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06/09/2012

Syrie : Analyse - Géopolitique et stratégie – Réflexion -n°62 03-10



Face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Sa diffusion est un acte de résistance.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources.



Syrie : Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

 n°62                             03-10

C.De broeder & M.Lemaire



Le "Dossier Syrie :Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage1" est  visible 

a) sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

b) sur le site de Eva Resis           :  no-war.over-blog.com

c) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com  

d) sur le site : www.palestine-solidarite.org à cette adresse : http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

NB : Si vous voulez-nous contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be




Sommaire de la lutte pour la libération du territoire.

Tiré à part

Les chances d’une intervention occidentale augmentent.

VERS UNE INTERVENTION MILITAIRE EN SYRIE ?

Assad résolu à gagner la guerre, mais cela nécessite encore du temps.

1 Sur le terrain et les parlements

1-1 L'opposition parlementaire dénonce une mission militaire allemande près des eaux syriennes

2  Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

2.1 Un journaliste sur le conflit Syrie-Iran!! A VOIR!!

3 Les brèves

3-2 Pepe Escobar : La guerre du «Pipelineistan».

3-3 LE SOIR : : Londres appuie ouvertement  la « rébellion »…

-4 LE SOIR :  - Les services britanniques et allemands actifs...

4  Dossier

4-1 Luc Michel : Pression de  Sarkozy et BHL,: Hollande « prêt à intervenir en Syrie » !

4-2 Armes chimiques syriennes: un prétexte pour une intervention occidentale

4-3 agoravox: Quand "normal" est synonyme de "traître".

4-4 Le bruit de bottes américaine s’amplifie ...  

4-5 Jean-Pierre Chevènement dénonce les "professionnels de l’ingérence" .

4-6 le vice-ministre russe des Affaires étrangères, GennadyGatilov.  : Les armes chimiques syriennes sont en sûreté 

4-7 L’Iran considère la sécurité de la Syrie comme la sienne.

4-8 Ahmadinejad : « Nous sommes tombés dans le piège de nos ennemis ».

5 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

5-1 Le général français Jean Fleury: «Nous sommes incapables d’affronter l'armée de l'air syrienne».

6  Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

6-1 Syrie : La guerre secrète.

6-2 Mais quels principes guident Hollande en politique étrangère ?. 

6-3 Boris Pavlichtchev : Les armes chimiques comme dernier argument



iré à part

Les chances d’une intervention occidentale augmentent.

En évoquant son arsenal chimique et en exportant sa guerre vers les pays frontaliers, le régime de Bachar El-Assad est en train de pousser les pays occidentaux à intervenir en Syrie, estime le quotidien panarabe Al-Hayat.

Depuis un mois environ, les signaux se multiplient quant à la possibilité d'une intervention étrangère dans la crise syrienne. Certains diront sans doute : "Est-ce par amour pour la Syrie ?" La réponse est non, bien évidemment, et le problème n'a rien à voir avec l'amour ou la haine. Mais parce que l'affaire n'est plus exclusivement syrienne, les chances d'une intervention augmentent. Car, si la question libyenne se limitait à la Libye et la tunisienne à la seule Tunisie, dans le cas de la Syrie c'est le Moyen-Orient qui est remis en cause, là où se forme ou explose le monde post-Ottomans [les pays nés de la fin de l'Empire ottoman en 1920].

Le régime syrien, passé maître dans le maniement des "cartes" régionales, a abusé de ce jeu qui se retourne contre lui.

La première nouveauté – et la plus importante – concerne les armes chimiques. Le régime a cru malin de révéler qu'il en possédait sans réaliser qu'il déplaçait ainsi le débat à un niveau alarmant. La deuxième question récemment soulevée est celle du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), avec ses activités et son influence. Là encore, le régime a voulu exploiter habilement cette "carte", mais voilà qu'Ankara accuse Damas d'être derrière les attentats contre ses forces à Gazantiep [le 21 août : 9 morts et 70 blessés]. La troisième nouveauté concerne l'afflux des réfugiés vers la Turquie, dont le nombre approche les 100 000, devenant autant un problème syrien que turc.

Autrement dit, la probabilité d'une intervention augmente à mesure que la crise syrienne déborde de ses frontières. Les mises en garde de la France contre l'embrasement du Liban vont dans ce sens.

On peut relever diverses indications ces derniers jours, dont la déclaration du ministre de la Défense français, Jean-Yves Le Drian, évoquant une zone d'exclusion aérienne, la création par les Etats-Unis et la Turquie d'un "mécanisme de coordination complet sur la Syrie", l'appel de l'Italie à une réunion de ses alliés pour examiner "l'après-Assad" ou encore le retour du porte-avions USS John C. Stennisdans le Golfe.

Il ne faut pas oublier cependant les sérieux obstacles d'une intervention militaire, à commencer par les réactions russe et iranienne, en passant par les peurs occidentales d'Al-Qaida, le calendrier des élections américaines [le 6 novembre], la situation des économies occidentales ou les expériences traumatisantes en Irak ou en Afghanistan et enfin la situation de l'opposition syrienne et la capacité de l'Armée syrienne libre (ASL) à accueillir une intervention étrangère.

Mais le plus important est que le régime syrien, en manipulant ce qu'il considère comme ses "cartes", est en train de précipiter une confrontation inévitable. En ajoutant la violence sauvage de la répression et le nombre des morts qui approche les 25 000, sans parler des blessés, des défigurés, des détenus et des 3 millions de réfugiés ou déplacés, l'issue devient de plus en plus difficile.

Les dirigeants de Damas ont tenu à pousser leur jeu politique et diplomatique à l'extrême, en entraînant la Russie et l'Iran, tandis que militairement ils usent démesurément de leurs forces terrestres et aériennes. Quel plus grand symbole de débordement politique et militaire que le bombardement par un avion syrien de son peuple réfugié sur le territoire irakien ! Le monde ne pourra le supporter.


VERS UNE INTERVENTION MILITAIRE EN SYRIE ?

 (Hollande l'a laissé entendre ce 27 août)

Mais elle ne serait pas seule dans l'aventure.

La raison ou le prétexte : les armes chimiques dont on suppose que le régime syrien pourrait les employer. (ou le Hezbollah, craint Israël) 

Autres signes ou perspectives : une zone d'exclusion aérienne, la création par les Etats-Unis et la Turquie d'un "mécanisme de coordination complet sur la Syrie", l'appel de l'Italie à une réunion de ses alliés pour examiner "l'après-Assad" ou encore le retour du porte-avions USS John C. Stennisdans le Golfe.

Problèmes en vue : les réactions de l’Iran, de la Russie, de la Chine, la contagion au Liban, le comportement d’Israël (son projet d’attaque des sites nucléaires de l’Iran) les tensions de la Turquie avec les Kurdes…sans parler de la guerre civile déjà en cours en Syrie. Les risques d’embrasement de toute la région. Et des conséquences pour l’économie mondiale.

 

HOLLANDE PRET A INTERVENIR EN SYRIE

L’emploi d’armes chimiques par le régime syrien serait «une cause légitime d’intervention directe» de la communauté internationale, a déclaré lundi le président français François Hollande.

«Je le dis avec la solennité qui convient: nous restons très vigilants avec nos alliés pour prévenir l’emploi d’armes chimiques par le régime (syrien) qui serait pour la communauté internationale une cause légitime d’intervention directe», a dit le chef de l’Etat, en ouvrant à Paris une conférence annuelle réunissant quelque 200 ambassadeurs français.

«Je sais la difficulté de la tâche, je mesure les risques mais l’enjeu dépasse la Syrie. Il concerne toute la sécurité du Moyen-Orient et en particulier l’indépendance et la stabilité du Liban», a poursuivi le chef de l’Etat français.

Le président américain Barack Obama avait lui aussi, la semaine dernière, averti le régime de Bachar al-Assad qu’un recours aux armes chimiques ou même leur déplacement reviendrait à franchir une «ligne rouge» pour Washington et brandi la menace, le cas échéant, d’une intervention militaire.

Paris promet de reconnaître le gouvernement d'une Syrie nouvelle

Intervenant lundi à Paris, lors de la 20ème conférence annuelle des ambassadeurs de France, le président français François Hollande a appelé l'opposition syrienne à former "un gouvernement provisoire, inclusif et représentatif" et s'est dit prêt à le reconnaître.

La France demande à l'opposition syrienne de "constituer un gouvernement provisoire, inclusif et représentatif, qui puisse devenir le représentant légitime de la nouvelle Syrie. La France reconnaîtra le gouvernement provisoire de la nouvelle Syrie dès sa formation", a déclaré M.Hollande, en appelant de nouveau à une "transition politique" rapide en Syrie.

Depuis la mi-mars 2011, la Syrie est secouée par un puissant mouvement de contestation du régime en place. Les pays occidentaux cherchent à obtenir le départ du président Bachar el-Assad afin de mettre fin aux hostilités qui ont déjà fait environ 20.000 morts, selon l'opposition et des ONG, alors que Damas ne fait état que de 8.000 victimes. La Russie et la Chine craignent qu'une ingérence extérieure en Syrie ne détruise l'Etat syrien et n'étende encore plus le conflit 

 
 

Assad résolu à gagner la guerre, mais cela nécessite encore du temps.

Le président syrien Bachar al-Assad s'est dit déterminé à vaincre la guerre tout en admettant que cela prendrait du temps, selon des extraits d'une interview diffusés mercredi.

"Je peux résumer (la situation) en une phrase: nous progressons, la situation sur le terrain est meilleure mais nous n'avons pas encore gagné, cela nécessite encore du temps, vu que nous sommes confrontés à une guerre régionale et mondiale", a-t-il dit dans cette interview à la chaîne privée pro-régime Ad-Dounia qui la diffusera in extenso mercredi soir.

 

Les zones tampons

M. Assad a en outre qualifié d’"irréaliste" la création de zones tampons en Syrie évoquée par les Occidentaux et la Turquie et qui devrait être à l'ordre du jour d'une réunion ministérielle jeudi du Conseil de sécurité de l'ONU à New York.

"Parler de zones tampons n'est premièrement pas (ndlr, une option) sur la table, et deuxièmement c'est (une idée) irréaliste même pour les Etats hostiles et ennemis de la Syrie", a-t-il affirmé.

  

De telles mesures nécessitent quoiqu'il en soit une résolution du Conseil de sécurité, où la Russie et la Chine, des pays alliés du régime syrien, bloquent tout résolution s'ingérant dans les affaires syriennes.

Les défections

Par ailleurs, le président Assad a minimisé les défections de certains responsables ces derniers mois, estimant que le pays est désormais "nettoyé" des personnes dénuées de patriotisme.

"Les gens patriotes et les gens bien ne s'enfuient pas, ne quittent pas la patrie. Finalement, cette opération est positive, c'est une opération d'auto-nettoyage de l'Etat premièrement et de la nation en général", a-t-il expliqué.

Hommage à l’armée

M. Assad a de nouveau rendu hommage à l'armée régulière et aux forces de sécurité qui, en combattant les rebelles à travers le pays, "mènent des actes héroïques". "Ce sont les forces armées qui résistent le plus dans ce pays".

 

Malgré les erreurs…un lien solide entre le régime et le peuple

Le président a réitéré que "malgré les nombreuses erreurs, il existe un lien solide" entre le régime et le peuple syriens.

"Tout le monde est inquiet pour sa patrie, c'est normal. Mais ils (les anti-régime) ne parviendront pas à répandre la peur, ils n'y parviendront jamais", a-t-il souligné.

"Je dis aux Syriens, le destin est entre vos mains et pas entre les mains d'autrui. La Syrie n'a pas besoin de leçons dans les questions de souveraineté ni les questions nationales, ni des pays amis, ni des pays ennemis", a martelé le président syrien.

Le régime syrien accuse la rébellion de comploter à l'instigation de l'Occident et des pays comme l'Arabie saoudite, le Qatar et la Turquie pour semer le chaos en Syrie.

http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?eid=76591&frid=18&cid=18&fromval=1&seccatid=37



1 Sur le terrain et les parlements

1-1 L'opposition parlementaire dénonce une mission militaire allemande près des eaux syriennes

Traduit de Prensa Latina.

Les partis d'opposition au parlement allemand ont exigé une déclaration du gouvernement 

de Angela Merkel à propos d'une collaboration secrète avec des groupes armés rebelles en Syrie.

Le député des Verts, Hans CristianStroebele a dit, lors d'une conférence de presse que "si le gouvernement

rejette la demande des trois partis d'opposition au Bundestag, les organismes de contrôle des services secrets devraient traiter ce sujet à bref délai".

Le Parti Die Linke a également exigé une explication. Le député socialdémocrate Fritz Rudolf Koerper a déclaré que "la mission du navire

de guerre allemand s'effectue en marge du droit international et du mandat parlementaire pour la mission UNIFIL de l'ONU."

Le journal allemand BildamSonntag a informé qu'un navire allemand de surveillance militaire croisait

dans les eaux internationales près des côtés syriennes. "Le navire contient des instruments de technologie d'espionnage de la dernière génération des services de renseignements, le BND. Ce navire est capable de surveiller des mouvements de troupes jusqu’à 600 km à l'intérieur du pays. L'armée allemande et le BND fournit des informations aux services de renseignements des Etats-Unis et de Grande Bretagne, qui les transmettent à leur tour aux groupes armés en Syrie".

Selon le député Stoebele, la fourniture de renseignements aux groupes armés signifierait une intervention illégale dans une guerre civile".

Bernd Riexinger, président de Die Linke, déclare: "Nous devons éviter que des aventuriers irresponsablesengagent l'Allemagne dans une guerre. Notre armée doit rester sous le contrôle du parlement et pas sous celui des services de renseignements.

Les socialistes allemands ont exigé le retrait immédiat de tout le personnel militaire allemand de la région

20 août 2012



2  Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction partage le point de vue de l'auteur mais doit être vu comme information.

 

2.1 Un journaliste sur le conflit Syrie-Iran!! A VOIR!!

 http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=aMlzbFrwtRk

 


2.2 LE SOIR : Les rebelles à Alep sont lourdement armés

Alors que plusieurs quartiers chrétiens de la capitale Damas, réputés favorables au régime, ont été touchés pour la première fois ce mercredi par des combats, à Alep les rebelles tentent désormais de s'emparer des sièges des services de renseignements. Est-ce un objectif raisonnable ? Il semble bien que oui : les observateurs des Nations unies confirment que l'insurrection dispose désormais à Alep de blindés et d'armes lourdes.
Après avoir déjà pris le contrôle de trois commissariats dans cette ville, les insurgés contrôleraient désormais « 50 % » de la métropole du Nord et la quasi-totalité de la province d'Alep. « Nous espérons créer une zone sécurisée à Alep et Idleb (nord-ouest, à la frontière avec la Turquie) », a même précisé un commandant de l'Armée syrienne libre.
Au même moment, l'armée turque effectue des manouvres près de sa frontière sud-est avec la Syrie, histoire de tester la vitesse et la maniabilité de ses chars. La Grèce, elle, va tripler le nombre de ses gardes-frontières avec la Turquie, pour parer à un éventuel afflux d'immigrés de Syrie.
Des armes chimiques ?
Dans ce qui apparaît comme un moment crucial pour l'avenir du régime, comme l'a reconnu le président Assad lui-même, hier, une information non confirmée mais inquiétante est remontée le 27 juillet via un site djihadiste turc : l'Armée syrienne de libération aurait mis la main sur « de l'équipement d'armes chimiques » provenant d'une base militaire d'Alep. Sur la vidéo postée sur le site, les combattants montrent non seulement des masques à gaz, mais aussi ce qu'ils présentent comme tout un « équipement d'armes chimiques et biologiques ». (Alain Lallemand, afp.)
LE SOIR - 2 août 2012

 



3 Les brèves

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.

3-2 Pepe Escobar : La guerre du «Pipelineistan».

Si nous observons bien toutes les guerres qui se déroulent depuis la dissolution du contrepoids soviétique, elles ne profitent qu'à une seule entité, en crise profonde par ailleurs, l'empire de la finance spéculative et usuraire basé aux USA avec ses agences israéliennes et euro-atlantistes... L'empire des idéologies combinées, au choix, néoconservatrices, néolibérales, néo-évangélistes chrétiennes sionistes, néo-islamistes wahhabites et sionistes tout court. Contre tout le reste des êtres humains. Le 1% qui divise et manipule les 99%. Tout est fait pour empêcher que les pays européens ne rompent avec cet empire vermoulu, tout est fait pour prendre en otage le peuple américain et les juifs, et tout est fait pour externaliser la crise par une logique de guerre de civilisations, de religions ou desectes.

 http://oumma.com/13848/syrie-guerre-pipelineistan 

| le 22. août 2012 –

Par Pepe Escobar


3-3 LE SOIR : : Londres appuie ouvertement  la « rébellion »…
La Grande-Bretagne va consacrer 5 millions de livres (6,3 millions d'euros) au soutien des rebelles en Syrie dans leur lutte contre le gouvernement de Damas. Selon le ministre des Affaires étrangères britannique, William Hague, ce soutien consiste en appareils de radio-communication, médicaments et tenues de combat.
Les contacts diplomatiques avec la branche politique de l'Armée syrienne libre vont par ailleurs être intensifiés, a ajouté le chef de la diplomatie britannique. « Il ne s'agit pas de prendre parti dans une guerre civile », explique-t-il. Mais « le risque de chaos et de vide total du pouvoir est si important que nous devons à présent établir des relations avec ceux qui pourraient gouverner la Syrie à l'avenir », fait-il valoir. Londres, dans ses contacts avec l'opposition syrienne, insistera sur la nécessité du droit international et des droits de l'homme, « quelles que soient les horreurs perpétrées par le régime » actuel, selon William Hague.
Sur le terrain, précisément des combats entre forces syriennes et insurgés se poursuivaient vendredi à Alep et à la périphérie de la capitale Damas. Dans un quartier rebelle d'Alep, un obus est tombé sur une boulangerie, faisant une dizaine de morts, dont trois enfants, selon des journalistes de l'Agence France-Presse. Par ailleurs, une manifestation organisée tous les vendredis après la prière depuis le début de la révolte en mars 2011 a été violemment réprimée dans un quartier bourgeois (Nouvel Alep) sous contrôle de l'armée. Celle-ci a ouvert le feu sur la foule, tuant un étudiant de 19 ans.

2012

 (afp, ap, belga, dpa)


3-4 LE SOIR :  - Les services britanniques et allemands actifs...
4-1 Les services secrets britanniques et allemands fournissent de l'aide aux rebelles en Syrie, rapportent dimanche des journaux européens. Selon le Sunday Times, qui cite un responsable de l'opposition, les services secrets britanniques ont aidé les rebelles à lancer plusieurs attaques réussies contre les forces du régime. « Les services secrets britanniques observent attentivement ce qui se passe depuis Chypre, a déclaré ce responsable. Les Britanniques donnent des informations aux Turcs et aux Américains. » Selon ce responsable, les autorités britanniques « approuvent à 100 % » les informations secrètes qui sont transmises depuis leurs bases militaires chypriotes en passant par la Turquie jusqu'aux rebelles de l'Armée syrienne libre (ASL), composée de déserteurs et de combattants civils. Les informations transmises ont concerné en particulier les mouvements de l'armée régulière vers Alep, deuxième ville du pays et théâtre d'une bataille cruciale pour le régime depuis près d'un mois.
L'hebdomadaire allemand BildamSonntag rapporte de son côté que des agents du Service fédéral de renseignement (BND) croisant au large de la Syrie observent grâce à des techniques sophistiquées les mouvements des troupes syriennes jusqu'à 600 km à l'intérieur du pays et transmettent ses informations aux services britanniques et américains pour qu'elles parviennent aux rebelles.
Les pays occidentaux, qui réclament le départ d'Assad, répètent qu'ils ne veulent pas armer les rebelles, évoquant en particulier le risque de voir cet arsenal tomber entre les mains d'extrémistes islamistes. Mais plusieurs pays ont déjà évoqué une aide dans le domaine de la communication.

20 août 2012

(afp)

 

Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction partage le point de vue de l'auteur mais doit être vu comme information.



4  Dossier

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.

4-1 Luc Michel : Pression de  Sarkozy et BHL,: Hollande « prêt à intervenir en Syrie » !
Mis sous pression par BHL et les Neocons de Sarkozy, le nouveau président français Hollande est prêt à lancer la France dans une nouvelle agression néocoloniale

Luc MICHEl pour SyriaCommittees / avec PCN-SPO – AFP / 2012 08 27 /

Après les Neocons à passeports français de Sarkozy et leurs alliés Likudniks à passeports français style BHL, voici la « gauche américaine », l’aile social-démocrate du NATO, et ses alliés vert-kakis (1) … Pauvre France !

HOLLANDE VEUT REJOUER EN LIBYE LE SCENARIO DU PSEUDO CNT « LIBYEN »

Cette France prostituée aux USA, qui assure en août la présidence tournante du Conseil de sécurité de l'ONU, a convoqué ce jeudi à New York une réunion ministérielle consacrée à la Syrie, « centrée sur l'aspect humanitaire de la crise » (sic).

François Hollande cherche depuis ce lundi à prendre l'initiative sur le dossier syrien, s'engageant à « reconnaître un gouvernement provisoire syrien dès lors qu'il serait constitué ».  Le prétexte, l’impérialisme a une imagination limitée, est les fameuses « armes chimiques syriennes ». Le président français, faisant écho à son maître américain Barack Obama, a prévenu que "l'emploi d'armes chimiques" par le régime de Damas constituerait "une cause légitime d'intervention directe" pour la soi-disant Communauté internationale, une communauté réduite à l’Empire yankee, ses valets de l’OTAN et de l’OTASE, et ses clients arabo-musulmans.

« La France demande à l'opposition syrienne de constituer un gouvernement provisoire, inclusif et représentatif, qui puisse devenir le représentant légitime (resic) de la nouvelle Syrie. Nous engageons nos partenaires arabes à accélérer cette démarche. Et la France reconnaîtra le gouvernement provisoire de la nouvelle Syrie dès lors qu'il aura été formé », a déclaré le chef de l'Etat devant les ambassadeurs français réunis à l'Elysée, légitimant diplomatiquement par avance une agression politico-militaire déjà bien engagée dans la réalité.

OBAMA ET HOLLANDE : HIS MASTER VOICE !

Par ailleurs, la France et ses alliés restent "très vigilants" pour "prévenir l'emploi d'armes chimiques par le régime (de Damas, NDLR), qui serait pour la communauté internationale une cause légitime d'intervention directe", a-t-il lancé, s'exprimant "avec solennité" (resic), selon ses propres termes.

Ici aussi Hollande est la voix servile de son maître yankee. Le président américain Barack Obama a qualifié la semaine dernière de "ligne rouge" la menace d'une guerre chimique ou bactériologique en Syrie, précisant ainsi ce qui pourrait amener les Etats-Unis à intervenir militairement dans ce conflit.

Le président français a fait savoir lundi, après son discours, qu'il « n'avait pas connaissance de menace précise de la part du régime de Damas sur ce point ». Dix ans après les médiamensonges de Colin Powell à l’ONU et ceux du « Memorandum Blair » (2) sur les pseudo « armes de destruction massives irakiennes », les USA et l’OTAN, sans pudeur ni vergogne, nous resservent le mensonge faisandé.

LA FRANCE DE HOLLANDE CHARGEE DE RELANCER L’OFFENSIVE DIPLOMATIQUE A L’ONU

François Hollande a souhaité "intensifier les efforts pour que la transition politique ait lieu le plus vite possible" en Syrie, alors que le complot occidental anti-syrien est bloqué depuis des mois au Conseil de sécurité des Nations unies.

La France apporte "un soutien appuyé à ceux qui oeuvrent sur le terrain pour une Syrie libre, démocratique, et garantissant la sécurité de toutes ses communautés" (sic), notamment "ceux qui organisent les zones libérées sur le territoire syrien" (resic), a-t-il poursuivi, évoquant "l'initiative des zones tampons proposées par la Turquie". Des propos odieux et irresponsables au moment même où la presse internationale doit reconnaître la présence massive des djihadistes islamistes et des terroristes d’al-Qaida en Syrie, encadrant la soi-disant ASL (3).

Le chef de l'Etat a aussi dit continuer "autant que nécessaire le travail de pression et de conviction au Conseil de sécurité pour parvenir à un consensus de la communauté internationale" sur la Syrie. La Russie et la Chine - soutenues par le puissant Groupe de Shanghai, l’ALBA latino-américaine et une partie des BRICS - ont posé leur veto à trois projets de résolution qui auraient ouvert la voie à des sanctions contre le régime du président Bachar el-Assad. Sur ce point, Hollande a dénoncé le "blocage du système" qui "conduit soit à son contournement, soit à son impuissance". "C'est pourquoi je dis à la Russie et à la Chine que, dans la crise syrienne, leur attitude affaiblit notre capacité à accomplir le mandat que la charte des Nations unies nous a confié", a-t-il estimé.

La semaine dernière, François Hollande a reçu à l'Elysée cinq représentants du Conseil national syrien (CNS), créé et financé par l’OTAN, le Qatar et l’AKP islamiste turque,  ainsi que le représentant spécial des Nations unies pour la Syrie, Lakhdar Brahimi.

Après Sarkozy, voici Hollande devenu le chien enragé de l’OTAN. Ceux qui – au PCF et au Front de Gauche (4) – ont contribué à élire cette nouvelle carpette des USA ont leur lourde part de responsabilité. Comment pouvait-il en être autrement avec la participation des vert-kakis – ancien pacifistes reconvertis dans le lobbyisme pro guerre en faveur de l’OTAN - au nouveau gouvernement de gauche ?

LM

http://www.facebook.com/syria.committees?sk=notes#!/notes/syria-committees-comites-syrie/-syria-committees-a-la-suite-de-sarkozy-et-bhl-hollande-pret-a-intervenir-en-syr/493798213982267

(1) Luc MICHEL, PCN-INFO / SYRIE : LES VERT-KAKIS FRANCAIS APPELLENT A L’AGRESSION ARMEE DIRECTE DE L’OTAN !
sur : http://www.facebook.com/notes/pcn-ncp-parti-communautaire-national-europ%C3%A9en/-pcn-info-syrie-les-vert-kakis-francais-appellent-a-lagression-armee-directe-de-/516876394994961

(2) PCN-SPO / ANALYSIS / AFTER IRAQ, SYRIA ??? … JULY 23, A DAY OF INFAMY!
sur : http://www.elac-committees.org/2012/07/27/pcn-spo-analysis-after-iraq-syria-%E2%80%A6-july-23-a-day-of-infamy/

(3) Luc MICHEL, SYRIA COMMITTEES / LES DJIHADISTES DE LA PSEUDO ASL EN PLEINE LUMIERE DANS LES MEDIAS ET LES THINK TANK DE L’OTAN !
sur : http://www.elac-committees.org/2012/08/18/syria-committees-les-djihadistes-de-la-pseudo-asl-en-pleine-lumiere-dans-les-medias-et-les-think-tank-de-l%E2%80%99otan/ ;

PCN-SPO / WEBSITE DU CFR : AL-QAIDA EN SYRIE AVEC L’ASL MADE IN NATO !
sur : http://www.facebook.com/PCN.NCP.press.office#!/notes/pcn-ncp-press-office-service-de-presse-du-pcn/-pcn-spo-website-du-cfr-al-qaida-en-syrie-avec-lasl-made-in-nato-/406622452736046

et PCN-SPO / “LIBYAN FIGHTERS JOIN SYRIAN REVOLT” – DIXIT REUTERS
sur : http://www.facebook.com/PCN.NCP.press.office#!/notes/pcn-ncp-press-office-service-de-presse-du-pcn/-pcn-spo-libyan-fighters-join-syrian-revolt-dixit-reuters/408851972513094

(4) Luc MICHEL et Karel HUYBRECHTS, PCN-INFO / L’HUMANITE (PARIS) REJOINT LES « COMMUNISTES DE WASHINGTON » QUI SOUTIENNENT L’AGRESSION CONTRE LA SYRIE !
Mardi 28 août 2012

Luc Michel : sur : http://www.facebook.com/PCN.NCP.press.office#!/notes/pcn-ncp-parti-communautaire-national-europ%C3%A9en/-pcn-info-lhumanite-paris-rejoint-les-communistes-de-washington-qui-soutiennent-/514040495278551


4-2 Armes chimiques syriennes: un prétexte pour une intervention occidentale. 

En déclarant que le régime de Damas possède des armes chimiques, l'Occident cherche un prétexte pour une intervention armée en Syrie, estime le vice-premier ministre syrien chargé des questions économiques Qadri Jamil.
"Les pays occidentaux cherchent un prétexte pour s'ingérer dans les affaires intérieures de la Syrie. Si un prétexte ne convient pas, ils en trouveront un autre", a-t-il déclaré mardi lors d'une conférence de presse à RIA Novosti.
Le responsable syrien répondait ainsi à la question de savoir si Damas possédait des armes chimiques de fabrication russe.
Le président américain Barack Obama a indiqué lundi que toute utilisation d'armes chimiques ou biologiques en Syrie pourrait modifier la position de Washington concernant une intervention armée dans le conflit syrien.
Selon M. Jamil, depuis le premier veto opposé par la Russie et la Chine à un projet de résolution sur la Syrie, les pays occidentaux cherchent la moindre occasion de lancer une opération militaire en Syrie.
Le 23 juillet dernier, le porte-parole de la diplomatie syrienne Jihad Makdessi a fait savoir que Damas pourrait recourir aux armes chimiques en cas d'intervention militaire étrangère. Le diplomate a dans le même temps souligné que ces armes ne seraient jamais utilisées contre la population civile.
L'ingérence étrangère empêche le règlement de la situation en Syrie, a continué le vice-premier ministre syrien Qadri Jamil lors du même entretien avec le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov.
"Nous avons beaucoup de difficultés. La première, c'est l'ingérence étrangère dans nos affaires qui empêche le règlement de la situation par les Syriens", a insisté M.Jamil.
Selon le vice-premier ministre syrien, Damas cherche à résoudre la situation actuelle: "le gouvernement travaille sous le slogan de la réconciliation nationale. Toutes les parties doivent apprendre à accepter un compromis".
D'autre part la mise en place d'un mécanisme de désarmement de l'opposition doit constituer le premier pas vers le règlement du conflit syrien, "Il est nécessaire d'élaborer un mécanisme de restitution des armes. Cette démarche permettra de stabiliser la situation et c'est sur cette base qu'on pourra résoudre les questions d'ordre politique", a-t-il indiqué lors d'une conférence de presse au siège de RIA Novosti.
Une fois cette condition accomplie, il sera possible de passer au dialogue pour mettre en place une trêve nationale basée sur les intérêts de toutes les parties, a conclu le ministre.

 21/08/2012

http://fr.rian.ru/world/20120821/195745512.html

 


4-3 agoravox: Quand "normal" est synonyme de "traître".

On en apprend tous les jours. Le sens des mots changent.

Ainsi, jusqu’à présent, « normal » s’opposait à « fou » et Hollande à Sarkozy, le président agité, bourré de tics, fou des US et de libéralisme. Fou de vouloir livrer notre pays aux US et à Israël.

« Normal », cela pouvait signifier « sain », « réfléchi », « calme » et aussi Français d’une certaine façon.

Non.

Pour ceux qui auront entendu le discours prononcé par Hollande à l’occasion de la commémoration de la libération de Paris, il est clair que ce morceau de bravoure, qui n’est pas sans rappeler, par l’indignation qu’il ne peut manquer de soulever, le discours de Sarkozy à Dakar, est un acte de soumission à l’Empire. Oui, on sait bien qu’il est de ce camp-là, hélas chers amis socialistes, mais le voir clamé en public, d’une manière aussi nette, voilà qui est rude pour le peuple français. J’appelle « peuple français » les citoyens qui lisent et parlent français et utilisent ces deux qualités pour s’informer et savoir ce qui se trame dans la sphère d’un président « normal ».

Remarquez, quand le loup dit au chaperon rouge : « Viens petit chaperon rouge, je vais te donner des galettes » alors qu’il a l’intention de la bouffer, c’est dans le fond un loup « normal ».

Voici le lien de ce discours. Pris sur le site de l’Elysée qui n’est pas un site complotiste. Quoique…

http://www.elysee.fr/president/les-actualites/declarations/2012/discours-du-president-de-la-republique-a.13803.html

Et voici le passage dans lequel, Hollande compare les résistants français à l’armada des agités, payés par l’étranger, que nos medias propagandistes appellent la « résistance syrienne ».

Je pense en cet instant au peuple syrien, opprimé par un régime qui n'est plus animé que par la peur de disparaître. Ce régime disparaîtra parce que — et c'est la leçon que nous pouvons livrer au monde — quand la liberté est en marche, rien ni personne ne peut l'arrêter. La France a pris et prendra les initiatives nécessaires en soutien de la révolution syrienne, sur le plan politique, sur le plan diplomatique, sur le plan humanitaire pour aider au soulèvement.

Hollande nous prend-il pour des imbéciles ? Pour des ignorants ? Croit-il que nous ne connaissons pas l’Histoire ? Croit-il que nous ne savons pas que la France et le Royaume-Uni qui, en 1920, étaient, en principe les alliés du roi Fayçal, après la bataille de Maysaloun, l’envoyèrent en exil pour se partager le Moyen-Orient ? Croit-il que nous ne sommes pas capables de faire le rapprochement entre l’invasion de la Tchécoslovaquie, par le Troisième Reich, et celle de la Libye ? Croit-il que nous ne sommes pas capables de comprendre que celle de la Syrie serait semblable à celle de la Pologne qui déclencha la deuxième guerre mondiale ?

Ou M. Hollande, valet de l’Empire, ne connaît rien à l’Histoire. Est-ce cela être normal ? Etre ignorant ?

La stratégie de l’Empire est simple. Voyez-là pour ce qu’elle est. Ils avaient pour alliés toute une clique de despotes avec qui ils travaillaient, les Ben Ali, Kadhafi et tutti quanti mais comme ces bougres étaient devenus trop gourmands, dangereux par les secrets qu’ils détenaient, ils ont profité de l’agitation de peuples malheureux pour changer leur petit personnel. Et mettre au pouvoir des intégristes qui sont les kapos de l’Empire. Ca coûte moins cher que d’envoyer des armées comme en Irak. Ce sont les Arabes qui bâillonnent les Arabes. Bien pensé les stratèges zuniens. Et par-dessus le marché, en Europe, on fait naître la frousse du salafiste, de l’intégriste qui coupe des mains. On fait monter l’extrême-droite qui, comme son nom l’indique est extrêmement à droite, c’est à dire, sous des airs populistes, (« sous des airs » étant une formule de stratégie guerrière économe.), soutien du libéralisme et des droites américaines et israéliennes.

Quand le Qatar parle de donner de l’argent aux banlieues, est-ce pour leur donner aussi des armes ? Est-ce pour traiter la France comme la Tunisie, en faisant naître dans notre pays une scission violente entre communautés ? L’Empire aidera-t-il des intégristes sur notre territoire comme il le fait en Syrie ?

En ce qui concerne l’affaire Syrienne c’est une bataille contre la Russie et Poutine. L’affaire des PussyRiot s’inscrit dans le cadre. Ceux qui clament leur indignation devant le traitement infligé à ces filles feraient mieux de les voir brandir, d’une manière idiote, le drapeau de l’Optor, officine avouée de la CIA. La Russie et Poutine, dictateur, lui aussi sanglant, sont les derniers remparts contre le déferlement de l’Empire.

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/quand-normal-est-synonyme-de-121822


4-4 Le bruit de bottes américaine s’amplifie ...  

26/08/2012

 Les militaires américains planchent en urgence sur des plans d’intervention en Syrie le cas échéant pour sécuriser les armes chimiques du régime de Damas, ont indiqué responsables et experts à Washington.
Aucune action militaire ne paraît imminente selon ces responsables, mais le Pentagone imagine des scénarios tous plus dangereux les uns que les autres pour empêcher que, dans le chaos croissant de la «guerre civile» en Syrie, ces stocks ne tombent entre les mains d’extrémistes islamistes, ou d’ultras du régime prêts à tout. Le président Barack Obama avait averti lundi le régime de Bachar Al Assad: un recours aux armes chimiques ou même leur déplacement reviendrait à franchir une «ligne rouge» pour Washington, inquiet pour ses alliés dans la région, à commencer par Israël. «Jusqu’ici, je n’ai pas donné l’ordre d’intervenir militairement» en Syrie, mais «si nous commencions à voir des quantités d’armes chimiques déplacées ou utilisées, cela changerait mon calcul», avait souligné M.Obama. «C’est une hypothèse complètement nouvelle car on n’a encore jamais vu historiquement un pays doté d’armes de destruction massive (ADM) pris dans une guerre civile», note Charles Blair, de la Fédération des scientifiques américains (FAS). «En Irak, les armées de George W.Bush intervenues en 2003 pour saisir des ADM – qui en fait n’existaient plus – avaient échoué à capturer certaines armes conventionnelles sensibles» ajoute cet expert en prolifération d’armements et en terrorisme. D’après Charles Blair en effet, malgré les efforts de l’Agence Internationale de l’énergie atomique (AIEA), plusieurs tonnes du puissant explosif HMX ont disparu dans la nature et des pillages ont eu lieu sur le site nucléaire de Tuwaitha (Irak). Que cela serve de leçon dans un pays très complexe comme la Syrie, où il est difficile d’avoir du renseignement fiable!, déclare Charles Blair, en prédisant «bien de mauvaises surprises» en cas d’intervention. Le régime syrien a reconnu pour la première fois fin juillet posséder de telles armes chimiques et a menacé de les utiliser en cas d’intervention militaire occidentale, mais jamais contre sa population. Les rebelles ont accusé le gouvernement syrien d’avoir déplacé certaines de ces armes aux frontières. D’après les experts, ces stocks datent des années 1970 et sont les plus importants du Proche-Orient avec des centaines de tonnes. Il s’agit notamment de gaz sarin et autres gaz innervant et d’autres agents comme le gaz moutarde, dispersés sur une cinquantaine d’endroits, selon ces sources «Nous n’avons pas de visibilité parfaite de tous les sites d’armes chimiques syriens mais nous avons des moyens très efficaces de surveiller leurs stocks», assure un haut responsable américain sous couvert de l’anonymat. D’après lui, Damas garde à ce stade «un bon contrôle» de ces sites. La surveillance est d’abord assurée par des satellites espions américains. Le recours au renseignement humain est plus délicat en raison des désordres dus à l’insurrection. Mais, en cas d’intervention, «le réseau de transfuges du régime» serait essentiel pour protéger ces arsenaux, estime Melissa Dalton, un ancienne fonctionnaire du Pentagone travaillant pour le groupe de recherches Center for a New American Security. A priori, les Forces spéciales américaines joueraient une rôle déterminant. Mais il faudrait probablement des unités conventionnelles plus importantes pour sécuriser les sites, relève le haut responsable américain. Une action militaire de ce genre serait sans doute menée conjointement avec des alliés des Etats-Unis, comme Israël, des pays de l’Otan et des pays arabes, estime Melissa Dalton. Une crainte d’Israël serait de voir des armes chimiques transférées au mouvement chiite Hezbollah au Liban, mais, déclare encore cette experte, le Hezbollah «sait très bien qu’il ne pourrait pas utiliser de telles armes sans risquer des représailles massives» d’Israël. Enfin, d’après Mme Dalton, Washington fera pression sur les Israéliens pour qu’ils évitent, dans une telle hypothèse, d’agir «unilatéralement afin d’empêcher que ces armes ne tombent en de mauvaises mains» à leurs frontières.
http://www.algerie360.com/international/les-etats-unis-se-preparent-a-lintervenir-en-syriedes-scenarios-pour-controler-les-armes-chimiques/


4-5 Jean-Pierre Chevènement dénonce les "professionnels de l’ingérence" .

L’ancien ministre de la Défense Jean-Pierre Chevènement, président d’honneur du MRC, a dénoncé le 15 août 2012 les "professionnels de l’ingérence" qui incitent la France "à intervenir militairement" en Syrie. - SC

16 août 2012

"La Syrie n’est ni la Tunisie ni l’Egypte. C’est un pays plongé dans une guerre civile inspirée et alimentée de l’extérieur", estime-t-il.

Selon l’ancien ministre de la Défense, "des professionnels de l’ingérence poussent aujourd’hui la France à intervenir militairement, fusse par la seule voie aérienne, en violation de la légalité internationale et au côté de pays dont les ambitions et les intérêts ne sont pas les nôtres".

"Le précédent libyen ne saurait être invoqué", déclare-t-il. La résolution 1973 du Conseil de sécurité de l’ONU de mars 2011 a, selon lui, "été interprétée au-delà de son objectif proclamé -la protection des civils-, jusqu’à un changement de régime dont l’une des conséquences a été la déstabilisation du Mali".

M. Chevènement rappelle que le président François Hollande "a plusieurs fois souligné que la France n’interviendrait pas en dehors d’un résolution du Conseil de sécurité des Nations-unies". "La politique de la France repose sur des principes et aucune campagne d’opinion ne doit l’en faire dévier", affirme-t-il.

Selon le sénateur du territoire de Belfort, "la politique de « changement de régime » a été pratiquée en Irak" par l’ancien président américain George Bush en 2003, mais "elle ne saurait aujourd’hui recevoir la caution de la France".

Dans le quotidien Le Monde, l’écrivain et essayiste Bernard-Henri Lévy, en pointe lors de l’intervention occidentale en Libye en 2011, a notamment lancé mardi un appel à une action militaire aérienne en Syrie

Dépêche AFP, mercredi 15 août 2012.
http://www.chevenement.fr/Syrie-Jean-Pierre-Chevenement-denonce-les-professionnels-de-l-ingerence_a1419.html


4-6 le vice-ministre russe des Affaires étrangères, GennadyGatilov.  : Les armes chimiques syriennes sont en sûreté 

Le gouvernement syrien a assuré Moscou de la sécurité de son stock d'armes chimiques, a indiqué vendredi le vice-ministre russe des Affaires étrangères, GennadyGatilov.
La Russie travaille avec les autorités syriennes et s'est vue "garantir" que l'arsenal chimique syrien était bien gardé et ne tomberait pas entre de mauvaises mains, a indiqué M. Gatilov lors d'une interview publiée sur le site du ministère.
"Les Syriens nous ont assuré qu'un contrôle strict était appliqué sur la sécurité de leurs armes chimiques, et qu'elles n'étaient pas menacées et ne couraient aucun risque pour le moment", a-t-il souligné.
"Il nous a également été garanti que les armes chimiques ne quitterait sous aucune circonstance leur emplacement actuel", a ajouté le diplomate russe.
La Russie continuera à travailler avec le gouvernement syrien sur la sécurité de son arsenal chimique, et appelle également d'autres partenaires étrangers à exercer leur influence potentielle sur l'opposition syrienne dans même but, a déclaré M. Gatilov.
Il a averti que "toute perte de contrôle de la situation déboucherait sur des complications graves tant pour la Syrie que pour la région dans son ensemble".
Le ministère syrien des Affaires étrangères a déclaré en juillet qu'il pourrait utiliser ses armes chimiques en cas d'agression étrangère. De telles armes chimiques ne seront cependant jamais utilisées dans le cadre du conflit civil actuel ni contre le peuple syrien, a expliqué le ministère.

MOSCOU, (Xinhua) –

24 août



4-7 L’Iran considère la sécurité de la Syrie comme la sienne.  

Le président de la commission parlementaire iranienne pour la politique étrangère, AlaeddineBoroujerdi,. a déclaré dimanche que son pays considérait la sécurité de la Syrie comme la sienne, a rapporté l’agence de presse iranienne, IRNA.
« Nous considérons la sécurité de la Syrie comme la nôtre », a déclaré M. Boroujerdi, à l’issue d’une rencontre à Damas avec le ministre des Affaires étrangères syrien, Walid Mouallem. « En conséquence, nous resterons aux côtés de nos frères syriens », a souligné le responsable iranien cité par Irna.
Pour sa part, M. Mouallem, a affirmé que Damas n’entamerait pas de négociations avec l’opposition tant que le pays n’aura pas été « purgé » des rebelles, selon l’agence IRNA. « Le projet de négociations entre le gouvernement syrien et l’opposition ne commencera qu’après que la Syrie sera purgée des groupes armés », a dit le ministre syrien à l’issue de la rencontre.
« La condition pour toute négociation politique (…) est que cessent les violences des groupes armés et qu’une déclaration soit faite pour exprimer l’opposition à toute intervention militaire étrangère en Syrie », a ajouté M.Mouallem.
La visite du responsable iranien, qui devait également rencontrer le président Bachar al-Assad et le vice-président Farouk al-Charaa, survient à quelques jours du sommet du mouvement des Non-Alignés (MNA) prévu à Téhéran les 30 et 31 août. Trente-six chefs d’Etat ou de gouvernement et une quarantaine de ministres ou hauts responsables sont attendus à la rencontre de Téhéran.

26/08/2012

 http://www.algerie1.com/flash-dactu/liran-considere-la-securite-de-la-syrie-comme-la-sienne/


4-8 Ahmadinejad : « Nous sommes tombés dans le piège de nos ennemis ».

Article placé le 16 août 2012, par Mecanopolis

Extrait du discours de Mahmoud Ahmadinejad, président de la République islamique d’Iran, devant la Conférence de l’OCI, à la Mecque.

« J’ai un amer constat à faire : malheureusement, nous, les Musulmans, nous sommes tombés dans le piège que nos ennemis nous ont tendus ! Nous entrons de plein pied dans une guerre totale, dévastatrice et vaine, une guerre à caractère fratricide, ethnique et tribale, qui pourrait durer des dizaines d’années. Malheureusement, certains pays jouent le jeu des ennemis. Ceux qui étaient arrivés au pouvoir, pour changer la politique hégémonique des Etats Unis envers notre région, ont tourné leur veste et ils veulent changer notre région, ils nous menacent de guerre. Je vous renvoie à l’Afghanistan, à l’Irak, la Libye, la Syrie, à Bahreïn, au Yémen… Dans ces pays qui tire sur qui ? Si nous acceptons que la justice et l’égalité sont le droit de tout un chacun, alors, nous allons accepter que nous sommes tous dans le même bateau, nos destins sont liés. Nous devons nous serrer les coudes, nous entre-aider, pour faire face à l’ennemi commun; nous devons faire front commun face à nos ennemis. L’OTAN rêve de s’emparer de notre région et nous, au lieu d’affronter ce danger, sur la foi de faux arguments, inventés ou imaginaires, ethniques ou tribaux, sommes devenus ennemis, sans savoir que ces hostilités gratuites offrent la meilleure occasion à nos vrais ennemis, pour nous envahir

Source : IRIB



5 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.

5-1 Le général français Jean Fleury: «Nous sommes incapables d’affronter l'armée de l'air syrienne».

Le général Jean Fleury, ancien chef d’état-major de l’armée de l’air française, avoue la faiblesse de l’armée de l’air française face à celle de la Syrie

Mohamed El-Ghazi

Lundi 27 Août 2012

Le général Jean Fleury, ancien chef d’état-major de l’armée de l’air française, avoue la faiblesse de l’armée de l’air française face à celle de la Syrie, en révélant que celle-ci «totalise environ 500 avions de combat, soit deux fois plus que la France». Dans une analyse publiée dans le journal Le Monde, ce militaire chevronné a estimé qu’avant toute intervention en Syrie, il faut que l’aviation ait au préalable la «maîtrise du ciel». Mieux encore, il a assuré que la zone d'exclusion aérienne réclamée par d'autres pose le même problème car pour détruire les appareils de Damas en vol, il faut une maîtrise du ciel parfaite.
Il a expliqué que l’intervention de l’Otan en Libye «n’a pas été difficile, car la force aérienne libyenne était peu opérationnelle», et les moyens de défense terrestres ont été vite détruits. Pour la Syrie, a-t-il continué, «la chanson n'est pas la même. Son armée de l'air totalise environ 500 avions de combat, soit deux fois plus que la nôtre ; bien qu'une partie d'entre eux seulement soit moderne, leur nombre et la qualité d'un entraînement conduit en vue d'une guerre éventuelle avec Israël en font un adversaire sérieux», et d’affirmer : «Nous ne sommes pas de taille à l'affronter.» Il a rappelé, à cet effet, la tentative d'intrusion de l’avion de chasse turc, par laquelle les Turcs ont voulu tester la défense aérienne syrienne, et qui a été abattu immédiatement. «Pour venir à bout aujourd'hui de l'aviation de Bachar Al-Assad, il faudrait employer toute la machine de guerre américaine et utiliser les aéroports de Grèce et de Chypre, voire du Moyen-Orient.» Il a soutenu qu’en Libye, l’armée de l’air française a été placée au premier rang de la coalition, en conduisant le premier raid contre Benghazi. «Face à la Syrie, nous ne serions qu'une petite force d'appoint placée sous les ordres de Washington ; ce ne serait pas très glorieux», a-t-il admis.
L’expert s’est étonné qu’un tel point de vue n’ait pas été émis, mais il s’est vite repris en expliquant que «ce serait reconnaître la faiblesse de notre aviation militaire». «Il est impossible aujourd'hui aux pouvoirs publics de proclamer cette faiblesse : la conclusion serait immédiate, le budget de la défense deviendrait prioritaire, ce qui serait contradictoire avec les engagements du président de la République», a-t-il conclu.

http://algeriepatriotique.com/article/un-general-francais-nous-sommes-incapables-d-affronter-larmee-de-lair-syrienne



Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

6-1 Syrie : La guerre secrète.

Dans l’indifférence générale, le 23 novembre 2011, Le Canard enchaîné révélait que des agents de la DGSE interféraient dans les évènements de Syrie afin de déstabiliser le régime de Bachar Al Assad.

Un mois plus tard, le député François Loncle interrogeait le gouvernement sur le rôle exact joué par le service action de la DGSE et le Commandement des opérations spéciales (COS) dépêchés en Turquie et au Liban. Mutisme du gouvernement et de la presse. [1]

Il faut donc attendre le 6 août dernier pour qu’un grand quotidien national confirme que le service action de la DGSE menait des opérations de formation et de soutien aux groupes terroristes au plan des transmissions et de l’artillerie (mortiers, missiles antichars et canons de 105 mm). [2]

Bien sûr, la DGSE n’est pas la seule à organiser la subversion contre la Syrie.

La CIA opère également dans le sud de la Turquie où elle est impliquée dans l’acheminement d’armes aux terroristes opérant en Syrie, armes financées par la Turquie, l'Arabie saoudite et le Qatar. [3]

Quant au BND - le service secret allemand - on vient d’apprendre qu’il usait d’une frégate-espion actuellement positionnée dans l’Est de la Méditerranée. [4]

Le matériel électromagnétique très perfectionné dont est doté le navire lui permet de détecter tous les mouvements des troupes sur le sol syrien. Les données ainsi recueillies sont transmises aux services américains et britanniques qui, eux-mêmes, les ventilent aux terroristes.

Les services britanniques procèdent à la même collecte et à la même diffusion de renseignements mais à partir d’une station implantée à Chypre.

Cette guerre secrète menée contre la Syrie, en plus de contrevenir aux lois internationales, est responsable de la prolongation du conflit et du bain de sang qui en résulte.

[1] François Loncle est député de l'Eure (PS) et membre de la Commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale.

[2] Le Parisien, 6/08/2012, Richard Labévière, http://www.leparisien.fr/crise-egypte/l-option-diplomatiq...

[3] Le Figaro, 21/06/2012, La CIA aiderait l'opposition syrienne depuis la Turquie, http://www.lefigaro.fr/international/2012/06/21/01003-201...

[4] Le Figaro, 22/08/2012, La navire espion Oker fait des vagues en Allemagne, http://www.lefigaro.fr/international/2012/08/22/01003-201...

http://lepetitblanquiste.hautetfort.com/archive/2012/08/24/syrie-les-services-speciaux-a-l-oeuvre.html

JPD


6-2 Mais quels principes guident Hollande en politique étrangère ?. 

François Hollande vient d'appeler « l'opposition syrienne à créer un gouvernement provisoire, inclusif et représentatif ». Et il se dit prêt à en reconnaître la légitimité.

Ces quelques mots soulèvent de nombreuses questions. D'abord, au nom de quoi un chef de gouvernement peut-il décider qu'un autre gouvernement est illégitime ? C'est contraire à toutes les règles internationales : ce sont les pays qui sont reconnus et non les gouvernements. Par exemple, lorsque le général de Gaulle reconnaît la République populaire de Chine en 1964, était-il devenu subitement marxiste-léniniste ? Eh bien, pas du tout ! Simplement, il y a vu une évidence : cette chine-là existait vraiment, et Taïwan n’était qu’un appendice US.

Imaginez un monde où l’on reconnaît non pas les pays, mais les gouvernements de ces pays. Á chaque changement de gouvernement, il faudrait redéfinir les relations diplomatiques ? L’instabilité deviendrait la règle.

La Syrie existe bel et bien. Elle a un gouvernement légitime, parce que constitué légalement selon les dispositions syriennes. Les choix sont du ressort exclusif des Syriens. Sils veulent changer de gouvernement, c’est leur affaire, et sils ne veulent pas, ce n’est toujours pas notre problème.

> Cela s’appelle la « non-ingérence », principe de base des relations internationales. La France l’exige pour elle-même, elle doit s’y tenir pour les autres.

> Mais plus encore, sur quels critères François Hollande va-t-il juger ce gouvernement « inclusif », c’est-à-dire ne laissant personne de côté ? Il va vérifier que les hommes de main des Turcs, du Qatar, de l’Arabie Saoudite, les services spéciaux français, anglais, étasuniens, et tutti quanti, ont bien la place qu’ils méritent ? Et pire encore, par quel miracle va-t-il s’assurer de la « représentativité » de cette chose qu’il attend ? En suçant son pouce ? Ce qui semble la méthode la plus scientifique, vu le contexte !

> Mais selon ces pseudo-principes, on se demande pourquoi il faudrait se limiter à la Syrie ? Le gouvernement de Bahreïn lui convient, comme celui du Qatar ? Et le prince Saoud, qui fait décapiter au sabre des condamnés selon une moyenne de deux par semaine, ça lui va ? Et rien à dire sur la Jordanie ? J’allais oublier, et Israël, tout baigne ? La colonisation de territoires occupés c’est super, pas vrai ! L’asphyxie de Gaza, ça c’est de la gouvernance, mon pote !
Ce trépignement n’est que ridicule. Mais imaginons la suite. Voilà que la mer s’écarte, et un « gouvernement provisoire » tout droit sorti des poches étasuniennes vient se présenter devant l’invocateur. Comment fait-il pour le conduire à Damas ? Il fait la guerre ?

> Un ancien chef d’état-major de l’armée de l’air, le général Fleury, fait benoîtement remarquer que ça va être dur. Parce que l’armée syrienne compterait deux fois plus dravions de combat (environ 500 selon cette source) que l’armée française, restrictions budgétaires obligent. Ce même général explique que, même si ces avions ne sont pas tous « modernes », ils sont servis par des pilotes entraînés, expérimentés et préparés à une confrontation avec Israël. De plus, puisque ce serait une agression en terre étrangère, il faut compter avec la défense anti-aérienne syrienne. François Hollande devrait se souvenir que les Turcs ont testé la défense anti-aérienne syrienne pour lui : leur avion a tenu environ deux minutes au-dessus des eaux territoriales avant d’être abattu : c’est-à-dire qu’il na même pas pu survoler le territoire syrien ! Il devrait aussi se tenir au courant de l’actualité : les Russes et les Chinois ont déjà dit qu’ils ne toléreraient aucune intervention militaire en Syrie. Et l’agence Russe RIA Novosti fait presque un papier par semaine sur le système de défense anti-aérienne S-400, qui est décrit comme performant. Il pense peut-être que la DCA syrienne se limite à des pétoires de bédouins ?

François Hollande, par cette déclaration stupide, ridiculise notre pays, et se range sottement dans le mauvais camp, celui qui est méchant et cupide, celui qui est sans avenir !

Résistance (http://www.resistance-politique.fr/article-mais-quels-princi...)

 


Boris Pavlichtchev :Les armes chimiques comme dernier argument
Jeudi 23 août 2012

Les experts russes appellent à ne pas prendre trop au sérieux la menace d’employer les armes chimiques brandie par la Syrie. Ce sujet a été remis à l’ordre du jour par Barack Obama qui a prévenu que Damas s’exposerait aux conséquences sérieuses en cas d’emploi d’armes chimiques et même de leurs déplacements menaçants.

C’est en juillet que Damas a fait une déclaration ronflante sur la possibilité d’emploi des armes chimiques. Le porte-parole du MAE syrien a émis, il est vrai, la réserve que cela se produirait seulement en cas d’une intervention militaire mais jamais contre la population pacifique. L’attaque chimique est peu probable comme le pense le rédacteur en chef de la revue Défense nationale Igor Korotchenko.

« La déclaration syrienne est adressée uniquement aux pays qui pourraient utiliser les évènement en Syrie comme prétexte à l’intervention armée. En ce qui concerne l’emploi des armes chimiques contre sa propre population, Damas se rend parfaitement compte que c’est absolument inadmissible ».

Le régime d’Assad est dans une situation critique et est donc en train de bluffer à plus d’un titre. D’un autre côté, les paroles d’Obama n’étaient visiblement pas destinées à Assad, fait ressortir le chercheur de l’Institut de l’économie mondiale et des relations internationale Igor Khokhlov :

« Obama est engagé dans la course électorale et son objectif majeur consiste à se faire réélire. Ses déclarations agressives sont adressées non pas à la communauté internationale ou à Damas mais aux électeurs américains qui sont séduits par les prises de positions musclées de son concurrent Mitt Romney ».

Sur le fond de l’escalade du conflit syrien, les médias occidentaux font croire que la Russie, le partenaire de longue date de Damas, lui aurait livré en son temps des armes aussi conventionnelles que chimiques mais Moscou le démentit vigoureusement. La parole est au colonel Vladimir Mandytch, directeur adjoint du Service fédéral de conservation sécurisée et de destruction des stocks d’armes chimiques.

« Je ne peux pas dire que la Syrie dispose de stocks d’armes chimiques de fabrication russe parce ces armes n’on jamais quitté le territoire national. Mais cela remet à l’ordre du jour la nécessité d’un contrôle international des stocks d’armes chimiques. Leur emploi peut entraîner les conséquences très graves tant pour les participants du conflit que la population et l’environnement ».

Dans cette situation beaucoup dépend du bon sens de toutes les parties y compris de la mesure dans laquelle Damas serait tenté de recourir aux armes chimiques en qualité d’argument ultime. En son temps, il a signé sans la ratifier la convention de l’ONU sur l’interdiction des armes biologiques. Pourtant, de même que l’Angola, la Corée du Nord, la Somalie et l’Égypte, il a refusé de signer le document analogue sur l’interdiction des armes chimiques. Il a donc, au moins formellement, les mains déliées.

/L

© 2005-2012 La Voix de la Russie
Reçu pour publication

 

 

Source : La Voix de la Russie
http://french.ruvr.ru/...

 

 



Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

" Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19



 

 

 

05/08/2012

n° 61 - Analyse - Géopolitique et stratégie – Réflexion de Syrie -- 03-08 : P-- Washington a rédigé une nouvelle constitution pour la Syrie… -

 



Face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Sa diffusion est un acte de résistance.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources.



Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion deSyrie

                                                         n°61                              03-08                                                               

C.De broeder & M.Lemaire



Le "Dossier deSyrie" est  visible 

a) sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

b) sur le site de Eva Resis           :  no-war.over-blog.com

c) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com  

d) sur le site : www.palestine-solidarite.org à cette adresse : http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

NB : Si vous vouleznous contacter ou obtenir le journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be



Tiré à part

Réseau Voltaire : Washington a rédigé une nouvelle constitution pour la Syrie…

Depuis janvier, un groupe d’une quarantaine d’exilés syriens se réunit secrètement place de l’église Saint-Louis à Berlin, dans les locaux de la StiftungWissenschaftundPolitik [1]. Si cette fondation est financée par le patronat allemand, les réunions le sont par les départements US d’État et de la Défense.

Elles sont présidées par Steven Heydemann, un double national US-Israélien, qui a longtemps travaillé pour la CIA [2], avant de devenir chercheur à l’US Institute of Peace. Cet organisme, qui fournit le cadre officiel des réunions est —contrairement à ce que pourrait laisser supposer son intitulé— un paravent du Pentagone [3]. Non sans surprise, le ministère suisse des Affaires étrangères est associé à ce projet.

Le programme est intitulé « Le jour d’après. Soutenir une transition démocratique en Syrie » [4]. Dans le vocabulaire orwellien de Washington, « transition démocratique » signifie le passage du président élu et plébiscité par le peuple syrien Bachar el-Assad à un président choisi par les puissances occidentales ; et l’expression « jour d’après » désigne la période suivant le renversement du régime syrien par ces mêmes puissances occidentales.

Alors que les Syriens approuvaient par référendum une nouvelle constitution [5], le groupe de travail en rédigeait une autre. Il définissait aussi ce que serait la politique du futur gouvernement syrien. Le document final a été présenté par la secrétaire d’État US, Hillary Clinton, au président du Conseil national syrien, Abdel BaysetSyda [6], lors de la 3e conférence des Amis de la Syrie à Paris, le 6 juillet. M. Syda a accepté de mettre en œuvre cette « feuille de route ».

Haut du formulaire

 

Bas du formulaire

[1] Le directeur de la fondation, Volker Perthes, participait en juin 2008 à la réunion annuelle du Groupe de Bilderberg avec BassmaKodmani, directrice de l’ArabReform Initiative et actuelle porte parole du Conseil national syrien.

[2] Selon un schéma classique, cette activité était couverte par la Fondation Ford, par l’US Information Agency et par la Freedom House.

[3] L’US Institute of Peace a été créé en même temps que la National Endowment for Democracy, dont il est le pendant. Sur les documents du Congrès, son budget figure dans celui du Pentagone, tandis que celui de la NED est rattaché au département d’État.

[4] “The dayafter : Supporting a democratic transition in Syria”

[5] « La Constitution de la République arabe syrienne 2012 », Réseau Voltaire, 26 février 2012.

[6] La presse occidentale a pris l’habitude d’orthographier le nom de M. Syda en ajoutant un « a », en « Sayda », de manière à éviter la confusion avec la maladie du même nom.

Réseau Voltaire |

21 juillet 2012



Selon Lavrov, la position des États-Unis constitue une approbation sans équivoque du terrorisme

La réaction de Washington à l’attentat (*) de Damas constitue une justification claire du terrorisme, s’est indigné le ministre des Affaires étrangère russe, Sergey Lavrov. Le Département d’État des États-Unis a déclaré que les actes terroristes en Syrie n’étaient pas surprenants étant donné le comportement du régime.

 Sergey Lavrov a exprimé son étonnement à une conférence de presse à Moscou : "Ces paroles constituent une claire approbation du terrorisme. Qu’est-ce que cela signifie ? C’est une déclaration désastreuse, je n’ai pas assez de mots pour le dire."

Lavrov a aussi exprimé sa surprise que le Conseil de Sécurité de l’ONU se soit refusé à condamner les actes terroristes en Syrie. La représentante permanente étasunienne à l’ONU, Susan Rice, a déclaré que les actes terroristes de Damas contribuaient à accélérer l’adoption d’une Résolution sur la Syrie en vertu du chapitre 7 de la Charte de l’ONU qui implique des sanctions sévères y compris le recours à la force.

"En d’autres termes, cela signifie : ’Nous soutiendrons ces actes terroristes jusqu’à ce que le Conseil de Sécurité de l’ONU fasse ce que nous voulons" a dit Lavrov, à propos des déclarations des représentants étasuniens.

La Secrétaire d’État étasunienne, Hillary Clinton, a dit dernièrement qu’il fallait travailler en lien plus étroit avec l’opposition syrienne qui gagnait du terrain pour préparer de nouvelles actions de résistance contre le gouvernement, à Damas.

Lavrov a fait remarquer que, selon les informations dont on disposait, l’opposition avait pris le contrôle de postes de frontières syriens aux frontières turque et irakienne et qu’il y avait eu des cas de pillage de biens turcs. Il a ajouté que, d’après certaines sources, ce n’étaient pas les militants de l’Armée syrienne libre qui avaient capturé ces postes mais des groupes liés à Al-Qaeda, et que des diplomates russes étaient en train de vérifier ces informations.

"Si nos partenaires soutiennent le fait que des terroristes s’emparent de territoires, nous aimerions savoir quelle est exactement leur position sur la Syrie. Quel objectif poursuivent-ils dans ce pays ?" a demandé le ministre russe des Affaires étrangères.

Quant aux sanctions unilatérales prises par l’Union européenne contre Damas, elles entrent en contradiction avec les décisions du Conseil de Sécurité de l’ONU et les accords conclus aux pourparlers de Genève, a précisé Lavrov.

"Nous pensons que le fait de prendre des décisions unilatérales entre en contradiction avec le principe de gestion collective des affaires qui régit l’accord de Genève," a dit Lavrov qui a ajouté que la Russie souhaitait que ces questions soient discutées collectivement.

"Malheureusement, quand l’Union européenne, les États-Unis et d’autres États ont décidé d’adopter des sanctions contre la Syrie, ils ne nous ont pas consultés du tout," a observé Lavrov.

La crise en Syrie dure depuis plus d’un an et demi, et après tout ce temps, ce n’est pas vraiment approprié de demander au Conseil de Sécurité de prendre des sanctions, a ajouté le diplomate russe.

Lavrov a souligné que si la communauté internationale avait voulu que la crise syrienne soit gérée collectivement, elle aurait dû le faire depuis le début en traitant les deux camps également.

Les ministres des Affaires étrangères européens ont décidé d’élargir la liste des officiels syriens bannis d’Europe et de geler les comptes bancaires et les biens qu’ils ont dans les pays européens.

D’autres mesures ont aussi été prises pour solidifier l’embargo des armes contre la Syrie. En conséquence, les bateaux et les avions cargos qui se rendent en Syrie sont soumis à des inspections forcées quand ils sont soupçonnés de transporter des armes et des équipements interdits vers la Syrie.
Note :

(*) Qui a tué trois dirigeants syriens.

Il ne faut pas manquer l’excellente analyse de la réaction de Lavrov aux déclarations des USA sur cet attentat par Dedefensa : http://www.dedefensa.org/article-la...

25 juillet 2012 - Pour consulter l’original : http://www.rt.com/news/us-position-... -

Traduction : Dominique Muselet

 28 juillet RT


Mourad Arbani : Vidéo : Massacre de loyalistes sunnites par les rebelles 

Des rebelles "islamistes" de l’Armée syrienne libre (ASL) ont exécuté mardi des partisans du régime à Alep, selon des images postées sur Youtube.
La vidéo montre des hommes retenus dans une salle et qui de toute évidence ont été torturés avant d’être conduits dehors entourés d’hommes armés surexcités criant : « Allah est le plus Grand ».
Les rebelles entourent l’un des captifs, au visage ensanglanté et presque nu, avant de le mettre face à un mur. D’autres sont alignés à côté de lui alors que les combattants scandent toujours « Dieu est le plus grand ».
Ces derniers mitraillent alors les prisonniers, identifiés comme membres de la tribu des Barri, puissant clan sunnite de la région d’Alep qui sont fidèles au régime de Bachar al-Assad. Après leur forfait, ils reviennent encore pour tirer de nouveau sur les cadavres.
Ces massacres comme bien d’autres vont être mis sur le compte des troupes régulières, grâce à la propagande et à la désinformation servies par Rami Abdel Rahmane, chef de l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), une officine installée à Londres, qui a imposé depuis le début des événements ses bilans et infos sur la Syrie à l’ensemble des rédactions occidentales.

Mourad Arbani

1 Août

 Lien vidéo http://www.youtube.com/watch?v=zQAgU8h7hW4&feature=player_embedded

http://www.algerie1.com/actualite/syrie-massacre-de-loyalistes-par-les-rebelles-islamistes-video/



2  Politique anti - Syrienne  


Sur le terrain

Les rebelles syriens se sont assurés du soutien d'Obama  !!!

Le président des Etats-Unis Barack Obama a signé une directive secrète autorisant la CIA et d'autres services secrets américains à aider les adversaires du régime de Bachar al-Assad en Syrie. L'agence Reuters l'a communiqué faisant référence à des sources dans l'administration des Etats-Unis.
D'après une de ces sources, l'aide militaire et logistique aux rebelles est régulée depuis une base secrète aux environs de la ville d'Adana en Turquie qui a été mise en place par la Turquie, l'Arabie saoutide et le Qatar. Une base aérienne des Etats-Unis, Incirlik, est également située à proximité d'Adana.

02/08/2012

french.ruvr.ru



3  Politique

Les grandes manœuvres

La CIA et le Mossad préparent le renversement du gouvernement syrien. La zone frontalière de Turquie abrite des camps militaires où sont formés des mercenaires envoyés en Syrie pour combattre l'armée gouvernementale, annonce le quotidien turc Idinik. Selon le journal, les camps sont contrôlés par des vigiles américains. Damas a déjà communiqué que l'opposition syrienne avait des instructeurs du Mossad et de la CIA.
La veille une vidéo a été mise en ligne montrant l'exécution par les rebelles à Alep des hommes armés fidèles au régime.
Le ministère syrien des Affaires étrangères a accusé la Turquie de soutenir les activités terroristes en Syrie.
« Le gouvernement turc a déployé des camps militaires sur son territoire, d'où les autorités israéliennes, des États-Unis, du Qatar et des forces de sécurité saoudiennes envoient les terroristes pour combattre le peuple syrien » a déclaré le ministre des Affaires étrangères de la Syrie dans un communiqué, publié ce jeudi.
Pendant ce temps, l'état-major général turc a commencé des exercices près de la frontière avec la Syrie, dans la province de Sanliurfa, dit le journal Hurriyet. Selon ces données, 25 chars, des véhicules blindés, des systèmes de missiles anti-aériens, des unités de l'infanterie et des unités de soutien participent aux manœuvres.
Un jour plus tôt, des exercices similaires ont commencé dans une autre partie de la frontière turco-syrienne.

02/08/2012

http://french.ruvr.ru/2012_08_02/syrie-turquie/

 



Sénat américain.
Des Canons ... pas du beurre

Des « experts » américains appellent Washington à s'impliquer activement…  

Washington doit soutenir davantage les « rebelles » en Syrie, en leur fournissant des armes et un appui aérien, et montrer clairement au régime en place la ligne à ne pas franchir, au prix d'une intervention militaire, ont estimé des experts mercredi.
Plus longtemps durera le conflit syrien, qui fait rage depuis 17 mois, plus grand sera le risque de voir se multiplier les massacres de grande ampleur, ont-ils indiqué au Sénat américain.
Martin Indyk, un ancien ambassadeur des Etats-Unis en Israël, a souligné lors d'une audition au Sénat les conséquences très mauvaises de la situation actuelle et a affirmé: Il est important que nous intervenions de manière active, mais il faut le faire de manière intelligente.
Nous devons faire attention à qui nous donnons des armes, a fait observer cet expert aujourd'hui directeur de la politique internationale à la Brookings Institution, selon qui les Etats-Unis n'ont pas encore une vision nette de l'identité et des objectifs des forces qui constituent la rébellion syrienne.
Andrew Tabler, de l'Institut pour le Proche-Orient (Institute for Near East Policy), a quant à lui mis en garde le comité du Sénat pour les affaires étrangères contre le risque d'utilisation d'armes chimiques par le régime Assad.
Washington et ses alliés doivent dessiner et faire respecter une ligne rouge pour empêcher la Syrie d'utiliser ses armes chimiques, a-t-il lancé.
Il a appelé les Etats-Unis à formuler un avertissement fort à l'encontre du président Bachar al-Assad, lui signifiant que des atrocités de masse en Syrie appelleront une réponse militaire immédiate.
Des inquiétudes ont aussi été exprimées quant au prochain gouvernement de la Syrie, si Washington ne s'implique pas davantage. Le prochain gouvernement (...) sera probablement à la fois méfiant et hostile aux intérêts américains, a prévenu M. Tabler.
La raison est simple: Washington a passé trop de temps à négocier diplomatiquement aux Nations unies au lieu d'aider directement le peuple syrien à accélérer la chute de Bachar al-Assad, a-t-il dit.
Un expert en sécurité internationale, James Dobbins, a pour sa part défendu la mise en place d'une zone d'exclusion aérienne sur la Syrie, destinée à protéger les civils de la répression gouvernementale, comme ce fut le cas en Libye l'année dernière.
S'il a estimé que pour ce faire il était nécessaire d'avoir une demande en ce sens de l'opposition syrienne, il a jugé qu'un mandat de l'ONU était très souhaitable mais pas absolument nécessaire.
Au Conseil de sécurité de l'ONU, la Russie et la Chine ont bloqué toute tentative occidentale d'imposer des sanctions au régime syrien.
01 août

http://www.romandie.com/news/n/_Syrie_des_experts_americains_appellent_Washington_a_s_impliquer_activement_RP_010820122257-16-221446.asp



4 Pays Arabes & voisins

Israel Shamir : Tel Aviv recherche la Somalisation de la Syrie
nb- Désormais, nous relaierons régulièrement certains articles dont nous ne sommes pas les auteurs, spécialement lorsque ceux-ci contiennent des informations qui nous semblent pertinentes, et (quasiment) absentes des médias francophones.

Le présent article, dont Israël Shamir est l’auteur, est paru en anglais le 30 juillet 2012 sur le site CounterPunch.

Israël conserve sa capacité à contrôler les rebelles islamistes syriens. Netanyahou n’est pas inquiet de la possible désintégration de la Syrie. Malgré l’opinion admise selon laquelle les Israéliens préfèrent un Assad stable et familier à la grande inconnue de la guérilla islamique, l’information nouvelle et sensationnelle que nous venons de recevoir souligne le contraire, à savoir que les Israéliens préfèrent la somalisation de la Syrie, son éclatement et l’élimination de son armée, car cela leur permettra de s’attaquer à l’Iran sans obstacle.

C’est ce qu’implique un dossier secret récemment divulgué par une personne(s) proche du ministre israélien des Affaires étrangères, Avigdor Lieberman. Il contient un enregistrement des conversations entre Bibi Netanyahou, Avigdor Lieberman et le président russe Vladimir Poutine lors de la visite récente de ce dernier en Israël. Les Israéliens ne semblent pas avoir de doutes sur son authenticité. Counterpunch a reçu le fichier d’origine, et voici les faits saillants de cette conversation (dans notre traduction de l’hébreu):

Netanyahou a demandé à Poutine de faciliter le départ de Bachar Al-Assad.

“Vous pouvez désigner son successeur, et nous ne nous y opposerons pas, a déclaré le Premier ministre israélien. “Mais Il y a une condition – le successeur doit rompre avec l’Iran“.

Poutine a répondu : “nous n’avons pas de candidat pour succéder à Bachar. Et vous ?”

“Non, nous n’en avons pas, a répondu M. Netanyahou, mais nous allons vous dire notre préférence bientôt.”

Apparemment, Israël peut influer sur les rebelles, dans la mesure où il suppute qu’ils choisiraient d’accepter un successeur acceptable pour Tel-Aviv. Cela signifie que la chaîne du commandement des rebelles va bien au-delà des chefs de troupe indisciplinés sur le terrain, au-delà du Qatar et l’Arabie saoudite, au-delà de Paris et Washington, et débouche tout droit sur Israël. Il est bien connu que les rebelles cherchent l’amitié avec Israël, mais personne ne pensait qu‘Israël était en mesure de les contrôler dans une telle mesure.

Il va de soi que Netanyahou avait reçu le feu vert de Washington pour faire une telle offre. Cela signifie que pour les États-Unis et Israël, cela ne dérange pas que la Syrie reste dans la sphère d’influence russe, à condition qu’elle coupe ses liens avec l’Iran. Et c’est cela qui indique qu’Israël est la force motrice derrière les rebelles, car autrement, un tel arrangement serait inacceptable pour les Américains.

Cependant, il est possible que l’offre de Netanyahou ait été une simple ruse pour découvrir les intentions russes. En tout cas, c’est ce qu’a pensé Poutine, et il a répondu dans la même veine :

“Nous ne devons rien à Assad,” a déclaré M. Poutine. “Avant la rébellion, il était un visiteur fréquent à Paris plutôt qu’à Moscou. Nous n’avons pas de programme secret en ce qui concerne la Syrie. J’ai demandé au président Obama quelles sont les intentions des États-Unis en Syrie ; pourquoi les Américains rejettent Assad. Est-ce à cause de son incapacité à se réconcilier avec Israël ? Ou à cause de ses liens avec l’Iran ? En raison de sa position sur le Liban ? Je n’ai reçu aucune réponse sérieuse. Notre motivation, a dit Obama, c’est la répression violente d’Assad contre le peuple syrien. Je lui ai répondu que la violence est causée par le Qatar et l’Arabie, par leurs interférences.”

On comprend que Poutine est perplexe : s’il lui a été offert de garder la Syrie dans la sphère russe, pourquoi les USA s’en prennent-ils au gouvernement syrien ? Peut-être, les États-Unis relayent-ils simplement les instructions d’Israël ? Et quelles sont les intentions d’Israël ?

L’objectif d’Israël est la somalisation de la Syrie, à la suite de la somalisation de l’Irak,” a déclaré M. Poutine, et Netanyahou n’a pas rejeté son interprétation.

Ces mots durs de Poutine répondent à la question des intentions américaines et israéliennes. Telle était la position de Yinon, stratège israélien et des néo-conservateurs : la somalisation de la région. Les dirigeants israéliens obéissent encore à leur stratégie à cout terme de déclencher la guerre civile en Syrie, en supprimant Assad, et en plongeant la Syrie dans un bourbier de groupes armés qui ne constitueraient pas un obstacle pour les avions israéliens cherchant à atteindre l’Iran. C’est un jeu risqué, comme il était risqué d’attaquer le Liban en 2006, mais Israël a un complexe militaire tellement puissant qu’il a besoin de prendre des risques, qui seraient inutiles autrement.

Le dossier de la conversation Poutine-Netanyahou contient deux importantes concessions russes envers Israël : Poutine a promis de rompre le contrat sur l’offre de systèmes S-300 de missiles anti-aériens à Damas (et il l’a fait) et d’arrêter les fuites d’informations de missiles utiles au Hezbollah.

Le ministre israélien des Affaires étrangères Avigdor Lieberman a profité de la réunion pour se plaindre de la chaîne audacieuse RussiaToday :

“Le bureau israélien de RT se répand en propagande anti-israélienne. Ils ont diffusé des entretiens avec Hassan Nasrallah [probablement une référence à l'entrevue que celui-ci a accordée à Julian Assange]. Nous avons parlé à des journalistes RT privé, mais ils ne bougeront pas, arguant en cela des instructions de Moscou. Vladimir Vladimirovitch [Poutine], s’il vous plaît, penchez-vous sur la politique éditoriale de RT de sorte qu’elle devienne objective envers d’Israël…. “

Cette plainte s’inscrit bien dans la pratique israélienne de faire pression sur les médias étrangers. Récemment, l’ambassadeur israélien à Washington a tenté d’interférer avec CBS et de censurer Bob Simon au sujet de son reportage sur ​​les chrétiens palestiniens, causant beaucoup de ressentiment aux États-Unis. Les Israéliens ne peuvent toujours pas s’habituer à l’existence d’une presse relativement libre.

La principale conclusion des échanges qui ont fuité, c’est que les dirigeants israéliens continuent d’aimer vivre dangereusement. Alors que certains autres pays, notamment la Russie, sont à la recherche de la stabilité, les Israéliens aiment le jeu, et le jeu pour le pouvoir. Qui ne risque rien n’a rien, disent-ils. Ils sont prêts à accepter des risques à court terme pour des gains à long terme. Et l’élimination de l’armée syrienne est certainement un gain à long terme pour Israël.

Israel Shamir

Mercredi 1er août 2012

Israël Shamir est correspondant de CounterPunch à Moscou



5 Europe

1 Allemagne

Christophe Dreier : L’Allemagne participe aux préparatifs de Guerre !.

En coulisses le gouvernement allemand s’active depuis longtemps dans la guerre civile en Syrie…

… et dans les préparatifs d’une intervention militaire.

Berlin est un important centre pour l’ASL et le CNS soutenus par les occidentaux qui travaillent discrètement là bas à des plans pour renverser le président syrien Bashar al Assad. Les 70 états appartenant au groupe des « Amis de la Syrie » qui ont soutenu le soulèvement armé contre Assad ont un secrétariat à Berlin et s’y sont réunis là bas le mois dernier. Jusqu’à présent la plupart de ces activités ont eu lieu en secret. Publiquement Berlin joue le rôle de médiateur cherchant à obtenir le ralliement de la Russie et de la Chine pour soutenir une Résolution au CSONU. Néanmoins ce rôle semble terminé.

En début de semaine dernière, le ministre des affaires étrangères allemand, Guido Werterwelle, a dit au Süddeutsche Zeitung qu’un « virage » avait été amorcé concernant la politique à l’égard de la Syrie. Berlin ne cherche plus à considérer le conflit dans le cadre du CSONU mais en dehors avec les « Amis de la Syrie » même contre la volonté de la Russie et de la Chine. Un document produit par le ministre des affaires étrangères pour les partenaires européens de Berlin dit que le régime d’Assad ne pourra plus re contrôler toute la Syrie. Parce que les puissances occidentales ne peuvent pas intervenir avec le soutien du Conseil de Sécurité à cause du rejet par la Russie et la Chine de toute intervention militaire d’autres arrangements doivent être trouvés pour la reconstruction après la fin du régime déclare le document. Ceci est un appel à peine voilé à une intervention militaire par une « coalition des volontaires ».

Depuis le début du conflit en Syrie la Bundeswehr (forces armées allemandes ) a joué un rôle primordial dans la fournitures d’armes aux « rebelles » syriens. Une grande partie de ses armes ont été transportées par mer au port libanais de Tripoli et de là passées clandestinement en Syrie. La marine de guerre allemande est stationnée dans la région depuis 2006 dans le cadre de la mission de l’UNIFIL et est officiellement chargée de stopper tout transfert clandestin d’armes . Aucun transfert aux « rebelles » n’a été stoppé. Le 28 Juin le Bundestag( Parlement fédéral ) a prolongé le mandat de la mission de l’Allemagne citant la situation en Syrie.

De plus Berlin a fait fortement pression pour que l’UE adopte et intensifie régulièrement ses sanctions contre la Syrie. En Syrie l’embargo a provoqué une situation sociale catastrophique. En Mai l’inflation était de 33% et l’interdiction d’importation du pétrole syrien dans l’UE à lui seul a réduit les revenus de 3 milliards. En conséquence 65% des PME ont du fermer. Depuis fin Mai l’Allemagne fait partie du groupe des « amis de la Syrie » qui comprend des pays qui soutiennent l’ASL et oeuvrent au renversement d’Assad.

Le bureau de coordination du groupe qui maintient des contacts avec les « rebelles « syriens est basé à Berlin et dirigé par l’ancien chef des bureaux afghans du KreditanstaltfürWiederaufbau (KfW), Gunnar Wälzholz. Il est financé par le ministère des affaires étrangères à hauteur de 600 000 euros. En coopération avec le CNS, le groupe est supposé organiser la reconstruction de la Syrie après la chute d’Assad. Ce qui veut dire la privatisation des entreprises d’état et le développement d’une économie de marché.

Comme l’a rapporté l’hebdomadaire le Zeit depuis Janvier de cette année le ministère des affaires étrangères a également développé un projet secret le « Jour D’Après » organisé par la StiftungWissenschaftundPolitik (Foundation for Science and Politics, SWP) en coopération avec le United States Institute of Peace (USIP) à Berlin-Wilmersdorf.

Plus de 50 représentants de l’opposition syrienne ont été amenés pour travailler avec les deux institutions sur des plans pour la période post Assad. Parmi eux on trouve des ex généraux et des représentants de l’ASL de même que des Frères Musulmans et des nationalistes séculiers. Le SWP a été crée en 1962 et reçoit environ des dizaines de millions de $ chaque année de fonds fédéraux. En tant que plus grande institution en Europe il conseille le gouvernement fédéral allemand en matière de politique étrangère et de sécurité. Avec le « Jour d’Après » il est devenu un acteur clé en matière de politique étrangère concernant la Syrie. Selon le directeur du SWP, Volker Perthes, il a eu la chance de « créer une communauté d’expression sans se faire remarquer et sans pression ». En Août un document sera soumis faisant état des « réformes nécessaires » de la Constitution en Syrie, pour l’armée les agences de sécurité et l’économie.

Depuis des mois le SWP a publié des analyses appelant à une intervention militaire en Syrie et demandant la participation de l’Allemagne. Dans un article paru le 3 Juin le « Jour d’Après » chef Muriel Asseburgs a écrit que le temps des compromis pour la Syrie était terminé. I[« La violence en Syrie ne sera pas stoppée par des négociations mais seulement par la victoire ou l’épuisement d’un des deux protagonistes »]- a-t-elle écrit résumant la nouvelle position du gouvernement fédéral. En Mai le dirigeant du groupe de recherche pour la politique de sécurité de la Fondation, Markus Kaim, a publié un texte déclarant qu’une opération de l’OTAN contre la Syrie était probable et présentant 5 scénarios pour une frappe militaire. Sa première proposition armer et entraîner les rebelles de même que mener des actes de sabotage contre le régime d’Assad ont déjà été actés.

Une participation purement symbolique de l’Allemagne dans une intervention militaire ne serait pas suffisante selon Kaim. Le rôle de l’Allemagne dans la crise de l’Euro a « de nouveau soulevé « la question « de la volonté de l’Allemagne de diriger et imposer ses capacités en Europe mais aussi au-delà » écrit -il. « Décider actuellement de condamner les actions du gouvernement Assad contre l’opposition mais finalement les accepter discréditerait la politique étrangère allemande ».

Le soutien de Berlin à l’opposition armée syrienne et ses préparatifs pour la période post Assad montrent que ce point de vue est maintenant dominant au sein du gouvernement. L’Allemagne est prête à imposer ses intérêts économiques et stratégiques par les armes. Cela marque un changement significatif dans la politique de l’Allemagne au Moyen Orient. Depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale l’Allemagne a établi des relations économiques fortes non seulement avec Israël et d’autres états dominés par les US mais aussi avec d’autres pays de la région. En 2009 le Moyen Orient était le deuxième plus important importateur de produits allemands en dehors de l’Europe et après les Etats Unis.

Ces intérêts ont de plus en plus été mis à mal par les efforts des US pour dominer militairement la région par des interventions et des guerres. Berlin s’est opposé à la guerre d’Irak et au bombardement de la Libye. Des entreprises allemandes continuent de refuser l’embargo contre l’Iran soutenu par Berlin car les contrats iraniens sont trop lucratifs. Cependant cette position a atteint ses limites car Berlin n’est pas dans une position de se confronter aux US militairement. Cela s’est vu pour la Libye. L’année dernière la France les US et la Grande Bretagne ont mené une guerre contre le colonel libyen Muammar al Gadhafi pour imposer un changement de régime l’Allemagne et les états du BRICS se sont abstenus au CSONU et ont refusé de participer militairement. Mis à part ses propres intérêts économiques en Libye le gouvernement de Berlin avait aussi en tête la coopération économique et stratégique de l’Allemagne avec la Russie et la Chine. Alors que l’industrie allemande menait des affaires lucratives avec Kadhafi après la victoire des rebelles et l’installation d’un régime fantoche les intérêts allemands en Libye ont été sérieusement endommagés. En 2011 les exportations allemandes vers la Libye ont chuté de 67% et les importations de l’Allemagne en provenance de Libye de 36% comparé à l’année précédente.

Vu sous l’angle de l’impérialisme allemand ce scénario ne peut pas se reproduire. Par conséquent l’Allemagne participe activement aux préparations de guerre. En Syrie aussi l’Allemagne avait des intérêts économiques stratégiques. En 2009 l’Allemagne était le plus important client de la Syrie pour le pétrole et la Syrie est le huitième fournisseur de pétrole de l’Allemagne. Gardant un œil sur la Russie et la Chine - deux marchés clés pour les exportations et les sources de matières premières- l’Allemagne a partiellement dissimulé ses efforts pour soutenir l’opposition syrienne et déclaré officiellement qu’elle n’accepterait une intervention militaire que sous mandat de l’ONU. Cette dissimulation a aussi une autre raison : une opposition profondément enracinée dans la population allemande à la guerre. Selon un sondage récent 12% seulement des Allemands soutiendraient une intervention militaire en Syrie tandis que 13% sont pour un soutien militaire et financier à l’opposition. La grande majorité de la population rejette les deux scénarios.

Pour appliquer sa politique étrangère agressive l’impérialisme allemand doit combattre sur deux fronts : contre la Syrie et contre les classes laborieuses allemandes.

Christophe Dreier 01 août

World Socialist Web site : Germany participates in warpreparationsagainstSyria

Traduction Mireille Delamarre pour PNV

http://mai68.org/spip/spip.php?article4416



6 Les actions dans le monde

1 Russie

Xinhua :La Russie s'oppose au projet de résolution proposé par les pays arabes  

La Russie ne soutiendra pas le projet de résolution de l'ONU sur la Syrie proposé par plusieurs pays arabes, a déclaré jeudi le ministère des Affaires étrangères.
Le projet de résolution, soumis à l'Assemblée générale de l'ONU, était "partial et déséquilibré", a déclaré le ministère dans un communiqué publié sur son site Internet.
"Moscou pense que le document sous sa forme actuelle ne contribue pas à la stabilisation de la situation et n'aide pas à apaiser les violences en Syrie. Pour cette raison, la Russie ne le soutiendra pas", a déclaré le ministère.
La résolution ne fait que "mettre l'entière responsabilité" de la crise sur les autorités syriennes et ne mentionne pas les exigences de la communauté internationale envers l'opposition, selon le communiqué, qui a ajouté que cette approche allait encourager l'opposition à poursuivre le conflit armé.
Plusieurs pays arabes se sont tournés vers l'Assemblée générale de l'ONU pour obtenir l'approbation d'une résolution prônant une " transition politique" et l'établissement d'un "gouvernement démocratique" en Syrie, après que les membres du Conseil de sécurité ont échoué à atteindre à un consensus sur ce point.
Le projet de résolution appelle également à des sanctions contre Damas.
Le vice-ministre russe des Affaires étrangères, GennadyGatilov, a vivement critiqué cette initiative, soulignant qu'il était " incorrect" de soulever ce point à l'Assemblée générale, car il incombe au Conseil de sécurité de traiter les problèmes de sanctions.
Contrairement aux décisions du Conseil de sécurité, les résolutions de l'Assemblée générale ne sont pas juridiquement contraignantes.
Le ministère des Affaires étrangères a réitéré sa position dans son communiqué de jeudi, déclarant que la Russie estimait qu'une telle résolution était une intrusion dans les prérogatives du Conseil de sécurité de l'ONU et était contraire aux dispositions de la Charte de l'ONU.
2 août (Xinhua) –

http://french.news.cn/monde/2012-08/03/c_131757457.htm



Venezuela

Venezuela soutient la position russo-chinoise qui est soucieuse de la souveraineté de la Syrie

02 Août 2012

Le président vénézuélien, Hugo Chavez, a affirmé le soutien de son pays aux positions de la Chine et de la Russie respectant la souveraineté de la Syrie.

"Si des problèmes existent en Syrie, il faut qu’ils soient réglés par les Syriens eux-mêmes via les moyens pacifiques", a souligné le président vénézuélien dans une conférence de presse rapportée par l’agence russe "Itar-Tass".

Il a aussi regretté la reconnaissance des gouvernements européens et les aides, en armes et en fonds, fournies par eux aux terroristes en Syrie, précisant que les pays élites de l’Europe sont toujours incapables de renoncer à leurs ambitions impérialistes.

http://sana.sy/fra/55/2012/08/02/434453.htm.



8  Dossier

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.

Albano Nunes : La Syrie est en guerre.

Article d'Albano Nunes, membre du secrétariat du Parti communiste portugais pour Avante !

La Syrie vit des moments dramatiques pour son peuple. Les combats touchent désormais les principales villes du pays, Damas tout d'abord puis Alep, la capitale économique de la Syrie. Par la frontière avec la Jordanie, entrent des dizaines de milliers de mercenaires(40 à 60 000 ces derniers jours, selon certaines sources) recrutés dans des pays comme la Libye et l'Afghanistan, nombre d'entre eux appartenant à des groupes terroristes.

 

Se poursuit et s'intensifie l'entrée d'armes dans le pays, notamment d'armes lourdes comme des dispositifs anti-chars et des lance-roquettes fournis par l'OTAN, via la Turquie et les monarchies dictatoriales du Conseil de Coopération du Golfe.Les groupes armés et financés à partir de l'étranger par une coalition de la terreur menée par les États-Unis, la France et l'Allemagne, opérant à partir de la Turquie et financés par le Qatar et l'Arabie saoudite, tentent de prendre des positions à la frontière pour faciliter l'entrée de nouveaux armements et de nouveaux hommes. Il est de plus en plus difficile de cacher la présence d'agents étrangers britanniques et français sur le terrain, et que les agents de la CIA entraînent et choisissent les hommes qui, à partir des camps d'entraînement en Turquie, sont infiltrés dans le pays. L'armée israélienne renforce ses positions et son action sur le plateau du Golan et fait peser une menace sur le gouvernement syrien. L'armée turque concentre d'énormes moyens militaires à la frontière avec la Syrie. Les « rebelles » exigent du Conseil de sécurité de l'ONU qu'il donne le feu vert aux bombardements sur un peuple qu'ils prétendent défendre. La Russie et la Chine, dans une résistance notable aux pressions et se défendant de ce qu'ils savent être un projet qui touche à leur propre sécurité et à leurs propres intérêts, bloquent sur le terrain diplomatique la légitimation de la guerre d'agression directe.

 

L'attentat terroriste de la semaine dernière contre le siège de la sécurité nationale syrienne, qui a tué trois haut-responsables du gouvernement syrien, dont le ministre de la Défense, DaudRajha, nous indique bien jusqu'où est prêt à aller la prétendue Armée libre syrienneet les puissances impérialistes impliquées dans le projet de soumission de la Syrie. La version officielle des événements parie sur un attentat suicide, mais des récits circulent sur la possibilité d'une attaque aérienne de drones, les avions sans pilote nord-américains qui tuent des centaines de civils au Yémen et au Pakistan. Si cette version venait à se confirmer, nous serions face à une preuve éclairante du degré d'implication des États-Unis, ce qui est confirmé d'ailleurs par les actions de ces derniers jours, comme le blocage du signal satellite de la chaîne Al-Douniasyrienne ou le piratage du compte Twitterde cette même chaîne par la CIA.

 

La Syrie est en guerre, voilà la vérité. Une guerre montée sur le terrain pendant plus d'un an, programmée dans les couloirs du Pentagone des temps de l'administration Bush, financée depuis des années par une chaîne criminelle de financement et l'injection de millions de dollars qui a alimenté des mercenaires politiques, pantins de Washington et de l'OTAN, qui intègrent aujourd'hui le Conseil national syrien. Des gens qui défilent dans les réunions du Club Bilderberg, vivent confortablement à Paris (comme Kodami, une des figures de proue du CNS) ou à Coventry (comme Rami Abdel Rahman), le visage du sinistre Observatoire syrien des droits de l'Homme). Le pays qui pendant des décennies n'a pas connu de conflits ethniques ou communautaires ; le pays où chiites, sunnites, alaouites, druzes, kurdes et chrétiens coexistaient pacifiquement ; le pays où les religions musulmanes et chrétiennes coexistaient pacifiquement dans un des seuls États arabes laïcs du monde, ce pays, un des seuls éléments de stabilité dans la région troublée du Moyen-Orient, est entraîné par l'impérialisme dans une guerre dont les fondements reposent sur l'incitation à la violence communautaire, qui peut condamner le peuple syrien à des années, si ce n'est des décennies, de guerre et qui peut dégénérer en guerre régionale qui, au vu de l'internationalisation à laquelle elle est sujette, peut conduire à un conflit aux dimensions imprévues. 

Mais rien n'est jamais totalement écrit. L'opération Volcan de Damass'est conclue par une énorme défaite militaire des « rebelles » et l'armée syrienne reprend le contrôle de diverses régions du pays. C'est une lutte pour la souveraineté du peuple syrien, et aussi incroyable que cela puisse paraître, au vu de la violence des combats, pour la paix au Moyen-Orient et dans le monde.

 Traduction MA

rhttp://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 



9 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.

Le soutien aux troupes rebelles contraire aux résolutions de l'Onu.

Le soutien apporté par des pays étrangers aux groupes armés antigouvernementaux en Syrie va à l'encontre des résolutions précédemment adoptées par l'Onu, a annoncé vendredi la porte-parole du département de l'Information et de la Presse du ministère russe des Affaires étrangères Maria Zakharova.
"Nous sommes obligés de constater une fois de plus que le soutien et le concours à l'opposition (syrienne) armée vont à l'encontre des résolutions du Conseil de sécurité de l'Onu relatives à la Syrie et du plan de Kofi Annan qui repose sur la résolution pacifique du conflit", a-t-elle indiqué dans un communiqué.
Selon le document, la diplomatie russe est préoccupée par le fait que les insurgés syriens reçoivent de l'étranger des systèmes antiaériens portables.
"Les vidéos mises en ligne démontrent entre les mains de qui tomberont ces armes", a-t-elle souligné en allusion à une vidéo montrant des rebelles exécutant des partisans du président Bachar el-Assad non armés.
"Quelqu'un doute-t-il que les auteurs de ces atrocités sont au-delà de la loi et de la moralité humaine?", a conclu Mme Zakharova.
Mercredi, les médias ont annoncé que la Turquie avait livré à l'Armée syrienne libre 20 systèmes antiaériens portables. Selon Moscou, l'Arabie saoudite et le Qatar seraient derrière ces livraisons.

 http://fr.rian.ru/world/20120803/195572575.html 



10  Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

Yann Yéc'han  Pour BHL, on s’en serait douté: « une intervention en Syrie est inévitable » 

Yann Yéc'han : Nous connaissions sa position, mais une confirmation une fois de temps en temps pourra peut-être permettre d’en éveiller un peu certains….

Attention tout de même, je met l’article mais précise que la propagande est ici totale, en particulier du au fait qu’il s’agisse ici de BHL qui est considéré comme étant un philosophe, aussi crédible que le fait que Sophie Favier puisse être académicienne, sans critiquer spécifiquement Sophie Favier…

Jeudi 2 Août 2012

Et il y a mieux, encore plus lourd, jugez par vous-même, je cite: « Je pense que les Russes et les Chinois sont en train de changer de position, ils en donnent des signes multipliés. Ils sont en train de le faire non pas parce qu’ils sont en train de se convertir à la morale humaniste universelle, mais (sic…) parce qu’ils s’associent aux assassin ». Fallait oser la dire cette connerie là!
Interrogé par Europe 1, Bernard-Henri Lévy est revenu la situation en Syrie où la ville d’Alep est en proie à de violents combats depuis plusieurs jours. Bernard-Henri Lévy estime qu’une « intervention militaire est inévitable en Syrie ».
Alors que la France prend la tête de la présidence du Conseil de Sécurité de l’ONU, le philosophe appelle le pays à « mettre au pied du mur la Russe et la Chine qui s’opposent à une intervention en Syrie.
« Les russes ont intérêt à débloquer ce verrou et la France peuvent les aider e tenant un discours de fermeté et en leur faisant savoir que, quoique qu’il arrive, une intervention militaire est inévitable.
Pas de la même forme que la Libye, que les pays voisins, la Turquie, certains pays arabes, mais on ne peut plus laisser faire ce massacre au quotidien. Voila ce qui doit être dit aux Russes avec eux ou sans eux », a-t-il commenté.
BHL se montre toutefois confiant pour faire changer les Russes et les Chinois d’avis. « Je pense que les Russes et les Chinois sont en train de changer de position, ils en donnent des signes multipliés.
Ils sont en train de le faire non pas parce qu’ils sont en train de se convertir à la morale humaniste universelle, mais parce qu’ils se rendre compte que pour sauver une base navale en Syrie, ils sont en train de perdre toute leur position dans le monde arabe en général, parce qu’ils s’associent aux assassin », a estimé la philosophe.

Yann Yéc'han

Jeudi 2 Août 2012

 http://www.sanfinna.com/?p=170691


GhalebKandil : Assad en 2012 comme Nasser en 1956

Même pour ceux qui refusent de le reconnaitre, la crise syrienne a pris la dimension d’une lutte entre la Syrie, en tant que nation, Etat, peuple et armée, d’un côté, et l’alliance impérialiste et coloniale, conduite par les Etats-Unis, de l’autre. L’enjeu est donc l’indépendance de la Syrie, sa souveraineté, l’intégrité de son territoire et la dignité de son peuple, qui se défend face aux projets hégémoniques qui servent, en fin de compte, les intérêts d’Israël. Il est normal, dans un tel contexte, que l’écrasante majorité de la population soit attachée à son indépendance et opte pour la résistance afin de protéger son Etat. Les oppositions de l’intérieur et de l’extérieur ont refusé le dialogue et oublié les réformes, qui ne font plus partie de leurs slogans ou revendications. Alors que l’Etat, lui, conscient de ses responsabilités dans la sauvegarde de l’indépendance et de l’intégrité du pays, réaffirme jusqu’au bout son attachement au dialogue et propose un programme de réformes avec un calendrier.

La cause syrienne aujourd’hui est celle de la liberté et de l’indépendance d’une nation, face à une guerre sans merci dirigée par les Etats-Unis à partir du territoire turc, et financée par les pétromonarchies du Golfe, qui se trouvent à l’opposé de la démocratie. Et pour alimenter cette guerre, cette alliance coloniale n’hésite pas à mobiliser des jihadistes (un euphémisme pour dire terroristes) du monde entier, de l’aveu même de l’Agence France presse, qu’on ne peut pas accuser de complaisance ou de sympathie pour le pouvoir syrien. Des centaines d’entre eux ont d’ailleurs été tués lors de l’épuration de Damas, dans le quartier de Midane, où les combattants étaient dans leur grande majorité des étrangers. Les autres ont été acheminés de la campagne de Damas et de Homs. C’est le même schéma qui se reproduit à Alep, la deuxième ville du pays, dans le Nord.

L’opinion publique syrienne connait bien ces réalités. Selon des études fiables, dans le pire des cas, la population syrienne peut être divisée en trois blocs inégaux: près de 50% appuient l’Etat et son armée et gardent confiance dans les capacités du président Bachar al-Assad à mener les réformes; 35% sont des partisans des réformes mais sont très critiques à l’égard du pouvoir actuel, notamment la corruption. Ils sont franchement hostiles à toute intervention étrangère et restent attachés à l’indépendance et à l’unité du pays. Le reste, soit 15%, soutiennent les différentes factions de l’opposition, dont les Frères musulmans. Un mouvement qui est arrivé au pouvoir en Egypte et ailleurs et qui a affiché d’emblée sa volonté de «travailler» avec les Etats-Unis. La dernière déception, pour ceux qui croyaient en lui, est venue du refus du président égyptien Mohammad Morsi de lever le blocus imposé à la Bande de Gaza, après avoir reçu le Premier ministre limogé du Hamas (la Branche palestinienne des Frères musulmans), Ismail Haniyya. Le prétexte avancé par Morsi est que Le Caire est lié par des engagements internationaux de nature sécuritaire.

L’Etat syrien jouit donc du soutien des deux tiers de la population. C’est cela, et uniquement cela, qui explique les raisons pour lesquelles le régime résiste depuis 17 mois à une véritable guerre mondiale menée contre lui. Pour tous ces facteurs, il ne fait aucun doute que quelques milliers de miliciens, financés par le Golfe, entrainés par la Turquie et organisés par la CIA, n’ont aucune chance de tenir face à l’armée nationale syrienne dans la ville d’Alep. Les équations internes et externes donnent la victoire à l’Etat, qui parviendra à écraser les hordes jihadistes internationales et à nettoyer les repères des insurgés.

La bataille sera rude, difficile, peut-être longue, au vu des moyens colossaux déployés par les Etats-Unis et leurs auxiliaires régionaux et internationaux. Mais en plus de la solidité de son armée et de ses institutions, la Syrie peut compter sur la fermeté de Moscou et de Pékin, qui n’accorderont aucune légitimité à une quelconque action étrangère. Mais surtout, la Syrie dispose d’une supériorité morale dans son combat. La bataille que livre Bachar al-Assad en 2012 ressemble en plusieurs points à celle menée et gagnée par Gamal Abdel Nasser, en 1956, contre les puissances coloniales déclinantes de l’époque, la France et la Grande-Bretagne

GhalebKandil

Lundi 30 juillet 2012 Lundi 30 juillet 2012

 

Source : New Orient News
http://www.neworientnews.com/...

 

 



11 Annexe

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.

Thierry Meyssan : L’Occident et l’apologie du terrorisme.

  Cette nouvelle chronique de Thierry Meyssan est consacrée à l’analyse et au commentaire d’une déclaration officielle ou d’un document d’actualité. Toujours attentif aux silences autant qu’aux paroles, il observe cette semaine le renversement doctrinal des Occidentaux face au terrorisme.

 

Obsèques nationales des généraux victimes de l’attentat terroriste du 18 juillet 2012

Le Conseil de sécurité s’est réuni peu après l’attentat du 18 juillet qui a décapité le commandement des forces de sécurité syriennes. Certes, les deux séances qui ont suivi portaient sur les propositions de résolution des Occidentaux et de la Russie. Néanmoins, il revenait au Conseil de condamner le principe de l’action terroriste, comme il fait toujours en pareille circonstance. L’usage est d’adopter unanimement une déclaration et de la faire lire par le président en exercice du Conseil, en l’occurrence le Colombien Nestor Osorio. La courtoisie veut que l’on présente ses condoléances à l’État-membre qui vient d’être frappé.

 

Pourtant le Conseil est resté silencieux. Les Occidentaux ont refusé d’appliquer à la Syrie un des principes de base des relations internationales : la condamnation du terrorisme.

 

Pis, dans leurs déclarations respectives, les dirigeants allemands, britanniques, états-uniens et français ont condamné les victimes, les ont rendues responsables de la violence dont elles ont été l’objet, et ont réaffirmé leur soutien à ceux qui ont perpétré l’attentat. Et encore : les médias occidentaux se sont appliqués à salir la mémoire des victimes, comme si leur mort ne suffisait pas à étancher leur soif de sang syrien.

Personne ne doute que le terrorisme en Syrie soit commandité par l’OTANet le CCG, mais jusqu’à présent cela se faisait en toute hypocrisie. Ne pouvant bombarder et raser le pays du fait du double veto russe et chinois, les Occidentaux et leurs partenaires arabes faisaient saigner le pays en attendant de le faire attaquer par des mercenaires. Il y eu certes l’épisode du 12 février : l’appel au jihad d’Ayman al-Zawahiri.

Tout d’un coup, l’OTAN, le CCG et al-Qaida poursuivaient le même objectif. Cependant, faisait-on remarquer à Bruxelles, les déclarations du cheikh égyptien n’engagent que lui, elles ne valent pas d’être commentées, et l’OTAN ne va pas réviser ses positions en fonction de ces fatwas. Ce raisonnement n’était pas convaincant, car il éludait la question des objectifs communs aux champions autoproclamés de la démocratie d’une part et de l’islamisme d’autre part, mais les apparences étaient sauves. Cette fois, c’est différent. Les Occidentaux assument leurs liens avec les terroristes.

Le tournant s’est opéré lors de la 3e conférence des « Amis » du peuple syrien à Paris, le 6 juillet. Le président François Hollande avait accordé une place d’honneur à des individus que l’on payait jusque-là en secret en prenant soin de nier les connaître. Il avait élevé des criminels de guerre au rang de héros sans susciter la nausée de ses partenaires étrangers.

Sans attendre qu’al-Qaida soit invité à une prochaine conférence des « Amis » du peuple syrien, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergey Lavrov, s’est étonné de ce comportement : « Il signifie que [les Occidentaux]continueront à soutenir ce genre d’attaques terroristes jusqu’à ce que le Conseil de sécurité remplisse [leurs]exigences. C’est une position terrifiante.  » Et de poursuivre « Nous ne savons pas comment nous devons le prendre. »

 

En effet, au delà de la question morale, que signifie ce revirement doctrinal ? Durant une décennie, les Occidentaux se présentaient comme les champions de la « guerre au terrorisme », aujourd’hui, ils revendiquent leur soutien à des terroristes.

De nombreux auteurs, y compris des stratèges US comme ZbignewBrzezinski, ont souligné que la notion de « guerre au terrorisme » est un concept absurde. On peut mener une guerre contre des terroristes, pas contre leur stratégie. Quoi qu’il en soit, ce slogan marketing avait le double avantage de placer certains États du côté du Bien et de justifier leur « guerre sans fin » contre tous les autres.

Le terrorisme est une méthode de combat asymétrique que l’on utilise toujours par défaut. Elle permet d’affaiblir un adversaire, mais elle est insuffisante pour obtenir la victoire militaire et conduit toujours à une défaite politique. Elle prive pour un long moment celui qui en fait usage de la perspective d’exercer le pouvoir. Le terrorisme est une méthode immorale qui ne s’emploie donc que lorsque l’on est en position de faiblesse, non pour gagner un avantage, mais pour gagner du temps, en attendant d’être en mesure de livrer un combat conventionnel.

 

D’où le trouble de Sergey Lavrov. Les Occidentaux sont-ils en train de reconnaître à la fois leur immoralité et leur impuissance ? Que cache leur comportement ? Ou se pourrait-il que leur décadence soit beaucoup plus avancée que nous n’osions le concevoir 

Chacun a bien compris que la crise syrienne n’est pas, ou n’est plus, une confrontation interne, mais la résultante d’un réajustement des rapports de force mondiaux.

Washington tente de poursuivre le remodelage du Moyen-Orient élargi et de changer l’équation militaire régionale. Moscou conteste son autorité et tente d’instaurer un Nouvel ordre international, basé sur le droit et le multilatéralisme. La Syrie est la zone d’achoppement entre les nouveaux blocs.

 

La géophysique nous a appris que la tectonique des plaques provoque les tremblements de terre. La géopolitique a les siens. Les publicitaires de la soi disante Armée « syrienne » libre ont eu tort d’évoquer cette image. Les deux blocs se sont heurtés en Syrie, mais c’est la plaque occidentale qui a commencé à glisser sous la plaque eurasiatiaque et à disparaître, et non l’inverse.

Sergey Lavrov considère Washington comme un malade en fin de vie. Sachant que « les empires ne meurent pas dans leur lit », il tente de calmer « l’empire américain » pour lui éviter un accès de folie, tout en le conduisant gentiment au cimetière où il reposera. Il observe le patient avec prudence.

L’apologie du terrorisme est-il le symptôme d’un début de crise de démence, ou d’une anémie irréversible ?

Thierry Meyssan

Source 
Tichreen (Syrie)

Les emphases sont d'IN

 

http://www.internationalnews.fr/article-l-occident-et-l-apologie-du-terrorisme-par-thierry-meyssan-108725844.html

1ER AOÛT 2012



Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières,les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

" Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19


03/08/2012

Comment les Occidentaux préparent l’après-Al Assad



Face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Sa diffusion est un acte de résistance.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources.



Dossier deSyrie

    n°60                              18-07au 01-08-22-21

                                    C.De broeder & M.Lemaire



Le "Dossier deSyrie" est  visible 

a) sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

b) sur le site de Eva Resis           :  no-war.over-blog.com

c) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com  

d) sur le site : www.palestine-solidarite.org à cette adresse : http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

NB : Si vous vouleznous contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be




Tiré a part

Même s’il est encore trop tôt pour enterrer le régime syrien, il n’en demeure pas moins qu’en coulisses, les Occidentaux intensifient les manœuvres pour préparer l’après-Al Assad. But prioritaire de la mission : éviter à la Syrie de sombrer dans l’anarchie ou de se retrouver dans un désert institutionnel.

En Europe comme aux Etats-Unis, on ne veut en aucun cas avoir affaire à un remake de ce qui s’est produit en Irak ou en Libye après la chute de Saddam Hussein et de Mouammar El Gueddafi. Pour limiter les règlements de comptes anti-alaouites, dont seraient victimes les membres de la minorité qui soutient le clan Al Assad, le groupe des amis de la Syrie aurait ainsi commencé à prendre contact avec les instances religieuses sunnites en Egypte pour qu’elles incitent les cadres sunnites de la rébellion à «une attitude responsable». Pour pallier le vide politique et sécuritaire, Washington et Londres semblent privilégier la création d’une sorte de conseil suprême des forces armées, regroupant les généraux déserteurs et ceux qui sont toujours en service.

Cette structure aurait à gérer une période transitoire à l’issue de laquelle seraient organisées des élections et rédiger un projet de Constitution. Cette option s’inspire des travaux sur la transition du médiateur international, Kofi Annan, et des recommandations adoptées par l’ensemble de l’opposition lors de sa dernière réunion au Caire, début juillet. A ce propos, l’on considère que le général ManafTlass, haut gradé de la Garde républicaine, qui a quitté Damas pour la France il y a trois semaines, pourrait jouer un rôle central. Les Occidentaux misent beaucoup sur lui pour travailler à la mise en place d’un «commandement militaire renforcé» de l’Armée syrienne libre (ASL), pour y intégrer les autres généraux qui, comme lui, ont récemment fait défection.

Les Américains et les Britanniques pensent que les bonnes relations de ManafTlass avec les généraux syriens peuvent permettre à l’armée de garantir la stabilité et la sécurité pendant une phase de transition. Pour éviter tout flottement après le départ de Bachar Al Assad et de son clan, les Français travaillent sur une seconde option. Ils préféreraient voir d’abord l’opposition et l’ASL former rapidement un gouvernement de transition dans lequel seraient inclus le Conseil national syrien. Les Français sont rejoints dans leur desideratum par le Qatar et l’Arabie Saoudite. Pas plus loin que dimanche dernier, le Premier ministre qatari, Cheikh Hamad Ben Jassam Al Thani, a appelé l’opposition et l’ASL à mettre en place un gouvernement de transition. Pour le moment, personne ne sait laquelle des deux options sera retenue.

La CIA aveugle en Syrie

Davantage préoccupés par les questions de sécurité, les Américains ne tiennent cependant pas à donner trop de place aux islamistes. Sur le terrain, les groupes intégristes ou même djihadistes s’affranchissent de plus en plus de la tutelle de l’ASL, alors que des accrochages meurtriers sont signalés entre leaders de ces deux mouvances rivales. Cette situation inquiète les Américains d’autant que des lacunes dans la collecte de renseignements en Syrie entravent les efforts de Washington visant à accélérer la chute du régime de Bachar Al Assad et à conclure des alliances avec l’opposition sur le terrain. Selon le Washington Post, qui a interrogé des responsables de services des renseignements américains et étrangers, la CIA n’est pas parvenue à établir une présence en Syrie, à l’inverse de ce qu’elle était arrivée à faire lors des révolutions en Egypte et en Libye.

Les services des renseignements américains doivent se contenter «d’intercepter des communications et d’observer le conflit à distance», ajoute le journal. Depuis la fermeture de l’ambassade des Etats-Unis à Damas en début d’année, la CIA ne dispose que d’une poignée d’agents aux frontières syriennes. Elle dépend largement de ses homologues en Jordanie et en Turquie pour récolter des renseignements à l’intérieur de la Syrie, rapporte le journal. Ces lacunes empêchent l’administration Obama de s’y retrouver dans une crise qui présente le risque de voir des mouvements islamistes ou des sympathisants d’Al Qaîda prendre le pouvoir à Damas.

Source :

Revue de presse (El Watan – 25/7/12)

http://www.elwatan.com//international/comment-les-occidentaux-preparent-l-apres-al-assad-25-07-2012-179558_112.php

 


David Edwards : Massacre de Houla, mise à jour : le rapport des Nations Unies

Lors  de 2 alertes le 31 mai et le 13 juin, nous avons expliqué comment le système des médias institutionnels avait instantanément rendus responsables du massacre de 108 personnes, dont 49 enfants à Houla le 25 mai non pas simplement le gouvernement syrien, mais son leader Bachar el Assad. De nombreux dessins d’humoristes ont dépeint Assad couvert de sang ou baignant dans le sang. A peine 2 jours après le massacre, la couverturede l’édition du dimanche de l’Independent voulait savoir comment ses lecteurs allaient réagir : « Il doit y avoir bien sûr,  un cessez le feu, que le régime brutal d’Assad ignore purement et simplement. Et la communauté internationale ? Elle fait semblant de ne rien voir. Feriez-vous la même chose ? Ou bien le destin épouvantable de ces enfants innocents vous met-il très très en colère ? » (Independent, dimanche 27 mai 2012)

 

Ce que les lecteurs étaient supposés faire, à part y voir, n’était pas très clair. Après tout, l’un des grands triomphes de la politique moderne est la presque totale étanchéisation  de la politique étrangère des USA-Royaume-Uni contre les pressions démocratiques. Dans l’article, David Randall (ci-contre) écrit ces phrases amères : « Il est le Président, elle est la Première Dame ; ce sont des enfants morts. Il gouverne, mais ne protège pas ; elle fait du shopping, et s’en fiche… et on se prend à espérer que ceux du Conseil de sécurité des Nations Unies, lors de leur prochaine réunion, regarderont dans les yeux fixes de ces enfants morts et se souviendront des mots creux de l’épouse d’Assad lorsqu’elle a geint qu’elle réconfortait les familles des victimes de son pays.»

 

C’était de ce niveau en matière de commentaire politique et de couverture médias, qui mélangent la politique et les médias. Houla n’a pas été rapporté seulement comme un horrible événement de plus dans les actualités internationales. Il a été vendu au public britannique comme un moment charnière historique où « on doit faire quelque chose », sur la base d’une comparaison avec le massacre contesté de Racak, et celui hypothétique de Benghazi, utilisés respectivement pour justifier les attaques de l’Occident sur la Serbie en 1999, et sur la Libye en 2011.

 

Les politiciens anglais et américains désespéraient clairement d’utiliser Houla pour alimenter l’agenda de leur renversement de régime. Recyclant les tactiques grossières de l’ère Bush-Blair, la secrétaire d’Etat Hillary Clinton et le ministre des affaires étrangères William Hague répétèrent inlassablement leurs satanés jugements : les faits ne comptent pas, la propagande emporte tout sur son passage. Aucune retenue.  Les médias, comme à leur habitude, furent heureux d’être de la fête. Si l’alliance Royaume-Uni USA devait l’emporter dans la justification d’un changement de régime imposé de l’extérieur, alors le gouvernement Assad devait absolument être déclaré responsable – de façon certaine, de façon isolée, et de façon impardonnable. Et c’est effectivement le message qu’ont colporté les médias.

 

Cependant, comme nous l’avons expliqué dans notre bulletin d’alerte du 13 juin, des fissures sont apparues très vite. Ils’est avéré que des femmes et des enfants n’avaient PAS eu leurs gorges tranchées, comme cela avait été universellement rapporté.  De plus, le rédacteur en chef de BBC world News Jon Williams (ci-contre) a commenté : «  A Houla, et maintenant à Koubeir, on a pointé du doigt les shabiyas, la milice pro-gouvernementale. Mais si on met de côté le nombre tragique de morts, les faits sont très ténus : qui a ordonné les tueries, ou pourquoi… ce n’est pas clair. » Mes ces commentaires, et une poignée d’autres –ainsi que les sources à leur origine – furent maintenus  à la marge et ne firent jamais l’enjeu de discussions entre médias. De façon inexplicable, leurs implications vis à vis des déclarations des medias faites auparavant restèrent lettre morte, sans examen ni discussion.

 

L’ONU « incapable à cette heure, de déterminer l’identité des responsables »

 

La semaine dernière, le 27 juin, une commission d’enquête de l’ONU a publié son rapport sur le massacre. Lorsqu’il s’est agi de prendre en considération ceux qui étaient responsables, l’ONU désigna les 3 possibilités les plus plausibles : « Premièrement, que les auteurs aient été des Shabiyas, ou une autre milice locale des villages environnants, ayant peut-être opéré avec les forces de sécurité du gouvernement syrien, ou avec leur accord, deuxièmement, que les auteurs aient été des forces anti-gouvernementales cherchant l’escalade tout en punissant ceux qui ne les soutiennent pas ou qui s’opposent activement à la rébellion, ou troisièmement, des groupes armés à l’affiliation inconnue.» La conclusion du rapport : « En fonction des preuves disponibles, la CoI (Commission d’Enquête / Commission of Inquiry) n’a pu exclure aucune de ces possibilités. »

 

L’ONU a résumé de la sorte : 

« A cette heure, la CoI est incapable de déterminer l’identité des auteurs de ce crime, néanmoins, la CoI considère que des forces loyales au gouvernement ont pu se rendre responsables d’un grand nombre des morts. L’enquête continue jusqu’à la fin du mandat de la CoI. » Une conclusion remarquablement prudente, compte tenu du fait qu’elle fut produite face à une pression politique et médiatique occidentales (sans aucun doute en coulisses aussi) pour accuser le gouvernement syrien.

Et comment réagirent les médias à ce rapport d’experts en contradiction flagrante avec le consensus ambiant sur Houla ? Un média honnête aurait mis les doutes de l’ONU à la une, alertant ses lecteurs sur le manque de fondements de ses allégations antérieures, et sur son erreur éditoriale. Au lieu de cela, le moteur de recherche sur bases de données LexisNexis ne trouve (5 juillet) que 6 articles mentionnant le rapport de l’ONU dans des journaux nationaux et sur leurs sites, dont 5 seulement mentionnent Houla. Une couverture étonnamment basse compte tenu de l’attention massive des médias qui l’avait précédée. LexisNexis trouve 1017 publications et articles en ligne mentionnant Houla dans tous les journaux depuis le massacre du 25 mai.

The Independent, qui, comme évoqué, s’était empressé de prendre la tête du battage sur Houla, décrit ainsi les conclusions de l’ONU : « Des hommes armés  ont investi hier le quartier général d’une TV syrienne pro-gouvernement, tuant 7 employés, kidnappant les autres et démolissant des bâtiments. Le gouvernement a décrit les assassinats comme un « massacre », au moment même où l’ONU accusait les forces gouvernementales du massacre de Houla. » S’il s’agissait d’une grosse erreur d’interprétation des conclusions de l’ONU, celle-ci en devenait absurde en cliquant vers un lien qui propose d’en savoir plus, et qui redirige les lecteurs vers le texte de Patrick Cockburn (ci-contre) : « Le rapport de l’ONU sur le massacre de Houla le mois dernier, près de la ville de Homs au nord du pays, ne nomme pas ceux qui sont responsables, disant seulement que des forces loyales envers le gouvernement « sont susceptibles d’être responsables » d’un grand nombre de morts. Il ne nomme pas les milices alaouites –les Shabiyas- comme responsables, ainsi que cela a été largement rapporté, mais il dit que c’était très facile pour elles de s’y rendre. » C’est bien cela qui était l’information nouvelle: le rapport de l’Onu avait fortement contredit la certitude « largement diffusée », mais fausse. 

Dans une veine similaire, un article du Guardian s’intitulait « des loyalistes au gouvernement syrien « sans doute responsables du massacre » –rapport de l’ONU ». Une accroche séparée de la une du Guardian annonce : « Les forces d’Assad sans doute responsables d’un grand nombre de morts à Houla – ONU ». 

De façon contrastée, et avec plus de précision, Alex Thompson (ci-contre) de Channel4 a tweeté :  « rapport sur la Syrie de l’ONU : le massacre de 108 personnes à al-Houla peut avoir été perpétré aussi bien par des milices pro-Assad que des anti-Assad. Nous avons écrit à Thompson : Intéressant, le Guardian rapporte l’info de cette manière : ‘« des loyalistes du gouvernement syrien « sans doute responsables du massacre » –rapport de l’ONU ».Thompson a répondu : "vrai, mais l’ONU dit de façon identique que des milices anti-gouvernementales ont pu le faire. Et je parle en tant que personnalité interrogée par l’ONU à ce sujet. »

 

L’ex journaliste du Guardian et de l’Observer, Jonathan Cook, nous a adressé cet email : « Oui, en fait, la une du Guardian affirmant que des loyalistes du gouvernement syrien « sont sans doute responsables » du massacre de Houla, est simplement grotesque. Le récit déjà vendu par le Guardian (et tous les autres) est qu’ils « étaient » responsables. Donc il devrait être particulièrement évident aux yeux des rédacteurs en chef que la seule information  de ce rapport de l’ONU est que les loyalistes peuvent très bien ne pas être responsables. Jonathan » (email à Medialens, 27 juin 2012)

 

A peine trois jours après que le rapport de l’ONU ait été publié, Martin Chulov a écrit dans The Guardian : « Une famille originaire de Houla, où un massacre fin mai a été largement attribué à des soutiens du régime, a trouvé refuge dans le village syrien de Qatma, près de la frontière turque. » Dans l’article, qui se concentrait exclusivement sur les perspectives de l’opposition syrienne armée, Chulov n’a pas mentionné le rapport de l’ONU, ou le fait qu’il avait mis en cause les allégations largement répandues. Au lieu de cela, il conclut : « Là où l’ONU et la Communauté internationale peuvent avoir été considérées comme pondérées dans les Balkans, elles sont vues sous un jour bien plus sombre par l’opposition syrienne –incapables d’agir. « Leurs discussions à Genève sont insensées », a déclaré Idris (un exilé syrien). « Cela ne va rien changer. » Considérées « pondérées » par qui ? Sans doute pas l’opposition syrienne. Et sans doute pas ceux d’entre nous qui furent émus par la propagande mensongère utilisée pour justifier la guerre de l’OTAN contre l’opposition serbe en 1999. Chulov pensait, bien évidemment, aux gens bien pensants. Le commentaire rappelait la réponse antérieure de Chulov via twitter : « Cela a pris beaucoup de temps  pour mobiliser le soutien à une réponse en Bosnie et au Kosovo. En Syrie, ce sera encore plus difficile. »

 

Même The Times a fait mieux que The Guardian :

« Les signataires [du rapport de l’ONU] disent qu’ils ont été incapables de déterminer qui avait organisé et perpétré un massacre de plus de 100 personnes à Houla le mois dernier, mais ils ont ajouté que des forces loyalistes pourraient être responsables de beaucoup des assassinats. (Janine di Giovanni,  « Assad et les rebelles pensent qu’ils ont plus à gagner par la violence, selon un assistant de l’ONU », The Times, 28 juin 2012

 

Le site de la BBC a d’abord commenté « les enquêteurs de l’ONU et l’auteure du rapport Karen Abuzayd (ci-contre) ont raconté à la BBC que « ces actes sont susceptibles d’avoir été commis par trois groupes différents. Elle a dit que "les forces gouvernementales étaient responsables du pilonnage d’artillerie initial, au cours duquel quelques personnes ont perdu la vie. Mais ce qu’elle a appelé ensuite le « massacre » dans les maisons de la population, a été perpétré soit par des miliciens des villages alaouites, connus sous le nom de Shabiyas, soit par des groupes armés de l’opposition. » Comme le site « News Sniffer » l’a noté et archivé, ces mots ont été rapidement nettoyés. Des commentaires similaires ont été rétablis plus tard.

 

La réponse des médias sur le rapport de l’ONU à propos de Houla est un exemple patent de la façon dont le système institutionnel a évolué pour diffuser et favoriser les déclarations de propagande gouvernementale à la demande. Comme toujours, les preuves a contrario, même en provenance de sources respectées, doivent se battre pour parvenir à percer contre ces babillages de caniveau.

 

On pourrait penser que le souci principal des rédacteurs en chef et des journalistes serait de proposer aux consommateurs de médias  des informations compréhensibles et précises, à tout le moins en corrigeant des erreurs antérieures aux conséquences graves. Mais pas un seul éditorial ou commentaire examinant les implications du rapport de l’ONU sur Houla n’a cherché à le faire. La plupart des lecteurs continueront de croire que des femmes et des enfants ont eu la gorge tranchée, de façon certaine sur ordre du gouvernement syrien. D’autres seront simplement perplexes devant un tel consensus accablant ponctué de contradictions bizarres, crédibles en apparence, mais inexplorée

.

SUGGESTION D’ACTION 

Le but de Medialens est de promouvoir la raison, la compassion et le respect envers les autres. Si vous décidez d’écrire à des journalistes, nous vous demandons avec détermination de garder un ton poli, non agressif,  et sans user de grossièretés.

Vous pouvez écrire à

John Mullin, rédacteur en chef de the Independent on Sunday

Email: j.mullin@independent.co.uk

David Randall pour the Independent

Email: d.randall@independent.co.uk

Martin Chulovpour the Guardian

Via Twitter: @martinchulov

Alan Rusbridger, rédacteur en chef du Guardian

Email: alan.rusbridger@guardian.co.uk

Via twitter: @arusbridger

Email: steve.herrmann@bbc.co.uk 

Steve Herrmann, rédacteur en chef de BBC News online

En lien avec cet article:

 

Par David Edwards, Medialens, 5 juillet 2012

Traduction et photos ajoutées par Corto

The Independent,  mai 2012

 


1 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

ARMADA : une mise en scène coloniale de l'Empire.
Les USA tout à la fois "docteurs, ingénieurs x/mines et experts comptables" en colonialisme et impérialisme en compagnie de "leurs compères occidentaux" de leur gendarme au moyen-orient, Israël et des kounichettes arabes l'Arabie Saoudite, le Quatar, le Koweit et la Jordanie entre autres nous rejouent le énième complot du siècle écoulé de l'Afrique de Lumumba à l'Amérique du sud  du Chilien Salvador Allende, en passant par le Cuba de Fidel Castro et la Bolivie du Che jusqu'au Viet Nam du général Giap et de Ho Chi Minh...
Seulement à cette époque les journalistes faisaient réellement leur travail et il n'était pas possible de présenter ces guerres d'agressions impérialistes comme des oeuvres humanitaires. Leurs reportages attestant de la réalité de l'agression coloniale et de ses dégats sur les populations locales faisaient apparaître une vérité crue qui retombait sur la tête des envahisseurs étrangers et de leur oeuvre de mort...
Aujourd'hui l'ensemble des médiats de la communauté internationale (pays qui se résument d'ailleurs au club des agresseurs occidentaux + Israël "le pays de l'Apartheid"...) participe aux mises en scène sur place et à la stratégie de désinformation des masses de leur propre pays, allant jusqu'à présenter l'Etat agressé et son président comme le criminel ...

Espérons que les récents "grossiers remake" en Afghanistan, Irak, Côte d'Ivoire, Libye, Mali ont éclairé un peu plus les masses mondiales et surtout convaincu Chine et Russie de demeurer fermes... Fermes et déterminés à entraîner les autres pays du sud dans un front du refus des guerres d'agressions coloniales...
ARMADA le 26 juillet 2012


Algerienetwork : Plusieurs milliers de mercenaires recrutés par la CIA terrorisent la Syrie.  

Le vice-président du Parti travailliste turc Bülent Esinoglu a révélé que la CIA a recruté 6.000 mercenaires arabes, afghans et turcs, pour mener des opérations terroristes en Syrie.
Esinoglu assure que le peuple turc s’oppose à la présence des citoyens turcs dans les régions syriennes en crise, et aux massacres perpétrés contre les Syriens innocents, « pour les beaux yeux des Etats-Unis », selon ses termes.
Il met en cause la société sécuritaire américaine "Blackwater" la soupçonnant d'être derrière contre ces tueries, signalant qu’elle verse de grosses sommes d’argent à ses mercenaires pour le faire.
« La guerre déclarée, par la Turquie, contre la Syrie, est dirigée par Washington et Tel-Aviv, qui ont transformé pratiquement l’armée turque, en une armée de mercenaires, qui lutte pour l’argent, tout comme "Blackwater" » a-t-il martelé.
Le vice-président du Parti travailliste turc a accusé le gouvernement d’Erdogan d’être le premier gouvernement turc à exécuter les ordres de l’Occident, et d’appeler à son éviction pour éviter une guerre régionale.

29/07/2012

 http://algerienetwork.com/info/index.php/dossier/syrie/12309-6000-mercenaires-recrutes-par-la-cia-terrorisent-la-syrie.html


Le plus important journal autrichien joue avec Photoshop
Dans l’édition du Kronen Zeitung (aussi connue sous le nom de Krone) du 28 Juillet 2012, le plus important quotidien autrichien qui touche près de 43% de tous les lecteurs de journaux du pays, on pouvait y voir une photo de la ville d’Alep complétement détruite avec un couple et son enfantfuyant les combats.

Pour titre : “Les chars d’Assad roulent à travers les rues vers la Mère de toutes les batailles.”
Cependant, cette photo est un montage comportant des images d’une photographie de l’Agence EPA.
LIENA OUVRIR STP MARC

http://www.epa.eu/webgate/preview.php?UURL=47a1bf01a9dd77982f8ffad39595fefb&IMGID=50441600



2 Les brèves

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.

2.Algerienetwork : Plusieurs milliers de mercenaires recrutés par la CIA terrorisent la Syrie.  

 vice-président du Parti travailliste turc Bülent Esinoglu a révélé que la CIA a recruté 6.000 mercenaires arabes, afghans et turcs, pour mener des opérations terroristes en Syrie.
Esinoglu assure que le peuple turc s’oppose à la présence des citoyens turcs dans les régions syriennes en crise, et aux massacres perpétrés contre les Syriens innocents, « pour les beaux yeux des Etats-Unis », selon ses termes.
Il met en cause la société sécuritaire américaine "Blackwater" la soupçonnant d'être derrière contre ces tueries, signalant qu’elle verse de grosses sommes d’argent à ses mercenaires pour le faire.
« La guerre déclarée, par la Turquie, contre la Syrie, est dirigée par Washington et Tel-Aviv, qui ont transformé pratiquement l’armée turque, en une armée de mercenaires, qui lutte pour l’argent, tout comme "Blackwater" » a-t-il martelé.
Le vice-président du Parti travailliste turc a accusé le gouvernement d’Erdogan d’être le premier gouvernement turc à exécuter les ordres de l’Occident, et d’appeler à son éviction pour éviter une guerre régionale.

29/07/2012

 http://algerienetwork.com/info/index.php/dossier/syrie/12309-6000-mercenaires-recrutes-par-la-cia-terrorisent-la-syrie.html



2-2 Un des  patrons...

Onu

Un convoi onusien attaqué dans un secteur tenu parl’opposition.(Talibissa,)  

Le convoi du chef intérimaire de la Mission de supervision des Nations unies en Syrie (Misnus), le général sénégalais Babacar Gaye, a été attaqué dimanche, a annoncé ce lundi le secrétaire général de l’ONU.
«Hier, le convoi du général Gaye a été visé par une attaque», a déclaré Ban Ki-moon en précisant que c’était grâce au blindage des véhicules que l’on ne déplorait aucune victime. «Fort heureusement, il n’y a pas eu de blessés», a-t-il dit à la presse sans entrer dans les détails.
Mais des responsables de l’Onu ont révélé, sous le sceau de l’anonymat, que les cinq véhicules du convoi ont essuyé des coups de feu tirés par des armes légères à Talibissa, à une vingtaine de km de Homs, dans un secteur tenu par l’opposition.
Le mandat de la Misnus, qui a suspendu l’essentiel de ses missions d’observation en juin en raison de l’aggravation des violences, a été prorogé le 20 juillet pour une période de 30 jours. 31/07/2012

http://www.algerie1.com/flash-dactu/syrie-le-convoi-onusien-attaque-dans-un-secteur-tenu-par-lopposition/



3 Politique extérieure des pays .

3-1 France

Romandie.com : Laurent Fabius qualifie Bachar el-Assad de "bourreau"!!!  

La France va demander une réunion du Conseil de Sécurité de l'ONU sur la Syrie "avant la fin de la semaine", a annoncé lundi le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius, qui a qualifié Bachar el-Assad de "bourreau".
"Puisque la France prend la présidence du Conseil de sécurité des Nations unies au 1er août, nous allons donc demander, avant la fin de cette semaine, la réunion du Conseil de sécurité probablement au niveau ministériel", a-t-il déclaré sur RTL. Et ce, "à la fois pour essayer d'arrêter les massacres et en même temps pour préparer la transition politique".
Le chef de la diplomatie française, qui craint un massacre, a souligné que "c'est un martyre que subit le peuple syrien et le bourreau s'appelle Bachar el-Assad".
Même s'"il y a des armes qui sont livrées" aux rebelles par "le Qatar, l'Arabie saoudite et probablement d'autres", Laurent Fabius a dénoncé "un déséquilibre massif puisque Bachar el-Assad a des moyens très très lourds, et il en profite pour massacrer et tuer".
Face à l'opposition de la Russie et de la Chine à toute intervention en Syrie, le ministre des Affaires étrangères a martelé qu'"il ne faut pas arrêter, il faut se démobiliser, il faut continuer". Mais il a prévenu que "si on continue comme aujourd'hui, de plus en plus, cela va être une opposition confessionnelle et la température ne peut pas redescendre".
"On va vers une telle violence du conflit que la Syrie sera détruite et les pays voisins vont être contaminés", a-t-il mis en garde, citant le Liban, la Jordanie et "dans une certaine mesure la Turquie". "On ne peut plus dire que c'est une affaire intérieure".
Quant à l'ancien président Nicolas Sarkozy qui aurait appelé à être "plus ferme" vis-à-vis de Damas, Laurent Fabius a préféré "mettre ça sur le compte de propos de vacances". "Le seul souvenir que j'ai de l'action de M. Sarkozy avec Bachar el-Assad, c'est de l'avoir invité à présider aux cérémonies du 14 juillet".

30/07/2012

http://www.romandie.com/news/n/Syrie_Laurent_Fabius_qualifie_Bachar_el_Assad_de_bourreau300720121055.asp?



3-2 Russie

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.

RIA Novosti: Sanctions: la Russie ne permettra pas d'inspecter ses navires.
Moscou ne permettra pas d'inspecter les navires battant pavillon russe dans le cadre des sanctions décrétées par l'Union européenne contre la Syrie, a déclaré samedi le porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères Alexandre Loukachevitch.
"Nous n'avons pas l'intention de participer aux démarches visant à faire exécuter les décisions adoptées par l'UE à l'encontre de la Syrie, et nous ne donnerons pas notre accord pour l'inspection de navires naviguant sous pavillon russe", lit-on dans un commentaire de M.Loukachevitch publié sur le site du ministère.
Le 23 juillet, le Conseil de l'Union européenne a approuvé un 17ème train de sanctions visant le régime de Damas. Les pays de l'UE se sont notamment engagés à inspecter les navires et les avions ayant pour destination la Syrie "s'ils les soupçonnaient de transporter des armes ou des équipements destinés à la répression interne".

 RIA Novosti

MOSCOU, 28 juillet

http://fr.rian.ru/world/20120728/195501245.html 



4  Dossier

 

4-1 Chems Eddine Chitour :La Syrie se trouve sur la plus colossale plaque de réserve de gaz du monde ! D'ou la guerre.

C'est pour cela qu'on lui fait la guerre. Les vautours se groupent toujours autour de la viande, mais ne peuvent la manger que lorsque leur victime est morte.
La Syrie se trouve sur la plus colossale plaque de réserve de gaz du monde !

REFONDATION ÉNERGÉTIQUE DU MOYEN-ORIENT : La plaque tectonique syrienne

«Quand les riches se font la guerre, ce sont les pauvres qui meurent.»  Jean-Paul Sartre

Prof. émériteChems Eddine Chitour

Samedi 14 Juillet 2012

Un conflit qui dure depuis seize mois et qui aurait fait des milliers de morts selon une comptabilité tenue soigneusement par les médias des pays occidentaux qui attribuent insidieusement les morts uniquement au régime de Damas et non aussi aux insurgés armés lourdement par les Occidentaux avec l'argent des roitelets du Golfe.

Les chrétiens ont peur de servir de variables d'ajustement d'un conflit qui les dépasse.

Ce conflit, un siècle après les accords de Sykes-Picot, met en jeu les mêmes acteurs avec en plus, les Etats-Unis, la Russie et la Chine et...Israël.

Les dépouilles sont toujours les mêmes, les dirigeants arabes faibles, lâches qui continuent à s'étriper pour le plus grand bien de l'Empire et de ses vassaux. Avec cette fois-ci, un coup d'arrêt à la tentation d'Empire, de la part de puissances asiatiques qui s'affirment. 
>
> Que se passe t-il réellement, et pourquoi Assad ne tombe pas malgré les communiqués triomphalistes présentant des personnalités qui ont lâché le pouvoir, le général Tlass, l'ambassadeur de Syrie en Irak qui s'enfuit au Qatar... Un autre round de négociations sur le règlement pacifique en Syrie s'est tenu dernièrement à Moscou. Cette fois, le ministère des Affaires étrangères de Russie a invité le président du Conseil national syrien (CNS) Abdel Basset Sayda. Mais il n'y a pas eu de rapprochement de positions. D'autre part, l'émissaire international Kofi Annan, qui poursuit sa tournée en Iran, a rencontré Bachar el-Assad en Syrie pour tenter de trouver une issue au conflit dans le pays. Il a annoncé lundi 9 juillet 2012 être tombé d'accord avec le président Bachar el-Assad sur une «approche» qu'il soumettra aux rebelles syriens. 
>La diabolisation des médias occidentaux 
> Et si la version matraquée tous les jours par les médias français n'était pas la bonne? C'est en tout cas l'avis du politologue Gérard Chalian, sur le plateau de «C dans l'air» du 14 juin 2012, sur France 5: ce qu'il dit c'est que ce n'est pas uniquement un méchant contre des gentils et que la volonté d'intervention et les hésitations des Occidentaux ne sont pas forcément liées à des sentiments purement humanistes. Il dit qu'une intervention impliquerait beaucoup de conséquences géopolitiques. Pour lui, ce qui se passe en Syrie est avant tout une affaire politique et non humanitaire. C'est en fait, l'exacerbation du conflit artificiel sunnite /chiite avec d'un côté pour les sunnites l'Arabie Saoudite, le Qatar, l'Union européenne, les Etats-Unis et Israël et de l'autre, les chiites, c'est-à-dire les Alaouites aidés par l'Iran. Le but de la manipulation est de casser l'Iran et de réduire le Hezbollah. 

> Nous verrons qu'il existe aussi l'argument énergétique.

Le témoignage d'une Française, épouse d'un Franco-Syrien, qui a séjourné en Syrie du 19 mai au 12 juin 2012, est édifiant: «Alors que ce pays offrait une totale sécurité, les «Amis de la Syrie» y ont semé la violence. À Alep, des bandes armées ont fait leur apparition dans le 2e semestre 2011: kidnapping, demandes de rançons... Une mafia très lucrative. Nous avons eu connaissance de nombreux récits d'enlèvements à toute heure et à tout endroit à Alep à un rythme quasi quotidien. Les enfants ont pris l'habitude de téléphoner à leurs parents dès leur arrivée et départ de l'école. Les militaires et policiers sont les cibles privilégiées pour ceux qui sont payés pour tuer. Ainsi, un commandant de 35 ans a été abattu de 2 balles dans la tête un matin à 8 h 30 alors qu'il achetait du pain. Les commerçants ferment sur ordre d'hommes armés qui menacent de brûler leur boutique. Ainsi, le 2 juin, à la Médine (anciens souks) tout était fermé.

Les médias français parlent alors de grève générale anti-régime. Lors de manifestations pro Bachar, des hommes armés s'infiltrent et se mettent à tirer dès que la foule est dense. Ceci est filmé et envoyé aux chaînes de télévision. Le pouvoir conseille de ne pas faire de manifestations de soutien pour éviter ces tueries. La population, qui est confrontée aux kidnappings, bombes, asphyxie des commerces, connaît des difficultés d'approvisionnement en fuel, essence et gaz. Il n'y a pas pénurie en Syrie, mais les véhicules de transport sont attaqués et brûlés sur les routes.» (1) 

> «Pour ceux qui à l'étranger souhaitent apporter leur aide, il est impossible de virer de l'argent et impossible d'en retirer sur place (d'un compte en France par exemple). À Damas, tout semble comme avant, vie diurne et nocturne, malgré la menace des bombes. Cependant, beaucoup d'hôtels ont fermé, le tourisme est inexistant. À Homs, un seul quartier reste occupé par les rebelles. Les habitants se sont réfugiés dans les villages alentour chez la famille ou des amis. Sur les grands axes routiers, l'ASL effectue des contrôles et abat sur le champ un militaire présent. (...)

Il n'y a pas de guerre civile en Syrie, les communautés continuent de vivre en harmonie. Il y a des actes de barbarie et de violence de la part de mercenaires et de l'ASL contre des minorités pour provoquer une guerre civile. (...) Monsieur Sarkozy a en son temps exprimé au patriarche maronite venu le rencontrer que les chrétiens d'Orient devaient laisser leur pays aux musulmans et que leur avenir était en Europe. L'Occident applique en Syrie le même scénario qu'en Irak et en Libye. (...) L'opposition en Syrie participe de façon légale au changement. Les gens sont écoeurés par le manque d'objectivité des médias français. La seule source, l'Osdh, basée à Londres, est animée par un Frère musulman, payé par les services secrets britanniques.»(1) 
>L'argument énergétique 
> Le professeur Imad FawziShueibi analyse les causes et les conséquences de la récente position de la Russie au Conseil de Sécurité de l'ONU. Le soutien de Moscou à Damas n'est pas une posture héritée de la Guerre froide, mais le résultat d'une analyse en profondeur de l'évolution des rapports de force mondiaux. La crise actuelle va cristalliser une nouvelle configuration internationale, qui d'un modèle unipolaire issu de la chute de l'Union Soviétique, va évoluer progressivement vers un autre type de système qui reste à définir. Inévitablement, cette transition va plonger le monde dans une période de turbulences géopolitiques.

L'attaque médiatique et militaire à l'encontre de la Syrie est directement liée à la compétition mondiale pour l'énergie, ainsi que l'explique le professeur Imad Shuebi: la Syrie, centre de la guerre du gaz au Proche-Orient. C'est ainsi que Imad FawziShueibi analyse la situation actuelle. Il écrit: L'attaque médiatique et militaire à l'encontre de la Syrie est directement liée à la compétition mondiale pour l'énergie, ainsi que l'explique le professeur Imad Shuebi.(2) 

 «Avec la chute de l'Union soviétique, les Russes ont réalisé que la course à l'armement les avait épuisés, surtout en l'absence des approvisionnements d'énergie nécessaires à tout pays industrialisé. Au contraire, les USA avaient pu se développer et décider de la politique internationale sans trop de difficultés grâce à leur présence dans les zones pétrolières depuis des décennies. C'est la raison pour laquelle les Russes décidèrent à leur tour de se positionner sur les sources d'énergie, aussi bien pétrole que gaz. (...) Moscou misa sur le gaz, sa production, son transport et sa commercialisation à grande échelle. Le coup d'envoi fut donné en 1995, lorsque Vladimir Poutine mis en place la stratégie de Gazprom. (...) Il est certain que les projets Nord Stream et South Stream témoigneront devant l'Histoire du mérite et des efforts de Vladimir Poutine pour ramener la Russie dans l'arène internationale et peser sur l'économie européenne puisqu'elle dépendra, durant des décennies à venir, du gaz comme alternative ou complément du pétrole, avec cependant, une nette priorité pour le gaz.

 

À partir de là, il devenait urgent pour Washington de créer le projet concurrent Nabucco, pour rivaliser avec les projets russes et espérer jouer un rôle dans ce qui va déterminer la stratégie et la politique pour les cent prochaines années. Le fait est que le gaz sera la principale source d'énergie du XXIe siècle, à la fois comme alternative à la baisse des réserves mondiales de pétrole, et comme source d'énergie propre.(...) Moscou s'est hâté de travailler sur deux axes stratégiques: le premier est la mise en place d'un projet sino-russe à long terme s'appuyant sur la croissance économique du Bloc de Shanghai; le deuxième visant à contrôler les ressources de gaz. C'est ainsi que furent jetées les bases des projets South Stream et Nord Stream, faisant face au projet états-unien Nabucco, soutenu par l'Union européenne, qui visait le gaz de la mer Noire et de l'Azerbaïdjan. S'ensuivit entre ces deux initiatives une course stratégique pour le contrôle de l'Europe et des ressources en gaz. Le projet Nord Stream relie directement la Russie à l'Allemagne en passant à travers la mer Baltique jusqu'à Weinberg et Sassnitz, sans passer par la Biélorussie. Le projet South Stream commence en Russie, passe à travers la mer Noire jusqu'à la Bulgarie et se divise entre la Grèce et le sud de l'Italie d'une part, et la Hongrie et l'Autriche d'autre part.»(2) 

> «Pour les États-Unis, poursuit le professeur Imad, le projet Nabucco part d'Asie centrale et des environs de la mer Noire, passe par la Turquie et devait à l'origine passer en Grèce, mais cette idée avait été abandonnée sous la pression turque. Ce projet, écrit le professeur Imad, bat de l'aile. À partir de là, écrit-il, la bataille du gaz a tourné en faveur du projet russe. En juillet 2011, l'Iran a signé divers accords concernant le transport de son gaz via l'Irak et la Syrie. Par conséquent, c'est désormais la Syrie qui devient le principal centre de stockage et de production, en liaison avec les réserves du Liban. C'est alors un tout nouvel espace géographique, stratégique et énergétique qui s'ouvre, comprenant l'Iran, l'Irak, la Syrie et le Liban. Les entraves que ce projet subit depuis plus d'un an donnent un aperçu du niveau d'intensité de la lutte qui se joue pour le contrôle de la Syrie et du Liban.

 

Elles éclairent du même coup le rôle joué par la France, qui considère la Méditerranée orientale comme sa zone d'influence historique, devant éternellement servir ses intérêts, et où il lui faut rattraper son absence depuis la Seconde Guerre mondiale. En d'autres termes, la France veut jouer un rôle dans le monde du gaz où elle a acquis en quelque sorte une «assurance maladie» en Libye et veut désormais une «assurance-vie» à travers la Syrie et le Liban. (...) L'empressement de la coalition Otan-Etats-Unis-France à mettre fin aux obstacles qui s'élevaient contre ses intérêts gaziers au Proche-Orient, en particulier en Syrie et au Liban, réside dans le fait qu'il est nécessaire de s'assurer la stabilité et la bienveillance de l'environnement lorsqu'il est question d'infrastructures et d'investissement gaziers. La réponse syrienne fût de signer un contrat pour transférer vers son territoire le gaz iranien en passant par l'Irak. Ainsi, c'est bien sur le gaz syrien et libanais que se focalise la bataille, alimentera-t-il.» (2) 

> «De plus, poursuit le professeur Imad, la coopération sino-russe dans le domaine énergétique est le moteur du partenariat stratégique entre les deux géants. Il s'agit, selon les experts, de la «base» de leur double veto réitéré en faveur de la Syrie. Parallèlement, Moscou affiche sa souplesse concernant le prix du gaz, sous réserve d'être autorisé à accéder au très profitable marché intérieur chinois. (...) En conséquence, les préoccupations des deux pays se croisent au moment où Washington relance sa stratégie en Asie centrale, c'est-à-dire, sur la Route de la soie. (...)

 

Cet aperçu des mécanismes de la lutte internationale actuelle permet de se faire une idée du processus de formation du nouvel ordre international, fondé sur la lutte pour la suprématie militaire et dont la clé de voûte est l'énergie, et en premier lieu le gaz. La «révolution syrienne» est un paravent médiatique masquant l'intervention militaire occidentale à la conquête du gaz. Quand Israël a entrepris l'extraction de pétrole et de gaz à partir de 2009, il était clair que le Bassin méditerranéen était entré dans le jeu et que, soit la Syrie serait attaquée, soit toute la région pourrait bénéficier de la paix, puisque le XXIe siècle est supposé être celui de l'énergie propre. Selon le Washington Institute for Near East Policy (Winep, le think tank de l'Aipac), le Bassin méditerranéen renferme les plus grandes réserves de gaz et c'est en Syrie qu'il y aurait les plus importantes. La révélation du secret du gaz syrien fait prendre conscience de l'énormité de l'enjeu à son sujet. Qui contrôle la Syrie pourrait contrôler le Proche-Orient.» (2) 

>L'argument religieux: sunnite versus chiite 
> Un autre argument de basse intensité est le conflit artificiel sunnite-chiite. Le conflit en Syrie est devenu, écrit Bernard Haykel spécialiste du Moyen-Orient à l'université Princeton, une guerre par procuration entre Riyadh et Téhéran. Pendant de longues années, le salafisme a été le vecteur d'influence de l'Arabie Saoudite. Mais cette doctrine a créé des monstres, notamment Al-Qaîda, qui se sont retournés contre le régime des Al Saoud. Aujourd'hui, l'anti-chiisme et le discours contre l'Iran sont utilisés par la monarchie pour que les Saoudiens, à 90% sunnites, fassent bloc derrière le régime. Cela pourrait devenir aussi la nouvelle base des relations avec les États-Unis. Il a montré comment le régime saoudien tente de tirer son épingle du jeu dans le grand chambardement du printemps arabe.» (3) 
>
> «Mais c'est la Syrie qui est au centre de l'attention de l'Arabie Saoudite. Le roi s'est prononcé contre le régime de Bachar Al Assad. Il a rappelé son ambassadeur à Damas. Les Saoudiens estiment que l'Iran est aujourd'hui une menace réelle pour leur pays. Ils jugent que si Bachar Al Assad est renversé, ce sera un revers important pour l'influence de l'Iran dans la région. Il y a donc un flot d'argent saoudien qui vise à radicaliser les sunnites syriens, comme en 2006-2007 au Liban quand il s'agissait de radicaliser les sunnites locaux contre le Hezbollah. Riyadh ne considère plus qu'un changement dans la région est mauvais. «Enfin, elle tente de promouvoir cette approche à Washington.» L'Arabie Saoudite est sous protection militaire des Etats-Unis», conclut Bernard Haykel.» «Ces deux pays entretiennent aussi des relations commerciales fortes, dominées par les hydrocarbures et les ventes d'armes.» (3) 
>
>Le résultat de cette anomie 
> Quels sont les perdants et quels sont les gagnants?

Le grand perdant est d'abord et avant tout le peuple syrien qui paie le prix fort d'une guerre qui le dépasse. Il devient clair que la clé de la réussite économique et de la domination politique réside principalement dans le contrôle de l'énergie du XXIe siècle: le gaz. 

C'est parce qu'elle se trouve au coeur de la plus colossale réserve de gaz de la planète que la Syrie est sur une plaque tectonique énergétique. Une nouvelle ère commence, celle des guerres de l'énergie.

Le grand gagnant dans tous les cas est Israël qui réussit - sans y participer - à affaiblir ses adversaires, l'Iran, les pays arabes qui ne comptent plus et le Hezbollah. On l'aura compris, la paix en Syrie n'est pas pour demain. Hélas! 
1. 
http://www.afrique-asie.fr/nous-ecrire/27-actualite32/3216-desinformation-mais-que-se-passe-t-il-en-syrie.html3/07/12 
> 2. Imad Fawzi Shueibihttp://
www.voltairenet.org/La-Syrie-centre-de-la-guerre-du 8 mai 2012 
> 3. Bernard Haykel: Le conflit en Syrie est devenu une guerre par procuration entre Riyadh et Téhéran. Conférence École des Hautes études en sciences sociales, Paris, mardi 22 mai 2012
 

>Professeur émérite Chems Eddine Chitour 
> Ecole Polytechnique Alger enp-edu.dz 

 



5 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.

5-1Syrie: le traitement fallacieux du Massacre de Houla par la presse britannique

A l’heure d’un nouveau massacre extrêmement grave perpétré à Treimsa (Tureymisah), devenu nouveau village martyr après Houla et Al Koubeir, et de l’intensification des combats entre rebelles et loyalistes, nous souhaitons une fois de plus appeler à la prudence envers les accusations contre le gouvernement Assad, et revenir sur les réactions des médias face au premier massacre désormais attribué aux forces de la mouvance anarchique anti-Assad, ce qui éclaire forcément les 2 autres.

La "version officielle" sur France3 le 16 juillet 2012 à 22H56 :

Tous ces massacres sont le fait de l’armée syrienne ou des milices

pro-régime, les chabiyas, et Kofi Annan doit rencontrer Vladimir

Poutine "seul allié du régime syrien"… novlangue, quand tu nous tiens…

 

En Angleterre, quelques sites veillent au discours médiatique, comme ici MEDIALENS qui se livre à une analyse sans concession des médias britanniques, un peu comme ACRIMED en France. Mais rien sur ces massacres sur le site d’ACRIMED… Contacté en milieu de mois, avec à l’appui nos précédentes traductions d’articles, le site ACRIMED n’a toujours pas répondu. Un autre site, NEWS SNIFFER , sans équivalent en France, comme ça c’est encore plus simple, renseigne les citoyens britanniques sur les changements de contenus opérés dans des articles parus sur des dizaines de sites officiels du gouvernement et des principaux médias britanniques. Concernant le massacre de Houla, cette surveillance éditoriale est très fructueuse, et montre comment les médias officiels renâclent à intégrer les conclusions dissonantes de médias beaucoup plus autonomes et honnêtes qu’eux.

Ce mur médiatique est bien connu de ReOpen911, qui l’affronte chaque jour avec des fortunes diverses. Et pour quelques percées significatives, n’oublions jamais qu’une seule "piqûre de rappel" de la VO du 11/9 à la "grand messe du 20H00", repousse des millions de téléspectateurs un peu plus loin dans les dédales de l’ignorance et de la mystification qui empêchent une vraie démocratie de respirer, comme en cet instant avec la Syrie où en fait, avec la complicité des médias, des puissances étrangères dont la France empêchent le peuple syrien très majoritairement pacifique et méfiant de respirer – et nous avec, qui sommes là encore rejetés dans l’ignorance – c’est à dire d’accomplir sa mission de démocratisation par une pression populaire et parlementaire sur le gouvernement Assad qui a amorcé des réformes et procédé à des élections (un parlementaire légitimiste sunnite converti au chiisme a d’ailleurs été exécuté lors du massacre de Houla).

Nous devrions tous concentrer nos efforts sur ce mode de transition, au lieu d’enterrer hier le rapport de la mission d’observation de la ligue arabe, et à présent de saper en coulisses tous les efforts de la mission Annan. Nous n’avons aucune leçon à donner à la dynastie Assad, aussi violente ait-elle été par le passé. Si nos yeux de démocrates calibrés se révulsent aujourd’hui, quid de ceux de nos gouvernants élèves de Machiavel, qui trouveront en aparté de quoi justifier leurs complicités de massacres, persuadés qu’ils sont de travailler pour le confort énergétique et matériel de leurs peuples à la pensée trop limitée, tout en cajolant les intérêts de leurs grands argentiers ?

Si la Turquie vocifère contre Assad, tout en s’aventurant dans son espace aérien et en hébergeant et armant des camps rebelles aidés par la CIA et nichés au milieu des réfugiés (rien dans les médias dominants, et Annan n’a pas pu tout visiter…) quid de la "grande catastrophe d’Asie Mineure" de 1922, du massacre arménien si cher à nos gouvernements, et de la répression contre les kurdes ?

Car depuis 1970, combien de millions de morts de par le monde, doivent être imputés aux forces qui conspirent à présent contre le gouvernement Assad ? Et combien à la dynastie Assad ? Quant au trésor oligarchique présumé des Assad, est-il comparable aux appétits des multinationales pétrolières et des stratèges et politiciens occidentaux qui, outre le sol et le gaz syriens, visent le pétrole iranien ? Même madame Assad n’est pas épargnée, alors que les frasques des élites occidentales en guerre partout, et des dignitaires du Golfe sont légions, de Hollywood à Miami, de Genève à Monaco, d’Ibiza aux Seychelles en passant par tous les paradis fiscaux, City en tête… N’oublions jamais, comme pour l’affaire du 11-Septembre, combien le chemin de la vérité est éloigné des Aboiements de Dissuasion Massifsdes médias, politiciens et affairistes occidentaux dominants, surtout lorsqu’ils sont en guerre. L’article qui suit le prouve encore une fois, en attendant la vérité sur Al Koubeïr et Treimsa.

21 juillet, 2012 by Corto

http://www.reopen911.info/News/2012/07/21/syrie-le-traitement-fallacieux-du-massacre-de-houla-par-la-presse-britannique/



6 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

6-1 VOIX DE LA RUSSIE : Konstantin Garibov :Le scénario libyen de guerre propagandiste pour la Syrie.

 

L'Occident utilise largement le scénario libyen pour le renversement du régime à Damas. Sur tous les fronts, a lieu une guerre informationnelle. Le plus grand journal autrichien Die Kronen Zeitung s’y est joint. Il a utilisé le Photoshop dans le reportage sur la guerre en Syrie.

C’est pareil aux vidéos truquées faites dans des studios du Qatar et payées par l'Arabie Saoudite sur les atrocités du régime de Mouammar Kadhafi contre les Libyens.

Alors, les Qatariens étaient attrapés en flagrant délit de production des faux documents sur les événements en Libye par plusieurs journaux arabes respectables. Maintenant, les bloggeurs ont dévoilé un mensonge du journal autrichienDieKronen Zeitung. Celui-ci a publié la photo de la famille des réfugiés sur fond de la ville détruite d'Alep – la capitale économique de la Syrie. Un homme avec un enfant dans les bras et une femme portant un hijab longent une rue, en proie aux flammes. Et sous la photo, il y a cette explication : l'armée d’Assad se fraie le chemin avec les chars vers Alep, où les rebelles se sont établis. Les bloggeurs ont pu accuser le journal d’avoir recouru au Photoshop grâce à la collection de photos de l’agence de presse Européenne EРА (Еuropeanpressphotoagency). Elle a reproduit la même famille syrienne sur fond d’un paysage municipal ordinaire, transformé par les efforts des artisans du Photoshop en ruines.

La Voix de la Russie possède aussi des preuves que l'Occident attise exprès la situation à Alep. Une d'elles, c’est le témoignage d’un habitant de la ville Anfouanach-Chakhabi.

« On ne peut pas traiter de tranquille la situation à Alep, bien sûr, mais elle n’est pas intolérable. En tout cas, elle est différente de ce qui est décrit par les médias étrangers. Les troupes gouvernementales évincent les rebelles de la ville, dans les jours qui viennent, ils la libéreront. À propos, plusieurs d'entre eux déposent bénévolement les armes. Dans certains quartiers d'Alep, il y a des collisions avec les rebelles, dans d’autres - tout est tranquille. Surtout que maintenant, c’est le Ramadan. À Tartous et Latakia, en général, on ne sait rien sur les rebelles, ils n'y étaient pas. Les gens vivent tranquillement, vont au travail ».

Autour du sujet des rebelles, il y a aussi une guerre propagandiste intense. L'Occident les présente comme les porte-parole des intérêts de tous les Syriens faisant la guerre contre le régime de Bachar al-Assad.

En s'appuyant, en premier lieu, surtout sur la jeunesse trompée, les États-Unis, une série de pays de l'Europe et du golfe Persique comptent renverser le régime de Bachar al-Assad. Et en outre, il y a déjà des scénarios de la transmission du pouvoir. Le ministre de la Défense des États-Unis Léon Panetta a déclaré que Washington se produisait pour la préservation de l'appareil d'État de la Syrie après le départ d'Assad. C'est nécessaire pour garder la stabilité dans le pays. Il est très important que nous ne répétions pas les erreurs admises en Irak, a souligné Panetta.

Il s'en suit qu’au Pentagone, on a déjà tout décidé - pour Assad, et pour les Syriens.

Konstantin Garibov

http://french.ruvr.ru/2012_07_31/Syrie-media-Occident-Bachar-al-Assad/



7 Annexe

7-1Thierry Meyssan : Qui se bat en Syrie ?  

Alors que la presse occidentale présente l’Armée syrienne libre comme une organisation révolutionnaire armée, Thierry Meyssan affirme depuis plus d’un an qu’il s’agit au contraire d’une formation contre-révolutionnaire. Selon lui, elle serait progressivement passée des mains des monarchies réactionnaires du Golfe à celle de la Turquie, agissant pour l’OTAN. Une telle affirmation à contre-courant requiert une démonstration argumentée
source : Réseau Voltaire | Damas (Syrie) | 23 juillet 2012
Depuis 18 mois, la Syrie est en proie à des troubles qui n’ont cessé d’augmenter jusqu’à devenir un vaste
conflit armé ayant déjà causé la mort d’environ 20 000 personnes. S’il y a consensus sur ce constat, les narrations et les interprétations divergent au-delà.

Pour les États occidentaux et leur presse, les Syriens aspireraient à vivre à l’occidentale dans des démocraties de marché. Suivant les modèles tunisien, égyptien et libyen du « printemps arabe », ils se seraient soulevés pour renverser leur dictateur Bachar el-Assad. Celui-ci aurait réprimé les manifestations dans le sang. Alors que les Occidentaux auraient souhaité intervenir pour faire cesser le massacre, les Russes et les Chinois, par intérêt ou par mépris de la vie humaine, s’y seraient opposés.

Au contraire, pour tous les États qui ne sont pas vassalisés par les USA et pour leur presse, les États-Unis auraient lancé une opération contre la Syrie qu’ils planifiaient de longue date. D’abord par le truchement de leurs alliés régionaux, puis directement, ils auraient infiltré des bandes armées qui ont déstabilisé le pays, sur le modèle des Contras du Nicaragua. Cependant ceux-ci n’auraient trouvé qu’un très faible soutien intérieur et auraient été mis en déroute pendant que la Russie et la Chine aurait empêché l’OTAN d’anéantir l’armée syrienne et de renverser ainsi l’équation régionale.

Qui dit vrai ? Qui se trompe ?

Les groupes armés en Syrie ne défendent pas la démocratie, ils la combattent

En premier lieu, l’interprétation des événements syriens comme un épisode du « printemps arabe » est une illusion car ce « printemps » n’a pas de réalité. C’est un slogan publicitaire pour présenter positivement des faits hétéroclites. S’il y a bien eu une révolte populaire en Tunisie, au Yémen et au Bahrein, il n’y en a pas eue, ni en Égypte, ni en Libye. En Égypte, les manifestations de rue se sont limitées à la capitale et à une certaine bourgeoisie, jamais, absolument jamais, le peuple égyptien ne s’est senti concerné par le spectacle télégénique de la place Tahrir [1]. En Libye, il n’y a pas eu de révolte politique, mais un mouvement séparatiste de la Cyrénaïque contre le pouvoir de Tripoli,puis l’intervention militaire de l’OTAN qui a coûté la vie à environ 160 000 personnes.

La station libanaise NourTV a connu un vif succès en diffusant une série d’émissions d’Hassan Hamade et Georges Rahme intitulée « Le printemps arabe, de Lawrence d’Arabie à Bernard-Henri Lévy ». Les auteurs y développent l’idée que le « printemps arabe » est un remake de la « révolte arabe » de 1916-1918 orchestrée par les Britannique contre les Ottomans. Cette fois, les occidentaux ont manipulé les situations pour renverser une génération de leaders et imposer les Frères musulmans. De fait, le « printemps arabe » relève de la publicité mensongère. Désormais, le Maroc, la Tunisie, la Libye, l’Égypte, et Gaza sont gouvernés par une confrérie qui d’un côté impose un ordre moral, et de l’autre soutient le sionisme et la capitalisme pseudo-libéral, c’est-à-dire les intérêts d’Israël et des Anglo-Saxons. L’illusion s’est dissipée. Certains auteurs, comme le Syrien Said Hilal Alcharifi raillent désormais le « printemps otanien ».

Deuxièmement, les dirigeants du Conseil national syrien (CNS) comme les commandants de l’Armée syrienne libre (ASL) ne sont aucunement des démocrates, au sens qu’ils seraient favorables à « un gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple », suivant la formule d’Abraham Lincoln reprise dans la Constitution française.

Ainsi, le premier président du CNS fut l’universitaire parisien Burhan Ghalioun. Il n’était aucunement « un opposant syrien persécuté par le régime » puisqu’il venait et circulait librement dans son pays. Il n’était pas non plus un « intellectuel laïque » comme il le prétend, puisqu’il était le conseiller politique de l’Algérien Abbassi Madani, président du Front islamique du salut (FIS), aujourd’hui réfugié au Qatar.

Son successeur, Abdel Basset Syda [
2], n’est entré en politique qu’au cours des derniers mois, et s’est immédiatement affirmé comme un simple exécutant des volontés états-uniennes. Dès son élection à la tête du CNS, il s’est engagé non pas à défendre la volonté de son peuple, mais à appliquer la « feuille de route » que Washington a rédigé pour la Syrie : The Day after.

Les combattants de l’Armée syrienne libre ne sont pas plus des militants de la démocratie. Ils reconnaissent l’autorité spirituelle du cheikh Adnan al-Arour, un prêcheur takfiriste, qui appelle à renverser et à tuer Bachar el-Assad non pour des motifs politiques, mais uniquement parce qu’il est de confession alaouite, c’est-à-dire hérétique à ses yeux. Tous les officiers identifiés de l’ASL sont sunnites et toutes les brigades de l’ASL portent des noms de figures historiques sunnites. Les « tribunaux révolutionnaires » de l’ASL condamnent à mort leurs opposants politiques (et pas seulement les partisans de Bachar el-Assad) et les mécréants qu’ils égorgent en public. Le programme de l’ASL est de mettre fin au régime laïque installé par le Baas, le PSNS et les communistes au profit d’un régime confessionnel sunnite pur.

Le conflit syrien a été prémédité par les Occidentaux

La volonté occidentale d’en finir avec la Syrie est connue et elle suffit largement à expliquer les événementsactuels. Rappelons ici quelques faits qui ne laissent aucun doute sur la préméditation des événements [3].

La décision de faire la guerre à la Syrie a été prise par le président George W. Bush lors d’une réunion à Camp David, le 15 septembre 2001, juste après les attentats spectaculaires de New York et Washington. Il était prévu d’intervenir simultanément en Libye pour montrer la capacité d’action sur un double théâtre d’opération. Cette décision a été attestée par le témoignage du général Wesley Clark, ex-commandeur suprême de l’OTAN, qui y était opposé.

Dans la foulée de la chute de Bagdad, en 2003, le Congrès a adopté deux lois donnant instruction au président des États-Unis de préparer une guerre contre la Libye et une autre contre la Syrie (le SyriaAccountabilityAct).

En 2004, Washington a accusé la Syrie de cacher sur son sol les armes de destruction massive que l’on ne parvenait pas à trouver en Irak. Cette accusation a fait long feu lorsqu’il a été admis que ces armes n’avaient jamais existé et n’étaient qu’un prétexte pour envahir l’Irak.

En 2005, après l’assassinat de Rafik Hariri, Washington a tenté d’entrer en guerre contre la Syrie, mais n’y est par parvenu car elle a retiré son armée du Liban. Les États-Unis ont alors suscité des faux témoignages pour accuser le président el-Assad d’avoir commandité l’attentat et ils ont créé un tribunal international d’exception pour le juger. Mais ils ont en définitive été contraints de retirer leurs fausses accusations après que leurs manipulations aient été mises à jour.

En 2006, les États-Unis ont commencé à préparer la « révolution syrienne » en créant le SyriaDemocracy Program. Il s’agissait de créer et de financer des groupes d’opposition pro-occidentale (comme le Mouvement pour la Justice et le Développement). Au financement officiel du département d’État s’est ajouté un financement secret de la CIA via une association californienne, le Democracy Council.

Toujours en 2006, les États-Unis ont sous-traité à Israël une guerre contre le Liban, dans l’espoir d’y impliquer la Syrie et de pouvoir intervenir. Mais la rapide victoire du Hezbollah a fait échouer ce plan.

En 2007, Israël a attaqué la Syrie, bombardant une installation militaire (Opération Orchard). Mais là encore, Damas a gardé son sang-froid et ne s’est pas laissé entraîné dans la guerre. Des vérifications ultérieures de l’Agence internationale de l’énergie atomique ont montré qu’il ne s’agissait pas d’un site nucléaire, contrairement à ce qui avait été affirmé par les Israéliens.

En 2008, lors de la réunion que l’OTAN organise annuellement sous le titre Groupe de Bilderberg, la directrice de l’ArabReform Initiative, BassmaKodmani, et le directeur de la StiftungWissenschaftundPolitik, Volker Perthes, exposèrent brièvement au Gotha américano-européen les avantages économiques, politiques et militaires d’une possible intervention de l’Alliance en Syrie.

En 2009, la CIA a mis en place des outils de propagande à destination de la Syrie comme la chaîne BaradaTV, basée à Londres, et OrientTV basée à Dubai.

À ces éléments historiques, ajoutons qu’une réunion s’est tenue au Caire, la seconde semaine de février 2011, autour de John McCain, Joe Lieberman etBernard-Henry Lévy, des personnalités libyennes comme Mahmoud Jibril (alors numéro 2 du gouvernement de la Jamahiriya) et des personnalités syriennes comme Malik al-Abdeh et Ammar Qurabi. C’est cette réunion qui donna le signal des opérations secrètes qui débutèrent à la fois en Libye et en Syrie (le 15 février à Benghazi et le 17 à Damas).

En janvier 2012, les départements US d’État et de la Défense constituèrent le groupe de travailThe Day After. Supporting a democratic transition in Syria qui rédigea à la fois une nouvelle constitution pour la Syrie et un programme de gouvernement [4].

En mai 2012, l’OTANet le CCG mirent en place le Working Group on Economic Recovery and Development of the Friends of the Syrian People, sous co-présidence allemande et émiratie.L’économiste syro-britannique Ossam el-Kadi y élabora un partage des richesses syriennes entre les États membres de la coalition, à appliquer le « jour d’après » (c’est-à-dire après le renversement du régime par l’OTAN et le CCG) [5].

Révolutionnaires ou contre-révolutionnaires ?

Les groupes armés ne sont pas issus des manifestations pacifiques de février 2011. Ces manifestations dénonçaient en effet la corruption et réclamaient plus de libertés, tandis que les groupes armés —nous l’avons vu plus haut— ressortent de l’islamisme.

Au cours des dernières années, une terrible crise économique a frappé les campagnes. Elle était due aux mauvaises récoltes, qui ont été à tort appréhendées comme des malheurs passagers alors qu’elles étaient la conséquences de changements climatiques durables. À cela se sont ajoutées des erreurs dans la mise en œuvre de réformes économiques qui ont désorganisé le secteur primaire. Il s’en est suivi un fort exode rural auquel le gouvernement a su faire face, et une dérive sectaire de certains paysans que le pouvoir a négligé. Dans de nombreuses régions, l’habitat rural n’était pas concentré en villages, mais dispersé sous forme de fermes isolées, personne n’a mesuré l’ampleur du phénomène jusqu’à ce que ses adeptes se regroupent.

En définitive, alors que la société syrienne incarne le paradigme de la tolérance religieuse, un courant takfiriste s’est développé en son sein. Il a fourni la base des groupes armés. Ceux-ci ont été richement financés par les monarchies wahhabites (Arabie saoudite, Qatar, Sharjjah).
Cette manne a suscité le ralliement de nouveaux combattants parmi lesquels on trouve des parents de victimes de la répression massive du sanglant coup d’État manqué des Frères musulmans, en 1982. Leur mobile est souvent moins idéologique que personnel. Il ressort de la vendetta.

De nombreux voyous et repris de justice appâtés par l’argent facile se sont ajoutés : un « révolutionnaire » est payé 7 fois le salaire moyen.
Enfin, des professionnels ayant combattu en Afghanistan, Bosnie, Tchétchénie ou Irak ont commencé à affluer. Au premier rangs desquels les hommes d’Al Qaida en Libye, conduits par Abdelhakim Belhaj en personne [
6]. Les médias les présentent comme des jihadistes, ce qui est inapproprié, l’islam ne concevant pas de guerre sainte contre des coreligionnaires. Ce sont avant tout des mercenaires.

La presse occidentale et du Golfe insiste sur la présence de déserteurs dans l’ASL. C’est certain, mais il est par contre faux qu’ils aient fait défection après avoir refusé de réprimer des manifestations politiques. Les déserteurs en question rentrent presque toujours dans les cas que nous avons précédemment cités. Au demeurant, une armée de 300 000 hommes a forcément parmi elle ses fanatiques religieux et ses voyous.

Les groupes armés utilisent un drapeau syrien à bande verte (au lieu de la bande rouge) et à trois étoiles (au lieu de deux). La presse occidentale le qualifie de « drapeau de l’indépendance », car il était en vigueur au moment de l’indépendance du pays, en 1946. En réalité, il s’agit du drapeau du mandat français qui resta en vigueur lors de l’indépendance formelle du pays (1932 à 1958). Les trois étoiles représentent les trois districts confessionnels du colonialisme (alaouite, druze et chrétien). Utiliser ce drapeau, ce n’est certainement pas brandir un symbole révolutionnaire. Au contraire, c’est affirmer vouloir prolonger le projet colonial, celui de l’Accord Sykes-Picot de 1916 et du remodelage du « Moyen-Orient élargi ».

Au cours des 18 mois d’action armée, ces groupes armés se sont structurés et plus ou moins coordonnés. En l’état actuel,la grande majorité sont passés sous commandement turc, sous le label Armée syrienne libre. De fait, ils sont devenus des supplétifs de l’OTAN, le quartier général de l’ASL étant même installé sur la base aérienne de l’OTAN à Incirlik. Les islamistes les plus durs ont formé leurs propres organisations ou ont rejoint al-Qaida. Ils sont sous le contrôle du Qatar ou de la branche sudeiri de la famille royale saoudienne [7]. De facto, ils sont rattachés à la CIA.

Cette constitution progressive, qui part de paysans pauvres pour se terminer avec un afflux de mercenaires, est identique à ce que l’on a connu au Nicaragua lorsque la CIA organisa les Contras pour renverser les sandinistes, ou que l’on avait connu à Cuba lorsque la CIA organisa le débarquement de la Baie des cochons pour renverser les castristes. Précisément, c’est de ce modèle que les groupes armés syriens se revendiquent aujourd’hui : en mai 2012, les Contras cubains ont organisé à Miami des séminaires de formation à la guérilla contre-révolutionnaire pour leurs homologues syriens [8].

Les méthodes de la CIA sont partout les mêmes. Ainsi les Contras syriens ont concentré leur action militaire d’une part sur la création de bases fixes (mais aucune n’a tenu, même pas l’Émirat islamique de Baba Amr), puis sur le sabotage de l’économie (destruction des infrastructures et incendie des grandes usines), enfin sur le terrorisme (déraillement de trains de passagers, attentats à la voiture piégée dans des sites fréquentés, assassinat de leaders religieux, politiques et militaires).

Par conséquent, la partie de la population syrienne qui pouvait avoir de la sympathie pour les groupes armés au début des événements, pensant qu’ils représentaient une alternative au régime actuel, s’en sont progressivement désolidarisés.

Sans surprise, la bataille de Damas a consisté à faire converger vers la capitale les 7 000 combattants dispersés dans le pays et des armées de mercenaires en attente dans les pays limitrophes. Des dizaines de milliers de Contras ont tenté de pénétré le pays. Ils se sont déplacés simultanément en nombreuses colonnes de pick-up, préférant traverser les déserts que prendre les autoroutes. Une partie d’entre eux a été stoppée par des bombardements aériens et a du rebrousser chemin. D’autres après s’être emparés de postes-frontière sont parvenus à la capitale.Il n’y ont pas trouvé le soutien populaire escompté. Au contraire, ce sont les habitants qui ont guidé les soldats de l’Armée nationale pour les identifier et les déloger. Au final, ils ont été contraints de battre en retraite et ont annoncé qu’à défaut de prendre Damas, ils prendraient Alep. Au demeurant, cela montre qu’ils ne sont ni des Damascènes en révolte, ni des Alepains, mais des combattants itinérants.


Infiltration de Contras via le désert près de Dera

L’impopularité des groupes armés doit être comparée avec la popularité de l’Armée régulière et des milices d’auto-défense. L’Armée nationale syrienne est une armée de conscription, c’est donc une armée populaire, et il est impensable qu’elle puisse servir à une répression politique. Depuis peu, le gouvernement a autorisé la constitution de milices de quartiers. Il a distribué des armes aux citoyens qui se sont engagés à consacrer chaque jour 2h de leur temps pour défendre leur quartier, sous encadrement militaire.

Des vessies pour des lanternes

En son temps, le président Reagan rencontra quelques difficultés pour présenter ses Contras comme des « révolutionnaires ». Il créa pour cela une structure de propagande, le Bureau de la diplomatie publique, dont il confia la direction à Otto Reich [9]. Celui-ci corrompit des journalistes dans la plupart des grands médias US et ouest-européens pour intoxiquer le public. Il lança entre autres une rumeur selon laquelle les sandinistes disposaient d’armes chimiques et risquaient de les utiliser contre leur propre peuple. Aujourd’hui la propagande est dirigée depuis la Maison-Blanche par le conseiller de sécurité nationale adjoint chargé des communications stratégiques, Ben Rhodes. Il applique les bonnes vieilles méthodes et a ressorti contre le président el-Assad la rumeur des armes chimiques.

En collaboration avec le MI6 britannique, Rhodes a réussi a imposer comme principale source d’information des agences de presse occidentales une structure fantôme : l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH). Les médias n’ont jamais questionné la crédibilité de cette signature, alors même que ses affirmations ont été démenties par les observateurs de la Ligue arabe et par ceux des Nations Unies. Mieux, cette structure fantôme, qui n’a ni locaux, ni personnel, ni expertise, est également devenue la source d’information des chancelleries européennes depuis que la Maison-Blanche les a convaincues de retirer leur personnel diplomatique de Syrie.


En attendant le direct, le correspondant d’Al-Jazeera Khaled Abou Saleh téléphone à sa rédaction. Il prétend que Baba Amr est bombardé et organise les bruitages. M. Abou Saleh était invité d’honneur de François Hollande à la 3e Conférence des Amis de la Syrie.

Ben Rhodes a également organisé des spectacles pour journalistes en mal d’émotions. Deux tours operators ont été mis sur pied, l’un au cabinet du Premier ministre turc Erdogan et le second au cabinet de l’ex-Premier ministre libanais Fouad Siniora. Les journalistes qui le souhaitaient étaient invités à entrer illégalement avec des passeurs en Syrie. On offrait durant des mois un voyage depuis la frontière turque dans un village témoin situé en montagne. On pouvait y réaliser des séances photos avec des « révolutionnaires » et « partager le quotidien des combattants ». Puis, pour les plus sportifs, on pouvait depuis la frontière libanaise aller visiter l’Émirat islamique de Baba Amr.

Fort étrangement, nombre de journalistes ont observé eux-mêmes d’énormes falsifications, mais ils n’en ont tiré aucune conclusion. Ainsi, un célèbre reporter-photographe a filmé les « révolutionnaires » de Baba Amr brûler des pneus pour dégager de la fumée noire et faire accroire à un bombardement du quartier. Il a diffusé ces images sur Channel4 [10], mais a continué à affirmer qu’il avait été témoin du bombardement de Baba Amr relaté par l’Observatoire syrien des Droits de l’homme.

Ou encore, le New York Times a relevé que des photos et vidéos transmises par le service de presse de l’Armée syrienne libre et montrant de valeureux combattants étaient des mises en scène [11]. Les armes de guerre étaient en réalité des répliques, des jouets pour enfants. Le quotidien a néanmoins continué à croire en l’existence d’une armée de déserteurs de près de 100 000 hommes.

Lecture d’une déclaration de l’Armée syrienne libre. Les fiers « déserteurs » sont des figurants qui portent des armes factices.

Selon un schéma classique, les journalistes préfèrent mentir que reconnaître qu’ils se sont fait manipuler. Une fois bernés, ils participent donc consciemment au développement du mensonge qu’ils ont découvert. Reste à savoir si vous, lecteurs de cet article, préférerez aussi fermer les yeux ou si vous déciderez de soutenir le peuple syrien contre l’agression des Contras.

Thierry Meyssan
[
1] La place Tahrir n’est pas la plus vaste du Caire.

Elle a été choisie pour des raisons de marketing, le mot Tahrir se traduisant dans les langues européennes par Liberté. Ce symbole n’a évidemment pas été choisi par les Égyptiens, car il existe plusieurs mots en arabe pour désigner la Liberté. Or, Tahrir indique la Liberté que l’on reçoit, pas celle que l’on acquiert.

[2] La presse occidentale a pris l’habitude d’orthographier le nom de M. Syda en ajoutant un « a », en « Sayda », de manière à éviter la confusion avec la maladie du même nom. Ndlr

[3] Le terme « préméditation » s’emploie normalement en droit criminel. En matière politique, le terme adéquat est « complot », mais l’auteur s’est abstenu de l’utiliser car il suscite une réaction hystérique de la part de ceux qui s’appliquent à faire croire que la politique occidentale est transparente et démocratique. Ndlr

[4] « Washington a rédigé une nouvelle constitution pour la Syrie », Réseau Voltaire, 21 juillet 2012.

[5] « Les « Amis de la Syrie » se partagent l’économie syrienne avant de l’avoir conquise », par GermanForeign Policy, traduction Horizons et débats, Réseau Voltaire, 14 juin 2012.

[6] « L’Armée syrienne libre est commandée par le gouverneur militaire de Tripoli », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 18 décembre 2011.

[7] Pour plus de détails, lire « La Contre-révolution au Proche-Orient », par Thierry Meyssan, Komsomolskaïa Pravda/Réseau Voltaire, 11 mai 2011.

[8] « L’opposition syrienne prend ses quartiers d’été à Miami », par Agence Cubaine de Nouvelles, Jean Guy Allard, Réseau Voltaire, 25 mai 2012.

[9] « Otto Reich et la contre-révolution », par Arthur Lepic, Paul Labarique, Réseau Voltaire, 14 mai 2004.

[10] « Syria’s video journalists battle to telle the ’truth’ », Channel4, 27 mars 2011.

[11] “Syrian Liberators, Bearing Toy Guns”, par C. J. Chivers, The New York Times, 14juin 2012.

  

Mensonges, morts et désolations (Agoravox)

On me demande souvent pourquoi je ne crois pas en la propagande occidentale sur la Syrie et plus précisément sur le régime de Bashar Al Assad. Je tiens à préciser que je ne connais pas la Syrie, je n’y suis jamais allé, je n’y ai pas d’amis. Ce que j’ai entendu ici et là sur Bashar Al Assad ne me pousse pas à admirer cet homme comme je peux être enthousiasmé pour certaines raisons par Hugo Chavez, Kadhafi ou Fidel Castro. Cependant je n’ai pas d’antipathie particulière pour lui non plus étant donné qu’il ne s’est jamais mêlé de mes affaires contrairement à certains que vous reconnaîtrez aisément. J’ai passé l’âge de croire au père Noël et aux contes de fée, comme j’ai passé l’âge de croire tout ce que l’on me dit peu importe la personne qui le dit. J’avoue que je ne me serais pas intéressé au cas syrien n’eût été le tapage médiatique sur ce pays qui à ma connaissance ne représente et n’a jamais représenté une menace pour la paix mondiale. Mais nous avons brusquement l’impression que l’avenir du monde se joue en Syrie et je me dis que c’est possible notamment eu égard à la voracité de l’élite étasunienne. Si les médias et politiciens occidentaux s’acharnent autant sur ce pays comme ils ont pu le faire sur l’Iraq, la Lybie etc… C’est probablement que quelque chose de fort se joue là. Dans ce texte donc je vais faire part de mes observations, de mon analyse et de mes conclusions.
 

Je ne suis pas un idéaliste et je n’ai pas tendance à réagir de manière émotionnelle. Cependant je ne peux cacher une certaine aversion pour l’élite tant médiatique que politique des états occidentaux notamment à cause de son indécente hypocrisie. Je me rappelle que ce sont les dirigeants étasuniens qui ont utilisé des armes comme l’agent orange, l’uranium appauvri ou les bombes atomiques sans compter le phosphore blanc et autres joyeusetés du genre. Alors quand on a été capables de commettre de pareilles abominations on essaie de faire profil bas. Mais nous savons que cette élite a tendance à diaboliser un pays qu’elle veut détruire pour des raisons éminemment géopolitiques (http://www.youtube.com/watch?v=cVnb...) dire le contraire c’est vouloir nous prendre pour des neuneus. Il faut diaboliser un régime pour rendre acceptable sa destruction à l’opinion publique. Celle-ci étant parfois sans mémoire cela s’avère quelques fois aisé. Ainsi selon la propagande, l’Afghanistan était dirigé par des barbus rétrogrades, terroristes de leur état (les talibans) qu’il fallait occire. L’Iraq était dirigé par un fou capable d’exterminer une partie de sa population et possédant des armes de destruction massive donc étant de facto une menace pour le « monde libre ». Le leader libyen était un illuminé, fantasque qui menaçait de faire couler des rivières de sang dans son pays pour contrer la « révolution printanière » qui balayait son pays comme elle avait balayé d’autres pays arabes nous avait-on dit. Les étasuniens et autres atlantistes sont intervenus dans ces pays et je pense qu’il serait bon de demander à leurs populations si la vie y est meilleure, notamment aux enfants de Falloujah. Voyait-on des attentats terroristes en Iraq au temps de Saddam ? Démocratie et liberté ? De jolis dogmes, mais comme bien d’autres ils mènent souvent au désastre et à la dévastation de contrées entières. Après l’Iraq, l’Afghanistan, la Libye, la Syrie est aujourd’hui dans l’œil du cyclone. On traite son président de fou sanguinaire qui veut exterminer son peuple parce que celui-ci veut sa « révolution printanière ». Cette description bonne pour des bisounours fait penser à celle qui fut faite de Kadhafi avant la dévastation de son pays et son élimination. Il aurait des armes de destruction massive qu’il compte utiliser comme Saddam. Certains pourront dire que l’état syrien a menacé de s’en servir en cas d’invasion extérieure (http://www.infosyrie.fr/actualite/a...) ! A mon avis c’est avant tout de la communication de guerre et je ne crois pas plus la propagande d’Assad que celle des occidentaux. On décrit Assad comme le diable. Je ne crois pas avoir entendu ces mêmes politiciens hypocrites décrire l’élite américaine malgré toutes les atrocités en Iraq comme étant diabolique. Bien au contraire on cherchait à justifier ses dérives pourtant abominables. Alors la propagande c’est amusant mais je pense qu’il faut être sérieux un temps soit peu. Je ne connais pas exactement la situation en Syrie et je me dis qu’il est fort probable que de nombreux syriens veuillent le départ d’Assad du pouvoir. Mais il en est de même dans d’autres pays où une partie de la population se débarrasserait bien de ses dirigeants. Alors Assad massacre-t-il son peuple ? J’ai du mal à le croire surtout quand ce sont des hypocrites finis qui l’affirment. Assad doit-il partir ? Je suis de ceux qui pensent que c’est au peuple syrien d’en décider et à personne d’autre. Si l’on impose un nouveau président ce pays pourrait de mon point de vue sombrer dans le chaos. Car il semble évident que l’élite occidentale voudra placer dans ce pays stratégique un président qui leur sied.

L’élite occidentale plus précisément étasunienne il faut le dire semble percevoir le monde comme un échiquier géant et d’ailleurs ZbigniewBrzezinski n’a intitulé son ouvrage « le grand échiquier » (http://www.lalettrevolee.net/articl...) pour rien. Le but des dirigeants étasuniens semble d’assurer l’hégémonie de leur pays déclinant sur le monde. Cela passe par le contrôle des ressources énergétiques et le confinement des états comme la Russie, la Chine ou l’Inde qui sont des superpuissances de demain. Il semble évident que cela peut provoquer des frictions et causer des guerres. Tout ceci est parfaitement résumé dans le rapport « reconstruire les défenses de l’Amérique » (http://www.reopen911.info/uploads/d...) du think tank PNAC (http://lemirador.over-blog.fr/artic...). D’ailleurs si l’on s’en tient aux dires du général Wesley Clark (http://www.youtube.com/watch?v=e8ya...) plusieurs pays étaient ciblés par cette élite notamment l’Iraq, la Libye, l’Iran et la Syrie. On sait aussi qu’une propagande odieuse est en marche contre le régime des mollahs en Iran. Encore une fois je tiens à préciser qu’il ne s’agit pas d’aimer ou non ces régimes mais de voir les conséquences de ingérences malsaines des étasuniens et affiliés. Ingérences qui nous le savons à moins d’être des abrutis ne se font que dans l’intérêt de cette élite. Je ne crois pas que les jeunes soldats étasuniens qui vont crever ou devenir infirmes sur les champs de bataille aient quelque chose à gagner, ni leurs familles ou l’étasunien moyen non plus. Pour se faire cette élite utilise des alliés de circonstances qu’elle combattra ou cherchera à détruire le moment venu. Nous avons vu Saddam, Moubarak, Ben Ali, Mobutu ou tant d’autres. Il n’y a donc rien de nouveau au soleil. Tous ces dirigeants sont des pions rien de plus si certains d’entre eux ont cru le contraire ils auront tout le loisir dans l’autre monde s’il existe de méditer sur leurs erreurs et leur naïveté. Aujourd’hui des états comme l’Arabie Saoudite, le Qatar, la Turquie voient leurs dirigeants servir de faire-valoir à la « toute puissance » atlantiste. Mais un chien ne change jamais sa manière de s’asseoir et en temps voulu, ils seront sans aucun doute « récompensés » comme il se doit.

Pour conclure je dirais qu’il est nécessaire pour le commun des mortels d’arrêter d’avoir une vision simpliste des évènements. Aussi pourri que puisse être le régime Assad il ne représente par exemple aucune menace pour les pays occidentaux. Alors il faudrait que les peuples demandent à leurs dirigeants le pourquoi de cette nouvelle aventure et le pourquoi de cette diabolisation insensée. Assad était pour beaucoup d’entre nous un parfait inconnu et dans un monde rationnel il aurait du le rester. Je crois qu’en toute chose il faut savoir raison gardée. J’étais en Côte d’Ivoire durant la guerre récente qu’il y a eu et je mentirais si je disais que je savais tout ce qui s’est passé et le nombre de morts qu’il y a eu. Les deux camps y ont à ma connaissance et selon les témoignages que j’ai pur recouper. Pour dire que même quand vous êtes dans un pays qui subit une attaque il est difficile de savoir où est la vérité. Mes pensées vont au peuple syrien qui subit cette guerre diabolique.

source : http://www.agoravox.fr

 

 



Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières,les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

" Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19


17/07/2012

n°59 - Journal de Syrie - 09-07 au 18-07 - a - Des massacres qui tombent à pic!


n°59 - Journal de Syrie - 09-07 au 18-07 - a - Des massacres qui tombent à pic!



Face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Sa diffusion est un acte de résistance.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources.



Journal deSyrie

 n°59                                       09-07 au18-07

C.De broeder & M.Lemaire



Le "Journal deSyrie" est  visible  sur les blogs : 

a) sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

b) sur le site de Eva Resis           no-war.over-blog.com

c) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com  

d) sur le site : www.palestine-solidarite.org à cette adresse : http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm


Si vous voulez-nous contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire de la lutte pour la libération du territoire.

Tiré à part :

Karim Mohsen : Des massacres qui tombent à pic!

1 Politique

Les grandes manœuvres

1-1 MajedNehmé explique la guerre en Syrie.

2 Pays Arabes & voisins

Liban

L’armée libanaise renforce sa présence à la frontière avec la Syrie.



Tiré à part :

Karim Mohsen : Des massacres qui tombent à pic!

Ce qu'il y a de remarquable dans les massacres qui se succèdent en Syrie, c'est sans aucun doute, leur étrange coïncidence.

Etrange, en effet, ces massacres qui «tombaient à pic» au moment même où le Conseil de sécurité se réunit sur la Syrie. Cela a été le cas pour Hula, El Koubeir et jeudi à Treimsa, qui ont ainsi allongé la liste du martyrologe syrien, donnant, chaque fois, l'opportunité à l'opposition d'exiger du Conseil de sécurité une résolution «contraignante» sous le chapitre VII de la charte de l'ONU. A cela s'ajoutent les condamnations sélectives qui visent le régime de Damas, occultant la part de la rébellion syrienne qui participe activement à ensanglanter le pays. De fait, l'opposition armée syrienne, pressée sans doute de prendre le pouvoir en Syrie, fait pression sur l'ONU et tente de faire intervenir militairement des forces extérieures à la Syrie et à la région sous le label du Conseil de sécurité. Jusqu'ici, en vain. Surtout du fait de l'opposition de la Russie et de la Chine à l'aventure que l'on veut faire courir aux peuples du Moyen- Orient, que serait une intervention armée étrangère. En fait, tous les «coups» semblent avoir été bons, pour parvenir à ces fins. Certes! Aussi, cette synchronisation entre les pics de violence en Syrie, de vrais massacres, avec les moments où la communauté internationale se rencontre pour examiner la situation dans ce pays est par trop parfaite et convenue pour être innocente.

On ne voit pas, en effet, le régime de Damas, à moins d'être parano et suicidaire, donner des arguments - aussi sanglants - à ses adversaires et les conforter dans leur position. Il est patent que le régime de Damas partage avec l'opposition armée syrienne la responsabilité de ce qui se passe en Syrie, mais mettre tous ces dépassements à l'actif d'une seule partie, comme le fait l'Occident - qui rejette toute possibilité de dialogue intersyrien, exigeant en revanche le départ de Bachar Al Assad - n'aide en rien à trouver une solution à la crise en Syrie. Est-il normal que des grandes puissances, à leur tête les Etats-Unis - membre permanent du Conseil de sécurité - loin de contribuer à rapprocher les belligérants, font leurs exigences de l'opposition qui met comme préalable, à toute discussion, le départ sine qua non, du dirigeant syrien. L'inattendu est que le régime syrien résiste. Alors, on passe aux grandes manœuvres, les massacres à grande échelle. C'est ce qui se passe en Syrie. L'émotion, largement justifiée, que suscitent ces crimes annihile en fait toutes réflexion et lucidité permettant une analyse saine de la situation. Mais le matraquage des médias, la désinformation récurrente, sur ce qui arrive réellement en Syrie, les condamnations d'une seule partie sans autre réserve ou précaution, sont tels qu'il est devenu impossible de faire la part des choses, comme de comprendre les tenants et aboutissants de la crise syrienne. Le massacre de Treimsa, (notons que la majorité des morts de Treimsa sont des rebelles, des hommes armés. Personne n'a condamné l'Otan pour avoir tué les talibans à ce que l'on sache?) Comme ceux de Hula et d'El Koubeir sont odieux, mais personne n'a tenté, par des moyens indépendants, de savoir ce qui y eut lieu réellement.

Les chiffres que donne une ONG basée à Londres - qui accapare l'information sur la Syrie et alimente télés, radios et agences - sont en fait invérifiables, laquelle accuse systématiquement le régime de Damas, accusations répercutées par les agences et télévisions mondiales qui ne s'inquiètent pas de vérifier ce qu'il en est en vérité. N'a-t-on pas, en son temps, accusé les Serbes de génocide des Albanais du Kosovo? Ce qui permit, entre autres l'intervention de l'Otan (Kfor). Après coup, il s'est avéré qu'il n'en était rien. Trop tard, l'Alliance était déjà sur place au Kosovo. Ce scénario est resservi en Syrie, l'essentiel étant d'accabler le régime syrien et faire porter à son crédit tous les malheurs du peuple syrien. Or, l'opposition syrienne qui pousse à la guerre, soutenue par l'Occident, semble prête à toutes les outrances comme à marcher sur les cadavres de milliers de Syriens pour parvenir à ses fins.

 15 juillet 2012 09:04

http://french.irib.ir/analyses/articles/item/200435-des-massacres-qui-tombent-à-pic-par-karim-mohsen



1 Politique

Les grandes manœuvres

1-1 MajedNehmé explique la guerre en Syrie

Dans l'interview qu'il a accordée à «Algérie patriotique», MajedNehmé, directeur et rédacteur en chef d’Afrique-Asie, décrit les enjeux inavoués du conflit né de la crise en Syrie et évalue les risques d'embrasement dans la région à travers le Liban où se déroulent des affrontements armés.

Il situe également ce conflit par rapport à la confrontation Est-Ouest et parle du rôle du Qatar et de l'Arabie Saoudite.

Pour MajedNehmé, ces deux monarchies pétrolières n'agissent pas d’une manière autonome.

RamdaneOuahdi

Dimanche 15 Juillet 2012

 

Des informations très contradictoires nous parviennent sur ce qui se passe en Syrie. Quelle est la situation exacte dans ce pays actuellement ? 
Comme l’a reconnu le chef de l’État syrien dans son discours du 26 juin dernier, à l’occasion de l’investiture du nouveau gouvernement syrien, «nous vivons une véritable situation de guerre ! Toutes nos politiques et tous les secteurs doivent être mis au service de la victoire dans cette guerre !» Il s’agit donc d’un aveu majeur, quoique tardif, car jusqu’ici, le mot «guerre» était soigneusement évité. Le pouvoir a cherché à dédramatiser la gravité de la situation, se contentant de parler de «bandes armées», de «terroristes» ou de «djihadistes d’Al-Qaïda» infiltrés dans le pays via le Liban, la Turquie, la Jordanie et passablement via l’Irak. Pratiquement, tous les pays limitrophes, à l’exception d’Israël, participent d’une manière ou d’une autre à cette guerre ! Il a longtemps hésité avant de jeter toutes ses forces dans la balance estimant, à tort, qu’il était en mesure de venir à bout de cette rébellion armée à moindres frais. Il a d’abord surestimé la solidité du front intérieur, tout comme l’ampleur des engagements financiers et militaires des Occidentaux et des pays du Golfe en faveur de la rébellion. Il voulait également éviter de rééditer le scénario de la ville de Hama de 1982 quand Hafez al-Assad, le père de l’actuel président, y avait écrasé dans le feu et le sang, après quatre années de guérilla islamiste, un ultime soulèvement armé, sous la conduite d’Al-Tali’a al-Mouqatila (l’avant-garde combattante), branche armée des Frères musulmans syriens. Cette faction minoritaire et dissidente des Frères musulmans avait auparavant multiplié les attentats contre le régime (assassinats de personnalités scientifiques, universitaires, militaires proches du régime, liquidation de près de cent élèves de l’académie militaire d’Alep, triés selon leur appartenance religieuse à la communauté alaouite etc.), exactement comme c’est le cas aujourd’hui, mais à huis-clos, la révolution numérique n’était pas encore là. La confrontation finale se solda par la destruction de plusieurs quartiers de la ville de Hama et le massacre de quelques milliers de ses habitants qui s’étaient solidarisé avec les rebelles en armes. Il s’en est suivi une répression implacable des Frères musulmans qui furent pourchassés, emprisonnés, exécutés ou exilés. Une loi d’exception fut par la suite promulguée condamnant à la peine capitale toute personne appartenant à cette confrérie. Dans la foulée, le régime baathiste, profitant de cette campagne d’éradication de l’organisation clandestine des Frères musulmans, étendit la répression aux forces syndicales et démocratiques de gauche qui demandaient plus de libertés et une démocratisation politique, sociale et économique du régime. Elles ont fait les frais de cette insurrection avortée des Frères musulmans. Une chape de plomb s’abattit sur le pays sans que cela gêne les États-Unis, les pays occidentaux et les monarchies du Golfe qui avaient à cette époque besoin de la Syrie pour pacifier le Liban, victime d’une interminable guerre civile et pour mettre au pas les organisations palestiniennes qui y avaient élu domicile…Avec la mort de Hafez al-Assad en juin 2000 et l’accession de son fils Bachar à la présidence, grâce au soutien direct de l’ancien ministre de la Défense de l’époque, Moustafa Tlass (un sunnite de Homs dont le fils, Manaf, vient de faire défection), le régime poursuivra une libéralisation timide qui donnera naissance à un éphémère «Printemps de Damas» vite réprimé. Il s’est traduit par la libération de la parole et l’éclosion de nombreux forums de débats à travers le pays, exigeant la fin de l’état d’urgence, le multipartisme et le retrait des troupes syriennes du Liban. Le système sécuritaire fut également dénoncé par les nombreuses associations des droits de l’Homme. C’en était trop pour les caciques du régime (essentiellement les services de sécurité et le parti Baath) qui avaient réussi à amener le jeune président, encore otage des différents centres de pouvoir hérités de son père, à clore ce chapitre printanier qui aura duré à peine six mois. En dépit du coup d'arrêt de l'été 2001, qui se solda par l’arrestation de nombreux animateurs de forums de la société civile, force est de reconnaître qu’une nouvelle dynamique politique s’était déclenchée, instaurant une nouvelle atmosphère politique malgré la poursuite d’une répression qu’on pourrait qualifier de «soft» par comparaison à la phase antérieure. La chape de plomb d'une époque a, en effet, vécu. La libération d'un grand nombre de prisonniers politiques, le retour négocié et conditionnel de nombreux opposants exilés, dont des anciens membres des Frères musulmans et de baathistes irakiens, s’est amplifié. Mais ce retour n’était pas massif et était soumis à l’accord préalable des services de sécurité qui procédaient au cas par cas. Et la loi condamnant à la peine capitale toute personne appartenant aux Frères musulmans est toujours en vigueur quoique non appliquée. Instruit par l’expérience avortée du «Printemps de Damas», le régime choisit, sans doute par prudence excessive, la «voie chinoise» vers la démocratie. La perestroïka d’abord, la glasnost ensuite. Plutôt qu’une ouverture politique rapide, le parti Baath opta pour une modernisation «technique de l’économie.» Pour justifier ce ralentissement des réformes politiques, le régime invoqua également, non sans raison, les défis régionaux majeurs auxquels il fait face : poursuite de l’occupation israélienne d’une partie du territoire syrien (les plateaux du Golan occupés en juin 1967), l’impasse du processus de paix en Palestine, la situation en Irak et, last but not least, le Liban où la Syrie maintenait, jusqu’en 2005, un contingent militaire de plusieurs milliers de personnes. Car depuis l’échec de la dernière rencontre entre l’ancien président syrien Hafez al-Assad et le Président américain Bill Clinton, à Genève, en 2000, les États-Unis ont pratiquement abandonné leurs efforts pour aboutir à un règlement du conflit israélo-arabe (entre Israéliens et Palestiniens, entre Israéliens et Syriens et entre Israéliens et Libanais), laissant les protagonistes à eux-mêmes, donc au bon vouloir des Israéliens. Depuis l’an 2000, plusieurs événements régionaux sont venus bousculer – et retarder – le calendrier des réformes sur le plan intérieur. En voici les principaux :


1 - Le 2 mars 2000, un sommet de dernière chance eut lieu à Genève entre les présidents Bill Clinton et Hafez al-Assad, tous deux en fin de règne (Clinton étant arrivé vers la fin de son deuxième mandat qui se terminera en novembre 2000 et Hafez al-Assad étant au chapitre de l’agonie). A l’ordre du jour de ce sommet : la conclusion d’un accord de paix global entre la Syrie et Israël sur la base de la paix et de la normalisation en contrepartie du retrait des forces d’occupation israélienne aux frontières du 4 juin 1967. Un tel accord aurait ouvert la voie à un accord similaire avec le Liban et facilité la conclusion d’un accord de paix final avec les Palestiniens. Face au refus des Israéliens, soutenus par les Américains, de se retirer de la totalité des territoires syriens, la rencontre, mal préparée, se conclut, au bout de seulement deux heures de palabres, par un échec retentissant. Le 10 juin, Hafez al-Assad disparaît, emporté par la maladie laissant à son fils et successeur, ce lourd héritage. C’est dans ce contexte que le gouvernement de Ehud Barak, pensant à tort priver la Syrie d’une carte maîtresse, à savoir la carte de la résistance contre l’occupation israélienne au Sud Liban, décide de retirer unilatéralement ses forces du Liban, harcelées de plus en plus audacieusement par le Hezbollah, soutenu à la fois par la Syrie et l’Iran. C’est l’inverse qui se produit : le Hezbollah sort renforcé de cette «débâcle» israélienne. La Syrie également. Loin d’affaiblir l’emprise de la Syrie sur le Liban, elle le renforce considérablement. Désormais, le sort du Hezbollah – devenu véritable Etat dans  l’État au Liban – et de la Syrie sont indissociable. Le retrait israélien unilatéral – mais incomplet, puisque Israël maintient son occupation des hameaux de Cheb’aa, sous prétexte qu’ils appartiennent à la Syrie – du Liban ne régler donc rien et n’aboutit pas à la signature d’un traité de paix séparée avec le gouvernement libanais. 


2 - Parallèlement à l’intransigeance israélienne sur les fronts libanais et syrien, l’échec des négociations de camp David et de Taba entre Palestiniens et Israéliens, sous l’égide des États-Unis, la même année 2000, déclenchent la deuxième Intifada dans les territoires occupés. Une Intifada soutenue par la Syrie. Au grand dam de la nouvelle administration américaine dominée, avec G.-W. Bush, par les néo conservateurs. Les attentats du 11 septembre 2001, qui conduisirent les États-Unis et leurs alliés à occuper l’Irak deux ans plus tard, en 2003, mettent le régime syrien sous pression. Bien que totalement engagée dans la lutte contre le terrorisme, main dans la main avec les pays occidentaux et arabes, la Syrie s’opposa fermement à la guerre contre l’Irak, en dépit du fait que les relations entre Damas et Bagdad étaient détestables. Ainsi, juste après la chute de Bagdad, Colin Powell, le secrétaire d’État américain, se rend à Damas porteur d’un ultimatum on ne peut plus clair. Il exigea du président syrien de ne pas aider la résistance à l’occupation américaine de l’Irak (près d’un million et demi d’Irakiens se réfugient en Syrie), de chasser les organisations palestiniennes basées en Syrie, dont le Hamas, accusées de terrorisme, de rompre toute coopération stratégique avec le Hezbollah libanais et l’Iran, et de retirer l’armée syrienne du Liban. Et gâteau sur la cerise : démanteler ses programmes d’armes chimiques et balistiques. Tout cela sans contrepartie concrète. Bachar al-Assad rejeta en bloc toutes les clauses de cet ultimatum. Une guerre totale (économique, clandestine mais aussi politique) pour renverser le régime syrien est engagée, mais cette fois-ci avec la complicité de la France et de l’Arabie Saoudite. 


3 - Le 11 novembre 2003, le Congrès américain vote une résolution – dite SyriaAccountabilityAct – autorisant le président des États-Unis à édicter, quand il le déciderait, des sanctions contre Damas. Des sanctions qui n’ont pas tardé à se concrétiser. Un an plus tard, le 2 septembre 2004, le Conseil de sécurité de l’ONU adopte, à l'initiative conjointe de la France et des États-Unis, par 9 voix sur 15, et 6 abstentions, la résolution 1559 qui appelle «au respect de la souveraineté et de l'indépendance politique du Liban, au retrait de toutes les troupes étrangères de son sol, au désarmement des milices (entendre le Hezbollah) et à une élection présidentielle libre et équitable». Pour mémoire, l’Algérie, le Brésil, la Chine, le Pakistan, les Philippines et la Russie s’étaient abstenus estimant que cette résolution constituait une ingérence dans les affaires intérieures du Liban. Cette résolution visait en fait à empêcher le renouvellement du mandat présidentiel d’Emile Lahoud, un allié sûr de Damas et du Hezbollah, que la Syrie, sentant la difficile période d’incertitude qui s’ouvre devant elle dans la région, voulait à tout prix le voir reconduit. Ces menaces n’ont pas dissuadé Bachar al-Assad de continuer à tenir tête aux États-Unis, à la France et à leurs alliés régionaux, particulièrement l’Arabie Saoudite (à l’époque le Qatar, qui était en conflit avec Riyad, soutenait la Syrie du bout des lèvres). Le soutien syrien au Hezbollah, au Hamas et l’alliance stratégique avec l’Iran se poursuivait donc. Le général Lahoud est réélu pour un deuxième mandat présidentiel au prix d’un amendement constitutionnel, malgré l’opposition initiale du président du Conseil des ministres Rafiq Hariri (il se résigne à la fin d’accepter le fait accompli). Et le contingent militaire et sécuritaire syrien au Liban est maintenu, quoique réduit considérablement (de 40 000 hommes il passe, en 2004, à seulement 15 000). 


4 - C’est dans ce cadre qu’un événement majeur intervint : le 14 février 2005, l’ancien président du Conseil est assassiné dans un attentat suicide à la camionnette piégée à Beyrouth. La Syrie et ses alliés sont immédiatement montrés du doigt. Face à l’indignation médiatique et politique d’une partie des Libanais, et dans le monde, la Syrie retire ses dernières troupes du Liban quelques semaines après cet assassinat. Les principaux piliers du régime libanais allié à la Syrie sont pourchassés et arrêtés. Le Conseil de sécurité des Nations unies vote, dans la foulée, le 7 avril 2005, la résolution 1595 créant une commission d’enquête sur l’assassinat de Rafiq Hariri. La Syrie s’incline sans rompre, allant même jusqu’à coopérer avec cette commission d’enquête qui n’a apporté jusqu’ici (2012) aucune preuve crédible sur l’implication de Damas et du Hezbollah dans cet assassinat qui n’a servi, en fin d’analyse, que ses adversaires. Les investigations de la commission d’enquête et le tribunal spécial censé juger les assassins présumés de Hariri n’ont abouti à rien d’autre que de servir d’épée de Damoclès que les Occidentaux brandissent contre leurs adversaires : la Syrie, le Hezbollah et l’Iran. Jusqu’ici, les enquêteurs se sont interdit de pousser leurs investigations en direction des services occidentaux et israéliens ou vers la piste djihadiste pourtant avancée dès les premiers jours du crime. Ce qui a amené de nombreux juristes à accuser ces instances d’instrumentalisation politique. 


5 - C’est dans ce contexte défavorable au régime syrien, plus isolé que jamais, mais toujours combatif et récalcitrant face aux exigences des États-Unis englués dans le bourbier irakien, qu’éclata la guerre du Liban en juillet 2006. Elle se révéla très bénéfique pour le régime. 

Le 12 juillet 2006, au matin, un commando du Hezbollah libanais s’attaqua à une patrouille israélienne à la frontière entre les deux pays, tuant huit soldats israéliens et enlevant deux autres. Cette action audacieuse faisait partie, depuis 2000, de la stratégie du Hezbollah qui cherche à utiliser les prisonniers israéliens capturés comme monnaie d’échange pour faire libérer les milliers de prisonniers libanais, palestiniens et arabes (environs 11 000) détenus en Israël, certains depuis des décennies. Un autre objectif de cette opération : amener Israël à mettre fin à son occupation des hameaux libanais de Cheb’aa dont il s’est emparé depuis 1967. Plusieurs opérations de ce genre avaient eu lieu dans le passé sans que cela ne dégénère en guerre totale. Cette fois-ci, le commandement militaire israélien en a décidé autrement. Le gouvernement israélien d’Ehud Olmert, encouragé par l’Administration américaine, voulait en découdre une fois pour toute avec le Hezbollah, allié de la Syrie et de l’Iran. Liquidé, le Liban tomberait définitivement dans l’escarcelle de l’Occident et de ses alliés. La Syrie ne tarderait pas à tomber à son tour, suivie par l’Iran. Le Grand Moyen-Orient cher aux néoconservateurs deviendrait une réalité. C’est ce qui explique la réaction israélienne disproportionnée à cette opération hardie du Hezbollah. Contre toute attente, le Hezbollah libanais, soutenu par la Syrie, sort victorieux de cette mini-guerre, malgré les énormes dégâts infligés aux infrastructures libanaises. L’offensive israélienne dura 34 jours sans atteindre son objectif affiché : détruire le Hezbollah. Elle coûta la vie à 1 200 Libanais, majoritairement des civils, contre 163 Israéliens dont 119 soldats. Pour les Israéliens c’est une véritable débâcle stratégique. L’armée israélienne qu’on dit la plus puissante du Moyen-Orient ne parvint pas à vaincre la résistance libanaise. Mais c’est aussi une défaite politique majeure pour les États-Unis, la France et ses leurs supplétifs arabes (l’Arabie Saoudite, la Jordanie et l’Égypte qui avaient condamné le Hezbollah plutôt que l’agression israélienne). Par contre, la Syrie et l’Iran ont pavoisé. Le président syrien Bachar al-Assad, jusqu’ici sur la défensive, n’a pas eu la victoire modeste. Dans un discours célébrant la «victoire de la résistance», il qualifia la troïka arabe qui avait juré sa perte (le roi d’Arabie, le roi de Jordanie et le président Moubarak) de «demi-portions». La guerre entre l’axe pro-syrien et l’axe pro-saoudien est désormais totale, malgré une relative trêve. La déstabilisation de la Syrie est désormais programmée. Une nouvelle étape dans cette guerre : le 27 décembre 2008, l’armée israélienne lança une opération d’envergure contre la bande de Gaza contrôlée par le Hamas, qui était alors soutenu par la Syrie. Mais cette guerre, malgré les dégâts humains subis par les Palestiniens, ne parvint pas à mettre le Hamas à genoux. La guerre se termine le 18 janvier 2009 sans que l’armée israélienne, au moral atteint et à la réputation ternie, réalise ses objectifs. On l’aura compris, à travers l’encerclement de la Syrie, c’est son alliance avec l’Iran, le Hezbollah et le Hamas qui était visée. La manière forte ayant échoué, les États-Unis et leurs alliés vont essayer d’utiliser la carotte. Ce rôle d’aguicheur pour casser l’alliance entre Damas et Téhéran reviendra à la France (et à l’Union européenne), à la Turquie et au Qatar. En contrepartie de cette main tendue, il est désormais demandé à la Syrie (dont le président Bachar sera accueilli en grande pompe dans les capitales européennes) de s’insérer dans la mondialisation. Une option qui se révéla autrement plus productive pour les Occidentaux que le bâton. Un partenariat économique et stratégique est également signé avec la Turquie. Il s’agissait d’une erreur stratégique fatale que les couches les plus vulnérables de la société syrienne, notamment la paysannerie, paieront le prix. La libéralisation économique, la levée des barrières douanières avec la Turquie, une longue et sévère sécheresse de quatre ans, transformera la paysannerie syrienne en sous-prolétariat autour des villes. Or, ce sont ces couches qui seront la chair à canon de cette contestation. Il faut reconnaître que le pouvoir syrien, autiste ou berné par le mirage de la libéralisation économique sauvage, a mis du temps à réaliser à quel point cette politique d’ouverture économique, combinée à un blocage politique, a ébranlé les fondements sociaux du régime et a éloigné de lui de larges couches qui n’acceptaient l’autoritarisme que tant que la contrepartie était le maintien d’une paix sociale fondée sur la satisfaction des besoins minimaux : logement, pouvoir d’achat, système de santé… D’autant que cette ouverture économique avait aggravé le fléau de la corruption. A cela il faudra ajouter la gestion initiale de la crise par un appareil sécuritaire aussi autiste qu’arrogant. Maintenant, au bout d’un an et demi de rébellion, et après de longues hésitations, le régime revient à une politique qui avait fait ses preuves dans le passé : fin du libéralisme sauvage parallèlement à l’engagement massif de toutes ses forces militaires et sécuritaires dans le combat.C’est en tout cas la lecture qu’on est en droit de faire de l’allocution télévisée de Bachar al-Assad aux ministres du nouveau gouvernement syrien, lors de leur première réunion officielle : guerre totale contre la rébellion et ses soutiens extérieurs et guerre totale contre les lois libérales qui avaient poussé la paysannerie et le lumpenprolétariat dans la révolte. Quant aux réformes substantielles, elles n’interviendraient qu’une fois la paix rétablie.

 

Quels sont les enjeux inavoués dans ce conflit ? 

Ils sont essentiellement régionaux : casser l’alliance avec l’Iran, amener la Syrie à signer une paix au rabais avec Israël, détruire les fondements de  l’État-Nation pour livrer la Syrie aux forces wahhabites et islamistes radicales, ce qui signifie l’éclatement de la Syrie en plusieurs entités en guerre entre elles. Ce qui enracinerait la présence occidentale au Moyen-Orient pour les décennies à venir. 
Un autre enjeu capital : les monarchies du Golfe, fragilisées elles aussi par le vent de contestation qui souffle sur le monde arabe, et par la transformation inattendue de l’Irak, débarrassé du régime de Saddam Hussein, en un protectorat iranien, cherchent, à travers la chute du régime syrien anti-wahhabite et pro-russe, à transformer la Syrie en base arrière pour reconquérir l’Irak et déstabiliser l’Iran. Elles cherchent surtout à liquider le Hezbollah libanais. Ces objectifs non avoués n’ont pas été jusqu’ici atteints et ne le seront pas tant que le soutien sino-russe ne faiblit pas et tant que l’axe syro-iranien, qui comprend le Hezbollah et l’Irak de Maliki ne se rompt pas. 

Des affrontements armés se déroulent au Liban, est-ce un début d’embrasement dans la région ? 

Personne n’a intérêt, pour le moment, et tant que le régime syrien et ses alliés libanais (Hezbollah et une majorité des chrétiens) estiment qu’ils ne sont pas menacés à rallumer la guerre civile. Et cela malgré l’utilisation de certaines forces libanaises pro-saoudiennes et pro-qataries sur le territoire libanais pour déstabiliser le régime de Damas. La Syrie a au contraire besoin de maintenir la stabilité du Liban pour s’en servir comme base arrière logistique et financière afin de contourner les sanctions occidentales qui la frappent. Par contre, l’Arabie Saoudite et le Qatar peuvent être tentés de jeter de l’huile sur le feu au Liban pour maintenir la pression sur la Syrie et se servir de ce pays comme voie d’acheminement des hommes, des armes et de l’argent en direction de la rébellion. C’est un risque non négligeable mais à double tranchant : si la Syrie et ses alliés l’emportent, c’est toute l’influence occidentale et saoudienne qui sera éradiquée. Et le Liban basculerait définitivement dans l’axe syro-irako-iranien. Le risque d’un tel scénario (le chaos ou la victoire de l’axe pro-iranien) est dévastateur pour Israël, et c’est la raison pour laquelle les États-Unis seront contraints d’amener ses supplétifs libanais, du Golfe et la Turquie à ne pas trop entraîner le pays du Cèdre dans cette direction incontrôlable. Le meilleur scénario pour l’Occident est de jeter de l’huile sur le feu sans permettre à l’un des camps de l’emporter, ce qui équivaut à un affaiblissement durable de l’État Syrien. 

La Russie et la Chine empêchent l’Otan d’intervenir en Syrie. Peut-on parler d’une nouvelle confrontation Est-Ouest ? 

On assiste en effet à un changement majeur dans les relations est-ouest et nord-sud. La crise syrienne, après le camouflet libyen, et auparavant la guerre des Balkans, sonne définitivement la fin de l’unilatéralisme occidental dans les relations internationales et annonce l’avènement d’un monde multipolaire. L’avènement des Brics (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) participe à ce changement substantiel dans les relations internationales. La crise financière et économique sans précédent en Occident ne favorise pas non plus une nouvelle guerre autrement plus coûteuse que la guerre contre la Libye ou l’Afghanistan. La destruction d’un avion militaire turc dans l’espace aérien syrien donne aux va-t-en-guerre de l’Otan à réfléchir. La Turquie ne le demande d’ailleurs pas, malgré certaines gesticulations, car elle sait à quel point elle s’expose à des représailles de la part de la Syrie (qui pourrait de nouveau jouer la carte des indépendantistes kurdes du PKK qui sont très nombreux en Syrie mais interdits d’agir à partir du territoire syrien). Par ailleurs, l’Iran, l’Irak ou la Russie limitrophe ne permettraient pas une telle intervention. Il n’y aura pas donc une confrontation Est-Ouest, mais un nouveau bras de fer autour du bouclier anti-missile de l’Otan, autour de la Syrie et de l’Iran et, enfin, autour des courants islamistes wahhabites que Moscou, Pékin et New Delhi considèrent comme le cheval de Troie de l’Occident pour déstabiliser la fédération russe. A travers la Syrie, la Russie cherche aussi à éviter la réédition de la guerre de Tchétchénie. 
Idem pour la Chine qui ne voudrait pas que l’islam radical ou politique soutenu par l’Occident à travers ses obligés du Golfe et surtout à travers la Turquie atteigne la province chinoise du Xinjiang, aussi appelée Turkestan oriental, peuplée majoritairement par les Ouïgours, turcophones musulmans sunnites, travaillés par des courants séparatistes. 

Comment expliquer le rôle dominant du Qatar et de l’Arabie Saoudite dans la crise syrienne ? 

Il est illusoire de penser que ces deux monarchies pétrolières agissent d’une manière autonome. Elles dépendent en grande partie des États-Unis qui leur assurent la survie en contrepartie d’une totale soumission ou alignement sur leur agenda géopolitique et énergétique. C’est le cas en ce qui concerne l’actuel bras de fer avec l’Iran. Ces deux monarchies, comme d’ailleurs les quatre autres qui font partie du Conseil de coopération du Golfe (Émirats arabes unis, Koweït, Bahreïn et Oman) ont désigné le régime iranien comme l’ennemi à abattre. En cela, ils suivent l’agenda américain et israélien. Ce suivisme arrange surtout Washington : la prétendue menace iranienne rend la présence militaire américaine dans le Golfe et dans la région indispensable et durable. Ainsi que la multiplication de bases militaires. On ne peut pas comprendre le retournement spectaculaire du Qatar contre l’«ami syrien», sans ce paramètre, à savoir son alliance avec l’Iran. Dans le passé, ces émirats abritaient des bases étrangères en contrepartie de royalties. Aujourd’hui ce sont ces émirats qui couvrent les frais de ces bases ! En fait, ces pays comptoirs sont structurellement fragiles. Pour assurer leur survie, ils doivent, pensent-ils, fragiliser leurs puissants voisins. C’est ainsi qu’ils ont participé à la destruction de l’Irak, à l’affaiblissement de  l’Égypte et aujourd’hui œuvrent inlassablement pour casser l’Iran et ses alliés. Non seulement à travers leur soumission à la stratégie militaire occidentale et israélienne, mais aussi à la stratégie énergétique. Comment ? Les monarchies pétrolières appliquent, en matière de prix pétroliers et gaziers, les consignes américaines. La guerre des prix déclenchée vers le milieu des années quatre-vingts du siècle dernier a été coordonnée avec la politique de l’Agence internationale de l’énergie dont l’objectif premier avait été de casser l’Opep et les pays pétroliers récalcitrants et souverainistes comme l’Algérie, l’Irak, l’Iran, le Nigeria ou le Venezuela et la Russie. Et quand le roi Fayçal a voulu utiliser l’arme du pétrole après 1973, il a été assassiné ! Depuis, elles ont bien rempli cette mission au vu des ravages que cette guerre des prix avait provoqué contre ces pays. Le Qatar, par sa politique gazière offensive, reproduit le même schéma. Avec une infrastructure gazière ultra-compétitive et une flotte ultra-moderne, cet émirat gazier cherche à nuire à la Russie et à l’Algérie sur le marché européen et à l’Iran sur le marché asiatique. Il était aussi question, selon ce plan, de construire un gazoduc via la Syrie. Le refus de Damas, alliée de Moscou, d’accepter ce tracé, explique en partie le retournement du Qatar contre la Syrie. 
Reste enfin une autre motivation, capitale celle-ci, qui anime ces deux monarchies wahhabites : la wahhabisation de la Syrie, donc son affaiblissement, prélude à sa soumission à la stratégie américaine qui a toujours favorisé l’islam dit politique dans le monde contre les courants nationalistes arabes.

 

Au plan strictement interne, quelles parts prennent les clivages confessionnels et les difficultés sociales dans la crise dans ce pays ? 

La Syrie, comme le Liban ou l’Irak, est composée d’une multitude de confessions religieuses. Le ciment qui les soude est l’arabité, dans la mesure où près de 90% de la population se définit comme arabe. Le parti Baas (comme d’ailleurs tous les partis nationalistes de types nassériens, unionistes arabes ou nationalistes syriens, voire les partis dits progressistes…) se veut le miroir de cette réalité. Il projette de fédérer toutes les communautés religieuses dans un État national arabe et séculier qui transcenderait l’antagonisme confessionnel et ethnique. Ce projet définit l’islam comme l’un des éléments constitutifs de l’identité nationale arabe, mais pas le seul. L’islam sunnite est certes majoritaire dans le pays (65%), mais il est traversé par des sensibilités antagonistes. Dans leur écrasante majorité, les Syriens sunnites sont de sensibilité soufie et craignent plus que tout l’islam wahhabite qui, s’il parvient à s’emparer du pouvoir en Syrie, risque de les éradiquer, comme il l’avait fait dans la province du Hedjaz conquise par les Saoudiens. Basés essentiellement dans les villes, ces sunnites de sensibilité soufie constituent, avec les minorités alaouite, chrétienne, druze et ismaélite, la majorité de la population. Cela explique sans doute pourquoi le régime continue à bénéficier d’une large majorité dans l’opinion (au moins la moitié de la population), par conviction ou par réalisme, ou tout simplement par rejet des ingérences étrangères occidentales, turque ou des monarchies du Golfe. La seule composante non arabe de la population syrienne, à savoir les Kurdes (10%), est majoritairement acquis au pouvoir. Leur aversion de la Turquie explique, entre autres, leur soutien critique au régime qui, aux premiers mois de la révolte, avait accordé la nationalité syrienne à quelques 300 000 Kurdes apatrides. Mais ce qui crée l’illusion que l’actuel régime syrien est un régime confessionnel alaouite c’est sans doute le fait que le nombre des officiers au sein de l’armée ou de l’appareil sécuritaire est disproportionné avec leur importance numérique au sein de la population pour des raisons historiques et sociales. Car pendant que les fils de la bourgeoisie des villes boudaient ces deux institutions, les fils des paysans et des minorités y voyaient un moyen rapide d’ascension sociale. C’est aussi le fait que l’actuel président est lui-même issu de la communauté alaouite (15% de la population) comme de nombreux hauts militaires. Il n’en reste pas moins que les clivages sont essentiellement socio-économiques et les vrais décideurs économiques et sociaux sont majoritaires au sein de la bourgeoisie sunnite des villes. Comme l’a souligné l’opposant syrien HaythamManna, sur 500 décideurs économiques ou dans les milieux des affaires, on compte à peine 15 issus de la communauté alaouite. Même si l’un des plus riches hommes d’affaires connus en Syrie n’est personne d’autre que Rami Makhlouf, le cousin du président. Les clivages actuels, comme je l’avais mentionné plus haut, sont essentiellement socioéconomiques et géographiques (la campagne contre la ville, la paysannerie et la petite bourgeoisie contre les affairistes), des clivages aggravés par la politique de libéralisme effréné conduite au nom des réformes structurelles et de l’efficacité économique exigées par l’Union européenne. 

On parle d’une opposition intérieure et d’une autre extérieure. Ces deux oppositions sont-elles alliées ou, au contraire, antagoniques? 

Comme vient de le montrer la dernière conférence réunie au Caire cette première semaine de juillet sous l’égide de la Ligue arabe, de l’ONU et des pays occidentaux pour unifier les rangs de l’opposition syrienne, cette dernière ne parvient pas à surmonter ses divergences. Les groupes armés qui mènent la guérilla à l’intérieur (majoritairement islamistes) ont rejeté d’emblée la tenue d’une telle conférence, qui impliquerait leur marginalisation. Ils ont même accusés ces opposants réunis au Caire de «comploteurs contre la révolution». Il ne faut pas se tromper : la principale force d’opposition contre le régime du Baas est, sur le terrain, celle des Frères musulmans. C’est cette opposition qui reçoit l’essentiel des fonds, des armes et des djihadistes venus de l’extérieur. Même au sein de l’opposition extérieure dite libérale et démocratique, les Frères musulmans sont omniprésents et décident de tout en veillant cependant à mettre en avant certaines figures libérales, laïques ou démocratiques. 
Cette division de l’opposition fait le jeu du régime. Entre partisans de la militarisation de la révolte, ceux qui appellent l’Otan à intervenir et ceux qui ne cherchent que des réformes démocratiques, le fossé est infranchissable. 
A l’intérieur, l’Armée syrienne libre (ASL) rejette tout compromis avec le pouvoir. Son jusqu’au-boutisme est à la mesure de son éclatement et de sa faiblesse. Le Comité général de la révolution syrienne (CGRS), composé d’opposants intérieurs qui rejettent l’ingérence étrangère, fait bande à part. Créé en août 2011, le CGRS s’était fixé pour objectif de «resserrer» les liens entre les différentes factions opposantes agissant en Syrie. En vain. Quant au Conseil national syrien (CNS), vitrine extérieure de l’opposition adoubée par les Occidentaux et les «démocrates» du Golfe, il est contrôlé par les Frères musulmans, eux-mêmes divisés entre intérieur et extérieur. 
Il faut ajouter à ce tableau les Comités locaux de coordination (CLC) et le Comité de coordination pour le changement national et démocratique (CCCND) ainsi la Coalition des forces laïques et démocratiques (CFLD). Toutes ces structures ne pèsent pas lourd sur le terrain face aux groupes djihadistes qui semblent gagner du terrain, mais n’ont pas de stratégie cohérente. 

De grandes incertitudes pèsent sur l’évolution des événements en Syrie. Une solution à court terme à la crise est-elle envisageable ? 

Bien malin celui qui se hasarderait à donner un diagnostic fiable de l’évolution des événements en Syrie. 
Il convient cependant d’observer que, contrairement à ce qui s’est passé dans les autres pays du mal nommé «printemps arabes», en seize mois, le régime est encore debout et même capable d’organiser des manœuvres militaires grandioses (mer, terre et air). Ce qui montre qu’il a confiance en l’institution militaire. On n’a également observé aucun effondrement dans l’armée, les services de sécurité, l’Administration et le corps diplomatique. L’alliance avec la Russie, la Chine, l’Iran et le Hezbollah ne s’est pas fissurée. Mieux encore, l’Irak, contre toute attente, a ouvert son marché aux produits syriens, rendant peu opérationnelles les sanctions occidentales contre l’économie syrienne... 
Mais il est illusoire de croire, comme le souhaitent certains ultras du régime, que l’option militaire et sécuritaire soit le remède. Certes, les ultras de l’autre camp facilitent la tâche des éradicateurs du régime en exigeant le départ de Bachar, le démantèlement de l’appareil sécuritaire et militaire plutôt qu’un dialogue productif qui déboucherait sur un régime de transition qui préserve la Syrie d’une guerre civile assurée. 
C’est la philosophie préconisée par le plan Annan, par les Russes et les Chinois et certains pays arabes lucides comme l’Algérie. En dehors de ce plan de transition qui permettrait aux Syriens de retrouver entre eux le chemin de l’unité, de la démocratie et de la stabilité, il n’y a pas de salut. 
Je doute cependant que les pays occidentaux et leurs supplétifs arabes puissent donner une suite favorable à ce plan qu’ils avaient pourtant approuvé à Genève. La sortie de crise en Syrie échappe désormais aux seuls Syriens. Elle est entre les mains des Russes et des Occidentaux. 
Le médiateur onusien Kofi Annan n’a pas mâché ses mots en identifiant les responsables de l’enlisement de la crise. Dans un entretien accordé au Monde, il s’est indigné contre ceux qui accusent les Russes d’empêcher une «transition crédible» en Syrie. 
«Mais ce qui me frappe, a-t-il dit sans faux-fuyants, c'est qu'autant de commentaires sont faits sur la Russie, tandis que l'Iran est moins mentionné, et que, surtout, peu de choses sont dites à propos des autres pays qui envoient des armes, de l'argent et pèsent sur la situation sur le terrain. Tous ces pays prétendent vouloir une solution pacifique, mais ils prennent des initiatives individuelles et collectives qui minent le sens même des résolutions du Conseil de sécurité.» Le Grand Jeu se joue aujourd’hui en Syrie. Au grand malheur des Syriens qui en paient le prix.
 

 http://algeriepatriotique.com/article/majed-nehme-explique-la-guerre-en-syrie-pour-algeriepatriotique-1



2 Pays Arabes & voisins

Liban

L’armée libanaise renforce sa présence à la frontière avec la Syrie
L’armée libanaise a commencé mardi à renforcer sa présence à la frontière avec la Syrie à la suite d’incidents répétés dans le nord du Liban, a indiqué un porte-parole militaire. "Nous avons commencé à nous déployer et cela prendra entre une semaine et dix jours", a-t-il dit. Le conseil des ministres a décidé lundi soir de renforcer la présence de l’armée à la frontière libano-syrienne à la suite de plusieurs incidents récents, parfois meurtriers. L’armée libanaise a annoncé que des "échanges de tirs ont eu lieu entre les troupes syriennes et des hommes armés" dans la nuit de lundi à mardi et que des obus s’étaient abattus sur le sol libanais, faisant des blessés parmi les civils. L’agence officielle syrienne Sana a affirmé de son côté que les soldats syriens avaient déjoué une tentative d’infiltration de "groupes terroristes" à partir de la frontière libanaise.
La France a condamné mardi des tirs d’obus syriens ainsi que la répétition ces derniers jours d’incidents à la frontière entre les deux pays. "Nous appuyons la décision du conseil des ministres libanais de renforcer la présence des forces armées libanaises aux frontières, pour garantir la sécurité du territoire et des populations libanaises", a affirmé le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Bernard Valero, lors d’un point de presse. "La France appelle la Syrie au strict respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale du Liban, conformément aux résolutions des Nations unies", a-t-il ajouté.
L’incident intervient deux jours après la mort de deux personnes lors d’accrochages et d’explosions dans la zone.
http://www.assawra.info/spip.php?article362



Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

" Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19



11/07/2012

n°30- 2eme et dernière partie - Journal de Libye - 12-06 au 10-07-a : - Les grandes manœuvres. 1 -


n°30- 2eme et dernière partie - Journal de Libye - 12-06 au 10-07-a  : -  Les grandes manœuvres. 1 -


Face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Sa diffusion est un acte de résistance.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre




Sommaire de la lutte pour la libération du territoire.

1 Les grandes manœuvres

1-1 elwatan : Le droit de Seïf Al Islam à un procès équitable «compromis»

2 CPI

2-1 French.ruvr : La Cour pénale internationale (CPI) est préoccupée par le sort du fils de Mouammar Kadhafi, Seif al-Islam.

3 Communiqué - Amnesty International

3-1 Libye « La mainmise des milices est corrosive pour l'état de droit ».

4 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

4-1 Guillaume de Rouville : Crimes médiatiques ou les conséquences meurtrières de la désinformation.

5 Dossier

5-1 Benghazi en proie à une série d'attentats anti-occidentaux.

6  Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

6-1 Guillaume DE ROUVILLE : La démocratie contre la paix.

7 Annexe

7-1 Pepe Escobar : BHL : L'art de la guerre, avec un verre de vin.

 



1 Les grandes manœuvres

1-1 elwatan : Le droit de Seïf Al Islam à un procès équitable «compromis»
Le droit de Seïf Al Islam à un procès équitable a été «irrémédiablement compromis», a déclaré, hier vendredi, son avocate, l’Australienne Melinda Taylor, qui a été libérée le 2 juillet dernier après avoir été détenue pendant près d’un mois en Libye.
«Indépendamment de toutes les questions concernant ma propre conduite personnelle, les droits de mon client, M. Seif Al Islam, ont été irrévocablement compromis pendant ma visite à Zenten», a déclaré Mme Taylor, lors d’une conférence de presse dans la banlieue de La Haye, à Voorburg.  L’équipe de défense de Seïf Al Islam, composée de Melinda Taylor, 36 ans, et de l’avocat désigné par la CPI, Xavier-Jean Keïta, estime que «les évènements récents ont complètement démontré qu’il sera impossible pour M. El Giueddafi d’être jugé de manière impartiale et indépendante dans les tribunaux libyens», a ajouté Mme Taylor.
Celle-ci avait été arrêtée le 7 juin en Libye avec la délégation de la
Cour pénale internationale (CPI) dont elle faisait partie, après avoir rendu visite au fils du défunt Mouammar El Gueddafi, Seïf Al Islam, emprisonné à Zenten, à 170 km au sud-ouest de Tripoli, depuis son arrestation. Seïf Al Islam, 40 ans, fait l’objet d’un mandat d’arrêt de la CPI pour des crimes contre l’humanité commis pendant la révolte qui a provoqué la chute puis la mort de Mouammar El Gueddafi en 2011.
Les autorités libyennes ont accusé la délégation d’atteinte à la «sécurité nationale». Mme Taylor, 36 ans, est en effet accusée d’avoir apporté un stylo-caméra lors de sa visite et d’avoir essayé de transmettre à Seïf Al Islam une lettre codée de son ancien bras droit, Mohammed Ismaïl, l’un des hommes les plus recherchés par la justice libyenne. «Les autorités libyennes ont délibérément trompé la défense au sujet de la surveillance de la rencontre avec M. El Gueddafi et elles ont saisi des documents qui étaient protégés par le secret professionnel et les consignes de la CPI», a ajouté Mme Taylor.

Outre l’avocate australienne, son interprète libanaise, Helen Assaf, et deux membres du greffe, le Russe Alexander Khodakov, 60 ans, et le chef de la section d’aide aux conseils, l’Espagnol EstebanPeraltaLosilla, 48 ans, sont également détenus, selon la CPI.
Les ex-rebelles de Zenten, qui détiennent Seïf Al Islam, ont traité les quatre employés de la CPI «avec respect et dignité», selon Mme Taylor, qui a précisé avoir pu parler avec sa famille une fois pendant ses 26 jours de détention. «Parler avec ma fille de deux ans dans de telles circonstances a été à la fois vital et déchirant», a assuré Mme Taylor.
Les autorités libyennes, qui souhaitent juger elles-mêmes Seïf Al Islam, ont déposé le 1er mai dernier une requête contestant la compétence de la CPI pour poursuivre le seul fils de l’ancien dirigeant à être détenu en Libye.

le 07.07..2012
http://www.elwatan.com/international/le-droit-de-seif-al-islam-a-un-proces-equitable-compromis-07-07-2012-177545_112.php



2 CPI

2-1 French.ruvr : La Cour pénale internationale (CPI) est préoccupée par le sort du fils de Mouammar Kadhafi, Seif al-Islam.

Les représentants de la Cour pénale internationale (CPI) sont préoccupés par le sort du fils de Mouammar Kadhafi, Seif al-Islam. C'est ce qu'a déclaré les employés de la CPI, qui ont essayé de lui rendre visite en prison à Zintan en juin, mais finalement ils ont été arrêtés à ce moment-là et libérés cette semaine. 

Actuellement, ils donnent leurs premières entrevues, qui montrent clairement que les jours du fils de Kadhafi sont comptés. Un tribunal indépendant et impartial en Libye n'est pas possible pour lui, a déclaré l'avocat de la CPI Melinda Taylor.

Les nouvelles autorités libyennes vont juger Seif al-Islam pour les crimes contre l'humanité. La CPI exige son extradition à La Haye, craignant qu'il fasse face à la vengeance chez lui.

07/07/2012

french.ruvr.ru



3 Communiqué - Amnesty International

3-1 Libye « La mainmise des milices est corrosive pour l'état de droit ».

Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction partage le point de vue de l'auteur mais doit être vu comme information.

La Libye risque d’être le théâtre de ces mêmes violations des droits humains qui ont conduit à la « Révolution du 17 février », à moins que les vainqueurs des élections prévues le 7 juillet ne placent au premier rang de leurs priorités le rétablissement de l’état de droit et le respect des droits fondamentaux, écrit Amnesty International jeudi 5 juillet dans un nouveau rapport.

Dans ce document intitulé Libya: rule of law or rule of militais?l’organisation affirme que près d’un an après la chute de Tripoli aux mains des révolutionnaires (thuwwar), les violations des droits humains – notamment les arrestations et détentions arbitraires, les actes de torture (y compris lorsqu'ils entraînent la mort), l’impunité pour les homicides illégaux et les déplacements forcés – mettent en péril les premières élections nationales du pays depuis le renversement du régime de Mouammar Kadhafi.

Lors d’une visite en Libye en mai et en juin, Amnesty International a constaté que des centaines de milices armées continuent d’agir au mépris de la loi, refusant d’être désarmées ou de rejoindre l’armée ou la police nationale. Le ministère de l’Intérieur a indiqué qu’il a pu démanteler quatre milices à Tripoli, ce qui représente une part infime de l’ensemble.

« Il est plus que décourageant de constater qu’après tant de mois, les autorités ont échoué de manière flagrante à briser la mainmise des milices sur la sécurité en Libye, qui se traduit par des conséquences dramatiques pour la population, touchée de plein fouet par leurs agissements, a déploré Hassiba Hadj Sahraoui, directrice adjointe du programme Afrique du Nord et Moyen-Orient d’Amnesty International.

« La " Révolution du 17 février " est née de la volonté d’en finir avec la répression et l’injustice. Si rien n’est fait pour stopper les violences et l’anarchie, le danger est bien réel que la Libye se mette à reproduire et consolider les différentes formes de violations des droits humains qui prévalaient depuis 40 ans. »

Violences contre les détenus et morts en détention

Les milices continuent d’arrêter des citoyens et de les placer en détention, dans des centres non officiels tenus secrets. Malgré certaines initiatives visant à placer les centres de détention sous le contrôle des autorités centrales, on estime qu’environ 4 000 prisonniers sont toujours détenus, pour certains parfois depuis un an sans inculpation, dans des lieux hors de contrôle de ces autorités.

Les violences infligées aux prisonniers, particulièrement s’ils ont été arrêtés récemment, se poursuivent. Une mission d’enquête menée par Amnesty International a mis au jour des éléments prouvant que des passages à tabac et autres violences – s’apparentant parfois à de la torture – ont été infligés dans 12 des 15 centres de détention où elle a pu s’entretenir en privé avec des prisonniers, lors de sa dernière visite.

Parmi les méthodes de torture couramment signalées figurent la suspension dans des positions contorsionnées, les décharges électriques et les passages à tabac des heures durant à l’aide de divers objets, notamment des chaînes et des barres métalliques, des câbles électriques, des bâtons, des tuyaux en plastique, des tuyaux d’arrosage et des crosses de fusil.

Amnesty International dispose d’informations détaillées sur au moins 20 cas de prisonniers morts en détention des suites de tortures infligées par les milices depuis fin août 2011.

Affrontements armés et déplacements forcés

Les affrontements entre les milices armées qui utilisent à tort et à travers des mitrailleuses, des grenades propulsées par roquettes et d’autres armes dans des zones d’habitation continuent de faire des ravages en Libye, causant des victimes parmi des personnes qui se trouvent sur les lieux ou ne prennent pas part au conflit.

La ville de Koufra, dans le sud du pays, qui abrite des membres de la minorité tabou, a été le théâtre de trois périodes de combats entre février et juin. Selon Amnesty International, ces affrontements, qui s’accompagnent toujours de détentions arbitraires et d’actes de torture imputables à toutes les parties, creusent davantage encore les lignes de fracture au niveau régional, tribal et ethnique.

Par ailleurs, Amnesty International a vivement critiqué les autorités pour leur incapacité à résoudre la situation de communautés entières, qui ont été déplacées de force lors du conflit en 2011 et ne peuvent toujours pas rentrer dans leurs foyers, pillés et incendiés par les milices armées. Les habitants de la ville de Tawargha, à savoir 30 000 personnes, ne peuvent toujours pas rentrer chez eux.

Les étrangers en danger

D’après le rapport d’Amnesty International, les ressortissants subsahariens en Libye – particulièrement les migrants sans papiers – sont soumis à des arrestations arbitraires et placés en détention à durée illimitée, victimes de passages à tabac s’apparentant parfois à de la torture et exploités par les milices armées. Ceux qui embarquent les étrangers ne font généralement pas de distinction entre les migrants et ceux qui fuient la guerre et les persécutions dans leur pays.

La situation désespérée des migrants en Libye est exacerbée par le fait que les autorités ne combattent pas le racisme ni la xénophobie dont font l’objet les Libyens à la peau foncée et les Africains subsahariens.

Pas de justice pour les victimes

Les autorités libyennes continuent de minimiser l’ampleur et la gravité des violations des droits humains commises par les milices, les qualifiant d’actes isolés qu’il convient de considérer dans le contexte des violences subies sous le régime de Mouammar Kadhafi.

Au mois de mai, les autorités de transition ont adopté une loi qui accorde l’immunité contre toute poursuite aux thuwwar(révolutionnaires) pour les actes militaires et civils commis « dans le but d’assurer le succès de la Révolution du 17 février ou de la protéger ».

Lors d’une rencontre avec Amnesty International en juin, le procureur général libyen n’a pu donner aucune information concernant des thuwwartraduits en justice pour avoir torturé des détenus ou commis d’autres atteintes aux droits humains.

Hasna Shaeeb, 31 ans, accusée d’être fidèle à Kadhafi, a été placée en détention pendant trois jours en octobre 2011. Elle a reçu des décharges électriques, a été frappée et fouettée jusqu’à perdre connaissance et on lui a versé de l’urine dessus. Ses gardiens ont menacé de violer sa mère si elle ne passait pas aux « aveux ».

Hasna Shaeeb a été libérée sans inculpation trois jours plus tard et, depuis, a porté plainte via divers canaux. Le médecin légiste qui l’a examinée a rendu un rapport corroborant son témoignage.

À la connaissance d’Amnesty International, rien n’a été fait pour donner suite à sa plainte. Au contraire, elle a reçu une série d’appels anonymes, lourds de menaces, ainsi qu’un appel en juin de la personne qui l’avait arrêtée. En mars, en plein milieu de la nuit, des assaillants non identifiés ont ouvert le feu sur son appartement.

Demandes aux autorités libyennes pour la période post-électorale

Après l’élection, en vue de tourner la page, le Congrès national général et le gouvernement qu’il nommera doivent reconnaître publiquement l’ampleur et la gravité des atteintes aux droits humains, les condamner sans équivoque et faire savoir qu'elles ne seront plus tolérées.

« Afin de rendre hommage aux sacrifices et aux souffrances du peuple libyen, ceux qui auront la responsabilité de gouverner la nouvelle Libye doivent dire haut et fort qu’ils traduiront en justice et demanderont des comptes aux auteurs présumés de violations des droits humains, quel que soit leur grade ou leurs affiliations », a assuré Hassiba Hadj Sahraoui.

Jeudi 5 juillet 2012

Source : Service presse Amnesty International



Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

4-1 Guillaume de Rouville :Crimes médiatiques ou les conséquences meurtrières de la désinformation.

Depuis la chute du mur de Berlin, l’emprise des médias atlantistes sur les opinions publiques occidentales, au lieu de décliner en raison de la disparition de la menace communiste, s’est développée au point de supprimer quasiment toutes les voix dissidentes des canaux d’information non marginaux ou alternatifs. En France, pays un peu plus rétif que ses voisins à la mainmise atlantiste, ce travaille de nettoyage médiatique a été achevé par Nicolas Sarkozy avec l’aide de personnalités néoconservatrices comme Christine Ockrent ou Philippe Val (legs sur lequel le nouveau Président très atlantiste ne reviendra évidemment pas).

Il en résulte un unanimisme de l’information dont on pourrait s’accommoder en invoquant l’imperfection des Homo Sapiens s’il n’avait pour objectif principal de cacher des crimes de masses dont les élites dirigeantes des démocraties occidentales se rendent coupables avec une impunité déconcertante.

Les crimes médiatiques sont une composante à part entière des crimes politiques plus généraux qui ensanglantent la scène internationale où nos dirigeants déchaînent leur volonté de puissance. Sans une complicité active des médias atlantistes avec les élites occidentales les guerres en Irak et en Afghanistan, le dépeçage de la Libye et la descente aux enfers de la Syrie, n’auraient pas pu être réalisés aussi facilement.

Ainsi, il y a eu crime médiatique quand l’Otan a décidé d’attaquer l’Afghanistan dans la foulée des attentats du 11-Septembre parce que les médias ont refusé sciemment d’interroger les motivations de l’administration Bush dans cette guerre et de questionner la responsabilité directe des néoconservateurs dans ces attentats.

Il y a eu crime médiatique quand les États-Unis et leurs alliés ont envahi l’Irak en 2003 parce que les médias ont relayé volontairement de fausses informations sur la présence d’armes de destruction massive.

Il y a eu crime médiatique quand les médias ont inventé la fable du bombardement de Benghazi par Kadhafi pour envahir la Libye, quand ils ont laissé, sans broncher, les dirigeants occidentaux, avec la caution morale de quelques intellectuels atlantistes (dont J.B. Botul), donner le pouvoir à des milices wahhabites proches d’Al-Qaeda et créer une guerre civile afin d’accomplir des objectifs géostratégiques dont les peuples d’Occident et d’Orient ne verront jamais les bénéfices (moraux ou matériels).

Il y a crime médiatique quand les médias attribuent de manière opportune la paternité des massacres en Syrie (Houla) au clan au pouvoir pour faire tomber un régime qui ne répond plus à leurs objectifs dans la région ; il y a crime médiatique quand l’Occident peut, sans que les médias ne s’en émeuvent, armer des groupes terroristes, organiser des massacres de civils et apporter la guerre civile et religieuse dans un pays en paix.

Il y a eu crime médiatique quand les médias ont choisi de taire le soutien des États-Unis à un coup d’État au Honduras en 2009 et que ce silence couvre les cris des torturés et des suppliciés.

Il y a un crime médiatique quand les médias passent sous silence les implications pour les libertés fondamentales de la loi NDAA votée par l’administration Obama en décembre 2011 qui autorise les détentions arbitraires (des citoyens américains ou étrangers) comme au temps de l’absolutisme royal en France.

Il y a crime médiatique quand aucun grand média ne cherche à expliquer les raisons et les dessous de la guerre contre le terrorisme ni l’alliance des Occidentaux avec les défenseurs du terrorisme islamique (Arabie Saoudite et Qatar).

Il y a eu crime médiatique dans tous ces exemples parce que les médias mainstream ont délibérément choisi de se faire les porte-parole d’une élite à la quelle ils appartiennent ou à laquelle ils s’identifient, élite qui commet, de manière répétée, des crimes de guerre ou des crimes contre l’humanité contraires aux valeurs des Lumières.

L’incompétence n’est pas une excuse suffisante pour écarter la responsabilité directe des médias dans les crimes que nous avons mentionnés (d’autant que les médias alternatifs ont offert ou offrent des analyses précises et pertinentes sur l’ensemble de ces événements). L’incompétence ne peut pas être, en effet, à ce point partagée, voire unanime, tandis que la soumission volontaire à la parole officielle peut l’être en raison du commun dénominateur qui caractérise l’ensemble des médias qui comptent pour forger l’opinion des bourgeois cultivés : l’idéologie atlantiste. En effet, sans une idéologie commune et puissante capable de souder ensemble les intelligences humaines les plus diverses, autant d’erreurs et d’approximations dans l’information ne pourraient pas être commises de manière répétée et à propos de la plupart des événements cruciaux.

Nul besoin ici de mentionner tous les crimes médiatiques commis par les médias atlantistes tant la liste est longue et presque sans fin. Nous voulions juste rappeler l’évidence suivante au moment où le traitement médiatique du drame syrien semble atteindre en Occident un degré d’abjection rarement égalé : la désinformation tue des innocents.

Aux citoyens de rendre leurs journalistes comptables de celle-ci lorsque cette désinformation est manifestement volontaire, à défaut d’en accepter la part d’ombre pour soi-même et de démobiliser sa conscience face à la brutalité du monde. Aux citoyens de s’organiser pour faire tomber les tyrannies médiatiques qui dominent les opinions publiques occidentales. Pour que cessent les crimes des mass media.

Guillaume de Rouville

http://lidiotduvillage.org/2012/06/13/crimes-mediatiques-ou-...

URL de cet article 16970
http://www.legrandsoir.info/crimes-mediatiques-ou-les-consequences-meurtrieres-de-la-desinformation.html



5 Dossier

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.

5-1 Benghazi en proie à une série d'attentats anti-occidentaux.

Le Monde.fr | 15.06.

Benjamin Barthe

Benghazi est secouée depuis un mois par une série d'attentats qui prennent pour cibles des symboles de la présence ou du style de vie occidentaux en Libye. Revendiquées par d'obscures groupuscules islamistes, ces attaques qui n'ont pas fait de morts mais que les autorités semblent pour l'instant impuissantes à endiguer, suscitent une inquiétude croissante. Mardi 12 juin, le quotidien panarabe Al-Quds Al-Arabi, basé à Londres, se demandait en titre de son éditorial : "Al-Qaida s'attaque-t-il à Benghazi ?".

La préoccupation est d'autant plus grande que cette vague de violences survient à trois semaines d'une échéance cruciale pour l'avenir de la Libye post-révolutionnaire : l'élection d'une assemblée constituante, le 7 juillet, censée remplacer le Conseil national de transition (CNT), le bras politique de la rébellion anti-Kadhafi, qui pilotait jusqu'à ce jour la transition.

 

MULTIPLES ATTENTATS 

Le dernier attentat en date a visé un salon de beauté, mercredi 13 juin, dont la devanture a été mitraillée par des individus circulant en voiture. Personne n'a été blessé dans les tirs. Selon le Libya Herald, un site d'informations libyen, la propriétaire, GhazalehBahja, avait auparavant reçu des menaces d'un groupe d'hommes inconnus qui lui avait intimé de fermer sa boutique. Deux jours plus tôt, le convoi transportant l'ambassadeur britannique en Libye faisait l'objet d'une attaque à la roquette.

 

Deux de ses gardes du corps ont été blessés dans l'embuscade, qui aurait été conduite, selon une vidéo envoyée aux autorités locales, par des extrémistes se réclamant d'Al-Qaida.

 

Mardi 5 juin, c'est la mission diplomatique américaine à Benghazi, qui était victime d'un attentat à la bombe. L'explosion, qui n'a fait que de faibles dégâts, a été revendiquée par "Les brigades du cheikh emprisonné Omar Abdul Rahman", selon l'agence américaine SITE, spécialisée dans la surveillance des sites jihadistes, qui ajoute qu'elle visait à venger la mort du numéro deux d'Al-Qaida, le libyen Abou Yahya Al-Libi, tué le 4 juin par un drone américain au Pakistan.

 

Surnommé "le cheikh aveugle", âgé de 73 ans, l'égyptien Omar Abdel Rahman a été condamné en 1995 à la prison à vie par la justice américaine, pour son implication dans des projets visant à attaquer des cibles new-yorkaises.

 

Les mêmes brigades se sont attribuées la paternité de l'attaque, perpétrée le 22 mai, contre des locaux à Benghazi du Comité international de la croix rouge (CICR), accusé de se livrer à la propagation du christianisme. L'organisation humanitaire helvétique a été visée par une seconde explosion, le 12 juin, devant ses bureaux de Misrata, une ville portuaire, 150 km à l'est de Tripoli.

 

Les responsables sécuritaires de Benghazi s'efforcent de minimiser l'importance de ces attentats, qu'ils tendent à interpréter comme une manœuvre de déstabilisation, conduite par d'anciens Kadhafistes.

 

"Nos renseignements sur les groupes islamistes libyens nous incitent à penser qu'ils ne veulent pas basculer dans le terrorisme, dit Moustafa Seguesli, une figure de la révolution, nommé chef de la commission des combattants, en charge de la reconversion des ex-rebelles. Nous penchons plutôt pour la thèse du complot, fomenté par des éléments de l'ancien régime, pour discréditer les nouvelles autorités libyennes, en montrant qu'elles ne contrôlent pas le situation".

 

Selon lui, ces attaques ne justifient pas de repousser une nouvelle fois les élections, qui ont déjà été déplacées du 20 juin au 7 juillet pour des raisons techniques. "A Benghazi, la vie est normale, nos enfants vont à l'école, les restaurants sont ouverts et les affaires reprennent doucement".

 

Un journaliste local qui préfère rester anonyme critique cette approche : "Les autorités nous servent l'argument de la cinquième colonne à chaque fois qu'il y a un problème, dit-il. Elle ne veulent pas admettre qu'il y a un problème d'intégrisme car elles n'ont ni la volonté ni la capacité de trouver la solution".

 

"LA FORCE DES MILICES ARMÉES NE CESSE DE CROÎTRE"

 

De fait, le gouvernement du premier ministre Abderrahim Al-Kib, désigné à l'automne par le CNT, paraît démuni face à la masse d'armes en circulation. Le programme de démobilisation des anciens "thuwar" (rebelles) et d'intégration dans les structures du ministère de la défense ou de l'intérieur, traîne en longueur.

 

"Le pouvoir central est quasi absent, faible et incapable de contrôler la plupart des zones de Libye alors que la force des milices armées ne cesse de croître", s'inquiétait l'éditorial d'Al-Quds Al-Arabi.

 

Faute de réponse des autorités, la société civile de Benghazi n'hésite pas à prendre l'initiative. Jeudi 7 juin, plusieurs centaines d'islamistes armés, débarqués de Derna, bastion de l'extrémisme religieux libyen, à l'est de Benghazi, mais aussi d'autres villes de la côte, ont organisé une démonstration de force, en investissant la Place de la libération, là même où la révolution a commencé en février 2011.

 

La kalachnikov en bandoulière, juchés sur des batteries anti-aériennes installées sur des pick-up, ils agitaient des drapeaux noirs et brandissaient des bannières portant des slogans hostiles aux élections : "La démocratie est un système occidental et non islamique", "La démocratie est athée".

 

Choqué par l'irruption de ces fanatiques dans un lieu aussi emblématique, des habitants de Benghazi ont rapidement afflué sur la place. Aux cris de "La Libye est unie", "La Libye n'est pas l'Afghanistan", ils ont réussi à refouler peu à peu les intrus. Le lendemain soir, pour bien marquer leur victoire sur les intégristes, des jeunes de Benghazi organisaient un concert de rap dans un jardin du centre ville.

Benjamin Barthelemy Tchepnang 

Source :  Le Monde.fr | 15.06.

http://www.lemonde.fr/libye/article/2012/06/15/benghazi-en-proie-a-une-serie-d-attentats-anti-occidentaux_1719481_1496980.html

 



Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

6-1 Guillaume DE ROUVILLE :La démocratie contre la paix.

Les preuves de l’instrumentalisation par l’Occident du terrorisme islamique à des fins géopolitiques, notamment dans les conflits libyen et syrien, s’amoncellent, et pourtant l’opinion publique occidentale continue à soutenir l’idée que nos dirigeants défendent la démocratie contre la tyrannie dans ces régions du monde.

L’Occident peut ainsi s’allier ouvertement avec l’Arabie Saoudite et le Qatar, principaux pourvoyeurs de fonds aux mouvements terroristes islamistes dans le monde, leur fournir des armes, un appui logistique, des images satellites, des informations stratégiques et un soutien diplomatique sans faille, les opinions publiques refusent de voir la réalité en face et préfèrent penser que ces actions sont motivées par les valeurs démocratiques qui fondent nos sociétés.

Pour ces opinions publiques, mettre en avant le jeu pervers des Occidentaux en Orient ce n’est pas dire la vérité, c’est soutenir Assad ou Kadhafi et faire le jeu des dictatures. Ce n’est pas expliquer le monde tel qu’il fonctionne devant nos yeux avec ses complexités et ses manipulations, ses enjeux géopolitiques et les calculs cyniques de ses principaux acteurs, c’est prendre parti contre des mouvements démocratiques.

Quand les démocraties occidentales soutiennent et répandent la guerre et la terreur, comme en Libye ou en Syrie, avec les pires alliés que l’on puisse imaginer pour aller planter le drapeau de la démocratie en terres étrangères, ne faut-il pas être du côté de la paix et lutter contre les dérives de la démocratie occidentale au nom même des valeurs qu’elle est sensée représenter ? La paix n’est-elle pas un bien commun tout aussi important que cet autre bien commun qu’est la démocratie ? Quand la démocratie n’est qu’un prétexte pour des appétits prédateurs sans limite (Irak, Afghanistan, Libye, Syrie), appétits qui se traduisent par des massacres de masse de populations civiles innocentes, quand la démocratie sert d’appât pour attraper un peuple à la gorge et le jeter dans un cycle de violences dont ne sortiront que la misère, le chaos et l’asservissement généralisés, ne faut-il pas prendre la défense de la paix contre la démocratie, quoiqu’il en coûte pour sa propre réputation ?

Car il ne s’agit évidemment pas de défendre des dictateurs (comme d’habiles rhéteurs aiment à le répéter), nos dirigeants le font très bien à notre place, aussi longtemps d’ailleurs que ces dictateurs financent leurs actions ou hochent de la tête au pillage des ressources naturelles de leur pays. Il s’agit de répondre au bourgeois cultivé (celui qui lit Le Monde, le Guardian ou le New York Times et croit y trouver une description de la réalité) vivant dans les beaux quartiers de Paris, de Londres ou de New York, qui ne comprend pas que l’on puisse s’horrifier des stratégies employées pour faire tomber un dictateur. Il n’a jamais eu à se battre pour la démocratie, il l’a reçue en héritage et on l’a gavé depuis sa plus jeune enfance avec des valeurs démocratiques qui sont pour lui plus une jouissance qu’un devoir ou une obligation. Pour se sentir un citoyen méritant il n’a qu’à se soumettre avec nonchalance à la société de consommation et du spectacle et à aller voter de temps à autre pour le bonimenteur le plus présentable. Il n’y a pas de mal à cela ; c’est ainsi que vont les choses en démocratie et nous ne revendiquons pas d’autre régime politique pour gouverner le troupeau de consommateurs que nous sommes.

Ce que nous souhaitons simplement souligner, c’est que les rentiers de la démocratie (dont nous faisons partie) n’ont aucun mérite particulier dans l’essor ni dans l’existence de la démocratie occidentale et de ses valeurs. Alors, quand sans aucune nuance, tel ou tel d’entre eux approuve des guerres qui apportent la ruine, la terreur et le chaos dans des pays non démocratiques, on a envie de lui dire, “va là-bas, va t’engager aux côtés des rebelles salafistes et va admirer les massacres, les haines ethno-religieuses s’élever sur le cadavre de la laïcité, va contempler les enfants se faire trancher la tête et dis-moi s’il faut nécessairement en passer par là pour mériter la démocratie” ? Car, apparemment, pour ces rentiers, pour ces enfants gâtés de la démocratie, il s’agit juste de la mériter, pas de l’avoir, ni d’en profiter.

Si seulement cette démocratie était la promesse du sang versé et des souffrances endurées, on pourrait, en effet, comprendre l’envie du bourgeois cultivé de clouer le bec aux diseurs de mauvaise fortune et autres trouble-fête ou rabat-joie qui prennent la démocratie trop au sérieux pour jouer avec elle. Mais elle n’est, comme on l’a dit, que le prétexte d’un jeu géopolitique où l’Occident s’est allié avec des islamistes radicaux financés par l’Arabie Saoudite et le Qatar pour détruire des États-nations laïques sur des bases ethno-religieuses afin, notamment, de contrer l’influence chinoise et russe et de s’assurer l’accès à un certain nombre de ressources naturelles. On ne bâtit pas la démocratie sur le sectarisme religieux, sur le démembrement des États-nations, en envahissant un pays, en ruinant son infrastructure, en y apportant le libéralisme le plus pur (comme en Irak et en Libye), en donnant le pouvoir aux légions wahhabites qui défendent un islam intolérant et moyenâgeux. C’est mensonger et criminel de le prétendre ou de feindre de l’ignorer. À la place de la démocratie nous avons installé des fosses communes dans lesquelles nous avons jeté pêle-mêle des civils innocents et le cadavre de la paix.

Créer des guerres civiles dans des pays en paix : voila en un mot la responsabilité morale du bourgeois cultivé, rentier de la démocratie qui, dans le confort de ses certitudes sans conséquences pour lui, soutient l’impérialisme humanitaire de nos grands commis. Il y a beaucoup d’irresponsabilité et de morgue dans cette attitude qui consiste à soutenir la terreur wahhabite au nom des valeurs des Lumières et à faire de la démocratie occidentale un instrument de jouissance pour soi et de malheur pour les autres.

Comment expliquer l’aveuglement volontaire des bourgeois cultivés qui forment la masse inerte de nos opinions publiques, celle dont l’élite se joue pour fabriquer le consentement général ?

Peut-être que l’explication se trouve dans ce que nous appelons “l’ambiguïté démocratique” ou le “paradoxe démocratique” : la démocratie est à la fois le meilleur régime et celui qui permet le mieux de faire la guerre au nom de la paix, de tuer au nom des droits de l’homme, de persécuter au nom de la liberté individuelle, de conquérir des pays au nom des peuples à disposer d’eux-mêmes. Il semble qu’il y ait un caractère orwellien inhérent à la démocratie, en raison de l’image de vertu qui lui colle à la peau et qui permet, sans forcer les gens, de leur faire accepter l’inacceptable. La domination d’une élite y est discrète, invisible, sans violence excessive. On peut limiter la répression à quelques individus, torturer essentiellement ceux qui n’ont pas la qualité de citoyens (10 000 Musulmans étrangers torturés pour un Bradley Manning). L’élite démocratique ne dépend pas d’un tyran identifiable dont il suffirait de couper la tête pour remettre en cause l’ordre établi. En démocratie, la domination d’une minorité semble être le résultat d’un consentement général que l’on appelle souveraineté du peuple. L’oligarchie parvient à vendre à l’opinion publique son credo libéral, la financiarisation de son économie qui tue ses emplois, des guerres d’agression qui ne profitent qu’à une minorité, des explications du monde qui ne résistent pas à l’examen critique (11-Septembre, guerre contre le terrorisme), etc. La démocratie semble ainsi être, entre les mains de nos élites, l’instrument le plus efficace qui leur permet de se maintenir au pouvoir et d’accomplir des politiques contraires à l’intérêt général au nom même de cet intérêt général. Comme nous l’exposons dans La Démocratie ambiguë (1) : le sentiment commun est que la démocratie est infaillible, que les dirigeants ne nous trompent pas, que les médias ne nous manipulent pas. Nous évacuons toute pensée contraire comme ‘théorie du complot’, absurde paranoïa d’illuminés du Web. Le simple questionnement de la version officielle est synonyme de folie.

Il est quasiment impossible de démontrer aux citoyens d’un régime démocratique que leur pays peut, dans telle ou telle situation, incarner le mal. Les citoyens vivant en démocratie ne parviennent pas à être soupçonneux de leurs dirigeants ; ils sont de candides consommateurs qui ne peuvent pas admettre que la démocratie puissent faire le mal, car, si elle le faisait, ils ne vivraient plus dans cette démocratie immaculée qu’on leur vend, ils devraient, par conséquent, douter de la nature du régime dans lequel ils vivent, et cela, ils en sont psychologiquement et moralement incapables. À force de leur répéter qu’ils vivent en démocratie on leur a ôté l’appareil critique qui leur permettrait de voir les limites de cette affirmation.

L’esprit critique semble impuissant à renverser cette image trop flatteuse que nous avons de nos propres démocraties. Il faut avoir un esprit dissident, et pas seulement critique, pour ne pas se satisfaire de l’apparence démocratique et pour exiger que la chose corresponde au mot.

Ainsi, pour revenir sur le cas syrien, il est difficile pour la Russie ou la Chine de soutenir Bachar el-Assad car on assimile leur soutien à celui d’un régime dictatorial qui commet des crimes contre l’humanité. En revanche, et c’est là que le paradoxe apparaît, il est semble naturel et moral pour les États-Unis et leurs alliés occidentaux de soutenir les légions wahhabites (qui commettent également des crimes contre l’humanité - 2), car étant des démocraties, les États-Unis et leurs alliés ne pourraient pas vouloir le mal. Qu’importe que l’Occident utilise la guerre comme moyen de domination (en Afrique et au Moyen-orient par exemple) et que la Russie et la Chine aient principalement recours au développement économique, la morale semble toujours du côté de la ‘démocratie’.

Souligner la complexité d’une situation et expliquer l’instrumentalisation de l’idéal démocratique par les élites occidentales, plutôt que de proposer une vision monolithique d’un conflit, c’est faire honneur aux valeurs démocratiques de discussions et de libre réflexion. Que ceux qui se posent des questions se fassent insulter et traiter d’auxiliaires des dictateurs par les bourgeois cultivés est certainement triste, mais ne doit pas les décourager de continuer à faire des efforts de compréhension et d’explication et à défendre la paix contre les fausses promesses des apprentis sorciers de la démocratie qui promeuvent, sur le mode orwellien, la paix éternelle par des guerres perpétuelles et les vertus démocratiques par des crimes de masse.

Guillaume de Rouville

http://lidiotduvillage.org/2012/06/26/la-democratie-contre-l...

(1) La Démocratie ambiguë, Guillaume de Rouville, Éditions Cheap, juin 2012.

(2) Et sans doute de manière plus systématique.

URL de cet article 17088

27 juin 2012

http://www.legrandsoir.info/la-democratie-contre-la-paix.html



7 Annexe

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

7-1 Pepe Escobar : BHL : L'art de la guerre, avec un verre de vin.

PARIS- Elle se trouvait là, dans un coin discret, jamais repérée par les hordes de touristes : ma petite table favorite depuis les années 80 au Café de Flore à Saint-Germain.

J'en ai pris possession, j'ai commandé un croque-monsieur et un verre de Chablis, et j'ai repris mes activités, en lisant et en regardant le monde passer devant moi pour la première fois depuis la chute du Roi Sarko.

Première impression : où diable mon bouquiniste peut-il bien se trouver ?

La vénérable librairie La Hune, juste au milieu de mon angle de vision, semblait avoir été frappée par le feu de l'enfer. Zeus merci, elle avait déménagé pas loin. Deuxième impression plus prometteuse : BHL ne se trouvait pas au Flore. En fait, le philosophe français Bernard-Henri Lévy, alias BHL, était occupé ailleurs à assurer la promotion de sa prochaine guerre.
BHL n'est pas simplement un philosophe/écrivain/cinéaste, il est avant tout le patron exécutif d'une gigantesque opération de relations publiques montée à la gloire perpétuelle de lui-même. Il dirige pratiquement l'arène culturelle française, de la même manière que Christopher Hitchens pensait faire la pluie et le beau temps aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne.

Pouvons-nous vivre dans la médiocrité ? Si seulement Sartre était encore vivant pour renvoyer BHL d'un coup de pied dans le derrière vers son jardin d'enfants intellectuel ! BHL s'est rendu dernièrement au Festival du film de Cannes en emportant dans ses bagages quelques rebelles otanesques libyens en guise d'animaux de compagnie - des compagnons de son aventure de « libération », comme Moustafa El-Zagizli, de Bengazi, fièrement présenté comme le « prince des chabab », et le général Ramadan Zarmouth, de Misurata.

Le colonel Kadhafi avait l'habitude de planter ses tentes à Rome et de faire embrasser ses magnifiques robes par les potentats occidentaux. Les rebelles otanesques libyens, pour leur part, étaient abasourdis et troublés par leur expérience explosive des tapis rouges de Cannes.

Fait décisif, en compagnie de ses Libyens favoris, qui maugréaient contre « l'unité de la révolution », BHL avait également emmené avec lui - qui d'autre ? - ses Syriens favoris, deux Kurdes, des personnages louches en lunettes noires, dont les têtes étaient enveloppées dans des drapeaux syriens. Ils étaient décrits comme « des combattants qui avaient fui la Syrie en cachette, il y a seulement quelques heures, pour découvrir Le Serment de Tobrouk ».  

Nous avons donc là le sioniste certifié BHL, emmenant avec lui ses Arabes de service pour visionner la première mondiale de son nouveau film. Oui, toute cette affaire devait faire partie d'un autre exercice de glorification de BHL. Après avoir gagné pratiquement à lui tout seul la guerre de Libye - selon son propre « récit » - BHL a maintenant insisté sur le fait que « ce qui a été fait à Bengazi ne fut pas plus facile que ce qui devrait être fait à Homs ». Garçon ! Apportez-moi un changement de régime avec mon Chablis !

 

La guerre, c'est moi

Quant au film, diffusé sur les écrans en France et déjà vendu au marché nord-américain, il pourrait aspirer à se qualifier comme pièce surréaliste digne d'Alfred Jarry. Mais en tant que paon hyperactif, BHL n'a pas la moindre faculté d'autocritique, et ce qui reste est un BHL cinéaste se filmant lui-même en tant que réalisateur de l'Histoire en marche. Voilà comment une tradition littéraire et philosophique française vieille de plusieurs siècles se termine : L'Intellectuel est devenu un va-t-en guerre.

En voix off - quelle autre ? - celle de BHL non-stop : un monologue néo-proustien débité qui flirte avec Sun Tzu. BHL parcourt les rues de Bengazi à la recherche d'un héro rebelle postmoderne, et il le trouve en la personne d'Abdul OTAN Jalil.

La scène est à présent installée pour que BHL d'Arabie joue son épopée libératoire, constamment vêtu d'une veste noire, d'une chemise blanche Charvet méticuleusement ouverte pour montrer sa peau blanche, et un téléphone satellitaire collé sur son oreille, depuis les déserts et les montagnes jusqu'aux salons du Palais de l'Elysée et - bien sûr - le Café de Flore qui se révèle à une délégation libyenne éblouie.

Tous, du Roi Sarko à la Reine Hillary « Nous sommes venus, nous avons vu, et il mourut » Clinton et à David Cameron d'Arabie, sont manipulés pour servir d'extras dans une guerre de libération concoctée par BHL. Qui a réellement envie de savoir ce qu'il s'est réellement passé en Libye, comme l'Asia Times Online l'a rapporté pendant des mois ?

BHL rejoue inévitablement le coup de fil tristement célèbre qui aurait converti le Roi Sarko au changement de régime. Sarko lui-même a nourri ce mythe, en déclarant à la télé française en mars 2011 comment cet appel téléphonique l'avait conduit à rencontrer les rebelles de l'OTAN et à démarrer l'offensive franco-britannique. Foutaise ! Le changement de régime avait déjà été décidé à Paris depuis octobre 2010, lorsque le chef du protocole de Kadhafi s'était enfui de Libye pour se réfugier en France.

Maintenant, BHL est très occupé à rappeler au nouveau président français François Hollande « la France fera-t-elle pour Houla et Homs ce qu'elle a fait pour Bengazi et Misurata ? ». Eh bien, la coalition des volontaires est déjà en place : la France, la Grande-Bretagne, les Etats-Unis, la Turquie et la Ligue Arabe contrôlée par le Conseil de Coopération du Golfe ! Ils se nomment eux-mêmes « les Amis de la Syrie » et décideront des prochaines étapes du changement de régime, à Paris début juillet.

BHL concède que « sauver l'euro est une obligation impérieuse », mais le drame grec pourrait ne pas empêcher Hollande de passer un coup de fil, exactement comme BHL l'a fait averc son prédécesseur le Roi Sarko, pour convaincre la Russie et la Chine que l'Etat terroriste syrien relève du passé. Evidemment, BHL ne reconnaîtra jamais la nature terroriste de l'Etat israélien envers les Palestiniens, même s'il était sur le point de se faire écraser par un char de Tsahal. De toute façon, si Hollande cale, BHL se tournera vers David Cameron d'Arabie.

BHL insiste pour dire qu'il a réalisé Le Serment de Tobrouk pour la Syrie. En Libye, dit-il, il y avait « une réelle coalition avec les pays arabes, qui impliquait les forces émiraties et qataries ».

Pour l'Emir du Qatar, le Serment de Tobrouk devrait être perçu comme une comédie musicale façon « The Sound of Music ». Après tout, le Qatar a déjà acheté la moitié de la Place Vendôme, une bonne partie des Champs-Élysées et presque tout entre Madeleine et Opéra.

BHL pourrait faire pire que passer lui-même un coup de fil à l'Emir francophile pour lui demander de financer sa prochaine guerre. Mais dites donc, le Qatar arme déjà les rebelles syriens ! Prochaine étape pour BHL? L'Iran

Merci à Questions critiques
Source: http://atimes.com/atimes/Middle_East/NF14Ak02.html
Date de parution de l'article original: 14/06/2012
URL de cette page:
http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=7575http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=

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Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières,les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

" Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19



09/07/2012

n°61 - Syrie : Médias et Manipulation de l’opinion - 09-07 : p : - Conseil de Guerre de l'OTAN contre la Syrie

 


n°61 - Syrie : Médias et Manipulation de l’opinion - 09-07 : p : - Conseil de Guerre de l'OTAN contre la Syrie



Face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Sa diffusion est un acte de résistance.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettr



Dossier Syrie : Médias et Manipulation de l’opinion.

n°61                              08-07

C.De broeder & M.Lemaire



Le "Dossier deSyrie" est  visible 

a) sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

b) sur le site de Eva Resis           :  no-war.over-blog.com

c) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com  

d) sur le site : www.palestine-solidarite.org à cette adresse : http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

NB : Si vous vouleznous contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire de la lutte pour la libération du territoire.


Sommaire :  

Tiré à part :

Rick Rozoff Conseil de Guerre de l'OTAN contre la Syrie.

fr.rian.ru : Bachar al-Assad doit partir.

legrandsoir : Cumhuriyet - Interview du Président Al-Assad avec un représentant des médias turcs.

algerie1 : Plusieurs puissances extérieures « profondément impliquées », selon Annan.

fr.rian.ru : Syrie/conférence: Moscou s'opposera à toute ingérence étrangère.  

french.cri : La Chine s'oppose à toute tentative de changement de pouvoir en Syrie par la force.

Al Manar : Nous, le Hezbollah et l'Iran combattrons aux côtés de la Syrie en cas d'agression.

Au jour le Jour

- french.cri :L'OTAN entame des exercices navals au large de la Syrie

-La Suisse suspend ses ventes d'armes aux Emirats Arabes Unis.

-french.cri :L'OTAN entame des exercices navals au large de la Syrie.

-Irib : McCain appelle au soutien des terroristes armés en Syrie

-La Chine ne participera pas à la réunion sur la Syrie.

1 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

-Liesi : Guerre ou Intox ? Vidéo : Thierry Meyssan à propos de la destruction de la télévision Al-Ikhbariya.

Les brèves

2-1 IRIB : F4 turc, la nature de la mission ?

3  Dossier

3-1 Tlaxcala : BHL : L'art de la guerre, avec un verre de vin.

4 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

4-1 Kevin Barrett : Ingérence impérialiste en Syrie: le peuple turc donne l’exemple…

5  Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

5-1 Avion turc : l'Otan a-t-elle menti ? vv

5-2 Akil Cheikh Hussein : Craignant une défaite en Syrie, l'OTAN pousse la Turquie dans le guêpier.v  

6 Annexe

6-1 Vidéo : Les entrevues de l’idiot – La Démocratie ambiguë.



Tiré à part :

Rick Rozoff  :Conseil de Guerre de l'OTAN contre la Syrie.

Mardi 26 juin, à Bruxelles, le Conseil de l'Atlantique Nord – la plus haute instance de commandement du bloc militaire de l'OTAN (Organisation du traité de l'Atlantique Nord), dominé par les États-Unis – doit aborder la question de la Syrie sous l'angle des clauses de son texte fondateur qui, tout au long de la dernière décennie, a été à l'origine de déploiements préliminaires de forces armées conduisant au déclenchement de guerres totales.

Ce conseil est constitué des ambassadeurs des 28 États membres, représentant une population totale de 900 millions d'habitants. Ses membres fondateurs comptent trois puissances nucléaires – les USA, la France et l'Angleterre – dont la première s'est autoproclamée unique puissance militaire mondiale.

Jusqu'à la veille de cette réunion, l'OTAN devait examiner une requête de l'un de ses membres, la Turquie, de tenir des consultations conformément aux dispositions de l'Article 4 du Traité de l'Atlantique Nord, qui autorise tout État membre à appeler l'intégralité des membres de l'Alliance à répondre à ce qu'il considère comme une attaque contre sa sécurité et son intégrité territoriale.

Le 25 juin, trois jours après que le chasseur bombardier supersonique F14 eut été abattu au-dessus des eaux territoriales syriennes, la Turquie annonça qu'elle demanderait que l'alliance militaire en réfère à l'Article 5, lequel stipule que « toute attaque armée contre un ou plusieurs États membres en Europe ou en Amérique du Nord doit être considérée comme une attaque contre tous »,les alliés de l'OTAN étant alors tenus de « porter assistance à la, ou aux parties ainsi attaquées, en engageant sur le champ, individuellement et en concertation avec les autres parties, toute action jugée nécessaire, y compris le recours à la force armée... »

L'Article 5 avait été invoqué en octobre 2001, pour la première et unique fois en date, et fonde toujours, depuis une dizaine d'années, le déploiement en Afghanistan de troupes des 28 États membres et de leurs 22 partenaires.

L’Article 4 fut invoqué pour la première fois le 16 février 2003, à nouveau par le Conseil de l'Atlantique Nord et à nouveau au sujet de la Turquie, à la veille de l'invasion anglo-américaine de l'Irak. Cela entraîna le déclenchement de l'Opération « Display Deterrence » [déploiement d'une force de dissuasion], et le déploiement en Turquie de cinq batteries de missiles d'interception 'Patriots' – trois allemandes et deux américaines – ainsi que de quatre appareils de surveillance aérienne AWACS [Airborne Warning and Control Systems : Systèmes aéroportés de Contrôle et d'Alerte], en conjonction avec le Système de Défense Aérienne Élargi Intégré de l'OTAN.

L'OTAN déploya, selon ses propres termes, « 1 000 techniciens spécialisés et extrêmement compétents » pour conduire l'Opération.

Les premiers avions AWACS arrivèrent le 26 février, et trois semaines plus tard l'invasion et le bombardement de l'Irak étaient lancés. Bien qu'il n'y ait eu à l'époque en Irak que 25 millions d'habitants, contre 70 en Turquie, et bien que l'armée turque ait été la plus formidablement équipée de la région – tandis que l'Irak sortait affaibli de huit années de guerre contre l'Iran dans les années 1980, de la campagne de bombardements des États Unis et de leurs alliés en 1991 et depuis, et de douze années de sanctions écrasantes, l'OTAN ne tarissait pas d'éloges sur l'Opération Display Deterrence, qui venait de « tester et prouver la capacité des forces de l'OTAN à répondre immédiatement et avec la force offensive appropriée, à une menace évoluant rapidement contre l'un des membre de l'Alliance ».

Dans quelle mesure un Irak aussi mortellement affaibli avait réellement pu représenter pour la Turquie « une menace évoluant rapidement », cela ne fut jamais précisé.

Les AWACS sortirent sur une centaine de missions et les batteries de Patriots allemandes furent notamment équipées de missiles Patriot Advanced Capability-2, « un missile plus moderne fourni par l'Allemagne » expliqua l'OTAN.

L'Opération prit fin le 3 mai, soit 65 jours après son déclenchement et 45 jours après le début de l'invasion de l'Irak. Pour donner une idée de ce que l'OTAN pourra déclarer à l'issue de cette réunion au sommet, l'Ambassadeur turc de l'époque, auprès de l'OTAN, déclara après avoir invoqué l'Article 4 :

« Encore une fois, je tiens à témoigner de la sincère gratitude du peuple et du gouvernement turcs envers la solidarité dont l'Alliance a su faire preuve en renforçant la défense de mon pays en réponse à la dernière crise en Irak. Nous sommes convaincus que, à travers un déploiement d'une force de dissuasion aussi active et collective, l'OTAN a non seulement tendu la main et offert une aide infiniment appréciable à l'un de ses membres en grande difficulté, mais il a aussi prouvé une fois de plus sa crédibilité et sa pertinence, en tant que pierre de touche de la sécurité collective dans la zone Euro-Atlantique ».

La Turquie était alors, tout comme aujourd'hui, présentée comme la victime – « en grande difficulté » qui plus est – tandis que l'Irak, en état de siège et sur le point d'être anéanti, était considéré comme l'agresseur.

La population syrienne se trouve à l'heure actuelle dans la même position que l'Irak à l'époque, sauf que la Turquie est cette fois une nation quasiment trois fois plus grande. La Syrie est isolée et ses forces militaires sont dérisoires par rapport à celles de son voisin turc. Ce dernier peut en outre compter sur le soutien de 27 alliés, au nombre desquels la plupart des plus grandes puissances militaires du monde.

Les États-Unis disposent déjà d'environ 90 bombes nucléaires tactiques B61 stationnées sur la base aérienne d'Incirlik, à 35 miles des côtes méditerranéennes de Turquie.

C'est en outre au moins la seconde fois depuis avril dernier que le Premier Ministre turc RecepTayyipErdogan demande l'activation de la clause d'assistance militaire mutuelle de l'article 5 – qui implique le déclenchement d'une guerre. La première ayant eu lieu plus de deux mois avant la destruction du chasseur bombardier turc survenue la semaine dernière.

Le 25 juin, le vice Premier ministre turc Bulent Arinc avait annoncé que sa nation « avait déposé auprès de l'OTAN toutes les demandes requises concernant l'Article 4 et l'Article 5 ».

Selon l'agence de presse AssociatedPress, il aurait ajouté : :

« Il est important de comprendre que, dans le cadre légal, nous userons bien évidemment jusqu'à la fin, de tous les droits que nous garantit le droit international. Cela inclut notamment l'auto-défense. Cela inclut aussi toutes les formes possibles de représailles. Cela inclut toutes les sanctions applicables à l’État agresseur en vertu du droit international. La Turquie ne négligera absolument rien en la matière... ».

Les États-Unis et l'OTAN avaient impérativement besoin d'un prétexte pour attaquer la Syrie, et la Turquie, seul membre de l'OTAN frontalier de la Syrie, a toujours été le prétexte idéal auquel recourir pour attaquer une nation arabe.

L’incident de vendredi dernier et la réunion de l'Otan qui y a fait suite, marquent le début du quatrième acte d'une tragédie que le reste du monde n'a que trop peu de temps pour empêcher.

Rick Rozoff 

29 juin 2012

Article original en anglais :

Traduit de l'anglais par Dominique Arias.

Auteur de nombreux articles très documentés sur les activités militaires des Grandes Puissances occidentales à travers le monde, Rick Rozoff est chercheur et activiste, créateur de l'organisation Stop NATO.S

Stop NATO: site et articles: http://rickrozoff.wordpress.com

http://www.internationalnews.fr/article-conseil-de-guerre-de-l-otan-contre-la-syrie-107591269.html


fr.rian.ru : Bachar al-Assad doit partir.

Et pourquoi ça?

"Non, non et non!" est la réaction préalable de divers mouvements d'opposition syrienne à l'issue de la réunion de samedi dernier à Genève, où a été créé le Groupe d'action sur la Syrie.

Le départ du président Bachar al-Assad sera presque à coup sûr le point clé du communiqué final de la conférence des forces d'opposition de Syrie, qui s'achève mardi au Caire.

D'autres opposants, parmi ceux qui combattent le régime en Syrie même, ne veulent pas se lier d'amitié avec l'équipe du Caire, mais sont d'accord en ce qui concerne le départ d'al-Assad. Et ils sont tous indignés par la décision prise à Genève et selon laquelle la démission du président syrien n'est pas le début du règlement du conflit syrien, mais plutôt la fin de celui-ci, si tant est qu'elle soit nécessaire.

Un dictateur par an

Faisons preuve de naïveté et posons-nous la question: et pourquoi le président syrien doit partir?

Il existe plusieurs réponses. Par exemple, parce que pour le président américain Barack Obama, qui cherche à briguer un second mandat (ou plutôt pour ses électeurs), Bachar al-Assad est un dictateur qui utilise des chars et l'aviation contre le peuple révolté aspirant à la démocratie et armé uniquement d'armes d'infanterie. Un bon président américain est celui qui fera partir Assad.

Mais à quoi vous attendiez-vous dans une société où Blanche-Neige, autrefois douce et gentille, revêt aujourd'hui une cotte de mailles et lutte, épée à la main, contre la dictature de la reine? Et si votre public a été habitué à voir un dictateur être renversé quelque part dans le monde une fois par an?

Autre version: Bachar al-Assad doit partir parce que l'Arabie saoudite lutte contre l'Iran et cherche dans le même temps à établir des régimes plus ou moins extrémistes à travers tout le Proche-Orient, en Tunisie, en Egypte, en Libye… La Syrie n'est pas le seul pays pro-iranien de la région, mais elle est d'importante.

Ou encore. Le départ d'al-Assad est le programme minimum, un moyen de "sauver la face" pour l'opposition syrienne qui doit, après tout, avoir conscience qu'elle peut également perdre. Au début, c'était facile – Tunisie, Egypte, Libye, personne n'a d'objections, personne n'utilise son droit de veto au Conseil de sécurité des Nations Unies, l'opinion publique européenne et américainne est comme toujours du côté des révolutionnaires (peu importe le nombre de meurtres qu'ils commettent), même les autorités américaines ignorent comment empêcher les Saoudiens de remanier le Proche-Orient.

Mais aujourd'hui, tout est devenu plus difficile, les opposants syriens admettent déjà l'éventualité de rester sans soutien. Et dans ce cas, un compromis est nécessaire, une illusion de victoire, un sacrifice rituel. C'est-à-dire al-Assad.

Qui a commencé

Posons-nous encore quelques questions très simples: qui fait exploser des studios de télévision, qui pose des bombes dans les cortèges funéraires, capture des quartiers et des villes? En fait, combien exactement de personnes en Syrie soutiennent l'opposition armée (et non armée) – 10%? 20%? Pour quelle raison l'armée syrienne se mettrait à utiliser les chars et l'aviation contre des habitants presque pacifiques, et pourquoi le régime s'est tout à coup mis à attaquer la population?

Et en cherchant les réponses à ces questions, on sera immédiatement confronté à une réalité très simple: la majeure partie des informations destinées au public en dehors de la Syrie provient de l'opposition.

L'un des événements les plus captivants de ces derniers jours est le discours du ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov à Genève devant la presse, à l'issue de la conférence sur la Syrie. On ressent très bien, à travers ses réponses, qu'au sommet de la diplomatie mondiale, on est parfaitement conscient de ce qui se passe en réalité autour de la Syrie, mais on cherche pathétiquement à ne pas faire de scandale les uns avec les autres.

Et d'après cette conférence de presse, on constate également que dès que quelqu'un (une mission quelconque de maintien de la paix) commence à comprendre ce qui se passe réellement en Syrie, la mission prend fin.

A la fin de l'année dernière, c'était le cas des observateurs de la Ligue arabe, et aujourd'hui, cela concerne la mission de l'émissaire de l'ONU Kofi Annan… Tout cela se produit pour la bonne et simple raison que ceux qui commencent à voir la situation sur place, en Syrie même, mentionnent d'abord que l'opposition est "également" responsable de l'effusion de sang, puis…

Et puis, à titre privé, ces gens se mettent à dire que l'agresseur dans le conflit est bien l'opposition, et qu'il s'agit du même public hétéroclite et pas forcément d'origine syrienne qui a participé à la guerre en Libye, qui tue des gens au Yémen et qui était impliqué auparavant dans des opérations similaires au Kosovo… Quant au gouvernement syrien, évidemment il se défend parfois férocement, et souvent il utilise la répression sans discernement. La guerre n'est jamais bonne.

Et pour régler quelque chose en Syrie, il faut faire pression sur les deux camps. A commencer par l'opposition. Mais dès qu'on en arrive là, la communauté internationale se retrouve dans une impasse, comme l'a très bien noté à Genève Kofi Annan: tout le monde est d'accord, mais personne ne fait rien.

L'affaire est arrivée dans la même impasse immédiatement après Genève. Par exemple, comment les Etats-Unis vont pouvoir faire pression sur les opposants syriens qui sont approvisionnés en armements par les monarchies du Golfe? Washington a déjà perdu pratiquement toutes ses positions au Proche-Orient, alors il ne va certainement pas se brouiller avec ses derniers amis, tels que l'Arabie saoudite…

Comment tout se passera en réalité

Pendant la conférence à Genève, le communiqué final du Groupe d'action a été adopté. Il faut, bien sûr, le lire en entier – c'est un document très sensé qui décrit intelligemment les étapes pour imposer la paix en Syrie. La démission d'al-Assad n'est pas exclue, étant donné que l'avenir du pays doit être déterminé par l'ensemble du peuple, et tout dépendra de son vote.

Comparons-le avec le document qui sera adopté par une partie de l'opposition syrienne demain au Caire: il commence par le départ de tout le monde – d'al-Assad, du gouvernement, du parlement. Autrement dit, pour commencer, le pays doit rester sans gouvernement. Puis l'opposition récupérera le tout et décidera.

Mais comment tout se passera réellement en Syrie? Il existe plusieurs scénarios, et tous sont plutôt pessimistes. Admettons que des volontaires iraniens commencent à se battre sur le territoire syrien contre… qui? Il y a déjà des volontaires armés par les monarchies du Golfe, qui sont précisément l'opposition. Mais il existe toujours l'éventualité d'une intervention étrangère sous un prétexte quelconque.

Ou le scénario du chaos. Si, par exemple, les militaires se retrouvent les mains liées par certains engagements, et que l'opposition poursuit ses "exercices", alors la population cesserait d'être pacifique et exigerait (et obtiendrait) des armes de la part de l'armée pour ne pas laisser l'opposition la décimer trop facilement. C'est précisément ce qui s'est passé au Kosovo en 1999, et au Timor oriental la même année. Et c'est une mauvaise perspective, car la milice civile est hors de contrôle et commet des atrocités pires que l'armée.

De plus, c'est exactement ce qui se passe. Récemment a été examinée une mystérieuse affaire des cent morts dans le village de Houla, et dans les communiqués, on mentionnait les "chabiha". Il s'agit précisément d'une milice civile.

Quant au scénario positif, il ne paraît pas très plausible. Non seulement parce que l'opposition syrienne ne souhaite pas déposer les armes, mais également car ceux qui lui fournissent ces armes expliquent à chaque fois: ne faites pas attention à ces conférences. C'est pour rire.

L’opinion de l’auteur ne coïncide pas forcément avec la position de la rédaction

http://fr.rian.ru/discussion/20120703/195235978.html


legrandsoir : Cumhuriyet - Interview du Président Al-Assad avec un représentant des médias turcs.

Le Quotidien turc « Cumhuriyet » a publié le 3 juillet 2012 une partie d’une interview accordée par le Président Bachar al-Assad qui s’est exprimé sur les événements en Syrie et leurs développements régionaux et internationaux. D’après « Shukumaku », cinq quotidiens turcs… avaient sollicité cet entretien accepté par les autorités syriennes compétentes, mais quatre d’entre eux n’ont pas été en mesure de se rendre en Syrie pour y participer ; le Directeur du Bureau du Premier ministre turc RecepTayyipErdogan leur ayant demandé de s’abstenir.

D’après Syria-politic [1], la BBC serait pratiquement le seul média à ne pas avoir plus ou moins mésinterprété le sens des paroles du Président syrien en ce même jour [NdT].

Monsieur le Président, est-ce que les relations tendues entre la Syrie et la Turquie, notamment depuis qu’un avion turc a été abattu, pourraient mener à une « chaude » confrontation entre nos deux pays, comme semble le croire les dirigeants turcs ?

Nous vivons une étape que je considère historique. Une multitude d’événements et de développements sont en train de dessiner la carte de toute une région. À mon avis, cette étape est probablement comparable à celle qui a eu lieu, il y a cent ans, lorsque l’Empire Ottoman a reculé et que le Khalifat est tombé, avec la discorde entre les Arabes et les Turcs qui a suivi. Ces douze dernières années, et depuis la première visite du Président Sezer en Syrie, nous n’avons eu de cesse de changer cette image héritée du passé, et même de l’effacer totalement de l’esprit des Arabes. Nous avons toujours dit que l’époque de ces litiges révolus nous a beaucoup et utilement appris.

Les Arabes ont perdu… les Turcs ont perdu… il n’est donc pas raisonnable que, tout d’un coup, nous reprenne l’envie de revenir à ce stade pour que vous et nous perdions de nouveau ! Depuis un an et 3 mois, autrement dit, depuis le début de la crise en Syrie, nous avons travaillé dans plusieurs directions à la fois… la première pour résoudre la crise et faire face aux terroristes ; la deuxième pour tenter de conserver la relation que nous avions réussi à construire avec la Turquie, alors que chacun des pas et des discours de l’actuel gouvernement turc s’évertuent visiblement à la saper… Je peux dire qu’ils sont arrivés à détruire la plus grande partie de l’édifice que nous avions bâti, mais les fondations sont restées, et ces fondations sont les relations entre les deux peuples.

C’est pourquoi et en réponse à votre question, je tiens à dire qu’en Syrie nous continuerons à travailler dur pour que les choses n’en arrivent pas à la confrontation, une confrontation perdante pour la Syrie, et pour la Turquie. Je vois bien que la Turquie se dirige dans le sens inverse, mais seulement au niveau de son gouvernement, non au niveau de son peuple. Le peuple turc est conscient et ne permettra pas, comme nous ne permettrons pas, d’en arriver là. Il sait que ce gouvernement veut l’entrainer vers la confrontation pour des intérêts particuliers et non pour des intérêts nationaux.

Monsieur le Président, maintenant que vous avez dit que vous ne laisserez pas les choses aller dans le sens de la confrontation, quelle est la position syrienne sur l’avion turc abattu… et les déclarations du gouvernement et de l’Etat turcs disant qu’il l’a été délibérément et conformément aux instructions directes du Président Al-Assad ?

Étaient-ils en ma présence à ce moment précis ? C’est ridicule… il faut rester logique. Nous sommes face à deux versions : soit nous avons abattu cet avion délibérément, comme ils le prétendent ; soit nous l’avons abattu en dehors des eaux territoriales par erreur, si erreur il y a ! Si nous l’avions abattu par erreur en dehors de nos eaux territoriales, nous n’aurions pas de problème pour le reconnaître et présenter nos excuses officielles ; ce dont le peuple turc sera juge. En revanche, si nous l’avions délibérément abattu, la question logique serait de savoir quel serait l’intérêt de la Syrie à ce faire. Détesterions-nous le peuple turc au point de lui adresser un message en ce sens ? Ce n’est pas vrai parce que, ces dernières années, ce peuple a répondu à notre amitié par autant d’amitié et que, dans sa grande majorité, il ne croit pas aux allégations avancées par le gouvernement Erdogan depuis le début de la crise… Avons-nous cherché à asséner un coup à l’armée turque ? Pourquoi faire, alors qu’elle n’a commis aucun acte d’agression à notre égard ?

En réalité, l’avion a été abattu par le plus petit des canons utilisés en défense anti-aérienne dont la portée est de 2,5 kms au maximum, et il est très difficile pour des canons anti-aériens d’abattre un avion de combat s’il ne vole pas très bas. Par conséquent, le fait que cet avion ait été abattu par une telle arme signifie qu’il se situait à moins de 2,5 kms des côtes et à basse altitude. En temps normal et en temps de paix, lorsqu’un avion ami de n’importe quel pays du monde se pointe de la sorte vous ne le descendez pas, à plus forte raison s’il s’agit de l’avion d’un pays voisin comme la Turquie ! Mais nous sommes un pays en guerre et dans ces conditions lorsque vous ne pouvez identifier l’avion qui arrive, vous supposez qu’il s’agit d’un avion ennemi ; d’autant plus que lorsqu’il est descendu en altitude, il n’était pas visible sur les radars syriens.
Nous avons donc descendu un avion non identifié, et ce n’est que lorsque la Turquie a annoncé la disparition de l’un de ses avions que nous avons supposé qu’il pouvait s’agir d’un avion turc. Nous avons contacté le côté turc, alors qu’il ne s’est manifesté d’aucune façon et que les communications directes entre nos deux armées sont totalement interrompues sur décision des autorités turques. C’est donc le côté syrien qui a contacté le ministère turc des Affaires étrangères, qui a mis quelques heures à répondre… Les bateaux de sauvetage ont été envoyés… Et bien sûr, une coopération syro-turque s’est établie pour porter secours aux pilotes…
Cependant, ce qui n’a pas été dit, c’est que l’avion volait dans un couloir aérien emprunté maintes fois par l’aviation israélienne pour violer notre espace. Donc, en de pareilles circonstances et vu la vitesse, le trajet, et la basse altitude, tout militaire syrien pressent qu’il peut s’agir d’un avion ennemi et agit en conséquence. Je répète et j’affirme que, du côté syrien, l’avion n’était pas identifié avant d’être abattu.

Monsieur le Président, pourquoi n’y a-t-il pas eu de sommation ?

Pour cela, il aurait fallu que l’avion apparaisse sur le radar, mais le soldat derrière son canon ne dispose pas de mécanismes d’alerte. Ses instructions sont telles qu’en pareil cas, il doit tirer. C’est la règle… il tire sans se référer à son commandement, car c’est une affaire de secondes.

À aucun moment, cet avion n’a été repéré par les radars syriens ? Peut-être l’a-t-il été quand il se trouvait en haute altitude et à l’extérieur des eaux territoriales… Mais dans les eaux territoriales, la question est toute autre. Tout le monde sait que nous parlons ici d’une distance de 20 kms normalement parcourue en une minute ou moins, et qu’en basse altitude un avion échappe aux radars. La preuve en est que lorsque les avions israéliens ont pénétré notre espace pour nous bombarder en 2007, ils ont échappé à nos radars… Plus important encore, il n’y a pas de missiles de défense anti-aérienne pouvant atteindre les limites de nos eaux territoriales dans cette zone. Ce sont là des mensonges lancés par certains responsables turcs

L’armée turque a parlé de communications entre responsables des radars syriens ayant trait à l’attaque de l’avion turc… Elle a appelé tous les États possédant des dispositifs d’écoute, des satellites, et des bases militaires dans la région, Chypre en particulier, à publier ce qu’ils auraient enregistré.
Qu’ils publient donc ! Mais ils mentent… Nous avons abattu un avion resté non identifié jusqu’à ce que la Turquie l’annonce, et je répète et insiste pour que ceux-là répondent à ma question : où est l’intérêt de la Syrie pour abattre un avion turc ? Ils n’ont pas la réponse, alors que jusqu’ici nous avons refusé de traiter le sujet comme un avion destiné à violer notre espace aérien… en cet instant précis, nous voulons toujours en rester à une hypothèse de bonne foi … une erreur du pilote… peut-être… un accident !

Monsieur le Président, qu’avez-vous ressenti lorsque vous avez été informé qu’un avion turc avait été abattu ?

Sur le plan psychologique, le peuple turc est un peuple ami et il est évident que vous ne pouvez pas être heureux d’avoir abattu un avion, à moins que ce ne soit celui d’un ennemi. Pour nous, l’ennemi est israélien… En revanche, nous avons bien ressenti que Mr Erdogan et son gouvernement voulaient exploiter la situation pour des bénéfices qu’ils n’ont pas été en mesure de récolter cette dernière année. En quinze mois, ils n’ont pas réussi à mobiliser le peuple turc contre nous… ils ont donc tenté d’utiliser ce sujet pour transférer l’hostilité entre deux gouvernements à deux peuples. C’est grave !

Monsieur le Président, vous venez d’expliquer à la rue turque que cet avion n’a pas été abattu délibérément et que l’interprétation qui en a été donnée est différente. Mais deux jeunes pilotes sont morts et sont donc les victimes, qu’ils aient été envoyés délibérément ou non… que dites-vous aux familles de ces deux officiers, en sachant que l’un d’eux se préparait à rejoindre une mission dans l’espace ?

Abstraction faite des politiques de Mr Erdogan qui n’a infligé au peuple syrien que blessures et destructions, et abstraction faite de son gouvernement qui ne lui a souhaité que la mort… nous, nous ne souhaitons que le bien pour le peuple turc. C’est un peuple ami et, pour nous, la mort d’un citoyen turc signifie la mort d’un frère. Nous présentons nos sincères condoléances aux familles et exprimons notre estime à ce père du pilote que nous avons entendu dire à Erdogan : « c’est mon fils qui a été tué et nous ne voulons pas que sa mort soit exploitée pour aller à la guerre » ! C’est un comportement honorable qui mérite le respect… il est certain que nous partageons leur sentiment… et puisque nous sommes frères, nous ressentons la perte de n’importe quel turc comme la perte de n’importe quel syrien. Ceci, je le répète, abstraction faite des politiques de Mr Erdogan.

Auriez-vous souhaité qu’une telle chose ne soit pas arrivée ?

Nous ne souhaitons pas qu’une telle chose arrive à tout avion non hostile et non seulement à un avion turc. Ceci dit, n’importe quel avion et même un avion syrien serait considéré comme un avion ennemi dans les mêmes circonstances ! Ce ne sont pas là des règles politiques mais des règles militaires, et je pense qu’elles sont suivies dans la plupart des pays du monde.

Monsieur le Président, quel serait votre commentaire au fait que ces deux pilotes décédés ne faisaient partie ni du gouvernement ni de l’Etat turcs… malgré notre considération pour vos sentiments envers eux, leurs familles, et le peuple turc ?

C’est normal… mais ces deux pilotes font partie de l’armée, et ce que vous sous-entendez est censé passer par une relation directe entre nos deux institutions militaires, relation totalement interrompue alors qu’en l’occurrence, elles étaient censées communiquer directement. Ce ne fut pas le cas !

Relation interrompue dans ce seul cas ?

Non… la relation est interrompue depuis plus de six mois par décision du gouvernement turc et plus précisément depuis les modifications survenues au sein de l’armée turque. Vous savez bien qu’entre pays voisins, certains événements semblables ou totalement différents nécessitent une coordination directe entre les forces armées. Or, nous ne disposons actuellement d’aucun annuaire à utiliser en cas d’urgence. Quand nous avons soulevé la question auprès de l’attaché militaire turc, il nous a été répondu que nous devrons le contacter par le biais du gouvernement. Ce n’est pas très pratique, mais c’est une décision prise du côté turc, non du côté syrien.

Monsieur le Président, le côté turc prétend que son point fort réside dans le fait que c’était un avion de reconnaissance ne disposant d’aucune arme ou protection… pourquoi a-t-il été abattu ?

Les règles militaires ne sont pas liées au type d’avion, à sa mission ou à son armement. Le guerrier ou le soldat derrière la DCA ne sait pas s’il s’agit d’un avion de reconnaissance ou de combat, équipé ou non de missiles… entré par erreur ou pour hostilité… Il ne peut apprécier, mais votre question en entraîne une autre : pourquoi ne nous ont-ils pas prévenu que leur avion allait s’approcher de l’espace aérien syrien ? S’il y avait eu coordination entre nos deux armées, nous aurions été au courant des exercices en cours et nous aurions plus facilement estimé la situation… Le côté turc doit dire publiquement ce que faisait cet avion dans l’espace aérien syrien bien que nous ne l’exigions pas, considérant l’incident comme un accident !

Le gouvernement turc voit désormais le gouvernement et le régime syriens comme un ennemi et, suite à cette crise récente, il a commencé à masser ses troupes à la frontière syrienne, comment voyez-vous la Turquie et quelle est votre réponse à ces agissements ?

Les deux pires phases qui ont traversé l’Histoire des relations syro-turques ont eu lieu en 1998 lorsque la Turquie a massé son armée à nos frontières et dans les années cinquante, en 1955 je crois, au moment du « Pacte de Bagdad » ; cependant, nous n’avons pas vu la Turquie comme un ennemi. Il est donc évident que nous ne la verrons pas comme un ennemi ni aujourd’hui, ni demain, même si nous sommes en désaccord entre gouvernements. Pour qu’il y ait hostilités entre la Syrie et la Turquie, il faudrait qu’il y ait hostilités entre les deux peuples… L’hostilité entre les gouvernements n’est pas suffisante et c’est pourquoi il n’y a pas de troupes syriennes qui se dirigent vers la Turquie.

En Turquie, il se dit que de nouvelles règles d’affrontement feraient que n’importe quel avion ou tank syriens qui s’approcheraient de la frontière turque seraient attaqués… Qu’en dites-vous ?

Aucun État n’a le droit de tirer que s’il y a violation de son territoire par un autre État.

Supposons qu’il y ait ciblage d’un tank ou d’un avion syriens…

C’est une question hypothétique. Nous ne voulons pas que les choses aillent dans ce sens entre la Syrie et la Turquie… Et, s’ils ciblent n’importe quel engin à l’intérieur des frontières syriennes, ce sera une agression contre la Syrie.

Comment évaluez-vous la Conférence de Genève… et, en particulier, les points soulignés par Mr Kofi Annan ?

Nous n’en avons pas encore discuté directement avec Mr Kofi Annan ou avec le côté russe. Néanmoins, certains points nous ont semblé très clairs dans les déclarations de Mr Annan et du ministre russe des Affaires étrangères, Mr Lavrov. Le premier : c’est au peuple syrien de décider et c’est la position syrienne … Le deuxième : il faut commencer par l’arrêt des violences et c’est la position syrienne … Le troisième : il faut désarmer les bandes armées et c’est la position syrienne… Comme l’a dit Mr Annan, les mains tâchées du sang syrien ne se trouvent pas seulement en Syrie mais aussi à l’étranger, ce qui confirme le rôle d’autres pays qui sont impliqués… Ces points sont essentiels pour nous, le plus important et celui sur lequel nous ne céderons pas est que toute prise de décision émane de l’intérieur de la Syrie, non de l’extérieur !

Y a t-il des paroles qui vous auraient déplu dans les déclarations de Mr Annan à Genève ?

Tant qu’il n’y a pas atteinte à la souveraineté syrienne, tout le reste est discutable… Tout ce qui porte atteinte à cette souveraineté nous déplait… Hier, Mr Annan a dit que tout relève du peuple syrien et cela nous satisfait.

Monsieur le Président, je ne sais si vous avez suivi la conférence de presse de Mme Clinton qui a dit avoir compris des déclarations de Mr Annan que le président Assad devait s’en aller… Comment comprenez-vous ces mots ?

Tout d’abord, pour nous les paroles des responsables étatsuniens ne sont généralement d’aucune crédibilité ; ensuite, les prises de position des États-Unis sont fondamentalement hostiles à la Syrie depuis le début de la crise dont ils sont partie prenante, en plus de leur soutien évident aux terroristes. C’est pourquoi, nous ne nous sentons nullement concernés par les déclarations de tel ou tel responsable étatsunien au cours de cette crise.

Ce qui nous importe c’est comment vous comprenez ce qu’a dit Mr Annan, non ce qu’a dit Mme Clinton ou Mr Lavrov… comment vous comprenez la conclusion de la Conférence de Genève ?

Nous, ce qui nous importe principalement est que la décision revienne au peuple syrien. C’est ce qu’il nous importe de comprendre et ce qui nous intéresse… le respect de notre souveraineté et la non-ingérence dans nos affaires intérieures.

À cette Conférence ont été abordées les questions de la transition du pouvoir avec ou sans le Président Al-Assad et celles des exigences régionales et internationales pour achever le processus de réforme… quelle est votre position à ce sujet ?

Les réformes n’ont rien à voir avec le régional ou l’international. Nous n’acceptons aucun diktat imposé de l’extérieur et tout se décide en interne. Si j’avais été personnellement intéressé par un poste, j’aurais exécuté les diktats des Etats-Unis et les exigences des pétrodollars… j’aurais vendu mes positions et mes principes au pétro-dollar… et surtout, j’aurais accepté la mise en place d’un bouclier anti-missiles en Syrie.

Si les circonstances exigeaient que vous abandonniez votre poste pour sauver votre peuple et la Syrie… le feriez-vous ?

Si le départ d’un Président réalise l’intérêt de son pays, il est naturel qu’il parte… c’est évident. Il n’est pas concevable de rester un seul jour de plus si telle n’est pas la volonté du peuple et c’est les élections qui en décident.

Devons-nous comprendre que vous ne pensez pas rester en poste ad vitam aeternam ?

Je vous ai déjà dit que ce qui m’intéresse est ce que je construis, non le poste que j’occupe. Pour moi, l’important est de construire !

Dr Bachar al-Assad Président de la République Arabe Syrienne 03/07/2012

Article original : Shukumaku http://www.shukumaku.com/Content.php?id=48985

Article traduit de l’arabe par MounaAlno-Nakhal [Biologiste]

[1] بيبيسيتنفرد بـ"عدمتزوير" ترجمةحوارصحيفةتركيةمعالأسد http://syria-Cumhuriyet : I

http://www.legrandsoir.info/syrie-interview-du-president-al-assad-avec-un-representant-des-medias-turcs-cumhuriyet.html

politic.com/ar/Default.aspx?subject=806

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http://www.legrandsoir.info/syrie-interview-du-president-al-assad-avec-un-representant-des-medias-turcs-cumhuriyet.html


algerie1 : Plusieurs puissances extérieures « profondément impliquées », selon Annan.

L’envoyé spécial conjoint de l’ONU et de la Ligue arabe pour la Syrie, Kofi Annan, a affirmé vendredi que des pays tiers « sont profondément impliqués » dans la crise qui frappe la Syrie depuis 15 mois.
« Plusieurs puissances extérieures sont profondément impliquées (…) la méfiance mutuelle les a poussées à aller à l’encontre » du plan de paix, a déploré M. Annan dans une tribune publiée vendredi dans le quotidien américain Washington Post, à la veille d’une réunion cruciale sur la Syrie à Genève.
Sans nommer ces pays, l’émissaire international les a accusés « d’inciter, intentionnellement ou non, le gouvernement et une partie de l’opposition à penser que la force est la seule option ». « Ceci n’est dans l’intérêt de personne et surtout pas du peuple syrien », a-t-il ajouté.
Pour M. Annan, « le moment est venu pour tous ceux qui ont une influence sur les parties (au conflit syrien) et pour tous ceux qui portent la responsabilité de la paix et de la sécurité internationale d’agir en faveur de la paix ».
Le nouveau Groupe d’action pour la Syrie qui se réunit au niveau ministériel samedi à Genève « doit s’engager à agir dans l’unité pour mettre fin au bain de sang et appliquer le plan en six points » que l’ONU a entériné en avril, a-t-il affirmé. Selon M. Annan, « il est très clair que la violence ne s’arrêtera pas sans une pression commune et continue exercée de la part de ceux qui ont une influence, y compris en prévoyant des conséquences pour le non respect » des engagements pris.
« Si tous les participants à la réunion de samedi sont prêts à agir en conséquence, nous pouvons renverser la tendance et progresser vers une situation de paix où le peuple syrien pourra décider de son propre avenir. Sinon, la spirale de la violence continuera et pourrait bientôt devenir irréversible », a-t-il averti.
Le plan de sortie de crise d’Annan prévoit la mise en place d’un gouvernement provisoire d’union nationale dont pourraient être exclus certains responsables du gouvernement syrien actuel.

30/06/2012

 http://www.algerie1.com/flash-dactu/syrie-plusieurs-puissances-exterieures-profondement-impliquees-selon-annan/


fr.rian.ru : Syrie/conférence: Moscou s'opposera à toute ingérence étrangère.  

La Russie ne soutiendra pas l'idée d'une intervention étrangère en Syrie si cette démarche est évoquée lors de la conférence internationale prévue à Genève le 30 juin, a déclaré aux journalistes le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov.
"Nous ne soutiendrons aucune ingérence étrangère ou autre prescription imposée", a insisté le chef de la diplomatie russe.
Selon lui, une période de transition est nécessaire pour faire face aux conséquences de la crise mais c'est au peuple syrien de décider comment la mettre en œuvre.
"Dans le cadre d'un dialogue national entre le gouvernement et l'ensemble des forces de l'opposition, le peuple syrien doit décider du contenu à donner à cette période de transition, ainsi que ses mécanismes", a souligné M.Lavrov.
La communauté internationale soutient le plan Annan dans la mesure où ce dernier conditionne le règlement de la crise à la participation du peuple syrien, a ajouté le ministre russe.
Moscou ne pense pas qu'un quelconque pays de l'Otan soit enclin à rejouer le scénario libyen en Syrie, a annoncé jeudi le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov.
"Je ne pense pas que tel ou tel membre de l'Alliance soit prêt à répéter l'aventure libyenne", a déclaré le ministre.
En octobre 2011, Mouammar Kadhafi, qui a dirigé la Libye pendant plus de 40 ans, a été renversé et tué par des insurgés dans le cadre d'une opération militaire de l'Otan autorisée par le Conseil de sécurité de l'ONU.
"Lors de nos contacts avec les autorités des pays de l'Otan et d'autres Etats, cette idée [d'une intervention militaire en Syrie, ndlr] n'est pas évoquée", a-t-il ajouté.
Le chef de la diplomatie russe a souligné que malgré une telle position de l'Alliance, "des appels anonymes à déclencher des violences armées en Syrie se faisaient entendre de temps en temps".
Selon M. Lavrov, un tel scénario est inacceptable pour la Russie.
"Nous affirmons publiquement qu'une intervention armée en Syrie pourrait tourner à la catastrophe", a conclu le ministre.

28/06/2012  

 http://fr.rian.ru/world/20120628/195184294.html


french.cri : La Chine s'oppose à toute tentative de changement de pouvoir en Syrie par la force.  

La partie chinoise s'oppose à toute tentative de changement de pouvoir en Syrie par la force, a déclaré le porte-parole du Ministère chinois des Affaires Etrangères, lors d'une conférence de presse régulière tenue le 28 juin à Beijing.
Le groupe d'action sur la Syrie doit tenir samedi une réunion ministérielle à Genève. Les Etats-unis ont récemment déclaré que le problème du changement de pouvoir en Syrie serait abordé lors de cette réunion.
« La Chine préconise toujours le règlement pacifique du problème syrien. Dans la situation actuelle, la communauté internationale doit soutenir les efforts de médiation de l'envoyé spécial Kofi Annan, engager toutes les parties concernées de la Syrie à cesser le feu et les violences, à appliquer les résolutions concernées du Conseil de sécurité des Nations unies et les propositions de Kofi Annan, ainsi qu'à ouvrir au plus vite le dialogue politique », a indiqué Hong Lei. « La partie chinoise veut travailler avec la communauté internationale pour promouvoir le règlement du problème syrien de manière pacifique, juste et convenable dans les meilleurs délais », a-t-il conclu.

28/06/2012

 http://french.cri.cn/621/2012/06/28/102s286267.htm


Al Manar : Nous, le Hezbollah et l'Iran combattrons aux côtés de la Syrie en cas d'agression.
Le Secrétaire général du Front Populaire pour la Libération de la Palestine, Ahmed Jibril, a affirmé dans une interview télévisée diffusée sur la chaîne satellitaire arabe Mayadine, que « les factions palestiniennes, le Hezbollah et l’Iran participeront avec la Syrie dans un conflit armé en cas d'une «agression extérieure» contre Damas.Et de souligner : « le régime en Syrie est fort, mais en cas d’agression extérieure, nous avons discuté de cette question avec les Frères (en Syrie) et avec le Secrétaire général du Hezbollah Sayyed Hassan Nasrallah au Liban et avec nos frères en Iran, nous ferons partie de cette bataille ».

«S'il y a une tentative d’une escalade militaire turque, européenne et ou de la part de l’OTAN, nous descendrons dans la rue et nous nous battrons avec tous nos honorables frères syriens» at-il ajouté.

Le responsable palestinien a affirmé qu' « il a rencontré SayyedNasrallah le président iranien Mahmoud Ahmadinejad et le président syrien Bachar al-Assad », ajoutant que «Sayyed Hassan lui a assuré qu'il ferait partie de cette bataille en cas d’agression extérieure», ajoutant que « les dirigeants iraniens ont affirmé qu’il n’était pas question de laisser la Syrie exposée à une agression sans riposte », et ils ont ajouté «nous avions prévenu les Turcs plus d'une fois de ne pas jouer avec le feu et que toute intervention militaire contre la Syrie est une ligne rouge».

Jibril a indiqué que « son mouvement de résistance, le Hezbollah et les régimes syrien et iranien sont dans un même axe », ajoutant que «nous avons ressenti qu'il y avait une entente entre nous sur ce qui se passe en Syrie, qu’il ne s’agit pas d’un mouvement populaire interne, mais plutôt une tentative de renversement de la structure de cette région au bénéfice d'un nouveau Moyen-Orient».

Et de conclure : « La bataille pour défendre le régime syrien est celle qui déterminera l’avenir de la région. »

Mercredi 4 juillet 2012

Source : Al Manar
http://www1.almanar.com.lb/...



Au jour le Jour

french.cri :L'OTAN entame des exercices navals au large de la Syrie.

Un groupe naval des pays de l'OTAN a commencé les manœuvres dans la Méditerranée est, à proximité des côtes syriennes. Conformément à la légende officielle de l'exercice, trois frégates des marines de Turquie, d'Allemagne et de France entameront des exercices de « procédés de lutte contre le terrorisme ».
« Le terrorisme n'est pas vaincu. Nous devons faire en sorte que les criminels sachent : l'OTAN n'admettra pas un regain de leur activité dans la région », a déclaré le contre-amiral Torster Kahler commandant les manoeuvres. Selon lui les frégates continueront de patrouiller la région après la fin de l'exercice.
Le groupe comprend trois frégates : fraçaise, allemande et turque. Auparavant elles étaient déployées au large de Somalie. A l'époque le groupe était conduit par l'amiral turc Sinan Tosun. La mission actuelle est commandée par la partie allemande.
De l'avis des experts, cette mission dans la Méditerranée vise, en effet, à intimider la Syrie dont les relations avec la Turquie se sont exacerbées suite à la destruction d'un avion de reconnaissance turc à la proximité des côtes syriennes.

 05/07/2012

http://french.cri.cn/621/2012/07/05/301s287112.htm


La Suisse suspend ses ventes d'armes aux Emirats Arabes Unis.

La Suisse a décidé de suspendre ses ventes d'armes aux Emirats Arabes Unis après avoir appris que des grenades fabriquées en Suisse étaient utilisées par des gangs armés en Syrie.
La mesure a été prise mercredi dernier après que le journal Sonntagszeitung ait publié la photo d'une de ces grenades en possession des forces qui s'opposent à Damas dans la ville de Marea, au nord d'Alep, à la fin du mois de juin, selon l'AFP.

Une enquête préliminaire de la photo a révélé que la grenade en question avait été fabriquée par la firme d'armements RUAG de Bernes et faisait partie d'une livraison de cette entreprise aux Emirats Arabes Unis en 2003.
Selon le Département Fédéral des Affaires Economiques, 225 162 grenades à main ont été exportées aux  Emirats Arabes Unis qui se sont engagés par écrit à ne pas réexporter ces munitions.  
"D'après les informations que détient le Département Fédéral des Affaires Economiques, la grenade à main.... vient d'une livraison de RUAG aux Emirats Arabes Unis de 2003. Pour le moment rien ne prouve que des grenades à main suisses aient été envoyées en Syrie; cependant nous poursuivons nos investigations," a déclaré le gouvernement.  
Le Département Fédéral des Affaires Economiques a aussi indiqué que les livraisons d'armes suisses à la Syrie se sont arrêtées en 1998 et il a émis des doutes sur le fait que la photo ait été vraiment prise en Syrie.
AntjeBaertschi, une porte parole du Secrétariat d'Etat aux Affaires Economiques, a dit que la Suisse avait immédiatement pris la mesure "provisoire" de "geler tous les permis d'exportation d'armes aux Emirats Arabes Unis".
"Nous avons pris la chose au sérieux parce qu'un incident identique s'est produit l'année dernière avec la découverte par un journaliste qui couvrait la Libye de caisses de munitions suisses en Libye" a-t-elle précisé.
La Syrie vit une période troublée depuis mars 2011 avec des manifestations à la fois contre et en soutien du régime du gouvernement du président Bashar al-Assad.
Le gouvernement syrien affirme que ce sont des hors la loi, des saboteurs et des terroristes armés qui sont à l'origine des désordres et de la violence meurtrière, mais selon l'opposition ce sont les forces de sécurité qui sont responsables des massacres.
Damas dit aussi que le chaos est orchestré de l'étranger et que les forces de sécurité ont reçu l'instruction précise de ne pas faire de mal aux civils.

Pour consulter l'original: http://www.presstv.com/detail/2012/07/05/249403/switzerland-suspends-uae-arms-shipments/
Traduction: Dominique Muselet

 05/07/2012

PressTV


Irib : McCain appelle au soutien des terroristes armés en Syrie

 A l'issue de sa visite avec Sami Geagea, chef de file des Forces Libanaises, le sénateur John McCain a demandé à ce que les Etats Unis apportent clairement un soutien financier et logistique aux terroristes armés de l'ASL en Syrie.

McCain évoque la construction des bases au nord de Liban à Tripoli pour faciliter le transit d'armes et de terroristes vers la Syrie. les agences de presse ont fait état de l'arrivée de plusieurs bateaux israéliens dans le port de Tripoli avec à leur bord de munitions destinées aux rebelles syriens, munitions que les agents de Saad Hariri (Courant Futur) et de Samir Geaegea auraient transféré aux terrorsites syriens.

06/07/2012

Irib

 


La Chine ne participera pas à la réunion sur la Syrie.  

La Chine a été invitée à la prochaine réunion des "amis de la Syrie", mais ne compte pas y participer, a déclaré jeudi Liu Weimin, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères.
La France a invité la Chine à participer à cette réunion qui se tiendra vendredi à Paris, a révélé M. Liu lors d'une conférence de presse régulière, en réponse à une question sur l'approche chinoise à l'égard de cette rencontre.
"A ce jour, nous ne comptons pas participer à cette réunion", a-t-il déclaré.
"Nous estimons qu'il s'agit actuellement d'une phase cruciale pour régler politiquement le problème de la Syrie", a ajouté le porte-parole, appelant la communauté internationale à se concentrer sur la mise en oeuvre du consensus auquel est parvenue la réunion ministérielle du Groupe d'action sur la Syrie organisée à Genève.
Les parties concernées doivent conjuguer leurs efforts en ce sens, a-t-il indiqué.
Le 30 juin, la réunion de Genève a rassemblé les ministres des Affaires étrangères des cinq membres permanents du Conseil de sécurité des Nations Unies, de la Turquie, du Koweït, du Qatar et de l'Irak, ainsi que des représentants de l'ONU, de la Ligue arabe et de l'Union européenne.
Les ministres des Affaires étrangères ont estimé qu'un gouvernement de transition devait être mis en place en Syrie pour mettre fin aux conflits qui ravagent le pays depuis 16 mois, mais n'ont pas exigé le départ du président Bashar al-Assad.
La troisième réunion des "amis de la Syrie" se tiendra vendredi. La Chine n'a pas participé aux deux précédentes réunions organisées en février en Tunisie et en avril en Turquie.

06/07/2012



1 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction partage le point de vue de l'auteur mais doit être vu comme information.

1-1 Liesi : Guerre ou Intox ?  

Les forces spéciales Britanniques auraient attaqué en force en Syrie ce mardi 26.

Une force d’invasion aurait pénétré par la Turquie dans le Nord de la Syrie.

Les mêmes sources Britanniques, Françaises et Turques de Debka rapportent de lourds combats contre les forces de la Garde présidentielle dans les faubourgs de Damas. Des sources en provenance du Golfe persique auraient confirmé cette présence militaire britannique en Syrie.Les télévisions britanniques et du Golfe, d’après Debka, passeraient des interviews de soldats syriens faits prisonniers, au cours de ces différentes batailles. Poutine était ce matin même en Israël pour ré-affirmer le fait que Moscou ne tolérera pas une intervention militaire occidentale en Syrie. Pendant ce temps-là, la Turquie fait des moulinets de sabre en disant que son chasseur abattu par les forces syriennes ne restera pas impuni. 
Quelques jours après la révélation par Thierry Meyssan des plans de l’OTAN pour une “
Opération d’intoxication ” en Syrie, avec de fausses vidéos tournées en studio ou dans le Golfe pour abuser le peuple syrien et faire croire à une fuite de Assad, je reste extrêmement circonspect.
NB. DEBKA est un organe de presse 100% sioniste.
Ras le bol de ces fachos de l’OTAN, qui veulent mettre en place “
la mission anglo-saxonne “.
Vous aurez compris qu’avec l’effondrement du système, ces fous-furieux veulent mettre en place leur Armageddon. Au moment où tout s’écroule, il devient urgent de faire monter la tension internationale.
Je salue François Hollande qui a retiré les forces françaises de l’OTAN. Est-ce déjà trop tard ?

27/06/2012

Liesi


1-2 Louis Denghien : Syrie: Le Monde trouve de nouveaux mensonges et en recycle d’anciens

 

Le quotidien français naguère de « référence », Le Monde, publie dans la rubrique « Idées » de son site un article récapitulatif de la situation actuelle en Syrie. C’est intéressant bien que largement mensonger, ou d’ailleurs intéressant car largement mensonger. En effet, l’auteur, Christophe Ayad, du service international du quotidien, donne à peu près l’état de l’analyse désormais faite par nos élites franco-mondialisées, au terme de 16 mois d’échecs diplomatiques de l’Occident atlantisé, sur la crise.

S’abritant derrière une toute récente déclaration d’Hervé Ladsous, en charge à l’ONU des opérations de maintien de la paix, Ayad officialise en quelque sorte la guerre civile syrienne. Plus exactement, précise l’homme du Monde, il y a trois guerres civiles en une.

D’abord une « guerre (du pouvoir) contre les civils », ayant débuté en mars 2011. C’est l’occasion pour Christophe Ayad de recycler un des clichés favoris de la propagande anti-Bachar, auquel les journalistes français ne renoncent pas volontiers : celui des « manifestants à mains nues ». Ce cliché a certes correspondu à une réalité dans les tous premiers temps de la révolte, à Deraa notamment. Mais très vite, les manifestants ont été doublés par des extrémistes armés qui ont enclenché le cycle provocation-répression.

Ayad dit que cette « révolution pacifique » se poursuit aujourd’hui dans tout le pays, et que la persistance de ces manifestations infirme la thèse du pouvoir syrien selon laquelle il n’est confronté qu’à des bandes armées. Car, écrit Ayad, « les Syriens ne veulent pas renoncer à ce qui fait l’essence même de leur révolution ».

Tiens donc ! On touche là à  ce que nous avons déjà appelé le «stalinisme bobo » : des milliers, voire, dans le meilleur des cas, des dizaines de milliers de manifestants aux slogans fleurant bon le sectarisme religieux – dont un grand nombre d’enfants en bas âge – représentent donc LES Syriens dans leur ensemble, qui sont tout de même la bagatelle de 23 millions ! Et dont des centaines  milliers ont à plusieurs reprises manifesté dans plusieurs villes leur soutien au gouvernement, sans que Christophe Ayad ne leur accorde la plus fugitive allusion. Si l’on est indulgent, on dira que le plumitif du Monde est tellement auto-formaté dans sa bonne conscience « citoyenne» qu’il ne se rend plus compte de ce qu’il écrit, ni des réalités du rapport de forces politique en Syrie !

La deuxième guerre civile, il fallait bien qu’Ayad y vienne assez vite, c’est le « conflit inégal mais meurtrier » qui oppose depuis la fin de l’été l’ASL  à l’armée régulière. Réactivant le mythe biblique du David rebelle contre le Goliath gouvernemental, Christophe Ayad explique que si l’ASL n’est pas de taille à battre l’armée de Bachar, sa tactique de guérilla, son implantation et les armes « qu’elle commence à recevoir » inquiètent de plus en plus le régime…

Non, M. Ayed, l’ASL inquiète surtout – pour reprendre votre rhétorique–  LES Syriens, qui perçoivent dans leur grande majorité les bandes rebelles comme des terroristes qui multiplient les attentats contre les personnes et les destructions des biens et infrastructures, et prennent des populations entières en otage comme à Homs. Quant aux (ex)actions des bandes armées elles ont commencé plus tôt que vous ne le dites : c’est le 6 juin 2011 qu’une troupe d’islamistes armés, qui ne se recommandaient pas encore de l’ASL, ont pris d’assaut un QG de la police à Jisr al-Choughour, massacrant au moins cent membres des forces de l’ordre. Et si la lutte est inégale entre les bandes et les militaires, c’est aussi que les premiers recourent souvent à la tactique de l’assassinat ciblé ou de l’embuscade contre les seconds.

Propagande invérifiable encore (et pour cause) que l’affirmation, empruntée prudemment à un service de l’ONU, selon laquelle les rebelles contrôlent « 40% » du territoire syrien : c’est l’habitude de l’OSDH de déclarer qu’une ville ou une région est sous contrôle de l’ASL, dès lors qu’une bande y a fait une apparition ponctuelle, avant de devoir s’éparpiller au premier retour offensif de l’armée. Au début de l’année, les médias français, Monde en tête, nous ont fait le coup, rappelez-vous, de l’ASL contrôlant toute la périphérie Est de Damas, au point pratiquement d’assiéger Bachar dans son palais. Cette légende urbaine a duré 48 heures, mais manifestement elle fait encre rêver un Christophe Ayad !
Ce qui serait cruel, à cet égard, ce serait de se repasser le fil d’un an de dépêches OSDH/AFP, et d’articles du Monde : car on y lirait une suite ininterrompue de succès militaires de l’insurrection, transformant presque toutes les villes de Syrie en bastions, recrutant un flot continu de soldats dissidents, à se demander comment il subsiste un État et une armée syro-bachariste à l’heure actuelle !

Troisième conflit en cours en Syrie selon l’analyse ayadienne, « la guerre de tous contre tous » : là, le collaborateur du Monde vise les massacres de civils, commis d’un communauté à l’autre. Et là, bien sûr, Ayad sort de son chapeau la tuerie de Houla, en mai dernier, l’attribuant avec une tranquille assurance aux chabihas alaouites. Sait-il, ou feint-il d’ignorer, ce bourreur de crânes bobos, que pratiquement toutes les victimes de ce massacre appartiennent justement à des familles alaouites, et que même une famille était celle d’un député bachariste ? Que la télévision russe (qu’un Ayad, formé à la rude école gaucho-atlantiste de Libération, évidemment méprise statutairement) mais aussi un grand reporter de la Frankfurter Allgemeine Zeitung ont recueilli assez de témoignages et d’indices pour conclure à la responsabilité des miliciens islamistes, ASL ou pas, puisque même notre Ayad reconnait, avec ses mots de Tartuffe, « une grande autonomie des groupes » censés constituer cette ASL, et aussi une possible «infiltration» de celle-ci « par une composante djihadiste » (Que galamment ces choses-là sont dites !)

Bien-pensance géostratégique, déni de réalité, franc mensonges, mythes propagandistes, Le Monde sera toujours le Monde, et ses collaborateurs des collabos de l’OTAN ! Quand bien même ils auraient reçu, comme Christoph Ayad, le prix Albert Londres (décerné par le gratin du journalisme français mainstream) Mais, au fond, c’est la réalité et l’avenir qui devraient fournir le meilleur démenti aux assertions de ces militants déguisés en journalistes.

Louis Denghien, le 20 juin 2012
Info Syrie


 

Vidéo : Thierry Meyssan à propos de la destruction de la télévision Al-Ikhbariya

RÉSEAU VOLTAIRE | 30 JUIN 2012

http://www.voltairenet.org/Video-Thierry-Meyssan-a-propos-de

Mercredi 27 juin 2012 au matin, un important commando ont lancé un raid contre le siège de la chaîne de télévision privée syrienne Al-Ikhbariy, tuant sept employés, en enlevant d’autres et détruisant les locaux.

Quelques heures après l’attaque, la chaîne a repris la diffusion de ses programmes à partir de studios improvisés.

Voir la vidéo sur le site d'origine: http://www.voltairenet.org/Video-Thierry-Meyssan-a-propos-de

 

 



Les brèves

2-1 IRIB : F4 turc, la nature de la mission ?

 Et si la fuite d'un pilote syrien, en Jordanie, n'était pas sans rapport avec l'abattage du F4 turc, dans le ciel syrien?

On se demande beaucoup le pourquoi de l'incident du 22 juin, qui a fait monter d'un cran les tensions Damas/Ankara, mais on sait moins y répondre. Selon le site syrien Dampress, le pilote de l'avion de combat qui a fui son pays, collaborait avec les services de renseignement jordaniens; l'avion qui s'est posé, à l'aéroport d'Amman, a été examiné de près par les agents et les techniciens israéliens, jordaniens et américains. L'objectif : décoder le système et permettre son application, sur des avions autres que ceux de la flotte aérienne syrienne, et c'est là que le lien est fait avec l'incident du vendredi. En effet les avions de chasse turcs, qui sont entrés, dans l'espace aérien de la Syrie, étaient en mission, et celle-ci consistait à bombarder le système de défense anti-aérien de la Syrie. il s'agissait d'utiliser le même code d'entrée que celui des avions syriens et de tromper, ainsi, les systèmes de Radar de la Syrie. Les services secrets syriens ayant découvert la manoeuvre la DCA avait l'ordre expresse de tirer sur tout objet volant, y compris, les avions syriens. L'opération baptisée "Chasse aux corbeaux" a réussi, quand la DCA syrienne est parvenue à abattre l'un des deux F4 turc, tandis que l'autre a pris la fuite. la Turquie a, une nouvelle fois, fait preuve d'un parfait alignement, sur les politiques de l'OTAN. mais que cherchaient les avions turcs? Bombarder le port de Lattaquieh et le systèpe défensif de la Syrie et permettre un afflux, sans précédent, de terroristes vers le territoire syrien.

 26/06/2012

IRIB 



3  Dossier

3-1 Tlaxcala : BHL : L'art de la guerre, avec un verre de vin.

PARIS - Elle se trouvait là, dans un coin discret, jamais repérée par les hordes de touristes : ma petite table favorite depuis les années 80 au Café de Flore à Saint-Germain. J'en ai pris possession, j'ai commandé un croque-monsieur et un verre de Chablis, et j'ai repris mes activités, en lisant et en regardant le monde passer devant moi pour la première fois depuis la chute du Roi Sarko.

Première impression : où diable mon bouquiniste peut-il bien se trouver ?

La vénérable librairie La Hune, juste au milieu de mon angle de vision, semblait avoir été frappée par le feu de l'enfer. Zeus merci, elle avait déménagé pas loin. Deuxième impression plus prometteuse : BHL ne se trouvait pas au Flore. En fait, le philosophe français Bernard-Henri Lévy, alias BHL, était occupé ailleurs à assurer la promotion de sa prochaine guerre.
BHL n'est pas simplement un philosophe/écrivain/cinéaste, il est avant tout le patron exécutif d'une gigantesque opération de relations publiques montée à la gloire perpétuelle de lui-même. Il dirige pratiquement l'arène culturelle française, de la même manière que Christopher Hitchens pensait faire la pluie et le beau temps aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne.


Pouvons-nous vivre dans la médiocrité ? Si seulement Sartre était encore vivant pour renvoyer BHL d'un coup de pied dans le derrière vers son jardin d'enfants intellectuel ! BHL s'est rendu dernièrement au Festival du film de Cannes en emportant dans ses bagages quelques rebelles otanesques libyens en guise d'animaux de compagnie - des compagnons de son aventure de « libération », comme Moustafa El-Zagizli, de Bengazi, fièrement présenté comme le « prince des chabab », et le général Ramadan Zarmouth, de Misurata.

Le colonel Kadhafi avait l'habitude de planter ses tentes à Rome et de faire embrasser ses magnifiques robes par les potentats occidentaux. Les rebelles otanesques libyens, pour leur part, étaient abasourdis et troublés par leur expérience explosive des tapis rouges de Cannes.

Fait décisif, en compagnie de ses Libyens favoris, qui maugréaient contre « l'unité de la révolution », BHL avait également emmené avec lui - qui d'autre ? - ses Syriens favoris, deux Kurdes, des personnages louches en lunettes noires, dont les têtes étaient enveloppées dans des drapeaux syriens. Ils étaient décrits comme « des combattants qui avaient fui la Syrie en cachette, il y a seulement quelques heures, pour découvrir Le Serment de Tobrouk ».  

Nous avons donc là le sioniste certifié BHL, emmenant avec lui ses Arabes de service pour visionner la première mondiale de son nouveau film. Oui, toute cette affaire devait faire partie d'un autre exercice de glorification de BHL. Après avoir gagné pratiquement à lui tout seul la guerre de Libye - selon son propre « récit » - BHL a maintenant insisté sur le fait que « ce qui a été fait à Bengazi ne fut pas plus facile que ce qui devrait être fait à Homs ». Garçon ! Apportez-moi un changement de régime avec mon Chablis !

 

La guerre, c'est moi

Quant au film, diffusé sur les écrans en France et déjà vendu au marché nord-américain, il pourrait aspirer à se qualifier comme pièce surréaliste digne d'Alfred Jarry. Mais en tant que paon hyperactif, BHL n'a pas la moindre faculté d'autocritique, et ce qui reste est un BHL cinéaste se filmant lui-même en tant que réalisateur de l'Histoire en marche. Voilà comment une tradition littéraire et philosophique française vieille de plusieurs siècles se termine : L'Intellectuel est devenu un va-t-en guerre.

En voix off - quelle autre ? - celle de BHL non-stop : un monologue néo-proustien débité qui flirte avec Sun Tzu. BHL parcourt les rues de Bengazi à la recherche d'un héro rebelle postmoderne, et il le trouve en la personne d'Abdul OTAN Jalil.

La scène est à présent installée pour que BHL d'Arabie joue son épopée libératoire, constamment vêtu d'une veste noire, d'une chemise blanche Charvet méticuleusement ouverte pour montrer sa peau blanche, et un téléphone satellitaire collé sur son oreille, depuis les déserts et les montagnes jusqu'aux salons du Palais de l'Elysée et - bien sûr - le Café de Flore qui se révèle à une délégation libyenne éblouie.

Tous, du Roi Sarko à la Reine Hillary « Nous sommes venus, nous avons vu, et il mourut » Clinton et à David Cameron d'Arabie, sont manipulés pour servir d'extras dans une guerre de libération concoctée par BHL. Qui a réellement envie de savoir ce qu'il s'est réellement passé en Libye, comme l'Asia Times Online l'a rapporté pendant des mois ?

BHL rejoue inévitablement le coup de fil tristement célèbre qui aurait converti le Roi Sarko au changement de régime. Sarko lui-même a nourri ce mythe, en déclarant à la télé française en mars 2011 comment cet appel téléphonique l'avait conduit à rencontrer les rebelles de l'OTAN et à démarrer l'offensive franco-britannique. Foutaise ! Le changement de régime avait déjà été décidé à Paris depuis octobre 2010, lorsque le chef du protocole de Kadhafi s'était enfui de Libye pour se réfugier en France.

Maintenant, BHL est très occupé à rappeler au nouveau président français François Hollande « la France fera-t-elle pour Houla et Homs ce qu'elle a fait pour Bengazi et Misurata ? ». Eh bien, la coalition des volontaires est déjà en place : la France, la Grande-Bretagne, les Etats-Unis, la Turquie et la Ligue Arabe contrôlée par le Conseil de Coopération du Golfe ! Ils se nomment eux-mêmes « les Amis de la Syrie » et décideront des prochaines étapes du changement de régime, à Paris début juillet.

BHL concède que « sauver l'euro est une obligation impérieuse », mais le drame grec pourrait ne pas empêcher Hollande de passer un coup de fil, exactement comme BHL l'a fait averc son prédécesseur le Roi Sarko, pour convaincre la Russie et la Chine que l'Etat terroriste syrien relève du passé. Evidemment, BHL ne reconnaîtra jamais la nature terroriste de l'Etat israélien envers les Palestiniens, même s'il était sur le point de se faire écraser par un char de Tsahal. De toute façon, si Hollande cale, BHL se tournera vers David Cameron d'Arabie.

BHL insiste pour dire qu'il a réalisé Le Serment de Tobrouk pour la Syrie. En Libye, dit-il, il y avait « une réelle coalition avec les pays arabes, qui impliquait les forces émiraties et qataries ».

Pour l'Emir du Qatar, le Serment de Tobrouk devrait être perçu comme une comédie musicale façon « The Sound of Music ». Après tout, le Qatar a déjà acheté la moitié de la Place Vendôme, une bonne partie des Champs-Élysées et presque tout entre Madeleine et Opéra.

BHL pourrait faire pire que passer lui-même un coup de fil à l'Emir francophile pour lui demander de financer sa prochaine guerre. Mais dites donc, le Qatar arme déjà les rebelles syriens ! Prochaine étape pour BHL? L'Iran. 

Merci à Questions critiques
Source:
http://atimes.com/atimes/Middle_East/NF14Ak02.html
Date de parution de l'article original: 14/06/2012
URL de cette page:
http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=7575



4 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.

4-1 Kevin Barrett : Ingérence impérialiste en Syrie: le peuple turc donne l’exemple…

Il n’est pas dupe du jeu truqué qui se trame en son nom.
Le peuple turc demeure calme malgré le jusqu’au boutisme de son leadership
Un nouveau sondage par le centre de recherche social d’Ankara montre que plus des deux tiers de la population turque est opposée à une intervention militaire en Syrie et ce malgré les tirs récents sur deux avions militaires turcs volant au dessus des eaux territoriales syriennes. Le sondage, rapporté dans l’hebdomadaire turc Al-Akhbar, a aussi montré que la majorité des gens désirent que le premier ministre RecepTayyipErdogan prenne une position plus neutre sur le conflit en Syrie.

Kevin Barrett

Mardi 26 Juin 2012

Le sondage reflète une nouvelle réalité: cela devient de plus en plus difficile d’utiliser des provocations afin de manipuler l’opinion publique pour qu’elle soutienne la guerre.
“Dans le passé, les leaders des pays pouvaient mettre en scène des provocations ou prendre avantage d’incidents comme comme celui qui s’est passé Vendredi dernier, afin de générer un large soutien populaire pour une entrée en guerre. Ainsi que l’expliquait déjà le chef nazi Hermann Goering: “Naturellement, le commun des gens ne veut pas la guerre… Ceci est bien compris, mais après tout, ce sont les chefs d’état qui déterminent la politique… Les peuples peuvent toujours être amenés à suivre leurs leaders. C’est très facile. Tout ce que vous avez à faire est de prétendre et de dire au peuple que vous êtes attaqués, dénoncer les pacifistes pour leur manque de patriotisme et d’exposer le pays au danger. Cela fonctionne de la même façon quel que soit le pays.”’
> Mais cela ne marche pas en Turquie, pourquoi donc ?
> Peut-être parce que les Turcs ont déjà vu des provocations faites d’avions abattus. Il y a plusieurs années, un groupe d’officiers de l’armée turque et leurs complices fascistes avaient comploté un faux abattage grec d’un avion turc, ceci faisant partie d’un coup d’état contre la démocratie, ceci fut appelé l’Opération Marteau-piqueur. Les comploteurs ont été arrêtés, et maintenant quelques douzaines de ceux-ci doivent faire face à un emprisonnement à vie.
> “Ce n’est pas seulement le peuple turc qui devient de plus en plus sceptique au sujet des provocations de guerre. En Espagne en 2004, l’attentat du train à Madrid, largement suspecté d’être une opération fausse-bannière de provocation, a échoué quant à son but de rallier les Espagnols autour du président Aznar pour la guerre contre l’Irak. Aznar fut battu dans les élections qui s’ensuivirent 3 jours plus tard. De la même manière, les attentats de Londres en Juillet 2005 ont été exposés comme étant une opération sous fausse-bannière dans “Terreur dans le métro” de Nick Kollerstrom et ils ont échoué dans leur but de convaincre le public britannique de soutenir la guerre en Irak. De même pour les gros attentats de Mumbai en 2008 et 2011 qui ont échoué de ralier le peuple indien contre l’islam en général et le Pakistan en particulier, et ce en grande partie parce que ces attentats furent exposés comme étant des opérations fausse-bannières.”
> La maturité politique du peuple turc reflète les leçons apprises au cours de la lutte longue de décennies pour l’islam et la démocratie et contre le fascisme séculier Kémaliste. Le leadership turc kemaliste, travaillant au sein de l’opération Gladio de l’OTAN, a essayé tous les trucs du manuel pour sauvegarder sa dictature, incluant une vaste variété de provocations, mais le peuple s’est peu à peu éduqué à désamorcer les trucs du pouvoir.
> Dans une interview avec cet auteur Samedi, le journaliste modéré de la télévision turque Ceylan Ozbudak était d’accord pour dire que le gouvernement turc devrait adopter un ton plus neutre devant la crise syrienne et a félicité le premier ministre Erdogan pour sa retenue. Ozbudak a dit que le peuple turc veut une solution diplomatique pacifique à la crise syrienne.
> “Même les Américains, le peuple qui a été le plus trompé et le plus régulièrement à soutenir des guerres inutiles, sera sûrement plus difficile à tromper que dans le passé. Un sondage en 2007 trouva que 36% des Américains pensaient que “cela était très possible” ou “plutôt possible” que les attentats du 11 Septembre aient été organisés ou laissés faire par le gouvernement américain afin de lancer des guerres au Moyen-Orient.”
> Le Dr. James Fetzer de l’université de Duluth-Minnesota, fondateur du mouvement “Scholars for 9/11 Truth”, dit qu’il n’est pas surpris que le peuple turc réponde calmement à l’évènement de l’avion turc abattu, “quand les Américains paraissent être de plus en plus conscients des mensonges que leur gouvernement leur a dit, ce qui a été répété par les médias de masse, cela ne doit pas surprendre si les gens vivant dans des pays où la presse est plus ouverte et moins contrôlée, aient une plus grande conscience sur les tentatives qui sont faites pour manipuler l’opinion publique, spécifiquement en considérant la litanie ininterrompue des opérations fausses-bannières pour justifier des guerres par la tromperie, le mensonge et la diabolisation de leaders nationaux tels Saddam Hussein et Mouamar el-Kadhafi. Cette étude apparaît être encourageante quant au fait que le système semble être devenu transparent et que les gens deviennent de plus en plus critiques dans leur mode de penser et plus sophistiqués dans leur vision politique.”
> Le Dr. Fetzer a noté que le 11 Septembre apparaît avoir été le point culminant d’une série de provocations orchestrées qui ont servies à lancer la plupart des guerres des Etats-Unis: la fausse invasion mexicaine de 1846, le coulage du USS Maine en 1898 à Cuba et du Lusithania en 1915, le plan en huit points pour provoquer Pearl Harbour en 1941, l’incident mythique du Golfe du Tonkin en 1964 et la fameuse histoire des couveuses koweitiennes en 1990. Il a ajouté que la montée de l’internet a augmenté le scepticisme public quant à ces incidents et d’autres du même accabit, ceci en permettant l’accès public à une information plus juste et ce de manière bien plus vaste.
> Depuis le 11 Septembre, une longue liste de personnalités de haut-rang de la politique, de l’armée, de la culture et de l’éducation ont remis en cause la version officielle gouvernementale des évènements de ce jour. Le tout nouvellement élu président égyptien Mohamed Morsi est documenté pour être un sceptique de la version officielle gouvernementale des attentats du 11 Septembre, tandis que le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a collecté plusieurs acclamations debout aux Nations-Unies après avoir exprimé son scepticisme quant au 11 Septembre.
> Les gouvernements va t’en guerre et leurs caniches des médias vont-ils toujours essayer d’utiliser des “incidents impliquant des attaques ennemies”, réelles ou orchestrées, ou totalement fabriquées, pour faire marcher les opinions publiques au pas des bottes de leur politique agressive ? Ou les citoyens de toutes les nations vont-ils résister à de telles manipulations plus avant et les reléguer aux proverbiales oubliettes de l’histoire ?
> La réaction calme du peuple turc à l’incident de la destruction de leur appareil de combat offre toutes les raisons d’être optimiste. Si le sang-froid continue de prévaloir, alors la prédiction du président américain Dwight David Eisenhower pourrait bien devenir réalité: “Les peuples du monde désirent véritablement la paix. Un jour les leaders du monde devront abandonner et la leur donner.”
Kevin Barrett

Mardi 26 Juin 2012

Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~
url de l’article original:
http://www.presstv.ir/detail/2012/06/26/248005/turks-remain-blas-over-false-flag-ops/

 http://resistance71.wordpress.com/2012/06/26/ingerence-imperialiste-en-syrie-le-peuple-turc-donne-lexemple-il-nest-pas-dupe-du-jeu-truque-qui-se-trame-en-son-nom/  


Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

5-1 Avion turc : l'Otan a-t-elle menti ?

Le Point.fr - le 03/07

Présenté comme un avion d'entraînement illégalement abattu par Damas, le F-4 Phantom turc se serait livré à une mission dans l'espace syrien.

 C'est suffisamment rare pour être noté. Bachar el-Assad "regrette à 100 %" que la défense de son pays ait abattu, le 22 juin dernier, un avion de chasse turc. Dans un entretien au journal Cumhuriyet, le président syrien explique que le F-4 Phantom turc volait dans un couloir aérien utilisé par le passé par des avions israéliens. "Un pays en guerre agit toujours de cette façon, cet appareil volait à une très basse altitude et a été abattu par la DCA, qui l'a pris pour un appareil israélien", affirme Bachar el-Assad, qui a présenté ses condoléances aux familles des deux pilotes de l'appareil qui n'ont pu être trouvés.

Des regrets, certes, mais pas d'excuses. Ainsi, le chef de l'État syrien rejette une nouvelle fois les accusations d'Ankara selon lesquelles l'avion, qui se trouvait dans l'espace international, a été intentionnellement abattu par la Syrie. Une fin de non-recevoir qui ne dissipe aucune des zones d'ombre entourant les circonstances de l'incident. Et elles sont nombreuses.

Tout d'abord, le 22 juin dernier, la Turquie a attendu près de douze heures, après la nouvelle de la perte de son appareil, avant de confirmer que l'un de ses F-4 Phantom avait bel et bien été abattu par la DCA syrienne.

"Cible non identifiée" (Syrie)

Dans son communiqué, le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, adopte un ton pour le moins mesuré, annonçant que la Turquie agira de "manière déterminée" dès que la lumière aura été complètement faite sur l'incident. Côté syrien, on est bien plus catégorique : l'armée syrienne a assuré de son côté avoir détecté aux radars, vendredi vers 11 h 40, une "cible non identifiée" ayant pénétré dans l'espace aérien syrien à grande vitesse et à basse altitude. "La défense antiaérienne a alors reçu l'ordre d'ouvrir le feu", a déclaré à l'AFP un porte-parole de l'armée syrienne. "L'appareil a été abattu d'un coup direct. Il s'est écrasé en mer dans les eaux territoriales syriennes à environ 10 kilomètres des côtes de la province de Lattaquié", a-t-il ajouté. Des explications qui ne sont pas prises pour argent comptant, tant Damas s'est révélée experte depuis plus d'un an en matière de désinformation.

Or, au lendemain de l'incident, c'est le coup de théâtre. Ankara admet que l'appareil, qui effectuait une mission d'entraînement et de test d'un système radar en Méditerranée, a bien violé de façon "non intentionnelle" l'espace aérien syrien. "Quand vous pensez à la vitesse des jets lorsqu'ils volent au-dessus de la mer, il est courant qu'ils passent et repassent les frontières pour un court laps de temps", justifie le président turc, Abdullah Gül. Et la Turquie va encore attendre un jour supplémentaire avant de donner sa propre version des faits. "D'après nos conclusions, notre avion a été abattu dans l'espace aérien international, à 13 milles nautiques de la Syrie", souligne dimanche Ahmet Davutoglu, ministre turc des Affaires étrangères.

À la demande de la Turquie, qui parle désormais d'"un acte hostile au plus haut point", l'Otan décide de tenir mardi à Bruxelles une réunion d'urgence au titre de l'article 4 du traité de l'Alliance, qui prévoit que tout pays membre estimant que son intégrité territoriale est menacée, puisse saisir le Conseil. Mardi 26 juin, l'Alliance ne va pas hésiter à qualifier d'"inacceptable" et de "contraire aux "normes internationales" la destruction par la Syrie du biplace. Le message se veut sec et limpide, mais il ne s'accompagne d'aucune sanction.

"Tester" la Syrie

Pourtant, cette version est rapidement remise en cause par des experts russes cités par l'agence d'État Ria Novosti. D'après eux, le F-4 Phantom turc effectuait en réalité un vol de reconnaissance pour tester la défense antiaérienne syrienne pour le compte de l'Otan. "L'avion a été abattu dans l'espace aérien syrien. La DCA de ce pays est très efficace", estime le directeur du Centre d'analyse du commerce mondial d'armes Igor Korotchenko. Cette explication est confirmée au Point.fr par François Géré, directeur de l'Institut français d'analyse stratégique (Ifas).

"L'avion volait évidemment à l'extrême limite de l'espace aérien syrien pour une mission de reconnaissance du système antiaérien syrien", indique-t-il. "Il se trouvait très probablement, au moment où il a été détecté, légèrement à l'intérieur de l'espace syrien". Ainsi, ajoute le chercheur, même si l'appareil a ensuite regagné l'espace international, il n'a pu échapper à la batterie. Des sources du renseignement américain, citées par le Wall street journal, vont encore plus loin. D'après elles, l'avion turc a été touché par la batterie antiaérienne alors qu'il se trouvait toujours dans l'espace syrien.

Moscou impliquée ?

Interrogé par le Point.fr, le chercheur David Rigoulet-Roze (2) affirme que les tirs seraient l'œuvre de la 73e brigade de la 26e division antiaérienne syrienne, qui aurait utilisé ses batteries antiaériennes de courte et moyenne portée. "Il s'agit de lanceurs de type Pantsir S1, plus connus sous la dénomination internationale SA-22 Greyhound, dont 36 ont été récemment livrés par la Russie à la Syrie, à la suite d'un accord conclu en 2007", affirme le spécialiste. Selon une source bien informée, qui a souhaité conserver l'anonymat, la supervision de l'attaque aurait été assurée non pas par des Syriens, mais par des Russes.

"Le niveau de qualification nécessaire pour la mise en marche de ce système étant élevé, il est très vraisemblable que ce soient des officiers russes qui l'aient activé", estime la source. Pourquoi Moscou aurait-elle agi de la sorte ? "Il s'agit d'une réponse ferme de la Russie et de la Syrie à ce qui n'était certainement pas une violation accidentelle de l'espace syrien", juge-t-on. Leur message, en substance : "Vous avez voulu nous tester ? Vous avez été servis."

Par Armin Arefi 

(1) François Géré, auteur de Iran : l'état de crise (éditions Karthala)

(2) David Rigoulet-Roze, auteur de L'Iran pluriel (éditions L'Harmattan) et de Géopolitique de l'Arabie saoudite (éditions Armand Colin).

 


5-2 Akil Cheikh Hussein : Craignant une défaite en Syrie, l'OTAN pousse la Turquie dans le guêpier.

Que les 28 pays de l’Otan se réunissent d’urgence pour soutenir la Turquie contre la Syrie, c’est leur plein droit de jungle, et cela n’a rien de surprenant : L’arrogance et l’injustice sont profondément enracinées dans la constitution de l’Occident impérialiste.

Et ce n’est pas surprenant non plus pour la Turquie officielle qui, depuis sa défaite devant les Arabes, mais pour le compte de l’Occident, pendant la première guerre mondiale, ne fait -après son renoncement à son identité ottomane- que haleter derrière le dernier wagon du train occidental, et finir par renoncer à son identité turque en acceptant de devenir la frontière sud de l’Alliance atlantique.

Et voilà que cette Turquie au moins 4 fois plus puissante que la Syrie sur tous les plans matériels pousse la mesquinerie à son comble en criant au secours et en demandant à l’Alliance atlantique qui est des milliers de fois plus puissante que la Syrie de mettre en application l’article 4 du traité de l’Alliance et de défendre sa sécurité et son intégrité territoriale !!!

Sachant que, et c’est la calomnie qui joue, c’est elle qui, quelques mois seulement après la signature de plusieurs traités de forte coopération avec la Syrie, devient subitement et sur ordre donné par le centre impérialo-sioniste, une marionnette dans la main de l’Occident et se met à porter atteinte à la sécurité de son voisin et frère historique syrien et à son intégrité territoriale.

Que n’a-t-elle n’a pas fait pour nuire à la Syrie ? Dans les hôtels d’İstanbul, la Turquie accueille les agents auxquels est assignée la tâche de jouer le rôle d’opposants syriens. Via les banques turques circule l’argent envoyé par le Qatar et l’Arabie saoudite et qui constitue l’un des principaux moteurs de ce qu’on appelle la "révolution syrienne".
Sur son territoire, elle a installé des camps où s’entrainent et se ravitaillent les terroristes en action en Syrie. Elle leur fournit des armes et une formation que leur assurent ses militaires ainsi que des professionnels prêtés par les agences de renseignement occidentales et israéliennes. Médiatiquement, ses moyens de désinformation partagent la tâche avec Fox News, BBC, France 24, al-Jazeera, al Arabiyya.

Personne n’ignore que les directions occidentales et l'Otan ne sont pas enthousiastes pour une intervention en Syrie. Ils disent préférer une intervention sous couvert de l’ONU, et même si la Russie et le Chine acceptent une telle intervention, les Occidentaux épuisés par leurs crises économiques et par leurs défaites militaires en Irak, en Afghanistan et ailleurs, trouveront un prétexte pour ne pas se lancer dans une aventure quantitativement et qualitativement très lourde de conséquences.

Dans l’espoir de déstabiliser la Syrie et de la démanteler sans courir des risques majeurs, les directions occidentales et leurs alliés et leurs suppôts préfèrent lancer dans la bataille ces groupes de takfiristes et de mercenaires terroristes parallèlement aux pressions économiques et à la mobilisation contre la Syrie de toute cette panoplie de mensonges confectionnés par les mass médias et des organisations internationales semblables au Conseil des droits de l’Homme.

Dans le même souci de ne pas brûler leurs propres doigts, l’échec de cette forme de guerre dans laquelle la résistance de la Syrie a changé l’équilibre des forces à l’échelle internationale, il paraît que les directions occidentales et l'Otan incitent leur outil turc à s’engager militairement dans une guerre directe contre la Syrie.
C’est dans ce cadre que s’inscrivent les missions aériennes turques destinées à tester la réaction syrienne. Le F4 turc abattu par la défense anti-aérienne syrienne quelques secondes seulement après avoir pénétré dans l’espace aérien de la Syrie ne peut que renforcer le désarroi des Etats-Unis et de leurs alliés.
Il ne leur reste maintenant qu’un choix sur deux: Fuir en avant et déclarer contre la Syrie une guerre à la libyenne, ou fuir en arrière et lâcher à leur sort leurs suppôts syriens et arabes impliqués dans la guerre contre la Syrie.
Ils savent que les deux options mènent au même résultat : La Syrie sortira plus forte qu’auparavant, les prix du pétrole et du gaz augmenteront à des proportions vertigineuses, l’entité sioniste ne sera aucunement épargné et, surtout, ces « imprévisibles » et « irrationnels » Arabes (tels qu’ils sont pensés par beaucoup d’analystes et hommes politiques occidentaux) pourront faire un volte-face beaucoup plus désastreux que celui d'Al Qaëda et des Talibans.

Il est vrai que, dans le but de tester la capacité qu’ont les Arabes et les Musulmans de supporter l’humiliation et l’affaissement devant l’Occident, on brûle des recueils du Coran, on porte des atteintes aux grands symboles de l’Islam, on massacre des millions d’arabes et de Musulmans en Palestine, en Irak, en Afghanistan, en Libye et ailleurs, et qu’on lynche des dirigeants arabes non parce qu’ils sont des dictateurs mais parce qu’ils sont arabes, sans que, jusqu’à présent, les Arabes et les Musulmans ne ripostent d’une manière significative.
Mais cela ne confirme pas l’hypothèse sur la passivité absolue des Arabes et des Musulmans. Laissons-leurs deux ou trois ans pour tirer les leçons de grands événements en cours, et nous verrons non pas quelques personnes se brûler par désespérance dans les rues, mais des centaines de millions de personnes brûler par espérance ce monde corrompu dans lequel ils errent depuis des cent


 

Source : La Résistance islamique au Liban

Akil Cheikh Hussein
Mardi 3 juillet 2012
http://www.french.moqawama.org/...

 

 



6 Annexe

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.

6-1 Vidéo : Les entrevues de l’idiot – La Démocratie ambiguë.

Le 30 avril 2012 ·

 Guillaume de Rouville répond aux questions de l’idiot du village pour la sortie le 31 mai 2012 de son essai La Démocratie ambiguë, un livre-choc consacré aux crimes de masse commis par les démocraties occidentales ces vingt dernières années, et plus particulièrement par la France et les Etats-Unis.

« Le plus important est d’apprendre à manier l’ambiguïté, à prononcer des discours qui puissent s’interpréter dans un sens aussi bien que dans un autre afin que nul ne puisse trancher. » Cardinal Mazarin, Bréviaire des politiciens.

La Démocratie ambiguë, Guillaume de Rouville, Editions Cheap.

http://www.editionscheap.fr/

Ouvrage disponible à partir du 31 mai 2012.

http://lidiotduvillage.org/2012/04/30/video-les-entrevues-de-lidiot-la-democratie-ambigue/

 



Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières,les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

" Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19



21/06/2012

Jean Bricmont : Guerre en Syrie ? « On va vers une espèce de folie »

 


Jean Bricmont :Guerre en Syrie ? « On va vers une espèce de folie »


Face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Sa diffusion est un acte de résistance.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre



Dossier Syrie 

n°56                              03-06

C.De broeder & M.Lemaire



Le "Dossier deSyrie" est  visible 

a) sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

b) sur le site de Eva Resis           :  no-war.over-blog.com

c) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com  

d) sur le site : www.palestine-solidarite.org à cette adresse : http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

NB : Si vous vouleznous contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire de la lutte pour la libération du territoire.

 1 GeantVert :France24 : interview en direct Mahmoud Ahmadinejad.

 Le dignitaire religieux saoudien Ali Al Rabihi propose 450 000 $ pour tuer Bachar Al-Assad.

3 Pour BHL, l’ambassadeur russe aux Nations Unies est un "crétin(…) 

4 french.irib :"Israël": Shimon Peres espère la victoire des rebelles en Syrie.

2 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

2-1 Al Manar Brezinski : « La situation en Syrie n’est pas aussi horrible ».

2-2 Allain Jules : Dans la tanière des veaux (Français), de François Hollande à l'IFOP.

2-3 Tony Cartalucci : Chantage contre la Russie : les États-Unis promeuvent les massacres pour justifier la guerre contre la Syrie.

2-4 Depuis le massacre de Houla, le grand débat est lancé : faut-il intervenir militairement en Syrie ?.

2-5 Robert Mood met les pieds dans le plat.

2-6 Obsession névrotique : et on nous ressort le lâchage de Bachar par Moscou?!

3  Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

3-1 Lavrov : Les rebelles dirigés de l'étranger

3-2 Réseau Voltaire : L’Allemagne s’oppose à une intervention militaire en Syrie.

3-3 Lorientlejour. : Hague compare la Syrie à la Bosnie de 1992 et n'exclut pas une intervention  1

3-4Jean Bricmont :Guerre en Syrie ? « On va vers une espèce de folie »



1 GeantVert :France24 : interview en direct Mahmoud Ahmadinejad.

Une interview en direct, par un grand média français, de l’un des présidents étrangers les plus honnis et diabolisés ces dernières années, voila qui ne manquera pas de piquer notre curiosité.

Les journalistes vont-ils aller jusqu’à questionner Mahmoud Ahmadinejad sur la récente condamnation du Hezbollah par un tribunal de Manhattan à verser plus de 9,4 milliard de dollars de dédommagement aux victimes du 11-Septembre ?

Ou bien vont-ils lui demander sa vision sur la situation en Syrie ?

Saluons en tout cas cette initiative de France 24 qui donne donc la parole au seul chef d’État à avoir officiellement demandé une nouvelle enquête sur les attentats du 11-Septembre, et dont les propos ont régulièrement, et sur divers sujets, été déformés et discrédités à l’envi par les grands médias occidentaux.

sur FRANCE 24 et en direct de Téhéran,suivez cet entretien avec le président iranien,

Mahmoud Ahmadinejad, sur cette page :  http://f24.my/HHw7u2

L’interview peut être revue ici en 2 parties

(ou voir ci-dessous)

30 mai, 2012 by GeantVert

 

Compte-rendu de l’interview par France24

Source : Site Web de France24, le 20 mai 2012

Dans un entretien accordé à FRANCE 24, le président iranien Mahmoud Ahmadinejad se dit "déçu" par les massacres commis en Syrie mais met en doute la responsabilité du régime de son allié Bachar al-Assad.

Au cours d’une interview accordée à FRANCE 24, le président de la République islamique d’Iran, Mahmoud Ahmadinejad, a commenté la situation en Syrie, condamnant notamment le massacre de Houla qui s’est produit la semaine dernière, tout en mettant en doute l’implication du régime de son ami Bachar al-Assad.

"Nous sommes très fortement sensibles et déçus", a-t-il assuré. "C’est le droit de tout peuple d’être libre, y compris le peuple syrien. Dès qu’une personne meurt c’est terrible, et surtout dans les conditions où c’est arrivé, dans le massacre…", a-t-il ajouté faisant allusion à la tuerie de Houla. Samedi 26 mai, 108 corps – majoritairement des femmes et des enfants – ont été retrouvés dans cette petite ville du centre de la Syrie située à quelques dizaines de kilomètres de Homs.

Le président iranien a néanmoins émis des doutes sur une éventuelle implication du gouvernement syrien dans le massacre de Houla. "Il existe des commissions dont le travail est d’examiner la situation. Il me paraît incroyable qu’un gouvernement puisse tuer son propre peuple", a-t-il dit.

Soutien moral ou approvisionnement en armes ?

L’Iran a apporté son soutien au plan de paix défendu par Kofi Annan, l’émissaire de l’ONU et de la Ligue arabe en Syrie. "C’est la meilleure solution pour sortir de cette situation", avait déclaré un porte-parole du gouvernement iranien il y a quelques semaines. Mais au cours de son entretien avec FRANCE 24, Mahmoud Ahmadinejad a, à plusieurs reprises, condamné “les interventions étrangères dans la région” et s’est demandé ce qu’envisageaient les gouvernements occidentaux en Syrie.

Alors que les initiatives internationales se multiplient pour faire cesser le bain de sang en Syrie, les gouvernements occidentaux accusent l’Iran d’assurer l’approvisionnement en armes du régime de Bachar al-Assad. De leur côté, les autorités iraniennes ont toujours affirmé qu’elles n’apportaient qu’un soutien moral à la Syrie.

Sur l’antenne de FRANCE 24, Mahmoud Ahmadinejad a assuré que l’Iran entretenait des "relations parfaitement normales" avec la Syrie. "Nous sommes en faveur de la protection des droits de l’Homme", a-t-il déclaré.

Le nucléaire, un droit selon Ahmadinejad

Par ailleurs, le président iranien a défendu le programme nucléaire de son pays. "Selon le droit international, l’Iran a le droit d’enrichir l’uranium à 20 %", a-t-il déclaré, assurant une nouvelle fois que son pays n’avait pas l’intention de se doter d’une bombe. Ces déclarations coïncident avec la reprise des discussions, longtemps suspendues, avec les six grandes puissances sur la question du nucléaire iranien. À l’issue d’une réunion cruciale à Bagdad la semaine dernière, les pays impliqués dans ces pourparlers ont accepté une nouvelle réunion en juin à Moscou.

"Je ne m’attends pas à un miracle à cette prochaine réunion à Moscou", a cependant affirmé le président iranien au journaliste de FRANCE 24 Marc Perelman. Tout en affirmant le droit de l’Iran d’enrichir l’uranium à 20 %, il a laissé entendre que son pays pourrait envisager un arrêt de cet enrichissement en échange de concessions "significatives" de la part des grandes puissances. "Si les grandes puissances ne veulent pas que nous puissions bénéficier de ce droit, ils doivent nous expliquer pourquoi. Ils doivent également nous dire ce qu’ils sont prêts à donner au peuple iranien en échange", a affirmé Mahmoud Ahmadinejad, tout en refusant de détailler ce que pourrait accepter son gouvernement.

http://www.reopen911.info/News/2012/05/30/breve-18h30-aujourdhui-france24-interview-en-direct-mahmoud-ahmadinejad/


2 Le dignitaire religieux saoudien Ali Al Rabihipropose 450 000 $ pour tuer Bachar Al-Assad. 

Un imam saoudite influent Ali Al Rabihi a proposé 450 000 dollars à celui qui pourrait tuer le président de Syrie Bachar al-Assad. Le Dr Ali Al Rabihi a fait son offre sur Twitter.

L'information a été rapportée mardi 28 mai 2012 par le très sérieux quotidien arabe Al-Qods Al-Arabi paraissant de Londres.Selon lui, il s'y est décidé après avoir appris le massacre de Houla où au moins 108 personnes ont été tuées.« Nous proposons une récompense de 450 000 dollars à celui ou à ceux qui supprimeront Bachar al-Assad, l'assassin dont les crimes contre les enfants et les femmes ont bouleversé le monde entier », a déclaré l'imam. . La proposition est intervenue à la suite de la décision des autorités saoudiennes d'interdire aux dignitaires religieux de faire des collectes de dons en faveur du peuple syrien.

28 mai 2012

http://www.reflexiondz.net/La-tete-de-Bachar-Al-Assad-mise-a-prix_a17920.html


3 Pour BHL, l’ambassadeur russe aux Nations Unies est un "crétin(…) " 

Alors qu’il venait faire la promotion du film qu’il consacre, selon ses propres mots, au miracle libyen, le lobbyiste Bernard-Henri Lévys’en est violemment pris à Vitali Tchourkine, représentant de la Fédération de Russie aux Nations Unies [1].
« Il y a des crétins..., je lisais une dépêche AFP ou Reuters tout à l’heure, l’ambassadeur russe aux Nations Unies qui dit qu’ils vont bientôt révéler la confession de ceux qui ont vraiment armé les rebelles syriens. Imbécile ! Crétin ! Toujours la même idée, le complot. »
« Le vrai complot, c’est celui dont je vous parle là : des gens qui avaient vécu la Bosnie comme une brûlure au cœur et qui ne voulaient pas la voir se répéter [en Libye et en Syrie] ».
Envisager que les guerres répondent à des stratégies politiques, serait donc soutenir une théorie du complot. Au contraire, pour l’esthétisme BHLien, les guerres devraient être des œuvres d’art : de pures réactions émotionnelles de dirigeants politiques considérés comme des individus autonomes, et non plus comme les représentants d’intérêts collectifs.

02/06/2012

voltairenet :

 http://www.voltairenet.org/Pour-Bernard-Henry-Levy-l


4 french.irib :"Israël": Shimon Peres espère la victoire des rebelles en Syrie 

Le président israélien Shimon Peres a exprimé dimanche son soutien aux rebelles syriens,
dans une interview accordée à la radio publique israélienne."Les massacres empirent de jour en jour (en Syrie). C'est une honte. J'éprouve le plus profond respect pour les rebelles qui s'exposent à des tirs à balles réelles, et j'espère qu'ils vaincront", a estimé Peres, avant de partir pour Washington.
Le tueur des enfants de Cana (sud Liban, en avril 1996) a en outre déclaré qu'"on ne peut pas rester indifférent face à ces petits cercueils qui contiennent des corps d'enfants", et d'ajouter : "Les efforts de la communauté internationale sont insuffisants".
Pour sa part, le vice-ministre des Affaires étrangères, Danny Ayalon, a déclaré qu'Israël était prêt à fournir une assistance humanitaire aux victimes des violences en Syrie.
"Nous sommes bouleversés par ce qui se passe dans ce pays. Nos représentants à l'étranger ont demandé à la communauté internationale d'intervenir, et nous avons proposé notre aide, en particulier sous forme d'assistance alimentaire et de médicaments", a dit Ayalon à la radio.
"Nous sommes en contacts avec la Croix rouge internationale et d'autres organisations humanitaires, et avons aussi demandé que les blessés puissent être évacués en Jordanie, où nous pourrions les aider", a-t-il ajouté.

10/06/2012

http://french.irib.ir/info/moyen-orient/item/193800-isra%C3%ABl-shimon-peres-esp%C3%A8re-la-victoire-des-rebelles-en-syrie



2 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.

2-1 Al Manar Brezinski : « La situation en Syrie n’est pas aussi horrible ».

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.

 

Le secrétaire d’État à la sécurité nationale du président américain Jimmy Carter, le célèbre Zbigniew Brezinski, a affiché ses doutes quant à la couverture de l’insurrection en Syrie, estimant que celle-ci n'est pas aussi horrible ou dramatique qu'elle est dépeinte
Ce qui se passe en Syrie «  n’est pas aussi horrible ou dramatique qu'il est dépeint. Si vous regardez le monde ces dernières années, l'horrible guerre au Sri Lanka, les massacres au Rwanda, et les morts en Libye et ainsi de suite », a-t-il expliqué d’un entretien accordé à la télévision américaine MSNBC.
Et d’ajouter : «  Vous savez, nous devons avoir un sens des proportions ici. Il s'agit d'une partie du système nerveux du monde, dans laquelle si nous ne sommes pas assez intelligents, nous pouvons créer un lien entre un problème difficile interne qui n'a pas encore pris de proportions gigantesques et un problème régional ou mondial qui implique nos relations avec les autres grandes puissances, notamment la Russie, mais aussi les négociations avec l'Iran sur le problème nucléaire ».
Selon lui le soulèvement syrien est différent des autres conflits parce que la violence n'est pas très répandue géographiquement, l'armée est restée intacte et l'élite des affaires continuent de soutenir le gouvernement Assad.
L’auteur de l’ouvrage «Vision stratégique: l'Amérique et la crise de la puissance mondiale» avait auparavant rejeté une proposition du président du Conseil des relations étrangères Richard Haas, selon lequel l'une des mesures appropriées aux pays voisins de la Syrie, pour montrer leur désapprobation du soutien de Moscou pour la Syrie, serait de retirer leurs diplomates de la Russie.
«Je ne pense pas que les Russes seront terriblement impressionnés...Si les ambassadeurs s’en vont  quelle conséquence y aurait-t-il en Syrie ? », s’est-il interrogé.
Cette question «  ne sera pas résolue en rappelant les ambassadeurs de Moscou ni en disant aux Russes qu’ils se comportent comme des voyous", a-t-il averti.
« En vérité, tant qu’il n’y a pas de coopération internationale qui aboutisse à un gouvernement qui puisse vivre avec Assad, et qui implique une sorte d'effort assidu en vue d’établir un certain consensus national, ce conflit va continuer. Et il ne faut pas exagérer ce conflit ».
Brzezinski a déclaré qu'un accord sur la Syrie devrait impliquer la Russie, ainsi que la Chine et les grandes puissances européennes.

 03/06/2012

Al Manar


2-2 Allain Jules : Dans la tanière des veaux (Français), de François Hollande à l'IFOP.
Les Français sont des veaux” disait un grand homme -de Gaulle pour ne pas le nommer-, vexé de voir un peuple amorphe quand il s’agit de défendre ses propres intérêts mais qui bombe le torse pour donner des leçons aux autres. Les désinformateurs ont vraiment de l’avenir devant eux. Quand on voit que la France a été dirigée pendant 5 ans par un erzatz de président, il y a de quoi s’inquiéter. François Hollande semble vouloir jouer à son tour le sous-erzatz et/ou sous-président du moins de substitution tenant l’office de l’original.

Je suis tombé tout à l’heure sur un sondage de l’IFOP réalisé pour Ouest-France (photo). “Encore un !”, me direz-vous, mais, ce dernier concerne la perception que les Français ont d’une possible intervention armée en Syrie. Les yeux écarquillés, je suis tombé de haut en observant cette mascarade. De deux choses l’une, soit les Français sont racistes (anti-arabe), soit ils sont des veaux. Nous parlons ici de la majorité des Français, de toutes origines confondues.

Vous remarquerez que l’institut IFOP et Ouest-France associent à leur escroquerie, une photo de l’enterrement collectif des victimes de Houla. Il faut vraiment être un attardé mental pour croire une seconde au récit de la fameuse armée libre de Syrie (ASL) qui aurait trouvé les victimes. Considérant qu’elles n’ont pas été tuées par les armes lourdes de Bachar al-Assad, selon les premières accusations de la soi disant “communauté internationale” mais à l’arme blanche en majorité, pourquoi l’armée syrienne s’est-elle retirée ensuite ? Tout le monde sait que dans cette zone, ce sont les renégats syriens qui tiennent cette dernière et qu’il était pratiquement impossible que des militaires syriens s’y introduisent. Alors la propagande anti-Syrie et anti-Assad, passons…

“Ah les cons !”, s’était écrié Daladier. Revenant d’Allemagne en 1938, il venait de signer des “accords de paix” à Munich avec l’affreux monsieur H. Il savait qu’il s’était couché devant toutes les doléances d’Adolf Hitler. Or, à sa descente d’avion, une foule en… liesse l’attendait. Surpris, il pensait plutôt qu’il allait se faire huer. Les applaudissements l’avait déstabilisé. Tout le monde sait ce qui s’est passé après. En Syrie, si Bachar al-Assad cède face aux terroristes, je crois qu’il est perdu, les Russes et les Chinois avec, complètement humiliés. Ces gens-là, formés et soutenus par l’Occident, ne sont que de petits galopins sans foi ni loi, prêts à tout pour créer le chaos.

Je crois que Bachar al-Assad doit gêner beaucoup de gens parce qu’il n’est pas esclave du joug occidental. Émietter la Syrie a de nombreux avantages pour certains, il est inutile de les citer ici, chacun devinant les intérêts qu’une décrépitude de la Syrie leur apportera. Les dindons de la farce seront finalement les soi disant opposants syriens, de vrais clowns qui ne rêvent que de devenir calife à la place du calife sans autre forme de procès. Sans jugement de valeur, je crois que les Occidentaux font preuve de racisme en voulant affaiblir le monde arabe…Mais où sont donc les arabes ?

Allain Jules

Dimanche 3 juin 2012

Source : Allain Jules
http://allainjules.com/...


2-3 Tony Cartalucci : Chantage contre la Russie : les États-Unis promeuvent les massacres pour justifier la guerre contre la Syrie.

Les Etats-Unis à la Russie: Laissez tomber ou nagez dans une mer de sang syrien

•Les Etats-Unis ont planifié la violence sectaire en Syrie depuis au moins 2007.

•Les Etats-Unis arment volontairement les extrémistes sectaires afin de perpétrer la violence.

•Les Etats-Unis utilisent leur propre violence afin de mettre les nations sous pression et qu’elles acceptent “un changement de régime”.

Alors que des révélations émergent pour dire que la violence en Syrie a été préméditée par les planificateurs occidentaux avant même que le printemps arabe ne se déroule et alors que la façade des “aspirations démocratiques” s’effondre face au bain de sang motivé par une pensée sectaire, les officiels américains et les faiseurs de politique des think tanks occidentaux qui ont  communiqués avec Bloomberg, ont dit que leur dernier message à la Russie afin de changer de régime en Syrie est en substance celui-ci: la violence sera volontairement accélérée jusqu’à ce qu’un changement de régime s’accomplisse, la Russie peut capituler maintenant et obtenir un droit de parole sur le comment la transition se passera, ou capituler plus tard en souffrant de l’exclusion comme cela fut le cas en Libye.

Bloomberg cite des “officiels américains” qui clament avoir des réunions avec les Russes pour obtenir “une transition ordonnée”.

Maintenant, Les Etats-Unis sont ils proches ou croient-ils être suffisamment proches de cet état de fait, demeure une question qui a des réponses variées. Ce qui n’est pas une opinion en revanche est le fait que les Etats-Unis ont ouvertement conspiré pour saigner la Syrie à blanc soit en limitant son influence géoplotique à travers le Moyen-Orient, soit éventuellement en précipitant la chute du gouvernement. Ceci a été clairement noté dans le mémo # 21 de la Brookings Institution:  ”Assessing Options for Regime Change (.pdf):”

 

“Une alternative demeure pour les efforts diplomatiques de se focaliser sur comment arrêter les violences et comment gagner un accès humanitaire, comme cela est fait sous la férule d’Annan. Ceci pourra amener à la création d’hâvres de paix et de couloirs humanitaires, qui devront être renforcés par une action militaire limitée. Ceci bien sûr, ne remplira pas les buts des Etats-Unis et laisserait éventuellement Assad au pouvoir. A partir de là, il est possible néanmoins qu’une coalition plus large sous un mandat international approprié puisse offrir plus d’action coercitive dans ses efforts.” -page 4, Assessing Options for Regime Change, Brookings Institution.

Aux pages 8 et 9 le mémo déclare:

“Les Etats-Unis pourront toujours armer l’opposition même en sachant qu’elle n’aura jamais suffisamment de puissance de feu par elle-même pour déloger Assad et son réseau du pouvoir. Washington peut choisir de faire cela sous le couvert de la croyance qu’assister un peuple opprimé en lui fournissant la capacité de résister à son oppresseur est mieux que rien du tout, et ce même si le soutien offert a peu de chance de transformer la défaite en victoire. Alternativement, les Etats-Unis peuvent calculer que cela vaut la peine de clouer le régime Assad et de le saigner à blanc, gardant ainsi un faible ennemi régional tout en évitant les coûts d’une intervention directe.”

-pages 8-9, Assessing Options for Regime Change, Brookings Institution.

Pour ceux qui suivent la réthorique “humanitaire” proposée par l’Occident comme étant leur motivation pour intervenir en Syrie, il est clairement inconscient de perpétrer la violence, particulièrement une violence brutale sectaire qui se déroule de manière admise aujourd’hui, simplement pour “garder un ennemi régional faible”. Et c’est de cette position de dépravation morale que l’Occident est en train de négocier avec la Russie pour une “transition” en Syrie.

L’Occident pense qu’en continuant à faire couler le sang et en manipulant la perception publique en disant que “cela est le fait du gouvernement syrien”, “rendu possible” par les Russes, les Chinois et les Iraniens, qu’il peut faire “honte” aux opposants à leur campagne de déstabilisation en continuant de soutenir ce crime contre la paix mondiale. Quoi qu’il en soit, les médias occidentaux vacillent devant les médias alternatifs ; de plus, le public en général est fatigué de cette guerre sans fin et émet de plus en plus de suspicion quant aux motifs et à l’implication de l’Occident en Syrie. L’arnaque intentionnelle de ce qui  apparaît être une atrocité orchestrée par l’Occident à Houla, n’existe seulement que dans les manips psychologiques de la presse occidentale, et ne va pas plus loin, même pas dans la section des commentaires de cet article ci-dessous. En d’autres termes, personne n’a acheté leur salade.

Ce que la Russie décide de faire avec la Syrie va déterminer la forme du champ de bataille sur lequel ils combattront quand ils seront obliger de confronter les machinations constantes de Wall Street et Londres.

Il ne peut pas y avoir de malentendu à ce sujet précis: ce n’est pas en apaisant l’Occident en abandonnant la Syrie, comme ce fut fait avec la Libye, que cela atténuera les ambitions hégémoniques qui motivent cet agenda en première instance. Tout comme Hitler disant qu’il n’avait aucune intention d’envahir la Russie jusqu’au jour où il lança l’invasion, Wall Street et Londres ont l’intention d’aller au bout du chemin, à Moscou et à Pékin et ce malgré la myriade d’excuses et de démentis qu’ils font chemin faisant ainsi que les démentis et les excuses qu’ils inventeront jusqu’au jour où les forces occidentales et leurs marionnettes commenceront à s’en prendre à la Russie et à la Chine.

La Chine, de la même manière, doit faire face à un encerclement et un isolement alors que le Pentagone a déjà ouvertement déclaré décaler son attention et ses flottes vers le Pacifique. Alors que le ministre de la défense Panetta tente de “minimiser” les soucis concernant le transfert des forces américaines pour confronter la Chine, ses mots très peu crédibles sont en contradiction avec près de 20 ans de documents sur la politique américaine qui décrivent l’isolement et l’effondrement de la Chine par cette méthode de renforcer l’hégémonie américaine dans le Pacifique.

La confrontation viendra tôt ou tard et pour ceux qui se demandent pourquoi le monde fut si apathique devant les nazis, une menace direct pour la paix mondiale a posteriori, on nous donne aujourd’hui des sièges de premier rang pour voir comment les États-Unis et le Royaume-Uni, et ceux qui gravitent dans leur orbite, violent de manière exponentielle la souveraineté et la destinée d’une nation après l’autre, aidée en cela par leurs propres populations à l’apathie et à l’ignorance sans bornes. Tout comme l’Allemagne, ce seront ces populations qui paieront le prix ultime pour leur laxisme et leur inaction devant les ambitions hégémoniques brutales et sans scrupules de leurs propres gouvernements.

Tony Cartalucci
http://landdestroyer.blogspot.fr/

 

Article original en anglais :

PRESSURES ON RUSSIA: US Attempts to Mass-Murder Its Way to Victory in Syria.

US to Russia: "Give Up" or Swim in Sea of Syrian Blood

- by Tony Cartalucci - 2012-06-06

Traduit de l’anglais par Résistance 71

Mondialisation.ca,

Le 7 juin 2012

 http://www.mondialisation.ca/index.php?context=viewArticle&code=CAR20120607&articleId=31304

 


2-4 Depuis le massacre de Houla, le grand débat est lancé : faut-il intervenir militairement en Syrie ?.
*On connaît les arguments "pour"*, ceux qui conduisent BHL et 58 % des Français (selon un sondage Ifop pour Dimanche Ouest-France) à soutenir une telle action sous l'égide de l'Onu.
Ils sont nombreux : mettre un terme à la répression sanglante orchestrée par le régime Assad ; renverser un allié de l'Iran ; ne pas laisser dicter l'agenda international par la Russie (et la Chine) ; afficher son soutien aux Printemps arabes...
Mais, ces derniers jours, *trois personnalités importantes - et très différentes - ont exposé des points de vue hostiles* ou extrêmement réservés quant à un recours à la force.
Voici leurs arguments.


 

a) (Hillary Clinton, d'abord. Jeudi, devant des étudiants danois, la secrétaire d'Etat de Barack Obama a fait la - longue - liste des empêchementsà uneopération militaire)
"La Syrie est une société beaucoup plus peuplée et beaucoup plus diverse que la Libye, si bien que différents groupes en Syrie sont inquiets de ce qui arriverait après Assad et ne sont pas aussi unifiés qu'en Libye. Il y a des militaires professionnels ; il n'y en avait pas en Libye. Kadhafi s'appuyait sur un tout petit groupe de militaires aidés par des mercenaires.
*"Il y avait une opposition en Libye qui représentait vraiment le pays.* Ceci n'est pas encore été possible en Syrie. Nous travaillons tous à cela. Il y avait un lieu protégé d'où l'on pouvait opérer --Benghazi -- et de là nous pouvions avancer vers l'Ouest. Les défenses anti-aériennes en Syrie sont beaucoup plus fortes qu'en Libye. La Ligue Arabe avait appelé à une action par le Conseil de Sécurité.

"La Ligue Arabe soutient aujourd'hui la mission Annan ; ils ne sont pas encore unis pour appeler à
une action militaire. Et le plus important, le Conseil de Sécurité, dans le cas de la Libye, était d'accord pour agir et puis l'Otan a pu mettre en place une coalition à laquelle se sont joints des pays arabes d'accord pour faire appliquer la no-fly zone et même opérer des frappes. Donc vraiment, ces conditions n'existent pas pour la Syrie pour l'instant.
 
*"Il y a aussi beaucoup de difficultés et de complexités régionales que l'on doit traiter.* La Jordanie a une frontière avec la Syrie ; ils s'inquiètent pour leur propre intégrité longue frontière commune. Ils s'inquiètent de savoir s'ils se rendent plus vulnérables à la menace terroriste kurde sur laquelle ils sont concentrés.
"Et ce n'est pas tout ; c'est un ensemble de facteurs difficiles à équilibrer. La Syrie est à côté du Liban, qui, vous le savez, a connu une guerre civile brutale pendant des années. Et la démographie de la population, (syrienne) n'est pas si dissemblable si ce n'est en terme de nombre, mais les fondamentaux démographiques sont très similaires entre les deux pays.
"Beaucoup de gens essayent de trouver ce qui pourrait être une intervention que ne causerait pas beaucoup de morts et de souffrances. En Libye, en partie parce que le pays était peu peuplé sur un vaste territoire, il y avait un théâtre d'intervention qui a permis d'éviter des victimes civiles. Cela semble beaucoup plus difficile en Syrie, si ce n'est impossible.
"Il y a beaucoup de planifications humanitaires et militaires en cours. Mais les facteurs ne sont pas réunis. "

 (la traduction est de moi) :
<http://www.state.gov/secretary/rm/2012/05/191575.htm>

b) (Pour Henry Kissinger, les deux prérequis à une telle intervention ne sont pas remplis)
Le 2 juin*, l'ancien Secrétaire d'Etat de Richard Nixon, *le très Républicain*Henry Kissinger, vient lui de s'exprimer
<http://www.washingtonpost.com/opinions/syrian-intervention-risks-upsetting-global-order/2012/06/01/gJQA9fGr7U_story.html>*

Dans le "Washington Post". Dans une tribune intitulée "Une intervention en Syrie risque de chambouler l'ordre mondial", le géostratège, qui a toujours l'oreille des Grands, écrit notamment (là encore la traduction est de moi) :

« *Il y a deux prérequis à une intervention militaire*, humanitaire ou stratégique : un, un consensus sur la forme de gouvernement après le renversement du statu quo est fondamental. Si l'objectif se résume à déposer un leader spécifique, une nouvelle guerre civile peut survenir du vide résultant et des pays extérieurs choisir différentes parties. Deux, l'objectif politique doit être explicite et atteignable sur une période durable. Je doute que la question syrienne remplisse ces conditions. (...)
"En réagissant, à une tragédie humaine, nous devons faire attention de ne pas en faciliter une autre. En l'absence de concept stratégique clairement exposé, un ordre mondial qui érode les
frontières et fusionne guerres civiles et internationales ne peut jamais reprendre son souffle. On a besoin de nuance pour donner de la perspective à la proclamation d'absolus. »

(Le général à la retraite de l'armée de terre Vincent Desportes)
*Enfin, il y a le général français à la retraite, Vincent Desportes*, celui-là même qui, il y a deux ans, avait publiquement souhaité un retrait anticipé des forces françaises d'Afghanistan (au prix de son poste à la tête du Collège Interarmées de la Défense). Dans le Figaro de samedi, il a développé des arguments proches de ceux d'Hillary Clinton
<http://www.lefigaro.fr/mon-figaro/2012/06/01/10001-20120601ARTFIG00570-faut-il-intervenir-en-syrie.php>

 

c) Pour conclure (en ce qui concerne la France) :
« Le fait d'être intervenus en Libye ne nous impose pas d'intervenir en Syrie. En la matière, chaque cas est un cas d'espèce, et le réalisme doit l'emporter sur l'impétuosité morale et nos propres données identitaires, même si le messianisme fait partie de nos gènes. »



2-5 Robert Mood met les pieds dans le plat.

6 juin

Kharroubi Habib - Le Quotidien d’Oran

« Des parties étrangères contribuent à la spirale de la violence en fournissant à la rébellion armes et argent ».

Lors d’un discours tenu dimanche matin devant les députés issus des élections du 7 mai, le Président syrien Bachar el-Assad a soutenu que son pays faisait face à un « plan de destruction » et « à une véritable guerre menée de l’étranger » et que ceux qui « sont responsables du terrorisme ne sont pas intéressés par le dialogue ou les réformes. Ils sont chargés d’une mission et ne s’arrêteront que s’ils l’accomplissent ou si nous arrivons à les arrêter ».

Avec une belle unanimité, des responsables politiques aux Etats-Unis et en Europe et les médias occidentaux l’ont tout aussitôt accusé de travestir la vérité sur ce qui se passe dans son pays, et le chef de la diplomatie saoudienne, Saoud el-Faycal, de « manœuvrer pour gagner du temps ».

Pourtant, ce qu’a dit Bachar el-Assad se voit confirmé, et non par une source stipendiée par le régime syrien ou appartenant au champ de ses alliés étrangers. La confirmation est venue du général norvégien Robert Mood, chef des observateurs onusiens déployés en Syrie. Il a en effet affirmé lundi s’être fait la conviction que « des parties étrangères contribuent à la spirale de la violence en fournissant à la rébellion armes et argent ». Voilà qui devrait donner à réfléchir à tous ceux qui, prenant pour argent comptant les assertions des ennemis syriens et étrangers du régime syrien, se font une vision faussée de ce qui se passe réellement en Syrie et imputent au premier d’être seul responsable des massacres qui sont perpétrés dans ce pays.

Le cynisme des parties étrangères que le chef des observateurs onusiens a pointées, sans pour autant révéler qui ell