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11/01/2012

n° 22 - Journal de Côte d’Ivoire - : 08-12 au 09-01 - : “Les Ivoiriens ont mis KO Ouattara et la France”.

 

 


n° 22 -   Journal de Côte d’Ivoire  - : 08-12 au 09-01  - : “Les Ivoiriens ont mis KO Ouattara et la France”.



Face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

L'information est une arme au service de la paix. Sa diffusion est un acte de résistance.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources



       Journal de Côte d’Ivoire  

        n°3                              08-12 au 09-01    

Par C.Debroeder &  M.Lemaire



Les informations contenues dans ce journal sont obtenues par la lecture journalière des journaux en ligne  des journaux en ligne suivants:

                  (Afp- ats - Ap - Reuters, Al-manar - Chine nouvelle-  CPI - IPC –Novosti-  PNN- Wafa –Sana – Radio chine internalionale - Al Manar & XINHUANET (Chine) 

   Mes informations sont le résultat de recoupements car les médias occidentaux donnent des informations qui ou se contredissent ou ne prennent en note qu’une partie des infos

 



Le journal de Côte d'Ivoire se retrouve

a) sur nos  blogs : http://www.dhblogs.be/categories/International.html

                               http://www.lalibreblogs.be/categories/International.html

b) sur le site http://turkmenfriendship.blogspot.com/2007/10/journal-dirak-de-m-lemaire.html

c) sur le site de Eva Resis : no-war.over-blog.com

d) Et Sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

e) sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-              solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire

1Tiré à part :

Rober Bibeau : L'EXTRADITION ILLÉGAL DE GBAGBO DE SON PAYS NATAL !

1 Côte d'Ivoire occupé

Manifestation de partisans de Gbagbo devant la prison de la "CPI" à La Haye.

2 Politique 

Sur le terrain

IRIB : Côte d'Ivoire : faible participation aux élections législatives

Boga Sivori : Laurent Akoun, SG du FPI : “Les Ivoiriens ont mis KO Ouattara et la France”.

3   Politique internationale

a) Cour pénale internationale

Libération provisoire de Gbagbo : Deux chefs d’Etat (l’Amérique du sud et l’autre d’Afrique de l’Est) prêts à payer la caution. 

4 Les grandes manœuvres

CPI

Laurent Gbagbo a dénoncé devant la CPI les conditions de son arrestation.

5 Dossier

5-1 Abidjandirect : Guerre de la France contre Gbagbo et la Côte d’Ivoire, la CPI nouveau théâtre des opérations.

6 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

6-1 POURQUOI LA FRANCE EN VEUT A GBAGBO !

6-2 Droits de l'Homme:  Komla KPOGLI: : "il est temps de se demander quel est cet homme qui a des droits et quels sont ces droits".

 



Tiré à part :

Rober Bibeau :L'EXTRADITION ILLÉGAL DE GBAGBO DE SON PAYS NATAL !
EXILÉ - LIVRÉ AUX AFFRES DE LA COUR PÉNALE INTERNATIONALE
Laurent GBAGBO est coupable d'avoir perdu la guerre fratricide contre Allasanne OUATTARA, le nouveau Président de la Côte d'Ivoire choisi par Nicolas SARKOZY au nom de la "communauté internationale" - lire ici le rassemblement de quelques chefs d'État représentant les anciennes puissances impérialistes occidentales décadentes.
Dans la nuit sombre du 29 novembre 2011, subrepticement, un avion furtif décolle secrètement de la base militaire des forces d'occupation française - le 43e BIMA d'Abidjan - direction La Haye aux Pays-Bas où Laurent GBAGBO sera incarcéré pour n'avoir pas accepté de capituler et pour s'être rebellé contre l'armée d'occupation française. La loi du milieu a ses règles que GBAGBO ne pouvait transgresser, pas plus que KADHAFI après lui, le révolté qui a expié son péché, assassiné par les mercenaires de l'OTAN de la façon que vous savez... (1).
L'ex-premier ivoirien, capturé par l'armée de SARKOZY, est livré tel les esclaves d'antan, un "cadeau" du nouveau Président ivoirien stipendié - élu par l'Élysée - aux autorités de la Cour pénale internationale (CPI) de triste renommée, pour être accusé de crimes contre l'humanité. Nous aurions quant à nous plutôt songé à monsieur SORO, le nouveau Premier ministre de la Côte d'Ivoire, " recherché " depuis l'année 2002 pour crimes contre l'humanité ivoirienne, crimes commis dans le nord du pays divisé - séparé - par ses sbires et ses mercenaires sur-armés ! Mais voilà, l'histoire a la mémoire écourtée et les récents vaincus ont préséance sur les anciens à la barre des accusés de cette Cour déshonorée.
Pendant ce temps les insignifiants soldats de l'ONUCI (Opération des Nations Unies en Côte d'Ivoire) paradent dans les rues éventrées, inutiles observateurs des mercenaires para-militaires de OUATTARA-SORO affublés d'uniformes de l'armée ivoirienne dans le but de légaliser leurs crimes anticipés.
 
En plus de s'afficher dans les rues délabrées, l'ONUCI se préoccupe aussi d'accréditer l'élection ivoirienne bidon (11.12.2011) - à laquelle plus d'un millier d'aspirants aux prébendes de député - se pressent pour obtenir accès à l'assiette au beurre gouvernementale avec pour seul programme électoral de ne pas déplaire au nouveau maître du palais présidentiel. Eh oui ! Au milieu de cette misère désespérée, les remplaçants des anciens rois nègres d'antan se pavanent dans des palais de pacotille pendant que leur peuple meurent affamé dans des taudis surpeuplés. Triste Afrique bafouée, outragée. suppliciée.
 
COUP MONTÉ CONTRE L'EXTRADÉ 
L'expatrié - illégitimement incarcéré et illégalement exilé de son pays de naissance, a été " pressément réclamé " par la CPI, suite à une rencontre secrète entre le gestionnaire arbitraire de ce tribunal à tout faire (l'outrecuidant Luis Moreno OCAMPO dont ce n'est pas la première billevesée) et le Président OUATTARA - affidé attitré à cette possession d'Afrique française néo-colonisée. C'est ainsi que le Président ivoirien, soi-disant garant de la constitution de ce pays indivisible - susurre la chanson sur les ondes de la télévision - joue le thuriféraire de son ami coreligionnaire de la République française électoralement très agité.
Pourquoi un tel empressement du Président ivoirien à livrer l'africain aux "geôliers européens" à la veille des élections de la pseudo "Vérité et Réconciliation" ? Tous les ivoiriens de cette terre mortifère savent pertinemment que chacune des factions a commis des exactions. Chaque famille ivoirienne a perdu un enfant, un parent, aux mains de l'un ou de l'autre camp, certains dans les années quatre-vingt dix, d'autres en 2002, les derniers en 2010, car ici les guerres de succession sont légion pour le contrôle de l'appareil d'État distributeur de commissions, de maigres emplois sous corruptions, de petits contrats pour croupions ; ici est permanente cette engeance sévissant en néo-colonie de la France "mère patrie" spoliatrice. Rien de nouveau sous la lune en cette terre tropicale au soleil éternel...à la misère perpétuelle (2).
 
Devant une telle situation deux options s'offraient au Président croupion. Ils y passaient tous - équitablement - inexorablement - lui y compris, ou alors, les parties négociaient en douce la paix des braves et la "Réconciliation nationale". Monsieur SORO, le nouveau Premier ministre, le criminel de guerre "oublié" de 2002, plutôt que de se taire pudiquement - étale son arrogance sur les ondes publiquement - et les médias français à la solde lui font écho. SORO le nouveau héraut, réclame la peine capitale pour les perdants repentants parce qu'ils ont le tort d'être du mauvais bord - quel atavisme accable ce tyran récidiviste ?
 
Quelle réconciliation nationale peut-on espérer quand le vainqueur triomphant se venge en toute impunité du vaincu emprisonné, humilié, et quand moult prisonniers politiques sont toujours incarcérés, maltraités, torturés, empilés dans des geôles oubliées. Les sbires et les mercenaires de OUATTARA-SORO déguisés en soldats, arpentent les rues des cités outragées ; toutes les universités du pays seront fermées pour les deux prochaines années en Côte d'Ivoire éplorée. Rien à faire de cette "Réconciliation" avec l'oppression murmurent les ivoiriens enragés notamment à l'encontre des éditorialistes de Paris qu'ils détestent royalement (3).
 
LE VALEUREUX PEUPLE IVOIRIEN 
Je suis en ce pays depuis peu, pourtant, ce temps m'a suffi pour constater l'immense courage de ce peuple souriant, aimable, généreux, chaleureux, valeureux, industrieux, fier, amer et ulcéré au pays des chocolatiers. Si du moins le peuple ivoirien bénéficiait des revenus mirobolants générés par ces bouchées chocolatées - savez-vous à quel prix ils sont payés ces métayers exploités comparé au montant qui nous est réclamé à nous d'Occident, par les nouveaux négriers de la modernité (Nestlé, Lynds, Mars, etc.) pour cette denrée recherchée ?
Ils sont 22 millions de citoyens - 1 036 dollars US de revenu annuel moyen (148e rang mondial) - la misère généralisé se constate chaque jour sur la chaussée des villes polluées, alors que quelques députés, ministres, juges, mandarins, hauts gradés de l'armée et des milices privées ainsi que quelques industriels caféiers et planteurs exploiteurs, tout au plus quelques milliers de riches plantureux, se partagent quelques bénéfices sporadiques, prébendes fragiles, salaires de sous-fifres dont ils se contentent faute de mieux, misérables gueux (4).
Quand on ne contrôle pas son armée, ses tribunaux, ses alliés, son économie, ses frontières, sa terre et ses ressources aurifères, comment faire pour gérer ou administrer ? De toute façon, ils savent tous ce qu'il en coûte de souhaiter la liberté contre le maître de curée...logé à l'Élysée.
 
Dans le petit matin, ils sont des millions anxieux - marchant bruyamment sous le soleil levant, déjà brulant, pressant le pas vers leurs étals chambranlants, vers leurs boutiques déclinguées, vers leurs bureaux surchauffés - s'ils ont un emploi ce qui est rare en cet endroit - vers nulle part pour certains - vers le coin de la chaussée pour les autres, vers l'office d'une succursale quelconque d'une multinationale moribonde, où les uns offrent leurs babioles à un prix de famine, où les autres offrent leur savoir pour un salaire dérisoire, et les derniers leur labeur pour quelques francs sans valeur (650 F CFA = 1 Euro).
Tous ces gens qui déambulent lentement ou circulent en taxis pétaradants ou s'entassent dans les bus tonitruants, ce matin ensoleillé, ne connaissent pas encore le forfait méprisable de la nuit, l'extradition de leur ex-Président - élu démocratiquement quoi qu'en disent ceux de Paris - qui n'étaient pourtant nullement concernés - et leurs complices en ce pays, ainsi que tous ces lâches médias à la solde, d'ici et d’ailleurs, qui ont répété le mensonge à satiété jusqu'à ce que vous le gobiez.
Ses geôliers - nouveaux négriers - l'ont livré pour l'humilier, lui et tout son peuple ostracisé, pour faire exemple et pour briser leur résistance à l'avant veille de la mascarade électorale législative prévue pour la mi-décembre (11.12.2011) et à la veille de ces spectacles chauvins de "Réconciliation nationale " programmés pour le début décembre. On n'amorce pas une campagne de "Vérité et Réconciliation" par la livraison de ses ex-compagnons d'armes à une cour pénale manipulée par des puissances internationales (5). 
 
Ils seront des millions à faire abstention lors de ces élections bidons - Ce sera leur moyen d'expression...en attendant le prochain soulèvement de cette population (6).
 
 
(1) http://www.legrandsoir.info/Le-parricide-La-guerre-civile-en-Libye.html
(2) http://www.centpapiers.com/massacres-en-cote-d%e2%80%99ivoire-%c2%ab-liberee-%c2%bb-par-les-colonisateurs-francais/66712
(3) http://www.lemonde.fr/afrique/article/2011/11/29/laurent-gbagbo-inculpe-par-la-cour-penale-internationale_1610832_3212.html
http://www.lexpress.fr/actualite/monde/afrique/laurent-gbagbo-un-aller-simple-pour-la-haye_1056612.html
(4) http://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_pays_par_PIB_(PPA)_par_habitant http://fr.wikipedia.org/wiki/C%C3%B4te_d'Ivoire
(5) Les 3 et 4 décembre 2011 s'amorçait une série de spectacles pour la " Réconciliation nationale ". Quelques dizaines d'artistes ivoiriens chantent l'amour, la paix, la réconciliation et le pays "indivisible" et autres refrains chauvins, déplacés, après cette trahison et la mortification imposée aux magistrats et aux juges contrits, obligés de faire leur mea culpa pour avoir dit la vérité qu'ils sont contraints de répudier et de renier. Le peuple ivoirien reste imperturbable et le parti politique dirigé par Laurent GBAGBO (FDI) s'est récemment retiré de cette mascarade et plusieurs partis politiques ivoiriens boycottent ces élections bidons empressées (11.12.2011).
(6) http://www.legrandsoir.info/alassane-ouattara-ou-la-soumission-sans-equivoque-de-la-cote-d-ivoire.html et CNRD

Robert Bibeau

7.12.2011 

http://www.abidjandirect.net/index2.php?page=poli&id=3271

http://www.centpapiers.com/l%e2%80%99extradition-de-laurent-gbagbo/89096

http://www.eburnienews.net/politique/communique-du-cnrd-suite-a-la-deportation-du-president-laurent-gbagbo/


1 Côte d'Ivoire occupé

Manifestation de partisans de Gbagbo devant la prison de la "CPI" à La Haye.

 Deux cent cinquante personnes, selon la police, 500, selon les organisateurs, ont manifesté samedi, devant le centre de détention de la Cour pénale internationale, (CPI), à La Haye, où est écroué l'ancien Président ivoirien, Laurent Gbagbo, soupçonné de crimes contre l'humanité.
"On fête ici Noël avec le président et même s'il ne peut pas nous voir, nous pensons qu'il nous entendra" , a déclaré à l'AFP, Abel Naki, Président du Congrès pour la Renaissance ivoirienne (CRI) et panafricaine, l'une des associations de la diaspora ivoirienne, qui avait appelé à la manifestation. Venus en cars, principalement, de France, les manifestants étaient rassemblés devant la prison à Scheveningen dans la banlieue de La Haye, où ils ont écouté de la musique et chanté des chants ivoiriens.

 25/12/2011
http://french.irib.ir/info/afrique/item/160501-manifestation-de-partisans-de-gbagbo-devant-la-prison-de-la-cpi-%C3%A0-la-haye



2 Politique 

Sur le terrain

IRIB :Côte d'Ivoire : faible participation aux élections législatives. 

Les Ivoiriens se sont rendus, sans grande affluence, mais dans le calme, dimanche, aux urnes, pour élire leurs députés, au cours d'un scrutin capital, pour tourner la page d'une décennie de crise politico-militaire, mais boycotté par le parti de l'ex-Président Laurent Gbagbo. Ouverts, vers 7h (heures locale et GMT), les bureaux de vote ont, progressivement, fermé, vers 17h, et le dépouillement des bulletins a, aussitôt, débuté, ont constaté des journalistes de l'AFP, à Abidjan et Bouaké, (centre), l'ex-capitale rebelle. Les résultats de ce scrutin, organisé huit mois, jour pour jour, après l'arrestation de M. Gbagbo, sont attendus, dans la semaine. La coalition présidentielle est assurée d'avoir la majorité des 255 sièges de la nouvelle Assemblée, faute d'adversaires de poids, mais le score de ses deux principales composantes déterminera le rapport de forces, au sein du nouveau pouvoir.

12/12/2011

IRIB


Boga Sivori :Laurent Akoun, SG du FPI : “Les Ivoiriens ont mis KO Ouattara et la France”.
Les élections législatives ont été pour les Ivoiriens, l’occasion de rejeter la politique d’Alassane Ouattara par un très faible taux de participation tel que la Côte d’Ivoire n’en a jamais connu. C’est pour donner son analyse à la suite de cette situation que le secrétaire général et porte-parole du FPI, Akoun Laurent, a animé, hier au siège du CNRD, une conférence de presse.
Le secrétaire général et porte parole du FPI est catégorique. Pour lui, le taux de participation pour les « législatives taillées sur mesure organisées par le pouvoir Ouattara tourne autour de 14,33% ». Les Fpi dit avoir obtenu ce chiffre suite au recoupement d’informations recueillies de diverses sources par cellule électorale mise en place pour contrôler, recouper et analyser les résultats sur le terrain.
Selon M. Akoun, il ressort des investigations des structure interne à son parti, que les militants du Fpi en particulier et les Ivoiriens en général en observé avec rigueur le mot d’ordre de boycott de l’élection législative lancé par la direction du Fpi.
Il a fait remarquer que Radio Côte d’Ivoire et Onuci-fm qui ont couvert en duplex les législatives, ont fait état du peu d’engouement des électeurs pour ces élections. Même si, selon lui, paradoxalement les journalistes ont voulu sauver la situation par des commentaires contradictoires avec la réalité qu’ils ont eux mêmes observée sur le terrain.
La presse internationale, selon M. Akoun, a été plus explicite sur le désintérêt des Ivoiriens pour ces élections. Et M. Akoun de citer une dépêche de l’agence France presse (AFP) : « face à l’indifférence totale des Ivoiriens pour les législatives suite au mot d’ordre de boycott du FPI, Alassane Ouattara cherche électeurs ». En effet, quand le président Ouattara est allé voter aux environs de 12h, et quand il a constaté le manque d’affluence des électeurs, il a lancé un appel aux populations pour aller voter. Le porte-parole du FPI estime que cet appel de Ouattara est anticonstitutionnel, même s’il n’a pas été suivi.
Pour Laurent Akoun, le très faible taux de participation à ces élections confirme l’impopularité et l’illégitimité de Ouattara. En effet, a fait remarquer le porte-parole du FPI, le Patriote, journal de M. Ouattara avait barré, la veille de l’élection à sa Une : « Après la victoire, en route pour le pouvoir », parlant du nouvel homme fort du pays. Ce qui voulait dire que Ouattara n’avait pas le pouvoir depuis qu’il était parvenu au pouvoir. Et que ce sont les législatives qui devraient lui conférer ce pouvoir. Mais avec ce fiasco, les Ivoiriens viennent de refuser le pouvoir à Ouattara. Celui-ci devrait, selon Laurent Akoun, en tirer toutes les conséquences en démissionnant.
Le secrétaire général du FPI a par ailleurs dénoncé le caractère tribal qui va être imprimé au nouveau parlement. Ce parlement sera selon lui, à forte coloration nordique avec quelques ressortissants du pays Akan pour un pays qui compte plus de 60 ethnies. Un tel parlement ne peut être représentatif du peuple de Côte d’Ivoire.
Pour toutes ces raisons et pour bien d’autres encore, le parti de Laurent Gbagbo par la voix de son porte-parole demande l’annulation du scrutin et la reprise des discussions avec l’opposition. « Les Ivoiriens, en suivant le mot d’ordre de boycott du FPI de façon impressionnante, infligent un KO à Ouattara et à la France. Tous les deux ont été vomis et le seront à jamais car le peuple Ivoirien ne se reconnaît pas en eux. En conséquence de ce qui précède, M. Ouattara et la France doivent en tirer toutes les conséquences. Ces législatives viennent de démontrer clairement que la présidentielle de 2010 a élu un candidat qui n’est pas M. Ouattara. Laurent Gbagbo et son parti le FPI restent et demeurent à la fois populaires et légitimes », a indiqué M. Akoun.
Mardi 13 Decembre 2011



3   Politique internationale

a) Cour pénale internationale

Libération provisoire de Gbagbo : Deux chefs d’Etat (l’Amérique du sud et l’autre d’Afrique de l’Est) prêts à payer la caution. 

Depuis sa première comparution devant les juges de la Cour pénale internationale (Cpi), le 5 décembre 2011, Laurent Gbagbo ne fait que monter dans l’estime des partisans de la démocratie et de la justice. Un courant de sympathie qui va crescendo de la Côte d’Ivoire sa patrie et qui parcourt le monde entier, du continent noir, l’Afrique, terre de ses ancêtres à l’Europe en passant par les Amériques et l’Orient. Une unanimité dans le soutien sans faille et la solidarité au président Gbagbo qui fait bouger les lignes jusque-là rigides des puissances impérialistes. Au point où il  est aujourd’hui possible  de  téléphoner  au  Président  Laurent  Gbagbo  à  la Cpi,  possible  de  lui  écrire  et  de  lui  rendre  visite. Selon des informations en notre possession, il est désormais également possible d’appeler le Woody de Mama de sa prison de la Haye au numéro de téléphone  003170 515 8515. Bien sûr,  en  demandant  à  parler  au  détenu  Laurent Gbagbo, Président  de  la  République  de  Côte  d’Ivoire, et vous aurez droit à quelques instructions à suivre de la part du  garde  pénitencier. L’on peut également rendre visite au Président Laurent Gbagbo, il suffit de le lui notifier par une  demande adressée  à  la Cpi à  l’adresse  électronique suivante: visits@icc-cpi.int. Ce n’est pas tout, d’autres moyens de rapprochements ou de manifestations de soutien ont été prévus. Par exemple, la voie postale pour ceux qui voudraient bien lui envoyer des fleurs, des mots de  soutien  et lui  marquer  leur  attachement. Ceux-là pourraient écrire à  l’adresse  postale  suivante : Son  Excellence  Monsieur  Le  Président  Laurent  Gbagbo ; Boîte Postale 195192500 CM, La Haye Pays-Bas. Ces facilités qui lui étaient interdites dans sa prison de Korhogo et auxquelles a droit le président Laurent Gbagbo depuis qu’il se trouve à la Cpi en Hollande est le résultat d’une forte pression internationale qui s’abat sur cette institution dont la réputation et la crédibilité se jouent. Le phénomène Gbagbo intéresse tout le monde. Le 5 décembre 2011, jour de sa première comparution publique, c’était déjà 190 chaînes de télévisions et de radio qui faisaient la retransmission directe du procès. De nombreux journalistes, sociologues et analystes politiques lui ont consacré des ouvrages. Le dernier ouvrage en date et qui fait sensation est celui du journaliste Camerounais Charles Onana, il est intitulé «Côte d’Ivoire : le coup d’Etat». Ce livre est un condensé des confidences exclusives du Président Laurent Gbagbo sur la journée du 11 avril 2011, jour de son arrestation à sa résidence de fonction à Cocody par l’armée française.  Des anciens chefs d’Etat d’Afrique se mobilisent également pour le Président Laurent Gbagbo. Le Sud-Africain Thabo MBeki lui consacre des contributions dans la presse, des épilogues entiers et des préfaces dans des livres des écrivains qui le sollicitent. Le Ghanéen Jerry Rawlings se veut plus corsé lorsqu’ il parle des évènements survenus en Côte d’Ivoire : «l’Afrique ne peut pas se taire», crie-t-il son indignation face à l’injustice. L’ancien président du Ghana s’était investi corps et âme pour arriver à un dénouement pacifique de la crise ivoirienne, mais il n’a pas été suivi par les va-t’en guerre qui en voulaient coûte que coûte à la place de Laurent Gbagbo pour la remettre à un dirigeant de leur goût, plus malléable. Deux chefs d’Etat, l’un d’un pays de l’Amérique du sud et l’autre d’Afrique de l’Est dont nous tairons volontairement les noms se sont proposés, selon nos sources, à payer la caution de «mise en liberté provisoire» du Président Laurent Gbagbo, au cas où la situation l’imposait à la Cour pénale internationale (Cpi). «Je ne me rappelle pas avoir donné un mandat à quiconque pour un bombardement aérien sur la Côte d’Ivoire. Nous ne soutenons pas nécessairement ce que nous n’avons pas voté.» Réagissait la ministre des Affaires étrangères de l’Afrique du sud, Madame Maite Nkoana-Mashabane qui a participé au vote de la résolution 1975, adoptée le 30 mars 2011 par l’Onu. C’est cette résolution qui a été prétextée par l’armée française avant de bombarder la résidence du Président Laurent Gbagbo où plusieurs dizaines de jeunes civiles aux mains nues ont été atrocement assassinés. «C’est l’armée française qui a fait le travail, et elle nous a remis aux forces d’Alassane Ouattara qui n’étaient pas encore les forces régulières de la Côte d’Ivoire, parce que les forces régulières travaillaient avec moi». Témoignait, le 5 décembre 2011 devant la Tribunal pénal international, pour sa part le Président Gbagbo dont l’art oratoire continue de donner l’insomnie aux puissances impérialistes. Les téléspectateurs qui ont pu suivre l’entretien réalisé par la télévision Al Jazirah avec Luis Moreno Ocampo se sont vite rendu compte que le procureur de la Cpi avait perdu les pédales face aux questions pertinentes du genre : “pourquoi sont-ce les dirigeants africains seulement qui sont jugés par votre cour de justice ?». Al Jazirah est l’œil du monde arabe qui vient s’ajouter à la longue liste des curieux. Le monde entier veut comprendre pourquoi cet acharnement sur un président légalement élu par son peuple. Ces pressions enclenchées par ce courant de sympathie, de solidarité de par le monde à l’endroit du célèbre prisonnier s’expliquent particulièrement par des faits et des chiffres contemporains. En effet, Laurent Gbagbo, c’est indéniable, est le père de la démocratie en Côte d’Ivoire. Par la lutte du Front populaire ivoirien (Fpi) parti qu’il a fondé, le régime néocolonialiste du président Houphouët-Boigny a cédé au multipartisme. Il est le chef d’Etat qui a interdit l’emprisonnement des journalistes dans son pays, celui qui a ordonné de façon légale le financement des partis politiques pour l’exercice de leurs activités. L’histoire de Laurent Gbagbo rime avec exil (1982), prison (1974, 1992), attentats physique, accidents de voitures occasionnés par des adversaires politiques au plan national. Ceux-ci voyaient déjà en lui le futur président de la République. En lui aussi des dirigeants occidentaux voyaient un potentiel dirigeant panafricain, un nationaliste qui menacerait leurs intérêts. Professeur d’Histoire, Laurent Gbagbo est auteur de plusieurs publications qui font référence. Universitaire, très cultivé, Laurent Gbagbo est un personnage qui annonce à l’avance à travers des livres, ce qu’il ambitionne de faire pour son pays ; contrairement à ses adversaires politiques nationaux. Son dernier ouvrage “Côte d’Ivoire : bâtir la paix sur la démocratie et la prospérité”, sorti à deux mois de la campagne présidentielle, est un condensé de l’amour qu’il porte à son pays. Cet ouvrage est un coup projecteur sur tous les secteurs d’activité susceptibles de procurer du bonheur à ses concitoyens. Laurent Gbagbo l’a réalisé avec le concours de trois cent (300) experts chacun dans sa spécialité sous la supervision du Premier ministre Pascal Affi N’Guessan alors président du comité desdits experts. Lors des grandes conférences internationales, Laurent Gbagbo s’est toujours montré brillant. Ses ex-homologues ne manquaient pas de lui soumettre certains travaux de réflexion. Comme c’est le cas, à Yamoussoukro en 2008, de la réflexion portant sur les transports dans la sous région ouest africaine. Il en est de même en 2009, toujours à Yamoussoukro, des travaux sur l’autosuffisance en énergies, en Afrique de l’ouest, zone potentiellement riche. Le tout reposant sur un système de prélèvement ou de taxation par Etats selon le volume de ses transactions transfrontalières et les potentialités locales. Il ne comprenait pas que des pays naturellement dotés en ressources puissent être déficitaires en énergie électrique… Tribun vénéré, Laurent Gbagbo pèse à lui tout seul 51% de l’électorat lors du deuxième tour de l’élection présidentielle de novembre 2010. Résultat confirmé en sa première qualification par le Conseil constitutionnel seul juge des élections en Côte d’Ivoire dont «le jugement n’est susceptible d’aucun recours». Il s’est toujours proclamé «enfant du peuple» et son peuple le lui rend bien. Les dernières élections législatives du 11 décembre 2011 ont conforté son charisme et sa popularité. Il a suffi que ses partisans lancent un mot d’ordre de boycott desdites élections législatives pour que toute la machine du régime Ouattara s’enrhume. Même la presse occidentale a qualifiée le taux de participation à ces élections législatives de «désert électoral». Ce, en dépit du gonflage dudit taux à (36%) par la Cei six jours après la fermeture des bureaux de vote. Un peu plus 14,33% de participation, selon des observateurs libres. Ce, malgré l’appel du président Ouattara à l’endroit des populations à exercer leurs droits civiques, intervenu samedi après fermeture des campagnes. Pour certains observateurs de la scène politique ivoirienne, les élections législatives viennent confirmer le poids réel des acteurs politiques nationaux. Laurent Gbagbo y compris. En effet, l’ex-chef d’Etat déchu demeure de très loin l’homme politique le plus populaire de son pays, malgré son éloignement à environ 13 mille km de la Côte d’Ivoire. Ce 80% de taux d’abstention pourrait s’expliquer par l’appel au boycott de ses partisans. Il rejoint le taux de participation lors du référendum 2000 sur le vote de la Constitution ivoirienne. A cette époque, les Ivoiriens devaient voter entre le «Oui» qui signifie que le candidat à l’élection présidentielle doit «être Ivoirien de père et de mère eux-mêmes Ivoiriens» et le «Non» qui signifiait «être Ivoirien et de père ou de mère Ivoirien». Le «Oui» l’avait emporté à 82%,  c’est-à-dire que le  candidat doit être né Ivoirien et avoir son «père et sa mère eux-mêmes Ivoiriens», répondant ainsi à l’appel du président Gbagbo, déjà à cette époque. La forte mobilisation du monde entier autour du président Gbagbo s’explique forcément, aussi, par les crimes commis par la rébellion pro-Ouattara, avant, pendant et après le 11 avril 2011. En témoignent les  rapports  d’enquêtes de Human Right Watch, Amnesty Internationale, Commission internationale sur la guerre en Côte d’Ivoire ainsi que la Fédération nationale des victimes de la guerre en Côte d’Ivoire qui regroupe 27 Associations. Qui accusent ouvertement les rebelles qui doivent subir la rigueur de la loi de la Cour pénale internationale. Pour avoir commis «le génocide, les crimes de guerre et crimes contre l’humanité», selon les articles 5 et 6 du Statut de Rome de la Cour pénale internationale. De fait, le  6 octobre 2002 à Bouaké, 61 gendarmes, 61  enfants et 7 civils ont été exécutés. Le  21 décembre 2002 à Sakassou, neuf (09) personnes ont été fusillées à bout portant cinq (05) parmi elles sont des femmes danseuses traditionnelles d’Adjanou. En 2004, à Korhogo, l’opinion nationale et internationale découvrait un charnier de 99 corps dont 66 morts asphyxiés dans un conteneur fermé. Ces infortunés, des combattants de la faction pro-Ibrahim Coulibaly vaincus, ont été placés au soleil  pendant quatre (4) jours par le chef de guerre Fofié kouakou. Ce dernier est d’ailleurs sous embargo de l’Onu. Le 31 mars 2005, c’était l’horreur et la consternation  à Guitrozon où 150 personnes d’ethnie Wê étaient exterminées. Le 28 mars 2011 encore à Duékoué le monde découvrait une nouvelle fois le massacre de 800 personnes d’Ethnie Wê. Des partisans du président Laurent Gbagbo sont systématiquement exterminés après le 11 avril 2011. Ces scènes atroces se déroulent à Abidjan notamment dans la vaste commune de Yopougon majoritairement acquise à la cause du chef d’Etat déchu, mais aussi dans les  villes et villages de Côte d’Ivoire. Laurent Gbagbo légalement élu président de la République, à l’issue de l’élection présidentielle de novembre 2010 avec plus de 51% de voix du peuple ivoirien selon le Conseil constitutionnel de son pays a été déchu, le lundi 11 avril 2011 par les puissances étrangères dirigées par la France, les Etats-Unis d’Amérique et l’Organisation des nations unies (Onu). Arrêté cet historique 11 avril 2011, il est d’abord remis aux forces d’Alassane Dramane Ouattara qui n’étaient pas à cette époque des forces républicaines – Laurent Gbagbo ayant prêté serment devant le Conseil constitutionnel -, puis déporté dans l’antre de la rébellion au nord précisément à Korhogo. D’une prison gardée secrète – une trois pièces où il ne «voyait pas le soleil» et n’imaginait le temps que lorsque «la pluie tombait sur le toit», selon les révélations lors de sa première comparution le 5 décembre dernier, de l’ex-président déchu, Laurent Gbagbo est transféré le 29 novembre 2011 à la Cour pénale internationale. Simplice Allard al08062317@yahoo.fr

http://www.ivoirediaspo.net/liberation-provisoire-de-gbagbo-deux-chefs-detat-prets-a-payer-la-caution/ 



4 Les grandes manœuvres

1) CPI

Laurent Gbagbo a dénoncé devant la CPI les conditions de son arrestation.

LA HAYE – Voici les principales déclarations de Laurent Gbagbo, qui a dénoncé les conditions de son arrestation “sous les bombes françaises” le 11 avril, lors de la première comparution de l’ex-président ivoirien, devant la Cour pénale internationale (CPI), à La Haye :

.”Mes conditions de détention ici à La Haye sont correctes, les conditions normales de détention d’un être humain (…) ce sont les conditions de mon arrestation qui le sont moins”.

.”J’ai été arrêté le 11 avril 2011 sous les bombes françaises”.

. “Le 11 avril, pendant qu’on bombardait la résidence qui était déjà à terre, pendant qu’on se cachait, une cinquantaine de chars français ont encerclé la résidence pendant que les hélicoptères la bombardaient. C’est dans ces conditions-là que j’ai été arrêté (…) c’est l’armée française qui a fait le travail”.

.”J’ai vu devant moi mourir mon ministre de l’Intérieur. Mon fils aîné, qui est encore détenu en Côte d’Ivoire, je ne sais pas pourquoi on l’a arrêté, peut-être parce qu’il est mon fils, je l’ai vu battu”.

Sur ses conditions de détention en Côte d’Ivoire :

.”J’étais logé dans une maison, j’avais un lit, une moustiquaire, une douche, j’avais deux repas par jour (…) mais je ne voyais pas le soleil. Je ne savais ce qu’il se passait dans le ciel que quand il pleuvait sur le toit.”.”Maître Altit (son avocat, ndlr) est venu jusqu’à Korhogo pour me voir et on l’a empêché de me rencontrer. Ca a été tout le temps comme ça : une bataille entre mes avocats et mes geôliers.”

.”Ca, ce n’était pas correct. Là aussi, je vais m’arrêter parce que ce n’est pas une séance pour apitoyer les gens, j’essaie de décrire ce qu’il y a à dire : l’enfermement sans pouvoir marcher, sous pouvoir voir le ciel, sans pouvoir sortir”.

.”J’ai eu de nouvelles pathologies en plus de celles que j’avais déjà. Et je ne suis plus un jeune homme, comme vous le voyez madame, je ne suis plus un jeune de 20 ou 30 ans. J’ai aujourd’hui 66 ans. Aujourd’hui, j’ai mal à l’épaule, j’ai mal à tout le poignet”.M. Gbagbo a en outre assuré ne pas avoir été prévenu de son transfert dans la nuit de mardi à mercredi, au centre de détention de la CPI :

.”Je suis venu sans rien, sauf avec ma chemise et mon pantalon, sans rien du tout”.

http://www.ivoirediaspo.net/laurent-gbagbo-a-denonce-devant-la-cpi-les-conditions-de-son-arrestation/

 

Letemps "Libérez Gbagbo!", scandent les Ivoiriens devant la CPI à La Haye

"Libérez Gbagbo, libérez Gbagbo!" : venus de plusieurs pays d'Europe, des centaines d'Ivoiriens ont manifesté samedi à La Haye devant la Cour pénale internationale (CPI) qui soupçonne leur ancien président de crimes contre l'humanité commis lors des violences post-électorales de fin 2010-début 2011.
Au nombre de 600 selon la police néerlandaise, 2.000 selon les organisateurs, les partisans de l'ex-président ivoirien Laurent Gbagbo étaient rassemblés devant un podium installé dans la rue longeant la Cour, un imposant bâtiment blanc d'une douzaine d'étages dans la banlieue de La Haye. "Nous sommes ici pour manifester notre soutien au président Gbagbo", explique à l'AFP l'un des organisateurs du rassemblement,
Seri Zokou, avocat à Bruxelles et membre de l'équipe de défense de l'ex-chef d'Etat. "Nous demandons à la Cour pénale internationale de faire venir ici les vrais responsables des massacres en Côte d'Ivoire, MM. Alassane Ouattara,
Soro et les chefs militaires", poursuit-il. Les manifestants étaient venus principalement de France mais aussi de Belgique et de Suisse, à l'appel du Comité de pilotage des actions de la diaspora (CPAD), une plate-forme de mouvements patriotiques pro-Gbagbo et panafricains, selon M. Zokou. "Laurent Gbagbo sortira de ce bâtiment libre,
Laurent Gbagbo n'est pas seul, le peuple africain est avec Laurent Gbagbo", lance depuis le podium le Togolais Gaétan Zoumaro, coordinateur du Cercle de réflecion et d'initiative pour un Togo démocratique. "On se sent solidaire du peuple ivoirien", dit-il pour justifier sa présence à La Haye. Premier ex-chef d'Etat remis à la CPI, entrée en fonction en 2002, Laurent Gbagbo, 66 ans, est écroué à La Haye depuis le 30 novembre. Il était auparavant détenu dans le nord de la Côte d'Ivoire.
L'ancien chef d'Etat avait participé lundi à une première audience, de comparution initiale, au cours de laquelle il avait notamment dénoncé les conditions de son arrestation "sous les bombes françaises" le 11 avril à Abidjan. Parmi les manifestants, dont beaucoup portaient des bonnets et des écharpes oranges, blancs et verts, les couleurs du drapeau ivoiriens, l'ancien "Monsieur Afrique" du parti socialiste français, Guy Labertit, venu de Paris.
"C'est la première fois qu'il y a ici un rassemblement de soutien pour un prévenu de la CPI", souligne-t-il. "Je me devais de venir ici en tant qu'ami et politique", continue le socialiste. Il avait hébergé Laurent Gabgbo durant son exil en France dans les années 80 et espère lui rendre visite bientôt en prison.
L'ancien président ivoirien est soupçonné par la CPI d'être "coauteur indirect" de crimes contre l'humanité lors des violences post-électorales de 2010-2011, à savoir meurtre, viol, actes inhumains et persécution commis par ses forces entre le 16 décembre 2010 et le 12 avril 2011. Son refus de céder le pouvoir à son rival et actuel président Alassane Ouattara avait plongé le pays dans une crise meurtrière qui avait fait 3.000 morts. Des élections législatives sont prévues dimanche en Côte d'Ivoire.

10/12/2011

http://www.letempsdz.com//content/view/67145/1/



Dossier

5-1 Abidjandirect : Guerre de la France contre Gbagbo et la Côte d’Ivoire, la CPI nouveau théâtre des opérations.

On peut l’affirmer sans risque d’exagérer : l’annonce la déportation de Laurent Gbagbo à la CPI, a eu, en Côte d’Ivoire comme partout ailleurs, l’effet d’une bombe. Son onde de choc n’a pas encore fini de secouer les ivoiriens et tous ceux qui, depuis lors, voyaient d’un mauvais œil  l’arrestation et l’emprisonnement de celui-ci à Korhogo.

Pour le moment, Laurent Gbagbo est soupçonné de crimes contre l’humanité, de violations de droits de l’homme qui auraient été commis sous son autorité et dont on dénombre officiellement 3000 victimes. Là-dessus, il faut être frappé de cécité, car toutes ces 3000 victimes le sont-elles du seul fait du camp Gbagbo ?

D’autre part, comment appeler les tueries et les actes inhumains perpétrés depuis 2002 à nos jours  par la rébellion armée se faisant d’abord appeler forces nouvelles (FN), rebaptisée depuis peu, forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI)? Sous quelle autorité ou au  nom de qui ces crimes ont-ils été commis ? Comment des commanditaires avérés de crimes peuvent-ils accuser leurs adversaires devant la CPI, sans au préalable s’assurer qu’ils ne courent eux-mêmes aucun risque ? Toutes choses qui poussent  certains à exprimer des suspicions légitimes quant à l’impartialité la CPI dans cette affaire. Mais, la réalité est là, implacable : Laurent Gbagbo, président élu par les ivoiriens et victime d’un coup d’état, au départ emprisonné à Korhogo, a été déporté à la Haye, où il croupit dans une cellule de prison.

 

Raisons profondes d’une déportation à la Cour Pénale Internationale.

A la lecture de l’actualité passée et récente de la Côte d’Ivoire, il n’est pas hasardeux d’admettre que cette déportation, s’inscrit dans la logique du plan bien orchestré par Sarkozy et Ouattara dans le but de ‘’neutraliser’’ totalement le Président Laurent Gbagbo, à défaut de l’avoir physiquement éliminé. D’assurer surtout à Alassane Ouattara un mandat tranquille. Certes, le camp Ouattara  se vante aujourd’hui, d’avoir laissé la vie sauve à Gbagbo, en comparaison à ce qui est arrivé au Colonel Kadhafi. Mais le fait ici, c’est que Laurent Gbagbo n’est pas Kadhafi et la Côte d’Ivoire n’est pas la Libye.

 

Laurent Gbagbo n’est pas que l’adversaire d’Alassane Ouattara, il est aussi celui du président français Nicolas Sarkozy. Car, au delà des discours angéliques dégoulinants de condescendances, la France s’est manifestement impliquée bien au-delà de « l’ingérence dans les affaires internes d’un état souverain » et a affiché de façon flagrante son parti-pris dans un différend électoral opposant deux adversaires politiques.

 

Comment en est-on arrivé là ? Laurent Gbagbo, aussitôt à la tête de l’état ivoirien, s’est résolument tourné vers un discours politique basé sur : « l’indépendance totale et la souveraineté ».  Saisissant l’occasion devant un parterre d’entrepreneurs français exerçant en Côte d`Ivoire, il affirmait : « Je ne suis pas un sous-préfet français nommé en Côte d’Ivoire. Je suis un chef d’état élu ». C’est par ce discours et par des décisions courageuses aux commandes du navire ivoirien, qu’il a séduit plus d’un ivoirien. De même que par son refus de voir la Côte d’Ivoire spoliée de ses richesses et de subir l’hégémonie de l’occident. Selon des observateurs internationaux, le mandat de Laurent Gbagbo, aura manifestement  provoqué la descente aux enfers de la France néo-colonialiste en Côte d’Ivoire. Au fil des années, cette France qui, naguère avait une mainmise totale sur ce pays, aura mordu la poussière, voyant s’échapper l’ex-pré-carré. La volonté de Gbagbo d’ouvrir, en toute souveraineté, la Côte d’Ivoire au reste du monde, de se tourner résolument vers des partenaires commerciaux autres que la France, ont fait de lui l’ennemi numéro un des intérêts français en Côte d’Ivoire. La France aura donc mal perçu le risque de perde, avec Gbagbo, à tout jamais sa place de partenaire exclusif de la Côte d’Ivoire. Un tel personnage représente sans aucun doute une véritable menace pour la France et ses alliés occidentaux.

 

C’est pourquoi, selon l’avis d’observateurs, l’élection présidentielle de 2010 en Côte d’Ivoire, n’était qu’un prétexte pour faire partir Gbagbo ‘’le populiste’’. Devant l’impasse électorale, la France n’a eu d’autres recours que la guerre. Une guerre qui est aujourd’hui loin d’être finie. Mieux, elle s’est déportée à la CPI qui est, depuis peu, le nouveau théâtre de la guerre menée par la France contre la Côte d’Ivoire digne.

 

Laurent Gbagbo, ce prisonnier jugé ‘’trop gênant’’, a été déporté à la CPI. A qui cela profit-il ?

 

Au plan national, les caciques du pouvoir Ouattara ne s’en sont pas cachés : selon eux, Gbagbo hors de Côte d’Ivoire, cela faciliterait la réconciliation nationale. Mais il s’agit en réalité de priver l’opposition de son leader charismatique. De faire disparaitre, à l’usure, du cœur des ivoiriens toutes les idées nobles qu’incarne l’illustre prisonnier de la CPI. 

 

Pour la France, il s’agit de faire avaler au monde entier la pilule de son ingérence en Côte d’Ivoire. L’éventualité de voir la France jeter tout sont dévolu dans ce procès, pour ne pas perdre la face, existe. La perdre signifierait, pour la France, la mise à nue de son plan machiavélique et par la même occasion, le dévoilement du complot international, monté de toute pièce, contre Laurent Gbagbo et la Côte d’Ivoire. On imagine bien qu’elle voudra aller jusqu’au bout dans sa logique ‘’d’effacer’’ les traces de Laurent Gbagbo. Il s’agira de peser de tout son poids, pour

voir, Laurent Gbagbo maintenu pour le restant de ses jours dans les geôles de la Cour Pénale Internationale. Dans cette logique, les média français ne sont pas en reste. Ils ont dès à présent embouché la trompette de l’intox, dépeignant le président Laurent Gbagbo, comme: « un affreux dictateur ayant massacré son peuple ».

 

Ce dernier, pour sa part, a d’ores et déjà  sonné le début des hostilités en mettant les pieds dans le plat : « j’ai été arrêté sous les bombes françaises ». Pour sa première comparution devant le juge, c’est un homme serein que l’on a vu, nullement intimidé et très à l’aise. Il a une fois de plus démontré qu’il est déterminé et prêt à livrer bataille pour que la vérité éclate enfin au grand jour. La phrase : « Nous irons jusqu’au bout », qu’il a lâché, illustre bien le défi qu’il lance, avant tout, à ses adversaires.

 

La déportation de Laurent Gbagbo aura eu le mérite d’apporter de l’eau au moulin et de raviver certains débats. Tant elle renvoie avec force à l’interrogation suivante : « Avons-nous les moyens nécessaires, en tant qu’africains, d’inverser l’ordre de la domination occidentale, ou devrions-nous accepter cet ordre établi et faire avec ? » La déportation de Laurent Gbagbo s’inscrit, sans nulle doute, dans la dynamique de ce débat qui divise les africains. Certains estiment qu’il y a ceux qui veulent changer les choses et qui n’y arrivent pas. Selon eux, Laurent Gbagbo ferait partie de ceux-là. Ces mêmes personnes soutiennent que raisonner en termes de combat de « l’Afrique contre l’impérialisme occidental », c’est exprimer un ‘’complexe africain’’. Que faire alors face à l’attitude hautaine des occidentaux qui n’hésitent pas à piétiner les plus faibles pour imposer leurs intérêts et faire triompher leur hégémonie ? Devrions-nous rester les bras croisés à attendre un hypothétique secours divin ? Certes il faut que l’Afrique aille de l’avant, mais comme nous l’ont maintes fois démontrés nos illustres leaders africains,  à travers leurs luttes: « la liberté ne se donne pas, elle s’arrache». A cela nous pouvons ajouter, avec Roosevelt qu’« il y a quelque chose de pire dans la vie que de ne pas avoir réussit, c'est de ne pas voir essayé ».

source : Marc Micael

http://www.abidjandirect.net/index2.php?page=dossi&id=3264



6 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

6-1 POURQUOI LA FRANCE EN VEUT A GBAGBO !

La Côte D’Ivoire, devenue l’une des colonies de la France depuis la conférence de Berlin de 1885, continue après les indépendances factices, d’être la vache à lait de cette vorace puissance colonisatrice. Malgré ces indépendances, et pour satisfaire leurs besoins sans cesse croissants en matières premières, les dirigeants français vont installer à la tête de leurs ex-colonies leurs hommes de main, des personnes disposées à leur brader les richesses africaines.

Ce fut le cas en Côte D’Ivoire avec Houphouët Boigny, pion essentiel de la françafrique, pour enraciner l’hégémonie de la France en Afrique. C’était le prix à payer pour que celui-ci puisse demeurer longtemps au pouvoir. C’est pourquoi, la France avec l’aide de ses  « préfets » africains s’employait à tuer ou chasser du pouvoir tous les responsables politiques africains qui s’opposaient à ses intérêts.

Ainsi furent tués ou chassés du pouvoir Modibo Keita du Mali, Sylvanus Olympio du Togo, François Tombalbaye du Tchad, Hamani Diori du Niger, Thomas Sankara du Burkina Faso, Pascal Lissouba du Congo et bien d’autres. De même, tout africain n’ayant pas l’onction de l’Elysée et qui s’opposait au Président parrainé, subissait la même furia. C’est le sort réservé aujourd’hui à Gbagbo.

l –GBAGBO, l’opposant d’HOUPHOUET

Historien et enseignant, très tôt, Gbagbo va s’employer à ouvrir l’esprit des élèves, des étudiants et autres cadres de la nation ivoirienne aux réalités politiques de la Côte D’Ivoire ; ceci contre les usages du parti unique pourtant parti démocratique de Côte D’Ivoire (PDCI) habitué à défendre les intérêts de la France. C’est pourquoi, il fut plusieurs fois abusivement arrêté et jeté en prison. Mais cela n’altérera en rien sa vision d’une Côte d’Ivoire libre et démocratique.

Pour confirmer ses ambitions politiques, Gbagbo, avec certains de ses camarades issus de toutes les régions de Côte d’Ivoire, crée clandestinement un parti, le Front Populaire Ivoirien (FPI), d’obédience socialiste. Il dote ce parti d’un programme de gouvernement solide avec l’ambition d’impulser à son pays un développement fondé sur une meilleure exploitation de ses matières premières agricoles et minières ainsi que des ressources humaines ivoiriennes au bénéfice de la Côte d’Ivoire.

Cette prise de position ne peut évidemment plaire à la France des réseaux impérialistes et mafieux. Gbagbo qui a, en son temps, accepté son statut d’opposant et qui n’a pas tendu la main au puissant Houphouët et à la France, refusant ainsi toute tentative de corruption, va réclamer le multipartisme dès 1990 et contraindre pacifiquement le pouvoir PDCI à accepter, contre son gré, la pratique des règles démocratiques.

Il n’est donc pas un héritier de l’houphouétisme et des réseaux  françafricains. Gbagbo est l’enfant des élections, parvenu au pouvoir par des élections transparentes, démocratiques, organisées par son adversaire Feu le Général Guéï Robert.

II – GBAGBO AU POUVOIR

Après son accession au pouvoir, il s’est employé à réconcilier les ivoiriens, pendant que ses opposants, en particulier le RDR, parti du Chef de l’Etat imposé aux ivoiriens avec l’aide de la France et du Burkina-Faso, manigançaient itérativement des mauvais coups  pour lui arracher le pouvoir par la violence armée.

Son humanisme a permis, de faire revenir d’exil l’ex- Président Bédié, de mettre fin au mandat d’arrêt international lancé contre Ouattara pour faux et usage de faux par son allié d’aujourd’hui ; de soulager officiellement et  financièrement les anciens Présidents, premiers ministres, ministres et cela sans discontinuer.

Son courage politique lui a permis d’honorer l’invitation de l’ex- Président français Chirac, qu’il connaissait bien comme étant le parrain de ses opposants violents. Ce courage l’a amené à revenir au pays, après l’échec du coup d’état du 19 septembre 2002, alors que le Président français d’alors lui proposait hypocritement le gîte et le couvert à Paris. Ce courage l’a encore poussé, à se dresser contre la guerre de la France, des USA et autres soit disant membres de la communauté internationale, à refuser le deal à lui proposé par Sarkozy et Obama pour céder le pouvoir à celui qui n’a pas gagné les élections. Ainsi Obama, l’africain n’a pu saisir l’opportunité de rentrer  dans l’histoire en apportant sa contribution à la libération totale de l’Afrique du néocolonialisme comme l’avait fait en son temps le Pape polonais Jean Paul II pour la libération des pays d’Europe de l’Est avec la chute du mur de Berlin.

Contrairement à bien d’autres Présidents africains, Gbagbo même au pouvoir, a continué de garder sa simplicité, son humour, sa compassion pour ses compatriotes y compris ses adversaires politiques dans la maladie et dans le deuil ; bref c’est un Président pas comme les autres, très proche du peuple, faisant de lui un vrai nationaliste, contrairement à ces Présidents- préfets parachutés et imposés par la France.

Au plan politique, Gbagbo est un fin stratège ; ce que lui reconnaissent ses pires adversaires étrangers et ivoiriens qui le considèrent par leurs faits et gestes comme un ennemi. Il a toujours prôné le consensus. C’est pourquoi il fait régulièrement usage du slogan « asseyons nous et discutons », écartant ainsi toute violence et toute accession au pouvoir par la force, contrairement à ses adversaires que soutient la France. Dans le déroulement de sa politique, Gbagbo a institué la décentralisation en créant les conseils généraux, démocratisant ainsi l’appareil politique et administratif.

Au plan financier, Il a fait élaborer et mettre en œuvre, pour moins dépendre des institutions de Bretton Woods, un budget sécurisé fondé sur les richesses et revenus propres de son pays et cela à l’étonnement des dirigeants français. C’est dans cet ordre aussi que, par une gestion rigoureuse, reconnue d’ailleurs par le FMI et la BM, la Côte D’Ivoire a été inscrite à l’initiative PPTE. Il a toujours payé, à temps, les salaires des agents de l’état sans recourir à des aides financières étrangères, en particulier françaises, alors qu’une grande partie des ressources du pays était pillée par la France et les rebelles à sa solde. Il a même pu rétablir les avancements salariaux donnant ainsi à tous les fonctionnaires des revenus plus importants. Il a mis fin à l’injustice des salaires à deux vitesses, imposées par Ouattara alors 1er ministre. Gbagbo a encore répondu favorablement aux revendications des syndicats en augmentant les indices salariaux de base et en débloquant les avancements gelés depuis les années 80 ; et cela sans le concours ni l’autorisation de la France qui, au contraire par les institutions de Bretton Woods, prônait la diminution de la masse salariale dans le but d’appauvrir les ivoiriens.

Toutes ces actions de développement mises en œuvre par le Président Gbagbo ont naturellement conduit les ivoiriens à lui renouveler leur confiance lors de la dernière présidentielle qu’il a légalement, légitimement et véritablement remportée, n’en déplaise à la France, à ses alliés américains et onusiens qui n’ont trouvé que la solution de le chasser du pouvoir par le coup d’état le plus long et le plus meurtrier que le monde ait connu.

Ce traquenard électoral, pour reprendre le terme du « Général » sans arme destructrice Blé Goudé, arrêté par la France et ses alliés impérialistes bien avant l’élection présidentielle dont Gbagbo a laissé l’organisation à ses adversaires politiques du RHDP, va amener le bloc putschiste à le déporter manu militari et illégalement à la CPI. Honte à la France et à toute cette clique de cyniques et mafieux donneurs de leçons qui ne sont en rien des modèles.

III GBAGBO à la CPI

C’est la continuation du projet colonial de déporter toujours les opposants loin de leur lieu d’origine pour les faire mourir à petit feu et mettre fin à leur carrière politique, qui se perpétue, cette fois à l’aide d’institutions internationales et même mondiales de soit disant justice dont  la CPI. En pratique, cette CPI est  une institution d’injustice aux mains des gouvernants occidentaux et des multinationales pour assujettir et asservir les dirigeants nationaux  des pays pauvres. Si non, Chirac et Sarkozy en 2004 et 2010, par les tueries massives de civils ivoiriens aux mains nues de leur armée méritent amplement d’être traduits devant les juridictions de la CPI.

 

Par la déportation de Gbagbo, Ouattara et son parrain Sarkozy, tentent d’humilier le Président  patriote, qui n’a fait que défendre son pays contre ces rebelles criminels formés et commandités par la France ; il s’agit de faire disparaître le parti créé par ce panafricaniste, le Front Populaire Ivoirien, de mettre fin à la carrière de celui qui ne veut pas adhérer aux sectes pernicieuses des gouvernants occidentaux.

Toutefois l’espoir demeure que par les audiences de la CPI, la vérité sur le coup d’état le plus sanglant et le plus long fomenté par la France éclate au grand jour pour la planète entière. Il faut donc continuer de retransmettre en direct ces audiences contrairement au désir secret de la France frileuse. Ce sera ainsi la fin de la culture du mensonge néocolonialiste à moins que les conclusions et les décisions du tribunal ne soient déjà imposées aux juges de la CPI par la France et ses alliés.

 

A l’analyse, la déportation du Président Gbagbo à la Haye apparaît clairement comme la manifestation de la haine injustifiée de deux hommes politiques l’un africain, l’autre européen contre un homme qui a su à leurs endroits faire preuve d’amour, de pardon, en permettant la candidature de l’un, en faisant voter une loi d’amnistie pour des rebelles et leurs parrains, en continuant d’offrir de gros marchés à des entreprises françaises qui, à la vérité, ne le méritaient pas. La traduction de Gbagbo devant les juridictions de la CPI est donc la concrétisation de l’ingratitude de ce couple de franc-maçons.

La France, pour mieux exploiter l’Afrique et la Côte d’Ivoire en particulier, en veut à Gbagbo, démocrate dans l’âme, défenseur des libertés qui, par sa politique et ses actions, fait la promotion de la vraie liberté et de la vraie démocratie en Afrique. En effet, c’est seulement  du bout des lèvres que les dirigeants français parlent de démocratie en Afrique car la véritable démocratie ne sert pas forcément les intérêts français mais d’abord et avant tout, les intérêts africains.

Il est vrai que volontairement Gbagbo, qui est loin d’être francophobe, a concédé aux entreprises françaises des secteurs d’activité stratégique ivoiriens mais il refuse d’être le préfet d’un quelconque colonisateur.

Un tel homme attaché à son peuple ne peut accepter une offre aussi mirobolante soit-elle, présentée par la France, les USA et d’autres puissances occidentales pour s’exiler et abandonner son peuple à la tyrannie des partisans de la France.

A La Haye, Gbagbo continue d’être lui-même, n’ayant rien à se reprocher ; il garde son humour, sa simplicité, son courage, sa combativité et peut déclarer avec aise« je suis venu, nous irons jusqu’au bout ». C’est pourquoi Gbagbo reviendra libre, pour reprendre sa place à la tête de la Côte d’Ivoire comme Mandela en Afrique du Sud. C’est ainsi que sera mis fin au néocolonialisme français dans le monde.

KOBAZEYRET Laurent                                                                    

 kobazeyret@yahoo.com

http://www.ivoirediaspo.net/cote-divoire-pourquoi-la-france-en-veut-a-gbagbo/


6-2 Droits de l'Homme:  Komla KPOGLI: : "il est temps de se demander quel est cet homme qui a des droits et quels sont ces droits".

Komla Kpogli, Secrétaire Général de la Jeunesse Unie pour la Démocratie en Afrique (J.U.D.A) échange avec Lynx.info sur la Côte d'Ivoire, la CPI, les droits de l'Homme et l'Afrique d'une manière générale.

Lynx.info : Bob Denard disait qu’avec les africains : « Il faut montrer la force pour ne plus avoir à s’en servir ». Le traumatisme des ivoiriens dû aux bombardements français ne va-t-il pas rendre définitivement ce peuple amorphe ?
Komla Kpogli : Au-delà du peuple sur le territoire de Côte d’Ivoire, c’est tous les africains qui sont concernés par la question. A la commotion issu des razzias négrières transatlantiques et de la colonisation directe vient s’ajouter le traumatisme créé par les différents types d’agressions dont notre peuple est victime. L’objectif, en assénant ces coups au peuple noir est de l’atteindre psychologiquement, le paralyser dans la réflexion autonome pour ainsi mieux le contrôler et le bloquer dans les actions qui peuvent le conduire à son émancipation. Cette pratique peut être rapprochée de ce qu’on appelle la « stratégie du fou ». Cette stratégie dont l’invention est attribuée à Israël dans les années 50, permet à ceux qui la déploient de montrer à leur ennemi qu’ils sont pourvus d’une force de frappe terrible qu’ils peuvent montrer dans toute sa splendeur à l’occasion et qu’il vaut ainsi mieux se plier à leur volonté que tenter de les confronter.

Même si pour le moment la peur est installée, les mémoires sont traumatisées et les bandits installés au pouvoir dans le territoire de Côte d’Ivoire, ceci ne va pas durer éternellement. La lutte pour la libération d’un peuple est invincible même si elle peut enregistrer ici ou là et à un moment ou à un autre des échecs, ceux-ci ne peuvent empêcher définitivement la victoire finale. C’est pour cette raison qu’il faut tirer tous les enseignements de ce qui s’est passé et de ce qui se passe. Puis, redéfinir aussi bien nos réflexions que nos moyens d’actions ainsi que nos méthodes en fonction de ces analyses. De ce qui vient de se passer dans ce territoire, une première observation s’impose : nos analyses selon lesquelles nous sommes demeurés dans un système colonial, nos analyses selon lesquelles pour combattre la France ne devons savoir ce dont elle capable dans les territoires africains, nos analyses maintes fois répétées selon lesquelles nous devons nous inscrire dans une démarche globale se confirment. Aucun territoire en solo ne peut sortir des griffes du système colonial. Il faut plus de solidarité, plus de rassemblement et plus de resserrement des liens entre les différents mouvements qui agissent dans chacun des territoires pour en faire un vrai front contre le système. C’est donc le lieu de réitérer l’idée du Front Africain contre le Néocolonialisme (FAN) proposée par la J.U.D.A dans sa déclaration datée du 15 février 2005 et renouvelée dans une autre déclaration le 30 décembre 2010. Ne disons pas plus pour le moment.

Lynx.info : Les 1308 morts de Duekoué en un seul jour par les forces de Ouattara n’ont pas été retenus comme crime de guerre par la CPI….

Komla KPOGLI: Ces crimes sont de « bons crimes » car commis par des individus qui sont du bon côté. Ce sont des agents. Ils sont couverts par l’immunité et ils sont assurés d’une impunité totale puisque ceux qui prétendent rendre justice dans ces cas là, sont justement leurs parrains. La Fédération internationales des ligues des droits de l’homme (FIDH) ne fait pas autre chose lorsque son Monsieur Afrique en la personne du français Florent Geel énonce que la justice, leur justice, plus précisément la très sélective cour pénale internationale n’a pas pour mission de juger tous les criminels. Le même Geel pour immuniser ces bons criminels tentait, déjà en juillet dernier, d’introduire les crimes de Duekoué comme des dégâts relevant d’une sorte de légitime défense face aux projets macabres des « milices pro-Gbagbo » avant de préciser qu’on devait se méfier des témoignages parlant de crimes commis par les dozos et les rebelles de Soro-Ouattara car, estimait-il, il avait été lui-même « confronté à des témoignages bidon et instrumentalisés, essentiellement à Duékoué.» Donc, vous voyez vous-mêmes où on en est.

Face à ces justifications des crimes des forces qu’on veut voir arriver au pouvoir par une organisation présentée comme sérieuse, crédible et impartiale dans ses fameuses enquêtes, il faut dire simplementqu’un jour les africains qui pour le moment, ne comprenant pas l'arnaque des droits de l'homme, de la liberté et de la démocratie venant de l'Occident, se lient naïvement ou pour des miettes de financements de leur business associatif, d'amitié avec ses organisations dites de défense droits de l'homme, comprendront combien ils sont utilisés contre nous-mêmes. Contre leur peuple et contre leur propre avenir et celui de leurs enfants. Car, ces organisations ne sont des outils que pour permettre à l’Occident capitaliste d’atteindre ses objectifs en ciblant de façon farouche les poches de résistance à ses tentacules ; une pratique agrémentée de quelques rares incursions convenues dans les pays amis à qui elles se contentent d’adresser des recommandations à la suite d’enquêtes bien diluées. Ils comprendront enfin que le premier droit de "l'homme africain" c'est le devoir de combattre toute soumission, toute domination et toute forme d'exploitation coloniale. Car, on ne développe pas un continent colonisé. Et en vérité, il n’y a pas de droits de l’homme africain dans un continent soumis et extraverti.

Lynx.info : Du côté de Ouattara on pense que le départ de Laurent Gbagbo à la CPI va réconcilier rapidement les ivoiriens……

Komla KPOGLI: Oui, c’est un des arguments évoqués pour camoufler cette déportation. En réalité, même s’il a intérêt à voir Gbagbo définitivement écarté et même si la forme donne l’impression qu’il est celui qui décide pleinement, ce n’est pas Ouattara qui est aux commandes. C’est la France qui est en première ligne. Elle veut, par cette déportation, punir ce qu’elle considère comme l’insolence du président Laurent Gbagbo qui a régulièrement eu des positions et des propos que la France ne peut tolérer pendant longtemps dans son espace. Il faut fermer cette parenthèse appelée l’arrogance de Gbagbo qu’on a tenté d’ailleurs de présenter comme un francophobe alors même que les entreprises françaises et des personnalités françaises dominent l’économie du pays et n’ont cessé de le fréquenter. Au fond, avons-nous besoin d’être francophiles ou francophobes ? Non ! Nous avons à défendre les intérêts de notre peuple sans aucun sentimentalisme enfantin. Bref, le territoire de Côte d’Ivoire doit redevenir normal et pour cela, il fallait utiliser les gros moyens. Sarkozy avait fait déclarer à Ouattara qu’il ne faut pas tuer le président Gbagbo pour éviter d’en faire un nouveau martyr africain. Ils le voulaient vivant afin de lui infliger des humiliations qui serviront d’exemple à tous ceux que l’idée de dignité traversera. Ceci s’inscrit dans le canevas tracé par un gouverneur de l’Afrique occidentale qui en 1932 écrivait que la France « ne pouvait admettre à la tête des colonies des dirigeants qui prétendraient faire échec à l’autorité française, soit par inertie systématique, soit dans une résistance ouverte ». Il faut donc, préconisait-il, « neutraliser les ferments de discorde et prévenir la contamination des éléments hostiles à l’action coloniale de la France». On ne peut mieux résumer la situation. Samory était de ses éléments hostiles, Behanzin était de ces éléments hostiles. Gbagbo aujourd’hui est de ces éléments comme le furent Olympio, Lumumba, Sankara… Mais, malgré la similitude des faits et des pratiques, il existe une bande d’irréductibles négro-occidentalisés trépanés dans les écoles et universités occidentales pour qui tout rapprochement de ce qui est fait contre le président Gbagbo de ces cas précédents relève d’une fraude historique. Comme l’hôpital aime se foutre de la charité, ces petits griots historiquement incultes prétendent que ceux qui essaient de leur rappeler l’histoire sont dans le faux et dans l’aberration. Or, par leurs fameuses analyses, ces « intellectuels » de « l’élite indigène » font la preuve manifeste qu’ils n’ont jamais lu une seule ligne de la littérature coloniale à propos de Behanzin par exemple. Ils ne peuvent donc rien en déduire. Aussi se permettent-ils de présenter les choses dans un ordre totalement inédit oubliant que si le président Gbagbo était, comme ils l’écrivent, comparable à Mobutu, Sassou ou Gnassingbé, il doit donc manquer une pièce pour que le scénario soit complet car, ces derniers sont restés et restent de bons amis avec ceux qui ont tué en Côte d’Ivoire et capturé le président Gbagbo.

Lynx.info : Le procureur Luis Ocampo parle des ivoiriens qui suivront Laurent Gbagbo à la CPI. Vous le croyez ?

Komla KPOGLI: Oui, il faut le croire. Et ces gens ou personnalités sont tout au plus au nombre de 7, selon les déclarations de Florent Geel, Monsieur Afrique de la FIDH, qui sur ce coup là est plus que le porte-parole de cet inénarrable procureur Ocampo pour qui les crimes contre l’humanité n’ont que le visage noir des africains ; des africains manifestement triés sur le volet. Cet Ocampo n’a pas vu aussi bien les crimes de Gnassingbé, des Bongo, des Sassou, des Biya, des Guélleh, des Déby, des Bozizé…qui font des massacres cycliques une mesure de leur fidélité à leurs mentors que les crimes commis en Irak encore moins ceux commis en Palestine, en Afghanistan et sur les bases militaires de Guantanamo et d’Abou Ghraïb.

Lynx.info : Beaucoup d’analystes disent que Nicolas Sarkozy veut utiliser le cas ivoirien pour avertir que toute lutte pour la libération des peuples africains sera matée. C’est aussi votre avis ?

Komla KPOGLI: C’est une évidence. Mais comme nous l’avions dit un peu plus tôt, cette lutte ne sera jamais arrêtée parce qu’elle est justement une lutte de libération. Ce qui, en revanche, fait vraiment peur c’est le fait que certains africains n’aient pas encore compris ou refusent de comprendre que les territoires africains ne sont en rien indépendants et que du fait de l’assassinat des leaders ou leur renversement par coup d’état, le processus qui conduisait l’Afrique à sa libération a été interrompu. Cette interruption brutale a été menée de main de maître dans l’espace francophone par le Général De Gaulle, vénéré par le peuple français et une quelques africains qui ont attribué ou confirmé l’attribution de son nom à des rues et des places en terre africaine. Une autre source d’inquiétude réside dans le fait que d’autres africains encore considèrent toujours l’Occident comme une partie de la solution sinon la solution alors que l’Occident est bel et bien une bonne partie du problème.
Toutefois, en dehors de la répression brute, le colonialisme utilise d’autres outils plus doux, moins perceptibles pour nombreux africains pour briser la résistance ou en tout cas pour retarder la prise de conscience des africains. Il s’agit entre autres des médias (BBC, RFI, France 24, CNN, Vox of America, Deutsche Welle…) dont les africains en raffolent, car se disent-ils ainsi civilisés en les écoutant, des séries télévisées, des sectes et autres loges maçonniques qui mystifient les plus crédules, de l’école coloniale, du catholicisme colonial, du protestantisme le plus éculé, de l’évangélisme born-again destructeur, du business associatif qui appâte avec des miettes de fonds et financements des esprits qui manifestent des signes de compréhension, des ONG prétendument humanitaires paralysant toute imagination locale et consolidant l’extraversion, des centres culturels français, allemands (instituts Goethe)…faisant des africains qui les fréquentent des amis de ces cultures au détriment de la culture africaine, des institutions telles que la francophonie qui structure patiemment mais résolument la jeunesse africaine en la dotant des CNJ (Congrès National de la Jeunesse) et le Commonwealth promouvant les langues des pays qui les ont pensées aux fins de conserver et renforcer les liens entre les métropoles et les colonies…

Face donc à toute ceci, le chantier est certes immense mais pas impossible. Il faut d’abord que les noirs commencent par s’emparer de la vertu de l’humilité pour apprendre et ainsi recouvrer la mémoire historique, car sans apprentissage point d’ouvrage. Il faudra aussi commencer par admettre que sous un leadership éclairé, les peuples les plus médiocres ont pu faire des bonds dans l'histoire et qu’en conséquence l’attitude typiquement négro-africaine qui nous fait haïr celles et ceux de nos enfants qui sont lucides et capables d'imprimer un rythme de marche relève de la folie qui conduit au suicide. C'est uniquement sous un leadership capable que nous relèveront la tête et dans ce cas, il faut dénoncer les mesquineries qui nous minent, braquer la torche sur les petits coups bas, éclairer les petits arrangements nocturnes pour isoler, détruire ou court-circuiter les gens les plus vaillants parmi nous et saboter les initiatives les plus audacieuses, ne plus confier aux plus incapables mais qui par la ruse et le torpillage des autres s’accaparent des tâches qu'ils se précipitent à couler dans l’immobilisme le plus paralysant. Dans un souci d’efficacité chacun a certainement une place, mais n'importe quelle place ne convient à n'importe qui. Ce n’est qu’à partir de tout ceci qu’une organisation globale bien structurée et munie des moyens les plus adaptés conduira notre marche vers des plaines vertes après avoir vaincu des difficultés les plus terribles imposées par le système que nous avons en face de nous.

Lynx.info : On a tué au nom de la démocratie en Côte d’Ivoire. Comment expliquez-vous que Ouattara s’apprête à organiser des élections unilatérales sans être inquiété par l’UE, la CEDEAO, l’UE ?

Komla KPOGLI: Il ne peut y avoir « démocratie » dans un cadre colonial. Le concept de démocratie a servi à habiller une guerre de reconquête d’un territoire qui était passé aux mains d’un homme et ses amis qui n’avaient pas été cooptés. Ce sont des intrus qu’on a chassés et on ne peut, en aucun cas sous le prétexte d’une notion démocratique qu’on ne définit d’ailleurs jamais, les faire revenir. Le but de tout ce qui se passe, une fois encore, est que ce territoire redevienne normal et rentre dans les rangs. Le pouvoir colonial n’est partagé véritablement qu’avec les femmes et les hommes qui ont l’aptitude d’assumer froidement les dégâts qu’ils infligent aux populations tout en étant chaleureux et hyperactifs dans la défense des intérêts extérieurs et les leurs propres. A moins que les dirigeants du Front Populaire Ivoirien dispose d’un capital humain bien aguerri qu’il introduit intelligemment dans le système pour des missions précises ou à moins d’inverser le rapport de force brutalement sur le moyen ou long terme, Ouattara et ses acolytes s’ils ont la santé et aussi longtemps qu’ils seront dociles, resteront au pouvoir sous un protectorat occidental et avant tout français. Tant pis pour ceux qui pensent qu’Alassane Ouattara est mis au pouvoir pour faire autre chose.

Lynx.info : L’organisme des droits de l’homme Human Right Watch salut le transfèrement de Laurent Gbagbo….

Komla KPOGLI: Elle n’est pas la seule organisation dite de défense des droits de l’homme à se réjouir de cet événement qui n’est qu’une étape supplémentaire après une longue marche qui entraîne l’homme Gbagbo à la sortie. A travers cette épisode, ces ONG qui défendent tout sauf le droit du peuple noir à résister contre toute forme de domination et de soumission collective établies souvent à la suite des guerres d'agression, révèlent leur vraie nature. Nous sommes donc arrivés à un moment où les africains qui se sont laissés prendre à leur jeu, doivent commencer par se demander quel est cet homme qui a des droits et quels sont ces droits que ces organisations défendent vraiment. Mais, il faut le redire, le terrorisme occidental n’aura pas triomphé. Il aura vaincu probablement un résistant comme ce fut le cas avec l’assassinat de Nasser, de Sylvanus Olympio, de Lumumba, de Biko, et plus loin de Behanzin, de Samory et de tant d’autres résistants anonymes massivement tués. Ce terrorisme n’a pas triomphé et ne triomphera jamais pour la simple et bonne raison que la résistance qui lui est opposée en Afrique ne se réduit pas à une personne, aussi immense fut-elle. Elle est systémique et populaire. Elle est un souffle qui se transmet.
Interview réalisée par Camus Ali Lynx.info
Vendredi 09 décembre 2011

Komla Kpogli, Secrétaire Général de la Jeunesse Unie pour la Démocratie en Afrique (J.U.D.A) échange avec Lynx.info sur la Côte d'Ivoire, la CPI, les droits de l'Homme et l'Afrique d'une manière générale.

Samedi 10 Décembre 2011

 http://www.alterinfo.net/Droits-de-l-Homme-il-est-temps-de-se-demander-quel-est-cet-homme-qui-a-des-droits-et-quels-sont-ces-droits_a67775.html


10/11/2011

n°20 - Dossiers de Côte d’Ivoire - 08-11 -o - :L’espoir vient du Nord

 



Face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

L'information est une arme au service de la paix. Sa diffusion est un acte de résistance.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions occidentales.



Dossier de Côte d’Ivoire

n°20                               08-11

C.Debroeder &  M.Lemaire



Le dossier de Côte d'Ivoire se retrouve

a) sur nos  blogs : http://www.dhblogs.be/categories/International.html

                            http://www.lalibreblogs.be/categories/International.html

b) sur le site http://turkmenfriendship.blogspot.com/2007/10/journal-dirak-de-m-lemaire.html

c) sur le site de Eva Resis  : no-war.over-blog.com

d) Et Sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

e) sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire

1 Médias

1-1 LES CRIMES SE POURSUIVENT EN COTE D IVOIRE.

2 Brèves

2-1 Géraldine Diomandé : L’espoir vient du Nord.

3 Dossiers

3-1 Que la vérité triomphe.

4 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

4-1 César Etou et Didier Dépry : Sarkozy et Obama prétendaient sauver la démocratie : Ils ont installé la violence au pouvoir en Côte d’Ivoire

4-2 René Naba : Françafrique: Honte à l'Afrique.

4-3 MICHEL GALY : LA GAUCHE FRANÇAISE ET L’ALTERNANCE POLITIQUE EN COTE D’IVOIRE . 

5 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net

5-1 Farid Merrad : Un citoyen français écrit à Sarkozy : « Inquiets, nous le sommes devenus par la suite, lorsqu’il est apparu »

6 Annexe

6-1 Charles Tiekpo : Laurent Gbagbo: un homme en avance sur son temps.

 

 

 



1 Médias

1-1 LES CRIMES SE POURSUIVENT EN COTE D IVOIRE.

Résultats de l'Intervention de la France de Sarkozy en Côte d'Ivoire : Emprisonnement inhumain dans des stations services

Après avoir ouvert toutes les prisons, incendiés tous les commissariats, les FRCI (soldats pro-Ouattara) utilisent des stations d’essence ou des endroits inusités comme prison. Ces soldats qui n’ont aucune notion en droit ou en garde à vue maltraitent et humilient toutes les personnes séquestrées, dont des adolescents, sous pretexte que ce sont des partisans du président Laurent Gbagbo.

Depuis le 23 avril ceux-ci sont retenus prisonniers par centaines dans des conditions inhumaines à la station lubafrique de Yopougon Niangon terminus du bus 27.

VISIONNER LES PHOTOS EN CLIQUANT SUR LE LIEN DE L'ARTICLE

http://news.stcom.net/modules.php?name=News&file=article&sid=6168



2 Brèves

2-1 Géraldine Diomandé : L’espoir vient du Nord.

 

Coucou, revoilà les Gbagbo !

En dehors des interviews que l’ancien président de la République accordait quelques rares fois à des journalistes et les communications régulières de ses avocats ou encore de son porte-parole, c’est la première fois en six mois de détention que les Ivoiriens avaient droit à des images récentes du couple présidentiel.

Des photos parlantes, où Laurent Gbagbo et son épouse en chefs de troupe indiquent aux résistants la marche à suivre. Celle qui consiste à se forger un moral à toute épreuve pour gagner la bataille finale contre l’ennemi. Parce  que le combat n’est pas achevé.

Pour les spiritualistes, il commence même maintenant. C’est pourquoi, les uns et les autres doivent se réarmer moralement pour se dresser contre l’arbitraire et les abus de toutes sortes. Car c’est connu, celui qui refuse de se battre a déjà tout perdu d’avance alors que celui qui s’engage, a  au moins la possibilité de changer le cours du destin. C’est un choix qu’il faut faire. D’ailleurs, les démocrates de ce pays ont-ils réellement d’autre  choix que de se dresser face à ce quotidien fait de pain noir et autres miasmes morbides que les nouveaux gouvernants veulent leur faire avaler ? Accepteront-ils de se dégonfler après avoir porté pendant longtemps les espérances de tout un peuple, voire de tout un continent ? Comment se regarder dans la glace après pareille félonie, sans avoir le sentiment  d’avoir trahi la mémoire de tous les combattants et des innocents tombés au cours de cette longue crise planifiée et exécutée par les puissances impérialistes ?

Pour tous ceux qui avaient été gagnés par le découragement et le  désespoir n’ont qu’à regarder dans le regard du couple Gbagbo pour se relancer dans le combat.

Car visiblement et plus que jamais, l’espoir vient des goulags du Nord.

Un message qui ne fait pas forcément plaisir aux tenants actuels du pouvoir. Qui comprennent que Laurent Gbagbo, l’animal politique est toujours là.  Et bien là.

Géraldine Diomandé



3 Dossiers

3-1 Que la vérité triomphe.

TUERIES DES FEMMES D’ABOBO LE 3 MARS 2011 : LAURENT GBAGBO N'EST PAS CONCERNE

  Selon son porte-parole, le président Laurent GBAGBO en détention préventive à Korhogo a instruit ses avocats à l’effet d’engager les procédures idoines pour que la vérité éclate dans l’affaire des femmes du Rassemblement des Houphouétistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP) qui auraient été tuées le 3 mars 2011, alors qu’elles manifestaient les mains nues dans la commune d’Abobo. La chambre d’enquêtes préliminaire n°3 de la Cour Pénale Internationale a demandé au procureur, l’ouverture d’une enquête sur les événements post-électoraux survenus en Côted’Ivoire.
En attendant l’aboutissement de ces procédures judiciaires, je voudrais en ma qualité de Ministre de la Défense d’alors, présenter d’abord mes condoléances aux familles de toutes les victimes de cette crise, ensuite apporter mon témoignage sur l’affaire des femmes d’Abobo, et enfin partager des interrogations sur cette affaire douloureuse vécue à l’époque par le gouvernement du professeur Aké N’GBO.

1- LES FAITS
le jeudi 3 mars 2011, autour de 14 heures, au sortir du Conseil hebdomadaire de Ministres, le premier coup de fil que je reçois lorsque je reprends mon Global Système Mobile (GSM), est celui d’un journaliste de Radio France Internationale (RFI) qui voulait avoir mon opinion sur l’assassinat de sept (7) femmes tuées à l’arme lourde à Abobo. Je lui réponds que c’est lui qui m’informait et lui ai demandé de me situer le lieu exact des faits qu’il me rapportait ainsi.
Il me rétorqua qu’il ignorait lui-même le lieu exact mais, on lui a dit que c’était à Abobo à un carrefour. Je lui ai demandé lequel des carrefours de la grande commune d’Abobo? Il m’a répondu qu’il ne connaissait pas bien la commune d’Abobo et qu’il n’était pas sur les lieux des faits qui lui ont été rapportés par une source qui n’en savait pas plus non plus. J’ai encore demandé s’il avait échangé au préalable avec ses confrères qui ont certainement plus d’informations que lui, ce qui me permettrait de diligenter rapidement, relativement au contexte, une enquête des Services d’intelligences dans l’attente des rapports des Services opérationnels.
Il me répondit qu’eux non plus, n’en savaient pas plus que lui. Je lui ai alors conseillé de se rapprocher des Services du ministère de l’intérieur qui sont compétents à un premier niveau pour l’encadrement des manifestations publiques.
A peine ai-je raccroché avec le journaliste de RFI que mon collègue, Ministre de l’Intérieur m’appelle pour me dire qu’il venait de raccrocher avec un journaliste de l’Agence France Presse (AFP) qui l’a interrogé sur une prétendue répression par les FDS d’une marche de femmes RHDP à Abobo qui aurait occasionné six (6) morts.

Je lui rapporte le contenu de mon entretien téléphonique avec le journaliste de RFI et mon collègue me dit que ce sont à peu près, les mêmes questions qu’il a posées au journaliste de l’AFP qui n’avait pas plus d’informations que celui de RFI. Dix (10) minutes plus tard, c’est le Ministre Porte-parole du Gouvernement Aké N’GBO, qui m’appelle au téléphone parce qu’assailli dit-il, par des journalistes de la presse étrangère qui
réclamaient une déclaration du Gouvernement sur la répression sanglante par les Forces de Défense et de Sécurité (FDS) d’une marche de femmes à Abobo.
J’entre alors en contact avec le Commandant Supérieur de la Gendarmerie puis le Chef d’Etat Major pour en savoir un peu plus sur cette prétendue affaire. Ils me répondirent l’un après l’autre qu’ils n’en savent rien. Je leur demande néanmoins d’interroger leurs différents collaborateurs sur le terrain pour être situés sur ces allégations contre les FDS et de me faire parvenir un rapport circonstancié.
Dans le même temps, les chaînes de télévisions françaises : I-Télé et France 24 diffusaient en boucle, des images d’une prétendue marche de femmes à Abidjan réprimée violemment par les FDS ayant occasionné (six) 6 morts. A l’évidence, les images qui sont diffusées pour illustrer les commentaires étaient des images d’archives d’une manifestation qui s’était déroulée quelques mois plutôt dans une autre commune d’Abidjan.
Mais, pour « tromper » les téléspectateurs, la mention « images d’archives » ne figurait ni en haut ni au bas de l’écran comme l’exige la déontologie en la matière. Les commentaires tendaient à montrer au contraire, que c’étaient des images de la marche qui avait commencé dans une ambiance de gaieté, le jeudi 3 mars 2011et qui par la suite, auraient été dispersée à l’arme lourde par des FDS.
Après les investigations de la Police et de la Gendarmerie, l’Etat Major des FDS a produit et rendu public le 4 mars 2011 un communiqué dans lequel il ne se reconnaissait pas dans une prétendue tuerie de femmes à Abobo à l’arme lourde consécutivement à une marche.
Plus tard, au cours de la journée du vendredi 4 mars 2011, des images étaient diffusées sur des sites Internet où l’on voyait en gros plan, des hommes, des enfants et des femmes dans un fond de grand bruit puis soudain, une femme à terre avec du sang ou de l’éosine sur la tête, la camera fait un gros plan sur elle, et l’on voit qu’elle tente de se relever et quelqu’un lui souffle de se recoucher et on revoit la jeune dame entrain de se recoucher effectivement. Le cameraman certainement amateur va plus loin, fait un « balayage » rapide et
présente en gros plan une femme dont la tête a explosé. Puis, dans un « zoom arrière », la camera montre le passage d’un blindé, d’un véhicule de Police et d’une ambulance.

2- ANALYSE
A l’analyse des seules images publiées sur Internet, il est difficile d’affirmer que les faits se déroulent sur le même théâtre ou qu’il s’agit d’un montage digne d’un film de James Bond. Ce sont les seules images véritables de cette supposée marche.
Le même jeudi 3 mars 2011 au même moment où se tenait le Conseil des Ministres, l’ONUCI organisait à son siège de l’hôtel Sebroko, une conférence de presse sur les justifications de sa réception de deux (2) hélicoptères de combat MI-24 dans une crise civile de contestation de résultats d’une élection.
Ce faisant, les journalistes étaient certainement tous occupés par le Conseil des Ministres et la conférence de presse de l’onuci. Il n’y avait donc aucun journaliste de la presse nationale, ni de l’Onuci, encore moins de la presse étrangère pour couvrir la troisième plus importante activité de la journée du 3 mars 2011 à savoir la marche des femmes du RHDP qui se déroulait à Abobo, à la même heure et qui aurait été violemment réprimée à l’arme lourde par des FDS de Côte d’Ivoire.
Il est tout de même curieux de constater que les seules images disponibles de cette affaire sont celles d’un caméraman amateur. Elles sont à dessein non seulement utilisées pour émouvoir la communauté nationale et surtout internationale mais également présenter le Président Laurent GBAGBO comme un tueur de manifestantes pacifiques, un tyran qu’il fallait déloger part tous les moyens de son palais, rebaptisé « bunker » par la presse internationale en comparaison de celui du boucher Adolph Hitler en 1939-1945.
Ce n’est que le sept (7) mars, soit quatre jours après, que le quotidien proche du Rassemblement des Républicains(RDR) « le Patriote » qui avait volontairement cessé de paraitre depuis une semaine est revenu pour tenter de justifier les « tueries massives » des femmes à Abobo par des FDS. A la Une de ce journal, il était écrit en surtitre : « NOUS SOMMES DE RETOUR » accompagné de trois commentaires en forme de titres : « ils ont osé tirer sur des femmes » ; « ces gens sans cœurs, sans raisons » ; « le capitaine Allah livre les noms des commanditaires ». Trois photographies isolées illustraient ces commentaires : la première présente en gros plan des femmes avec des pancartes, la seconde montre une seule femme à terre et, la troisième est une photo d’un char dans une rue. Ces trois photos, on peut en trouver de la même nature dans les photothèques de tous les journaux ivoiriens qu’ils aient couverts ou pas, une manifestation publique de cette envergure le 3 mars 2011.
Interrogée sur les mouvements de véhicules de Gendarmerie et de Police effectués dans la commune d’Abobo le jour des prétendus faits, la hiérarchie militaire a répondu que le jeudi 3 mars 2011, il y a eu sans incident, leravitaillement des troupes de maintien d’ordre stationnées au camp de Gendarmerie  d’Abobo.
L’affaire du massacre à l’arme lourde de femmes manifestantes a été surmédiatisée sans que personne ne situe ni les lieux ni l’heure de survenue, en dehors des images de la camera amateur. Les illustrations du journal « le Patriote » relevaient plus d’une imagination malsaine savamment préméditée.
Malgré cela, L’ONUCI a repris à son compte les dépêches d’Agences de presse et le Conseil de Sécurité a été saisi d’un rapport sur une prétendue utilisation d’armes lourdes sur des femmes par les FDS.
C’était l’indignation et la consternation internationale malgré les démentis formels faits par le Gouvernement Aké N’GBO par son porte-parole le 4 mars 2011 et la conférence de presse des Ministres de l’Intérieur et de la Défense le 5 mars 2011, le Président Laurent GBAGBO est accusé par la presse étrangère et la Communauté Internationale d’avoir assassiné des femmes opposantes à son régime.
Quelle menace particulière pouvait représenter une manifestation publique de surcroit pacifique de femmes du RHDP à Abobo le 3 mars 2011 contre le régime du Président Laurent GBAGBO pour qu’il décide de la
réprimer à l’arme lourde?
Que voulait donc prouver le président Laurent GBAGBO à la communauté internationale en ordonnant le « massacre » des femmes aux mains nues ?
De la version des faits selon le reportage du journal « le patriote » du 7 mars 2011, surgissent des interrogations non encore élucidées. Le char présenté à la Une de ce journal hautement partisan est-il celui qui a effectivement tiré ou est-ce une photo d’archives ? Combien de fois le char a-t-il tiré ? Comment la cible a-t-elle réagi ? Logiquement, si un blindé tire sur une foule aux mains nues, il survient une débandade généralisée occasionnant des morts, des blessés et autres dégâts collatéraux. Dans l’affaire d’Abobo, l’on ne parle que de femmes mortes et point de blessées comme si l’objectif poursuivi était exclusivement un décompte macabre.
A QUI PROFITE LE CRIME ?
La question fondamentale que l’on est en droit de se poser est celle de savoir à qui profite le crime ? Cela parce que dès le dimanche 06 mars 2011, des femmes RHDP d’Abobo ont rendu une visite de compassion aux familles des défuntes et à celle d’un garçon de quinze (15) ans présenté par la presse proche du RDR comme la septième victime.
Au moment où le monde entier s’apprêtait à commémorer la journée internationale de la Femme célébrée tous les 8 mars de chaque année, qui avait intérêt à susciter l’émoi par l’assassinat de femmes quelques jours plus tôt ?
Des femmes mortes le 3 mars 2011, il y en a certainement eues, ce jour là, à Abobo. Mais sûrement pas dans les conditions décrites par la presse tendancieuse nationale et étrangère.
Sept (7) mois après, nombreux sont ceux qui comme moi demeurent encore dans l’expectative relativement aux conditions dans lesquelles elles furent tuées, surtout que jusqu’au mois de juillet 2011, certaines familles des victimes réclamaient au directoire du RHDP, les corps de leurs parentes pour les enterrer selon leurs rites culturels et religieux. D’autres familles de victimes ont fait leur deuil parce que le directoire du RHDP leur a répondu que leur parente a été enterrée le même jour et à leur insu !!!
Comment comprendre qu’une dépouille mortelle soit enterrée par la famille politique sans l’autorisation de la famille biologique étant entendu qu’elle n’appartient pas à la première mais à la seconde ? Et comment expliquer que des femmes supposées tuées par des FDS soient enterrées dans la précipitation, sans le moindre respect d’une procédure médico-légale ? Y avaitil des informations ou des données secrètes qu’il fallait absolument protéger ?
En dehors du message de compassion apporté le dimanche 6 mars par une délégation des femmes du RHDP, quelles étaient les informations sur les dépouilles mortelles données aux familles de femmes « martyres » ?
Pourquoi le RHDP a tenu à organiser un rassemblement spécifique pour rendre des hommages particuliers à ces femmes sans attendre la cérémonie officielle dédiée à leurs victimes de la commune d’Abobo ? Y a t-il au RHDP une gradation des martyrs de la crise post-électorale ? Ou alors, est ce parce que les morgues d’Anyama et d’Abobo n’avaient pas les commodités pour recevoir des dépouilles issues d’attaques à l’armes lourdes que les femmes « martyres » du 3 mars ont été enterrées précipitamment?
La cérémonie de décoration à titre posthume, de ces femmes d’Abobo reconnues martyres par la Grande Chancellerie le 2 août 2011, n’élucide en rien le mystère de cette macabre histoire. Une telle cérémonie ne clôt pas non plus le débat sur les circonstances de leur mort provoquée.
Le constat est que les dépouilles mortelles des autres victimes d’Abobo ont été officiellement remises aux familles respectives au cours d’une cérémonie officielle le 13 octobre 2011, alors que les femmes martyres ont été enterrées dans la précipitation à l’insu de leurs familles. Pourquoi ces traitements différentiels des victimes d’un même conflit ?
Pour mémoire, il faut rappeler que plusieurs montages grossiers ont été réalisés dans la crise ivoirienne si bien que l’on ne serait pas surpris que l’affaire des tueries des femmes d’Abobo et le charnier de Yopougon aient le même réalisateur et le même producteur parce que la mise en scène obéit à la même logique et l’objectif poursuivi est le même, diaboliser le président Laurent GBAGBO.
Dans le charnier de Yopougon, les médecins légistes avaient trouvé de l’eau dans les poumons des personnes décédées par suite de noyade au plateau et présentées comme ayant été froidement exécutées à N’dotré. Puis, l’on a vu au mois de janvier 2011 sur les écrans de télévisions françaises une personne, présentée comme un manifestant du RDR supposée morte à la suite d’une répression sanglante des FDS devant le siège de l’Onuci au Plateau, se relever tranquillement après avoir fini de jouer sa partition, ignorant qu’une autre camera continuait de tourner. Enfin, on avait aussi annoncé dès décembre 2010, l’existence d’un nouveau charnier à N’dotré. L’ONUCI après des investigations infructueuses a été obligée d’infirmer l’existence.
Dans l’affaire des tueries des femmes d’Abobo, la scène montrait une dame couverte d’un liquide de couleur rouge similaire au sang. Elle tentait de se relever quand l’ordre lui a été intimé dans une langue nationale de se recoucher car la prise de vue n’était pas encore finie…
Il est aussi intéressant d’indiquer que depuis janvier 2011, un commando dit invisible, aux méthodes médiévales sévissait dans la commune d’Abobo : six policiers tenant un poste d’observation au carrefour de la mairie ont explosé après une attaque à l’arme lourde dans la nuit du 12 au 13 janvier ; le secrétaire de la fédération FPI de Madinani venu s’abriter chez son oncle a été égorgé comme un mouton le 17 janvier sous le prétexte d’être un partisan du Président Laurent GBAGBO; un capitaine de Gendarmerie et deux de ses éléments en mission de reconnaissance ont été portés disparus au carrefour de N’Dotré le 18 janvier ; une expédition punitive nocturne a été organisée du 6 au 7 mars 2011 contre le village d’Anonkoua-kouté réputé favorable au président Laurent Gbagbo.
Tous les commissariats de Police et brigades de Gendarmerie d’Abobo ont été les cibles du commando invisible durant le mois de février 2011, ce qui a contraint l’Etat Major des FDS sous embargo depuis sept ans, à concentrer tous les Services de sécurité au camp de la Gendarmerie de ladite commune, pour continuer d’assurer la sécurité des populations résiduelles dans le contexte nouveau de guérilla urbaine imposé par le commando invisible.
Toutes les missions de ravitaillement des Forces de Sécurité rassemblées au camp de la Gendarmerie ont été attaquées par des snipers faisant presque régulièrement des dégâts du côté des FDS. A cette occasion, ont été tués un Officier et des Sous-officiers de police. Deux gendarmes ont été blessés et un char incendié à la grenade. Dans la nuit du 5 au 6 mars 2011, le centre émetteur de la télévision ivoirienne a été détruit et trois agents de sécurité qui étaient en service à l’intérieur des locaux ont été brûlés vifs après avoir été ligotés comme des cabris.
C’est dans cet environnement de troubles sérieux et graves à l’ordre public qu’on a pu observer pendant la période allant de janvier à mars 2011, des marches qualifiées de pacifiques du RHDP. Les images de ces
manifestations de rue montraient parmi les marcheurs des individus munis d’armes légères et parfois lourdes ainsi que des chasseurs traditionnels « dozo » portant des fusils dont ils ne se séparent jamais. La supposée marche des femmes annoncée ou organisée le 3 mars dans cette commune aurait-elle
échappé à ce dispositif ?
Dans cette affaire de tueries de femmes d’Abobo, aucune enquête spécifique n’a été réclamée ni exigée par les nouvelles autorités en place car pour le RHDP, le président Laurent GBAGBO est le seul responsable et les
FDS les seuls coupables. A quoi servirait donc une enquête ? De toutes les façons, les supposés faits se seraient passés dans une commune favorable à Monsieur OUATTARA.
Pour notre part, nous sommes convaincus qu’une enquête transparente et sérieuse révélera bien de surprises. Sinon, comment expliquer la coïncidence remarquable entre la célébration nationale de la journée internationale de la femme annoncée depuis deux (2) semaines par la Télévision Nationale dans la commune de Yopougon supposée acquise au président Laurent GBAGBO et le « massacre » de femmes du RHDP à Abobo prétendu fief de Monsieur OUATTARA. A qui profite le crime ?
Une enquête minutieuse doit être menée pour déterminer les circonstances de la survenue de la tuerie de ces femmes, car ce n’est pas le Président Laurent GBAGBO qui a ordonné leurs assassinats. Ce n’est pas non plus le Premier Ministre Aké N’GBO.
Ce n’est ni le Ministre de la Défense ni celui de l’Intérieur. Rappelons que Le Chef d’Etat Major, le Commandant Supérieur de la Gendarmerie et le Directeur Général de la Police interrogés ont affirmé ne rien savoir de cette douloureuse affaire.
Mais une idée germait déjà dans l’opinion internationale, celle de faire interdire l’usage d’armes lourdes dans le District d’Abidjan dans le but d’affaiblir considérablement le système de défense des Forces Armées Nationales de Côte d’Ivoire (FANCI) dans la perceptive de la bataille d’Abidjan. Parce que ceux qu’on appelle à tort les soldats du président Laurent Gbagbo sont, en réalité les Forces de Défense et de Sécurité nationales en charge conformément aux dispositions pertinentes constitutionnelles (article 24) d’assurer la protection des personnes et des biens sur toute l’étendue du territoire national. Ce qui n’était plus le cas depuis le déclenchement de la crise en 2002 ayant consacré la partition de fait du pays. Le président Laurent GBAGBO ne pouvait donc s’en servir contre les populations civiles contrairement aux allégations diffusées.
Tout ceci n’était-il pas le prétexte pour justifier l’intervention de la Communauté internationale à travers le Conseil de Sécurité de l’ONU?
Les enquêtes nous situeront certainement mais le constat est que, la mise en scène du commanditaire de l’assassinat des femmes s’est déroulée de manière linéaire. A partir de cette affaire, le Conseil de Sécurité de l’ONU a décidé d’interdire l’usage d’armes lourdes dans le seul district d’Abidjan, puis, prenant un autre faux prétexte de la violation de cette résolution le 17 mars par les FDS, il a donné mandat à l’ONUCI et à la force française LICORNE de détruire les sites stratégiques des FANCI et des Institutions de la République de
Côte d’Ivoire. La suite est connue.
3- CONCLUSION
Les procédures spécifiques engagées devant les juridictions compétentes par les avocats du Président Laurent GBAGBO et l’enquête de la Cour Pénale Internationale permettront certainement de découvrir la vérité sur les conditions de survenue de la mort de ces femmes. Leurs morts ont affecté les ivoiriens de tous les bords politiques tout simplement parce qu’on ne tire pas sur des femmes aux mains nues. C’est pourquoi, il faut, en toute objectivité et indépendance laisser la justice mener impartialement les investigations nécessaires à l’éclatement de la vérité en s’assurant que ces femmes ont été effectivement tuées et dans quelles conditions et circonstances l’ont-elles été, pour que soient situées les responsabilités afin de traduire devant les juridictions compétentes les coupables conformément aux lois en vigueur.
Contrairement à une idée répandue, les personnes qu’on qualifie de proches du Président Laurent GBAGBO ne sont pas contre la justice. Ce qu’elles réfutent c’est la justice des vainqueurs qui a cours depuis le 28
novembre 2010 avec d’un côté, les bons (les sauveurs dixit le procureur KOFFI) qui auraient mené le bon combat et de l’autre, les mauvais qui auraient agi en toute illégalité, comme si l’arrêt du Conseil Constitutionnel ivoirien qui proclame le président Laurent GBAGBO vainqueur du deuxième tour de l’élection présidentielle ne devrait produire aucun effet juridique.

Les proches du Président Laurent GBAGBO veulent savoir si oui ou non six femmes ont été tuées à Abobo et qui les a tuées. Mais au delà, élucider toutes les tueries d’Abobo comme celles des six policiers au rond point de la mairie de la même commune et les villageois d’Anonkoua-kouté. Mais avant, ils voudraient aussi savoir comment sont morts les anciens Ministres de l’Intérieur BOGA Doudou Emile et TAGRO Désiré ; les officiers des FANCI, DALI Oblé, DAGROU Loula et tous les gendarmes de Bouaké; les artistes CAMARA Yeréfè dit « H » et Marcellin Yacé; les chefs rebelles qu’étaient Oumar Diarrassouba dit « zaga-zaga », BAMBA Kassoum dit « kass », COULIBALY Adama dit « Adams » ainsi que tous les morts devant l’Hôtel Ivoire (2004) et du moyen Cavally (2011). On ne peut pas les occulter en cherchant simplement à faire inculper le président Laurent GBAGBO et le traduire devant la Cour Pénale Internationale.
Les ivoiriens veulent savoir la vérité sur tous les crimes commis depuis septembre 2002 et après cela, ils iront certainement à la réconciliation. Laurent GBAGBO voulait simplement le recomptage des voies pour mettre définitivement fin à la crise politique née des proclamations divergentes du résultat de l’élection présidentielle faite par la Commission Electorale Indépendante et le Conseil Constitutionnel. Ceux qui ont refusé sa proposition et préféré le règlement du conflit politique par une solution militaire lui imputent la responsabilité exclusive des dégâts.
Les différentes enquêtes nous situerons sur les responsabilités des uns et des autres et permettront surtout d’identifier les véritables coupables.

Alain DOGOU
Ministre de la Défense et du Service Civique
du Gouvernement du Professeur Aké N’GBO Gilbert-Marie



4 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

4-1 César Etou et Didier Dépry : Sarkozy et Obama prétendaient sauver la démocratie : Ils ont installé la violence au pouvoir en Côte d’Ivoire.

 

Dans l’opposition, ils ont réussi à faire croire qu’ils étaient les victimes de la violence. Aujourd’hui, l’insécurité et la vague de violence dans lesquelles les pro-Ouattara ont plongé la Côte d’Ivoire, alors qu’ils ont le pouvoir d’Etat, démontrent clairement que Nicolas Paul Stéphane Sarkozy de Nagy-Brosca et Barack Husséin Obama n’ont pas fait avancer la démocratie dans le pays comme ils le prétendaient en renversant le président Gbagbo, le 11 avril dernier. Bien au contraire, tout tend à démontrer qu’ils ont donné un coup assassin à la démocratie chez nous.

 

« C’est désolant et regrettable. Alassane Dramane Ouattara disait récemment que la Côte d’Ivoire est devenue un Etat de droit. Ce qui vient de se passer démontre que nous sommes loin de cette réalité. Nous avons posé des préoccupations par rapport au problème de sécurité. Les événements qui viennent de se dérouler nous donnent raison ». Ces propos sont de Mme Bamba Masséni, député de Port-Bouët (une des dix communes d’Abidjan). Elle les a livrés, samedi dernier, suite aux violences perpétrées par des pro-Ouattara sur des militants du Fpi lors d’un meeting pacifique du parti de Laurent Gbagbo à Koumassi (commune d’Abidjan). Les propos de l’honorable parlementaire, traduisent le fossé abyssal existant entre les déclarations d’Alassane Dramane Ouattara et la réalité qui prévaut en Côte d’Ivoire, sur le terrain. Une réalité tenue par les hommes en armes de Ouattara qui, en toute impunité, commettent des exactions, pillent et violent. Pour les protéger, le procureur Simplice Kouadio Koffi qualifie les pro-Ouattara armés (ex-rebelles et dozos) de « sauveurs ». Ces « sauveurs » et leurs commanditaires (Ouattara et Soro) que la France et les Etats-Unis s’évertuent à soustraire de la Cour pénale internationale (Cpi) agissent contre les populations civiles. Hier à Bingerville, ils ont tiré sur des jeunes gens, faisant trois morts. 

Ouattara et la démagogie

Alors que la violence à grande échelle a été introduite dans la vie politique ivoirienne avec l’arrivée sur la scène de son parti politique, le Rdr, Alassane Dramane Ouattara s’est toujours mis, sur conseils de ses communicants hexagonaux, dans une posture « enviée » de victime.

Durant ses années passées dans l’opposition (sous Bédié, Guéï et Gbagbo), il a fait de la victimisation, son arme de combat. Bien que les actes de violence inouïe étaient posés par ses hommes, Ouattara réussissait, grâce à une certaine presse internationale financée par ses partenaires (exemple : TF1 et Le Monde tenus par Martin Bouygues) à retourner la faute contre les régimes au pouvoir. Ce jeu de violence-démagogie a fait croire, tout au long des dix dernières années, qu’après Henri Konan Bédié et feu Robert Guéi, Laurent Gbagbo était le « diable » et Alassane Dramane Ouattara, « l’ange ». Que Gbagbo était « le dictateur qui confisquait la démocratie dans son pays » et Ouattara, « le démocrate qui constitue la chance pour le pays ». C’est donc sur la base de ce mensonge grossier, ahurissant mais bien camouflé, que Nicolas Sarkozy a emballé Barack Obama pour une guerre postélectorale contre le régime Gbagbo. Bilan effroyable de cette guerre : 3000 morts dont de nombreux civils innocents. En bombardant la résidence de Laurent Gbagbo et en laissant les forces pro-Ouattara massacrer, piller et violer les populations, Sarkozy et Obama prétendaient « libérer » la Côte d’Ivoire d’une supposée dictature et bien de bonnes gens ont cautionné la combine de toute bonne foi.


Violence au pouvoir

A la vérité, il ne s’agissait ni d’une dictature à dégommer ni d’une libération de la population ivoirienne à exécuter. Les raisons de la guerre contre la Côte d’Ivoire étaient purement économiques et géostratégiques. Comme nous le confiait, en juin dernier, un diplomate occidental en poste à Abidjan, « la France se plaignait d’avoir perdu sous Gbagbo, son influence politique et économique en Côte d’Ivoire. Et cette influence était également mise à rude épreuve en Afrique à cause de l’aura de Gbagbo. Elle a décidé de le dégager du pouvoir par la force pour y installer son homme. Les Etats-Unis et la Russie ont été impliqués dans le deal. La Russie a reçu l’assurance des Etats-Unis et de la France que ses pays alliés ne seront plus persécutés en Asie et au Moyen-Orient, l’Iran, notamment ». Après le renversement de Laurent Gbagbo et l’installation de Ouattara au pouvoir dans des conditions si ensanglantées, le temps est sûrement venu pour que le monde découvre que la France et les Etats-Unis ont installé la violence au pouvoir en Côte d’Ivoire. Avant les brutalités contre le militants Fpi de Koumassi, l’actualité nous a démontré que dans le Nord-Ouest (Touba) et dans l’Ouest du pays (Man), les pro-Ouattara armés sèment la terreur. Ils tuent et dépossèdent de force les autochtones de leurs terres. De Kouibli à Taï en passant par Toulepleu, Guiglo, Duékoué, etc., les autochtones se réfugient dans la brousse fuyant les exactions des dozos et autres hommes armés pro-Ouattara. Le 29 septembre 2011, au lendemain de l’installation de Charles Konan Banny dans ses habits de « réconciliateur », des éléments Frci (pro-Ouattara) ont violenté les populations civiles, incendié le village de la sous-préfecture de Gnagbodougnoa (département de Gagnoa). Samedi dernier, au moment même où les pro-Ouattara semaient la violence sur un meeting pacifique du FPI à Koumassi, d’autres militants Rdr battaient, trainait dans le caniveau et séquestraient le maire intérimaire de la ville d’Issia, au motif qu’ils disent ne plus vouloir de maire Bété à Issia ! Comment cela peut-il être possible ? Ne plus voir de maire Bété sur la terre des Bété !? Quel est donc ce pouvoir qui veut chasser les autochtones de leurs terres natales ? Quellesdérives tribales !


Violence dans l’opposition…

Chasser le naturel, il revient au galop, dit l’adage. Le Rdr et la violence ont un pacte d’amour, vieux de plusieurs années. Sous Bédié et Guéï, Ouattara et ses partisans ont utilisé la violence pour tenter de s’imposer. Dès octobre 2000, alors que Gbagbo était à peine élu, Ally Coulibaly (actuel ambassadeur du régime Ouattara en France) demandait, au nom de Ouattara, aux militants du Rdr de prendre « le pouvoir qui est dans les rues ». Un appel à la violence qui sera suivi par les pro-Ouattara. Bilan : 300 morts à Abidjan. S’en suivra l’histoire du charnier de Yopougon, un montage malsain attribué au régime Gbagbo alors que le président élu n’avait pas encore prêté serment. La suite est connue.

En sa qualité de nouveau Président de la République, Laurent Gbagbo initie, dès octobre 2001, un forum national pour la réconciliation. Il envoie, en prélude à ce forum, des émissaires dans le nord du pays pour parler de paix avec les populations. Contre toute attente, à Séguéla, les pro-Ouattara agressent physiquement la délégation et son chef, le ministreAbou Drahamane Sangaré. Qu’à cela ne tienne. Convaincu que seule la paix peut sauver le pays, le Président Gbagbo engage des pourparlers avec Ouattara et le Rdr afin que les cadres pro-Ouattara entrent au gouvernement. Le gouvernement d’ouverture est effectivement formé le 5 août 2002. Alassane Dramane Ouattara et son parti y entrent sans doute pour distraire le peuple ivoirien. Mais le couteau était dissimulé dans leurs dos. Le 19 septembre 2002, la rébellion armée sur laquelle la paternité de Ouattara et le parrainage de la France sont clairement établis depuis la crise postélectorale attaque la Côte d’Ivoire et occupe la partie septentrionale du pays. De septembre 2002 à avril 2011, la zone occupée par la rébellion armée est interdite aux autres partis hormis le Rdr d’Alassane Dramane Ouattara. C’est une zone de non-droit qui le demeure encore. Parmi les dirigeants de cette rébellion, on a très vite identifié les hommes de Ouattara, militaires (Ibrahim Coulibaly dit IB) comme civils (Guillaume Soro Kigbafori, colistier d’Henriette Dagri Diabaté aux législatives à Port-Bouët, actuel Premier ministre et chef de la rébellion).

C’est clair. En Côte d’Ivoire, Ouattara et ses partisans ont toujours incarné la violence. Dans l’opposition, dans la nuit opaque, ils ont pu se faire passer pour les victimes. Mais ils sont au pouvoir depuis le 11 avril 2011 et à la faveur de cette lumière du jour, clarté divine, les voilà à découvert, violents et sans limites. La violence est au pouvoir en Côte d’Ivoire !

Par César Etou et Didier Dépry

http://news.stcom.net/modules.php?name=News&file=article&sid=6243


4-2 René Naba : Françafrique: Honte à l'Afrique.

I- La Françafrique, une France à fric

Honte à l’Afrique. Honte à l’Afrique de nourrir ses bourreaux.

Jamais la Françafrique, le plus extraordinaire pacte de corruption des élites françaises et africaines à l’échelle continental, n’a autant mérité son nom de «France à fric», une structure ad hoc pour pomper le fric par la vampirisation des Africains pour la satisfaction de la veulerie française.

Aberrant et Odieux.

Honte à l’Afrique. Cinq siècles d’esclavage pour un tel résultat. Pour continuer à entretenir à grands frais l’un de ses colonisateurs les plus implacables, la France, l’un de ses tortionnaires les plus effrontés, Jean Marie Le Pen. Sans la moindre pudeur pour les victimes de la traité négrière, de l’esclavage, des zoos ethnologiques… les bougnoules, les dogues noirs de la République?

Gabon, Congo, Cote d’Ivoire, Sénégal, Guinée équatoriale. Drôle de riposte que de cracher au bassinet lorsqu’on vous crache sur la gueule. Qu’il est loin le temps béni des Mau Mau du Kenya. Vivement son retour. A vomir ces rois fainéants, dictateurs de pacotille de pays de cocagne.

La honte. Vénalité française et corruption africaine, combinaison corrosive, dégradante pour le donateur, avilissante pour le bénéficiaire: Quatre cent milliards de dollars (400 milliards) évaporés en 35 ans du continent africain vers des lieux paradisiaques, de 1970 à 2005, selon les estimations de la CNUCED (1).

Et Pourquoi ne pas déduire ces gracieusetés de la dette; la dette, cette nouvelle forme de traite négrière, qui saigne l’Afrique, autant que la précédente? Et pourquoi ne pas compenser par des infrastructures à l’effet de réduire la dépendance ?

Qu’attendent donc les Africains pour dégager leurs dirigeants fantoches, pourris parmi les plus pourris. Pas plus difficile à dégommer que Moubarak et Ben Ali.
Surtout pas à l’aide de l’Otan, la coalition de leurs anciens bourreaux, mais à la sueur de leur front, avec les larmes des patriotes et leur sang, pour sceller définitivement la reconquête de la dignité de l’Afrique.

Et la classe politique française…quelle strate parasitaire et obséquieuse. Plus parasite tu meurs. Tunisie, Maroc, Mammounia et Hammamet. Djembé et mallettes. Karachi et Clearstream. Rétro commissions et Taïwan. Alexandre Djhouri et Robert Bourgi. Ziad Takieddine et consorts (2). «République irréprochable», claironne le malaise vagal, «état exemplaire d’un siècle de l’éthique», tambourine l’anosognosie. Posture et imposture.

Allégeance aux armes? Chiche Jean François Copé en contrepartie d’un serment d’intégrité de la classe politique française. Mais qui trahira sa parole en premier? Le moralisateur bien évidemment.

La saillie de Robert Bourgi sur la lubrification des dirigeants français avec de l’huile de palme africain ne relève pas du hasard. Elle intervient à la veille d’une année cruciale pour les relations franco africaine, alors que l’Afrique francophone opère en 2012 un test grandeur nature de la viabilité de sa démocratie avec deux scrutins présidentiels, l’un au Sénégal (Mars 21012), l’autre au Mali (Avril 2012), à l’arrière plan du lancinant problème de la succession présidentielle au Cameroun, dont le mandat du titulaire Paul Biya expire officiellement fin décembre 2011. Avec en superposition aux élections présidentielles françaises (Mai 2012), la volonté prêtée à la France de privilégier la propulsion de Karim Wade à la succession de son père, à contre courant du mouvement général de contestation des dynasties républicaines, initiée par la rive arabe du continent africain (Tunisie, Egypte, Libye), qui tendrait à faire de cette campagne électorale à l’échelle du continent africain un test additif de la viabilité de la françafrique.

Exception française et Pays des Droits de l’homme. Du pipeau. Ventouses et vampires plus vrais que nature, plus conformes à la réalité. En toute impunité. Aucune pudeur. Travailler plus pour gagner qu’ils redisent. L’imposture absolue. Un ridicule qui tue, le signe indiscutable du déclin. Tant pis pour les fossoyeurs de la douce France. Que l’on ne compte pas cette fois sur l’Afrique pour relever leur pays. Du balai, Erhal (dégage). Pour renvoyer à ses fadaises l’homme du discours de Dakar, spécialiste de la répétition, pas encore entré dans l’histoire.

B- La dalle d’Argenteuil, le test de crédibilité de Nicolas Sarkozy.

Quelle inversion des valeurs que de voir l’homme de la stigmatisation africaine bombait le torse, ivre de sa victoire en Libye. Une victoire à la Pyrrhus d’ailleurs qui propulse la Charia comme la principale source de législation en Libye de par la volonté de Moustapha Abdel Jalil, le protégé du philosophe médiatique Bernard Henry Lévy.

Il se raconte que dans la griserie de sa victoire le nouveau Scipion l’africain se serait vanté de nouveaux exploits devant le commandant Massoud de la Cyrénaïque et de la Tripolitaine: «Dans un an l’Algérie, dans trois ans l’Iran». Affligeant après de cinq ans d’exercice du pouvoir, cette forme puérile et immature de comportement. Du très mauvais goût de recevoir le génocidaire Paul Kagamé du Rwanda, un 11 septembre, jour commémoratif du 10 me anniversaire des attentats anti américains de New York, deux semaines après l’expulsion du dictateur libyen, infiniment moins sanguinaire que le rwandais. Nouvelle politique africaine qu’ils disent.

Ce stratège d’opérette lançait à grand fracas, Il y a quatre ans, l’Union Pour la Méditerranée, une merveille de diplomatie au résultat piteux. Ses deux piliers sud, Moubarak et Ben Ali, gisent au fond de la Méditerranée, et la Turquie, qu’il toisait de haut, au firmament de la popularité, expulsant l’ambassadeur du pays fétiche de Sarkozy, Israël, contraint, à son tour, de rapatrier son ambassadeur du Caire sous la pression populaire. Inimaginable il y a peu de temps encore.

Faisons le pari de savoir qui sera encore en place, dans un an, l’Iran ou Sarkozy. Cela fait cinq ans que «Bomber Sarko» menace l’Iran avec sa formule passée à la postérité: « la bombe ou le bombardement ». Bravant ses foudres, l’Iran est parvenu, entretemps, au statut de puissance du seuil nucléaire, la centrale de Bouchher raccordée au réseau électrique iranien.

Avec l’Algérie, captif de sa démagogie et de son refus de la repentance, il n’a rien à offrir à ce pays pour le 50 me anniversaire de son indépendance, sinon le chaos. IL brasse de l’air et fait des moulinets, pour donner l’illusion du mouvement. A force d’esbroufe, le matamore de Libye pourrait créer les conditions d’aménagement d’un nouveau bourbier de type irakien aux portes de l’Europe.

Le matamore de Libye est une métaphore. Complètement à l’Ouest: un président à contretemps, à contresens de l’histoire, le pire sinistre industriel de la France depuis l’avènement de la Vème République.

Ce stratège en chambre confond le principe du désir et le principe de réalité. Que pouvez-vous espérer d’un président d’un pays qui n’a pas le courage de franchir le périphérique de sa capitale ?
La dalle d’Argenteuil, c’est le véritable test de la crédibilité de «Bomber Sarko».

Références

1- Se référant aux estimations de la CNUCED, Me Fabrice Marchisio, avocat spécialisé dans le recouvrement d’actifs frauduleux, précise que 400 milliards de dollars ont fui l’Afrique entre 1970 et 2005 vers d’autres continents et se fondant sur ls estimations de la banque Mondiale, il indique que le montant des détournements des dictateurs arabes déchus lors du «printemps arabe», Hosni Moubarak (Egypte), Zine el Abidine Ben Ali (Tunisie) et Mouammar Kadhafi (Libye) serait d’une ampleur oscillant entre 100 milliards et 200 milliards, une variation qui intègre dans ses estimations des actifs dissimulés. Me Fabrice Marchisio est membre du cabinet Asset Tracing and Recovering / Cabinet Cotti, Vivant, Marchisio and Lazurel. Interview au journal Le Figaro 12 septembre 2011.

2- «Erhal, La France face aux rebelles arabes» René Naba- Editions Golias-Septembre 2011


 

René Naba

Mercredi 5 octobre 2011
http://www.renenaba.com/...


4-3 MICHEL GALY : LA GAUCHE FRANÇAISE ET L’ALTERNANCE POLITIQUE EN COTE D’IVOIRE .

« La clef du cachot de Korhogo…est à Paris ! », entend  on dans les manifestations et meetings parisiens …

Même si ce n’est pas si sûr ( et si cela conforte bien évidemment l’immigration ivoirienne à paris), l’interconnexion entre pouvoir ivoirien et français actuel est évident(ce que l’on pourrait baptiser le « sarko -ouatarisme », cf. « la tentation coloniale »sur le site du « Gri gri international »)- tant dans la crise électorale de décembre à avril, que dans les jeux de pouvoirs actuels. Il faudrait étudier longuement, pour le comprendre, cette « assimilation politique des élites » et l’influence des réseaux françafricains - comme dirait le politologue J.F. Bayart, depuis Houphouët Boigny et surtout depuis 2002, mais on peut ici se livrer à quelques interrogations prospectives.
Bien qu’il soit certain que les dynamiques internes (la vie politique en Cote d’ivoire), régionales (les exilés et réfugiés au Ghana et au Libéria) et continentales (les alliés du régime de Laurent Gbagbo ont été l’Angola et l’Afrique du Sud, mais bien plus encore une certaine jeunesse pan africaine, telle celle du Cameroun)soient cruciales, tout changement politique à Paris risque d’entraîner certaines évolutions (révolutions ?) à Abidjan.
Après tout « Sarkosy  n’est pas là pour toujours »…comme l’a rappelé le juriste Albert Bourgi, tandis que l’ancien premier Ministre Konan Banny déclarait q’  « aucun pouvoir arrivé par la force armée n’est éternel ».
De nombreux scénarios de changement, d’ailleurs contradictoires, sont possibles : d’un retour de la « guerre nomade » depuis le Libéria ou le Ghana jusqu’à une guerre civile larvée avec un pourrissement de la situation à l’Ouest ; d’une peu probable « cohabitation à l’ivoirienne  après des législatives hypothétiques, à des changements d’alliance du PDCI. En ce qui concerne les relations internationales, l’alternance à gauche en France s’oppose bien évidemment à une persistance du sarkosysme armé, avatar de l’interventionnisme bushien et d’une néo- colonisation qui n’ose dire son nom.
Mais quelle gauche ? Celle de François Mitterrand, dont la politique africaine, malgré le discours de La Baule, n’est qu’une continuation étatique de la droite- alors qu’en 1981 il y avait peu à dire pour provoquer la fin des tyrans ? Celle de Guy Mollet, tendance dominante dans la droite du parti socialiste qui approuve la domination blanche et les aventures extérieures- depuis la guerre d’Algérie ?La plus favorable des hypothèses est celle du retrait et de la neutralité, comme du temps de Jospin(son absence d’intervention militaire, a bien favorisé le renversement de Konan Bédié) : c’est quand elle ne fait rien que cette gauche modérée, très modérée, est la plus favorable au changement politique…Hollande , dans son discours d’investiture au PS, vient de dire « refuser la Françafrique » :on peut prendre date, en attendant ses pratiques concrètes, sans trop y croire…Le socialisme africain attendra,c’est  l’ appui à l’Etat de droit et la fin des incursions françaises qui sont à l’ordre du jour d’une gauche revenue au pouvoir !
 
Mais « ne rien faire »(en terme social démocrate : « ni ingérence , ni indifférence »), peut supposer se retirer militairement, ce qui change beaucoup de choses en laissant place aux dynamiques internes : que serait la situation politico militaire , notamment à Abidjan, en cas de retrait des deux  corps expéditionnaires de contrôle(euphémisme..)que sont la force Licorne et l’ONUCI ? Tout observateur sait que les régulations politiques et conflictuelles  se feraient spontanément…Sachant que le camp de Laurent Gbagbo a obtenu plus de 54%à Abidjan et qu’il est majoritaire au Sud, l’issue semble évidente et un renversement de situation envisageable. D ‘autant que les « préfets » ou « gouverneurs » françafricains , désormais en manque de soutien ou vertement tancés à Paris, feraient alors défaut…suivez nos regards du coté du Burkina- ou ailleurs…
Ce scénario pour l’instant improbable pourrait s’effectuer en cas  de victoire d’une coalition de gauche sous l’impulsion du Pcf et J.L. Mélenchon d’un coté,  et du Npa et de certains écologistes  d’autre part sur le slogan de  « retrait total d’Afrique des forces armées françaises » - dont les bases sont effectivement la marque en Occident que la France est bien en retard d’une décolonisation. Ce rôle d’éclaireur de la gauche extrême par rapport à la gauche modérée, c’est à dire le PS, est classique dans l’histoire de la vie politique française : ce n est pas les fondations, think tanks  militaristes et affairistes qui jouent le rôle de réservoir d’idées nouvelles ! 
La bataille de l’information est cruciale, et pour suivre les thèses  d’Antonio Gramsci, un préalable à l’hégémonie politique ; j ai montré ailleurs comment, en l’ absence de mobilisation d’intellectuels et de politiques de renom,  l’information sur la Cote d’Ivoire a été biaisée depuis 2000 et 2002. Qui plus est, depuis la crise électorale, les journalistes et les médias occidentaux sont, c’est parfois le cas de le dire littéralement, « embarqués » dans le dispositif politico-militaire- ni plus ni moins d ailleurs que pour l’Irak et l’Afghanistan, et pas plus que les medias américains dans les conflits où leur pays est impliqué. De plus un phénomène de « story telling » est évident : pour bon nombre de journalistes par exemple, la « fin de l’histoire »(en tout sens ) date du 11 avril- et rien ne se passe depuis …
A tel point que pour des raisons techniques et financières, des humanitaires occidentaux se plaignent ces jour ci à Paris de  ce « déficit de l’information » sur la Cote d ivoire qui les empêche de recueillir des fonds et donc d agir pour les déplacés et  réfugiés. Comme pour les révolutions arabes, la guerre des blocs, sites ou medias Internet -et bien sûr la presse classique, sera déterminante dans les mobilisations et révoltes urbaines- ce qui laisse d’ailleurs le monde paysan encore en dehors de ces mouvements en devenir. Le parallèle est intéressant : on voit l’opposition pro Gbagbo se saisir du vocabulaire de la résistance à la tyrannie, de  la révolution démocratique et de l’insurrection qui vient, tout en faisant vibrer la corde humanitaire : l’inversion des thématiques de mobilisation est bien un préalable à la reconquête politique.
Cependant l’opinion française peut basculer, notamment à partir d’une situation inattendue dans le paysage institutionnel sarkosyste : la gauche vient de conquérir le Sénat, et le socialiste sudiste JP Bel devient le second personnage de l’Etat ; bien plus, des commissions d’enquêtes parlementaire peuvent s’y mener, sur le modèle (en plus abouti souhaitons le)de celle qui a été menée sur le Rwanda à l’Assemblée nationale. Peut être des associations comme Sherpa ou Transparency international ou, qui sait, Survie, Attac ou Rsf s’intéresseront aux « biens mal acquis », à la situation de la presse ou des droits de l homme à Abidjan (comme le font Amnesty ou la Fidh sans être très audibles auprès du monde politique français) ; pourtant leurs divisions, leurs compromissions ou leur proximité avec l’alliance sarko ouattariste peuvent en faire douter… L’ « honneur perdu d’Human Rigth Watch », aux rapports aussi bien tendancieux qu’inventés montre bien que les liaisons dangereuses (comme aussi International Crisis group), avec le département d’Etat américain et des financiers comme Soros peut aboutir à de pseudo rapports de propagande, alors qu’on prétend faire la morale à la terre entière…
Quoiqu’il en soit de la corruption des esprits et de la presse liée à la Françafrique( cf. les derniers « dossiers » d’  « hebdomadaires pans africains »(sic !,) ou le caractère systématiquement hostile à Laurent Gbagbo du quotidien Libération, depuis 2000) il me semble qu’un point d’inflexion est atteint et que l’opinion française peut  se retourner.
Outre les medias , des actions judiciaires sont en cours - et comme pour Sassou N’Guesso et les  responsables du massacres du Beach au Congo ou encore le général algérien Khaled Nezzar, qui vient d’être arrêté en Suisse pour sa répression pendant la guerre civile, il pourrait arriver que des responsables ivoiriens connaissent des séjours à Paris ou à Mougins plutôt mouvementés…Après tout des franco ivoiriens ont subi le martyre,  comme Michel Gbagbo incarcéré pour sa parenté, ou le cinéaste  Sidili Bakaba  qui était à la résidence présidentielle en avril, pourraient mettre en cause devant les médias et les tribunaux  l’Ambassade et l’Armée française, si ce n’est l’Onuci et l’Elysée, dont le coup d’Etat et le massacre de civils a de toute évidence dépassé la résolution 1575 - ce qui est  comme en Lybie une forfaiture éthique et une faute juridiquement condamnable
Si la roche Tarpéienne est près du Capitole pour nombre de dirigeants africains en général, et ivoiriens en particulier,  ces scénarios ne sont pas sur pour autant inéluctables ; des luttes au couteau se déroulent dans la presse,et dans les institutions comme par exemple la CPI extrêmement divisée sur le cas ivoirien : si le procureur Moreno Ocampo s’affiche avec des criminels de guerre, la juge Sylvia Fernandez de Gurmensi s’oppose de toutes ses forces à une « justice de vainqueurs » et prétend juger équitablement les deux camps . 
Et si la gauche française renouait avec sa tradition anticoloniale et cessait ce que l’historien Chalchi Novati nomme la « guerre à l’Afrique » ? On peut toujours rêver d’interventions contre la douzaine de « fascistes à la française » peuplant les palais présidentiels africains…  Après tout retrait et abstention sont peut être meilleurs pour une « révolution africaine »  à venir : espérons que ces jours là la gauche française, contrairement à son attitude devant les révolutions arabes, ne manquera pas son rendez vous politique avec l’histoire des « damnés de la terre » : elle pourrait y perdre un continent.
 Article paru dans "le nouveau courrier" 350

18:53 Publié dans Blog |

23.10.2011

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5 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net

5-1 Farid Merrad : Un citoyen français écrit à Sarkozy : « Inquiets, nous le sommes devenus par la suite, lorsqu’il est apparu »

C’est conscient des enjeux dramatiques et capitaux que revêtent pour nombre de vos administrés, les récents évènements survenus en Côte d’Ivoire et l’implication de nos forces armées dans une guerre civile que notre gouvernement a, de par son action, plus favorisée que tempérée que nous prenons la plume.

Nous sommes républicains et profondément attachés aux valeurs intemporelles et universelles qui sont les fondements de notre État. Nous tenons également à préciser notre neutralité quant aux enjeux internes ivoiriens. Respectueux des souverainetés, notre propos ne porte que sur les agissements de notre gouvernement et de nos forces armées présentes en Côte d’Ivoire.

Ne pouvant accepter qu’une puissance étrangère ne s’immisce dans le déroulement de nos affaires internes, nous ne pouvons accepter le rôle joué par notre propre pays sur une terre étrangère.  Nous rappelant notre histoire parfois douloureuse, nous ne pouvons accepter la nature ambigüe de notre présence militaire.

De l’instant où, le conseil constitutionnel ivoirien, autorité légitime, a proclamé les résultats de l’élection présidentielle, au dénouement de la crise politique qui s’en est suivie, les réactions et actions de notre gouvernement nous ont laissé dubitatifs, inquiets, et aujourd’hui scandalisés.

Dubitatifs, car nous nous demandons encore quel pouvait être l’intérêt de la France d’attiser les braises de ce qui ne pouvait qu’immanquablement finir en brasier?

Inquiets, nous le sommes devenus par la suite, lorsqu’il est apparu que le soutien militaire français non voilé aux milices de M. Ouattara deviendrait par le fait des choses le blanc-seing d’exactions frappant la population ivoirienne.

Ces civils innocents ayant, comme tout être humain, droit au respect des règles les plus élémentaires du droit à la vie, cela en accord avec nos préceptes moraux.

Scandalisés, nous le fûmes, à la vue des bombardements opérés par notre armée, sur le palais présidentiel d’un chef d’État, qui, quel que fut le souhait du gouvernement ou le nôtre, avait été élu conformément aux normes en vigueur dans l’ordre juridique ivoirien.

Nous ajouterons que face à cette élection, le gouvernement français n’avait ni titre ni légitimité à faire valoir ou à défendre.

Scandalisés enfin, nous l’avons été par la propagande, le terme est fort mais exact, à laquelle se sont livrés les représentants de l’État français et la majorité de nos médias, à la suite du déclenchement des actions militaires visant les forces armées ivoiriennes et frappant sans discernement la population.

Nous notons que ces actions ont été engagées dans un premier temps en toute illégalité (les premiers engagements militaires ont eu lieu en dehors de tout mandat de l’ONU), et par la suite dans une légalité contestable, puisque nos soldats ne devaient user de la force uniquement pour protéger les populations contre l’utilisation d’armes lourdes du fait de l’armée ivoirienne (fait qui à ce jour reste peu étayé).

Nous relevons également la surdité de notre gouvernement aux appels de la Russie et de la CEDEAO à la cessation de cet usage disproportionné de la force armée.

Ayant comme tout un chacun des préférences, nous n’avons pas de parti pris, seul le respect du droit et des valeurs qui sont les nôtres nous anime, partant, comment tolérer que notre pays, alors qu’il était mandaté par l’ONU pour protéger les populations civiles se soit potentiellement rendu coupable de complicité de meurtres de masse, voire d’épuration ethnique à Blolequin ou à Duékoué en étant l’allié objectif et parfois agissant, des forces de M. Ouattara, dites aujourd’hui républicaines?

Comment tolérer qu’en vertu de ce mandat onusien, la protection de ces populations qu’il était du devoir et de l’honneur de notre pays de garantir, n’ait pas été assurée?

Comment tolérer que nos forces présentes à l’hôtel du golf aient laissé le siège du gouvernement ivoirien « reconnu par la communauté internationale », se muer en lieu de torture et d’assassinats, cela au vu et au su de tous les médias et de la « communauté internationale »?

Comment pouvons-nous tolérer que pour faire plier M. Gbagbo nos forces armées aient causé par leurs bombardements la mort de civils innocents se trouvant dans l’enceinte de la résidence présidentielle?

Comment tolérer que nos représentants gouvernementaux, au mépris de leurs engagements pris devant le peuple français, aient aidé à la capture de M. Gbagbo?

Comment tolérer que nos forces armées aient permis cette indigne exhibition de M. Gbagbo et de son épouse, non seulement humiliante pour les ivoiriens qui avaient voté pour lui, mais également choquantes pour les français issus des ex-colonies qui voyant ces images d’une rare violence, ont revécu le traumatisme de la brutalité de l’interventionnisme de la France coloniale? Images tout aussi inacceptables pour tout français connaissant le sens et la symbolique des termes droits de l’homme et dignité humaine.

Comment tolérer que nos forces présentes en Côte d’Ivoire se soient alliées à des mercenaires violents, à des chefs de guerre assassins, ayant démontré toute leur « expertise » dans la maltraitance des populations dans nord de la Côte d’Ivoire, et ce depuis la partition de 2002. Comment tolérer que notre gouvernement ait armé certains de ces hommes?

Comment accepter que ces mêmes hommes aient pu se livrer à des actes de représailles contre les proches de M. Gbagbo et la population civile sans que notre gouvernement ne les dénonce, sans que notre armée ne les en empêche?

M. le Président, face à tant d’accrocs aux principes et valeurs qui sont les nôtres, et que nous supposons également être les vôtres, nous vous posons solennellement cette question: Quels peuvent être les intérêts de notre pays en Côte d’Ivoire pour qu’il faille souiller l’image de notre république, brader l’honneur de nos troupes, tromper et mentir au peuple de France pour les défendre et les garantir?

Républicains et respectueux des idéaux de notre république nous sommes.

Ayant réaffirmé cette évidence nous ne pouvons rester sans réaction face à ce qui est pour nous une atteinte grave à l’idée que nous nous faisons de notre pays.

Nous ne pouvons rester silencieux face à ce qui est pour nous une atteinte claire à l’idée que nous nous faisons de l’exercice du pouvoir.

Nous ne pouvons rester sans dénonciation face à ce qui semble pour nous une atteinte inacceptable aux principes de transparence et de sincérité de l’action gouvernementale.

Nous ne pouvons rester sans proposition face à ce qui est pour nous une atteinte intolérable à notre honneur de citoyen français. Nous ne pouvons en rester au stade du constat.

Comme beaucoup de français nous demandons et exigeons des réponses aux trop nombreuses questions qui sont nées de l’action de la France en Côte d’Ivoire.

Comme beaucoup de français, que nous espérons de plus en plus nombreux à mesure que les éléments permettant de braquer la lumière de la justice sur ces évènements apparaitront au grand jour, nous en appelons aux institutions de notre république.

Les faits gravissimes qui nous interpellent ne peuvent devenir histoire sans avoir été révélés, sans avoir été éclaircis dans toute leur vérité, conditions sine qua non de la restauration de l’image de notre pays, et de la tranquillité de vos concitoyens.

Il est de votre devoir, M. le Président, d’y concourir avec la plus grande diligence et latitude qui peuvent être les vôtres.

Nous nous adresserons également à Messieurs Bernard Accoyer et Gérard Larcher, présidents de l’Assemblée Nationale et du Sénat, aux présidents des commissions des Affaires étrangères et de la Défense, Messieurs Poniatowsky et Tessier, aux présidents des groupes parlementaires de l’Assemblée Nationale et du Sénat, à l’ensemble des députés et sénateurs, pour que soit mise en place sans délai une commission d’enquête parlementaire chargée de lever toutes les zones d’ombres entourant notre intervention en Côte d’Ivoire.

Nous devons savoir pourquoi et comment la force Licorne est intervenue.

Nous devons savoir avec précision quel a été son rôle dans l’avancée des « forces républicaines » vers Abidjan.

Nous devons savoir pour quels motifs elle n’a pas protégé les populations civiles dans le nord de la Côte Ivoire.

Nous devons savoir si des éléments des troupes françaises étaient à proximité de Duékoué. Nous devons savoir quel est le nombre de victimes imputables à nos troupes lors des bombardements visant à protéger les civils ivoiriens. Nous devons connaître leur statut, civil ou militaire. Nous devons savoir avec précision et sincérité quel a été le rôle de nos forces dans la capture de M. Gbagbo et de son épouse. Nous devons savoir pourquoi le gouvernement nous a menti sur ce fait précis. Nous devons savoir où étaient nos troupes lors des exactions commises par les forces républicaines à Abidjan après la capture de M. Gbagbo. Nous devons savoir pourquoi elles ne sont intervenues, ni dans les rues d’Abidjan, ni à l’hôtel du golf. Nous devons savoir pourquoi le Parlement n’a pas été consulté préalablement à tout engagement de nos armées.

Ces nombreuses questions, M. le Président, en trouvant réponse, permettront de lever tout doute quant à l’action de nos soldats en Côte d’Ivoire et de nous redonner confiance en nos institutions. Cette demande, nous l’adressons aux leaders des partis d’opposition, la rendons publique car elle intéresse tous nos concitoyens et nous l’assortissons d’une pétition de soutien. La France étant une démocratie, vous nous lirez. Si la France, notre pays, est encore le porte-étendard des idéaux humanistes et universalistes des Lumières, vous nous comprendrez. Si la France, notre pays, est encore une terre de liberté et de droit, vous accèderez à nos doléances. Si vous êtes, M. Nicolas Sarkozy, président de tous les Français, vous pèserez de tout votre poids pour que lumière soit faite et que justice soit rendue. Il ne peut et ne doit en être autrement.

Respectueusement, pour Alternatives et Cohérences, M.  Ahouansou Séyivé

M Ahouansou Séyivé

http://www.ivoirediaspo.net/?p=6203



6 Annexe

6-1

Charles Tiekpo : Laurent Gbagbo: un homme en avance sur son temps.

 

En relisant les discours du président Laurent Gbagbo, avec du recul l’on se rend compte que tout ce qui se passe aujourd’hui, il l’avait déjà vécu avant nous. Comme le Christ qui anticipait les événements à venir en parlant d’eux à savoir sa passion, sa résurrection etc.

Le président aussi avait déjà parlé des événements actuels. Revisitons ensemble certains passages de ses discours.
Sa vision de la politique
Je fais la politique depuis longtemps. Pendant que j’étais dans l’opposition, je n’ai jamais fait la guerre. Mes positions sur la conquête et l’exercice du pouvoir son connues. Pour moi, il ne faut pas vouloir le pouvoir pour le pouvoir. On veut le pouvoir pour servir le peuple. Vous connaissez mes ambitions pour la Côte d’Ivoire. Je les ai exprimés tout au long de mon parcours politique. Je me bats pour améliorer les performances de notre économie, c’est pour faire de la Côte d’Ivoire un pays de solidarité, de bien-être et de générosité. J’ai choisi d’être acteur de l’histoire de la Côte d’Ivoire et non une marionnette. Je suis fier d’être celui par qui le changement s’opère.
Son avis sur la crise
Cette crise, dont nous avons subi la forme la plus aiguë, avec la guerre a couvé longtemps avant d’éclater ouvertement. Ce n’est pas la première tentative coup d’Etat. On eu décembre 99. Ensuite quand j’ai été élu à la fin octobre 2000, il y a eu une autre tentative en 2001, et en fin de septembre qui s’est muée en rébellion. Pour moi, c’est la même chose. C’est le même coup d’Etat décliné en plusieurs phases. Parce que l’objectif n’a pas été atteint.
Je n’ai jamais fait mystère de l’implication de l’Etat français dans la tentative de renversement de mon régime. Ce n’est pas aujourd’hui que je vais dire le contraire. Je ne comprends pas que des dirigeants s’arrogent le droit de vouloir faire partir de là où le peuple l’a mis, un chef d’Etat légalement élu, légitime, légitimé par une élection démocratique et populaire.
Ils nous font la guerre, non pas parce que nous aurions empêché l’expression démocratique des Ivoiriens, mais parce qu’ils renient au peuple ivoirien son droit souverain de choisir lui-même ses dirigeants, de respecter les institutions qu’il s’est données et de vivre dans un pays libre. Nous sommes combattus aujourd’hui parce que nous avons des grandes idées pour l’Afrique.
A ses amis « déserteurs » comme non « déserteurs »
On peut rester le même homme dans ses convictions, dans sa démarche. Le tout, c’est de tout faire, de prier pour ne pas changer dans le mauvais sens.
Un homme ne se renie pas. Un homme qui est un homme, assumant totalement sa détermination dans l’action doit agir ; et il agit selon ce qu’il a décidé. Moi, je n’ai rien d’autre que l’honneur. Et je m’efforce de vivre et de lutter sans haine. Je m’efforce de vivre et de combattre sans nuire. C’est pourquoi je marche, je marche et je marcherai toujours !
J’ai un combat à mener, je le mène. Je peux gagner ou le perdre. Mais je le mène. Il faut être maître de son destin. Le combat pour une cause juste n’est jamais vain même si celui qui le mène n’en voit pas l’aboutissement. Quand on veut une chose, il faut se battre pour l’avoir. La construction de la République et de la démocratie est une chose difficile. Plus tard nos enfants vont commenter les événements d’aujourd’hui et ils vont nous juger.
Chacun va expliquer de quel côté il était, dire où il était et quel côté il s’est rangé. Du côté du peuple ou du côté de ceux qui nous agressés ?
La question qui se pose aujourd’hui, c’est de savoir si le changement indispensable, inéluctable, s’opère par notre volonté ou par l’étranger. Est-ce nous, les Ivoiriens, qui transformons la Côte d’Ivoire selon ce que nous voulons ou est-ce quelqu’un qui nous dicte un changement ? Ma conviction, c’est que c’est nous.
Le monde change. Nous passons d’une ère à une autre. La question est de savoir si nous allons être de simples spectateurs ou des acteurs à part entière des temps nouveaux qui se dessinent. La question est de savoir comment la Côte d’Ivoire, en tant que nation et les Ivoiriens en tant que peuple vont affronter les nouveaux enjeux de la démocratie, de la paix, et de l’économie.
C’est sur ces questions que chacun doit méditer. Il ne tient qu’à nous et à nous seuls de continuer à vivre libre. A vivre en paix. A vivre libre et en paix. Il ne tient qu’à nous seuls de donner à notre pays tous les atouts de la prospérité.
Ce qu’il pense de la paix.
La guerre nous a tragiquement réveillés. Elle est venue nous montrer brutalement qu’il ne suffisait pas d’invoquer la paix pour avoir la paix. Nous avons tous vu où cette aventure a conduit notre pays. La paix doit reposer sur l’Etat de droit, sur la République et sur les institutions qui l’incarnent, sur le respect des choix exprimés par les Ivoiriens à travers des élections.
En dépit des souffrances et des drames qu’elle a engendrés, la guerre ne nous a pas brisés. Bien au contraire, elle aura révélé et renforcé le sentiment patriotique des Ivoiriens ; elle a raffermi les liens qui font l’unité de la nation. J’en veux pour preuve le courage devant l’épreuve, la détermination à rester débout et à refuser qu’on lui dicte sa conduite. Ensemble nous avons préservé les bases de l’Etat. La fonction de Chef de l’Etat impose des responsabilités à celui qui l’assume vis-à-vis de son peuple. Ayant fait front, avec vous, j’ai voulu montrer que pour sauver la République, il faut être capable de résister et de faire échec à la guerre.
Ce que nous avons cru impensable s’est produit. Il y a eu la guerre en Côte d’Ivoire. Nous avons constaté qu’avec la guerre, nous étions tous menacés dans les mêmes droits élémentaires. Quelles que soient nos appartenances régionales, religieuses ou politiques, quelques soient nos positions sur guerre elle-même, nous avons frôlé une catastrophe collective. Mais les peuples entrent en action quand l’Histoire l’exige. Les peuples se mobilisent toujours pour sauver les nations en péril. Nous sommes restés débout. Aujourd’hui, la guerre est terminée. Il s’agit à présent de gagner la paix. Il ne suffit pas d’invoquer la paix pour l’avoir, ni de la décréter pour la vivre. Nous ne voulons pas la paix du parti unique. Or, les solutions que nous recherchons pour sortir notre pays de la crise et bâtir l’avenir de notre nation ne se trouvent pas dans ce passé nostalgique. Le passé pour la Côte d’Ivoire, c’est le parti unique et son ordre. Et le parti unique n’est pas et ne peut être un modèle à revendiquer. Au contraire, nos difficultés actuelles sont le legs de ce régime politique dont nous n’avons pas su tirer les leçons. Partout où les peuples ont été longtemps soumis à un régime de parti unique, il y a tôt ou tard de grandes turbulences.
La paix du parti unique est en effet une paix factice imposée dans la violence, et sous laquelle la violence couve en permanence. En Côte d’Ivoire, le parti unique a engendré la guerre des héritiers qui débute en janvier 1993 qui entraîne le coup d’Etat de décembre 1999 et le régime militaire de 1999 à 2000. Ce sont les contrecoups de ces rivalités qui conduiront à la tentative de coup d’Etat de janvier 2001, et à la guerre civile déclenchée en 2002. Une paix réelle et vraie, une paix à nous, habitants de la Côte d’Ivoire doit reposer sur l’ordre démocratique ; une paix pour jouir de nos libertés et vivre notre indépendance.
Aux ivoiriens
Vous qui souffrez Ne désespérez pas ; Demain sera fait de votre courage. Et vos maux d’aujourd’hui peuvent être votre bonheur de demain. Dixit Laurent Gbagbo
Malgré l’acuité des questions, l’espoir est permis, quand les hommes et les peuples croient en eux-mêmes, en leur capacité à opérer les changements appelés par leur histoire et leur culture. Nous avons connu la guerre. La crise née de cette guerre a crée dans le pays une situation inhabituelle. Ayons confiance en nous-mêmes. La guerre a perturbé nos vies. Ne lui permettons pas de briser aussi nos rêves. C’est maintenant qu’il faut bâtir la Côte d’Ivoire pour le milieu du 21eme siècle. Les crises sont les aiguillons de l’histoire. Je refuse la fatalité pour mon pays. Je veux que nos enfants aillent à la rencontre de l’avenir en toute confiance. Nous devons restés dignes et forts dans l’épreuve.
C’est pourquoi nous devons rester soudés. N’oublions jamais que le chemin de la démocratie est long. Les pays qui comptent aujourd’hui parmi les plus démocratiques et les plus stables au monde ont mis du temps pour mettre en place les institutions dont ils ont raison d’être fiers. Notre pays aura mis cinquante ans à chercher la voie de la démocratie. Hier, le pays négociait le passage de la colonisation à l’indépendance. Aujourd’hui, il passe de la culture du parti unique à celle de la démocratie. Nous devons rester sereins. Depuis 2002, le pays montre qu’il est capable de résister pour défendre l’essentiel. Ce n’est pas le moment de nous décourager. Nous avons gardé intacts nos atouts pour mettre notre pays pleinement sur la voie de la modernisation, de la paix, de la démocratie et de la prospérité. Gardons confiance en nous-mêmes, en notre pays.
C’est nous et nous seuls qui pouvons le faire avancer. Soyons sereins.
Préparons-nous.
Charles Tiekpo

http://www.abidjandirect.net/index2.php?page=poli&id=...


31/08/2011

n° 12 - Dossier Syrie: Déclaration & témoignage - 30.08 – Début -: Bachar : le président syrien n'est pas fabriqué aux Etats-Unis !

Face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Sa diffusion est un acte de résistance.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources.



Dossier Syrie:Déclaration  & témoignage.

n°12                              30-08

C.De broeder & M.Lemaire



Le "Dossier Syrie :Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage1" est  visible 

a) sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

b) sur le site de Eva Resis           :  no-war.over-blog.com

c) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com  

d) sur le site : www.palestine-solidarite.org à cette adresse : http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

NB : Si vous voulez nous contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire :  

Tiré à part :

Rossiïskaïa gazeta : Le renversement du régime syrien à l'ordre du jour à l'ONU.

Le complot des Etats-Unis et d'Israël contre la Syrie a échoué, affirme Téhéran.  

1 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage1

1-1 Guy Delorme : Bachar : le président syrien n'est pas fabriqué aux Etats-Unis !

2  Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

2-1Edward Peck : « La Syrie et d'ailleurs le monde arabe en général ne sont absolument pas compris par les Américains »

2-2 Jacques Vergès :« En Syrie, il faut défendre l’Etat actuel ! ».

Fin

2-3 Mireille Delamarre :Qui au Moyen Orient Profiterait de La Chute D’Assad ? Israël …

2-4 ChemsEddine Chitour : Face à la démocratie aéroportée : La Syrie dernier verrou avant l'Iran.

2-5 Michel Chossudovsky : Une « guerre humanitaire » contre la Syrie ?



Tiré à part :

Rossiïskaïa gazeta : Le renversement du régime syrien à l'ordre du jour à l'ONU.
Sous la pression de la communauté internationale, Damas retire ses troupes des villes touchées par des émeutes, écrit mardi 30 août le quotidien Rossiïskaïa gazeta. L’opposition profite immédiatement de ce retrait forcé en soulevant contre le régime de nouvelles régions. Dans le même temps, elle refuse tout scénario de dialogue pacifique avec le gouvernement. 

Au final, Damas est contraint de donner l’ordre de nouveaux raids pour réprimer les émeutes. Les organisations des droits de l’homme rapportent régulièrement le nombre des victimes parmi la population civile, souvent sciemment exagéré par l’opposition. Et tout se répète: la pression internationale, le retrait des troupes suivi d’une nouvelle émeute.

Après chaque nouveau cycle de cette confrontation l’Occident parle de plus en plus de la nécessité de mettre fin au régime du président Bachar al-Assad. Bien que personne n’évoque publiquement le "scénario libyen", la préparation d'un scénario similaire bat son plein. Quelques semaines auparavant, le secrétaire général de l’OTAN Anders Fogh Rasmussen a prononcé une phrase typique pour l’interprétation actuelle du droit international par l’Alliance: "Les conditions ne sont pas encore réunies pour une intervention militaire en Syrie." Lorsque le chef d’une organisation conçue comme une alliance de défense commence à raisonner à voix haute au sujet d’une invasion militaire d’un pays tiers qui n’a rien à voir avec l’Europe et ne représente aucune menace pour aucun des membres de l’Alliance, cela indique la fin du droit international sous son ancienne forme.

Toutefois, pour ajouter de la légitimité à l’éventuel renversement du régime syrien, l’ONU s’est jointe aux pressions exercées sur le dirigeant syrien. Pour l’instant, la coalition occidentale n’a pas réussi à faire passer sa version de résolution pour la Syrie qui délierait les mains aux futurs participants à l’opération militaire. Mais après tout il existe d’autres moyens détournés permettant de créer une apparence de condamnation de Damas par l’Organisation des Nations Unies.

A la demande du secrétaire général des Nations Unies, le président syrien a accueilli une commission spéciale sur la coopération humanitaire. Damas a autorisé les membres de cette dernière à accéder aux régions où l’armée syrienne combattait contre l’opposition. Mais les conclusions tirées publiquement par la commission sonnaient comme une invitation pour l’Occident à lancer une opération militaire. En mentionnant au passage l’absence de la crise humanitaire à l’échelle du pays tout entier, la commission est arrivée à la conclusion de la "nécessité de protéger la population syrienne de toute urgence." 

Le rapport de la commission est destiné à faire pression sur la Russie et la Chine qui s’opposent à toute résolution de l’ONU condamnant la Syrie. La situation relative à la protection de la population civile en Libye a montré à quel point l’Occident interprétait largement les documents à première vue purement humanitaires. Les conséquences d’une telle interprétation pour la Russie sont notables: prochainement Moscou pourrait perdre des contrats de plusieurs milliards de dollars avec la Libye. Ils seraient récupérés par ceux qui sont désormais considérés en Libye comme des alliés et des partenaires stratégiques. Il s’agit avant tout des pays membres de l’OTAN qui ont directement participé au renversement de Kadhafi. 

Les pertes pour la Russie pourraient être encore plus importantes en Syrie si une guerre était déclenchée contre Bachar al-Assad. Il est évident que personne ne dédommagerait ces pertes à la Russie sous aucune forme. Les entreprises russes devront également payer pour l’aspiration de l’Occident à renverser par la force un autre dirigeant souverain intraitable. Après le changement de régime, elles pourraient perdre des débouchés traditionnels en Syrie pendant des années.

Rossiïskaïa gazeta
http://fr.rian.ru/gros_titres/20110830/190764839.html

 

Le complot des Etats-Unis et d'Israël contre la Syrie a échoué, affirme Téhéran.  

Le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Hossein Amirabdollahian, a annoncé que le complot des Etats-Unis et d'Israël visant à déclencher une guerre sectaire en Syrie avait échoué, a rapporté lundi la chaîne de télévision iranienne Press TV. «Un plan de l'axe américano-sioniste visant à déclencher une guerre sectaire en Syrie a échoué», a indiqué M. Amirabdollahian, cité par la chaîne de télévision.
Il a appelé «les Syriens à poursuivre leurs demandes légitimes par des moyens démocratiques et à avoir confiance dans le projet de réformes du président Bachar al-Assad», selon la même source. La nation syrienne peut être fière de sa «présence sur le front de résistance» et de son «soutien au peuple palestinien opprimé», a ajouté M. Amirabdollahian.
Samedi dernier, le ministre iranien des Affaires étrangères Ali-Akbar Salehi, a mis en garde contre les conséquences de changements éventuels au sein du gouvernement syrien. Selon lui, compte tenu du contexte régional particulièrement sensible, un changement en Syrie pourrait créer une crise sérieuse dans toute la région. Par ailleurs, le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Ramin Mehmanparast, a rejeté hier les déclarations de l'Union européenne (UE) selon lesquelles le corps des Gardiens de la révolution islamique (IRGC) s'est ingéré dans les affaires intérieures syriennes, a rapporté l'agence ISNA. L'allégation de l'UE sur les relations de l'IRGC avec les derniers développements en Syrie est sans fondement et vise à critiquer un autre pays, a-t-il indiqué.
La Syrie est capable de résoudre ses propres problèmes, a-t-il souligné, ajoutant que «la République islamique respecte la souveraineté de tous les pays et rejette toutes les allégations sur son ingérence dans les affaires intérieures syriennes». Selon des reportages, l'UE avait gelé les avoirs des Forces Qods, une unité spéciale de l'IRGC, pour leur rôle dans l'offre de l'assistance technique, de l'équipement et de l'appui aux actions des forces de sécurité syriennes contre les manifestants.
La Syrie connaît des troubles depuis plusieurs mois. A la mi-mars, des premières manifestations antigouvernementales ont éclaté dans la province méridionale de Daraa et se sont ensuite propagées à d'autres villes. Les autorités syriennes ont attribué le soulèvement à «des groupes armés et une conspiration étrangère», et ont martelé qu'ils traqueraient les hommes armés qui ont intimidé la population et endommagé des propriétés publiques et privées.

30/08/2011

http://www.letempsdz.com//content/view/61743/1/



1 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage1

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information.

1-1 Guy Delorme : Bachar : le président syrien n'est pas fabriqué aux Etats-Unis !

La réponse du berger syrien à la bergère euro-américaine ne s’est pas trop fait attendre : dans sa quatrième adresse au pays depuis le début des troubles – sous la forme cette fois d’un entretien avec deux journalistes de la télévision d’Etat syrienne -, Bachar al-Assad a mis quelques points sur les « i ». D’abord à l’intention des Américains et de leurs amis de l’U.E. qui avaient exigé – jeudi 18 août – son départ du pouvoir – et de Syrie.

Pour le n°1 syrien « de tels propos ne doivent pas être tenus à l’égard d’un président qui a été choisi par le peuple syrien et qui n’a pas été installé par l’Occident, un président qui n’est pas fabriqué aux Etats-Unis. » Pour Bachar al-Assad ces paroles (les appels à son départ) « se disent à un peuple soumis qui accepte de recevoir des ordres de l’étranger« . Et, pour que les choses soient claires pour tout le monde – Américains, Européens ou Turcs – « Toute action militaire contre la Syrie aura des conséquences autrement plus graves que ce qu’ils peuvent imaginer. » En un mot comme en cent, Bachar n’est pas Kadhafi et la Syrie n’est pas la Libye.

Quand le président syrien rappelle qu’il a été « choisi » par le peuple syrien, il se réfère au référendum du 10 juillet 2000 qui a consacré par un vote populaire sa désignation, un mois plus tôt, comme successeur de son père par le Parlement de Damas. On peut légitimement critiquer ou relativiser la validité démocratique de ce genre de procédure, ironiser sur le score « à la soviétique » obtenu par Bachar en la circonstance, il n’en demeure pas moins que le chef de l’Etat syrien a sans doute au moins autant de légitimité populaire que le président américain qui n’a obtenu que 53% des suffrages des 63% d’électeurs s’étant déplacées en 2008 – une élection de « maréchal » par rapport à Bush Jr qui avait obtenu 50,73% des 56,7% de votants.

La Syrie « inaffamable » et indomptable

A propos de pressions étrangères, le chef de l’Etat a relativisé l’impact des mesures de rétorsion économiques décidées – ou en passe de l’être – par les Euro-Américains : la Syrie, a-t-il rappelé, est déjà victime de sanctions économiques de la part des Occidentaux, et notamment des Américains, depuis 2003 (voir notre article « Samir Aita : la Syrie est déjà sous le coup de sanctions économiques depuis huit ans« , mis en ligne le 16 août). « Malgré les bonnes relations économiques que nous avions avec l’Europe, nous avons d’autres alternatives » assuré Bachar al-Assad, qui a précisé son propos : « On s’est orienté vers l’Est et nous continuerons à le faire« . L’ »Est« , c’est évidemment la Russie, mais ce peut-être aussi la Chine, l’Inde, l’Iran. Pour autant, Bachar ne nie pas que la crise intérieure a eu un impact sur l’économie – on pense notamment au secteur touristique – mais il estime que la situation « commence à se rétablir depuis deux mois. » De toute façon, « la Syrie ne peut avoir faim, car nous avons une autosuffisance » a-t-il affirmé.

Interrogé par les journalistes sur l’attitude de la Turquie, le n°1 syrien a plutôt donné dans un « mix » de dédramatisation et de fermeté : « En général, nous nous rencontrons souvent avec les responsables de tous les pays et nous n’éprouvons jamais de gêne quand nous parlons avec eux de nos affaires intérieures, surtout avec les pays qui nous ressemblent (…) Nous acceptons des conseils et parfois des leçons (…) nous discutons avec eux, mais quand les choses arrivent à la décision syrienne, là nous ne permettons à aucun pays proche ou lointain de s’ingérer« . Bachar dit qu’il veut croire qu’un Erdogan a pu vouloir exprimer un « souci » réel, par exemple de voir la situation intérieure syrienne influer sur la situation intérieure turque. Mais, précise-t-il, si le gouvernement turc a cru pouvoir, en la circonstance, assumer un rôle de guide, de maître, de meneur de jeu régional aux dépens de la Syrie, c’est « totalement inacceptable« .

Bien sûr, Bachar al-Assad s’est aussi exprimé sur la question des troubles et manifestations : « Nous avons commencé à enregistrer des succès et nous pouvons dire que la situation est à présent plus rassurante« . Et le président de se féliciter qu’ait été « déjoué » le « complot (qui) visait à faire tomber la Syrie en quelques semaines. » Effectivement, l’armée et la police ont repris, courant août, le contrôle des villes – ou plutôt de certains quartiers d’entre elles – qui connaissaient une agitation endémique et souvent violente, à Hama, Homs, Deir Ezzor, Lattaquié, Deraa. A chaque fois, il y a eu des victimes, à cause de bavures, mais surtout de provocations de manifestants armés. Combien ? Certainement pas autant – « 1 900 à 2 000 » – que le proclament les propagandistes de l’OSDH et des « Comités locaux de coordination« .

Et, de toute façon, relativement peu, compte tenu des conditions de guérilla urbaine auxquelles étaient souvent confrontés soldats et policiers. La répression en Syrie a été, par la force des choses, violente mais pas « sanguinaire » ou « barbare », compte tenu de ce qu’on sait des pertes subies par les forces de l’ordre depuis mars dernier : plus de 400 morts – et bien plus de blessés – de l’aveu même de l’OSDH.

Un calendrier électoral et une pétition de principe

Et justement, puisqu’il s’agit de sortir de cette crise, d’apaiser les tensions, de réformer le système, le président, s’adressant cette fois aux Syriens, a donné des échéances assez précises : élections locales en décembre, et législatives « quatre à huit mois après la publication, peut-être jeudi (25 août,Ndlr) des décrets d’application sur la loi électorale, en tout cas pas plus tard qu’en février (2012), afin de permettre aux partis de se constituer et d’avoir le temps de faire campagne. » Car, rappelons-le, l’ »autocrate » Bachar a quand même pris la décision historique d’autoriser la création de partis non inféodés au Baas, et certains opposants l’ont déjà pris au mot (voir notre article « Création du premier des nouveaux partis« , mis en ligne le 16 août). Pour ce qui est du pluralisme, justement, notamment celui de la presse, le président a estimé qu’il ne fallait pas mette de « plafond » pour la liberté d’expression ». Tout de même, le « plafond » existe, il est défini par la loi, et doit reposer sur des critères d’ »objectivité » : la Syrie, c’est vrai, n’a guère de tradition en matière de pluralisme de l’information, et Bachar tente manifestement, dans ce domaine comme dans d’autres, un saut dans l’inconnu. C’est son handicap, qui fait aussi tout son mérite historique.

Bref, le président syrien n’a pas fait « profil bas ». Il a des raisons de penser que son gouvernement a franchi un cap difficile, mais que la grande majorité des Syriens refuse l’aventurisme de l’opposition radicale et l’ingérence étrangère, et soutient les réformes annoncées et aussi effectivement mises en route par son président. Il est aussi conscient, certainement, de n’avoir pas de leçons de démocratie à recevoir des Américains qui ont fait tant de mal en Irak et en Palestine -par Israéliens interposés – ou des monarchies du Golfe. Dis-moi qui te combat, sous quels prétextes, et je te dirai que tu n’es pas si mauvais qu’on le dit !

Publié le 22 août 2011 avec l'aimable autorisation d'Info Syrie

Source : Info Syrie

Lundi 22 août 2011
http://www.infosyrie.fr/...


 Bachar al-Assad : Des législatives en février prochain.

Le président syrien énumère les réformes promulguées  - fin de l’état d’urgence, lois sur la création de partis politiques, élections pluralistes – et annonce celles à venir : loi sur l’information, création d’une commission qui aura trois à six mois pour réviser la constitution, élections à l’assemblée du peuple en février prochain afin de permettre aux partis nouvellement créés de faire campagne. Il s’inquiète de la marginalisation des jeunes. C’est un phénomène « fort dangereux » dit-il, convenant et qu’ils doivent jouer un rôle grandissant dans la société. Concernant la loi sur l’information, Bachar al-Assad critique les carences de la presse officielle. Il se déclare pour la liberté d’expression, mais opposé à la diffusion de tabloïd people.

Répondant à une question sur le décret accordant la nationalité syrienne aux Kurdes qui ne l’avaient pas, Bachar al-Assad a indiqué que le texte était prêt depuis 2004, mais que son application avait été reportée en raison de troubles survenus à cette époque dans les régions d’Al-Hassaké et de Qamichli. Les Kurdes, rappelle-t-il, sont une des composantes de la Syrie, ils ont lutté contre l’occupant français aux plus hauts niveaux.

Bachar al-Assad est bien conscient que ce premier train de réformes ne satisfera pas les Occidentaux. « Insuffisant » diront aussitôt en coeur les opposants jusqu’au-boutistes ou armés qu’ils soutiennent.

 

Le peuple syrien ne reçoit pas d’ordres de l’étranger.

Chaque fois que l’Occident parle de « droits de l’homme », c’est pour atteindre des objectifs qui n’ont rien à voir avec ces derniers. Les pays occidentaux, dit Bachar al-Assad, « sont responsables des massacres perpétrés aujourd’hui de l’Afghanistan à l’Irak en passant par la Libye… des millions de martyrs, de victimes, d’handicapés, de blessés, de veuves et d’orphelins, sans parler de leur appui à Israël dans ses crimes contre les Palestiniens et les Arabes ». Leur but, affirme-t-il, n’est pas de permettre à la Syrie de se développer, mais de lui retirer ses droits. Il ne démissionnera pas, comme le demandent, entre autres, Barack Obama et Nicolas Sarkozy. Il n’est pas un président fabriqué aux Etats-Unis et le peuple syrien ne reçoit pas d’ordres de l’étranger.

Bachar al-Assad qualifie la relation de la Syrie avec les pays occidentaux de « relation de conflit continuel ». En temps normal, ils interviennent gentiment pour nous habituer à cette pratique. Aujourd’hui, ils menacent : seule la forme change, remarque-t-il. Il ne faut avoir peur ni du Conseil de sécurité, ni de la guerre psychologique, assène-t-il, révélant qu’après la chute de Bagdad, un responsable américain était venu lui dire ce qu’il devait faire et qu’ayant refusé, les Etats-Unis lui ont adressé des cartes militaires signalant les cibles qui seraient bombardées en Syrie !

 

« Nous ne plierons pas », dit Bachar al-Assad

En 2005, après l’assassinat de Rafic Hariri, les Occidentaux ont de nouveau utilisé le Conseil de sécurité pour s’en prendre à la souveraineté de la Syrie, « sous prétexte d’enquêtes ». Les pays occidentaux étaient alors à leur apogée, dit-il, mais nous n’avons pas plié. Aujourd’hui, ils sont plus faibles qu’il y a six ans. Ils sont traversés par des crises militaire, économique, politique, sociale. Pourquoi plierions nous ?... « Nous ne plierons pas !».

Face aux embargos, Bachar al-Assad affirme qu’existent des alternatives dans presque tous les domaines avec des pays voisins ou amis. La Syrie a l’expérience des mesures coercitives. Dès 2005, elle s’est tournée vers les pays de l’Est. « L’essentiel est de ne pas paniquer », dit-il, la Syrie est autosuffisante au plan alimentaire. Elle « a surmonté dans le passé beaucoup de crises semblables », conclut Bachar al-Assad, et elle en est sortie plus forte.

 

Gilles Munier (carnet de route Damas - Hama)

Mardi 30 août 2011



2  Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

2-1Edward Peck : « La Syrie et d'ailleurs le monde arabe en général ne sont absolument pas compris par les Américains »

 Autre personnalité présente à Damas puis à Hama suite à l’invitation des autorités syriennes, Edward Peck est un diplomate américain, ambassadeur notamment en Irak de 1967 à 1980, ainsi qu’en Tunisie. Cet arabophone – qui parle aussi un très bon français – est quelque peu atypique en regard des élites diplomatiques de son pays en ce sens qu’il est très critique vis-à-vis de la politique pro-istraélienne systématique de Washington. Au point notamment d’avoir participé en 2010 à la flotille, humanitaire et militante, qui tentait symboliquement de forcer le blocus de Gaza, et qui fut stoppée par les commandos israéliens au prix de neuf morts. On ne s’étonnera donc pas qu’il ait accepté cette visite en Syrie, qui n’a certes pas été pour lui l’occasion d’un « chemin de Damas » : Edward Peck dénonce dès le début la politique irresponsable du tandem Obama-Clinton, qui prend le risque de renouveler les désastres commis en Irak par un autre tandem bien américain – Bush-Rumsfeld.

 

-Infosyrie: M. l’ambassadeur, pourriez-vous nous rappeler – succinctement – votre parcours diplomatique en terre arabe ?

-Edward Peck : J’ai volontairement choisi une langue « difficile ». Je parlais déjà le français, l’espagnol et le suédois. Et puis j’ai décidé d’apprendre l’arabe, parce que cette langue donne accès aux cultures et aux politiques de nombreux Etats. Malheureusement le Département d’Etat (ministère américain des Affaires étrangères) a ouvert son école d’arabe à Tanger, au Maroc, autrement dit à l’extrémité occidentale de l’arc arabe ; du coup, l’arabe qu’on y parle est assez différent de celui pratiqué grosso modo dans l’ensemble des autres régions. Une fois mes études terminées j’ai occupé un premier poste en Tunisie, deux ans ; puis j’ai été consul américain à Oran en Algérie. Ensuite ça a été l’Egypte, l’Irak et enfin la Mauritanie. Et puis j’ai beaucoup voyagé dans d’autres pays, dont la Syrie. Ce pays a une identité particulière, on y respire une atmosphère d’ouverture, un modus vivendi apaisé entre des communautés ethno-religieuses aux traditions différentes.

Je suis venu cette fois à l’invitation du gouvernement syrien parce que j’avais l’impression que ce que disait mon gouvernement sur la situation n’avait rien à voir avec la vérité. Je suis donc venu pour me rendre compte de la réalité des choses, pour la confronter aux informations données. J’ai vu hier Damas, je visite aujourd’hui Hama, et je constate que tout  a l’air normal.

-IS : Ce n’est pas votre première visite en Syrie ?

-EP : Oh non ! Je suis déjà venu plusieurs fois. Notamment en 2006, j’ai assisté en tant qu’observateur des Nations-Unies aux élections dans la bande de Gaza : de là notre équipe s’est rendue en Syrie où nous avons été reçus par le président Bachar al-Assad. Et je suis revenu plusieurs fois depuis ma retraite, j’appartiens à des groupes d’études sur le Proche-Orient.

-IS : L’administration Obama fait-elle appel à votre expertise de la région ? Rédigez-vous des rapports à son intention ?

-EP : J’ai un « arrangement » avec mon gouvernement : je ne leur parle pas et ils ne m’écoutent pas, ça marche bien ! Je me suis « grillé » en tentant d’expliquer les résultats désastreux de l’invasion américaine de l’Irak, pays ou j’ai été en poste de 1967 à 1980 ; j’ai donc connu les deux premières années du règne de Saddam Hussein. Je peux dire que je connais ce pays, pas comme un Irakien mais comme un observateur attentif. Et j’ai donc répété au gouvernement américain : « N’y allez pas ! Vous allez ruiner ce pays et aussi votre position dans toute la région« .

Demain je vais tenter de visiter l’ambassadeur américain à Damas (Robert Ford, Ndlr) pour lui communiquer mes impressions et connaître les leurs.

-IS : Donc le sens de votre présence ici, c’est de regarder ce qui se passe ?

-EP: Exactement. Pour, éventuellement, en informer mes compatriotes. Vous savez, je donne des conférences sur des croisières, sur l’état du Monde. Je prends la parole aussi aux Etats-Unis dans des écoles militaires, dans les universités : je ne m’exprime pas comme un représentant du gouvernement mais comme un expert des questions proche et moyen-orientales. Je suis un Américain qui sait situer des pays étrangers sur une carte !

-IS : Les rapports entre la Syrie et les Etats-Unis ont presque toujours été mauvais, si l’on excepte la brève embellie correspondant à la participation »tactique » de Damas à la coalition anti-Saddam Hussein en 1991. Comment expliquez-vous cet état de fait ?


L'AIPAC : invité prestigieux pour lobby "first class"

-EP : Chez nous, nous avons, comme vous, des lobbies. Ce n’est pas un mauvais principe en ce qui concerne l’écologie, l’agriculture. Mais nous avons aussi un lobby très puissant, un lobby pro-israélien, l’AIPAC. Qui a un pouvoir incroyable. Et le camp – arabe – d’en face ne peut pas vraiment s’exprimer, il est réduit au silence. Du coup, ce regard unilatéral américain cause un grave problème, pour les Arabes, mais aussi pour les Américains qui ne peuvent comprendre toute une partie du Monde. Et c’est aujourd’hui le problème avec la Syrie.

Quand les vacances du Congrès américain ont débuté, 81 représentants (députés de la chambre basse, Ndlr) se sont rendus en Israël, à l’invitation d’un groupe associé à l’AIPAC, le lobby américain pro-israélien. 81 sur 500 membres de la Chambre des représentants, soit 15% ! Et pendant leur présence, le gouvernement israélien a annoncé la construction de 3 500 nouveaux logements à Jérusalem et en Cisjordanie. Ce qui veut dire que le gouvernement israélien peut faire n’importe quoi, y compris violer les résolutions de l’ONU et les accords de paix, ils ont notre bénédiction ! Et c’est très difficile d’expliquer cela aux Américains, qui dans leur immense majorité ignorent tout de ces questions.


Obama & Abdallah d'Arabie Saoudite :
"Il n'y a pas de stratégie, plutôt une hypocrisie de la diplomatie américaine"

-IS : Un de vos compatriotes, Herbert London, patron de l’Hudson institute, a confirmé récemment que l’administration Obama avait décidé, en Syrie, de privilégier la collaboration avec les Frères musulmans plutôt qu’avec l’opposition modérée. Est-ce pour « récupérer » les Frères musulmans d’Egypte ? Y a-t-il une stratégie de récupération de l’Islam radical par Obama ? Ou bien n’y a-t-il pas de stratégie du tout ?

-EP : Je ne crois pas qu’il y ait, dans tout ça, de stratégie élaborée par des experts. La secrétaire d’Etat Hillary Clinton s’est rendue en février au Kosovo, et a dit aux Kosovars albanais « Vous devez parler au Serbes« . Et avant on a dit aux Grecs de parler aux Turcs, et aux Palestiniens de parler aux Israéliens. Mais nous, Américains, nous ne parlons à personne, nous imposons notre loi. Il n’y a pas de stratégie, plutôt une hypocrisie de la diplomatie américaine.

-IS : Pensez-vous qu’il existe, néanmoins, une stratégie des Américains en vue de détruire la Syrie, comme ils l’ont fait pour l’Irak, ce pour le bien d’Israël ? Y a-t-il un plan en ce sens ?

-EP : Il est très possible qu’Israël considère que sa situation serait meilleure si la Syrie était annihilée. Mais la Turquie, l’Arabie Saoudite, l’Irak auraient eux-aussi, à des degrés divers, intérêt à un changement de régime en Syrie, ou au chaos.

-IS : C’est quand même la Turquie et Israël qui nous paraissent être les plus concernés par un amoindrissement de la Syrie…

-EP : Mais les Saoudiens aussi ne veulent pas d’un pouvoir chiite – alaouite – en Syrie. Chacun joue sa carte.

-IS : Bref c’est l’extérieur qui joue sur la situation – et l’avenir – de la Syrie..

-EP : La Syrie est la balle, et les autres sont les raquettes !

-IS : la Syrie est sous embargo américain depuis près de dix ans…

-EP : C’est la stupidité des Etats-Unis. Moi j’ai fait deux guerres sous l’uniforme américain : la seconde guerre mondiale et la guerre de Corée, je suis un patriote. Mais je vois bien que mon pays est isolé du reste du monde par deux océans. Les Américains ne sont pas stupides mais ignorants. Ils croient sincèrement que tout le monde veut être, veut vivre comme les Américains. Prenez Condoleeza Rice, notre ex-secrétaire d’Etat, elle a un jour dit que le rôle des Etats-Unis est de transformer le monde en lui imposant notre système.

-IS : Les sanctions économiques européennes peuvent-elles avoir une quelconque efficacité ?

-EP : Non. Prenez l’Irak : on a fait un embargo total, de 1991 à 2003. Et pendant la guerre, on a détruit les installations électriques de Bagdad, ce qui a eu des conséquences sur l’état de l’eau, causant la mort de centaines de milliers d’enfants. Ce sont donc les enfants qui ont fait les frais de l’embargo et des destructions, pas Saddam Hussein. Et plus tard, une autre de nos secrétaires d’Etat, Madeleine Albright, interrogée à ce sujet par des journalistes, a répondu que 500 000 enfants irakiens morts, c’était peut-être le prix à payer pour que les choses aillent dans le bon sens en Irak, dans le sens de la démocratie et de l’Amérique.


12 mars 2011 : les troupes saoudiennes entrent au Bahrein pour réprimer la révolte chiite,non autorisée par Washington

-IS : Bachar al-Assad a en Occident l’image d’un autocrate. Mais que dire des monarques du Golfe…

-EP : C’est le gros problème, nos secrétaires d’Etat et nos porte-parole répètent que les Etats-Unis soutiennent partout et toujours les droits de l’homme et les lois internationales… sauf là, et là, et là. Et c’est risible. Nous ne suivons pas les règles que nous imposons aux autres, ce n’est pas intelligent ! Quand les Saoudiens sont entrés au Bahrein pour réprimer la révolte chiite, on n’a rien dit parce que nous avons une base là-bas…

-IS : Comment jugez-vous Bachar al-Assad par rapport à la situation complexe à laquelle il doit faire face ? Croyez-vous que l’avenir de la Syrie passe forcément par un décalque local de la démocratie à l’occidentale ?

-EP : Bachar al-Assad – ils nous a rencontré – m’a fait une bonne impression : c’est manifestement quelqu’un de calme, d’intelligent, de raisonnable, qui parle l’anglais aussi bien que moi – il a été éduqué en Angleterre. C’est un homme avec beaucoup de capacités dans un système qui lui donne beaucoup de pouvoirs. Pour moi, ce n’est certainement pas un despote. Il est comme tous les autres chefs d’Etat du monde, il n’a pas le pouvoir total. Et selon les Syriens, il a fait pas mal pour le pays. J’ai donc l’impression que c’est le type d’homme d’Etat qu’il faut soutenir dans la région, et non pas déstabiliser.

Quant à la démocratie, elle marche chez nous, mais elle ne marche pas, apparemment, en Afghanistan. Il ne faut pas chercher à imposer des copies conformes de nos systèmes partout. C’est de l’occidentalo-centrisme.

-IS: Comment jugez-vous la participation de l’ambassadeur Ford aux manifestations de Hama ? 

-EP : Je ne suis certain de rien car mon gouvernement ne me parle pas. S’il avait fait ça de son propre chef, sans ordre, Ford ne serait plus en poste à Damas aujourd’hui. Ce n’est pas le travail d’un ambassadeur de provoquer sans instructions. Je suis donc presque certain que quelqu’un à Washington lui a donné le feu vert. Déjà, nous ne sommes pas considérés comme des amis en Syrie, alors ce n’était pas une chose à faire, vraiment.


"
Hillary Clinton ne connaît rien du monde"

-IS : Est-ce que les médias américains se font l’écho de l’existence de groupes armés d’opposition en Syrie, ou bien disent-ils, comme en France, que l’opposition pacifique se bat à mains nues contre une tyrannie policière ?

-EP : Il faut bien voir que la Syrie et d’ailleurs le monde arabe en général ne sont absolument pas compris par les Américains. Qui ne savent rien du monde, qui ne comprennent pas qu’il y a d’autres peuples, d’autres cultures différentes. C’est donc difficile pour un président américain de ne pas simplifier les problèmes. D’autant qu’on trouve presque toujours à la tête du Département d’Etat quelqu’un qui ne connait rien au sujet du monde. Hillary Clinton n’a jamais voyagé comme une touriste ordinaire, elle n’est jamais allée au contact des populations étrangères. Même chose pour Condoleeza Rice (secrétaire d’Etat de George Bush Jr, Ndlr) ou Madeleine Albright (secrétaire d’Etat de Bill Clinton). Ces gens sont choisis pour leur personnalité, leur positionnement politique, pas pour leur connaissance des dossiers, et surtout les dossiers compliqués comme ceux relatifs à l’Orient.

-IS : Est-ce que vous pensez que votre pays chercher à attaquer militairement la Syrie ?

-EP : Non, ça ne me parait pas possible. Et puis les situations ne sont pas les mêmes que pour la Libye par exemple : Bachar n’a pas fait ce qu’a fait Kadhafi, il n’a pas pris le pouvoir par un coup d’Etat, il ne devait même pas avoir le pouvoir, comme vous savez, c’est la mort accidentelle de son frère aîné qui l’a mis à la tête de la Syrie après la mort de son père. C’est un homme éduqué, policé, ce n’est ni un Kadhafi ni même un Moubarak…

-IS : Mais alors comment expliquer le revirement total en si peu de temps d’un Sarkozy vis-à-vis de Bachar, qu’il avait reçu en grande pompe à l’Elysée ? Sarkozy a-t-il été déçu de quelque chose ?

-EP : Sarkozy s’est trompé sur Bachar, il l’a mis dans la même catégorie que Ben Ali ou Hosni Moubarak, il l’a pris pour un potentat oriental affairiste et corrompu, mais Bachar al-Assad ce n’est pas ça.


Wesley Clark...  ... et David Petraeus : deux super-généraux américains qui ont eu des ennuis avec les amis américains de l'ami israélien

IS : Que pensez-vous des déclarations du général Wesley Clark (ancien commandant des forces de l’OTAN contre la Yougoslavie, et candidat à la candidature présidentielle américaine pour le parti démocrate, Ndlr) qui dénonçait le « groupe de l’argent new-yorkais » qui voulait selon lui entraîner les Etats-Unis dans une guerre contre l’Iran ? Est-ce que ce groupe voudrait aussi la guerre contre la Syrie, par hasard ?

-EP : Moi je vais vous citer le général Petraeus, actuel patron de la CIA, qui a déclaré que notre alliance avec Israël nous a coûté du sang et des vies. Deux jours après il a dû démentir ces propos. Et les Israéliens ne s’embarrassent pas de scrupules quand il s’agit de défendre leurs intérêts. J’ai moi-même été témoin de l’attaque des commandos israéliens contre la flottille turque protestant contre le blocus de Gaza, en 2010 : neuf civils ont été tués dans l’assaut du navire principal turc.

-IS: Pour finir, comment voyez-vous l’avenir de la Syrie, d’après ce que vous savez du pays et de son président ? Croyez-vous que Bachar pourra réformer le système. Ou bien une pression accrue des Occidentaux va-t-elle entraîner de nouveaux troubles graves dans ce pays ?

-EP : J’ai l’impression que l’opposition n’a pas beaucoup d’influence dans le peuple syrien. Qui ne veut pas qu’on fasse « chavirer le navire ». Un navire qui navigue à peu près bien. Le patriarche orthodoxe de Damas m’a dit que le gouvernement ne lui a jamais demandé ce qu’il allait dire dans telle ou telle cérémonie. Il y a une certaine liberté d’opinion, de la tolérance, quoiqu’on en dise, dans ce pays. Même des représentants de la communauté juive syrienne ont déclaré au journaliste américain Chris Wallace, de la chaîne Fox News, venu leur demander leur point de vue qu’ils n’avaient jamais eu aucun problème avec le gouvernement syrien. Et le reportage de Wallace a été diffusé aux Etats-Unis six semaines avant le début d’une campagne du lobby juif américain – l’AIPAC – sur le thème « Sauvez les juifs de Syrie« . Wallace a été attaqué pour ça par les gens de l’AIPAC.

Pour en revenir à la Syrie, je pense que la réforme va marcher. A condition que les puissances étrangères ne mettent pas trop d’huile sur le feu.

-IS : M. l’ambassadeur, nous vous remercions.

Propos recueillis à Damas par Guy Delorme

Publié le 29 août 2011 avec l'aimable autorisation d'Info Syrie

Lundi 29 août 2011

http://www.infosyrie.fr/...


2-2 Jacques Vergès :« En Syrie, il faut défendre l’Etat actuel ! ».

Infatigable défenseur, judiciaire et politique, des résistants au Nouvel Ordre mondial, Jacques Vergès, qu’on a vu récemment aux côtés de Roland Dumas dans Tripoli bombardée, a bien voulu nous recevoir pour nous donner son sentiment sur ce qui se passe ou pourrait se passer en Syrie.

Une analyse sans complaisance de la dérive morale et géopolitique de l’Occident américano-centré et un optimisme raisonné sur l’évolution de la situation, en Syrie et ailleurs.
-Tout d’abord, quelle est votre analyse de la situation en Syrie ?
-Jacques Vergès : Il y a très clairement une tentative de déstabilisation extérieure de la Syrie. Dans ce pays l’Arabie saoudite est à la manœuvre, via les groupes salafistes qu’elle inspire et finance. Et, bien sûr, les Etats-Unis supervisent cette ébauche de guerre civile. Israël, Etat frontalier et ennemi de la Syrie, et qui dispose de services de renseignements et d’action assez performants, est selon moi directement impliqué aussi. Et je n’aurai garde d’oublier le rôle moteur que, joue, sur le plan diplomatique, la France pour discréditer et isoler le régime syrien.
Je ne nie pas pour autant qu’il existe des problèmes sociaux en Syrie. La France aussi connait de graves problèmes sociaux et l’on peut même dire que la société française est confrontée à un certain nombre de blocages. Mais les ennemis intérieurs et extérieurs de la Syrie baasiste font tout pour jeter de l’huile sur le feu. Quant à moi, je suis très clairement un ami de la Syrie telle qu’elle est.

-Quel est selon vous le – ou les – ressort de l’attitude de Nicolas Sarkozy dans cette affaire ?
-J.V. : Sur un plan strictement idéologique, il y a l’incontestable philo-sionisme et philo-américanisme de ce président, qui rêve d’être le meilleur élève européen, ou le premier ex-aequo avec le Britannique David Cameron, de la « classe OTAN ». Et l’on touche là à un aspect plus personnel et psychologique du personnage : son désir pathétique de se hisser à ce statut d’homme d’Etat qui joue dans la « cour des grands » de ce monde, statut qu’une large majorité de l’opinion française semble lui dénier aujourd’hui. Et puis il y a tous ces échecs intérieurs – économiques ou sécuritaires – qu’on essaye de faire oublier aux électeurs par des roulements de mécanique guerrière ; c’est un procédé vieux comme le monde politique.
Enfin il y a le lourd passif de la diplomatie française vis-à-vis du printemps arabe, tunisien et égyptien : de Fillon passant ses vacances aux frais de Moubarak à « M.A.M. » proposant à Ben Ali l’expertise française en matière de répression policière, il y a là pas mal de choses à faire oublier, le plus vite possible.
Et cela donne notamment cette guerre non avouée contre Kadhafi, décidée dans la précipitation et sans objectif politique clair sur simple injonction de Bernard-Henri Lévy, par-dessus l’épaule d’Alain Juppé et de Gérard Longuet. Une politique aventureuse, qui ne pourra déboucher que sur le chaos, et le gâchis de vies humaines et de richesses.
Et qui est déjà un échec, comme la guerre d’Afghanistan : Kadhafi résiste, moins à cause de son armement supérieur que du soutien dont il continue de bénéficier dans une large part de la population libyenne, et aussi parce que les opposants soutenus à prix d’or par les Occidentaux font chaque jour la preuve de leur vacuité, non seulement militaire mais politique.
Face à cette résistance, les médias ressortent les bons vieux bobards de la guerre psychologique : est-ce que vous avez entendu cett pittoresque « information » diffusée sur nos télévisions ?  Kadhafi aurait distribué du viagra à ses soldats pour les inciter à violer les femmes des rebelles ! Quand on en est réduit à ce type de propagande, c’est vraiment que ça va mal !

-
Pour vous, l’action occidentale, en Libye comme en Syrie, est, en quelque sorte, improvisée, mal pensée, vouée à l’échec. On s’attendrait cependant à moins d’amateurisme de la part de l’administration américaine et de l’OTAN…
-J.V. : Mais voyez le gâchis inepte perpétré par les Américains en Irak depuis près de dix ans : ils ont lancé une guerre sous des prétextes bidons pour abattre Saddam Hussein, un « dur » du camp arabe face à Israël. Et après d’innombrables victimes et de gigantesques dégâts, ils ont donné le pouvoir à la majorité chiite, autrement dit à l’Iran, leur ennemi public n°1. C’est de la grande géopolitique, ça ?
N’importe quel analyste ou connaisseur de la région aurait pu prédire ce résultat à Bush et à sa clique néo-conservatrice ! Cette situation ubuesque a inspiré au grand intellectuel américain Noami Chomsky cette boutade un rien désabusée : « Je croyais qu’on était allé en Irak pour lutter contre le fanatisme islamiste et on les a mis au pouvoir ! »
Eh bien, c’est la même chose en Libye : on fait donner la grosse artillerie contre Kadhafi, qui s’était cependant rapproché de l’Occident – et que Sarkozy, naguère, avait reçu avec les égards qu’on sait – et on n’a comme solution de rechange que des « bras cassés » impuissants et infiltrés d’ailleurs par des islamistes radicaux, qui ne représentent au mieux que la province de Cyrénaïque – et même là leur représentativité m’apparaît pour le moins fragile. Et est-ce que la « détermination » française – ou anglaise – résistera au premier hélicoptère, ou aux premiers commandos terrestres, abattus ?
Et quant à la Syrie, si les Américains et leurs amis saoudiens parvenaient à renverser le régime de Bachar al-Assad, ils livreraient le pays  ipso facto à des sectaires sunnites qui mettraient ce pays moderne à l’heure de Ryad, ce qui à terme sera lourd de conséquences pour Israël et ses protecteurs américains.
Cela dit, je reste optimiste, pour la Syrie et même la Libye. La majorité du peuple syrien sait que c’est la guerre civile et la destruction de leur pays que leur apporteraient les opposants officiels plus ou moins fantoches des Américains et les groupes armés infiltrés sur le terrain. Les Syriens ne veulent pas que leur pays devienne un nouvel Irak.

-Et si le but de guerre des Américains et de leurs auxiliaires européens et arabes c’était justement, à défaut de contrôler la Syrie, de la détruire, de la faire revenir un demi-siècle ou plus en arrière, comme certains stratèges d’Outre-Atlantique s’en sont vantés pour l’Irak ?
-J.V. : Mais précisément l’exemple irakien montre que c’est une politique à courte vue, et dangereuse pour les intérêts géostratégiques de Washington : l’Irak aujourd’hui n’a jamais été aussi proche de l’Iran. Et la création de fait d’un Etat autonome kurde dans le nord du pays a contribué à éloigner la Turquie des Etats-Unis. On ne gagne rien à créer des situations incontrôlables, le chaos que vous avez créé vous reviendra dans la figure tel un boomerang géopolitique !
Et qu’aura gagné Miss Clinton quand des djihadistes paraderont dans les rues de Tripoli, après celles de Benghazi ? Pour ce qui est de la Syrie, je crois que l’appui dont continue de bénéficier le pouvoir de Bachar al-Assad demeure l’obstacle le plus efficace contre les manœuvres américano-israélo-saoudiennes.


-Donc, en Syrie comme ailleurs, l’Occident pratique la fuite en avant, la politique de la canonnière au jour le jour ?
-J.V. : Exactement. Parce que l’Occident est malade. Economiquement. Politiquement. Et surtout moralement. Pour moi, ces coûteuses gesticulations militaires, de Kaboul à Tripoli en passant par Bagdad sinon Damas, sont comparables aux spasmes d’un agonisant.
L’Amérique notamment est très malade, de son économie ruinée, de sa dette colossale, de son dollar devenu une monnaie de Monopoly, de ses escroqueries géantes à la Madoff. Et aussi de l’arrivée sur le « marché géopolitique » de puissances émergentes, ou ré-émergentes comme la Russie, la Chine, l’Inde, le Brésil.
Pour garder un semblant de légitimité morale et politique, et donc un leadership mondial, on se fabrique un ennemi, un « Grand Satan » comme dirait les Iraniens, qui fasse oublier aux opinions internes la faillite imminente. Mais quel crédit moral accorder à des puissances qui pratiquent en permanence le « deux poids, deux mesures » ?
Pour nous en tenir au Proche-Orient, on bombarde Tripoli et on menace Damas, quand on laisse Israël poursuivre, en dépit de résolutions répétées de l’ONU,  la colonisation et la répression sanglante, quand on laisse les troupes saoudiennes réprimer au Bahreïn, autre pion américain dans le Golfe, un mouvement populaire de contestation. On stigmatise le fanatisme iranien, quand on s’appuie sur l’Arabie Saoudite théocratique pratiquant la forme la plus sectaire et obscurantisme de l’Islam.
Je pourrais aussi vous parler longuement de la Côte d’Ivoire, où la France, exauçant ainsi le choix américain, a décrété qu’Alassane Ouattara était le gentil démocrate du film, et Laurent Gbagbo le méchant, alors que l’ONU a fait la preuve des nombreuses exactions des troupes de Ouattara contre la population civile, et du climat de terreur qu’elles ont instauré dans leur fief du nord, pendant ces fameuses élections présidentielles. Et si on nous explique que M. Ouattara ne contrôle pas ses troupes, c’est tout simplement un incapable !
Je le répète, ces expéditions coloniales en Afrique et au Proche-Orient – après les deux anciennes puissances coloniales, française et britannique, sont en première ligne militaire et diplomatique en Afrique du Nord comme dans l’ancien Levant – sont la preuve de la mauvaise santé de leurs instigateurs.
L’Amérique est malade ? Et la France donc ! L’affaire DSK illustre pour moi, la faillite morale et politique des élites social-libérales, usées et corrompues ; et cette faillite morale s’ajoute à la faillite des institutions et à celle de l’économie, sans oublier l’insécurité : chacun voit que l’Etat français, qui bombarde Tripoli, est incapable de faire entendre raison aux caïds de banlieue ! Qu’on s’étonne ensuite qu’un président comme Sarkozy, dernier avatar de cette caste gouvernante, cherche à se refaire une virginité et une stature sur le dos des Libyens et des Syriens ! Imposture ! Imposture et spasmes de mourant ! L’Occident risque bien de crever de son cynisme et de sa faillite morale !

-Pour finir, vous vous montrez plutôt optimistes quant à l’évolution de la situation dans ces pays de la « ligne de front » ?
-J.V. : Oui. Les Américains et leurs séides peuvent faire pas mal de dégâts – on le voit en Libye, et en Afghanistan, ou encore au Soudan, on l’a vu en Irak et en ex-Yougoslavie.

Je ne crois pas qu’ils pourront avoir raison contre des peuples et des nations : on le voit ou on le verra en Syrie, en Libye, en Egypte, au Liban et en Palestine. En Syrie, il faut être vigilant face aux manœuvres de déstabilisation et aux opérations de de désinformation.
-Maître Vergès, merci beaucoup ! 
http://nasr-moqawama.blogspot.com/


n° 12 - Dossier Syrie: Déclaration & témoignage - 30.08 – Fin -: Bachar : le président syrien n'est pas fabriqué aux Etats-Unis !

n° 12 -  Dossier Syrie: Déclaration  & témoignage - 30.08 – Fin-: Bachar : le président syrien n'est pas fabriqué aux Etats-Unis !




Face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Sa diffusion est un acte de résistance.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources.



Dossier Syrie:Déclaration  & témoignage.

n°12                              30-08

C.De broeder & M.Lemaire



Le "Dossier Syrie :Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage1" est  visible 

a) sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

b) sur le site de Eva Resis           :  no-war.over-blog.com

c) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com  

d) sur le site : www.palestine-solidarite.org à cette adresse : http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

NB : Si vous voulez nous contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire :  

2  Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

2-3 Mireille Delamarre :Qui au Moyen Orient Profiterait de La Chute D’Assad ? Israël …

2-4 ChemsEddine Chitour : Face à la démocratie aéroportée : La Syrie dernier verrou avant l'Iran.

2-5 Michel Chossudovsky : Une « guerre humanitaire » contre la Syrie ?


2-3 Mireille Delamarre :Qui au Moyen Orient Profiterait de La Chute D’Assad ? Israël …

Bien qu’Israël ait longtemps gardé le silence sur les évènements en Syrie, désormais à Tel Aviv on se réjouit d’avance d’une possible éviction d’Assad prélude à un affaiblissement du pouvoir central syrien au profit de gouvernements régionaux sectaires s’opposant comme par le passé les uns aux autres. Une Balkanisation de la Syrie c’est ce à quoi participe en coulisses les Sionistes en soutenant les islamistes fanatiques armés par l’étranger avec l’aide de la Turquie.

Lors d’une présentation faite à l’Institut for Contemporary Affairs du Jerusalem Center for Public Affaires le 16 Juin 2011, le professeur Eyal Zisser - un expert israélien de renom sur l’histoire et la politique moderne de la Syrie du Liban et du conflit arabo israélien - préconise le renversement de Bahsar al Assad dont le régime est considéré par lui comme une menace pour Israël.
Dans un article intitulé
The syrian uprising implications for Israël, Zisser - universitaire influent dans le monde politique israélien - détaille sa position dans le dernier chapitre «A new syrian régime might be better for Israël » c'est-à-dire expose les désidératas de Tel Aviv vis-à-vis de Damas.
Ci-dessous la traduction de ce chapitre
« Un nouveau régime syrien serait mieux pour Israël «
« Plus faible est la Syrie plus fort sera le Liban. Tout changement de régime en Syrie pourrait être un coup porté au Hezbollah bien que le Hezbollah représente en fait un grand nombre de Shi’ites. C’est un pouvoir central shi’ite libanais profondément enraciné et authentique. Cependant, c’est l’aide de l’Iran et de la Syrie qui ont transformé le Hezbollah en pouvoir régional. Mettre hors jeu la Syrie pourrait réduire le Hezbollah à une taille plus raisonnable - pour devenir un parti libanais fort mais rien de plus.
« La Syrie a soutenu les Shi’ites au Liban mais en même temps a apporté un certain soutien aux Sunnites car la logique derrière l’intervention syrienne au Liban a toujours été : diviser pour régner (règle d’or du régime sioniste oeuvrant actuellement avec son parrain américain pour monter les Sunnites avec à leur tête l’Arabie Saoudite contre les Shi’ites tournés vers l’Iran .ndlt). Un régime sunnite en Syrie pourrait changer la balance au Liban en faveur des Sunnites.
« Un nouveau régime en Syrie cela pourrait vouloir dire un retour aux années 1950 et 1960 quand il y avait un gouvernement syrien central faible et des régions fortes. Chaque région a ses propres caractéristiques ethniques et communales et il pourrait y avoir un coup d’état de temps en temps et un manque de stabilité. Le pire scénario c’est que la Syrie devienne un nouvel Irak car il y a actuellement non seulement des comptes historiques à rendre mais également des comptes liés aux évènements actuels. Il y a eu 2000 Syriens tués et les familles exigeront une vengeance non pas contre Bashar mais contre leurs voisins Alawites et Chrétiens.

« Je ne pense pas que ce soit dans l’intérêt d’Israël d’avoir Bashar au pouvoir. Certainement comme en Egypte c’est possible que les Frères Musulmans prennent le pouvoir en Syrie mais je ne suis pas sûr que cela soit le cas. Si Bashar tombe la situation a des chances d’être comme au cours des décennies antérieures avec un régime central très faible. Cela pourrait conduire à des incidents frontaliers avec Israël mais pas à une guerre avec des actes terroristes qu’un régime faible ne peut pas empêcher. L’opposition syrienne pourrait éventuellement prendre le pouvoir et comme c’est le cas en Egypte ils savent que leurs intérêts c’est d’entretenir des relations amicales avec les pays occidentaux comme les US et pas avec l’Iran .Donc à long terme un nouveau régime syrien pourrait être mieux pour Israël que le régime actuel. »
Information complémentaire
Un article intitulé :
« DERNIÈRE HEURE : L’OTAN et la Turquie appuient les rebelles armés en Syrie. Recrutement de moudjahidines. » publié le 16/08/2011par le site canadien version française Mondialisation.ca fait état de préparatifs militaires de l’OTAN/Turquie contre la Syrie avec une implication israélienne à terme.
«… Des développements récents en Syrie indiquent qu’il s’agit d’une insurrection armée à part entière, intégrée par des moudjahidines (« combattants de la liberté islamistes »), appuyés, entraînés et équipés par l’OTAN et le haut commandement de la Turquie….
Bien qu’affirmant être contre toute intervention étrangère en Syrie, la Turquie n’en a pas moins déployé des officiers réservistes dans des bases le long de la frontière avec la Syrie pour selon la presse turque parer à toute crise humanitaire liée à un afflux massif de réfugiés venant de Syrie en assurant leur protection.
Les militaires turcs en armant et en entraînant ces moudjahidines et en favorisant leur passage en territoire syrien ne sont-ils pas plutôt entrain de soutenir la rébellion armée contre le régime de Bashar al Assad première étape d’une intervention militaire englobant d’autres intervenants dont Israël ?

Mireille Delamarre

Mercredi 17 Août 2011

http://www.planetenonviolence.org/Qui-Au-Moyen-Orient-Profiterait-De-La-Chute-D-Assad-Israel_a2474.html


2-4 ChemsEddine Chitour : Face à la démocratie aéroportée : La Syrie dernier verrou avant l'Iran.

« La guerre est un fruit de la dépravation des hommes ; c'est une maladie convulsive et violente du corps politique ; il n'est en santé, c'est-à-dire dans son état naturel, que lorsqu'il jouit de la paix ».
Denis Diderot Extrait de l' L' Encyclopédie
Dernier partie du scénario diabolique concocté dans les officines occidentales, pensant maintenant que le régime va tomber comme un fruit mûr , Les Etats-Unis et l'UE appellent Bachar Al-Assad à la démission "L'Union européenne note que Bachar Al-Assad a perdu toute légitimité aux yeux du peuple syrien et qu'il est nécessaire pour lui de quitter le pouvoir", a déclaré Mme Ashton. Dans l'intérêt du peuple syrien, le temps est venu pour le président Assad de se retirer", explique M. Obama Les "graves violations des droits de l'homme" en Syrie contre les manifestants"pourraient relever de crimes contre l'humanité", a indiqué jeudi 17 août un rapport du Haut-Commissariat aux droits de l'homme de l'ONU.
Nous allons rapporter quelques informations alternatives sur la réalité de ces manifestants pacifiques Auparavant, quelques flash sur la mosaïque des ethnies et confessions en Syrie. Les minorités non arabes les plus importantes sont les Kurdes, habitant essentiellement le long de la frontière turque (8 %) au nord, et les Arméniens, qui vivent dans le Nord, surtout dans les grandes villes (2,8 %) La Syrie compte une douzaine de langues. Le pays est musulman à 90 % (dont les Kurdes), avec des minorités chrétiennes. La plupart des Syriens sont des sunnites (env. 70 %), mais certains sont de rite chiite, ismaélien ou alaouite.
La Syrie compte aussi des druzes professant une religion musulmane hétérodoxe; Comme tous les chiites, les druzes, ismaéliens et alaouites constituent des sous-groupes particuliers du monde musulman. Les autres Syriens non musulmans sont chrétiens, soit catholiques, grecs-orthodoxes ou arméniens-orthodoxes, mais on compte aussi un millier de juifs. C’est donc sans conteste toutes les langues et toutes les religions du Moyen Orient qui tiennent grâce à un équilibre subtil –qui risque de voler en éclat- qui a été précédé par des siècles d’instabilité notamment depuis l’ingérence occidentale dans la Syrie ottomane souvenons nous du concept de protection des minorités cher à la France et ceci en vertu d’une promesse de Saint Louis à l’évêque Maroun ( les Maronites ) il y a de cela près de huit siècles !.
Pour l’histoire, en attisant les tensions religieuses l’Angleterre et la France ont mis en coupe réglée l’empire ottoman dont la Syrie était une province depuis 1516 . Au cours de l’automne 1917, le général Sir Edmund Allenby a envahi la Palestine et, le 11 décembre, lui et ses officiers sont entrés dans la ville sainte de Jérusalem par la porte de Jaffa. Le Premier ministre, Lloyd George, considérait cela comme un cadeau de Noël et écrivit que la chrétienté avait repris «possession de ces lieux saints». Le général français, Henry Gouraud, entra à Damas en juillet 1920. Après avoir frappé sur le tombeau de Saladin, Gouraud s’écria: «Réveille-toi Saladin, nous sommes de retour. Ma présence ici consacre la victoire de la croix sur le croissant.» Après la mise à mort de l’Empire Ottoman, par les accords de Sykes Picot la France s’adjudja la Syrie dont elle fit un protectorat de 1920 à 1941.

La réalité du terrain : Pacifistes ou rébellion armée ?
On parle de militants pacifistes .

Qui sont ils ? Ces manifestants manifestent mais dans le même temps, on parle de subversion. Il est vrai qu'il y a des manifestations dans certaines villes, qu’il y a des morts , que l'armée est intervenue. Les médias aux ordres attribuent cela à l’armée . Ce qu’ils ne disent pas, c'est qu'il y a une rébellion soutenue par l’extérieur C'est une vraie guerre entre les forces armées syriennes et c'est que le pouvoir appelle les «hors-la loi».
Pour le représentant russe auprès de l’Otan « L’OTAN planifie en ce moment une campagne militaire contre la Syrie afin d’aider à renverser le régime du président Bachar al-Assad avec comme objectif à longue échéance de préparer une tête de pont dans la région pour l’attaque contre l’Iran« . Dimitri Rogozin, délégué de la Fédération de Russie auprès de l’OTAN. Rogozin commentait, vendredi 5 août dans le quotidien moscovite Izvestia, la condamnation par le conseil de sécurité de l’ONU, deux jours plus tôt, de la répression violente en Syrie « Le noeud coulant autour de l’Iran se resserre. Des préparations militaires contre l’Iran sont déjà en cours de réalisation » affirme Rogozin, pour qui l’OTAN n’a pour but que d’intervenir contre les régimes « dont les vues ne coïncident pas avec celles de l’Occident. » (1)
Pour Michel Chossudovsky Des développements récents en Syrie indiquent qu’il s’agit d’une insurrection armée à part entière, intégrée par des mujahideen, islamistes («Freedom Fighters »), appuyés, entraînés et équipés par l’OTAN et le haut commandement de la Turquie. Selon des sources du renseignement israélien : Entre-temps, le quartier général de l’OTAN à Bruxelles et le haut commandement turc dressent des plans pour leur première étape militaire en Syrie, laquelle consiste à munir les rebelles d’armes pour combattre les chars d’assaut et les hélicoptères constituant le fer de lance du régime Assad pour réprimer la dissidence. Afin de repousser les forces armées gouvernementales, les stratèges de l’OTAN pensent davantage à répandre de grandes quantités d’antichars, de roquettes antiaériennes, de mortiers et de mitrailleuses lourdes dans les centres où ont lieu les contestations, au lieu de répéter le modèle libyen de frappes aériennes. (…)L’OTAN et le haut commandement turc envisagent également le développement d’un djihad impliquant le recrutement de milliers de mujahideen (« Freedom Fighters », ce qui évoque l’enrôlement de moudjahidines pour mener le djihad (guerre sainte) de la CIA à l’âge d’or de la guerre soviéto-afghane. (2)
Nous voilà avertis , on appréhende un peu mieux la nature du mouvement pacifiste syrien et les 2000 morts dénombrés dont 400 des forces de sécurité n’ont pas interpellés les médias aux ordre quant à la mort bizarre de 400 militaires de la main de pacifistes désarmés.

La boite de Pandore des conflits interconfessionnels et ethniques
Deux témoignages de personnalités religieuses nous permettent de situer avec clarté les enjeux d’abord la lettre ouverte du professeur Zehlaoui prêtre Arabe de Syrie à Monsieur Alain JUPPÉ Ministre des Affaires Étrangères de la France et ensuite celle d’une mère supérieure d’un Couvent. Le Prêtre arabe de Syrie, écrit : « je viens d’apprendre à l’instant votre déclaration aux États-Unis, touchant la légitimité de notre Président de la République. En tant que syrien, je ne puis rester silencieux face à une telle ingérence dans les affaires de mon pays. (…) Laissez-moi vous dire, au nom des millions de victimes que l’Occident a écrasés depuis des siècles, qu’il est grand temps de cesser de jouer les monstres à face humaine, et de piétiner tous les droits des autres peuples, au point de détruire leur existence même, comme vous vous êtes plu à le refaire en Irak, en Iran, en Afghanistan, Pakistan, dans toute l’Afrique, notamment en Lybie ».
« Démontant les raisons de cet acharnement il écrit : « Pour en revenir à la Syrie, oubliez-vous que le but dernier de toutes les manœuvres politiques, diplomatiques et séditieuses, menées contre la Syrie, depuis plus de deux mois, a été insolemment dévoilé par la conseillère au Pentagone, Mme Michèle Flournoy? D’ailleurs, elle était tellement assurée de la réussite prochaine du complot mené contre la Syrie, qu’elle avait publiquement déclaré que la Syrie retrouverait tout son calme, le jour où elle romprait avec l’Iran et le Hezbollah, et signerait un traité de paix avec Israël! Auriez-vous déjà oublié, en France et en Europe, le grand honneur que vous a valu la Résistance à l’occupation nazie? (…) laissez-moi vous dire, en tant que simple citoyen syrien, que la Syrie n’acceptera jamais de tourner le dos au devoir vital de défendre son existence propre, d’abord contre l’occupation israélienne, ensuite contre le danger mortel que constitue le Sionisme, pour toute la nation arabe. Cependant, il semble que l’Occident tient à rester l’Occident, alors qu’il ne l’est plus. … C’est pourquoi, tout en piétinant tous les droits, comme vous cherchez à le faire en Syrie, vous n’avez jamais éprouvé la moindre honte à prétendre toujours être dans votre droit. Car le fort ne se trompe jamais!
Décryptant les relations Occident –Israël, le professeur Zahlaoui(…) Les représentants de l’Occident, surtout ceux des États-Unis, se pavanent comme des lions. Ils se permettent toutes sortes d’ingérences, allant jusqu’à détruire des pays entiers, de fond en comble. Mais dès qu’il s’agit d’Israël, tous les pays occidentaux sans exception, des plus "grands" aux plus "petits", les États-Unis en tête, deviennent rien moins que des néants. Des néants aveugles, sourds et muets! Et pourtant, même les sondages faits en Europe reconnaissent qu’Israël est l’État terroriste par excellence. Et Israël est resté fidèle à lui-même : tueur, voleur, guerrier, féroce, arrogant, raciste, expansionniste et exterminateur. Pourtant les juifs ont toujours été bien traités en pays arabes et musulmans. Leurs historiens sont assez honnêtes pour le reconnaître. Mais ils ont trouvé moyen de faire payer la terrible facture de l’antisémitisme occidental et de l’holocauste nazie, à tous les peuples arabes et musulmans, dont ils avaient, depuis Ben Gourion, calculé la destruction, tout en imposant un Holocauste de 60 ans déjà, aux arabes, chrétiens et musulmans, de Palestine »(3).

Même témoignage poignant de Mère Agnès-Mariam de la Croix Supérieure du couvent de Saint Jacques l’Intercis, en Syrie. Elle pointe du doigt la manipulation de l’information : « La Syrie est notre patrie d’adoption. (…) Il est impératif d’être bien renseignés sur une situation donnée pour pouvoir se positionner en conséquence. (…) Car aujourd’hui en Syrie, pour être bien renseigné, il ne suffit plus de suivre les nouvelles servies par les chaînes satellitaires internationales. Nous l’avons constaté sans cesse : la réalité qui se vit ici est différente de ce que transmettent les médias. Ces chaînes n’accompagnent pas l’évènement, elles le précèdent pour le provoquer. Heureusement, de plus en plus de gens accusent cette information de parti pris et de falsification. Nous avons essayé de nous documenter en temps réel en téléphonant à des proches sur les lieux mêmes des incidents décrits : la situation ressemblait plus à ce qu’en disait la télévision syrienne qu’à celle propagée par Al Jazzirah, BBC ou France 24, Al Hurra ou Al Arabia à travers des montages et autres compilations audio-visuelles mensongères et de mauvaise qualité (…) Les slogans faussement humanitaires anesthésient la conscience des auditeurs et favorisent le glissement vers une logique vindicative aveugle qui, somme toute, ne sert que la cause de l’injustice. (…) (4)
Mère Agnes –Mariam met les choses au point concernant la nature réelle de la protestation « pacifique » Aujourd’hui, écrit elle il ne fait aucun doute qu’il y a ingérence étrangère, refusée fièrement par une partie de l’opposition. Aujourd’hui il ne fait aucun doute que l’opposition s’est muée en divers endroits en une insurrection armée qui commet des atrocités contre la population civile et contre les forces de l’ordre et l’armée. Enfin, aujourd’hui, l’exacerbation du clivage confessionnel est une triste réalité. Ces trois facteurs convergent pour réanimer le spectre de l’affrontement interconfessionnel, voire de la guerre civile. (…) Ahuris nous assistons à un stratagème destructeur : telles grandes puissances, à grand renfort d’endoctrinement médiatique, jouent sur la corde du fondamentalisme religieux pour mettre en relief les différences qui séparent alors que les points communs qui unissent sont bien plus nombreux. (…) La visite des ambassadeurs US et français à Hama a été vécue chez nous comme une démarche injustifiable. (…) » (4)
La Mère Supérieure s’interroge ensuite sur le pourquoi de la manipulation : « Pourquoi les Occidentaux encouragent-ils une insurrection armée, confessionnelle et fondamentaliste de surcroît, qui risque de s’étendre comme une tache d’huile ? De son côté le Patriarche maronite Mar Béchara Boutros Raï a une lecture plus globale de la situation. Il dénonce le « projet du Nouveau Moyen-Orient qui est à l’œuvre pour morceler le monde arabe dans le but qu’Israël vive en paix en en sécurité » . La tendance mondialiste qui prévaut c’est de promouvoir le choc des civilisations pour asseoir la légitimité des regroupements ethniques ou confessionnels qui, à leur tour, légitiment l’existence d’Israël . La Syrie vit depuis des mois des coups d’État larvés car ce remodelage ne peut être instauré sans la force des armes. L’insurrection armée en Syrie est une tumeur inoculée qu’on cherche à faire crever un peu partout dans le pays au gré des clivages confessionnels ou tribaux, avec son cortège de haine, de vengeances, de victimes et de désastres socio-économiques. (..) La majorité des musulmans et des chrétiens syriens se sont d’abord tenus à l’écart du mouvement de contestation pour diverses raisons, puis ils l’ont boycotté, et enfin certains s’y sont opposés.
Nous sommes cœur et âme avec les justes revendications de tout citoyen pour la liberté civique, la fin du totalitarisme d’État et de la corruption. Nous souhaitons la démocratie, l’impartialité de la justice et des réformes économiques et sociales conséquentes. Mais nous sommes conscients – et c’est là où nous nous heurtons à beaucoup d’incompréhension - que ces revendications peuvent devenir un cheval de Troie pour diverses entités nationales ou politiques afin de provoquer une déstabilisation dangereuse à partir de clivages confessionnels et claniques très subtils. (…) »(4)

Elle conclut enfin à la nécessité de l’autocritique tout en affirmant que le Baath a réussi à maintenir un subtil équilibre entre les confessions : « Mais la Syrie est loin de l’effondrement. Les foyers d’où l’on cherche à attiser les antagonismes confessionnels sont isolés et contrôlés, parfois au prix du sang lorsqu’il y a une résistance armée, au fur et à mesure que la population prise en otage fait appel à l’armée. Le peuple syrien est composite : sunnites, alaouites, chiites, chrétiens, druzes, arabes, kurdes, turkmènes, caucasiens, et j’en passe. Il n’est pas facile de maintenir une telle mosaïque dans la cohérence et la paix civile. Le parti Baath l’a obtenu en respectant les règles qui président aux structures tribales et claniques de l’Orient. Cependant ce régime était totalitaire et corrompu. Aujourd’hui une saine autocritique est à l’œuvre publiquement et des lois sont promulguées, obtenues par une saine opposition, pour les réformes souhaitées. Nous préférons cette voie tant qu’il y a de l’espoir.(4)

L’ouverture de cette boite de Pandore amènera le chaos , c’est un second Irak qui se profile à l’horizon avec son cortège de malheur de douleur et de détresse pour les Syriennes et les Syriens.. Tous les pays arabes attendent leur tour..Si l'Occident était de bonne foi, il accompagnerait Bachar Al Assad dans son programme de réformes, les élections, le multipartisme... Les Occidentaux veulent changer la carte du Moyen-Orient pour la rendre favorable à Israël. Il faut savoir qu’Israël est en train de construire un mur dans le Golan, comme celui de la bande de Gaza. Cela veut dire que c'est une annexion définitive des territoires syriens. L'Occident ne veut plus de ce régime syrien qui, il faut le savoir est le dernier domino avant la « normalisation de l’Iran » On peut penser que plus rien ne peut arrêter la dynamique d’effritement des anciens pouvoirs arabes. Si la Syrie est démantelée elle ne sera plus comme avant, les suivants d’El Assad accepteront une partition des Kurdes qui rêvent avec leur frères Irakiens et Turcs d’avoir leur Etat. La Turquie est de ce fait, visée. L’Iran aussi. Sombres jours pour les pays vulnérables. (5)
1 http://www.infosyrie.fr/decryptage/le-representant-russe-aupres-de-lotan-une-intervention-militaire-se-prepare/
2 Michel Chossudovsky L’OTAN et la Turquie appuient les rebelles armés en Syrie. Recrutement de mujahideen. Mondialisation. Ca 16 aout 2011
3.Pr. Elias Zahlaoui Lettre à Mr Juppé ministre français des affaires érangères 9/6/2011
4.http://www.france-catholique.fr/SYRIE-ENTRE-CONFLITS-ARMES-ET.html 15 août 2011
5.Chems Eddine Chitour : La Syrie en marche pour la partition http://www.mleray.info/article-la-syrie-en-marche-pour-la-partition-70460009.html

Professeur Chems Eddine Chitour
Ecole Nationale Polytechnique enp-edu.dz

Publié le 22 août 2011


2-5 Michel Chossudovsky : Une « guerre humanitaire » contre la Syrie ?

L’escalade militaire : Vers une guerre élargie au Moyen-Orient et en Asie centrale ?
« Lorsque je suis retourné au Pentagone en novembre 2001, un officier d’état-major de haut rang avait du temps pour discuter. Oui, nous nous dirigions toujours vers une confrontation avec l’Irak, a-t-il affirmé. Mais il y avait plus que cela. Cela faisait l’objet de discussions et constituait une phase d’un plan projetant une campagne de cinq ans disait-il, où l’on trouvait en tout sept pays en commençant par l’Irak, ensuite la Syrie, le Liban, le Lybie, l’Iran, la Somalie et le Soudan. » Général Wesley Clark

Depuis le milieu des années 1990, une vaste guerre au Moyen-Orient et en Asie centrale est sur la planche à dessin du Pentagone.

Dans le cadre de ce scénario de guerre élargie, l’alliance États-Unis-OTAN envisage de mener une campagne militaire contre la Syrie en vertu d’un « mandat humanitaire » sous l’égide de l’ONU.

L’escalade fait partie intégrante du programme militaire. La déstabilisation des États souverains par le « changement de régime » est en étroite coordination avec la planification militaire.

Il existe une feuille de route militaire caractérisée par une série de théâtres de guerre des États-Unis et de l’OTAN.

Les préparatifs de guerre visant à attaquer la Syrie et l’Iran sont dans un « niveau de disponibilité opérationnelle avancé » depuis plusieurs années.Le Syria Accountability and Lebanese Sovereignty Restoration Act of 2003 (Acte de restauration de la souveraineté libanaise et de la responsabilisation de la Syrie de 2003) classe la Syrie parmi les « États voyous », soit un pays soutenant le terrorisme.

Pour le Pentagone, la Syrie fait partie d’une guerre plus vaste visant l’Iran. Le président George W. Bush a confirmé dans ses mémoires qu’il avait « ordonné au Pentagone de planifier une attaque contre les installations nucléaires de l’Iran et [avait] envisagé d’attaquer clandestinement la Syrie ». (George Bush’s memoirs reveal how he considered attacks on Iran and Syria, The Guardian, 8 novembre 2010)

Ce vaste programme militaire est intimement lié aux réserves stratégiques de pétrole et aux routes de pipelines. Il est appuyé par les géants pétroliers anglo-étasuniens.

Le bombardement du Liban en juillet 2006 relevait d’une « feuille de route militaire » soigneusement planifiée. L’extension de la « guerre de juillet » contre le Liban et la Syrie avait été envisagée par les planificateurs militaires des États-Unis et d’Israël. Elle a été abandonnée dès que les forces terrestres israéliennes furent vaincues par le Hezbollah.

La guerre d’Israël contre le Liban en juillet 2006 visait également à établir un contrôle israélien sur le littoral du nord-est de la Méditerranée, incluant les réserves pétrolières et gazières marines dans les eaux territoriales libanaises et palestiniennes.

Les plans d’invasion du Liban et de la Syrie sont demeurés sur la planche à dessin du Pentagone malgré le retrait d’Israël lors de la guerre de juillet 2006 : « En novembre 2008, à peine un mois avant que Tel-Aviv ne commence son massacre dans la bande de Gaza, l’armée israélienne a exécuté une série d’exercices nommée Shiluv Zro’ot III (Croisement de fer III) simulant une guerre sur deux fronts contre le Liban et la Syrie. L’exercice militaire comprenait la simulation d’une invasion massive à la fois de la Syrie et du Liban (Voir Mahdi Darius Nazemoraya, La prochaine guerre d’Israël : après la bande de Gaza, le Liban ?, Mondialisation.ca, 10 février 2009)

La route vers Téhéran passe par Damas. La première étape d’une guerre contre l’Iran sous les auspices des États-Unis et de l’OTAN impliquerait une campagne de déstabilisation (« changement de régime ») comportant des opérations clandestines des services de renseignement en faveur des forces rebelles contre le gouvernement Syrien.

Une « guerre humanitaire » sous le logo de la « responsabilité de protéger » (R2P) contre la Syrie contribuerait également à la déstabilisation continue du Liban.

Si une campagne militaire devait être menée contre la Syrie, Israël serait directement ou indirectement impliqué dans les opérations militaires et dans celles du renseignement.

Une guerre contre la Syrie engendrerait à une escalade militaire.

Il existe actuellement quatre théâtres de guerre distincts : l’Afghanistan et le Pakistan, l’Irak, la Palestine et la Libye.

Une attaque contre la Syrie mènerait à l’intégration de ces différents théâtres de guerre, ce qui conduirait finalement à une guerre élargie au Moyen-Orient et en Asie centrale, engloutissant une région entière, de l’Afrique du Nord à l’Afghanistan et au Pakistan en passant par la Méditerranée.

Le mouvement de contestation vise à justifier une intervention militaire contre la Syrie. L’on nie l’existence d’une insurrection armée. Les médias occidentaux ont décrit en bloc les récents événements en Syrie comme un « mouvement de contestation pacifique » contre le gouvernement de Bachar Al-Assad, alors que les preuves confirment l’existence d’une insurrection armée intégrée par des groupes paramilitaires islamistes.

Dès le début du mouvement de contestation à Daraa à la mi-mars, des coups de feu ont été échangés entre la police et les forces armées d’un côté et des hommes armés de l’autre. Des actes pyromanes ont également été commis contre des édifices gouvernementaux. À la fin juillet à Hama, des édifices publics ont été incendiés, dont le palais de justice et la banque de crédit agricole. Les distributeurs de nouvelles israéliens, tout en négligeant l’existence d’un conflit armé, ont néanmoins reconnu que les « contestataires [étaient] armés de mitrailleuses lourdes ».(DEBKAfile, Reportage sur Hama, 1er août 2001.)

« Toutes les options sont sur la table »

En juin, le sénateur étasunien Lindsey Graham (qui siège au Comité sénatorial pour les forces armées) a indiqué qu’une intervention « humanitaire » contre la Syrie était possible, laquelle aurait pour but de « sauver la vie des civils ». Graham a suggéré que l’« option » appliquée à la Libye en vertu de la résolution 1973 du Conseil de sécurité devrait être envisagée dans le cas de la Syrie :

S’il était logique de protéger les Libyens contre Kadhafi, et ce l’était car ils auraient été massacrés si nous n’avions pas envoyé l’OTAN lorsqu’il était à la périphérie de Benghazi, le monde doit se demander si nous en sommes rendus là en Syrie […]

Nous n’en sommes peut-être pas encore là, mais l’on s’en approche, donc si cela vous importe vraiment de protéger les Syriens d’un carnage, il est temps de laisser savoir à Assad que toutes les options sont sur la table. (CBS « Face The Nation », 12 juin 2011)

À la suite de l’adoption de la résolution du Conseil de sécurité de l’ONU concernant la Syrie, (3 août 2011) la Maison-Blanche a, appelé à un « changement de régime » en Syrie et au renversement de Bachar Al-Assad en termes on ne peut plus clairs :

« Par égard pour la stabilité, nous ne voulons pas qu’il demeure en Syrie. Nous le voyons plutôt comme la cause de l’instabilité en Syrie », a déclaré le porte-parole de la Maison-Blanche Jay Carney mercredi.

« Nous pensons honnêtement pouvoir affirmer avec certitude que la Syrie serait un meilleur endroit sans le président Assad. » (Cité dans Syria : US Call Closer to Calling for Regime Change, IPS, 4 août 2011)

Des sanctions économiques étendues précèdent fréquemment une intervention militaire directe.

Un projet de loi présenté par le sénateur Lieberman a été introduit au Sénat étasunien dans le but d’autoriser des sanctions économiques radicales contre la Syrie. De plus, dans une lettre adressée au président Obama au début août, un groupe de plus de 60 sénateurs étasuniens ont appelé à l’« implantation de sanctions additionnelles […] tout en faisant comprendre au régime syrien qu’il paiera davantage pour sa répression atroce ».

Ces sanctions nécessiteraient le blocage des transactions bancaires et financières, ainsi que la « fin des achats du pétrole syrien et l’interruption des investissements dans les secteurs pétroliers et gaziers de la Syrie ». (Voir Pressure on Obama to get tougher on Syria coming from all sides - Foreign Policy, 3 août 2011).

Entre-temps, le département d’État étasunien a aussi rencontré l’opposition syrienne en exil. Un appui clandestin a également été acheminé aux groupes rebelles armés.

Dangereuse croisée des chemins : La guerre contre la Syrie est une tête de pont pour une attaque contre l’Iran

À la suite de la déclaration du président du Conseil de sécurité de l’ONU le 3 août contre la Syrie, l’ambassadeur de Russie à l’OTAN, Dimitri Rogozine, a mis en garde contre les dangers d’une escalade militaire :

« L’OTAN planifie une campagne militaire contre la Syrie afin d’aider à renverser le régime du président Al-Assad et ayant pour objectif à plus long terme de préparer une tête de pont pour une attaque contre l’Iran […]

[Cette déclaration] signifie que la planification [de la campagne militaire] est déjà en cours. Il pourrait s’agir d’une conclusion logique de ces opérations militaires et de propagande effectuées par certains pays occidentaux contre l’Afrique du Nord », a affirmé Rogozine dans une entrevue avec le journal Izvestia [...] Le diplomate russe a fait remarquer que l’alliance vise seulement à interférer avec les régimes « dont les points de vue ne coïncident pas avec ceux de l’Occident. »

Rogozine était d’accord avec l’opinion exprimée par certains experts voulant que la Syrie et ensuite le Yémen puissent constituer les dernières étapes de l’OTAN menant au lancement d’une attaque contre l’Iran.

« L’étau se resserre autour de l’Iran. La planification militaire contre l’Iran est en cours et nous sommes certes préoccupés par l’escalade d’une guerre à grande échelle dans cette énorme région », a précisé Rogozine.

Ayant appris la leçon de la Libye, la Russie « continuera à s’opposer à une résolution violente de la situation en Syrie » a-t-il commenté en ajoutant que les conséquences d’un conflit à grande échelle en Afrique du Nord serait dévastateur pour le monde entier. (Beachhead for an Attack on Iran" : NATO is planning a Military Campaign against Syria, RIA Novosti, 5 août 2011)

Modèle militaire pour une attaque contre la Syrie

L’avertissement de Dimitri Rogozine était basé sur des informations concrètes, documentées et connues dans les cercles militaires, et selon lesquelles l’OTAN planifie actuellement une campagne militaire contre la Syrie. À cet égard, le scénario d’une attaque contre la Syrie est sur la planche à dessin et des experts français, britanniques et israéliens participent à son élaboration. Selon l’ancien chef d’état-major de l’Armée de l’air française, le général Jean Rannou, « une frappe de l’OTAN afin de déstabiliser l’armée syrienne est techniquement faisable » :

Les pays membres de l’OTAN commenceraient par utiliser la technologie satellite pour repérer les défenses aériennes syriennes. Quelques jours plus tard, des avions de guerre, plus nombreux qu’en Libye, décolleraient de la base britannique de Chypre et détruiraient les jets et les missiles sol-air (MSA) syriens durant 48 heures. Les aéronefs de l’Alliance commenceraient ensuite à bombarder indéfiniment les troupes terrestres et les chars d’assaut syriens.

Le scénario se base sur des analystes de l’armée française et proviennent de la publication britannique spécialisée Jane’s Defence Weekly et de la station de télévision israélienne Channel 10.

La force aérienne syrienne présenterait peu de risque. Elle possède environ 60 MiG-29 fabriqués en Russie, mais le reste – environ 160 MiG-21, 80 MiG-23, 60 MiG-23BN, 50 Su-22 et 20 Su-24MK – est obsolète.

« […] Je ne vois pas de problème purement militaire. La Syrie ne peut se défendre contre les systèmes occidentaux […] [Toutefois], ce serait plus risqué qu’en Libye. Il s’agirait d’une importante opération militaire », a admis Jean Rannou, ancien chef de la force aérienne française, à EUobserver. Il a ajouté qu’une action est très peu probable puisque la Russie opposerait son veto à un mandat de l’ONU, les actifs de l’OTAN sont déployés en Afghanistan et en Libye et les pays de l’OTAN sont en crise financière. » (Andrew Rettman,Blueprint For NATO Attack On Syria Revealed, Global Research, 11 août 2011)

La vaste feuille de route militaire

Alors que la Libye, la Syrie et l’Iran sont sur la feuille de route militaire, ce déploiement stratégique, s’il devait être mis en œuvre, menacerait aussi la Chine et la Russie. Les deux pays ont des accords d’investissement et de coopération militaire et commerciale avec la Syrie et l’Iran. Ce dernier détient par ailleurs un statut d’observateur au sein de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS)

L’escalade fait partie du programme militaire. Depuis 2005, les États-Unis et leurs alliés, incluant leurs partenaires de l’OTAN et Israël, ont été impliqués dans le déploiement et le stockage exhaustif de systèmes d’armes perfectionnées. Les systèmes de défense antiaérienne des États-Unis, des pays membres de l’OTAN et d’Israël sont complètement intégrés.

 

Le rôle d’Israël et de la Turquie

Ankara et Tel-Aviv sont tous deux impliqués dans l’appui à une insurrection armée. Ces opérations sont coordonnées par les deux gouvernements et leurs agences de renseignement.

Selon des reportages, le Mossad israélien a fourni un soutien clandestin à des groupes terroristes salafistes radicaux qui sont entrés en action au sud de la Syrie au début du mouvement de contestation à Daraa à la mi-mars. Des reportages suggèrent que le financement de l’insurrection salafiste provient de l’Arabie Saoudite. (Voir Syrian army closes in on Damascus suburbs, The Irish Times, 10 mai 2011.)

Le gouvernement turc du premier ministre Recep Tayyip Erdoğan appuie les groupes d’opposition en exil tout en soutenant les rebelles armés des Frères musulmans au nord de la Syrie.

Les Frères musulmans (FM) (dont le leadership est en exil au Royaume-Uni) ainsi que Hizb ut-Tahrir (le Parti de la libération) sont derrière l’insurrection. Les deux organisations sont appuyées par le MI6 britannique. Le but avoué des FM et de Hizb ut-Tahrir consiste en bout de ligne à déstabiliser l’État laïque syrien. (Voir Michel Chossudovsky, SYRIA : Who is Behind The Protest Movement ? Fabricating a Pretext for a US-NATO"> "Humanitarian Intervention", Global Research, 3 mai 2011.)

En juin, des troupes turques ont traversé la frontière nord de la Syrie, officiellement pour aller sauver des réfugiés syriens. Le gouvernement de Bachar Al-Assad a accusé la Turquie d’appuyer directement l’incursion de forces rebelles dans le nord de son pays :

Une force rebelle comptant jusqu’à 500 combattants a attaqué une position de l’Armée syrienne le 4 juin au nord de la Syrie. Les combattants ont dit que la cible, une garnison du renseignement militaire à Jisr al-Choughour près de la frontière avec la Turquie, a été capturée pendant un assaut de 36 heures lors duquel 72 soldats ont été tués.

« Nous avons découvert que les criminels [combattants rebelles] utilisaient des armes turques et cela est très inquiétant » a fait savoir un officiel.

Il s’agissait de la première fois que le régime Assad accusait la Turquie d’aider la révolte […] Les officiels ont rapporté que les rebelles ont mené l’armée syrienne hors de Jisr al-Choughour et ont ensuite pris le contrôle de la ville. Ils ont indiqué que des édifices gouvernementaux ont été pillés et incendiés avant que n’arrive une autre force d’Assad […]

Un officier syrien effectuant la visite guidée a affirmé que les rebelles à Jisr al-Choughour se composaient de combattants alignés à Al-Qaïda. Il a ajouté que ces derniers employaient une variété d’armes et de munitions turques, mais n’a pas accusé le gouvernement d’Ankara de fournir l’équipement. » (Syria’s Assad accuses Turkey of arming rebels, TR Defence,25 juin 2011)

Nié par les médias occidentaux, l’appui étranger aux insurgés islamistes ayant « infiltré le mouvement de protestation » est néanmoins confirmé par des sources de renseignement occidentales. Selon l’ancien officier du MI6 Alistair Crooke (ainsi que des conseillers de haut rang de l’UE) : « Il existe deux forces importantes derrière les événements [en Syrie], soit des radicaux sunnites et des groupes d’exilés syrien en France et aux États-Unis. Il a expliqué que les radicaux suivent les enseignements d’Abou Moussab Al-Zarqaoui, un islamiste jordanien aujourd’hui décédé qui visait à créer un émirat sunnite appelé Bilad el-Cham en Jordanie, au Liban, en Palestine et en Syrie. Ce sont des guérilléros urbains expérimentés qui se sont battus en Irak et obtiennent du financement de l’extérieur. Ils infiltrent les manifestations pour attaquer les forces d’Assad, comme à Jisr al-Choughour en juin, où ils ont infligé de lourdes pertes. » (Andrew Rettman, Blueprint For NATO Attack On Syria Revealed, Global Research, 11 août 2011. C’est l’auteur qui souligne.)

L’ancien officiel du MI6 a par ailleurs confirmé qu’Israël et les États-Unis soutiennent et financent les terroristes : « Crooke a déclaré que les groupes d’exilés cherchent à renverser le régime anti-israélien [Syrien]. Ils sont financés et entraînés par les États-Unis et ont des liens avec Israël. Ils paient les chefs tribaux sunnites pour qu’ils envoient des gens dans les rues, ils travaillent avec les ONG pour alimenter les médias occidentaux d’histoires non corroborées à propos d’atrocités et coopèrent avec des radicaux en espérant que la violence accrue justifie une intervention de l’OTAN. » (Ibid. C’est l’auteur qui souligne.)

Des factions politiques au Liban sont également impliquées. Le renseignement libanais a confirmé la livraison clandestine de fusils d’assaut et d’armes automatiques aux combattants salafistes.La livraison a été effectuée par des politiciens libanais appuyés par l’Arabie Saoudite.

L’accord de coopération militaire entre la Turquie et Israël

Israël et la Turquie ont un accord de coopération militaire qui concerne de manière très directe et la Syrie, et le littoral stratégique libano-syrien de l’est de la Méditerranée (comprenant les réserves gazières au large de la côte libanaise et les corridors de pipelines).

Déjà, à l’époque de l’administration Clinton, une alliance triangulaire entre les États-Unis, Israël et la Turquie s’était développée. Cette « triple alliance », dominée par l’Instance collégiale des chefs d’état-major, intègre et coordonne les décisions du commandement militaire entre les trois pays en ce qui a trait au grand Moyen-Orient. Il est basé sur les liens militaires étroits respectifs entre Israël, la Turquie et les États-Unis, et combiné à une forte relation militaire bilatérale entre Tel-Aviv et Ankara […]

La triple alliance est par ailleurs agencée à un accord de coopération militaire entre l’OTAN et Israël datant de 2005, lequel comporte « de nombreux champs d’intérêts communs, tels que la lutte au terrorisme et les exercices interarmées ». Israël voit ces liens de coopération militaire avec l’OTAN comme un moyen d’améliorer la capacité de dissuasion envers la menace d’ennemis potentiels, principalement l’Iran et la Syrie. (Voir Michel Chossudovsky,"Triple Alliance" : The US, Turkey, Israel and the War on Lebanon, 6 août 2006)

Entre-temps, le récent remaniement des bonzes de la Turquie a renforcé la faction pro-islamiste au sein des forces armées. À la fin juillet, le commandant en chef de l’armée et chef de l’Instance collégiale des chefs d’état-major, le général Isik Kosaner, a démissioné, tout comme les commandants de la Marine et de la Force aérienne.

Le général Kosaner représente une position largement laïque au sein des forces armées. Le général Necdet Ozel a été nommé pour le remplacer en tant que commandant et nouveau chef de l’armée.

Ces développements sont d’une importance cruciale. Ils s’orientent vers un appui aux intérêts étasuniens. Ils indiquent par ailleurs un virage potentiel de l’armée en faveur des Frères musulmans, y compris une insurrection au nord de la Syrie.

« De nouvelles nominations ont renforcé Erdoğan et le parti au pouvoir en Turquie […] Le pouvoir militaire est apte à mettre en œuvre des projets plus ambitieux dans la région. L’on prévoit que si le scénario libyen est employé en Syrie, il est possible que la Turquie demande une intervention militaire. » (New appointments have strengthened Erdogan and the ruling party in Turkey : Public Radio of Armenia, 06 août 2011, C’est l’auteur qui souligne.)

 

Des rebelles appartenant aux Frères musulmans à Jisr al-Choughour. Photos AFP 16 juin 2011

[Note : Cette photo est trompeuse à bien des égards. La plupart des rebelles armés sont très bien entraînés avec des armes modernes.]

L’Alliance militaire élargie de l’OTAN

L’Égypte, les États du Golfe et l’Arabie Saoudite (au sein de l’alliance militaire élargie) sont des partenaires de l’OTAN, dont les forces pourraient être déployées dans le cadre d’une campagne contre la Syrie.

Israël est un membre de facto de l’OTAN, depuis qu’un accord a été signé en 2005.

Le processus de planification militaire dans l’alliance élargie de l’OTAN implique la coordination entre le Pentagone, l’OTAN, les Forces de défense israéliennes (FDI), ainsi que la participation militaire active des États arabes de première ligne, dont l’Arabie Saoudite, les États du Golfe et l’Égypte : en tout 10 pays arabes en plus d’Israël sont membres du Dialogue méditerranéen et de l’Initiative de Coopération d’Istanbul.

Nous sommes à un carrefour dangereux. Les répercussions géopolitiques sont profondes.

La Syrie a des frontières avec la Jordanie, Israël, le Liban, la Turquie et l’Irak. Elle s’étend à travers la vallée de l’Euphrate et se situe au carrefour d’importantes voies maritimes et de corridors de pipelines.

 

Ce pays est un allié de l’Iran et la Russie possède une base navale au nord du territoire syrien. (Voir la carte)

La création d’une base à Tartous ainsi que la progression rapide de la coopération avec Damas relativement à la technologie militaire fait de la Syrie la tête de pont et le pavois utiles de la Russie au Moyen-Orient.

Damas est un allié important de l’Iran et un ennemi irréconciliable d’Israël. Il va sans dire que l’apparition de la base militaire russe dans la région apportera certainement des correctifs à la corrélation des forces existantes.

La Russie prend le régime syrien sous sa protection. Il est presque certain que cela envenimera les relations entre Moscou et Israël. Cela pourrait même rassurer le régime iranien avoisinant et le rendre encore moins docile dans les pourparlers portant sur le programme nucléaire. (Ivan Safronov, Russia to defend its principal Middle East ally : Moscow takes Syria under its protection, Global Research 28 juillet 2006)

Scénario de Troisième Guerre mondiale

Pendant les cinq dernières années, la région du Moyen-Orient et de l’Asie centrale a vivement été sur le pied de guerre.

La Syrie a des possibilités de défense antiaérienne significatives ainsi que des troupes terrestres.

Elle a érigé son système de défense antiaérien grâce à la livraison de missiles antiaériens russes Pantsir S1. En 2010, la Russie a livré un système de missile Yakhont à la Syrie. Le Yakhont en opération à l’extérieur de la base navale russe de Tartous « est conçu pour l’engagement de navires ennemis dans un rayon de 300 km. (Bastion missile systems to protect Russian naval base in Syria, Ria Novosti, 21 septembre 2010).

La structure respective des alliances militaires États-Unis-OTAN et Syrie-Iran-OCS, sans compter la participation militaire d’Israël, la relation complexe entre la Syrie et le Liban, ainsi que les pressions exercées par la Turquie à la frontière nord de la Syrie indiquent de manière ineffaçable un dangereux processus d’escalade.

Toute forme d’intervention militaire contre la Syrie sous l’égide des États-Unis et de l’OTAN déstabiliserait la région entière, ce qui pourrait mener à une escalade englobant une vaste région allant de l’est de la Méditerranée à la frontière commune de l’Afghanistan et du Pakistan avec le Tadjikistan et la Chine.

À cour terme, en tenant compte de la guerre en Libye, l’alliance militaire des États-Unis et de l’OTAN dépasse ses capacités. Bien que nous n’anticipions pas d’opération militaire des États-Unis et de l’OTAN à brève échéance, selon toute probabilité, le processus de déstabilisation politique par le biais d’un appui clandestin à l’insurrection rebelle se poursuivra.

Cet article a été mis à jour le 11 août 2011.

Article original en anglais publié le 9 août 2011 : A Humanitarian War" on Syria ? Military Escalation. Towards a Broader Middle East-Central Asian War ?

Michel Chossudovsky

samedi 20 août 2011, par Comité Valmy

Traduction Julie Lévesque pour Mondialisation.ca

http://www.comite-valmy.org/spip.php?article1771


30/08/2011

n° 11 - Dossiers de Syrie - 29-08 -o - : Damas affronte une guerre de l'information acharnée.

 

 



Face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Sa diffusion est un acte de résistance.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources.



Dossier deSyrie

n°11                                                29-08

C.De broeder & M.Lemaire



Le "Dossier deSyrie" est  visible 

a) sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

b) sur le site de Eva Resis           :  no-war.over-blog.com

c) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com  

d) sur le site : www.palestine-solidarite.org à cette adresse : http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

NB : Si vous voulez nous contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be




Sommaire de la lutte pour la libération du territoire.

 

Tiré à part 

La Turquie lâche Al Assad. 

La Syrie a rejeté dimanche le communiqué de la Ligue arabe qui a appelé à mettre fin à « l'effusion de sang dans ce pays ».

1 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

1-1 Damas affronte une guerre de l'information acharnée.  

1-2 Matthew Bernabei : "Londres, tout à fait comme Damas". 

 1-3 Thierry Meyssan : Les journalistes qui pratiquent la propagande de guerre devront rendre des comptes.

1-4 Louis Denghien : Journalistes ou propagandistes ?

1-5 Louis Denghien : Du bon usage des guillemets…

2 Dossier

2-1 Mère Agnès-Mariam de la Croix : Entre conflits armés et dialogue…

2-2 Michel Chossudovsky : L’OTAN et la Turquie appuient les rebelles armés en Syrie.

2-3 Guy Delorme : Le Figaro : la révolte introuvable à Damas !

2-4 Rassemblement à Damas dénonçant les ingérences étrangères.

3 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

3-1 Guy Delorme : Syrie/Irak/Iran : un gazoduc très politique. v

3-2 Mensonges médiatiques et réalités de terrain. 

3-4 Louis Denghien : L’ONU au service du NOE (Nouvel Ordre Mondial) ?

3-5 Louis Denghien : ONU : la mascarade continue !

3-6 Ahmed Halfaoui : Mohamed Bouhamidi : « Aggravation des menaces guerrières du capitalisme. »

Annexe (pièce jointe)

Wikipedia : La Syrie.

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 



Tiré à part 

La Turquie lâche Al Assad.  

30/08/2011

Le régime de Bachar al Assad est de plus en plus lâché par la communauté internationale. La Turquie, pays voisin et allié stratégique, a annoncé hier qu’elle se défaisait de cette alliance compromettante. La Turquie ne fait plus confiance au régime du président syrien Bachar al Assad qui poursuit sa répression aveugle des manifestations pacifiques contestant le pouvoir en place. C’est l’essentiel de la déclaration du président turc, Abdullah Gül, rapportée hier par l’agence de presse Anatolie. La situation en Syrie «a désormais atteint un tel niveau que tout est trop infime et trop tardif. Nous n’avons plus confiance», a déclaré M. Gül dans une interview exclusive accordée à l’agence turque pour ses quatre ans au pouvoir, faisant allusion aux mesures que le gouvernement syrien a annoncées pour tenter de calmer la contestation. «Tout le monde devrait savoir que nous sommes aux côtés du peuple syrien (...). L’essentiel, c’est le peuple», a ajouté le président turc. «Aujourd’hui, il n’y a plus de place dans le monde pour des gouvernements autoritaires, pour des partis uniques, des régimes fermés. Soit ils seront remplacés par la force, soit les gouverneurs de région (autorités locales, ndlr) devront prendre l’initiative d’administrer» le pays, a-t-il insisté. Pour sa part, le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan a averti que les responsables du régime syrien pourraient connaître le même sort que les dirigeants chassés du pouvoir en 2011 dans le monde arabe, dans une allocution télévisée. «Un régime ne peut pas survivre par la force, la brutalité, en tirant et en tuant des personnes désarmées qui descendent dans la rue. La seule solution est de faire taire immédiatement les armes et d’écouter les revendications du peuple», a-t-il dit. «Nous avons assisté à la fin de ceux qui n’ont pas choisi cette voie en Tunisie et en Egypte», a-t-il ajouté, avant d’évoquer la situation en Libye. Il n’y pas de place dans le monde aujourd’hui pour «les dirigeants uniques, les régimes dictatoriaux et les sociétés fermées», a poursuivi M. Erdogan. La Turquie «rappelle cette vérité aux gouvernements syrien et yéménite», comme elle l’avait rappelée «auparavant aux gouvernements égyptien et tunisien», a souligné le Premier ministre. Dimanche, près de 150 Syriens résidant en Turquie se sont rassemblés dans le centre d’Istanbul pour manifester contre le régime du président Assad. Les manifestants, parmi lesquels des femmes, des enfants et des dissidents qui venaient de fuir la Syrie, scandaient : «Bachar meurtrier, hors de Syrie», «Bachar ce sont tes derniers jours, tu dois être condamné à mort», et brandissaient des banderoles avec des inscriptions en arabe, en kurde et en turc dénonçant le régime syrien. Ankara, dont les liens avec Damas s’étaient resserrés ces dernières années, a critiqué avec une virulence croissante la violence des répressions orchestrées par le régime de Damas depuis la mi-mars, sans aller toutefois jusqu’à réclamer la démission du président syrien.
Ghada Hamrouche
http://www.latribune-online.com/monde/56679.html

 


La Syrie a rejeté dimanche le communiqué de la Ligue arabe qui a appelé à mettre fin à « l'effusion de sang dans ce pays ».Le communiqué publié dans la nuit de samedi à dimanche par la Ligue arabe représente une violation (...) claire des principes de la charte de la Ligue et des fondements de l'action arabe conjointe, affirme la délégation syrienne auprès de la Ligue dans une note adressée au secrétariat général.

 

Les Syriens agissent comme si ce communiqué n'a pas été publié, d'autant plus qu'il contient (...) un langage inacceptable et biaisé.

La délégation syrienne proteste contre le fait que ce communiqué ait été rendu public bien que la réunion se soit terminée par un accord sur le fait de ne pas publier de communiqué ou faire de déclarations à la presse.

La Syrie n'accepterait que les conseils des pays qui ont une expérience importante en terme de démocratie

Dans ce contexte, le délégué permanent de la Syrie auprès de la Ligue arabe, Youssef Ahmad, a ironisé l’appel de certains pays arabes à la réforme en Syrie, alors que ces même pays n’ont pas de constitution et ont décrété des fatwas prohibant les manifestations et les protestations, en allusion aux pays du Golfe.

Ahmad a a appelé les pays arabes à ne pas voir les évènements en Syrie d’un seul œil, et à jouer un rôle positif et veiller pour la stabilité et l’unité en Syrie.

Il a ajouté que les autorités syriennes détiennent des informations confirmées sur le financement de groupes armés par des parties et personnalités présentes dans des pays arabes voisins. 

Ahmad a, a cet égard apprécié les positions des pays amis qui avaient rejeté l'ingérence étrangère dans les affaires de la Syrie appelant la Ligue arabe de prendre exemple de la Russie au Conseil de Sécurité.

L'Ambassadeur Ahmad a affirmé que la Syrie n'accepterait que les conseils et les déclarations des pays qui tiennent vraiment à sa stabilité et sa sécurité et qui ont d'autre part, une expérience importante en terme de démocratie et de libertés publiques pour qu'ils méritent d'être écoutés.

"L'image est d'ores et déjà très claire devant tout le monde, il s'agit de régler les choses d'une façon raisonnable loin de l'influence des plans extérieurs, ou bien de se livrer délibérément à l'ignorance des vérités, surtout des répercussions de ces événements sur l'avenir de la Nation arabe tout entière", a conclu l'Ambassadeur Ahmad.
Le communiqué Arabe rédigé par les qataris

Des diplomates arabes ont rapporté au quotidien libanais as-Safir a été rédigé par la délégation qatarie, puis approuvé par les pays du Golfe et d’autres pays arabes appartenant au même « axe ».

Selon as-Safir, les points évoqués dans ce communiqué étaient pire que le projet de résolution présenté par les Européens au Conseil de sécurité.

Rappelons que la Ligue arabe a tenu samedi soir une réunion extraordinaire sur la Syrie et la Libye.

Les ministres arabes des Affaires étrangères ont appelé « à mettre fin à l'effusion du sang et à suivre la voie de la raison avant qu'il ne soit trop tard », exprimant leur « inquiétude face aux développements graves sur la scène syrienne qui ont fait des milliers de victimes et de blessés ».
Les ministres arabes des Affaires étrangères ont également chargé le secrétaire général de se rendre à Damas porteur d'une initiative pour résoudre la crise en Syrie, sans que la teneur de ce message soit précisée.

Mais M. al-Arabi a indiqué dimanche qu'il attendait le feu vert de la Syrie pour se rendre à Damas.

AlManar

 


1 Médias et

Manipulation de l’opinion / Vidéos

Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction partage le point de vue de l'auteur mais doit être vu comme information.
 

1-1 Damas affronte une guerre de l'information acharnée.  

La Syrie fait face à une guerre acharnée de l'information, a annoncé vendredi à RIA Novosti Yasser Houria, membre de la direction régionale du Baas, le parti au pouvoir dans le pays.
"Nous avons déjà l'occasion de voir des reportages vidéo sur des événements qui n'ont jamais eu lieu en Syrie, se déroulant, le plus probablement, à Yémen. Certaines chaînes télévisées possédant une bonne réputation ont cessé de dire la vérité", a affirmé le responsable. Selon lui, ces chaînes se réfèrent très souvent à des appels téléphoniques de témoins qui prennent des pseudonymes ou préfèrent garder l'anonymat.
M.Houria a déclaré avoir la certitude que l'objectif de la guerre de l'information déchaînée contre son pays était de renverser le régime actuel.
"Depuis le début, il est clair qu'ils veulent exercer une pression sur la position de la Syrie.

La Syrie est un pays souverain qui prend lui-même ses décisions. Aucun parti, aucun pays n'ont le droit de s'ingérer dans nos affaires intérieures", a conclu l'interlocuteur de l'agence.

19/08/2011
http://fr.rian.ru/world/20110819/190564135.html


1-2 Matthew Bernabei :

"Londres, tout à fait comme Damas".  

Le journaliste italien, Matthew Bernabei, a critiqué le double critère de la communauté internationale et la campagne de mensonges des mass médias, dans le traitement des événements, en Syrie, et ceux au Royaume Uni.

Dans une analyse, publiée, par le quotidien "Rinascita", le journaliste Bernabei a évoqué les mesures adoptées par le gouvernement britannique et les déclarations de son Premier ministre, David Cameron, qui n'avait pas hésité à lancer que son pays ne laissera pas triompher la culture de la peur et qu'il fera descendre l'armée, dans les rues, "pour protéger les Britanniques et les biens publics". Bernabei s'est demandé quelle serait la réaction de Cameron, qui avait lancé, il n'y a pas longtemps, des déclarations soutenant les manifestations, en Syrie, si les manifestants avaient pris d'assaut des stocks d'armes et utilisé ces armes, dans les villes britanniques. "Nous sommes devant deux cas similaires, avec lesquels, la communauté internationale traite, d'une manière absolument différente, se solidarisant, d'un côté, avec Cameron, et s'en prend, de l'autre, aux déclarations du gouvernement syrien, sur la non permission aux groupes armés de jouer avec la sécurité des citoyens", a écrit le journaliste, s'indignant du fait que la majorité des dirigeants du monde était d'accord avec Cameron, quand il disait que les manifestants, dans son pays, ne représentent pas la majorité des Britanniques, "alors que la communauté internationale avait parlé de sanctions économiques et d'autres mesures, à l'encontre de la Syrie, quand elle avait parlé des manifestants, bien qu'elle avait démontré, photos à l'appui, l'existence, parmi eux, de groupes armés extrémistes, qu'il fallait confronter. Le journaliste Bernabei a fait remarquer que ce qui se passe, en Syrie, est une campagne internationale combinée, visant à mettre fin à l'indépendance de la Syrie, qui refuse toujours de se plier, devant les diktats de Washington et de ses alliés. Il a souligné que les faits montés contre la Syrie commençaient à se dévoiler, notamment, les images de bébés décédés, qu'on prétendait être, en Syrie, alors qu'elles étaient prises dans l'une des cliniques d'Alexandrie, et la nouvelle sur le décès présumé de l'ex-ministre syrien de la défense, qui est apparu à la télévision, "après sa mort".

(Agence Sana)

13/08/2011

IRIB


 

1-3 Thierry Meyssan : Les journalistes qui pratiquent la propagande de guerre devront rendre des comptes.

La propagande de guerre est entrée dans une phase nouvelle avec l’action coordonnées de chaînes de télévision satellitaires. CNN, France24, BBC et Al-Jazeera sont devenues des instruments d’intoxication pour diaboliser des gouvernements et justifier des agressions armées. Ces pratiques sont illégales en droit international et l’impunité de leurs auteurs doit cesser. 

Le traitement actuel de l’information sur la Libye et la Syrie marque un tournant dans l’histoire de la propagande de guerre en ce qu’il utilise des moyens nouveaux qui ont pris l’opinion publique internationale par surprise.

Quatre puissances, les États-Unis, la France, le Royaume-Uni et le Qatar, ont joints leurs moyens techniques pour intoxiquer la « communauté internationale ». Il s’agit principalement des chaînes de télévision CNN (qui bien privée agit en coordination avec l’unité de Guerre psychologique du Pentagone), France24, BBC et Al-Jazeera.

Ces médias sont utilisés pour attribuer mensongèrement aux gouvernements libyen et syrien des crimes qu’ils n’ont pas commis, et pour couvrir les crimes commis par les services secrets des puissances précitées et par l’OTAN.

 On se souvient du précédent à moindre échelle de 2002. Globovisión avait diffusé en direct des images d’une révolution populaire chassant le président élu Hugo Chávez et des images de militants chavistes tirant sur des manifestants d’opposition et les tuant. Cette mise en scène avait permis de masquer un coup d’État militaire orchestré depuis Washington avec l’aide de Madrid. Cependant, après qu’un authentique soulèvement populaire ait mis fin au putsch et ait rétabli le président élu, des enquêtes journalistiques et judiciaires ont démontré que la révolution filmée par Globovisión n’était qu’un trucage visuel, et que jamais les chavistes n’avaient tiré sur la foule, mais qu’ils avaient au contraire été victimes de snipers armés par la CIA.

Il en est de même aujourd’hui, mais avec un consortium de chaînes satellitaires. Celles-ci diffusent des images d’événements inexistants en Libye et en Syrie. Elles cherchent à faire accroire que la majorité des Libyens et des Syriens veulent renverser leurs institutions politiques et que Mouammar Kadhafi et Bachar el-Assad massacrent leur propre peuple. Sur le fondement de ces intoxication l’OTAN a attaqué la Libye et s’apprête à détruire à agresser la Syrie.

Or, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, l’Assemblée générale des Nations Unies a par quatre fois légiféré pour interdire et condamner ce type de pratique.

La Résolution 110, du 3 novembre 1947, relative aux « mesures à prendre contre la propagande en faveur d’une nouvelle guerre et contre ceux qui y incitent », sanctionne « la propagande de nature à provoquer ou à encourager toute menace à la paix, rupture de la paix, ou tout acte d’agression ».

La Résolution 381, du 17 novembre 1950, consolide cette condamnation en condamnant la censure des informations contradictoires comme partie intégrante de la propagande contre la paix.

Enfin, la Résolution 819, du 11 décembre 1954, sur « la suppression des obstacles au libre échange des informations et des idées », pose la responsabilité des gouvernements à supprimer les obstacles qui entravent le libre-échange des informations et des idées.

Ce faisant, l’Assemblée générale a élaboré sa propre doctrine en matière de liberté d’expression : elle a condamné les mensonges qui conduisent à la guerre et a érigé la libre-circulation des informations et des idées et le débat critique en armes au service de paix.

Le verbe, et plus encore l’image, peuvent être utilisées pour préparer les pires crimes. En l’occurrence, les intoxications de CNN, France24, BBC et Al-Jazeera constituent des « crimes contre la paix ». Ils doivent être considérés comme plus graves encore que les crimes de guerre et crimes contre l’humanité actuellement commis par l’OTAN en Libye et par les services secrets occidentaux en Syrie en ce qu’ils les précédent et les rendent possibles.

Les journalistes qui pratiquent la propagande de guerre doivent être jugés par la Justice internationale.

Thierry Meyssan

14 août 2011

http://www.voltairenet.org/Les-journalistes-qui-pratiquent-la


1-4 Louis Denghien :Journalistes ou propagandistes ?

Georges Malbrunot, la voix de ses – nombreux – maîtres.

Georges Malbrunot, le journaliste du Figaro qui participait au voyage de presse organisé le 22 août par des milieux proches du régime, a rendu un premier article à ses employeurs. Intitulé « Les opposants syriens saluent la chute de Kadhafi », et publié sur le site du quotidien atlanto-sarkozyste, il reflète à merveille le profil intellectuel de son auteur, tout de bien-pensance sournoise et falsificatrice, qu’avait d’ailleurs pu apprécier sur place la délégation restreinte d’Infosyrie.

 

Si ça marche en Libye…

Comme le titre le laisse penser, Malbrunot essaie, en quelque sorte, de relancer par l’« exemple » libyen la contestation syrienne, une contestation qui, assure-t-il avec une mauvaise foi qui force presque l’admiration, « ne donne aucun signe d’essoufflement » ! Quand on a en mémoire un autre article, très récent, du même Malbrunot, où celui-ci constate, pour le déplorer, qu’il n’y a pas le moindre signe de contestation à Damas (voir notre article « La révolte invisible à Damas«  , mis en ligne le 22 août), quand on sait que ce M. Figaro n’a pas vu non plus d’opposants – pas même la trentaine qui ont manifesté sous ses yeux – à Hama « bastion de la révolte », on se demande s’il ne tire pas ses analyses d’une séance d’hypnose atlantiste.

De fait, Georges Malbrunot ne parle pas de Hama dans son article, où de toute façon il n’a pas vu les « 500 000 manifestants anti-Bachar » naguère chantés par les désinformateurs de l’OSDH.

Non, il, préfère consoler ses lecteurs et employeurs de la lenteur des événements en Syrie avec l’accélération de l’histoire en Libye – encore que cette histoire semble déjà subir une légère décélération, mais passons.

Hélas, le journaliste le reconnaît assez vite lui-même, comparaison n’est pas raison, et Bachar n’est pas Kadhafi : « Les protestataires reconnaissent que le régime d’al-Assad tient le coup face à la rue » reconnaît lui-même Malbrunot. Et c’est vrai qu’en dépit de ce qu’il affirme au début de son papier, la « rue » syrienne tend à se vider d’opposants, ces dernières semaines, en dépit des encouragements incessants des très nombreux Malbrunot du P.J.F. (Paysage journalistique français). Comme nous l’écrivions voici quelques jours, même les chiffres fournis par les cyber-propagandistes de l’opposition sont revus à la baisse : la plus grosse manif du vendredi 19 août aurait regroupé selon l’OSDH 20 000 personnes à Hama, estimation qu’il est très raisonnable de diviser par au moins deux, compte-tenu des traditions de « lyrisme révolutionnaire » des correspondants locaux de Rami Abdel Rahmane (voir notre article « Un vendredi très attendu », mis en ligne le 22 août). On verra ce qu’il en est vendredi 26, mais il est sûr et certain que la contestation n’est vraiment plus à son zénith.

Plaidoyer pour la guerre

Du coup, dans la deuxième partie de son article, Georges Malbrunot développe l’idée, en se cachant à moitié derrière les déclarations d’opposants vraiment de moins en moins syriens, que la solution pourrait être, malgré tout, une intervention de l’OTAN dans le goût libyen justement. Oh certes, les chancelleries occidentales y sont, en principe, hostiles, tout comme la Turquie, et même, le reconnaît à grand regret M. Figaro, les opposants syriens exilés qui « ne veulent pas apparaître comme les leaders irakiens portés au pouvoir par les chars américains en 2003 à Bagdad ».

Heureusement, indique Malbrunot, les « révolutionnaires de l’intérieur » n’ont pas ces pudeurs de jeune fille. Et de citer le jeune Ali de Deir Ezzor pour qui « le départ de Kadhafi montre que la solution militaire extérieure n’est pas forcément mauvaise ». Et Ali, confessé amicalement par Malbrunot, de regretter que les émeutiers de Deir et d’ailleurs n’aient pas bénéficié de la couverture aérienne otanesque qui a déjà fait « merveille » en Libye. Et histoire de créer un mouvement d’opinion, l’homme du Figaro met dans la bouche de « nombreux Damascènes » (ha, finalement il en a trouvé ?) cette constatation angoissée : « Seuls on ne pourra pas le (Bachar) faire tomber ». Eh non !

Disons-le tout net, avec cet article, M. Georges Malbrunot passe du registre de la désinformation à celui de la propagande belliciste. Ce faisant, il renoue avec la grande tradition illustrée par ses aînés du Figaro et d’ailleurs, qui ont puissamment contribué, en relayant servilement les mensonges du Pentagone et de l’OTAN, à plonger l’Irak dans deux guerres et un blocus dévastateurs, et à faire bombarder pour la première fois depuis 1945 une nation européenne – la Serbie. On ne sait pas si ce petit chef d’œuvre de journalisme de combat aura le même effet, mais on peut dire que son auteur a d’ores et déjà mérité la confiance de ses employeurs, soit, par ordre croissant d’importance et d’abjection, le groupe Dassault(1), le pouvoir sarkozyste, l’OTAN et le Département d’Etat américain.

Et puisqu’on parle du groupe Dassault, il n’est pas indifférent de savoir qu’il vient de remporter, grâce à une intervention directe de Nicolas Sarkozy – qui a passé outre l’avis négatif unanime des plus hautes autorités militaires françaises -, un marché portant sur le remplacement du parc de drones de l’Armée de l’Air, son drone a lui ayant été développé en coopération avec la société Israel Aerospace Industries – au point qu’on parle de « drone israélien ». Ce coup de pouce de Sarkozy a ainsi permis à Dassault d’être préféré au groupe européen EADS et même aux Américains de General Atomics, qui avaient pourtant la faveur des militaires français. Voilà qui permet de remettre en perspective la qualité de l’ »information » que Le Figaro et ses petites mains fournissent sur la Syrie. Un quotidien plus que jamais voué à être la Pravda du sarkozysme, notamment en ce qui concerne la politique étrangère, du fait de ses liens incestueux avec l’Elysée, un grand groupe privé et les accointances de l’un et de l’autre avec l’Etat d’Israël.

Louis Denghien,

Source : InfoSyrie - 25 août 2011

Comité Valmy

http://www.infosyrie.fr/decryptage/georges-malbrunot-la-voix-de-ses-%e2%80%93-nombreux-%e2%80%93-maitres/


1-5 Louis Denghien : Du bon usage des guillemets…

Comme chaque vendredi, jour de prière, des manifestations d’opposants ont eu lieu dans différentes villes de Syrie, le plus souvent au sortir des mosquées.

Puis des heurts ont alors opposé ces manifestants aux forces de l’ordre qui ont tiré faisant des victimes. Vingt-six en deux jours dans l’ensemble du pays – jeudi 11 et vendredi 12 août.

Ce scénario, qui a comme un air de déjà vu, c’est celui que communiquent invariablement – rituellement pourrions nous dire – les « ONG » de « défense des droits de l’homme » qui transmettent leurs « informations » aux « médias libres »  à partir des données que leur transmettent les « militants pour la démocratie » présents sur place.

Pourquoi tant de guillemets ? Parce qu’ils s’imposent à chaque fois. On va se répéter mais…

1)   ces « organisations non gouvernementales » sont avant tout des organisations anti-gouvernementales ;

2)   ces « défenseurs des droits de l’homme » – ou « militants pour la démocratie » sont, très souvent, des opposants radicaux au régime, très souvent proches des Frères musulmans, l’organisation, jusqu’à preuve du contraire, la plus structurée de l’opposition maximaliste à Bachar al-Assad ;

3)   ces « informations » sont invérifiables et d’ailleurs jamais vérifiées par les journalistes d’Occident qui les reprennent quotidiennement comme paroles – et statistiques – d’évangile ;

4)   ces « médias libres » de France, d’Amérique et d’Occident n’ont rien à envier, en termes de propagande et de mensonges – par omission ou dénégation des faits – aux médias des Etats autoritaires ou totalitaires qu’ils accablent de leur mépris.

Deux ou trois bonnes raisons de mentir…

On peut même dire à ce sujet que les événements de Syrie ont montré que nos médias soi-disant libres, professionnels et objectifs (autant qu’il est possible de l’être) continuent – ils l’ont déjà fait pour la Roumanie, la Serbie, l’Irak, l’Iran, le Soudan, l’Ukraine, la Géorgie, la Russie, le Venezuela, la Côte d’Ivoire, la Libye – de délivrer sur certains sujets – et certains pays – une vision parfaitement unilatérale, manichéenne, simplificatrice et donc mensongère. Et ce parce que nos médias sont…

1)   Sous influence des mots d’ordre et lignes géopolitiques prescrits, non pas par des comploteurs cachés, mais par l’hyperclasse politique, économique et médiatique qui siège à Washington, Londres, Paris ou Bonn, et qui relaye peu ou prou, aujourd’hui, les vues et intérêts de la Maison Blanche, les gouvernements européens étant devenus, on est désolé de le constater, les fidèles exécutants de ces vues et intérêts ;

2)   Incapables de se remettre en cause, de renoncer à leurs a priori idéologiques acquis depuis au moins trente ans, et qui sont d’inspiration « libérale-libertaire », c’est-à-dire mariant les vues politiques et sociétales du post-gauchisme occidental à l’ultralibéralisme économique. Daniel Cohn-Bendit et BHL (et, tiens, Hillary Clinton aussi) étant de parfaits exemples de cette synthèse qui a transformé d’anciens gauchistes en défenseurs de la civilisation occidentale, individualiste et marchande, et donc des Etats-Unis, matrice et bras armé de civilisation en question, une civilisation « supérieure » qui a, selon le schéma mental américain, vocation à s’installer partout et pour toujours.

Concrètement, en géopolitique, ça donne, au nom des « droits de l’homme », le « droit d’ingérence » des Etats-Unis et de l’OTAN dans tous les pays ne prenant pas leurs ordres à Washington ou dans la succursale de Bruxelles, ou ne vivant pas sous le régime de l’American way of life (and thinking). Et donc ça suscite inévitablement des analyses et des commentaires en noir et blanc, avec des « bons » invariablement bons et des « méchants » irrémédiablement et totalement méchants.

3)   Pressés par le temps et les impératifs de la concurrence effrénée que se livrent, de la télé numérique et satellitaire à internet en passant par la presse gratuite ou payante, les différents organes de presse : du coup, c’est tellement plus facile, rapide et rentable de se fournir en « infos » prêtes à imprimer chez n’importe quel bonimenteur de l’opposition syrienne, libyenne, iranienne ou russe, pourvu, bien sûr, que ces sources soient dûment estampillées « politically correct ».

On voit donc que dans sa couverture de l’actualité, notamment syrienne, « notre »  presse est affligée de grave problèmes structurels et même, osons le dire, « psychomoteurs » ! Et rien de plus difficile à soigner qu’un malade ne se sachant pas malade ou niant sa maladie…

Louis Denghien,

http://www.infosyrie.fr/decryptage/du-bon-usage-des-guill...

 



2 Dossier

 

2-1 Mère Agnès-Mariam de la Croix : Entre conflits armés et dialogue…

Mère Agnès-Mariam de la Croix est de nationalité libanaise et française. Son père est réfugié palestinien de 1948. Elle a vécu la guerre civile du Liban et travaille en Syrie depuis dix sept ans.
Mère Agnès-Mariam de la Croix (*), Supérieure du couvent de Saint Jacques l’Intercis, en Syrie, développe et complète ici ce qu’elle avait affirmé dans un précédent témoignage sur les évènements qui déchirent ce pays.

Le monastère Saint Jacques l’Intercis appartient à l’éparchie grecque melkite catholique de Homs, Hama et Yabroud. Il est situé 2 km à l’Ouest du village de Qâra. Cet édifice du Vème siècle à l’histoire prestigieuse et mouvementée était une ruine lorsque nous entreprîmes de le restaurer en 1994.

Aujourd’hui il abrite une communauté d’une quinzaine de membres appartenant à huit nationalités différentes. Ce lieu est devenu un centre spirituel international qui accueille plus de 15 000 personnes par an de tous horizons dont le dixième y passe au moins une nuit.

La communauté cherche à revenir aux sources du monachisme antiochien dans une perspective d’unité : celle de la personne humaine et celle de l’humanité, dans le mystère du Corps Mystique. Elle vit au jour le jour l’ici et le maintenant au Nom du Christ. Tendue de l’avant dans une attente eschatologique de Celui qui vient, elle veut préparer ses voies, en ramenant le cœur des pères vers leurs enfants et le cœur des enfants vers leurs. La Syrie est notre patrie d’adoption. Nous sommes engagés à servir dans la charité du Christ et la solidarité qu’elle inspire, ouvrant nos portes aux familles nécessiteuses quelle que soit leur appartenance. Notre communauté vient en aide à des personnes de tous bords, chrétiens et musulmans. Nous le faisons à travers des microcrédits, un service-conseil quotidien qui n’exclut pas l’hébergement gratuit, un réseau local de relations publiques pour trouver des solutions à des problèmes qui nous dépassent.

Actuellement nous essayons de suivre au jour le jour les souffrances de nos frères et sœurs confrontés soudainement à une situation sociale des plus difficiles et qui se dirige vers la précarité. J’aimerais répéter que nous ne sommes pas engagés politiquement mais spirituellement, d’après les valeurs de l’Evangile. Solidaires avec nos frères syriens, toutes confessions confondues, sans négliger de militer pour les droits des minorités.

Extraits :
[...]
Dans un article précédent [
http://www.silviacattori.net/article1586.html] j’ai essayé de décrypter les événements qui frappent la Syrie.

Publié sur le net par un site chrétien cet article a été traduit en anglais, arabe et italien et repris sur des dizaines de sites aux tendances les plus diverses : d’informations catholiques, orientalistes, progressistes, antimondialistes, situés en France, Italie, Belgique, Suisse, Liban, Etats-Unis, Canada, Palestine, Syrie, Israël, Afrique du Nord et j’en passe.
D’aucuns ont désavoué mon témoignage. Ils ont récusé la possibilité que je dise vrai, parce que je m’écartais de l’opinion la plus courante. Un commentateur a conclu que mon article : « déploie une argumentation politique si élaborée qu’il pourrait s’agir d’un faux ». C’est la première fois de ma vie que je me penche sur un tel sujet aussi je trouve cette appréciation bien flatteuse.
Un autre commentateur a écrit vingt pages pour remettre en cause chacune de mes assertions et en a pris prétexte pour s’en prendre avec une verve implacable, tout à la fois, à des sites antimondialistes et anti atlantistes (surtout le site Voltaire.net dont il assure à tort que je fais partie), à l’Eglise catholique, au Pape, à M. Sarkozy et aux services de renseignements français avec qui, affirme-t-il, je suis de connivence. Si bien que tout le soin que j’avais apporté à fonder mon argumentation sur des sources précises n’a pas été prise en considération. En définitive j’ai bien noté qu’il est risqué de fournir une version différente de celle donnée par les pouvoirs médiatiques et politiques. Assurément, on est mieux accepté si on utilise la langue de bois.

Mais le faire n’est-ce pas verser dans l’hypocrisie ?

Et se taire n’est-ce pas de l’absentéisme coupable ?

En tous les cas, telle est notre option : être sincères car seule la vérité rend libre.
Comment informer lorsque la désinformation s’impose ?
Il est impératif d’être bien renseignés sur une situation donnée [1] pour pouvoir se positionner en conséquence. Sinon, comment accomplir notre devoir de personnes consacrées au service de l’Eglise dans ce pays ? Or les sources principales d’information qui font autorité et jouissent d’un monopole absolu déforment l’information et nous induisent en erreur, instaurant un malentendu de taille. C’est notre dilemme : la grande presse internationale jouit d’une telle crédibilité que tout témoignage qui la contredit est relativisé, y compris le nôtre qui s’appuie pourtant sur une expérience vécue. Si notre témoignage ne passe pas par les voies officielles de l’information il est inaudible et quasi inutile. Je l’ai expérimenté en transmettant à qui de droit la mise en garde que les chrétiens de Qâra avaient reçue dernièrement et que j’insère plus loin dans cet article, j’ai constaté que l’unique réaction a été : « Où est la vérité ? ». Cette position timorée me rappelle un incident significatif. Une de nos fondatrices subit jadis un malaise cardiaque et fut transportée à l’hôpital où l’électrocardiogramme n’enregistra aucune anomalie. Les médecins nous rassurèrent mais, à peine arrivée au monastère, elle eut une attaque fatale et succomba sous nos yeux. Rappelé d’urgence, le médecin qui venait de la congédier brandissait l’électrocardiogramme pour assurer que la religieuse n’avait rien. Malgré l’information fournie par son appareil de contrôle, notre sœur est décédée. Je crains que le même scénario ne se répète aujourd’hui dans le domaine des événements sociopolitiques. Qu’à force d’être soumis à un système de désinformation, on ne se laisse berner jusqu’à un point de non retour [2].
La faute de la désinformation retombe, dit-on, sur le régime syrien qui empêche le libre accès des médias. C’est vrai. Mais faudrait-il pour cela punir la population et ne plus l’entendre en bloquant son témoignage et en refusant de le diffuser ?
Car aujourd’hui en Syrie, pour être bien renseigné, il ne suffit plus de suivre les nouvelles servies par les chaînes satellitaires internationales. Est requise une synthèse qui s’appuie sur la comparaison entre une variété de sources parmi lesquelles les témoins oculaires ont un rôle privilégié. Nous l’avons constaté sans cesse : la réalité qui se vit ici est différente de ce que transmettent les médias. Ces chaînes n’accompagnent pas l’évènement, elles le précèdent pour le provoquer. Heureusement, de plus en plus de gens accusent cette information de parti pris et de falsification. Nous encourageons nos lecteurs à être plus critiques à l’égard des médias. Les versions des télévisions syriennes pro-régime s’accordent plus avec la réalité. Nous avons essayé de nous documenter en temps réel en téléphonant à des proches sur les lieux mêmes des incidents décrits : la situation ressemblait plus à ce qu’en disait la télévision syrienne qu’à celle propagée par Al Jazzirah, BBC ou F rance 24, Al Hurra ou Al Arabia à travers des montages et autres compilations audio-visuelles mensongères et de mauvaise qualité [3].
La théorisation qui paralyse
Si la désinformation dénature l’évènement et le fausse, la théorisation le relativise et le rend inconsistant : ce sont les péroraisons des théoriciens politiques ou éthiques de tout acabit qui nous étourdissent par des raisonnements émis à froid sur ce que devrait être la situation en Syrie, alors que le sang coule dans la rue et que le pire est à nos portes. Que diriez-vous si, devant un feu qui embrase votre demeure, les volontaires du quartier s’attardaient à débattre sur les tenants et les aboutissants de la réforme sociale des sapeurs-pompiers et comment elle affecte la nature du feu qui est en passe de vous dévorer ? Ou si, pour toute réaction devant votre fils assassiné de sang-froid, vos voisins se désintéressaient de vous parce que la presse n’a pas encore parlé de ce crime pour condamner celui qui l’a perpétré ? Les slogans faussement humanitaires anesthésient la conscience des auditeurs et favorisent le glissement vers une logique vindicative aveugle qui, somme to ute, ne sert que la cause de l’injustice. C’est par fidélité aux victimes, quelles qu’elles soient, que nous ne voulons pas théoriser. En vérité nous sommes scandalisés par la légèreté avec laquelle certains intellectuels ou autres personnes de référence abordent les évènements dramatiques en Syrie. Croyant bien faire, ils ont une approche manichéenne qui s’aligne sur la vision de Leo Strauss propagée par les médias [4]. D’après cette vision, il y aurait en Syrie d’un côté les « bons » personnifiés par l’opposition - prise en bloc - qui réclame la « démocratie ». De l’autre côté il y aurait les « méchants » : c’est-à-dire le régime lui-même mais aussi la masse de ceux qui ne participent pas aux manifestations des « bons » [5]. La victimisation de l’opposition la pousse à encourager la chute du régime par la force, sans se préoccuper de la recrudescence de la violence et des retombées de ce cycle mortifère sur une population déjà saignée à blanc. C’est la simplification du sujet qui r end plus facile la manipulation médiatique et contribue à favoriser le malentendu [6]. La situation, elle, est autrement complexe et délicate. Le but du présent article est d’informer à partir de ce que nous, nos parents, nos connaissances ou amis vivons en Syrie, au fil des évènements qui se recoupent et s’éclairent. Depuis mon dernier article ces évènements m’ont donné raison, n’en déplaise à ceux qui m’ont critiquée. 
Évolution de la situation en Syrie
Aujourd’hui il ne fait aucun doute qu’il y a ingérence étrangère, refusée fièrement par une partie de l’opposition. Aujourd’hui il ne fait aucun doute que l’opposition s’est muée en divers endroits en une insurrection armée qui commet des atrocités contre la population civile et contre les forces de l’ordre et l’armée. Enfin, aujourd’hui, l’exacerbation du clivage confessionnel est une triste réalité. Ces trois facteurs convergent pour réanimer le spectre de l’affrontement interconfessionnel, voire de la guerre civile. J’aimerais m’arrêter sur ces points : 
Ingérence étrangère : l’impensable alliance entre les grandes puissances et des mouvements armés fondamentalistes
Ahuris nous assistons à un stratagème destructeur : telles grandes puissances, à grand renfort d’endoctrinement médiatique, jouent sur la corde du fondamentalisme religieux pour mettre en relief les différences qui séparent alors que les points communs qui unissent sont bien plus nombreux. La position de certains pays par rapport à la Syrie constitue pour nous un dépaysement surréaliste en regard du bon voisinage arabe et méditerranéen. Par exemple nous ne sommes pas habitués à une France belliqueuse, menant d’un bras de fer une incursion guerrière en Libye et marquant la rupture avec la Syrie. Ceci est culturellement inexplicable : que la France, qui sait découvrir et accueillir les cultures les plus variées, favorise l’extrémisme et ressuscite les vieux démons des clivages confessionnels. D’ailleurs dans les prises de position de la France c’est le côté culturel qui a été sacrifié puisque les grands centres culturels français en Syrie comme l’IFEAD et l’IFPO ont été fermés. Même surprise désabusée avec les Etats-Unis. N’ont-ils pas envahi l’Afghanistan pour se défaire d’Al Qaeda ? Comment pouvons-nous voir aujourd’hui les fondamentalistes les plus farouches proclamer leur sympathie et solliciter l’aide des États-Unis ? C’est le monde à l’envers.
 La visite des ambassadeurs US et français à Hama a été vécue chez nous comme une démarche injustifiable. Cette ville est, bien sûr, le symbole d’une répression sanglante que personne n’approuve. Mais Hama est aussi le porte-flambeau de l’idéologie islamiste qui cherche à faire tomber les régimes nationalistes arabes au profit d’une transformation confessionnelle islamisante de l’espace politique. Que cherche l’Occident ? La liberté ou l’islamisme ? Ou est-ce la liberté donnée à l’islamisme ? Or cet islamisme nous savons qu’il s’oppose comme l’onagre biblique autant aux musulmans modérés qu’aux non-musulmans. Pourquoi abonder dans son sens ? On n’y comprend plus rien.
Pourquoi les Occidentaux encouragent-ils une insurrection armée, confessionnelle et fondamentaliste de surcroît, qui risque de s’étendre comme une tache d’huile ? Aucune explication ne saurait légitimer une telle attitude. Aussi, l’ingérence subversive des puissances occidentales ou arabes dans les affaires internes du pays est-elle vigoureusement dénoncée par les autorités religieuses. Le 16 juin, les évêques de Damas ont publié un communiqué déplorant cette ingérence et appelant à l’unité nationale et au dialogue [7]. 
C’est aussi ce qui ressort de la lettre ouverte que le P. Elie Zahlawi a adressée au Premier Ministre français Alain Juppé le 30 juillet 2011 [8]. De son côté le Patriarche maronite Mar Béchara Boutros Raï a une lecture plus globale de la situation. Il dénonce le « projet du Nouveau Moyen-Orient qui est à l’œuvre pour morceler le monde arabe dans le but qu’Israël vive en paix en en sécurité » [9]. D’après cette lecture, les évènements en Syrie sont mis à profit pour un remodelage géopolitique sur fond d’affrontement interconfessionnel. Certains d’entre nous ont fait l’expérience de ces manipulations au Liban durant la guerre civile, expérience partagée par nos frères et sœurs irakiens, boutés hors de leur pays et présents par milliers à Damas. La tendance mondialiste qui prévaut c’est de promouvoir le choc des civilisations pour asseoir la légitimité des regroupements ethniques ou confessionnels qui, à leur tour, légitiment l’existence d’Israël [10].
Opposition pacifique ou insurrection armée ?
La Syrie vit depuis des mois des coups d’État larvés car ce remodelage ne peut être instauré sans la force des armes. L’insurrection armée en Syrie est une tumeur inoculée qu’on cherche à faire crever un peu partout dans le pays au gré des clivages confessionnels ou tribaux, avec son cortège de haine, de vengeances, de victimes et de désastres socio-économiques. Cette situation ouvre la voie à la loi du plus fort et marginalise les justes réclamations des Syriens pour un changement sociopolitique rationnel et en profondeur. Elle est dénoncée autant par les Syriens de l’opposition que par ceux qui sont restés fidèles à ce que le régime a de sécurisant et qui sont, reconnaissons-le, l’immense majorité qui a joui d’une réelle stabilité civile. [...]
Lire le texte complet et les référence sur

http://www.silviacattori.net/article1811.html#nh17

lundi 15 août 2011
http://www.france-catholique.fr/SYRIE-ENTRE-CONFLITS-ARMES-ET.html


2-2 Michel Chossudovsky :

L’OTAN et la Turquie appuient les rebelles armés en Syrie.

Les médias occidentaux ont contribué activement à dissimuler la nature de l’interférence étrangère en Syrie, incluant le soutien extérieur aux insurgés armés. Ils ont décrit en chœur les récents événements en Syrie comme un « mouvement de protestation pacifique » contre le gouvernement de Bachar al Assad.

Des développements récents en Syrie indiquent qu’il s’agit d’une insurrection armée à part entière, intégrée par des mujahideen, islamistes  («Freedom Fighters »), appuyés, entraînés et équipés par l’OTAN et le haut commandement de la Turquie. Selon des sources du renseignement  israélien :  

Entre-temps, le quartier général de l’OTAN à Bruxelles et le haut commandement turc dressent des plans pour leur première étape militaire en Syrie, laquelle consiste à munir les rebelles d’armes pour combattre les chars d’assaut et les hélicoptères constituant le fer de lance du régime Assad pour réprimer la dissidence.

Afin de repousser les forces armées gouvernementales, les stratèges de l’OTAN pensent davantage à répandre de grandes quantités d’antichars, de roquettes antiaériennes, de mortiers et de mitrailleuses lourdes dans les centres où ont lieu les contestations, au lieu de répéter le modèle libyen de frappes aériennes. (DEBKAfile, NATO to give rebels anti-tank weapons, 14 août 2011. C’est l’auteur qui souligne.)

La livraison des armes doit être effectuée par « voie terrestre, à savoir par la Turquie et sous la protection de l’armée Turque […] Autrement, les armes seraient transportées par camion jusqu’en Syrie sous la garde de l’armée turque et transférées aux chefs des rebelles lors d’une rencontre prévue. (Ibid. C’est l’auteur qui souligne.)

L’OTAN et le haut commandement turc envisagent également le développement d’un djihad impliquant le recrutement de milliers de mujahideen (« Freedom Fighters », ce qui évoque l’enrôlement de moudjahidines pour mener le djihad (guerre sainte) de la CIA à l’âge d’or de la guerre soviéto-afghane :

Selon nos sources, Bruxelles et Ankara discutent également d’une campagne pour enrôler des milliers de volontaires musulmans dans les pays du Moyen-Orient et le monde musulman afin de combattre auprès de rebelles syriens. L’armée turque logerait ces volontaires, les entraînerait et assurerait leur passage en Syrie. (Ibid. C’est l’auteur qui souligne.)

Ces divers développements indiquent une implication potentielle de troupes turques en Syrie, ce qui pourrait mener à une confrontation militaire élargie entre la Turquie et la Syrie ainsi qu'à une intervention militaire « humanitaire » sans réserve de l’OTAN, dont la mise en oeuvre serait coordonnée avec l'insurrection.

Un reportage détaillé sur l’évolution de la situation en Syrie sera publiée sous peu par               

                                                                                                             Mondialisation.ca.

Michel Chossudovsky

Article original en anglais publié le 15 août 2011 : BREAKING NEWS: NATO and Turkey Support Armed Rebels in Syria. Campaign to Recruit Muslim "Freedom Fighters"
Traduction : Julie Lévesque pour
Mondialisation.ca

16 aout 2011

http://sos-crise.over-blog.com/article-l-otan-et-la-turquie-appuient-les-rebelles-armes-en-syrie-surf-de-sarkozy-81709557.html

http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=26036


2-3 Guy Delorme : Le Figaro : la révolte introuvable à Damas !

Manifestants pro-Bachar à Damas samedi 20 août : manifestement, ils ne lisent pas la presse française !

Sous un titre malveillant juste ce qu’il faut – « Damas forteresse impassible sous le contrôle d’el-Assad » -, Le Figaro.fr consacre un article – mis en ligne le 21 août – à la situation dans la capitale syrienne, pour constater qu’on n’y décèle aucune trace d’agitation ni de mécontentement particulier. « A Damas, il faut être devin pour savoir qu’une révolte populaire menace le pouvoir syrien » écrit d’emblée Georges Malbrunot, envoyé spécial du Figaro à Damas (au fait, encore un journaliste étranger officiellement présent en Syrie !)

« Aucun barrage militaire n’a été érigé sur la route entre l’aéroport et le centre ville, pas plus que sur celle menant à Beyrouth au Liban » explique-t-il ensuite, ajoutant « Dans les rues, les policiers ne sont pas plus nombreux qu’en période normale« . Quitte à préciser aussitôt que « ce n’est pas le cas des agents en civil de la police secrète, qui veillent au grain. » Sauf qu’il est ontologiquement malaisé d’apprécier au coup d’oeil le nombre de policiers secrets dans les rues !

Reste que l’homme du Figaro, qui pour rester dans la « ligne » éditoriale de son employeur indique que des violences éclatent « régulièrement« , « tout autour » de la capitale, est bien obligé de conclure que la « révolte démocratique » est plus que discrète à Damas, où les restaurants sont « massivement fréquentés » et les rues « embouteillées« . Alors pourquoi si peu de haine ?

Journaliste recherche révolté désespérément

A cause du peuple, en fait. « Même si de nombreux Damascènes soutiennent les aspirations au changement réclamé par les opposants, la majorité reste encore silencieuse » (que d’espoir contenu dans cet « encore » !)

Georges Malbrunot explique qu’à Damas – à Damas seulement ? – « la peur du vide est omniprésente chez beaucoup, et bien au-delà des minorités chrétienne et alaouite ». Et de citer un fidèle musulman interrogé au sortir de la mosquée des Omeyyades qui espère que, si dieu le veut, « la situation sera redevenue normale dans quelques semaines« .

Une fonctionnaire, Hala, résume un sentiment certainement répandu quand elle dit : « Je suis la première à reconnaître que le régime commet des erreurs, qu’il y a des abus de pouvoir, mais il ne faut pas casser le système pour introduire le chaos« . Et c’est là la manifestation d’opposition la plus virulente que Georges Malbrunot a pu glaner à Damas ! Assis au pied d’un pilier de la mosquée, Saleh, il est vrai militaire, se veut optimiste à ce sujet : « Regardez à Deir Ezzor c’est fini, à Hama aussi, il y a quelques poches de résistance mais ça va se résorber« . M. Figaro a même droit à l’interpellation spéciale d’un chauffeur de taxi : « Mais où sont les chars ? Si l’on en croit al-Jazeera, la Syrie est à feu et à sang. Mais c’est faux, jugez vous-même ! »

Après avoir sondé la mosquée, on tend le micro à l’église : devant celle de Marie-Myriam (ou Mariam), Mgr Louqa al-Khoury, évêque grec orthodoxe, ne pratique pas la langue de bois – ou de buis : évoquant les opposants, il déclare, sans indulgence excessive, que « ce ne sont pas ces tueurs extrémistes criminels qui vont faire tomber le régime ! » « Pas plus qu’Obama, Cameron ou Sarkozy qui viennent d’appeler au départ de Bachar al-Assad. » Et Mgr al-JKhoury de rappeler certains faits que Malbrunot préfère présenter comme une   »rhétorique du régime » : « Regardez ce qui s’est encore passé ce week-end à Ghabaghed dans le sud, des extrémistes ont attaqué le commissariat et tué son responsable« . Pour relativiser la (sainte) colère de l’évêque, le journaliste figaresque prend soin de préciser que Mgr al-Khoury a récemment expulsé de son église l’ambassadeur américain Robert Ford, pour avoir manifesté avec les rebelles de Hama. Attitude certes peu charitable de la part d’un dignitaire chrétien mais impeccable du point de vue d’un patriote syrien !

Les opposants (cyber ou pas) et BHL pourront toujours prétendre que les Damascènes sondés par Malbrunot étaient de faux passants téléguidés par les services secrets de Bachar.

Mais nous avons déjà écrit ici que le vent avait tourné ces dernières semaines en Syrie, et que cet instantané de l’opinion damascène pourrait bien refléter celle de l’ensemble du pays.

On peut même se demander si la publication, par un journal aussi conformiste que Le Figaro, d’un tel article n’annonce pas un léger « changement de vent » médiatique sur la Syrie, la révolte marchant décidément mieux en Libye ou en Egypte…

Guy Delorme,

http://www.infosyrie.fr/decryptage/le-figaro-la-revolte-i...


2-4 Rassemblement à Damas dénonçant les ingérences étrangères.  

Dans la nuit de samedi des milliers de citoyens se sont rassemblés à la place d'al-Hidjaz à Damas en signe d'appui à la réforme sous la direction du président al-Assad et de rejet des interventions étrangères dans les affaires intérieures de la Syrie.
Les participants ont dénoncé les propos de certains responsables étrangers qui s'arrogent le droit de parler au nom du peuple syrien, affirmant que la volonté de ce peuple est restée libre et indépendante tout au long de son histoire, rapporte l'agence SANA.
Ils ont également exprimé leur appui à l'armée arabe syrienne et leur rejet de la conspiration menée par des chambres d'opération noirs.
Des drapeaux nationaux et des banderoles affirmant la cohésion nationale ont été également levés et des slogans honorant les martyrs ont été scandés.
Par ailleurs, les médias d'Etat syriens dénoncent les appels de l'Union européenne et des Etats-Unis à la démission du président Bachar al-Assad, rapporte samedi le quotidien Al-Thawra, proche du gouvernement.
Selon le journal, de tels appels témoignent d'un "complot" ourdi contre la Syrie qui joue un rôle clé au Proche-Orient, notamment dans le conflit arabo-israélien, et l'éviction de la Syrie est un objectif stratégique d'Israël, des Etats-Unis et d'autres pays d'Occident.
Damas s'est toujours opposé à toute forme d'ingérence étrangère dans ses affaires intérieures et "ne permettra pas de le faire à l'avenir à qui que ce soit", lit-on dans les pages d'Al-Thawra.
Par ailleurs, un groupe de jeunes syriens indépendants organise pendant quatre jours une campagne intitulée "La Syrie va bien" au cours de laquelle ils mettront quelques 250 personnalités arabes et étrangères au courant des événements en Syrie.
Lors d'un point de presse, les organisateurs ont indiqué que cette campagne a pour objectif de remercier tous ceux qui ont traité les événements en Syrie avec objectivité, effectué des visites sur le terrain et rencontré des personnalités religieuses, populaires etc
Sur le terrain, une délégation populaire du camp al-Yarmouk à Damas, composée de dignitaires religieux, d'avocats et de médecins s'est rendue dans le quartier Ar-Raml al-Janoubi à Lattaquié. La délegation a vérifié sur place des fait sur le terrain, dénonçant les allégations des chaines médiatiques et de certaines personnalités palestiniennes sur ce qui s'est passé dans ce quartier.
L'imam et le prédicateur de la mosquée Chaf'ï, dans le camp de Yarmouk, a affirmé que tout ce qu'on a entendu au niveau de certaines chaines médiatiques et de certaines personnalités sur un pilonnage présumé du quartier Ar-Raml et de son camp par des chars et des navires maritimes est dénué de tout fondement, car il n'y a aucun signe de destruction ou de bombardement.
Enfin, une source militaire responsable a indiqué qu'un groupe terroriste armé avait visé par une embuscade tendue dans la région de Jourat al-Arayes, à Homs, un bus militaire transportant nombre d'officiers qui se dirigeaient à leur travail.
D'autre part, à Homs la TV syrienne a diffusé une séquence de vidéo sur un groupe de terroristes en train de tuer le policier, Raëd Achour, en tirant sur lui, une rafale de balles en plein boulevard d'al-Hamidiah au centre ville de Homs.
La vidéo qui a été filmée par une caméra de surveillance dans la rue le 11 août , montre clairement comment une voiture inconnue, de couleur argentée s'est approchée de la victime, Raëd Achour, et 4 éléments sont descendus de la voiture dans le but de kidnapper la victime, mais après la résistance de ce dernier, ils ont tiré sur lui à bout portant de leurs armes, à la poitrine, à la cuisse gauche et au pied droit.

21/08/2011
http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?eid=27896&cid=18&fromval=1&frid=18&seccatid=37&s1=1



3 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

3-1 Guy Delorme : Syrie/Irak/Iran : un gazoduc très politique.
Il semble qu’au bout de quatre mois de manoeuvres et pressions en tous genres, les Américains aient finalement échoué dans leur projet de marginalisation de la Syrie dans la région.

En effet, la Turquie a baissé le ton vis-à-vis de Damas, au grand dam de certains déstabilisateurs qui ont espéré très fort, voici un ou deux mois, que l’armée d’Ankara franchirait la frontière pour « protéger » les populations – en partie turcophones – de la région de Jisr al-Choughour. Mais l’armée syrienne a chassé les activistes salafistes, réoccupé ses postes frontières, et les réfugiés de Turquie se sont mis à rentrer au pays.
Le gouvernement de Damas vient de marquer un autre point important sur le front diplomatique régional avec la signature, lundi 25 juillet, à Téhéran, d’un « mémorandum d’entente » sur la réalisation d’un gazoduc de 5 600 kilomètres de longueur, permettant le transport quotidien de 110 millions de m3 de gaz iranien vers l’Europe via la Syrie et l’Irak. Plusieurs sociétés européennes devraient être associées à l’exploitation de ce « gazoduc islamique« .
Le ministre syrien du pétrole et de la Richesse minière, Sofiane Allaou, a apposé sa signature aux côtés de celles de ses homologues iranien Mohammad Ali Abadi et irakien Abdel Karim al-Laebi. L’ambassadeur syrien à Téhéran, Hamed Hassan, assistait à la séance de signatures. De son côté, le ministre iranien des Affaires étrangères, Rahmin Mehmanparast, a estimé que ce gazoduc servirait les intérêts des pays de la région.
Les amis de mes amis…
Bien évidemment, un tel accord entre Damas, Bagdad et Téhéran, dans le contexte tendu que connaît la Syrie, a une dimension autant politique qu’économique. Si les bonnes relations entre l’Iran d’Ahmadinejad et la Syrie d’al-Assad sont une réalité bien intégrée par la géopolitique régionale, celles existant entre l’Irak post-Saddam et la Syrie de Bachar sont moins aisées à analyser. On sait que les deux pays partageaient jadis peu ou prou la même filiation baasiste, nationaliste arabe et laïque. Mais la personnalité de Saddam Hussein avait transformé cette proximité idéologique en rivalité régionale – et personnelle avec Hafez al-Assad – qui avait culminé en 1991 avec la participation d’un contingent syrien à la coalition anti-irakienne lors de la première Guerre du Golfe. Après la chute du rais de Bagdad en 2003 et le chaos sanglant qui s’en est suivi, la Syrie, on le sait, a accueilli près d’un million et demi de réfugiés irakiens qui, pour la majorité d’entre eux, sont restés dans leur nouvellle patrie.
La nouvelle majorité politique issue des élections irakiennes, qui est l’expression de la majorité démographique chiite, est proche de Téhéran, principal allié régional de Damas. On ne peut en tous cas que constater un renforcement – récent – des relations entre les deux pays, dont l’un est tout de même toujours occupé par plus de cinquante-mille G.I.’s. On pourrait presque dire qu’avec leur guerre injuste et tellement coûteuse en hommes et en dollars, les Américains ont finalement travaillé en Irak pour l’Iran et, par ricochet diplomatique, pour la Syrie ! Syriens et irakiens se trouvant actuellement confrontés aux mêmes ennemis immédiats, à savoir des terroristes islamistes plus ou moins proches d’Al-Qaida, voire de l’Arabie Saoudite.
Le nouveau régime irakien, sous étroit contrôle américain, a d’abord reproché à son voisin d’héberger sur son sol plusieurs des activistes islamiques opérant en Irak. Mais la proximité géographique et les intérêts commerciaux bien compris avaient conduit les deux nations à renouer officiellement, en novembre 2006, des relations diplomatiques normales. Interrompues pendant plus d’une année en 2009/2010, suite à un litige portant sur la présence d’opposants baasistes irakiens en Syrie, ces relations ont été rétablies en septembre 2010, à la demande des Irakiens.
L’économie est donc un vecteur de la politique et de la diplomatie entre les deux pays : une délégation syrienne forte de 136 hommes d’affaires est attendue mercredi 27 juillet à Bagdad, avec à sa tête le ministre de l’Economie Mohammad Nida al-Chaara, pour une réunion plénière du comité ministériel mixte syro-irakien. Lequel comité doit plancher sur les mesures et traités propres à développer les échanges commerciaux entre les deux pays. Qui sont déjà liés par un certain nombre d’accords dans différents domaines. Entre autres, des protocoles de coopération industrielle signés en 2009, ainsi que des accords de coopération scientifique et techniques, portant aussi bien sur le pétrole, le gaz et l’électricité que le secteur bancaire. Ajoutons que l’Irak est le premier partenaire commercial de Damas.
De l’économie à la politique il n’y a décidément qu’un pas et Bachar al-Assad a reçu mardi 26 juillet un message de son homologue irakien Jalal Talabani, que lui a transmis Adel Abdel Mahdi, envoyé spécial irakien (voir photo ci-dessous) 
La signature de cet accord sur le « gazoduc islamiste » apparaît donc bien comme un échec de la stratégie américaine d’isolement de la Syrie, et comme un geste d’indépendance du gouvernement irakien de Nouri al-Maliki, en place depuis décembre 2010, à quelques mois du retrait des dernières troupes américaines, qui devrait être achevé en décembre prochain.

Guy Delorme

27 Juillet

http://www.infosyrie.fr/focus/syrieirakiran-un-gazoduc-tres-politique/


Nous publions à présent un extrait d’une longue analyse de la situation syrienne par Mère Agnès-Mariam de la Croix – mise en ligne le 15 août.
Dans un premier écrit – publié le 1er mai dernier – Mère Agnès-Mariam, religieuse catholique de l’église grecque melkite de Syrie – de nationalité franco-libanaise, avait déjà dénoncé la désinformation médiatique, et au premier chef celle véhiculée par les télés satellitaires arabes comme al-Jazeera ou al-Arabiya, ou encore Barada TV, chaîne proche des opposants syriens radicaux et financée grassement par le Département d’Etat américain, sans oublier bien sûr les Américains de CNN et les Britanniques de BBC News, qui tous, sur la Syrie, « évoluaient en parfaite harmonie idéologique avec les aréopages du net : les leurs propres ainsi que Facebook, Tweeter, Youtube », ces réseaux étant relayés par la presse écrite en ligne.
La religieuse pointait, dès cette époque (Infosyrie était encore dans les limbes au début des événements) la non fiabilité des sources de l’ « information » distillée en Occident sur la Syrie : des SMS envoyés clandestinement à partir de téléphones portables aux chaînes satellitaires, dont certaines n’hésitaient pas à promettre des rétributions à leurs « correspondants improvisés » : Mère Agnès-Mariam a personnellement reçu des témoignages de jeunes chrétiens syriens en ce sens.
Et puis, bien sûr, elle dénonçait les ingérences étrangères dans la crise syrienne, et notamment la collusion entre le clan libanais Hariri et les Américains.
Mère Agnès-Mariam produisait une suite de témoignages sur la réalité de trafics d’armes en provenance du Liban et à destination des « insurgés radicaux », et décrivant notamment leurs agissements – et leur équipement – à Homs.
Guerre religieuse : l’inquiétant scénario de Mhardeh
Dans ce second texte dont nous présentons un large extrait – Mère Agnès-Mariam revient sur l’alliance funeste – pour la Syrie et bien au-delà de ses frontières – « entre les grandes puissances et des mouvements armés fondamentalistes ».
 Les grandes puissances, ce sont of course les Etats-Unis, mais aussi, hélas, la France de Sarkozy qui a, dans cette histoire, sacrifié des liens culturels anciens avec la Syrie.
 La religieuse rappelle à ce propos que la visite des ambassadeurs américain et français auprès des insurgés de Hama « a été vécue chez nous comme une démarche injustifiable ».
Et les fondamentalistes, ce sont bien sûr ces groupes armés (par des factions libanaises, notamment) dont Mère Agnès-Mariam, s’appuyant sur des témoignages d’amis locaux, décrit les agissements à Hama et dans des localités du gouvernorat comme Mhardeh, petite ville de population grecque orthodoxe, et assaillie, le 1er août dernier, par des centaines de jeunes hommes armés, qui ont mis la ville en coupe réglée : à Mhardeh, les forces de police sont en nombre insuffisant et bientôt ce sont les habitants qui doivent résister, à coups de fusil, aux agresseurs, finalement repoussés.
Le scénario – de conflit communautaire – se reproduit au même moment dans le village chrétien de Sqailbiyyeh et de façon moins directement violente, jusque dans une grande ville moderne comme Damas, selon Mère Agnès-Mariam.
Dans l’esprit de dialogue et de réconciliation qui lui tient très à coeur, la religieuse a organisé, le 30 mai, au monastère Saint-Jacques de Qâra, une rencontre entre chrétiens et opposants sunnites, alaouites, kurdes et druzes, réunion qui a accouché d’un communiqué commun dénonçant les manipulations médiatiques et l’ingérence étrangère, soulignant la justesse des revendications de l’opposition, et prônant en conséquence un « dialogue confiant et serein, sans compromission avec les erreurs passées ».
Mère Agnès-Mariam se veut malgré tout plutôt raisonnablement optimiste : « La Syrie, dit-elle, est loin de l’effondrement », les foyers d’antagonismes confessionnels ont été « isolés et contrôlés » et la fragile harmonie de la « mosaïque » syrienne a été jusqu’à présent maintenue tant bien que mal par le régime baasiste, dont la religieuse déplore néanmoins le caractère longtemps « totalitaire et corrompu ».
Mais Mère Agnès-Mariam salue la « saine autocritique à l’oeuvre » actuellement, qui s’exprime par de nouvelles lois promulguées et des réformes mises en route.
Dans la dernière partie de son texte, la religieuse revient rapidement sur l’histoire et la situation présente des chrétiens d’Orient, et les perspectives – inquiétantes – que leur ménage « l’entente désormais affichée entre les Etats-Unis et les Frères musulmans ».
Au total une contribution peu orthodoxe – si l’on peut dire – à l’analyse des événements de Syrie.

Et l’on se pose la question : qu’aurait à répondre un Alain Juppé aux arguments de Mère Agnès-Mariam ?
http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?fromval=1&cid=18&frid=18&eid=27826

Extrait :

"Une grande amie ayant reçu mon article sur les derniers développements en Syrie l’a soumis à un “grand journaliste” de ses connaissances. Voici sa réponse :

Je ne sais trop qu’en penser ? J’ai un peu l’impression que ton amie surestime les interprétations du pouvoir (complot etc..) et les islamistes sur l’incroyable pulsion de liberté qui s’y exprime avec un courage fou. Voir ce témoignage : « Une révolution d’esclaves contre leurs maîtres : interview de Samar Yazbek, auteure syrienne, membre de la communauté alaouite, plusieurs fois arrêtée pour ses prises de positions anti-Al-Assad », par Christophe Ayad.
Suit l’article qu’on peut trouver sur le site du journal Libération….

 

Mère Agnès-Mariam : Voici ma réponse à mon amie et au “grand journaliste”.

Chère amie,

Mes remerciements pour l’occasion offerte de dialoguer avec ton ami dont l’itinéraire journalistique m’a impressionnée.

J’ai bien dit dans mon article que je serais taxée d’être "pro-régime". Mais peu importe. L’important c’est d’informer en vue de prévenir le pire. Je salue Samar Yazbek, connue, respectée et aimée et membre de la ligue des écrivains syriens. Le 4 août, un journaliste que je connais, Pierre Abi Saab, lui dédie une demie page dans le journal libanais arabophone Al Akhbar (http://www.al-akhbar.com/node/18374) où il la compare à Électre et à Antigone. Son témoignage dans Libération et dans La Croix est bouleversant.

Samar fait partie des élites alaouites dissidentes de la famille Al Assad. Elle confirme le fait que les alaouites, dans leur majorité n’ont PAS été favorisés par le régime : au contraire, ce sont les élites sunnites qui l’ont été et qui, aujourd’hui appuient le régime. J’ai des connaissances parmi ces élites alaouites dissidentes. Il faut être prudent. Car le conflit inter-alaouites est tribal et vindicatif ; il ne porte pas sur la démocratie mais sur le fait de n’avoir pas été favorisé matériellement. Samar a des atouts extraordinaires pour décrire ce qu’elle vit mais elle se trahit. En parlant d’une révolution d’esclaves contre leurs maîtres elle est solidaire avec les siens, ces alaouites défavorisés. Mais on est loin d’une approche globale du phénomène qui regroupe : des intellectuels théoriciens (minorité infime) toutes confessions confondues, des contrebandiers, des repris de justice, des élites politiciennes corrompues écartées (dont l’oncle des Assad, Rifaat El Assad établi à Paris et le sunnite ancien vice-président, Abdel Halim Khaddam, dissident dès 2005 en préparation des évènements actuels d’une reprise sunnite du pouvoir sous couverture turco-saoudienne, avec bénédiction US), des idéalistes (une minorité) dont les anciens communistes et autres partis politiques dévitalisés par le monopole baathiste, la classe moyenne des sunnites galvanisée par des slogans confessionnels, des kurdes marginalisés.

J’ai lu attentivement l’interview de Samar. Il s’agit, qu’on me le permette, de pain rassis sur la planche. Samar parle du début du mouvement pacifique de contestation. A ce moment-là nous étions tous unis et solidaires avec les demandes légitimes de réforme. Je connais personnellement des intellectuels du communiqué de Damas. Samar a quitté la Syrie début juillet. Auparavant elle travaillait aussi à la télévision syrienne. [...]

Ce que j’ai écrit est le fruit de témoignages vécus, sur le terrain. J’ai même pris la peine de distinguer qu’en cas d’acte confessionnel “irréparable”, nous ne saurions distinguer qui en sera l’auteur : les islamistes ou les agents du gouvernement.

Plus d’objectivité de notre part ? Difficile !

Mère Agnès-Mariam de la Croix, Higoumène du Monastère Saint Jacques l’Intercis, Syrie.
21/08/2011

(*) Mère Agnès-Mariam de la Croix est de nationalité libanaise et française. Son père est réfugié palestinien de 1948. Elle a vécu la guerre civile du Liban et travaille en Syrie depuis dix sept ans.

Source : Mère Agnès-Mariam de la Croix"

http://www.silviacattori.net/article1819.html 


3-4 Louis Denghien : L’ONU au service du NOE (Nouvel Ordre Mondial) ?

Une « mission d’évaluation » des Nations-Unies sera en Syrie ce week-end a annoncé jeudi 18 août Valérie Amos, coordinatrice des affaires humanitaires de l’ONU. Cette visite, accepté par le gouvernement syrien, s’inscrit dans la suite logique de la conversation téléphonique entre Ban Ki-Moon, secrétaire général de l’ONU, et Bachar al-Assad, mercredi soir 17 août. Ban Ki-moon avait alors exprimé sa vive inquiétude sur la poursuite de la répression en Syrie, et Bachar avait affirmé que les opérations de l’armée et de la police contre les opposants violents venaient de prendre fin.

Ce même jeudi 18 août, le haut-commissariat aux droits de l’homme de l’ONU avait publié un rapport sur la « répression en Syrie« , assurant que celle-ci avait conduit à de « graves violations des droits de l’homme » pouvant « relever de crimes contre l’humanité« . Ce rapport s’appuyait sur le résultats d’une mission d’enquête ayant recueilli « aux confins de la Syrie« , entre le 15 mars et le 15 juillet, des témoignages sur les exactions éventuelles des forces de l’ordre. Cette « commission d’enquête » avait reçu mandat d’une résolution votée lors d’une session « spéciale Syrie » du conseil des droits de l’homme de l’ONU, le 29 avril dernier.

Les gens de l’ONU ont donc collecté des éléments prouvant selon eux « une apparente volonté de tirer pour tuer, la plupart des blessures par balles ayant été localisées dans la tête, la poitrine et généralement la partie supérieure du corps« . Bien sûr, le rapport onusien parle de manifestations forcément « pacifiques » sur lesquelles les forces de l’ordre syriennes « ouvrent le feu sans discernement sur des civils, sans sommation et à courte portée« . Bref, pour les enquêteurs, on constate en Syrie depuis 4 mois « un ensemble de violations des droits de l’homme constituant une attaque généralisée ou systématique contre la population civile« , ce qui justifierait que le conseil de sécurité « envisage de saisir la Cour pénale internationale sur la situation en Syrie« .

Un rapport malhonnête car partial et partiel

A suivre. Mais disons déjà, ou plutôt répétons que ce rapport pèche par un manichéisme et un simplisme qui hypothèquent gravement son impartialité proclamée. D’abord, une grande partie des témoignages collectés, pendant 4 mois, « aux confins de la Syrie » – c’est-à-dire on suppose dans les camps de réfugiés encadrés par les Turcs, ou parmi les milieux, libanais ou syriens, acquis à l’opposition – relèvent de la propagande ou du lyrisme consubstantiel à la rhétorique islamiste ou aux slogans politiquement corrects des branchés Facebook.

Loin de nous, une fois encore, de nier les morts, les bavures et les brutalités. Mais celles-ci découlent d’un schéma « provocation-répression » institué par des émeutiers armés, prenant pour cible, à Hama, Homs, Lattaquié, Deir Ezzor, Idleb, les forces de l’ordre, et poussant celles-ci à tirer dans le tas ou à l’aveuglette, ce dans un contexte de guérilla urbaine où les snipers de l’opposition radicale peuvent être partout. La « nervosité » des soldats et policiers syriens s’expliquant aussi par le souvenir du massacre de leurs camarades survenu à Jisr al-Choughour à la mi-juin.

Ne pas tenir compte de ces circonstances, occulter l’action des groupes armés attestée pourtant par plusieurs vidéos, ne rien dire des pertes de l’armée et de la police, qui ne peuvent s’expliquer que par l’action de ces groupes armés, taire les inquiétudes des minorités religieuses ou des très nombreux partisans du régime, c’est ne nous raconter, au mieux, que la moitié du film, et c’est, pour les Nations-Unies, s’abaisser au niveau des chancelleries euro-américaines !

Mais l’ONU ne s’est-elle pas déconsidérée depuis longtemps par son incapacité à s’opposer aux « justes guerres » de l’Amérique – de l’Irak à la Yougoslavie – et d’Israël – du Sud-Liban à Gaza. Encore devrait-on se demander si le mot « incapacité » était bien celui qui convenait dans ces circonstances…

Nous avons, à Infosyrie.fr, visionné depuis le mois de mai pas mal de vidéos de manifestations de rue : souvent nous avons vu des manifestants fuir sous des tirs. Oui, « sous des tirs », car si les forces de l’ordre avaient tiré à hauteur d’homme, avec les moyens dont elles disposent on aurait eu droit à un carnage à chaque démonstration de l’opposition. Or même les estimations maximalistes et invérifiables de nos cyber-statisticiens de l’opposition fixent à 1 900 ou 2 000 morts en 5 mois le bilan de la « sanglante répression » bachariste. Mais, compte tenu des pratiques militaires que dénonce le rapport de l’ONU, ce bilan devrait être au moins dix fois supérieur !

 Une seuleintervention brutale, à tir tendu et à bout portant, des soldats et blindés contre une manifestation de 50 000 personnes à Hama, par exemple, aurait pu atteindre en 10 minutes à peine ce chiffre de 2 000 victimes !

Non, les forces de l’ordre syrienne, dans un contexte pour le moins difficile, nous paraissent avoir fait preuve d’une retenue certaine. Rappelons que même les propagandistes de l’OSDH reconnaissent qu’au moins 20% – soit 500 personnes – des victimes du « printemps syrien » appartiennent à la police et à l’armée. Et parmi les victimes civiles, combien de partisans du régime, de membres de minorités religieuses, victimes des activistes islamistes ?

Dans ce contexte, l’ONU et son « haut-commissariat aux droits de l’homme » nous paraissent travailler pour le Département d’Etat et pour l’Union européenne, beaucoup plus que pour la justice et la vérité. Quant à la Cour pénale internationale, que ces messieurs songent à saisir – et dont, curieusement, les Américains ont refusé de ratifier l’existence et les compétences -, disons ou redisons simplement qu’elle a suffisamment fait preuve, ces dernières années, de sa partialité pour que nous – et éventuellement les Syriens – la récusent à l’avance.

Par Louis Denghien,

COMMENTAIRE D’UN LECTEUR :

alephdit :

Merci Louis pour vos commentaires éclairés.

Il est clair que l’ONU à l’intention d’instruire un nouveau procès à charge après celui avorté pour l’assassinat de Rafiq harriri via le TSL.

On ouvre un nouveau volet de désinformation et de manipulation de façade et de pressions sur le gouvernement syrien en coulisse.

La conférence de presse de Bashar Jaafari (Merci Shamsi) indique clairement la stratégie onusienne de mépris et de mis à l’écart des représentants officiels de la Syrie pour ne discuter qu’avec des opposants désignés par ceux qui les rémunérent et qui ne représentent qu’eux mêmes.

C’est bien entendu une masscarade de justice et un levier de pression contraire au principe de souveraineté des états.

Est-ce qu’il serait envisageable que Blair et Bush soient poursuivis pour crimes contre l’humanité après la mort de deux millions d’irakiens? excusez du peu! Circulons!

http://www.infosyrie.fr/actualite/lonu-au-service-du-noe-nouvel-ordre-mondial/

 


3-5 Louis Denghien : ONU : la mascarade continue

!

C’est suite à une proposition pressante des Etats-Unis, de l’Union Européenne et de quatre pays arabes dont trois au moins sont connus pour leur intransigeance en matière de libertés démocratiques – Arabie Saoudite, Koweit, Qatar, Jordanie – que le Conseil des droits de l’homme de l’ONU a accouché mardi 23 août d’une résolution demandant la création d’une commission d’enquête internationale indépendante sur les « violations des droits de l’homme en Syrie« .

Harcèlement américano-onusien

C’est donc l’énième épisode d’un feuilleton politico-diplomatique qui s’étire depuis l’échec, courant juillet, du projet de résolution franco-euro-américain destiné à faire condamner Damas par le Conseil de sécurité. On se rappelle peut-être que les mêmes avaient obtenu une « condamnation » symbolique, par le Conseil de sécurité, du gouvernement syrien, invité à cesser les violences contre les manifestants (voir notre article « ONU : Tout ça pour ça« , mis en ligne le 4 août). 

Mais pas question pour l’axe Washington-Paris-Londres-Bruxelles d’en rester là : ne pouvant obtenir l’essentiel – la résolution anti-syrienne du Conseil de sécurité – les « alliés » multiplient menaces verbales, pressions diplomatiques et sanctions économiques (voir notre article « Les Occidentaux ne renoncent pas… les Russes non plus« , mis en ligne le 22 août) ; et en ce qui concerne la diplomatie, c’est visiblement l’ONU et son obligeant secrétaire général, Ban Ki-moon, qui sont chargés de donner un nouveau souffle à l’offensive anti-syrienne :  après donc le vote début août de cette « condamnation » à vrai dire sans effets, après la constitution d’une « commission d’enquête » accouchant d’un « rapport » envisageant la possibilité d’une condamnation de Damas pour « crimes contre l’humanité« , et prévoyant l’envoi d’une « mission humanitaire » sur place, après la menace d’une saisine de la Cour pénale internationale, c’est donc cette commission d’enquête, beaucoup plus internationale qu’indépendante, qui est chargée de poursuivre l’instruction à charge contre la Syrie et son gouvernement. Naturellement le dossier est surtout plein des allégations toujours invérifiables et très souvent mensongères de l’opposition, qui continue d’asséner ses bilans truqués – 2 200 morts civils – et de dresser de la société syrienne un tableau apocalyptique qui ne manque pas d’étonner la plupart des étrangers se rendant sur place, pour ne pas parler de la masse des Syriens eux-mêmes. La haut-commissaire des Nations-Unies aux droits de l’homme, Mme Navi Pillay, parlait ainsi, lundi 22 août, d’utilisation de « l’artillerie lourde » par l’armée syrienne contre les opposants, ces opposants qui avaient déjà prétendu, via l’OSDH, que la marine de guerre syrienne avait pilonné le quartier d’al-Ramel à Lattaquié.

On peut donc dire que cette commission d’enquête a déjà prononcé ses conclusions, avant même que de se rendre en Syrie. Conclusions qu’elle remettra, qu’on se le dise, à Ban Ki-moon « fin novembre » : de quoi collationner un maximum d’informations exclusives – et pour cause – auprès de l’OSDH et des opposants à téléphone portable.

Quand Ban Ki-moon met l’ONU à l’heure de l’OTAN

On a déjà écrit ici que l’ONU, sous le « règne » de Ban Ki-moon, semble s’être transformée en « chambre d’enregistrement » des directives géopolitiques américaines et associées : les mêmes qui n’ont pas mots et de textes assez durs contre Bachar al-Assad, Ahmadinejad ou Kadhafi  sont d’une discrétion de violette démocrate sur les régimes du roi Abdallah et des émirs du Golfe, sur la répression de la révolte au Bahrein ou au Yémen, ou sur les violations répétées des résolutions de l’ONU sur la colonisation et la répression israélienne dans les Territoires occupés, ceux qui réclament une transition démocratique immédiate en Syrie sont moins impétueux en ce qui concerne la création officielle d’un Etat palestinien. C’en est au point qu’on serait tenté de dire qu’un Etat ou un dirigeant condamné ou sermonné par l’ONU sont à coup sûr des Etats, des dirigeants libres, non alignés sur le Nouvel Ordre Mondial.

Le « machin » jadis moqué par De Gaulle est vraiment devenu « la chose » de la Maison Blanche, du Département d’Etat et du Pentagone : l’ONU, qui n’autorise rien contre Israël, a déjà donné son « feu vert » à l’OTAN contre l’Irak, la Yougoslavie, la Libye – quitte à laisser « élargir » quelque peu, dans ce dernier cas, la mission initiale.

Et s’il n’y avait la Russie, la Chine et quelques autres, elle aurait dit « go ! » au G.i.’s pour se ruer sur la Syrie et l’Iran.

Faysal Khabbaz Hamoui, représentant de la Syrie auprès des Nations-Unies, n’a pu que dénoncer « le langage utilisé dans le projet de résolution (…) odieux » et qui ne fera que prolonger la crise en Syrie. Tout en soulignant le caractère politique « à 100% » de la résolution, le diplomate a confirmé, mardi 23 août, que son gouvernement autoriserait néanmoins la mission du Haut-commissariat aux droits de l’homme « aussitôt que l’enquête indépendante syrienne aura terminé ses propres investigations «. Et ceux qui ricanent déjà à propos de l’indépendance des enquêteurs syriens devraient éclater d’un rire franc relativement à l’indépendance des employés de Ban Ki-moon !

Louis Denghien,

http://www.infosyrie.fr/actualite/onu-la-mascarade-contin...


3-6 Ahmed Halfaoui

 : Mohamed Bouhamidi : « Aggravation des menaces guerrières du capitalisme. »

Par une espèce d’ironie, chaque prise de position des démocrates-modernistes algériens sur une question arabe coïncide totalement avec les points de vue des monarchies du Golfe ou du régime égyptien. C’est encore vrai aujourd’hui pour la Syrie.

La colère des monarchies du Golfe et le rappel de l’ambassadeur saoudien nous parviennent comme l’écho de l’appel de l’expulsion de l’ambassadeur syrien formulé par M. Bouchachi et sa nébuleuse à l’intérieur de la Ligue des droits de l’Homme. Nos démocrates pleuraient en 2008 «les Palestiniens pris en otage par le Hamas» pendant qu’Israël bombardait Ghaza. Cette position recoupait tout à fait les postions du régime égyptien et celles des pays du Golfe qui nous poussait à croire que le Hamas travaillait plus pour son allié l’Iran que pour la Palestine. On connaît aujourd’hui l’ampleur des connivences entre Israël frappant un «allié de l’Iran» et ces pays du Golfe et nous sommes, aujourd’hui, carrément abasourdis de découvrir la profondeur insoupçonnée des complicités secrètes entre Israël et ces pays du Golfe. Plus tôt en 2006, il apparaissait clairement que l’agression israélienne contre le Liban avait le soutien appuyé de ces mêmes pays du Golfe. Au Liban aussi, il fallait frapper une «base de l’Iran». Nos démocrates ont suivi cette ligne, le Hezbollah représentant pour eux la quintessence de l’islamisme dans sa version iranienne de surcroît. Ils ne trouvèrent aucune gêne – aujourd’hui non plus – à s’aligner sur le wahhabisme. L’échec patent d’Israël et du plan américain de balayer le Hezbollah en deux semaines – c’était quelques jours pour l’Etat libyen – puis l’adhésion populaire fantastique à la résistance libanaise et à la figure de son chef ainsi que la mobilisation des opinions européennes avaient obligé les Américains à différer leur «chaos créateur» par crainte de voir ce chaos se retourner contre eux. C’est pourquoi avec Freedom House ils ont organisé la rencontre des ONG arabes d’Amman entre le 17 et le 19 juin 2007, puis celle du Danemark pour tracer une nouvelle feuille de route qui ferait «émaner» des sociétés arabes elles-mêmes la demande «d’ingérence démocratique et/ou humanitaire». La demande d’expulsion de l’ambassadeur syrien est donc dans la droite ligne de la feuille de route d’Amman, affinée au Danemark.  Dans un texte à la logique implacable, Ahmed Halfaoui a démonté cette compassion à double vitesse. Combien d’Algériens connaissent l’existence de cette feuille de route pour se faire démocratiquement et en toute connaissance de cause une idée des sources d’inspiration de ces indignations à géométrie variable et combien d’Algériens savent que de Amman ces ONG arabes sont sortis avec une feuille de route intitulée : «Planification stratégique pour les réformes démocratiques» ? Révisons nos connaissances en français pour saisir pleinement le sens de ces  termes de «planification» et de «stratégie» et tout ce que cela implique de suivi des étapes dans l’art de gagner les guerres auquel se réfère le document sorti de Amman. Combien le savent pour situer exactement dans le cadre de la planification générale et à long terme la valeur et la fonction exacte de ces prises de position à l’intérieur de l’ensemble du plan ? Rappelons quand même que cette réunion d’Amman a suivi l’échec d’Israël au Liban et visait à frapper en premier lieu la Syrie. Il fallait absolument séparer la Syrie de l’Iran. Deux candidats étaient en course : les Français et les Turcs. Chacun avec sa méthode. Ils étaient à leur manière deux carottes différentes au milieu desquelles s’est glissée la cagnotte saoudienne. Les Américains devaient juger du meilleur exécutant – c’est encore le cas pour la Libye et pour l’élargissement de la guerre à l’Iran – mais eux gardaient bien levé leur bâton combiné à des promesses creuses mais surtout à des préparations secrètes qui ont abouti à l’infiltration à partir de l’Irak et de la Jordanie de groupes armés qui ont enveloppé la colère des Syriens dans les orientations mortifères des groupes animés par las Saoudiens. Séparer de gré ou de force la Syrie de son allié iranien. Par la carotte, cela n’a pas marché malgré l’invitation de Bachar El Assad à un défilé du 14 juillet. Cela ne vous rappelle-t-il pas le tapis rouge pour Kadhafi ? Cela devrait surtout servir d’avertissement pour les dirigeants algériens sur la duplicité des dirigeants occidentaux, singulièrement les Anglais et les Français. La trahison, le faux semblant, les flatteries soporifiques ne sont jamais loin du coup bas et du coup en traître. N’ayant pas obtenu le divorce syro-iranien par la carotte, les USA passent à l’usage de la subversion. La colère saoudienne ressemble à la rage de William Hague devant la résistance du peuple libyen. C’est finalement cette résistance du peuple libyen qui a rendu impossible la mission de la CNCD en Algérie et impossible de maquiller les visées réelles des Américains et des sionistes et de leurs alliés du Golfe dans la manipulation syrienne pour préparer la guerre contre l’Iran, alors que les opinions musulmanes ont été si bien «travaillées» qu’elles trouvent aujourd’hui, massivement, les chiites pires que le diable lui-même ! Le royaume saoudien est en colère et il gronde devant les difficultés de la mise en œuvre d’un encerclement de l’Iran et de son attaque par le flanc syrien, le flanc irakien étant sérieusement miné par les Iraniens. L’appel d’Alger est dans cette dynamique de l’agression. C’est à la fois une pression sur le gouvernement algérien qui refuse de marcher dans cette combine. C’est aussi un message des Américains et une de leurs menaces pour l’empêcher d’agir contre eux à défaut de l’avoir avec eux. C’est enfin l’offre d’une caution arabe qui tardait à venir (alors qu’elle avait été si promptement offerte par Amr Moussa pour attaquer la Libye). Au même moment que notre «nébuleuse Ligue des droits de l’homme» s’indignait, les pays du Golfe offraient cette caution arabe qui manque aux Etats-Unis et ses vassaux de l’Otan pour dépasser l’obstacle russe et chinois sur leur route pour l’agression.  Non seulement les Russes resteront un dur morceau à avaler dans l’exécution de ce plan parce qu’ils tiennent à leur base navale syrienne, mais ils se font déjà un devoir de prévenir sur les vrais buts de guerre de cette guerre civile créée par les Euro-Américains en Syrie comme celle qu’ils ont créée en Libye, même si en Syrie les bases de la contestation sont réelles mais pas forcément séduites par les sirènes euro-américaines.Sans le moindre effort – en tout cas sans vrai effort – vous pouvez trouver une demi-douzaine de sites très sérieux qui reprennent les documents américains qui détaillent les cibles inscrites au bout de leurs canons dans des textes officiels américains. Les régimes qui se montrent réticents à un alignement sans murmure sur les positions américaines et hésitent à se soumettre sans retard aux désirs des Etats-Unis doivent tomber d’une façon ou d’une autre. La méthode s’est plutôt sophistiquée depuis l’invasion de l’Irak en matière de maîtrise globale de l’information, des médias, des termes et du vocabulaire, etc. mais aussi, et surtout, en matière de mise en scène avec tout au-devant «la demande indigène d’ingérence». Combien de fois les bouches criminelles des dirigeants occidentaux n’ont-elles pas seriné que l’Otan bombarde avec l’assentiment des Arabes et à leur demande et avec leur participation ? Dans la liste de ces pays récalcitrants, vous trouverez en tête la Syrie pour son alliance avec l’Iran et pour ses liens avec le Hezbollah qui rendent plus difficile la guerre programmée contre l’Iran. Vous trouverez aussi la Libye et l’Algérie. Le paquet devait être livré «au changement démocratique» dans le même mois de février avec les CNT algériens et libyens et l’entrée en action des groupes wahhabites en Syrie. Cela n’a pas marché. Les palans américains marchent de moins en moins, hormis en Irak où il faut admettre qu’ils ont mis le paquet : une coalition des plus grandes puissances militaires mondiales contre un régime miné de toutes parts. Dans ce plan l’Algérie leur paraissait déjà comme un morceau un peu difficile. La résistance du peuple libyen avec la mémoire tout de suite retrouvée de la lutte anticoloniale a refroidi leurs ardeurs, alors que leurs documents signalaient déjà le caractère incertain, voire aventureux d’une attaque frontale contre notre pays. Il leur reste tout au plus l’aide de la nébuleuse d’un président fictif de la Ligue des droits de l’Homme puisque le président légal s’appelle Hocine Zahouane. 
Ces nouveaux développements à propos de la Syrie jettent une nouvelle lumière sur la guerre de reconquête coloniale faite à la Libye. Mais le contexte de l’accélération des manifestations de la crise qui frappe le capitalisme aggrave les inquiétudes. La tactique des Euro-Américains «du sauve-qui-peut», couplé au «faire-n’importe-quoi» pour donner à leurs opinions l’illusion d’une action positive dans un tableau toujours plus sombre, ne marche pas non plus. La confrontation avec la Chine ne peut plus attendre le renforcement du pôle des BRICS et l’enlisement dans des guerres périphériques d’encerclement par l’Iran, le Pakistan, l’Afghanistan et par le choix d’une guerre sur le continent africain. Les dirigeants des grands pays capitalistes connaissent tout à fait la profondeur et la gravité de cette crise. Ils n’ont aucun moyen, hormis la guerre mondiale, d’y faire face. Il est temps de se demander si la troisième guerre mondiale va ressembler aux deux premières et si ses prémices ne sont pas déjà en œuvre dans cette balkanisation du nord de l’Afrique et du Sahel. La guerre contre la Chine commence déjà par lui barrer les territoires conquis commercialement et pacifiquement dans nos contrées. La carotte du pétrole saoudien à bon prix contre un lâchage chinois de l’Iran ne semble pas non plus fonctionner correctement. Quand les Saoudiens essayaient de séduire les Chinois à la demande des Américains, la Chine engageait des investissements colossaux en Libye et gagnait une influence sans pareille pour les autres pays. C’était surtout cela la source de la guerre contre la Libye, combinée à d’autres facteurs bien sûr.

Jeudi 11 août 2011

Publié sur La Tribune

source : Ahmed Halfaoui


Wikipedia : La Syrie.

Politique de la Syrie.

Bachar el-Assad, président de la Syrie
Le pouvoir syrien est fondé sur deux piliers : l’idéologie socialisteba'athiste et sur les liens entre membres de la communauté musulmanealaouite.

Officiellement, la Syrie est une république parlementaire. Les Syriens sont régulièrement appelés aux urnes. L’ancien président syrien, Hafez el-Assad, chef de l’État de 1970 à sa mort en 2000, a été confirmé dans ses fonctions de chef de l’État par cinq référendums successifs.

Le président actuel est Bachar el-Assad, qui a succédé à son père le 17 juillet 2000. Lui aussi a été élu par référendum en 2000.

Hafez el-Assad a pris le pouvoir après un coup d'État en 1970, après avoir déposé Salah Jedid, il devient l’homme fort de la Syrie. Hafez el-Assad est, après le roi Hassan II du Maroc, le chef d’État arabe qui est resté le plus longtemps au pouvoir. Cette longévité provient essentiellement du fait qu’il était soutenu par des minorités religieuses, dont la minorité religieuse alaouite. Il est aussi soutenu par beaucoup de fermiers et par les Syriens vivant dans les milieux ruraux. L’expansion de la bureaucratie a créé une classe moyenne qui reste fidèle au gouvernement. Mais l’essentiel de sa puissance venait de l’armée syrienne et de son appareil de sécurité. Un autre facteur de son maintien au pouvoir est le nationalisme, dont entre autres les conflits qui l’opposait et qui oppose la Syrie aux États-Unis, à Israël et à l’Irak de Saddam Hussein.

Chacune des trois branches du gouvernement est guidée par les objectifs du parti Baas, dont l’importance dans les institutions d’État est assurée par la constitution. 8 partis politiques ont été légalisés dans le pays, ils font tous partie du Front national progressiste. Le FNP est dominé par le parti Baas. En plus de celui-ci, en sont membres : le Mouvement des socialistes arabes, le Parti communiste tendance Bagdash, le parti communiste tendance Faysal, le Parti social-nationaliste syrien (Grand-syrien), l’Union socialiste arabe (nassérienne), l’Union démocratique arabe (nassérienne), Le Parti unioniste socialiste (nassérien) et le parti unioniste socialiste démocratique (nassérien). C’est la même chose pour le parlement, le Conseil du peuple (Majlis al-Sha'ab). Les députés sont élus pour une durée de quatre ans, mais le Conseil n’a aucune autorité indépendante. Bien que les parlementaires puissent critiquer des lois et modifier des projets de loi, ils ne peuvent pas faire de proposition de loi, et les décisions finales sont prises par la branche exécutive.

Avec l’arrivée au pouvoir de Bachar el-Assad en juillet 2000, les Syriens et en particulier les militants pour les droits de l’homme ont espéré une certaine libéralisation du pays ; c’est ce qu’on a appelé le printemps de Damas (en).

Ce printemps n'a pas duré longtemps, il s'est terminé en février 2001, lorsque les services de sécurité ont gelé l'activité des forums intellectuels, culturels et politiques, par la poursuite des militants pour les droits de l'homme et leur emprisonnement. Dans cette courte période de 6 mois, le printemps de Damas a vu des débats politiques et sociaux intenses, d'une part, et d'autre part il a conservé un écho qui sonne encore dans les débats politiques, culturels et intellectuels jusqu'à aujourd'hui en Syrie.

D’après le site de statistiques Nationmaster, la Syrie se trouve au 13e rang mondial pour les effectifs militaires et au 5e rang mondial[7] pour les effectifs militaires par tête (2008).

Gouvernement[modifier]

La Constitution syrienne investit le parti Baas des fonctions nécessaires pour conduire l’État et la société. Elle donne par ailleurs de larges compétences au président. Le président est élu après un référendum pour un mandat de sept ans. En plus d’exercer la charge de chef de l’État, il est le secrétaire général du parti Baas et le chef du Front national progressiste, qui regroupe toutes les organisations politiques légales. Le président peut nommer les ministres, déclarer la guerre, et déclarer l’état d'urgence. Il a aussi le pouvoir d’amnistie, il peut modifier la Constitution et nommer les fonctionnaires et le personnel militaire.

C’est avec le Front national progressiste que le président peut décider des questions de relations internationales, c’est aussi le FNP qui approuve la politique économique de l’État. Le FNP est aussi un forum d’idées[non neutre] dans lequel la politique économique et l’orientation du pays sont débattues.[réf. nécessaire]

 

La Syrie est divisée en quatorze gouvernorats, ou muhafazat (singulier : muhafazah), portant chacun le nom de leur chef-lieu. Les gouverneurs sont proposés par le ministère de l’Intérieur au gouvernement, lequel annonce leur nomination par décret exécutif. Dans ses fonctions, le gouverneur est assisté par un conseil provincial élu. Une partie du gouvernorat de Quneitra est sous occupation israélienne depuis 1967 (voir Golan). Le Golan est un des principaux sujets de discorde entre Israël et la Syrie. Ce dernier le considère comme territoire syrien occupé, alors qu'Israël le considère comme annexé.

Article détaillé : Géographie de la Syrie.

L’essentiel du territoire syrien est constitué par un vaste plateau calcaire (hamada) surmonté de quelques anciens reliefs volcaniques (djebel druze), et traversé au nord-est par le fleuve Euphrate.

La Syrie est un pays majoritairement aride, en particulier à l’intérieur et dans la partie orientale. Le niveau de pluviométrie moyen est de 318 mm par an mais tombe à moins de 150 mm dans le Nord-Ouest, contre plus de 800 mm à proximité de la côte et près de 1 400 dans les montagnes. Le pays est en dessous du niveau du seuil de pénurie puisque la ressource par habitant s’établit à 947 m³ par an (le seuil de stress hydrique est généralement fixé à 1 700 m³ par an et par habitant et le seuil de pénurie à 1 000 m³). La Syrie reçoit de plus son eau des pays voisins : 50 % des réserves proviennent de Turquie, 20 % du Liban. Autre facteur inquiétant, l’exploitation des nappes phréatiques dépasse leur capacité de renouvellement. La Syrie exploite ainsi aujourd’hui plus de 50 % des ressources renouvelables, alors que le seuil maximum communément admis est de 30 %. Le nord-est du pays (« Djézireh ») et le sud (« Hawran ») sont des zones agricoles importantes.

Les principales villes du pays incluent Damas dans le Sud-Ouest, Alep dans le Nord, et Homs. Les autres villes importantes sont situées pour la plupart sur la côte. La Syrie connaît un climat tempéré composé de quatre saisons. La température moyenne estivale atteint les 32 °C et la température moyenne hivernale est de 10 °C. Au printemps et en automne la moyenne des températures est de 22 °C. L’horaire d’hiver prend effet du mois de novembre au mois de mars (+ 2 heures GMT). L’horaire d’été est appliqué du mois d’avril au mois d’octobre (+ 3 heures GMT).

Économie[modifier]

Article détaillé : Économie de la Syrie.

La monnaie officielle est la livre syrienne, symbole (£S), communément appelée lira. Elle est égale à 100 piastres syriennes. Les billets en circulation valent : 50, 100, 200, 500 et 1 000 £S, tandis que les pièces de monnaie valent : 1, 2, 5, 10 et 25 £S. Le commerce international fait partie du quotidien. La part du commerce extérieur est de 70 % de son PIB. Ses principaux partenaires commerciaux sont l'Allemagne, le Liban, l'Irak, l'Italie, l'Égypte, l'Arabie Saoudite et la France. La Syrie exporte différents produits tels que les fruits et légumes, du bétail, du coton et du pétrole. Ses principales importations sont les produits chimiques, les machines industrielles, le pétrole, le fer, l'acier et aussi des réacteurs nucléaires[8].

Évolution de la démographie entre 1961 et 2003 (chiffre de la FAO, 2005). Population en milliers d’habitants.

La plupart des Syriens (22,5 millions d'habitants en 2011) vivent non loin de l’Euphrate et le long de la côte, une bande de terre fertile entre les montagnes côtières et le désert. L’éducation est libre et obligatoire de l’âge de 6 ans à l'âge de 15 ans, soit de la première à la neuvième classe (réforme de 2002). La scolarité se compose de six années d’études primaires, de quatre années d'études préparatoires (équivalent du collège français), puis d’une formation générale ou professionnelle de trois ans (lycée). La durée des études supérieures est variable : deux ans pour les instituts moyens (études professionnelles ou techniques), quatre ans pour une licence générale, cinq ans pour un diplôme d’ingénieur, etc. Le nombre d’inscrits dans les établissements d’études supérieures est de plus de 150 000 élèves. L’alphabétisation chez les Syriens est de 89 % chez les garçons et de 64 % chez les filles.

Ethniquement, les Syriens font partie du peuple sémitique originaire du Levant. Aujourd’hui les Syriens sont largement considérés comme des Arabes en vertu de leur langue, et de leur lien culturel et historique avec les Arabes. Un plus petit nombre de Syriens sont d’origines non sémitiques (Tcherkesses, Kurdes, Turcs, Grecs).

La population de la Syrie compte 90 % de musulmans et 10 % de chrétiens.

Parmi les musulmans, 78 % sont sunnites, les 22 % restants se répartissent entre d’autres groupes musulmans, principalement les alaouites et les druzes, mais également, en moindre nombre, les ismaéliens et les chiites.

Les chrétiens sont répartis en plusieurs confessions : les grecs-orthodoxes sont de loin les plus nombreux (chrétiens de rite byzantin, environ 800 000), viennent ensuite les grecs-catholiques appelés aussi melkites (environ 200 000, chrétiens de rite byzantin issus d'une scission d'avec les grecs-orthodoxes et d'un rattachement à Rome en 1724), les syriaques (appelés syrian en arabe, ou suryoyo en syriaque moderne), les maronites, les assyro-chaldéens, les latins (chrétiens de rite catholique-romain) et quelques protestants; il existe aussi une importante communauté arménienne vivant principalement à Alep. Il est important de préciser qu'à part les Arméniens (pour beaucoup issus des populations vivant en Turquie et ayant survécu au génocide en 1915) tous les chrétiens sont d'origine autochtone, issus des premières communautés chrétiennes et que les différents rites s'expliquent par les scissions au sein de l'église originelle survenues au cours de l'Histoire (rite grec/byzantin à l'origine, rite syriaque, rite maronite, rite chaldéen puis rite romain et protestant). Les chrétiens de Syrie forment une communauté globalement prospère et éduquée. Les élites chrétiennes urbaines sont très souvent francophones et occidentalisées, en particulier la bourgeoisie grecque-orthodoxe, grecque-catholique et arménienne, très présents dans les professions libérales et les affaires à Damas ou à Alep.

Les yézidis représentent environ 150 000 personnes ; ils sont installés sur la frontière irakienne, et presque tous d’ethnie kurde.

Il existe une minorité juive en Syrie. Leur nombre était estimé à 40 000, mais la plupart ont émigré vers Israël dans les années 1990. Il reste aujourd’hui une petite minorité juive à Damas et à Alep. Les juifs israéliens originaires de Syrie conservent pour la plupart des liens avec leur pays d’origine.

Les Arabes (en comptant les 400 000 réfugiés palestiniens) représentent 90 % de la population. Les Kurdes, qui sont linguistiquement un peuple indo-iranien, représentent la plus grosse minorité ethnique du pays, avec 10 % de la population. La plupart des Kurdes vivent dans le nord-est de la Syrie, et beaucoup parlent encore la langue kurde. Beaucoup de Kurdes vivent aussi dans les grandes villes syriennes. Les chrétiens assyriens sont également nombreux, ils vivent pour la plupart dans le nord et le nord-est du pays. Plus de 12 000 israéliens (sur 28 000 habitants) sont installés dans le Golan, occupé par l’armée israélienne depuis la guerre des Six Jours (1967), puis annexé par l'État hébreu, annexion non internationalement reconnue pour l'heure. Les Arméniens étaient environ 250 000 en Syrie au début des années 1960, ils sont maintenant (2010) 190 000.

La langue arabe est la langue officielle du pays, la grande majorité des Syriens parlent l'arabe syrien, variante dialectale de l'arabe classique. De nombreux Syriens instruits parlent l’anglais et/ou le français (10 000 francophones, en particulier chez les chrétiens), mais l’anglais est plus largement compris.(650 000 locuteurs, en seconde langue). L’arménien, le kurde, le tcherkesse et le turkmène sont aussi parlés dans le pays. L’araméen (la langue biblique, celle de Jésus-Christ) est parlé par les Syriaques à Maaloula et à Seidnaya, mais aussi dans de petits villages situés dans la région de Homs comme par exemple Sadad ou Fairouzeh, et à Damas.

PNB/habitants 2 090 dollars

Mortalité infantile : inférieure à 23 pour 1 000 naissances

Indice de développement humain (IDH) : 0,742 :107e rang mondial en 2009 sur 173 pays

(Ces chiffres sont en partie dus aux 1 200 000 réfugiés de guerre dans le pays.)

Les premières traces d’agriculture ou d’élevage furent trouvées en Syrie. Le premier alphabet du monde fut inventé en Syrie, à Ougarit.

Les réalisations artistiques et culturelles de la Syrie antique sont nombreuses. Les archéologues ont découvert que la culture syrienne rivalisait avec celles de la Mésopotamie et de l’Égypte, surtout autour d’Ebla. De plus, beaucoup d’artistes syriens ont contribué à la pensée et à la culture hellénistique romaine. Cicéron était un élève d’Antiochos d’Ascalon à Athènes. Et les livres de Poseidonios ont beaucoup influencé Tite-Live et Plutarque.

Les Syriens ont aussi contribué à la littérature et à la musique arabe et ont une grande tradition de la poésie orale et écrite. Les intellectuels syriens émigrés en Égypte ont joué un rôle fondamental dans la nahda, la renaissance culturelle et littéraire des Arabes au XIXe siècle. Il faut ici souligner le rôle des Syriens d'Egypte, appelés "Chawam masr" en arabe, issus de l'émigration du XIXe siècle (en particulier après les massacres des chrétiens à Damas en 1860). La communauté syrienne d'Egypte, essentiellement chrétienne (grecs-catholiques en majorité mais aussi grecs-orthodoxes, maronites ou syriaques) a joué durant un siècle un rôle de premier plan dans l'essor de l'Egypte moderne. Ses membres ont été très actifs dans la haute fonction publique (Habib Sakakini Pacha), les douanes, les banques, l'ingénierie (Farid Boulad Bey), le commerce (les grands magasins de la famille Sednaoui), l'industrie (coton, savon), les transports, la presse, le théâtre (Georges Abyad), le cinéma (le réalisateur Henry Barakat). Francophone et éduquée, les Syriens d'Egypte ont constitué une bourgeoisie prospère et moderne. Cette communauté s'est considérablement réduite du temps de Nasser ayant particulièrement souffert des lois de nationalisations de 1961, et ses membres ont pour la plupart émigré au Liban, en Europe ou en Amérique du Nord.

Les auteurs syriens les plus célèbres sont Adonis, Haidar Haidar, Ghada al-Samman, Nizar Kabbani et Zakariyya Tamer.

Les artistes syriens les plus célèbres sont Fateh Al-Moudaress, Louay Kayali, Nahed Koussa, Alfred Bakhach, et Saad Yagan.

Les chanteurs syriens célèbres sont en autres George Wassouf, Wadih Mrad, Majd el Kasem, Assala Nasri, Rabi Al Asmar, Elias Karam... à préciser aussi que les stars Farid Al Atrach et sa sœur Asmahan ont fait leur carrière en Egypte mais sont d'ascendance syrienne (famille princière druze Al Atrach originaire de Jebel ed druz).

La Syrie possède une petite industrie cinématographique, dont la production est entièrement contrôlée par l’Organisation nationale du cinéma d’État, qui emploie des réalisateurs de films sous le statut de fonctionnaires. Il n’y a qu’un seul film qui peut sortir par an, et la plupart du temps, le film est censuré mais il est néanmoins souvent salué par les festivals internationaux. La série télévisée syrienne de Bab el Hara, très connue dans le monde arabe, a eu un énorme succès .

Damas, la capitale de la Syrie, a été élue capitale culturelle du monde arabe en 2008.



Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières,les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

" Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19



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29/08/2011

n°10 - Journal de Syrie - 11-08 au 28-08 -: Début - La Syrie est la cible d'un complot extérieur visant sa sécurité et sa stabilité.

n°10 - Journal de Syrie -  11-08 au 28-08  -: Début - La Syrie est la cible d'un complot extérieur visant sa sécurité et sa stabilité.



Face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Sa diffusion est un acte de résistance.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources.



Journal deSyrie

             n°10                                                11-08 au28-08

        C.De broeder & M.Lemaire



Le "Journal deSyrie" est  visible 

a) sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

b) sur le site de Eva Resis           no-war.over-blog.com

c) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com  

d) sur le site : www.palestine-solidarite.org à cette adresse : http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

NB : Si vous voulez-nous contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire de la lutte pour la libération du territoire.

Tiré à part

 Chems Eddine Chitour: « Les pays occidentaux veulent changer la carte du Moyen-Orient et la rendre favorable à Israël ».

Qui au Moyen Orient Profiterait De la Chute D’Assad ? Israël.

Guy Delorme : Israël : Si tu ne veux pas la paix, prépare ouvertement la guerre !

Paroles & action du président Bachar al-Assad 

El Assad met en garde contre toute action militaire contre la Syrie.

Al-Assad : La Syrie est un obstacle pour l’Occident dans la région !   

Résistance

Raghda Bittar : Journal libanais: La Syrie est la cible d'un complot extérieur visant sa sécurité et sa stabilité.  

La Syrie a cessé depuis mardi toute transaction en dollars au profit de l'euro.

Fin

1 Lutte pour la libération du territoire

La Syrie dément le bombardement maritime de Lattaquié.

2  Politique Syrienne 

Sur le terrain

Les grandes manœuvres

3  Politique US

Clinton

LesÉtats-Unis adoptent une approche de « puissance intelligente » sur la Libye et la Syrie.

Des Canons ... pas du beurre

Les USA appellent Moscou à stopper les fournitures d'armes à la Syrie.

Les grandes manœuvres

Louis Denghien : l’ambassadeur américain obligé d’écourter son ingérence

4 Pays Arabes & voisins

Iran

Turquie

5 Les institutions

ONU

Damas invite l'ONU à envoyer une délégation d'inspection en Syrie. .

6 Europe

1  France

7 Les réactions dans le monde

Russie

Des forces étrangères assurent l'arme et l'argent aux soi-disant manifestants pacifiques en Syrie..

Sologobovski: L'opposition extrémiste en Syrie cherche à réaliser sa démocratie présumée par des moyens pas du tout démocratiques.



Tiré à part 

Chems Eddine Chitour: « Les pays occidentaux veulent changer la carte du Moyen-Orient et la rendre favorable à Israël ».

Le professeur Chems Eddine Chitour développe dans cet entretien une analyse sur la situation en Syrie, un pays qui fait l'objet d'un véritable «complot» mené par les Etats-Unis d'Amérique, la France et leurs alliés dans la région du Moyen-Orient, à savoir les rois des pays du Golfe.

Selon le politologue, le peuple syrien doit parvenir à un changement politique pacifique, légal et endogène. Quant aux réactions des pays du Golfe et de la Ligue arabe, le professeur relativise cette «pression» en estimant quelle est orchestrée par les pays occidentaux qui contrôlent les pays du Moyen-Orient.
Le Temps d'Algérie : Comment analysez-vous la situation en Syrie. S'achemine-t-on vers le scénario libyen avec cette campagne de pression sur le président Al Assad ?
Chems Eddine Chitour : La situation en Syrie est différente de celle en Libye. La Syrie se trouve à proximité d'Israël.

Pendant longtemps, les pays de l'Occident ont laissé faire les choses et ne voulaient pas perturber l'équilibre actuel. De plus, il faut savoir qu'en Syrie, il existe un Etat, des institutions et un parti structuré.

Ce qui n'est pas comparable avec la Libye, qui est une République populaire dont le pouvoir est dilué entre les différentes tribus et organisations de masse. En Syrie, il y a un gouvernement qui continue ses activités de manière normale. Il ne faut pas croire à ce que disent les chaînes d'information et les journaux. La vie suit son court.

C'est vrai qu'il y a des manifestations dans certaines villes et que l'armée est intervenue. Mais ce que les médias occidentaux ne disent pas, c'est qu'il y a une rébellion à l'intérieur qui profite du contexte des appels pour le changement de régime pour agir. C'est vrai aussi que le parti politique Baâth a régné sur le pays depuis plus de 50 ans. Le problème ne se situe pas là.

Cependant, il faut reconnaître que l'information qui parvient sur la Syrie est injuste. On ne donne pas toute l'information. On préfère diffuser des vidéos amateurs et on exagère pour dire qu'il y a des milliers de morts en Syrie. Depuis 5 mois du début des tensions, on parle de 2000 morts, dont près de 400 sont des éléments de sécurité.

C'est une guerre entre les forces armées syriennes et c'est que le pouvoir appelle les «contre révolutionnaires» et «hors-la loi». Ceci dit, la position de Bachar Al Assad a changé complètement depuis le début des troubles. Il y a eu beaucoup de choses qui ont été annoncées et l'Occident ne tient pas compte et ne veut plus de Bachar Al Assad.

Le président syrien a annoncé des élections. Pourquoi l'Occident ne l'aide pas à les organiser dans la transparence. Les «révolutionnaires» veulent que le président syrien parte, mais il faut que cela se fasse de manière légale. C'est-à-dire par l'organisation des élections. Sans les élections, le changement sera fait par un coup d'Etat.

Des questions subsistent quant au poids de cette opposition qui a été d'ailleurs invitée par Bachar Al Assad au dialogue. Et comme cette opposition est inféodée à l'Occident et reçoit des instructions, elle ne peut répondre à cet appel. Les Etats-Unis d'Amérique ont tout fait pour phagocyter les tentatives de réconciliation entre les Syriens.

Tout le monde est d'accord qu'il faudrait qu'il y ait de l'alternance au pouvoir et l'ouverture. Mais on se méfait encore de l'Occident surtout avec ce qui se passe actuellement en Libye. C'est tragique et inimaginable. D'où d'ailleurs la décision de la Russie et de la Chine de ne pas cautionner les décisions du Conseil de sécurité sur la Syrie.

La Russie et la Chine ont été échaudées par ce qui s'est passé en Libye. Ils ont décidé de bloquer toute résolution contre la Syrie. Ils savent que la Syrie est confrontée à une contre révolution armée. La Syrie est dans son droit de se défendre contre des groupes qui veulent semer la terreur. Si l'Occident était de bonne foi, il accompagnerait Bachar Al Assad dans son programme de réformes, les élections, le multipartisme...
Que veulent justement les pays de l'Occident ?
Ils veulent changer la carte du Moyen-Orient pour la rendre favorable à Israël. Il faut savoir qu’Israël est en train de construire un mur dans le Golan, comme celui de la bande de Ghaza. Cela veut dire que c'est une annexion définitive des territoires syriens. Et justement, aucune personne ne s'intéresse à cette question. Il y a derrière tout cela une volonté occidentale de réorganiser les peuples faibles, surtout du monde arabe.

C'est ce que font d'ailleurs les rois des pays du Golfe qui ont exécuté les ordres des Etats-Unis d'Amérique en rappelant leurs ambassadeurs de la Syrie. Et dans ce contexte, il faut le dire et le souligner avec force, il n'y a plus de Ligue arabe. Dans ces conditions, ils sont en train de recomposer le plan de l'ex-président américain Bush pour le Grand Moyen-Orient.
Pourquoi il y a eu cette pression des pays du Golfe sur la Syrie, alors qu'on avait assisté à l'intervention des forces armées saoudiennes pour mater les manifestants pacifiques du Bahreïn et enfreindre la souveraineté d'un Etat qui est censé pourtant protéger ses concitoyens ?

Justement, au Bahreïn, le pouvoir est illégitime et les Saoudiens le savent très bien. Plus de 80% de la population est de confession chiite. Les Américains et les Saoudiens ne veulent pas de révolution dans ce pays.

L'Arabie Saoudite a envoyé donc ses chars pour tuer les manifestants pacifiques, parce qu'elle a peur que les chiites saoudiens se soulèvent. Le nord-est de l'Arabie Saoudite est de confession chiite. Et tout cela va renforcer évidemment le peuple iranien qui est chiite.

Il ne faut pas aussi oublier que la plus grande base militaire américaine se trouve au Bahreïn, dont la superficie est presque l'équivalent de la commune d’El Harrach à Alger. Imaginez donc une révolution qui va se produire à trois kilomètres de la base américaine. Il faut absolument écraser le peuple du Bahreïn. Nous avons vu des images effroyables sur les hôpitaux bahreïnis.

On a tué des malades manifestants. Sur ce plan, c'est le black-out total. Les deux pays (Bahreïn et Arabie Saoudite) ont reçu des ordres des Etats-Unis d'Amérique de maintenir le statu quo. Quant à la Syrie, il reste le seul pays de la région à s'opposer à Israël.

L'Occident ne veut pas de ce régime syrien. Il veut un Etat docile. Pour atteindre cet objectif, il a décidé de déstabiliser la Syrie. Mais j'insiste pour dire qu'il ne faudrait jamais écouter et croire à ce que disent les médias occidentaux et les journaux officiels américains ou français. Tout simplement, on ne fait pas la part des choses pour donner à tout le monde le droit de s'exprimer sur les problèmes.

Il existe des sites alternatifs animés par des journalistes occidentaux qui donnent d'autres sons de cloche sur la situation en Syrie. Ces journalistes sont partis à Damas et ils ont évoqué une autre situation. Ils ont dénoncé avec des images et des écrits fondés ce que disent les journaux

et médias du pouvoir américain ou autres. Il faudrait vraiment engager une commission d'enquête impartiale pour démontrer à l'opinion internationale que la vie suit son cours normal en Syrie et que cette machine médiatique a été conçue en faveur des pouvoirs américains et européens.
Vous pensez que la position de la Syrie vis-à-vis de la question palestinienne et sa détermination à récupérer le Golan lui ont coûté cette campagne de déstabilisation ?

C'est le cas de le dire. Le peuple syrien veut récupérer absolument son Golan, à n'importe quel prix. Il y a aussi la coopération étroite existant entre la Syrie et l'Iran qui dérange beaucoup dans la région.
Est-ce que la Syrie peut résister à cette pression des pays occidentaux et ceux du Golfe ?

Pour cette question, on peut citer l'exemple libyen. Malgré l'intervention de l'Otan et les armes larguées par les Français aux rebelles, les Libyens résistent depuis 5 mois aux forces de l'ennemi. Beaucoup croyaient que l'intervention de l'Otan durera quelques jours. Mais finalement la Libye a très bien résisté. La raison est très simple. Quand les peuples sont avec leurs dirigeants, il n'y a plus lieu de craindre du tout. Dans ces conditions, les Syriens et les Libyens ont des dirigeants vraiment nationalistes qui vont aller dans la bonne direction. C'est sûr qu'il est inéluctable que les pouvoirs changeront. Mais le changement doit être endogène, voulu par le peuple. Il ne faut pas qu'il soit imposé de l'extérieur. Il faut que le peuple syrien trouve la solution par lui-même. Al Assad a fait énormément pour son pays. Il faut une alternance, mais de manière pacifique et légale. Il ne faut pas oublier que la Syrie est confrontée à une situation économique difficile. C'est malheureux parce que ce pays veut être maître de son destin, alors que les autres pays arabes du Golfe ne décident de rien.
Comment analysez-vous les démarches de la Turquie vis-à-vis de la Syrie qui de plus en plus apparaît comme un serviteur de l'Occident, particulièrement des Américains ?

La Turquie fait son intrusion dans la situation de la Syrie étant donné le problème des Kurdes qui pourrait avoir un effet sur sa stabilité.

La Turquie avait protégé les populations syriennes qui ont fuit les évènements des derniers mois. Mais il se trouve que beaucoup de familles syriennes réfugiées en Turquie ont retrouvé il y a quelques jours leurs villages et maisons après le retour de la sécurité.

Les médias occidentaux ont donné l'image que des milliers de Syriens ont fui leur pays. Or ce n'est pas vrai. La Turquie veut jouer donc un rôle dans la région. Elle ne veut pas perdre la bénédiction des Etats-Unis d'Amérique et de l'Europe.

Tout le monde attend d'ailleurs de la réunion prévue aujourd'hui (hier) entre le ministre des Affaires étrangères turque et le président Al Assad, pour mettre les choses au clair. Certainement, la position de la Turquie va être revue.

Le gouvernement de Bachar Al Assad a entrepris des réformes importantes et se dit prêt à organiser des élections libres. Dans ces conditions, je ne vois pas ce que va demander la Turquie à la Syrie. Si la Turquie veut être leader dans la région, elle doit prendre l'initiative d'organiser l'alternance. Elle peut couper l'herbe sous les pieds de tous les pays qui veulent le chaos en Syrie.

Propos recueillis par Farouk Belhabib

Professeur Chems Eddine Chitour
Ecole Nationale Polytechnique enp-edu.dz

www.letempsdz.com 2011 ©
Publié le 10 août 2011 avec l'aimable autorisation de l'auteur


Qui au Moyen Orient Profiterait De la Chute D’Assad ? Israël.

Bien qu’Israël ait longtemps gardé le silence sur les évènements en Syrie, désormais à Tel Aviv on se réjouit d’avance d’une possible éviction d’Assad prélude à un affaiblissement du pouvoir central syrien au profit de gouvernements régionaux sectaires s’opposant comme par le passé les uns aux autres. Une Balkanisation de la Syrie c’est ce à quoi participe en coulisses les Sionistes en soutenant les islamistes fanatiques armés par l’étranger avec l’aide de la Turquie.

Lors d’une présentation faite à l’Institut for Contemporary Affairs du Jerusalem Center for Public Affaires le 16 Juin 2011, le professeur Eyal Zisser - un expert israélien de renom sur l’histoire et la politique moderne de la Syrie du Liban et du conflit arabo israélien - préconise le renversement de Bahsar al Assad dont le régime est considéré par lui comme une menace pour Israël.
Dans un article intitulé
The syrian uprising implications for Israël, Zisser - universitaire influent dans le monde politique israélien - détaille sa position dans le dernier chapitre «A new syrian régime might be better for Israël » c'est-à-dire expose les désidératas de Tel Aviv vis-à-vis de Damas.
Ci-dessous la traduction de ce chapitre
« Un nouveau régime syrien serait mieux pour Israël «
« Plus faible est la Syrie plus fort sera le Liban. Tout changement de régime en Syrie pourrait être un coup porté au Hezbollah bien que le Hezbollah représente en fait un grand nombre de Shi’ites. C’est un pouvoir central shi’ite libanais profondément enraciné et authentique. Cependant, c’est l’aide de l’Iran et de la Syrie qui ont transformé le Hezbollah en pouvoir régional. Mettre hors jeu la Syrie pourrait réduire le Hezbollah à une taille plus raisonnable - pour devenir un parti libanais fort mais rien de plus.
« La Syrie a soutenu les Shi’ites au Liban mais en même temps a apporté un certain soutien aux Sunnites car la logique derrière l’intervention syrienne au Liban a toujours été : diviser pour régner (règle d’or du régime sioniste oeuvrant actuellement avec son parrain américain pour monter les Sunnites avec à leur tête l’Arabie Saoudite contre les Shi’ites tournés vers l’Iran .ndlt). Un régime sunnite en Syrie pourrait changer la balance au Liban en faveur des Sunnites.
« Un nouveau régime en Syrie cela pourrait vouloir dire un retour aux années 1950 et 1960 quand il y avait un gouvernement syrien central faible et des régions fortes. Chaque région a ses propres caractéristiques ethniques et communales et il pourrait y avoir un coup d’état de temps en temps et un manque de stabilité. Le pire scénario c’est que la Syrie devienne un nouvel Irak car il y a actuellement non seulement des comptes historiques à rendre mais également des comptes liés aux évènements actuels. Il y a eu 2000 Syriens tués et les familles exigeront une vengeance non pas contre Bashar mais contre leurs voisins Alawites et Chrétiens.
« Je ne pense pas que ce soit dans l’intérêt d’Israël d’avoir Bashar au pouvoir. Certainement comme en Egypte c’est possible que les Frères Musulmans prennent le pouvoir en Syrie mais je ne suis pas sûr que cela soit le cas. Si Bashar tombe la situation a des chances d’être comme au cours des décennies antérieures avec un régime central très faible. Cela pourrait conduire à des incidents frontaliers avec Israël mais pas à une guerre avec des actes terroristes qu’un régime faible ne peut pas empêcher. L’opposition syrienne pourrait éventuellement prendre le pouvoir et comme c’est le cas en Egypte ils savent que leurs intérêts c’est d’entretenir des relations amicales avec les pays occidentaux comme les US et pas avec l’Iran .Donc à long terme un nouveau régime syrien pourrait être mieux pour Israël que le régime actuel. »
Information complémentaire
Un article intitulé :
« DERNIÈRE HEURE : L’OTAN et la Turquie appuient les rebelles armés en Syrie.

Recrutement de moudjahidines. » publié le 16/08/2011par le site canadien version française Mondialisation.ca fait état de préparatifs militaires de l’OTAN/Turquie contre la Syrie avec une implication israélienne à terme.
«… Des développements récents en Syrie indiquent qu’il s’agit d’une insurrection armée à part entière, intégrée par des moudjahidines (« combattants de la liberté islamistes »), appuyés, entraînés et équipés par l’OTAN et le haut commandement de la Turquie….
Lire cet article  SUR CE LIEN http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=26036
Bien qu’affirmant être contre toute intervention étrangère en Syrie, la Turquie n’en a pas moins déployé des officiers réservistes dans des bases le long de la frontière avec la Syrie pour selon la presse turque parer à toute crise humanitaire liée à un afflux massif de réfugiés venant de Syrie en assurant leur protection.
Les militaires turcs en armant et en entraînant ces moudjahidines et en favorisant leur passage en territoire syrien ne sont-ils pas plutôt entrain de soutenir la rébellion armée contre le régime de Bashar al Assad première étape d’une intervention militaire englobant d’autres intervenants dont Israël ?
http://www.planetenonviolence.org/Qui-Au-Moyen-Orient-Profiterait-De-La-Chute-D-Assad-Israel_a2474.html


Guy Delorme : Israël : Si tu ne veux pas la paix, prépare ouvertement la guerre !

Il ne manquait plus que lui, dans la préparation d’un climat de pré-guerre autour de la Syrie : après les Etats-Unis, la France, l’Europe et la Turquie, l’Etat d’Israël s’efforce à son tour d’accréditer l’idée de l’imminence d’un conflit, meilleure façon de rendre celui-ci possible. En effet, l’état-major de Tsahal a fait procéder ces jours-ci à la pose de mines anti-personnel le long des barbelés et de la clôture électrifiée séparant le plateau annexé du Golan du territoire syrien, tandis que, nous assure le quotidien américano-sioniste Le Figaro, des unités subiraient un « entraînement spécial » pour faire face à d’éventuelles attaques syriennes. Et les militaires – et politiques – hébreux d’expliquer bien  fort que ces mesures sont rendues nécessaires par la situation politique de Bachar al-Assad, qui, selon eux, pourrait être tenté de trouver une échappatoire à ses problèmes intérieurs en attaquant Israël.
Tiens donc ! Le régime de Bachar al-Assad, mis au ban par une moitié du monde, et confronté à une crise intérieure, délicate bien qu’en cours de résorbtion, n’aurait pas de meilleure idée que de se lancer dans une aventure vouée à l’échec contre la plus puissante armée du Proche-Orient et l’allié privilégié des Etats-Unis, lesquels sont à l’affût du moindre prétexte pour intervenir – ou faire intervenir – militairement contre Damas, par Européens, Saoudiens ou Turcs interposés ? A ce stade ce n’est plus du machiavélisme, c’est « suicide mode d’emploi » !
Puisque l’opposition n’est pas assez performante…
Mais la vraisemblance du schéma importe peu en l’espèce : l’important n’est-il pas, de Washington à Tel Aviv en passant par Bruxelles et Ankara, de fragiliser au maximum la position internationale de Bachar al-Assad pour l’affaiblir intérieurement ? Faire croire qu’il est « 
aux abois » – comme l’écrit Le Figaro qui prend vraiment ses rêves atlantistes pour des réalités syriennes – et donc prêt à faire n’importe quoi, y compris plonger la région dans la guerre, c’est le seul moyen qui reste – la « révolution »‘ intérieure marquant décidément le pas – à la coalition de fait euro-israélo-américaine de l’asphyxier internationalement, et de le faire lâcher par les Russes, les Chinois ou les Indiens, ces empêcheurs de « s’ingérer en rond ».
Une fois de plus on constate que ce sont les pyromanes qui crient « au feu ! » Car qui, en soutenant les franges radicales et armées de l’opposition, en jouant sur les clivages religieux – comme en Irak -, en tentant d’asphyxier par diverses mesures d’embargo l’économie, en poussant la Turquie ou certaine faction libanaise à mettre leur grain de sel, qui donc, sinon les Américains, les « Européens », quelques Arabes et aujourd’hui les Israéliens, sème le vent de la guerre en Syrie et, ipso facto, chez ses voisins immédiats ?
Reste qu’il y a dans tout cela, jusqu’à plus ample informé, plus de poker menteur que  de résolution farouche.

Guy Delorme

Jeudi 18 Août 2011
http://www.infosyrie.fr



Paroles & action du président Bachar al-Assad 

El Assad met en garde contre toute action militaire contre la Syrie.  

Le président syrien Bachar al-Assad a mis en garde dimanche contre toute action militaire contre la Syrie, estimant sans valeurs les appels occidentaux exigeant son départ, et soulignant que sa bataille avec eux est celle de la souveraineté.
« Toute action militaire contre la Syrie aura des retombées plus grandes qu’ils ne le prévoient pour plusieurs raisons », a-t-il averti, lors d’une interview télévisée diffusée sur la télévision d’état.
Rapportant des évènements pour la première fois, il a révélé avoir reçu des menaces américaines quelques semaines après l’invasion de l’Irak que la Syrie sera occupée, et énumérant un certain nombre d'exigences.
« Notre réponse a été de refuser toutes ses demandes» a-t-il précisé, expliquant que « les réformes pour les états occidentaux colonisateurs sont celles qu’ils dictent seulement, en renonçant à la résistance, et abandonnant nos droits ».
S’adressant toujours aux pays ennemis, il a ajouté : « parfois il faut leur dire que si vous voulez aller plus loin dans vos politiques, nous sommes prêts à aller plus loin ».
Les appels des occidentaux sans valeur
Concernant les appels de dirigeants occidentaux réclamant son départ, le président syrien a dit qu’ils étaient "sans valeur"
"En nous abstenant de réagir, nous leur disons que leurs propos sont sans valeur", a dit M. Assad.
Selon lui, de "tels propos ne doivent pas être tenus à l'égard d'un président qui a été choisi par le peuple syrien et qui n'a pas été installé par l'Occident, un président qui n'est pas fabriqué aux Etats-Unis. Ces paroles se disent à un peuple soumis qui accepte de recevoir des ordres de l'étranger".
ElAssad considère que les relations actuelles de la Syrie avec ces pays occidentaux sont marquées par un conflit de souveraineté.
Jeudi, et dans ce qui a semblé être une vraie confiscation de la volonté du peuple syrien, le président américain Barack Obama suivi de ses alliés occidentaux, a pour la première fois appelé explicitement Bachar al-Assad à partir et a renforcé les sanctions.
Avec la Turquie: Oui aux sentiments de souci, non au rôle de maitre
Interrogé sur les dernières positions turques, le numéro un syrien a répondu : « concernant les déclarations des responsables turques, et vu que nous ne savons les intentions qui les alimentent, serait-ce vraiment par souci, comme nous entendons dire de temps à autre, s’il en est ainsi nous sommes reconnaissants pour tous ceux qui se soucient pour la Syrie… serait-ce aussi par préoccupation de ce qui se passe en Syrie, et de ce qui pourrait en advenir comme conséquences en Turquie, ce qui est aussi normal ».
Mais il a toutefois tenu à signaler que lorsqu’il « s’agit de prendre le rôle de guide, ou de maitre, et de jouer un rôle au détriment de la cause syrienne, ceci est inadmissible, de la part de n'importe quel responsable du monde, y compris de la Turquie ».
M. Assad a par ailleurs annoncé que les élections locales devraient avoir lieu en décembre et que les législatives se tiendront de "quatre à huit mois après la publication, peut-être jeudi, des décrets d'application sur la loi électorale, en tout cas au plus tard en février, afin de permettre aux partis de se constituer et d'avoir le temps de faire campagne".
Les sanctions ont toujours existé
Concernant les sanctions économiques décidées par les pays occidentaux, il a souligné que "le siège de la Syrie existe déjà". "Malgré les bonnes relations économiques que nous avons avec l'Europe, nous avons d'autres alternatives. On s'est orienté vers l'Est et nous continuerons à le faire", a-t-il dit.
Selon des diplomates, les mesures européennes visant le secteur pétrolier, notamment un embargo sur l'importation de pétrole brut syrien, pourraient être annoncées dès mardi. L'Europe achète 95% du pétrole exporté par la Syrie, ce qui représente un tiers des recettes du pays.
Le président Assad a reconnu que la crise avait eu un impact sur la situation économique mais que "celle-ci commence à se rétablir depuis deux mois. Il faut garder le moral".
Selon lui, la Syrie n'aura jamais faim, vu qu'elle est auto-siffisante et grace à sa position gégraphique qui influe sur les autres pays de la région.
Le complot visait à faire tomber la Syrie en quelques semaines
Interrogé sur la situation sécuritaire, le chef de l'Etat a précisé: "Nous avons commencé à enregistrer des succès et nous pouvons dire que la situation est à présent plus rassurante. Le complot (déjoué) visait à faire tomber la Syrie en l'espace de quelques semaines".
"Il n'y a pas de solution purement sécuritaire et toute solution sera forcément politique mais une solution politique ne pourra pas être mise en oeuvre si la sécurité n'est pas préservée", a-t-il souligné.
Non à la justice onusienne!
Alors que le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme, Navi Pillay, a indiqué vendredi qu'il y avait désormais des "preuves" de "crimes contre l'humanité" et a appelé le Conseil de sécurité de l'ONU à saisir la justice internationale, M. Assad a indiqué qu'il existait en Syrie "une commission d'enquête indépendante".
"Un nombre limité de personnes ont déjà été jugées sur la base de preuves irréfutables. Le principe est que quiconque, qu'il soit militaire ou civil, ayant commis un crime contre un citoyen sera jugé sur la base de preuves. Nous n'innocenterons pas un coupable et nous ne condamnerons pas un innocent", a-t-il
dit.

22/08/2011

http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?eid=27976&cid=18&fromval=1&frid=18&seccatid=37&s1=1

 

Al-Assad : La Syrie est un obstacle pour l’Occident dans la région !  

Le président syrien Bachar el-Assad a rejeté en bloc toute pression occidentale cherchant à contraindre la Syrie à se vendre, car le peuple syrien a choisi d’être maître lui-même et de jouir  d'une souveraineté autonome, a rapporté l'agence SANA.
S’exprimant au cours d’un iftar organisé Mercredi soir en l’honneur des dignitaires religieux syriens, al-Assad a considéré que les pressions étrangères ne sont pas nées du souci de l’Occident sur le peuple syrien ou sur le processus des réformes déjà entamé !
Et de souligner « que la Syrie est pour l'Occident un obstacle dans la région et il veut de la Syrie qu'elle présente des concessions, mais cela  n'arrivera jamais, car le peuple syrien a choisi d’être en possession de sa volonté ».
Le président al-Assad a indiqué que  « la force de la Syrie réside dans le fait que son peuple  croit en la patrie qui représente sa maison, en la souveraineté  qui représente son honneur et en l'unité nationale qui représente sa forteresse à laquelle nous irons  nous abriter, enfin en la sécurité qui représente la garantie de l'avenir de nos enfants ».
Le président al-Assad a appelé à revoir les événements que la Syrie a connu afin d'en tirer les leçons pour le bien du pays et du peuple syrien.
"Surmonter ces événements nécessite la coopération de tout le monde, le bon sens et la sagesse au lieu des émotions", a affirmé le président syrien, soulignant que le rôle des ulémas est  essentiel pour préserver le pays, sensibiliser les citoyens et éviter la zizanie.
Le président al-Assad a considéré « que ce qui s'est passé, malgré  la grande douleur qui a résulté de cette situation, a mis en évidence la substance solide et authentique du citoyen syrien dont la patrie s'enorgueillit comme d'ailleurs la rue syrienne, affirmant que la relation entre la foi et le patriotisme est tout à fait naturelle et que ce qui unit ces deux concepts est la morale ».
"Une grande partie de la crise a une raison morale que ce soit du côté du responsable ou du citoyen et la solution réside dans la consécration de la morale", a-t-il estimé, ajoutant que l’essence de la religion est l'humanité et l’essence de cette dernière est la morale.
Il a insisté sur le fait  de ne point exploiter le nom d'Allah, qui est le mot le plus sacré à l'humanité.
"Les agissements individuels de la part de certains responsables ou de simples citoyens, surtout les actes qui violent les choses sacrées ne sont que des comportements individuels qu'on ne peut généraliser ", a-t-il poursuivi.
Le président a appelé tous les ulémas et les responsables à assumer leurs responsabilités dans le renforcement de la cohésion entre les Syriens et à participer ensemble au processus de réforme, précisant que la divergence des opinions est une question "saine" tant que le but  est la construction du pays et tant que la réforme n'aboutit pas à la division et à la dissension.
"L'Etat progresse dans le processus de réforme de manière ferme", a affirmé le président, ajoutant que cette réforme jette les jalons de l'avenir du pays et des générations futures. "C'est pourquoi, elle doit être minutieusement étudiée et fondée sur les revendications naturels de la société et non pas sur tout ce qui est conjoncturel", a fait noter le président al-Assad.
Il a mis en garde contre les tentatives étrangères  de semer la discorde dans le pays, notamment en discréditant  le rôle patriotique de l'armée qui protège les citoyens et les biens publics et privés.

25/08/2011

Al Manar



Résistance

Raghda Bittar : Journal libanais: La Syrie est la cible d'un complot extérieur visant sa sécurité et sa stabilité.  

Dans un article publié par le journal libanais al-Bina', l'écrivain Mme Salwa Al-Khalil Al-Amine a affirmé que la Syrie est la cible d'un complot dangereux visant sa sécurité, sa stabilité et la sécurité et la stabilité de la région tout entière au service du projet américano- sioniste.
L'écrivain a indiqué que le fait de couper les routes, de tuer les innocents des civils et de l'armée par la main des groupes terroristes armés en Syrie confirme la réalité de la main extérieure qui joue avec la sécurité et la stabilité de la Syrie.
Elle a ajouté que tous les fronts sont actuellement ouverts contre la Syrie par l'intimidation, la destruction des établissements, la coupure des routes et l'agression contre les fils de notre peuple et de l'armée.
L'écrivain a critiqué les comportements de certains intellectuels et écrivains arabes qui se sont entraînés derrière les plans américains et occidentaux contre la Syrie, tout en se demandant: Où sont les crayons libres cultivés qui soutiennent la Syrie et se tiennent aux côtés de la résistance et du peuple arabe combattant sous ses différentes catégories ?.
L'écrivain a conclu son article en disant que la Syrie mène aujourd'hui la bataille de tous les Arabes et tout le monde doit renoncer aux rancunes et traduire les idées en une action résistante honnête pour la victoire de la cause arabe dont l'étendard est détenu par la Syrie contre l'ennemi israélien.
Raghda Bittar

15/08/2011
http://www.sana.sy/fra/51/2011/08/15/363991.htm


La Syrie a cessé depuis mardi toute transaction en dollars au profit de l'euro.  

La Syrie a cessé depuis mardi toutes ses transactions en dollars en raison des sanctions imposées par les Etats-Unis et s'est tournée complètement vers l'euro, a indiqué jeudi à l'AFP le gouverneur de la Banque centrale Adib Mayaleh. "Depuis deux jours nous ne pouvons plus faire de transactions en dollars et nous nous sommes donc tournés vers l'euro. Depuis 2005, nous avions encouragé tous les secteurs économiques à faire des transactions en euros mais malheureusement ils continuaient dans leur très grande majorité à la faire en dollars", a-t-il dit. "Maintenant c'est complètement arrêté. C'est la première fois dans l'histoire du pays", a-t-il ajouté.
Barack Obama qui a exigé la démission du président syrien Bachar al-Assad a également annoncé tout récemment avoir pris de nouvelles sanctions très dures contre le régime de Damas.
Le président américain a signé un décret interdisant l'importation de pétrole et de produits pétroliers de Syrie aux Etats-Unis et gelant tous les avoirs que l'Etat syrien pourrait avoir sous juridiction américaine.
M. Mayaleh a indiqué que les réserves du pays se montaient actuellement à 17,4 milliards de dollars, soit 800 millions de dollars de moins par rapport à la mi-mars, au début du mouvement de contestation contre le régime de Bachar al-Assad.
"Le taux de change de la livre syrienne est resté plus ou mois stable. C'est notre principal objectif depuis le début de la crise, a-t-il ajouté. Interrogé sur un transfert de 6 milliards de dollars de l'Iran pour soutenir la livre syrienne, il a répondu: "C'est de la rigolade. C'est n'importe quoi. Les milliards sont venus comment? En camions? Par un transfert bancaire alors que les deux pays sont sous embargo? Le centrale des règlement interbancaires en a fait état? C'est ridicule". "Nous avons crée il y a deux ans un fonds pour la fluctuation de la monnaie et la position des changes avec les banques. Il tournait autour de 5 milliards de dollars et depuis la crise nous avons déboursé deux milliards pour protéger notre monnaie", a-t-il ajouté

27-08

 http://www.lorientlejour.com/category/Derni%C3%A8res+Infos/article/719345/La_Syrie_a_cesse_depuis_mardi_toute_transaction_en_dollars_au_profit_de_leuro.html


11/08/2011

n°9 - Syrie : Géopolitique et stratégie - 10.8 :- Syrie et la 'Vicissitudes et réalités' du « Printemps arabe ».


n°9  - Syrie : Géopolitique et stratégie - 10.8 :- Syrie et la 'Vicissitudes et réalités' du « Printemps arabe ».


Face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Sa diffusion est un acte de résistance.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources.



Syrie : Géopolitique et stratégie

 

n°9                              10-08       C.De broeder & M.Lemaire



Le "Dossier deSyrie" est  visible :

a) sur nos blogs :

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

b) sur le site de Eva Resis           :  no-war.over-blog.com

c) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com

d) sur le site : www.palestine-solidarite.org à cette adresse : http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

NB : Si vous voulez-nous contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire de la lutte pour la libération du territoire.


Tiré à part

Kalashnikov: L’Occident fournit des armes aux groupes terroristes en Syrie.

La Syrie n'abandonnera pas la chasse aux groupes terroristes et poursuit ses réformes.

1 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

1-1 Ivashov : La Syrie est confrontée à une campagne de vaste envergure visant sa politique indépendante et son soutien à la résistance.

1-2 Léon Camus : Libye, Syrie : un projet géopolitique qui ne se comprend que sur la longue durée...

2 Annexe

2-1 Louis Denghien : les monarchies du Golfe au secours de la liberté !

2-2 Pierre PICCININ :Syrie et la 'Vicissitudes et réalités' du « Printemps arabe ».

2-3 Maurizio Matteuzzi : Guerres étasuniennes : le coût.



Tiré à part

Kalashnikov: L’Occident fournit des armes aux groupes terroristes en Syrie

Le premier vice président de la commission des relations internationales au conseil russe de la Douma, Leonid Kalashnikov, a accusé l'Occident d’exercer contre la Syrie une politique agressive, notamment en offrant  aux groupes terroristes, armes et munitions, sans compter un appui logistique dans certaines villes rurales syriennes, et ceci, pour empêcher la Syrie d'assumer son rôle clé dans la région.

Dans une déclaration à l'agence Sana, Kalashnikov a fustigé l'ingérence étrangère dans les affaires syriennes dénonçant  la politique de deux poids, deux mesures, adoptée à l'égard de la Syrie. Il a assuré qu'aucun changement dans la position de la Russie vis-à-vis des événements en Syrie n’est envisageable.

Kalashnikov a, condamné l'attitude des pays occidentaux qui accusent les autorités syriennes de violer les droits de l'homme, ignorant les faits qui prouvent que ce sont les groupes terroristes qui violent les droits de l'homme en tuant les civils et les militaires et en coupant les routes.

Il a affirmé, dans ce contexte qu'aucun pays dans le monde n'acceptera de rester les bras croisés devant des actes criminels qui menacent la sécurité de ses citoyens.

Pour sa part, le président de l'association russe pour l'amitié et la coopération avec les pays arabes, Vyacheslav Matuzov,  a réitéré le refus de Moscou à toute forme d'ingérence étrangère dans les affaires intérieures de la Syrie.

Dans une interview à la TV syrienne, Matuzov a affirmé que la position russe est stable et inchangeable à l'égard de la Syrie, car elle reflète les intérêts patriotiques russes, selon ses termes.

Matuzov a aussi indiqué que la Russie s'oppose à toute ingérence étrangère dans les affaires intérieures de la Syrie.

Matuzov a expliqué que le ministère russe des AE, a publié un communiqué   après l'adoption par le Conseil de sécurité du communiqué présidentiel contre la Syrie et dans lequel, il a  indiqué que Moscou se tiendra aux côtés de la la Syrie, soulignant  que le plus important point dans ce communiqué est l'appel aux pays étrangers de ne plus s'ingérer dans les affaires intérieures de al Syrie, et telle est la position réelle de la Russie amie de la Syrie.

Source: Agences

 

La Syrie n'abandonnera pas la chasse aux groupes terroristes et poursuit ses réformes.

Le président syrien Bachar al- Assad a déclaré mardi au ministre turc des Affaires étrangères, Ahmet Davutoglu, que "nous n'abandonnerons pas la chasse aux groupes terroristes armés", selon l'agence de presse officielle SANA.

M. Assad a informé M. Davutoglu de la situation en Syrie et des actes des groupes armés qui ont terrorisé la population et tué des civils ainsi que des forces du gouvernement. Il a souligné que la Syrie est déterminée à poursuivre le processus de réforme et est ouverte à toute aide.

Pour sa part, M. Davutoglu a souligné qu'il ne transmettait " aucun message de personne" mais qu'il exprimait la volonté de son pays de voir la stabilité et la sécurité se rétablir en Syrie.

Il a réitéré que la Syrie de Bachar al-Assad deviendra un noyau dans le monde arabe après la mise en place des réformes adoptées par le leadership syrien, ajoutant que la stabilité de la Syrie est essentielle pour la stabilité de la région.

M. Davutoglu est arrivé plus tôt dans la journée pour discuter avec les officiels syriens de la crise qui a éclaté dans le pays à la mi-mars et et des moyens pour mettre un terme aux violences contre les manifestants.

Washington a déclaré avoir demandé au ministre turc de dire au leader syrien de retirer ses unités armées de leurs baraquements immédiatement.

Avant cette visite, la Turquie avait fait savoir qu'elle envoyait son ministre des Affaires étrangères avec un message " ferme" pour Damas de cesser son opération militaire.

 Xinhua

2011-08-10 08:47:08  
http://french.cri.cn/781/2011/08/10/302s250631.htm



1 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

1-1 Ivashov : La Syrie est confrontée à une campagne de vaste envergure visant sa politique indépendante et son soutien à la résistance.

Le général, Leonid Ivashov, président de l'Académie russe des sciences géopolitiques, a indiqué que ce qui se passe en Syrie est une campagne de forte et vaste envergure exécutée par le Mossad et les pays d'Occident, en particulier les Etats-Unis et la France, dans le but de la démembrer en raison de sa politique indépendante, de son soutien à la résistance contre Israël et de ses relations étroites avec l'Iran.

Dans une interview accordée au correspondant de SANA à Moscou, le général Ivashov a ajouté que l'Occident vise aussi la Syrie pour son position distinguée dans le monde arabe.

Les Etats-Unis exécute actuellement la 3ème étape de son plan de déstabiliser la Syrie consistant à faire passer le cours d'événement du stade politique à celui de combat au moyen des actes de sabotage et de l'effusion du sang dans l'ensemble du pays, estime le général, ajoutant que la 2ème étape du plan vise à provoquer une confrontation armée avec les forces de l'armée et de l'ordre, alors que la 1ère étape avait focalisé sur le financement et l'armement des groupes armés, en plus du lancement d'une campagne médiatique de tromperie.

Dans ce sens, le général Ivashov a critiqué la guerre médiatique et psychologique déclenchée par nombre de mass médias et de chaînes satellitaires contre la Syrie en vue de provoquer le chaos et la panique parmi les Syriens, saluant dans ce sens l'information syrienne qui fait face à ces armes médiatiques et démasque leurs mensonges.

Le général Ivashov a exprimé sa confiance que la Syrie sortirait de cette crise plus forte grâce aux initiatives adoptées par le président Bachar al-Assad et qui verse dans l'intérêt de la société syrienne, soulignant qu'elle va mettre fin aux actes terroristes et de sabotage soutenus par le Mossad et les services occidentaux de renseignement.

Le général Ivashov a fait savoir que les Etats-Unis avaient organisé dans l'un des pays voisins de la Syrie des sessions de formation pour les opposants syriens pour exécuter des actes terroristes et de sabotage en Syrie.

Dans le même contexte, et un article analytique sur la conjoncture en Syrie, publié par le quotidien serbe Novi Standard, le général Ivashov, a souligné que résistance aux pressions et aux ingérences étrangères est pour la Syrie la seule sortie de la conjoncture en cours.

Le général Ivashov a indiqué que la Syrie suit une politique extérieure et intérieure indépendante basée sur les fondements de l'unité nationale, sociale et politique de la société syrienne.

Il a fait noter que les Etats-Unis exploitaient dans leur bataille contre les pays qu'ils considèrent comme ennemis tous les moyens dont la technologie révolutionnaire et la force militaire et que

Le général Ivashov a évoqué aussi le rôle des mass médias hostiles à la Syrie qui faisaient apparaître les actes criminels commis en Syrie comme étant de la protestation contre le régime.

Il a souligné que la déclaration de la direction de la Syrie sur la mise au point d'un plan complémentaire de réforme dans le pays va dépasser toutes les revendications de l'opposition.

Sur un autre plan, le vice-ministre russe des Affaires étrangères, M. Mikhaïl Bogdanov, a insisté de nouveau sur la position de son pays rejetant l'ingérence étrangère dans les affaires intérieures de la Syrie, estimant que le procédé le plus important pour régler les problèmes intérieurs est le dialogue national via les réformes dans les différents domaines.

Dans une interview télévisée, M. Bogdanov a souligné que son pays soutenait les efforts déployés par la Syrie pour poursuivre le dialogue national, émettant l'espoir que ce dialogue aboutira, d'autant que la direction syrienne avait adopté nombre de programmes et de plans de réforme qui doivent être exécutés d'une manière active et rapide.

Passant à la conjoncture dans les territoires palestiniens occupés, M. Bogdanov a commencé par insisté que la cause palestinienne reste la cause centrale du monde arabe et du Moyen-Orient, affirmant que son pays soutient l'établissement d'un Etat palestinien indépendant.

Et au sujet de la situation en Libye, M. Bogdanov a rappelé la position de son pays appelant dès le début à un arrêt immédiat des opérations militaires, estimant que les opérations militaires et le bombardement aérien par l'OTAN augmentent la souffrance du peuple libyen et font nombre de victimes parmi les Libyens.

30 Juil 2011

http://www.sana.sy/fra/55/2011/07/30/361327.htm


1-2 Léon Camus : Libye, Syrie : un projet géopolitique qui ne se comprend que sur la longue durée...

Ou le calendrier des guerres programmées…

Pourquoi la France, cette malheureuse est-elle embarquée militairement en Libye et diplomatiquement en Syrie dans d’infernales galères prétendument au service des droits humains ?

Car est-ce bien là le fond de la question ?

Un doute raisonnable est en effet permis en ce domaine.
Chacun peut constater avec quelle fougue Paris enfourche ces temps-ci le blanc destrier des indignations vertueuses contre des hommes avec lesquels Paris avait affiché hier d’éclatantes réconciliations. D’abord avec Bachar el Assad, le maudit accusé d’avoir commandité le meurtre de Rafic Hariri en 2005, cet ex Premier ministre libanais et grand ami de l’ex président Chirac. Les accusations ayant fait long feu, certains témoins ayant été convaincus de mensonges et d’affabulations, il a bien fallu se résoudre à désigner un autre coupable politiquement incorrect, en l’occurrence le Hezbollah, le « Parti de Dieu »… accessoirement acteur fondamental de la vie publique libanaise.
Bachar le paria revenu temporairement en grâce, assiste au défilé du 14 juillet 2008, en compagnie il est vrai d’une cinquantaine de chefs d’État invités pour une grand messe euroméditerranéenne.

Le 28 mars précédent Bachar el-Assad recevait à Damas le libyen Mouammar Kadhafi qui de son côté avait décliné l’invitation du président Sarkozy, lui ayant opposé une verte fin de non-recevoir au motif que l’« idée » même d’une Union pour la Méditerranée n’était à ses yeux qu’un « appât » et pour tout dire « une sorte d’humiliation » : « Nous ne sommes ni affamés, ni des chiens pour qu’ils nous jettent des os » ! Ce mauvais état d’esprit n’était peut-être pas si sot que cela comme l’avenir le prouvera ? Pourtant à la mi décembre 2007, le bouillant Colonel allait être reçu à Paris, mais en invité d’honneur cette fois et en grande pompe… jusqu’à être autorisé de planter sa tente bédouine sur la pelouse de l’Hôtel Marigny afin que le Guide de la Jamahiriya libyenne puisse y recevoir ses invités « conformément à la tradition du désert, qu’il respecte à la lettre ». Ah mais ! Paris valait bien une messe et le premier client miraculeux décidé à acquérir une poignée de Rafales (invendables) valait bien d’avaler quelques couleuvres voire des anacondas ! Oubliés les infirmières bulgares et tant d’autres sujets mineurs de fâcheries (le malheureux vol d’UTA ?)...
Autre temps, autres mœurs, les deux hommes hier salués pour leur retour d’enfants prodigues dans le giron démocratique de la Communauté des croyants dans les insignes vertus du libre Marché - à l’instar du libre renard dans le libre poulailler – sont aujourd’hui les bêtes noires de la communauté internationale réduite aux acquêts : É-U + UE (France, Royaume-Uni, l’Italie en proie à la vindicte de ses Marchands de Venise, ses Shylock intimes, ayant fait piteuse défection) + Israël, 28e États de l’UE et 51e état de l’Union américaine... Une belle brochette parlant haut et fort au nom de la planète entière. À ceci prêt que si Russie et Chine se sont, volens nolens, laissées forcer la main en votant la Résolution 1973 relative à la protection des civils dans la Libye en guerre civile, chacun sait que réitérer la même manœuvre – et nul ne s’y risque – au détriment de la Syrie se verrait immédiatement sanctionné au Conseil de Sécurité par un veto catégorique des deux membres permanents précités (sur cinq : É-U, France, GB).
En Libye l’échec de l’Otan devient chaque jour de plus en plus patent, les arsenaux sont vides et il ne suffit plus (en dépit d’une guerre des communiqués triomphalistes), aux « oppositions » (les tribus et le lumpenprolétariat islamiste de la Cyrénaïque en rébellion contre à l’État central et la Tripolitaine) de recevoir in situ les exhortations enflammées du triste sire BH Lévy, lequel tisse l’étoffe de sa médiocre gloire parisianiste avec la vie des autres ! Mais faire couler des flots de sang dans des guerres atroces (Yougoslavie, Irak, Soudan…) n’a jamais vraiment perturbé nos petits marquis si joliment autoproclamés « nouveaux philosophes » ! En vérité mieux vaudrait les nommer brandons de discorde à l’instar du mauvais dieu Loki, des gens dont la science infuse se réduit à manier le verbe comme un fouet pour faire se battre les montagnes… Revenons aux dissidents libyens armés et désormais encadrés par les forces spéciales de l’Otan (R-U et France rappelons-le exclusivement), mais qui marquent désespérément le pas, et ce malgré les roulements de tambours de la grande presse qui ne manque pas une occasion d’exalter leur bravoure et de stigmatiser les exactions réelles et supposées des forces loyalistes.
Ne parlons pas plus du décompte macabre des morts dans les manifestations qui se succèdent en Syrie comme vagues sur la grève… Or nous avons connu cette même presse plus fine bouche lorsque l’aviation de Tsahal bombardait en 2006 les infrastructures et la population libanaises, lorsque les israéliens en guise d’adieu disséminèrent des centaines de milliers de micro mines au moyen de bombes à fragmentation sur le Sud Liban ou encore lorsqu’ils allumèrent délibérément (assortissant leur vilenie de sempiternelles excuses a posteriori) un poste d’observation des Nations Unies liquidant d’un seul coup au but cinq casques bleus… Une presse résolument modérée lorsqu’il s’est agi de faire le (lourd) bilan de l’Opération Plomb durci en janvier 2009, treize cents morts civils passées par pertes et profits…
Bref, une presse partiale et amnésique impuissante à chercher les vraies causes – pas forcément cachées d’ailleurs – des malheurs frappant les Nations souveraines méritant (« on » le dit) d’être classées parmi les États voyous et à ce titre, traitées comme tels. Parce qu’enfin les crises ne tombent pas du ciel sans crier gare, elles s’annoncent de longues années à l’avance, elles naissent, grandissent, prennent corps sous nos yeux, encore faut-il savoir et vouloir les voir : la crise financière de septembre 2008 était annoncée à cor et à cris deux ans auparavant… or personne, surtout pas les politiques, n’avaient tenu compte des signaux d’alarme ! Et à ce propos, si l’on se donne la peine de remonter le temps sur une courte décennie, l’on commencera à entendre d’une tout autre oreille les commentaires vengeurs annonçant dans nos lucarnes domestiques la fin imminente des deux dictateurs, autrement dit d’hommes qui ne se sont pas totalement pliés, et assez vite, aux impérieux diktats de la Communauté internationale (… réduite aux acquêts).
En 2002, le 6 mai, John Bolton Sous-Secrétaire d’État de GW Bush donnait une conférence à l’Heritage Foundation 
1dans laquelle Cuba, la Syrie et la Libye venaient rejoindre l’Iran, l’Irak et la Corée du Nord sur la Liste noire de l’Axe du Mal. Il y dénonçait notamment la Syrie pour sa possession « de réserves de gaz neurotoxique sarin 2… laquelle poursuivrait le développement de l’agent VX, plus dangereux encore et plus puissant ». Simultanément, le Secrétaire à la Défense, M. Rumsfeld rappelait que la Syrie figurait toujours sur la Liste noire des États soutenant le terrorisme international (nous sommes un an et demi après le 11 sept.) et qui « s’est associée au [mouvement extrémiste] Hezbollah en acheminant des terroristes, du matériel terroriste, des équipements et des explosifs à travers la vallée de la Bekaa ». Un an et une guerre plus tard, le commentateur de Radio France Internationale Elio Comarin, le 14 avril 2003, plus lucide que la moyenne, n’hésitait pas à en déduire que « ces prises de positions semblent indiquer que Washington a [déjà] choisi sa prochaine cible ».
Le 10 mai 2002, le même Bolton, un homme prévoyant envoyait une lettre au Secrétariat général des Nations Unies pour annuler la décision du Président Clinton de participer à la création d’une Cour Pénale Internationale. L’Amérique n’entendait en effet, en vue des guerres imminentes (un an après fer et feu s’abattront sur l’Irak), exposer, ne serait-ce que d’un poil, ses militaires à une justice qui ne doit s’appliquer qu’aux vaincus… et non à des soldats auxquels la bride serait bientôt lâchée avec le beau résultat que l’on sait : six cent mille, un million de morts en Irak pour 9 ans d’occupation ?!
En fait, le principe d’une attaque simultanée de la Libye et de la Syrie avait été adopté à Washington quelques jours seulement après les attentats du 11 Septembre. Le général Wesley Clark ancien commandant en chef de l’Otan avait, le 2 mars 2007 à l’occasion d’un entretien télévisé 
3, en témoignait sans aucune ambiguïté et livrait le palmarès gagnant des sept États devant être détruits « dans les cinq ans » par les États-Unis d’Amérique : Irak, Syrie, Liban, Lybie, la somalie, Soudan et in fine, l’Iran. Alors aujourd’hui qu’en est-il ? L’Irak, c’est fait ; le Soudan est en bonne voie de décomposition ; la Libye, c’est en cours ; quant aux autres ils sont plus que jamais dans le collimateur d’Israël et des É-U, et pour tout dire, en ce qui concerne la Syrie, le ton monte graduellement… Le Liban et l’Iran ne perdent, eux, certainement rien pour attendre.
Maintenant en ce qui concerne Paris, contrairement à ce que le lecteur pourrait imaginer le tournant n’a pas été pris en 2007, mais depuis belle lurette, mais ceci est une autre histoire

Notes

(1 ) John R. Bolton, Under Secretary for Arms Control and International Security, « Beyond the Axis of Evil : Additional Threats from Weapons of Mass Destruction ». Remarks to the Heritage Foundation, Washington, DC, May 6, 2002. http://www.mtholyoke.edu/acad/intre...
(2 ) Gaz utilisé avec un succès très médiocre par la secte Aum dans le métro de Tokyo en mars 1995, le Sarin étant ainsi présent de facto comme cauchemar potentiel dans tous les inconscients des classes politiques occidentales.
(
3 ) Vidéo - http://www.youtube.com/watch?v=gJWB...

Léon Camus

Jeudi 28 Juillet 2011

http://www.geopolintel.fr/article382.html



2 Annexe

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information.

2-1 Louis Denghien : les monarchies du Golfe au secours de la liberté !

A peu près personne ne semble relever le "comique" de la situation actuelle.

Le Barhein qui vient d'écraser dans le sang des manifestations pacifiques (elles) se déclare outré des violences du "régime" syrien.

A Londres nos journaleux n'ont pas de mots assez durs pour condamner la violence criminelles des hooligans... mais ceux qui en Syrie ou en Libye brûlent des commissariats, portent des armes, tuent des militaires gouvernementaux, ceux-là sont des bons manifestants pacifiques, et les pays occidentaux sont tout prêts à les reconnaître comme le gouvernement légitime...

La destruction de la Libye par l'Otan est une violence sans commune mesure avec celle de Londres en tout cas.

RM

Louis Denghien : les monarchies du Golfe au secours de la liberté !

Il y a dans l’actualité politique comme dans celle de la mode des « tendances ».

En ce qui concerne la Syrie, les commentateurs et analystes ont, par exemple, privilégié un temps le cas des milliers de réfugiés syriens de Turquie. Il est aujourd’hui difficile d’avoir la moindre nouvelle de ceux-ci, comme s’ils étaient « démodés » depuis que nombre d’entre eux ont choisi de regagner leur pays.

La dernière « tendance » – qui s’est imposée voici quelques jours seulement – c’est de pointer l’ « isolement croissant » du régime. Les médias d’Occident semblent très excités par les récentes condamnations ou prises de distance émanant de la Ligue arabe et du Conseil de coopération du Golfe. Certains des Etats membres du CCG  -Arabie Saoudite, Koweit et Bahrein – ont même rappelé théâtralement, dimanche 7 et lundi 8 août, leurs ambassadeurs et le roi Abdallah d’Arabie Saoudite est sorti de sa traditionnelle réserve pour condamner la répression en Syrie, exigeant que s’arrête « la machine à tuer et l’effusion de sang« .

L’ « autorité morale » des monarchies pétrolières.

Cette recommandation, venant d’un monarque absolu ne tolérant pas la moindre contestation chez lui et ayant envoyé ses troupes réprimer le soulèvement populaire chiite au Bahrein, est tellement surréaliste que même la correspondante de l’Associated Press à Beyrouth le remarque au passage. Et faut-il parler des dictatures couronnées du Koweit et du Bahrein où l’on n’a guère hésité à tirer sur la foule – au Bahrein – voici quelques mois.

Bref la presse française convoque comme témoins de moralité anti-Bachar des autocrates – les derniers monarques absolus de la planète – dirigeant des sociétés théocratiques où femmes et minorités religieuses sont confinées dans un statut subalterne.

On accordera  - un peu – plus de considération à la Ligue arabe qui a appelé, dimanche 7 août, à l’arrêt « immédiat » des violences contre les civils. Mais on attend encore qu’elle appelle à l’arrêt de l’agression de l’OTAN contre la Libye, ou à celle de la répression au Yémen ou au Bahrein, par exemple. D’ailleurs, ce « front vertueux arabe » n’a pas réussi à enrôler sous sa bannière le Liban, dont le gouvernement est faborable à Damas, ni l’Irak qui entretient de bons rapports avec son voisin, ni même la Jordanie, plutôt pro-occidentale mais qui vient de faire savoir qu’elle refusait de s’ingérer dans les affaires intérieures syriennes. Et on ne sache pas que l’Egypte ou les pays du Maghreb aient l’intention de rappeler leurs ambassadeurs à Damas.

De la Turquie, enfin, qui envoie aujourd’hui son ministre des Affaires étrangères à Damas pour exprimer la « lassitude » d’Erdogan, on a déjà dit ici (voir « Réponse du berger à la bergère » mis en ligne le 8 août) qu’elle serait bientôt contrainte de baisser d’un ton par les réalités géopolitiques de la région.

Pour le reste, rien de nouveau sous le soleil : Bachar al-Assad peut toujours compter sur l’hostilité militante des Etats-Unis et de ses vassaux européens. Le chef de la diplomatie allemande, Guido Westerwelle, a ainsi déclaré que le président syrien n’avait « plus aucun avenir » et on n’attendait à vrai dire pas moins d’un pays qui dispute à la France de Sarkozy/Juppé la place de meilleur sujet de l’écurie atlantiste.

Et, pour autant qu’on sache, la Syrie bénéficie toujours de l’appui diplomatique de la Russie, de l’Iran, du Liban, de l’Inde, du Brésil, de l’Afrique du Sud, du Venezuela.

Bref, rien de nouveau – ni de convaincant – sous le soleil des médias, seulement une désinformation  de plus !

Louis Denghien,

http://www.infosyrie.fr/actualite/sensationnel-les-monarchies-du-golfe-au-secours-de-la-liberte/

Autres articles à lire sur l'excellent site www.infosyrie.fr


2-2 Pierre PICCININ :Syrie et la 'Vicissitudes et réalités' du « Printemps arabe ».

L'ordre règne à nouveau dans le sud...

À Deraa, le fief de l'insurrection druze, seuls quelques barrages routiers, où une poignée de fantassins, harassés par le soleil de l'été, agitent la main pour presser le passage des automobiles, rappellent qu'il s'est probablement là passé quelque chose...

À l'entrée de la ville, la statue du Cheikh Saleh al-Ali, qui avait conduit la révolte arabe contre le colonisateur français en 1918, se dresse -ironie du sort- face aux gigantesques portraits d'Hafez et Bashir al-Assad, serrant dans son poing les fleurs desséchées du Printemps arabe.

 

Le cas des révoltes qui agitent la Syrie depuis le début du mois de février vient ajouter ses spécificités à un « Printemps arabe » devenu déjà très complexe et divers, et dont le bilan s’éloigne de plus en plus de l’image simpliste qu’en avaient forgée maints observateurs euphoriques, celle d’une « vague révolutionnaire démocratique déferlant sur tout le monde arabo-musulman », de Rabat à Téhéran.

Pendant que le Yémen et la Libye s’enfoncent dans la guerre civile, guerre de clans et de tribus, guerre des chefs aussi, avec, dans un cas, l’interventionnisme des monarchies du Golfe et, dans l’autre, l’ingérence de l’Occident, alors que les « révolutions » égyptienne et tunisienne ont la gueule de bois et peinent à se débarrasser des establishments moubarakiste et benaliste qui contrôlent encore tous les rouages de la société et de l’État, tandis que le Bahreïn et, à présent, le Maroc (plus modestement) répriment la contestation dans la violence, la Syrie offre une autre variante encore de ce « Printemps arabe », qui détrompe l’analyste et démontre combien le monde arabe est pluriel et multiple.

Bien loin du cliché véhiculé et appliqué partout sans nuance, le cas syrien, pas plus qu’en Libye ou ailleurs, ne saurait être décrit comme la révolution et l’élan démocratique d’un peuple opprimé déterminé à renverser une féroce dictature (celle de Bashar al-Assad et du parti Baath), vision que démentent, entre autres éléments, les gigantesques manifestations de soutien au gouvernement, qui bénéficient d’une réelle adhésion de la part d’une fraction non négligeable de la population et ne sauraient être expliquées simplement par les velléités propagandistes du régime.

Certes, on ne peut pas nier l’émergence d’une société civile et d’un mouvement revendicatif exigeant la démocratisation des institutions: des manifestations ont eu lieu dans la plupart des grandes villes du pays. Mais ce mouvement reste limité et est tout à fait minoritaire, presqu'anecdotique...

Ainsi, les 4 et 5 février, un appel à se rassembler pour une immense manifestation à Damas avait circulé sur Facebook, mais il n’avait été que fort peu suivi et s'était soldé par un lamentable flop. D’autres cas similaires ont été épinglés depuis.

Ce mouvement existe donc, mais il ne constitue cependant pas le moteur des révoltes en Syrie, qui procèdent moins d’un soulèvement populaire à la tunisienne ou à l’égyptienne que des enjeux régionaux et idéologiques liés aux différents mouvements politiques, communautés et confessions qui structurent la population syrienne, enjeux auxquels se superposent en outre les intérêts des voisins saoudiens, israéliens et iraniens, états-uniens aussi, à une échelle internationale.

 

Sur le plan intérieur, d’abord, il faut donc bien faire la différence entre les manifestations pacifiques et les révoltes, parfois armées et qui ont nécessité une intervention militaire.

Les révoltes, violentes, mais très localisées (à certains quartiers des villes concernées seulement -force est d'admettre que les images postées sur Youtube sont trompeuses), ne sont en effet pas généralisées à tout le pays et ne concernent que deux territoires bien délimités situés, l’un, au nord-ouest d’Alep, le long de la frontière turque, et, l’autre, à l’extrême sud-ouest, autour de la ville de Deraa. Un troisième foyer s’est aussi déclaré dans la ville de Hama, ville très religieuse et fief des Frères musulmans syriens.

Mais chacun de ces territoires s’est insurgé pour des raisons différentes, et différentes aussi des motivations des manifestants réclamant des réformes démocratiques.

Très puissants en Syrie et idéologiquement ultra-radicaux, les Frères musulmans syriens représentent probablement la branche la plus intransigeante de ce mouvement au Moyen-Orient, bien moins accommodants que leur équivalent égyptien par exemple.

 

Profitant des troubles qui touchent la Syrie, ils ont relancé la révolte qu’ils avaient déjà soulevée à Hama, en 1982, contre Hafez al-Assad (le père de l’actuel président), qui avait réprimé l’insurrection dans le sang (on estime le bilan de la répression de 1982 entre dix et trente mille morts ; les Frères musulmans avaient déjà tenté d’assassiner Hafez al-Assad en 1980).

Au sud-ouest, Deraa et ses environs abritent une très large majorité de Druzes (courant de l’Islam hétérodoxe). Historiquement repoussée et concentrée dans cette région, le Djebel druze, la communauté druze, qui représente moins de 4% de la population syrienne, a toujours été écartée du gouvernement et socialement défavorisée. L’appel à manifester contre le pouvoir alaouite avait été l’occasion pour elle de se révolter contre l’hégémonie de Damas.

Au nord-ouest, la population est essentiellement composée de Turcomans, descendants de populations turques et parlant un dialecte turc. Leur nombre est difficilement estimable : au total, ils représenteraient 20 à 25% de la population syrienne ; ils sont également très présents à Hama, aussi à Homs, ville plus au sud de la frontière où de violentes altercations ont eu lieu avec les forces de l’ordre. Soutenus par Ankara, des éléments de cette communauté revendiquent une autonomie régionale qui lui assurerait une certaine indépendance vis-à-vis du gouvernement central, revendication tout à fait contraire à la conception de l’État baathiste.

Si la révolte druze est presqu'éteinte à Deraa, il n'en est pas encore de même dans le nord-ouest. Toutefois (exception faite de Hama, fief de l'insurrection islamiste, où les Frères musulmans mobilisent encore les foules, et particulièrement le vendredi, à la sortie des mosquées), on n'en est plus aux grandes manifestations qui avaient rempli la rue de milliers de personnes. La fermeté du pouvoir a en effet découragé les velléitaires des premiers jours : la contestation se traduit désormais par des actions ciblées, par lesquelles des groupes de quelques centaines d'activistes, quelques dizaines seulement parfois, dont plusieurs sont armés, comme nous avons pu le constater à Homs notamment, s'emploient, lors de sorties nocturnes, à entretenir un état de tension et d'instabilité; il arrive régulièrement que les soldats (pour la plupart de jeunes conscrits) ripostent dès lors, et que l'on dénombre des morts parmi les « manifestants ». Et il est bien difficile de déterminer dans quelle mesure et dans quelles proportions ces bandes sont constituées de militants autonomistes et/ou de citoyens soucieux de démocratiser le régime.

 

Quoi qu'il en soit, ils n'ont pas le soutien complet de la population, qui qualifie les troubles qu'ils génèrent de « problèmes », la conséquence en étant la fermeture régulière des commerces, volets de fer tirés, « pour protester contre le gouvernement », selon l'opposition, par « crainte du vandalisme », selon les personnes rencontrées dans les souks de Homs.

Trois groupes aux revendications bien distinctes, donc, et qui ne partagent pas nécessairement les préoccupations de l’opposition démocratique.

En revanche, le régime bénéficie du soutien de plusieurs autres communautés, et notamment des Chrétiens (10% de la population), qui craignent l’essor du courant islamiste radical, dont les intentions sont très claires : l’instauration d’une république islamique sans concession et l’éradication du christianisme et des courants musulmans considérés comme hérétiques. Pour les mêmes raisons, il bénéficie aussi du soutien des Kurdes (bien que ces derniers soient en partie exclus socialement) et des communautés juive et musulmanes chiite et alaouite, de cette dernière dont est issue la famille du président Bashar al-Assad et qui représente environ 20% de la population syrienne.* La Syrie est en effet un État laïc, où Chrétiens, Juifs et Musulmans cohabitent en totale convivialité.

 

A ce bloc, qui représente presque 40% de la population syrienne, il faut encore ajouter une large partie de la bourgeoisie sunnite (courant majoritaire en Syrie), laquelle se félicite des mesures économiques promues par Bashar al-Assad depuis son accession à la présidence, le 10 juillet 2000.

Tournant le dos à la dimension éminemment socialiste du baathisme traditionnel, l’actuel président a autorisé la privatisation de plusieurs secteurs économiques et financiers, des banques notamment. Il a aussi favorisé le secteur du tourisme et celui des nouvelles technologies, rattrapant rapidement le lourd retard que la Syrie accusait dans ce domaine, comme, par exemple, celui de la téléphonie mobile et de l’internet. Des facilités douanières furent négociées avec la Turquie et divers partenaires, de telle sorte que, en quelques années seulement, un essor économique palpable a transfiguré les grandes villes, à commencer par la capitale.

La bourgeoisie, qui profite à présent du succès de cette politique, n’a certainement pas l’intention de ruiner ces acquis en laissant renverser le régime auquel elle les doit.

Bashar al-Assad a enfin le soutien de l’armée, dont la majorité des cadres sont des Alaouites.

Concernant la situation intérieure, force est donc de conclure, d’une part, que le régime, pour peu démocratique qu’il soit, fonde sa légitimité sur un consensus nécessaire et dont la majorité des Syriens est bien consciente et, d’autre part, que, s’il existe une aspiration de la classe moyenne à la démocratie, les troubles les plus importants sont le fait de protagonistes dont les objectifs divergent et n’ont que peu à voir avec la démocratisation du régime.

De fait, à l'exclusion des fiefs rebelles, partout ailleurs dans le pays, règne un calme plat.

On ne rencontre quasiment aucun barrage sur les routes et l'armée comme la police sont presqu'absentes du paysage.

Chacun vaque à ses occupations et, partout, sont fièrement arborés les portraits du président Bashar al-Assad et de son père, Hafez, à chaque coin de rue, au milieu de chaque rond-point, à l'entrée de chaque ville, devant chaque édifice public, sur les casquettes, sur les t-shirts, sur la porte de chaque commerce, dans chaque boutique du souk, sur les lunettes arrières des automobiles, parfois en compagnie de l'effigie d'Hassan Nasrallah, le chef du Hezbollah... Personne ne les arrache, personne ne les mutile, personne ne s'en départit.

 

Sur le plan extérieur, ensuite, il serait faux d’affirmer que les révoltes feraient l’affaire d’Israël et des États-Unis et seraient attisées par ces deux puissances, voire, comme l’ont soutenu certains analystes, que les événements seraient le résultat d’un « plan de déstabilisation de la Syrie » fomenté par Washington.

Certes, la Syrie, alliée traditionnelle de l’Iran, hostile à l’hégémonie états-unienne sur le monde arabe, ne peut (pouvait) pas être qualifiée d’allié privilégié de Washington. De même, la Syrie, le seul des États arabes qui, avec celui du Liban, n’a jamais renoncé à la lutte contre l’occupation israélienne de la Palestine (officiellement et en paroles, du moins), bénéficie aussi du soutien du Hezbollah et de la sympathie de la résistance palestinienne, mais également de celle des populations de la région, de manière générale, pour qui la Syrie demeure le champion de la cause arabe.

Cependant, pour les États-Unis, d’une part, la Syrie, proche de Téhéran, pourrait constituer un intermédiaire intéressant entre l’Amérique et l’Iran. C’est pourquoi la Maison blanche a poussé son allié saoudien à tendre la main à Bashar al-Assad, en lui proposant un partenariat économique, tandis qu’elle jouait son nouvel allié français, qui encouragea la création d’un tribunal onusien à la suite de l’assassinat du premier ministre libanais Rafiq Hariri, en 2005, orientant d’emblée l’enquête vers les services secrets syriens. L’objectif de cette politique de la carotte et du bâton n’a pas échappé à Bashar al-Assad, qui a immédiatement saisi la main tendue, entamant ainsi le chemin vers le retour en grâce. La réussite de la manœuvre ne saurait être mise en péril par les révoltes actuelles, d’où le non-interventionnisme états-unien, qui laisse la répression se poursuivre, se contentant de condamner du bout des lèvres.

D’autre part, le gouvernement de Bashir al-Assad assure le statu quo à l’égard d’Israël (paradoxalement au discours officiel de Damas, mais en réalité et en actes en tout cas) : depuis le début des négociations sur le Golan, en 2007, et la perspective de la restitution de ce territoire à la Syrie contre un accord de paix, Damas a scrupuleusement contrôlé sa frontière et assuré la tranquillité à son voisin hébreux. Israël ne peut donc que se féliciter de la stabilité politique en Syrie et dudit statu quo, qu’un renversement de régime risquerait plus que probablement de remettre en question.

Si al-Assad était renversé, outre le règne de la division et l’instabilité, c’est l’islamisme radical effectif qu’il faudrait craindre. « Plutôt Al-Assad que ces gens-là », doit-on se dire, dès lors, dans certaines chancelleries.

Sans aucun doute, le « Printemps arabe », en Syrie, n’a été qu’un mirage, interprété, à tort, à l’aune des expériences tunisienne et égyptienne ; les autorités sont sûres d’elles ; tout est calme à Damas ; et le président al-Assad a encore de beaux jours devant lui.

*Les pourcentages présentés sont le résultat d'estimations : la Syrie est un État laïc; la religion et l'appartenance communautaire (ni non plus l'origine ethnique) ne figurent pas sur la carte d'identité des citoyens et ne font pas l'objet de recensement.

Lien(s) utile(s) :

La Libre Belgique.

Pierre PICCININ : Professeur d'histoire et de sciences politiques

15 juillet 2011
Olivier MONTULET

« L'homme, en effet, ne pourrait jamais atteindre le possible s'il ne tentait d'abord l'impossible, et cela requiert plus de souffle que de science »

Paul Klein

Ce message vous est adressé à titre et usage privés exclusivement. Seuls les textes signés de ma plume sont publics et libres de droits pour autant que l'usage n'en déforme pas les propos (« Le droit de chercher la vérité implique aussi un devoir. On ne doit cacher aucune partie de ce qui a été reconnu comme étant vrai » Albert Einstein) et que mon nom soit sité.

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2-3 Maurizio Matteuzzi : Guerres étasuniennes : le coût.

"Première question : les Etats-Unis d’Amérique pourraient-ils vivre sans que quelque guerre n’alimentât, surtout en temps de crise économique, leur puissant système militaro-industriel ?

Seconde question (ingénument rhétorique) : que pourraient faire les Etats-Unis d’Amérique s’ils destinaient les colossales ressources économiques utilisées pour les guerres à leurs problèmes sociaux ?

Questions qui surgissent à la lecture de l’étude produite par l’Université Brown de Providence, dans le Rhode Island, de la prestigieuse chaîne universitaire Ivy-league.

On peut se reporter pour ce faire au site de l’université : « Cost of war, 250.000 lives and up to £4 trillion »[i] et sur le site du quotidien londonien The Independant, qui y a consacré hier un article, synthétisé ainsi : « La guerre au terrorisme s’apprête à dépasser le coût de la seconde guerre mondiale ».

Le coût total pour l’Amérique ( !? pour les Etats-Unis d’Amérique, NdT), des guerres post-11 septembre contre l’Irak et l’Afghanistan, et des opérations militaires corrélées au Pakistan (genre l’Opération Jeronimo contre -le présumé, NdT- Ben Laden), est en voie, étant donné qu’elles ne sont pas encore finies, de dépasser les 4 trillions de dollars (4 mille milliards)".

Suite en pièce jointe ; j'ai traduit cet article surtout pour les chiffres rapportés, dont on peut penser qu'ils sont loin d'exagérer le coût réel (surtout dans l'estimation du nombre de victimes civiles) de ces guerres.

 

Voir aussi un très bel article sur Le Grand Soir :Guerres de merde (Rebelion)

Ndlr : la publication de l'analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information.

 

Collectif « Luciano Romero Molina  ».

"Dans ce qui est appelé « missions internationales », ceux qui meurent ce sont ceux d’en bas, les pauvres types, les moins que rien.

Deux soldats colombiens sont morts en Afghanistan cette semaine, l’un sous l’uniforme de l’armée espagnole et l’autre sous l’uniforme de l’armée impériale des Etats-Unis ».

http://www.legrandsoir.info/guerres-de-merde-rebelion.html
[i] NdT : voir exactement :
http://news.brown.edu/pressreleases/2011/06/warcosts et, ne serait-ce que pour quelques photos, qu’on ne voit jamais, de dévastations de la guerre à Bagdad :

http://costsofwar.org/

Oussama Charabeh, Franco-syrien spécialisé en finance de marché est un observateur attentif des événements du Proche-Orient. Il y vit depuis plusieurs années après 23 ans passés à Paris.

Sa connaissance à la fois de la France et de la Syrie et les trois derniers mois qu’il vient de passer dans ce dernier pays lui permettent de jeter un regard critique sur les informations présentées à ce sujet par les médias, informations dont le but manifeste est de manipuler l’opinion des Français et fabriquer un consensus artificiel contre le régime syrien, étape décisive sur la voie d’une intervention militaire.

A côté des Américains et des Européens, Oussama Charabeh pointe le jeu dangereux d’une Turquie qu’on a  cru peut-être un peu vite détachée de l’alliance avec Washington et Tel Aviv…

Une alliance rejetée par la grande majorité des Turcs, mais quid de M. Erdogan

Le colonialisme des siècles passés a toujours eu pour but la domination économique par le contrôle des matières stratégiques, les XXeme et XXIeme siècles ne connaissent qu’une seule matière stratégique : le pétrole, qui est abondant au Moyen-Orient. Mais il n’est plus acceptable aujourd’hui de coloniser, non pas parce que les dirigeants des ex-colonies sont devenus plus humanistes mais parce qu’ils tomberaient instantanément devant la pression de leurs peuples.

Le colonialisme doit donc se moderniser et revêtir un costume plus coloré et plus doux pour obtenir le même résultat : ce costume à la mode ce seront la démocratisation des pays du tiers monde, les droits de l’homme ou tout prétexte suffisamment noble en apparence. Le garant des intérêts stratégiques des USA au Moyen-Orient c’est Israël et il est tout simplement interdit à qui que ce soit d’avoir les moyens de s’opposer à ce pays même s’il occupe nos territoires et tue nos peuples. Tout Etat qui résiste à Israël ou qui a les moyens de lui résister est donc un danger qui doit être écarté soit par intervention directe sous prétexte humanitaire comme en Libye, soit par un renversement de l’intérieur.

La Syrie s’inscrit dans ce schéma et, à cause de ses positions hostiles aux ambitions impérialistes et coloniales d’Israël, n’a jamais été appréciée par les administrations américaines et leurs alliés. La Syrie a toujours été la cible de tentatives de déstabilisation par l’extérieur et pendant les dix dernières années ces tentatives ont été régulières et répétées, surtout depuis le refus d’Assad de l’invasion de l »Irak et son soutien affiché à toutes les résistances de la région.

En 2004, l’assassinat du Premier ministre libanais dont la Syrie fut aussitôt accusée sera le premier coup dur de la décennie pour le régime de Damas. La résolution 1559 est adoptée par l’ONU et la Syrie est la cible de sanctions américaines et européennes.

En 2006, la guerre du Liban a pour objectif de détruire la résistance libanaise et d’affaiblir le régime syrien mais à la surprise du monde entier Israël est vaincu.

Les événements actuels s’inscrivent dans ce même schéma et les Américano-sionistes profitent du courant de révolte qui traverse les pays arabes pour forcer le changement en Syrie, ce malgré le peuple syrien. Tout indique une manipulation extérieure dans les événements en cours.

La main étrangère

Les Américains n’ont pas attendu longtemps avant de revendiquer leur implication dans la violence en Syrie. Le 2 Avril 2011, l’adjoint au Secrétaire d’Etat américain au affaires étrangères déclare dans une conférence de presse que « la Syrie pourrait retrouver à nouveau son calme et sa stabilité si elle répond aux exigences qui lui ont été transmises« .

Les exigences en question sont passées par les arrières-cours de la diplomatie mais elles ne sont pas nouvelles. Déjà en 2003, lors de l’invasion de l »Irak, Colin Powell envoyé de Bush, croyant que maintenant que l’armée américaine était aux frontières syriennes Bachar al-Assad serait effrayé, avait débarqué a Damas avec une feuille récapitulant les exigences américaines : ne pas soutenir la résistance irakienne ; stopper tout soutien à la résistance libanaise ; fermer les bureaux de la résistance palestinienne à Damas et enfin rompre les liens avec l’Iran. La Syrie aurait pu devenir l’enfant gâté des Américains au Moyen-Orient si elle avait repondu positivement mais c’aurait été au prix de son asservissement à la volonté expansionniste et dominatrice d’Israël dans la région.

La déstabilisation de la Syrie et du Liban figurait sur l’agenda israélo-américain et sur celui de l’Otan depuis ces dix dernières années : selon le commandant général de l’OTAN l’Américain Wesley Clark, 2001 a vu la mise en place d’un plan quinquennal pour envahir sept pays (en commençant par l »Irak puis la Syrie , le Liban, la Libye, la Somalie et le Soudan) de la région et redéfinir la carte du Moyen-Orient (Le Nouveau Moyen-Orient selon les termes de l’alors Secrétaire d’Etat américaine Condolesa Rice).

Dans son livre « Gagner les guerres modernes » le général Wesley Clark écrit ainsi :

« En novembre 2001 alors que je repassais au Pentagone et en posant la question de l’Irak  à un haut officier de l’armée américaine, celui-ci me dit :  » Oui nous sommes toujours en route vers l’Irak ».  Et d’ajouter avec un ton plein de désagrément : « Mais il y a plus : ceci (l’Irak) a été discuté dans le cadre d’un plan plus général de campagne contre sept pays: Irak, puis Syrie, Liban, Libye, Iran, Somalie et Soudan. »

Cette discussion a également été relatée par le général Clark dans une émission télévisée :

Il est tout aussi légitime de se demander pourquoi les affrontements armés sont intervenus dans des régions frontalières où il est plus facile de faire passer des combattants, des armes, de la drogue et de l’argent : il y a eu Daraa à la frontière jordanienne et israélienne, puis il ya eu Banyas et Tal Kalakh à la frontière libanaise et enfin récemment Jisr El Shoughour à 10 km seulement de la frontière turque. Ceci montre clairement à qui est de bonne foi que ces rébellions armées avaient bien pour bases arrières des pays étrangers frontaliers.

Et pourquoi, au fait, ces événements ne se sont-ils pas produits en même temps mais se sont au contraire succédés ? L’insurrection éclatait dans une ville lorsqu’elle état jugulée par l’Etat dans la précédente, comme pour signifier que quand les extrémistes sont neutralisés dans un point géographique donné et quand leur ravitaillement est coupé sur une frontière, ils se dirigent alors vers une autre frontière.

L’objectif est donc de déstabiliser la Syrie et de provoquer un « changement de régime » (traduire : pour implanter un régime soumis à Israël), ce par une insurrection armée infiltrée par des extrémistes islamistes. Les rapports sur des civils tués seraient utilisés pour légitimer une intervention sous le volet « droits de l’Homme » et en invoquant le devoir de « protéger les civils » : copie conforme de ce qui s’est déroulé – se déroule encore – en Libye.

D’ailleurs, sait-on qui sont ceux qui  se battent contre l’armée libyenne; ceux que les médias appellent indécemment des « révolutionnaires » ? Sait-on d’où viennent leurs armes sophistiquées et leurs méthodes de combat en Toyota à la Taliban ? Car oui, ces groupes sont encadrés et entraînés par des combatants d’Al Qaida. Et puis sait-on enfin combien de civils les bombardements de l’OTAN ont-ils  tué ? Mais tout cela importe peu aux éditorialistes pro-américains.

Et puis, si ce principe de protection des civils, des droits de l’homme et des droits internationaux est si important pour Sarkozy ou Obama pourquoi ne les entend-on  pas lorsqu’il s’agit des Palestiniens tués – ou opprimés – par Israël ? Pourquoi ne les entend-on pas quand les résolutions de l’ONU sont bafouées par Israël ?

La propagande, la désinformation et le pilonnage médiatique

Toutes les preuves d’existence d’une rébellion extrémiste armée en Syrie est systématiquement niée par les médias et agences de presse occidentales et même certains médias arabes comme Al Jazeera ou Al Arabia qui ont deja perdu leur crédibilité au Moyen-Orient.

Les civils tués sont systématiquement imputés au compte du régime négligeant toute preuve d’existence de tireurs embusqués tirant sur la foule.

Les massacres des hommes de l’armée et de ceux des forces de sécurité sont régulièrement omis et lorsque les images montrent les militaires massacrés et leur corps mutilés les médias mentionnent timidement l’événement qu’ils expliquent par une fable qui insulte à l’intelligence de l’esprit humain : la fable de l’armée tuant et mutilant les corps de ses propres sodats qui ont refuseé de tirer sur la foule.

Le 17 avril dernier, huit membres des forces de securite sont égorgés dans un petite commune de la banlieue de Daraa. Le 8 Mai, 10 policiers sont froidement égorgés à leur tour a Homs. Le 7 Juin, 120 militaires et policiers sont attaqués dans leur caserne a Jisr Al Shoughour à la frontière turco-syrienne et décapités après avoir été tués. Al Jazeera et la BBC ont préféré parler alors de 120 manifestant pacifistes tués par les forces de sécurité !

Toutes les vidéos (sans exception) diffusées pour soutenir la thèse d’une révolution populaire ne durent jamais plus de 15 secondes, c’est-à-dire pas suffisamment pour discerner ce que dit réellement l’image ; d’ailleurs souvent on ne voit que des pieds ou le ciel avec comme fond sonore des cris. Puis les ingénieurs de son y ajoutent un slogan et finalement le commentaire du journaliste, qui du reste, est bien habillé et a l’air honnête, anéantit tout esprit critique ou doute quant aux images montrées.

Et finalement, quand la bêtise dépasse toute imagination, les agences de presse s’excusent pour avoir commis des erreurs. Reuters, fin avril, publie un communiqué officiel d’excuse pour avoir fourni des vidéos des événements d’Irak ou du Yémen avec le sous-titre « a eu lieu en Syrie« .

France 24 diffuse un appel en direct d’une personne qui se fait passer pour l’ambassadeur de Syrie à Paris, et annonçant sa démission en direct en raison des atrocités commises. L’ambassadeur dément immédiatement et porte plainte contre la chaîne. Enfin l’AFP reconnaît pour la première fois – bien tardivement – la présence d’une rébellion armée en diffusant des photos le 18 juin.

Que valent les excuses quand chaque image et chaque titre incitent à plus de violence et à plus de sang versé, et encouragent les terroristes qui se voient dotés des moyens médiatiques les plus puissants… et ce gratuitement.

La Turquie : de l’ONU à l’OTAN ?

Si les positions américaine et britannique n’ont surpris personne car ces deux pays ont toujours été les premiers à soutenir les attaques contre le régime syrien, et si la position clairement hostile du gouvernement francais s’inscrit dans l’inféodation de Sarkozy à Washington, le choc est venu de la Turquie qui, tel Judas, est passé du jour au lendemain du rôle d’ami fidèle à celui de prédateur affamé.

La dernière rébellion armée à Jisr al Shoughour, à la frontière turque, a indéniablement reçu le support logistique des Turcs ainsi que le montrent les équipements saisis sur les terroristes et leurs aveux : réseau de télécommunication à disposition des rebelles, armes et fonds ont transité par la Turquie.

Des sources offcielles affirment que les tentes avaient été plantées à la frontière il y a déjà deux mois pour accueillir les futurs réfugiés. Ceux-ci étaient donc attendus et les Turcs participaient à la préparation des ces événements. Pourquoi ? Dans le cadre de quel deal ont-ils monnayé leur relation avec la Syrie ? Et comment la carte des réfugiés va-t-elle être utilisée par Ankara et Washington ?

Les réponses seront certainement connues dans les quelques semaines a venir. Mais il est d’ores et déjà clair que la Turquie a toujours eu la nostalgie de l »empire ottoman et de sa domination et nous avons sous-estimé – ou enterré trop vite – l’alliance militaire de la Turquie avec Israël, son appartenance à l’OTAN (sous hégémonie américaine) et son désir de devenir membre de UE. Nos amis Turcs viennent d’ailleurs de se retirer du convoi humanitaire d’aide à Gaza.

Le revirement de la position turque et l’échec diplomatique américano-européen  après les vétos russe et chinois à l »ONU sur une condamnation de la Syrie, l’acharnement de ces ex-puissances coloniales (France et Grande-Bretagne) me poussent à penser que la Turquie pourrait être utilisée comme base d’intervention de l’OTAN aux frontières syriennes.

La dénonciation incessante du sort des réfugiés syriens à la frontière turque et l’exagération médiatique autour de ces derniers suggèrent que le prétexte de l’OTAN utilisera pourrait bien être (comme en Libye) de nature humanitaire.

Les quelques semaines à venir seront donc cruciales.

Oussama Charabeh

25-06

http://www.lepost.fr:80/article/2011/06/25/2532769_le-colonialisme-des-temps-modernes.html



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10/08/2011

n°8 - Dossier de Syrie - 09-08 –Début -L’Affaire de Hama » ou comment 10.000 manifestants se multiplient en 500.000 dans les dépêches de l’AFP.


n°8  - Dossier de Syrie  - 09-08 –Début -L’Affaire de Hama » ou comment 10.000 manifestants se multiplient en 500.000 dans les dépêches de l’AFP.


Sommaire :  

Tiré à part 

M. K. Bhadrakumar : Israël fait son apparition dans le Printemps arabe…

1 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

1-1 Thierry Meyssan décrypte les mécanismes du « journalisme...

2 Dossier

2-1 Guy Delorme : Syrie/Irak/Iran : un gazoduc très politique…

2-2 Pierre Piccinin: L’Affaire de Hama » ou comment 10.000 manifestants se multiplient en 500.000 dans les dépêches de l’AFP.

2-3 Louis Denghien - Hama : chiffres invérifiables & chœur des vierges occidentales.

2-4 Domenico Losurdo : La Syrie vue depuis l’Irak.

Fin

3 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

3-1 Pierre Piccinin- Une révolte complexe et des chiffres manipulés...

3-2 Oussama Charabeh : Le colonialisme des temps modernes.

 


Tiré à part 

M. K. Bhadrakumar : Israël fait son apparition dans le Printemps arabe…
Après être prudemment resté tapi dans l’ombre pendant près de huit mois, le temps de comprendre la signification et les dangers du Printemps arabe, Israël s’est soudainement réveillé mardi denier. Dans une manouvre sans précédent, le président israélien Shimon Pérès a convié les médias arabes à une conférence de presse pour déclarer qu’Israël soutenait un changement de régime à Damas.

Jusque là, Israël avait bien pris soin de ne pas s’identifier au Printemps arabe, préférant se focaliser sur les conséquences des changements de régime plutôt qu’encourager les révolutionnaires sur les barricades. Dans le cas de la Syrie, Israël a même été soupçonné de soutenir en secret le régime du président Bechar el-Assad, voyant en lui un mur dressé entre Israël et le déluge que représenterait une prise de pouvoir par les Frères Musulmans.

Mardi, Pérès a dissipé d’un seul coup cette ambiguïté stratégique. « Assad doit partir. Plus tôt il partira, mieux se sera pour son peuple », a déclaré Pérès. Le président israélien a salué les manifestants syriens, déclarant : « Il est facile [pour les Syriens] de descendre dans la rue et de manifester, mais lorsque [l’armée syrienne] vous tire dessus ? C’est stupéfiant. Leur courage et leur fermeté sont honorables. »

Pérès a insisté sur le fait que le changement de régime à Damas serait dans les intérêts de la paix arabo-israélienne. Il a exprimé sa confiance qu’un régime successeur à Damas conclurait un traité de paix avec Israël - « Ceux qui recherchent la paix prévaudront ».

C’est une performance innovatrice. Pourquoi Israël a-t-il choisi de se débarrasser de son ambiguïté stratégique envers la Syrie ? Après tout, Israël ne sait que trop bien qu’un changement de régime n’importe où dans le monde arabe dans les conditions actuelles ne peut agir que contre ses intérêts. L’Egypte est un cas typique, où lorsque les dirigeants par intérim remettront le pouvoir à un gouvernement élu - s’ils le font -, il devra prendre en compte le fort souhait populaire pour une politique étrangère qui prenne ses distances avec les Etats-Unis et Israël.

Une large majorité d’Egyptiens exigera que leur gouvernement s’éloigne de toute forme de coopération étroite avec Israël sur les questions économiques et de sécurité, et Israël observe avec appréhension la perspective d’une amélioration des liens entre l’Egypte et l’Iran. Le chef du renseignement militaire israélien, le Général Aviv Kochavi, a fait récemment une déclaration étonnante, disant que l’Iran finançait secrètement les Frères Musulmans égyptiens. Bref, Israël n’a pas lieu d’être optimiste sur les conséquences d’un changement de régime en Syrie.

Apparemment, le calcul de Pérès est tout autre. Ce qui ressort est qu’Israël a évalué froidement qu’un changement de régime à Damas n’est pas d’actualité. Patrick Seal, le célèbre auteur arabisant, l’a résumé ainsi la semaine dernière : « La situation n’a pas atteint sa masse critique. Damas ne s’est pas soulevée, les services de sécurité ne sont pas encore divisés, l’économie ne s’est pas effondrée. Le régime a l’air faible, mais l’opposition semble encore plus faible. Plus le sang coule, plus il est difficile de trouver une solution. Une solution ou une autre devra être négociée. Si aucune solution n’est trouvée, il y aura la guerre civile ».

De même, Israël serait démoralisé de ne voir aucun signe d’une action internationale concertée, comme cela s’est produit en Libye. Au contraire, les coups et les humiliations qu’elles prennent de Mouammar Kadhafi dans la guerre libyenne, ne peuvent que rendre encore plus circonspectes les nations occidentales sur la sagesse d’ouvrir un front syrien dans un futur proche.

Les pays du BRICA - le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine et l’Afrique du Sud - en compagnie du Liban, ont étouffé les manouvres occidentales au Conseil de Sécurité des Nations-Unies, ne serait-ce que pour débattre de la Syrie. La récente visite à Damas du secrétaire général de la Ligue Arabe, Nabil Elaraby, a montré que, dans cette région, le vent tourne en faveur d’Assad.

M. K. Bhadrakumar

samedi 6 août 2011,

Comité Valmy

http://www.comite-valmy.org:80/spip.php?article1731



1 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction partage le point de vue de l'auteur mais doit être vu comme information.

1-1 Thierry Meyssan décrypte les mécanismes du « journalisme...

Par Mecanopolis

http://www.dailymotion.com:80/video/xkfp8f_thierry-meyssan-decrypte-les-mecanismes-du-journalisme-de-guerre_news



2 Dossier

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.

2-1 Guy Delorme : Syrie/Irak/Iran : un gazoduc très politique…

Il semble qu’au bout de quatre mois de manœuvres et pressions en tous genres, les Américains aient finalement échoué dans leur projet de marginalisation de la Syrie dans la région.

En effet, la Turquie a baissé le ton vis-à-vis de Damas, au grand dam de certains déstabilisateurs qui ont espéré très fort, voici un ou deux mois, que l’armée d’Ankara franchirait la frontière pour « protéger » les populations – en partie turcophones – de la région de Jisr al-Choughour. Mais l’armée syrienne a chassé les activistes salafistes, réoccupé ses postes frontières, et les réfugiés de Turquie se sont mis à rentrer au pays.

Le gouvernement de Damas vient de marquer un autre point important sur le front diplomatique régional avec la signature, lundi 25 juillet, à Téhéran, d’un « mémorandum d’entente » sur la réalisation d’un gazoduc de 5 600 kilomètres de longueur, permettant le transport quotidien de 110 millions de m3 de gaz iranien vers l’Europe via la Syrie et l’Irak. Plusieurs sociétés européennes devraient être associées à l’exploitation de ce « gazoduc islamique« .

Le ministre syrien du pétrole et de la Richesse minière, Sofiane Allaou, a apposé sa signature aux côtés de celles de ses homologues iraniens Mohammad Ali Abadi et irakien Abdel Karim al-Laebi. L’ambassadeur syrien à Téhéran, Hamed Hassan, assistait à la séance de signatures. De son côté, le ministre iranien des Affaires étrangères, Rahmin Mehmanparast, a estimé que ce gazoduc servirait les intérêts des pays de la région.

Les amis de mes amis…

Bien évidemment, un tel accord entre Damas, Bagdad et Téhéran, dans le contexte tendu que connaît la Syrie, a une dimension autant politique qu’économique. Si les bonnes relations entre l’Iran d’Ahmadinejad et la Syrie d’al-Assad sont une réalité bien intégrée par la géopolitique régionale, celles existant entre l’Irak post-Saddam et la Syrie de Bachar sont moins aisées à analyser. On sait que les deux pays partageaient jadis peu ou prou la même filiation baasiste, nationaliste arabe et laïque. Mais la personnalité de Saddam Hussein avait transformé cette proximité idéologique en rivalité régionale – et personnelle avec Hafez al-Assad – qui avait culminé en 1991 avec la participation d’un contingent syrien à la coalition anti-irakienne lors de la première Guerre du Golfe. Après la chute du rais de Bagdad en 2003 et le chaos sanglant qui s’en est suivi, la Syrie, on le sait, a accueilli près d’un million et demi de réfugiés irakiens qui, pour la majorité d’entre eux, sont restés dans leur nouvellle patrie.

La nouvelle majorité politique issue des élections irakiennes, qui est l’expression de la majorité démographique chiite, est proche de Téhéran, principal allié régional de Damas. On ne peut en tous cas que constater un renforcement – récent – des relations entre les deux pays, dont l’un est tout de même toujours occupé par plus de cinquante-mille G.I.’s. On pourrait presque dire qu’avec leur guerre injuste et tellement coûteuse en hommes et en dollars, les Américains ont finalement travaillé en Irak pour l’Iran et, par ricochet diplomatique, pour la Syrie ! Syriens et irakiens se trouvant actuellement confrontés aux mêmes ennemis immédiats, à savoir des terroristes islamistes plus ou moins proches d’Al-Qaida, voire de l’Arabie Saoudite.

Le nouveau régime irakien, sous étroit contrôle américain, a d’abord reproché à son voisin d’héberger sur son sol plusieurs des activistes islamiques opérant en Irak. Mais la proximité géographique et les intérêts commerciaux bien compris avaient conduit les deux nations à renouer officiellement, en novembre 2006, des relations diplomatiques normales. Interrompues pendant plus d’une année en 2009/2010, suite à un litige portant sur la présence d’opposants baasistes irakiens en Syrie, ces relations ont été rétablies en septembre 2010, à la demande des Irakiens.

L’économie est donc un vecteur de la politique et de la diplomatie entre les deux pays : une délégation syrienne forte de 136 hommes d’affaires est attendue mercredi 27 juillet à Bagdad, avec à sa tête le ministre de l’Economie Mohammad Nida al-Chaara, pour une réunion plénière du comité ministériel mixte syro-irakien. Lequel comité doit plancher sur les mesures et traités propres à développer les échanges commerciaux entre les deux pays. Qui sont déjà liés par un certain nombre d’accords dans différents domaines. Entre autres, des protocoles de coopération industrielle signés en 2009, ainsi que des accords de coopération scientifique et techniques, portant aussi bien sur le pétrole, le gaz et l’électricité que le secteur bancaire. Ajoutons que l’Irak est le premier partenaire commercial de Damas.

De l’économie à la politique il n’y a décidément qu’un pas et Bachar al-Assad a reçu mardi 26 juillet un message de son homologue irakien Jalal Talabani, que lui a transmis Adel Abdel Mahdi, envoyé spécial irakien  

La signature de cet accord sur le « gazoduc islamiste » apparaît donc bien comme un échec de la stratégie américaine d’isolement de la Syrie, et comme un geste d’indépendance du gouvernement irakien de Nouri al-Maliki, en place depuis décembre 2010, à quelques mois du retrait des dernières troupes américaines, qui devrait être achevé en décembre prochain.

Guy Delorme,

INFO SYRIE

http://www.mleray.info/article-syrie-irak-iran-un-gazoduc-tres-politique-80531725.html


2-2 Pierre Piccinin: L’Affaire de Hama » ou comment 10.000 manifestants se multiplient en 500.000 dans les dépêches de l’AFP.
Durant ce mois de juillet 2011, je me suis rendu en Syrie, dans le but d’y vérifier une hypothèse relative aux origines de la contestation.

J’ai pu circuler en toute liberté et indépendance dans tout le pays, de Deraa à Damas et de Damas à Alep, en croisant tout le Djebel druze, au sud, en passant par Homs, Hama, Maarat-an-Nouman, Jisr-al-Shugur, en longeant la frontière turque et en inspectant les points de passage vers la Turquie, par lesquels, comme on sait, les réfugiés ont quitté la Syrie, puis de Alep à Deir-ez-Zor, tout à l’est du pays, en traversant le désert syrien suivant plusieurs itinéraires…

J’ai ainsi pu vérifier que, d’une part, le mouvement issu de la société civile aspirant à la démocratisation du régime s’essouffle et que, d’autre part, il existe d’autres mouvances d’opposition, parfois violentes et dont les objectifs ne sont pas identiques à ceux des démocrates pacifiques.

C’est notamment le cas de la fraction islamiste de la communauté sunnite, organisée autour des Frères musulmans, qui ambitionnent l’instauration d’une république islamique en Syrie, ce qui terrifie les Chrétiens et la plupart des autres minorités, dès lors favorables au statu quo actuel et au parti Baath, garant de la laïcité de l’État.

Mais, outre cette vérification de mon hypothèse, j’ai aussi été confronté, de facto, à une constatation qui m’a stupéfait, alors que je m’attendais à trouver un pays en révolution : l’image de la Syrie qui est proposée dans les médias occidentaux, image d’un pays en en plein chaos régulièrement ébranlé par des manifestations gigantesques rassemblant plusieurs centaines de milliers de personnes, ne correspond en aucun cas à la réalité observable sur le terrain.

En effet, déjà minoritaire à l’origine, la contestation démocratique des débuts s’est progressivement étiolée, notamment du fait de la répression exercée par le gouvernement, et se limite aujourd’hui à quelques quartiers périphériques des grandes villes, où se rassemblent épisodiquement quelques centaines de personnes seulement, quelques milliers parfois, le plus souvent le vendredi, à la sortie des mosquées, non sans une certaine influence islamiste, très présente dans ces quartiers défavorisés. Ces manifestations n’ont que peu de conséquence sur le régime.

A côté de ce mouvement démocratique, la contestation se traduit aussi dans l’action de bandes armées, principalement à Homs, en une forme de guérilla urbaine, dont il est bien difficile de déterminer l’origine et les objectifs. Ces jeunes, cagoulés et violents, peu nombreux, ne constituent pas non plus une réelle menace pour le gouvernement.

Par contre, une contestation plus ample se poursuit à Hama, fief des Frères musulmans, la seule ville de Syrie, quasiment en état de siège, où ont encore lieu de grandes manifestations.

Hama avait été le centre d’une violente révolte, en 1982, qui avait été écrasée par Hafez al-Assad, le père de l’actuel président, Bashar al-Assad. Le bilan de la répression avait été estimé entre dix et quarante mille morts.

Lorsque la contestation a commencé, en février dernier, les Frères ont relancé leur mouvement à Hama et le régime, craignant une insurrection similaire à celle de 1982, a directement ouvert le feu contre un mouvement qui, cette fois, s’est révélé, à ce stade, non-violent (à Hama du moins).

Les habitants de Hama ont dès lors fortifié les entrées de la ville, dont l’armée s’est aujourd’hui retirée et qu’elle a encerclée de blindés prêts à intervenir en cas de débordement. Le gouvernement, de toute évidence, a choisi d’éviter le bain de sang, par crainte des réactions de la communauté internationale, et, la contestation s’essoufflant partout ailleurs, en dépit de tentatives d’incursion régulières, semble avoir opté pour le pourrissement.

Le vendredi 15 juillet, je suis entré dans Hama, sans être arrêté aux barrages routiers. Dans la ville, déserte, c’est le chaos : voitures et autocars calcinés, gravats, rues fermées par des barricades de fortunes, immondices qui ne sont plus enlevés… L’ordre y est maintenu par des groupes de jeunes en moto qui sillonnent les boulevards.

Très vite, j’ai été entouré par ces jeunes, inquiets de me voir prendre des photographies. Quand j’ai montré mon passeport belge, la situation s’est détendue : « Belgîcaa !, Belgîcaa ! » ; seul observateur étranger sur place (le régime refuse l’entrée dans le pays aux journalistes), j’ai été encadré par ces jeunes qui m’ont fait toute une fête ; j’ai pu me déplacer parmi les manifestants, puis accéder à un haut immeuble, d’où j’ai pris une série de clichés d’ensemble.

Sur la place Asidi, au bas de la grande avenue al-Alhamein, la prière terminée, des milliers de personnes sont sorties des mosquées et ont déboulé de tous les quartiers de la ville. Au cri de « Allah akbar », elles ont invectivé le régime. « Voulez-vous de Bashar ? » ; « Non ! ». Un long cortège a ensuite fait le tour de la place, déployant un drapeau syrien de plusieurs dizaines de mètres. L’armée n’est pas intervenue ; il n’y a pas eu de violence. J’ai ensuite eu l’occasion de m’entretenir avec ces jeunes, qui m’ont demandé de témoigner de leur mouvement.

Le soir même, rentré dans ma chambre d’hôtel, quelle ne fut pas ma surprise de lire la dépêche de l’AFP, qui annonçait un million de manifestants à travers la Syrie, ce 15 juillet, considéré comme la journée ayant connu la plus forte mobilisation depuis le début de la contestation, dont 500.000 à Hama.
A Hama, ils n’étaient, en réalité, pas 10.000.

Cette « information » est d’autant plus absurde que la ville de Hama ne compte que 370.000 habitants. D’autres dépêches ont suivi, tout aussi absurdes : 450.000, puis 650.000 manifestants à Deir ez-Zor, une ville de 240.000 habitants. Je m’y suis rendu ; la ville est l’une des plus calmes du pays.

Certes, les chiffres sont toujours différents, d’une source à l’autre ; ils varient parfois très sensiblement ; et les estimations ne sont pas toujours aisées.

Mais, dans ce cas-ci, il ne s’agit plus d’estimations difficiles ou de variantes ; dans ce cas, il s’agit « d’intox », de désinformation, de propagande. 500.000 manifestants peuvent ébranler le régime ; 10.000 n’ont que peu de conséquence.

Et toutes les « informations » qui sont diffusées sur la Syrie depuis des mois sont du même ordre.

Comment ces 10.000 manifestants ont-ils pu ainsi miraculeusement se multiplier en 500.000 dans les dépêches de l’AFP ?

La source de l’AFP ? Celle qui revient et revient, systématiquement, depuis des mois, dans tous les médias. Celle qui est devenue, peu à peu, quasiment la seule source sur les événements qui touchent la Syrie. C’est l’Observatoire syrien des droits de l’homme (l’OSDH).

Je me suis immédiatement intéressé à cet OSDH. Il ne m’a pas fallu bien longtemps pour découvrir que, derrière cette étiquette aux apparences honorables, comme peuvent l’être des associations telles qu’Amnesty International ou la Ligue des droits de l’homme, se cache une organisation politique, basée à Londres, dont le président, Rami Abdel Ramane, opposant de longue date au régime baathiste, est très connu en Syrie où l’on sait les rapports étroits qu’il entretient avec les Frères musulmans, dont il serait lui-même membre.

C’est cette même organisation, l’OSDH, qui multiplie les vidéos sur Youtube, montrant des « dizaines de milliers de manifestants », dans toutes les grandes ville de Syrie, alors que, si l’on examine ces vidéos, on ne peut compter que quelques dizaines de personnes, filmées en plans rapprochés, qui, certes, donnent une impression de masse, mais ne trompent pas l’œil critique.

Ainsi, depuis plusieurs mois, c’est une réalité imaginaire que les médias diffusent à propos de la Syrie, une réalité revue et corrigée par une source unique sur laquelle personne, semble-t-il, n’a jugé utile de s’interroger.

Cette image d’une Syrie en pleine révolution et d’un parti Baath au bord du gouffre ne correspond en aucun cas à la réalité du terrain, où le pouvoir contrôle la situation et où la contestation s’est considérablement réduite.

Mais, au-delà de cette désinformation relative au cas syrien, il y a plus grave : de manière générale, les leçons de Timisoara, de la Guerre du Golfe ou des événements de Yougoslavie n’ont toujours pas porté. Et les médias, même les plus fiables, continuent de se laisser prendre au piège des dépêches hâtives, sans prendre davantage le temps d’en vérifier ni le contenu, ni l’origine, au risque de servir à leurs lecteurs une réalité virtuelle et de leur construire un monde imaginaire...

Pierre PICCININ

Pierre Piccinin publié parCRM

Professeur d’histoire et de sciences politiques(de retour de Syrie)

http://guerre.libreinfo.org/manipulations/mensonges-de-guerre/109-syrie/652-hama-afp.html

 

 

les

 


2-3 Louis Denghien - Hama : chiffres invérifiables & chœur des vierges

occidentales.

Ban Ki-Moon, secrétaire général de l’ONU, exprime une condamnation « vigoureuse »,

Barack Obama est « horrifié » ,

Alain Juppé exprime sa « très vive préoccupation » ,

Rome parle d’  « acte horrible » et demande à ce que soit saisi le conseil de sécurité des Nations-Unies,

Berlin promet de nouvelles sanctions,

Ankara exige que Damas retienne son armée.

La cause de cette commune émotion diplomatique ?

Dimanche 31 juillet, l’armée syrienne est rentrée dans Hama, la grande ville du nord-ouest du pays, pour y reprendre le contrôle de la situation, des milliers de manifestants de l’opposition maintenant depuis des semaines un climat d’insurrection plus ou moins larvé.

Cette intervention aurait fait une centaine de tués – 95 précisément – et des dizaines de blessés parmi les habitants, lesquels auraient manifesté vendredi – jour de la prière et des rassemblements d’opposants – à hauteur de 500 000 contre le régime de Bachar al-Assad.
Et, afin de singulariser cette nouvelle et de frapper d’avantage les esprits, les médias le baptisent « massacre du Ramadan ».

Quatre remarques, à propos de Hama et d’ailleurs
Tout cela – chiffres impressionnants et invérifiables de tués et de manifestants, imputation de la violence à la seule armée syrienne– a comme un air de déjà vu et lu depuis des semaines. Et une fois de plus, Infosyrie.fr voudrait rappeler des éléments très simples, qui conservent toute leur pertinence nous semble-t-il.

 

1) La totalité des estimations chiffrées de victimes comme de manifestants anti-Bachar, à Hama et ailleurs, émane de « cyberdissidents » toujours établis à l’étranger et s’appuyant, selon leurs dires, sur tout un réseau de correspondants locaux équipés de téléphones, dont le moins qu’on puisse dire est qu’ils ont -outre des calculettes « satellitaires »- une réactivité qui défie les lois de l’espace-temps !

La source la plus citée par les agences de presse et les médias occidentaux demeurant Rami Abdel Rahmane et son « Observatoire syrien des droits de l’homme », sur l’identité duquel d’ailleurs le mystère s’épaissit (voir l’article que nous allons mettre en ligne aujourd’hui).

Reste qu’on peut aussi « créditer » dans cette affaire un certain Ammar Qourabi et son « Organisation nationale des droits de l’homme » , sans oublier Abdel Karim Rihaoui et sa « Ligue syrienne des droits de l’homme » et Wissam Tarif  honorable correspondant syrien – à l’étranger – du groupe de pression américain Avaaz (voir « Les superpouvoirs de M. Wissam Tarif » ).
Autant d’associations qui se partagent le marché de l’indignation et des communiqués, et dont il est difficile d’apprécier la représentativité, l’objectivité des rapports et même la localisation.

2) Il y a évidemment des morts, à Hama et ailleurs, mais leur nombre est systématiquement exagéré, et mis au compte des seules forces armées. L’agence officielle syrienne Sana affirme pour sa part que les soldats syriens ont été confrontés, à Hama dimanche 31 juillet, à des groupes armés qui auraient fait au moins deux victimes parmi les militaires. Ces groupes auraient notamment érigé des barricades et incendié des postes de police. Sana cite aussi le témoignage d’un habitant de Hama selon lequel «des dizaines d’hommes organisés en bande armées sont actuellement postés sur les toits des principaux bâtiments de la ville, ils ont des fusils mitrailleurs et ils effraient la population en tirant sans arrêt ».
Propagande ? Il n’y a en tout cas pas de raisons sérieuses d’accorder moins de crédit aux affirmations gouvernementales qu’à celles d’opposants résolus à noircir au maximum le pouvoir syrien et émettant depuis l’étranger.

En ce qui concerne l’existence à Hama de snipers appartenant à l’opposition armée nous renvoyons à la vidéo que nous avons mise en ligne le 20 juillet dernier et qui montre sans contestation possible un policier syrien, victime de tirs adverses.

3) Il n’est pas très « professionnel » de relayer sans réserves aucune – à part de temps à autres la mention « selon des militants » – les chiffres délirants fournis par les cyber-opposants de « 500 000 manifestants » chaque vendredi à Hama, quand on sait que l’agglomération en compte au maximum 700  000.
Il y a certainement des dizaines de milliers de manifestants « réels » contre le pouvoir à Hama, qui a toujours été un bastion de la contestation islamiste, et a subi en 1982, suite à une insurrection des Frères musulmans, une sanglante répression de la part de Hafez al-Assad, dont son fils Bachar a reconnu dans un récent discours qu’elle avait laissé des traces jusqu’à aujourd’hui.

4) Et à ce propos, il est irresponsable – de la part de journalistes prétendant informer leurs lecteurs – de présenter, de façon lénifiante autant qu’inexacte, les manifestants de Hama comme de simples partisans d’une démocratie pluraliste à l’occidentale.

A Hama plus que partout ailleurs en Syrie, ce sont les Frères musulmans qui sont à la manœuvre, eux dont cette ville est un bastion historique, eux qui dominent aussi, de l’aveu des journalistes occidentaux, l’opposition extérieure et radicale au régime syrien. Eux qui semblent bénéficier de la mansuétude des Américains – qui ont envoyé, au mépris des règles diplomatiques communément admises, leur ambassadeur parader au milieu des manifestants de Hama. Des Américains toujours prompts à manipuler – comme en Libye actuellement – tout ce qui sert leur jeu déstabilisateur. Et, précisément, en minorant ou taisant carrément le rôle des islamistes radicaux à Hama et dans le reste du pays, les journalistes du Monde, de Libération, du Figaro ou du Nouvel Observateur font le jeu – consciemment ? – du Département d’Etat américain qui n’a pas renoncé à l’opportunité historique de renverser ou au moins d’affaiblir de façon décisive un pouvoir qui s’oppose à la domestication du monde arabe par Washington et ses alliés, pour le plus grand profit d’Israël.

Tout ceci a déjà été dit et redit sur ce site, mais nous ne craindrons pas de nous répéter aussi longtemps que les désinformateurs, conscients ou instrumentalisés, continueront d’asséner leurs approximations ou mensonges.
M. Obama est « horrifié » par ce qui se passe à Hama ? Mais alors, en toute logique, il doit être plus qu’épouvanté par ce que ses troupes ont fait depuis huit ans en Irak et ce que ses indéfectibles alliés israéliens ont perpétré depuis tant d’années à Gaza, à Jérusalem Est, en Cisjordanie et au Sud-Liban, autant de faits et d’exactions qui, au contraire des « tueries » d’Hama, sont dûment avérés !

Louis Denghien

http://www.infosyrie.fr

 


2-4 Louis Denghien : BHL veut maintenant "sauver" la Syrie.

C’est dans le cadre élégant et éminemment bobo du cinéma Saint-Germain-des-Prés, à un jet de bouchon de champagne du célèbre café des Deux Magots, que le dandy, lobbyiste atlanto-sioniste et imposteur littéraire Bernard-Henri Lévy tenait, lundi 4 juillet (jour de l’Independance day américain, au fait), la réunion de lancement de son assoce-gadget SOS Syrie, en présence de personnalités bien connue pour leur engagement pro-palestinien et pro-arabe en général comme Laurent Fabius, Bernard Kouchner, André Glucksmann, Frédéric Encel, Fadela Amara jouant ici le rôle du harki et Dominique Sopo, patron de SOS Racisme, celui de la potiche antiraciste. 

Naturellement, Infosyrie se devait d’être présent à cette dernière manipulation politico-médiatique bien parisienne, juste avant les vacances.

Choses vues, et entendues.

(Presque) autant de CRS que de participants

La première chose qu’on remarque, c’est la grosse vingtaine de véhicules de CRS qui s’étirent le long du boulevard Saint-Germain puis de la rue Bonaparte : il paraît que l’initiative de BHL et de sa revue atlantiste de langue française La Règle du Jeu a suscité des réactions contrastées dans les milieux arabes de Paris. Devant le cinéma, une centaine de personnes, policiers en civil inclus, certaines lancées dans des débats sur le Proche-Orient.

Dès l’entrée on a l’impression d’un événement mondain autant que politique : il y a des hôtesses qui accueillent les people de l’américano-sionisme parisien, et vont les placer dans le carré VIP de la réunion.

Justement nous descendons dans le cinéma ; on remarque, appuyés contre le mur, quatre ou cinq malabars à l’évidence chargés du service d’ordre (peut-être recrutés par SOS Racisme, partenaire de la soirée). La salle du cinéma contient 208 places assises. Elles se remplissent à peu près toutes, avec le renfort de journalistes, et une cinquantaine de personnes se tiennent debout ou assises à même la moquette. Un rapide coup d’oeil confirme que les Arabes sont en nette minorité dans cette assistance (un peu comme parmi les parrains de SOS Syrie, tiens).

On croise assez vite BHL qui a revêtu sa tenue réglementaire d’intello combattant : costume gris bien coupé, chemise blanche ouverte, brushing de vieux minet et air grave et concerné. Un peu plus loin son alter égo moins élégant André Glucksmann donne une interview à l’un des nombreux micros présents pour cette circonstance minuscule mais néanmoins abondamment relayée.

Un journaliste arabe parle interminablement devant la caméra d’une télévision non identifiée. Assis au dernier rang de la salle, le journaliste de France 2 Philippe Rochot, otage au Liban en 1986, est interrogé par une dame de RFI : il explique que même s’il ne cautionne pas forcément tout ce qui sera dit ce soir, il est content qu’on s’intéresse à la Syrie ; la journaliste lui fait remarquer que la réunion fait l’objet de polémiques ; Rochot admet que les organisateurs de celle-ci sont "assez marqués" , mais bon…

La réunion débute peu avant 21 heures par un film d’une quinzaine de minutes retraçant l’histoire de la Syrie indépendante, et l’on en arrive rapidement à l’actualité : des vues de manifestations, de victimes ensanglantées et de policiers répressifs se succèdent ; bien sûr, il est beaucoup question de Hamza, enfant tombé au cours d’une manifestation à Deraa, et dont le cadavre décomposé est présenté rituellement comme portant des traces de torture (voir notre article Le martyr que trop de gens attendaient) ; on a même droit une petite séquence consacrée au colonel Harmoush, ce déserteur de l’armée syrienne qui prétendait, devant la BBC notamment, avoir sauvé la population  de Jisr al-Choughour, en plaçant des mines anti-chars avec une vingtaine de ses hommes (voir notre article Déserteur et/ou menteur), avant que la même BBC reconnaisse que le colonel était peut-être un déserteur mais surtout un bidonneur : on a les témoins de moralité qu’on peut.

A propos de témoins de moralité, l’actrice Angelina Jolie,  en visite promotionnelle dans un camp de réfugiés syriens en Turquie, a droit à 2 bonnes minutes d’interview : c’est largement suffisant pour qu’on saisisse toute la finesse de ses analyses géopolitiques, et c’est complètement raccord avec la tonalité très fashion de cette soirée de gala SOS Syrie. Naturellement, on nous assène la comparaison de Bachar avec Hitler, ça ne mange pas de pain et ça fait toujours genre…

Incidents

Le film achevé, un collaborateur de La Règle du Jeu annonce les festivités à venir, salue les personnalités présentes, physiquement ou via un message de soutien : Martine Aubry, Bertrand Delanoe, Laurent Fabius, Bernard Kouchner, François Bayrou, Jane Birkin, Xavier Beauvois. Le « maitre-Jacques » de la soirée explique que ce qui a décidé Lévy et ses amis à agir, c’est le « silence assourdissant de la communauté internationale et des grandes consciences » sur la Syrie (on ne doit pas regarder la même télévision !) 

 Il est interrompu par un jeune homme barbu qui dénonce, au nom de l’opposition syrienne, l’escroquerie politique et morale de cette réunion, dont le but n’est pas vraiment de soutenir le peuple syrien : le perturbateur est ceinturé par deux ou trois malabars et évacué sans ménagement vers une sortie, mais continue de hurler son indignation.

 

Un autre pilier de la revue de BHL, Bernard Schalscha, lui succède pour raconter la genèse de l’opération SOS Syrie. Mais cette fois c’est une jeune fille arabe, épaulée par un garçon, qui se lève et crie que les organisateurs de la réunion se foutent bien du peuple syrien, et d’ailleurs elle les désigne franchement comme « sionistes » : elle et son compagnon sont expulsés à leur tour par les gros bras.

Shalscha fait le malin imperturbable : « Quand ces gens-là disent « sionistes », explique-t-il, il faut traduire par « juifs »". Ce qui lui attire une nouvelle réaction depuis le fond de la salle : un type se lève à son tour et dit que « sioniste, désolé, mais ça veut dire sioniste ! » ; le ton est moins agressif, mais ferme ; Schalscha lui demande, un rien menaçant, de se taire ou de partir. Obéissant ou expulsé – nous n’avons pas bien vu – l’intervenant se tait. La réunion peut suivre tranquillement son cours mensonger.

 BHL & son téléphone rouge

A 21h10, BHL monte au micro : pendant un quart d'heure, il explique comment avec une poignée d’amis, il a ressenti la nécessité de faire quelque chose pour ce peuple syrien si sympathique comme il l’avait déjà fait avec André (Glucksmann) et Bernard (Kouchner) pour la Bosnie, la Tchétchénie (un coup de patte à Poutine, soutien de Bachar, au passage) ou encore le Darfour. Et BHL, qui, il faut le reconnaître n’a peur de rien, de citer sa démarche exemplaire pour le cas libyen : « J‘ai passé un coup de fil, au bon numéro, dit-il en substance, et tout est allé très vite ! » Eh oui, un simple coup de fil à son ami Sarkozy, par-dessus la tête du ministre Juppé, et la guerre a aussitôt démarré en Libye, simple mais il fallait y penser ! Lévy-Botul évoque aussi l’engagement solennel pris par sa revue de soutenir la révolution syrienne jusqu’au départ de Bachar al-Assad, et dans l’immédiat d’accueillir les étudiants syriens désireux de poursuivre leur cursus en exil. L’ex-mari d’Arielle Dombasle dit encore que la France est un pays de débats, parfois violent, mais où les gens biens de droite et de gauche savent s’unir pour la bonne cause.

Si tous les gars du petit monde de Saint-Germain-des-Prés pouvaient se donner la main…

L’animateur-modérateur (sic) de la réunion lit ensuite des messages de soutien de Martine Aubry et de Bertrand Delanoe, des « gens biens » de gauche qui, sur ce sujet comme sur d’autres, disent la même chose que les « gens bien » de droite Sarkozy et Bayrou. Tout de même, présidentielle oblige, Martine lance un coup de griffe à Nicolas, coupable d’avoir invité Bachar al-Assad à un récent défilé du 14 juillet.

Tiens, une Syrienne ! C’est Lama Atassi, présentée par BHL comme issue d’une grande famille de Syrie, et en tout cas membre de cette opposition sous influence américaine et sous domination des Frères musulmans, qui a tenu naguère congrès à Antalya en Turquie. Lama Atassi, jeune femme parlant un bon français, explique que son discours a été rédigé avec l’aide des plumitifs de la Règle du Jeu décidément très attentionnés pour les Arabes. Il est, ce discours, sans surprise, maximaliste, appelant au soulèvement anti-Bachar ; Mlle Atassi ne parle pas des Frères musulmans, pourtant présents en force à Antalya, ni d’ailleurs des opposants plus modérés réunis voici quelques jours à l’hôtel Sheraton de Damas.

Peut-être que ça gênait les co-rédacteurs de La Règle du Jeu

Après c’est le réalisateur comblé du film Des hommes et des dieux, Xavier Beauvois, qui monte à la tribune ; il donne vite le sentiment de moins bien parler le français que Lama Atassi, et bafouille de toutes façons les lieux communs bien pensants qui lui servent apparemment de vision du monde et de la Syrie. Lénine appelait ce genre de compagnon de route des "idiots utiles" . Beauvois, « trop rebelle » comme disent les jeunes, passe des manifestants de Deraa aux sans-papiers en France, espérant que de nombreux réfugiés syriens en obtiennent très vite (des papiers) du gouvernement français.

 Kouchner