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20/09/2012

n° 115 – Dossier Des 'Guerres de l'Otan et USA'. - 19-06 : L’Occident et l’apologie du terrorisme.

 


n° 115 – Dossier Des 'Guerres de l'Otan et USA'.  - 19-06 : L’Occident et l’apologie du terrorisme.



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



Dossier : Des ‘Guerres de l'Otan et des USA’.

n° 115 - 19-09

      C.De Broeder & M.Lemaire

 



 "Le'Dossier des guerre de l'Otan" est  visible :

a) sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site de Robert Bibeau :   http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

c) sur le site de Eva Resis      :  no-war.over-blog.com  - http://no-war.over-blog.com/

 

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be



Tiré à part 

Tony Cartalucci & Land Destroyer : Amnesty International est une agence de propagande du ministère des affaires étrangères étasunien.

Pour ceux qui n'ont pas le temps de tout lire voici la conclusion de l'article :
Il est très clair qu'Amnesty International n'est en aucun cas un "défenseur des droits de l'Homme", mais plutôt une insulte à la défense des droits de l'Homme. Il va sans dire que cette organisation devrait être boycotté jusqu'à extinction et au moins identifiée comme étant illégitime et frauduleuse de par son financement occulte et son leadership compromis et corrompu.

De plus, nous, les peuples devons adresser le vrai problème des violations de nos droits à la base de la société, parce que c'est faire preuve de folie absolue que de croire que les organisations d'obédience mondiale, financées par des intérêts industrio-financiers privés, faisant écho à l'agenda des gouvernements motivés par des intérêts très spéciaux, ont notre intérêt commun et nos droits en tête lorsqu'elles agissent.

Amnesty est dirigée par des représentants du ministère des affaires étrangères étasunien, financeé par des criminels financiers condamnés et menace la véritable défense des droits de l'Homme mondialement.


Souvent considérée à tort par beaucoup comme étant la quintessence sur la question des droits de l'Homme dans le monde, cela pourra choquer certains d'apprendre qu'Amnesty International n'est en fait qu'un des plus grands obstacles à la véritable cause et défense des droits de l'Homme sur cette planète. Dans un de ses plus récents rapport en 2012 (
2012 annual report (page 4, .pdf), Amnesty répète un de ses plus grands mensonges, qu'elle a l'habitude de marteler:

"Amnesty International est financée essentiellement par ses membres et dons publics. Aucun financement n'est recherché ou accepté de la part de gouvernements pour enquêter et faire campagne contre les abus des droits de l'Homme. Amnesty International est indépendante de tout gouvernement, idéologie politique, intérêt économique ou religieux."

Ceci est catégoriquement faux.

Amnesty International est en fait non seulement financée et gérée par des gouvernements, mais aussi par de très gros intérêts corporatifs, elle n'est pas seulement impliquée dans des intérêts politiques et économiques, mais elle est en fait un outil essentiel utilisé pour perpétuer et satisfaire ces intérêts particuliers.

Le financement d'Amnesty International
Trouver les informations à propos du financement d'Amnesty International sur leur site internet est rendu volontairement difficile; de manière spécifique et pour protéger le mythe que cette organisation est "indépendante". Comme toute opération criminelle organisée, Amnesty sépare les liens financiers compromettant au travers toute une série de manœuvres et d'organisations boucliers. Le site d'Amnesty stipule:

"Le travail du secrétariat d'Amnesty International est organisé en deux entités légales en accord avec la loi britannique. Celles-ci sont Amnesty International Limited (AIL) et Amnesty International Charity Limited (AICL). Amnesty International Limited s'occupe d'activités charitables pour Amnesty International Charity Limited, une association enregistrée comme charitable

C'est ici, à Amnesty International Limited, que sont mis les liens avec les gouvernements et les intérêts industrio-financiers. A la page 11 du rapport et déclaration financière pour 2011 d'Amnesty International Limited (2011 Report and Financial Statement (.pdf) ), il est dit: "

Les directeurs sont heureux de faire savoir le soutien accordé par la John D. and Catherine T. MacArthurFoundation, la OakFoundation, l'Open Society Georgia Foundation, the Vanguard Charitable Endowment Programme, Mauro Tunes and American Jewish World Service. Le département britannique pour le développement international (Governance and TransparencyFund) a continué de financer un projet éducatif sur les droits de l'Homme de quatre ans en Afrique. La commission Européenne (EuropeAid) nous a généreusement récompensé d'un fond sur plusieurs années pour un travail éducatif sur les droits de l'Homme en Europe pour Amnesty International."

De manière évidente donc, Amnesty prend de l'argent à la fois des gouvernements et d'intérêts industrio-financiers, dont un des plus connu, l'Open Society, est dirigée par le criminel de la finance, repris de justice George Soros. En Mars 2012, il fut rapporté par Bloomberg TV que: "Soros avait perdu son procès où il était accusé de délit d'initié en France", indiquant également qu'un appel basé sur une "violation des droits de l'Homme" contre le spéculateur de Wall Street George Soros avait été rejeté par la Cour Européenne des Droits de l'Homme.

Soros, dont l'Open Society finance également HumanRights Watch et une myriade d'autres associations pour les "droits de l'Homme", a littéralement essayé d'utiliser le racket occidental sur les droits de l'Homme pour se défendre lui-même contre des accusations de fraude financière et ceci est peut-être la plus belle et transparente représentation de la façon dont ce racket opère.

Soros, qui fut condamné et dut payer une amende pour délit d'initié en 2002 dans le cas d'actions de la banque française Société Générale qu'il avait achetées en 1988, a bâti un empire de ses activités criminelles mondiales sous couvert de la cause des "droits de l'Homme". Son soutien d'Amnesty International, ainsi que celui du gouvernement britannique et des gouvernements européens, ne vise en fait qu'à étendre sa nébuleuse influence.

Le leadership d'Amnesty International
Le leadership d'Amnesty nous donne également des indications sur son véritable agenda. Suzanne Nossel, Directrice Exécutrice pour Amnesty International USA, par exemple, provient directement du ministère des affaires étrangères américain, toujours en total contradiction avec la prétention d'Amnesty d'être "indépendant" des intérêts corporatifs et gouvernementaux. Nossel a continué à promouvoir la politique étrangère des Etats-Unis, mais simplement de derrière un pupitre arborant un nouveau logo. Le site internet d'Amnesty International mentionne de manière spécifique le rôle de Nossel derrière les résolutions de l'ONU contre l'Iran, La Syrie, la Libye et la Côte d'Ivoire, toutes soutenues par le ministère des affaires étrangères américain.

Mêmes mensonges, différent pupitre. Suzanne Nossel, anciennement du ministère des affaires étrangères US est maintenant directrice exécutif d’Amnesty International USA. Sa fonction principale de déguiser les aspirations hégémoniques des intérêts industrio-financiers mondialistes comme une “défense des droits de l’Homme” n’a pas changé.

Il a été grandement documenté comment tout ceci tourne autour d'un plan échelonné sur plusieurs décennies, établi par les intérêts industrio-financiers, pour diviser, détruire et ruiner ces nations qui ont été un obstacle au développement de l'hégémonie globale américaine. Dans le cas spécifique de la Syrie, il a été révélé que la catastrophe "humanitaire" courante remonte à une vicieuse conspiration de 2007 documentée dans le magazine "New Yorker" par le journaliste Seymour Hersh; complot ourdit entre Israël, les Etats-Unis et l'Arabie Saoudite, qui cherchèrent à financer, armer et déployer des extrémistes sectaires en Syrie pour miner et renverser le gouvernement syrien, tout en sachant pertinemment la tragédie humaine que cela inmpliquerait.

Les "contributions" de Nossel ne sont en fait que de simples déguisements pour une agression militaire ouverte et la poursuite de l'hégémonie globale des intérêts industrio-financiers et ce sous couvert de "défense des droits de l'Homme".

Un simple coup d'œil au site internet AmnestyUSA.org nous révèle que chaque front développé par le ministère des affaires étrangères américain est aussi prioritaire pour Amnesty International, de manière bien sûr purement coïncidentelle. Ceci inclut les rassemblements et les campagnes de soutien aux groupes d'opposition russes financés par le ministère (couramment fixé sur l'affaire "PussyRiot"), la déstabilisation du gouvernement syrien, le renversement du gouvernement biélorusse et le soutien de l'icône créé par Wall Street et la City de Londres Aung San SuuKyi du Myanmar (toujours appelé par la nomenclature impérialiste britannique et par SuuKyi elle-même: la "Birmanie"...)

Amnesty International trahit la véritable défense des droits de l'Homme.

Amnesty couvre certainement des problèmes qui sont critiques pour la politique étrangère des Etats-Unis, vers la fin de leur site internet et au dos de ses rapports. De la même manière, les médias corporatistes ne rendent compte que de manière sélective dans leurs rapports que de problèmes qui coïncident avec leurs intérêts, alors que d'autres problèmes sont complètement étouffés voire complètement ignorés. C'est précisément parce qu'Amnesty couvre tous les problèmes, mais sélectionne l'amplification à donner aux problèmes qui sont importants pour les intérêts de grosses corporations ou du cartel de la finance, que cela rend Amnesty un des plus grand frein à une véritable défense des droits de l'Homme sur Terre.

Fabrication de la dissidence. “Free PussyRiot”, de manière ironique, la FIDH est directerment financée par le ministère des affaires étrangères US, par la très néoconservatrice US National Endowment for Democracy (NED) ainsi que l’Open Society de George Soros. “Russia, stop armstransfer to Syria”. Si le ministère des affaires étrangères US le veut, soyez certains qu’Amnesty International, gérée par ce même ministère, poussera pour des manifestations et indépendemment de la taille ou de la légitimité des revendications, attendez-vous à ce que les médias corporatistes prennent fait et cause pour elles.

On donne aux gens la fausse impression que "quelqu'un observe attentivement les abus concernant les droits de l'Homme", alors qu'en réalité ce que font Amnesty et autres organisations du même style, n'est que la gestion de la perception publique de manière sélective sur les problèmes d'abus des droits de l'Homme, fabriquant ou manipulant nombre de cas spécifiquement afin que ceux-ci cadrent dans l'agenda des intérêts industrio-financiers idoines. Ceci peut-être apprécié lorsque des rapports entiers émanant d'Amnesty International et de HumanRights Watch ne consistent qu'en des "témoignages" compilés depuis les dires de membres de groupes d'opposition soutenus par les Etats-Unis.

Dans le cas très rare où un rapport inclut des références à des photos, des vidéos ou des preuves dûment documentées, tels le rapport de HumanRights Watch de 2011 intitulé "Descente dans le chaos" (
2011 "Descentinto Chaos" (.pdf) ), un langage trompeur est volontairement intégré, couplé avec des passages inutiles afin de favoriser un journalisme sélectif et de pouvoir faire pirouetter l'information par non seulement les médias occidentaux, mais aussi par une myriade de fausses organisations ONG, financées et gérées par les sponsors et affiliés d'Amnesty International et HumanRights Watch. La "Descente dans le chaos" était un rapport concernant la Thaïlande, qui fut rapidement et amplement retourné, pirouetté par les fausses ONG du ministère des affaires étrangères US et le "défenseur des droits de l'Homme" Prachatai.

Lorsque le public croit de manière éronnée que des organisations crédibles s'occupent de la "défense des droits de l'Homme", il ne devient pas seulement complice, mais il devient également négligent de ses propres responsabilités à examiner objectivement les abus potentiels et de s'exprimer contre. Les intérêts industrio-financiers particuliers de Wall Street et de la City de Londres ont en fait rempli un vide existant, qui aurait dû être occupé par leurs plus féroces opposants, au lieu de cela, ce vide est empli d'un racket soi-disant défenseur des droits de l'Homme de leur propre création. Ils ont non seulement obtenu une opportunité facile pour abuser les droits de l'Homme à l'échelle mondiale, mais ils ont en plus utilisé leur opposition contrôlée à cet effet pour attaquer leurs opposants (géopolitiques).

Il est très clair qu'Amnesty International n'est en aucun cas un "défenseur des droits de l'Homme", mais plutôt une insulte à la défense des droits de l'Homme. Il va sans dire que cette organisation devrait être boycotté jusqu'à extinction et au moins identifiée comme étant illégitime et frauduleuse de par son financement occulte et son leadership compromis et corrompu.

De plus, nous, les peuples devons adresser le vrai problème des violations de nos droits à la base de la société, parce que c'est faire preuve de folie absolue que de croire que les organisations d'obédience mondiale, financées par des intérêts industrio-financiers privés, faisant écho à l'agenda des gouvernements motivés par des intérêts très spéciaux, ont notre intérêt commun et nos droits en tête lorsqu'elles agissent.

vend., 31 août 2012

Traduit par Résistance 71

Tony Cartalucci
Land Destroyer



Le président de l’Académie danoise de la paix avertit contre le danger d’une guerre mondiale thermonucléaire
3 septembre 2012 (Nouvelle Solidarité) – Dans une entrevue postée sur le site countercurrents.org <http://www.countercurrents.org/avery310812.htm> , le président de l’Académie danoise de la paix, John Scale Avery, dénonce la folle insouciance des dirigeants politiques à l’égard d’une attaque contre l’Iran et prévient qu’une nouvelle guerre mondiale dégénérerait probablement en conflit thermonucléaire.
> En voici quelques extraits :

>« Aucun de ceux qui ont déclenché la Première Guerre mondiale n’avait la moindre idée de ce à quoi cela allait ressembler. Les armées d’Europe étaient dominées par la vieille classe féodale de propriétaires terriens, dont les traditions militaires étaient ancrées dans le moyen-âge. Les comtes et barons qui dirigeaient encore l’establishment diplomatique et militaire de l’Europe savaient comment boire du champagne, danser avec élégance, monter à cheval et séduire les femmes. Ils tournaient les mises en garde contre la guerre en dérision...
> « Est-ce que Benjamin Netanyahou et Ehoud Barak, qui envisagent de déclencher ce qui peut se transformer en IIIe Guerre mondiale peuvent même imaginer ce à quoi cela pourrait ressembler ? Netanyahou a déclaré au peuple israélien que seuls 500 citoyens seraient tués, et que le conflit serait terminé en un mois... Les dirigeants autrichiens en 1914... avaient lancé ce qu’ils croyaient être une petite action visant à punir les nationalistes serbes... Lorsque le résultat fut une guerre destructrice à l’échelle du monde, ils dirent “ce n’est pas ce que nous voulions”.
>
> « L’attaque planifiée contre l’Iran violerait non seulement le droit international, mais également le bon sens et les souhaits du peuple d’Israël. Le résultat probable serait une attaque massive de missiles iraniens sur Tel Aviv, et l’Iran fermerait probablement le détroit d’Ormuz. Si les Etats-Unis répondaient en bombardant des cibles iraniennes, l’Iran utiliserait probablement des missiles pour couler un ou plusieurs navires américains dans le golfe Persique. On peut facilement imaginer d’autres étapes dans l’escalade du conflit : une révolution au Pakistan, l’entrée en guerre d’un pays disposant d’armes nucléaires aux côtés de l’Iran ; une attaque préventive d’Israël contre les missiles nucléaires pakistanais ; un soutien à l’Iran de la part de la Chine et la Russie.
>
> « Dans l’atmosphère tendue d’une telle guerre, le danger d’un échange nucléaire, résultant d’un accident ou d’un mauvais calcul, serait très grand.
>
> « Aujourd’hui,... le danger d’une guerre catastrophique avec des bombes à hydrogène est suspendu au-dessus de nous comme des nuages sombres au-dessus de l’avenir de la civilisation humaine. La puissance explosive des armes d’aujourd’hui équivaut à environ un demi-million d’Hiroshima... Ce qui nous menace aujourd’hui est un effondrement complet de la société...
>

>« la Première Guerre mondiale fut une erreur colossale. Aujourd’hui, le monde se trouve au seuil d’un désastre aussi grand. Devons-nous être conduits dans une telle guerre destructrice et mondiale par quelques individus aveugles qui n’ont pas la moindre idée de ce à quoi ressemblerait une telle guerre ? »

 Michel Collon Guerres et médiamensonges 4 5 YouTube

http://tv.globalresearch.ca/

3 septembre 2012 -  
<http://www.solidariteetprogres.org/John-Scale-Avery-president-de-l-Academie-danoise-de-la-paix-previent_09037#><http://www.solidariteetprogres.org/John-Scale-Avery-president-de-l-Academie-danoise-de-la-paix-previent_09037#> 

http://www.youtube.com/watch?list=UUPLAYER_MondialisationTV&feature=player_embedded&v=qahxpen57Jk#! 



RTBF (citant Belga) : : Les USA vont moderniser à grand coût leur arsenal nucléaire. !!!
Le gouvernement américain va entreprendre la modernisation de son arsenal nucléaire la plus coûteuse de son histoire, malgré les coupes sombres effectuées dans les dépenses militaires, rapporte samedi soir le Washington Post.
Selon le journal, les autorités n'ont pas encore officiellement chiffré le coût de la restauration et de la maintenance des 5113 têtes nucléaires enregistrées dans l'inventaire, ni celle du remplacement des systèmes périmés et de la rénovation des installations nucléaires vétustes.

Mais une étude publiée cet été par le Centre Stimson, un groupe de réflexion situé à Washington, a estimé ces coûts à au moins 352 milliards de dollars sur les dix ans à venir, selon le quotidien.
D'autres spécialistes évoquent des chiffres bien supérieurs, surtout si la modernisation est plus longue à mettre en œuvre, selon le journal.
La rénovation d'un seul des sept types d'arme, la bombe B61 (dont 10 à 20 exemplaires sont stockés à KleineBrogel, Belgique - NDCSO), devrait coûter 10 milliards de dollars sur cinq ans.
Il en coûterait jusqu'à 110 milliards pour construire 12 sous-marins en remplacement des sous-marins vieillissants de la classe 0hio, ajoute le journal qui cite les estimations du bureau du budget du congrès.
La rénovation des missiles balistiques Minuteman III reviendrait à 7 milliards de dollars et le remplacement des avions de chasse nucléaires F-35 coûterait 162 millions de dollars par appareil.
La modernisation des ateliers et laboratoires où devraient être effectuées ces rénovations est elle-même évaluée à au moins 88 milliards de dollars, selon le journal.
RTBF (citant Belga),
http://www.rtbf.be/info/monde/detail_les-usa-vont-moderniser-a-grand-cout-leur-arsenal-nucleaire?id=7839559


Guillaume DE ROUVILLE : « Dommages Collatéraux : la face cachée d’un terrorisme d’État… »

Lors des guerres menées par les États-Unis depuis la chute du mur de Berlin au nom d’une certaine idée de leur puissance, est apparue une notion, celle de « dommages collatéraux », qui a été utilisée par les organes des relations publiques du Pentagone pour justifier et faire accepter aux opinions occidentales des actes de guerre provocant des victimes civiles. Ces dommages collatéraux ne seraient pas souhaités par la puissance militaire qui déplore ces tragiques erreurs, fruits de renseignements erronés ou d’une technologie défaillante.

Or, a y regarder de plus près, on s’aperçoit que la plupart de ces actes de guerre ayant détruit la vie de milliers de civils en Afghanistan, en Irak, en Libye ces dernières années [1], ne sont pas des erreurs, des dommages collatéraux d’une entreprise militaire qui ne prendrait pour cible que des soldats en uniforme appartenant à la partie adverse, mais bien des actes délibérés visant à tuer des femmes, des enfants et des hommes sans défense.

On pourrait se demander dans quels buts de telles horreurs seraient entreprises. La doctrine militaire répond : pour imposer la terreur source de toute obéissance.

La doctrine militaire dément ici brutalement la propagande politique : faire souffrir les populations civiles est un des moyens de gagner la guerre ; torturer leur corps est un des moyens de courber leur échine ; atteindre leur conscience est un des moyens de gagner leur âme (les bombardements des Alliés à la fin de la seconde guerre mondiale l’attestent amplement - la question de savoir si la fin justifie les moyens est un autre débat).

Vous doutez encore et pensez que de tels moyens ne feraient qu’inciter des non-combattants à prendre les armes et à renforcer l’armée des ombres [2]. Les soldats du monde entier le savent bien et répondent impunément : les victimes de la terreur humaine ne se vengent pas ; elles souffrent en silence et ne rêvent que de paix pour pouvoir enterrer leurs morts et faire leur deuil.

Cela va même plus loin : les innocentes victimes finissent souvent par réclamer protection à leurs bourreaux. À bout, démoralisées par tant de souffrance et de violence, elles saisissent la main que leur tend leur ennemi à l’autre bout du fusil.

C’est au cours de la guerre d’Algérie que les militaires français (principalement les Colonels Trinquier et Lacheroy) ont élaboré une doctrine mettant au centre des conflits armés les populations civiles [3] (les Anglais avaient déjà appliqué cette démarche au Kenya au début des années 50, massacrant volontairement des villages entiers de non-combattants, mais ils n’avaient pas eu l’idée d’en faire une doctrine digne d’être enseignée dans les écoles militaires).

Non plus cibles involontaires d’une guerre inhumaine, les populations civiles deviennent l’objectif militaire à conquérir et à détruire au nom d’objectifs humains, trop humains.
La torture, les exécutions sommaires, les bombardements de civils ne sont plus seulement des crimes de guerre, mais des moyens militaires au service d’une cause politique. Les Colonels Trinquier et Lacheroy exporteront cette doctrine dans les écoles militaires américaines qui sauront en faire bon usage dans les pays d’Amérique Latine, et tout particulièrement en Amérique Centrale, dans les cinquante années suivant la guerre d’Algérie [
4].

Les légions atlantistes parties, sous l’égide de l’Otan, à l’assaut de l’ex-Yougoslavie, de l’Afghanistan et de la Libye ont également appliqué cette doctrine pour tenter d’imposer l’American Way of Life et le libéralisme triomphant aux populations réfractaires. La doctrine militaire du shock and awe (choc et effroi) appliquée par les États-Unis lors de l’invasion de l’Irak en 2003 n’est que la réactivation de cette doctrine par des théoriciens soucieux de rafraîchir le corpus doctrinaire militaire américain. Les auteurs de cette resucée, Harlan Ullman et James Wade [5], prennent pour exemple les bombardements d’Hiroshima et de Nagasaki par les États-Unis en août 1945 et décrivent sans ambiguïté l’effet recherché : il s’agit d’infliger des destructions massives, de nature humaine ou matérielle, afin d’influencer une société donnée dans le sens recherché par celui qui met en œuvre le choc et l’effroi, plutôt que s’attaquer directement à des objectifs purement militaires [6].

On le voit, cette notion de « dommages collatéraux » cache en réalité un terrorisme d’État , un terrorisme de masse, un terrorisme occidental dont les médias occidentaux s’accommodent aisément puisqu’il est l’œuvre de leurs maîtres atlantistes. Ils font plus que s’en accommoder à vrai dire : ils commettent un crime médiatique lorsqu’ils utilisent le terme de « dommages collatéraux » pour masquer les actions terroristes de leurs dirigeants aux mains sales.

Il est intéressant de constater que ce terrorisme d’État occidental est, pris globalement, plus meurtrier que le terrorisme islamique (qui n’a pas plus de justification à nos yeux), terrorisme islamique qui peut être, par ailleurs, comme en Libye et en Syrie, le précieux relais des objectifs géostratégiques des Occidentaux et de leurs élites.

Ainsi, le terrorisme semble être au cœur de la doctrine et des stratégies militaires des démocraties occidentales. Pour lutter efficacement contre le terrorisme, ce que nos dirigeants prétendent s’acharner à faire, il faudrait oser engager toute notre ardeur combattante contre nous-mêmes. À défaut de quoi, la mort de la démocratie sera (si ce n’est pas déjà le cas) le dommage collatéral de notre cynisme et de notre tartuferie.

Guillaume de Rouville

auteur de La Démocratie ambiguë, Éditions Cheap, juillet 2012.

[1] Tout comme au Vietnam, au Cambodge, en Amérique Centrale et en ex-Yougoslavie, pour ne prendre que quelques exemples supplémentaires.

[2] ‘L’Armée des Ombres’, titre d’un roman de Joseph Kessel sur la Résistance, est une expression que nous utilisons pour désigner les différentes formes de résistance civile face à l’oppression.

[3] Pour une étude générale sur le sujet des escadrons de la mort, lire le livre de Marie-Monique Robin, « Les escadrons de la mort. L’école française », 2004, La Découverte.

[4] Voir, pour une analyse de cette doctrine militaire : « De la guerre coloniale au terrorisme d’État », de Maurice Lemoine, Le Monde Diplomatique, novembre 2004.

[5] Harlan K. Ullman, James P. Wade, « Shock And Awe : AchievingRapid Dominance » (National DefenseUniversity, 1996).

[6] « The second exampleis “Hiroshima and Nagasaki” notedearlier. The intenthereis to impose a regime of Shock and Awethroughdelivery of instant, nearlyincomprehensiblelevels of massive destruction directedatinfluencing society writ large, meaningits leadership and public, ratherthantargetingdirectlyagainstmilitary or strategic objectives evenwithrelatively few numbers or systems. The employment of thiscapabilityagainst society and its values, called “counter-value” in the nucleardeterrent jargon, ismassively destructive, strikesdirectlyat the public will of the adversary to resist, and ideally or theoretically, wouldinstantly or quicklyincapacitatethatwill over the space of a few hours or days ». Op-Cit, chapitre 2, page 23.

URL de cet article 17619
http://www.legrandsoir.info/dommages-collateraux-la-face-...



1 Médias & Manipulation de l’opinion/ Vidéos

Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction est d'accord avec l'article mais doit être vu comme information.

Thierry Meyssan « Sous nos yeux »

L’Occident et l’apologie du terrorisme.

Cette nouvelle chronique de Thierry Meyssan est consacrée à l’analyse et au commentaire d’une déclaration officielle ou d’un document d’actualité. T

oujours attentif aux silences autant qu’aux paroles, il observe cette semaine le renversement doctrinal des Occidentaux face au terrorisme.

Réseau Voltaire | Damas (Syrie) | 1er août 2012

Obséques nationales des généraux victimes de l’attentat terroriste du 18 juillet 2012

Le Conseil de sécurité s’est réuni peu après l’attentat du 18 juillet qui a décapité le commandement des forces de sécurité syriennes. Certes, les deux séances qui ont suivi portaient sur les propositions de résolution des Occidentaux et de la Russie. Néanmoins, il revenait au Conseil de condamner le principe de l’action terroriste, comme il fait toujours en pareille circonstance. L’usage est d’adopter unanimement une déclaration et de la faire lire par le président en exercice du Conseil, en l’occurrence le Colombien Nestor Osorio. La courtoisie veut que l’on présente ses condoléances à l’État-membre qui vient d’être frappé.

Pourtant le Conseil est resté silencieux. Les Occidentaux ont refusé d’appliquer à la Syrie un des principes de base des relations internationales : la condamnation du terrorisme. Pis, dans leurs déclarations respectives, les dirigeants allemands, britanniques, états-uniens et français ont condamné les victimes, les ont rendues responsables de la violence dont elles ont été l’objet, et ont réaffirmé leur soutien à ceux qui ont perpétré l’attentat. Et encore : les médias occidentaux se sont appliqués à salir la mémoire des victimes, comme si leur mort ne suffisait pas à étancher leur soif de sang syrien.

Personne ne doute que le terrorisme en Syrie soit commandité par l’OTAN et le CCG, mais jusqu’à présent cela se faisait en toute hypocrisie. Ne pouvant bombarder et raser le pays du fait du double veto russe et chinois, les Occidentaux et leurs partenaires arabes faisaient saigner le pays en attendant de le faire attaquer par des mercenaires. Il y eu certes l’épisode du 12 février : l’appel au jihad d’Ayman al-Zawahiri. Tout d’un coup, l’OTAN, le CCG et al-Qaida poursuivaient le même objectif. Cependant, faisait-on remarquer à Bruxelles, les déclarations du cheikh égyptien n’engagent que lui, elles ne valent pas d’être commentées, et l’OTAN ne va pas réviser ses positions en fonction de ces fatwas. Ce raisonnement n’était pas convaincant, car il éludait la question des objectifs communs aux champions autoproclamés de la démocratie d’une part et de l’islamisme d’autre part, mais les apparences étaient sauves. Cette fois, c’est différent. Les Occidentaux assument leur liens avec les terroristes.

Le tournant s’est opéré lors de la 3e conférence des « Amis » du peuple syrien à Paris, le 6 juillet. Le président François Hollande avait accordé une place d’honneur à des individus que l’on payait jusque là en secret en prenant soin de nier les connaître. Il avait élevé des criminels de guerre au rang de héros sans susciter la nausée de ses partenaires étrangers.

Sans attendre qu’al-Qaida soit invité à une prochaine conférence des « Amis » du peuple syrien, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergey Lavrov, s’est étonné de ce comportement : « Il signifie que [les Occidentaux] continueront à soutenir ce genre d’attaques terroristes jusqu’à ce que le Conseil de sécurité remplisse [leurs] exigences. C’est une position terrifiante.  » Et de poursuivre « Nous ne savons pas comment nous devons le prendre. »

En effet, au delà de la question morale, que signifie ce revirement doctrinal ? Durant une décennie, les Occidentaux se présentaient comme les champions de la « guerre au terrorisme », aujourd’hui, ils revendiquent leur soutien à des terroristes.

De nombreux auteurs, y compris des stratèges US comme ZbignewBrzezinski, ont souligné que la notion de « guerre au terrorisme » est un concept absurde. On peut mener une guerre contre des terroristes, pas contre leur stratégie. Quoi qu’il en soit, ce slogan marketing avait le double avantage de placer certains États du côté du Bien et de justifier leur « guerre sans fin » contre tous les autres.

Le terrorisme est une méthode de combat asymétrique que l’on utilise toujours par défaut. Elle permet d’affaiblir un adversaire, mais elle est insuffisante pour obtenir la victoire militaire et conduit toujours à une défaite politique. Elle prive pour un long moment celui qui en fait usage de la perspective d’exercer le pouvoir. Le terrorisme est une méthode immorale qui ne s’emploie donc que lorsque l’on est en position de faiblesse, non pour gagner un avantage, mais pour gagner du temps, en attendant d’être en mesure de livrer un combat conventionnel.

D’où le trouble de Sergey Lavrov. Les Occidentaux sont-ils en train de reconnaître à la fois leur immoralité et leur impuissance ? Que cache leur comportement ? Ou se pourrait-il que leur décadence soit beaucoup plus avancée que nous n’osions le concevoir ?

Chacun a bien compris que la crise syrienne n’est pas, ou n’est plus, une confrontation interne, mais la résultante d’un réajustement des rapports de force mondiaux. Washington tente de poursuivre le remodelage du Moyen-Orient élargi et de changer l’équation militaire régionale. Moscou conteste son autorité et tente d’instaurer un Nouvel ordre international, basé sur le droit et le multilatéralisme. La Syrie est la zone d’achoppement entre les nouveaux blocs.

La géophysique nous a appris que la tectonique des plaques provoque les tremblements de terre. La géopolitique a les siens. Les publicitaires de la soi disante Armée « syrienne » libre ont eu tort d’évoquer cette image. Les deux blocs se sont heurtés en Syrie, mais c’est la plaque occidentale qui a commencé à glisser sous la plaque eurasiatiaque et à disparaître, et non l’inverse.

Sergey Lavrov considère Washington comme un malade en fin de vie. Sachant que « les empires ne meurent pas dans leur lit », il tente de calmer « l’empire américain » pour lui éviter un accès de folie, tout en le conduisant gentiment au cimetière où il reposera. Il observe le patient avec prudence. L’apologie du terrorisme est-il le symptôme d’un début de crise de démence, ou d’une anémie irréversible ?
Tichreen (Syrie)



2 Brèves

Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction est d'accord avec l'article mais doit être vu comme information.

Palomeros prendra la tête de l'ACT (OTAN) en septembre

Le Quartier général du Commandement suprême allié Transformation (ACT) de l'OTAN conservera un chef français. C'est confirmé aujourd'hui officiellement par le Conseil de l'Atlantique Nord (NAC). C'est le général Jean-Paul Palomeros - actuel chef d'Etat-Major Air - qui part ainsi à Norfolk remplacer son collègue d'armes Stéphane Abrial, à qui le Nac 'a rendu hommage. « Tout au long de son commandement débuté en 2009, (le général Abrial) a activement contribué à l'adaptation des structures, des concepts, des ressources, des moyens d'entraînement et du processus de planification de défense de l'Alliance atlantique. » Le général Palomeros prendra ses nouvelles fonctions à la fin du mois de septembre 2012.
www.nato.int -



3  Dossiers

Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction est d'accord avec l'article mais doit être vu comme information.

Qu'est-ce que l'ACT (Commandement Allié Transformation de l'OTAN)

Le Commandement allié Transformation (ACT) dirige, à l'échelon du commandement stratégique, la transformation de la structure militaire, des forces, des capacités et de la doctrine de l'OTAN. Il est chargé d'améliorer la formation, en particulier pour les commandants et les personnels d'état-major, d'expérimenter de nouveaux concepts et de promouvoir l'interopérabilité au sein de l'Alliance.
L'ACT est l'un des deux commandements stratégiques se trouvant au sommet de la structure de commandement de l'OTAN, l'autre étant le Commandement allié Opérations (ACO). Cette structure de commandement a fait l'objet d'une revue en juin 2011 dans le cadre d'un processus général de réforme visant non seulement à optimiser la structure, mais aussi à tenir compte des nouvelles tâches découlant du concept stratégique adopté en 2010. Les deux commandements stratégiques ont été maintenus, de même que le niveau d'ambition de l'Alliance.
Le Quartier général du commandant suprême allié Transformation (SACT) est implanté à Norfolk, en Virginie (États-Unis). C'est là qu'est installée la structure de commandement de l'ACT. Il s'agit du seul commandement de l'OTAN situé en Amérique du Nord, et de l'unique QG permanent de l'OTAN basé en dehors de l'Europe.
Le SACT relève du Comité militaire, qui est la plus haute instance militaire de l'OTAN. Placé sous l'autorité politique générale du Conseil de l'Atlantique Nord et du Groupe des plans nucléaires (NPG), et secondé dans sa tâche par l'État-major militaire international, le Comité militaire est la principale source d'avis militaires pour le Conseil et le NPG.
Le QG du SACT supervise les différents commandements subordonnés de l'ACT, et notamment le Centre de guerre interarmées (Norvège), le Centre d'entraînement de forces interarmées (Pologne) et le Centre interarmées d'analyse et de retour d'expérience (Portugal). Il a également des liens solides avec les quartiers généraux nationaux et des entités telles que les centres d'excellence, ainsi qu'avec la structure de forces de l'OTAN dans son ensemble.

L'ACT entretient des rapports directs avec les installations de formation et différentes agences de l'OTAN, et avec le Commandement des forces interarmées des États-Unis (USJFCOM). Celui-ci est toutefois en cours de démantèlement.
La réforme de juin 2011 amène l'ACT à renforcer ses liens avec les quartiers généraux nationaux, et en particulier avec des entités telles que les centres d'excellence, ainsi qu'avec la structure de forces de l'OTAN dans son ensemble. La seule modification concrète concerne le transfert du Centre de recherche sous-marine de l'OTAN (NURC), désormais intégré dans la structure des agences de l'Alliance en tant qu'élément organisationnel lié à la recherche.
Évolution
Le Commandement allié Transformation a succédé au Commandement allié de l'Atlantique (ACLANT), qui avait été créé à Norfolk, en Virginie (États-Unis), en avril 1952, un an après l'établissement du Grand Quartier général des Puissances alliées en Europe (SHAPE) pour le Commandement allié en Europe (CAE).
L'ACLANT et le CAE ont tous deux fait l'objet d'une rationalisation à la fin de la Guerre froide. En substance, les 78 quartiers généraux que comptait la structure de commandement ont été ramenés à 20. Ces QG ont été placés sous l'autorité de deux commandants stratégiques, l'un pour l'Atlantique et l'autre pour l'Europe. Trois commandants régionaux relevaient du commandant suprême allié de l'Atlantique (SACLANT), et deux du commandant suprême des Forces alliées en Europe (SACEUR).
Au sommet de Prague, en 2002, il a été décidé de réorganiser la structure de commandement de l'OTAN de manière à l'alléger et à la rendre plus efficace. De plus, un changement radical de conception se produisit au sein de l'Alliance : désormais, les structures de commandement allaient reposer sur des critères fonctionnels, et non plus géographiques. L'ancien CAE fut remplacé par le Commandement allié Opérations (ACO), responsable de toutes les opérations de l'Alliance, y compris celles qui relevaient jusqu'alors du SACLANT. Ainsi, un commandement stratégique - le Commandement allié Opérations (ACO/SHAPE) - était chargé des opérations de l'Alliance, tandis que l'autre - le Commandement allié Transformation (ACT) - s'occupait de la transformation.
Cette réforme a également permis de réduire de façon significative le nombre de quartiers généraux et de centres multinationaux d'opérations aériennes (de 32 centres de commandement, on est passé à 9).
En 2011, la restructuration a été poussée plus avant pour faire en sorte que les capacités de commandement militaire soient plus flexibles et plus abordables. Au sommet de Lisbonne, les 19 et 20 novembre 2010, les dirigeants des pays de l'Alliance ont approuvé pour la réforme un modèle générique qui devait permettre à l'OTAN, en fonction d'un niveau d'ambition inchangé, d'assurer le commandement et le contrôle de deux opérations interarmées de grande envergure et de six opérations militaires de moindre envergure. Cette réforme a surtout touché l'ACO.



UN INTERVIEW DE JEAN BRICMONT PAR KOUROSH ZIABARI

Kourosh Ziabari « Jean Bricmont : Les nations indépendantes doivent assurer une transition vers un nouvel ordre mondial. »

Jean Bricmont enseigne la physique théorique à l’Université de Louvain en Belgique.

Il est notamment l’auteur de Impérialisme humanitaire. Droits de l’homme, droit d’ingérence, droit du plus fort ?

5 SEPTEMBRE 2012

KouroshZiabari : Dans votre article "The Case for a Non-InterventionistForeign Policy," vous écrivez sur les justifications qu’invoquent les puissances impérialistes pour rationaliser leurs expéditions militaires dans le monde. Une politique étrangère belliciste n’est-elle pas un avantage pour les politiciens du monde occidental, en particulier aux Etats-Unis, afin d’attirer le vote et le soutien du public ? Le peuple américain élira-t-il un président pacifiste qui se consacre à mettre un terme à toutes les guerres U.S. et s’abstient de mener de nouvelles guerres ?

Jean Bricmont : Je ne suis pas sûr que cela attire les électeurs. En Europe certainement pas. Les politiciens les plus bellicistes, Blair et Sarkozy, ne sont pas restés populaires longtemps, à cause de leur politique étrangère. En Allemagne, le public est systématiquement en faveur d’une politique étrangère pacifique. Comme le faisait remarquer le pacifiste américain A. J. Muste, le problème de toutes les guerres est celui du vainqueur - ils pensent que la violence paie. Les vaincus, comme l’Allemagne et dans une certaine mesure le reste de l’Europe, savent que la guerre n’est pas si rose.

Néanmoins je pense que - sauf en temps de crise comme les guerres du Vietnam ou d’Algérie quand elles ont mal tourné pour les USA ou la France - la plupart des gens ne sont pas très intéressés par la politique étrangère, ce qui se comprend vu leurs problèmes matériels et étant donné le fait qu’elle semble hors d’atteinte des gens ordinaires.

Par ailleurs, tout candidat à la présidence américaine doit faire des déclarations patriotiques : « nous sommes les meilleurs », « une lumière au sommet de la colline », « défenseur de la démocratie et des droits de l’homme », etc. Cela, bien sûr, est vrai dans tous les systèmes de pouvoir, la seule chose qui varie, ce sont les « valeurs » auxquelles on se réfère (être un bon chrétien ou musulman ou défenseur du socialisme, etc.).

KouroshZiabari : Les puissances impérialistes, comme vous l’indiquez dans vos écrits, mènent des guerres, tuent des innocents et pillent les ressources naturelles de pays plus faibles sous le prétexte de leur apporter la démocratie. Alors, qui devrait s’occuper des principes du droit international, d’intégrité territoriale et de souveraineté ? Attaquer d’autres pays quand bon leur semble et tuer sauvagement des civils innocents est une démonstration flagrante d’illégalité. Est-il possible d’amener ces puissances à la raison et de les responsabiliser sur ce qu’elles font ?

Jean Bricmont : Je pense que l’évolution du monde va dans cette direction ; respect des principes du droit international, de l’intégrité territoriale et de la souveraineté. Comme je l’ai déjà dit, les populations européennes sont plutôt pacifiques ; à la fois par rapport à l’Europe et au reste du monde, du moins si on compare avec le passé. Certains de leurs dirigeants ne sont pas pacifiques et il y a une forte pression en faveur de la guerre venant d’une alliance étrange entre interventionnistes pour les droits humains et néoconservateurs qui sont influents dans les médias et dans l’intelligentsia, mais ce ne sont pas les seules voix et elles sont plutôt impopulaires dans le grand public.

Quant aux USA, ils sont dans une crise profonde, pas seulement économique mais aussi diplomatique. Ils ont perdu le contrôle de l’Asie depuis longtemps, ils perdent l’Amérique du Sud, et maintenant le Moyen-Orient. L’Afrique se tourne de plus en plus vers la Chine.

Le monde devient donc multipolaire, que ça nous plaise ou non. Je vois au moins deux dangers : que le déclin des USA ne produise quelque réaction de folie qui entraînerait la guerre, ou que le déclin des USA ne crée le chaos, un peu comme l’a fait la chute de l’Empire romain. C’est de la responsabilité du Mouvement des Non Alignés et des pays BRICS d’assurer une transition ordonnée vers un nouvel ordre mondial.

KouroshZiabari : Ce qui apparaît comme hypocrite dans l’attitude des puissances occidentales à l’égard du concept de droits humains, c’est qu’elles ne cessent de condamner la violation des droits de l’homme dans les pays avec lesquels elles sont en conflit mais qu’elles restent silencieuses à propos des mêmes violations dans les pays avec qui elles sont alliées. Par exemple, vous savez sûrement comment les prisonniers politiques sont maltraités et torturés en Arabie saoudite, l’allié numéro 1 parmi les pays arabes. Alors, pourquoi ne protestent-ils pas pour condamner ces violations ?

Jean Bricmont : Connaissez-vous une seule puissance qui ne soit pas hypocrite ? Il me semble que c’est la manière dont le pouvoir fonctionne, en tous lieux et en tous temps. 
Par exemple en 1815, à la chute de Napoléon, le tsar de Russie, l’empereur d’Autriche et le roi de Prusse se sont réunis en ce qu’ils nommèrent leur Sainte Alliance, prétendant baser leurs règles de conduite sur les « sublimes vérités contenues dans la religion éternelle de Christ notre Sauveur »ainsi que sur les principes « de leur sainte religion, préceptes de justice charité et paix ». Pendant la Guerre des Boers, le Premier Ministre britannique Lord Salisbury a déclaré que c’était « une guerre pour la démocratie » et que « nous ne cherchons ni mines d’or ni territoires ». Bertrand Russell, citant ces remarques, commenta que « les cyniques étrangers » ne purent s’empêcher de noter que « nous avons néanmoins obtenu tant les mines que les territoires ». [
1]

Au plus fort de la guerre du Vietnam, l’historien américain Arthur Schlesinger décrivait la politique étatsunienne là-bas comme faisant partie de « notre programme global de bonne volonté internationale ». [2]. À la fin de cette guerre, un commentateur libéral écrivait dans le New York Times que« Pendant un quart de siècle, les États-Unis ont essayé de faire du bien, d’encourager la liberté politique et de promouvoir la justice sociale dans le Tiers Monde ». [3]

En ce sens, les choses n’ont pas changé. Les gens pensent quelquefois que parce que notre système est plus démocratique, les choses doivent avoir changé. Mais cela implique que le public soit bien informé - ce qui n’est pas vrai à cause des nombreux parti-pris dans les médias - et qu’il soit activement impliqué dans la formation de la politique étrangère - ce qui n’est pas vrai non plus, sauf en temps de crises. La formation de la politique étrangère est une affaire très élitiste et non-démocratique.

KouroshZiabari : Attaquer ou envahir d’autres pays sous prétexte d’intervention humanitaire peut être légalisé et autorisé à l’unanimité des membres permanents du Conseil de Sécurité. Si tous votent en faveur d’une frappe militaire, celle-ci aura lieu. Mais ne croyez-vous pas que le simple fait que seuls 5 pays au monde peuvent prendre des décisions pour 193 membres des Nations Unies, alors que cette majorité considérable n’a rien à dire dans les développements internationaux, c’est une insulte à toutes ces nations et à leur droit à l’autodétermination ?

Jean Bricmont : Bien sûr. Vous n’avez pas vraiment besoin d’unanimité, sauf pour les membres permanents. Mais à présent que la Chine et la Russie semblent avoir adopté une position autonome par rapport à l’Occident il n’est pas évident que de nouvelles guerres soient légales. Je ne suis pas heureux des arrangement actuels du Conseil de Sécurité, mais je pense toujours que l’ONU est dans l’ensemble une bonne chose ; sa Charte procure en principe une défense contre l’intervention et un cadre pour l’ordre international, et son existence fournit un forum où différents pays peuvent se rencontrer ce qui vaut mieux que rien.

Bien sûr, réformer l’ONU est une affaire épineuse puisque ne pouvant se faire sans le consentement des membres permanents du Conseil de Sécurité, lesquels ne seront sans doute pas très enthousiastes devant la perspective d’abandonner une parcelle de leur pouvoir. Ce qui en fin de compte fera problème, c’est l’évolution de la relation des forces dans le monde, et cela ne va pas dans la direction de ceux qui pensent la contrôler actuellement.

KouroshZiabari : Parlons de quelques questions actuelles. Dans vos articles, vous avez parlé de la guerre au Congo. J’ai été très choqué que la Seconde Guerre du Congo a été le conflit le plus meurtrier dans l’histoire de l’Afrique, avec quelque 5 millions de morts innocents ; mais aux Etats-Unis les médias traditionnels n’en parlent pas, parce qu’un des belligérants, l’armée rwandaise, était un allié proche de Washington. Quel est votre point de vue à ce sujet ?

Jean Bricmont : Ecoutez, je ne suis pas un expert de cette partie du monde. Mais je remarque que la tragédie rwandaise de 1994 est souvent utilisée comme argument pour une intervention étrangère, qui, prétend-on, aurait stoppé les massacres ; en revanche, la tragédie du Congo devrait être prise comme un argument contre l’intervention étrangère par respect du droit international, puisqu’elle était due en large part à l’intervention des troupes rwandaises et ougandaises au Congo.

Bien sûr, le fait que ce dernier argument ne nous est jamais servi montre, une fois encore, combien le discours sur l’intervention humanitaire est un parti-pris en faveur des puissances qui, selon les cas, veulent s’arroger à elles-mêmes le droit d’intervenir, quand cela leur convient.

KouroshZiabari : Il y a quelques jours à peine, le Secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon condamnait les dirigeants de l’Iran pour leurs supposées remarques « incendiaires et haineuses » sur Israël. Et pourtant, je ne me souviens pas de l’avoir entendu condamner les autorités israéliennes pour les dangereuses menaces de guerre qu’ils répètent fréquemment à l’encontre de l’Iran. Quelle est la raison derrière cette hypocrisie ?

Jean Bricmont : Comme vous le savez, en Occident l’hypocrisie à l’égard d’Israël a pris des proportions sidérantes, et Ban Ki-moon, tout Sécrétaire général de l’ONU qu’il soit, campe sur des positions très « pro-occidentales ». Alors que j’ai personnellement des doutes sur la sagesse de la rhétorique iranienne sur Israël, je pense que les menaces d’actions militaires contre l’Iran par Israël sont bien pires et devraient être considérées comme illégales en droit international.

Je pense aussi que les sanctions unilatérales contre l’Iran, prises par les États-Unis et leurs alliés, dans une large mesure pour plaire à Israël, sont une honte. Et bien que les gens qui se prétendent anti-racistes en Occident ne dénoncent jamais ces politiques, je pense qu’elle sont profondément racistes : en effet, elles ne sont acceptées que parce que de soi-disant pays civilisés, Israël et ses alliés, exercent ces menaces et ces sanctions contre un pays« non civilisé », l’Iran. C’est une chose qu’on se rappellera dans le futur, de la même façon qu’on se souvient aujourd’hui de l’esclavage.

KouroshZiabari : Il y a des gens comme vous qui s’opposent au militarisme étatsunien, son imposture, son hypocrisie droit-de-l’hommiste et ses tentatives de dévorer le Moyen-Orient riche en pétrole, mais je dirais que malheureusement vous êtes dans la minorité. Ce sont le Congrès administré par Israël et les laboratoires d’idées bellicistes comme le Council on Foreign Relations (CFR) et leNationalEndowment for Democracy (NED) qui mènent les États-Unis, pas les penseurs et les écrivains anti-guerre, pro-paix et progressistes comme vous. Quelle influence les penseurs progressistes et les médias de gauche ont-ils sur les politiques adoptées aux États-Unis ?

Jean Bricmont : Ecoutez, je pense qu’on doit faire la différence entre soutenir Israël et le désir de « dévorer » le pétrole. Les deux politiques ne sont pas identiques et sont en fait contradictoires. Comme l’ont montré, je crois, Mearsheimer et Walt, les politiques israéliennes des USA sont dans une large mesure instiguées par le lobby pro-israélien et ne correspondent pas ni ne contribuent à aider leurs intérêts économiques ou géostratégiques. Par exemple, à ma connaissance, il n’y aurait aucun problèmes pour des compagnies pétrolières à forer en Iran, si ce n’est à cause des sanctions imposées à ce pays ; mais celles-ci sont liées à l’hostilité d’Israël envers l’Iran, et non pas à un quelconque désir de contrôler le pétrole.

La seconde remarque est que les anti-guerre ne sont pas nécessairement de gauche. C’est vrai, une grande partie de la droite est devenue néo-conservatrice, mais il y a aussi une bonne partie de la gauche qui est influencée par l’idéologie de l’intervention humanitaire.

Toutefois il y a aussi une droite libertarienne, Ron Paul par exemple, qui est résolument anti-guerre, et il y a quelques vestiges d’une gauche pacifiste ou anti-impérialiste. Notez que cela a toujours été le cas : même à l’époque du colonialisme, les positions pro et anti-impérialistes ne coïncidaient pas avec la division gauche-droite, si cette dernière est entendue en termes socio-économiques ou en termes « moraux » (sur le mariage homosexuel par exemple).

Ensuite, il est vrai que nous avons très peu d’influence, mais c’est en partie parce que nous sommes divisés, entre gauche anti-guerre et droite anti-guerre. Je crois qu’une majorité de la population est opposée à ces guerres coûteuses et interminables, surtout en Europe, en raison de la leçon tirée de la Seconde Guerre mondiale ou de leur défaite dans les guerres coloniales, et aux États-Unis en raison d’une lassitude de la guerre après l’Afghanistan et l’Irak.

Ce que nous n’avons pas, c’est un mouvement anti-guerre cohérent ; construire ce dernier obligerait à se centrer sur la guerre elle-même et à unifier les deux côtés de l’opposition (droite et gauche). Mais si des mouvements peuvent se construire autour de « questions particulières » comme l’avortement ou le mariage homosexuel, qui ignorent les problèmes socio-économiques et les questions de classe, pourquoi pas ?

Même si ce genre de mouvement n’existe pas encore, la perspective n’est pas totalement sans espoir : si la crise économique se creuse et si l’opposition universelle aux politiques US croît, des citoyens de tous les bords politiques pourraient se rassembler pour construire des alternatives.

KouroshZiabari : Quel est votre point de vue concernant la guerre de sanctions des États-Unis et de leurs alliés, les embargos, les assassinats nucléaires et l’opération psychologique contre l’Iran ? L’Iran subit pratiquement une attaque multilatérale par les États-Unis, Israël et leurs copains européens. L’Iran peut-il sortir de ce dilemme et résister aux pressions ? Dans quelle mesure connaissez-vous l’Iran ? Avez-vous entendu parler de sa culture et de sa civilisation, ce dont les médias dominants ne parlent jamais ?

Jean Bricmont : Je ne sais pas grand-chose de l’Iran, mais je ne pense pas avoir besoin d’en savoir beaucoup sur ce pays - même si j’aimerais certainement en savoir plus - pour m’opposer aux politiques que vous mentionnez. J’étais également opposé aux interventions occidentales en Yougoslavie et en Libye.

Certains pensent qu’il y a de bonnes interventions et de mauvaises. Mais la question principale pour moi, c’est : qui intervient ? Ce ne sont jamais réellement les « citoyens » ni la« société civile » de l’Occident ni même les pays européens par eux-mêmes, c’est-à-dire hors soutien étatsunien : ce sont toujours les militaires étatsuniens, la plupart du temps les forces aériennes.

Alors, on peut bien sûr défendre l’idée qu’il ne faudrait pas tenir compte du droit international et que la défense des droits de l’homme devrait être laissée à l’aviation US. Mais beaucoup de gens qui soutiennent les « bonnes »interventions ne tiennent pas ce discours-là. En général ils soutiennent que « nous » devons faire quelque chose pour« sauver les victimes » dans une situation particulière. Ce que ce point de vue omet, c’est que ce « nous » supposé intervenir ce ne sont pas les gens qui en parlent, mais l’armée américaine.

C’est pourquoi le soutien à toute intervention ne fait que renforcer le pouvoir arbitraire des États-Unis, lesquels, bien sûr, s’en servent à leur convenance, et non pas, en général, en fonction des souhaits de ceux qui soutiennent les« bonnes » interventions.

KouroshZiabari : Et pour terminer, voudriez-vous nous donner une idée de la manière dont les médias d’entreprises servent les intérêts des puissances impérialistes ? Comment fonctionnent-ils ? Est-il moralement justifiable d’utiliser la propagande des médias pour parvenir à des fins politiques et coloniales ?

Jean Bricmont : La connexion entre « médias d’entreprises » et propagande de guerre est compliquées, tout comme l’est la relation entre capitalisme et guerre. La plupart des gens de gauche pensent que le capitalisme a besoin de la guerre ou y mène. Mais à mon avis la vérité est bien plus nuancée. Les capitalistes américains font fortune en Chine et au Vietnam maintenant que la paix règne entre les États-Unis et l’Asie du Sud-Est ; pour les travailleurs américains c’est un tout autre problème évidemment.

Il n’y a aucune raison pour les compagnies occidentales, pétrolières ou autres, de ne pas commercer avec l’Iran, et s’il y avait la paix dans la région, les capitalistes fondraient dessus comme des vautours afin d’exploiter une force de travail bon marché et relativement qualifiée.

Ce n’est pas pour cela que les capitalistes sont gentils ni qu’ils ne puissent être individuellement pro-guerre, mais c’est seulement que la guerre, de manière générale, n’est pas dans leur intérêt et qu’ils ne sont pas nécessairement la force principale des va-t-en-guerre.

Les gens sont poussés à la guerre par des idéologies de conflit, en particulier quand elles prennent une forme fanatique - par exemple, si vous croyez que tel ou tel morceau de terre vous a été donné par Dieu, ou que votre pays a une mission spéciale, comme exporter les droits de l’homme et la démocratie, de préférence au moyen de missiles de croisière et de drones.

Il est à fois triste et ironique qu’une idée qui est largement laïque et libérale, celle des droits humains, est aujourd’hui devenue l’un des principaux moyens de fouetter l’hystérie guerrière en Occident. Mais c’est notre situation présente et la changer est une tâche des plus urgentes et des plus importantes.

Jean Bricmont enseigne la physique théorique à l’Université de Louvain en Belgique. Il est notamment l’auteur de Impérialisme humanitaire. Droits de l’homme, droit d’ingérence, droit du plus fort ?

5 SEPTEMBRE 2012

Kourosh Ziabari 
30 août 2012.

KouroshZiabari est un jeune journaliste indépendant vivant en Iran. Il a publié book "7+1" qui est une collection de ses interviews de 7 auteurs iraniens contemporains. Ziabari contribue au site http://www.Opednews.com
Il est aussi correspondant en Iran de
http://english.ohmynews.com/
Blog en persan : 
http://kouroshz.blogfa.com 
Blog en anglais : 
http://cyberfaith.blogspot.com

http://www.silviacattori.net/article3645.html



4 Dossier des USA

voltairenet.org : USA : l’économie de la mort...!

17 millions d’États-uniens sur 315 souffrent de la faim et ont passé au moins ...

>...une journée complète sans manger au cours des trois derniers mois, faute de pouvoir se payer de la nourriture. 33 autres millions parviennent à se nourrir, mais souffrent de déséquilibres alimentaires faute de ressources.

> Ignorant leurs besoins, Washington a entièrement tourné son économie vers la production d’armement. Cette orientation vers une économie de guerre, qui a débuté en 1995 sous l’administration Clinton, s’est brutalement aggravée après les attentats du 11 septembre 2001 avec l’administration Bush Jr, et n’a cessé de se poursuivre sous l’administration Obama.

> Plus de 50 millions de personnes, dont 17 millions d’enfants, en condition d’ « insécurité alimentaire », c’est-à-dire sans nourriture suffisante « par manque d’argent ou d’autres ressources ». Les données ne se réfèrent pas à un pays pauvre de l’Afrique subsaharienne, mais au pays qui a la plus grande économie du monde : les États-Unis d’Amérique, selon le département US de l’Agriculture (septembre 2012).

> Pendant l’administration Bush (2001-2008), les citoyens étasuniens sans nourriture correcte, obligés pour survivre d’avoir recours aux foodstamps (bons alimentaires) et aux organisations charitables, ont augmenté de 33 à 49 millions. Pendant l’administration Obama, ils sont montés à plus de 50 millions, équivalents à 16,4 % de la population, par rapport aux 12,2 % de 2001. Parmi ceux-ci, 17 millions environ sont en condition de « très basse sécurité alimentaire », en d’autres termes la faim.

> Ils ont cependant la satisfaction de vivre dans un pays dont la « sécurité » est garantie par une dépense militaire qui — d’après le Sipri — a doublé pendant l’administration Bush et, pendant celle d’Obama, a grimpé des 621 milliards de dollars en 2008 à plus de 711 en 2011. En net d’inflation (à valeur constante du dollar 2010), la dépense militaire a augmenté de 80 % de 2001 à 2011. Cette dépense militaire étasunienne, équivalente à 41 % de la dépense militaire mondiale, est en réalité plus haute : en incluant d’autres postes de caractère militaire (parmi lesquels les 125 milliards annuels pour les militaires à la retraite) elle atteint à peu près la moitié de la dépense mondiale. De cette façon, souligne-t-on dans le Budget 2012, le Pentagone peut maintenir « des forces militaires prêtes à se concentrer soit dans les guerres actuelles, soit dans de futurs conflits potentiels ». Et, en même temps, il peut « investir dans une innovation scientifique et technologique à long terme pour assurer que la Nation ait accès aux meilleurs systèmes de défense disponibles au monde ».

> À cette fin, 100 milliards d’économies prévues sont « réinvestis dans des secteurs de haute priorité », à commencer par les drones : les vélivoles sans pilote qui, télécommandés à plus de 10 000 kms de distance, frappent les objectifs avec leurs missiles.

> Ici la réalité dépasse la science-fiction hollywoodienne. Lockheed Martin est en train de développer un nouveau drone pour les forces spéciales : pour accroître son autonomie, on utilise depuis le sol un rayon laser qui l’alimente pendant qu’il est en vol. Northrop Grumman est engagée, elle, dans un projet encore plus avancé : celui de drones qui, alimentés par énergie nucléaire, restent en vol de façon ininterrompue non pas pendant des jours mais pendant des mois. Toujours chez Northrop Grumman : on développe un vélivole robotisé pour porte-avions, le X-47B, en mesure, grâce à sa mémoire programmée, de décoller, effectuer sa mission et atterrir de façon autonome.

> Étant donnés les énormes coûts de ces programmes, le Pentagone a déjà dressé une liste de pays alliés fiables à qui vendre les nouveaux drones pour la guerre robotisée. Sans aucun doute on trouve l’Italie aux avant-postes, qui a déjà acheté à l’étasunien General Atomics le dernier modèle de drone, le vélivole MQ-9A Predator B. À l’avenir elle achètera aussi le drone nucléaire qui, en décollant au-dessus de la tête des 50 millions de citoyens étasuniens en condition d’ « insécurité alimentaire », viendra voler au-dessus de celle des chômeurs italiens (et autres millions de chômeurs européens, au passage, NdT) qui occupent les usines en voie de fermeture.

> Source : voltairenet.org


Stieven Ramdharie : La vente d’armes US aux États du Golfe a explosé
L’appétit en armes des États du Golfe a permis aux USA d’atteindre un record  d’exportation en équipements militaires. Grâce à ces achats principalement effectués par l’Arabie saoudite, la vente d’armes a atteint le niveau explosif de 66,3 milliards de dollars. Les USA n’avaient jamais vendu autant d’armes en un an.  
C’est ce qui apparaît dans un rapport d’une commission d’enquête du Congrès, le CongressionalResearch Service (CRS).
La montée des tensions avec l’Iran convainc de nombreux États du Golfe à débourser des dizaines de milliards d’euros dans l’achat d’avions, d’hélicoptères et de missiles dernier cri.  
Les enquêteurs de la Commission qualifient d’ « exceptionnelle » cette augmentation considérable des exportations d’armes US en temps de crise.
 En 2010, les USA ont vendu des engins militaires pour « seulement » 21 milliards de dollars.
Avec la vente de F-15, d’hélicoptères Apache et de missiles Patriot, des géants de la défense tels que Boeing et Lockheed Martin peuvent compenser les coupes budgétaires concernant les dépenses militaires aux USA et en Europe.
L'Allemagne espère passer avec l’Arabie saoudite un contrat de plusieurs milliards pour l’achat de 600 à 800 tanks Leopard 2. Cette vente d’armes devrait générer 12,6 milliards de dollars de bénéfices.
Quant au Qatar, il envisage de se doter de 200 Leopard pour un montant de 2,5 milliards de dollars.
C’est toutefois Riyad qui a réalisé les plus grosses dépenses dans la région. L’achat gigantesque que Riyad a réalisé l’an dernier à Washington pour près de 33 milliards de dollars a contribué à l’augmentation significative des exportations étasuniennes.
 L’aviation saoudienne qui, avec Israël, dispose de la flotte la plus moderne de la région, est renforcée par 84 chasseurs fabriqués par Boeing, les F-15.
 70  avions F-15 de facture plus ancienne ont par ailleurs été modernisés.  
En 2007, Riyad avait renforcé sa flotte aérienne en cas de conflit avec l’Iran par l’acquisition de 72 eurofighters pour 7,2 milliards de dollars.
Les Emirats arabes unis ont eux aussi mis la main au portefeuille, dépassant le Koweït dans l’achat d’armement.
Les Emirats ont récemment acheté des batteries antimissiles et des hélicoptères de transport de troupes américains pour la somme de 4,5 milliards de dollars.
Avec un budget militaire de 16 milliards d’euros en 2010, les Emirats se tiennent à la seconde place dans la région. Ils devancent Israël.
Le petit Qatar qui joua un rôle prépondérant dans le conflit libyen, investit lui aussi de manière conséquente.
Washington et Doha seraient sur le point de signer un accord qui prévoit la livraison de 58 hélicoptères de combat et de transport sophistiqués parmi lesquels la version moderne de l’Apache.
Le Sultanat d’Oman qui, à l’instar des Emirats, joue un rôle crucial dans le conflit à hauteur du détroit d’Ormuz, modernise sa petite flotte aérienne.
En décembre dernier, Oman a acheté 12 chasseurs F-16. Ces seuls engins sont capables de neutraliser une aviation iranienne vieillissante.

De Morgen, 28 août 2012 - article de Stieven Ramdharie


Voici un article  de Stieven Ramdharie (traduit à la hâte par mes soins) qui apporte involontairement un éclairage sur les enjeux de la crise syrienne. Kimyongur Bahar
L'auteur ne nous dit pas si les États du Golfe ont les ressources humaines ou du moins l'intention d'utiliser ces engins de la mort contre leur ennemi extérieur (Iran, Hezbollah libanais, et République arabe syrienne) sachant que le désert d'Arabie grouille de carcasses de blindés US achetés à prix d'or pour sauver l'économie étasunienne mais jamais utilisés par les pétromonarchies du Golfe.
Pour l'heure, une chose  est sûre, cet armement est, dans l'indifférence générale, abondamment utilisé contre l'ennemi intérieur des États du Golfe: les chiites de Qatif, d'Al-Hassa et du Bahreïn considérés comme des "impies" et des alliés de Téhéran.
Bonne lecture. Bahar



5 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction est d'accord avec l'article mais doit être vu comme information.

David Kravets :Le général Rouby prend la tête de la Représentation Militaire française à Bruxelles.
C'est un terrien qui remplace un marin. Le général (de corps d'armée) Gilles Rouby arrive (revient) à Bruxelles comme chef de la représentation militaire de la France tant auprès de l'Union européenne que de l'OTAN. Il remplace à ce poste le Vice-amiral d'Escadre Xavier Païtard. Aujourd'hui général de division, il n'aura pas un grand dépaysement ni de grands kilomètres à franchir. Il est un peu comme un poisson dans l'eau dans les institutions multinationales militaires. Puisqu'il est chef de la représentation militaire française au Shape depuis juillet 2009.
Le général Rouby avait officié auparavant au siège de l'Alliance atlantique, comme numéro 2 à la représentation permanente militaire de la France, en 2008, quand la réintégration de l'hexagone dans l'Alliance atlantique avait commencé d'être mis en oeuvre. Dans l'ouvrage coordonné par Pierre Pascallon et André Dumoulin « Quelle politique de sécurité et de défense pour l'Europe ? », publié en 2009, il défend notamment cette option estimant qu'elle est complémentaire à l'option européenne de la PESD. Il avait aussi - et surtout - écrit en 2004 une analyse portant sur l'UE et l'OTAN, « partenariat ou concurrence » . Le poste de représentant militaire à « double tête » (UE et OTAN) lui parait donc taillé sur mesure.
Formé aux transmissions, le général Rouby est un habitué du dialogue avec la presse pour avoir été aux commandes du Sirpa Terre ; il a dirigé auparavant la Division Emploi de l'Etat-Major des armées. Il avait été cité un moment, notamment par mon collègue Merchet (Secret Défense) comme un des potentiels futurs directeurs de l'IHEDN, l'Institut des Hautes études de la Défense nationale. Institut dont il avait auditeur lors de la 54e session en 2004.

Michael Hayden, ancien chef de la CIA : la guerre contre le terrorisme d’Obama est identique à celle de Bush, mais avec plus de morts. (Wired)

David Kravets

Selon l’ancien directeur de la CIA de Bush, Michael Hayden, en matière de tactiques employées dans la « guerre contre le terrorisme », le Président Barack Obama a suivi de près la politique de son prédécesseur, le Président George W. Bush – que ce soit pour les enlèvements extrajudiciaires (renditions), les assassinats ciblés, les secrets d’état, Guantanamo, ou l’espionnage à domicile.

« Mais permettez-moi de répéter mon idée : malgré les fréquentes mélodrames au niveau politique, l’Amérique et les Américains ont trouvé une position médiane confortable où ils savent ce qu’ils attendent de leur gouvernement et ce qu’ils sont prêts à accepter de la part de leur gouvernement. C’est ce consensus concret qui est à l’origine d’une telle continuité entre deux présidents si différents, George W. Bush et Barack Obama, lorsqu’il s’agit de gérer les conflits, » a déclaré Hayden vendredi lors d’une conférence à l’Université du Michigan.

Hayden s’est exprimé deux mois avant les élections du 6 novembre, où Obama, Démocrate, se présente à sa propre réélection face à Mitt Romney. Ses remarques confortent ceux qui s’intéressent au sujet et que beaucoup avaient déjà compris : en ce qui concerne la guerre contre le terrorisme, la politique d’Obama ne diffère pratiquement pas de celle de Bush.

Hayden, qui a supervisé l’emploi de techniques de torture par la CIA contre les détenus et l’extension des activités de la NSA dans le domaine des écoutes illégales sur des citoyens américains, a avoué son scepticisme initial à l’égard d’Obama. Il a aussi publiquement critiqué l’administration en 2009 pour avoir rendu public les rapports de l’ère-Bush qui tentaient de redéfinir la torture comme des « techniques d’interrogatoire poussées ».

Mais Hayden, au cours d’une conférence qui a duré près de 80 minutes diffusée sur la chaîne C-SPAN, a dit qu’Obama a adopté les positions de Bush. Bush et Obama ont tous les deux déclaré que le pays était en guerre. Que l’ennemi était al-Qaeda. Que la guerre était de nature globale. Et que les Etats-Unis devaient porter le fer en territoire ennemi, où qu’il soit.

« Nous avons donc deux présidents, le Congrès US et le système judiciaire des Etats-Unis qui sont tous fondamentalement en accord avec ces quatre phrases, » a dit Hayden.

Quelques instants plus tard, Hayden a ajouté :

« Et c’est pour cela que nous assistons à cette continuité entre deux hommes très différents. Le Président Bush et le Président Obama. Nous sommes en guerre, les assassinats ciblés se poursuivent. En fait, si on examine les chiffres, les assassinats ciblés ont augmenté sous Obama. »

Hayden a dit que tel était le cas car, sur un des aspects où leurs politiques différent, Obama a fait fermer en 2009 des « trous noirs » (centres « non-officiels » de torture et de détention - NdT) de la CIA et a fait baisser d’un cran la torture des détenus, mais qu’au lieu de capturer les présumés « combattants ennemis, » le Président Obama les tue.

« Nous avons fait en sorte qu’il est devenu tellement délicat sur le plan politique et difficile sur le plan juridique que nous n’essayons plus de les capturer, » a dit Hayden. « Nous avons choisi une autre option, nous les tuons. Cela dit, je n’ai pas de problème de conscience avec ça. »

Dans la liste des cibles d’Obama, on trouve même des citoyens américains (adorable phrase typiquement americano-arrogant - NdT).

Hayden a noté qu’Obama avait fait campagne en promettant de fermer le centre de détention de Guantanamo et d’apporter plus de transparence dans le gouvernement.

Obama n’a pas fermé Guantanamo et continue de recourir au « secret-défense », souvent invoqué devant les tribunaux lors des procès intentés contre la politique gouvernementale de guerre contre le terrorisme.

« Malgré une campagne électorale basée sur une promesse très forte de transparence, le Président Obama, et là encore je pense qu’il a raison, a eu recours à l’argument de secret-défense devant différents tribunaux, autant que le Président Bush, » a dit Hayden. Il a souligné qu’il approuvait les invocations par Obama du secret-défense puisque Hayden lui-même a été appelé à témoigner en faveur du gouvernement dans certains procès.

Hayden a souligné aussi qu’Obama, en tant que sénateur élu de l’Illinois en 2008, avait voté en faveur de la légalisation du programme secret de Bush d’espionnage sans mandat judiciaire mis en œuvre au lendemain des attentats du 11 Septembre 2001. La mesure a aussi accordé l’immunité aux compagnies de télécommunications US contre toute poursuite pour complicité dans ce programme d’espionnage.

La loi autorise le gouvernement à mettre en place, sans mandat, des surveillances sur les conversations téléphonique et les courriers électroniques des Américains à partir du moment où l’une des deux parties de la communication est supposément située à l’extérieur des Etats-Unis. Les communication peuvent être interceptées « pour recueillir des informations à l’étranger ».

« La loi FISA a non seulement légalisé pratiquement tout ce que le président Bush m’avait demandé de faire, sous son autorité en tant que commandant en chef, mais a aussi largement étendu les pouvoir de la NSA dans ce domaine, » a dit Hayden.

Cette loi, connue sous le nom de FISA AmendmentsAct, expire à la fin de l’année. L’administration Obama a dit que sa plus haute priorité en matière de renseignement était d’obtenir la reconduction de cette loi devant le Congrès US, malgré les promesses de la campagne de 2008 d’agir en faveur de la protection de la vie privée.

Quant à la prochaine élection, Hayden a dit qu’elle pourrait ne rien changer, du moins en ce qui concerne la politique de lutte contre le terrorisme. Il a semble-t-il confirmé que le groupe de rock the Who avait raison en chantant « meet the new boss, same as the old boss » (je vous présente le nouveau patron, pareil que l’ancien patron).

Hayden, qui a dit qu’il était conseiller pour la campagne présidentielle de Romney, a dit que ce dernier ne changerait lui non plus pas grand chose à la politique de son prédécesseur.

« Si on projette vers le futur, » a dit Hayden, « je pense qu’il y aura une sorte de continuité entre Romney, s’il est élu, et son prédécesseur. »

David Kravets

août 3, 2012 -

http://www.wired.com/threatlevel/2012/09/bush-obama-war-on-t...

(BRUXELLES2)

Traduction « eh oui, moins ça change et plus c’est pareil » par VD pour le Grand Soir avec probablement les fautes et coquilles habituelles

URL de cet article 17706
http://www.legrandsoir.info/michael-hayden-ancien-chef-de-la-cia-la-guerre-contre-le-terrorisme-d-obama-est-identique-a-celle-de-bush-mais-avec-plus-de.html



6 Annexe 

Romandie.com : ‘USA: pas de poursuites contre la CIA sur la mort de détenus dans ses prisons’.  

Les Etats-Unis ont mis fin à l'enquête sur la mort de deux personnes détenues dans des prisons secrètes de la CIA après le 11-Septembre et décidé de renoncer à des poursuites, a annoncé jeudi le ministère de la Justice.
Le ministère renonce à des poursuites car les preuves recevables (devant un tribunal, ndlr) seraient insuffisantes pour obtenir une condamnation au-delà du doute raisonnable, justifie le ministre de la Justice Eric Holder dans un communiqué.
L'enquête avait débuté en août 2009 quand M. Holder avait demandé à un procureur de passer en revue les interrogatoires de la CIA menés sur 101 détenus dans des lieux tenus secrets hors des Etats-Unis, pour déterminer si des lois avaient été enfreintes.
Le procureur, John Durham, devait notamment vérifier si des techniques d'interrogatoire musclées non autorisées avaient été mises en œuvre par les agents de la CIA.
En juin 2011, il avait recommandé la clôture de toutes les enquêtes sauf une sur les circonstances de la mort de deux détenus, dont l'identité n'a pas été révélée.
En 2002, les Etats-Unis avaient adopté dix techniques d'interrogatoire musclé assimilées à de la torture par de nombreuses voix critiques, avant d'obtenir des renseignements des personnes capturées et soupçonnées de liens avec Al-Qaïda.
Ces méthodes comprenaient notamment la privation de sommeil, la mise à nu du détenu ou encore la simulation de noyade, à laquelle le cerveau autoproclamé des attentats du 11-Septembre, Khaled Cheikh Mohammed, a été soumis 183 fois lors de sa détention dans une prison secrète de la CIA en Pologne entre 2003 et 2006.
Dans un communiqué, le directeur de la CIA, David Petraeus, s'est félicité de la clôture de l'enquête. Après une enquête exhaustive sur le traitement de deux détenus en 2002-2003, le ministère de la Justice n'intentera de poursuites criminelles à l'encontre d'aucun personnel de l'Agence, s'est-il réjoui.
L'Union américaine pour les libertés civiles (Aclu) a en revanche dénoncé cette décision, parlant d'un scandale. Le ministère de la Justice refuse de traduire en justice les responsables qui ont autorisé la torture, les avocats qui ont cherché à la légitimer et les interrogateurs qui l'ont utilisée, a déclaré dans un communiqué Jameel Jaffer, directeur juridique adjoint de l'Aclu.
Le ministère de la Justice a mis fin avec succès à toute poursuite judiciaire destinée à tenir les responsables civilement responsables. Accorder une telle impunité menace de saboter l'interdiction de la torture et des mauvais traitements reconnue internationalement, a-t-il M. Jaffer.
Les Etats-Unis montrent une fois de plus leur volonté de s'absoudre de toute responsabilité pour ses crimes commis au cours de la dernière décennie, a estimé de son côté le Centre pour les droits constitutionnels (CCR). Cette décision souligne la nécessité de poursuivre les investigations indépendantes ailleurs. L'impunité ne traverse pas toujours les frontières.

 31/08/2012
http://www.romandie.com/news/n/_USA_pas_de_poursuites_contre_la_CIA_sur_la_mort_de_detenus_dans_ses_prisons83310820120035.asp



Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières,les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.



14/08/2012

n°119 Géopolitique et stratégie 'des Guerres de l'Otan en Afrique - 14-8 : PAS D’ÉTAT DE GRÂCE … La paix mondiale tient à un fil .


n°119  Géopolitique et stratégie 'des Guerres de l'Otan en Afrique  - 14-8 : PAS D’ÉTAT DE GRÂCE … La paix mondiale tient à un fil .



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'Otan et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



Géopolitique et stratégie'des Guerres de l'Otan.

n°119 - 14-08

C.De Broeder & M.Lemaire

 



Vous retrouverez ce journal 

a) sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site de Eva Resis      :  no-war.over-blog.com

http://no-war.over-blog.com/ 

 

Si vous voulez nous contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire.

Tiré à part :

 

1 Guerres de l'Otan

2 Au jour le jour

3 Politique

4 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos .



Tiré à part

1 JPP Libye: ILS CROYAIENT QU'EN TUANT LE GUIDE LIBYEN ILS METTAIENT L'AFRIQUE A  GENOUX!!!

 C'est depuis la mort du Guide Libyen que les Européens se frottent les mains, tous contents d'avoir stopper les projets phares de la fédération africaine. Ce qu'ils ne savent pas, c'est que nous sommes
 déjà passés au plan B. Et rien n'arrêtera l'Afrique dans son douloureux chemin vers la liberté. L'Algérie avait à peine refusé de prêter au FMI pour aider l'Union Européen. La même semaine, elle annule la dette de 10 pays africains. Il n'y a que les sourds qui ne veulent pas entendre. Le message est clair : c'est fini quand onvenait donner l'os aux africains pour ronger et on en repartait avecL’Algérie annule la dette de 10 pays africains, - sans avoir besoin de vouloir changer les hommes qui sont au pouvoir dans ces pays, - sans avoir besoin de vouloir installer des Algériens à la tête des entreprises étatiques de ces pays, - sans vouloir obliger ces pays à recruter des entraineurs algériens pour les équipes de football de ces pays,- sans avoir besoin de déferler sur ces pays ses chômeurs rebaptisés en ONG des thèmes les plus bidons etc... suivez mon regard.
Les médias-mensonge vont qualifier cela de colonisation algérienne del'Afrique, mais je préfère de loin une colonisation qui viendrait d'unautre pays africain, car lorsque la Californie ou le Massachusetts investit dans le Mississippi ou dans l'Arkansas, personne ne parle décolonisation. et dans tous les cas, préparez-vous à recevoir HillaryClinton dans les prochains mois, comme pour la Chine, faire le  Afrique pour vous expliquer de comment l'Algérie est dangereuse et qu'il faut s'en méfier. Le ridicule vient du fait qu'il n'y a plus enAfrique même les enfants de la maternelle pour croire à de telleslégendes.
JPP 8/8/2012



2 K. Selim : Chine/USA et l'Afrique : Le dragon et le drone !!!.

La Secrétaire d'Etat Américaine, Madame Hilary Clinton fait le 4ème tour d'Afrique pour convaincre les Africains à se méfier de la Chine. Je mets au défi n'importe qui de me montrer sur les 30 millions de km2 du continent africain, l'ombre d'un pont, d'une école ou d'un hôpital construit avec l'aide des USA. ZERO !!! Ca n'existe pas, rien que du bluff. Et même si les Chinois allaient être des médiocres alliés, la triste vérité est qu'en comparant Zéro avec n'importe quel autre chiffre positif de l'arithmétique, on n'a pas besoin d'être un marabout pour prédire que rien ne sera jamais pire qu'avant.
Après 500 ans, de bluff, ils n'ont toujours rien pigé de l'Afrique. Et je compte sur la jeunesse africaine pour leur rafraichir la mémoire que l'Afrique est déjà debout, malgré nos chefs d'Etat tués, emprisonnés par le même bourreau.

Dire que l'Afrique se trompe dans son alliance stratégique avec la Chine est une insulte à l'intelligence des Africains. Et tous ceux qui le disent (y compris les Africains) y concourent. Personne ne se plaint de la violence, du viol que l'Europe a obligé l'Afrique à subir à sa rencontre.
Aujourd'hui que c'est l'Afrique qui choisit son amant, même les violeurs montent au créneau pour dire qu'elle se trompe. C'est tout simplement démentiel. C'est comme dire qu'il est pire pour une femme de ménage (c'est comme ça que l'Europe voit l'Afrique) de se choisir un mauvais amant pour former un couple que de continuer à se faire violer par son patron (c'est comme ça que l'Europe veut être perçue par les africains). ...

JPP 4/8/2012


3 IRIB- L’ombre du dragon plane au-dessus de Washington.
Madame Hillary Clinton, la secrétaire d’État, a entrepris une tournée africaine destinée à «promouvoir la démocratie» mais aussi - surtout ? - à mettre en garde les dirigeants du continent contre les dangers de l’offensive économique de la Chine.
Il faut vraiment que la menace soit importante et imminente pour qu’un dignitaire aussi important de l’administration impériale consente à visiter une région du monde, en apparence, sans importance politique, mais dont la grande valeur stratégique est indéniable.
Depuis plusieurs années, une guerre secrète pour les ressources se déroule sur le continent entre Occidentaux en perte de vitesse et Chine en expansion très dynamique. La Chine est, depuis 2009, le premier partenaire commercial de l’Afrique. Les échanges ont atteint l’an dernier un record à 166,3 milliards de dollars, en hausse de 83% par rapport à 2009, d’après Pékin. Les Chinois viennent d’annoncer un doublement à 20 milliards de dollars de leurs crédits à l’Afrique. La Chine construit des routes, finance des universités et des centres sociaux dans des pays oubliés du monde mais qui font partie de la réserve stratégique des multinationales dont Mme Clinton est l’un des principaux porte-parole. Les Chinois ne sont certes pas des philanthropes, mais l’histoire - ancienne et récente - comme l’actualité, montre bien de qui il faudrait se méfier.
Les Américains et les Européens continuent de gérer l’Afrique à travers leurs réseaux politico-affairistes et les institutions multilatérales, FMI et Banque mondiale. On a vu avec quel succès. Ainsi, par exemple, le malheureux Mali a été contraint de se spécialiser dans la production de coton par la Banque mondiale, se plaçant en concurrence avec les cotonculteurs nord-américains qui, eux, bénéficient de subventions de la première puissance libérale. Clinton ne demandera certainement pas aux Africains de se méfier de ces organisations qui ont imposé la réduction des budgets de la santé et de l’éducation au prétexte que les équilibres macro-économiques allaient miraculeusement attirer les investissements et assurer le développement. Les résultats dévastateurs à travers tout le continent d’un dogmatisme économique inhumain parlent pour eux-mêmes.
Mettre en garde contre les Chinois quand on est l’héritier d’un tel passif est donc, au moins, parfaitement cynique. Mais le tropisme antichinois de l’Empire est articulé comme une campagne permanente d’agit-prop et s’exprime sur tous les registres. Dernière illustration en date, un dirigeant du sport nord-américain, dont le track-record en matière de dopage n’a rien à envier à celui de l’ex-République démocratique allemande, a, au mépris de tout esprit sportif, voulu jeter la suspicion sur les performances olympiques de la formidable nageuse YeShiWen. Avec un physique qui n’a pourtant rien à voir avec celui des «déménageuses» occidentales, la jeune Chinoise soumise à tous les tests de dépistage a écrasé de sa classe la natation féminine. Ce n’est pas du goût des experts civilisés qui en profitent pour déplorer avec une hypocrisie involontairement comique les «zones d’ombre» du sport au Céleste Empire.
Les ressorts de la diabolisation paranoïaque de la Chine renvoient au «péril jaune» fabriqué au début des années cinquante du siècle dernier par la presse américaine sur le modèle du terrifiant docteur Fu Manchu, génie du mal asiatique, inventé par l’écrivain Sax Rohmer. Mais ce qui était recevable hier passe mal aujourd’hui : l’Occident en crise générale, dont l’emprise médiatique et les canons sont le dernier argument, peine à convaincre une opinion africaine qui a payé le prix de son expérience. Personne n’oublie que le dernier apport significatif des États-Unis au bien-être de l’Afrique a consisté dans le tir sur la Libye de cent dix missiles de croisière Tomahawk d’un coût unitaire d’un million d’euros. Chacun a sa conception de l’aide au développement, même si la Chine n’a jamais tiré ne serait-ce qu’une balle en direction du continent… On peut se méfier de qui on veut, mais ce qui plane au-dessus de l’Afrique n’est certainement pas un chimérique dragon pékinois, mais un bien réel drone impérial.

Source :

vendredi, 03 août 2012 00:40
http://french.irib.ir/component/k2/item/204047-chine-usa-le-dragon-et-le-drone-,-par-k-selim



4 Ali Titouche : L’Algérie efface la dette de dix pays africains: 

 Le président de la République vient d’adresser des télégrammes aux ambassadeurs en poste dans les pays africains, les informant de ladécision de l’Algérie d’annuler les dettes qu’elle détient sur quelques Etats du continent noir.
 Une source diplomatique nous a précisé que les montants concernés par cette décision avoisinent les 3 milliards de dollars, selon nossources.Le Trésor public est sollicité ainsi à nouveau pour donner unesuite technique à cette décision politique pour le moins surprenante.
 Le Trésor public procéderait, comme à l’accoutumée, à la transformation des créances en question en vue de leur abandon en déclarant ces dettes détenues sur les pays concernés définitivement insolvables. Cependant, plusieurs maillons manquent à la chaîne reliant la décision à sa concrétisation technique : absence de concertation sur les tenants et les aboutissants d’un tel acte et défaut de débat au niveau de l’APN, une institution censée représenter le peuple.
 S’il est vrai que l’Etat a eu déjà, par le passé, à se livrer à de telles pratiques, le secret demeure néanmoins entier sur le devenir de certaines contreparties dont a bénéficié l’Algérie en échange d’une opération d’abandon et/ou de transformation d’une dette. C’est le cas d’une forêt héritée par l’Algérie au Mozambique suite à une action d’effacement d’une dette détenue sur ce pays. L’Algérie, qui devait exploiter cette forêt en échange de l’abandon des créances, n’a pas estimé la mesure opportune et le mystère demeure entier sur cette forêt mozambicaine. Quelquefois, des décisions d’effacement de dettes s’accompagnent de concessions faites de bon gré au pays créanciers.
> L’Algérie a bénéficié également par le passé, à titre d’exemple, d’un permis d’exploitation dans le domaine de la pêche sur les côtes mauritaniennes en échange de l’abandon d’une créance, mais n’a jamaisofficiellement mis à exécution ce permis d’exploitation, du moins dansses rapports d’Etat à Etat. Mais il est tout de même difficile devérifier, auprès des diplomates auxquels nous nous sommes adressés, si les concessions en question ont été exploitées par des privés au nom de l’Etat algérien car il existe, par moment, dans ce genre de pratiques, ce qu’on appelle dans le jargon diplomatique « les opérations triangulaires » qui consistent à faire bénéficier plusieurs parties de cet acte d’effacement de dette d’un pays par un autre Etat.
 C’est comme lorsqu’on rembourse une dette par le moyen d’une marchandise compensatoire. Les diplomates que nous avons interrogés se sont contentés de nous révéler ces quelques ficelles. Il y en a certainement d’autres.
Article paru dans le principal journal algériein :El Watan

El Watan>

mardi 31 juillet 2012 |

Source :http://www.setif.info/article6821.html


 


2 Les Guerres de l'Otan .Géopolitiqueet stratégie.

2-1 Usa

Visite d’Hilary signe d’une conquête de l’Afrique par les américains.

La chef de la diplomatie américaine Hillary Clinton a entamé mardi dernier une visite de 11 jours dans 6 pays africains (L’Afrique du Sud ,le Malawi ,L’Ouganda ,Le Sud soudan, Le Sénégal, et le Ghana) en commençant par le Sénégal où elle a été accueillis par le président nouvellement élus MackySall. Tous comme Sarkozy avec sa politique de France-Afrique elle a prononcé  un discours devant les autorités sénégalaises ,les représentants du peuple ,les étudiants,…à l’université Cheikh AntaDiop de Dakar.

Officiellement Hillary Clinton fait cette tournée diplomatique en Afrique pour trois raisons principales. La première raison c’est la démocratie en Afrique comme les États Unis d’Amérique ont des leçons à donner aux africains en matière de démocratie. La deuxième raison c’est le développement des relations commerciales entre l’Afrique et les USA et cela face au développement des échanges commerciaux entre la Chine et l’Afrique qui mène une très bonne coopération avec les États africains dans le plus grand bonheur des populations africaines qui ont trop souffert face au capitalisme et impérialismes des grandes puissances .Et la troisième raison de cette visite c’est la sécurité en Afrique comme si les États Unis et leurs alliés ne sont pas responsables de l’insécurité qui règne aujourd’hui dans beaucoup de nos pays, (crise malienne, libyenne, conflit au Soudan, en Somalie ,au Congo….)

Ainsi après l’élection de Barack Obama un fils du continent noir à la tête de la super puissance beaucoup d’africains avaient cru à un changement mais ils oubliaient que ce fils du contient devrait avant tous servir les USA et que les États n’ont pas d’ami ils n’ont que des intérêts .Au lieu d’arranger les choses Obama a d’avantage compliquer les choses pour les africains avec ces guerres impérialistes contre le régime de Kadhafi qui voulait sortir l’Afrique de la dépendance avec son projet États Unis d’Afrique. Et aujourd’hui que les africains se sont tournés vers un nouveau partenaire beaucoup plus fiable la Chine ,il faut revenir recoloniser l’Afrique n’ont seulement pour bloquer son émergence mais aussi bloquer l’ émergence économique de la Chine qui se trouve être le partenaire numéro 1 de l’Afrique depuis 2009.Il s’agit aujourd’hui pour les américains de bloquer les échanges Sud-Sud pour assoir leur domination sur le monde car il faut le souligner que les américains sont dans des difficultés économique et doivent empêcher à la Chine de devenir la nouvelle super puissance en coupant l’acheminement des matières premières pour la Chine, matières premières dont à elle a véritablement besoin pour assoir son émergence .

On constate aisément que partout ou la Chine à  un intérêt les États Unis et leurs alliés sont en train de créer des troubles, c’est le cas de la guerre en Libye ,au Soudan ,en Syrie, au Mali, en Somalie ,et bientôt en Iran,….L’objectif pour les américains est d’isolé la Chine pour que son économie s’effondre. Et en Afrique cela a déjà commencé par l’attaque contre le régime de Kadhafi, la crise malienne qui finira par l’implantation des bases militaires américaines notamment avec le projet AFRICOM qui verra le jour au nom de la lutte anti-terrorisme et à partir de la contrôler tous les pays du Sahel(le Niger ,Mali, Mauritanie, Algérie, Libye, Tchad,…)qui se trouvent être des pays riches en pétrole, uranium ,or ,phosphore, gaz,…,pays qui se trouvent être également de grands partenaires de la Chine. Cette crise malienne ajoutons le qui est l’objectif caché de cette visite, car derrière ces islamistes du MUJAO qui occupe le nord du Mali il y a le Qatar qui est le bras armé des USA qui ne veulent pas voir la CDEAO intervenir pour véritablement créer le désordre et au nom de la lutte anti-terroriste les américains interviendront pour occuper le nord du Mali.

Il s’agit aujourd’hui pour les africains de véritablement prendre conscience des enjeux que constituent nos États qui sont pris entre une rivalité entre chinois et américains, même si ces deux États ne visent que leurs intérêts nous devons aussi visés nos intérêts et choisir de coopérer avec le plus offrant dans des échanges gagnant-gagnant .Démocratie ,commerce et sécurité  uniquement dans l’intérêt des américains voilà ce que signifie cette visite d’Hillary en Afrique, et la machine coloniale américaine est en marche depuis la chute de Kadhafi prenons garde face à l’impérialisme américain.

jeudi 2 août 2012

http://www.jeunessafricaine.blogspot.fr/search?updated-min=2012-01-01T00:00:00-08:00&updated-max=2013-01-01T00:0



2-2 Alain BENIE BI et Al. : OBAMA PARLE COMME JESUS, MAIS TUECOMME UN Héros‏ ...!!!

A l'avènement de Barack Obama au pouvoir, des milliards de personnes sur la terre avaient manifesté leur optimisme. Parmi celles-ci, c'est peu dire qu'il y a eu la quasi-totalité des africains. Tous étaient persuadés que la couleur de peau du nouveau président augurait un changement de la politique internationale. Il faut en convenir et insister qu’ils n’étaient pas les seuls. Les quelques rares voix qui avaient émis des réserves furent sévèrement critiquées et taxées d’antiaméricanisme primaire.

 

Apres son périple ghanéen, son discours fut chaleureusement applaudi.

Un discours quasi-unanimement saluéparticulièrement par les africains qui ne virent là qu'un excellent discours.

On voyait en l’homme un ‘sauveur’ qui allait désormais fait la différence dans la politique internationale sur les peuples opprimés.

Retenons quelques de ses idées en terre de Kwame N’Krouma :

 

1 Vous pouvez vaincre la maladie, mettre fin aux conflits, changer fondamentalement les choses. Vous pouvez faire ça. Oui, vous le pouvez. Mais cela n'est possible que si, vous tous, vous assumez la responsabilité de votre avenir. Cela ne sera pas facile. Cela réclamera du temps et des efforts. Il y aura des épreuves et des déconvenues. Mais je peux vous promettre ceci: l’Amérique sera à vos côtés, à chaque étape, en tant que partenaire, en tant qu’amie

 

2 Je ne vois pas dans les pays et les populations d'Afrique un monde à part. Je vois l'Afrique comme une partie fondamentale d'un monde interconnecté, comme des partenaires de l'Amérique agissant au nom de l'avenir que nous voulons pour tous nos enfants. Ce partenariat doit être fondé sur la prise de responsabilité et le respect mutuels».

 

3 Nous devons nous dresser contre l'inhumanité quand elle se manifeste parmi nous (...) Nous encourageons la vision d'une architecture régionale de sécurité qui soit forte et qui puisse produire une force transnationale efficace quand il le faut. L'Amérique a la responsabilité de favoriser cette vision, pas seulement par les mots, mais par un soutien qui renforce les capacités africaines. Quand on a un génocide en cours au Darfour oû des terroristes en Somalie, il ne s’agit pas seulement de problèmes africains, ce sont des défis lancés à la sécurité internationale et ils réclament une réponse internationale. Et c’est pourquoi nous nous tenons prêts à être des partenaires, à travers l’action diplomatique, l’assistance technique et le soutien logistique et nous soutiendrons les efforts visant à faire juger les criminels de guerre.

 

4 Nous devons reconnaître cette vérité fondamentale, à laquelle vous avez donné vie au Ghana: le développement dépend de la bonne gouvernance. C'est un ingrédient qui a fait défaut pendant beaucoup trop longtemps, dans beaucoup trop d'endroits (...) L'Afrique n'a pas besoin d'hommes forts, elle a besoin d’institutions fortes.

 

5 L'Amérique tendra la main de manière plus responsable (...) L'aide, ce n'est pas une fin en soi. Le but de l'assistance étrangère doit être de créer les conditions pour qu'elle ne soit plus nécessaire.

Aujourd'hui, avec le recul, peut-être qu'en Afrique, tout au moins, les plus enthousiastes d'hier commencent par comprendre deux ou trois choses. Le sourire et l'image du Président Américain n’était qu’une simple affabulation pour assoupir les Opprimés afin de mieux les abattre par des conseils de guerres en cours ou à venir. Cette manœuvre insidieuse se met en place par une conspiration qui fait de lui le prix Nobel de la paix du 9 octobre 2009, pour dit-on «pour ses efforts extraordinaires en faveur du renforcement de la diplomatie et de la coopération internationales entre les peuples»,

Mais le Président de guerre il est, et il restera. Barack Obama n’a pas eu peur de pousser le paradoxe à l’extrême lors de dans son discours de réception du prix Nobel de la paix, à Oslo. «Nous sommes en guerre», a-t-il reconnu, dès ses premières phrases. Quoi de plus paradoxal?

«La guerre est apparue avec le premier homme», a-t-il souligné. Elle est parfois «non seulement nécessaire mais moralement justifiée», il doit y avoir des conséquences» au fait que les pouvoirs locaux «brutalisent leur propre peuple», a-t-il mis en garde. Et à Malcolm X de leur répondre qu’ils font de l’oppression, de l’exploitation et de la guerre un acte de l’humanitarisme, pour tuer, asservir un peuple et n’ont jamais avoué leurs plans macabres de destruction sans précédent.

Il commence son héroïsme en Afghanistan où un curieux calendrier l’oblige à se justifier sur le paradoxe: faire la guerre pour la paix... Ainsi donc il  l'annonce l'envoi de 30.000 hommes supplémentaires en Afghanistan pour avoir l’autre prix Nobel qu’est la Guerre.

Chose curieuse, alors même qu'il était sur deux fronts de guerre ouverte : Irak, avec un retrait qui n'en est pas un et Afghanistan, un prix Nobel lui a été décerné. Son pays n'avait de cesse de provoquer en toute finesse des pays comme l'Iran, la Corée du Nord, le Cuba et le Venezuela. Sommé d’abandonner son antisémitisme  puisque toute critique à l’égard de cet Etat est identifiée à ce mal terrifiant  il a été vite et sévèrement redressé et ainsi a-t-il laissé la main libre à la colonisation et à la répression. A chaque fois qu’un téméraire avance au sein de la boîte à outils occidentale qu’est l’ONU et surtout son Conseil de sécurité un texte visant à contraindre Israël à faire un geste si minime soit-il dans ce qui est ironiquement appelé ‘les territoires’, Susan Rice dégaine son véto. Et pourtant cette Rice là, c’est elle qui a failli lever les deux mains en faveur du texte de Sarkozy présenté par l’ex-délinquant qui avait  ‘trahi la confiance du peuple français’ Alain Juppé pour agresser la Libye et la Cote d’Ivoire. Tellement la Rice était comblée.

Sans en donner l'air, le prix de Nobel de la paix fait des guerres. Mais, ces guerres-là elles sont ‘justes et humanitaires’. Elles sont nécessaires et utiles pour l'humanité. Exactement comme celles menées par Bush et ses « freedomfighters » au motif de libérer la planète de ‘l’Axe du mal’. Redoutable communicateur, Obama agit autrement que son prédécesseur. Il agresse la Libye et tue des milliers de civiles. Dans cette agression, il a su s’effacer pour mener la bataille via des sous-lieutenants qui n’ont rien à envier à Tony Blair. Ces sous-lieutenants à savoir les zélés Sarkozy et Cameron sont aux avant-postes. Ils sont pour la cause, accompagnés de leurs frères d’armes du Canada, d’Italie, de Pologne, du Danemark, d’Espagne, du Portugal et bien d’autres, pour la plupart rompus depuis des millénaires à une culture guerrière et de rapines à travers le monde. Ces pays, en meute si possible, en loup solitaire si besoin, agressent les pays qui ont le malheur d’être pourvus par dame nature de matières premières convoitées, enflamment la terre, tuent des populations civiles, soumettent des peuples affaiblis, saignent aux quatre veines des territoires à l'issue des opérations de braquage à mains armées cyniquement qualifiées d'opérations  ‘humanitaires’. Quasiment tous les pays arabes, africains et latino-américains ont goûté ou goûte régulièrement à ce plat « humanitaire ». Lequel a déjà fait empoisonné et englouti des civilisations entières.

Obama ne fait pas la guerre, dit-on. Ah oui ?? ‘Il a rencontré des guerres qui étaient créées avant son avènement’. ‘Il ne peut pas les éteindre’. ‘Il est obligé de les gérer’. ‘Il fait des guerres justes’. ‘Ce sont des guerres qui s'imposent à lui, il n'y peut rien’. La vérité face à toutes à ces argumentations sophistiquées, est que le prix Nobel de la paix fait des guerres. Il les fait en souriant, renvoyant ainsi à une opinion tétanisée la belle image qui est la sienne. Or, la guerre dans le concret, est ignoble et horrible. Obama les lui mène les mots d’une douceur à faire dormir debout, à la bouche.

Aujourd'hui, c'est la Syrie qui est prise. Elle est étranglée par la meute. Elle est bombardée sous le fallacieux prétexte que son dirigeant, Hassan Bahar ‘massacre des populations civiles’ qui manifestent pacifiquement. Curieuse présentation des faits qui pourtant montrent des rebelles lourdement armés qui s’emparent des villes et confisquent des ressources. Face à ces faits, le prix Nobel de la paix des ‘guerres humanitaires’ et ses amis demandent au pouvoir syrien comme hier au libyen et Ivoirien de ne pas réagir, de laisser les rebelles avancer jusqu’à prendre la capitale du pays et mettre à la place du khalife, un nouveau khalife plus docile. On demande au pouvoir de ne pas riposter et d’assister les bras croisés au déchirement de son territoire. On lui intime l’ordre de cessez-le-feu et de laisser le passage aux rebelles. On voit des scènes de guerre et on demande à une seule partie de désarmer.

Visiblement, ces  insurgés  ont d'importantes missions à accomplir. C'est pour cela que leur protection est si prompte. Ils font des gouvernants plus dociles qui offrent et offriront du pétrole, gaz et du cacao quasi-gratuitement.

Et comme c'est toujours le cas, le modus operandi n'a guère varié. On couvre les crimes des amis, on révèle voire fabrique ceux de l'ennemi à abattre. On passe par les instruments de l'éternelle boîte à outils occidentale : l'ONU et le fameux Conseil de sécurité dominé par les cousins occidentaux, si ce n’est pas elle, on sollicite l’OTAN, on parle de coalitions par-ci et d’alliance par là. Si ces instruments de légitimation de l’agression ne suffisent pas, on fait appel à des ensembles régionaux tels l’Union Européenne, l’Union Africaine, la Ligue Arabe et quoi encore ? Les médias, eux, n’ont jamais accompli leur meilleur rôle qu’en ces moments de guerre. Pendant que les « frappes chirurgicales » terrorisent les populations sur le terrain des opérations, ils font de la césarienne à l’information dans les salles de rédaction, propagent les pires mensonges, suppriment des images et convoquent sans discontinuité des experts autoproclamés, nourris à la mamelle du complexe militaro-industriel et de milieu du business de la guerre pour asséner leur évangile à tous ceux qui veulent les écouter.

Le prix Nobel de la paix est donc un seigneur de guerre au même titre que son prédécesseur. La seule divergence entre eux est que le premier joue plus finement. Il avait eu la même attitude sur la Côte d’Ivoire jusqu'au jour où Sarkozy, toujours plus zélé et souvent plus royaliste plus que le roi a gaffé avec l’ultimatum lancé contre Gbagbo depuis Bruxelles. Ce qui a eu le  malheureux  mérite de réveiller beaucoup d’africains qui dormaient encore. Sarkozy aurait eu l’intelligence d’inverser les rôles et laisser aux avant-postes l’Oncle Barry qu’une  ‘opération humanitaire’ serait déjà réalisée dans ce pays qui au demeurant, sera le prochain sur la liste après la Libye. Il suffit d’écouter l’ex-délinquant français Alain Juppé qui utilise la même rhétorique que sur la Libye en appelant l’ONU, toujours elle, à « jouer son rôle plus efficacement», rappelant que son mandat «permet d’utiliser la force» contre les crimes contre l’humanité commis par Laurent Gbagbo. Là encore, on ferme les yeux sur les exactions des rebelles et du ‘commando invisible’ et tous les bouviers du frci, des dozo du couple Ouattara-Soro.

Alors, une prochaine résolution issue de la case du sorcier nommée Conseil de sécurité de l'ONU contre la Côte d’Ivoire avec la même meute, et Obama en cool attitude, sourire aux lèvres fera cette nouvelle guerre humanitaire à laquelle le destin l'a obligé.

L’interpellation est grande. La disparition de la bipolarisation entrainant ainsi une forte mono-polarisation est un mal nécessaire pour les opprimés. Comment comprendre l'administration Obama d’accorder 25 millions de dollars d’aide à la rébellion syrienne. Une assistance «non létale» qui devrait permettre à l’insurrection de se doter d’équipements de communication. Une telle aide intervient par manque de consensus au conseil de Sécurité ou faire recours à l’Otan pour installer les rebelles au pouvoir. Tout cet échec est dû à la diplomatie Sino-russe qui voit en la propagande du bloc Otan une nouvelle domination du monde. C’est pour cette raison que le Russie et la Chine ont exprimé une fin de non coopération vu ce qu’ils ont apporté à la Cote d’Ivoire et la Libye qui sont devenues des tyrannies entretenues par Obama et qui tuent, emprisonnent, font des génocides sous les regards silencieux des protecteurs des civiles. Le contre poids Sino-russe, devrait et doit demeurer comme tel, on assistera désormais à la  reformation des blocs de l’Est et de l’Ouest pour réduire l’hégémonie du Prix Nobel de la Guerre.

Alain BENIE BI et Al.

Begal.politicienne.com

 Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction est d'accord avec l'article mais doit être vu comme information.



1 Afrique

1-1 Mali

1 Solidarité Internationale PCF   : De l'entreprise de déstabilisation à l'intervention déléguée aux « amis » africains.

Un plan de dépeçage du Mali méthodiquement orchestré par les puissances occidentales

Depuis le début de l'année 2012, le Mali sombre dans le chaos. Indépendantistes touareg, rebelles islamistes, coup d’État éclair, transition « démocratique », intervention des pays de la CEDEAO, ingérences occidentales : la confusion règne, mais le brouillard de guerre se dissipe pour peu à peu, permettant de démêler l'écheveau des événements successifs.

Présenté abusivement comme un exemple de « démocratie », le Mali de l'ancien putschiste Amadou Toumani Touré (ATT) donnait en tout cas l'apparence d'un État stable. Une stabilité garantie par des relations guère conflictuelles avec l'ancienne puissance coloniale, par un étouffement de l'opposition (au nom du « consensus »), et par une pratique généralisée de la corruption et du clientélisme.

Un système à bout de souffle pour un président réélu en 2007 avec 71% au premier tour. Une « démocratie » gérée de façon anti-démocratique, un pays « stable » de plus en plus incapable de gérer l'instabilité au nord et surtout un pays regorgeant de richesses mais enfoncé dans une pauvreté entretenue par le système ATT et par la mise en œuvre zélée des recettes désastreuses du FMI.

L'enjeu : un pays pauvre regorgeant de richesses, objet de convoitises

Car si le Mali reste un des pays les pauvres au monde – la moitié de la population sous le seuil de pauvreté, le Mali occupant la 178ème place sur 182 pour son indice IDH – son sol et son sous-sol abrite des richesses considérables.

Troisième producteur d'or du continent africain, derrière les géants Ghanéens et Sud-Africains, exportateur majeur également de fer et de coton, le sous-sol Malien recèle surtout de gisements pétroliers conséquents, découverts dans le Bassin de Touadenni, au Nord-ouest du Mali.

Des richesses pétrolières encore largement inexploitées qui suscitent la convoitise des majors américaines, du grand groupe de la Françafrique Total, des entreprises d’État chinoises. Le ministère des mines Malien, encore maître des concessions pétrolières, a jusqu'alors préféré confier des blocs d'extraction à l'entreprise algérienne SONATRACH et à l'italienne ENI.

La participation potentielle du Mali au projet de pipeline TSGP (TransaharianGas Pipeline), acheminant le gaz du delta du Niger vers l'Europe via le Niger, renforce l'importance stratégique de l’État sahélien.

La nécessité d'établir un État « stable » au Mali, c'est-à-dire plus conciliant envers les intérêts pétroliers occidentaux, mais aussi d'exercer un contrôle direct ou indirect sur un État sécessionniste au Nord-Mali, est un des facteurs explicatifs du déroulement de la crise malienne.

Première étape : coup d’État d'opérette, déstabilisation et rupture de l' « ordre constitutionnel »

La déstabilisation du Mali commence par un coup d’État confus, à une semaine d'élections qui allaient concrétiser le départ du président Amadou Touré. Le 22 avril, le capitaine Sanogo dépose le président malien et annonce la constitution d'un Comité national pour le redressement de la démocratie et la restauration de l’État (CNRDR).

Des putschistes qui utilisent le prétexte de l'instabilité dans le Nord-Mali pour rompre l'ordre constitutionnel, et lancent un appel immédiat à une aide militaire et politique des puissances occidentales pour lutter contre le péril islamiste.

Il ne faut pourtant que deux semaines pour voir ces militaires déterminés céder le pouvoir à un gouvernement de transition présidé par le bras de droit de Touré, Dioncounda Traoré, sur proposition de la CEDEAO, appuyée par les grandes puissances occidentales, et surtout concoctée par le dictateur du Burkina-Faso Blaise Compaoré.

Les putschistes rentrent alors dans le rang, tout en occupant une place centrale dans la « transition démocratique », aux côtés du nouveau président intérimaire. Un intermède grand-guignolesque qui soulève des questions de fond :

Qui est cet obscur capitaine Sanogo, putschiste formé aux États-Unis de 2004 à 2010, où il a bénéficié d'une formation d'officier de renseignement ?

Quels intérêts servent ces putschistes, lançant des appels à l'aide aux puissances impérialistes et cédant le pouvoir à leurs premières injonctions ?

Quelle transition avec le bras droit du système corrompu d'ATT, Dioncounda Traoré par ailleurs en « visite médicale » à Paris pendant les deux semaines précédant sa prise de fonction début juin ?

Deuxième étape : un vide politique pour préparer le démantèlement du Mali

Usant de l'instabilité comme un prétexte pour rompre l'ordre constitutionnel, les putschistes n'ont fait qu'acter la sécessionde factodu Nord-Mali, sous les coups du mouvement sécessionniste Touareg (MNLA) et des groupes islamistes (Ançar Dine, AQMI).

Tirant profit des justes revendications du peuple Touareg à l'autonomie et au respect de sa dignité, le MNLA revendique la sécession, autrement dit la remise en cause de l’État malien unifié. Une revendication qui rejoint certaines préoccupations des puissances occidentales intéressées par le gâteau pétrolier du Nord, ainsi que les objectifs à court terme des combattants islamistes.

Des convergences matérialisées en mai dernier par un rapprochement avec Ançar Dine, islamistes fondamentalistes salafistes, issus du mouvement touareg, dominateurs à Tombouctou. Avec le MUJAO (Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest) hégémonique à Gao, Ançar Dine et le MUJAO contrôlent désormais l'essentiel du Nord-Mali, et gagnent du terrain au détriment des rebelles touaregs.

La menace d'Al-Qaida Maghreb Islamique(AQMI) est plus présente dans les discours que dans la réalité du terrain. Ce groupe salafiste, issu d'une scission du GIA qui a semé le chaos en Algérie dans les années 1980, représente en réalité plus un groupe mafieux trans-frontalier qu'une puissance politique.

Des groupes islamistes allègrement financés par le Qatar, la monarchie absolue du Golfe fournissant des fonds, mais aussi directement des armes et des formateurs militaires, acheminés via les aéroports de Tombouctou et Gao, sous le silence bienveillant de la France et des États-Unis.

Un 'double jeu' occidental permettant de pérenniser la sécession du nord, de laisser croître un péril islamiste créé de toutes pièces par leurs alliés du Golfe, et in fine de justifier leur ingérence dans les affaires maliennes.

Troisième phase : préparer l'intervention des puissances impérialistes, déléguée à leurs bras armés africains

Après avoir soutenu la rupture avec l'ordre constitutionnel, laissé faire l'installation des rebelles au Nord, les puissances occidentales – France en tête – utilisent désormais le prétexte de la crise humanitaire et du péril islamiste, qu'ils ont eux-mêmes encouragés, pour justifier leur ingérence dans les affaires Maliennes.

L'alternance et le gouvernement de « gauche » n'ont pas changé la donne. Le ministre de la Défense français appelle désormais à une intervention militaire. De son côté, le ministère des affaires étrangères Laurent Fabius prépare par sa tournée en Afrique du nord et de l'Ouest les modalités pratiques d'une intervention.

Handicapée par son passé colonial et la réalité encore actuelle de la Françafrique,soucieuse de ne pas prendre en charge une action armée coûteuse économiquement et symboliquement, la France prépare une intervention déléguée aux Etats de l'Afrique de l'Ouest.

Avec comme fer de lance, deux « amis démocrates » de la France.

D'un côté, le président burkinabé Blaise Compaoré, le putschiste assassin de Thomas Sankara en 1987, dictateur depuis 25 ansré-élu en 2010 avec 80% des voix. Compaoré est le premier artisan du plan de transition confiant le pouvoir à Dioncounda Traoré, et jouant le rôle du « médiateur » délégué par la CEDEAO.

De l'autre, le nouveau président ivoirien installé par la France, le président de la CEDEAO Alassane Ouattara. L'ancien numéro 2 du FMI, ami des États-Unis et de la France, sécessionniste et putschiste expérimenté après son expérience en Côte d'Ivoire, est lui chargé de jouer le rôle du « va-t-en guerre », censé dessiner les conditions d'une intervention prise en charge par les Etats de la CEDEAO.

L'intervention militaire africaine, parrainée par leurs tuteurs occidentaux, paraît désormais inévitable. La seule incertitude reste l'issue de ce conflit :

vers un scénario à la Soudanaise ?

Soit une sécession du Nord-Mali, abritant l'essentiel des gisements pétroliers actée par l'impérialisme occidental. Une indépendance reposant peut-être sur le combat de certains groupes islamistes, délégué aux États africains, mais aussi sur la négociation avec le MNLA et la frange dite « modérée » des islamistes ;

vers un scénario à l'Ivoirienne ou à la Libyenne ?

Soit le maintien d'un État unifié avec à sa tête un gouvernement acquis aux intérêts français et américains, concédant sans doute une large autonomie au Nord et livrant des concessions avantageuses aux grands groupes pétroliers occidentaux ;

Quel que soit le scénario adopté, le peuple Malien en sera le grand perdant. Ébranlées par la crise capitaliste, concurrencés par les économies émergentes pour le contrôle des ressources et des marchés, les puissances impérialistes, françaises, européennes ou américaines ne reculent désormais plus devant l'usage systématique de la force pour briser toute résistance à son ordre.

Comme en Libye hier, en Syrie aujourd'hui ou en Iran demain, il est nécessaire au Mali de s'opposer à ce plan de destruction d'une nation souveraine, dépecée après avoir été appauvrie au profit des grands groupes occidentaux !

Mardi 7 août 2012

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/


 

Source : Solidarité Internationale PCF
http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/...

http://www.palestine-solidarite.org:80/analyses.Solidarite-Internationale-pcf.070812.htm



-2  Ramzy Baroud : Mali : une situation hors de tout contrôle.

Le Nord du Mali promet d’être le cimetière d’un très grand nombre de personnes innocentes, si les pays africains s’avèrent incapables de contrer collectivement l’influence occidentale dans la région.

Le Mali est en passe de devenir l’Afghanistan de l’Afrique.

La réalité tragique est que le Mali - un pays très vaste mais peu peuplé, avec environ 15,5 millions d’habitants - était jusqu’à il y a quelques mois présenté comme un modèle de stabilité et de démocratie naissante en Afrique de l’Ouest.

Qu’est-il arrivé pour qu’il se transforme en un foyer de terrorisme, de nettoyage ethnique et d’une guerre civile qui pourrait déstabiliser toute la région ?

Le 22 mars dernier, le capitaine de l’armée Amadou Sanogo, formé aux États-Unis, a mené un coup d’État contre le président Amadou Toumani Touré, maintenant en exil, l’accusant de ne pas faire assez pour s’opposer aux menaces séparatistes dans le nord du pays.

Il y eut une condamnation générale du coup d’État de Sanogo, bien que les États-Unis aient été plus indulgents que les médias africains, dont la plupart ont vu ce coup de force comme une fin violente de deux décennies de démocratisation. Les organes de presse à capitaux américains ont prétendu que le coup d’Etat était « une surprise pour Sanogo lui-même » et l’ont même qualifié « d’accidentel », une évaluation inepte dépourvue de la moindre crédibilité.

Quels que soient les motifs de Sanogo, le coup d’État n’a rien fait pour stopper les séparatistes - bien au contraire. Le Mouvement touareg de libération de l’Azawad (MNLA) a profité du vide politique pour déclarer son indépendance dans le nord à peine deux semaines plus tard.

La déclaration faisait suite à une rapide succession de victoires militaires qui comprenaient la capture de Gao et d’autres grandes villes.

Ces développements ont enhardi les islamistes et d’autres groupes militants pour se saisir des villes à travers le pays. Une lutte de pouvoir a bientôt éclaté, dans lequel le mouvement islamiste Ansar Dine (« protecteurs de la foi ») a pris le dessus, évinçant le MNLA d’un certain nombre de zones, dont la ville historique de Tombouctou.

Ces militants ont ensuite prétendu que l’histoire islamique de la ville n’était pas compatible avec leur interprétation de la religion, et ils se sont aussitôt mis à détruire des bâtiments et à brûler des manuscrits islamiques, toutes choses considérées comme patrimoine de l’Unesco.

Un autre groupe s’est vite engouffré dans la brèche : Al-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi), qui avait été utilisé par Washington pour justifier la création de l’United States Africa Command (Africom) en 2008 avec une mission couvrant l’ensemble du continent, à l’exception de l’Égypte.

Le Département d’Etat américain affirme que les troupes de l’Africom « joueront un rôle de soutien aux Africains pour la mise en place d’institutions démocratiques et l’établissement d’une bonne gouvernance à travers le continent. » Il n’explique pas comment ce processus pourrait être épaulé par le Centre de Commandement des opérations spéciales de l’Africom...

Des fuites dans les médias et des commentaires d’analystes faisant autorité ont relié l’Africom au chaos régnant au Mali. Le vide sécuritaire dans ce pays situé stratégiquement pourrait être l’exacte opportunité pour les États-Unis qui cherchent à établir une présence militaire durable en Afrique. Ceci, bien sûr, fait partie intégrante de la réévaluation récente des États-Unis de leurs priorités militaires à travers le monde.

Non seulement l’Africom dispose d’une présence notable au Mali - organisant des formations dont Sanogo lui-même a bénéficié - mais le chef d’état-major, le général Carter Ham, est en train de tenir le genre de propos que nous avons entendu si souvent dans les zones de conflit.

« Nous - la communauté internationale, le gouvernement malien - avons raté une occasion de traiter l’Aqmi quand celle-ci était faible. Maintenant la situation est beaucoup plus difficile et il faudra plus d’efforts de la communauté internationale et certainement, avec un nouveau gouvernement malien, » a-t-il a déclaré aux journalistes au Sénégal la semaine dernière.

La nature de ce « grand effort » est inconnue, mais les États-Unis et la France - l’ancienne puissance coloniale qui a encore une grande influence et des intérêts économiques considérables au Mali - étudient plusieurs options militaires.

Sachant que les interventions occidentales produisent très souvent l’opposé de ce qui est leur but déclaré, certains pays ouest-africains se sont empressées de prévenir ces scénarios potentiellement sinistres.

Le 5 juillet, le Conseil de sécurité a approuvé les efforts des pays de l’Afrique de l’Ouest pour mettre fin au chaos et ceux-ci - malgré les pressions - n’ont pas approuvé le principe d’une intervention militaire.

L’Union Africaine, qui a eu peu de succès dans les conflits du passé, semble susceptible de céder la direction des opérations sur la question à la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao). Mais ses membres sont fortement dépendants de l’aide étrangère et donc très sensible à la pression extérieure.

Malgré ce que dit la couverture médiatique occidentale, al-Qaida n’est pas la plus grande préoccupation dans le nord du Mali. Même le général Ham estime que les combattants étrangers dans le nord ne sont que quelques « dizaines, voire quelques centaines. »

La véritable crise est politique et humanitaire. Selon le bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires, 420 000 personnes ont été transformées en réfugiés dans une région très dure, même pour ceux qui ne sont pas contraints de fuir à travers les déserts sans fin.

Mais les États-Unis ont déjà entamé des discussions sur l’utilisation dans la région de leurs meurtriers drones sans pilote. Les médias américains se font très alarmistes, sans doute en préparation d’une campagne militaire.

« Les islamistes extrémistes ont pris le contrôle d’une région de la taille de la France dans le nord du Mali et ils ont proclamé un état islamiste, » rapporte ABC news le 23 juillet.

Beaucoup moins a été dit sur les causes à la base de cette situation - et surtout pas que c’est l’intervention occidentale en Libye l’an dernier qui a eu pour effet de noyer cette région sous une énorme quantité d’armes, actuellement distribuées à travers toute l’Afrique.

Le Mali est à la veille d’un autre épisode de violence, dont la portée et la nature ne nous sont pas encore révélées. Alors que les puissances occidentales et leurs alliés régionaux mettent au point leurs prochaines manœuvres, des centaines de milliers de personnes misérables s’enfuient à travers le Sahara, à la recherche d’eau dans l’un des terrains les plus impitoyables de la planète.

La partie la plus tragique de l’histoire, c’est que les difficultés du Mali ne font que commencer.

*Ramzy Baroud (http://www.ramzybaroud.net) est un journaliste international et le directeur du site PalestineChronicle.com. Son dernier livre, Mon père était un combattant de la liberté : L’histoire vraie de Gaza (PlutoPress, London), peut être acheté sur Amazon.com. Son livre, La deuxième Intifada (version française) est disponible sur Fnac.com

5 août Ramzy Baroud

31 juillet 2012 – 5 août Ramzy Baroud

Traduction : Info-Palestine.net - Claude Zurbach

Vous pouvez consulter cet article à :
http://www.ramzybaroud.net/articles...



3 Cote d’Ivoire

3-1 Guehi Brence : LA FETE DE LA REGRESSION NATIONALE

A l’instar de plusieurs pays africains, la Cote d’Ivoire fête cette année sa 52ème année d’indépendance avec à sa tête Alassane Dramane Ouattara. La présence de Ouattara au sommet de l’Etat donne une touche particulière à cette fête. Il s’agit du Président certifié par la communauté internationale, laquelle dit-on, est très attachée aux notions d’indépendance, de souveraineté. Si donc elle a fait de Ouattara, son filleul incontesté c’est certainement parce qu’il partage avec elle, les notions sus-indiquées. Or vu le mode d’accession au pouvoir de Ouattara ainsi que sa manière de conduire l’Etat, l’on se sent pressé de conclure que de l’indépendance, l’homme fort d’Abidjan n’a qu’une notion parcellaire. Cela l’a conduit à transformer la fête nationale en une fête de la régression nationale.  

Ouattara et la notion d’indépendance

Des nombreuses définitions que nous fournissent les dictionnaires, sur la notion d’indépendance, nous retiendrons celle-ci : qualité d’un groupe, d’un pouvoir... qui n’est pas soumis à un autre, qui est libre de toute sujétion. Cette définition met en évidence les notions de liberté de décision, de réflexion, de jugement, de pensée etc. Elle englobe aussi et surtout, la notion de souveraineté.

Au regard de cette définition, il nous apparait difficile, à l’épreuve des faits, de conclure que M.Ouattara partage sans réserves la notion d’indépendance. Pour s’en convaincre, marquons un pays ferme sur l’actualité récente de notre pays en nous référant à deux moments.

La création du RHDP

Le Rhdp, ce groupement de partis politiques qui soutient Ouattara et qui fait la promotion de celui-ci, est le fruit de l’œuvre politique de la droite française. C’est en effet à Paris, sous l’impulsion de Chaque Chirac en 1995 que ce groupement a vu le jour. Dans le fond de la pensée chiraquienne, il s’agissait de tout mettre en œuvre pour installer Alassane Ouattara au pouvoir et non Bédié ou MabriToikeusse encore moins AnakyKobenan. Bédié lui avait déjà gouverné et s’il était tant aimé par le pouvoir français d’alors, il ne serait pas tombé au premier coup de fusil. Mabri et Anaky, sont des figurants de première heure, des pailles. Alors que Ouattara, est l’homme de la haute finance, l’homme de la Bceao, du FMI, le filleul bien poli de la droite française. Il fallait être malvoyant pour ne pas saisir cette réalité. Lorsque Sarkosy succède à Chirac, la relation de dépendance entre Ouattara et la droite française prend l’ascenseur, elle réussit même à faire ombrage à la factice aura du Rhdp. Les médias français ont été mis à la disposition de Ouattara pour une campagne de propagande sauvage. En conclusion, la création du Rhdp signait au fond, un lien de dépendance très fort entre la France et Ouattara.

La prise du pouvoir le 11 Avril 2011

Les conditions dans lesquelles Ouattara a été installé au pouvoir ressemblent bien, à quelques différences près, à celles que l’on a pu constater avec le parachutage au pouvoir de David Dacko en Centrafrique (1979). On notera que David Dacko a atterri à la tête de la Centrafrique grâce à l’action des militaires français (opération Barracuda). En côte d’Ivoire, c’est l’action conjuguée de la coalition Onuci-Forces Licornes qui a porté Ouattara au pouvoir. La prise en otage du processus électoral par Nicolas Sarkozy agissant par le biais de ses rejetons que sont les leaders du Rhdp, a finit par imposer une guerre voulue et souhaitée par Ouattara et ses soutiens. Si Ouattara est donc au pouvoir ce n’est pas parce qu’il y est parvenu dans les règles de l’art, mais c’est bien parce que la droite française, en sa qualité de tutelle de Ouattara, a usé de tous les moyens pour remettre le pouvoir à son filleul. Dans ces conditions est-il utile de parler d’indépendance de «l’heureux élu»? C’est donc un truisme de dire que Ouattara est un homme dépendant du pouvoir français.

Ces deux exemples expliquent en partie, pourquoi une fois au pouvoir, Ouattara a fait l’effort de poser des actes qui portent atteinte à la dignité du peuple ivoirien. Quelles sont ces actes ?

Les actes constitutifs de la régression nationale

Au moment où la Côte d’Ivoire souffle ses 52 bougies, nous nous posons la question de savoir de quelle Côte d’Ivoire Ouattara parle. Visiblement, il parle de sa Côte d’Ivoire, celle qu’il a transformée de façon régressive.

La terre ivoirienne a été violée par des armes étrangères, des mercenaires étrangers, des mercenaires en cravate. Grâce à Ouattara,  une force coalisée a bombardé les symboles de l’Etat : la Présidence de la République, La Résidence du Président de la République, mettant ainsi en péril, l’indépendance nationale. Pis Ouattara a réussit avec l’appui de Nicolas Sarkozy à transférer un acteur incontournable de la scène politique ivoirienne à la Haye, dans des conditions qui s’apparentent à un enlèvement. Ouattara a réussit également à fragiliser nos institutions en se faisant aider par la fameuse communauté internationale en vue d’obliger le Conseil Constitutionnel à proclamer deux chefs d’Etats différents en trois mois. C’est une grande première dans le monde. Si cela a été possible c’est bien parce que le recomptage des voix proposé par Laurent Gbagbo a été refusé par Ouattara et ses soutiens. Or cette solution a été appliquée aux Usa, en Haïti mais en Côte d’Ivoire, elle ne peut passer car notre indépendance et notre souveraineté ont été prises en otage par les USA, l’ONU, l’UE, la France, la CEDEAO, L’UA.

En outre, sous Ouattara, la Côte d’Ivoire est devenue le pays des blocs. Deux blocs politiques (Rhdp et FPI), deux blocs géographiques (Nord et Sud), deux blocs religieux (Musulmans et chrétiens). En un mot, la Côte d’Ivoire est plus que divisée et plus le temps passe plus les positions se radicalisent. Cette radicalisation est la conséquence de l’incapacité du pouvoir à renoncer à son orgueil pour se comporter comme un arbre sous lequel tous viennent s’abriter. C’est une telle Côte d’Ivoire décousue que Ouattara présente au drapeau national le 07 Août. Une Côte d’Ivoire qui a plusieurs milliers de ses enfants en exil d’autres détenus au nord (fief de Ouattara), à la MACA, à la MAMA, et certainement en d’autres lieux tenus secrets.

Par ailleurs, Ouattara a rendu les libertés dépendantes des aspirations du pouvoir. Comme une peau de chagrin, lentement, l’on assiste au plissement des libertés de penser, d’aller et de venir, d’association etc.  L’espace politique est devenu monocolore, un seul groupe parle, un seul groupe à les médias d’Etat, un seul groupe à le droit de rire, un seul groupe à le droit de porter des vêtements à l’effigie de son leader, un seul groupe a droit à tout : le Rhdp, coalition au pouvoir.

Sous Ouattara, la justice est plus dépendante du pouvoir politique que le rapport qui existe entre un nouveau né et sa mère. Seuls les pro-Gbagbo sont derrières les barreaux et pourchassés. Le Comble du ridicule est que certains sont accusés d’avoir commis des génocides (!!!) sans que les ex chefs rebelles, connus pour être d’excellents violateurs des droits de l’homme, ne soient inquiétés. Mieux le volet sécuritaire est totalement lessivé. En effet, la sécurité des ivoiriens est confiée aux mains d’une armée tribale (dont des éléments occupent illégalement des biens privés) et des supplétifs Dozos (chasseurs traditionnels) qui ne savent manier que les fusils de chasse. Ces derniers ne se lassent pas de consumer les biens des populations ou simplement tuer certaines personnes. Nous avons encore en mémoire les tueries du camp des refugiés Nahibly, les évènements de Sanégoulifla (Sinfra). Les récentes attaques du commissariat du 17è arrondissement de Yopougon et du camp militaire d’Akouedo sont éloquents pour nous faire croire que Ouattara est incapable d’assurer la sécurité des ivoiriens.

A la date du 07 Août 2012 des autochtones de l’Ouest de la Côte d’Ivoire sont, en majorité sans terre, parce qu’expropriés par des colons burkinabés. Ceux-ci sont désormais des propriétaires terriens qui certainement après avoir annexés l’ouest, déposeront leurs intentions dans d’autres régions du pays.

.Voici quelques actes qui nous obligent à penser que la fête nationale est devenue sous Ouattara la fête de la régression nationale. Depuis deux ans notre ou la régression ? Nous penchons pour la régression nationale.

07 Août 2012

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3-2 Guehi Brence : A un mois du procès de Gbagbo la vérité éclate sur la crise ivoirienne.

Soro dans le faux devant des députés européens.

Plus le temps passe, plus la vérité éclate sur la réalité de la crise ivoirienne.

Ce qui n’est pas fait pour arranger le pouvoir. Soro envoyé en France pour rétablir l’équilibre, ne fait que servir du faux par manque d’arguments. A un mois du procès du Président laurent Gbagbo, ce n’est pas la grande sérénité au palais. Car les nouvelles qui arrivent chaque jour de la Haye ne sont pas bonnes pour le roi et sa cour.

Après la déportation du Président Gbagbo dans cette prison onusienne, le schéma mis en place pour le maintenir loin de la Côte d’Ivoire prend un coup d’arrêt. En mécanique, on dirait que la machine a pris du sable. Surtout qu’à Paris, Sarkozy le grand parrain, metteur en scène de tout ce complot contre le Président Gbagbo, n’est plus aux affaires. En France, il est assailli par les ennuis judiciaires, au point même de vouloir fuir aujourd’hui son propre pays, pour chercher asile au Canada. Ça veut tout dire… En Occident, il y a l’action des patriotes qui depuis plus d’un an, ne font que battre le pavé pour faire éclater la vérité dans la crise ivoirienne. Et ces mouvements se sont surtout accentués avec la déportation du Président Gbagbo à la Haye. les actions de soutien au Président Gbagbo étaient au départ
limitées à la diaspora africaine qui connait l’homme politique depuis plusieurs années.

Mais aujourd’hui, le phénomène Gbagbo dépasse le cadre africain. Il prend tous les jours, une ampleur mondiale. Ce qui emmène certains de ses proches à dire que «Gbagbo ne nous appartient plus». n’a-t-on pas vu des Américains demander sa libération lors de la commémoration de la date anniversaire de la mort de Martin luter King en Atlanta aux usa. En France, les socialistes qui ont été entrainés dans ce complot contre la Côte d’Ivoire par le même Sarkozy, ont fini par découvrir le faux qui a été servi dans cette crise. On les voit donc trainer les pas avant de recevoir Ouattara. Ce qui veut clairement dire qu’il est aux yeux de la gauche française, un président infréquentable. Ouattara a dû faire le pied de grue devant le palais de l’Elysée, passer des nuits blanches à passer des coups de fils qui restent toujours sans réponse, avant d’avoir un rendez- vous avec Hollande qui ne joue visiblement pas dans la même équipe que lui.

En France, il y a aussi l’action de la diaspora qui trouve grâce aux yeux de la presse hexagonale qui leur était pourtant fermé il ya juste quelques mois. C’était la belle époque du roi Sarkozy, régnant et gouvernant. Tout ce qui se fait maintenant dans les rues de Paris et même à la Haye par la diaspora africaine, est relayé par les médias et la presse française. Et comme le dit si bien Bernard Houdain, l’un des conseillers du Président Gbagbo, l’Afrique et le monde ne peuvent pas s’engager dans un combat qui est faux. le Président mobilise parce que c’est lui qui mène le juste combat. Mais bien plus que ça, dans la crise ivoirienne, c’est lui qui a raison. le reste n’est que pure manipulation. A la vérité, Ouattara est rattrapé par ses propres ombres en Côte d’Ivoire et dans le monde. Son entourage avait fait croire que le débat portant sur la question de savoir «qui a gagné les élections en Côte d’Ivoire» était clos. Mais à son grand dam, ce débat refait de plus en plus surface au fur et à mesure que la date du procès du Président Gbagbo approche. Comme le dit le ministre Amani n’guessan, «il ne peut être clos», car c’est là le noeud du problème ivoirien. la Cpi qui est aujourd’hui face à l’Histoire, se trouvera, à un moment, obligée de se demander pourquoi l’Onu a refusé le recomptage des voix que le Président Gbagbo a proposé pour éviter un bain de sang à la Côte d’Ivoire. Il va falloir dire au monde qui d’entre Ouattara et Gbagbo a préconisé la «solution militaire».

En tout cas, le pouvoir d’Abidjan vit de grands moments de troubles. Sur le terrain, la situation dramatique des droits de l’Homme n’est pas faite pour arranger les choses. A la grande joie du pouvoir, Frci et Dozos sèment, chaque jour, la terreur. S’attaquant à tous ceux qui ne chantent pas les louanges de Ouattara. une situation qui ne fait qu’irriter les diplomates en poste à Abidjan. Philip Carter 3, l’ambassadeur des usa en Côte d’Ivoire, s’en est plusieurs fois plaint à son poulain. Mais rien ne change. Et en privé, le diplomate américain ne cesse de ruminer sa colère et sa déception. Sans plus. C’est tout ce qu’il peut faire. Surtout que Ouattara le regarde désormais comme un «pro-Gbagbo», par la force des choses. Au niveau continental, après le départ de Sarkozy, Ouattara est cerné par des chefs d’Etat qui ne masquent plus leur admiration pour le Président Gbagbo. Ils sont libérés du joug Sarkozy qui menaçait tout le monde, avec des intimidations dignes de la belle époque de la mafia françafricaine. «Depuis que Sarkozy est parti, je dors bien», a lâché la semaine dernière, Alpha Condé, le Président guinéen. Des propos qui montrent à quel point Sarkozy agaçait tout le monde en Afrique. Le pouvoir ivoirien qui ne fait que multiplier les maladresses tous les jours se rend à l’évidence. Son image préfabriquée commence à s’effriter à l’échelle mondiale. Dans ce cas, que faire ? Ouattara a d’abord envoyé en mission en Europe, deux de ses collaborateurs; à savoir le jeune Touré Amadou et Joël nguessan. Objectif, polir son image esquintée dans l’opinion occidentale. Mais l’exercice est périlleux pour ses deux caïds du Rdr. Car le monde découvre, de plus en plus, le drame que vit le peuple ivoirien. les tueries à l’Ouest, les enlèvements et les tortures transformés en mode de gouvernement sont bien là pour le prouver. Et ce n’est pas Gbagbo qui en est l’auteur. Et la répression qui s’est accentuée sur les pro-Gbagbo à la veille de son procès du 13 aout prochain, n’entame pas l’ardeur des Ivoiriens déterminés à faire triompher la vérité et la justice dans cette crise. Comme on le voit, le navire Ouattara prend de l’eau de toute part. Ce qui a conduit Soro, le «commandant adjoint» à prendre le taureau par les cornes. Au point de transformer une visite privée en France en visite officielle.

A ce sujet, des proches du palais confient que Ouattara qui était censé profiter de la sortie de son filleul donnerait, en privé, des signes d’agacement. Car le «petit» n’arrive plus à contrôler sa langue. Il y a quelques jours, il a mis la Cpi très mal à l’aise en affirmant que cette institution a lancé «des mandats d’arrêts contre Blé Goudé» et plusieurs autres proches du Président Gbagbo. le lendemain, cette cour de justice onusienne a dû réagir. Mais la vérité est que ce qui pourrait être un deal entre Ouattara et la Cpi a été mis sur la place publique. Soro a-t-il coupé l’herbe sous les pieds de Ouattara? C’est possible. Vu qu’un mandat d’arrêt contre Blé Goudé équivaudrait aussi à un autre mandat d’arrêt contre lui. Car après le cas Gbagbo qui met à nu la partialité de cette institution, la Cpi ne voudrait plus paraître comme un instrument à la solde du pouvoir ivoirien. Soro sait donc que son maître n’est pas content à Abidjan. C’est pourquoi devant les parlementaires européens, le «petit» s’est essayé, le mercredi 11 juillet 2012, à une option de «rattrapage », en s’adonnant à une séance oratoire pleine de faux. Mais le mal est déjà fait. Bref, lisez plutôt Soro. «Fallait-il, comme dans une tragédie antique, payer le lourd tribut de plus de 3000 morts innocentes et gratuites, alors qu’il eût suffit que la Conseil constitutionnel fasse preuve de courage et de transparence, pour proclamer des résultats conformes au verdict populaire, un simple coup de fil du perdant au vainqueur (…) et la Côte d’Ivoire eu été sauvée », ainsi tente-t-il d’apaiser la colère de son patron. Mais quelle est cette «tragédie antique» à laquelle il fait référence ? Peut-être que ce serait trop lui demander. Toutefois, la vérité est que le monde découvre ce qui s’est passé en Côte d’Ivoire en novembre 2010.

Soro et Ouattara étaient convaincus que Youssouf Bakayoko a donné le vrai verdict au Golf hôtel, ils auraient applaudi le recomptage des voix proposé par le Président Gbagbo. Ce qui aurait évité à la Côte d’Ivoire, cette «tragédie antique » avec son «lourd tribut de 3000 morts». 3000 morts entraînées par «l’option militaire» que la force française licorne, les Casques bleus de l’Onuci et les ex-rebelles dits forces pro Ouattara puis Frci ont déclenchée dès mars 2012.
gbrence02063193@yahoo.fr

http://www.abidjandirect.net/index2.php?page=poli&id=5640 



3-3 Guillaume Soro rejette les «accusations» de la défense de M.Gbagbo

 Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction est d'accord avec l'article mais doit être vu comme information.

La plainte déposée le 25 juin à Paris contre Guillaume Soro et une dizaine d’officiers de l’ex-rébellion ivoirienne fait réagir l’ancien chef des Forces nouvelles.

Les avocats de Michel Gbagbo, le fils de l’ancien chef de l’Etat, accusent l'actuel président de l'Assemblée nationale et les chefs militaires de l'ex-rébellion d'enlèvement, séquestration, traitements inhumains et dégradants. Guillaume Soro rejette ces accusations.

C’est sur son blog que l’actuel président de l’Assemblée nationale ivoirienne répond à ceux qui l’accusent dans le dossier de l’incarcération de Michel Gbagbo, en ouvrant une polémique sur la nationalité du fils de Laurent Gbagbo, détenu à Bouna dans le nord-est de la Côte d’Ivoire depuis plus d’une année.

Michel Gbagbo avait été arrêté le 11 avril 2011 en compagnie de son père et de dizaines d’autres membres de la famille et de proches de Laurent Gbagbo. Avant même que la plainte déposée à Paris ne connaisse une suite comme la nomination d’un juge – une première plainte avait déjà été rejetée - Guillaume Soro s’est employé à dénier à Michel Gbagbo sa double nationalité.

Mais au cas où la justice française décidait d’ouvrir une enquête, suite à la plainte des avocats de Michel Gbagbo, Guillaume Soro, qui était Premier ministre et ministre de la Défense lors de la crise postélectorale conseille aux plaignants de porter plainte contre l’Etat ivoirien, la France, la Cédéao (Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest), l’Union africaine et le Conseil de sécurité de l’ONU.

Toutes ces entités ont joué un rôle, selon le patron de l’ex-rébellion, dans les frappes qui ont neutralisé les armes lourdes qui défendaient la résidence présidentielle où étaient retranchés Laurent Gbagbo et ses proches le jour de leur capture.

http://www.rfi.fr/afrique/20120628-cote-ivoire-guillaume-soro-rejette-accusations-michel-gbagbo



CPI (NANWOUL & G. Simone) : GBAGBO sera-t-il jugé selon le droit ou la politique ?

Le 11 avril 2011, les forces coalisées de France (Licorne), de l’ONU (soldats de l’ONUCI) dont l’objectif était de maintenir la paix en Côte d’Ivoire, aidées des rebelles du couple Ouattara-Soro et de mercenaires ouest-africains (en particulier burkinabè et maliens), après avoir détruit des milliers de vies humaines sur tout le territoire ivoirien et la Résidence de la Présidence de la République de Côte d’Ivoire, ont alors chassé du pouvoir le Président élu démocratiquement et installé légalement par le Conseil Constitutionnel ivoirien. Ce coup de force, (il faut bien appeler cet acte anti-démocratique comme tel) a imposé au pouvoir les rebelles, auteurs du coup d’état avorté de 2002. Il faut rappeler que la France, ses médias, ses ONG censées défendre les droits de l’Homme, pour atteindre leur objectif, ont au préalable mené une campagne démoniaque (le diable étant le père du mensonge) de dénigrement systématique de ce Président souverainiste qui a refusé, à juste raison d’ailleurs, de quitter le pouvoir ; et ce, malgré les menaces de Sarkozy, le bourreau des ivoiriens et d’Obama l’américain-africain qui s’est ainsi offert une entrée, par effraction et par la petite porte, dans l’histoire des patriotes et autonomistes africains.
 

 C’est pour avoir refusé le diktat de Sarkozy et Obama que ces Chefs d’Etat-sangsues ont commandé à leurs larbins de la CPI et de Côte d’Ivoire de jeter en prison Gbagbo, pour masquer leurs massacres de milliers de civils ivoiriens; ainsi cette coalition présente la victime Gbagbo comme étant le bourreau tout indiqué pour couvrir ses nombreux crimes.

Pour parfaire cette supercherie, les dirigeants occidentaux et leurs pions africains justifient ces manœuvres cyniques devant une cour afin de moins choquer les opinions publiques française et internationale qui ignorent presque tout de la vérité sur la rébellion, la guerre, les tueries et la dictature actuelle en Côte d’Ivoire. Dans ce procès, les juges de la CPI, dans leur logique, trouvent là le moyen de conduire « légalement » Gbagbo en prison pour casser définitivement la carrière politique de celui qui a pourtant été légalement élu Président en Novembre 2010.

Ce sont les mêmes qui, des dizaines d’années plus tard, reconnaîtront leurs forfaits et demanderont pardon comme ce fut le cas pour Lumumba assassiné par les occidentaux dès l’aube des indépendances des pays africains.

La réaction de Gbagbo à l’audience du 5 décembre 2011 où il a manifesté son désir «d’aller jusqu’au bout» et le récent report de l’audience de confirmation ou d’infirmation des charges, amènent à s’interroger sur l’effectivité du prochain jugement de ce patriote. Il faut affirmer déjà que le Président souverainiste Gbagbo ne sera pas jugé par des juges soumis au droit mais fera l’objet d’un procès politique selon les intérêts des puissances occidentales. Pourquoi?

 

La France de Chirac et de Sarkozy ainsi que le Président du RDR et ses militants ont, dès l’accession au pouvoir de cet homme, fait un usage considérable du mensonge. Pour la France et le RDR, le mensonge a été utilisé comme le plus grand moyen pour que l’armée française impose aux ivoiriens le pouvoir actuel; pour exemple, il convient d’indiquer que Gbagbo, le père de la démocratie ivoirienne a été présenté par leur propagande médiatique comme un dictateur, un criminel qui a perdu les élections mais qui refuse de céder le pouvoir. Cette tribune de la CPI va donc permettre à Gbagbo de montrer à la face du monde qu’il s’agit du procès de la vérité contre le mensonge. On saura alors qui a gagné et qui a perdu l’élection présidentielle de novembre 2010. Ainsi sera étalé au grand jour le coup d’état de la France de Sarkozy, des USA d’Obama, du Burkina Faso de Compaoré, de l’ONU et de Ouattara. Déjà Médiapart (un organe de presse non ivoirien) confirme que Gbagbo est bel et bien le vainqueur de la dernière élection présidentielle. Cette vérité continuera de se répandre auprès des décideurs occidentaux après que ceux-ci eurent arraché le pouvoir, dans la violence, pour le remettre au candidat de l’étranger.

Il faut éviter, pour ces habitués au mensonge que soient découverts leurs forfaits à la Haye ; la tribune qu’offrent ces criminels français et ivoiriens à Gbagbo sera l’occasion pour ce dernier d’étaler au grand jour leurs grossiers mensonges et d’affirmer ses idées souverainistes pour son pays. L’énoncé des actes qu’il a posés pour son pays et l’Afrique feront éclater la vérité sur ses actions démocratiques entreprises en Côte d’Ivoire. Il l’a déjà montré en Côte d’Ivoire par son budget sécurisé, en augmentant les salaires, en réalisant des investissements pendant que le pays subissait la guerre des rebelles de Ouattara, Sarkozy et consorts. Le mensonge ne peut prospérer toujours.

 

Devant cette cour, Gbagbo fera la genèse de la crise ivoirienne et l’étalage de la monstruosité des nombreux crimes des rebelles du couple Soro-Ouattara. Ce tribunal, soumis au droit de véto des quatre grandes puissances du monde, autorisera-t-il que la dénonciation des crimes des rebelles du couple infernal, de la France et de l’ONU soient retransmis en direct sur les radios et les télévisions du monde entier ? Il s’agit notamment :

-de la tentative de coup d’état de septembre 2002 muée en rébellion soutenue par la France et financée par Ouattara selon les propres déclarations des rebelles;

-des tueries de centaines de civils à la Résidence du Chef de l’Etat, sur les ponts De Gaule et Houphouët-Boigny par l’armée française;

-du génocide des wè à Duékoué (plus de 1 000 morts) perpétré par les rebelles de Ouattara, avec la complicité de soldats de l’ONUCI;

-des assassinats par balles tirées par les soldats de l’ONU, dans le dos de policiers ivoiriens; quelle lâcheté pour des soldats dits de la paix!

- des assassinats à Bouaké des gendarmes désarmés et des danseuses d’Adjanou de Sakassou;

-des crimes rituels exécutés par les rebelles avec la participation de soldats français.

La France, les USA, l’ONU, l’UE, des états et organisations qui se font passer pour des défenseurs des droits de l’Homme accepteront-ils que leurs crimes soient portés à la connaissance de leurs populations?

C’est pourquoi si procès de Gbagbo il devrait y avoir, ce ne serait pas un procès juste car il s’agira pour les puissances de ce monde, de continuer à cacher leurs nombreux crimes, d’exiger un procès à huis clos et que la parole soit donnée le moins possible à la défense et surtout au Président Gbagbo. Un procès juste dévoilerait au monde la face hideuse des dirigeants occidentaux et conduirait à la perte du pouvoir par Obama, l’associé du bourreau Sarkozy et coauteur des crimes engendrés par la guerre post-électorale. Ce Président américain, bénéficiaire hâtif et injustifié du Prix Nobel de la paix a préféré la guerre au recomptage pacifique des voix proposé par le Président Gbagbo. Le monde saura alors qui sont les vrais coupables du génocide et des crimes perpétrés pendant cette guerre en Côte d’Ivoire. 

Ce tribunal servira aussi de tremplin à Gbagbo pour dénoncer cette guerre multiforme de la France contre ce petit et riche pays d’Afrique Occidentale.

Sarkozy a mené une guerre médiatique fondée sur de grossiers mensonges itératifs, colportés et entretenus par les politiques et les médias de l’Hexagone. Si pour la France, le RDR de Ouattara et certaines puissances de ce monde, le mensonge est devenu le mode privilégié de stratégie politique, l’éthique et la morale mais aussi beaucoup d’autres hommes politiques réprouvent avec véhémence cette approche diabolique. L’échec récent de Sarkozy à la présidentielle française l’atteste éloquemment. C’est ainsi qu’Obama, une fois ses accointances avec la rébellion dévoilées (ce qui ne saurait tarder) sera rejeté par les électeurs américains majoritairement attachés à la vérité. Les efforts exercés pour travestir le père de la démocratie ivoirienne en homme sanguinaire et en dictateur par ces fossoyeurs de l’état ivoirien a certes porté des fruits hors de Côte d’Ivoire mais dans ce pays d’Eburnie les ivoiriens sont restés, malgré ces propagandes haineuses, attachés à leur Président. C’est pourquoi, ils l’ont porté légalement et majoritairement à la magistrature suprême en 2010. On comprend aisément que cette guerre médiatique a été perdue par ces adversaires hétéroclites du leader ivoirien.

C’est pourquoi, la coalition France, ONU, USA, les mercenaires de la CEDEAO et les rebelles de Ouattara ont aussi eu recours à une guerre économique pour chasser Gbagbo du pouvoir: fermeture de la Banque Centrale et des banques commerciales à capitaux majoritairement étrangers et cela, sans aucun respect des règles de droit en vigueur au sein de l’UEMOA. Ces juges de la CPI sauront apprécier l’intelligence politique de Gbagbo qui, par sa décision de nationaliser ces banques et de réquisitionner les travailleurs de ces établissements a évité à l’économie ivoirienne  de plonger dans le gouffre. Il s’agissait d’un véritable chantage pour amener le peuple ivoirien à se dresser contre le Président GBAGBO. Ce fut peine perdue pour ces véritables hors-la-loi politiques. Toutefois, cette guerre économique a créé une sécheresse financière dans bien des foyers ivoiriens occasionnant ainsi la mort de nombreux malades. Ces morts sont à imputer à la méchanceté des occidentaux qui ont imposé un embargo ….même sur les médicaments à destination de la Côte d’Ivoire.

Ce procès sera aussi l’occasion pour le Président GBAGBO de montrer à la face du monde le banditisme économique de la France et de ses pions de l’UEMOA et de la CEDEAO. Il faut noter au passage que les responsables économiques et monétaires ivoiriens ont su faire front victorieusement à cette guerre économique en réussissant à payer régulièrement les fonctionnaires ivoiriens, jusqu’en Mars 2011, contrairement aux déclarations mensongères du chef « rattrapeur » et « rapatrieur » qui dit avoir payé trois mois de salaires aux fonctionnaires et agents de l’état dès sa prise de pouvoir dans la violence.

Devant cet autre échec, il ne restait que le recours à une guerre militaire menée, hypocritement et sans la déclarer contre le peuple de Côte d’Ivoire. La France a fait preuve de couardise dans sa guerre contre ce paisible peuple en cherchant toujours à se cacher derrière l’ONU, l’UA, la CEDEAO. Cette guerre a occasionné des milliers de morts ;

GBABGO ne manquera pas de la condamner pour montrer que les vrais auteurs et coupables des crimes sont bien la France de SARKOZY, les USA d’OBAMA, la rébellion de Soro-Ouattara et l’ONU. Devant ce tableau pas du tout reluisant pour cette coalition, ces personnes vont-elles permettre un procès juste, transparent, équitable, ouvert au public qui ne peut que blanchir et grandir le Président GBAGBO ? A la vérité, ces authentiques criminels ont très peur que GBAGBO mette au grand jour leurs mensonges répétés et leurs nombreux crimes commis en Côte d’Ivoire.

 

GBAGBO ne sera donc pas jugé selon les règles de droit car ces politiciens voyous occidentaux ont peur de la réaction de leurs peuples respectifs. C’est d’ailleurs pourquoi Sarkozy a fait en sorte que l’audience de confirmation ou d’infirmation des charges soit portée au 18 juin après les élections françaises. C’est pourquoi aussi OCAMPO, le Procureur partisan, n’a remis qu’à la date limite ses accusations aux juges et aux avocats.

En vérité, le procès de GBAGBO sera celui de la Françafrique, des USA d’OBAMA, des organisations internationales (ONU, UA, UEMOA, CEDEAO, bras séculiers des puissances économiques, financières et monétaires de ce monde).

 

Le Président GBAGBO, par sa défense, pourra déclencher le printemps des peuples francophones d’Afrique trop longtemps dominés par la France. Le soutien croissant dont il bénéficie de par le monde et particulièrement en Afrique ne saurait laisser indifférent un nombre de plus en plus croissant d’Africains acquis à sa cause et qui se reconnaissent dans ce combat de l’indépendance économique et politique qu’il a enclenché. L’emprisonnement de cet homme a déjà été un stimulant de l’aura de ce patriote dans l’esprit des africains attachés à la souveraineté de ce continent. Le procès de GBAGBO amplifiera sa belle image d’autonomiste et de patriote africain et stimulera le désir d’indépendance et de démocratie des pays de son continent. C’est pourquoi beaucoup de citoyens de pays francophones d’Afrique pourraient, pendant et à l’issue de ce procès, chasser eux aussi comme ce fut le cas des pays du Maghreb leurs dictateurs du pouvoir.

C’est pourquoi, cette cour, sous la contrainte de la France et des Usa, ne donnera pas la parole à GBAGBO. Elle voudra éviter de donner la parole à Gbagbo au risque de voir des bouleversements non désirés par les occidentaux s’opérer en Afrique pour chasser leurs filleuls à la tête de certains pays africains.

Déjà, la presse se fait l’écho de la libération conditionnelle de ce patriote qui bénéficierait d’une résidence en Ouganda. Ce qui le maintiendrait éloigné de son pays, permettant ainsi à l’homme de continuer son règne tyrannique sur la Côte d’Ivoire au bénéfice des occidentaux. C’est pourquoi, le Chef de l’Etat sénégalais peut s’égosiller en déclarant que « cette liberté serai bienvenue si elle peut apporter la paix et si elle obtient l’accord préalable » du dictateur ivoirien. MakySall voudrait ainsi se substituer aux juges de la CPI, sans doute sur injonction des occidentaux, pour casser ainsi politiquement le Président Gbagbo.

De plus, connaissant la fermeté de l’homme Gbagbo dans ses convictions, aucune compromission ne sera acceptée par ce digne fils d’Afrique. On peut conclure aisément que toutes les conditions sont réunies pour que ce procès n’ait pas lieu, à moins qu’il soit purement politique, totalement dénué de sa dimension juridique, confirmant que cette CPI est un instrument d’asservissement des peuples africains. C’est pourquoi, elle s’intéresse plus à la destruction des mausolées maliens qu’à la préservation des vies ivoiriennes. Il faut dès lors craindre que la méchanceté de ces impérialistes occidentaux ne les conduise à chercher à mettre fin aux jours de cet innocent prisonnier, gênant. Seul DIEU en décidera autrement pour le bonheur des véritables démocrates du monde entier comme ce fut le cas pour un premier prisonnier célèbre Nelson Mandela.

http://www.abidjandirect.net/index2.php?page=poli&id=5629

source : NANWOULET G. Simone



16/07/2012

L’Otan : une association de criminels au service de la stratégie du chaos.

L’Otan : une association de criminels au service de la stratégie du chaos.



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'Otan et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



'Géopolitique et stratégie '

des

Guerres de l'Otan.

n° 118 - 11-07

C.De Broeder & M.Lemaire



Vous retrouverez ce journal 

a) sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site de Robert Bibeau :   http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

c) sur le site de Eva Resis      :  no-war.over-blog.com  - http://no-war.over-blog.com/

d) Sur le site : www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm 

 

 

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire.

Tiré à part :

Rick Rozoff : Conseil de Guerre de l'OTAN contre la Syrie.

L’OTAN opprime la liberté de parole.  

Syrie : l’OTAN tente un remake de Houla...

Caroline GrimberghsLa communauté internationale met-elle de l’huile sur le feu syrien ?

La Russie déboute les agents de l’OTAN en Syrie.

1 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

1-1 Ria Novosti : Russie: un projet de loi propose de considérer des ONG comme "agents de l'étranger"

2 Dossiers

2-1 Chris Sands : L'OTAN adopte la stratégie irakienne en Afghanistan.

2-2 RIA Novosti : Kosovo: un ex-général de l'Otan veut exploiter des ressources de charbon.

3 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

3-1« SES » COOPÈRE AVEC NORTHROP GRUMMAN DANS LE CADRE DU NOUVEAU SYSTÈME AÉROPORTÉ DESURVEILLANCE TERRESTRE DE L'OTAN.

4 Brèves

4-1 Le parlement européen veut une enquête sur les prisons secrètes de la CIA.

4-2 Record de ventes d'armes en 2012 pour les Etats-Unis.

4-3 Rasmussen : Kosovo: l'Otan maintient 6.000 militaires.

5 Vidéo

5-1 Michel Collon : L’Otan : une association de criminels au service de la stratégie du chaos.

5-2 Vidéo : Les entrevues de l’idiot – La Démocratie ambiguë.



Tiré à part :

Rick Rozoff : Conseil de Guerre de l'OTAN contre la Syrie.

Mardi 26 juin, à Bruxelles, le Conseil de l'Atlantique Nord - la plus haute instance de commandement du bloc militaire de l'OTAN (Organisation du traité de l'Atlantique Nord), dominé par les États-Unis - doit aborder la question de la Syrie sous l'angle des clauses de son texte fondateur qui, tout au long de la dernière décennie, a été à l'origine de déploiements préliminaires de forces armées conduisant au déclenchement de guerres totales
Ce conseil est constitué des ambassadeurs des 28 États membres, représentant une population totale de 900 millions d'habitants. Ses membres fondateurs comptent trois puissances nucléaires - les USA, la France et l'Angleterre - dont la première s'est autoproclamée unique puissance militaire mondiale.
Jusqu'à la veille de cette réunion, l'OTAN devait examiner une requête de l'un de ses membres, la Turquie, de tenir des consultations conformément aux dispositions de l'Article 4 du Traité de l'Atlantique Nord, qui autorise tout État membre à appeler l'intégralité des membres de l'Alliance à répondre à ce qu'il considère comme une attaque contre sa sécurité et son intégrité territoriale.
Le 25 juin, trois jours après que le chasseur bombardier supersonique F14 eut été abattu au-dessus des eaux territoriales syriennes, la Turquie annonça qu'elle demanderait que l'alliance militaire en réfère à l'Article 5, lequel stipule que « toute attaque armée contre un ou plusieurs États membres en Europe ou en Amérique du Nord doit être considérée comme une attaque contre tous », les alliés de l'OTAN étant alors tenus de « porter assistance à la, ou aux parties ainsi attaquées, en engageant sur le champ, individuellement et en concertation avec les autres parties, toute action jugée nécessaire, y compris le recours à la force armée... »
L'Article 5 avait été invoqué en octobre 2001, pour la première et unique fois en date, et fonde toujours, depuis une dizaine d'années, le déploiement en Afghanistan de troupes des 28 États membres et de leurs 22 partenaires.
L'Article 4 fut invoqué pour la première fois le 16 février 2003, à nouveau par le Conseil de l'Atlantique Nord et à nouveau au sujet de la Turquie, à la veille de l'invasion anglo-américaine de l'Irak. Cela entraîna le déclenchement de l'Opération « Display Deterrence » [déploiement d'une force de dissuasion], et le déploiement en Turquie de cinq batteries de missiles d'interception 'Patriots' - trois allemandes et deux américaines - ainsi que de quatre appareils de surveillance aérienne AWACS [Airborne Warning and Control Systems : Systèmes aéroportés de Contrôle et d'Alerte], en conjonction avec le Système de Défense Aérienne Élargi Intégré de l'OTAN.
L'OTAN déploya, selon ses propres termes, « 1 000 techniciens spécialisés et extrêmement compétents » pour conduire l'Opération.
Les premiers avions AWACS arrivèrent le 26 février, et trois semaines plus tard l'invasion et le bombardement de l'Irak étaient lancés. Bien qu'il n'y ait eu à l'époque en Irak que 25 millions d'habitants, contre 70 en Turquie, et bien que l'armée turque ait été la plus formidablement équipée de la région - tandis que l'Irak sortait affaibli de huit années de guerre contre l'Iran dans les années 1980, de la campagne de bombardements des États Unis et de leurs alliés en 1991 et depuis, et de douze années de sanctions écrasantes, l'OTAN ne tarissait pas d'éloges sur l'Opération Display Deterrence, qui venait de « tester et prouver la capacité des forces de l'OTAN à répondre immédiatement et avec la force offensive appropriée, à une menace évoluant rapidement contre l'un des membre de l'Alliance ».
Dans quelle mesure un Irak aussi mortellement affaibli avait réellement pu représenter pour la Turquie « une menace évoluant rapidement », cela ne fut jamais précisé.
Les AWACS sortirent sur une centaine de missions et les batteries de Patriots allemandes furent notamment équipées de missiles Patriot Advanced Capability-2, « un missile plus moderne fourni par l'Allemagne » expliqua l'OTAN.
L'Opération prit fin le 3 mai, soit 65 jours après son déclenchement et 45 jours après le début de l'invasion de l'Irak. Pour donner une idée de ce que l'OTAN pourra déclarer à l'issue de cette réunion au sommet, l'Ambassadeur turc de l'époque, auprès de l'OTAN, déclara après avoir invoqué l'Article 4 : « Encore une fois, je tiens à témoigner de la sincère gratitude du peuple et du gouvernement turcs envers la solidarité dont l'Alliance a su faire preuve en renforçant la défense de mon pays en réponse à la dernière crise en Irak. Nous sommes convaincus que, à travers un déploiement d'une force de dissuasion aussi active et collective, l'OTAN a non seulement tendu la main et offert une aide infiniment appréciable à l'un de ses membres en grande difficulté, mais il a aussi prouvé une fois de plus sa crédibilité et sa pertinence, en tant que pierre de touche de la sécurité collective dans la zone Euro-Atlantique ».
La Turquie était alors, tout comme aujourd'hui, présentée comme la victime - « en grande difficulté » qui plus est - tandis que l'Irak, en état de siège et sur le point d'être anéanti, était considéré comme l'agresseur.
La population syrienne se trouve à l'heure actuelle dans la même position que l'Irak à l'époque, sauf que la Turquie est cette fois une nation quasiment trois fois plus grande. La Syrie est isolée et ses forces militaires sont dérisoires par rapport à celles de son voisin turc. Ce dernier peut en outre compter sur le soutien de 27 alliés, au nombre desquels la plupart des plus grandes puissances militaires du monde. Les États-Unis disposent déjà d'environ 90 bombes nucléaires tactiques B61 stationnées sur la base aérienne d'Incirlik, à 35 miles des côtes méditerranéennes de Turquie.
C'est en outre au moins la seconde fois depuis avril dernier que le Premier Ministre turc RecepTayyipErdogan demande l'activation de la clause d'assistance militaire mutuelle de l'article 5 - qui implique le déclenchement d'une guerre. La première ayant eu lieu plus de deux mois avant la destruction du chasseur bombardier turc survenue la semaine dernière.
Le 25 juin, le vice Premier ministre turc Bulent Arinc avait annoncé que sa nation « avait déposé auprès de l'OTAN toutes les demandes requises concernant l'Article 4 et l'Article 5 ».
Selon l'agence de presse AssociatedPress, il aurait ajouté : « Il est important de comprendre que, dans le cadre légal, nous userons bien évidemment jusqu'à la fin, de tous les droits que nous garantit le droit international. Cela inclut notamment l'auto-défense. Cela inclut aussi toutes les formes possibles de représailles. Cela inclut toutes les sanctions applicables à l'État agresseur en vertu du droit international. La Turquie ne négligera absolument rien en la matière... ».
Les États-Unis et l'OTAN avaient impérativement besoin d'un prétexte pour attaquer la Syrie, et la Turquie, seul membre de l'OTAN frontalier de la Syrie, a toujours été le prétexte idéal auquel recourir pour attaquer une nation arabe.
L'incident de vendredi dernier et la réunion de l'Otan qui y a fait suite, marquent le début du quatrième acte d'une tragédie que le reste du monde n'a que trop peu de temps pour empêcher.
Traduit de l'anglais par Dominique Arias.
Auteur de nombreux articles très documentés sur les activités militaires des Grandes Puissances occidentales à travers le monde, Rick Rozoff est chercheur et activiste, créateur de l'organisation Stop NATO.
Stop NATO : site et articles : http://rickrozoff.wordpress.com

Rick Rozoff 

29 juin 2012
Source originale : Global Research
Source : Investig'Action


L’OTAN opprime la liberté de parole.  

Les Pays de l'OTAN sont en train de mener une véritable guerre d’information contre la Syrie, en essayant parfois même d’éliminer les journalistes syriens, est persuadé le journaliste français Thierry Meyssan, fondateur du site Réseau Voltaire.

Il a accordé récemment une interview à La Voix de la Russie à ce sujet.
« Les Etats-Unis et l’OTAN procèdent à l’élimination systématique des médias qui ne sont pas désirables pour eux. Ils sont les ennemis invétérés de la liberté d'expression. C’était déjà le cas en Yougoslavie, en Afghanistan, en Irak et en Libye.
Au cours de ces derniers mois, la CIA américaine a créé plusieurs chaînes de télévision pour remplacer avec leur signal les émissions de la télévision syrienne. Des images fictives, filmées spécialement sur des plateaux de tournage ont été montées pour démoraliser complètement la population locale. Cette « escroquerie » médiatique a été découverte, et les informations sur ce fait ont été publiées sur des centaines de ressources Internet et d’autres médias. Résultat, le fournisseur des communications par satellite « Milsat» a refusé de couper le signal des chaînes syriennes, et la Ligue des États arabes était obligée d'abandonner ses projets de collaboration avec l'opérateur satellite « Arabsat ». Dans le même temps, le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a inscrit à l'ordre du jour du groupe de contact la question sur l’abandon de la guerre d’information par les différentes parties du conflit.
L'OTAN a décidé de se venger. Des forces spéciales d’intervention ont été envoyées vers la station de télévision syrienne, située à quelques kilomètres de Damas. Seulement quatre gardes assuraient la sécurité de ce site. Equipés de dispositifs de vision de nuit, les militaires des forces spéciales ont pénetré dans le bâtiment, tué les gardes, ainsi que trois animateurs du service d’information, qui se trouvaient sur place. Après cela, les bâtiments ont été dynamités. Cela fait 20 ans que l'OTAN et les États-Unis font appel à ce genre de tactique. Et ce sont ces mêmes responsables qui se présentent en défenseurs de la liberté d'expression. Le monde à l'envers ! Les journalistes ne peuvent plus faire leur travail ! Si le pays ne dispose pas de moyens adéquats d'auto-défense, chacun de nous sera en danger ».
72 journalistes ont été tués dans le monde au cours des six premiers mois de cette année. Ces chiffres sont cités dans le rapport de l’ONG PressEmblemCampaign, basée à Genève. Le nombre de journalistes tués a augmenté d’un tiers par rapport à l’année dernière. La Syrie occupe la première place dans ce classement lugubre. 20 journalistes ont été tués dans ce pays depuis le début de 2012.

04/07/2012  

 http://french.ruvr.ru/2012_07_04/media-journalistes-Syrie-Etats-Unis/ 


Syrie : l’OTAN tente un remake de Houla...

Comme pour Houla, les dirigeants occidentaux, rejoints par Ban Ki-moon et Kofi Annan, dénoncent bruyamment le « massacre » d’al-Treimseh survenu le 12 juillet : citons Catherine Ashton, chef de la diplomatie européenne , qui parle de « violation flagrante« du plan Annan,, Hillary Clinton qui évoque une « vision de cauchemar » ou encore François Hollande qui a exhorté Russie et Chine à ne plus s’opposer à des sanctions contre la Syrie.

On passe les délires du CNS, selon qui le régime a commis le « plus infâme des génocides » commis par le régime et on note la réaction de Kofi Annan pour qui Damas, en utilisant des armes lourdes à al-Treimseh, a « bafoué » les résolutions de l’ONU.

Maquillage d’une défaite ASL en crime de guerre occidental

Or, et c’est là que l’on touche à une certaine folie internationale – ou plutôt qu’on persévère dans le mensonge et la manipulation – ce qui s’est passé à Treimseh, c’est d’abord un affrontement d’ampleur entre l’armée syrienne et l’ASL. Affrontement, selon un témoin de l’opposition cité hier par plusieurs sources dont l’AFP, provoqué par une attaque des rebelles contre une colonne de l’armée. Affrontement qui s’est soldé, de l’aveu même de l’OSDH et de diverses sources opposantes, par un désastre pour l’ASL, qui a laissé des dizaines de tués – une centaine ? – dans l’affaire.

Aujourd’hui, l’OSDH transforme en catastrophe ces combattants armés en civils, parle de dizaines de personnes « sommairement exécutées« , sans préciser d’ailleurs s’il s’agit de combattants ASL ou de vrais civils. L’officine de R.A. Rahmane, qui excelle à transformer les activistes morts les armes à la main en civils victimes de la répression, parle par ailleurs de 17 personnes, dont des femmes et des enfants, tuées alors qu’elles tentaient de fuir le village. Hier, le témoin cité par Le Point estimait à sept le nombre de civils morts à al-Treimseh, tandis qu’un autre cité par Sana estimait que les terroristes avaient tué au moins 50 habitants.

Bref on est dans une double confusion, sans doute volontaire :

-on (les Occidentaux et même l’ONU) fait comme si les activistes armés de l’ASL étaient d’innocentes victimes de la barbarie du régime. Et sans doute, une Hillary Clinton n’apprécie pas que « son » ASL soit taillée en pièces, à Treimseh comme en d’autres points du territoire syrien.

-on met, comme à Houla, les vraies victimes civiles, dont le nombre est pour le moins imprécis, au compte des militaires syriens, voire des inévitables chabihas puisque l’OSDH évoque à présent des blessures « à l’arme blanche » sur le corps de certaines victimes.

L’AFP dans une dépêche de minuit rappelle tout de même que l’OSDH a d’abord reconnu que sur les 150 victimes supposées des incidents d’al-Treimseh, figurent « des dizaines de combattants rebelles » ; donne la version gouvernementale – un combat victorieux contre les « terroristes » ; rappelle le témoignage d’un militant de l’opposition qui corrobore la version gouvernementale en disant qu’une colonne de l’armée a riposté à une attaque des rebelles ; et indique encore que les vidéos circulant sur l tuerie d’al-Treimseh ne montrent que des cadavres d’hommes.

On voit que tout ça n’empêche pas les habituels soutiens internationaux de l’ASL d’essayer de relancer la machine à indignation et à sanctions, sur le « modèle éprouvé » de Houla.

À ce stade on se tourne vers les Russes, une fois de plus sommés par leurs adversaires géostratégiques d’infléchir leur position au Conseil de sécurité. Eh bien les Russes ont eux aussi condamné un « crime sanglant« , mais qu’ils imputent « à des forces qui cherchent à semer les graines de la haine interconfessionnelle« , ce qui revient très clairement à accuser l’ASL et le groupes de la responsabilité des violences à al-Treimseh. Le Conseil de sécurité étant réuni depuis jeudi pour discuter de deux projets de résolution contradictoires, cela promet des débats houleux entre les deux camps, mais aussi un nouveau véto sino-russe au texte occidental.

Mais, sur le fond de l’affaire, on est comme malgré soi effaré par la mauvaise foi – pourtant « structurelle » – des Occidentaux, prêts à travestir les agresseurs de l’ASL en femmes et en enfants massacrés par l’armée. Il n’y a décidément rien de juste et de vrai à attendre de ces fauteurs de guerre – civile ou internationale – et le gouvernement et l’armée syriens auraient bien tort d’arrêter leur nettoyage des bandes téléguidées par Washington, Londres et Doha.

 14 juillet

 

http://www.medialibre.eu/monde/syrie-lotan-tente-un-remake-de-houla/12270


 

Caroline GrimberghsLa communauté internationale met-elle de l’huile sur le feu syrien ?

Le CNAPD met en garde contre l’attitude de la communauté internationale vis-à-vis du conflit syrien.

La communauté internationale met-elle de l’huile sur le feu syrien ? C’est le postulat de la CNAPD (Coordination Nationale d’Action pour la Paix et la Démocratie, coordination pluraliste d’organisations de jeunesse et de mouvements d’éducation permanente). "Si le conflit syrien s’enlise, c’est aussi parce qu’elle est amplifiée et exacerbée par la communauté internationale" estime la CNAPD dans un communiqué publié ce mardi. "Il soutiennent tel groupe face à tel autre plutôt que de soutenir avant tout l’instauration d’un cessez-le-feu".

Créé en 1970, en pleine période de guerre froide, la CNAPD, qui a toujours eu pour objectif de sensibiliser l’opinion publique et mobiliser contre la guerre, reste attachée au multilatéralisme dans les relations internationales. Dans leur communiqué, ils accusent la communauté internationale de ‘discours véhéments’, là où d’autres estiment l’attitude de la communauté internationale pour le moins timorée au vu des 15.000 morts en 18 mois.

Fraîchement élu président du CNAPD, Carlos Crespo a répondu aux questions de LaLibre.be et justifie leur appel à une solution négociée.

Ne pensez-vous pas qu’un conflit qui a déjà fait plus de 15.000 victimes a besoin d’être placé sous le feu des projecteurs pour ne pas devenir un combat silencieux et invisible en Occident ?

Il est évident que la CNAPD est sensible aux pertes humaines et que nous louons de nos vœux une solution à la spirale de violence à l’œuvre en Syrie mais l’approche tendancieuse que nous critiquons est l’absence de médiatisation d’autres conflits tout autant si pas plus meurtriers. Dans l’est du Congo, au Mali, il y a moins d’intérêts occidentaux donc on en parle moins. Un mort est un mort de trop donc pas de comptabilité macabre mais une volonté d’attirer l’attention sur cet aspect des choses.

Si on veut sortir de ce conflit, il faut avant tout que la communauté internationale parvienne à parler d’une seule voix. L’Occident doit jouer de ses bonnes relations économiques avec la Russie et la Chine pour les obliger à se mettre autour de la table et trouver une solution politique à ce conflit. En encourageant les soldats à la désertion, certains responsables européens légitiment un potentiel recours à une intervention militaire que la CNAPD ne soutient pas. Et cette position n’enlève rien au fait que nous soyons choqué, comme tout le monde, par le sang qui ne cesse de couler en Syrie. Ce que l’on veut éviter, c’est l’enlisement dans une guerre civile et la solution politique nous parait la meilleure voie pour cela.

Dans votre communiqué, vous dites : « Les déclarations de l’OTAN sont autant de menaces aux normes internationales, à la paix et la sécurité». Le scénario de sortie de crise proposé à Genève ne va pas très loin dans ses recommandations. Or, vous avez l’air d’estimer que c’est déjà une prise de position trop importante…

Par le passé, certaines actions de l’OTAN ont été de véritables menaces pour la paix et provoqués de nombreux morts civils. Je pense à la Libye ou à la Yougoslavie. L’OTAN a une responsabilité dans des conflits qui ont causé des pertes humaines et il ne faut pas perdre cela de vue. Quand on pense à l’Afghanistan ou à l’Irak, pays dans lequel la communauté internationale a opté pour une intervention militaire, on ne peut pas dire que ce sont aujourd’hui des exemples de stabilité et de dialogue interethnique apaisé. La Syrie est un pays complexe d’un point de vue ethnique et religieux et les relations entre les communautés pourraient être mises à mal par une intervention militaire. Certaines minorités, notamment chrétienne et alaouite (musulmans chiites), pourraient être en danger. Ce que l’on veut mettre en exergue c’est que le remède pourrait être pire que la maladie, à l’image des précédents afghans et irakiens. Ce n’est pas ici de la politique fiction. Même si le régime tombe, on peut être parti pour 15 ans de conflits. Ce scénario est un scénario catastrophe mais il est probable. Sauf si les protagonistes parviennent à une solution négociée.

Croyez-vous encore à la possibilité d’une solution politique à ce conflit ? Encourager le dialogue, que vous estimez ‘courageux, difficile mais nécessaire ‘ dans votre communiqué, n’est-ce pas de l’angélisme excessif ?

C’est la seule solution pour éviter un scénario à l’afghane et s’enfoncer dans une guerre civile. Une fois qu’on est dans une situation de guerre civile, il y a deux possibilités : soit on éradique un camp soit on aboutit à un cessez-le-feu. C’est cette dernière option que nous préconisions même s’il on sait que cela ne sera pas facile. Un règlement multipolaire est aujourd’hui impossible essentiellement en raison des intérêts économiques et politiques divergents des forces en présence. Même si Assad est, à juste titre, honni en Occident, et la répression imposée à son peuple, féroce, il faut aussi garder à l’esprit que les opposants ne sont pas des enfants de chœur. La solution politique ne sera pas la plus facile à obtenir mais certainement la plus économe en termes de vies humaines. On a des moyens de pressions sur les belligérants et nous devons les utiliser pour les obliger à négocier le cessez-le-feu.

Vous reprochez aux mandataires belges (et nommément à Mr Reynders) de mettre des pré-conditions.

Didier Reynders ne joue pas un rôle apaisant dans ce dossier. Il fait des déclarations matamoresques, il parade aux réunions des ‘Amis de la Syrie'. Or, les conséquences indirectes de ce conflit sont potentiellement gigantesques. Une intervention militaire pourrait avoir des effets dramatiques sur la crédibilité de l’Occident aux yeux des opinions publiques arabes pour lesquels notre image est déjà désastreuse. Le corollaire de cela, c’est que cela pourrait renforcer la légitimité d’Assad et être, finalement, contre-productif. Une déstabilisation plus large de la région est également toujours possible, à l’image de la situation actuelle au Mali, en partie due au retour de combattants de la garde rapprochée du clan Kadhafi qui a provoqué une accélération de la spirale de violence.

 Un papier assez remarquable par son originalité : débat portant sur l¹opportunité d¹une intervention en Syrie

Caroline Grimberghs

Mis en ligne le 04/07/2012

http://www.lalibre.be/actu/international/article/747944/la-communaute-internationale-met-elle-de-l-huile-sur-le-feu-syrien.html

 


La Russie déboute les agents de l’OTAN en Syrie.

C’est encore un signe, après tout, que le pôle magnétique de la diplomatie internationale s’est vraiment déplacé vers l’Est : une délégation du CNS a fait ce mercredi 11 juillet le déplacement de Moscou, avec son nouveau président Abdel Basset Sayda.

Lequel a tenté de convaincre le redoutable chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, qu’une « révolution » était en cours en Syrie. Et, sans doute pour impressionner ou émouvoir son interlocuteur, Sayda a fait un parallèle entre cette « révolution » syrienne aux événements ayant entraîné la disparition de l »URSS en 1991.Pas qûre que la comparaison soit heureuse : quoiqu’il pense du bilan soviétique et de l’idéologie marxiste-léniniste, Lavrov – comme Poutine – est bien conscient que cet effondrement historique a entraîné pour une bonne dizaine d’années un recul géopolitique, social et moral pour l’essentiel du peuple russe et pour la Russie en tant que grande nation, toute l’oeuvre d’un Poutine consistant justement à faire remonter à son pays la pente vertigineuse des années Eltsine,soigneusement mises à profit par les Américains et l »OTAN. Vingt ans plus tard, Poutine est président, il a restauré la puissance russe et a réinstallé son pays au coeur du jeu international.

Le Titanic CNS conte l’iceberg Lavrov

Et c’est précisément sur le dossier syrien que les dirigeants russes ont enregistré, ces tous derniers mois, un nouveau « pic » d’influence internationale. Pour en revenir au CNS et à son président, Lavrov leur a poliment dit qu’il se réjouissait de leur visite, avant de leur poser la question à mille roubles : « Nous aimerions comprendre s’il y a de réelles perspectives d’union de tous les groupes d’opposition sur la base d’un dialogue avec le gouvernement, comme le prévoit le plan de Kofi Annan approuvé par le Conseil de sécurité ».

On peut dire que chaque segment de cette longue question était destiné à embarrasser la délégation du CNS : sur l’union de l’opposition, Lavrov sait très bien que dans le champ somme toute réduit de l’opposition radicale syrienne, le CNS est contesté par l’ASL, le CCCND de HaythamManaa, les Comités locaux de coordination, le Forum démocratique de Michel Kilo, plus deux ou trois autres groupes, sans oublier son ex-président démissionnaire Burhan Ghalioun ! Et le ministre russe n’a pas oublié que le congrès de l’opposition organisé voici peu au Caire par la Ligue arabe a tourné à la foire d’empoigne, et pas seulement métaphoriquement.

Et puis sur le reste, Lavrov rappelle « malicieusement » à ses invités d’un jour qu’il sont tenus de se conformer au plan Annan, approuvé par le Conseil de sécurité, et affiné le 30 juin dernier à la réunion de Genève du Groupe d’action sur la Syrie. Lequel plan oblige les parties prenantes de la crise syrienne à s’asseoir à une table commune de négociations pour jeter les bases du fameux « gouvernement de transition ».Or le CNS ne veut pas entendre parler de négociation avec le gouvernement de Bachar, dont il continue à demander le départ comme préalable, alors que l’accord de Genève a écarté,, sous pression sino-russe, cette éventualité.

Voilà pourquoi Abdel Basset Sayda a parlé à Lavrov de « révolution » irrésistible en cours en Syrie, essayant peut-être de recycler le concept marxiste de « sens de l’Histoire« . Sans succès. À l’issue de la rencontre, M. Sayda s’est fendu d’un franc constat d’échec : « Je confirme au nom de toute l’opposition populaire syrienne (abus de langage manifeste, NdlR) qu’il ne peut pas être question d’un dialogue, tant qu’Assad ne sera pas parti ». Et Sayda d’en arriver à cette précision : « La Russie est d’un autre avis ». En effet, e l’on se demande ce qu’espéraient en arrivant à Moscou Sayda et ses comparses.

Et un bonheur n’arrivant jamais seul, un responsable de la coopération militaire russe annonçait, ce même mercredi, que la Russie allait poursuivre ses livraisons d’armes à la Syrie, et notamment des systèmes de DCA.

Il se confirme que le camp syrien et pro-syrien a gagné en assurance, quand les Occidentaux n’ont gagné qu’en arrogance. Quant au CNS, il a visiblement mangé son pain blanc, jusqu’à l’ultime miette….

12 juillet

http://www.medialibre.eu/monde/la-russie-deboute-les-agents-de-lotan-en-syrie/12164



1 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

1-1 Ria Novosti : Russie: un projet de loi propose de considérer des ONG comme "agents de l'étranger"

Un millier d'ONG russes, dont celles de contrôle électoral Golos, de lutte contre la corruption Transparency International, et les deux tiers des ONG écologistes seront considérées comme des "agents de l'étranger", selon un nouveau projet de loi, a annoncé lundi l'agence Ria Novosti.
En Russie "nous comptons près d'un millier d'organisations non-gouvernementales qui correspondent
à ces deux critères : elles ont une activité politique et un financement étranger", a indiqué une source à la présidence russe, citée par l'agence publique.
La Douma (chambre basse du Parlement) doit examiner vendredi en première lecture un projet de loi qui prévoit de considérer comme "agents de l'étranger" les ONG bénéficiant de financement étranger et ayant une activité politique, a indiqué lundi à l'AFP son initiateur, le député pro-pouvoir Alexandre Sidiakine.
Parmi ces ONG figureront notamment l'association de lutte contre la fraude électorale Golos, l'antenne russe de Transparency International, et "70% des ONG écologistes en Russie", a estimé le responsable.
Golos a été le fer de lance dans la dénonciation de fraudes massives aux législatives de décembre dernier, qui ont déclenché la mobilisation de l'opposition russe ces derniers mois.
Transparency International dénonce année après année une corruption endémique en Russie.
Les associations écologistes accusent de leur côté les autorités russe de cautionner des catastrophes environnementales, comme Greenpeace qui en septembre dernier a déclaré Vladimir Poutine "pire ennemi du lac Baïkal", à l'issue d'une consultation sur l'internet.
"Si une organisation s'occupe de corruption ou de campagnes électorales, il est évident que c'est de la politique, et que cette ONG devra se faire enregistrer comme le prévoit" la nouvelle loi sur les "agents étrangers", a indiqué le responsable.
Quant aux associations écologistes, "30% d'entre elles travaillent sur l'élevage de lapins ou la protection d'animaux rares, mais 70% font simplement de la politique", a estimé le responsable.

 02/07/2012

 http://www.elwatan.com/depeches/russie-un-projet-de-loi-propose-de-considerer-des-ong-comme-agents-de-l-etranger-02-07-2012-176960_167.php


1-2 Medialibre : La Russie ligote les ONG au service de l’OTAN.

Le Parlement russe a adopté, hier, une loi, qui qualifie des ONG «d’agents de l’étranger».

Ce ne sont pas toutes les ONG qui sont visées par cette loi. Il s’agit de celles qui ont «une activité politique» et celles qui bénéficient d’un «financement étranger». Pour autant, la loi ne les interdit pas sur le sol russe mais les soumet à un enregistrement séparé des autres associations. Dans leurs activités, elles devront afficher publiquement leur spécificité «d’agents de l’étranger».

Il va de soi également qu’elles seront soumises à un étroit et régulier contrôle financier. Alors que les députés russes l’ont adoptée à l’unanimité moins quatre voix et une abstention, les Etats-Unis, l’Union européenne et, bien entendu, les principales ONG dans le monde comme « Amnesty International », « Greenpeace », « HumanRights Watch », etc., se sont carrément élevés contre ce qui, à leurs yeux, est «une atteinte» aux droits de l’homme. Pour bien faire la différence, le gouvernement russe avait pris le soin, en mai dernier, de débloquer pour l’année 2012, pas moins d’un milliard de roubles (près de 26 millions d’euros), aux associations russes (dont la liste a été annexée au décret) réalisant des projets sociaux. C’est-à-dire celles qui n’œuvrent que dans l’intérêt des Russes et de la Russie. D’ailleurs, la loi des ONG «agents de l’étranger» a été soutenue par tous les partis de la majorité et de l’opposition siégeant à la Douma.

Ce qui a permis l’adoption à l’unanimité. Décidément, Poutine double d’ingéniosité. Après avoir scrupuleusement respecté l’exigence de l’alternance pour revenir, en toute légalité, au pouvoir, voilà qu’il utilise «l’idéologie» de la transparence contre les «filiales» d’ONG internationales dans son pays. En les obligeant, seulement, à afficher leur allégeance à des lobbys étrangers. Pour ne plus leur permettre d’avancer masquées de «valeurs» universelles et tromper les citoyens russes. L’événement dépasse les frontières russes dans la mesure où tous les peuples sont confrontés à l’activisme de ces ONG «agents de l’étranger».

14 juillet

http://www.medialibre.eu/france/la-russie-ligote-les-ong-au-service-de-lotan/12276



2 Dossiers

2-1 Chris Sands : L'OTAN adopte la stratégie irakienne en Afghanistan.

Alors que les troupes internationales s'apprêtent à partir d'Afghanistan, l'OTAN cherche une porte de sortie. David Petraeus, chef de la CIA voudrait calquer le modèle du Conseil de l'Eveil irakien sur la situation afghane.

Une solution qui ne fait pas l'unanimité. 

Un destin surprenant

Abdul JabarFarhad n’était qu’un ancien commandant moudjahid, vivant dans ses souvenirs de gloires passées dans la campagne afghane. Il est désormais à la tête d’un projet controversé, qui pourrait devenir la stratégie de sortie de l’OTAN dans le pays.

Son groupe de 150 hommes fait partie du programme national de la police locale, financé par les États-Unis, qui fournit les armes et paie les forces du village pour défendre les zones rurales attaquées par les taliban.

Un schéma qui fait inévitablement penser au Conseil d’Eveil irakien, sponsorisé par les Etats-Unis, où des groupes tribaux se mobilisaient contre Al-Qaïda. Ici, en revanche, peu de personnes sont convaincues que cela fonctionne.

De mauvais souvenirs

Entre les accusations de violences et la criminalité, le sentiment de nombreux Afghans est mitigé. Ils pensent que ces milices pourront agir librement et causer le même genre de chaos que les Soviétiques ont laissé en 1989.

Abdul Farhad était un insurgé à l’époque, combattant contre les Russes dans les montagnes et les champs près de Kaboul.

Il dirigeait une division de combattants lors de la guerre civile, et s’était ensuite opposé au régime taliban. Après avoir lutté contre l’occupation américaine, qui avait saisi son district natal de Nijrab, dans la province de Kapisa, une entreprise de construction l’a contacté pour protéger une route contre les attaques de la guérilla. Il avait accepté et continue aujourd’hui d’avoir l’appui des résidents.

Une « police locale » efficace

« Les gens nous ont encouragé à tenir tête aux taliban », dit-il. « C’est pourquoi nous nous sommes soulevés, Dieu nous a aidé, cela a marché et nous les avons expulsé d’ici ».

L’année dernière, Abdul Farhad et ses hommes ont rejoint la police locale. Selon lui, ils ont reçu quinze jours de formation dans une base française de l’OTAN, et sont payés environ 200 dollars par mois.

« Les taliban se battent très farouchement », explique-t-il. « Ils sont très puissants par rapport au gouvernement ».

Comme le Conseil de l’éveil irakien, la création d’une milice afghane était l’idée de David Petraeus, anciennement à la tête des troupes de l’OTAN, et désormais directeur de la CIA.

Lancé en 2010, il faisait partie intégrante d’une stratégie qui mettait en avant la contre-insurrection, en utilisant des troupes locales, afin de fédérer les espritsDavid Petraeus a décrit cette nouvelle « police » comme un « ajout important sur la campagne militaire en général » qui s’explique comme « une communauté de défense, armée de AK 47 ».

L’objectif : une milice gigantesque

Le but final serait d’avoir trente mille membres actifs, qui finiront par être désarmés ou absorbés dans les forces de sécurité classiques (si les conditions le permettent). Mais on distingue des signaux clairs qui indiquent que le programme a commencé à prendre forme, même s'il existe une véritable méfiance face aux milices qui existaient au préalable.

Abdul Farhad à lui-même parlé avec un commandant de police de Nijrab, qui a également combattu des factions rivales dans le passé. Il prédit l’apparition d’une guerre civile afghane dans un futur proche. Il a expliqué qu’il n’était armé que de simples kalachnikovs, même si un politicien de Kapisa a affirmé leur avoir fourni des mitrailleuses lourdes et des lance-grenades.

Des unités difficiles à contrôler

Noor Mohammed KafeelNoori, un membre du Sénat Afgan, a expliqué avoir fourni de l’armement à Abdul Farhad. « Un choix entre le mauvais et le pire », a-t-il déclaré, en justifiant que cela était toujours mieux que les taliban.

Dans d’autres zones du pays, la police a été accusée d’abus de pouvoir, et de menaces envers les villageois. Les hommes d’une unité de la province septentrionale de Kundunz ont récemment été arrêtés pour l’enlèvement et le viol présumés d’une jeune fille. Ailleurs, les accusations de criminalité sont monnaie courante.

Des souvenirs que les Afghans aimeraient oublier

Tout cela rappelle aux Afghans des souvenirs qu’ils aimeraient oublier. Dans les années 1980, des milices pro régime avaient été mis en place pour réprimer l’insurrection des moudjahidines, mais nombre d’entre eux avait changé de camp, et participé ensuite à la chute du gouvernement de Kaboul.

De 1992 à 1996, le pays a ensuite été divisé en une série de fiefs concurrents et des dizaines de milliers de civils ont été tués. Jurant d’imposer la loi et l’ordre, le mouvement taliban a émergé comme une conséquence directe de ce chaos.

Un rapport de Human Right Watch, publié l’an dernier, explique que ce programme de « police locale » représentait « une stratégie à haut risque pour atteindre des objectifs à court terme ».

Un avenir incertain

Le président Hamid Karzai a d’ailleurs émis une forte inquiétude à ce sujet, mais s’est ravisé sous la pression de David Petraeus et des Etats-Unis. Beaucoup de gens là-bas pensent que c’est une erreur, qu’il regrettera un jour.

ShahnawazTanai était ministre de la Défense dans l’administration pro-soviétique communiste. Il craint une escalade dans le conflit si les troupes étrangères quittent le pays comme prévu, à la fin de l’année 2014.

« Avec un gouvernement impuissant, les milices vont unir leurs forces avec les seigneurs de guerre et les politiciens du nord, et combattre contre les taliban pour le contrôle du sud du pays », a-t-il prédit. « Vos dix années d’efforts n’auront servi à rien », conclut-il.

Chris Sands –

13/07/2012

Global Post/ Adaptation Henri Lahera pour JOL Press

http://www.jolpress.com/article/otan-adopte-la-strategie-irakienne-en-afghanistan-programme-national-de-la-police-locale-hamid-karzai-811993.html


2-2 RIA Novosti : Kosovo: un ex-général de l'Otan veut exploiter des ressources de charbon.

L'ex-général américain Wesley Clark, qui était à la tête de la campagne militaire de l'Otan ayant évincé au printemps 1999 les forces serbes du Kosovo, pourrait y investir jusqu'à 5,6 milliards de dollars, rapporte mardi la chaîne de télévision serbe B92 en référence à des médias kosovars.
Selon B92, le général a demandé aux autorités du Kosovo une licence en vue d'exploiter des ressources de charbon pour le compte d'une société canadienne qu'il dirige. Cette compagnie, Envidity, compte produire du carburant synthétique à partir du charbon.

Elle s'engage notamment à se servir de technologies non polluantes pour transformer le charbon de basse qualité en carburant diesel synthétique de haute qualité.
"Cette demande est en train d'être traitée", a fait savoir le gouvernement kosovar.
La campagne de bombardements de l'Otan a ouvert la voie à la proclamation de l'indépendance du Kosovo le 17 février 2008 par les autorités albanaises de la province serbe, soutenues par les Etats-Unis et certains pays membres de l'Union européenne.
La Serbie conteste la proclamation d'indépendance unilatérale du Kosovo et considère toujours ce territoire comme sa province méridionale. La Russie, la Chine, l'Inde et plusieurs autres puissances sont opposées à cette démarche, la qualifiant de violation de la résolution 1244 du Conseil de sécurité des Nations unies proclamant l'intégrité territoriale de la Serbie.

26 juin

RIA Novosti



3 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

3-1« SES » COOPÈRE AVEC NORTHROP GRUMMAN DANS LE CADRE DU NOUVEAU SYSTÈME AÉROPORTÉ DESURVEILLANCE TERRESTRE DE L'OTAN.

SES (Paris:SESG) (LuxX:SESG) a annoncé ce jour la signature d'un accord avec Northrop Grumman Corporation (NYSE:NOC) portant sur la fourniture d'une capacité et de services satellitaires au profit du système aéroporté de surveillance terrestre AGS (Alliance Ground Surveillance) de l'Alliance Atlantique. Placé sous le commandement de l'OTAN, l'AGS constituera une importante source de données pour le système interallié de renseignement, surveillance et reconnaissance (JISR).

L'AGS répond aux besoins de renseignement, surveillance et reconnaissance de l'OTAN et d'un large éventail de missions, telles que la protection des forces terrestres, la sécurité frontalière et maritime, le contre- et l'anti-terrorisme, la gestion des crises, le maintien et le rétablissement de la paix, l'assistance humanitaire et les interventions d'urgence en cas de catastrophes naturelles. A ce titre, SES fournira une capacité en bande Ku au-dessus des Etats-Unis et de l'Europe, ainsi qu'une assistance technique dans la conception et le développement du système.

En tant que maître d'?uvre du programme AGS de l'OTAN, Northrop Grumman fournira les cinq drones stratégiques Global Hawk, ainsi que les systèmes et charges utiles associés. Ces dernières incluent le radar MP-RTIP (Multi-Platform Radar Technology Insertion Program), capable de détecter et poursuivre des cibles mobiles, et de fournir une imagerie radar des sites visés et des objectifs fixes.

Northrop Grumman a signé un contrat de 1,7 milliard USD (1,2 milliard EUR) avec l'OTAN et 13 nations participantes au mois de mai 2012. Outre le segment aérien, le contrat porte aussi sur l'achat, la mise en service initiale et la maintenance des stations sol, qui incluent des unités mobiles et transportables, ainsi que sur la fourniture en temps réel, aux commandements, de renseignements et de données d'identification de cibles à portée visuelle ou au-delà de la vue directe.

« La participation de SES à ce programme multinational à long terme de l'OTAN revêt pour nous une importance toute particulière, car nous pouvons ainsi mettre à contribution les capacités de notre flotte et de nos services, et faire valoir les atouts et l'expertise que nous possédons dans la construction et l'exploitation de grands systèmes internationaux de type gouvernemental ou institutionnel », a déclaré Romain Bausch, Président-Directeur général de SES. « Nous sommes honorés de satisfaire aux plus hauts niveaux d'exigence et de besoin de l'Alliance Atlantique. Grâce aux compétences et à la mobilisation permanente de l'équipe gouvernementale et institutionnelle de SES, nous démontrons notre savoir-faire dans le domaine extrêmement pointu des services fournis aux systèmes de drones ».

A propos de SES

SES est un opérateur satellitaire de tout premier plan mondial, avec une flotte de 51 satellites géostationnaires. L'entreprise fournit des services de communication par satellite aux télédiffuseurs, aux prestataires de services d'information et Internet, aux opérateurs de réseaux fixes et mobiles, ainsi qu'aux entreprises et organisations gouvernementales du monde entier.

SES se fait fort d'établir des relations commerciales durables, une qualité de service exemplaire et un niveau d'excellence dans l'industrie de la télédiffusion. D'horizons culturels divers, les équipes régionales de SES sont présentes partout dans le monde et travaillent en lien étroit avec les clients pour satisfaire au mieux leurs besoins spécifiques de services et de largeurs de bande satellitaires.

SES (Paris:SESG) (LuxX:SESG) détient des participations dans Ciel au Canada et QuetzSat au Mexique, ainsi qu'une participation stratégique dans l'infrastructure satellite de démarrage O3b Networks.

Pour plus d'information, rendez-vous sur : www.ses.com.

SES
Markus Payer
Market Communication & PR
Tél. +352 710 725 500

Markus.Payer@ses.com

http://bourse.lci.fr/bourse-en-ligne.hts?urlAction=bourse-en-ligne.hts&idnews=BNW120713_00005141&numligne=0&date=120713



4 Brèves

4-1 Le parlement européen veut une enquête sur les prisons secrètes de la CIA.  

Le parlement européen a demandé une nouvelle enquête sur les prisons secrètes de la CIA, dans certains pays européens.

Le parlement européen,  en adoptant le rapport de la Commission des libertés individuelles de cette instance, a demandé aux pays membres, notamment, à la Pologne, la Roumanie et la Lituanie, de mener des nouvelles enquêtes, sur ces centres de détentions secrets. La CIA a créé des prisons secrètes, en Pologne et dans certains pays européens, pour garder les individus suspects de mener des activités terroristes ou des membres présumés d’Al-Qaïda. Selon les activistes des droits de l’Homme, la CIA gardait ces personnes, sans aucune forme de procès, et les soumettait à divers types de tortures.

12/07/2012 

Irib


4-2 Record de ventes d'armes en 2012 pour les Etats-Unis.

Les ventes d'armes américaines ont atteint un record en 2012 pour s'établir à plus de 50 milliards de dollars, portées par des contrats importants avec l'Arabie Saoudite notamment et le régime israélien.

Andrew Shapiro, secrétaire d'Etat adjoint aux affaires politiques et militaires, a par ailleurs évoqué le souhait de conclure des ventes supplémentaires avec l'Inde, qui envisage un achat de 22 hélicoptères Apache pour 1,4 milliard de dollars.
"Aujourd'hui, je peux confirmer qu'il s'agit d'une année record pour les ventes militaires à l'international", a-t-il précisé.
Ce chiffre représente une hausse de 70% par rapport aux ventes d'Etat à Etat de 2011, qui était déjà une année record, avec des ventes totalisant 30 milliards de dollars.
Le contrat de 29,4 milliards avec l'Arabie saoudite, pour la vente de 84 chasseurs Boeing F-15SA et une amélioration de sa flotte existante de 70 F-15s pour des versions plus puissantes, a été "évidemment très significatif".

 13 Juillet 2012.

http://www2.irna.ir/fr/news/view/line-96/1207137841193612.htm


4-3 Rasmussen : Kosovo: l'Otan maintient 6.000 militaires.

L'Otan a suspendu la réduction de son contingent au Kosovo et envisage d'y conserver jusqu'à 6.000 militaires, rapportent les agences occidentales se référant au secrétaire général de l'Alliance, Anders Fogh Rasmussen.

En 2010, l'Otan a lancé un retrait progressif des soldats de la Force pour le Kosovo (KFOR) diminuant leur nombre de 15.000 à près de 6.200 hommes. D'après les plans initiaux, le contingent aurait dû compter 2.500 militaires en 2012.

La KFOR a été déployée au Kosovo en juin 1999 conformément à la résolution 1244 du Conseil de sécurité de l'Onu. Dirigée par l'Otan, la Force regroupe des contingents issus de 29 pays.

En 2008, le Kosovo a proclamé unilatéralement son indépendance par rapport à la Serbie avec le soutien des Etats-Unis et de l'Union européenne.

12 juillet -

http://fr.ria.ru/world/20120712/195329787.html



5 Vidéo

5-1 Michel Collon : L’Otan : une association de criminels au service de la stratégie du chaos.
Invité à Ce soir ou jamais pour débattre sur le sommet de l'Otan, Michel Collon en a profité pour rappeler le rôle fondamental de cette alliance militaire : soumettre les populations du Nord comme du Sud pour défendre les intérêts de l’élite occidentale. C’est le bilan à tirer lorsqu’on examine les actions de l’Otan, au-delà de la propagande sur la menace soviétique hier et sur les interventions humanitaires aujourd’hui. Michel Collon explique également comment, dans le contexte actuel d’un empire US en déclin, l’Otan applique la stratégie du chaos pour contenir l’émergence des concurrents économiques.

VISIONNER LA VIDEO EN CLIQUANT SUR CE LIEN

http://michelcollon.info/L-Otan-une-association-de.html


5-2 Vidéo : Les entrevues de l’idiot – La Démocratie ambiguë.

Guillaume de Rouville répond aux questions de l’idiot du village pour la sortie le 31 mai 2012 de son essai La Démocratie ambiguë, un livre-choc consacré aux crimes de masse commis par les démocraties occidentales ces vingt dernières années, et plus particulièrement par la France et les Etats-Unis.

« Le plus important est d’apprendre à manier l’ambiguïté, à prononcer des discours qui puissent s’interpréter dans un sens aussi bien que dans un autre afin que nul ne puisse trancher. » Cardinal Mazarin, Bréviaire des politiciens.

La Démocratie ambiguë, Guillaume de Rouville, Editions Cheap.

http://www.editionscheap.fr/Ouvrage disponible à partir du 31 mai 2012.

30 avril 2012 ·

http://lidiotduvillage.org/2012/04/30/video-les-entrevues-de-lidiot-la-democratie-ambigue/


5-3 Le rôle de l'OTAN dans le monde.                                                

Un excellent montage vidéo pour nous livrer un autre point de vue.

Pour lire la suite

cliquez ici

http://www.uam93.com/news/jai-un-doute-sur-lotan.html



Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

 

  • " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19


16/06/2012

n° 115 - 'Géopolitique et stratégie ' des Guerres de l'Otan. -

n° 115 - 'Géopolitique et stratégie ' des  Guerres de l'Otan. -

Jean-Luc-Melenchon : Bouclier anti-missile.« Une « nécessité pragmatique ».

Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'Otan et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



'Géopolitique et stratégie '

des

Guerres de l'Otan.

n° 115- 15-06

C.De Broeder & M.Lemaire

 



Vous retrouverez ce journal 

a) sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site de Robert Bibeau :   http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

c) sur le site de Eva Resis      :  no-war.over-blog.com  - http://no-war.over-blog.com/

d) Sur le site : www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm 

 

 

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire.

1 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

1-1 Jean-Luc-Melenchon: Bouclier anti-missile.« Une « nécessité pragmatique ».

1-2 La leçon libyenne : « L’Europe doit stimuler ses dépenses militaires ».

1-3 Socorro Gomes : Communiqué de presse : L'OTAN est en train de s'armer pour attaquer les peuples du monde.

1-4 Réseau Voltaire : 25e Sommet de l’OTAN : Déclaration du sommet sur les capacités de défense pour les forces de l’OTAN à l’horizon 2020.

1-5 M K Bhadrakumar : Le Pakistan, entre les cajoleries du Dragon chinois et les étreintes de l'Ours russe.

1-6 Stanechy.over-blog : OTAN : Trou Abyssal ou Peste Noire ?…

Carte blanche contre les interventions militaires occidentales.



Tiré à part :

 1 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

. 1-1 Jean-Luc-Melenchon: Bouclier anti-missile. « Une « nécessité pragmatique ».

Tel est le terme sophistiqué choisi lors du sommet de l'OTAN de Chicago des 20 et 21 mai par François Hollande pour justifier une reculade dont on n’a pas fini de mesurer l’impact. Il a donné son accord pour le lancement de la première phase d'un « bouclier anti-missile ».

Ce projet consiste pour les USA et leurs alliés de se doter d'un système de surveillance et d'interception de missiles qui seraient tirés contre des intérêts ou des territoires de ces pays. En fait, ce bouclier est un vieux projet national des Etats-Unis. Ils se sont évertués depuis des années à le greffer sur l'OTAN. Dans sa partie européenne, ce projet vise théoriquement à protéger l'Europe de tirs de missiles depuis le Moyen-Orient et en particulier l'Iran. En fait l’intention vise large. C’est bien pourquoi la Russie y voit une étape supplémentaire de la surenchère militaire des Etats-Unis à ses frontières. L'installation en Pologne et en Roumanie de missiles du fameux bouclier n’est pas vraiment un gage de paix donné à la Russie. Et de même à propos de leur prédisposition sur des navires nord-américains en Méditerranée et surtout en Mer Noire. Des lieux qui peuvent aussi bien servir à Erreur ! Nom du fichier non spécifié.parer une attaque hypothétique de l'Iran qu'à menacer très concrètement la Russie et ses alliés.
> François Hollande avait exprimé il y a à peine un mois, le 10 avril 2012, sur I>télé, son opposition au lancement d'un tel projet par l'OTAN : « Je suis réticent à l'égard de cette évolution. La première raison, c'est que nous n'avons aucune possibilité de participer industriellement à cette affaire et deuxièmement ça met en cause l'idée même de la dissuasion. »Deux bonnes raisons que je partage. Depuis, il justifie son revirement par le fait que ses réserves ont été levées par la déclaration finale du sommet de Chicago. Or cette déclaration n'a strictement rien changé au projet en question. Et cela tout simplement parce qu'il existait déjà avant ! Les principes ont été fixés en 2010 lors du sommet de Lisbonne de l'OTAN. A l'époque, Nicolas Sarkozy avait accepté que soit inscrit dans le concept stratégique de l'OTAN, un document de référence, la création d'une « capacité de défense anti-missile ». Le sommet de Chicago auquel vient de participer François Hollande a donc seulement lancé la première phase opérationnelle. En réalité, il s’agit de faire entrer en phase opérationnelle la prise en charge par tous les alliés d'un programme américain de défense anti-missile qui existe déjà lui aussi. Celui-ci a été décidé au Congrès américain par le vote de la loi sur le National Missile Defense Act de 1999. Il est d’ores et déjà géré par une énorme agence états-unienne, la « Missile Defence Agency ». Cette défense anti-missile repose sur plusieurs boucliers qui, en se recoupant, sont censés défendre le territoire des
Erreur ! Nom du fichier non spécifié.Etats-Unis et celui de leurs alliés. Avant même la décision du sommet de l'OTAN, les Etats-Unis avaient déjà commencé à déployer la partie européenne de ce bouclier, notamment en envoyant en méditerranée des croiseurs spécialement équipés de missiles d'interception.
> La greffe de l'OTAN sur ce dispositif répond à deux objectifs des Etats-Unis. Le premier est politique. Il conforte la légitimité internationale d'un projet vivement contesté par la Chine et la Russie et potentiellement contradictoire avec les traités internationaux de désarmement. Le second est financier et industriel, car avec l’accord de la réunion de Washington les européens vont devoir contribuer à un projet dont le coût faramineux ne peut plus être supporté par les seuls Etats-Unis. C’est une sorte de relance de l’industrie américaine comme l’est tout grand projet d’armement dans ce pays !
> Loin des objectifs qui sont affichés face à la menace théorique de l'Iran, ce projet est donc avant tout une démonstration politique et industrielle des Etats-Unis. C'est d'ailleurs exactement ce qu'en disait
le rapport parlementaire de 2001 de Paul Quilés, adopté à l'époque par la commission de la défense. Humour de situation : François Hollande faisait partie à cette époque de ladite commission ! Ce rapport affirmait ainsi : « La défense antimissile est, avant toute chose, un projet idéologique, largement déterminé par des considérations politiques, technologiques et industrielles. Il répond au souci des Etats-Unis, non de rompre avec la logique de la guerre froide, mais d'en préserver un apport qu'ils considèrent comme fondamental : le maintien de leur supériorité technologique et de leur prééminence stratégique. » J’approuve absolument cette façon d’analyser le projet. Le rapport évoquait ensuite « les conséquences industrielles de premier plan qui découlent de ce rôle majeur de la défense antimissile dans la préservation de la supériorité technologique américaine. Quatre entreprises de première importance sont en l'occurrence concernées : Lockheed Martin, Boeing, Raytheon et TRW. Elles bénéficient de 60 % des crédits alloués par le Pentagone pour ce programme. [...] les industriels n'ont pas ménagé leurs efforts pour favoriser la défense anti-missile et un système d'influence impliquant les congressistes, les industriels et les militaires existe sur ce programme dont le coût a été évalué entre 50 et 60 milliards de dollars. » Autrement dit, sous l’appellation euphémisante de « lobby », il s’agit d’un groupe de corrupteurs disposant d’un budget faramineux. On suivra donc avec beaucoup d’intérêt les prises de position, les tribunes et autres « conférences » qui vont assurer la promotion de cette belle, noble et pure idée ! On peut craindre le pire. Surtout dans un gouvernement qui compte huit membres qui sont passés par la french american fondation ». Ce machin est une sorte de club « le Siècle » pour « young leaders » que le rêve américain et autres fadaises prétextes fascinent. Bref le gouvernement le plus atlantiste et le plus sous influence depuis bien longtemps.
> Passons maintenant en revue les quatre questions qui motivaient les « réserves » qu’exprimait auparavant François Hollande. Puisqu’il prétend en être libéré à Chicago, voyons ce qu’il en est. D’abord « la maîtrise des coûts ». On vient de le voir : c'est précisément parce que les coûts d'un tel projet sont incontrôlables et incontrôlés aux USA que ces derniers y font participer les Européens. L'ensemble des rapports parlementaires sur le sujet soulignent d'ailleurs que la participation de la France à un tel « bouclier » évincera budgétairement d'autres projets de défense. Aucune raison d’être rassuré donc. Ensuite François Hollande serait dorénavant tranquillisé sur la part de « l'intéressement des industriels français à la réalisation des équipements nécessaires ». Là encore on se demande comment il a pu arriver à une conclusion positive. Car l'histoire du projet lui-même montre qu'il est conçu pour soutenir l'industrie d'armement nord-américaine. D'ailleurs les équipements d'ores et déjà déployés sur lesquels se greffe l'OTAN sont états-uniens. Les radars et les missiles intercepteurs positionnés en Méditerranée sont fabriqués par la firme Raytheon. Et les systèmes d'armes qui équipent les croiseurs et guident les missiles sont fabriqués par la firme Lockheed Martin. Il s'agit donc d'une technologie 100 % états-unienne, fruit de 40 ans d'efforts de recherche et de développement du Pentagone. A supposer qu'ils en grappillent des miettes, les groupes européens seront cantonnés dans ce projet à des missions de sous-traitance. Et celles-ci seront, de toute façon, financées par les Etats européens au détriment d'autres priorités de leurs propres budgets de défense.
> Voyons à présent le plus important. Il s’agit de la remise en cause par ce bouclier de la capacité de dissuasion nucléaire autonome de la France. Cela concerne le cœur du raisonnement qui soutient la dissuasion. L’adversaire n’entreprend rien car il sait que la réplique sera dévastatrice. Il n’y a pas de petite bataille préalable ni de tentative d’aucune sorte qui soit réputée supportable ou acceptable ou possible. Tout ce qui atténue l’idée du choc unique et désastreux affaiblit le concept de dissuasion. Ici, du moment où l'on considère que la France a besoin d'être protégée concrètement d'attaques de missiles, on accrédite l'idée qu’il existe un pallier intermédiaire de guerre. On sous-entend donc aussi que sa force de dissuasion ne la protège plus intrinsèquement et qu'elle est donc vulnérable. Il y a donc une contradiction stratégique majeure entre une dissuasion nucléaire indépendante et la participation à un bouclier anti-missile états-unien. Une contradiction politique qui vient d'être
rappelée par Pascal Boniface. D'ailleurs, sur le sujet, on peut lire des choses très claires dans le livre blanc de la défense nationale française. On ne peut pas dire que la doctrine soit imprécise, même si le vocabulaire est aussi codé que n’importe quel vocabulaire spécialisé. Voici ce qui est écrit concernant les menaces balistiques : « La France adoptera une stratégie de prévention active visant à limiter la prolifération balistique, tout particulièrement dans les zones les plus dangereuses. Elle s'appuiera sur sa capacité de dissuader toute intention d'un État de porter atteinte à ses intérêts vitaux par des moyens de ce type. » Et à l'inverse, la participation à un éventuel bouclier de l'OTAN n'y est évoquée que pour envisager des études à son propos. Un enterrement diplomatique. Car au-delà des études, et une fois opérationnel, ce bouclier constitue par définition une prolifération balistique considérable. Il remettrait donc sérieusement en cause la doctrine de défense française dans ses objectifs de dissuasion et de participation au désarmement multilatéral. Signalons qu’il percuterait aussi le droit international du désarmement en portant une nouvelle atteinte au traité sur le désarmement balistique. Cela tombe bien pour les USA qui essaient de l'enterrer depuis 2001 au grand dam de la Russie.
> Enfin, la dernière réserve de Hollande concernait « le contrôle politique de l'utilisation du bouclier ». Or sur le plan opérationnel, rien ne permet de penser que quoi que ce soit ait changé. La raison en est technique. C’est simple à comprendre.
Un rapport parlementaire cosigné par des sénateurs UMP et PS en juillet dernier le pointait : « Les délais de riposte à une attaque balistique seront extrêmement brefs et n'autoriseront pas de procédure de consultation et de coordination préalable ». Les règles d'engagement seront donc codifiées à l'avance et activées automatiquement sans contrôle politique préalable. Une codification qui est pour l'instant entièrement aux mains des USA alors qu'elle est extrêmement délicate. Car l'utilisation du bouclier pose des difficultés techniques lourdes. Comment gérer les détonations et les retombées lors de l'interception d'un ou plusieurs missiles. Ce n’est pas une question secondaire pour ceux qui se trouvent dans le secteur où le missile est intercepté. Car imaginez qu’il comporte une charge nucléaire ou chimique ? Sans oublier le problème que posent aux riverains des bases d'implantation du bouclier puisqu’ils deviennent eux-mêmes des cibles. Qu'il s'agisse de zones terrestres (en l'occurrence la Turquie, la Roumanie et la Pologne) ou marines (en l'occurrence l'est de la Méditerranée et la Mer Noire dont une partie sont des zones naturelles protégées).
> Aucune des quatre réserves évoquées par François Hollande n'a donc été réellement levée. François Hollande a tout cédé aux américains, un point c’est tout. Et j’en suis désolé. Car je pensais que la fonction créant l’organe, il verrait vite quel sottise impériale est ce bouclier. A supposer qu’il fonctionne réellement un jour. Le bouclier anti-missile est comme l'OTAN elle-même : ce sont des projets des Etats-Unis, conçus par les Etats-Unis et pour les Etats-Unis. Du moment où la France ne remet pas en cause son appartenance à l'OTAN et sa participation à son commandement militaire intégré, elle n'a pas d'autre solution que de se soumettre à ce que l'OTAN, et donc les USA, décident. La dangerosité et l'inutilité pour notre
Erreur ! Nom du fichier non spécifié.pays du bouclier anti-missile sont donc une raison supplémentaire de défendre la sortie de la France de l'OTAN comme le propose le Front de Gauche. A ma connaissance, seul le journal « Libération » a traité ce sujet.
http://www.jean-luc-melenchon.fr/2012/05/28/les-jours-apres-la-mine/#more-12417


1-2 La leçon libyenne : « L’Europe doit stimuler ses dépenses militaires »

C’est principalement à la demande de la France et du Royaume-Uni que s’est enclenchée la guerre en Libye. Mais, pour ce boulot présenté comme facile, les pays européens n’ont apparemment rien pu faire sans l’aide des États-Unis. C’est ce qui ressort d’un rapport interne de l’Otan qui a transpiré dans le New York Times. Les bombardements contre les troupes de Kadhafi ont bel et bien été menés par des avions européens (dont belges) et canadiens, mais ce sont des troupes américaines qui ont pris en charge l’essentiel de l’opération, rassemblant les informations, effectuant les vols de reconnaissance et mettant au point le planning de l’opération. Si les partenaires européens ont rapidement fourni des munitions, la plus grande partie des bombes provenait de l’arsenal de l’armée américaine. La conclusion du rapport met donc en question « l’indépendance de l’Otan vis-à-vis des Etats-Unis ».1
Lors du discours prononcé en juin dernier au terme de son mandat, Robert Gates, le précédent ministre de la Défense américain, indiquait que la norme du financement des dépenses militaires de l’Otan est de 2 % du produit intérieur brut des pays-membres. Parmi les membres européens de l’Otan, seuls le Royaume-Uni, la France et la Grèce — ce pays « en faillite » — atteignent ce seuil. Gates a aussi évoqué le « problème croissant des États-Unis à exiger de ses contribuables de continuer à payer la facture de l’Otan. »2
Au sommet de Chicago, on insistera évidemment sur la nécessité d’augmenter la contribution financière des États-membres.

1. NATO Sees Flaws in Air Campaign Against Qaddafi, The New York Times, 14 avril 2012 • 2. Transcript of Defense Secretary Gates’ Speech on NATO’s Future, The Wall Street Journal, 11 juin 2011

http://www.ptb.be/nieuws/artikel/la-lecon-libyenne-leurope-doit-stimuler-ses-depenses-militaires.html


1-3 Socorro Gomes : Communiqué de presse : L'OTAN est en train de s'armer pour attaquer les peuples du monde.

Les 20 et 21 mai dernier, l'OTAN (Organisation du Traité de l'Atlantique Nord) a tenu son Sommet des chefs d'États des pays qui en font partie.  Au cours des derniers jours, des manifestations ont eu lieu dans plusieurs parties du monde.  Des milliers de personnes on manifestanté dans les rues de Chicago, de Lisbonne, d'Athènes exigeant le démantèlement de cette organisation, qui est la principale machine de guerre impérialiste, pour dénoncer l'escalade de la guerre au Moyen-Orient.  Les organisations membres du Conseil mondial de la paix (CMP) ont émis des déclarations réaffirmant qu'elles exigent la fermeture de toutes les bases et de toutes les installations militaires étrangères de l'OTAN à travers le monde.
L'OTAN est une structure militaire offensive, responsable depuis sa création d'innombrables crimes contre l'humanité, entre autres des agressions récentes contre la Yougoslavie, l'Afghanistan, l'Irak et la Libye. L'impérialisme a promu, avec sa machine de guerre monstrueuse, l'approfondissement de la militarisation des relations internationales, agressé des peuples et des nations, laissant sur son passage des ruines et des rivières de sang, dans le seul objectif d'imposer sa domination mondiale et le pillage des ressources naturelles.
Depuis son dernier sommet, tenu au Portugal, l'OTAN a élargi ses objectifs, sa zone d'intervention dans toutes les régions à travers le monde et la série de prétextes pour justifier ses guerres.  L'OTAN utilise pour cela des corollaires telles que la «guerre contre la terreur», la «non prolifération» des armes et la défense des «droits de la personne» comme prétexte pour attaquer des peuples et envahir des pays souverains.  L'OTAN utilise ces arguments pour justifier les dépenses militaires exorbitantes réalisées en dépit de la crise économique, financière et sociale profonde qui secoue les pays membres de l'OTAN.  Nous dénonçons le fait que l'OTAN maintient un énorme budget militaire qui dépasse de 70% de toutes les dépenses militaires de la planète.  Ses dépenses militaires sont obtenues au coût de politiques de compressions budgétaires contre les travailleuses/eurs, en particulier des Etats-Unis et des pays d'Europe.

En cette période de grave crise économique, l'impérialisme n'hésite pas à utiliser la force pour prendre possession de nouvelles sources de ressources stratégiques, de voies de contrôle et de flux commerciaux.  Dans ce domaine, nous dénonçons les tentatives de militarisation de l'Atlantique Sud au moyen de la Quatrième Flotte des Etats-Unis, l'installation de bases militaires sur le continent et la présence de l'ancien colonialisme britannique dans les Îles malvines.  Nous dénonçons également les menaces et les agressions croissantes de l'OTAN au Moyen-Orient, et ses provocations contre la Syrie et l'Iran.
Nous réaffirmons que la lutte pour le démantèlement de l'OTAN sera l'un des thèmes centraux des débats et des actions du Conseil mondial pour la Paix, qui se réunira en Assemblée mondiale entre le 20 et le 23 juillet à Katmandu, au Népal.  Ce sera un grand événement en vue de la défense de la paix, de la solidarité internationale et du droit des peuples à la souveraineté.
Socorro Gomes
Présidente
Conseil mondial pour la Paix

2012-05-26
wpc@otenet.gr


1-4 Réseau Voltaire : 25e Sommet de l’OTAN : Déclarationdu sommet sur les capacités de défense pour les forces de l’OTAN à l’horizon 2020.

1. En tant que dirigeants de l’Alliance, nous sommes résolus à faire en sorte que l’OTAN conserve et développe les capacités qui lui sont nécessaires pour exécuter ses tâches fondamentales essentielles – défense collective, gestion de crise et sécurité coopérative – et, partant, pour jouer un rôle clé dans la promotion de la sécurité dans le monde. Nous devons assumer cette responsabilité alors que nous sommes aux prises avec une crise financière grave et que nous sommes confrontés à des défis géostratégiques en constante évolution. L’OTAN nous permet d’assurer un niveau de sécurité plus élevé que celui que pourrait atteindre un Allié qui agirait isolément. Nous réaffirmons l’importance que continuent d’avoir un lien transatlantique fort et la solidarité au sein de l’Alliance, ainsi que l’importance d’un partage des responsabilités, des rôles et des risques pour permettre aux Alliés nord américains et européens de relever ensemble les défis auxquels ils sont confrontés. Nous reconnaissons l’importance d’une défense européenne plus forte et plus performante, et nous saluons les efforts déployés par l’Union européenne pour renforcer ses capacités à faire face aux défis de sécurité communs. Ces efforts constituent, par leur nature même, une contribution importante au lien transatlantique.

2. Le potentiel de l’OTAN réside dans les forces de ses pays membres – leur entraînement, leurs équipements, leur interopérabilité et leur expérience – rassemblées sous la structure de commandement intégrée qui est la nôtre et dirigées par cette dernière. Les succès que nos forces ont remportés en Libye, en Afghanistan, dans les Balkans et dans la lutte contre la piraterie sont autant d’exemples évidents de ce que l’OTAN demeure inégalée dans son aptitude à déployer et à maintenir une puissance militaire afin de sauvegarder la sécurité de nos populations et de contribuer à la paix et à la sécurité internationales.

3. Ces succès sont le résultat de plus de soixante années d’étroite coopération dans le domaine de la défense. En œuvrant ensemble au sein de l’OTAN, nous sommes mieux en mesure d’assurer la sécurité de nos concitoyens – et avec bien plus d’efficacité et d’efficience – que nous ne pourrions le faire en agissant isolément.

4. Nous avons déjà accompli des progrès concrets depuis notre dernier sommet et l’adoption d’un nouveau concept stratégique, à Lisbonne, pour veiller à ce que l’OTAN dispose des capacités dont elle a besoin pour défendre les citoyens de ses pays, pour mener des opérations de gestion de crise et pour promouvoir la sécurité coopérative. Entre autres réalisations importantes :

a. nous avons aujourd’hui déclaré une capacité intérimaire de défense antimissile balistique, première étape de la mise en place d’un système de défense antimissile de l’OTAN qui protégera le territoire, la population, et les forces de tous les pays européens membres de l’Alliance contre les menaces croissantes qu’engendre la prolifération des missiles balistiques, sur la base des principes de l’indivisibilité de la sécurité des Alliés et de la solidarité au sein de l’OTAN, du partage équitable des risques et des charges, compte tenu du niveau de la menace, de la soutenabilité financière et de la faisabilité technique ;

b. nous procédons au déploiement d’un système allié de surveillance terrestre (AGS) hautement sophistiqué, pour permettre à nos forces de mener de manière plus efficace, et plus sûre, les missions que nous leur confions ; à cet égard, un certain nombre d’Alliés ont lancé une importante initiative visant à améliorer, plus largement, le JISR (renseignement, surveillance et reconnaissance interarmées) ;

c. nous avons prolongé notre mission de police du ciel dans les États baltes. Cette mission ainsi que les autres arrangements au sein de l’Alliance concernant la police du ciel en Europe, dans le cadre desquels les Alliés coopèrent de façon à offrir sécurité et réassurance, sont des signes tangibles de la solidarité entre Alliés ;

d. nous mettons actuellement en place une nouvelle structure de commandement, allégée et plus efficace ;

e. nous progressons de manière régulière dans le développement d’un certain nombre de capacités dont nous avons estimé, à Lisbonne, qu’elles étaient indispensables au succès de nos opérations, notamment : amélioration de nos défenses contre les cyberattaques, élargissement du système de commandement et de contrôle aériens de l’OTAN, augmentation de nos capacités en Afghanistan pour l’échange de données ISR, et lutte contre les engins explosifs improvisés.

5. Forts de ces progrès, nous nous sommes fixés l’objectif « Forces de l’OTAN à l’horizon 2020 » : des forces modernes et étroitement interconnectées, équipées, formées, entraînées et commandées de manière à pouvoir opérer ensemble et avec des partenaires dans n’importe quel environnement.

6. Pour atteindre cet objectif, il sera indispensable d’améliorer la manière dont nous développons et mettons en place les capacités nécessaires à nos missions. À côté des efforts substantiels déployés au plan national et des formes éprouvées de coopération multinationale existantes, par exemple dans les domaines du transport aérien stratégique et des systèmes aéroportés de détection et de contrôle, nous devons trouver de nouvelles façons de coopérer plus étroitement pour acquérir et maintenir les capacités clés, pour définir ce dont nous avons prioritairement besoin et pour nous concerter sur les changements dans nos plans de défense. Nous devrions aussi approfondir les liens entre Alliés, ainsi qu’entre Alliés et partenaires, et ce dans l’intérêt de tous. Maintenir une industrie de défense forte en Europe et faire le meilleur usage qui soit du potentiel offert par la coopération industrielle de défense dans l’ensemble de l’Alliance demeurent une condition essentielle à la mise en place des capacités nécessaires à l’horizon 2020 et au delà.

7. La défense intelligente est au cœur de cette nouvelle approche. Le développement et le déploiement de capacités de défense est d’abord et avant tout une responsabilité nationale. Toutefois, le coût de la technologie ne cessant de croître et les budgets de défense étant soumis à des restrictions, un grand nombre d’Alliés ne peuvent plus se doter de certaines capacités clés qu’à la condition de travailler ensemble à leur développement et à leur acquisition. Nous saluons donc les décisions prises par les Alliés de faire progresser certains projets multinationaux, visant notamment à améliorer la protection de nos forces, la surveillance et l’entraînement. Ces projets déboucheront sur une plus grande efficacité opérationnelle, des économies d’échelle et une interconnexion plus étroite de nos forces. Ils seront également source d’enseignements pour d’autres projets de défense intelligente à venir.

8. Mais la défense intelligente va plus loin. C’est aussi un changement de perspective, la possibilité de repenser la culture de la coopération pour accorder à la collaboration multinationale une importance nouvelle et en faire une option efficace et efficiente pour le développement de capacités critiques.

9. Le développement de capacités militaires européennes accrues resserrera le lien transatlantique, renforcera la sécurité de tous les Alliés et encouragera un partage équitable des charges, des avantages et des responsabilités entre les pays membres de l’Alliance. Dans ce contexte, l’OTAN coopérera étroitement avec l’Union européenne, comme convenu, pour faire en sorte que notre initiative de défense intelligente et l’initiative européenne de mutualisation et de partage (P&S) soient complémentaires et qu’elles se renforcent mutuellement ; nous saluons les efforts déployés par l’UE, en particulier dans les domaines du ravitaillement en vol, du soutien médical, de la surveillance maritime et de la formation. Nous saluons aussi les efforts accomplis au niveau national dans ces domaines et dans d’autres par les pays européens membres de l’Alliance et les pays partenaires. La réussite des activités que nous menons continuera de dépendre de la transparence et de l’ouverture entre nos deux organisations.

10. Nous prenons également des mesures pour améliorer les connexions entre nos forces, ainsi qu’avec les pays partenaires. Notre opération au dessus de la Libye a démontré une fois de plus l’importance de ces connexions ; dès que la décision politique a été prise de lancer la mission OTAN, les pilotes de l’Alliance ont pris les airs ensemble, avec, à leurs côtés, les appareils de partenaires européens non membres de l’OTAN et de partenaires arabes. Cette façon de procéder a été déterminante dans le succès militaire et politique de cette mission.

11. Nous nous appuierons sur cette réussite, dans le cadre de l’initiative d’interconnexion des forces. Nous développerons la formation et l’entraînement de nos personnels militaires, en complément des efforts importants que déploient les pays dans ce domaine. Nous intensifierons nos exercices. Nous continuerons de resserrer les connexions entre nos réseaux. Nous renforcerons les liens entre la structure de commandement de l’OTAN, la structure de forces de l’OTAN et les états majors des pays membres. Nous renforcerons aussi la coopération entre nos forces d’opérations spéciales, notamment au travers de l’État-major des opérations spéciales de l’OTAN. Nous ferons une utilisation plus intensive de la Force de réaction de l’OTAN, ce qui permettra à celle ci de jouer un rôle plus grand dans le renforcement de l’aptitude des forces de l’Alliance à opérer ensemble et à contribuer à notre posture de dissuasion et de défense. Dans toute la mesure du possible, nous améliorerons aussi nos connexions avec les partenaires, pour que, lorsque nous le souhaiterons, nous puissions agir ensemble.

12. Si un travail important a été accompli depuis notre dernier sommet pour renforcer l’Alliance, et compte tenu du recours accru par de nombreux Alliés à la coopération et aux capacités multinationales, il reste beaucoup à faire. Ainsi, nous avons adopté un paquet « défense » qui nous aidera à développer et à mettre en place les capacités nécessaires à nos missions et à nos opérations. Nous continuerons de réformer nos structures et nos procédures afin de rechercher des gains d’efficience, notamment grâce à une meilleure utilisation de nos budgets.

13. La force majeure de l’OTAN est son unité. À l’horizon 2020 et au delà, stimulés par la nécessité d’employer les ressources de défense de la façon la plus efficiente, nous renforcerons cette unité afin de maintenir et de moderniser la puissance militaire de l’OTAN.

20 mai 2012 

Réseau Voltaire | Chicago (États-Unis) |


1-5 M K Bhadrakumar :Le Pakistan, entre les cajoleries du Dragon chinois et les étreintes de l'Ours russe.

Les visites à la suite l'une de l'autre cette semaine au Pakistan du Ministre chinois Yang Jiechi et de l'envoyé spécial du président russe pour l'Afghanistan, Zamir Kabulov, sont riches en symbolisme politique et en contenu stratégique.

 

Ces consultations arrivent à un moment où le Pakistan vacille sous la pression des Etats-Unis, où l'avenir de l'Afghanistan reste complexe et où la sécurité régionale est en pleine mutation.

 

Le timing de ces consultations attire l'attention - elles ont eu lieu entre le sommet de l'Organisation du Traité Atlantique Nord (OTAN) à Chicago le 20-21 mai et le sommet de l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS) à Beijing les 6 et 7 Juin. L'Afghanistan est un sujet brûlant pour les deux organisations internationales.

 

Mais il y a également un contexte global. La Chine et la Russie se coordonnent étroitement sur les questions régionales et internationales. Ce qui ressort, c'est que Pékin et Moscou se sont manifestés pour apporter un soutien politique au Pakistan à un moment où Washington tente de l'isoler, et essaie de faire plier Islamabad à ses désirs.

 

Le président pakistanais Asif Ali Zardari a été invité au sommet de l'OTAN, et puis il a été humilié publiquement. Le secrétaire général de l'alliance, Anders Fogh Rasmussen, et le président étatsunien Barack Obama ont refusé de le rencontrer. Obama a également manifesté son mécontentement en omettant le Pakistan dans la liste des pays qu'il a remercié pour le soutien à l'effort militaire en Afghanistan, et en demandant ostensiblement au Pakistan de coopérer. Grâce à des fuites vers les médias, les responsables US ont par après rendu public le fait que, lors d'une session à huis clos, la secrétaire d'Etat étatsunienne Hillary Clinton a soumis Zardari à une harangue longue d'une heure.

 

Yang résume sa mission quand il a dit à Islamabad que "le Pakistan mérite le plein soutient de la communauté internationale." Il déclare qu'Islamabad a joué un rôle important dans la lutte contre le terrorisme, et il appelle la communauté internationale à le reconnaître.

 

Yang a souligné que "La Chine continuera à soutenir fermement le Pakistan et à protéger sa souveraineté, son indépendance, son intégrité territoriale et sa dignité." Il a bien fait comprendre qu'il était à Islamabad pour renforcer et faire avancer le partenariat stratégique entre la Chine et le Pakistan.

 

M. Yang a indiqué que dans la situation internationale en évolution, la relation sino-pakistanaise  ajoute une signification stratégique pour la promotion de la paix mondiale, la stabilité et le développement. La Chine apprécie le rôle important et actif joué par le Pakistan dans les affaires internationales et régionales, a-t-il déclaré.
[...]L'agence Xinhua a rapporté que la Chine et le Pakistan ont convenu de «renforcer la coordination multilatérale et de sauvegarder les intérêts communs des deux côtés.» La référence semble être le rôle du Pakistan dans l'OCS, dont le prochain sommet à Beijing verra la présence de M. Zardari.

 

Alors que la visite officielle de Yang avait un ordre du jour de vaste portée, les consultations avec Kabulov étaient centrées sur des points précis. Il est venu à Islamabad essentiellement pour discuter de la situation en Afghanistan et de la prochaine visite au Pakistan du président russe Vladimir Poutine.

 

Kabulov est l'expert diplomatique clef de Moscou sur les problèmes afghans. De sources pakistanaises, il aurait dit au Premier ministre Yusuf Raza Gilani que "d'énormes points communs" existaient entre la Russie et le Pakistan sur les questions régionales et la coopération bilatérale. De toute évidence, il est question de la situation autour du problème afghan, où la Russie et le Pakistan cherchent  à avoir un rôle plus important, alors que les États-Unis cherchent à les engager de manière sélective pour des rôles spécifiques.

 

La visite de Poutine au Pakistan, qui devrait avoir lieu "bientôt", sera la première visite d'un chef d'Etat russe dans l'histoire de six longues décennies de relations entre les deux pays. Elle permettra de consolider la métamorphose remarquable que connaissent dans les relations entre les deux pays depuis deux ou trois ans.

 

Le fait que Poutine ait choisi le Pakistan comme l'une de ses premières visites à l'étranger après sa prise de fonction en tant que président, témoigne de la "saute d'humeur" dans la géopolitique de la région. De nombreuses tendances doivent être prises en compte ici.

 

La Russie se prépare à jouer un rôle effectif dans les affaires mondiales. Sa position ferme sur la Syrie et l'Iran, on peut s'attendre à ce qu'elle s'étende au Pakistan et en Asie centrale. La Russie a laissé sa participation au sommet de l'OTAN à un niveau faible, et a veillé à ce qu'aucun des dirigeants d'Asie centrale qui avaient été invités - du Kazakhstan, Ouzbékistan, Kirghizistan et Tadjikistan - n'y assistent. Pendant ce temps, Moscou a également accueilli un sommet de l'Organisation du Traité de sécurité collective (OTSC). Poutine va mener des visites en Biélorussie, au Kazakhstan et en Ouzbékistan au cours de la semaine à venir, et il est pratiquement en train de lancer son projet eurasien.

 

Il y a des signes que Moscou attende de l'OCS qu'elle adopte des positions communes sur des questions régionales et internationales. Le sommet de Beijing pourrait officialiser un "mécanisme" à cette fin. Les médias russes ont prévu que le sommet soutiendra les préoccupations de la Russie sur la question de la défense antimissile US.

 

Pendant ce temps, la "réinitialisation" [« reset »] USA-Russie reste dans les limbes, et il est probable qu'elle pourrait encore se dégrader dans les mois à venir, jusqu'à ce qu'une nouvelle administration prenne le relais à la Maison Blanche au début de l'année prochaine. Les échanges sont devenus de plus en plus acrimonieux sur le plan diplomatique. L'adversaire républicain d'Obama, Mitt Romney, a qualifié la Russie de « force déstabilisatrice sur la scène mondiale » et d' « ennemi géopolitique n°1 » des USA ; il a promis un «re-reset» des liens américano-russes. Obama ne peut pas se permettre d'être vu comme "doux" à l'égard de la Russie. Clairement, la Russie a été entraînée dans le tourbillon de la campagne des élections présidentielles US.

 

Sans tenir compte des objections russes, l'OTAN a également décidé au sommet de Chicago d'aller de l'avant avec le déploiement du système US de défense antimissile. Moscou a déjà averti qu'elle prendra des contre-mesures. Un nouveau système de missiles de ‘cinquième génération’ a été testé la semaine dernière. Par-dessus tout, Washington persiste avec une politique intrusive dans la politique intérieure russe, et se positionne pour contester le projet eurasien de Poutine.

 

D'autre part, la Russie et le Pakistan se sont étroitement consulté sur la situation afghane, et ils reconnaissent leurs intérêts légitimes réciproques. Tous deux affirment la primauté de l'approche régionale pour résoudre le problème afghan. Chaque partie reconnaît que l'autre a un rôle important à jouer dans cette 'fin de partie' afghane. Une bonne relation de travail s'est développée depuis un an ou deux. La Russie travaille au Pakistan dans le cadre bilatéral ainsi que dans le cadre d'un forum qui comprend en plus le Tadjikistan et l'Afghanistan.

 

Pour sa part, le Pakistan regarde positivement les politiques régionales russes comme favorisant ses propres intérêts vitaux. Plus important encore, le Pakistan et la Russie partagent un profond scepticisme au sujet de la "transition" conduite par les Etats-Unis en Afghanistan et de la capacité des forces de sécurité afghanes à maintenir la sécurité. Tous deux estiment que l'OTAN a perdu la guerre, mais qu'elle est en train de préparer le terrain pour garder une présence militaire à long terme à un coût acceptable. En résumé, ils ressentent fortement la nécessité pour eux de travailler ensemble pendant cette prochaine ‘transition’ en Afghanistan et la période post-2014.

 

La géopolitique de la guerre en Afghanistan concerne la Russie et le Pakistan. Ni l'un ni l'autre n'est disposé à accorder foi aux affirmations des États-Unis sur les objectifs de cette guerre. La Russie a autant de soupçons que le Pakistan sur les intentions des États-Unis. En même temps, tous deux sont conscients de la vulnérabilité de l'OTAN et des USA sur les voies de transit à travers le Pakistan et le réseau de distribution du Nord. Le Pakistan n'est pas seul à réclamer une augmentation du tarif pour ce transit.

 

Le Pakistan cherche avidement un allié en la Russie pour gagner un espace stratégique vis-à-vis des États-Unis, pendant que Moscou voit s'ouvrir une fenêtre d'opportunité pour retrouver son influence perdue en Asie du Sud, après la défaite en Afghanistan dans les années 1980. Ainsi, le Pakistan va vraisemblablement devenir un élément clé dans l'évolution des stratégies régionales russes. Comme Moscou ne peut manquer de le voir, la réalisation des objectifs des USA en Afghanistan et en Asie centrale est largement fondée sur la coopération du Pakistan comme un partenaire de bonne volonté.

 

Autrement dit, afin de contrecarrer efficacement l'orientation stratégique des USA en Asie centrale, la Russie (et la Chine) auraient tout intérêt à renforcer l'autonomie stratégique du Pakistan et sa capacité à résister aux pressions des États-Unis. Le Pakistan, pour sa part, a montré un cran remarquable en s'opposant aux pressions étatsuniennes. Le projet US de "Nouvelle Route de la Soie" pour éroder l'influence russe et chinoise en Asie centrale est mort-né sans la pleine coopération du Pakistan.

 

Toutefois, un partenariat russo-pakistanais ne peut pas exister dans le vide. Les relations bilatérales sont à peu près nulles à l'heure actuelle. Pour qu'un partenariat stratégique puisse survivre et se renforcer au fil du temps, il lui faut un contenu substantiel. C'est ici qu'on peut s'attendre à ce que la visite de Poutine serve de déclencheur. Kabulov a déclaré à Gilani que Poutine attendait avec impatience une visite «productive», qui jouerait un rôle dans le renforcement de la coopération multiforme entre la Russie et le Pakistan.

 

Kabulov a discuté l'ordre du jour de la visite de M. Poutine. Gilani a listé la mise à jour du Pakistan Steel Mills à Karachi, la coopération dans la défense, et l'énergie parmi les domaines potentiels de coopération. [...] De manière significative, M. Gilani a salué la participation russe dans le projet de gazoduc Iran-Pakistan, et a souligné que « certaines propositions spécifiques » avaient déjà été discutées.

 

En termes géopolitiques, le réchauffement des liens russo-pakistanais s'engrène à la coordination croissante entre Moscou et Pékin sur les questions régionales et internationales. Le fait que Yang et Kabulov aient visité le Pakistan à la même période suggère un certain degré de coordination sino-russe dans leur politique régionale envers le Pakistan. En effet, ni Yang ni Kabulov n'ont ouvertement poussé le Pakistan vers un «défi stratégique» contre les Etats-Unis. Mais ils n'ont même pas à le faire. Le nouveau paradigme présente déjà au Pakistan une occasion sans précédent de négocier avec les Etats-Unis à partir d'une position de force.

 

La perspective de la visite de Poutine au Pakistan est très inquiétante pour Washington à l'heure actuelle. Dans des circonstances normales, Washington aurait pu regarder la courbe ascendante des relations russo-pakistanaises avec sérénité, puisque la Russie et la Chine n'auraient qu'une influence modératrice sur le Pakistan. Mais ce sont des temps extraordinaires, avec les USA à couteaux tirés avec Moscou et Pékin.

 

L'échec total de la stratégie étatsunienne en Afghanistan se trouve exposée en termes de son exceptionnalisme et l'absence absolue d'un consensus régional. Yang et Kabulov pourraient avoir été les meilleurs alliés des Etats-Unis en exhortant le Pakistan à travailler avec la communauté internationale pour une paix durable en Afghanistan. Le paradoxe est que, même dans la situation qui prévaut de forte volatilité des relations des USA avec la Russie et la Chine, ils pourraient bien avoir fait cela, mais sans appel d'offres de Washington.

Pakistan gets a cuddle and a hug]

M K Bhadrakumar

Asian Times 2 juin 2012

http://www.atimes.com/atimes/South_Asia/NF02Df03.html


1-6 Stanechy.over-blog : OTAN : Trou Abyssal ou Peste Noire ?… 

« Nous sommes prêts, archi-prêts. Si la guerre devait durer un an, nous n’aurions pas un bouton de guêtre à acheter. » dixit Maréchal Edmond Le Boeuf – Ministre de la Guerre – 1870 (1) 

Georges Stanechy 

 Une réunion mondaine à 55 millions de dollars

Sommet de l’OTAN à Chicago. Deux jours : dimanche 20 et lundi 21 mai 2012. Coût estimé de l’organisation de cette réunion mondaine, au minimum : US $ 55 millions. (2)

Illustration de l’arrogance, l’inconscience, l’irresponsabilité, de la caste dirigeante des pays occidentaux incarnant les intérêts du colossal “complexe militaro-­industriel” dominant le monde.

Symbole de l’argent de la collectivité jeté par la fenêtre dans des budgets militaires pharaoniques, par des politiciens affirmant à leurs électeurs, la main sur le cœur, que la « crise » oblige de diminuer, sabrer, salaires, retraites, services publics, accès aux soins et à l’éducation…

« Endettement », « Crise », « Trou », prétextes systématiquement invoqués avec lamentations et fureurs, sauf pour ce qui est des dépenses en armements et en expéditions militaires. Qui, Ô miracle, n’ont jamais à justifier de “recettes” pour équilibrer leurs “dépenses”. Au contraire. Y toucher serait mettre en péril la « sécurité nationale ». D’ailleurs, le sujet n’est jamais abordé, spécialement en France, ni dans les médias “dominants”, ni au cours des campagnes électorales : tabou !

Le peuple américain excédé s’est mobilisé, avant et pendant ce sommet, au cours d’impressionnantes manifestations (3), malgré les violences policières dans une ville en état de siège. Le Congrès ne cessant de voter des lois pour diminuer services publics et programmes sociaux d’une importance vitale pour les “sinistrés du chômage”, alors que le budget militaire du pays atteint la somme faramineuse de 1000 milliards de dollars. (4)

Non compris le budget annuel de US $ 100 milliards pour les guerres d’Irak et d’Afghanistan. Non compris le budget annuel de l’armement nucléaire de US $ 530 milliards, habilement camouflés dans le budget du ministère de l’Energie (Department of Energy – DEO). Auxquels s’ajoutent annuellement US $ 18 milliards, sous le même camouflage comptable, pour mise au point et maintenance des armes nucléaires. (5)

Non compris les milliards de dollars « d’aide militaire », sous forme de dons, de subventions, et diverses cabrioles ou déguisements budgétaires, dans une multitude de pays. Par dizaines. Pour certains, par centaines de milliards de dollars. Non compris tous les financements relevant de la sécurité intérieure, opérations spéciales et barbouzeries en tous genres, etc.

En comparaison, le budget fédéral annuel pour l’éducation est de : US $ 64 milliards…

Expression d’un “ras le bol” en écho de celui formulé en Allemagne, qui a duré quatre jours à Francfort, notamment devant le siège de la Deutsche Bank, contre le système bancaire et les mesures d’austérité, dans une implacable répression policière.

Symptomatique : à Francfort, sont apparues des affiches sur le thème « Non à l’Etat Policier » (“Polizei Staat – Nein Danke”) (6). A Chicago, sur un thème similaire : « Ce gouvernement ne nous représente pas, ou ne représente pas les Etats-Unis » (“This government does not represent US”), jouant sur le mot « nous » (“us”, en anglais) et Etats-Unis (“U.S.”, United States).

Bien sûr, nos médias occultent méticuleusement toutes références, informations, photos, vidéos, documentaires, réactions en continu des “réseaux sociaux”, traitant de ces incessantes et massives manifestations. Censure… Nous ne sommes pas en Russie, Chine, ou habituels déversoirs des diabolisations médiatiques.

Aveuglement, aussi, car par-delà frontières et langues se forge une plate-forme commune de la révolte en Occident : les populations s’insurgeant progressivement contre des gouvernements qui, une fois au pouvoir, forts de leurs appareils répressifs aux budgets sans limites, ne pratiquent que l’injustice sociale et économique au seul bénéfice d’une minorité de privilégiés. Transformant nos sociétés en Etats policiers. Pire : rejetant, horrifiés, toute allusion à un « Etat Providence » diabolisé pour prétendre redistribuer la richesse nationale, préférant glorifier sereinement le culte d’un « Etat Belliciste ».

Normal, sachant que parmi ces privilégiés figurent, en tête de liste, les bénéficiaires des dépenses militaires. Moins les porteurs d’uniformes souvent considérés, hors les signataires des contrats et bons de commande, comme de la vulgaire piétaille mal payée par leurs propres fournisseurs ou employeurs, que les actionnaires des multiples sociétés du secteur, industriels, financiers, intermédiaires et porteurs de valises dans les paradis fiscaux. S’engraissant des délires guerriers activés par leurs propagandes, tambourinées dans les médias dont ils sont propriétaires, pour anesthésier les populations.

Longue tradition de ce vampirisme des finances publiques qu’on appelait, en France, sous l’Ancien Régime, le Directoire ou l’Empire : les « fournisseurs aux armées ». Bâtissant d’immenses fortunes privées, sur fond de corruption, de surfacturation, d’escroquerie sur qualité et quantité livrées, dans les ventes d’armes et d’équipements aux armées nationales. L’histoire n’a pas oublié les ravages, dans l’impunité étant aussi « banquiers », de certains d’entre eux : Ouvrard, Hinguerlot, Lanchère, Bodin, Seguin, etc.

De nos jours, la meilleure vitrine de ce parasitisme, sous couvert de “la protection de La Liberté et de l’Etat de Droit” : l’OTAN. Sauf que les citoyens concernés, dans leur majorité, n’y reconnaissent aucun des besoins, priorités et valeurs du “vivre solidairement ensemble”, préférant y jeter les pavés de leur mépris et colère.

Pôle d’incompétence et de stupidité

Dès son titre, le rapport de l’OTAN rendu public la veille de ce sommet (rédigé par un groupe d’experts présidé par Madeleine Albright…), le 17 mai 2012, renouvelle sa campagne de communication ou, plutôt, de désinformation (7) : 

OTAN 2020 : Une sécurité assurée ; Un engagement dynamique – Analyse et Recommandations du groupe d’experts pour un nouveau concept stratégique de l’OTAN”.

Parmi ses déclarations « angéliques », certaines sont sidérantes de culot :

« L’OTAN prospère comme une source d’espoir parce que, depuis le tout début, ses États membres ont défini leur programme commun en termes positifs : renforcer la sécurité internationale, sauvegarder la liberté et promouvoir l’état de droit.

Ces objectifs ne sont ni limités par un quelconque calendrier, ni diminués par quelque progrès technologique que ce soit. Ils ne dépendent d’aucun adversaire particulier.

Ils répondent à des besoins immuables, et ils perdureront aussi longtemps que l’OTAN – par l’unité de ses membres, le courage de leurs citoyens et la libre expression de sa volonté collective – aura à cœur de les défendre. » (8)

D’autres, d’une insondable stupidité :

« Il est difficile de prévoir précisément ce que seront les dix prochaines années. » (9)

Il est vrai qu’en termes de prétention, de mégalomanie, d’imbécillité, de fanatisme, l’OTAN ne varie pas d’un iota : « immuable ». De rapport en rapport, perpétuation de la « géopolitique de la paranoïa ». Rappelant un des plus significatifs, celui préparatoire au sommet de Bucarest du 2 au 4 avril 2008, intitulé :

Towards a Grand Strategy for an Uncertain World- Renewing Transatlantic Partnership”.

Un modèle du genre, que j’avais feuilleté dans deux billets :

i)  “Je fanatise”, donc : “J’atomise”

ii) De l’Idéologie coloniale à la Paranoïa guerrière : la fin de l’utopie démocratique

Depuis la fin de la “Guerre Froide”, l’évolution de cette organisation sans contrôle démocratique est une calamité pour l’humanité.

On ne compte plus les désastres humanitaires provoqués par ses divagations martiales. Prétendant substituer la guerre à la diplomatie, la « sanction » précédant la « frappe », spécialisée dans le démembrement d’Etats souverains, la propagation du chaos des guerres civiles, la création de conflits ethniques et religieux, ce sont des millions de morts, de blessés, de traumatisés, et des milliards de destructions, dont elle s’est rendue, et se rend, responsable.

La liste est longue. Nous en connaissons les plus notables : de la dévastation  de la Yougoslavie à celle de la Libye en passant par la pulvérisation de l’Irak, jusqu’au désastre Afghan. Car en Afghanistan, il s’agit bien d’un « désastre » pour ce pays et sa population, mais aussi au détriment de nos priorités nationales par la masse de milliards engloutis dans une des expéditions coloniales les plus “déjantées” que l’Histoire ait connues.

Evidemment, comme dans toute guerre coloniale, beaucoup y trouvent leur compte. Jusqu’au marché international de la drogue, à partir d’un pays où l’OTAN scrute, nuit et jour, chaque mètre carré de terrain, chaque mètre de route, de chemin et de piste, chaque cargaison de véhicule en circulation :

« La production de pavot à opium a été multipliée par plus de 40 en Afghanistan depuis que l’Otan y est présente, a annoncé jeudi à Moscou Viktor Ivanov, directeur du Service fédéral russe de contrôle des stupéfiants (FSKN). » (10)

Vecteur d’obscurantisme

Irresponsabilité ? Hypocrisie ? Vénalité ? Cynisme ?…

Entre toutes ces tares, on ne sait que choisir à la lecture du chapitre 1 du rapport, traitant de « L’environnement de sécurité », autrement dit des « risques internationaux », dans ses deux volets « contexte » et « analyse ». Tant on reste médusé par la perpétuation de l’obscurantisme idéologique d’une organisation dont la vocation première est de réaliser un travail de réflexion prospective sur les dangers minant la paix dans le monde. (11)

Sciemment, sont occultés principaux risques et déflagrations potentielles majeures. Quatre exemples :

i)  La volonté délibérée des pays occidentaux de laisser perdurer le plus explosif foyer de tensions que représente la Palestine occupée, démembrée, “nettoyée ethniquement”, depuis plus de 60 ans, dans l’hyperviolence et le carnage, dans la non application à ce jour d’une quarantaine de résolutions de l’ONU s’imposant aux forces coloniales d’occupation.

Complices d’un blocus aussi sauvage qu’illégal, enfermant depuis plusieurs années une population de plus de 1,5 millions de personnes dans ce qui restera dans l’Histoire comme le plus grand camp de concentration de civils : Gaza.

Le tout évacué, édulcoré, en 8 mots :

« … les tensions qui couvent entre Arabes et Israéliens. » (12)

ii)  La diabolisation permanente de l’Iran, entretenant un climat de suspicions et de tensions au potentiel foudroyant pour la région et le monde (13). Imposant à ce pays des sanctions unilatérales par les principaux membres de l’OTAN (USA & UE), contraires au droit international, au Traité de Non Prolifération Nucléaire autorisant le nucléaire civil à ses signataires, à la Charte et aux propres résolutions de l’ONU.

Avec le dessein à peine dissimulé de provoquer une “guerre préventive” d’anéantissement et de conquête similaire à celle d’Irak, d’Afghanistan et de Libye qui, dans ce cas, serait le prélude à une troisième guerre mondiale. Sous des prétextes aussi irrationnels que ridicules, tels que :

« … l’opacité des intentions de Téhéran. » (14)

iii)  Le soutien, générateur de violentes révoltes à venir, aux pires dictatures sur tous les continents, dès lors que les dirigeants souscrivent à la prédation des ressources de leurs pays par les entreprises occidentales.

Notamment dans la péninsule arabique, les autocraties ultracorrompues, créations artificielles des occidentaux à la suite de la répartition des dépouilles de l’Empire Ottoman le lendemain de la première guerre mondiale : Arabie saoudite, pétromonarchies du Golfe. Comme on le constate, depuis plusieurs mois, dans le silence complice dissimulant l’impitoyable répression des révoltes populaires au Bahreïn. Sans oublier le régime férocement policier de la monarchie d’opérette, non pétrolière : la Jordanie.

iv)  La propagation de l’injustice sociale et économique, y compris dans les pays occidentaux, provoquant l’augmentation exponentielle du chômage et de la paupérisation.

Faim et misère dans des pays riches de leurs ressources pillées par les entreprises occidentales, comme en Afrique, agricoles (café, coton, cacao, thé, fruits et légumes primeurs), halieutiques (poissons du Golfe de Guinée ou des côtes de Mauritanie), minières (pétrole, uranium et métaux rares) ?

Impossibilité d’accès à l’eau potable, à l’éducation, à la santé, pour des centaines de millions de personnes ?…

Pour l’OTAN : aucune importance. Tout est pour le mieux, dans le meilleur des mondes…

Bureaucratie de la gabegie

En fait, le sommet de Chicago n’avait pas pour but de réévaluer principes et politiques de l’OTAN jusqu’en 2020, de réfléchir sur la fin de l’occupation de l’Afghanistan (15), sur l’évolution du présent siècle ou du monde de demain. Mais, de valider les hallucinations et les actions guerrières du bras armé d’un dogme colonial, mégalomaniaque et impérial, d’un autre siècle.

Manlio Dinucci l’énonce avec clarté :

« Ainsi l’Alliance se renouvelle-t-elle, en s’abreuvant à la source de sa jeunesse : la guerre. » (16)

Au-delà de la doctrine ou du catéchisme qu’elle véhicule, que dire de cette bureaucratie de la gabegie ? A part nos “responsables politiques”, nos élus (tous partis confondus), et les médias de la propagande, tout le monde le sait, le reconnaît. A commencer par son pathétique secrétaire général, l’ancien responsable du gouvernement danois Anders Fogh Rasmussen :

« … il faut couper la graisse et garder le muscle. Ainsi l’OTAN qui compte environ 13.000 hommes à son quartier-général dans les 11 postes de commandement, en comptera 9.000 à terme. » (17)

Tour de Babel, aux empilements de ramifications et de strates, dans une bousculade de sous-traitants, “prestataires de sécurité”, et officines annexes :

« L’OTAN compte, en réalité, aujourd’hui près de 20.000 personnes. Car un certain nombre d’agences, plus ou moins indépendantes, ont été créées, et comptabilisent au compteur plus de 6.000 personnes. Soit la moitié de l’effectif cité par le secrétaire général. Ce qui est loin d’être négligeable ! » (18)

Millefeuille, aux débordements immaîtrisables :

« Comme le « Budget civil de l’Otan » pour l’entretien du quartier général à Bruxelles et du staff civil : environ un demi milliard de dollars annuels, dont 80% sont payés par les alliés européens. Comme le « Budget militaire de l’Otan » pour l’entretien des quartiers généraux subordonnés et du personnel militaire international : presque 2 milliards annuels, payés à 75% par les Européens. » (19)

Panier percé, aux tuyauteries alambiquées pour mieux servir les petits copains :

« Quant au budget global de fonctionnement de l’OTAN, il atteint la modique somme de 2 milliards de Dollars US. […] Les marchés que passent la NAMSA (NATO Maintenance & Supply Agency) assure un diplomate,vont souvent pour une bonne partie […] à des firmes américaines ou canadiennes qui utilisent des entreprises sous nom belge, en couverture”. » (20)

Quant aux généreuses contributions de la France à cette dispendieuse usine de courants d’air, par centaines de millions d’euros annuels, nos pointilleux économistes médiatiques et journalistes d’investigation sont incapables, à ce jour, d’en définir, trouver, retranscrire, tracer, les montants précis. Encore moins, notre Cour des Comptes. Il est vrai que ces deniers publics n’ont pas pour destination la santé publique, les retraites ou l’éducation nationale…

D’autant que le propre budget militaire, de la défense, de la France, dans son élaboration, sa justification et sa gestion, se révèle encore plus “abracadabresque”. 

France : son budget militaire représente la moitié de celui de la Chine

En France, comme dans les autres pays membres de l’OTAN, impossible d’aborder une quelconque réflexion, analyse, mise en perspective, sur le budget de la défense nationale, sans déclencher fureurs et anathèmes.

L’OTAN considère, en effet, comme une catastrophe pour “la protection de la civilisation” l’insuffisance des dépenses d’armement des pays occidentaux. Fustigeant les 28 Etats membres, à la veille d’être considérés en « Etats voyous », pour leur négligence ou leur manque de courage. L’idéal étant de « faire aussi bien » que les Etats-Unis (21) :

« Le principal obstacle à la transformation militaire est l’insuffisance des dépenses et des investissements de défense en Europe. Aujourd’hui, il n’y a que six Alliés européens sur vingtsix qui consacrent 2% ou plus de leur PIB à la défense… ».

« Un fossé particulièrement large s’est creusé entre les capacités des États-Unis et celles des autres pays de l’OTAN, et ce déséquilibre, s’il n’est pas corrigé, pourrait nuire à la cohésion de l’Alliance. »

La bureaucratie de l’Union Européenne, prenant le relais de cet alarmisme par la voix de Claude-France Arnould, directrice de l’Agence Européenne de la Défense, sur l’insuffisance des dépenses militaires dans l’Union Européenne, particulièrement en matière de recherche et technologie (R&T), lors du conseil des ministres de la Défense du jeudi 22 mars 2012 (22) :

« Il est urgent de trouver des réponses et de limiter les conséquences des baisses de budget ».

Dans le cas particulier de la France, même des publications se voulant « sérieuses », citons celles du “Laboratoire de Recherche sur la défense” de l’IFRI, sonnent frénétiquement le tocsin (23) :

« … chaque diminution de l’effort de défense en part du PIB ou en pourcentage du budget de l’Etat fragilise le modèle de défense français ».

La France “fragilisée” ?… Ciel ! La peur me tenaille le ventre… Je n’en dors plus.

Je me suis donc rendu à Stockholm, pour sonner à la porte du très sérieux et incontesté “Stockholm International Peace Research Institute” (SIPRI) qui compile et analyse tous les budgets militaires de la planète. Pour mieux les comparer, il les convertit en US $ dans une base de données consultables sur internet.

D’après les derniers chiffres disponibles, le budget de la défense de la France atteint, pour 2011 : 58, 244 milliards de dollars (non compris celui de la gendarmerie). Ce qui représente environ la moitié de celui de la Chine !… Autre particularité : la Chine n’a pas encore de porte-avions, alors que nous en possédons un qui fait notre fierté : le Charles de Gaulle. Pas mal pour un pays comme la France qui, en termes de population et de territoire, représente l’équivalent d’une petite sous-préfecture chinoise.

J’ai retrouvé le sommeil.

D’autant que notre budget militaire est comparable, et même supérieur, à celui de nos principaux partenaires européens, Grande-Bretagne (≥ + 0,64 %) et Allemagne (≥ + 34 %) notamment, comme il ressort de la base de données SIPRI (24) :

Budgets de la défense 2011- en milliards de dollars

 

Allemagne

43, 478

Grande-Bretagne

57, 875

France

58, 244

Russie

64, 123

Chine

129, 272

France + GB + RFA

159, 597

Parmi nos voisins, et néanmoins amis, seul le budget militaire de la Russie dépasse celui de la France (≥ + 10,09 %). Quoi de plus compréhensible, toutefois, pour un pays aux immenses ressources naturelles convoitées, dont le territoire est 37 fois plus grand que le nôtre ?

L’examen de ces budgets est encore plus impressionnant, ou relaxant suivant les points de vue, en constatant que le cumul de ceux des trois premiers pays européens (France + GB + RFA), avec 160 milliards de dollars annuels, est supérieur de 23,45 % au budget militaire de la Chine. L’épouvantail permanent, dont on invoque le « surarmement », pour faire peur dans les chaumières, alors qu’il s’agit d’un pays de 1,5 milliards d’habitants, répartis sur une superficie de 9,6 millions de km².

En fait, le budget militaire annuel de la Chine ne dépasse pas 5 % du total des budgets militaires des 28 Etats membres de l’OTAN et de ses alliés de l’hémisphère sud. N’oublions pas, en effet, ceux des autres Etats, dits “occidentaux”, aux budgets militaires fortement musclés, relativement à leur population et superficie : Australie (22, 955), Corée du sud (28, 280), Japon (54, 529), Nouvelle-Zélande (1, 566), Taïwan (8, 888), etc.

Les lobbies bellicistes ne lâchent pas prise, pour autant, exerçant toutes les pressions sur les gouvernements, campagnes de propagande forcenées dans les médias en renfort : il est nécessaire, prioritaire, de s’armer sans fin. Objectif : l’instauration progressive d’une « règle d’or ». Sous forme, d’un budget annuel de la défense, exprimé en un pourcentage du PIB garanti, similaire au minimum à celui des Etats-Unis.

Un dogme à inscrire, pourquoi pas, dans la Constitution de chaque Etat membre de l’OTAN. Je force à peine le trait, tellement les réactions politiciennes deviennent hystériques dès qu’on souhaite exercer un minimum d’esprit critique à l’égard de ces budgets mirifiques.

Immédiatement est dégainée la logique « avec nous ou contre nous », avec la question classique telle qu’elle est énoncée caricaturalement dans un rapport de la commission des finances du Sénat (Rapport général n°107, p 77) pour faire taire toutes remises en cause :

« Pensez-vous que la France puisse se passer d’une défense, d’une armée, des moyens d’assurer sa sécurité extérieure ? »…

Evidemment : non. Il ne s’agit pas de verser dans l’utopie d’un désarmement unilatéral et immédiat.

En ce cas, est-on contraint de dire « amen », aux dérives et dérapages des budgets concernés ? Est-il interdit de réfléchir à la charge écrasante qu’ils représentent au détriment des besoins de la population, sans proposer priorités et arbitrages fondés sur le bon sens et l’intérêt collectif ? Quand on sait qu’en France, en 2010, le budget de la défense a représenté en France :

« 69 % (9,5 milliards d’euros) de l’ensemble des dépenses d’investissement de l’Etat »… (25)

Ou, alors, faut-il considérer les budgets de la défense comme une “poule aux œufs d’or” (sous couvert d’une « règle d’or ») pour une poignée d’actionnaires privés, détenteurs des grands médias, “faiseurs” de politiciens, gouvernements et présidents de nos « démocraties » ?…

Est-on sommé, condamné, à faire l’impasse sur le contrôle des facteurs de coûts de revient des prestations et matériels facturés à l’Etat, à notre collectivité, et donc sur la formation, l’affectation ou la destination, des marges bénéficiaires plantureuses dégagées par ces industriels de l’armement ?… Qui sont tous, bizarrement, parmi les grands milliardaires de nos sociétés, même s’ils se font le plus discrets possibles.

Est-on interdit de se demander si une des premières mesures de diminution des coûts de l’armement, et de blocage des mécanismes de corruption, ne passe pas par l’urgente « nationalisation » de cette industrie ?… Les marges dégagées revenant à l’Etat actionnaire qui en déciderait de leur emploi, au lieu d’en alimenter les paradis fiscaux.

Tout le monde sait qu’une nationalisation des principaux industriels « privés », accompagnée d’un contrôle rigoureux de la maîtrise des coûts (par une Cour des Comptes spécialisée, réellement compétente et indépendante du pouvoir politique …), entraînerait dans un premier temps u  minimum d’économie de 33% sur les marges.

D’ailleurs, les marges fabuleuses des industriels privés trouvent déjà leur butoir… Avec des taux d’inflation exponentiel de 20 à 40 % par an, en particulier à partir du 4° trimestre 2011, comme il ressort d’une étude sur “l’inflation des prix industriels de la défense” à partir d’une base 100 en 2005 (26). Jusqu’où comptent-ils aller ?…

En prospective de simulation budgétaire militaire, existe une loi statistique dite « Loi Augustine » (formulée par Norman Augustine, ancien responsable du géant de l’armement Lockheed Martin) s’appliquant aux forces aériennes. Mais, valable pour tout système d’armement dit « technologiquement sophistiqué ». Sachant que le prix d’un avion tactique augmente 4 fois tous les dix ans, l’extrapolation livre la conclusion ubuesque qu’en 2054 :

« … le budget de la défense entier [des USA] ne permettra d’acheter qu’un seul avion tactique ». (27)

C’est aller droit dans le mur.

Faut-il considérer l’OTAN, l’idéologie du surarmement et du bellicisme que cette organisation représente, les masses de capitaux gaspillés, comme un « Trou Abyssal », éminemment toxique pour l’avenir, la sécurité, et le bien-être de nos sociétés ?…

Pour ma part, je serai plus nuancé…

Devant l’incapacité de nos élus, complices et irresponsables, à museler, maîtriser une organisation bureaucratique composée de technocrates, agissant comme une superpuissance, supérieure à l’ONU en tant qu’arbitre des relations internationales, au vu des ravages humains et destructions massives qu’elle accomplit, gère et prépare, je considère que nous sommes face au plus grand danger de l’humanité du XXI° siècle.

L’OTAN est une organisation moyenâgeuse, imposant des dogmes, mettant en œuvre une Inquisition, prononçant des “diabolisations” ou “excommunications” pour blasphèmes ou hérésies, dans des procès en sorcellerie fondés sur le “délit d’intention”, dotée d’un système de propagande dont le niveau de délire et de désinformation se révèle, à présent, impossible à réguler par nos instances démocratiques de plus en plus réduites par la limitation incessante des libertés publiques.

Au-delà de la régression intellectuelle de cette “nouvelle religion”, idéologie militariste fondée sur le fanatisme colonial, par les désolations et carnages humains qu’elle provoque, et planifie de provoquer, en chiffres cumulés, nous retrouvons l’équivalent des millions de morts et immenses dévastations que l’Humanité a connus au 14° siècle dans de multiples pays, en Europe, au Moyen-Orient et en Asie, sous l’effet de la Peste Noire.

Oui. L’OTAN représente la “Peste Noire” du XXI° siècle.

 

(1)  Célèbres paroles du responsable de l’armée française, la veille de sa déroute face à la Prusse, en 1870… Il se rendit aux Prussiens à Metz, et fut emmené comme prisonnier de guerre en Prusse.

(2)  Ludo De Brabander, NATO in Crisis, 18 mai 2012, http://truth-out.org/news/item/9228-nato-in-crisis

(3)  Over 1,000 join 2nd day of anti-NATO protests in Chicago (photos, video), 20 mai 2012, http://rt.com/usa/news/chicago-protests-nato-summit-689/

(4)  La veille du sommet, le 18 mai 2012, une imposante manifestation a été organisée par le syndicat national du personnel de santé (National Nurses United), pour protester contre la diminution de leurs retraites, réclamant une taxe « Robin des Bois » (Robin Hood) sur les transactions financières et dénonçant les gaspillages de l’argent public dans les guerres organisées par l’OTAN, http://rt.com/usa/news/chicago-nato-summit-nurses-655/

(5)  Chris Hellman & Mattea Kramer, “Spend, spend, spend”, Asia Times, 24 mai 2012, http://www.atimes.com/atimes/Global_Economy/NE24Dj04.html 

(6)  Exemple dans la photo n° 2 (Reuters / Alex Domanski) de l’article : Blockupy Frankfurt: Thousands wrap up four-day protests (video, photos), 19 mai 2012, http://www.rt.com/news/occupy-frankfurt-rally-675/

(7)  Rapport : “OTAN 2020 : Une sécurité assurée ; Un engagement dynamique – Analyse et Recommandations du groupe d’experts pour un nouveau concept stratégique de l’OTAN”, 17 mai 2012, http://ancien.operationspaix.net/IMG/pdf/OTAN_-_Une_securite_assuree_un_engagement_dynamique_-_Analyse_et_recommandations_du_groupe_d_experts_pour_un_nouveau_concept_strategique_de_l_OTAN_mai_2010_.pdf

(8)  Rapport “OTAN 2020”, Op. Cit., p. 49.

(9)  Rapport “OTAN 2020”, Op. Cit., p. 15.

(10)  “Afghanistan-drogue : la production multipliée par 40 depuis l’arrivée de l’OTAN”, RIA Novosti, 28 janvier 2012, http://fr.rian.ru/world/20100128/185952806.html

(11)  Rapport “OTAN 2020”, Op. Cit., p. 15 – 19.

(12)  Rapport “OTAN 2020”, Op. Cit., p. 18.

(13)  Rions un peu : en France, un des plus exaltés dans ces postures inquisitoriales (à part les membres de nos gouvernements successifs) est l’ancien premier conseiller à l’ambassade de France à Tel-Aviv (2000-2004), Michel Miraillet. Il est, depuis le 24 août 2007 : « Directeur chargé des affaires stratégiques », au Ministère de la Défense !…

(14)  Rapport “OTAN 2020”, Op. Cit., p. 18.

(15)  Gareth Porter, “Afghanistan War – Excuse for NATO to maintain existence”, entretien du 27 mai 2012, Press TV, http://www.presstv.ir/detail/2012/05/27/243293/afghan-war-excuse-for-nato-to-exist/

(16)  Manlio Dinucci, L’éternelle jeunesse de l’Otan - L’art de la guerre”, (Il Manifesto), 24 mai 2012, http://www.legrandsoir.info/l-eternelle-jeunesse-de-l-otan-il-manifesto.html

(17)  Nicolas Gros-Verheyde, “OTAN- Objectif : Dégraisser le mammouth…”, 14 octobre 2010, http://www.bruxelles2.eu/defense-ue/defense-ue-droit-doctrine-politique/otan-on-va-degraisser-le-mammouth.html

(18)  Nicolas Gros-Verheyde, Op. Cit.

(19)  Tommaso Di Francesco, Manlio Dinucci, “Combien nous coûte l’Otan de la « défense intelligente » - Sommet de Chicago”, (Il Manifesto), 22 mai 2012, http://www.legrandsoir.info/combien-nous-coute-l-otan-de-la-defense-intelligente-il-manifesto.html#reactions

(20)  Nicolas Gros-Verheyde, Op. Cit.

(21)  Rapport “OTAN 2020”, Op. Cit., p. 40.

(22)  Nicolas Gros-Verheyde, “Budget militaire R&T : la cote d’alerte est atteinte”, 22 mars 2012, http://www.bruxelles2.eu/defense-ue/capacites-milit-%E2%80%93-exercices-ue/budget-militaire-rt-la-cote-dalerte-est-atteinte.html

(23)  Martial Foucault, “Les budgets de défense en France entre déni et déclin”, Focus stratégique n° 36, IFRI – Laboratoire de Recherche sur la Défense, Avril 2012, p. 14.

(24) Stockholm International Peace Research Institute, SIPRI, Military Expenditure 2011, http://milexdata.sipri.org/result.php4

(25)  Martial Foucault, IFRI, Op. Cit., p. 20.

(26)  Martial Foucault, IFRI, Op. Cit., Fig. 4 – Inflation des prix industriels de défense – base 100 – année 2005, p. 17.

(27)  Martial Foucault, IFRI, Op. Cit., p. 19.

stanechy.over-blog

29 Mai 2012,

url de l’article original:

http://stanechy.over-blog.com/article-otan-trou-abyssal-ou-peste-noire-106018714.html



Annexe

Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction est d'accord avec l'article mais doit être vu comme information.

Carte blanche contre les interventions militaires occidentales
L’échec des opérations en Afghanistan et en Irak a discrédité les interventions militaires. Avec la guerre en Libye, ses défenseurs ont cependant repris du poil de la bête. La méthode est désormais envisagée pour la Syrie, voire l’Iran. Une méthode qui pose de sérieuses questions. Après la chute de l’URSS, les États-Unis sont restés la seule grande puissance planétaire, une position dominante que ceux-ci veulent maintenir à tout prix. C’est dans ce but que, en 1949, l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (Otan) a réorienté son concept stratégique d’après-guerre. D’une alliance de défense active sur le territoire de ses États-membres, l’Otan s’est muée en une force d’intervention offensive en dehors de ses frontières (d’où le terme out-of-area, « en dehors de la zone » en anglais, NdlR). À la fin des années 1990, elle est devenue une sorte de « gendarme du monde », intervenant militairement dans de nombreux pays. Les médias n’ont entre-temps quasiment pas abordé les vrais mobiles de ces opérations out-of-area. Or il est de plus en plus évident que les pays occidentaux, sous la houlette des États-Unis, veulent compenser leur puissance économique et politique déclinante par le seul moyen qui les maintient en position de supériorité : la démonstration de force militaire.Ce n’est pas un hasard si, dans ce contexte, « l’intervention humanitaire » a trouvé un nouvel élan, les puissances occidentales cherchant à légitimer leur interventionnisme. Après de longs débats, l’ONU a accepté en 2005 le principe de la Responsibility to Protect (responsabilité de protection), ou R2P : sous des conditions strictes, les interventions « humanitaires » peuvent dorénavant être autorisées comme forme légitime d’intervention armée. Tant le principe que son application concrète sont toutefois controversés, en particulier dans les pays « receveurs » du R2P. En d’autres termes, ce sont précisément les pays à « protéger » qui sont le moins convaincus de cette méthode.Les pays occidentaux sont-ils bien placés pour déminer les conflits armés, eux qui sont responsables des deux tiers des dépenses militaires dans le monde ? Eux qui se sont taillé la part du lion des ventes d’armes dans ces mêmes conflits ? Quelle est la crédibilité de leur volonté de paix quand ils portent la responsabilité d’une grande partie des conflits de ces 20 dernières années, conflits qui ont fait des milliers de victimes (Yougoslavie, Irak, Afghanistan, Libye...) ?Une grande partie de l’opinion publique à tendance à approuver les interventions « humanitaires », partant du principe que les gouvernements occidentaux se préoccupent de la démocratie et des Droits de l’homme dans le monde. L’histoire nous montre que ce n’est pourtant pas le cas. Les armées occidentales interviendraient-elles en Irak ou en Libye si leur sous-sol ne regorgeait pas de pétrole ? Pourquoi les casques bleus se sont-ils retirés du Rwanda au début du génocide ? Pourquoi laisse-t-on Israël impuni dans son occupation des territoires palestiniens ? Pourquoi n’intervient-on pas dans les régimes les plus arriérés au monde comme l’Arabie Saoudite et le Bahreïn ? L’intervention « humanitaire » serait nécessaire, tous les autres moyens ayant échoué. En réalité, c’est souvent l’Occident qui torpille une solution pacifique négociée, ou qui ne donne pas à celle-ci des chances suffisantes pour aboutir. C’était déjà le cas pour le Koweït (1990), la Somalie (1993) et la Yougoslavie (1996-1999). Récemment encore, le président de l’Afrique du Sud avait appelé au Conseil de sécurité des Nations Unies à la mise hors-jeu de l’Union africaine dans sa recherche d’une solution négociée dans le conflit libyen.Une intervention militaire débouche presque toujours sur des conséquences contraires et franchement néfastes, entraînant un énorme coût matériel et humain. Sur le plan humanitaire, les récentes interventions en Somalie, au Kosovo, en Afghanistan, en Irak et en Libye ont été catastrophiques.

 

Par ailleurs, chaque intervention militaire incite le pays-cible à s’armer davantage, par exemple en armes de destruction massive. Chaque intervention militaire stimule ainsi, volontairement ou non, une nouvelle course à l’armement. La militarisation accrue et le déclenchement de guerres font en outre grimper en flèche l’instabilité et l’insécurité dans le monde, également chez nous. Un conflit armé cause en effet un afflux massif de réfugiés et rend les pays concernés plus sensibles aux actions de représailles et aux attentats terroristes.In fine, une intervention militaire ne résout en rien les causes du conflit. Celles-ci prennent la plupart du temps leur source dans la pauvreté et/ou une forte injustice socio-économique — également conséquences de la politique agricole et commerciale de l’Occident —, et dans la dette envers celui-ci. Les moyens consacrés à une intervention militaire suffiraient largement à appliquer une politique de développement social dans les pays concernés, ce qui constituerait immédiatement une forme efficace de prévention de la violence.Il est absurde que le monde consacre aujourd’hui 1 738 milliards de dollars aux dépenses militaires — soit le plus haut montant jamais vu dans l’histoire de l’humanité, tant en chiffres absolus que relatifs —, alors qu’il ne reste que 133,5 milliards pour la coopération au développement (soit 7,6 % des dépenses militaires).

Nous sommes fortement préoccupés par le recours de plus en plus aisé de l’Occident à l’intervention armée. Nous ne pouvons utiliser un conflit — fondé ou non — au sein d’une population locale pour déstabiliser des pays plus faibles, les attaquer ou les occuper, et ainsi saper l’ordre juridique international.

Nous ne pouvons en aucun cas permettre que l’Occident mène des interventions militaires pour des raisons géostratégiques. Nous ne pouvons plus rester spectateurs lorsque d’importants groupes d’intérêts économiques s’emparent du reste du monde « en notre nom ». Nous dénonçons la politique d’intervention occidentale présentée sous des habits « humanitaires ». Un loup ne devient pas agneau en portant la peau du mouton.
Signataires :

Lode Van Oost, ancien sous-président de la Chambre des représentants • Ruddy Doom, groupe Studie van de Derde Wereld (étude du Tiers monde) de l’Univertité de Gand • Hugo Van Dienderen, président de Groen Anvers et GroenPlus • Eddy Van Lancker, secrétaire fédéral ABVV (FGTB) • Ferre Wyckmans, secrétaire général LBC-NVK (CNE) • Ludo De Brabander, asbl Vrede • Eric Goeman, Attac Flandre et Démocratie 2000 • Lieven De Cauter, philosophe des cultures, KUL, membre du BRussells Tribunal • Luc Reychler, professeur émérite en relations internationales et études stratégiques de la KUL • Marc Vandepitte, auteur • Leen Laenens, ancienne députée • Mario Franssen, intal • Paul Van de Bavière, rédacteur en chef Uitpers • Bert De Belder, section internationale PTB • Patrick Deboosere, démographe, VUB • Dimokritos Kavadias, professeur de sciences politiques, VUB • Olivia U. Rutazibwa, Centre d’études européennes, Université de Gand

http://www.ptb.be/nieuws/artikel/carte-blanche-contre-les-interventions-militaires-occidentales.html



Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières,les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

  • " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19


15/06/2012

n° 114 - Journal des Guerres de l'Otan: du 05-06 - 14-06 - Le coup d’Houla en Syrie le prouve : les vieilles combines sont les meilleures.

n° 114 - Journal des Guerres de l'Otan: du 05-06 - 14-06 - Le coup d’Houla en Syrie le prouve : les vieilles combines sont les meilleures.


Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



  Journal des Guerres de l'Otan.  n° 114- 05-06 - 15-06 

            C.De Broeder & M.Lemaire     



Le " Journal des Guerres de l'Otan " est  visible :

a)   sur mes blog : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site de Robert Bibeau :  http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

 

c) sur le site de Eva Resis      :  no-war.over-blog.com

http://no-war.over-blog.com/ 

Le " Journal des Guerres de l'Otan " est  visible :

a)   sur mes blog : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

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b) sur le site de Robert Bibeau :  http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

c) sur le site de Eva Resis      :  no-war.over-blog.com

http://no-war.over-blog.com/ 

 

e) sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

NB : Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire.

Tiré à part :

Allain Jules : Syrie : dis papa c’est quoi les enfants
Boucliers humains en Syrie #nausée ?

Syrie : Vladimir Poutine gifle copieusement François Hollande à l’Elysée.

Guerres de l'Otan

Cartalucci : Le coup d’Houla en Syrie le prouve : les vieilles combines sont les meilleures.

1 Politique 

a) Extension des guerres.

Dan GLAZEBROOK : LIBYE, AFRIQUE ET AFRICOM : CATASTROPHE EN COURS

b) Dans les coulisses

Solidarité & Progrès : Compte-à-rebours vers la guerre : la doctrine Blair contre la doctrine Poutine.

c) Extension des guerres ?

Le renforcement de l’Otan par la smart défense.

2 Sur le terrain

Thierry Meyssan : Coups de semonce russes - LE CONFLIT SYRIEN RISQUE DE DÉGÉNÉRER EN GUERRE MONDIALE 

3 Brèves

Résistance politique: L’OTAN… La peste noire du XXIème siècle !…

4 Dossiers

.4-1 Jacques LE DAUPHIN : Une OTAN « rénovée » pour quels objectifs ?

4-2 Brendan O'Reilly : La Chine et la Russie mènent une partie de bras de fer contre l'Ouest.

5 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage.

5-1 Vertraulicher Schweizer : Des soldats américains à l’étranger, camouflés en hommes d’affaires.



Tiré à part : 

Allain Jules : Syrie : dis papa c’est quoi les enfants
Boucliers humains en Syrie #nausée ?

http://allainjules.com/2012/06/14/syrie-dis-papa-cest-quoi-les-enfants-boucliers-humains-en-syrie-nausee/

Publié le14 juin 2012

La vraie difficulté des autorités syriennes c’est que les ennemis dela Syriecontrôlent les médias mondiaux ainsi que toutes les organisations internationales (ONU, FMI, Banque Mondiale, CPI etc.). Quand leurs intérêts son en jeu, ils manipulent, déforment en violant sans cesse la vérité et la vraie information. Ensuite, ils censurent sans vergogne les protestataires que nous sommes.

Ces désinformateurs ont même parfois le toupet d’accuser les autres de ceux qu’ils sont véritablement, des menteurs et des assassins. Et vlan ! Après avoir accusé Damas de tous les maux imaginables et inimaginables, ils ont abouti aux “enfants boucliers humains”. Aujourd’hui, Laurent Fabius le ministre français des Affaires étrangères a, depuis le Quai d’Orsay lors d’une conférence de presse, déclaré ceci:

«Des enfants de 8 à 9 ans sont placés devant des chars, violés et assassinés. (…) Ils sont mis de part et d’autre des cars militaires qui entrent dans les villes. Si on veut tuer des soldats, il faut d’abord tuer des enfants…»

La désinformation tourne à plein pot et nos amis oublient visiblement un petit détail, tout petit mais vachement lourd de conséquence. Vous le voyez ? Élémentaire mon cher Watson ! On a accusé jadis Saddam Hussein d’utiliser des boucliers humains pour protéger certains sites à Bagdad. Ah, Bagdad, le nouvel enfer sur terre depuis la fin de Saddam. Passons. 

Il y a même sur Twitter depuis hier, un hastag nausée ( ce signe dièse #) #nausée, pour désigner ce que le régime fait avec les enfants. Un fake grossier comme l’annonçait déjà Thierry Meyssan sur ce qui va suivre avec une désinformation de masse. Je disais plus haut que nos amis oublient visiblement un petit détail, tout petit mais vachement lourd de conséquence. Ils avalisent à l’insu de leur plein gré que l’armée nationale syrienne se protège. De qui donc ?

Faut-il répondre à cette question…existentielle ? La vérité est ailleurs. Alors que les Etats-Unis et ses alliés équipent les terroristes syriens, ils crient sur tous les toits que Moscou livre des hélicoptères militaires à Damas et, dans la foulée, Paris la guerrière -rien n’a changé-, demande fermement à Moscou de cesser toute livraison d’armes à Damas. On croit rêver. Oui, ces gens sont des monstres !

 

 Syrie : Vladimir Poutine gifle copieusement François Hollande à l’Elysée.

la conférence de presse entre François Hollande et Vladimir Poutine à l’Élysée.

J’ai regardé tout à l’heure, sur BFMTV, la conférence de presse entre François Hollande et Vladimir Poutine à l’Élysée. Nous avons vu deux styles, l’un direct et pas du tout diplomatique, celui de François Hollande, et l’autre, fin, diplomatique et surtout politique, celui du président russe Vladimir Poutine.

François Hollande a montré ses limites en parlant d’alternance ou transition politique avant une éventuelle résolution du conflit syrien. Il a choisi son camp, celui du départ de Bachar al-Assad, sans toutefois penser à une vraie solution politique. Or, en condamnant un seul parti, ceci signifie qu’on ne veut pas la paix. Cette vision atlantiste est triste. Que sait-il de la Syrie pour demander des sanctions à l’ONU ? Ce qui est vraiment triste c’est avec l’argent de nos impôts que ces clowns veulent aller en guerre.

Quant à Poutine, il a été bref et vif dans le propos, et surtout très mesuré. Pas de changement de régime pour lui,  et les deux belligérants qui doivent s’asseoir autour d’une table. Point. Il a évoqué le cas libyen, demandant aux journalistes de parler de Syrte notamment, tout en posant la question à savoir si la “Libye libre” l’est vraiment ?…Un grand homme politique qui a du vécu, loin de l’amateur de l’Élysée, qui est président depuis deux semaines et qui se montre vraiment au grand jour comme un extrémiste. Normal, quand on a des conseillers toxiques comme Botul, on ne peut que tomber bien bas.

Hollande n’a pas les biscotos pour jouer les petits soldats de l’OTAN, d’autant plus que, les entretiens entre Vladimir Poutine et Angela Merkel plus tôt dans la journée, ont trouvé une solution commune, celle que nous prônons ici depuis le début: LA PO-LI-TI-QUE….
Publié le1 juin 2012

http://allainjules.com/2012/06/01/syrie-vladimir-poutine-gifle-copieusement-francois-hollande-a-lelysee/

 

 

 



Guerres de l'Otan

Cartalucci : Le coup d’Houla en Syrie le prouve : les vieilles combines sont les meilleures

Propagande guerrière de l’OTAN: le gouvernement syrien accusé des atrocités commises par les escadrons de la mort

Le coup d’Houla en Syrie le prouve : les vieilles combines sont les meilleures

Le 1 juin 2012

Mondialisation.ca

Alors que les informations nous arrivent en provenance d’Houla en Syrie, tout près de Homs et de la frontière avec le Liban, il est de plus en plus évident que le gouvernement syrien n’est pas responsable des tirs d’artillerie qui ont tué 32 enfants et leurs parents, comme le clament haut et fort les médias occidentaux et jusqu’à l’ONU elle-même. Tout semble indiquer au contraire que c’est l’oeuvre d’escadrons de la mort opérant en combats rapprochés – ces escadrons étant accusés par les « activistes » anti-gouvernementaux d’être des « sbires du régime [d’Assad] » ou des « milices », et par le gouvernement syrien d’entre des terroristes d’al-Qaïda liés à des espions étrangers.

Au moment où l’on rapportait ces meurtres, les représentants des gouvernements américain, britannique et français se préparaient déjà à accuser, à condamner, et à demander des sanctions contre le gouvernement syrien, appelant à une réunion immédiate du Conseil de Sécurité de l’ONU, et à l’établissement d’un cadre de soutien aux « Amis de la Syrie » au moyen de livraison d’armes et d’aide aux militants. Il était urgent pour l’Occident, que ce soit par opportunité ou de façon délibérée, de faire avancer son vieux projet de renversement du régime d’Assad.

Pendant ce temps, l’OTAN massacrait une famille de 8 personnes, dont 6 enfants en Afghanistan. Et donc, si l’on affirme que ce sont l’aide humanitaire et la justice qui guident les intérêts étrangers, alors l’Afghanistan devrait être mis sur le même plan qu’Houla. Malheureusement, ce n’est pas le cas. 

C’est avec cette même hâte à attirer l’attention et à déformer la violence en l’amplifiant au maximum que la BBC a été amenée à diffuser la photo d’un massacre en Irak vieille de plusieurs années, expliquant comme pour l’ensemble de leurs « preuves » qu’elle provenait des « activistes pro-démocratiques », arguant encore une fois de la véracité de ces affirmations qui nous arrivent en permanence depuis un an de ces sources [pourtant] plus que douteuses.

Nous savons bien qu’en général, après n’importe quel crime commis dans une nation occidentale, la police ne parvient pas à examiner la scène de crime et à dresser des conclusions aussi rapidement que cela, à moins qu’elle ne soit dans le coup et ne connaisse déjà les détails du crime simplement du fait qu’elle y est elle-même impliquée.

Il est tout aussi clair que ce qui s’est passé à Houla, quelle qu’en soit la nature, a été utilisé délibérément comme un levier pour faire avancer un peu plus les objectifs cachés des Occidentaux, que Seymour Hersh avait très bien expliqués dans son article de 2007 paru dans le New Yorker « The Redirection», où il décrivait un complot « américano-israélo-saoudien » visant à armer des extrémistes brutaux et sectaires, et à les « lâcher » contre la Syrie. En fait, dans son article, Hersh interrogeait plusieurs personnes qui toutes s’inquiétaient du caractère inévitable de la violence que nous constatons aujourd’hui à Houla.

Bien que certains aient peine à croire que l’Occident puisse organiser, promouvoir et exploiter les actes violents commis à Houla, la vraie question à se poser est : « Existe-t-il des précédents historiques qui pourraient nous fournir un éclairage suffisant et répondre aux questions en "si" et en "pourquoi" ? » En fait, de tels précédents existent bel et bien.

Il faut se rappeler de l’été 1939, lorsque les nazis, cherchant à tout prix à se faire passer pour les pauvres victimes et à justifier leur agression militaire, organisèrent un incident de frontière et en attribuèrent la faute au voisin polonais. Il en est ressorti que des troupes allemandes avaient attaqué une station de radio allemande, et tout cela s’est terminé par l’invasion de la Pologne par l’Allemagne nazie. L’ironie veut que ce soit le musée du Mémorial de l’holocauste aux États-Unis qui non seulement nous relate ces événements, mais l’assortit d’une véritable leçon sur comment « tromper le peuple» :

Tout au long de la Seconde Guerre mondiale, les propagandistes nazis ont fait passer leurs agressions militaires destinées à la conquête de territoires, pour des actes justes et nécessaires de légitime défense. Ils ont décrit l’Allemagne comme une victime effective ou potentielle d’agresseurs étrangers, comme une nation attachée à la paix, mais obligée de prendre les armes pour protéger sa population et défendre la civilisation européenne contre le Communisme. Les objectifs de la guerre affichés pratiquement à chaque étape des hostilités camouflaient presque systématiquement les véritables intentions d’expansion territoriales nazies et leurs luttes raciales.

Durant l’été 1939, alors qu’Hitler et ses assistants finalisaient les plans d’invasion de la Pologne, le peuple allemand était en proie à la tension et à la peur. Les Allemands étaient encouragés par la récente extension des frontières de leur pays [qui englobait désormais] les voisins autrichiens et tchécoslovaques, et ce, sans avoir eu à tirer un seul coup de feu. Mais pour autant, ils ne manifestaient pas dans les rues en appelant à la guerre comme l’avait fait la génération de 1914.

Avant que l’Allemagne n’attaque la Pologne le 1er septembre 1939, le régime nazi avait lancé une campagne médiatique extrêmement agressive destinée à s’assurer le soutien du peuple pour une guerre que peu d’Allemands désiraient. Pour pouvoir présenter l’invasion comme moralement justifiée, et comme une action défensive, la presse allemande s’employa à rapporter les « atrocités commises par les Polonais », se référant à des cas de violences physiques ou de discrimination réels ou inventés, touchant des Allemands résidant en Pologne. Déplorant l’esprit « belliqueux » et le « chauvinisme » polonais, la presse s’attaqua également aux Britanniques, leur reprochant d’encourager la guerre en promettant de défendre la Pologne dans le cas d’une invasion allemande.

Le régime nazi organisa même un incident de frontière destiné à faire comme si la Pologne avait entamé les hostilités contre l’Allemagne. Le 31 août 1939, des soldats SS déguisés en Polonais attaquèrent une station radio allemande à Gleiwitz. Le lendemain, Hitler annonçait à la nation allemande et au monde sa décision d’envoyer des troupes en Pologne en réponse aux « incursions » polonaises à l’intérieur du Reich. Le service de presse du parti nazi du Reich demanda aux médias d’éviter le terme de « guerre mondiale ». Ils devaient seulement dire que les troupes allemandes avaient simplement repoussé les attaques polonaises, une tactique destinée à présenter l’Allemagne comme la victime de l’agression. La responsabilité de déclarer la guerre était laissée aux Britanniques et au Français.

Nous qui en Occident, après les terribles pertes de la Seconde Guerre mondiale, avions juré que des actes d’agression caractérisée ne seraient plus jamais tolérés, nous avons permis aux pouvoirs de Wall Street et de Londres et de tous ceux qui orbitent autour, de tracer leur chemin d’une conquête militaire à l’autre, de l’Afghanistan à l’Irak, en passant par la Libye, le Yémen, la Somalie et maintenant, la Syrie. Nous sommes au bord du conflit avec l’Iran, et exactement comme l’avait fait l’Allemagne nazie, ceux qui nous y emmènent utilisent un mélange de menaces, de terreur, de promesses et d’excuses indéfendables, pour encore une fois franchir les frontières d’une nation souveraine, déclencher une guerre contre son peuple et lui imposer notre système et nos institutions que nous déclarons « supérieures ».

Depuis les années 1990, selon le Général US Wesley Clark, l’Occident s’est lancé dans la conquête de l’ensemble du Moyen-Orient à travers l’installation de régimes « partenaires ». Depuis 2002, l’Occident a cherché à renverser le gouvernement syrien. Et de façon évidente, depuis 2007, l’Occident conspire contre la Syrie. Bien des années avant que le terme de « Printemps arabe » ne soit utilisé par les médias occidentaux, la violence qui ravage actuellement la Syrie était déjà planifiée, les militants étaient armés, financés et organisés. Le désir de l’Occident d’intervenir en Syrie aujourd’hui ne doit rien à la volonté de sauver le peuple syrien de la violence que l’Occident a lui-même fomentée, mais bien à la volonté d’utiliser cette violence pour s’étendre, exactement comme Hitler l’avait fait, à travers des conquêtes militaires.

Si l’ONU commet l’erreur dramatique de permettre aux forces du fascisme global, si mal déguisées en « défenseurs de la civilisation » de gagner en Syrie, ne tombez pas dans le même panneau que les Allemands [en 1939], ne croyez pas que cela soit justifié. Houla, tout comme Gleiwitz est un prétexte indéfendable, et non un impératif moral. L’Allemagne a finalement payé très cher ses transgressions continuelles contre l’humanité avec des millions de morts, des décennies d’opportunités perdues, une division du pays et son occupation après avoir été battue, et l’obligation de devoir porter à jamais ce lourd passé. Quelle récompense osons-nous attendre aujourd’hui de l’ignorance et de l’apathie ?

Tony Cartalucci
Article original en anglais : 
NATO'S "MEDIA WARFARE": Syrian Government Blamed for Atrocities Committed by US Sponsored Deaths Squads, Houla, Syria Stunt Proves: Old Tricks are the Best Tricks, publié le 28 mai 2012. 
Traduction GV pour
ReopenNews

Landdestroyer.blogspot.

 



1 Politique 

a) Extension des guerres.

Dan GLAZEBROOK : LIBYE, AFRIQUE ET AFRICOM : CATASTROPHE EN COURS. A UNE GUERREAPPUYEE PAR LA "GAUCHE" ET LES ECOLOS EUROPEENS DANS UN SILENCE ASSOURDISSANT FACE AU MASSACRE SCIEMMENT VOULU PAR L'OTAN ET SES ALLIES

 L’étendue de la tragédie que l’OTAN et ses alliés ont engendrée en Libye devient de plus en plus tristement évidente avec chaque jour qui passe. Les estimation sur le nombre des victimes varient, mais il semble qu’il y en ait eu au moins 50 000 ; à vrai dire, le ministère de la Défense britannique se vantait déjà en mai dernier que la massacre avait fait 35 000 morts. Mais ce chiffre ne cesse d’augmenter. La destruction des forces de l’état par le blitzkrieg Anglais, Français et Etasunien a laissé le pays dans un état de totale anarchie - au pire sens du terme.

Les anciens "rebelles", qui n’avaient rien d’autre pour les unir que la volonté temporaire de servir de soldats au sol à l’OTAN, se retournent les uns contre les autres. 147 ont été tués au cours d’un conflit interne dans le sud de la Libye plus tôt dans l’année, et ces dernières semaines des bâtiments gouvernementaux - dont les quartiers du premier ministre - ont été attaqués par des "rebelles" qui réclamaient leurs salaires. 1,4 milliards de dollars leur ont déjà été versés - ce qui prouve une fois de plus que c’étaient les forces coloniales de l’OTAN, et non Kadhafi, qui employaient des "mercenaires" - mais les règlements ont été suspendus le mois dernier à cause du népotisme généralisé. La corruption devient générale - 2,5 milliards de revenus du pétrole qui devaient être remis au trésor public se sont évanouis. Les ressources libyennes sont maintenant pillées à la fois par les multinationales pétrolières et par une poignée de familles issues des nouvelles élites du pays ; un schéma néocolonial classique. L’utilisation des ressources pour de grands projets d’infrastructure comme la Grande Rivière Artificielle (1) ainsi que la hausse massive du niveau de vie des habitants pendant les quatre dernières décennies (l’espérance de vie des Libyens est passée de 51 à 77 ans depuis l’arrivée au pouvoir de Kadhafi en 1969) ne sont apparemment déjà plus que des souvenirs, hélas.

Mais malheur à celui qui oserait le dire aujourd’hui. Il a été décidé il y a longtemps qu’aucun partisan de Kadhafi ne serait autorisé à participer aux élections à venir mais des décisions encore plus drastiques viennent d’être prises. La loi 38, que le nouveau gouvernement imposé par l’OTAN a votée le mois dernier, a créé un nouveau crime : la "glorification" de l’ancien gouvernement ou de son leader est punie d’une peine qui peut aller jusqu’à l’emprisonnement à vie. Un commentaire aussi vague que de dire que les choses allaient mieux sous Kadhafi tombe-t-il sous le coup de la loi ? La loi est volontairement assez vague pour permettre toutes les interprétations. C’est la porte ouverte à la persécution étatique institutionnalisée.

La loi 38 est encore plus révélatrice du mépris du gouvernement pour l’état de droit - un gouvernement, souvenez-vous, qui n’a toujours pas le moindre mandat populaire et dont le seul pouvoir repose sur les forces armées coloniales. Cette loi accorde l’immunité à tous ceux qui ont commis des crimes dans le but "de promouvoir ou de protéger la révolution". Les responsables du nettoyage ethnique de Tawergha - telle que "la brigade pour purger le pays des noirs" comme elle s’est elle-même nommée - peuvent tranquillement continuer leur chasse aux réfugiés de la ville sachant qu’ils ont la loi de leur côté. Les responsables des massacres de Syrte et d’ailleurs n’ont rien à craindre. Ceux qui ont participé à la torture généralisée des prisonniers peuvent continuer à le faire en toute impunité -tant que cela "protège la révolution" - autrement dit tant que cela maintient la dictature de l’OTAN et du Conseil National de Transition (CNT).

Voilà la Libye d’aujourd’hui : la guerre civile y fait rage, les ressources sont pillées, la société s’effondre et le fait d’exprimer le regret du temps où la Libye était prospère et en paix est puni comme un crime tandis que le lynchage et la torture ne sont pas seulement permis mais encouragés.

De plus le désastre a dépassé les frontières. La déstabilisation de la Libye s’est propagée au Mali où elle a engendré un coup d’état et la fuite d’innombrables réfugiés - notamment parmi les noirs immigrés en Libye - vers les pays voisins ; ces réfugiés en essayant d’échapper à la fois aux attaques aériennes et au lynchage ont ajouté aux difficultés économiques d’autres pays. De nombreux combattants libyens qui ont fini leur travail en Libye sont maintenant transférés en Syrie par leurs maîtres impérialistes pour y répandre aussi leur violence sectaire.

Et chose plus inquiétante encore pour le continent africain, AFRICOM - le commandement militaire étasunien - progresse dans le sillage de l’agression contre la Libye. Ce n’est pas par hasard que seulement un mois après la chute de Tripoli - et au cours du mois où Kadhafi a été assassiné (octobre 2011) - les Etats-Unis ont annoncé qu’ils envoyaient des troupes dans pas moins de quatre pays africains -la République Centre Africaine, l’Ouganda, le Sud-Soudan et la République Démocratique du Congo. Et AFRICOM vient d’annoncer 14 importantes manoeuvres militaires conjointes dans les pays africains en 2012, ce qui ne s’était jamais vu. La reconquête militaire de l’Afrique est en bonne voie.

Rien de tout cela n’aurait été possible avec Kadhafi au pouvoir. En tant que fondateur, principal donateur et ancien président élu de l’Union Africaine, il exerçait une grande influence sur le continent. C’est en partie grâce à lui que les Etats-Unis ont été forcés d’installer le quartier général d’AFRICOM à Stuttgart en Allemagne quand l’organisme a été créé plutôt qu’en Afrique ; ils avaient offert de l’argent et des investissements à des gouvernements africains mais ces derniers ont refusé d’accueillir leurs bases. On estime que la Libye du temps de Kadhafi avait investi à hauteur de 150 milliards de dollars en Afrique et la proposition libyenne, avec un apport de 30 milliards de dollars à la clé, de mettre en place une Banque de développement de l’Union Africaine aurait sérieusement diminué la dépendance financière de l’Afrique à l’Occident. Bref, la Libye de Kadhafi était le seul obstacle notable à la pénétration d’AFRICOM en Afrique.

Maintenant qu’il n’est plus, AFRICOM met les bouchées doubles. L’invasion de l’Irak et de l’Afghanistan ont montré les guerres qui faisaient des victimes occidentales n’étaient pas populaires en Occident ; AFRICOM est conçu pour que, dans les guerres coloniales qui seront lancées contre l’Afrique, ce soient les Africains eux-mêmes qui se battent et meurent et non des Occidentaux. Les forces de l’Union Africaine doivent être intégrées à AFRICOM sous commandement étasunien. Kadhafi ne l’aurait jamais accepté ; c’est pourquoi il devait être éliminé.

Et pour avoir une idée de ce que sera l’Afrique sous la tutelle d’AFRICOM, il suffit de regarder la Libye, le modèle africain de l’OTAN : un état condamné à des décennies de violence et de traumatisme et complètement incapable de nourrir sa population et de contribuer à l’indépendance de la région ou du continent.

Il faut absolument mettre un terme immédiat au nouveau colonialisme militaire en Afrique.

Pour consulter l’original :http://www.counterpunch.org/2012/05....

Notes : 1. http://fr.wikipedia.org/wiki/Grande....

DAN GLAZEBROOK

(Counterpunch),

Traduction : Dominique Muselet pour LGS

URL de cet article 16793 http://www.legrandsoir.info/libye-a...

http://www.larevolucionvive.org.ve/spip.php?article2028

http://jacques.tourtaux.over-blog.com.over-blog.com/

mercredi 30 mai 2012



b) Dans les coulisses

Solidarité & Progrès : Compte-à-rebours vers la guerre : la doctrine Blair contre la doctrine Poutine.

Les discussions qui ont suivi les sommets du G8 et de l’OTAN ont été dominées la semaine dernière par le retour sur le devant de la scène de l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair en tant que conseiller pour la réélection de Barack Obama à la Présidence des Etats-Unis.

 

Ce dévouement de sa part, of course, n’est pas gratuit. Blair et son équipe de « spin-doctors »,qui avaient été la véritable cheville ouvrière de la guerre en Irak (il avait fourni à Georges W. Bush le fameux mémorandum « prouvant » l’existence sur les armes nucléaires irakiennes, qui se sont révélées par la suite être inexistantes), entendent profiter d’une victoire d’Obama en novembre prochain pour reprendre les rênes du pouvoir en Angleterre.

Comme l’avait rapporté le Guardian de Londres en février 2009, Obama avait présenté Blair comme son « premier ami officiel » lors d’un petit déjeuner de prière à la Maison-Blanche, un mois à peine après son inauguration.

Le nouveau binôme espère diriger le monde (ou ce qui en restera), en s’appuyant sur la doctrine qu’avait annoncée Blair lors d’une conférence à Chicago en 1999 :   sous prétexte d’« établir et de répandre des valeurs qui nous sont chères », inaugurer une nouvelle forme de « coopération internationale » en liquidant le Traité de Westphalie de 1648 (et bien sûr en réformant la Charte de l’ONU), c’est-à-dire en sacrifiant l’Etat-nation souverain pour faire place à un nouvel empire.

Comme nous l’avons rapporté sur ce site, avec la création de l’Atrocities Prevention Board (APB — Conseil de prévention des atrocités) Barack Obama a décrété le 23 mars 2012 que les violations des droits de l’homme, où que ce soit dans le monde et tels que son Administration les conçoit, portent directement atteinte… à la sécurité nationale des Etats-Unis !

Un nouvel ajout à la doctrine Blair (la version 2.0) est que l’OTAN doit être capable d’aller en guerre sans consulter les législatures nationales, car il « faudrait trop de temps » pour obtenir leur permission. C’est en effet ce que vient de demander le général Sir David Richards, le chef d’état-major britannique lors d’un discours au Centre pour les études stratégiques et internationales (CSIS) le 23 mai à Washington, une proposition qu’il a qualifiée de « défense intelligente. »

Ceci correspond également à ce que le secrétaire américain à la Défense Leon Panetta avait déclaré au comité responsable du Sénat plus tôt cette année, au nom de l’administration Obama : pour aller en Libye, nous n’avions besoin que de la permission de l’OTAN. Le respect de la Constitution, qui exige que nous obtenions l’autorisation préalable du Congrès n’est pas très pratique. Nous vous tiendrons informés à notre retour.

Or, comme le résumait l’économiste américain Lyndon LaRouche récemment, la doctrine Blair est l’exacte antithèse de la doctrine défendue par Vladimir Poutine comme base de la politique étrangère russe, qui consiste à défendre le système de droit international hérité du Traité de Westphalie, en réelle coopération avec la Chine, l’Inde, et plus récemment le Pakistan.

Dans son article du 27 février 2012 dans Moskovskiye Novosti, Poutine a réitéré sa position selon laquelle « les principes majeurs nécessaires à toute civilisation incluent la sécurité pour tous les Etats, le rejet de tout usage excessif de la force, et le respect inconditionnel des fondements du droit international. » Il est clair qu’à chaque fois que ces principes ont été négligés, explique-t-il, « les relations internationales ont été déstabilisées ».

Le 17 mai, à la veille du sommet du G8 et du sommet de l’OTAN à Chicago, le Premier ministre russe Dimitri Medvedev, lors de son discours au 2e Forum juridique international de St.Petersbourg, discours posté par la suite sur le site du gouvernement de la Fédération russe, a lui aussi, tenu à rappeler la doctrine russe :

« Il est souvent dit que le système de droit international est obsolète. Je l’ai moi-même entendu à maintes reprises dans la pratique politique. Ses règles ne permettent pas toujours de lutter efficacement contre de nouvelles menaces. C’est vrai en partie, parce que tout devient obsolète un jour ou l’autre — y compris le droit. Mais le besoin vraiment nécessaire et urgent de moderniser le droit international ne veut pas dire abandonner ses fondements, ce qui me semble absolument évident.

Particulièrement dangereux, à mon avis, sont les actions unilatérales qui vont à l’encontre des principes fondamentaux de la Charte des Nations unies, qui est la principale plate-forme de la communauté internationale pour résoudre ses problèmes. Nous n’avons pas d’autre plate-forme, même si cela déplaît à quelqu’un. Il n’y en a simplement pas d’autre ! Et nous comprenons que la Charte des Nations Unies demande surtout le respect de la prééminence du droit et de la souveraineté des Etats.

Une autre remarque, qui me semble importante au regard de mon expérience et de ma pratique politiques — le principe de la souveraineté de l’Etat. Il ne doit pas être affaibli, même si ce serait commode pour la réalisation de certains objectifs politiques immédiats, y compris le but de gagner une élection. Se donner cela comme objectif revient simplement à mettre l’ordre mondial en danger.

Et les exemples d’attaques sur le principe de la souveraineté ont été nombreux au cours des dernières années. Parmi elles, les opérations militaires contre des gouvernements étrangers contournant le cadre des Nations Unies, les déclarations sur la perte de légitimité de tel ou tel régime politique par des gouvernements étrangers et non pas par le peuple du pays, l’introduction de toutes sortes de sanctions collectives contournant les institutions internationales.

Tout cela n’améliore pas la situation dans le monde ; les opérations militaires précipitées dans d’autres pays finissent généralement par provoquer l’arrivée de radicaux au pouvoir. De telles actions, qui portent atteinte à la souveraineté des États, peuvent entraîner facilement de véritables guerres régionales, et même, sans vouloir faire peur à quiconque, à l’utilisation des armes nucléaires. Chacun devrait garder cela en mémoire, surtout lors de réflexions sur la question de la souveraineté de l’Etat ».

Alors que le monde transatlantique vacille au bord d’une désintégration spectaculaire de son système financier, il faut bien rappeler ici que les nuées de l’orage financier portent avec elles le risque immédiat d’une guerre globale.

La tentation permanente des élites géopolitiques (fr)anglo-américaines de renoncer à l’outil de la diplomatie pour solutionner nos problèmes avec l’Iran et la Syrie avec des sanctions, des frappes et des guerres humanitaires, est donc de très mauvaise augure.

A lire et à voir également sur la crise syrienne :

- Les États-Unis préparent une « guerre proxy » sur plusieurs fronts contre la Syrie

- L’OTAN, « La guerre, c’est nous ou les autres ? » (vidéo)

- La Syrie, centre de la guerre du gaz au Proche-Orient

- Le New York Times bat le tambour pour la guerre en Syrie… et au-delà

- Le terrorisme anti-syrien et ses connexions internationales

- La Russie et l’hypothèse du conflit armé

- Le Pentagone fait des plans pour une guerre en Syrie

- Moscou et la formation du Nouveau Système Mondial

- Pourquoi Poutine rend fou Washington

- Le détournement des pouvoirs de l’ONU par l’OTAN

- Crise syrienne : le « plan en six points » de la Chine

- Le mythe héroïque et la vérité incommodante sur les reportages de guerre

- Pourquoi le Bahreïn n’est pas la Syrie

- Quels enjeux en Syrie ?

- Le détournement des pouvoirs de l’ONU par l’OTAN

- La crise syrienne vue de Damas

- Le vote sur la Syrie à l’ONU considéré comme une étape vers l’intervention militaire

- Le terrorisme au nom de la « démocratie »

- L’islamisme et l’Empire, un flirt qui perdure

- Notes sur les collabos musulmans de l’Occident

- Syrie : Le double véto russo-chinois inaugure un nouvel ordre mondial

- Syrie : l’islam dans la révolution

- Ce chemin de Damas semé d’embûches

- Les croisiéristes de l’U.S. Navy

- La croisière de l’Amiral-Kouznetzov

- La Syrie entre dans la crise générale

- Révoltes arabes : diplomatie 2.0 ?

- Libye, Syrie : un projet géopolitique qui ne se comprend que sur la longue durée…

- La question géopolitique de l’énergie en Egypte, Libye et Syrie

- Les Etats-Unis en voie d’exiger l’éviction d’Assad hors de Syrie

- Israël fait son apparition dans le Printemps Arabe

- Géopolitique de la Syrie à l’heure du Printemps Arabe

- L’échiquier syrien

- Syrie en ébullition, navire de guerre américain en Mer Noire

29mai

 Source : Solidarité & Progrès

 



c) Extension des guerres ?

Le renforcement de l’Otan par la smart défense.

Pour optimaliser les moyens de l’Otan, Anders Rasmussen a sorti un lapin de son chapeau : la solution de la smart defense. C’est-à-dire la méthode la plus efficace, mais aussi la plus chère...

Georges Spriet

Plaider pour une organisation davantage collective, voilà qui n’est pas nouveau : standardisation, interopérabilité, fusion, collaboration régionale, achats groupés. « La smart defense, ce n’est pas plus d’argent, mais de l’argent mieux utilisé, une sécurité partagée, une sécurité plus efficace », se réjouit Rasmussen. Dans ce cadre, il a régulièrement appelé à la libéralisation des marchés de la défense des deux côtés de l’Océan Atlantique : « Cela créera une réduction des coûts, un agrandissement d’échelle, une baisse des prix et davantage de profit. Ce qui est entièrement positif pour l’industrie, pour le contribuable et pour l’Otan. » Dans le cadre du sommet de l’Otan à Chicago, il demande à l’industrie de jouer un rôle actif dans la mise en œuvre de la smart defense et de contribuer à la victoire de la course à l’innovation. À la Conférence de sécurité de février 2012 à Munich, Rasmussen affirmait que l’Otan avait trois grands défis à relever : la réduction des budgets militaires en Europe, l’évolution de l’analyse de la sécurité aux États-Unis, et la fin des opérations militaires en Afghanistan. « Au lieu de nous affaiblir, répondre à ces défis doit nous renforcer. »
Pour autant, les États-Unis avancent avec insistance que la smart defense ne doit pas être utilisée en Europe comme excuse pour diminuer ses budgets de Défense. Oute-Atlantique, on redoute en effet une alliance amoindrie ; c’est-à-dire une partie des États-membres qui se spécialiserait dans la guerre « douce », notamment l’humanitaire, le développement, le maintien de la paix et les négociations, face aux autres qui prendraient en charge les missions « dures ». Bref, une répartition entre ceux qui portent les charges de l’Otan et ceux qui jouissent de ses avantages tout en n’en partageant pas les risques et les coûts.
Article repris de Vrede vzw, mai 2012,
www.vrede.be.

http://www.ptb.be/nieuws/artikel/le-renforcement-de-lotan-par-la-smart-defense.html

 



2 Sur le terrain

Thierry Meyssan :Coups de semonce russes - LE CONFLIT SYRIEN RISQUE DE DÉGÉNÉRER EN GUERRE MONDIALE 

La crise syrienne a changé de nature. Le processus de déstabilisation qui devait ouvrir la voie à une intervention militaire légale de l’Alliance atlantique a échoué. Ôtant leur masque, les États-Unis ont publiquement évoqué la possibilité d’attaquer la Syrie sans l’aval du Conseil de sécurité, comme ils le firent au Kosovo. C’était feindre d’ignorer que la Russie de Vladimir Poutine n’est pas celle de Boris Eltsine. Après s’être assuré du soutien chinois, Moscou a tiré deux coups de semonce en direction de Washington. La continuation des violations du droit international par l’OTAN et le CCG risque désormais d’ouvrir un conflit mondial.

 

Le président Vladimir Poutine a placé son troisième mandat sous le signe de l’affirmation de la souveraineté de son pays face aux menaces directement lancées contre la Fédération de Russie par les États-Unis et l’OTAN. Moscou a maintes fois dénoncé l’élargissement de l’OTAN, l’installation de bases militaires à ses frontières et le déploiement du bouclier antimissile, la destruction de la Libye et la déstabilisation de la Syrie.

 

Les jours suivant son intronisation, M. Poutine a passé en revue l’industrie militaire russe, ses forces armées, et son dispositif d’alliance [1]. Il a poursuivi cette mobilisation en choisissant de faire de la Syrie la ligne rouge à ne pas franchir. Pour lui, l’invasion de la Libye par l’OTAN est comparable à celle de la Tchécoslovaquie par le IIIe Reich, et celle de la Syrie —si elle devait avoir lieu— serait comparable à celle de la Pologne qui déclencha la Deuxième Guerre mondiale.

 

Toute interprétation de ce qui se passe actuellement au Levant en termes intérieurs syriens de révolution/répression est non seulement faux, mais dérisoire au regard des vrais enjeux et relève de la simple communication politique. La crise syrienne est avant tout une étape du « remodelage du Moyen-Orient élargi », une nouvelle tentative de détruire « l’Axe de la Résistance », et la première guerre de «  la géopolitique du gaz » [2]. Ce qui se joue actuellement en Syrie, ce n’est pas de savoir si Bachar el-Assad parviendra à démocratiser les institutions qu’il a reçues en héritage ou si les monarchies wahhabites du Golfe parviendront à détruire le dernier régime laïque de la région et à imposer leur sectarisme, mais quelles frontières séparent les nouveaux blocs, OTAN (Organisation du Traité de l’Atlantique-Nord) et OCS (Organisation de coopération de Shanghai) [3].

 

Certains de nos lecteurs ont probablement sursauté à la lecture de la phrase précédente. En effet, depuis des mois, les médias occidentaux et du Golfe leur martèlent à longueur de journées que le président el-Assad incarne une dictature sectaire au profit de la minorité alaouite, tandis que son opposition armée incarne la démocratie pluraliste. Un simple regard sur les événements suffit à discréditer cette présentation mensongère. Bachar el-Assad a convoqué successivement des élections municipales, un référendum et des élections législatives. Tous les observateurs se sont accordés à dire que les scrutins se sont déroulés de manière sincère. La participation populaire a atteint plus de 60 % alors même que les Occidentaux les ont qualifiés de « farces » et que l’opposition armée qu’ils soutiennent a empêché les citoyens de se rendre aux urnes dans les quatre districts qu’ils contrôlent. Dans le même temps, l’opposition armée a multiplié les actions non seulement contre les forces de sécurité, mais contre les civils et tous les symboles de la culture et du multi-confessionnalisme. Ils ont assassiné les sunnites progressistes, puis tué au hasard alaouites et chrétiens pour contraindre leurs familles à fuir. Ils ont brulé plus de mille cinq cents écoles et églises. Ils ont proclamé un éphémère Emirat islamique indépendant à Baba Amr où ils ont institué un Tribunal révolutionnaire qui a condamné à mort plus de 150 mécréants, égorgés un à un en public par leur bourreau. Et ce n’est pas le pitoyable spectacle de quelques politiciens dévoyés, réunis au sein d’un Conseil national syrien en exil, affichant un projet démocratique de façade sans rapport avec la réalité de terrain des crimes de l’Armée « syrienne » libre, qui masquera plus longtemps la vérité. Au demeurant, qui peut croire que le régime laïque syrien, dont l’exemplarité était célébrée il y a peu, serait devenu une dictature confessionnelle, tandis que l’Armée « syrienne » libre, soutenue par les dictatures wahhabites du Golfe et obéissant aux injonctions de prédicateurs takfiristes serait un parangon du pluralisme démocratique ?

 

L’évocation par des dirigeants US d’une possible intervention internationale hors mandat de l’ONU, à la manière dont l’OTAN avait démembré la Yougoslavie, a suscité inquiétude et colère à Moscou. La Fédération de Russie, qui jusqu’ici se tenait en position défensive, a décidé de prendre l’initiative. Ce changement stratégique est dû à l’urgence de la situation du point de vue russe, et à l’évolution favorable sur le terrain en Syrie [4].

 

Moscou a proposé de créer un Groupe de contact sur la Syrie qui réunirait l’ensemble des États concernés, c’est-à-dire à la fois les Etats voisins, les puissances régionales et internationales. Il s’agit de substituer un forum de dialogue à l’actuel dispositif belliqueux mis en place par les Occidentaux sous le vocable orwellien de « Conférence des Amis de la Syrie ».

 

La Russie continue à soutenir le Plan Annan —qui est en fait la reprise à peine modifiée du plan présenté par Sergey Lavrov à la Ligue arabe—. Elle déplore que ce plan ne soit pas appliqué, mais rejette la culpabilité sur la faction de l’opposition qui a pris les armes. Selon A.K. Lukashevich, un des porte-parole du ministère des Affaires étrangères, l’Armée « syrienne » libre est une organisation illégale au regard du droit international. Bien qu’elle assassine chaque jour 20 à 30 soldats syriens, elle est publiquement soutenue par les États de l’OTAN et du CCG en violation du Plan Annan [5].

 

Se posant en faiseur de paix face à une OTAN faiseur de guerre, Vladimir Poutine a demandé à l’OTSC de se préparer à déployer des « chapkas bleues » en Syrie, à la fois pour séparer les belligérants syriens et pour combattre les forces étrangères. Nicolai Bordyuzha, secrétaire général de l’OTSC, a confirmé qu’il dispose de 20 000 hommes formés pour ce type de mission et immédiatement disponibles [6]

 

Ce serait la première fois que l’OTSC déploierait une force de paix hors de l’ancien espace soviétique. Piqué au vif, le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a tenté de saboter cette initiative en proposant soudainement d’organiser lui aussi un Groupe de contact.

 

Réunissant à Washington le groupe de travail sur les sanctions de la Conférence des Amis de la Syrie, la secrétaire d’Etat US Hillary Clinton a fait fi de la proposition russe et a surenchéri en faveur d’un changement de régime [7].

 

En Turquie, des parlementaires d’opposition ont visité les camps de réfugiés syriens. Ils ont constaté l’absence de plus d’un millier de réfugiés enregistrés par les Nations Unies dans le principal camp et, au contraire, la présence d’un arsenal dans le camp. Ils ont alors interrogé à l’Assemblée le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan exigeant qu’il révèle le montant de l’aide humanitaire accordée aux réfugiés fantômes. Les députés considèrent que le camp de réfugiés est une couverture pour une opération militaire secrète. Il abrite en réalité des combattants, principalement libyens, qui l’utilisent comme base arrière. Les députés ont émis l’hypothèse que ces combattants sont ceux qui se sont introduits dans le district de Houla lorsque le massacre a été perpétré.

 

Ces informations confirment les accusations de l’ambassadeur russe au Conseil de sécurité, Vitaly Churkin, selon lesquelles, le représentant spécial de Ban Ki-moon en Libye, Ian Martin, a utilisé des moyens de l’ONU destinés aux réfugiés pour acheminer en Turquie des combattants d’Al Qaeda [8].

 

En Arabie saoudite, la fracture entre le roi Abdallah et le clan des Sudeiris s’est à nouveau manifestée. À l’invitation d’Abdallah Ier, le Conseil des oulémas a publié une fatwa stipulant que la Syrie n’est pas une terre de jihad. Mais, dans le même temps, le prince Fayçal, ministre des Affaires étrangères appelait à armer l’opposition contre « l’usurpateur alaouite ».

 

La journée du jeudi 7 juin a été riche en événements. Alors que Ban Ki-moon et Navi Pillay, respectivement secrétaire général et Haut-commissaire aux Droits de l’homme, dressaient leur réquisitoire contre la Syrie devant l’Assemblée générale de l’ONU, Moscou a procédé à deux tirs de missiles balistiques intercontinentaux.

 

Le colonel Vadim Koval, porte-parole du RSVN, a admis le test d’un Topol —lancé depuis un silo près de la Caspienne—, mais n’a pas confirmé celui d’un Boulava depuis un sous-marin en Méditerranée. Cependant, le tir a été observé dans tout le Proche-Orient, d’Israël à l’Arménie, et il n’existe aucune autre arme connue qui puisse laisser de telles traces dans le ciel [9].

 

Le message est clair : Moscou est prêt à la guerre mondiale, si l’OTAN et le CCG ne se plient pas aux obligations internationales telles que définies par le Plan Annan, et persistent à alimenter le terrorisme.

 

Selon nos informations, ce coup de semonce avait été coordonné avec les autorités syriennes. De même que Moscou avait encouragé Damas à liquider l’Émirat islamique de Baba Amr sitôt l’autorité du président el-Assad confirmée par le référendum constitutionnel, de même il a encouragé le président à liquider les groupes de mercenaires présents dans le pays sitôt le nouveau Parlement et le nouveau Premier ministre installés. L’ordre a été donné de passer d’une stratégie défensive à une action offensive pour protéger la population du terrorisme. L’armée nationale est donc passée à l’attaque des bastions de l’Armée « syrienne » libre. Les combats des prochains jours s’annoncent difficiles, d’autant que les mercenaires disposent de mortiers, de missiles anti-chars et désormais de missiles sol-air.

 

Pour faire baisser la tension, la France a immédiatement accepté la proposition russe de participation à un Groupe de contact ad hoc. Washington a dépêché en urgence Frederic C. Hof à Moscou. Contredisant les propos tenus la veille par la secrétaire d’État, Hillary Clinton, M. Hof a à son tour accepté l’invitation russe.

 

Il n’est plus temps de se lamenter sur l’extension des combats au Liban, ni de pérorer sur une possible régionalisation du conflit. Depuis 16 mois qu’ils déstabilisent la Syrie, l’OTAN et le CCG ont créé une situation sans issue qui peut désormais dégénérer en guerre mondiale.

 

Thierry Meyssan

 Réseau Voltaire, 9 juin

http://www.voltairenet.org/Coups-de-semonce-russes

 

 [1] Agenda du président Poutine : 
7 mai : investiture du président Vladimir Poutine 
8 mai : nomination de Dmitry Medvedev comme Premier ministre 
9 mai : célébration de la victoire contre l’Allemagne nazie 
10 mai : visite du complexe militaro industriel russe 
11 mai : réception du président abkhaze 
12 mai : réception du président sud-ossète 
14-15 mai : rencontre informelle avec les chefs d’États de l’OTSC. 
18 mai : visite de l’institut de recherche de défense Cyclone 
25 mai : revue des sous-marins atomiques 
30 mai : réunion avec les principaux responsables de la Défense 
31 mai : réunion du Conseil de sécurité russe 
4-7 juin : visite en Chine, sommet de l’OCS 
7 juin : visite au Kazakhstan durant le tir de missile Topol

[2] « La Syrie, centre de la guerre du gaz au Proche-Orient », par Imad Fawzi Shueibi, Réseau Voltaire, 8 mai 2012.

[3] « Moscou et la formation du Nouveau Système Mondial », par Imad Fawzi Shueibi, Traduction Marie-Ange Patrizio, Réseau Voltaire, 13 mars 2012.

[4] « L’affaire de Houla illustre le retard du renseignement occidental en Syrie », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 2 juin 2012.

[5] « Comment of Official Representative of the Ministry of Foreign Affairs of Russia A.K. Lukashevich on the Question of Interfax related to the statement made by Representative of so-called Free Syrian Army S.Al-Kurdi », Ministère russe des Affaires étrangères, 5 juin 2012.

[6] « Syrie : Vladimir Poutine propose une Force de paix de l’OTSC »,Réseau Voltaire, 3 juin 2012.

[7] « Friends of the Syrian People Sanctions Working Group », déclaration à la presse d’Hillary Clinton, Département d’État, 6 juin 2012.

[8] « La Libye, les bandits-révolutionnaires et l’ONU », par Alexander Mezyaev, Traduction Julia, Strategic Culture Foundation (Russia),Réseau Voltaire, 17 avril 2012.

[9] « 7 juin 2012 : la Russie manifeste sa supériorité balistique nucléaire intercontinentale », Réseau Voltaire, 8 juin 2012.

 



3 Brèves

Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction est d'accord avec l'article mais doit être vu comme information.

Résistance politique: L’OTAN… La peste noire du XXIème siècle !…

Excellente revue à notre sens de ce que représente cette Organisation Terroriste de l’Atlantique Nord, une entreprise de mort de Mafia Inc. et des complexes militaro-industriels qui dirigent la politique et nos politicards, menant le monde au chaos au gré des guerres qu’ils désirent et font pour leur profit et ceux de leurs sbires.

L’OTAN est une entreprise de mort qui n’a absolument plus aucune raison d’être et doit être démantelée dans les plus brefs délais, ce qui serait un grand pas vers la fin de l’arrogance ingérante néo-colonialiste de l’occident ; il s’agit ici en fait de la survie de l’humanité, ni plus ni moins.

– Résistance 71 –

http://resistance71.wordpress.com/

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4 Dossiers

Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction est d'accord avec l'article mais doit être vu comme information.

4-1 Jacques LE DAUPHIN : Une OTAN « rénovée » pour quels objectifs ?

Que penser du sommet de l’OTAN qui s’est tenu à Chicago les 20 et 21 mai 2012 ? Le choix du lieu décidé par le président Obama lui-même, la participation des chefs d’état et de gouvernement, non seulement des 28 pays membres, mais aussi ceux de 30 autres pays donnent à ce rendez-vous un relief particulier. C’est, avoué ou non, la volonté de promouvoir une nouvelle alliance transatlantique, qui, outre le sigle, n’aurait que de très lointains rapports avec celle qui existait depuis des décennies. Il s’agit de faire de l’OTAN un acteur clé de la vie internationale.

Le bourbier afghan

Dans cet esprit, le Sommet avait porté à son ordre du jour la situation en Afghanistan, après dix ans d’intervention militaire de l’OTAN ou plus précisément des modalités d’un retrait qui s’avère urgent. L’intervention s’est abîmée dans les montagnes afghanes et s’est transformée en immense bourbier. Le retrait en lui-même ne posait pas problème, car tout le monde veut voir l’OTAN quitter l’Afghanistan au plus vite, mais une question taraudait les responsables de l’opération : comment éviter que le retrait soit considéré comme une débandade, un échec portant atteinte à la crédibilité de nouvelles opérations que l’OTAN serait susceptible de mener à l’avenir. C’est pourquoi, la nature et le rythme de ce retrait ont posé et posent encore aujourd’hui questions. Transférer purement et simplement les moyens à l’armée et la police afghane n’est pas sans susciter inquiétudes pour l’avenir du pays et la stabilité de la région. à Chicago, de manière générale le retrait des forces combattantes fut fixé à 2014, sans incidences notables de la décision française de retirer ses propres troupes fin 2012. Pour ce qui concerne l’évolution ultérieure des forces d’assistances sur le terrain, elles se maintiendront, durant des délais qui restent à fixer. Le coût de cette assistance est évalué à 4,1 milliards de dollars (pour la France l’évaluation est fixée à 150 millions d’euros). Outre les mesures d‘assistance, d’autres mesures sont envisagées pour garder le pays sous influence. Ainsi les présidents Obama et Karzaï ont signé un traité qui autorise pour plusieurs années, l’usage du territoire afghan par les troupes américaines. Le secrétaire général, Anders Fogh Rasmussen, n’a-t-il pas affirmé à maintes reprises que l’avenir de l’OTAN se jouait en Afghanistan.

Un basculement vers la région Asie-Pacifique et le Grand Moyen-Orient

L’expérience afghane n’est pas sans susciter réflexions chez les membres de l’Organisation et les « partenaires » qui ont signé des accords de coopérations. Une réflexion d’autant plus vive lorsque l’on sait que cette guerre a été initiée par les états-Unis, lesquels pilotent l’évolution de l’Alliance vers une nouvelle configuration. La politique militaire américaine actuelle s’inspire de la « Quadrianal Defense Review » 2010, actualisée et présentée dans ses grandes lignes en janvier 2012 par le président Obama, sous l’intitulé « New strategic guidance ». Cette politique traduit au plan stratégique un déploiement dans la région Asie-Pacifique et au Grand Moyen-Orient. C’est dans ces deux directions que les états-Unis souhaitent voir s’orienter l’activité de l’OTAN. à ce sujet Ben Rhodes, conseiller au Pentagone, a souligné qu’en organisant ce Sommet sur le sol américain, le président Obama « voulait montrer à quel point les états-Unis intègrent l’OTAN dans les projets d’avenir de la politique américaine ». De son côté, le président Obama a déclaré que « la mission historique de l’OTAN en Europe était désormais accomplie et qu’elle se devait de trouver d’autres missions ». D’autres déclarations n’hésitent pas à présenter l’OTAN comme un « multiplicateur de puissance pour les états-Unis ; un tel positionnement suscite pour le moins réserves, sinon hostilités, chez les partenaires, bien que les divergences soient le plus souvent occultées dans les déclarations officielles. Pour autant les contradictions sont réelles. Du côté des pays membres, si le leadership américain ne semble pas poser de problèmes majeurs, au sein de l’Organisation, l’accord entre les deux rives de l’Atlantique est de moins en moins automatique, du fait de la disparition de la menace majeure qui avait soudée certains d’entre eux. Ils s’interrogent aujourd’hui s’il ne convient pas de faire rentrer le génie dans la lampe, pour se replier sur les missions strictes de défense des alliés à l’origine de l’Alliance, dans l’esprit de la Charte transatlantique. L’accord est moins automatique du fait aussi de la multiplication des membres. Celle-ci dilue leurs liens avec les états-Unis. Il reste que des tendances, centrifuges, centripètes se manifestent, souvent simultanément, rendant plus difficile la perception. Par ailleurs, depuis la fin de la guerre froide, l’Otan a noué des coopérations avec plusieurs pays de différents continents (partenariat pour la paix ;dialogue méditerranéen initiative de coopération d’Istanbul).

Ces coopérations n’ont guère dépassé le stade du principe et sont peu fiables. Pourtant un chapitre entier du concept stratégique y est consacré ; à Chicago des mesures ont été envisagées dans une démarche qui rejoint sur le fond la vision américaine « global partnership », en tendant, tout en rassemblant un maximum de pays à moduler leur intervention directe au fil des événements. Même conçu à la carte, ce type de coopérations ne semble pas avoir le vent en poupe.

Une Organisation surannée

Il semble important de discerner les contradictions spécifiques de l’OTAN, en lien avec les rapports internationaux, car elles conditionnent l’approche de nombreux problèmes, en particulier ceux qui sont abordés lors du sommet de Chicago. C’est le cas en particulier du bouclier antimissile, voulu et dirigé par les états-Unis. Le principe de ce bouclier a été adopté lors du sommet de Lisbonne, mais visiblement la réalisation s’avère ardue. C’est pourquoi le secrétaire général a lancé l’idée d’ « une capacité opérationnelle intermédiaire ». De nouveau, plusieurs pays européens ont exprimé leurs réticences vis-à-vis d’un projet fortement déstabilisateur, coûteux à l’utilité douteuse, d’autant que certains d’entre eux, comme la Belgique, l’Allemagne, le Danemark, accueillent sur leur sol des bombardiers américains. La Russie a manifesté son hostilité à un projet qu’elle considère comme une menace pour sa sécurité, d’autant que l’OTAN s’est déclarée déterminée à rester une alliance nucléaire. La relation entre l’OTAN et la Russie s’en trouve affectée. L’absence du président Poutine à Chicago l’a reflété.

L’Otan a peiné à gérer la fin de la guerre froide où elle fondait son existence. A-t-elle pour autant trouvé une place crédible dans la nouvelle donne internationale. Quelle place peut-elle occuper au plan international ? Une question revient, tenace : à quel rôle peut prétendre une telle organisation ? Son comportement agressif, unilatéral dans les questions internationales brûlantes a, y compris dans l’application des résolutions du Conseil de sécurité, tendu bien évidemment à la discréditer et à la rendre dangereuse aux yeux du monde ; Sa prétention à se substituer à l’ONU, qui elle détient une vraie légitimité, par les normes fixées par la Charte des Nations unies est vigoureusement condamnée. C’est pourquoi de larges secteurs de l’opinion publique internationale, non seulement conteste son action, mais demande de plus en plus sa dissolution. Les manifestations qui se sont déroulées dans le monde, y compris à Chicago, que l’on aurait grand tort de sous-estimer, en sont l’illustration.

Jacques LE DAUPHIN

Directeur de l’Institut de documentation et de recherche sur la paix
Collaborateur de la revue Recherches Internationales

Cette chronique est réalisée en partenariat rédactionnel avec la revue Recherches internationales à laquelle collaborent de nombreux universitaires ou chercheurs et qui a pour champ d’analyse les grandes questions qui bouleversent le monde aujourd’hui, les enjeux de la mondialisation, les luttes de solidarité qui se nouent et apparaissent de plus en plus indissociables de ce qui se passe dans chaque pays.

Jacques LE DAUPHIN

6, av. Mathurin Moreau ; 75167 Paris Cedex 19

Site : http://www.recherches-internationales.fr/
http://www.legrandsoir.info/une-otan-renovee-pour-quels-objectifs.html



4-2 Brendan O'Reilly : La Chine et la Russie mènent une partie de bras de fer contre l'Ouest.

Pékin et Moscou ont envoyé un message très clair au monde entier depuis le sommet de l'Organisation de la Coopération de Shanghai (OCS). Les dirigeants chinois et russe ont tracé deux lignes sur le terrain de la politique internationale - un « Non » sans équivoque au bombardement de l'Iran et un autre « Non » sans ambiguïté à un changement de régime en Syrie qui se produirait après une campagne de bombardements occidentaux.

 

Le président russe Vladimir Poutine est arrivé à Pékin jeudi pour entamer sa première grande visite à l'étranger depuis sa réélection comme président de la Russie [il avait rencontré François Hollande, le nouveau président français, à Paris, la semaine précédente]. Cela montre l'importance qu'il attache aux relations entre son pays et la Chine. Et, à Pékin, il a rencontré son homologue iranien, Mahmoud Ahmadinejad, ce qui donne une indication de la stratégie géopolitique commune qui existe entre la Chine et la Russie.

 

Le porte-parole des affaires étrangères chinoises, Liu Wenmin, a expliqué clairement le point de vue que partagent les Chinois et les Russes sur la crise en cours en Syrie :

 

« Sur la question syrienne, la Chine et la Russie sont restées en contact étroit pour se coordonner, à la fois à New York, à Moscou et à Pékin. (.) La position des deux camps est parfaitement claire : il devrait être mis fin immédiatement à la violence et un processus de dialogue politique devrait être lancé dès que possible ».

 

Outre l'éloge qu'il a fait sur la coopération sino-russe sur cette question, Liu a bien fait comprendre l'objection constante des deux pays à l'usage de la force pour résoudre la question syrienne : « La Chine et la Russie partagent la même position sur ces points et les deux parties s'opposent à une intervention extérieure dans la situation syrienne, ainsi qu'à un changement de régime par la force ».

 

Le gant a donc été jeté. La Chine et la Russie n'autoriseront pas au Conseil de sécurité des Nations unies le recours à la force contre le gouvernement syrien.

 

De plus, Pékin et Moscou jouent la carte de la défense contre ce qui est perçu comme une agression militaire occidentale. Pour bien comprendre les intérêts et les méthodes que ces deux pays partagent sur la scène mondiale, il est utile d'examiner les origines de l'OCS elle-même.

 

L'OCS est née du « Groupe des cinq de Shanghai », un bloc de nations formé en 1996, qui comprenait la Chine, la Russie et les États nouvellement indépendants du Kazakhstan, du Tadjikistan et du Kirghizstan. L'objectif initial de ce groupe était d'atténuer les tensions frontalières entre ses membres. En juin 2001, Ce groupe s'est étendu à l'Ouzbékistan et fut rebaptisé Organisation de la Coopération de Shanghai. Les objectifs centraux de ce nouveau regroupement étaient de combattre ce que l'on appelle les « Trois Démons », à savoir le terrorisme, le séparatisme et l'extrémisme.

 

La focalisation sur les « Trois Démons » laisse entendre la nature fondamentalement conservatrice de la stratégie russe et chinoise. La Russie et la Chine ont chacune chez elles de grands territoires peuplés de minorités ethniques parfois turbulentes. La Russie, La Chine et les « -stans » sont tous confrontés à des islamistes politiques qui défient leur pouvoir. La mission essentielle de l'OCS est, par conséquent, de perpétuer le statut quo politique en Asie Centrale.

 

Depuis ses débuts plutôt modestes, l'OCS est devenue une alliance politique et quasi-militaire. Au début de 2003, les États membres ont mené des exerces militaires conjoints, appelés « Missions de Paix ». Sous les auspices de l'OCS, la Chine et la Russie ont mené leurs tout premiers exercices militaires conjoints en 2005. La dernière et la plus grande de ces « Missions de Paix » a rassemblé plus de 5.000 soldats russes, chinois, kirghizes, tadjiks et kazakhs pour participer à des manœouvres militaires au Kazakhstan.

 

La Mongolie, l'Inde, le Pakistan et l'Iran sont, pour l'instant, des « observateurs » au sein de l'OCS. En 2008, l'Iran a officiellement demandé son admission en tant que membre à part entière, mais celle-ci a été repoussée à plus tard à cause des sanctions onusiennes contre ce pays. La Biélorussie et le Sri Lanka ont adhéré en tant que « partenaires de dialogue ».

 

Les États-Unis et l'Europe occidentale se sont inquiétés du fait que l'OCS pourrait se développer en une future alliance anti-occidentale. Bien qu'un tel développement soit réfuté par les États membres de l'OCS, il y a des signes qui montrent qu'une telle coalition pourrait être en train de se former. Cependant, une telle alliance ne serait pas naturellement agressive. Ses États membres coopèrent les uns avec les autres, de façon importante, afin de prévenir les pressions occidentales effectives appelant au changements de politiques intérieures et de dirigeants.


Les deux poids lourds

 

La Russie et la Chine sont de toute évidence les États les plus importants de l'OCS. Ces deux pays, malgré une longue histoire de méfiance réciproque et de conflit, ont un intérêt commun à résister à l'hégémonie nord-américaine.

 

La Russie se sent menacée par l'expansion orientale continue du Traité de L'Organisation de l'Atlantique Nord (l'OTAN). Les anciens États soviétiques d'Europe de l'Est sont considérés comme faisant partie de la sphère d'influence de la Russie. La Russie est particulièrement préoccupée par l'expansion potentielle de l'OTAN en Ukraine et en Géorgie. Cette expansion, si elle s'officialisait, obligerait les États-Unis et leurs alliés européens à entrer en guerre contre la Russie en cas de déclenchement d'hostilités militaires entre la Russie et ces États voisins.

 

De son côté, la Chine est préoccupée par le pivot nord-américain qui se déplace vers l'Asie. Les ventes d'armes incessantes à Taiwan et le soutien aux Philippines dans l'impasse en cours dans le sud de la Mer de Chine sont des sujets particuliers de préoccupation.

 

La Russie et la Chine se sentent toutes deux menacées par le développement et le déploiement continus de la technologie anti-missile des États-Unis. Ces deux puissances, en particulier la Russie, craignent que ce système défensif ne vise à remettre en cause leur influence stratégique au regard de la doctrine de la Destruction Réciproque. Les Nord-américains affirment que cette technologie est dirigée contre les prétendus « États voyous » comme l'Iran, mais cela a été accueilli avec scepticisme.

 

Au-delà de ces préoccupations stratégiques, les deux dirigeants s'inquiètent de ce qu'ils perçoivent comme des tentatives actuelles par les États-Unis d'interférer dans la politique intérieure de leurs deux pays.


Les problèmes au Moyen-Orient

 

La récente série de discussions à Bagdad entre l'Iran et le « Groupe des Cinq plus Un » (les cinq membres permanents du conseil de sécurité plus l'Allemagne) n'a pas donné beaucoup plus de résultat qu'un accord pour programmer vers la fin juin une nouvelle rencontre à Moscou. Le point sur lequel les négociations butent est l'insistance continuelle des puissances occidentales pour que l'Iran stoppe l'enrichissement de l'uranium au-delà de 20% et le refus de l'Iran de s'y plier.

 

Le point de référence constitué par le cours du Brent a bondi de 18% au cours des douze derniers mois, en grande partie sur les craintes spéculatives d'une campagne de bombardements aériens contre l'Iran et les capacités de représailles régionales de ce pays. La Chine dépend lourdement des importations de pétrole et son économie subit les conséquences des augmentations de son prix. Dan l'éventualité de frappes contre l'Iran par les Israéliens et/ou les Nord-américains, et d'un blocus iranien du Détroit d'Ormuz qui s'ensuivrait, le prix du pétrole augmenterait spectaculairement. La croissance impressionnante de la Chine au cours des trente dernières années pourrait s'arrêter brusquement, avec des conséquences sociales et politiques imprévisibles.

 

Les objections de la Russie à une intervention militaire contre l'Iran sont essentiellement stratégiques, mais contiennent également une dimension économique. L'Iran est une passerelle entre l'Asie du Sud, le Golfe Persique et l'Asie Centrale. L'Iran partage une frontière avec les anciens États soviétiques que sont le Turkménistan, l'Arménie et l'Azerbaïdjan. Toute attaque contre l'Iran aurait des conséquences imprévisibles dans une région que la Russie considère comme relevant de sa sphère d'influence.

 

Le gouvernement russe a été catégorique dans son opposition à toute action militaire contre l'Iran. Le vice-ministre russe des affaires étrangères, Sergueï Ryabkov, a réitéré dernièrement ces mises en garde. En plus de prédire un « effet négatif pour la sécurité de nombreux pays » dans l'éventualité d'une attaque contre l'Iran, il a déclaré qu'il y aurait « des conséquences terribles pour l'économie mondiale à cause d'une flambée inévitable du prix des hydrocarbures, qui ralentira la sortie de la récession ».

 

La Chine et la Russie partagent des raisons politiques et économiques pour s'opposer à une attaque potentielle contre l'Iran. Comme d'habitude, leurs motivations communes sont essentiellement conservatrices - ces deux pays veulent éviter les incertitudes géopolitiques et économiques.

 

La coopération contre ce qui est perçu comme un aventurisme occidental au Moyen-Orient s'étend au-delà de la Syrie. En tant que membres permanents du Conseil de sécurité des Nations-Unies, la Russie et la Chine ont mis leur veto sur les résolutions récemment proposées visant le gouvernement syrien.

 

La Chine et la Russie craignent une répétition en Syrie de la campagne occidentale de bombardements qui a été menée contre le régime de Mouammar Kadhafi en Libye. La Résolution 1973 du Conseil de sécurité a été votée pour établir une zone d'exclusion aérienne au-dessus de la Libye, apparemment pour protéger la population civile. La Russie et la Chine se sont conjointement abstenues lors de ce vote, ce qui a permis à cette résolution de passer. Deux jours plus tard, une coalition d'États du Golfe et de l'Otan ont utilisé cette résolution comme occasion pour commencer une campagne aérienne dans le but ultime d'officialiser un changement de régime en Libye.

 

La Chine et la Russie veulent vraiment éviter une duplication du scénario libyen en Syrie et ont bloqué, par conséquent, deux résolutions du Conseil de sécurité appelant à des sanctions contre Damas. Aucun de ces deux pays ne donnera à l'Ouest l'occasion de lancer des opérations militaires en Syrie. La Russie veut maintenir ses intérêts stratégiques en Syrie, en particulier son seul accès portuaire en Méditerranée, à Tartous. La Chine craint une propagation de la violence sectaire depuis la Syrie vers les pays de la région, et une augmentation subséquente du prix du pétrole. Qui plus est, ces deux pays veulent entraver la pratique des « changements de régimes » menés pour des raisons idéologiques et géopolitiques par les Occidentaux.


C'est une question de souveraineté

 

Lundi dernier, l'ambassadeur chinois auprès des Nations unies, Li Baodong, a défini le point de vue du gouvernement chinois au sujet du conflit syrien, en disant : « Nous n'avons pas l'intention de protéger qui que ce soit contre qui que ce soit. (.) Ce dont nous voulons vraiment nous assurer est que la souveraineté de ce pays puisse être sauvegardée, et que le destin de ce pays puisse rester entre les mains du peuple syrien ».

 

Li a efficacement résumé le point de vue géostratégique planétaire et la politique qui en résulte, de la Russie, de la Chine et de l'OCS. La souveraineté de chaque pays pris séparément est sacro-sainte. Peu importe qui dirige tel ou tel pays, tant que son gouvernement n'est pas imposé de l'extérieur.

 

Il y a là un défi manifeste à la politique étrangère des États-Unis et de leurs alliés occidentaux. De l'Afghanistan à l'Irak en passant par la Libye, les USA ont utilisé leur puissance militaire pour rendre effectif les changements de régime contre des rivaux régionaux. Ces interventions ont été justifiées en évoquant les « droits de l'homme », la « lutte contre le terrorisme » et « l'arrêt de la propagation des Armes de destruction massive ». Cependant, la Chine et la Russie pensent que ces campagnes ont été lancées dans le but de faire avancer les intérêts géopolitiques de l'Amérique tels qu'ils sont perçus.

 

L'alliance sino-russe, dont l'OCS est un parfait exemple, est essentiellement une posture défensive et conservatrice. La Chine et la Russie ne tolèreront aucune autre intrusion des Occidentaux dans les régions stratégiquement sensibles de l'Asie occidentale et centrale. Elles utiliseront leur influence économique et politique pour bloquer les tentatives occidentales de changements de régimes en Syrie, en Iran et dans tout autre pays où la Chine et la Russie ont des intérêts géopolitiques.

 Brendan O'Reilly

Brendan P O'Reilly est un auteur et un éducateur originaire de Seattle et basé en Chine.

 Asia Times Online, le 8 juin 2012
article original : "China and Russia flex muscle at the West"
http://www.atimes.com/atimes/china/nf07ad01.html

http://questionscritiques.free.fr/edito/AsiaTimesOnline/Chine_Russie_Syrie_OCS_OTAN_Etats-Unis_Europe_080612.htm



5 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage.

5-1 Vertraulicher Schweizer : Des soldats américains à l’étranger, camouflés en hommes d’affaires.

 Il est souvent question de forces spéciales américaines qui sont engagées partout dans le monde. Mais qui sait qu’elles sont actuellement actives dans plus de 100 pays (!)? Le Pentagone veut maintenant aller encore plus loin en engageant des soldats à l’étranger sous «camouflage commercial», donc par exemple comme hommes d’affaires. La devise du Pentagone est: «Consolider et protéger des positions». Dans ce but, on vise à réaliser non seulement des activités d’espionnage comme jusqu’à présent, mais aussi des opérations militaires sous couvert d’activités économiques. Des collaborateurs du Pentagone, pas seulement des services secrets, doivent donc être introduits clandestinement dans des entreprises et vont y travailler, ou bien fonder des entreprises et les diriger pour pouvoir agir ainsi plus discrètement.

Dans un projet de loi, il est clairement précisé: «Pour préparer le champ de bataille pour des opérations militaires contre des terroristes et leurs supporteurs», les compétences de l’armée doivent être bien élargies. «Pour protéger ainsi la vie des soldats, il est nécessaire de permettre au Pentagone d’exécuter des acti­vités commerciales orientées vers le profit, afin de couvrir et soutenir de tels engagements. Pour les forces armées américaines exécutant des engagements dangereux à l’étranger, cette protection est importante.»

Il est intéressant que le Pentagone exige que le camouflage commercial ne soit plus contrôlé par le service secret Defense Intelligence Agency (DIA), mais directement par le ministre de la Défense et le secrétaire d’Etat pour les services secrets. Un des arguments principaux du Pentagone par rapport aux coûts: «Le camouflage commercial n’est pas lié à des coûts puisque on peut utiliser l’argent qu’on gagne pour son financement.» Dans les comités des services secrets au congrès, il existe pourtant les plus grands doutes. Les activités des soldats camouflés en hommes d’affaires pourraient devenir assez incontrôlables, comme cela a été le cas déjà à plusieurs reprises chez des collaborateurs du service secret. La corruption et l’affairisme de leur propre initiative vont clairement augmenter, les limites entre les services secrets, l’armée et l’économie, ou la société civile, vont s’estomper. Déjà maintenant, les 66 000 hommes et femmes des forces spéciales de la «SOCOM» sont munis d’un budget de plus de 10 milliards de dollars (!). C’est ce que le commandant, l’amiral William H. McRaven, a récemment confirmé au comité du congrès.    

Source: Vertraulicher Schweizer Brief, no 1322 du 11/5/12
(
Traduction Horizons et débats)

http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=31288



05/06/2012

n° 113 - Otan 'Géopolitique et stratégie des Guerres' -p - :l' OCS peut-elle émerger comme un contre-poids à l'OTAN ?


n° 113 - Otan 'Géopolitique et stratégie des Guerres' -p - :l' OCS peut-elle émerger comme un contre-poids à l'OTAN ?

 



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'Otan et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



Otan : Géopolitique et stratégie'des Guerres.

n° 113- 4-06

C.De Broeder & M.Lemaire

 



Vous retrouverez ce journal 

a) sur mes blog : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site de Eva Resis      :  no-war.over-blog.com

http://no-war.over-blog.com/ 

 

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire.

1 Brèves

1-1 RIA Novosti : Le Kosovo, camp international d'entraînement pour commandos.
Moscou exhorte les organisations internationales présentes au Kosovo à empêcher que cette région ne se transforme en camp d'entraînement pour commandos, lit-on lundi dans un communiqué du département de l'Information et de la Presse du ministère russe des Affaires étrangères.

"Ces derniers temps, les informations relayées par certains médias sur des contacts entre l'opposition syrienne et les autorités de ladite République du Kosovo attirent l'attention. D'autant plus qu'il ne s'agit pas seulement d'"échange d'expériences" en matière d'organisation de mouvements séparatistes pour renverser des régimes en place, mais aussi d'entraînement de commandos syriens sur le territoire du Kosovo", indique le document.

Le communiqué précise que les commandos en question s'entraînent dans des zones qui ressemblent géographiquement aux reliefs syriens.

[...]

14 mai - RIA Novosti


1-2 RIA Novosti :Des syriens ont suivi des entraînements dans des camps militaires au Kosovo.

Le président Bachar al-Assad a confirmé les informations selon lesquelles des rebelles syriens avaient suivi des entraînements dans des camps militaires au Kosovo.

"Nous disposons d'informations confirmant qu'un groupe d'opposants syriens s'est rendu au Kosovo pour y acquérir de l'expérience en matière d'intervention armée, en matière de démarches à accomplir pour amener l'OTAN en Syrie", a déclaré le chef de l'Etat syrien dans une interview à la chaîne de télévision Rossia 24.

M. Assad a souligné que les autorités syriennes tenaient ces informations de sources sûres. 

Fin avril, l'agence serbe Tanjug, se référant à l'opposant syrien en exil Ammar Abdulhamid, a annoncé que les rebelles utiliseraient l'expérience de l'Armée de libération du Kosovo (UCK) pour combattre le régime de Bachar al-Assad. Selon M. Abdulhamid, les opposants ont promis de reconnaître l'indépendance du Kosovo en cas d'arrivée au pouvoir à Damas.

 

Pristina a confirmé être en contact avec l'opposition syrienne, mais a réfuté les allégations concernant l'entraînement de combattants.

L'UCK est un groupe séparatiste armé de Kosovars albanais, qui a combattu la police et l'armée serbes lors du conflit de 1998-1999 dans l'ex-Yougoslavie. L'UCK a été dissoute à l'été 1999 après l'entrée au Kosovo des forces internationales KFOR placées sous le commandement de l'OTAN. Après la dissolution de l'Armée de libération, certains de ses combattants ont embrassé une carrière politique. Ainsi, l'un des chefs de l'UCK, Hashim Thaçi, dirige depuis longtemps le gouvernement kosovar.

RIA Novosti

MOSCOU, 16 mai



2 Dossier & Point de vue

2-1 Andreï Ilyashenko : La contre-alliance russo-chinoise: l’Organisation de la Coopération de Shangaï (OCS) peut-elle émerger comme un contre-poids à l’OTAN ?

Il est impossible de ne pas remarquer que l’OCS est maintenant au-delà des problèmes régionaux. A la réunion de Pékin, le texte de la déclaration finale des états membres de l’OCS a été adopté. D’après les sources de Ria Novosti auprès de la délégation russe, le document condamne le programme du bouclier anti-missile américain.

Une position consolidée de l’OCS sur les systèmes anti-missiles balistiques a le pouvoir potentiel de devenir un important contre-poids aux plans de l’OTAN dans ce domaine.

Bien que depuis des années l’OCS marchait sur des œufs en faisant certaines déclarations sur la politique étrangère, l’organisation change. L’OCS est pour des changements majeurs en jugeant par les résultats de la réunion des ministres des affaires étrangères de l’organisation dans la capitale chinoise avant le sommet de l’OCS programmé à Pékin les 6 et 7 Juin courant. L’OCS a été créée dans les années 1990 comme une institution devant servir à un regain de confiance entre la Russie, la Chine et quatre pays d’Asie centrale: le Kazakhstan, le Kyrgystan, le Tajikistan et l’Ouzebekhistan, ceci principalement dans le domaine de la coopération militaire.
Les états membres de l’OCS étaient unis par la menace commune que représentait le fondamentalisme islamique, représenté par la dominance des Talibans en Afghanistan. Mais au début des années 2000, l’OCS a changé son objectif sur la lute contre le terrorisme international et contre le traffic de la drogue, ainsi que dans la coopération économique et humanitaire. L’Organisation a tenu des positions équilibrées et raisonnables sur les évènements internationaux et a continué une politique très prudente, ne donnant jamais raison aux analystes de la considérer comme une alliance politique et militaire sérieuse. L’Inde, le Pakistan, l’Iran et la Mongolie rejoignirent l’organisation en tant qu’observateurs, tandis que la Biélorussie et le Sri Lanka devenaient des “interlocuteurs”. Mais les temps ont changé et l’OCS a changé avec eux. Les crises au Moyen-Orient, incluant celles déclanchées par le “printemps arabe”, le rôle des nations occidentales dans la situation et le retrait des troupes américaines de l’Irak et de manière plus importante d’Afghanistan, ont appelé à une révision de l’approche de l’organisation et de développer ses efforts de politique étrangère.
Comme l’indique le discours du ministre russe des affaires étrangères Sergeï Lavrov donné dans une réunion récente de l’OCS: à partir de dorénavant l’OCS formulera une politique commune pour tous ses participants si une crise doit apparaître dans la région. Il apparaît que le nouveau mécanisme de fonctionnement sera lancé dès le mois prochain, à la veille de la conférence internationale sur l’Afghanistan programmée pour le 14 Juin à Kaboul. “La situation en Afghanistan et ses alentours soulève des préoccupations majeures. Nous devrions participer activement à toutes les discussions internationales ayant trait à ces problèmes liés à l’Afghanistan en coordonnant nos positions”, a dit Lavrov. L’OCS prendra évidemment en considération les décisions du sommet de l’OTAN qui se tiendra fin Mai à Chicago et qui adressera la situation dans ce pays.
Des déclarations antérieures du ministre russe des affaires étrangères ont clairifié que la nature de la présence militaire américaine et de l’OTAN en Afghanistan sera la priorité de l’agenda. Moscou et Pékin argumentent contre la présence continue de troupes étrangères en Afghanistan, présence qui va bien au-delà d’une question de sécurité et de police dans le pays. Moscou aimerait aussi entendre parler d’un rapport concernant l’application de la résolution de l’ONU qui a servi de base pour participer à cette campagne militaire en Afghanistan.
La position consolidée de l’OCS soutiendra de manière substantielle les efforts de la Russie et de la Chine dans ce domaine. Les demandes de Moscou et de Pékin seront même plus soutenues si le nombre d’états membres ou de pays associés augementent. Pendant la réunion récente, Lavrov a appelé à l’approbation des demandes d’intégration enregistrées pour l’Inde et la Pakistan. De plus, l’organisation est en faveur de donner à l’Afghanistan le statut d’observateur et de faire de la Turquie un interlocuteur. Il est donc impossible de ne pas noter que l’OCS est maintenant au delà de la portée des seuls problèmes régionaux.
A la réunion de Pékin, le texte définitif de la déclaration des états membres de l’OCS a été arrêté. D’après l’agence de presse Ria Novosti et de ses sources auprès de la délégation russe, le document condamne le programme de bouclier anti-missile des Etats-Unis. RIA Novosti cite une partie du document qui dit que l’expansion illimitée unilatérale du système anti-missile balistique pourrait endommager le sécurité et la stabilité stratégique internationales. Cette déclaration soutient clairement les efforts de Moscou à répudier les plans du système américain anti-missile, qui s’il est mis en application, pourrait dévaluer le potentiel stratégique russe. Quoi qu’il en soit, la Chine est également intéressée à désarmorcer le processus américain, alors que ses forces nucléaires sont même plus vulnérables (que les russes).
Une position renforcée de l’OCS sur les systèmes anti-missiles a le potentiel de devenir en l’occurence un sérieux contre-poids aux plans de l’OTAN dans ce domaine. Néanmoins, d’après les documents et les déclarations publiés, il n’y a aucune provision pour donner à l’OCS des fonctions militaires et de défense. Il est pourtant possible, comme le dit le journal Kommersant, que quelques instruments additionnels soient contenus dans la stratégie de développement futur de l’organisation, ce qui devra être approuvé par les chefs-d’état des membres de l’organisation. L’essence même de la stratégie demeure inconnue, puisqu’elle est toujours sujette à négociation.
Andreï Ilyashenko

Lundi 21 Mai 2012
url de l’article original: http://www.globalresearch.ca/index.php?context=va&aid=30936
~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~



3 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

3-1 Capitaine Martin : L'OTAN pour combien de temps encore ?

Dimanche 20 et lundi 21 mai se déroulera à Chicago le vingt-cinquième sommet de l’OTAN, le plus fréquenté depuis sa création en 1949. Outre les vingt-huit pays membres ont été invités différents États qui n’adhèrent pas à Alliance atlantique tels que la Russie, l’Australie, la Nouvelle-Zélande, le Japon, la Corée du sud ou le Pakistan. La participation de ce dernier aura, notons-le, aura été incertaine jusqu’au dernier moment à cause des tensions survenues ces derniers temps avec Washington. Au total, ce seront donc pas moins de 6.000 délégués qui convergeront vers la cité étasunienne, bastion de Barack Obama, en vue de représenter une soixantaine de pays et des organisations internationales comme les Nations-unies et l’Union européenne. En dehors des lieux en revanche sont attendus au moins 50.00 manifestants…

 

Le thème le plus épineux qui y sera abordé est l’Afghanistan, qui est aussi la raison principale d’un sommet aussi élargi. Et plus particulièrement le retrait des troupes de l’OTAN et le financement des forces de sécurité à Kaboul, après 2014. Vu sous cet angle, le sommet est une sorte de vaste campagne de recueil de fonds. Selon les plans de l’OTAN, les forces de sécurité de Kaboul devraient s’ajouter à la fin de l’année aux 352.000 hommes de l’armée nationale afghane (il s’agit en réalité d’une estimation très optimiste compte tenu du nombre record de désertions, d’une corruption endémique et des infiltrations talibanes). Ce chiffre devrait commencer à diminuer dès 2015 pour finalement atteindre les 230.000 en 2017. Les États-Unis indiquent que le coût du maintien d’un nombre aussi important de militaires et de policiers avoisinerait 4,1 milliards de dollars par an. Une économie non négligeable pour l’Oncle Sam qui dépense déjà plus d’une centaine de milliards pour maintenir 90.000 hommes dans le pays. Une somme inenvisageable pour le gouvernement de Kaboul qui a un budget annuel à peine supérieur à 1,5 milliards et qui ne pourrait participer qu’à hauteur de 500 millions. Et encore…

 

Plus de la moitié de la somme totale (environ 2,5 milliards) serait à mettre au compte des États-Unis. C’est du moins ce qu’avait promis l’administration Obama qui n’a pourtant encore rien écrit noir sur blanc, hormis un vague accord de partenariat au grand dam d’ailleurs de Kaboul. Pour la somme restante (2,6 milliards), la Maison blanche espère fortement des pays engagés au sein de l’ISAF qu’ils participent, y compris dans le cas d’une éventuelle déstabilisation du pays après le retrait des forces de l’OTAN.

 

« Les États-Unis s’attendent à ce que les pays composant l’ISAF payent une contribution d’environ un milliard de dollars par an », expliquait dernièrement le ministre polonais des affaires étrangères, Radoslaw Sikorski, contrarié par le fait que la Pologne doive verser 20 millions de dollars par an pendant que l’Inde, la Chine ou la Russie participent seulement à hauteur de 10 millions. « Nous devrions payer la même somme que la Chine et la Russie ensemble », a-t-il commenté. 

 

Même l’Italie est appelée à apporter sa pierre à l’édifice, malgré les menaces économiques qui pèsent sur elle. James Townsend, vice-secrétaire à la défense des États-Unis et responsable des relations avec l’Europe, n’y va pas par quatre chemins dans l’entretien qu’il a tenu au journal la Stampa : « j’espère que l’Italie sera malgré les difficultés financières capable de renouveler l’engagement qu’elle a pris jusqu’à aujourd’hui ».

 

Dans ce même entretien, le représentant étatsunien a parlé de la collaboration toujours plus étroite de l’Alliance atlantique avec quelques pays d’Asie, comme le Japon ou la Corée du sud. « Á Chicago, on parlera d’une OTAN globalisée parce que nous avons des intérêts globaux à protéger », a-t-il déclaré. Agrandir sa propre sphère d’influence est devenu depuis longtemps une des priorités de l’OTAN. En réalité, vingt ans après la chute de l’Union soviétique, les membres de l’Alliance, les États-Unis au premier chef, doivent s’interroger sur l’engagement et sur l’utilité d’une structure apparemment anachronique. Même si le projet de bouclier anti-missiles dans l’Europe de l’est montre que le cauchemar russe est encore bien présent. Á la fin de la Guerre froide et à la disparition de l’ennemi qui avait justifié la naissance de l’OTAN s’ajoutent les difficiles contractions économiques. Les États-Unis ont ainsi fait savoir qu’ils n’étaient plus disposés, après les dernières coupes dans le budget de leur défense, à couvrir 75 % des dépenses de l’Alliance. Ce qui explique pourquoi ils ont demandé à leurs alliés européens de s’investir davantage. Un possible effondrement de l’OTAN n’est pas inenvisageable à terme.

Capitaine Martin

Lundi 21 Mai 2012 

http://www.resistance-politique.fr


4 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion.

Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction est d'accord avec l'article mais doit être vu comme information.

7-1french.cri.c :Il est temps pour l'OTAN d'apprendre à recourir à d'autres moyens que la force militaire. 

Alors que les dirigeants de l'OTAN se réunissent ce dimanche pour leur sommet annuel, afin de discuter de questions comme la guerre en Afghanistan et les moyens de maintenir la puissance militaire de l'alliance en dépit des réductions budgétaires, ils ont pu voir se rassembler une foule venue non pour les saluer, mais pour protester.
Dans la période qui a précédé le sommet, les manifestants ont organisé divers rassemblements dans la ville pour protester contre les interventions militaires de l'alliance dirigée par les Etats-Unis au cours des dernières années, arguant que ces interventions, sous des déguisements nobles, ne faisaisent que poursuivre des intérêts égoïstes.
Il est excusable de poursuivre des intérêts égoïstes tant que l'on ne viole pas les droits d'autrui. Mais pour l'OTAN, qui a au cours des dernières années atteint certains de ses objectifs stratégiques au détriment d'autres pays, ces manifestations devraient servir de sonnette d'alarme, et avertir le bloc qu'il est temps d'enrayer son obsession de la puissance militaire.
Après l'effondrement de l'Union soviétique en 1991, l'OTAN, restée sans rival, a servi de police mondiale, tout en se cherchant un nouveau rôle.
Au cours des deux dernières décennies, l'OTAN a été activement impliquée dans des guerres ou des interventions militaires en Bosnie, au Kosovo, en Afghanistan, et plus récemment en Libye.
Ces guerres ont infligé un lourd tribut tant humain qu'économique aux pays concernés. Selon un rapport publié récemment par une institution basée à New York, les huit séries de bombardements de l'OTAN sur la Libye l'an dernier ont directement causé la mort de 72 civils, dont 20 femmes et 24 enfants.
En outre, la politique belliciste de l'OTAN a également transformé la structure géopolitique mondiale en matière de sécurité, ce qui a eu pour effet de déclencher de nombreux conflits au sein de la communauté internationale, et même au sein de l'alliance elle-même.
De fait, les membres de l'OTAN sont toujours divisés sur le rôle de l'alliance au 21e siècle. De nombreux membres européens ont réduit leurs budgets de défense pour les années à venir, estimant que la sécurité du continent n'est plus un motif d'inquiétude. Leur volonté de contribuer financièrement aux questions de défense va probablement rester faible durant les prochaines années, au vu des problèmes posés par la crise de la dette européenne.
Les analystes ont noté que la dimension endémique de la guerre afghane avait érodé les passions parmi les membres de l'OTAN et leurs alliés. Certains, comme l'Allemagne, ont choisi de rester en dehors du conflit libyen l'année dernière.
Lors du sommet de Chicago, savoir si le président français François Hollande annoncera ou non le retrait des troupes françaises d'Afghanistan d'ici la fin de l'année, comme il l'avait promis lors de sa campagne électorale, est devenu un brûlant sujet de débats.
En 2010 à Lisbonne, au Portugal, l'OTAN avait lancé une nouvelle doctrine stratégique baptisée "Engagement actif / Défense moderne". Les dirigeants avaient également convenu de remettre progressivement la responsabilité de la sécurité aux forces de sécurité afghanes, avec pour objectif d'achever la transition d'ici la fin de l'année 2014.
Cette nouvelle doctrine stratégique a montré que l'OTAN avait pris conscience du fait que son intervention militaire ne pouvait pas tout résoudre, et pouvait même, au contraire, créer davantage de problèmes.
La situation politique, économique et sécuritaire dans le monde évolue rapidement, mais la paix et le développement demeurent la principale préoccupation de notre époque. L'OTAN, qui possède de vastes ressources politiques et militaires, devrait en conséquence s'abstenir de poursuivre ses intérêts égoïstes au détriment des autres.

20/05/2012

 http://french.cri.cn/621/2012/05/20/302s281813.htm


4-2 Thierry Meyssan :L'OTAN magnifie son déclin.
Le 25e sommet de l’OTAN n’est pas parvenu à répondre à la question lancinante qui hante l’Organisation depuis l’effondrement de l’URSS : en quoi peut-elle être utile à ses membres, hormis au Royaume-Uni et aux USA ? Toute question sur le massacre de 160 000 Libyens ou sur l’annulation de l’attaque de la Syrie étant écartée, les chefs d’États et de gouvernement ont simplement été sommés de financer le complexe militaro-industriel US.

Le sommet de l’OTAN à Chicago (20-21 mai 2012) ne rassemblait pas seulement les chefs d’État ou de gouvernement des 28 États membres, mais aussi les délégations de 32 autres pays. À ce titre, il manifestait les ambitions désormais globales de l’Organisation.

Officiellement il devait répondre à trois questions principales :
Comment contrôler l’Asie centrale ?
Comment être plus efficace avec des budgets restreints par la crise financière ?
Comment déployer un système offensif de missiles contre la Russie et la Chine ?

Le choix de Chicago pour recevoir le sommet s’explique bien sûr parce que c’est la ville dont est issu le président Barack Obama, et parce qu’elle est aujourd’hui administrée par le faucon Rahm Emanuel, officier de l’armée israélienne.

Un Comité hôte a été composé par le Groupe de Bilderberg [1] autour de la présidente du NDI/NED [2] Madeleine Albright et de John H. Bryan, administrateur principal de la banque Goldman Sachs.

À l’extérieur de la salle de conférence, il ne manquait pas de groupes militants pour manifester contre l’Alliance [3]. Cette turbulence a posé des problèmes de maintien de l’ordre à la municipalité, et a terni l’image du sommet. Cependant, l’OTAN a utilisé la gêne occasionnée pour occuper la presse : tandis que les journalistes se focalisaient sur les excès de la police à l’extérieur de la salle de conférence [4], les chefs d’État et de gouvernement pouvaient discuter en secret de leurs arrangements.


Sommet de l’Organisation du traité de sécurité collective (OTSC), à Moscou, le 15 mai 2012.
C’est moins spectaculaire que l’OTAN, mais c’est capable de lui résister.

Contrôler de l’Asie centrale

L’intervention alliée en Afghanistan avait été planifiée par les Anglo-Saxons avant les attentats du 11 septembre 2011, bien que ces attentats aient servis à la justifier de manière à y impliquer les alliés [5]. Elle répondait aux intérêts d’une coalition particulière : prendre en tenaille l’Iran (une fois l’Irak envahi) ; s’immiscer dans la zone d’influence russe des ex-États musulmans soviétiques ; ouvrir un couloir de communication pour exploiter le pétrole de la région Caspienne ; contrôler le marché mondial des drogues dérivées du pavot ; faire main basse sur des réserves de minerais précieux.

Dix ans plus tard, l’attaque de l’Iran est repoussée aux calendes grecques tandis que les relations des États-Unis avec la Russie et la Chine ne cessent de se tendre. Juste avant le sommet, Washington a conclu en urgence un Pacte stratégique avec Kaboul. Le retrait des troupes combattantes ne doit pas faire illusion : le Pentagone restera longtemps sur place. Paradoxalement, les Occidentaux ont besoin de troupes en Afghanistan pour menacer les intérêts russes en Asie centrale, mais ils ont besoin de passer par le territoire russe pour approvisionner leurs troupes en Afghanistan.

Au fil des ans, Moscou a donc créé un pacte militaire avec ses anciens partenaires soviétiques, l’Organisation du traité de sécurité collective (OTSC). L’Arménie, le Kazakhstan, le Kirghizistan, l’Ouzbékistan et le Tadjikistan en font partie (mais pas l’Azerbaïdjan). Puis, Moscou et Pékin ont fondé l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS). Son objectif initial était uniquement de prévenir l’ingérence anglo-saxonne en Asie centrale, mais elle tend à devenir un Pacte militaire. L’OCS inclut —à titre d’observateurs ou de partenaires— la Mongolie et les États du sous-continent indien (mais toujours pas l’Azerbaïdjan).

La question principale du sommet de Chicago n’était donc pas de savoir si les troupes alliées sont nécessaires à la stabilisation de l’Afghanistan ou si leur mission est terminée [6], mais quels Alliés sont prêts à piétiner durablement les plates-bandes russes (et accessoirement chinoises) ? Dès lors, la décision du président François Hollande de retirer au plus vite les troupes françaises doit être comprise pour ce qu’elle est : non pas simplement mettre fin à une aberrante expédition coloniale, mais surtout refuser de participer à la stratégie impériale anglo-saxonne contre la Russie et la Chine en Asie centrale.

Face au complot anglo-saxon, Moscou a mis en scène sa réponse à travers l’agenda de son président.
7 mai : investiture du président Vladimir Poutine
8 mai : nomination de Dmitry Medvedev comme Premier ministre
9 mai : célébration de la victoire contre l’Allemagne nazie
10 mai : visite du complexe militaro industriel russe
11 mai : réception du président abkhaze
12 mai : réception du président sud-ossète
14-15 mai : rencontre informelle avec les chefs d’États de l’OTSC.
On ne peut être plus clair. Le nouveau mandat de Vladimir Poutine sera consacré à se donner les moyens de protéger les marches de la Russie et de la défendre avec ses alliés.

Dans un souci d’apaisement, l’OTAN a invité au sommet de Chicago les présidents des États membres de l’OTSC, qui ont tous fait le déplacement, sauf Vladimir Poutine.

Quoi qu’il en soit, le sommet a confirmé que l’OTAN resterait en Afghanistan, non plus en tant que puissance occupante, mais comme soutien à la fantomatique armée afghane [7].


Cérémonie de signature du programme de surveillance aérienne (Alliance Ground Surveillance — AGS).
Les malheureux qui doivent payer la facture sont cloués au pilori des photographes : Souriez, vous devez payer.

Réduire les dépenses

Alors que le Pentagone lui-même était appelé à modérer ses dépenses, le précédant secrétaire à la Défense, Robert Gates, avait demandé aux alliés de faire un effort significatif et d’augmenter leur budget militaire pour compenser la baisse de celui des États-Unis [8]. Cependant le Pentagone a dû déchanter, les alliés ayant été à leur tour touchés par la crise financière états-unienne. Par conséquent, la réflexion s’est tournée vers les possibilités de dépenser moins (ce que les communicants appellent la « défense intelligente », étant entendu que jusqu’à présent on jetait stupidement l’argent par les fenêtres) [9].

En matière d’armement, dépenser moins, c’est acheter des armes fabriquées en très grande série. Concrètement, cela signifie que les Alliés doivent renoncer à fabriquer leurs propres armes et doivent au contraire les acheter au plus gros fabriquant, c’est-à-dire aux USA. Le problème, c’est que cela signifie pour les alliés une perte de souveraineté, des pertes d’emplois, et l’obligation de continuer à soutenir le dollar, donc d’éponger le déficit US. En résumé, pour être défendus, les alliés doivent sacrifier leur industrie de Défense —s’ils en ont encore une— et offrir leurs devises au Grand frère états-unien.

Le président Obama attendait ses invités avec son catalogue. Cette année, il y avait des promotions sur les drones. Le sommet a approuvé le programme d’acquisition de moyens de surveillance aérienne qui était en discussion depuis une décennie [10]. L’idée de mixer des drones et des avions gros porteurs fabriqués par des consortiums euro-US a été abandonnée au profit du seul achat de drones US. C’est une catastrophe annoncée depuis longtemps pour EADS (Allemagne), Thales (France), Indra (Espagne), Galileo Avionica (Italie), Dutch Space (Pays-Bas), General Dynamics (Canada). Mais c’est au moins 3 milliards d’euros de commandes pour Northrop Grumman et Raytheon (USA), qui sortent grands vainqueurs du sommet. La facture sera répartie entre 13 Etats membres. La France et le Royaume-Uni ont réussi a se retirer de ce guêpier et contribueront au programme avec leur propre matériel.

En outre, le Pentagone a imposé des modifications des règles de fonctionnement interne de l’Alliance de manière à se garantir la possibilité d’utiliser l’OTAN à la carte. A l’origine, l’Organisation était censée se mobiliser dans son ensemble lorsqu’un de ses membres était attaqué. Aujourd’hui, Washington fixe ses objectifs coloniaux et compose une coalition ad hoc. Par exemple, on a formé une alliance autour de la France et du Royaume-Uni pour détruire la Libye. Les Allemands n’y ont pas participé. Or, ils gèrent la flotte des avions de surveillance AWACS. Il s’en est suivi un moment de désorganisation avant que la coalition puisse utiliser ce matériel. Par conséquent, le Pentagone exige d’avoir un droit de réquisition des matériels de leurs alliés lorsque ceux-ci refusent de participer à une coalition. De ce point de vue, la « défense intelligente » équivaut à prendre ses alliés pour des imbéciles.


Anders Fogh Rasmussen, secrétaire général de l’OTAN (ici en conversation avec Thomas Vecchiolla, directeur des ventes de Raytheon), inaugure une exposition destinée à expliquer aux membres de l’Alliance les bienfaits du « bouclier antimissile ».

Menacer la Russie et la Chine

Pour mettre fin à la dissuasion nucléaire russe et chinoise, les États-Unis ont imaginé de se protéger des missiles ennemis pour pouvoir tirer les leurs sans crainte de représailles. C’est le principe du « bouclier antimissile ». Cependant, il n’existe pas à l’heure actuelle d’intercepteurs capables de détruire en vol les missiles balistiques ultra-sophistiqués russes et chinois. Dès lors, sous l’étiquette fallacieuse de « bouclier antimissile », le Pentagone entend déployer un ensemble de radars capable de surveiller l’espace aérien global et installer le plus près possible de la Russie et de la Chine des missiles les menaçant.

Le secrétariat à la Défense US a d’ores et déjà négocié avec un grand nombre de pays des accords pour installer ces matériels. Il encourage des pactes militaires entre les États qui l’accueillent. Par exemple, il a invité la Jordanie et le Maroc à rejoindre le Conseil de coopération du Golfe et à le transformer en une sorte de nouveau Pacte de Bagdad [11]. En sus, il développe un discours lénifiant pour masquer ses intentions. S’adressant à des ignorants qui n’ont jamais observé une mappemonde, il explique sans rire que les installations développées en Europe centrale ne menacent pas la Russie, mais visent à intercepter des missiles iraniens tirés vers les USA en prenant le chemin des écoliers.

Le sommet de Chicago a entériné le transfert de compétence pour le « bouclier antimissile » du Pentagone à l’OTAN [12]. Là encore, la question n’était pas de savoir comment se protéger d’une imaginaire attaque nucléaire suicide iranienne ou nord-coréenne, mais si l’on veut ou non participer à un projet tourné contre la Russie et la Chine. Prudemment, les États-Unis ont évité la question qui fâche, quitte à ce que certains participants déplorent que l’on ne sache plus à quoi servira l’Alliance dans les prochaines années.


Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergey Lavrov, venu apporter le soutien de la Russie au président syrien, Bachar el-Assad (Damas, le 12 février 2007). Plus de 100 000 ressortissants russes résident désormais en Syrie. Ils actionnent notamment les systèmes antimissile S300 capables de tenir l’OTAN en échec.

Ne pas rendre compte

Le sommet de Chicago était important par les sujets qu’il a abordé. Il l’était tout autant par ceux qu’il a esquivés : la destruction de la Libye et la dérobade face à la Syrie. Dans toute organisation, les dirigeants sont tenus de présenter un rapport annuel de leurs activités. Pas à l’OTAN. Tant mieux pour eux car leur bilan n’est pas flatteur.

Depuis le dernier sommet, l’Alliance a gagné une guerre contre un ennemi qui ne lui a pas livré bataille. Persuadé jusqu’au dernier moment de pouvoir négocier, Mouammar el-Kadhafi avait interdit à son armée de riposter contre les aéronefs et les navires de l’Alliance. La guerre, la vraie, s’est limitée à la prise de Tripoli. Chacun savait que la population était armée et qu’entrer dans la ville se ferait au prix d’un bain de sang. Certains que des alliés s’y opposeraient, l’amiral James Stavridis, Suprême commandeur de l’OTAN, n’a donc pas porté le sujet devant le Conseil atlantique. Il a organisé une réunion secrète à Naples où seuls les États les plus déterminés ont été conviés. Selon nos informations, la France y était représentée par Alain Juppé [13]. C’est donc à l’insu de certains alliés que la décision a été prise. En définitive, l’OTAN a conquis Tripoli en une semaine, le commandant militaire de la capitale, le général Albarrani Shkal, ayant démobilisé ses hommes et offert la ville à l’envahisseur pour quelques millions de dollars. Les drones et les hélicoptères de combat ont facilement massacré les dizaines de milliers d’habitants, qui pensaient pouvoir défendre leur patrie armés de kalachnikovs. L’OTAN qui était prétendument venue protéger les civils a tué au total 160 000 personnes, sans avoir officiellement subi la moindre perte..

À Chicago, les chefs d’État et de gouvernement ont pu discuter des problèmes capacitaires de cette guerre, mais ni du coup de force du Suprême commandeur, ni du résultat politique qui a suivi avec l’anéantissement de l’État libyen et l’installation au pouvoir des Frères musulmans et d’Al Qaida.

On a également limité les discussions à propos de la Syrie. Les communicants qui avaient utilisé du même prétexte pour viser Damas et Tripoli (le « printemps arabe »), ont une explication toute faite pour expliquer la dérobade : une intervention militaire internationale favoriserait une guerre civile. C’est évidemment plus classieux que de reconnaître le renversement du rapport de force. La Russie a déployé en Syrie le système de défense anti-aérienne le plus performant du monde. Il n’est pas de nature à empêcher un bombardement du pays, mais peut infliger des pertes très sévères aux aéronefs de l’OTAN. L’enjeu n’en vaut pas la chandelle. Aussi peut-on lire dans la Déclaration finale du sommet une banalité qui ne valait pas de réunir 60 chefs d’État et de gouvernement : « Nous suivons l’évolution de la crise syrienne avec une préoccupation croissante et nous soutenons fermement les efforts que déploient l’ONU et la Ligue des États arabes, et notamment la mise en œuvre intégrale du plan Annan en six points » [14].

[1] « Ce que vous ignorez sur le Groupe de Bilderberg », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire/Komsomolskaïa Pravda, 9 avril 2011.

[2] « La NED, vitrine légale de la CIA », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire/Odnako, 6 octobre 2010.

[3] « Massive anti-NATO protests in Chicago », Voltaire Network, 21 mai 2012.

[4] « The Empire Holds Its War Council in Chicago », by Glen Ford, Voltaire Network, 18 mai 2012.

[5] L’Effroyable imposture, par Thierry Meyssan, 2002.

[6] « Déclaration du Sommet de l’OTAN à Chicago concernant l’Afghanistan », Réseau Voltaire, 21 mai 2012.

[7] « Aube rouge sang à Kaboul », par Manlio Dinucci, Réseau Voltaire, 9 mai 2012.

[8] « Les gros bras Gates et Rasmussen tentent un nouvelle extorsion de fonds », par Lucille Baume, Réseau Voltaire, 16 juin 2011.

[9] « Quel est le prix de la « défense intelligente » de l’Otan ? », par Manlio Dinucci, Tommaso di Francesco, Réseau Voltaire, 21 mai 2012.

[10] « Déclaration du sommet sur les capacités de défense pour les forces de l’OTAN à l’horizon 2020 », Réseau Voltaire, 20 mai 2012.

[11] Signé en 1955, le Pacte de Bagdad était un complément de l’OTAN réunissant l’Irak du roi Fayçal II, la Turquie d’Adnan Menderes, le Pakistan du gouverneur général Malik Ghulam Muhammad et l’Iran du Shah, sous la houlette des Anglo-Saxons.

[12] « Revue de la posture de dissuasion et de défense de l’OTAN », Réseau Voltaire, 20 mai 2012.

[13] Ce point a été formellement démenti par son secrétariat, selon lequel le ministre était en vacances à cette date.

[14] « Déclaration du Sommet de l’OTAN à Chicago », Réseau Voltaire, 20 mai 2012.

Thierry Meyssan

Mardi 22 mai 2012

Thierry Meyssan, Intellectuel français, président-fondateur du Réseau Voltaire et de la conférence Axis for Peace. Il publie des analyses de politique étrangère dans la presse arabe, latino-américaine et russe.

Dernier ouvrage en français : L’Effroyable imposture : Tome 2, Manipulations et désinformations (éd. JP Bertand, 2007).

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5 Annexe 

5-1 Le concept stratégique de l'OTAN à l'épreuve du réel

Les 19 et 20 novembre 2010, l'OTAN adoptait lors d'un sommet à Lisbonne un nouveau concept stratégique définissant les menaces pesant sur ses Etats membres, les crises et les tendances des relations internationales et les moyens pour y faire face. C'est la feuille de route de l'Alliance pour les dix années à venir, et qui reconfirme que l'engagement pris de se défendre mutuellement contre toute attaque reste le socle de la sécurité euro-atlantique. Le chercheur en géopolitique Jean-Sylvestre Mongrenier analyse la pertinence du concept stratégique de l'OTAN un an et demi après son adoption.

 

Le concept insiste sur les menaces que pose la prolifération nucléaire et des armes de destruction massive. Quels sont les progrès réalisés par l'OTAN en la matière pour les contrer ?

De fait, la prolifération nucléaire et balistique - les deux phénomènes se recoupant sans se confondre -, concerne au premier chef les membres européens de l'OTAN. Reportons-nous simplement au programme nucléaire mené par le régime iranien et aux efforts balistiques que Téhéran déploie. D'ores et déjà, l'ensemble du Proche et Moyen-Orient (Turquie incluse), voire le Sud-Est européen, sont à portée de tir des missiles Shahab III. La réponse élaborée en commun au sein de l'OTAN consiste à concevoir et déployer un dispositif de défense antimissile des territoires, dispositif articulé au système global des Etats-Unis (la Missile Defense). Le projet initial de l'administration Bush, tel qu'il avait été présenté en 2007, a été reconfiguré pour mieux s'adapter aux menaces de moyenne portée qui pèsent plus spécifiquement sur l'Europe. Dans un premier temps, des intercepteurs SM-3 seront déployés sur des plates-formes navales en Méditerranée et, peut-être, en mer Noire. Dans un second temps, ce seront aussi des intercepteurs terrestres sur un site polonais et un site roumain. La reconfiguration du projet par l'administration Obama visait aussi à faciliter la réouverture des négociations avec la Russie. Sans grand succès, il faut bien le dire. Vladimir Poutine ne se rendra pas à Chicago, les 20 et 21 mai ; il n'y aura pas d'accord-cadre entre l'OTAN et la Russie, les dirigeants russes s'opposant au déploiement de systèmes antimissiles en Europe, du moins de systèmes autres que les leurs.

 

Du côté de l'OTAN et de ses pays membres, le principe d'un bouclier antimissile a été arrêté lors du sommet de Lisbonne, en novembre 2010. Il est conçu comme une extension de la défense de théâtre développée depuis 2000. La mise en place d'une "capacité intérimaire" devrait être décidée lors du sommet de Chicago, le système antimissile de l'OTAN devant progressivement monter en puissance jusqu'en 2018. Concrètement, un système de commandement américain est en place, un radar d'alerte américain est en activité dans l'est de la Turquie depuis le début 2012 et une frégate américaine, dotée du système Aegis, croise en Méditerranée. En parallèle, les Alliés travaillent à la mise en place d'un système commun de commandement et de contrôle opérationnel . Plus généralement, il importe de préciser que les systèmes antimissiles n'ont pas vocation à se substituer aux armes nucléaires, ce qui a été rappelé à Lisbonne. Ils s'intègrent dans une dissuasion globale fondée sur des moyens nucléaires, des moyens d'interception, des moyens de projection de forces et de puissance sur des théâtres extérieurs. Enfin, la politique de contre-prolifération repose aussi sur la diplomatie et les divers régimes juridiques internationaux (voir notamment le traité de non-prolifération).

 

Le principe d'édifier une défense antimissile balistique de l'OTAN a été adopté par les Alliés fin 2010.

 

Une place importante est accordée aux cyberattaques ; l'OTAN se dote-t-elle des moyens suffisants pour y parer depuis novembre 2010 ?

Nos sociétés, dans leur épaisseur et dans leur complexité, sont de plus en plus dépendantes des systèmes de communication électroniques comme des moyens spatiaux. Il ne s'agit pas seulement des structures politiques et militaires des Etats mais aussi des infrastructures et réseaux énergétiques (centrales nucléaires, réseaux électriques, tubes et gazoducs, etc.), de l'eau, des hôpitaux, des réseaux de circulation, des services bancaires. Tout cela constitue la toile de fond de l'attention accordée par l'OTAN aux cyberattaques et à la protection des systèmes d'information et de communication. L'OTAN en tant que telle a toujours protégé ses systèmes propres mais ces enjeux ont pris une importance grandissante dans les années 2000, au fur et à mesure de la croissance et du renouvellement des menaces. Lors du sommet de Prague, en 2002, cette question a été inscrite à l'agenda politique de l'OTAN. En d'autres termes, elle a dépassé sa seule dimension technique pour être considérée comme une priorité politique. Cette priorité est réaffirmée lors du sommet de Riga, en 2006. En 2007, l'Estonie est engagée dans une grave crise politique avec la Russie et ses institutions, tant publiques que privées, sont l'objet de cyberattaques qui menacent la cohésion et le fonctionnement de cet Etat. Réunis en juin 2007, les ministres de la défense de l'OTAN préconisent l'élaboration d'une politique de cyberdéfense. L'Estonie joue un rôle important en contribuant au premier chef à la création d'un Centre de cyberdéfense à Tallin, homologué comme centre d'excellence de l'OTAN en 2008 (ce centre mène des travaux de recherche et de la formation).

 

L'année 2008 voit éclater la guerre russo-géorgienne qui est aussi une "cyberguerre", ce qui contribue à accélérer la prise de conscience de la gravité des enjeux. C'est depuis les événements de 2007 et 2008 que des exercices de "cybercoalition" sont régulièrement menés par l'OTAN, exercice en partie élargis à des pays partenaires ; cela a été le cas pour l'exercice mené fin 2011, exercice incluant l'Australie et la Nouvelle-Zélande. Pour nous résumer, jusqu'en 2007, l'OTAN a pour souci la protection de ses systèmes de communication propres. Depuis, le cadre a été élargi et l'OTAN met en place des mécanismes d'aide à ses Etats membres avec le possible envoi d'équipes de réaction rapide en cas de cyberattaques. Si certains des Etats membres ont la capacité et les moyens de développer leur propre cyberdéfense, d'autres constituent des "maillons faibles" qui pourraient menacer la cohésion et la résilience de l'ensemble de la structure alliée. L'OTAN intervient tout à la fois comme structure de coordination et de coopération entre ses membres et comme structure d'appui permettant à certains d'entre eux de se mettre à niveau. Ce processus est entériné par le Concept stratégique de 2010 qui mentionne la cyberdéfense. Dans le prolongement du sommet de Lisbonne, les ministres de la défense de l'OTAN, le 8 juin 2011, ont donné leur accord à une nouvelle version de la politique de cyberdéfense. Elle est axée sur le renforcement du dispositif central de protection, l'élaboration de nouvelles règles et le soutien aux Alliés dans leurs initiatives propres. Un plan d'action destiné à mettre en œuvre cette politique a été adopté. Une équipe opérationnelle de réaction rapide est progressivement mise sur pied et ce processus sera mené à terme dans l'année. Les quelques lignes consacrées par le Concept stratégique à la cyberdéfense ne sont donc qu'un moment dans le développement d'une thématique et d'un dispositif consacrant l'importance que les Alliés lui accordent.