sud et de
la Bande de Gaza ne sont que des exemples pratiques de son déclin et de sa régression.
Israël, qui avait l’habitude de déclarer la guerre à ses voisins et à gagner facilement, était capable d’attaquer ses ennemis et de frapper partout ; aujourd’hui il a son centre comme champ de bataille de la résistance palestinienne. C’est un phénomène qui se répète. Le soi-disant “front intérieur israélien” est maintenant menacé dans chaque guerre ou confrontation et paie le prix des aventures de ses dirigeants. De plus, la classe au pouvoir en Israël aujourd’hui – et au niveau de nombreux dirigeants militaires, politiques et sécuritaires – n’a plus la capacité de la première génération qui a construit cette entité, ni la volonté de combattre qu’elle avait, sans parler de la corruption rampante de la classe dirigeante, un nombre croissant de suicides, le refus du service militaire et la performance déclinante des institutions sécuritaires.
Israël n’a pas gagné de vraie guerre depuis 1967, à part l’invasion de Beyrouth en 1982. C’est un indicateur important du déclin des capacités de l’entreprise sioniste, et le fait qu’elle n’a aucun avenir. A mon avis, le projet de « Grand Israël » est fini, simplement parce que l’ennemi sioniste n’est plus capable de le réussir, et parce qu’Israël continue dans la même voie que celle de l’Afrique du Sud de l’apartheid. C’est une conviction grandissante pour de nombreux hommes politiques et observateurs neutres.
Plus de 60 ans après l’établissement de cette entité, et quand la rue israélienne s’interroge non pas seulement sur la sécurité d’Israël, mais aussi sur son futur et son destin, c’est un développement important et grave. Quand la communauté israélienne questionne le fondement de son existence et son avenir, et la faisabilité de son entreprise, c’est que le compte à rebours a commencé, si Dieu le veut.
Dire ceci n’est cependant pas suffisant ; ce qu’il faut, c’est construire dessus. Nous n’appelons pas à une sous-estimation de la force et des capacités de l’entité sioniste (car il est important de ne pas sous-estimer son ennemi) qui a toujours de nombreux éléments de puissance.
Néanmoins, cette lecture et cette vision réalistes, basées sur beaucoup de facteurs et d’indicateurs, doivent nous pousser à ne pas succomber aux menaces et aux exigences israéliennes pour un règlement politique, et à ne pas traiter avec l’entreprise sioniste comme destin inévitable. L’option et l’alternative réelles à la politique de soumission et à l’état d’impuissance, à attendre et à s’enliser dans des négociations, sont la résistance. Le peuple palestinien est capable, si Dieu le veut, de continuer à résister, mais il a besoin du soutien et de la participation de la nation.
Le débat existe parmi beaucoup d’acteurs internationaux pour savoir si Israël constitue toujours un atout pour les intérêts occidentaux dans la région ou non. Pensez-vous qu’il y ait une chance que certaines parties internationales reconsidèrent l’utilité de continuer à soutenir l’entité sioniste ?
L’un des points forts d’Israël fut sa capacité à se promouvoir en Occident comme faisant partie de la civilisation européenne et comme son extension, portant ses valeurs, son mode de vie et son système politique de gouvernance démocratique. Il avait aussi coutume de se présenter comme une victime du nazisme pour s’attirer la sympathie occidentale. Aujourd’hui, Israël n’est plus dans cette situation, en particulier après le Rapport Goldstone, ses crimes pendant la guerre à Gaza et au Liban avant, et ses crimes contre
la Flottille de la Liberté, car ses agressions ont touché des centaines de nationaux venant de dizaines de pays, dont des pays occidentaux. Aujourd’hui, Israël vit dans un état d’exposition, et dans une situation où la justification morale qu’il avait l’habitude de clamer et de promouvoir auparavant est ébranlée. Israël tombe d’un point de vue moral, et son véritable visage hideux est dévoilé. C’est un développement très important.
L’étreinte occidentale d’Israël a subi un grand choc, surtout parmi les populations et les élites occidentales, à cause de ses crimes haineux et aussi de la détermination palestinienne qui l’expose pour ce qu’il est, et met en exergue la juste cause palestinienne et son visage humain. Les négociations permettront à Israël de polir son image pour des objectifs de relations publiques. Lorsqu’Israël perd sa couveuse internationale, il subit une lourde perte parce qu’il ne fait pas authentiquement partie de la région, mais il survit plutôt grâce au soutien de la communauté internationale, en particulier de l’Occident. La mentalité occidentale, d’un côté, glorifie la force, l’adore et fonde sur elle sa politique. Aujourd’hui, l’entité sioniste n’apparait plus, pour l’Occident, capable d’imposer ce qu’elle veut dans la région, et ceci signifie que la confiance occidentale dans la capacité de cette entité à imposer par la force ses désirs dans la région s’érode. Ceci a sans aucun doute changé l’image d’Israël et son rôle fonctionnel en Occident, passant d’un investissement intéressant à un fardeau onéreux ; ceci aura de plus en plus d’impact sur l’interaction occidentale avec l’entreprise sioniste à l’avenir.
Tous ces facteurs démontrent le vieillissement prématuré de cette entreprise. Habituellement, lorsque la sénescence apparaît de bonne heure dans une structure physique, cela indique un point faible dans le développement et l’immunité, ainsi qu’un environnement de rejet qui a provoqué ce vieillissement. Sans le moindre doute, la fermeté et la résistance palestiniennes, et la détermination et le soutien de la nation, ainsi que les confrontations continues avec l’entreprise et le non-alignement sur sa volonté, ont dénoncé cette entreprise et ses vices. Par conséquent, elle a vieilli tôt et n’est plus capable de mener les mêmes aventures et d’engranger les mêmes succès que par le passé. En bref, l’entreprise sioniste, comme toutes les autres entreprises d’occupation, de colonisation de peuplement et d’agression à travers l’histoire, n’a aucune légitimité parce qu’elle est étrangère à notre région et manque des éléments de survie. Elle se terminera donc comme toutes les autres entreprises similaires.
Nous sommes une grande nation, fiers de nous, de notre religion, de notre terre, de notre histoire, de notre culture et de notre identité, avec
la Palestine et Jérusalem comme cœur battant et indicateur de nos vies et de notre survie. C’est pourquoi nous ne tolèrerons pas l’entité sioniste encore longtemps et nous la vaincrons, tout comme nous avons vaincu les Croisades et l’avancée mongol par le passé.
« Ainsi faisons-Nous alterner les jours (bons et mauvais) parmi les gens, afin que Dieu reconnaisse ceux qui ont cru, et qu'Il choisisse parmi vous des martyrs - et Dieu n'aime pas les injustes. » (Sourate 4, verset 140).

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2  Annexe

2-1 Netanyahou : Le mouvement international de solidarité avec le peuple palestinien est une des trois "menaces stratégiques majeures"

Communiqué suite aux attaques récentes contre le CICP, le MRAP et l'appartement du président de Génération Palestine

Qui veut la peau de notre solidarité ?

Dans la nuit de samedi à dimanche 19 septembre, le CICP (Centre International pour les Cultures Populaires) a été cambriolé.

Les portes des bureaux de plusieurs associations ont été fracturées, ordinateurs portables et caisses ont été dérobés. La nuit suivante, la devanture du MRAP (Mouvement contre le Racisme et pour l'Amitié entre les Peuples) a été aspergée d'essence.

Lundi 20, l'appartement d'Omar Alsoumi, président de Génération Palestine, a été cambriolé à son tour. Au total, les préjudices financiers s'élèvent à plus de 10.000 €.

Le CICP est le siège de nombreuses associations de solidarité internationale et de défense des droits humains. Il héberge notamment les bureaux de l'AFPS (Association France Palestine Solidarité), l'UJFP (Union Juive Française pour la Paix), la CCIPPP (Campagne Civile Internationale pour la Protection du Peuple Palestinien), Génération Palestine et de "BDS France". Le MRAP recueille les fonds pour la campagne "Un bateau pour Gaza" impulsée par le Collectif National pour une Paix Juste et Durable entre Palestiniens et Israéliens", qui regroupe 40 associations et organisations syndicales et politiques.

Ces trois évènements se sont produits en l'espace de 36 heures. Il nous est très difficile de croire à un concours de circonstances. En tout cas, nous prenons ces actes très au sérieux.

Le premier ministre israélien Benjamin Netanyahou définissait le mouvement international de solidarité avec le peuple palestinien comme une des trois "menaces stratégiques majeures" prioritaires pour son gouvernement. Ron Dermer, un de ses principaux conseillers, affirmait en juillet dans une interview au Jerusalem Post : "le gouvernement israélien va consacrer davantage de temps et de ressources humaines pour combattre ces ONG" (*).

Des groupes qui soutiennent le gouvernement extrémiste israélien multiplient actuellement les procès contre les militants de la campagne pacifique pour le Boycott, le Désinvestissement et les Sanctions contre l'occupation et la colonisation israéliennes. Des voix, au sein du gouvernement français, se sont élevées pour traiter de "criminels" les appels à ces actions non-violentes de citoyens mobilisés pour la paix et le droit. Nous avons déjà dénoncé l'injustice de ces positions.

Aujourd'hui, nous l'affirmons avec force, les criminels ne sont plus seulement ceux qui violent les droits humains des Palestiniens. Ce sont aussi ceux qui voudraient, par l'intimidation et la menace, faire taire la société civile française mobilisée pour l'application du droit international.

Le gouvernement français doit clarifier sa position : contre la colonisation et les crimes de guerre israéliens et pour la défense de la démocratie et les droits des citoyens. Nous nous battrons pour le respect du droit à l'expression de notre solidarité.

GP

Post-Scriptum :

Avant toute chose, ABNA PHILISTINE (ENFANTS DE LA PALESTINE) dénonce avec la plus grande fermeté ces exactions et apporte sa pleine solidarité aux associations et personnes qui en ont été victimes. Ces actions sont signées. Elles sont sans hésitation l'œuvre des factions extrémistes pro-israéliennes qui en France et dans d'autres pays ont à cœur depuis plusieurs années de terroriser le mouvement de solidarité avec la Palestine. Les moyens mis en œuvre jusque là pour intimider consistaient en des tags injurieux, des agressions physiques à l'encontre de personnes, des tentatives violentes d'empêcher la tenue de réunions publiques, tout cela orchestré par des milices sionistes à l'impunité judiciaire légendaire comme le Bétar ou la Ligue de Défense Juive. Ces dernières semaines, afin de tenter d'enrayer la campagne de boycott international d'Israël, ces mêmes inconditionnels de l'État sioniste tentent de faire poursuivre en justice des personnes agissant dans le cadre de BDS, comme notre amie la sénatrice Alima Boumédienne à laquelle nous signifions toute notre solidarité. Et puis ces derniers jours, un nouveau pas a été franchi avec ces cambriolages qui dénotent d'un sentiment d'impunité grandissant de la part de ceux qui les ont perpétrés. Il est clair que ceux-ci se sentent encouragés par la politique résolument pro-israélienne des gouvernements français et européens en général. Entre autres par leur scandaleuse indolence face à l'assassinat délibéré des militants turcs de la flottille de la paix pour Gaza. Où les partisans de l'État colon Israël s'arrêteront-ils ? Quelles sont les complicités des nervis sionistes avec cet État terroriste et au sein même du gouvernement français pour faire preuve d'une telle audace ?

Rédaction Enfants de (la) Palestine,

mardi 28 septembre 2010

 http://www.enfantsdepalestine.org:80/ar,1385



Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières,les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

" Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19


18/09/2010

n°549 - Les Dossiers 'Géopolitique et stratégie' de Palestine - 13-09 - : Début :- : "Nous sommes plus proches que jamais d'Al Qods".

n°549 - Les  Dossiers   'Géopolitique et stratégie' de  Palestine - 13-09 - : Début :- : "Nous sommes plus proches que jamais d'Al Qods".


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549 du 13-09

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d) sur le site : www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

  

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Sommaire

1 Analyse - Géopolitique et stratégie – Réflexion.

1-1 Israel Shamir : Le truc génial à faire.

1-2 Alain Faujas : Le PIB par Palestinien est inférieur de 30 % à ce qu'il était en 2000.

1-3 Pierre-Yves Salingue : A quoi sert Salam Fayyad ?

Suite

1-4 Pierre-Yves Salingue : Les fantassins français de Salam Fayyad.

1-5 Yahia Gouasmi : L'influence du lobby pro-israélien aux États-Unis. Et en France... ?

Fin

1-6 Sayed: "Nous sommes plus proches que jamais d'Al Qods".

2 Annexe

Est-ce qu’Israël dirige les Talibans ?

2-2 Gordon Duff : Les attentats du 11 septembre vus par une conspirationniste.

Pièce Jointe

Gilles Devers : Les réfugiés palestiniens et le droit au retour.



1 Analyse - Géopolitique et stratégie – Réflexion.

Ndlr : La publication de l'article ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information

 

1-1 Israel Shamir : Le truc génial à faire.
L’Etat Unique n’est absolument pas une vision apocalyptique de Fin du Monde. C’est parfaitement faisable, et ce serait une évolution mutuellement bénéfique.

Les partisans juifs nationalistes d’un Seul Etat devraient être encouragés à nous rejoindre.

- « Non : tu dois finir ET ta viande ET tes légumes ; ne trie pas le fromage de ton sandwich et ne laisse pas le pain dans ton assiette » : c’est ce que nous disons à un enfant difficile qui tente de nous mener en bateau et de ne manger que ce qu’il veut en attendant le dessert. Choisir et picorer est une habitude déplorable, à la table familiale.

Cela vaut pour les colons israéliens et pour les juifs nationalistes, tout aussi bien. Enfin – ils ont mis le temps ! -, ils commencent à reconnaître les avantages de l’Etat Unique entre la Mer et le Jourdain, au lieu d’avoir un ghetto juif et des bantoustans arabes…

C’est ce que le journaliste du Haaretz Noam Sheizaf nous dit dans un article au titre éloquent de Fin de Partie. Parmi les nouveaux adeptes de l’Etat Unique, l’on trouve le président de la Knesset Rubi (Reuven) Rivlin, qui a dit : « Il est préférable, pour les Palestiniens, de devenir des citoyens de l’Etat (israélien), plutôt que nous divisions le pays », et l’ancien ministre de la Défense Moshe Arens, qui est prêt à accorder la citoyenneté israélienne aux Palestiniens vivant en Cisjordanie. Ce sont des poids lourds de la politique israélienne, et ils sont (semble-t-il)  soutenus par d’autres membres du Likoud, comme la députée Tzipi Hotovely et des colons de première bourre comme Uri Elitzur, des rabbins comme le Rav Froman, de Tekoa, ainsi, dans une certaine mesure, que par l’icône des colons Hanan Porat.

Ils évoquent l’idée d’accorder aux deux millions et demi de Palestiniens de la Cisjordanie la citoyenneté israélienne et tous les droits qui vont avec. C’est là un pas dans la bonne direction, qu’il faut encourager. Cela ne suffit assurément pas, mais, comme premier pas, c’est pas mal. Toutefois, certains de ces juifs veulent picorer et choisir. Ainsi, Adi Mintz, ancien directeur du Yesha Council, voudrait qu’Israël annexe 60 % de la Judée-Samarie, dont les 300 000 habitants palestiniens se verraient accorder la citoyenneté israélienne. C’est trop peu, trop tard. Un tel projet, qui semble sortir de la cervelle d’un lièvre, n’a aucune chance d’être considéré acceptable par les Palestiniens, ni d’ailleurs par aucune personne se respectant, où que ce soit.

 « Si vous voulez les terres, alors prenez-les, mais avec ceux qui y vivent », avait répondu Glubb Pasha, en 1948. Le commandant de la Légion Arabe se voyait contraint de concéder la Vallée d’Ara aux juifs ; les juifs voulaient – déjà, à l’époque, comme maintenant – avoir les terres, sans les Palestiniens. Glubb refusa. Finalement, les juifs cédèrent, et les habitants du Wadi Ara restèrent chez eux, reçurent la nationalité israélienne et prospérèrent. Voilà ; ça, ça pourrait servir de modèle. Mais pas le « et vas-y que je picore, et vas-y que je choisisse ». Sinon, le reste de la Palestine se retrouvera avec beaucoup de monde enfermé dans de minuscules enclaves.

Toute la Palestine et tous les Palestiniens qui y vivent – c’est là un minimum faisable, dans un premier temps. C’est bien moins que ce que les Palestiniens revendiquent ; en effet, ils veulent, tout à fait raisonnablement, voir les réfugiés rentrer du Liban, de la Syrie et de la Jordanie. Les Palestiniens veulent aussi recouvrer les biens qu’ils ont perdus à cause de lois racistes, en particulier à cause de la Loi sur les Propriétaires Absents. Toutefois, ces exigences pourraient être débattues avec plus de profit dès lors qu’il y aurait de quatre à cinq millions d’électeurs palestiniens, en Israël…

Même les nationalistes juifs les plus éclairés et les plus conciliants ne veulent pas s’emparer de Gaza, car la bande de Gaza, ça représente peu de terres et beaucoup de Palestiniens. Cela compromet, bien sûr, une véritable solution, mais l’absorption de la totalité de la Cisjordanie, avec la totale citoyenneté accordée à tous ses habitants, serait probablement acceptable, comme premier pas dans la bonne direction. En même temps, la réintégration de Gaza pourrait commencer et demander, disons, un an ou deux ; à la fin de cette période, Gaza serait totalement intégrée et ses habitants jouiraient, eux aussi, d’une citoyenneté totale.

Est-ce là quelque chose de réellement faisable, ou bien sommes-nous, là encore, en présence d’un énième exemple de distorsion sioniste implantée dans notre discours afin de semer la confusion, comme l’a écrit notre ami Gilad Atzmon ? Il faut y aller prudemment, à mon avis. L’Etat Unique est bon pour les Palestiniens, et ils sont une majorité à le préférer à la soi-disant « indépendance » sous la houlette de Mahmud Abbas, et même d’Ismaël Haniyyé. Toutefois, l’Etat Unique est bon, aussi, pour les juifs, et pas seulement pour les Palestiniens. C’est bon pour le business israélien. C’est bon pour un demi-million de colons juifs qui pourraient rester chez eux. C’est bon pour les juifs orientaux, qui seraient réintégrés dans leur milieu arabe natal. C’est bon pour les Russes, qui sont, de toutes les manières, considérés comme des « juifs de seconde catégorie ». C’est bon pour les juifs honnêtes, car ils y trouveront la tranquillité d’esprit. Leur psychose de la persécution, peut-on espérer, finirait par se dissiper. Bref, les juifs ne regretteraient pas outre-mesure le changement, exactement de la même manière que les Sud-Africains n’ont aucune nostalgie pour l’époque de l’apartheid. La paix avec les voisins permettra une intégration totale dans la région (du Moyen-Orient) et, généralement, l’intégration est une bonne chose, pour les juifs. 

L’Etat Unique n’a rien d’une vision apocalyptique de Fin du Monde. C’est une évolution parfaitement faisable et bénéfique. Pourquoi cela ne s’est-il pas produit jusqu’ici, c’est une question de psychologie, plutôt que de Realpolitik. Traditionnellement, les juifs ont toujours été contre les mariages mixtes, depuis l’époque d’Ezra, qui chassa tous les couples mixtes de l’Etat juif naissant. En dépit du déclin de la religiosité juive, les juifs nationalistes ont hérité ce trait. Le nationalisme juif s’est constitué au 19ème siècle ; les juifs nationalistes (les juifs « fiers de l’être ») partagent l’horreur du mélange racial d’Hitler et redoutent la dissolution de leur « race pure et sans tache ». Ils croient, et ils ont raison, qu’une coexistence pacifique encouragera les mariages mixtes, qui dilueront le précieux sang juif, la précieuse race juive, le précieux ADN juif ; appelez ça comme vous voudrez. De fait, aux Etats-Unis, en Russie et en Europe, les mariages mixtes représentent plus de 50 % des unions. Si la guerre est le seul moyen d’empêcher les mariages mixtes, alors, choisissons la guerre, concluent-ils. La guerre est bonne, car « elle empêche la société israélienne de se désagréger », a dit l’historien israélien Ilan Pappe.

Ce judaïsme guerrier de type national-socialiste est dépassé, il a été sapé, d’une part, par l’américanisation de l’Israël de la ligne verte et, d’autre part, par l’influence du terrain. Les colons, des gens insupportables, vivent à proximité des endroits les plus charmants et délicieux en Palestine. Il n’est donc pas surprenant qu’aux yeux de certains d’entre eux les terres soient devenues plus importante que le sang. Non seulement le sang à verser, mais aussi le sang à mélanger. D’ailleurs, le propriétaire du quotidien Ha’aretz, Amos Shocken, a écrit un texte défendant l’intégration totale et l’assimilation mutuelle des juifs et des Palestiniens. Le livre pionnier de Shlomo Sand, Comment le peuple juif a été inventé, qui dézingue le concept d’une race juive pure et ancestrale, a eu un succès énorme auprès des juifs israéliens, qui sont apparemment prêts à recevoir ce message.

Un lecteur étranger pourrait être surpris par le soutien apporté par les nationalistes juifs à cette idée (de l’Etat Unique) que la gauche sioniste israélienne rejette avec une telle véhémence. Toutefois, pour nous, les Israéliens, cela n’a rien d’étonnant, à la lumière de l’effondrement organisationnel et moral de la gauche sioniste, ces dernières années. Après tout, c’est la gauche sioniste qui nous a donné la Nakba, sous Ben Gourion, et un tas de colonies, sous Rabin et Barak. C’est la gauche sioniste qui a aussi inventé le Mur et le slogan d’apartheid : « Nous chez nous, et eux chez eux ! »

Ali Abunimah nous a à juste titre rappelé qu’« en Afrique du Sud, ce n’était pas les détracteurs de l’apartheid traditionnels blancs progressistes qui ont supervisé le démantèlement du système, mais bien le National Party, c’est-à-dire le parti qui avait lui-même instauré l’apartheid ». De fait, le ‘libéralisme’, au sens de ‘progressisme’, ne mène nulle part, et il en va de même de l’attitude hypocrite de la gauche. Il y a certes, chez les colons, des éléments parfaitement imbuvables, mais ils ne sont pas pires que l’Israélien moyen. Beaucoup d’entre eux sont même tout à fait humains. Leurs voisins palestiniens en sont conscients. De fait, Raja Shehadeh conclut ses merveilleuses Promenades en Palestine par une rencontre charmante avec un jeune colon qui était descendu au bord d’une rivière pour sa fumette. Shehadeh et le colon se passent et se repassent le joint, comme un calumet de la paix.

Gilad Atzmon et Ali Abunimah affirment l’un comme l’autre que les nationalistes juifs se sont juré de maintenir un « Etat démocratique juif », par opposition à un « Etat pour tous ses citoyens ». Ce n’est que trop vrai. Un Etat juif démocratique, cela signifie un Etat démocratique pour les juifs et juif pour tous les autres. Toutefois, Lincoln et ses contemporains, qui affranchirent les esclaves, ne s’attendaient pas à ce qu’un Noir deviendrait,  un jour, Président des Etats-Unis, et pourtant, c’est arrivé, grâce à la dynamique qu’ils ont enclenchée. De même, dans le cas qui nous occupe, que des millions de Palestiniens s’inscrivent sur les registres électoraux : dès lors, ces petits problèmes seront réglés.  

Il faut que nous encouragions les partisans juifs nationalistes de l’Etat Unique à nous rejoindre. Le temps est peut-être venu d’organiser une Conférence pour un Seul Etat, comme nous l’avons fait, voici quelques années, à Lausanne. Mais, cette fois-ci, avec des colons et des gens du Hamas, et avec tous les autres, tous ceux, quels qu’ils soient, qui veulent vivre dans une Seule Palestine, une Palestine Complète, pour reprendre les termes utilisés par Tom Segev.

Source et traduction : Marcel Charbonnier

Samedi 24 juillet 2010

http://www.palestine-solidarite.org:80/analyses.Israel_Shamir.240710.htm


1-2 Alain Faujas : Le PIB par Palestinien est inférieur de 30 % à ce qu'il était en 2000.

La lecture du rapport de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced) publié mardi 31 août sur l'assistance apportée en 2009 au peuple palestinien ne rassure pas sur l'état de santé économique de celui-ci.

Et ce, malgré des statistiques presque flatteuses annonçant une croissance en hausse de 6,8 % et un taux de chômage en baisse de 1,6 %.
Selon le rapport, ces chiffres ne traduisent "en aucune manière une reprise". Les problèmes de sécurité alimentaire "restent omniprésents et sont particulièrement graves à Gaza où 60 % de la population sont touchés".

Après une année 2008 marquée par la crise économique, l'amélioration aurait dû être plus substantielle si les acteurs économiques palestiniens n'avaient été pénalisés par les bouclages pratiqués par les autorités israéliennes, par la dégradation de l'appareil productif et par l'obligation de recourir à des devises étrangères (shekel, dollar ou dinar jordanien) qui rendent prohibitifs les coûts des transactions.

Mais la construction du mur de séparation, l'implantation de nouvelles colonies israéliennes et la confiscation des terres palestiniennes ont fait aussi sentir leurs effets délétères.

Le taux réel de chômage dans les territoires occupés serait de 30% et le produit intérieur brut (PIB) par habitant y demeure inférieur de 30 % à ce qu'il était en 2000, avant l'Intifada. Selon les auteurs, "la situation est bien pire à Gaza [+1 % de croissance] qu'elle ne l'est en Cisjordanie [+8,5 %], où l'économie souterraine et informelle a connu un essor sans précédent pour compenser l'effondrement du secteur productif".

UN TERRITOIRE CORSETÉ

L'économie des territoires occupés est largement dépendante de celle d'Israël.

Leur déficit commercial à l'égard de leur plus proche voisin représente 65 % de leur déficit total. Il a atteint 2,6milliards de dollars (2 milliards d'euros) en 2009, soit un chiffre supérieur aux 2,4 milliards de dollars d'aide internationale versés annuellement aux Palestiniens. Cette aide profite donc indirectement et en priorité… à Israël.

Le rapport affirme que – quoique "vitale" – l'aide des donateurs au peuple palestinien "ne sera économiquement efficace que lorsque les autorités israéliennes lèveront les mesures de bouclage et le blocus de Gaza". Deux calculs le prouvent. D'abord, l'addition des coûts indirects de la guerre, du blocus de Gaza et des bouclages en Cisjordanie se situe entre 600 et 800 millions de dollars par an, soit 13 % du PIB. Si l'on y ajoute les coûts des dégâts causés par l'intervention militaire israélienne à Gaza en 2008-2009, les pertes totales s'élèvent à 3,1 milliards de dollars pour la période 2008-2010.

D'autre part, la Cnuced a calculé qu'une injection de 1,6 milliard de dollars d'aide à l'investissement public entre2010 et 2012 entraînerait une hausse annuelle du PIB palestinien inférieure à 1 % en moyenne, si le corset sécuritaire était maintenu tel quel.

En revanche, la même somme dépensée, cette fois, dans un contexte d'apaisement avec levée du blocus de Gaza et assouplissement du bouclage de la Cisjordanie générerait une croissance annuelle de 14 % et pourrait créer 80 000 emplois par an.

Alain Faujas

Article paru dans l'édition du 02.09.10


1-3 Pierre-Yves Salingue : A quoi sert Salam Fayyad ?

La Collaboration en Palestine (1/3)

En Cisjordanie, transformée en bantoustan palestinien, un président dont le mandat a expiré a nommé un Premier ministre, Salam Fayyad, sans le faire investir par le Conseil législatif. M. Fayyad a formé un gouvernement fantoche dont les forces de sécurité sont commandées par un général états-unien et dont les institutions économiques sont placées sous tutelle. A quoi sert donc cette pathétique mise en scène, s’interroge Pierre-Yves Salingue.

Ali Abunimah, fondateur et éditorialiste du site Electronic Intifada, a récemment publié un article critiquant ce qu’il nomme « la fausse (ou hypocrite) campagne de boycott de l’Autorité Palestinienne ».

Il y accuse notamment Salam Fayyad, le « Premier ministre non élu basé à Ramallah », de vouloir torpiller la campagne de BDS et aussi de tenter de récupérer les actions de terrain de la « résistance populaire ».

Peu de temps avant, Jamal Juma, coordinateur palestinien de la campagne contre le mur (Stop the Wall), avait déclaré que « l’Autorité Palestinienne cherchait à paramétrer la résistance pacifique contre le mur d’apartheid en fonction de sa propre vision pour en prendre le contrôle ».

Au même moment, Mousa Abu Maria, coordinateur de Palestine Solidarity Project et animateur du comité populaire de Beit Ommar, arrêté tour à tour par l’armée israélienne et par la police de l’Autorité, analysait le soudain intérêt de l’Autorité Palestinienne pour la résistance populaire non violente comme « une offre voilée de Fayyad pour prendre le contrôle d’un mouvement populaire ».

Ces quelques exemples illustrent une réalité qui ne fait pas mystère en Cisjordanie. Là-bas, nombreux sont ceux qui ont compris que le contrôle des actions de « la résistance populaire » est devenu un enjeu politique important.

Le « libéral » issu d’un coup de force

Salam Fayyad a été fourni clés en mains par le gouvernement états-unien et les différents pays « donateurs » qui l’ont imposé à Arafat en qualité de ministre des Finances en 2002.

Nul ne devrait remettre en cause sa volonté de servir ses compatriotes : après des études en université américaine et quelques années passées à la Banque mondiale, il a mis en pratique son « droit au retour » en acceptant en 1995 la responsabilité de « représentant du FMI » dans les Territoires de l’Autonomie Palestinienne.

En 2007 il a été désigné Premier ministre par Mahmoud Abbas qui venait de tenter un coup de force contre le Hamas à Gaza avec son acolyte Mohammed Dahlan. Après la débandade de leurs forces financées par les USA, Abbas a décrété l’Etat d’urgence, a assisté sans mot dire voire a encouragé le durcissement du blocus de Gaza et l’arrestation des membres Hamas du Conseil législatif où ils étaient majoritaires.

Celui qu’on nous présente parfois comme un « libéral » n’a éprouvé aucun état d’âme à profiter d’un putsch pour prendre la place du Premier ministre élu par la majorité Hamas du Conseil législatif palestinien.

Depuis 3 ans, alors que sa liste n’ avait obtenu que 2,4 % des suffrages lors des élections remportées par le Hamas, il est le « Premier ministre » d’un gouvernement qui n’a jamais été ratifié par un vote du Conseil législatif palestinien et il a été nommé par un « président » dont le mandat est achevé depuis 18 mois !

Curieusement, ses nombreux admirateurs occidentaux ne semblent pas choqués par ce « léger » déficit de légitimité démocratique !

Construire un Etat sous occupation ?

Le plan prêté au nouveau sauveur des Palestiniens est le suivant : eu égard à l’impasse des négociations, l’Autorité modernisée par Fayyad va faire la démonstration du sérieux palestinien sur le terrain et, à un moment donné, il apparaitra clairement aux yeux de la communauté internationale que le seul obstacle au règlement du conflit, c’est l’occupation… [1]

Naïveté ou soumission ? Voici ce qu’en dit Bernard Sabella, un membre du Conseil législatif proche de Fayyad : « L’insistance sur la non-violence chez nous, les Palestiniens aujourd’hui, est en accord avec le plan de M. Fayyad pour arriver à une position où la communauté internationale va regarder la Palestine et dire : Voilà, les Palestiniens sont bien développés dans leurs institutions, et même dans leur mentalité. Alors, pourquoi ne pas leur reconnaître un État ? »

Fayyad affirme qu’il sera alors en capacité de forcer la main de la communauté internationale pour exiger la conclusion d’un accord mettant un terme à l’occupation de 1967.

Il y aurait donc désormais deux options dans la recherche de la reconnaissance de l’Etat palestinien : celle d’Abbas axée sur la poursuite des négociations et fondée sur l’espoir d’un changement d’attitude du gouvernement des USA ; et celle de Fayyad consistant à agir sur le terrain pour établir les fondations économiques sans attendre la création de l’Etat.

En réalité ces deux attitudes ne sont nullement contradictoires. Abbas et Fayyad sont deux étoiles jumelles qui unissent leurs efforts dans l’espoir que la communauté internationale va leur octroyer « un Etat » et tant pis s’il s’agit d’un bantoustan totalement soumis économiquement à l’économie israélienne, sans souveraineté et principalement voué au contrôle policier des Palestiniens. Et tant pis aussi si cet « Etat » sert demain de justification à l’oubli de la question palestinienne qui sera réduite à quelques épisodes d’un banal « conflit frontalier entre deux Etats voisins » !

Fayyad sait que la combinaison de la structure des accords d’Oslo et de l’occupation militaire israélienne rend l’Autorité totalement dépendante d’Israël et que c’est toujours l’intérêt de l’Etat sioniste qui commande.

Le flic et le banquier : au service de la paix pour le Capital

Keith Dayton est un général de l’armée de terre US. Il dirigea l’Iraq Survey Group, dont le rapport final conclut que les armes de destruction massives de Saddam Hussein existaient bien, mais qu’elles ont été sorties d’Irak avant que le pays ne soit attaqué, et qu’on en a perdu la trace. En décembre 2005, il a succédé au général William Ward comme coordinateur de sécurité entre l’Autorité Palestinienne et Israël. A ce poste, il est le commandant de facto des forces de sécurité de l’Autorité palestinienne.

Si le blocus financier a été levé et si le quadrillage militaire s’est un peu allégé en Cisjordanie, c’est parce que le maintien sur place des forces d’occupation israéliennes et la participation active des collaborateurs palestiniens, notamment dans l’action répressive des forces policières palestiniennes placées sous le commandement du général états-unien Keith Dayton, le permettaient.

Comme Dayton l’a expliqué, l’USSC (United States Security Coordinators — Equipe états-unienne de coordination de la sécurité) est là « non pas pour apprendre à combattre Israël, mais pour maintenir l’ordre et la loi, respecter tous les citoyens et faire régner la loi afin qu’ils puissent vivre en sécurité et en paix avec Israël. »

La mission de cette force policière est avant tout le contrôle de tout mouvement populaire. Certains commentateurs occidentaux n’ont pas manqué de noter la faiblesse des manifestations de protestation des habitants de Cisjordanie lors de l’agression meurtrière contre Gaza fin 2008.

Là encore Dayton explique :

« Pendant cette période, les Israéliens ont gardé un ’profil bas’ ; chaque jour, ils se coordonnaient avec les forces de sécurité palestiniennes. Par exemple, le commandant palestinien appelait le commandant israélien pour lui dire ’’Une manifestation se déroulera du point A au point B. Elle passe près du check-point de Bet El. Nous apprécierions si, pendant deux heures, vous pouviez quitter le check-point afin que nous puissions contrôler la manifestation, ensuite vous pourrez reprendre position.’’

Dayton rapporte ensuite les propos d’un officier israélien : « L’USSC est en train d’accomplir un travail formidable. Plus les Palestiniens feront le boulot et moins nous devrons le faire ». [2]

La mission première de Fayyad ne devrait faire aucun doute : il est là pour contribuer à réunir les différentes conditions favorables à la liquidation de toute résistance authentique, quelle qu’en soit la forme, violente ou non violente.

Il n’est évidemment pas seul à la manœuvre et bénéficie de l’appui encore nécessaire de Abbas, du soutien contraint et pas toujours enthousiaste du Fatah et de la complicité plus ou moins discrète de dirigeants d’ONG dont la survie dépend de l’USAID ou de l’argent de Fayyad.

Quant à la « gauche palestinienne », elle semble n’avoir comme seule stratégie que réclamer l’unité et la réconciliation, refusant d’admettre que, dans les présentes circonstances, toute réconciliation ne pourrait se faire que sur le dos de la Résistance et au détriment des droits fondamentaux du Peuple palestinien.

Fayyad est un jalon important dans la mise en place d’une Autorité dépolitisée, une simple administration de gestion du quotidien des Palestiniens « sous sa forme techniciste éloignée de tout engagement patriotique » [3].

C’est aussi ce que dit Azmi Bishara : « L’ancien officiel de la Banque mondiale, qui se vante d’être pragmatique, offre des solutions au jour le jour à la place d’une cause nationale ».

Pour autant, dans cette « gestion du quotidien », la relative amélioration de certains aspects de la vie des habitants de Cisjordanie, par la levée temporaire de certains barrages à l’entrée des villes palestiniennes et par la permission donnée aux Palestiniens d’emprunter certains segments de routes précédemment réservées aux seuls Israéliens, n’a pas modifié en profondeur la situation des Palestiniens ordinaires dont l’immense majorité ne fréquente pas les dancings de Ramallah où le coca se paye 4 € et ne pourra pas devenir propriétaire d’ un appartement à Rawabi.

Aussi, dans un contexte global d’intensification de la chasse aux militants du Hamas et plus généralement de la répression à l’encontre de tous ceux qui contestent sa politique de complicité active avec l’occupation, Fayyad doit donner le change et ne peut pas être réduit au rôle de collaborateur actif et dévoué de l’occupant.

Neutraliser la résistance populaire

Il a donc décidé d’occuper, pour mieux les neutraliser, les deux terrains où s’exprime aujourd’hui la lutte contre l’occupation en Cisjordanie : d’une part « la résistance populaire » et d’autre part le boycott d’Israël.

Diverses luttes ont été spontanément engagées à partir de 2002 par des villageois confrontés aux premiers travaux de construction du mur (Jayyous, Bil’in…). Elles ont souvent pris la forme de manifestations régulières contre le mur, pour la défense du libre accès aux terres et aux villages de plus en plus cernés par les colonies. Ignorées des principales factions politiques et méprisées par l’Autorité, elles sont restées isolées pendant plusieurs années.

Stop the Wall Campaign, puis l’appel BDS en 2005 ont été les premiers à tenter de relier entre elles ces recherches d’une alternative d’une part à la faillite de la stratégie des négociations de paix et d’autre part à l’impossibilité d’une participation populaire à la deuxième Intifada militarisée. Mais la situation a changé. Les négociations sont devenues inexistantes et l’isolement des actions armées a mené la deuxième Intifada dans l’impasse.

Depuis quelques temps, Stop the Wall et BDS sont confrontés à la concurrence de deux organismes : le Comité national et le Comité de coordination. Le premier a été créé par le Fatah dès 2005 et a été réactivé depuis sa dernière conférence nationale, après l’été 2009. Le second est sous le contrôle du gouvernement de Fayyad et il prétend vouloir organiser l’ensemble des responsables des comités populaires de Cisjordanie.

Fayyad ne lésine pas sur l’utilisation de l’argent et les différents comités populaires ne sont pas logés à la même enseigne dans la distribution ! Comme le dit avec franchise Mohamed Kattib, l’un des leaders du comité de Bil’in soutenu par l’Autorité, « La pression médiatique et l’argent qui a coulé à flot ont créé des tensions. Chacun veut sa part… » [4].

Et puis, la répression des manifestations par l’armée israélienne aboutit à de nombreuses destructions et à des arrestations. Il faut rémunérer des avocats, payer les cautions et les amendes, rendre visite aux prisonniers dans des prisons israéliennes éloignées, etc.

Tout cela coûte cher et celui qui paye entend bien en tirer un avantage politique. On peut le constater en étudiant les déclarations finales des conférences internationales qui se sont tenues à Bil’in ces dernières années. Quand la présence de Fayyad en 2009 et l’absence de l’Autorité palestinienne dans la lutte sur le terrain avaient fait l’objet de critiques acerbes et que la conférence avait alors mis la priorité sur la campagne BDS, 2010 a confirmé l’influence croissante de l’Autorité sur de nombreux comités populaires.

En mobilisant des moyens financiers importants et en n’hésitant pas à user de la répression sélective contre certains dirigeants, avec souvent la complicité active des forces de l’occupation, Fayyad semble avoir réussi là où Mustapha Barghouti et le Fatah avaient échoué dans leurs tentatives de récupération.

En avril 2010 à Bil’in, les porte-paroles de BDS ont assisté à la rétrogradation de leur action au deuxième rang et vu un « boycott des produits israéliens provenant des colonies » se substituer au boycott d’Israël !

Fayyad est donc l’homme orchestre d’un dispositif qui permet de faire des projets de zone industrielle, des projets de développement touristique, qui favorisent le boom de l’immobilier et des commerces de luxe à Ramallah… mais un dispositif qui ne met pas fin à l’occupation et qui n’empêchera pas l’armée israélienne, si elle le décide demain face à une nouvelle révolte populaire palestinienne, de détruire toute cette pacotille dont seule tire profit aujourd’hui une petite élite palestinienne qui ambitionne de trouver sa place dans le projet néolibéral de Grand Moyen-Orient.

La réalisation du plan néolibéral de Fayyad passe évidemment par la liquidation de toute résistance authentique, puisque ce plan intègre l’occupation israélienne comme un état de fait inébranlable. [5]

(A suivre…)

27 -08 - 2010

Pierre-Yves Salingue


n°549 - Les Dossiers 'Géopolitique et stratégie' de Palestine - 13-09 - : Suite :- : "Nous sommes plus proches que jamais d'Al Qods".

n°549 - Les  Dossiers   'Géopolitique et stratégie' de  Palestine - 13-09 - : Suite :- : "Nous sommes plus proches que jamais d'Al Qods".


L'information est une arme au service de la paix. Sa diffusion est un acte de résistance

                 Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources 



Les  Dossiers   'Géopolitique et stratégie' de  Palestine

549 du 13-09

C.De Broeder & M.Lemaire



Vous retrouverez ce journal 

a) sur nos blog : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

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b) sur le site de Eva Resis       :  no-war.over-blog.com

c) sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com  

d) sur le site : www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

  

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Sommaire

1 Analyse - Géopolitique et stratégie – Réflexion.

Suite

1-4 Pierre-Yves Salingue : Les fantassins français de Salam Fayyad.

1-5 Yahia Gouasmi : L'influence du lobby pro-israélien aux États-Unis. Et en France... ?



1-4 Pierre-Yves Salingue : Les fantassins français de Salam Fayyad.

Les partisans européens de la Collaboration palestinienne avec l’Etat d’Israël suivent la même logique que celle qui a conduit les Etats-Unis à imposer Salam Fayyad comme Premier ministre de facto. Ils feignent donc de croire que sa politique reflète un choix des Palestiniens et passent ainsi par pertes et profits les revendications légitimes de tout un peuple.

Dans le second volet de son étude, Pierre-Yves Salingue analyse notamment, à titre d’exemple, le discours biaisé d’un intellectuel français, Dominique Vidal.

Cet article fait suite à 1. « A quoi sert Salam Fayyad ? »

« Solidarité critique » ?

Solidarité critique. Tel est le titre donné par Dominique Vidal à la présentation d’une récente publication de l’AFPS (Association France Palestine Solidarité).

Il y condamne une confusion entre « solidarité et inconditionnalité », écrivant notamment « nous nous sommes interdits d’analyser et de critiquer les aspects négatifs de l’action du Fatah et de l’OLP ». Pour être complet, Dominique Vidal aurait pu noter que cet « interdit » fut largement appliqué à certains qui ne peuvent se reconnaître dans le « nous » et qui osaient critiquer, inévitablement accusés de ne pas respecter « le choix des Palestiniens » quand ce n’était pas de « faire le jeu d’Israël » !

Cette prise de conscience, certes un peu tardive , devrait logiquement préserver des rechutes dans l’erreur similaire. D’ailleurs, usant d’une symétrie un peu sommaire, Dominique Vidal dénonce la répétition de l’erreur avec le Hamas, par « certains, dans le mouvement de solidarité ».

Mais si le soutien du mouvement de solidarité doit aller au Peuple palestinien et non « au Fatah, au Hamas ou à toute autre composante du mouvement national », comment pourrait-il aller à la politique de Fayyad ?

Car si un individu ne représente pas « le choix des Palestiniens », c’est bien lui !

On a rappelé plus haut les conditions dans lesquelles il a été substitué au Premier ministre du Hamas légitimement désigné par la majorité élue au Conseil législatif palestinien et comment il a été imposé à toutes les composantes du mouvement national. Et pourtant, la prudente réserve a fait place à un soutien encore discret.

A son égard, Il n’y a ni hostilité ni défiance et on peut même entendre et lire de curieuses louanges.

Déjà en 2008 à Bil’in, aux côtés de Luisa Morgantini, admiratrice de Fayyad dès la première heure, Bernard Ravenel, alors président de l’AFPS, se félicitait d’avoir pu « voir intervenir et discuter librement, en évitant toute attitude dénonciatrice de l’autre, à la fois des représentants de l’Autorité palestinienne à commencer par le Premier ministre Salam Fayyad... ».

Pas d’état d’âme donc pour rendre hommage à l’employé de l’impérialisme, mis en place à la faveur d’un putsch. Bernard Ravenel se permettait même de regretter l’absence du Hamas « invité mais qui n’a pas répondu », oubliant probablement que suite à l’état d’urgence décrété par Abbas, les militants du Hamas de Cisjordanie étaient pourchassés par les forces de sécurité de l’Autorité Palestinienne et que ses parlementaires étaient dans les geôles israéliennes... Cet emprisonnement permettant d’ailleurs à l’imposteur Fayyad d’être à la tribune !

Ces trois dernières années, nombreuses sont les délégations d’élus locaux, d’associatifs, de femmes, etc. qui n’ont vu aucun problème à rencontrer tel ou tel « ministre » de ce gouvernement sans aucune base constitutionnelle légale, le top étant évidemment de rencontrer Fayyad lui-même.

Les visites diplomatiques sont une chose mais ne valent pas légitimation politique, me dira-t-on. Et bien, pour ce qui est de la légitimation politique, c’est chose faite.

C’est Dominique Vidal qui a délivré le certificat de bonne conduite à Fayyad, avançant progressivement à l’occasion de différentes communications. Dans un rapport présenté devant le Conseil national de l’AFPS en septembre 2009, Dominique Vidal a parlé de l’action de Fayyad comme une des « tentatives » qui se manifestent chez les Palestiniens pour échapper à l’échec de leur stratégie. De Fayyad il dit : « cette tentative peut être appréciée de diverses façons mais il ne serait pas sérieux de la qualifier purement et simplement de "collabo" ». Il note également que Fayyad avait acquis une certaine popularité « grâce aux améliorations apportées à la vie quotidienne en Cisjordanie. »

Quelques mois plus tard, l’image de Fayyad s’embellit. Devant les militants des comités locaux de l’AFPS réunis en mai 2010, évoquant Bil’in symbole de « la résistance populaire non armée », Dominique Vidal commente : « Cette dernière bénéficie du soutien actif du Premier ministre Salam Fayyad qui l’intègre à sa stratégie ».

Plus loin, il explique la popularité croissante de Fayyad par « les améliorations qu’il apporte au niveau de vie et de sécurité en Cisjordanie et en raison de sa gestion de la résistance : boycott des produits des colonies, investissements dans la zone C, etc. »

La porte a été entrouverte et il ne reste plus qu’à s’y engouffrer pour passer au soutien affirmé.

Dans un document public diffusé lors d’un colloque au Palais du Luxembourg en juin, intitulé La résistance populaire non violente en Palestine en 2010 [1], l’AFPS écrit : « Depuis l’été 2009 la résistance populaire est devenue un axe du projet politique du Premier ministre, articulé avec le financement de projets de développement pour aider les Palestiniens à résister en restant sur leurs terres d’une part, le lancement du boycott des produits des colonies et des emplois qu’elles offrent encore d’autre part ».

Plus loin on peut lire : « l’Autorité favorise la coordination de nombreux comités, elle les soutient financièrement... des membres du gouvernement participent aux manifestations, à la plantation d’arbres... Le poids, l’avenir de la résistance populaire s’en trouvent profondément modifiés. »

« Profondément modifiés » en effet ! Car comme l’expliquent différents militants précités, l’engagement de l’Autorité Palestinienne dans la résistance populaire, c’est d’abord pour la contrôler et la canaliser.

Comment est-il possible d’oublier les circonstances de la désignation de Fayyad ?

Comment est-il possible d’ignorer les actions répressives des forces de sécurité palestiniennes, la collaboration active de cette force de police avec les forces de l’occupant pour repérer, pourchasser et arrêter des militants du Hamas, du FPLP etc. ? [2]

Comment peut-on confondre le légitime désir de voir la vie quotidienne s’améliorer un peu avec un soutien populaire à Fayyad ?

Comment peut-on confondre une tentative (pas encore aboutie) de prise de contrôle des comités populaires au moyen de l’argent avec un soutien financier transparent à la lutte ?

Comment peut-on croire à la fable des « projets de développement » sans même se poser la question du développement possible sous occupation coloniale et dans une situation où l’économie locale reste totalement dépendante de celle des occupants ?

Comment peut-on se laisser prendre par le « cinéma » de l’Autorité Palestinienne dans la zone C, quand elle a pendant 15 ans ignoré l’existence des Palestiniens dans cette partie de Cisjordanie que les accords d’Oslo avaient laissés soumis à la seule « administration » de l’armée et de la police israéliennes et qu’il en résulte que ce show est principalement destiné aux médias à la botte et à ceux qui les croient, puisque aujourd’hui à peine 5 % des Palestiniens de Cisjordanie résident encore en zone C ?

Quant aux zones densément peuplées, y améliorer les conditions de survie ne représente aucunement une « troisième voie » et s’adapte parfaitement à la vision israélienne de l’Etat-croupion, morcelé et sans souveraineté.

En réalité ce ralliement honteux est justifié comme l’était le précédent : que voulez-vous, « c’est le choix des Palestiniens ».

Dominique Vidal-Sephiha est un militant sioniste, collaborateur du « Monde diplomatique », dont il fut rédacteur en chef adjoint jusqu’en 2005. Au cours des deux dernières décennies, son journal en général et lui en particulier, se sont efforcés de ne plus présenter Israël uniquement comme un acteur géopolitique, mais de publier des articles sur la société israélienne et ses contradictions. Ce travail de relations publiques vise à faire aimer les Israéliens par un lectorat réputé pro-palestinien. A terme, il s’agit de conduire les lecteurs du soutien aux droits inaliénables du Peuple palestinien au soutien à la politique de collaboration de l’Autorité palestinienne.

L’argument du « choix des Palestiniens »

« Il faut respecter le choix des Palestiniens »

On a beaucoup lu et entendu cette expression, pendant toutes ces années qui ont suivi les accords d’Oslo, quand la marche triomphale à la paix exigeait d’écarter tous les râleurs qui mettaient en garde et parlaient de l’écart qui se creusait entre le discours et la réalité sur le terrain, puis dans les années 2000, après le déclenchement de la deuxième intifada, quand il fallait faire taire celles et ceux qui dénonçaient la futilité des négociations, des rencontres et des projets d’accord « pour la paix » qui masquaient la réalité de la colonisation et du nettoyage ethnique en cours.

La formule péremptoire devait mettre un terme à toute interrogation critique sur la politique mise en œuvre par la direction palestinienne et sur les conséquences en matière de solidarité. L’OLP était « l’unique représentant légitime du Peuple palestinien » et Arafat était intouchable. D’ailleurs, la représentante de la Palestine était d’accord et cautionnait la ligne suivie. Alors…

La formule est de retour.
C’est Denis Sieffert qui la recycle dans un article de Politis [3].

Comme pour faire le contrepoint au très bon article de Clémentine Cirillo Allahsa [4] —paru dans le même numéro de l’hebdomadaire— qui ne laisse guère place aux illusions quant aux intérêts défendus par l’Autorité , Denis Sieffert y brosse un portrait plutôt élogieux de Salam Fayyad. Notant qu’il « s’inscrit habilement dans l’air néolibéral du temps », Denis Sieffert écrit : « on peut regretter que la marche vers l’Etat palestinien n’emprunte pas des chemins plus directs »… mais « la situation étant ce qu’elle est, on ne peut pas s’ériger en juge des choix palestiniens ».

Cette fois, la ficelle est encore plus grosse, car la situation a changé. La direction de l’OLP était celle d’un mouvement de libération. Certains —et je partage leur avis— avaient depuis longtemps dénoncé sa bureaucratisation, sa faillite dans sa mission, sa corruption, son abandon de toute stratégie révolutionnaire de libération nationale, etc. mais c’était un mouvement dans lequel l’immense majorité des Palestiniens et notamment les réfugiés avait fondé l’espoir de la libération de la terre de Palestine.

A tort ou à raison, Arafat et le Fatah ont longtemps incarné cet espoir. Au fil du temps et du fait de choix stratégiques catastrophiques, ils l’ont bradé et ont perdu la légitimité initiale. Mais pour beaucoup, ceci n’est devenu clair que lors de la défaite du Fatah aux élections de 2006.
Depuis, chacun peut constater la crise stratégique profonde du mouvement national et pas seulement du Fatah.

Aucune alternative stratégique n’a émergé sur les décombres provoqués par l’accord d’Oslo, la voie des négociations n’est qu’une impasse que la colonisation croissante de la Cisjordanie et le blocus de Gaza ont transformé en piège mortel pour les Palestiniens et Abbas se débat au milieu des ruines du désastre politique que chacune de ces initiatives aggrave.

Du côté des forces politiques islamiques, si le Hamas refuse de céder au chantage du blocus et s’il affirme de plus en plus sa domination à Gaza, il se retrouve piégé par des résultats qui l’ont mis en situation de gestionnaire d’une institution mise en place contre les intérêts des Palestiniens. Et il ne semble pas non plus capable de proposer l’orientation politique qui permettrait la mobilisation à la hauteur des attaques subies, tant par les réfugiés de l’extérieur que par les Palestiniens de 48 et par ceux de Cisjordanie, de Jérusalem et de Gaza.

Abbas et son équipe de négociateurs professionnels répètent en bégayant la demande de l’Etat palestinien indépendant, mais qui peut croire que ceux qui ont été battus aux élections de 2006 incarnent aujourd’hui « le choix palestinien » ?

Reste donc Fayyad qui ne peut exprimer un quelconque choix palestinien.

Fayyad n’est ni le choix des Palestiniens ni même celui de « certains Palestiniens ». Fayyad est tout simplement le choix du gouvernement des Etats-Unis, de l’Europe et du FMI : bref, c’est le choix de l’impérialisme.

En un certain sens, on peut être d’accord avec Dominique Vidal. Ce n’est pas vraiment un « collabo ». Il n’est pas issu du mouvement national et n’a jamais participé à une quelconque lutte. Il est là en mission, comme avant à la Banque mondiale, puis au FMI. Il ne collabore pas, il défend sa classe.

Comme l’écrit Azmi Bishara, Fayyad est « l’employé de la communauté internationale ». On peut aussi citer Nabil Amr (un fin connaisseur !) : « Fayyad est un simple entremetteur de l’aide occidentale… mais il tient les cordons de la bourse. »

On l’a doté de quelques moyens pour rendre momentanément l’occupation plus douce, il peut faciliter les mouvements des Palestiniens sous réserve de construire des routes qui renforcent la colonisation et permettent aux forces israéliennes de mieux les contrôler.
Quand il développe des projets comme dans le tourisme à Bethléem, c’est en accord avec les Israéliens qui peuvent ainsi troquer l’uniforme de l’occupant contre le costume de « partenaire économique ».
En vérité, la politique actuelle de Fayyad n’est aujourd’hui possible que sur la base de la défaite, de la démoralisation, du chantage financier et de la répression.

Il est là pour poursuivre le travail d’affaiblissement du Peuple palestinien, la division Gaza /Cisjordanie et maintenant la fragmentation en cantons isolés, autant d’étapes de la destruction des bases matérielles nécessaires au maintien d’une conscience politique fondée sur le sentiment d’appartenance à une lutte collective de libération nationale.

Un « choix palestinien » si utile pour vendre « la solution »

Cette fois ci donc, la thèse du « choix des Palestiniens » est difficile à défendre.
Mais il faut pourtant que « la solution » envisagée pour régler définitivement la question palestinienne apparaisse comme résultant d’un choix des Palestiniens, au moins de quelques-uns uns qu’on adoubera et à qui on donnera une « légitimité ».

La crise du mouvement national, la déconfiture du Fatah, l’échec de la tentative de constituer une « troisième voie » dotée d’une base populaire significative, l’effondrement des diverses tentatives de fabriquer de toute pièce des successeurs à Arafat et le refus jusqu’à ce jour d’accepter le Hamas dans le jeu de la négociation… Tout ceci complique sérieusement l’adoption d’une « solution » censée mettre un terme définitif au conflit, alors qu’elle ne répond à aucune des exigences fondamentales palestiniennes.

Car tel est l’enjeu : il faut imposer une solution et pas n’importe laquelle !

Dominique Vidal l’affirme dans son rapport introductif à la Conférence des groupes locaux de l’AFPS tenue à Ivry le 29 mai 2010 :
« Reste à savoir si
la Maison-Blanche voudra et saura se servir de ces évolutions comme d’un tremplin pour imposer un règlement dont nul n’ignore les termes. Car ils figurent dans les résolutions de l’ONU, les accords israélo-palestiniens et la Feuille de route du Quartet : retrait de l’armée et des colons israéliens des Territoires occupés en juin 1967, établissement d’un État palestinien dans ces frontières et avec Jérusalem-Est pour capitale, solution juste pour le droit des réfugiés de 1948 et de 1967… ».

La juxtaposition des textes auxquels il est fait référence laisse un peu perplexe : toutes les résolutions de l’ONU ? Quels « accords israélo-palestiniens » ? Et l’initiative arabe ? Etc.

Mais la référence à la Feuille de route suffit pour comprendre ce dont il est question quand on écrit « règlement dont nul n’ignore les termes ». Dans ce qui lui tient de préambule, les auteurs de la Feuille de route ont écrit : « un règlement du conflit israélo-palestinien prévoyant deux Etats ne verra le jour que lorsque le peuple palestinien aura des dirigeants qui agiront de façon décisive contre le terrorisme et auront la volonté et la capacité de construire une véritable démocratie fondée sur la tolérance et la liberté ». []Texte intégral de la Feuille de route du Quartet, Réseau Voltaire, 30 avril 2003.]]

Tout était dit ou presque.

Comme l’écrit Jean-François Legrain : « l’Etat n’est plus un droit des peuples issu de celui à l’autodétermination garanti par la Charte des Nations unies. Il est réduit à n’être que la récompense hypothétique pour l’accomplissement d’un processus exigé du peuple concerné ». [5]

La reprise annoncée des négociations bilatérales, qui étaient la première étape de la Feuille de route, semble signifier qu’Abbas et Fayyad ont subi l’examen de passage avec succès.

Aujourd’hui que peut-être « les Palestiniens » ont satisfait aux exigences sécuritaires, on va passer aux points suivants. Mais en réalité tout est réglé du fait de l’évolution de la situation sur le terrain !

C’était évidemment l’objectif n°1 car la Feuille de route obéit à un principe non-dit mais intangible, déjà présent dans les accords d’Oslo : les questions fondamentales du conflit ne seront abordées dans la négociation que quand elles auront été réglées dans les faits au bénéfice d’Israël !

Et c’est bien ce qui s’est passé ! Pendant que les Palestiniens « arrêtaient les violences », « démocratisaient les institutions », désarmaient les résistants, « réformaient » les services de sécurité, etc. les sionistes construisaient plus de colonies, plus de routes de contournement, renforçaient le mur, expulsaient les paysans de la vallée du Jourdain, les Bédouins du Nakhab, les habitants de Jérusalem, etc.

Au demeurant, autant la Feuille de route détaille les conditions imposées aux Palestiniens pour pouvoir avancer vers un « statut permanent qui marquera la fin du conflit » autant les obligations d’Israël sont vagues sinon dérisoires : c’est ainsi que sur la question des colonies la seule chose concrète affirmée est que doivent être démantelées « les colonies érigées depuis mars 2001 ».

Quant aux droits fondamentaux des trois composantes du Peuple palestinien :
 du droit à l’autodétermination, il n’est même pas question ;
 la situation des Palestiniens citoyens d’Israël n’est pas abordée ;
 le droit au retour est ainsi résolu : « une solution acceptée, juste, équitable et réaliste de la question des réfugiés ».
Est-ce là « la solution juste pour les réfugiés » dont parle Dominique Vidal ?

C’est à coup sûr la conception d’Abbas et de Fayyad qui parlent de « solution juste et convenue » et de « retour dans l’Etat palestinien ».

Ce n’est évidemment pas l’application du « droit au retour des réfugiés sur leurs terres et dans leurs foyers ».

D’ailleurs, la Feuille de route ne fait aucune référence à la résolution 194 [6], seules les résolutions 242 [7], 338 [8] et 1397 [9] sont évoquées. Elle ne dit rien sur le sort des milliers de prisonniers mais elle n’oublie pas de conclure sur le fait que « dans le contexte d’un accord de paix général entre Israël et la Palestine, les pays arabes acceptent le principe de la normalisation de leurs relations avec Israël ».

C’est ça « l’Etat palestinien indépendant » !
C’est ça « le règlement dont nul n’ignore les termes » !

Croit-on vraiment que les Palestiniens vont l’accepter ?
Est-ce le rôle d’un mouvement de solidarité de les y contraindre ?

Non seulement la solution est connue, mais les moyens d’y parvenir aussi !

Pour Dominique Vidal « la situation sur le terrain est bloquée », aussi bien en Israël qu’en « Palestine » (on suppose qu’il s’agit des territoires occupés en 67 : Cisjordanie et Gaza).
Radicalisation à droite côté israélien, impasse stratégique côté palestinien.
L’issue serait donc à chercher ailleurs : « en tout cas, la solution, si elle doit intervenir, dépend essentiellement de
la Communauté internationale » écrit –il.

Peut-être s’agit-il d’une interprétation paradoxale du « droit des peuples à disposer d’eux-mêmes » ?

Comme les Palestiniens semblent incapables d’obtenir un Etat que d’ailleurs les Israéliens leur refusent, on va leur octroyer quelque chose qu’on appellera « Etat ».

Cette hypothèse n’est pas nouvelle.
Elle a été partagée (et l’est encore) par de nombreux dirigeants palestiniens, principalement du Fatah mais pas seulement et aussi par de nombreux politiciens occidentaux et par des responsables du mouvement de solidarité.

Elle repose sur deux piliers.

Le premier, fondamental, est celui d’une acceptation définitive de la situation créée au lendemain du vote du partage de la Palestine par l’ONU en novembre 1947.

Il est établi une fois pour toutes qu’il existe un « Etat juif » et que le seul problème réside dans le manquement de la Communauté internationale à ses responsabilités : elle a permis la création de l’Etat d’Israël mais elle n’a pas imposé l’Etat arabe (palestinien).

Ancrer l’application du droit international pour les Palestiniens dans la décision du partage, c’est éviter de traiter l’Etat d’Israël comme un Etat colonial qui a été imposé par la force.
C’est le plus sûr moyen d’écarter le vrai droit à l’autodétermination du Peuple palestinien, en cantonnant l’application possible de ce droit à un territoire amputé d’une grande partie des terres et des ressources qui devraient être le cadre de l’expression de ces droits, en l’occurrence la totalité de
la Palestine du mandat britannique.

Ceux qui acceptent le partage aujourd’hui entérinent la forfaiture commise par les Nations Unies qui n’avaient aucun droit de priver les habitants autochtones de la Palestine de leurs terres et de leurs richesses.

Au demeurant, aucun de ceux qui invoquent la décision de partage pour demander la création de l’Etat palestinien ne propose d’établir cet Etat en respectant les termes du vote de 1947. Tous, sans exception, parlent des « frontières de 67 », légitimant ainsi les conquêtes territoriales des forces sionistes, bien au-delà des limites tracées dans la décision de partage et y compris les conquêtes acquises par la terreur et la violence avant la proclamation de l’Etat d’Israël et avant le déclenchement de la 1ère guerre israélo-arabe .

Ceci démontre, s’il en était encore besoin, que « le respect du droit international » leur sert d’abord à protéger l’Etat colonial sioniste et très secondairement à consoler les Palestiniens du vol des terres et du nettoyage ethnique dont ils ont été victimes.

C’est tenter de masquer une histoire de vol de terres qui n’étaient pas du tout « sans peuple » au moyen d’un autre acte de piraterie ayant toutes les apparences de la légalité puisqu’il émane de l’instance la plus élevée de la communauté internationale.

Le deuxième pilier est celui du rôle prêté à la principale puissance impérialiste.

La direction palestinienne en a fait une option stratégique : il fallait démontrer au décideur états-unien qu’il était dans ses intérêts d’être « un arbitre honnête » du conflit, quitte à renoncer à l’essentiel des revendications fondamentales du mouvement national pour convaincre les présidents successifs.

Ce choix catastrophique, effectué bien avant Oslo, est à l’origine de la crise du mouvement national palestinien et de son tragique isolement.

C’est ainsi que, depuis de nombreuses années, les négociateurs palestiniens et divers « spécialistes du Moyen-Orient » auscultent et décryptent les propos des dirigeants états-uniens, dans l’espoir futile d’y déceler l’expression qui annoncerait « le tournant » espéré.

« Bush a changé, il veut une solution qui passe par un vrai Etat, véritablement indépendant, pas des bantoustans épars » écrit Elias Sanbar, dans L’Humanité [10], plusieurs mois après la lettre de Bush à Sharon [11] dans laquelle il écrit : « il serait irréaliste de s’attendre à ce que les pourparlers se terminent par un retour absolu aux lignes d’armistice de 1949 » !

L’arrivée d’Obama à la Maison-Blanche a relancé les supputations les plus naïves.
Le discours du Caire [12] a alimenté une nouvelle vague d’optimisme illusoire, les formules d’Obama semblant à beaucoup plus importantes que sa politique réelle en Afghanistan et en Irak.

Bien qu’affirmant vouloir « dissiper toute illusion » Dominique Vidal semble bien en avoir partagé quelques-unes unes, notamment quand il déclarait dans un entretien de décembre 2009 dans le bulletin Voix palestiniennes (Génération Palestine) qu’il était trop tôt « pour porter un jugement global » sur la politique d’Obama à l’égard du conflit, tout en affirmant qu’on avait « la présidence américaine sans doute la plus ouverte à la cause palestinienne de l’histoire des Etats Unis ».
On est bien au-delà de l’affirmation d’un intérêt pour les Etats-Unis à régler ce conflit pour mieux faire face aux autres affrontements inscrits dans la situation régionale, — thèse qui mérite la discussion —, il est ici affirmé une ouverture du gouvernement des USA à « la cause palestinienne » !
Sachant que la cause palestinienne est celle de l’émancipation des peuples et de leur droit à la résistance contre la guerre totale que leur mène l’impérialisme, on reste un peu étonné du propos !

Dans cette perspective où les peuples concernés ne sont pas autorisés à choisir la solution qui leur convient mais où c’est la communauté internationale qui va l’imposer, il convient donc de trouver des points d’appui pour donner une apparence de justice à la contrainte.

L’un correspond à un besoin de légitimation. Le peuple opprimé a été empêché d’obtenir ses droits par lui-même et la solution envisagée n’est pas du tout conforme à ce qu’il trouve légitime. Il faut donc trouver le « représentant » qui va revendiquer à peine plus que ce qu’on entend lui donner et qui finalement acceptera de consacrer le refus de voir ses droits reconnus.
Ce qu’ils n’ont finalement pas obtenu d’Arafat, ils espèrent l’avoir d’Abbas. Fayyad est un allié utile dans la manœuvre d’ensemble.

L’autre point d’appui, c’est « l’opinion, les partis et associations » car ensemble ils peuvent « faire pression » sur les gouvernements et les organisations où ils dialoguent (ONU) explique Dominique Vidal à la conférence des groupes locaux de l’AFPS.

Dans son introduction au Conseil national de l’AFPS en septembre 2009, Dominique Vidal était encore plus précis sur la mission attribuée au mouvement de solidarité : « Il s’agit à la fois d’accompagner avec vigilance la relance du processus de paix par Washington et de permettre à Bruxelles de jouer un rôle moteur. »

17 ans après la farce de Washington, 4 ans après l’attaque meurtrière contre le Liban et 18 mois après les crimes de guerre contre la population de Gaza, il faut être passablement culotté pour oser appeler à « accompagner » un « processus de paix » qui n’a jamais existé autrement qu’en tant que fiction destinée à masquer un processus réellement existant : celui de la colonisation sioniste et en conséquence de la destruction du Peuple palestinien.

Quant à « confier un rôle moteur à Bruxelles » point n’est besoin de revenir très loin en arrière pour mesurer à quel point les Palestiniens n’y ont aucun intérêt !

Qu’est-ce qui permet à Dominique Vidal de qualifier « d’une des déclarations les plus avancées de l’histoire de l’Union » la conclusion du conseil adoptée en décembre 2009 ?

Quoi de neuf pour mériter tant d’enthousiasme ?

Un sempiternel appel à la relance des négociations, le soutien à « la démarche de paix » d’Abbas, l’engagement en faveur de la sécurité d’Israël, les félicitations au gouvernement israélien pour son moratoire de dix mois sur la colonisation, un paragraphe sur Gaza avec condamnation du blocus et de ses effets sur la population, l’habituelle reconnaissance des exigences de sécurité d’Israël et l’exigence de libération de Shalit…

Et comme toujours, la formule qui subordonne à « la négociation entre les parties » l’éventuelle remise en cause de tout ce qui relève pourtant de la légalité internationale.

Au cours du Conseil, il y a eu une discussion dont la conclusion constitue un indicateur intéressant de l’attitude réelle des dirigeants européens à l’égard de la question. La présidence suédoise a proposé de mentionner Jérusalem-Est comme « capitale d’un futur Etat palestinien ». Cette proposition jugée dangereuse par Ayalon, ministre des affaires étrangères israélien, n’a pas été retenue.

Quant au Parlement européen, le vote récent d’une résolution est une nouvelle illustration de sa totale complicité dans la mise en œuvre du dispositif visant à priver le Peuple palestinien de ses droits.

Cette résolution, présentée comme une condamnation de l’opération israélienne contre la flottille humanitaire et le blocus de Gaza contient les appréciations suivantes [13] :
- Déplore la mort de civils et les blessures subies par « 38 civils ainsi que sept soldats israéliens » (!)
- Considère que la fermeture des accès à
la Bande de Gaza « fermés depuis juin 2007, après que le Hamas eut pris militairement le pouvoir » n’a pas atteint ses objectifs qui étaient d’une part « la libération de Gilad Shalid » et d’autre part de « porter un coup aux extrémistes » (!)
- Rend le Hamas coupable de « faire obstacle à l’entrée à Gaza de la cargaison humanitaire de la flottille » (!)
- « demande que toutes les attaques contre Israël cessent immédiatement et avertit que ceux qui les commettent doivent assurer pleinement leurs responsabilités » (!)
- Et invite le quatuor à mettre en place un dispositif de contrôle international des points de passage en vue de lever le blocus et d’aborder les préoccupations d’Israël en matière de sécurité, notamment en déployant une force navale internationale pour surveiller le rivage de Gaza.

La dite résolution a été votée à une immense majorité, y compris par le groupe Verts/ALE et le groupe GUE/NGL dont plusieurs députés se sont félicités de l’adoption de cette « résolution unitaire et forte ».

L’absence de la demande de suspension de l’accord UE-Israël, pourtant présentée comme la revendication phare de l’action de soutien aux Palestiniens, est expliquée comme un compromis nécessaire, l’absence de dépôt d’amendement sur le sujet permettant « d’éviter que la droite n’affaiblisse le texte en plénière » !

A leur décharge, les auteurs de cette pantalonnade expliquent que cette stratégie avait reçu le soutien des « représentants palestiniens » eux-mêmes (Ziad Abu Amr et Hasan Abu-Libdeh) ajoutant que Leila Shahid « n’avait pas ménagé son temps pour faire du porte à porte et convaincre les députés de soutenir la résolution ».

Si on résume la mission attribuée par Dominique Vidal au mouvement de solidarité :
 Il faut convaincre Obama d’abandonner une politique en « zigzags » et lui faire comprendre qu’il est dans les intérêts des USA d’imposer une solution au conflit israélo-palestinien. Les discours sont bons, mais l’Administration US ne les traduit pas en actes, on doit l’y aider en quelque sorte !
 Quant à l’Europe, son problème n’est pas qu’elle avance en « zigzags », c’est qu’elle fait « le grand écart » entre des déclarations prometteuses et des actes « qui méritent réflexion » comme la décision d’accepter Israël dans l’OCDE ! [14]

Après avoir été utilisé, pendant des années, comme un auxiliaire du prétendu processus de paix qui a paralysé la capacité de lutte palestinienne et qui a débouché sur la catastrophe actuelle, le mouvement de solidarité est aujourd’hui invité à jouer un rôle actif dans la conclusion d’un accord qui marquerait l’enterrement définitif des exigences palestiniennes.

Les militants de la solidarité vont-ils accepter de se prêter à ces manœuvres ?

Sont-ils d’accord pour confier la défense des droits des Palestiniens au patron de l’impérialisme états-unien, fût-ce avec leur « accompagnement vigilant » ?

Croient-ils vraiment que prendre une place dans le business de la paix a quelque chose à voir avec le soutien à la lutte du peuple palestinien ?

(A suivre…)

31 août 2010

http://www.voltairenet.org/article166845.html


1-5 Yahia Gouasmi : L'influence du lobby pro-israélien aux États-Unis. Et en France... ?
Le journal Le Monde du 03/09/2010, et Libération du 01/09/2010, ont consacré chacun un article de près d’une page sur le poids du lobby sioniste aux États-Unis, et son influence sur la politique étrangère américaine. Nous apprenons ainsi que pour resserrer les liens entre l’administration Obama et Israël, Susan Sher, secrétaire générale de Michelle Obama (l’épouse du Président), a été chargée de faire la liaison entre les élus juifs et les associations du même type. De leur côté, Dan Shapiro, responsable du dossier israélo-palestinien au Conseil national de Sécurité, et Dennis Ross, conseiller spécial du Président, participent chaque semaine à une conférence téléphonique avec les dirigeants des principales organisations sionistes américaines. On apprend également, par une note du département d’État, que l’administration Obama a accordé cette année 3 milliards de dollars à Israël pour sa sécurité, avec un engagement sur 10 ans. Cette somme représente plus de la moitié de l’aide militaire internationale des États-Unis. Par ailleurs au début du mois de juillet, Dan Shapiro avait fait mention des mesures prises par Obama pour garantir la supériorité militaire d’Israël, comme par exemple la demande de 205 millions de dollars au Congrès pour la production du système israélien de défense anti-roquettes « Iron Dome ».
Connaissez-vous Alan Solow ?  Il a été élu en décembre 2008 (après l’élection d’Obama), à la tête de
la Conférence des Présidents des principales organisations juives américaines. C’est un vieil ami d’Obama depuis sa période à Chicago, et il est ce que l’on appelle en France depuis l’affaire Bettencourt un « grand donateur » de la campagne électorale démocrate. En 2008, Alan Solow avait promis : « Obama sera le premier Président juif des États-Unis » (Libération du 01/09/2010, p.5). Il ajoute aujourd’hui : « Obama comprend parfaitement l’histoire du peuple juif et l’importance de l’existence d’Israël. Comme nous, il sait aborder les choses dans toutes leurs perspectives ». A qui renvoie ce « nous » ?  Au peuple américain ou aux sionistes ?
Tout cela nous en dit long sur le prétendu changement de la politique américaine avec Obama, qui a pu faire illusion quelques temps auprès des bobos parisiens. Stephen Walt, co-auteur de l’excellent ouvrage « Le lobby pro-israélien et la politique étrangère américaine », paru en français aux éditions
La Découverte, précise par ailleurs : « à cause de ce lobby pro-israélien, Obama ne peut pas faire vraiment pression sur Israël. Il ne peut pas menacer de réduire l’aide militaire à Israël. Le Congrès ne le laisserait pas faire ». Cet écrivain a tout à fait raison, mais malgré son courage et son intelligence il oublie de poser la bonne question : peut-on être investi et ensuite élu à la présidence des États-Unis, sans le soutien du lobby pro-israélien à qui on a dû donner au préalable tous les gages nécessaires de bons et loyaux services ?  Ce type de lobby n’a en effet pas pour habitude de faire confiance sur parole, et à la légère…
Deux des principaux quotidiens français se sont donc intéressés, en même temps, au lobby sioniste des États-Unis et à son influence sur la politique étrangère américaine. L’un d’eux – Le Monde – va même jusqu’à évoquer le poids de « l’électorat juif » en Floride. La teneur de ces articles confirme le bien-fondé de l’appellation « USraël » lorsque nous parlons des États-Unis. Avec ou sans Obama, toute l’administration américaine est sous la coupe de ce lobby. Son Président actuel n’a fait que donner une meilleure image de la politique américaine après la période Bush. En réalité, il s’agit bel et bien de la même politique mais par d’autres moyens, plus insidieux, plus dissimulés, et ce dans un contexte d’affaiblissement de l’Empire USraélien. D’ailleurs personne n’attend quoi que ce soit des manœuvres diplomatiques de cette administration, et en particulier des négociations qui ont commencé à Washington entre « l’Autorité palestinienne » et l’entité sioniste.
La presse française, comme on vient de le voir, a ainsi le courage et le savoir-faire pour expliquer à ses lecteurs le fonctionnement du lobby sioniste aux États-Unis, et l’inévitable soumission du Président américain à Israël et à son lobby. Félicitations, même si nous nous en doutions déjà un peu !  Mais quand aurons-nous dans ces mêmes quotidiens des articles équivalents sur le lobby sioniste dans notre pays, et son influence sur la politique française ?  Pourquoi la grande presse et la classe politique dans son ensemble sont-elles si gênées quand on aborde ce sujet ?  D’où vient la difficulté à voir et à désigner ce lobby ?  Peut-être n’existe-t-il pas diront certains naïfs, ou d’autres qui font semblant de l’être !  Mais alors, pourquoi une telle soumission au CRIF, à
la LICRA et à toutes ces organisations sionistes qui font régner leur loi dans l’enseignement, la magistrature, les médias et la politique ?  A moins que ce ne soit dû à la peur : peur des procès, peur d’être qualifié d’antisémite, peur d’être exclu des médias et plateaux télévisés, peur de se voir stigmatisé et poursuivi… Demandez donc à M. Dieudonné ce qu’il en pense !
Voilà donc un sujet de reportage qui serait du plus haut intérêt pour nos compatriotes français, et qui leur permettrait sans doute de mieux comprendre certaines réalités. Par exemple, pourquoi nous parle-t-on abondamment du soldat franco-israélien prisonnier de guerre, Gilad Shalit, et jamais des 11 000 résistants palestiniens qui croupissent dans les prisons israéliennes ?  Pourquoi le gouvernement français soutient-il systématiquement Israël, et ne demande jamais d’inspection de son arsenal nucléaire ?  Ces questions suffisent à justifier des reportages sur le lobby sioniste en France. Et si les journalistes d’investigation ne savent pas trop où aller pour réaliser ces reportages, qu’ils n’hésitent pas à nous contacter, nous leur fournirons les bonnes adresses !

Le Président,
Yahia Gouasmi.

Jeudi 9 septembre 2010

Source : P.A.S Parti antisioniste

http://www.palestine-solidarite.org:80/analyses.Yahia_Gouasmi.090910.htm


n°549 - Les Dossiers 'Géopolitique et stratégie' de Palestine - 13-09 - : Fin :- : "Nous sommes plus proches que jamais d'Al Qods".

n°549 - Les  Dossiers   'Géopolitique et stratégie' de  Palestine - 13-09 - : Fin :- : "Nous sommes plus proches que jamais d'Al Qods".


L'information est une arme au service de la paix. Sa diffusion est un acte de résistance

                 Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources 



Les  Dossiers   'Géopolitique et stratégie' de  Palestine

549 du 13-09

C.De Broeder & M.Lemaire



Vous retrouverez ce journal 

a) sur nos blog : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site de Eva Resis       :  no-war.over-blog.com

c) sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com  

d) sur le site : www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

  

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be

 

Sommaire

1 Analyse - Géopolitique et stratégie – Réflexion.

Fin

1-6 Sayed: "Nous sommes plus proches que jamais d'Al Qods".

2 Annexe

Est-ce qu’Israël dirige les Talibans ?

2-2 Gordon Duff : Les attentats du 11 septembre vus par une conspirationniste.

Pièce Jointe

Gilles Devers : Les réfugiés palestiniens et le droit au retour.



1-6 Sayed: "Nous sommes plus proches que jamais d'Al Qods".

Le Secrétaire général du Hezbollah Sayed Hassan Nasrallah a tenu un discours ce vendredi via un grand écran devant des milliers de partisans dans la banlieue Sud de Beyrouth à l’occasion de la Journée mondiale d’Al Qods.

Pendant une heure, Sayed Nasrallah a commenté l’annonce du lancement des négociations dites de paix entre Israéliens et Palestiniens à Washington, expliqué brièvement les raisons du retrait américain partiel de l’Irak, s’est félicité de l’échec du projet américain dans la région, et mis en garde les parties libanaises qui cherchent de toutes leurs forces à semer la division confessionnelle parmi les Libanais.

Voici le texte du discours de Sayed Nasrallah :
« Nous commémorons en ce dernier vendredi du mois béni du Ramadan, et en ce meilleur jour du meilleur mois de l‘année, avec toutes ses valeurs religieuses, la journée mondiale d’Al Qods, une journée proclamée par l’Ayatollah l’imam Khomeiny.
L’importance de cette journée grandit d’un an à autre, au milieu de l’accentuation des dangers qui menacent Al Qods, du conflit israélo-palestinien et de la lutte contre le projet sioniste dans la région.
En vérité, nous avons peur pour cette cause, vu les multiples complots externes, le désespoir et la faiblesse qui frappent la nation. Nous avons peur que cette cause soit oubliée avec le temps, parce que d’habitude le temps laisse tout oublier. Mais il n’est pas permis pour la nation arabe et islamique d’oublier Al Qods, parce qu’elle fait partie de notre religion, de notre passé, de notre présent et de notre avenir. Il faut que la cause d’Al Qods soit présente et évoqué à chaque occasion.
En cette journée, nous réitérons notre attachement à nos constantes, en cette journée, nous confirmons devant le monde entier notre attachement à nos droits. Nous disons à ce monde : les souffrances et les maux ne changeront rien de nos constantes.
La Palestine, de la mer au fleuve appartient au peuple palestinien et aux Arabes. Personne n’a le droit de renoncer à un pouce de sa terre, ni à une goutte de son eau, ni même à une lettre du mot Palestine. La journée d’al Qods est le jour de la vérité et le reste n’est que mensonges.
Al Qods ne peut en aucun cas être la capitale éternelle d’un Etat appelé Israël. Un simple quartier ou une petite rue d’Al Qods ne pourront l’être, Al Qods est la capitale de la terre et du ciel. Cet Etat d’Israël ne peut jamais acquérir de légitimité, c’est un Etat bâti sur les crimes et la discrimination.

Par ailleurs, la journée d’Al Qods est une occasion mondiale pour mettre la lumière sur les dangers auxquels font face la mosquée d’Al Aqsa, la ville sainte d’Al Qods, et les villes musulmanes et chrétienne à al fois. Cette région souffre de la judaïsation, des expulsions, des confiscations des terres, des tueries, et les négociations futiles ne sauront en aucun cas résoudre ces problèmes compliqués.
Regardons ce qui se passe dans les territoires de 1948 à cause du projet américano-sioniste, et ce qui se
passe dans la bande de Gaza à cause du siège imposé à la population.

Je vais évoquer au début deux évènements importants: L’annonce du soi disant début des négociations de paix aux Etats-Unis et le retrait américain de l’Irak.
1- Ces négociations sont en effet mort-nées. Leur objectif au niveau politique est clair : la réussite des élections américaines, et le dernier à en bénéficier est Al Qods.

Côté palestinien, la majorité des factions politiques ont rejeté ces négociations. Certains refusent le principe de négocier avec Israël, nous faisons partie de ce camp, mais même les autres parties qui acceptent de négocier en principe rejettent les conditions actuelles pour ces pourparlers. Les factions palestiniennes, tout comme le peuple, ont rejeté ces négociations. L’expérience a démontre, même par rapport à ceux qui étaient assis hier ensemble à la même table, l’échec de la voie des négociations qui dure depuis plus de 17 ans. Malheureusement, les négociations avec cet ennemi tyrannique ne font que donner plus de vie et de légitimité à cette entité.

2- Le retrait américain de l’Irak est une annonce de la défaite. Personne, dans l’administration américaine, n’a osé parler de victoire dans son discours, et si quelqu’un a mentionné le mot « exploit », ce terme est apparu banal, vide de sens.
Les Américains sont venus occuper l’Irak non pas pour s’en retirer après quelques années. Mais ils étaient choqués par la résistance farouche qui est née dès les premiers jours de l’occupation, et quand je parle de résistance, je distingue entre la résistance qui a frappé les bases et les intérêts de l’occupation américaine, et les extrémistes terroristes qui attaquent les civils. Ces derniers commettent des crimes contre l’humanité.
Les Américains n’ont pas supporté toutes les pertes infligées par la résistance irakienne, et le budget américain est devenu incapable de financer cette guerre.

Donc la résistance armée irakienne et l’endurance du peuple irakien sont deux facteurs principaux qui ont favorisé le retrait américain.
Depuis des années, de différents services de renseignements ont tenté de semer la division parmi les Irakiens de toutes confessions, mais l’endurance et la ténacité du peuple irakien qui a supporté tous les crimes et qui a refusé de s’entretuer ont saboté les projets de ces services. Ce peuple, grâce à sa conscience et à sa volonté, et grâce à ses directions religieuses, a torpillé tous les projets de division. Les renseignements israéliens sont aussi impliqués dans les attaques anti-irakiennes, ils sont en contact avec les kamikazes qui tuent les civils. Le Mossad recrute des gens en Irak pour tuer les Irakiens. Il veut pousser les Irakiens à s’entretuer pour ensuite diviser leur pays. Mais, quand le projet de division a échoué, il est devenu très couteux de rester dans ce pays. L’occupant n’a plus alors de choix que de quitter le pays. C’est une règle générale, dans n’importe quel pays occupé, les sacrifices du peuple assurent la réalisation de sa victoire.
Ce qui se passe en Irak est un grand exploit et une grande victoire pour le choix de la résistance. Et là toujours je distingue entre la vraie résistance et ceux qui commettent des opérations terroristes pour tuer les innocents, ces derniers n’ont rien à voir avec l’Islam et collaborent étroitement avec les services de renseignements. Voyez la dernière attaque qui a eu lieu au Pakistan ce vendredi. Dans ce pays sinistré par les inondations, les habitants ont manifesté pour le soutien d’Al Qods, voyez comment les terroristes, aveugles, muets, et sourds, les ont attaqués, faisant pour l’instant près de 40 martyrs.
En Palestine, il ya des difficultés, tout comme au Liban, en Irak et dans la région, mais si nous regardons d’un œil plus large, nous trouverons que l’axe de la résistance a pu ces dernières années réaliser un exploit historique au niveau de toute la région, qui aura des effets sur le monde entier.
Après le 11 septembre, les néo-conservateurs aux Etats-Unis ont présenté un nouveau projet pour notre région. Cette grande puissance mondiale a rassemblé ses navires de guerre de par le monde pour les transférer au Proche Orient, au monde arabo-islamique, où se trouvent les plus grandes réserves pétrolières et ressources naturelles. Cette action avait un seul objectif : fixer définitivement l’existence de l’entité sioniste sur le plan politique, à travers le processus de paix globale. En effet, leur projet vise à liquider la résistance palestinienne, qu’elle soit populaire, politique et culturelle. Il fallait également liquider la résistance au Liban pour que ce pays s‘engage définitivement dans le projet américano sioniste, il fallait renverser le régime syrien, mettre fin à la résistance en Irak, et frapper l’Iran afin de renverser aussi son régime islamique. Le but ultime de cette politique est de permettre aux Etats-Unis de prendre le contrôle de la région.
Je prétends que dans les dix années qui se sont écoulées, les Américains avaient une capacité énorme pour réaliser ce projet : ils contrôlaient et dirigeaient le monde entier, l’économie mondiale et les médias. Les plus grandes armées, tout genre de guerres psychologiques et les services de renseignements ont été mis à leur service. Mais lorsque ce projet a été confronté à la résistance en Palestine, au Liban, en Syrie, en l’Iran comme en Irak, le projet a échoué.
Ceci ne signifie pas que le conflit a pris fin, mais nous sommes passés à une nouvelle phase de la bataille, et je vous assure que de nouveaux échecs saboteront ce projet.
Sur le plan économique, toutes les tentatives de régler la crise économique mondiale et notamment américaine ont échoué, et dans l’avenir nous allons assister à des changements radicaux sur ce sujet. Les Etats-Unis ne peuvent plus faire de guerre à cause de leurs multiples crises sociales, économiques et populaires.
Pourquoi ce projet a-t-il échoué ?

 Grâce à la ténacité de la résistance en Palestine, à Gaza, au Liban, et grâce à l’endurance de la Syrie, de l’Iran et la décision de la résistance en Irak.
Aujourd’hui nous sommes appelés à continuer sur la voie de la résistance, il y a des difficultés mais nous nous approchons plus que jamais de la victoire, Israël d’aujourd’hui diffère d’Israël à la veille du 12 juillet 2006, du 1982, le grand Israël n’existe plus.
Nous sommes appelés à poursuivre notre résistance, consolider notre unité et à présenter notre aide au peuple palestinien et à sa résistance. Les brigades de la résistance, à l’instar du Hamas qui a effectué sa dernière opération militaire a besoin de toute voix de soutien, de tout argent et de toute arme disponible.
Sur le plan libanais, nous confirmons toujours notre attachement à l’équation en or, ou comme certains l’appellent l’équation en diamants : armée-peuple-résistance.
S’agissant de la résistance, nous avons commémoré ces derniers jours l’anniversaire de l’enlèvement de l’Imam Moussa Sadr et de ses deux compagnons. L’Imam Sadr est l’imam et le fondateur de la résistance.
Il est notre père qui nous a dirigés vers cette route, vers Al Qods, il nous a inculqué comment aimer et tomber en martyre pour l’amour d’Al Qods. Tout le monde sait qu’ils ont été enlevés alors qu’ils étaient en Lybie. A propos de la cause de l’imam Sadr, le Président frère Nabih Berri a parlé en détails il y a deux jours. Moi, je confirme une nouvelle fois chaque mot prononcé par le Président tant sur le plan politique que judiciaire. La justice libanaise doit assumer ses responsabilités face à l’enlèvement de citoyens voire de dirigeants libanais. Nous avons tant attendu et nous ne sommes pas allés au Tribunal international pour revendiquer notre droit. Des milliards de dollars sont offerts à la famille de Sayed Sadr et au Président Berri pour clore cette affaire mais nous ne vendons même pas un enfant par ces milliards de dollars. Nous savons comment opère le Tribunal international, donc, nous avons recouru à la justice libanaise.
Nous soutenons le boycott de tout sommet arabe qui se tient en Libye, l’imam et ses compagnons sont toujours en vie et ils sont détenus en Lybie. Il faut les libérer pour qu’ils retournent à leur patrie et à leurs familles. Nous ne cherchons de conflit avec personne.
Concernant l’affaire de l’enquête internationale, nous avions dit voilà plusieurs semaines que la résistance se sentait prise pour cible, et avions proposé quelques idées et révélé des preuves. Le procureur général s’est enfin exprimé pour dire que nos données sont incomplètes. Nous avons dit que nous ne sommes pas concernés par le TSL. Nous n’allons pas répondre aux questions du TSL. Nous avons fourni aux autorités compétentes libanaises les preuves dont nous disposions, à leur demande. Si elles sont intéressées ou concernées par nos données et par les enquêtes avec les collaborateurs et les faux témoins, nous sommes prêts à coopérer avec elles mais si elles ne sont qu'une boîte aux lettres entre nous et le procureur, nous ne sommes pas prêts à le faire. Peu nous importe si le procureur général est intéressé ou non par nos données, cela revient à lui, mais de toute façon, sa réaction constitue un indice sur son travail.
Passons à l’armée libanaise, nous appelons de nouveau à l’équiper, nous avons demandé au gouvernement de contacter les pays arabes pour nous offrir des armes, mais la réponse du gouvernement était négative. Ce gouvernement ne demandera rien des pays arabes! J’espère que l’équipement de l’armée soit une affaire sincère. Le Liban a levé la tête des arabes et de la nation. Chaque arabe est fier de l’être grâce au Liban. Il est de notre droit de réclamer d’eux des quantités de leurs armes stockées dans les dépôts. Nous avons proposé au gouvernement l’aide iranienne, et les Iraniens ont dit qu’ils sont prêts à offrir des armes sans aucune condition, pourtant les Américains et les Européens conditionnent leurs aides. Mais l’ironie du sort, certains Libanais ont posé des conditions à l’Iran pour accepter ses aides. Certains ont alors demandé de
la République Islamique de ne plus fournir des armes à la résistance.
Quant à l’incident de Bourj Abou Haydar, nous avons assuré dans un communiqué conjoint avec les Ahbaches que l’incident est douloureux, et le Hezbollah a considéré avoir perdu trois martyrs. Cet événement constitue une perte sur tous les niveaux. Il n’y a eu aucun exploit humain, sécuritaire, ou politique. C’était un incident isolé. Certains Libanais ont tout fait pour exploiter politiquement les affrontements sur le terrain. Tout le monde sait que le grand projet des Américains a échoué, mais quelques libanais misent toujours sur ce genre d’incidents pour réaliser un quelconque exploit. Ils sont complètement désespérés après avoir perdu tout atout de force : une éventuelle guerre israélienne, une attaque contre
la Syrie à travers le TSL, une séparation entre l’Iran et la Syrie, et là je vous assure que l’alliance irano-syrienne est plus meilleure que jamais.
De même, la relation entre la résistance et
la Syrie n’a jamais été aussi solide. Donc, à ceux qui cherchent à semer la division qu’ils trouvent d’autres issues.
Cet incident a été beaucoup exploité dans les médias, mais quand nous sommes descendus sur le terrain, nous avons trouvé que les choses ont été exagérées. Ca me rappelle l’assassinat de Rafic Hariri, quelques heures après le crime, d’aucuns ont jugé, condamné et accusé des responsables.
L’incident a été donc exploité au moment où nous avons gardé le silence parce que nous étions en douleur, mais en contrepartie, quelle était la réaction de l’autre partie? Ils ont exagéré et amplifié l’affaire. Au lieu qu’ils cherchent a éteindre le feu, ils ont mis du poudre et exploité d’une façon dangereuse les sensibilités confessionnelles. Ce qui a été fait déchire le pays et ne l’unit pas. A ceux qui se sont mal comportés et qui n’ont pas traité l’affaire sagement, je leur dis : Vous avez enfoncé un couteau dans notre cœur blessé.
Dès le premier instant nous avons dit que l’armée et les services de sécurité assument leurs responsabilités.
On constate qu’il y a une mauvaise politique pour la direction de ce pays, quand un incident a lieu, certains se précipitent pour rouvrir des grands dossiers controversés. Ils ont immédiatement ouvert le dossier de l’arme de la résistance; dans chaque maison il y a des armes, et ça date depuis longtemps, depuis la guerre civile et l’invasion israélienne, ce dossier nécessite du temps et des traitements convenables. La politique actuelle est erronée, comme le traitement des dossiers de l’électricité, des réformes administratives, et des revendications ouvrières.
L’administration politique au Liban est mauvaise, elle est bâtie sur les réactions. J’appelle à l’accalmie, et je vous propose une initiative unilatérale. Cette affaire a été close, les indemnisations vont être payées très prochainement. Revenons alors à la table pour se mettre d’accord sur une politique convenable visant à diriger ce pays calmement.
L’approche des droits palestiniens a besoin de plus de débats. Les droits de réfugiés palestiniens étaient toujours un sujet constant évoqué dans la journée d’Al Qods, cette une affaire qui date de 60 ans. Je propose qu’un parti libanais ou palestinien entame une série de rencontres avec les différentes personnalités libanaises pour s’informer sur leurs craintes, qui sont légitimes, et pour les rassurer en contrepartie. Ceci doit aboutir à un consensus.
Enfin, en cette journée d’Al Qods, nous sentons que la résistance au Liban se trouve dans la bonne position, dans l’axe victorieux. Nous, en cette année de 2010, sentons que nous sommes plus proches que jamais d’Al Qods, après plus de 62 ans. C’est une question de temps entre le projet sioniste et les mouvements de résistance dans la région. Cette entité est destinée à la disparition, grâce à la volonté populaire, de la résistance, de la patience et de la lutte. Ce peuple palestinien a enduré 62 ans, il n’a ni capitulé, ni désespéré, ni renoncé à ses terres, à ses droits et à ses lieux saints. Ce sont les principaux atouts de force qui décideront de la fin du conflit avec ce projet.

03/09/2010

 http://www.almanar.com.lb/NewsSite/NewsDetails.aspx?id=152823&language=fr



2 Annexe

2-1 Est-ce qu’Israël dirige les Talibans ?

Un article qui rejoint ce que l'on disait ICI. Il y a longtemps que Ben Laden est à six pieds sous terre, d'ailleurs s'il n'était pas mort ou sur le point de trépasser le 11 septembre, les attentats du WTC n'auraient pas eu lieu en son nom.

C'est une certitude.

Al Qaida est morte, selon Alain Chouet, ex-patron de la DGSE et sans doute qu'il est loin de dire tout ce qu'il sait. Nous le disons à sa place car la patience a des limites pour ce qui est de gober des mensonges, sans arrêt. On sait très bien qui fait tout sauter, en Irak, en Afghanistan, au Pakistan, au Yémen, et ailleurs... qui a fait sauter Hariri et qui transforme la planète en grande sauterie sanglante.  Ils sont en train d'ensanglanter le monde parce que leur Haine de l'Humanité est sans limites. Ils voudraient être partout, ils se mêlent de tout, ils passent leur temps à déstabiliser tous les pays, et ne doutez pas qu'ils rêvent de se servir de la bombe atomique pour les pays qui ne veulent pas se prostituer à leur idéologie. Vous avez là l'Ennemi du Genre Humain. Tout doit tourner autour d'eux.

Et si vous n'êtes pas avec eux, ils vous éradiquent.

C'est simple comme bonjour.

 Les mercenaires de l'Ordre Noir sous le label Al Qaïda s'en donnent à coeur joie.

BOUM ! BOUM ! BOUM ! BOUM ! Voilà à quoi se résume le dialogue avec eux : BOUM !

8 septembre 21

http://palestine.over-blog.net:80/article-est-ce-qu-israel-dirige-les-talibans-56736399.html


2-2 Gordon Duff : Les attentats du 11 septembre vus par une conspirationniste.

L’attaque suicide d’aujourd’hui à Quetta au Pakistan mène [laisse une trace] à Tel Aviv

 Quetta, Baluchistan, 3 septembre 2003 (Veterans Today) Aujourd’hui, 43 Pakistanais ont été tués dans une attaque terroriste, tués pour leur soutien aux Palestiniens de Gaza.

Les signes avant-coureurs étaient présents, comme la tentative de Wikileaks de mettre la responsabilité pour les Talibans sur l’éditeur de Veterans Today, le Général Hamid Gul.

C’était déboulonné dans un battement de cœur.

Cette attaque était vicieuse et de façon évidente un travail d’Israël.

C’était une attaque terroriste effectuée comme un message aux peuples du monde leur disant que s’ils soutiennent la cause de ceux qui sont emprisonnés à Gaza, ils seront assassinés.

Est-ce un cadeau pour le peuple juif d’Israël, une autre attaque de vengeance, apparemment en réponse à la fusillade de 4 juifs israéliens à Hébron, une attaque curieusement  planifiée de manière à perturber les pourparlers de paix entre Juifs et musulmans Palestiniens à Washington?  

C’est loin d’être la première fois qu’Israël s’est fait pincer.

Le PKK, le groupe terroriste Kurde, des communistes, qui ont attaqué la Turquie de leurs “grottes” des montagnes d’Irak depuis plus de 40 ans ont été entraînés, financés, et même recrutés par le Mossad d’Israël depuis longtemps.

Maintenant le partenariat entre l’Inde et Israël, aidé depuis l’origine, pas seulement par la CIA,  la “corporation” des frères Karzaï et le MI-6 devient difficile à ignorer.  

Avec de continuelles attaques terroristes, une part quotidienne de la vie au Pakistan, plusieurs à Lahore cette semaine, on ne peut ignorer les vrais coupables. Quasiment chaque firme contractante que les Etats-Unis y emploie, en Afghanistan mais aussi au Pakistan, est pleine à craquer d’agents Israéliens. Travaillant avec eux, l’énorme cartel de drogue assisté par la CIA et son réseau mondial d’avions privés pour transporter l’héroïne et le cash et une douzaine de nations qui y prennent part.  

Tout cela n’est qu’une façade habillant le spectacle réel.

 En 2003, Israël a convaincu l’Amérique de détruire l’Irak, bien, et elle aussi.

L’Irak était un suicide pour l’Amérique. Ce n’est qu’en 2007 que l’Amérique a découvert son propre cadavre.  

La guerre en Afghanistan est destructrice, pas seulement pour ce pays mais aussi pour le Pakistan. Israël ne permet pas qu’une puissance nucléaire Islamique menace de prendre le contrôle sur l’Asie. La cible réelle a toujours été le contrôle du Canal de Suez et le vrai prix, l’Inde. Ce qui semble à l’Amérique être une puissance économique est une nation profondément divisée et troublée cernée par des ennemis et prête à être transformée en un pouvoir militaire de substitution puis dépouillée jusqu’à l’os.

C’est ce qui est arrivé aux Etats-Unis.

Le Pakistan est important. Depuis des années, la “CIA” et d’autres organisations de renseignement ont été au Baluchistan se faufilant à l’intérieur et l’extérieur de l’Iran, faisant sauter des choses. Jusqu’à quel point est-ce la CIA ou le Mossad, personne ne peut le savoir de façon sûre. C’est une autre organisation terroriste, appelée la “Jundallah”.

Comme le PKK en Turquie et le Tehrik-i-Taliban, le groupe terroriste qui fait mener une vie d’enfer au Pakistan, le Jundallah reçoit tout son argent, ses armes, son entraînement, ses déplacements et peut être plus, ils ont besoin de faire les guerres secrètes contre les cibles de Tel Aviv.  

Le Baluchistan a aussi plusieurs petits aéroports où l’héroïne peut être chargée et expédiée.

Les firmes contractantes Américaines contrôlent ces installations et le font depuis des années. Les stupéfiants y sont livrés depuis l’Afghanistan et chargés dans des avions consacrés aux “black ops” de l’Amérique contre, disons, quiconque subit la colère d’Israël.

Pour les Américains, la vraie question, si Israël finance des organisations terroristes qui attaquent, non seulement l’Iran, mais aussi la Turquie, partenaire de l’Amérique au sein de l’OTAN, le Pakistan, son allié de longue date, des faits dont de nombreuses preuves existent partout, sauf dans la presse Américaine, la vraie question est de savoir s’il y a aussi des attaques contre les forces Américaines et contre l’Amérique elle-même qui sont planifiées. Y en a-t-il déjà eu et si oui, combien ?  

Est-ce qu’Israël gagne quand l’Amérique part en guerre contre ses ennemis perçus ?

Est-ce une politique déclarée de longue date de faire tout ce qui est nécessaire, pas véritablement pour préserver la survie d’Israël, jamais en question, pas plus maintenant qu’avant, mais leur domination ?

Ce qui était évident aujourd’hui est que l’attaque terroriste au Pakistan n’avait rien à voir en aucune façon avec les Talibans.

Elle avait seulement un but, punir le peuple du Pakistan, l’ethnie Pashto, pas les dirigeants Punjabi, pour leur soutien à la cause Palestinienne et pour leur soutien à la solution à deux états durant l’initiative de paix actuelle parrainée par le Président Obama. Nous savons qu’Israël poursuit toute personne qui prend position pour la Palestine, mais tuer des douzaines de civils dans un rassemblement à Quetta, Baluchistan est une escalade, même pour Israël.  

Non, ce n’est pas une escalade dans la violence, ce n’est même pas proche du plus grand carnage qu’Israël a effectué.

Peut-être l’aspect le pire est que personne n’en soufflera mot. Le Pakistan est cassé, même selon les normes Américaines. Ils survivent avec l’aide extérieure Américaine, argent qu’ils continuent de recevoir tant qu’ils ne disent pas un mot au sujet d’Israël de ceux qui sont réellement à blâmer de la vague de terrorisme qu’ils subissent. J’ai vu le chef de l’agence de renseignement du Pakistan, le Directeur Général actuel de l’ISI, laissant entendre qu’Osama bin Laden est mort. Je l’ai interviewé personnellement à ce sujet.  

Je me suis engagé à garder la discussion privée et confidentielle. Je vais tenir parole.

Le Pakistan est pris en otage. Madame Clinton leur reproche continuellement de ne pas trouver Osama bin Laden, le planificateur imaginaire du 9/11, mort depuis longtemps.

Le précédent Directeur de l’ISI, le Général Hamid Gül, maintenant à la retraite et connu pour son honnête franc parler, met le blâme précisément là où il se trouve, là où il l’a mis le jour même.

Avec le lobby Israélien qui contrôle Washington et l’argent de Washington qui contrôle le Pakistan, ce ne sera pas la dernière attaque terroriste.  

La prochaine fois que quelqu’un quelque part essaie d’aider les Palestiniens ou de faire passer la vérité au sujet de la politique d’apartheid d’Israël et de son nettoyage ethnique au travers de la presse corporate contrôlée, attendez-vous à une autre attaque suicide.

Regardez la façon dont la presse a traité le meurtre et la piraterie Israéliennes avec la Flottille de la Liberté.

Moins de 5% des Américains savent qu’Israël a été pris en 1967 attaquant sciemment un bateau Américain, l’USS Liberty. Ce n’était pas la première attaque terroriste Israélienne sur des Américains, et il y en a eu des douzaines depuis. Vous ne lirez jamais un mot à ce sujet.

Avec un nouvel anniversaire du 9/11 qui approche, les pourparlers de paix en Palestine en cours et Israël faisant tout ce qu’elle peut pour forcer l’Amérique à attaquer l’Iran, les forces de sécurité sont à un niveau d’alerte élevé pour les terroristes Islamiques à travers les Etats-Unis.

Toute personne “au jus” comprend que les feux de détresse sont en fait pour les terroristes Israéliens. Est-ce que l’Aviation des Etats Unis sera là si nécessaire, contrairement au 9/11 ?

Est-ce que les terroristes montreront tous des visas étudiants récents, courtoisie du Département d’Etat, comme pendant le 9/11 ?

Avons-nous dépassé le temps où l’Amérique veut regarder de l’autre côté quand un millier de coïncidences étranges aboutissent à cette “parfaite tempête”, exactement quand et où ça s’avère nécessaire, une “tempête” pour éclipser le 9/11 en horreur, suffisante pour envoyer à la guerre un peuple fatigué, à qui on a longtemps menti, qui ne croit plus son gouvernement, en route pour faire à nouveau la guerre pour Israël ?

Quatre Israéliens morts à Hébron étaient la clé. Les 43 morts à Quetta en est une autre. Les pirates de l’air imaginaires d’Amsterdam étaient supposés en être une autre. Davantage encore va survenir chaque jour, plus de clés, plus de nouvelles histoires égrenées, plus de mise en scène, plus de préparation des esprits pour attendre ce que nombre d’entre nous savent qui se trame.

Qui pensez-vous recrute les cellules terroristes ?

Qui l’a fait depuis toujours ?

Qui peut voyager gratuitement, utiliser des passeports de n’importe quel pays, et a de l’argent sans limite ? Vous pensez réellement qu’il existe un Al Qaeda ?

Pourquoi tout ce que fait Al Qaeda aide seulement Israël ?  

Est-ce qu’Al Qaeda est un autre front du Mossad ?  

Gordon Duff

Sources SIGNES DES TEMPS

Posté par Adriana Evangelizt

http://palestine.over-blog.net:80/article-est-ce-qu-israel-dirige-les-talibans-56736399.html



Pièce Jointe

Gilles Devers : Les réfugiés palestiniens et le droit au retour.
4,7 millions de réfugiés (1) .

4,7 millions de personnes privées de leur terre par l’armée israélienne et qui disposent d’un droit inaliénable : le droit au retour. Des réalités humaines bouleversantes, mais une analyse simple : ce droit est réaffirmé avec constance par l’ONU et tous les organismes compétents depuis 1948. Mais cette réalité, Israël ne veut pas en entendre parler. Lors des négociations, on évoque à peine « une solution juste » pour les réfugiés. Or, rien n’est envisageable qui ne respecte pas ce droit au retour, sauf à admettre que la violence armée, lorsqu’elle est répétée et impunie, permet de valider l’appropriation des richesses par la force et l’institutionnalisation de l’apartheid comme règle de vie.
Le droit des réfugiés, lié à l’histoire de toutes les guerres, est parfaitement connu (I).

S’agissant de la Palestine, il faut revenir à la source, c’est-à-dire au mandat de 1922 (II).

Depuis, le droit des réfugiés palestiniens, affirmé avec constance, est dans les faits méprisé avec la même constance (III). "
Une analyse juridique de l'histoire du droit au retour en général et de sa non-application aux Palestiniens en particulier : un outil pour se battre contre les tentatives du mouvement de fausse solidarité qui n'en finit pas de dire que "le droit au retour, c'est compliqué". Entendez : c'est impossible, et, argument suivant : "d'ailleurs il y en a beaucoup qui ne veulent pas retourner" ...!

......Suite en pièce joite......

Gilles Devers

Article sur :

http://www.ism-france.org/news/article.php?id=14355&type=analyse&lesujet=Réfugiés

m-a



Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières,les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

" Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19