Blogs DHNET.BE
DHNET.BE | Créer un Blog | Avertir le modérateur

25/08/2012

n° 508 - "Les dossiers 'de l'Afghanistan - 24-08-: - la mort, la guerre, l’hypocrisie impérialistes

n° 508 - "Les dossiers 'de l'Afghanistan - 24-08-: - la mort, la guerre, l’hypocrisie impérialistes




Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



Afghanistan 

Les dossiers de la defaite

n°508 du 24-08

C.De Broeder & M.Lemaire

 



 Le "Afghanistan le dossier" est  visible  sur mes blogs : 

a)   sur nos blog : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

b) sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

c) sur le site de Eva Resis      :  no-war.over-blog.com

http://no-war.over-blog.com/ 

 

d) un sommaire à :  http://www.palestine-solidarite.org/journaux.CathyetMarc.htm

cette page est accessible depuis la page d'accueil ( http://www.palestine-solidarite.org/ )colonne de gauche.

NB : Si vous voulez nous contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 



Avant propos

La guerre menée par le terrorisme contre ses adversaires déclarés est tout à fait invraisemblable.

Pour être crédible, cette histoire exigerait triplement et simultanément une excessive stupidité des terroristes, une incompétence extravagante des services policiers, et une folle irresponsabilité des médias. Cette invraisemblance est telle qu'il est impossible d'admettre que le terrorisme soit réellement ce qu'il prétend être’.

(MICHEL BOUNAN)


Les médias occidentaux pro USA usent d’un terme générique- Al Qaida- Taliban - pour désigner tous les résistants .... i

dem pour le mot 'terrorisme' employé par les Usa & ces acolytesPs : Avant de vous lancer dans la lecture du journal, noter ceci: 'Al Qaïda'  & Al-Zarqaoui, Ben Laden Mollah Omar  = concept réducteur inventé par les Usa, pour désigner la résistance. Idem pour le mot 'terrorisme' employé par les Usa & ces acolytes



Sommaire.

Le "Afghanistan le dossier" est  visible : 

a)   sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

b) sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

c) sur le site de Eva Resis      :  no-war.over-blog.com

http://no-war.over-blog.com/ 

 



1 Tiré à part 

 

Otan

Après le massacre de 17 civils perpétré par un soldat américain, le scandales des marines urinant sur des dépouilles afghanes, après les photos de chasses de soldats fiers de posés devant des cadavres, après l’autodafé des Saints Corans brulés à Abu Ghraib, d’autres offenses encore, voilà une autre révélation, toute aussi horrible faite par un officier Us qui a passé plusieurs années en Afghanistan: les chiens de l'armée américaine se nourrissent des cadavres des afghans.

Selon John Jordan qui entend publier "ses Mémoires !, "Nos commandants nous avaient intimé l'ordre de ne pas remettre les cadavres des Action kamikaze et des Qaidistes aux membres de leur famille et les jeter en pâture devant les chiens, ils considéraient ça comme une punition infligée aux terroristes"!.

Certaines sources judiciaires indépendantes affirment vouloir poursuivre cette affaire en justice si les déclarations de Jordan sont avérées exactes.



Troupes d'occupation
1-4 Ce que l’on certifie !!!: 2.000 militaires américains tués en près de 11 ans d’invasion

Le nombre des militaires américains tués en Afghanistan a atteint 2.000, après presque 11 ans de guerre et la mort mercredi d'un caporal des Marines dans des combats avec les action kamikaze, selon des données du Pentagone consultées jeudi.

Le site internet icasualties.org, qui compile les données sur les soldats tués au cours de l'opération EnduringFreedom (Liberté immuable), qui a débuté en octobre 2001, évoque de son côté 2.008 morts américains.

Sur les 2.000 morts recensés par le Pentagone, 1.577 ont été tués dans des combats et 34 sont des femmes. Quelque 16.402 militaires ont par ailleurs été blessés.

Plus de 150 militaires américains ont été tués depuis le début de l'année.

L'armée américaine a connu ses pertes les plus importantes en 2010 avec 499 morts, contre 414 en 2011.

Plus de 90.000 soldats américains occupent l’Afghanistan. Ce chiffre devrait être ramené à 68.000 à la fin de l'été.

Environ 40.000 hommes de l'Otan occupent également l’Afghanistan.

Au moins 1.039 soldats de l'Otan ont été tués depuis le début de l’invasion du pays en 2001, dont 418 Britanniques et 87 Français.

L'Otan doit transférer la responsabilité de la sécurité aux 352.000 hommes des forces afghanes d'ici à la mi-2013.

Les pertes des Etats-Unis en Afghanistan sont loin d'égaler celles connues en Irak: quelque 4.475 militaires américains y ont été tués et 32.228 blessées entre 2003 et 2010, selon les données du Pentagone.

http://www6.almanar.com.lb/french/adetails.php?eid=68519&frid=20&cid=20&fromval=1&seccatid=25

 



1-1 Crocker : les USA comptent reste jusqu'en 2024 en Afghanistan!  

L'ambassadeur américain sortant en Afghanistan a déclaré que les militaires américains resteraient en Afghanistan jusqu'en 2024.

Selon le journal pakistanais « Dawn », Ryan Crocker a déclaré mardi que  Washington avait un nouveau plan pour sa présence militaire en Afghanistan. Crockezr interviewer par  AssociatedPress, a ajouté qu'après le retrait des Etats-Unis de l'Afghanistan en 2014, une partie des forces spéciales  américaines  de l'armée de terre et de l'air restera dans ce pays pour une période 10 ans afin de contrôler les Taliban. Il a prétendu que la présence des forces américaines en Afghanistan a des impactes positifs sur la situation afghane , et celle des pays voisins.  Crocker a ajouté que ce plan sera mis en application au Pakistan.

17/07/2012

Irib


1-2 Le pétrole est-il l'eldorado de l'Afghanistan?

Des sociétés pétrolières comme Exxon s'intéressent au sous-sol du pays.

Avec les difficultés de la guerre, de la corruption et de la division ethnique, d'autres hésitent à entrer dans la course.

«Exxon n’irait pas dans une zone à moins qu’elle ne soit prometteuse.» Chakib Khelib, ancien ministre algérien du pétrole, expliquait par ces mots à l’agence Reuters que si le géant pétrolier américain lorgnait du côté des réserves afghanes, c’est que son exploitation ne devait pas être beaucoup plus difficile que celle de l’Arctique.

Le groupe américain pourrait en effet s’intéresser au pétrole afghan. C’est ce qu’ont révélé plusieurs médias anglo-saxons au mois de juillet. L’enjeu: des enchères pour entamer une phase d’exploration dans le bassin afghano-tadjik. Une région du nord du pays qui pourrait contenir de colossales réserves d’or noir. 1,9 milliard de barils, estime l’USGS (US GeologicalSurvery) dans sa dernière évaluation.

Les industriels ont jusque fin octobre pour faire une offre. Le résultat est attendu à la mi-décembre. Le gagnant aura le droit de consulter les documents compilés par le ministère des Mines et l’USGS, qui promettent plusieurs centaines de millions de barils de pétrole répartis sur six secteurs «blocs». Il pourra alors faire des propositions pour espérer signer un contrat d’exploitation à l’horizon mars 2013.

Pour l’instant, seul le ministère afghan des Mines a communiqué sur le sujet, révélant ainsi les concurrents en lice le 4 juillet dernier. Les industriels, eux, restent très discrets. Il ne faut surtout pas révéler le montant et les termes de l’offre pour ne pas s’exposer aux autres groupes qui participent. Pour Kaboul, l’enjeu est de taille: le ministre de l’Economie estime que le pétrole pourrait rapporter 9,75 milliards d’euros par an. Une somme non négligeable pour un pays dont le PIB s’élève à 16,4 milliards en 2011, dans un contexte de dépendance extrême à l’aide internationale.

Huit entreprises se retrouvent en concurrence pour cet «Afghan tajik tender 2012». Face à Exxon, sept groupes de moindre ampleur, la plupart sous tutelle de leurs Etats respectifs: Dragon Oil (Arabie Saoudite), Kuwait Energy (Koweït), ONGC Videsh (Inde), Petra Energia (Brésil), Pakistan Petroleum (Pakistan), PTT (Thaïlande) et TPAO (Turquie). 20 autres entreprises ont été disqualifiées d’office, considérées comme n’ayant pas la solidité financière pour un tel contrat.

Des multinationales comme sauveurs de l’économie afghane

Comme l’explique Chakib Khelib, la présence d’une société comme Exxon serait un gage rassurant pour les autres investisseurs. Le patron de la lutte anti-corruption de l’Otan, le brigadier-général Ricky Waddell, estime de même que «Exxon est si gros et présent dans tellement de pays qu’ils peuvent se permettre de dire non [à la corruption]». Les Américains et leurs alliés ont bien compris que la viabilité de l’Afghanistan, et donc sa sécurité, dépend de la capacité de partenaires internationaux à s’y installer dans de bonnes conditions.

Washington, entre autres, pousse ainsi ses grands groupes à considérer une implantation dans ce pays avec la plus grande attention.

Lors de cet appel d’offres, le ministre afghan des Mines, WahidullahShahrani, a ainsi salué le nombre de compétiteurs. «Cet impressionnant groupe d’enchérisseurs démontre de la croissance robuste et du développement rapide des secteurs du gaz et du pétrole afghans», a-t-il déclaré dans un communiqué. Il estime que ce «succès» s’explique par le précédent contrat remporté fin 2011 par la China National PetroleumCorp (CNPC), qui développe les infrastructures pour extraire le pétrole du bassin d’AmuDarya.

Dana Rohrabacher, un représentant républicain s’est lui offusqué de voir Pékin trouver une place en Afghanistan: «Les Chinois raflent le potentiel économique en profitant d’une guerre menée par les Etats-Unis». Exxon n’est pourtant pas le premier géant à envisager un tel investissement. Auparavant, JP Morgan Chase a commencé à s’intéresser au secteur minier à hauteur de 32,5 millions d’euros pour des mines d’or.

Certains se sont étonnés de l’absence de Total sur ce marché. Le Français surveille pourtant bien ces réserves de pétrole. En 2009-2010, il s’était penché sur un appel d’offre comparable, pour un secteur plus restreint dans la région de Kashkari. Arrivé en finale, Total n’avait finalement pas fait d’offre et, faute d’une concurrence suffisante, l’enchère était tombée à l’eau. Un site trop petit? Des conditions de sécurité trop risquées? Lepétrolier se refuse à tout commentaire. «Ces phases sont ultra-confidentielles, on ne peut ni commenter ni confirmer l’intérêt de Total pour ces gisements», explique-t-on au siège du groupe.

La filiale tricolore Exploration reste malgré cela aux aguets. En 2011, la députée du Nord Françoise Hostalier, grande passionnée et spécialiste de l’Afghanistan, rédigeait un rapport parlementaire destiné au Président Sarkozy dans lequel elle aborde les partenariats économiques potentiels entre la France et ce pays.

Au cours de cette enquête, elle avait pu consulter, entre autres grands patrons d’industries, Pierre Olinger, le numéro 2 de Total. Aujourd’hui, l’ancienne députée (elle n’a pas été réélue) assure que le groupe français est attentif aux enjeux afghans :

«Total est très à l’écoute, très au courant de tout ce qui se passe en Afghanistan. Le problème, c’est la législation de ce pays qui n’est guère adaptée à la gestion et à l’exploitation d’une entreprise comme Total. Elle interdit de dissocier l’exploration et l’exploitation. Aussi, les risques sont trop grands pour les sociétés spécialisées pour cette phase. Total estime pour sa part qu’il y a pour le moment des zones du monde plus rentables pour eux.»

Chacun sa part de corruption

Les Chinois, eux, ont dû s’associer au groupe Watan dans une joint venture qui leur a ouvert les portes d’un premier site à exploiter. Les premiers barils de pétrole du bassin de l’AmuDarya devraient en être extraits à l’automne prochain, à un rythme de 5.000 barils par jour dans un premier temps. L’Afghanistan doit récolter 70% des bénéfices, en plus d’autres taxes sur l’exploitation. Le tout pour un site qui reste, avec ses 70 à 80 millions de barils de réserve, beaucoup plus modeste que ce qui est actuellement mis aux enchères dans le bassin afghano-tadjik.

Cette association avec un industriel local est une véritable contrainte pour les groupes internationaux qui veulent s’installer en Afghanistan. Dans le cas des Chinois, cette alliance forcée avec Watan est loin d’être neutre: l’entreprise afghane est dans le giron du clan Karzaï. Les propriétaires de ce groupe, les frères Ahmad et Rashid Popal, sont en effet des cousins du président afghan tandis que le frère de ce dernier, QuayumKarzaï, en est l’actionnaire principal.

Le groupe, qui a investit dans divers secteurs, comme les télécommunications, l’énergie ou la métallurgie, est impliqué dans de nombreux scandales, des affaires de corruption et de rackets, notamment dans sa branche sécurité qui rançonne les camions empruntant l’autoroute entre Kaboul et Kandahar.

Cette alliance n’aura pourtant pas été une garantie de sécurité pour les Chinois de CNPC. Ils ont sous-estimé l’éloignement entre Kaboul et le site pétrolier… qui se trouve sur les terres d’Abdul Rachid Dostom. Ce chef de guerre local s’est successivement allié aux Soviétiques, puis à Massoud qu’il trahira, avant de rejoindre l’Alliance du nord en 2001.

Loin de porter les Popal et les Karzaï dans son cœur, il aurait dépêché des miliciens pour intimider les ingénieurs chinois et réclamer sa part des bénéfices. Des méthodes qui, pourtant, sont difficiles à sanctionner: la population adhère au discours du chef local qui passe pour défendre les intérêts de la région contre les élites de Kaboul. Johan Freckaus, entrepreneur et consultant français installé en Afghanistan depuis plus de dix ans, connaît bien ce pays et les us et coutumes locales:

«En Afghanistan, les intérêts locaux priment sur les intérêts nationaux, même si l’attachement à l’unité reste fort. Il y a une très forte philosophie du “chacun chez soi”. Les ruraux s’occupent de leurs affaires et les citadins des leurs. En sympathisant avec Watan group et des proches du pouvoir de Karzaï, les Chinois ont obtenu les faveurs de Kaboul … sans savoir qu’il fallait aussi avoir l’aval du chef local.»

Pour lui, plus que des questions de sécurité, ce sont ces pratiques très particulières qui refroidissent les investisseurs, aussi bien français qu’américains. Les Afghans seraient prêts à accueillir tout le monde: «Ils donnent sa chance à chacun. Si le résultat leur plaît, tant mieux, sinon, ils les chassent». Des risques difficilement acceptables pour des groupes privés qui ne sont pas poussés par leurs Etats respectifs.

Malgré les encouragements des gouvernements occidentaux, les grandes multinationales continuent d’hésiter à investir dans un pays qui reste classé quatrième plus corrompu au monde par l’ONG Transparency. Et si ces capitaux pourraient être un moyen de soutenir l’économie délabrée de l’Afghanistan, nombreux sont les observateurs à rester sceptiques: la plupart des pays aux sous-sols démesurément riches continuent d’être ravagés, comme continuent de le montrer l’Irak, la République Démocratique du Congo ou encore le Soudan.

Romain Mielcarek

http://www.slate.fr:81/story/60389/petrole-afghanistan


8 compagnies étrangères, en lice, pour le droit d’explorer les champs pétroliers et gaziers  

10/07/2012

 «Huit compagnies sont en lice, pour obtenir le droit de prospecter et d'exploiter le pétrole et le gaz, en Afghanistan», a annoncé le ministère afghan des Mines.

Selon Reuters, le ministère afghan des Mines a annoncé, dans un communiqué : «Dragon Oil, Kuwait Energy, India's ONGC Videsh, Brazil's Petra Energia, Pakistan Petroleum, Thailand's PTT and Turkey's TPAO join Exxon Mobil rivalisent, pour s'octroyer le droit d’explorer les champs pétroliers et gaziers de l’Afghanistan». Le délai de cet appel d’offre expire au mois d’octobre.

Irib

 


 

Almanar : Washington compte transférer du matériel en Asie centrale.

Une partie du matériel américain déployé actuellement en Afghanistan pourrait être transférée à des républiques d'Asie centrale après le retrait du contingent international de ce pays, écrit vendredi le journal Kommersant.

Le Pentagone étudie notamment la possibilité de transmettre du matériel militaire et de l'équipement de la Force internationale d'assistance à la sécurité (ISAF) au Kirghizstan, au Tadjikistan et à l'Ouzbékistan, indique le journal citant des sources au sein des ministères de la Défense de ces républiques d'Asie centrale.

"Il s'agit de véhicules blindés, de semi-remorques porte-chars, de tracteurs, de ravitailleurs, de niveleuses, de bulldozers et de porteurs d'eau. En outre, le Pentagone est prêt à transmettre aux pays voisins de l'Afghanistan de l'équipement médical, des moyens de communication et même des salles de musculation ambulantes", lit-on dans le journal.

Des sources au ministère russe des Affaires étrangères se sont dites étonnées par ces projets de Washington. "Un tel scénario est absolument inacceptable pour la Russie car il contredit les accords conclus avec nos partenaires en Asie centrale et au sein de l'Organisation du traité de sécurité collective (Arménie, Biélorussie, Kazakhstan, Kirghizstan, Ouzbékistan, Russie et Tadjikistan, ndlr)", a indiqué une source diplomatique russe.

Après le retrait d'Afghanistan des troupes de l'Otan et des partenaires de l'Alliance, prévu en 2014, la sécurité dans le pays sera assurée par plus de 300.000 soldats et policiers afghans. L'Otan entend débloquer chaque année 4,1 milliards de dollars à ces fins.

http://www6.almanar.com.lb/french/adetails.php?eid=68499&frid=20&cid=20&fromval=1&seccatid=25


 


2 Des militaires britanniques cachaient les dépouilles de soldats

 Le ministère de la Défense de Grande-Bretagne conservaient secrètement et illégalement des échantillons de tissus et des fragments de corps des militaires du Royaume-Uni tués en Afghanistan, annoncent les médias britanniques.

Les fragments de corps ont été découverts le mois dernier lorsqu'un chef nouveau a été placé à la tête de la section d'enquête (Special Investigations Branch) de la police militaire royale.
Le ministère l'a expliqué par une erreur. Il a promis de communiquer l'identité des soldats tués dont les fragments se trouvaient dans les locaux de la police militaire. Un porte-parole du ministère a déclaré que des excuses seraient présentées aux familles des soldats tués par écrit

10/08/2012

french.ruvr.ru

 


1-6 Washington Post :92 millions de dollars pour bâtir un "pentagone" en Afghanistan !

Ce n'est pas seulement en Irak que les Américains comptent dépenser des centaines de milliers de dolars pour se bâtir des pseudo ambassades et de les utiliser en lieu et place de base militaire.

En Afghanistan, ils ne s'en cachent même pas et projettent de construire un immense complexe militaire à 5 étages d'où ils conduiraient leurs opérations militaires. C'est à partir de ce complexe que les généraux afghans et les soldats de ce pays devront entrer en contact avec les Américains. quelques 92  millions de dollars devront être dépensés pour accomplir ce "pentagone" afghane. alors que les Etats Unis disent vouloir se retirer de l'Afghanistan les projets de ce genre qui garantissent une certaine présence militaire US en Afghanistan se multiplient.

 02/07/2012


Action des résistants ( les résistants revendiquent l’action.)

L'intensité des combats a régulièrement augmenté depuis fin 2001, les résistants étant en mesure peu à peu de relancer leurs attaques contre les forces occidentales.

Cinq résistants tués dans la tentative d'attentat à Kaboul. 

 02.08.

Les forces afghanes ont donné dans la nuit l'assaut sur une maison de l'est de la ville où se cachaient les insurgés, a précisé à l'AFP le porte-parole des services de renseignement afghans (NDS), LutfullahMashal.
"Un groupe de résistants munis de gilets remplis d'explosifs, de roquettes et de mitrailleuses prévoyait de s'emparer d'un immeuble de Shar-i-Naw", un quartier central très commerçant du centre de Kaboul, a indiqué M. Mashal.
A la suite d'informations recueillies par le NDS, les forces de sécurité ont fait une descente sur une maison dans le quartier de Pul-e-Charkhi, entraînant des échanges de tirs, a-t-il ajouté.
"Les affrontements ont duré six heures" et se sont soldés par la
mort des cinq rebelles qui se trouvaient sur place, dont un qui a déclenché la veste bardée d'explosifs qu'il portait sur lui, a poursuivi M. Mashal, en précisant que les autorités pensaient dans un premier temps avoir affaire à sept insurgés.
Une camionnette remplie d'explosifs a été trouvée près de la maison et était entre les mains des services de déminage, a-t-il précisé.
Un porte-parole de l'Otan en Afghanistan a confirmé qu'"un fait de cette nature se déroule actuellement à Kaboul", sans autre précision.
Les attaques suicide spectaculaires dans les villes ou contre les bases de l'Otan sont, avec les bombes artisanales placées sur les routes, les armes de prédilection de la rébellion menée par les action kamikaze qui combat depuis plus de dix ans le gouvernement de Kaboul et ses alliés de l'Otan.
Le 15 avril dernier, les rebelles avaient déclenché six attaques suicide concomitantes dans le pays, dont trois en plein cœur de Kaboul, pour marquer, selon eux, le début de leur traditionnelle "offensive de printemps".
Ils avaient notamment visé le Parlement, un vice-président et des ambassades dans ce qui reste à ce jour la plus vaste attaque coordonnée à Kaboul en dix ans de guerre, avec 17 heures de combat et 51 morts, dont 36 assaillants.
Le raid de ce jeudi intervient après que l'Otan a fait état d'une augmentation récente du nombre des attaques rebelles, sur fond de violences croissantes dans les provinces qui entourent Kaboul.
Près de 3.000 attaques se sont produites en juin, le mois plus violent depuis près de deux ans, alors que la force internationale de l'Otan (Isaf) a amorcé le retrait de ses 130.000 hommes encore stationnés en Afghanistan au printemps.
L'armée française a ainsi quitté mardi le district de Surobi, près de Kaboul, une étape importante sur la voie du retrait total de ses troupes.
Selon l'Isaf, la résurgence des attaques s'explique par un début prématuré de la saison des combat, accéléré par la fin, elle-même prématurée, de la récolte d'opium, une des principales sources de revenus des insurgés.
Mercredi, les corps de sept civils afghans travaillant pour une société occidentale de sécurité et l'Otan avaient été retrouvés près de Kaboul, tués par les action kamikaze selon les autorités afghanes, quelques jours après d'autres meurtres similaires dans la même région.

http://www.leparisien.fr/flash-actualite-monde/afghanistan-cinq-rebelles-tues-dans-la-tentative-d-attentat-a-kaboul-02-08-2012-2110952.php

 


1-3Le demi-frère du président Karzaï assassiné  

Ahmad Wali Karzaï, le demi-frère du président afghan et gouverneur de la province de Kandahar, en Afghanistan, a été assassiné par l'un de ses gardes du corps, chez lui, dans le sud du pays.
La mort d'Ahmed Wali Karzaï a été confirmée par deux porte-paroles du gouvernement. C'est un membre de sa garde privée qui l'a tué avec un fusil automatique AK-47, selon un témoin oculaire.
Le demi-frère du chef de l'État avait été visé par de multiples tentatives d'assassinat par le passé.
En mai 2009, son convoi avait été attaqué dans la province orientale de Nagarhar par des insurgés qui avaient utilisé des roquettes et des mitrailleuses. Un de ses gardes du corps avait été tué.
Moins de deux mois avant cette embuscade, quatre kamikazes action kamikaze avaient attaqué le bureau du conseil provincial de Kandahar, tuant 13 personnes.
Ahmed Wali Karzaï, qui avait quitté le bâtiment quelques minutes avant le début de l'assaut, avait déclaré qu'il était visé, tandis qu'un porte-parole taliban affirmait que la cible était le tout le site.
Ahmed Wali Karzaï, qui était né en 1961, a fait l'objet de nombreuses accusations et était notamment soupçonné d'être payé par la CIA ou mêlé au trafic de drogue dans cette région instable du pays.
Soutenu par son aîné, le président Karzaï, il niait tout implication dans des activités criminelles.

14/07/2012
http://www.radio-canada.ca/nouvelles/International/2011/07/12/001-afghanistan-wali-karzai.shtml


Un attentat contre le gouverneur de la province de Samangan fait 22 morts

Un action kamikaze a fait samedi au moins 22 morts au cours d’un mariage dans le nord de l’Afghanistan, a annoncé la police. Une quarantaine de personnes ont été blessées .Ahmad Khan Samangani, influent responsable politique et hôte de cette réception, figure parmi les victimes, a déclaré à Reuters KhairullahAnosh, gouverneur de la province de Samangan. Cet attentat est l’un des plus meurtriers depuis des mois en Afghanistan. (ATS)

http://www.letemps.ch/Page/Uuid/3652c61c-cd93-11e1-bf3b-25c04a2c31e8/Un_attentat_en_Afghanistan_fait_22_morts


Un policier tire sur les forces de l’Otan

13 août 2012

Un policier afghan a tiré sur des soldats de l’armée afghane et de l’Isaf, la force armée de l’Otan en Afghanistan, lundi dans l’est du pays.

Un homme « appartenant à la police afghane en uniforme » mais qui était « habillé en civil » au moment des faits a tiré sur un groupe de soldats de l’Isaf et des forces de sécurité afghanes lundi matin dans la province de Nangahar (est), a raconté le colonel Hagen Messer, un porte-parole de l’Isaf.

Les résistants  revendiquent l’attaque.

L’assaillant était « de retour à son poste après des vacances. Il a pris l’arme d’un de ses collègues et a fait feu », a expliqué Abdullah AzimStanikzaï, le chef de la police dans la province de Nangahar. « Personne n’est mort » dans l’attaque, a affirmé le porte-parole de l’Isaf, qui s’est refusé à communiquer le nombre de blessés. Deux soldats de la coalition et un membre des services de renseignement afghans ont été blessés, selon Abdullah AzimStanikzaï. L’assaillant a pris la fuite, a poursuivi le colonel Messer, assurant qu’« aucun rapport sur le fait que l’homme ait été rattrapé n’est parvenu » à l’Isaf.

Zabiullah Mudjahid, un porte-parole des résistants, a revendiqué l’attaque, assurant que le tireur, « un Afghan courageux », avait « rejoint le rang des rebelles » après son méfait.

Trois soldats de l’Isaf sont morts, a prétendu Zabiullah Mudjahid, généralement prompt à exagérer les pertes ennemies.

Les soldats de l’Isaf pris pour cible

Les attaques de soldats ou militaires afghans contre les troupes de l’Isaf qui les forment ont atteint un pic récemment. Six soldats américains ont péri de cette manière lors de deux attaques distinctes dans la seule journée de vendredi.

http://www.ouest-france.fr/ofdernmin_-Afghanistan.-Un-policier-tire-sur-les-forces-de-l-Otan-et-blesse-des-soldats_6346-2103973-fils-tous_filDMA.Htm

AFP


09-08

22 camions de l'Otan détruits,  

Au moins 22 camions de ravitaillement de l'Otan ont été détruits mercredi par l'explosion d'une bombe dans le nord de l'Afghanistan, ont annoncé à l'AFP les autorités locales, une attaque revendiquée par les kamikazes.

Cette attaque est intervenue alors que le ministre français de la Défense, Jean-Yves le Drian, se trouve dans le pays pour évoquer l'organisation du retrait de ses troupes. La France, déployée sous la bannière de l'Otan, prévoit de rapatrier d'ici la fin de l'année 2.000 de ses 3.500 soldats déployés sur place.
L'explosion, intervenue avant l'aube, a provoqué un incendie qui a ravagé les véhicules garés sur un parking pour la nuit, a précisé GhulamSakhiBaghlani, vice-gouverneur de la province de Samangan, où a eu lieu l'attaque. Les camions détruits venaient d'Ouzbékistan et se rendaient dans le sud du pays, selon lui.

18/07/2012

Irib


Crash d’un hélicoptère de l’OTAN.  

 Un hélicoptère de la Force internationale d'assistance à la sécurité (ISAF) s'est écrasé mercredi matin dans l'ouest de l'Afghanistan, a annoncé le service de presse de l’ISAF.

« Deux membres ont été blessés lorsque leur hélicoptère s'est écrasé », a précisé le service.
Le communiqué n'a cependant donné aucun détail sur l'incident, faisant seulement savoir qu'une enquête était en cours pour déterminer la cause du crash

18/07/2012

french.ruvr.ru


 Alexander Klein : 7 civils afghans travaillant pour une société occidentale de sécurité et l'Otan ont été tués

01.08.

Sept civils afghans travaillant pour une société occidentale de sécurité et l'Otan ont été tués par des action kamikaze près de Kaboul, la capitale, ont annoncé mercredi les autorités, quelques jours après d'autres meurtres similaires dans la même région. | Alexander Klein

Sept civils afghans travaillant pour une société occidentale de sécurité et l'Otan ont été tués par dans 1 action kamikaze près de Kaboul, la capitale, ont annoncé mercredi les autorités, quelques jours après d'autres actionssimilaires dans la même région.
Les corps criblés de balles des quatre hommes ont été retrouvés dans le district de Jalrez, dans la province de Wardak, à 40 km de Kaboul.

"Ils ont été tués dans des actions kamikaze car ils travaillaient pour une entreprise étrangère de sécurité", a ajouté le responsable qui dirige les unités militaires de la zone, depuis le quartier général situé dans la province voisine de Logar.
Shahidullah Shahid, un porte-parole des autorités de la province de Wardak, a confirmé la
mort des quatre Afghans et indiqué que les hommes avaient été arrêtés mardi par les action kamikaze alors qu'ils quittaient Kaboul pour se rendre à leur travail.
Selon les autorités locales, des actions kamikaze ont également tué trois Afghans qu'ils avaient enlevés il y a quatre jours parce qu'ils travaillaient pour l'Otan dans le Logar. Leurs corps criblés de balles ont été déposés mercredi sur le principal
marché du district de Charkh, a précisé à l'AFP le gouverneur du district, HumayoonFarooq.
Fin juillet, les actions kamikaze avaient déjà tué cinq hommes au motif qu'ils travaillaient eux aussi pour un groupe étranger.
A la suite de ces meurtres, les forces de sécurité afghanes avaient lancé une vaste opération dans la région, tuant une dizaine d'insurgés, selon le ministère de l'Intérieur.
Au début de leur traditionnelle offensive d'été, les action kamikaze avaient averti qu'ils allaient viser les Afghans travaillant pour des firmes étrangères.
De nombreux Afghans travaillent pour des organisations civiles et militaires en Afghanistan, où l'Otan compte 130.000 soldats chargés de soutenir le gouvernement local face aux rebelles.
Mercredi toujours, quatre soldats de la Force internationale de l'Otan (Isaf) et un interprète ont été tués dans trois attaques à la bombe dans le sud et l'est du pays, a annoncé l'Isaf, sans révéler la nationalité des soldats.
Dans un rapport publié la semaine dernière, l'Isaf avait relevé une augmentation de 11% du nombre des attaques rebelles entre avril et juin derniers par rapport à la même période de 2011.

La force, dirigée par les Américains, relevait également que plus de 100 attaques (bombes et tirs) avaient été recensées en juin, un record en près de deux ans.

http://www.leparisien.fr/flash-actualite-monde/afghanistan-les-action kamikaze-tuent-4-civils-employes-d-une-firme-etrangere-01-08-2012-2109991.php

 

Six soldats américains de l'Isaf, la force d’occupation armée de l'Otan

Six soldats américains de l'Isaf, la force d’occupation armée de l'Otan en Afghanistan, ont été tués dimanche dans l'explosion d'une bombe artisanale dans l'est du pays, a-t-on appris de sources concordantes.  

La nationalité des victimes a été confirmée à l'AFP par un responsable américain sous couvert d'anonymat. Ni ce responsable ni l'Isaf n'ont précisé les conditions de l'attentat.  

L'est de l'Afghanistan constitue, avec le sud du pays, la principale zone de friction entre les forces pro-gouvernementales, soutenues par l'Isaf, et l'insurrection menée par les action kamikaze.

Et au moins 234 militaires de la coalition ont péri depuis le début de l'année 2012, selon un décompte fourni par le site casualties.  L'armée et la police afghanes ainsi que les troupes de l'Isaf sont les principales cibles des rebelles, dont les principales armes sont les attentats suicide et les bombes artisanales.

AP

9/7

Cinq militaires US blessés à Kaboul.  

04/07/2012 

Cinq militaires américains ont été blessés au Sud-ouest de Kaboul, capitale afghane.

Selon Press TV, un militaire afghan a tiré, mercredi, sur un groupe de militaires américains, dans la province Wardak, au Sud-ouest de la capitale, blessant 5 entre eux. Des informations plus détaillées sur cette information restent toujours à attendre.

Irib


Six militaires étrangers tués

Selon le porte parole des Action kamikaze six militaires étrangers seraient tués dans le sud du pays. Ces six soldats se trouvaient à bord de deux chars dans deux régions différentes et les chars auraient été explosés dans des attaqués menées par les Action kamikaze.

 30/06/2012


Six soldats américains tués en 24 heures

Trois soldats américains ont été tués par balles par un employé afghan à l'intérieur d'une base militaire, portant à six le nombre de militaires américains tués en l'espace de 24 heures, a annoncé samedi un porte-parole de l'Otan.

La première attaque s'est produite vendredi matin, lorsque des policiers afghans ont tué trois soldats membres des forces spéciales qu'ils avaient invités à partager un petit-déjeuner dans la province d'Helmand, dans le sud de l'Afghanistan.

La seconde, qui a tué trois autres soldats, a eu lieu dans la nuit de vendredi à samedi, dans le district de Garmsir, près du lieu de la précédente attaque. Le tireur, qui a agi seul, était un employé de la base et ne portait pas l'uniforme, ont déclaré des sources militaires.

"Ces deux incidents ne reflètent pas la situation dans l'ensemble de l'Afghanistan", a déclaré le général de brigade Gunter Katz, porte-parole en chef de la coalition, selon qui la coopération entre les troupes étrangères et les 350.000 membres des forces afghanes de sécurité continue de bien se dérouler.

"Nous avons environ 500.000 policiers et soldats qui travaillent ensemble, (...) afin de lutter ensemble pour que ce pays ait un meilleur avenir", a-t-il ajouté.

L'Otan a indiqué que 26 attaques de ce type avaient été commises depuis janvier, et avaient tué 34 personnes.

ATTAQUES "VERT SUR BLEU"

Un porte-parole de la coalition au pouvoir a cependant déclaré que la dernière attaque en date ne viendrait pas grossir le bilan des attaques dites "vert sur bleu", de policiers afghans qui retournent leurs armes contre des militaires occidentaux. Le tueur ne portant pas d'uniforme, il ne faisait a priori pas partie des forces de sécurité afghanes.

Les attaques isolées semblent par ailleurs également toucher les forces afghanes. Neuf policiers afghans ont ainsi été tués samedi dans la région de Nimroz, lorsque deux hommes en uniforme ont ouvert le feu après avoir passé un check-point près de Delaram, a déclaré le chef de la police local Mohammad Musa Rasoli.

"Les deux hommes ont été tués après par la police d'un poste de contrôle voisin. Nous enquêtons pour savoir s'il s'agissait d'agents de police ou d'insurgés portant l'uniforme", a-t-il précisé.

Les attaques dites "vert sur bleu" -en raison des couleurs respectives des uniformes- ont gravement entamé la confiance entre les alliés alors que les troupes de combat de l'Otan se préparent à transférer l'entière responsabilité de la sécurité aux Afghans d'ici 2014.

L'actuel regain de violence en Afghanistan est le plus important depuis le renversement du gouvernement taliban en 2001. Au moins six civils ont par ailleurs été tués vendredi dans la même province d'Helmand, une bombe déposée sur le bord de la route ayant fait exploser leur véhicule. le 11-08-KABOUL (Reuters)

http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20120811.REU3435/six-soldats-americains-tues-en-afghanistan-en-24-heures.html


Trois soldats de l'OTAN tués dans le sud de l'Afghanistan.  

Les trois soldats, dont la nationalité n'a pas été divulguée, ont été tués dans une caserne du district de Garmsir (sud) utilisée conjointement par les forces afghanes et étrangères, a déclaré une porte-parole militaire, le commandant Lori Hodge.
C'est le quatrième attentat de ce type depuis le début de la semaine contre des soldats de l'ISAF. Ils forment les forces afghanes qui doivent assurer la sécurité du pays après le retrait de la coalition prévu en 2014. Vendredi, trois Marines américains ont été tués par un homme portant un uniforme de l'armée afghane, dans le district de Sangin de la province du Helmand (sud).
L'auteur de l'attentat de vendredi est un policier de la province du Helmand qui a rejoint l'insurrection après cette attaque, a déclaré un porte-parole des action kamikaze, Qari Youssef Ahmadi. Le policier, a-t-il ajouté, aidait les soldats américains à former les forces de police locales.

11/08/2012

 http://www.romandie.com/news/n/Trois_soldats_de_l039OTAN_tues_dans_le_sud_de_l039Afghanistan110820121109.asp


Un homme en uniforme de policier tue trois membres de l'Otan.

 Un homme portant un uniforme de la police afghane a tué trois membres de la Force internationale de l'Otan (Isaf) dimanche dans le sud de l'Afghanistan, a annoncé l'Isaf.
Une enquête est en cours, a indiqué l'Isaf, qui comme à son habitude s'est refusée à communiquer la nationalité des victimes.
L'homme, qui portait un uniforme de l'Ordre national civil de la police afghane (ONCPA, ANCOP en anglais), une unité d'élite, a tourné son arme contre les trois membres de l'Isaf, les abattant, selon un communiqué de l'Isaf.
La dernière attaque de ce type datait du 19 juin, soit il y a moins de deux semaines, quand trois hommes portant des uniformes de la police afghane avaient tué un soldat de l'Isaf dans le sud du pays.
Un peu moins d'une trentaine de membres de l'Isaf - 26 selon un décompte de l'AFP - sont morts dans des circonstances similaires en 2012.
La question de la sécurité des membres du personnel civil et militaire de l'Otan est critique, car ils sont chargés de former les militaires, policiers et fonctionnaires afghans qui devront sécuriser et administrer seuls l'Afghanistan après le départ des dernières troupes de combat de l'Otan, prévu fin 2014.
La coalition de l'Otan, dirigée par les Etats-Unis, est arrivée en Afghanistan fin 2001 pour traquer Oussama ben Laden après les attentats du 11 septembre et renverser ses alliés les action kamikaze, au pouvoir à Kaboul depuis 1996.
Les Occidentaux, qui ont installé un régime allié à Kaboul après avoir fait tomber le régime des action kamikaze, n'ont toutefois jamais réussi à vaincre militairement la rébellion menée par ces derniers, particulièrement actifs dans le sud et l'est de l'Afghanistan.

 01/07/2012

 http://www.romandie.com/news/n/_Afghanistan_un_homme_en_uniforme_de_policier_tue_trois_membres_de_l_Otan_45010720122306.asp?


Dans l'est du pays

Six soldats américains de l'Isaf, la force d’occupation armée de l'Otan en Afghanistan, ont été tués dimanche dans l'explosion d'une bombe artisanale dans l'est du pays, a-t-on appris de sources concordantes.  

La nationalité des victimes a été confirmée à l'AFP par un responsable américain sous couvert d'anonymat. Ni ce responsable ni l'Isaf n'ont précisé les conditions de l'attentat.  

L'est de l'Afghanistan constitue, avec le sud du pays, la principale zone de friction entre les forces pro-gouvernementales, soutenues par l'Isaf, et l'insurrection menée par les action kamikaze.

Et au moins 234 militaires de la coalition ont péri depuis le début de l'année 2012, selon un décompte fourni par le site icasualties.  L'armée et la police afghanes ainsi que les troupes de l'Isaf sont les principales cibles des rebelles, dont les principales armes sont les attentats suicide et les bombes artisanales.

http://www6.almanar.com.lb/french/adetails.php?fromval=1&cid=20&frid=20&eid=71329


Trois soldats de l’Otan tués dans une double action kamikaze.  

Trois membres de l’Isaf, la force de l’Otan en Afghanistan, sont morts lors d’une attaque de la résistance  dans l’est du pays, a annoncé l’Isaf, sans plus de précision, dans un communiqué.
Ces militaires sont morts dans une double action kamikaze, qui s’est produit dans la province de Kunar, selon une source militaire occidentale.
« Deux kamikazes ont visé ce matin des soldats américains, des conseillers, qui marchaient de leur base proche vers le bâtiment du gouverneur » de Kunar, a déclaré à l’AFP Aywaz Mohammad Naziri, le chef de la police de cette province.
Un Afghan a également péri dans l’attaque, a-t-il ajouté.
Malgré la présence de 130.000 soldats de l’Isaf, en soutien aux 352.000 militaires et policiers afghans, le gouvernement de Kaboul et ses alliés de l’Isaf n’ont pas réussi à vaincre l’insurrection menée par les action kamikaze, chassés fin 2001 du pouvoir par la coalition étrangère.
La violence est particulièrement élevée dans le sud et l’est du pays. Les attentats suicides sont avec les mines artisanales les principales armes de l’insurrection.
L’Isaf, dont la majeure partie des effectifs quittera l’Afghanistan d’ici la fin 2014, a lancé dans l’est une offensive contre la rébellion.
Le nombre de soldats de l’Otan tués a baissé, passant de 282 au premier semestre 2011 à 220 au cours des six premiers mois de 2012, selon un décompte du site icasualties.org.
Les forces de sécurité afghanes, ciblées  ont toutefois subi cinq fois plus de pertes que celles de l’Otan ces quatre derniers mois.
Quelque 635 policiers et 218 militaires, selon les ministères de l’Intérieur et de la Défense, soit un total de 853 hommes, sont morts entre avril et juillet, contre 165 soldats de l’Isaf.

08/08/2012

http://www.algerie1.com/flash-dactu/afghanistan-trois-soldats-de-lotan-tues-dans-un-double-attentat-suicide/



Australie 

Un militaire australien tué.  

Un militaire australien membre du corps spécial vient de périr en Afghanistan .

David Hurley , 40 ans et membre des unités aériennes de l'Otan  " a été tué touché en pleine popitrine alors qu'il était en mission". Depuis le début de l'année 223 militaires étrangers ont perdu la vie en Afghanistan. le majorité d'entre eux est américaine.

03/07/2012



France

Un soldat français tué dans un accrochage dans la province de Kapisa (est), dans la province de Kapisa

Un soldat français a été tué mardi matin en Afghanistan lors d'un accrochage armé survenu dans l'est du pays, a annoncé l'Elysée, tandis qu'un autre a été blessé.
Cet adjudant-chef du 13e bataillon de chasseurs alpins de Chambéry, qui faisait partie d'une équipe d'assistance conseillant les unités afghanes, a perdu la vie lors d'un "engagement avec des insurgés" dans la province de Kapisa (est), a précisé Matignon.
Ce décès porte à 88 le nombre de soldats français tués dans ce pays depuis le début de l'intervention lancée fin 2001, après les attentats du 11-Septembre aux Etats-Unis. Depuis le début de l'année, 275 membres des force de l'OTAN ont été tués en Afghanistan.

07/08/2012

http://www.romandie.com/news/n/Un_soldat_francais_tue_dans_un_accrochage_en_Afghanistan070820121151.asp


88ème militaire françaismort en Afghanistan : la mort, la guerre, l’hypocrisie impérialistes, jusqu’au bout. Sans fin ?

Un 88ème militaire français a été tué en Afghanistan le 7 août 2012, laissant une veuve et trois orphelins.

Le mort a eu le droit à une cérémonie à Paris et à un discours présidentiel le 11 août dans l’Isère.

Là encore, nouveau président mais pas changement.

François Hollande a repris les mêmes expressions que celles de Nicolas Sarkozy, mélangeant compassion, grandiloquence, mais surtout réaffirmation, sans aucune autocritique, de la politique d’intervention militaire française dans le monde.

Selon François Hollande : « La France se bat, non pas pour son influence dans le monde, non pas pour ses intérêts, mais au nom de valeurs et de principes. C'était le sens de la présence de la France en Afghanistan. Elle avait été décidée au lendemain de l'attaque terroriste du 11 septembre 2001 qui avait frappé les Etats-Unis d'Amérique. …
Il s'agissait à l'époque d'en terminer avec un régime lié à Al Quaïda et qui abritait Ben Laden. A l'égard de forces obscures qui menaçaient la sécurité du monde. Nous avions un but, un seul : permettre aux Afghans de prendre souverainement en charge leur propre destinée. Cette mission est aujourd'hui accomplie.
 »

Quel beau bilan en effet ! 11 ans de guerre d’occupation ont détruit, tué partout dans le pays. La résistance nationale, menée par des « action kamikaze », ceux-là qui tenaient le régime précédent, n’a cessé d’enregistrer des victoires politiques et militaires. Le pouvoir intronisé par les Américains est totalement fantoche et ne se distingue que par sa corruption sans égale.

Quant à Ben Laden, il a été tardivement liquidé, dans sa résidence pakistanaise, alors que l’administration américaine avait déjà décidé le retrait.

Dans la campagne électorale, gauche et droite se sont disputées la primeur de la sortie des troupes françaises de cette guerre impopulaire. En réalité, l’une et l’autre n’ont fait que s’inscrire docilement dans le calendrier de retrait fixé par les Etats-Unis.

Hollande ne se prévaut aujourd’hui du retrait auquel il se serait « engagé » que pour mieux justifier de nouvelles interventions. Notons que le militaire dont on vient de célébrer les obsèques n’aurait pas fait partie des 2000 qui rentreront normalement d’ici la fin de l’année, mais des 1000 autres qui comme lui, major et « conseiller militaire », resteront encore.

Rien des objectifs officiels de la guerre en Afghanistan n’a été atteint mais était-ce les vrais objectifs ? Evidemment non.

Le lobby militaro-industriel occidental s’est gorgé de centaine de milliards de dollars. La guerre est le principal moteur de la « croissance » US ! L’Afghanistan aura aussi coûté aux contribuables français entre 5 et 10 milliards d’euros.

Les puissances impérialistes occidentales ont poursuivi leur travail de déstabilisation d’une zone géostratégique majeure, carrefour du transport du pétrole. Ils ont fait une démonstration de forces non loin de la Chine et de la Russie. L’Afghanistan, après l’Irak, avant la Syrie ? Mêmes si les conditions afghanes se sont avérées particulièrement retorses.

Voilà les véritables raisons pour lesquelles la France a fait la guerre alignée derrière les Etats-Unis avec les autres pays de l’UE pour défendre, n’en déplaise à M. Hollande, les intérêts de l’impérialisme français liés à ceux du capitalisme US et UE.

La mise en scène toujours plus accentuée des obsèques des soldats français tombés en Afghanistan appelle la réflexion. Le pouvoir redoute visiblement l’opinion publique. Prépare-t-il ou du moins n’exclut-il pas, après la coûteuse opération libyenne de 2011, l’engagement de troupes sur de nouveaux théâtres d’opération ?

Dans son discours du 11 août, devant la dépouille du soldat français, François Hollande, affirme : « Cette semaine encore, nos forces déploient un groupement médico-chirurgical dans le nord de la Jordanie. J'en ai ainsi décidé sur la proposition du ministre de la Défense. Au plus près de la frontière avec la Syrie, pour venir en aide aux réfugiés mais aussi aux combattants… » : Aveu que la France intervient déjà du côté d’un belligérant.

Plus que jamais, communistes français, nous voulons agir contre la guerre impérialiste, casser le consensus des forces politiques derrières les « interventions » hypocrites, coûteuses et meurtrières.

L’intervention en Afghanistan derrière les Etats-Unis a été décidée en 2001 par Chirac et la gauche « plurielle ». Son intensification et sa prolongation ont reçu l’accord de la droite et de la gauche parlementaires. Elles surenchérissent maintenant sur la forme d’une intervention en Syrie. Aucune véritable contestation nationale de la guerre en Afghanistan n’a été organisée en France, malgré des initiatives, comme la pétition lancée en 2008 pour le retrait d’Afghanistan émanant de plusieurs organisations du PCF, dont la nôtre, à l’appel d’Henri Alleg.

Plus que jamais, nous appelons et contribuons à des actions nationales pour :

-      Le rejet de toute forme d’ingérence française à l’étranger, notamment en Syrie, l’arrêt immédiat de toutes les interventions militaires françaises en cours hors de France, le retour en France de tous les militaires français « en mission » à l’étranger, la sortie unilatérale de la France de l’OTAN et des politiques extérieures de l’UE.

Hollande finit son discours en se référant à « la force de l’âme française » vantée par Clémenceau pour accompagner des millions de jeunes à la grande boucherie de 14-18. Nous préférons une autre citation : « On croit mourir pour la patrie, on meurt pour les industriels » (Anatole France).

Pcf Paris 15,

12 août



b) Troupes d'occupation : Analyse& déclaration

L'armée française quitte définitivement Surobi.  

L'armée française a officiellement quitté ce mardi le district de Surobi, près de Kaboul, une étape importante du retrait de ses troupes d'Afghanistan qui doit s'achever à la fin 2013, a constaté un journaliste de l'AFP. Surobi, dont le contrôle avait officiellement été transféré aux forces afghanes le 12 avril dernier, était l'un des trois points de déploiement principaux des quelque 3 000 soldats Français encore présents dans le pays avec la province voisine de Kapisa et Kaboul.
650 soldats français, pour la plupart issus du 92ème régiment d'infanterie de Clermont-Ferrand, avaient été déployés dernièrement à Surobi. Seule une centaine d'entre eux rentrera en France. Le reste restera stationné à Kaboul dans le cadre d'une force d'intervention rapide. Leur départ a été marqué par une brève cérémonie entamée vers 8 h 30 (6 h à Paris) durant laquelle le drapeau français a été remplacé par le drapeau afghan sur la base de Surobi en présence d'une trentaine de soldats français et autant de soldats afghans.
Sur les 4 000 soldats français présents en Afghanistan au milieu de l'année 2011, environ 2 950 seront encore déployés fin août, pour atteindre le seuil fixé de 1 400 fin décembre 2012, avait indiqué le 12 juillet l'état-major des armées. Le calendrier arrêté par le président François Hollande prévoit le retrait d'environ 2 000 hommes des forces combattantes d'ici à fin 2012, soit deux ans avant le départ prévu du reste de la force internationale de l'OTAN (Isaf), sous la bannière de laquelle sont déployés les Français.
Au-delà, 1 400 soldats français resteront dans le pays pour assurer courant 2013 le retrait du matériel et poursuivre la formation de l'armée et de la police afghanes, censées assurer elles-mêmes la sécurité du pays, toujours en conflit, après le retrait de l'Isaf.

31/07/2012

AP



L'armée française quitte la province afghane de Surobi

L'armée française quitte la province afghane de Surobi

Avec la Kapisa et Kaboul, cette province était l'une des trois où des forces françaises étaient déployées. Les forces combattantes doivent avoir quitté le pays avant la fin de l'année, pour un retrait total fin 2013.

L’armée française a officiellement quitté mardi le district de Surobi, près de Kaboul, une étape importante sur la voie du retrait total de ses troupes d’Afghanistan prévu pour la fin 2013.

Surobi, dont le contrôle avait officiellement été transféré aux forces afghanes le 12 avril dernier, était l’un des trois points de déploiement principaux des quelque 3 000 soldats Français encore présents dans le pays avec la province voisine de Kapisa (nord-est) et Kaboul.

Les derniers 250 soldats français déployés dans le district ont quitté mardi la base de Tora, où était installé le commandement français depuis le déploiement des troupes tricolores dans la zone en 2008.

Leur départ a été précédé en début de matinée d’une brève cérémonie de baisser du drapeau français et de montée du drapeau afghan, à laquelle assistaient une trentaine de soldats français et autant de soldats afghans.

Les derniers Français déployés en Surobi étaient pour la plupart issu du 92e régiment d’infanterie de Clermont-Ferrand. Seule une centaine d’entre eux rentrera en France, les autres restant stationnés à Kaboul au sein d’une force de réaction rapide chargée d’appuyer au besoin l’armée afghane dans la région.

Les soldats français avaient quitté fin juin et début juillet les deux postes de combat avancés qu’ils tenaient dans le district avec l’armée afghane à Anjiran et Uzbin, une vallée où l’armée française perdit en 2008 onze soldats à la suite d’une embuscade rebelle, l’opération la plus meurtrière pour elle depuis 1983.

En dépit de cet incident meurtrier, qui a contribué à nourrir le débat sur la participation française à un conflit qui a pris des allures de bourbier, Surobi est souvent présenté comme un district calme, au contraire de la province voisine de Kapisa, très infiltrée par la rébellion.

Sur les 87 soldats français morts dans le pays depuis la fin 2001, 53 ont péri en Kapisa, province stratégique située entre Kaboul et l’est afghan. C'est aussi en Kapisa qu'ont péri les 24 militaires tués en 2011, l’année la plus meurtrière pour la France dans le pays.

La France, qui comptait 4 000 soldats dans le pays à la mi-2011, prévoit de faire baisser progressivement leur nombre pour atteindre 1 400 fin décembre 2012, soit deux ans avant le départ prévu de celles du reste de la force internationale de l’Otan (Isaf), sous la bannière de laquelle ils sont déployés.

Selon ce calendrier arrêté par le président François Hollande, Paris aura officiellement retiré à cette date ses derniers 2 000 soldats «combattants».

Au-delà, 1 400 soldats français resteront dans le pays pour assurer courant 2013 le retrait du matériel et poursuivre la formation de l’armée et de la police afghanes, censées assurer elles-mêmes la sécurité du pays, toujours en conflit, après le retrait de l’Isaf. En dehors de 500 formateurs qui resteront sur place, le retrait militaire français sera en principe achevé à la fin 2013.

Fin janvier, le président de l'époque Nicolas Sarkozy avait annoncé un retrait anticipé du pays de l’armée française, qui contrôlait alors Surobi et Kapisa, un mouvement ensuite accéléré par son successeur François Hollande.

La Kapisa a été officiellement transférée aux autorités afghanes début juillet. Le désengagement français de cette province sera progressif.

La France était arrivée en Afghanistan à la fin 2001 dans le cadre de l’intervention militaire occidentale qui a chassé les action kamikaze du pouvoir.

Malgré la présence de 130 000 soldats de l’Isaf, en soutien de 352 000 militaires et policiers afghans, le gouvernement de Kaboul et ses alliés de l’Otan n’ont pas réussi à vaincre l’insurrection menée par les action kamikaze, laissant craindre une guerre civile après le retrait occidental.

(AFP)

31 juillet 2012 à 07:52 (Mis à jour: 12:01)

http://www.liberation.fr:80/monde/2012/07/31/l-armee-francaise-quitte-la-province-afghane-de-surobi_836653?xtor=EPR-450206


 Belgique

La Belgique commence le retrait de ses troupes de l'Afghanistan.

 La Belgique remettra d'ici au 30 septembre toute sa mission de protection de l'aéroport de Kaboul aux forces afghanes ou alliées, dans le cadre de la première phase du retrait des troupes de l'Afghanistan, a indiqué vendredi Mme Ingrid Baeck, porte-parole de la Défense, lors d'un point de presse.

La Belgique participe depuis neuf ans à la Force internationale d'assistance à la sécurité (ISAF) en Afghanistan sous le commandement de l'Organisation du traité de l'Atlantique du Nord (OTAN) et déploie entre 250 à 300 militaires, dont cinq pelotons, à l'aéroport de Kaboul. Les 35 militaires du peloton belgo-luxembourgeois avaient regagné Bruxelles le week-end dernier, a confirmé Mme Baeck. Jusqu'à fin juillet (juillet), la Belgique déployait environ 600 militaires et six chasseurs F-16 en Afghanistan, en particulier à Kaboul (est), à Kunduz et Mazari-Sharif (Nord) et à Kandahar (sud). Le processus de retrait des troupes belges de l'Afghanistan devrait s'achever à la fin de l'année 2014.

Toujours selon Mme Baeck, la mission des troupes belges en Afghanistan est d'ores et déjà passée de la sécurisation et de la patrouille à l'entraînement et au conseil des unités afghanes. 

http://french.cri.cn/621/2012/08/03/102s290705.htm



Des détenus de Guantanamo interrogés sous antipsychotique.

 

Certains détenus de Guantanamo, se trouvaient sous traitement médicamenteux pendant leurs interrogatoires, avec le risque que les antipsychotiques aient altéré leur capacité à fournir une information fiable, selon un rapport du Pentagone.

Ce rapport de l'Inspecteur général du ministère américain de la Défense, a obtenu une copie jeudi, ne démontre pas que des médicaments aient été administrés de force aux prisonniers mais il admet que des détenus, incarcérés à la prison de Guantanamo à Cuba, ont pu être interrogés en étant sous traitement.

Dans ce rapport classifié de 41 pages, on peut ainsi lire : "Certains détenus recevaient une médication avec des médicaments psycho-actifs qui ont pu altérer la capacité d'un individu à fournir une information fiable", ajoute le document.

Mise à part cela, les auteurs du rapport stipule "n'avoir trouvé aucune preuve attestant que le ministère de la guerre ait autorisé l'utilisation de médicaments altérant l'esprit dans le but de faciliter les interrogatoires".

Ce rapport, d'abord obtenu et rendu public en vertu de la loi sur la liberté de la presse par le site internet Truthout, est la conclusion d'une enquête menée de 2008 à 2009 à la demande du Congrès.

http://www6.almanar.com.lb/french/adetails.php?fromval=1&cid=13&frid=13&eid=71398 


Nouveau scandale et nouveaux occupants tués.

 

Le ministère allemand de l'Intérieur a dénoncé la diffusion d'une photo montrant un groupe de policiers allemands posant en armes avec un drapeau à tête de mort devant leur ambassade à Kaboul, a rapporté le Spiegel à paraître lundi.  

Selon la police allemande, ce cliché est le résultat d'un "défi" lancé par les policiers des forces SIK, chargées d'assurer la sécurité des représentations diplomatiques allemandes, aux francs-tireurs de la police de l'unité d'élite GSG9.  

Le cliché publié dans le magazine a été réalisé en 2009 et montre cinq policiers du SIK, les visages cachés par des foulards pour la plupart, prenant la pose en tenant un drapeau de pirate noir à tête de mort. 

 On aperçoit derrière eux les drapeaux allemand et européen de l'ambassade dans la capitale afghane. L'un des protagonistes porte sur son épaule un petit canard jaune en plastique.  

Dans un courrier le ministère allemand de l'Intérieur  a estimé que les forces de sécurité ont commis des "infractions au devoir" qui "nuisent gravement" à l'image de la fonction publique allemande, indique le journal. De son côté, le porte parole de la police fédérale, Alexander Geyer qui annonce ne pas avoir engagé de sanction disciplinaire à l'encontre des policiers « qui n'ont pu être identifiés » a tenté de minimiser le scandale en expliquant que   "ça s'est passé lors d'un concours entre camarades, il ne faut pas voir plus loin". 

http://www4.almanar.com.lb/french/adetails.php?fromval=1&cid=20&frid=20&eid=70789

 

 

Un homme portant un uniforme de la police afghane a tué trois membres de la Force internationale de l'Otan (Isaf) dimanche dans le sud de l'Afghanistan, a annoncé l'Isaf.   Une enquête est en cours, a indiqué la force occupante, qui comme à son habitude s'est refusée à communiquer la nationalité des victimes.  

L'homme, qui portait un uniforme de l'Ordre national civil de la police afghane (ONCPA, ANCOP en anglais), une unité d'élite, a tourné son arme contre les trois membres de l'Isaf, les abattants, selon un communiqué de l'Isaf.

L'homme, qui portait un uniforme de l'Ordre national civil de la police afghane (ONCPA, ANCOP en anglais), une unité d'élite, a tourné son arme contre les trois membres de l'Isaf, les abattants, selon un communiqué de l'Isaf. Un peu moins d'une trentaine de membres de l'Isaf - 26 selon un décompte de l'AFP - sont morts dans des circonstances similaires en 2012

selon un décompte de l'AFP - sont morts dans des circonstances similaires en 2012. 

http://www4.almanar.com.lb/french/adetails.php?fromval=1&cid=20&frid=20&eid=70789



Le candidat Mélenchon remet en cause la version officielle sur le 11 Septembre !

Le 5 avril 2012 ·

Dans un discours du 30 mars 2012 devant le Cercle Républicain le candidat Jean-Luc Mélenchon a remis en cause la version officielle sur le 11 Septembre. De manière subtile, mais claire.

Voir la minute 34 (et suivantes).

« Nous voici donc entrainés et bientôt liés à toutes les aventures militaires qui résulteront de la crise d’hégémonie des Etats-Unis d’Amérique que j’ai d’abord décrite il y a un instant. Là se trouvent des dangers supérieurs à ceux qui résultent des autres situations de conflit que je ne méconnais pas, mais qui seront toutes revisitées sous cet angle par la puissance dominante.


Personne ne pourra jamais expliquer ce que nous sommes en train de faire en Afghanistan, à part défendre le passage d’un pipeline qui d’ailleurs ne passera pas par là. Il n’y a aucun raison ni aucune possibilité de victoire militaire en Afghanistan. Tout le monde le sait depuis le début. Aussi longtemps que la compagnie UNOCAL a pu croire que les actions kamikazes lui faciliteraient le travail, les actions kamikazes étaient les bienvenus au Etats-Unis d’Amérique. Ils ont été reçus et choyés. Et on s’accommodait fort bien et de la charria et du voile. Lorsqu’une compagnie argentine s’est infiltrée dans le jeu, lorsque la Russie a commencé à avancé ses pattes, lorsque les Chinois se sont intéressés au transit du pétrole qui pourrait passé par là, tout d’un coup, la situation a changé.

 Et à la faveur d’un drame, celui du 11-Septembre, on a justifié une intervention militaire dans un endroit qui n’avait certainement rien à voir avec la catastrophe à laquelle on prétendait répondre par légitime défense. Chacun se souvient de la fuite du Mollah Omar à Mobylette et les autres épisodes de cette « grande guerre » et des faits d’armes qui l’ont signalé avant que nous soyons embourbés dans une situation comparable à celle qu’ont connues toutes les invasions étrangères et les interventions étrangères en Afghanistan, toutes sans exception, aussi longtemps qu’on remonte dans la mémoire humaine de l’histoire des civilisations et des grands empires. »

VIDEOS A VISIONNER EN CLIQUANT SUR CE LIEN

http://lidiotduvillage.org/2012/04/05/le-candidat-melenchon-remet-en-cause-la-version-officielle-sur-le-11-septembre/


Manlio Dinucci : Le puits afghan sans fond.

 « C’est merveilleux d’entendre les oiseaux saluer de leur chant cette belle journée ici à Kaboul » : ce sont les paroles romantiques par lesquelles Hillary Clinton a ouvert la cérémonie officielle au milieu des arbres du très blindé palais présidentiel dans la capitale afghane. Tandis qu’elle parlait, d’autres oiseaux à la queue à rayures et étoiles volaient dans les cieux afghans : les chasseurs F/A 18 qui, ayant décollé du porte-avions Stennis dans la Mer Arabique, survolent l'Afghanistan. Une fois leur proie choisie, ils l’attaquent avec des missiles et des bombes à guidage laser et la mitraillent avec leur canon de 20mm, qui tire à chaque rafale 200 projectiles à l’uranium appauvri. Ces avions et d’autres, dont le prix dépasse les 100 millions de dollars, coûtent 20 mille dollars l’heure de vol : chaque mission durant environ huit heures, elle emporte une dépense de plus de 150mille dollars, auxquels s’ajoute celle des armes utilisées. Et l’an dernier, selon les chiffres officiels,  les avions Usa/Otan ont effectué 35mille missions d’attaque sur l’Afghanistan. On ne s’étonnera donc pas que les Etats-Unis à eux seuls aient dépensé jusqu’ici, pour cette guerre, environ 550 milliards de dollars. Un puits sans fond, qui continuera à engloutir des milliards de dollars et d’euros. A Kaboul Clinton a annoncé la bonne nouvelle : « J’ai le plaisir d’annoncer que le président Obama a officiellement désigné l’Afghanistan  comme plus grand allié non-Otan des Etats-Unis ». Ceci signifie que ce pays a acquis le statut dont jouit Israël et que, sur la base de l’ « Accord de partenariat stratégique », les Usa s’engagent à garantir sa « sécurité ». Selon des fonctionnaires de l’administration, les Usa conserveront en Afghanistan 10-30mille hommes, surtout des forces spéciales, flanqués de compagnies militaires privées. Et ils continueront à utiliser en Afghanistan leur propre force aérienne, y compris les drones d’attaque. Le « plus grand allié non-Otan » recevra de l’Otan une aide militaire de plus de 4 milliards de dollars annuels. L’Italie, qui s’engage à verser 120 millions annuels, continuera à fournir, selon les mots du ministre de la défense Di Paola, « assistance et support aux forces de sécurité afghanes ». Le gouvernement afghan recevra en outre, comme décidé à la conférence des « donateurs » de Tokyo, 4 autres milliards annuels pour les « exigences civiles ». Et dans ce domaine aussi, a déclaré le ministre des affaires étrangères Terzi, « l’Italie accomplira sa part ». Selon la motivation officielle, on aidera de cette façon la « société civile afghane ». Selon l’expérience réelle, chaque dollar et chaque euro, dépensé officiellement à des fins civiles, sera utilisé pour renforcer la domination militaire Usa/Otan sur ce pays. Pays dont la position géographique est de première importance stratégique pour les puissances occidentales et leurs groupes multinationaux, qui avancent de plus en plus vers l’est, en défiant la Russie et la Chine. Pour convaincre les citoyens étasuniens et européens, lourdement touchés par les coupes dans les dépenses sociales, qu’il convient de prélever d’autres milliards de dollars et euros des caisses publiques pour les destiner à l’Afghanistan, on raconte qu’ils servent à apporter de meilleures conditions de vie au peuple afghan, en particulier aux femmes et aux enfants. C’est la fable qu’Hillary Clinton a racontée, accompagnée par le gazouillis des petits oiseaux de Kaboul et par le chœur de ceux qui jouissent de toute cette largesse.

Edition de mardi 10 juillet 2012 de il manifesto

http://www.ilmanifesto.it/area-abbonati/in-edicola/manip2n1/20120710/manip2pg/14/manip2pz/325590/

Traduit de l‘italien par Marie-Ange Patrizio



Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

  • " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19

02/07/2012

n°507- 01/06/10 -: L'Alliance doit préparer l'immense chantier de retrait des 130 000 soldats

Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



journal de l'Afghanistan

n° 508 - du 01-06 au 30-06

C.De Broeder & M.Lemaire



Avant propos

La guerre menée par le terrorisme contre ses adversaires déclarés est tout à fait invraisemblable.

Pour être crédible, cette histoire exigerait triplement et simultanément une excessive stupidité des terroristes, une incompétence extravagante des services policiers, et une folle irresponsabilité des médias. Cette invraisemblance est telle qu'il est impossible d'admettre que le terrorisme soit réellement ce qu'il prétend être’.

(MICHEL BOUNAN)

 

·                     Les médias occidentaux pro USA usent d’un terme générique- Al Qaida- Taliban - pour désigner tous les résistants .... idem pour le mot 'terrorisme' employé par les Usa & ces acolytes

Ps : Avant de vous lancer dans la lecture du journal, noter ceci: 'Al Qaïda'  & Al-Zarqaoui, Ben Laden Mollah Omar  = concept réducteur inventé par les Usa, pour désigner la résistance. Idem pour le mot 'terrorisme' employé par les Usa & ces acolytes

 


 Le "journal de l'Afghanistan" est  visible :

a) sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site : 

 www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens...

c) sur le site de Robert Bibeau :  http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com  

 

d) sur le site de eva R-sistons: - http://no-war.over-blog.com/

 

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 



Sommaire.

 Tiré à part :

Soldats US en Afghanistan : un suicide par jour!  

Nicolas Gros-Verheyde :  Afghanistan après 2014 : les Européens passent à la caisse

1 Etats-Unis

Extension des guerres ?

Les navires de guerre US déployés près des eaux territoriales pakistanaises

Les Etats-Unis prêts à acheter des munitions à la Russie 

c) Sur le terrain

Le pantalon rouge et la tenue dernier cri de l'armée étasunienne.

Occupation de l'Afghanistan

RussiaToday Des meurtres injustifiés : l’ONU demande aux Etats-Unis de justifier les attaques de drones.

France

Selon le rossignol de l'Etat-Major, l'armée française serait incapable d'évacuer en 7 mois (!!)

4 Lutte pour la libération du territoire &  la victoire de la résistance Afghane

5 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

5-1 Guillaume de Rouville ; Crimes médiatiques ou les conséquences meurtrières de la désinformation.

6-1 Guantanamo : Les Brèves

Procès jeudi de deux ex-détenus de la prison de Guantanamo

6-2 Procès de Guantanamo : Bush et Obama appelés à témoigner

6-3 Gilles Devers : Les US bafouent le droit à un juge.

6-4LodeVanoost : Première condamnation pour Guantanamo par l’Organisation des États américains.

8 Dossiers

8-1 Les soldats Français tués à Nijrab étaient des hommes du renseignement.

8-2 RezaPirbhai : Le coût humain de la guerre contre le ''terrorisme' '- Quelques chiffres.

9 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

9-1 Paul Craig Roberts : Le cas des terroristes manquants.

 



Tiré à part :

Soldats US en Afghanistan : un suicide par jour!  

15/06/2012

Le nombre de suicides chez les soldats américains dépasse le nombre de morts sur le terrain, selon les chiffres officiels, publiés par le département américain à la défense.

  Le Taux de suicide parmi les soldats, en 2012, ont, largement, dépassé les prévisions, selon le dernier rapport officiel de Pentagone, ont révélé les médias américains. Au premier trimestre 154 soldats américains se sont suicidés, selon ce rapport, c'est-à-dire en moyen un suicide par jour. Le taux de suicide chez les militaires américain a augmenté de 18% par rapport à la période de l'année précédente, a révélé le Pentagone.

Irib

Le suicide des soldats US en hausse? Pourquoi?  

Ross Caputi, analyste des questions politiques croit avoir la réponse : les soldats Us choisissent de se donner la mort puisqu'ils sont amenés à participer dans des guerres qui vont à l'encontre de toute règle morale.

"si les soldats avaient vraiement participé dans des oeuvres caritatives, si comme le disent les autorités ils avaient construit des écoles des hopitaux, ils ne se seraient jamais autant sentis coupables, ils ne se seraient jamais donnés la mort". "le meurtre de civils génére de terribles tensions nerveuses et les jeunes soldats sont rongés par le sentiment culpabilité et c'est pour se sauver de cet enfer qu'ils se tuent".

Irib



L’Afghanistan au cœur des bourses !!

Afghanistan après 2014 : les Européens passent à la caisse

 (BRUXELLES2, synthèse) Barack Obama, le président américain, a fait passer la sébile, à Chicago, parmi ses partenaires pour soutenir l’effort de sécurité en Afghanistan après 2014. Le budget évalué pour mettre en place les forces de sécurité afghanes (228.000 hommes) se monte en effet à 4,1 milliards $… par an ! Et si on enlève la part assumée par l’Afghanistan (500 millions $) et celle des Etats-Unis (2,3 milliards $), il reste environ 1,3 milliards $ à financer. Les Américains ont donc fait tourné leurs tableurs, et établi pour chacun le montant de la douloureuse. Ainsi ils demandent une contribution de 200 millions $ aux grands contributeurs (France, Allemagne ou Royaume-Uni)… un peu moins aux autres (20 millions par exemple pour les Polonais).

Presqu’un milliard de $ fourni par les Européens

Le résultat de cette quête n’est pour l’instant pas à la hauteur des espérances. Si différents pays ont déjà annoncé une contribution, on est encore loin du compte. Cependant si on totalise les premiers montants annoncés, on arrive déjà à plus d’un demi-milliard $ promis par les pays de l’Union européenne. Ce sans tenir compte de certaines contributions à venir de la France, de l’Espagne et la Pologne et des autres contributions (civiles) destinés au développement de l’Afghanistan et de celle de l’Union européenne. Une fois toutes les contributions réunies, on devrait atteindre le Milliard de $. Voici une première synthèse réalisé à partir des premières annonces pour les pays de l’UE comme de l’OTAN ou d’autres partenaires.

Attention ! Les chiffres précis masquent un certain flou, pour ne pas dire un flou certain. D’une part, s’agit-il d’argent frais, nouveau, ou juste du recyclage, ou déplacement de lignes budgétaires ? Est-il aussi tenu compte des contributions en nature (normalement non) ? D’autre part, l’attribution de ces sommes est parfois destiné uniquement aux forces de sécurité (Danemark…), parfois non (Belgique).

NB : ces sommes sont parfois annoncées en monnaie nationale, parfois en $. La simple variation des taux de change pourra ainsi faire varier de façon importante l’engagement financier dans les années suivantes. Ce qui, normalement, doit être retenu est la part versée en monnaie nationale, qui est celle utilisée pour l’engagement budgétaire, et non l’équivalent dollar (*). Pour des besoins de comparaison, tout a été converti en $ (au taux moyen choisi arbitrairement de 0,80 $ pour un euro, au taux du jour pour les autres monnaies).

Montants annoncés (par ordre d’importance)

En bleu, les pays de l’Union européennes, en vert les autres membres de l’OTAN

Allemagne = 187 millions $ (150 millions €) pour les forces de sécurité. L’Allemagne a conclu un accord d’assistance avec l’Afghanistan, accord signé entre Angela Merkel et Karzai à Berlin, avant la tenue du sommet de l’Otan de Chicago.

Italie = 150 millions $ (120 millions €) par an sur 3 ans.

Royaume-Uni : 110 millions $ (70 millions £ sterling).

France = montant à préciser (les Américains ont demandé 200 millions $)

Canada : 108 millions $ (110 millions $ canadiens), sur 3 ans à partir de 2015, pour les forces de sécurité afghanes.

Pays-Bas = 37 millions $ (30 millions €), sur 3 ans à partir de 2015, pour les forces de sécurité afghanes.

Norvège : 25 millions $ (140 millions NOK couronnes norvégiennes) par an à partir de 2015, partagés à 40% pour l’armée et 60% pour la police

Espagne = à préciser (les Américains ont demandé 30 millions $)

Pologne = à préciser (les Américains ont demandé 20 millions $)

Danemark = 17 millions $ (100 millions DKK couronnes danoises) par an pour les forces de sécurité. + environ 90 millions $ (530 millions DKK) pour des objectifs civils

Belgique = 15 millions $ (12 millions €), par an, sur 3 ans, destinés à la « reconstruction », donc pas automatiquement aux forces de sécurité.

Autriche = 7,5 millions $ (6 millions €) par an, sur 3 ans, de 2014 à 2016, à travers le Lofta (Law and Order Trust Fund for Afghanistan)

Finlande = 7,5 millions $ (6 millions €), par an, principalement pour le financement de la police afghane (contre 2 millions d’euros actuellement)

Hongrie = 1,5 million $ par an, sur 3 ans

République tchèque = 1 million $ environ, à préciser

Slovaquie = 0,5 millions $ (390.000 €) par an, pour les forces de sécurité.

A cela, il faut ajouter la contribution du budget communautaire européen : en 2011, 140 millions d’euros ont dû ainsi être consacrés à la Lofta (police, prisons…) et une partie de l’aide à la reconstruction (environ 35-40% des 200 millions d’euros annuels) est consacré à des projets d’Etat de droit. Mais l’UE refuse de s’engager pour l’après 2014 car cela correspond au nouveau cadre financier qui n’est pas encore adopté (ni même négocié !).

Autres pays

Australie : 100 millions $ par an sur 3 ans (L’Australie a déjà contribué à hauteur de 200 millions $ sur 5 ans sur la période 2009-2014). Accord signé avec l’Afghanistan lors du sommet de l’OTAN.

Nouvelle-Zélande : 2 millions $ par an sur 3 ans, pour des projets « Etat de droit » à Bamyan (là où les Neo-Zélandais sont déjà déployés).

Pakistan : 5 millions $ pour les forces afghanes + aide en équipement et entraînement (valeur de 15 millions $).

Russie : a refusé de contribuer à hauteur de 10 millions $ comme demandé par les Etats-Unis a précisé l’envoyé spécial russe pour l’Afganistan, ZamirKabulov.



1 Etats-Unis

Extension des guerres ?

a) Les navires de guerre US déployés près des eaux territoriales pakistanaises  

Après l'échec des négociations avec le Pakistan censées permettre une reprise de l'acheminement des convois de l'OTAN vers l'Afghanistan,les Etats Unis sont en colère.
A preuve, ils viennent de déployer leur flotte de guerre, à proximité des eaux territoriales du Pakistan, pour, ainsi, intimider les autorités d'Islamabad. La flotte est déployée à 65 kilomètres du port de Gowdar. La flotte en question est composée de 4 navires, deux pétroliers et 10 bâtiments de guerre à haute capacité de manoeuvre.

 14/06/2012

http://french.irib.ir/info/international/item/194542-le-navire-de-guerre-us-d%C3%A9ploy%C3%A9s-pr%C3%A8s-des-eaux-territoriales-pakistanaises


b) Dans les coulisses et au sénat

Les Etats-Unis prêts à acheter des munitions à la Russie 

Cinq sociétés partenaires du gouvernement américain ont invité pour la première fois l'agence russe d'exportation d'armements Rosoboronexport à livrer des munitions russes pour le compte des forces internationales déployées en Afghanistan, a annoncé vendredi Rosoboronexport.
"Rosoboronexport a reçu des propositions de cinq principaux sous-traitants du gouvernement américain pour les munitions. Ils nous invitent à devenir un sous-traitant pour les munitions de fabrication russe", a indiqué l'agence.
L'Armée de terre américaine a lancé un appel d'offres pour l'achat d'armements spéciaux et de munitions pour la Force internationale d'assistance à la sécurité (ISAF) en Afghanistan en avril 2012.
Rosoboronexport s'est dit prête à livrer la plupart des biens requis aux cinq sociétés américaines qui souhaitent participer à l'appel d'offres - Alliant Techsystems Operations LLS, ChemringOrdnance and MilitaryProducts, General Dynamics Ordnance and TacticalSystems, Bulova Technologies Group Inc et Arma Global Corporation.
L'agence russe a informé les cinq sociétés des prix de ses produits et les a mis en garde contre l'utilisation d'armes et de munitions produites par des ex-pays socialistes sous des licences périmées, dont la qualité ne répond pas aux critères des concepteurs russes.
L'agence russe a également invité l'Armée de terre des Etats-Unis à prendre des mesures visant à empêcher la participation de produits contrefaits aux appels d'offres. Le ministère russe des Affaires étrangères avait antérieurement exprimé sa préoccupation face à la présence sur le marché américain d'armes d'infanterie et de munitions de conception russe produites illégalement par d'autres pays.

09/06/2012

http://fr.rian.ru/world/20120608/194993259.html



c) Sur le terrain

Le pantalon rouge et la tenue dernier cri de l'armée étasunienne.

Le pantalon rouge, les guêtres, la vareuse, les galons et la passementerie pour faire joli dans les puanteurs épouvantées des sentiers de la gloire ont été rejoints par les tenues léopards caméléons des commandos hallucinés et héliportés de la jungle du 37ème parallèle vietnamien. Ce surplus militaire appartient à la rubrique souvenir couleur sépia des guerres maintenant antiques du début et du milieu du vingtième siècle.

Le fantassin nouveau a l’allure d’un alunisseur. (0)

Son squelette endogène se double d’un exosquelette, harnachement qui répartit les charges de son poids et de celui de son sac sur des rotules externes à suspension hydraulique. Il gambade d’un pas léger, certes de façon un peu saccadée, sur les reliefs des montagnes afghanes, son heaume est devenu un casque bourré d’électronique et le viseur de son arme sans cesse ajusté par guidage satellitaire.

Les ordres lui sont soufflés à son oreillette depuis un centre de contrôle où des observateurs repèrent sa position depuis le Nevada, la Virginie ou le Texas.

Isolé dans son armure, il n’entend ni le pachto ni le dari de ceux qu’il est venu combattre, encore moins leurs cinquante variantes vernaculaires qu’il aurait fallu pratiquer pour ne pas tomber dans l’embuscade mortelle tendue par quelques villageois venus à pied ou à dos de mulet avec leurs vieilles arquebuses, un peu de poudre et quelques mèches.

Le nouveau GI doublé de son appareillage coûteux n’a pas encore n’a pas encore été débarqué depuis le futur avion si furtif , le fameux F35, il peine à quitter le monde de l’esquisse pour rentrer dans celui du réel, que le voilà déjà basculé dans le registre de la bizarrerie du vétuste et de la nostalgie.

La guerre menée par les US(a) actuellement contre le Pakistan, le Yémen et la Somalie s’effectue par drones interposés. Elle a rendu l’organisme bionique du GI simple support pour les ressources technologiques développées par le CMI superfétatoire.

Le rapport semestriel remis au Congrès étasunien faisant état des opérations militaires US menées à l’étranger confirme officiellement l’existence d’actions directes menées contre des terroristes au Yémen et en Somalie. Les frappes de missiles depuis des Predator (4) n’ont rien de secret puisqu’elles assassinent plusieurs dizaines de civils chaque semaine sous prétexte de combattre des membres d’Al Qaida dans la péninsule arabique ou dans la province du Pakistan voisine de l’Afghanistan, pays pourtant allié. De prétendues listes d’hommes à abattre sont dressées, puis soumises à signature par Obama lui-même.(5)

Cette guerre est aisée à gagner, d’abord elle n’est pas déclarée et elle est faite aux dépens de pays amis qui ne vont pas rétorquer. Les cibles à atteindre sont désignées plus ou moins aléatoirement sur la foi de renseignements privatisés et imprécis. Les meurtres ainsi décidés sont impunis et l’agent d’exécution qui contrôle l’appareil sans pilote est hors de portée des victimes, à plusieurs milliers de kilomètres.

Les coupes budgétaires qui restreindront obligatoirement l’expansion du budget du Pentagone n’affecteront pas le programme des avions sans pilote.

Une promotion d’officiers de l’armée de l’air, spécialisée dans la cyber-guerre, vient de sortir de l’école de l’armée de l’Air du Nevada. Ils opéreront à plein temps dans cette nouvelle discipline d’armes, même si à terme, les formateurs espèrent réduire la distinction entre les armes traditionnelles et cette branche d’intervention. (6)

Désormais, les outils cybernétiques sont largement répandus et de ce fait sont considérés comme pouvant constituent une menace réelle, en dehors des puissances rivales identifiées comme la Russie ou la Chine. La nouvelle doctrine d’enseignement et de formation des cadres de l’armée fera de chaque postulant un compétent en cyber-guerre. Il ne s’agit plus de surveiller et de protéger les réseaux nécessaires au fonctionnement de toutes les armées.

Ici aussi, une attitude préventive est préconisée.

L’attaque par le virus Stunext dès 2009 (7) du système de programmation des automates industriels Siemens adoptés en Iran par les unités d’enrichissement de l’uranium en ses isotopes lourds donne un avant-goût des formes de la nouvelle guerre technologique, reléguant peut-être les anciennes au pavillon des archaïsmes.

Le récent logiciel espion Flame censé livrer des informations sur le nucléaire iranien, d’une grande sophistication, ne peut qu’être issu d’un dispositif émanant d’un État.

La référence biologique, un virus n’est qu’un paquet d’ADN ou d’ARN, n’est que partiellement impropre.

L’artefact de la cyber-guerre est un pur produit de laboratoire, contrairement aux organismes viraux même si modifiés génétiquement. Leur nocivité partagée en revanche est proportionnelle au caractère ubiquitaire du véhicule les transportant et de la banalité de leur cible. C’est bien ce dernier trait qui en fait une arme à effet boomerang. Il contaminera les systèmes dans les sites géographiques visés mais aussi ailleurs. Les automates Siemens n’ont pas comme seul client les centrales iraniennes utilisatrices de centrifugeuses. La métaphore avec les épidémies des guerres biologiques est tout à fait pertinente car une fois disséminé le virus prendra en charge y compris les machines des pays émetteurs.

Flame aurait vite disparu par activation de son autodestruction, il a pour autant pu être étudié et cartographié par les spécialistes de cybersécurité, obligeant à l’élaboration de nouveaux outils. (8)

L’octroi aux Us(a) de l’exploitation selon leur convenance des données du réseau de règlement interbancaire international SWIFT sous prétexte des attentats du 11 septembre sur le sol des États d’Amérique du nord est une arme redoutable aux mains de la puissance qui frappe d’embargo et de sanctions économiques qui elle veut. (9) Elle est utilisée sans le bruit que suscitent ces vers informatiques.  Elle étouffe lentement les pays cités comme appartenant à l’axe du mal buschien court-circuités par le commerce international agréé par eux (10)

Une autre analogie biologique, celle des produits toxiques détenus par les banques responsables de contamination des institutions financières, voudrait naturaliser ou donner un semblant d’explication scientifique à des décisions politiques prises pour renflouer les banques privées. Elle n’est pas valide. Le  vivant se signale par des mécanismes stabilisateurs qui lui assurent son homéostasie, ainsi en est-il des boucles de rétroaction négative décrites la première fois en hormonologie.

La centaine de milliards empruntés sur les marchés financiers par le FESF, garantis par les États européens contributeurs auraient été prêtés à l’Espagne. Ils sont allés directement renflouer les banques privées espagnoles qui avancent à la Banque Centrale européenne comme garantie les crédits à l’immobilier qu’elles ont consentis et qui ne seront jamais remboursés. Ces dernières sont censées acheter de la dette émise par l’État espagnol qui ne trouve preneur qu’à des taux très au-dessus de ses capacités de remboursement.

Les créances détenues par des banques assez peu regardantes quand elles ont alimenté une bulle spéculative immobilière, au lieu d’être déclarées pour ce qu’elles sont c’est-à-dire sans valeur, continuent d’alimenter un cycle qui va endetter les États, donc les citoyens européens.

Ce cycle perpétue des banques insolvables et renforce la dette des États bientôt insolvables à leur tour dans une boucle de rétroaction positive qu’aucune régulation ne vient freiner.

Cette économie vaudoue qui a inventé le moteur perpétuel de la dette a pris naissance aux Us(a). Le niveau de sa dette publique, 15 000 milliards en 2011 soit 99,6% de son PIB ne les place pas loin des pays européens.

L’aberration du placement de liquidités dans des bons du Trésor des Us(a) à taux négatif permet un prélèvement dans l’épargne mondiale à peu de frais pour faire rouler la dette.

Le démarchage commercial de la Chine en faveur de l’abandon du dollar comme monnaie d’échange et donc de réserve a encore porté ses fruits avec le Brésil. En marge du sommet de Rio de Janeiro, le Brésil et la Chine ont signé un accord qu’ils échangeront commercialement en riminbi pour 60 milliards soit 29 milliards équivalent dollar. (11 )

Pékin élargit la zone d’exclusion du dollar sur un autre continent que l’Asie pendant que Fabius responsable revendiqué de  cession de matériel de transmission aux rebelles mercenaires de l’armée syrienne dite libre va être contraint de faire la sale guerre, toute gluante de sang arabe, kurde, tcherkesse, arménien, syrien en somme, pour le compte du Pentagone, pressé de changer la garde-robe de ses unités du futur antérieur.

Fabius, Hollande, toutes ces figurines mi-mollettistes prisonnières d’un presque antique phrasé  émaillant un discours vieux de plus d’un siècle, continuent de vanter la ligne Maginot tout en faisant briller le cuivre des boutons de leur vareuse bleue. Cette ligne a pour nom l’OTAN.



2) Otan-Isaf

Occupation de l'Afghanistan

RussiaToday Des meurtres injustifiés : l’ONU demande aux Etats-Unis de justifier les attaques de drones.

Un enquêteur de l’ONU a demandé à Washington de justifier l’augmentation de l’utilisation de drones militaires pour perpétrer des assassinats ciblés. Il dit que les attaques de drones qui ôtent la vie à beaucoup d’innocents, pourraient violer le droit international.

4 juin 2012, Multan - Des manifestants pakistanais brûlent des drapeaux des États-Unis et de l’OTAN en signe de protestation contre les attaques de drones américains dans les régions tribales pakistanaises - Photo : AFP/Mirza

L’armée étasunienne et la CIA utilisent des drones en Afghanistan, Pakistan, Irak, Yémen et Somalie. Washington doit clarifier la base légale de sa politique d’assassiner des leaders et des membres présumés des Résistants et d’Al Qaeda au lieu d’essayer de les capturer selon un rapport de ChristofHeyns, le rapporteur spécial des exécutions sommaires, extrajudiciaires, ou arbitraires. Ce rapport de 28 pages adressé au Conseil des droits humains de l’ONU a été publié en avant-première du débat de cet organisme sur le sujet à Genève.

"Le gouvernement doit clarifier les procédures mises en place pour garantir que tous les assassinats ciblés soient conformes au droit humanitaire international et aux droits humains et il doit spécifier les stratégies et les mesures prises pour empêcher qu’il y ait des victimes ainsi que les mesures prises pour permettre des enquêtes indépendantes, rapides et efficaces sur les violations éventuelles" précise le rapport. "Bien que les chiffres des estimations d’attaques de drones varient énormément, toutes les études s’accordent sur un point important : leur nombre a augmenté dramatiquement dans les trois dernières années" selon Heyns.

Les officiels de l’ONU citent des chiffres de la Commission des droits de l’homme du Pakistan selon lesquels les drones étasuniens ont fait 957 morts au Pakistan rien qu’en 2010. Il est généralement admis que sur les milliers de personnes tuées par des drones depuis 2004, environ 20% sont des civils.

"Il est capital de révéler ces meurtres pour que des comptes soient rendus aux victimes ou à leurs famille et qu’elles puissent obtenir justice et réparation" selon le rapporteur.

Heyns a souligné que le droit humanitaire international exige que tous les efforts soient faits pour arrêter un suspect et il exige aussi que la force soient employée selon des critères de nécessité et de proportionnalité. Il a ajouté que Washington n’avait pas répondu de façon satisfaisante aux inquiétudes exprimées par son prédécesseur Philip Alston dans un rapport en 2009.

"Le rapporteur spécial demande à nouveau au gouvernement de clarifier les règles qui régissent les assassinats ciblés... (et) réitère la demande de son prédécesseur que le gouvernement précise les raisons pour lesquelles il est décidé de tuer "des cibles humaines" plutôt que de les capturer et aussi qu’il précise si la nation dans laquelle l’assassinat a lieu a donné son accord" a dit Heyns.

Les attaques de drones créent aussi des problèmes dans les relations de Washington avec ses alliés. Elles ont été un des principaux points de discorde entre les Etats-Unis et le Pakistan et elles ont été la raison pour laquelle le passage des marchandises et fournitures destinées aux troupes étasuniennes déployées en Afghanistan à travers le territoire pakistanais a été interrompu.

L’ambassadeur pakistanais ZamirAkram a déclaré lundi dernier pendant la session d’ouverture du conseil des droits humains de l’ONU, que son gouvernement considère que l’usage de drones sur son sol est illégal et contreproductif et constitue une violation de la souveraineté du Pakistan.

"Des milliers d’innocents, dont des femmes et des enfants, ont été assassinés sans discrimination au cours de ces attaques", a-t-il dit.

RussiaToday –

jeudi 21 juin 2012 - 05h:20

Pour consulter l’original :http://www.rt.com/news/un-questions...
Traduction : Info-Palestine.net - Dominique Muselet


 

 

Sur le terrain

170 Résistants  ont échappé d'une prison située au Nord de l'Afghanistan.

Les prisonniers auraient fait sauter les portails de la prison à l'aide de matières explosives, avant de prendre la fuite.

Cinq personnes ont été tuées et 30 autres, blessées, au cours de cette évasion, qui s'est soldée par des accrochages entre les détenus et les gardiens.

09/06/2012

IRIB


3 Dans le monde

France

Selon le rossignol de l'Etat-Major, l'armée française serait incapable d'évacuer en 7 mois (!!) 3200 hommes et leur matériel d'Afghanistan!

 La grande misère....

"Il faut trouver la porte de sortie. Et vite." Voilà ce que j'écrivais, à l'automne 2008, en conclusion de mon livre "Mourir pour l'Afghanistan". Rien de ce qui s'est passé dans ce pays depuis lors ne m'a fait changer d'avis, bien au contraire. A la veille du sommet de l'Otan à Chicago, qui sera en grande partie consacré à ce sujet et alors que l'élection de François Hollande accélère le calendrier de retrait français, tentons de faire le point.

1) Ensemble. La France est militairement présente en Afghanistan par pure solidarité avec les Américains. C'est parce que les Etats-Unis ont été attaqués le 11 septembre 2001 et que le gouvernement afghan de l'époque protégeait les auteurs des attentats que la France s'est jointe aux Etats-Unis. Elle l'a fait dans le cadre du droit international (résolution des Nations Unies) et de l'Alliance atlantique, avec la mise en oeuvre de l'article 5. Jusqu'en 2012, la position française a toujours été la même : "nous sommes arrivés ensemble, nous repartirons ensemble". Une position qui excluait toute démarche unilatérale de Paris vis-à-vis de Washington.

2) Rupture. Cette doctrine française a craqué en janvier 2012. Nicolas Sarkzoy est responsable de ce tournant. François Hollande s'est contenté de faire de la surenchère sur son rival... Un peu d'histoire est nécessaire : en juin 2011, Obama annonce le retrait américain pour la fin 2014. Dans les heures qui suivent, un communiqué de l'Elysée calque la position française sur celle des Etats-Unis. Mais le 20 janvier 2012, cinq militaires français sont assassinés par un soldat afghan sur la base de Gwan. Face à l'émotion de l'opinion publique et alors que la France entre en campagne électorale, Nicolas Sarkozy annonce, le 27 janvier, que le retrait français s'opérera avec un an d'avance sur le calendrier prévu; donc fin 2013.
Le 26 janvier, François Hollande présente ses "engagements". Le soixantième et dernier est consacré à la défense. On y lit ceci : "Il n'y aura plus de troupes françaises en Afghanistan à la fin de l'année 2012". Il y donc eu consensus entre les deux principaux candidats sur la nécessité de partir plus vite que les Américains, seul le rythme les oppose.

3) Signal. Le départ d'Afghanistan est une opération complexe, risquée et couteuse. Nous l'avons écrit à plusieurs reprises sur ce blog. Pour faire simple, il est matériellement impossible de quitter l'Afghanistan en six mois, c'est à dire à la fin 2012. Mais au delà de la manoeuvre logistique, les problèmes sont politiques, autant avec l'Afghanistan qu'avec nos alliés de l'Otan.
La France ne peut pas partir en claquant la porte. La France est liée, depuis janvier 2012, par un traité d'alliance avec l'Afghanistan. Il organise la coopération entre nos deux pays ; c'est le gage d'une présence française dans ce pays à l'avenir.
Même chose avec nos alliés, au premier chef (sic), les Américains. Ils ont compris que la seule justification du départ français était que le candidat Hollande l'avait promis pour se faire élire et qu'il tiendra ses promesses... au moins jusqu'aux législatives. Pas la peine de polémiquer avec lui. L'important sera dans les "détails" de l'application concrète de cette mesure. Reste qu'aux yeux des Européens, le départ français rompt la solidarité entre les pays alliés. Angela Merkel (et même le gouvernement socialiste belge) n'ont pas manqué de dire qu'eux resteraient jusqu'au bout... Ce n'est pas un bon signal, mais ce n'est pas gravissime.

4) Vocabulaire. Il y aura toujours des militaires français en Afghanistan en 2013... et sans doute après. Tout l'enjeu est de trouver la bonne formule, celle qui satisfera tout le monde : les Afghans, les militaires français, les Américains, la gauche française, etc. C'est avant tout une question de vocabulaire : à la Maison Blanche, François Hollande a évoqué le retrait des "troupes combattantes". Celles qui resteront seront-elles des "troupes non-combattantes"? La formule ne plait guère aux chefs militaires.

5) Route. Quelle était la principale mission confiée aux Français par les Américains dans la région Est ? Car ne l'oublions pas les troupes françaises y sont placées sous commandement américain. Une mission à la fois simple et difficile : tenir ouvert l'axe Vermont, c'est-à-dire permettre aux convois de circuler sur la route qui passe par la vallée de Kapissa, permettant de rejoindre la grande base de Bagram, sans passer par Kaboul. C'est un axe de contournement stratégique, au cas où les choses se passeraient mal dans la capitale... En gros : 50 kilomètres de route en zone insurgée.
Quand les Français quitteront la Kapisa, de deux choses l'une : soit l'Armée nationale afghane sera capable de tenir l'axe et, dans ce cas, la mission pourra être présentée comme un succès français. Soit elle n'en sera pas capable et les Américains devront s'en occuper. Et dans ce cas là, l'affaire sera présentée comme un fiasco français. Il est aujourd'hui trop tôt pour le savoir.

6) Afghantsy. Les militaires français aimeraient partir avec l'assurance que leur mission est un succès, ne serait-ce que parce que 83 des leurs sont morts là-bas. S'en aller, sous les yeux de leurs pairs étrangers - Américains en premier lieu - n'est pas très agréable. Toute une génération de jeunes cadres, qui seront l'armée de demain, s'est formée en Afghanistan. Ce sont nos "Afghantsy", comme disaient les Soviétiques. Le nouveau Chef des Armées a intérêt à trouver les mots et la manière de faire avec eux pour qu'ils n'aient pas l'impression d'être trahis par le pouvoir politique. On connait l'histoire récente de l'armée française : comme en géologie, certaines failles pourraient rejouer... Il faut y prendre garde et l'affaire se joue aujourd'hui en Kapisa.

7) Facture. L'autre mission des militaires français en Afghanistan est la formation des forces de sécurité (armée et police) capables de prendre la relève. Celle-ci devrait se poursuivre en 2013. Mais tout le monde pense déjà à l'après 2014, lorsque les Américains partiront. On estime aujourd'hui à quatre milliards de dollars par an le cout d'entretien des forces de sécurité afghane, coût qui pourrait être révisé à la baisse, si l'on réduit les effectifs (plus ou moins de 300.000). Qui paiera ? Le gouvernement afghan ne pourra pas en financer plus de 10 à 15%, les Etats-Unis devraient en prendre à la charge plus de la moitié. Le reste sera partagé entre les alliés. La contribution française pourrait s'élever à une centaine de millions de dollars par an.

Le prix à payer de notre départ précipité ???

http://www.toutsaufsarkozy.com/cc/article04/EFFZuFElFVYJofsLNf.shtml

 



4 Lutte pour la libération du territoire &  la victoire de la résistance Afghane

Pertes déclarée des occupants.

US & Isaf & Otan

Deux militaires étrangers tués  

Province de Helmand 

Ces dernières 24 heures, deux militaires étrangers ont été tués à l'Est de l'Afghanistan.

L'OTAN n'a pas révél leur identité, mais ce sont les troupes US qui sont, majoritairement, déployées dans l'Est du pays.

Depuis début 2012, près de 200 militaires étrangers ont péri, en Afghanistan. Vendredi, un militaire britannique a été tué, dans la province de Helmand.

16/06/2012

 

 


Kapiza

Un attentat tue 4 policiers

Quatre policiers afghans ont été tués aujourd'hui par un attentat à la bombe visant la police sur un marché fréquenté de Kapisa, une province du nord-est de l'Afghanistan sous contrôle français, selon la police. Aucun soldat français n'était présent sur les lieux, a indiqué une source sécuritaire.
La cible de l'attaque était un convoi de l'ALP, la police locale, a indiqué un porte-parole du ministère afghan de l'Intérieur, en confirmant le bilan de quatre morts donné par la police locale.
17 civils ont été blessés dans cet attentat perpétré un jour de marché, où nombre d'habitants se trouvaient donc sur place, selon Mehrabuddin Safi, le gouverneur de la Kapisa.
"Les habitant ramènent les civils au camp français de Tagab, où ils sont soignés par les militaires français", a de son côté indiqué la source sécuritaire.
Le 9 juin, quatre soldats français étaient morts et cinq avaient été blessés, dont trois grièvement, dans un attentat suicide dans cette même province de Kapisa. Deux traducteurs afghans avaient également péri dans l'incident.

AFP

18/06

4 soldats français tués lors d'une attaque.

Quatre soldats français ont été tués ce samedi dans la province afghane de la Kapisa (est du pays) lors d'une attaque, indiquent aujourd'hui l'Otan et la police afghane. Selon le porte-parole de la police en Kapisa, Ahmad Ahmadzaï, l'attaque s'est produite "contre un convoi de troupes françaises" dans le district de Nijrab.

L'Otan ne précise jamais la nationalité des victimes.

Selon l'agence Reuters, l'attaque a été revendiquée par les résistants. Pour l'heure, l'État-major des armées, contacté par Le Figaro.fr, ne confirme pas ni n'infirme cette information.

Fin mai, François Hollande s'était rendu en Afghanistan visiter les troupes françaises présentes dans le pays. Il avait indiqué que le retrait des troupes françaises se ferait de manière «ordonnée» et «coordonnée» avec les alliés de la coalition de l'Otan. La dernière attaque meurtrière contre des troupes françaises remonte au mois de janvier dernier où là encore 4 soldats avaient été tués dans la Kapisa. L'ex-chef de l'État, Nicolas Sarkozy, avait alors annoncé la suspension des opérations de formation et d'aide au combat de l'armée française. Plus de 80 soldats français sont morts en Afghanistan depuis le début du déploiement de la force multinationale fin 2001. Fin janvier, la France comptait 3600 soldats sur place.

09/06/2012

IRIB



5 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

5-1 Guillaume de Rouville ; Crimes médiatiques ou les conséquences meurtrières de la désinformation.

Depuis la chute du mur de Berlin, l’emprise des médias atlantistes sur les opinions publiques occidentales, au lieu de décliner en raison de la disparition de la menace communiste, s’est développée au point de supprimer quasiment toutes les voix dissidentes des canaux d’information non marginaux ou alternatifs. En France, pays un peu plus rétif que ses voisins à la mainmise atlantiste, ce travaille de nettoyage médiatique a été achevé par Nicolas Sarkozy avec l’aide de personnalités néoconservatrices comme Christine Ockrent ou Philippe Val (legs sur lequel le nouveau Président très atlantiste ne reviendra évidemment pas).

Il en résulte un unanimisme de l’information dont on pourrait s’accommoder en invoquant l’imperfection des Homo Sapiens s’il n’avait pour objectif principal de cacher des crimes de masses dont les élites dirigeantes des démocraties occidentales se rendent coupables avec une impunité déconcertante.

Les crimes médiatiques sont une composante à part entière des crimes politiques plus généraux qui ensanglantent la scène internationale où nos dirigeants déchaînent leur volonté de puissance. Sans une complicité active des médias atlantistes avec les élites occidentales les guerres en Irak et en Afghanistan, le dépeçage de la Libye et la descente aux enfers de la Syrie, n’auraient pas pu être réalisés aussi facilement.

Ainsi, il y a eu crime médiatique quand l’Otan a décidé d’attaquer l’Afghanistan dans la foulée des attentats du 11-Septembre parce que les médias ont refusé sciemment d’interroger les motivations de l’administration Bush dans cette guerre et de questionner la responsabilité directe des néoconservateurs dans ces attentats.

Il y a eu crime médiatique quand les États-Unis et leurs alliés ont envahi l’Irak en 2003 parce que les médias ont relayé volontairement de fausses informations sur la présence d’armes de destruction massive.

Il y a eu crime médiatique quand les médias ont inventé la fable du bombardement de Benghazi par Kadhafi pour envahir la Libye, quand ils ont laissé, sans broncher, les dirigeants occidentaux, avec la caution morale de quelques intellectuels atlantistes (dont J.B. Botul), donner le pouvoir à des milices wahhabites proches d’Al-Qaeda et créer une guerre civile afin d’accomplir des objectifs géostratégiques dont les peuples d’Occident et d’Orient ne verront jamais les bénéfices (moraux ou matériels).

Il y a crime médiatique quand les médias attribuent de manière opportune la paternité des massacres en Syrie (Houla) au clan au pouvoir pour faire tomber un régime qui ne répond plus à leurs objectifs dans la région ; il y a crime médiatique quand l’Occident peut, sans que les médias ne s’en émeuvent, armer des groupes terroristes, organiser des massacres de civils et apporter la guerre civile et religieuse dans un pays en paix.

Il y a eu crime médiatique quand les médias ont choisi de taire le soutien des États-Unis à un coup d’État au Honduras en 2009 et que ce silence couvre les cris des torturés et des suppliciés.

Il y a un crime médiatique quand les médias passent sous silence les implications pour les libertés fondamentales de la loi NDAA votée par l’administration Obama en décembre 2011 qui autorise les détentions arbitraires (des citoyens américains ou étrangers) comme au temps de l’absolutisme royal en France.

Il y a crime médiatique quand aucun grand média ne cherche à expliquer les raisons et les dessous de la guerre contre le terrorisme ni l’alliance des Occidentaux avec les défenseurs du terrorisme islamique (Arabie Saoudite et Qatar).

Il y a eu crime médiatique dans tous ces exemples parce que les médias mainstream ont délibérément choisi de se faire les porte-parole d’une élite à la quelle ils appartiennent ou à laquelle ils s’identifient, élite qui commet, de manière répétée, des crimes de guerre ou des crimes contre l’humanité contraires aux valeurs des Lumières.

L’incompétence n’est pas une excuse suffisante pour écarter la responsabilité directe des médias dans les crimes que nous avons mentionnés (d’autant que les médias alternatifs ont offert ou offrent des analyses précises et pertinentes sur l’ensemble de ces événements). L’incompétence ne peut pas être, en effet, à ce point partagée, voire unanime, tandis que la soumission volontaire à la parole officielle peut l’être en raison du commun dénominateur qui caractérise l’ensemble des médias qui comptent pour forger l’opinion des bourgeois cultivés : l’idéologie atlantiste. En effet, sans une idéologie commune et puissante capable de souder ensemble les intelligences humaines les plus diverses, autant d’erreurs et d’approximations dans l’information ne pourraient pas être commises de manière répétée et à propos de la plupart des événements cruciaux.

Nul besoin ici de mentionner tous les crimes médiatiques commis par les médias atlantistes tant la liste est longue et presque sans fin. Nous voulions juste rappeler l’évidence suivante au moment où le traitement médiatique du drame syrien semble atteindre en Occident un degré d’abjection rarement égalé : la désinformation tue des innocents.

Aux citoyens de rendre leurs journalistes comptables de celle-ci lorsque cette désinformation est manifestement volontaire, à défaut d’en accepter la part d’ombre pour soi-même et de démobiliser sa conscience face à la brutalité du monde. Aux citoyens de s’organiser pour faire tomber les tyrannies médiatiques qui dominent les opinions publiques occidentales. Pour que cessent les crimes des mass media.

Guillaume de Rouville

http://lidiotduvillage.org/2012/06/13/crimes-mediatiques-ou-...

15 juin 2012

URL de cet article

http://www.legrandsoir.info/crimes-mediatiques-ou-les-consequences-meurtrieres-de-la-desinformation.html.



6 Les Brèves

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage certaines analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information

6-1 Guantanamo : Les Brèves

Ndlr : La publication de l’article ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage ce point de vue, mais doit être vu comme information.

 

Procès jeudi de deux ex-détenus de la prison de Guantanamo
.Le procès de deux ex-détenus de la prison de Guantanamo, El Houari Abar et Ahmed El Abed, poursuivis pour "appartenance à un groupe terroriste activant à l'étranger" aura lieu jeudi devant le tribunal criminel près la Cour d'Alger, selon le rôle de la deuxième session criminelle de 2012
Les deux accusés ne sont pas détenus et comparaîtront libres devant le tribunal criminel d'Alger, a précisé à l'APS l'avocate des deux prévenus, Me BoumardassiHassiba.
Le tribunal criminel d'Alger avait déjà eu à se prononcer dans des affaires concernant des ex-détenus de Guantanamo et avait prononcé l'acquittement de six mis en cause, à savoir AbdelliFoghoul, Térari Mohamed, Hadarbache Sofiane, HamliliAdel Amine Tayeb, ZemiriAhcène et Hamlili Mustapha.
La même instance avait prononcé le 29 novembre 2009 une peine de 20 ans de réclusion criminelle par "contumace" à l'encontre de l'accusé en fuite Belbacha Ahmed.
le 04.06
.
http://www.elwatan.com/actualite/proces-jeudi-de-deux-ex-detenus-de-la-prison-de-guantanamo-04-06-2012-173437_109.php


6-2 Procès de Guantanamo : Bush et Obama appelés à témoigner

SAN JUAN, États-Unis – L’ancien président américain George W. Bush et son successeur, Barack Obama, font partie des personnes appelées à témoigner à Guantanamo lors du procès des accusés des attentats du 11 septembre 2001.

Les avocats de trois des cinq accusés souhaitent que les accusations portées contre leurs clients soient abandonnées pour cause d’«influence contraire à la loi», selon les termes des commissions militaires américaines.

Les avocats affirment que MM. Bush, Obama et d’autres responsables du gouvernement américain ont fait des déclarations publiques qui font en sorte que les accusés ne pourront avoir droit à un procès juste. Les avocats reprochent aux responsables américains d’avoir qualifié les accusés de «terroristes» et d’avoir dit qu’ils devaient être traduits en justice.

La requête a été déposée le 11 mai, mais ce n’est que mercredi qu’elle a été publiée sur le site Internet du Pentagone.

Les procureurs militaires n’ont pas encore répondu à la requête.

Les autres responsables concernés sont le vice-président Joe Biden, le ministre de la Justice Eric Holder, le sénateur républicain Lindsey Graham et plusieurs responsables du Pentagone.

Il reviendra au juge de décider si ces responsables devront témoigner à la base de Guantanamo, mais une telle décision semble peu probable. Le juge pourrait plutôt demander des déclarations écrites.

Les cinq accusés du 11 septembre 2001, dont le cerveau autoproclamé des attentats, Khalid Sheikh Mohammed, ont été formellement inculpés le 5 mai à Guantanamo. Ils font face à des accusations de terrorisme et de meurtre et sont passibles de la peine de mort. 

Source : JournalMetro.com, le 24 mai 2012

 En lien avec cet article :

Procès de Guantanamo : La Cour envisage la séparation des procédures pour les 5 accusésSource AFP le 19 mai 2012

Procès de Guantanamo : Le « tribunal de guerre » d’Obama à l’œuvrepar Bill Van Auken, WSWS, le 26 avril 2012

Procès de Guantanamo : le dernier acte du 11-Septembre ?par Massimo Mazzucco, LuogoComune.net, le 7 mai 2012

Procès de Guantanamo : un simulacre ignoré par les accuséspar Carol Rosenberg, Miami Herald, le samedi 5 mai 2012

Procès de Guantanamo : Son ex-procureur David Morris doute lui aussi de leur crédibilitépar Chris McGreal à Washington, article original: guardian.co.uk, vendredi 4 mai 2012

Procès de Guantanamo : Les Jersey Girls doutent de sa crédibilité

repris par Jon Gold, le 4 mai 2012, paru sur 911blogger

24 mai, 2012

GeantVert

http://www.reopen911.info/News/2012/05/24/breve-proces-de-guantanamo-bush-et-obama-appeles-a-temoigner/


6-3 Gilles Devers : Les US bafouent le droit à un juge
Sept personnes détenues à Guantanamo depuis 10 ans et jamais inculpées viennent de voir la Cour suprême, abandonnant sa propre jurisprudence, refuser d’examiner leur cas.

Ils sont sept détenus de Guantanamo, répondant aux noms de Latif, Al-Bihani, Uthman, Almerfedi, Al-Kandari, Al-Madhouani et Aloui. Ils sont détenus depuis des années – entre sept et dix ans – et vous doutez bien que leur cas sont graves et les charges accablantes. Eh bien non, et c’est tout le problème. Leurs dossiers sont vides. Rien de rien de rien. Même pas le moindre indice pour justifier qu’une inculpation montrant un lien quelconque avec un groupe terroriste. Pas d’accusation, mais l’administration Obama estime qu’il faut les garder en détention à vie. C’est un scandale absolu : les autorités militaires elles-mêmes ont estimé que 87 détenus étaient « libérables », mais ni les juges, ni les autorités administratives ne donnent suite.

Leur problème est finalement assez simple :

- Aucun juge pour les accuser, car il n’y a aucune charge contre eux ;

- Aucun juge pour les libérer ;

- Aucun juge pour statuer sur ces violations du droit.

Dans l'affaire « Boumediene contre Bush », jugée le 12 juin 2008, la Cour suprême avait reconnu que les détenus avaient droit de représenter une requête devant un juge fédéral pour qu’il soit statué sur le respect de leurs droits fondamentaux : droit de connaître l’accusation, droit de ne pas être détenu sans accusation, droit de ne pas être accusé sans preuve, doit d'être interrogé sans recours à la torture, droit de contester devant un juge les mesures atteignant les libertés fondamentales. Cet arrêt avait été considéré comme une grande avancée, alors que c’était tout de même la moindre des choses. Mais, voilà, cet arrêt est resté sans suite.

Les sept détenus avaient formé les recours, passant patiemment toutes les étapes procédurales, pour se voir systématiquement opposer des refus d’examiner leurs demandes.

Leur cas a enfin été porté devant la Cour suprême, visant les droits fondamentaux et l’arrêt « Boumediene contre Bush » du 12 juin 2008.

Obama, au nom de l’Etat fédéral, s’est opposé à ces demandes, soutenant que la justice n’avait pas à examiner ces requêtes.

Hier lundi, la Cour suprême a suivi l’argumentaire d’Obama et a refusé d’examiner les sept recours, sans exposer le moindre motif.

Pour les 169 personnes encore détenues à Guantanamo, les voies judiciaires s’arrêtent donc à cour d'appel de Washington. Or, cette cour ne respecte pas l’arrêt « Boumediene contre Bush », et a refusé de libérer les détenus restant sans accusation. Et c’est justement pour cela que les détenus avaient saisi la Cour suprême.

Le Centre pour les Droits Constitutionnels (CCR), dont des avocats défendent plusieurs détenus de Guantanamo, analyse dans un communiqué : « La Cour abandonne sa promesse formulée dans son propre jugement. Cette décision laisse le sort des détenus entre les mains d'une cour d'appel de Washington hostile, qui a levé des barrières juridiques innombrables et injustifiées, rendant presque impossible pour un détenu de gagner », estime aussi le CCR, dans un communiqué. L’un des avocats, Adam Thurschwell, ajoute : « La Cour de Washington s'est montrée acharnée dans son déni des droits des détenus de Guantanamo et maintenant la Cour suprême lui laisse les rênes pour continuer sur cette voie ».

Les Etats-Unis, qui dominent le monde de leur force armée et donnent des leçons sur les valeurs au monde entier, ne sont que des voyous internationaux. Leur impunité tient à un motif simple : ils refusent tout contrôle juridictionnel. Cour Pénale Internationale, Comité des Droits de l’Homme de l’ONU, Cour Interaméricaine des Droits de l’Homme…, c’est bon pour les autres, mais pas pour eux. Ils pourraient prendre exemple sur la Russie, qui accepte de se soumette à la Cour Européenne des Droits de l’Homme.

Sacré Obama qui en janvier 2009 avait signé la fermeture de Guantanamo… Le Prix Nobel de la Paix a renié sa signature et actuellement se passionne pour les assassinats ciblés, effectués dans des pays étrangers à partir de drones… Comment dit-il, déjà, le cow-boy ? Ah oui : Justice has been done...

Mardi 12 juin 2012


6-4LodeVanoost : Première condamnation pour Guantanamo par l’Organisation des États américains.
L’Organisation des États américains (OEA) a, après des années de travail acharné des associations aux États-Unis, voté en faveur du traitement de la plainte d’un prisonnier de Guantanamo.

C’est une avancée symboliquement très importante. Les États-Unis ont par ailleurs vainement tenté de s’y opposer.

La CIDH, méconnue à tort

Il s’agit en fait de la Commission interaméricaine des droits de l’homme (la CIDH ou IACHR selon l’acronyme en anglais), une institution au sein de l’OEA. Cette institution a une certaine autonomie au sein de l’OEA sur laquelle les États-Unis gardent néanmoins encore la main mise. Cependant, ce pouvoir tend à décliner avec pour conséquence ce qui suit.

Dans le passé également, la CIDH a déjà défendu des positions fortes, notamment sur la peine de mort et sur la législation en matière d’immigration. Aujourd’hui, elle va prononcer pour la première fois de son histoire un jugement sur une plainte introduite par un prisonnier de Guantanamo.

 

“Guantanamera, guajiraguantanamera”

On appelle Guantanamo la base militaire américaine que les États-Unis ont fait construire à Cuba sur la base d’un traité de 1903 conclu avec la dictature cubaine. Une dictature d’ailleurs instaurée par les Américains eux-mêmes quatre années auparavant. En 1898, les États-Unis avaient en outre “libéré” Cuba de son colonisateur espagnol. 

Officiellement, Guantánamo ne serait rien d’autre qu’une station d’approvisionnement en carburant de la Marine. En pratique cependant, la situation est, comme chacun le sait, tout autre. Cela fait déjà quelques années que les États-Unis y maintiennent en captivité un certain nombre de prisonniers d’Afghanistan. Ils restent là sous le prétexte qu’ils ne relèvent pas de la législation américaine et qu’ils ne peuvent dès lors pas faire valoir les “droits de la défense” comme il est d’usage dans les procès aux États-Unis. 

 

Djamel Ameziane

J’évoque ici la plainte introduite par le citoyen algérien Djamel Ameziane. Sa plainte porte sur “le droit à un procès équitable” et “l’interdiction de torture” et par là-même sur la responsabilité civile des personnes responsables de son mauvais traitement.

L’homme a été “vendu” comme butin de guerre aux forces de combat américaines présentes au Pakistan. Comme la plupart des prisonniers de Guantanamo, il n’a donc pas été fait prisonnier par les Américains lors de l’un ou l’autre combat. Après un mois d’incarcération en Afghanistan, l’homme a été transféré par bateau à Guantanamo où il est arrivé en février 2002. Cet homme est donc détenu depuis dix ans sans aucun motif d’inculpation et sans aucun procès. 

 

Toutes les voies de recours ont été épuisées

C’est un principe de droit universellement reconnu qu’une personne ne peut s’adresser à une juridiction internationale qu’une fois qu’il/elle a épuisé toutes les voies de recours nationales. Djamel Ameziane a effectivement épuisé toutes les voies de recours des États-Unis avec le concours de son avocat. C’est pourquoi il a décidé d’introduire une plainte auprès de la CIDH de l’OEA. Après quatre années de procédure, la plainte a finalement été acceptée. 

Il est plus que probable que cela ne changera malheureusement pas grand chose pour cet homme. Les États-Unis ont jusque là toujours passé outre les précédents jugements de la CIDH et ceux de la Cour pénale internationale. Il s’agit donc principalement d’une lutte symbolique pour plus de crédibilité.

 

Habeas corpus

Les 171 personnes qui sont toujours détenues à Guantanamo ne connaissent pas les faits qui leur sont reprochés (le principe juridique de l’habeas corpus est donc foulé aux pieds) et ignorent tout des preuves que les États-Unis possèdent contre elles.

Il a déjà été décidé pour 89 d’entre elles de les renvoyer dans leurs pays d’origine mais aucun détenu, pas même Djamel Ameziane ne sait qui cette décision concerne. Ce dernier risque en outre la prison et la torture en Algérie car en 2000, il a fui son pays d’origine pour des raisons politiques.

 

Un précédent symbolique d’une importance certaine

La CIDH ne peut imposer aucune décision. Un jugement éventuellement favorable créerait cependant un précédent international important. En outre, une initiative législative en cette période jetterait le discrédit sur le Président Obama. Le Président américain veut d’ailleurs, par l’intermédiaire de différentes dispositions dans le budget militaire pour l’année 2012, arriver à ce que “toute personne liée à Al-Qaeda ou aux Résistants” puisse être détenue pour “une durée indéterminée”. Les avocats pourraient dès lors attaquer cette disposition devant la justice américaine sur la base d’un arrêt de la CIDH. 

Un petit pas dans la bonne direction

Avant, les États-Unis avaient le pouvoir d’agir impunément et d’empêcher que l’on puisse même évoquer de telles affaires. Désormais, ce pays ne peut plus agir ainsi et doit se restreindre à nier une décision prise par un organe dont il est lui-même membre. Il s’agit donc d’un très petit pas dans la bonne direction mais symboliquement, il est d’une importance certaine. 

Source orginale : de wereldmorgen

LodeVanoost

14 juin 2012

Traduit du néerlandais par Marie Deblonde-Vallet pour Investig'Action

Source : Investig'Action


 

Source : Le blog de Gilles Devers
http://lesactualitesdudroit.20minutes-blogs.fr/..



8 Dossiers

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

8-1 Les soldats Français tués à Nijrab étaient des hommes du renseignement. 

Les quatre soldats français, dont trois sous-officiers, tués samedi en Kapisa étaient pour l’essentiel des spécialistes du renseignement. Ils n’appartenaient donc pas à proprement parler aux « troupes combattantes » dans la définition chère en ce moment à l’exécutif, mais à un maillon essentiel à l’environnement des forces françaises et à leur relation avec la population de la Kapisa.
Pour autant, les biographies « sèches » diffusées dimanche matin par l’état-major de l’armée de terre font apparaître des vies d’hommes dans leur plénitude, dont on ne rappellera jamais assez qu’ils étaient, certes, volontaires pour partir en Afghanistan, mais qu’ils avaient été retenus par leurs chefs pour cette mission, à laquelle ils s’étaient entraînés durant six mois avant leur départ pour le Royaume de l’insolence, comme on appelle parfois l’Afghanistan.
Des trois militaires du 40e régiment d’artillerie de Suippes qui ont perdu la vie, le plus jeune était le brigadier Yoann Marcillan, qui a fêté le 2 mai ses 23 ans. Engagé en 2007, il a effectué une mission en Nouvelle-Calédonie et une autre au Kosovo avant son départ pour l’Afghanistan. Initialement artilleur stricto sensu, il avait demandé à entrer dans la filière renseignement et avait intégré la batterie de renseignements de brigade de son unité.
Il était affecté en Afghanistan à l’équipe tactique d’opérations militaires et d’influence (Etomi), qui désigne une spécialité mal connue : le contact avec la population et ses notables, qu’on baptise dans ce pays les malek quand ils assument des responsabilités politico-administratives, ou les elders, quand ils sont des chefs de famille.
C’est à leur contact que les Etomi déminent les éventuels conflits et sont éventuellement en mesure de recueillir le renseignement humain le plus précieux et le plus difficile à obtenir, au niveau le plus élémentaire de la population. Yoann Marcillan était célibataire et sans enfant.
Les résistants n’ont pas frappé au hasard

Lui aussi de l’Etomi, le maréchal des logis Pierre-Olivier Lumineau aurait eu 27 ans en août prochain. Engagé voici deux ans à l’Enso (École nationale des sous-officiers d’active de Saint-Maixent), titulaire du BSAT (brevet supérieur de l’armée de terre), spécialité « recueil de l’information », il est affecté à la même batterie de renseignement de brigade que son camarade Yoann Marcillan. Célibataire sans enfant, il effectuait sa première Opex (opération extérieure).
Affecté depuis le 26 mars 2012 dans cette même Etomi de Kapisa, pacsé et père de deux enfants de 3 ans et 1 an, le maréchal des logis-chef Stéphane Prudhom, 32 ans, était très expérimenté dans la précieuse spécialité d’éclaireur qu’il avait acquise au 2e régiment de hussards de Sourdun, avant de devenir un « excellent », dixit l’armée de terre, chef de patrouille de recherche blindée profonde.
Ses compétences avaient été mises à profit par les armées au sein de la SFOR en ex-Yougoslavie en 2000, au Kosovo (opération Trident) à deux reprises (2002 et 2006), en Côte d’Ivoire (Licorne) en 2005, au Tchad (opération Épervier) en 2008 et une première fois en Afghanistan en 2006.
Le gradé le plus expérimenté de cette mission, qui a lui aussi trouvé la mort dans l’opération-suicide de Nijrab, était l’un de ces piliers mal connus de l’armée de terre. Adjudant-chef de 46 ans, engagé à 18 ans, l’artilleur Thierry Serrat était aussi un parachutiste (35e RAP).
Il avait effectué de nombreuses missions extérieures (notamment en Côte d’Ivoire, au Liban et à deux reprises en Afghanistan) et avait été affecté en août 2008 au GIACM (groupement interarmées des actions civilo-militaires) de Lyon.
Dans ce poste qui exige de fortes qualités humaines et une empathie pour la population, Thierry Serrat avait pour fonction de voir avec les notables quels moyens l’armée française pouvait affecter à des microprojets dans l’agriculture, le bâtiment, les infrastructures collectives.
Quand on est militaire, on travaille aussi au profit de la mission. Ce rôle de contact est primordial dans le recueil du renseignement humain d’ambiance.

Ces éléments montrent assez que les résistants n’ont pas frappé au hasard. Si la population afghane admet mieux – ou moins mal – que d’autres la présence militaire française dans son pays, c’est notamment grâce à des hommes comme ceux qui sont morts samedi.

10/06/2012

http://www.algerie1.com/flash-dactu/afghanistan-les-soldats-francais-tues-a-nijrab-etaient-des-hommes-du-renseignement/


8-2 RezaPirbhai : Le coût humain de la guerre contre le ''terrorisme' '- Quelques chiffres.

21 juin 2012

Au début de la « guerre au terrorisme » le général étasunien Tommy Franks a déclaré : « Nous ne comptons pas les corps ». Il parlait bien sûr des morts afghans. Le fait que les noms des victimes du 11 septembre aient tous été dûment gravés dans la pierre rend encore plus singulier le fait qu’on accorde si peu d’intérêt aux victimes civiles non étasuniennes ou non OTANniennes de la guerre menée en leur nom. De fait la guerre qui est actuellement dans sa onzième année et au cours de laquelle deux pays ont été envahis et occupés, ainsi que le bombardement actuel d’au moins trois pays supplémentaires, n’ont généré aucune étude exhaustive des pertes directes ou indirectes.

Le fait qu’une guerre d’une telle envergure puisse faire rage si longtemps sans volonté officielle de faire la lumière sur le nombres "des autres" tués, est révélatrice de la manière dont les états qui la mènent calculent le coût de la guerre. Si la politique officielle est de ne pas les compter, cela signifie que les morts, les estropiés, les disparus et les déplacés non étasuniens et non OTANniens ne font par partie de l’équation. Le fait que cette politique ne semble pas être remise en cause par le public révèle une approche plus globalement préoccupante des "autres", en particulier des Musulmans. L’ONU et quelques ONG essaient cependant d’établir des comptes dans le dédale des contextes locaux engloutis dans le conflit. En dépit de l’obstruction officielle et de l’indifférence publique, on commence à avoir un aperçu des conséquences meurtrières de ces guerres.

Pour commencer, en Afghanistan les études les plus souvent citées sur l’invasion de 2001 établissent qu’environ 4000 à 8000 civils afghans sont morts dans des opérations militaires. Il n’y a pas de chiffres pour 2003-2005, mais en 2006, HumanRights Watch a recensé un peu moins de 1000 civils tués dans les combats. De 2007 à juillet 2011, la Mission d’assistance de l’ONU en Afghanistan (UNAMA) évalue à au moins 10 292 le nombre de non-combattants tués. Ces chiffres, il faut le souligner, n’incluent pas les morts indirectes et les blessés. On peut avoir une idée des morts indirectes grâce à un article du Guardian -le meilleur reportage sur le sujet- qui établit qu’au moins 20 000 personnes de plus sont mortes suite aux déplacements de population et à la famine causée par l’arrêt de l’approvisionnement en nourriture rien que pendant la première année de la guerre. De plus, selon Amnesty International, 250 000 personnes ont dû fuir dans d’autres pays en 2001 et au moins 500 000 ont été déplacées à l’intérieur du pays depuis.

Passons à l’Irak maintenant : Selon le projet Iraq Body Count (Compte des Corps Irakiens) environ 115 000 civils ont été tués dans les tirs croisés de 2003 à août 2011. Mais selon l’étude de la santé familiale en Irak de l’Organisation Mondiale de la Santé, le chiffre se monterait à 150 000 rien que pour les trois premières années d’occupation. Avec les morts indirectes, cela ferait, selon le rapport Lancet, environ 600 000 morts pour cette période. De plus, une étude d’Opinion Research Business estime qu’il y a eu, avant le milieu de l’année 2007, un million de morts violentes. Qui plus est, le Haut Commissaire de l’ONU pour les Réfugiés fait état d’environ deux millions d’Irakiens déplacés dans d’autres pays et deux millions de plus déplacés à l’intérieur du pays depuis 2007. Il n’y a pas d’information précise sur les morts indirectes ni les blessés mais l’effondrement indéniable du système de santé irakien et des infrastructures en général (les meilleurs de la région avant 1991) suggèrent que leur nombre est au moins aussi catastrophique.

 

En plus des deux états sous occupation, la "guerre contre le terrorisme" s’est étendue à un certain nombre de pays voisins comme le Pakistan, le Yémen et la Somalie. Les premières armes déployées dans ces endroits ont été les "drones" étasuniens, des groupes d’opération spéciale, des agents des services secrets et les forces armées/gouvernementales des pays concernés. Etant donné la nature extra-judiciaire et clandestine de ces théâtres d’opération, il est difficile de comptabiliser les pertes en l’absence de données indépendantes. A vrai dire, on a le même problème en Afghanistan et en Irak mais tout le monde s’accorde à dire que le nombre de drones utilisés au Pakistan, Yémen et Somalie est en hausse. A ce jour, selon le Bureau du Journalisme d’Investigation, il y aurait eu au moins 357 frappes au Pakistan entre 2004 et juin 2012 (plus de 300 sous l’administration Obama). Au moins 2464 personnes ont été tuées dont au moins 484 civils (168 enfants). Le Washington Post y ajoute 38 frappes qui ont causé 241 morts (56 civils) au Yémen. Il n’y a pas de chiffres pour la Somalie mais le New York Times confirme que ce type d’opération y est mené depuis 2007 au moins.

 

Les officiels ou citoyens ordinaires partisans de la guerre se hâteront de rétorquer que beaucoup des chiffres cités dans cet article concernent des morts civiles dont sont responsables des combattants ennemis. Mais comment peut-on le savoir quand les données sont si incomplètes ? Et, comme cela a été mis en lumière pendant la campagne de "drones", comment peut-on distinguer les civils des combattants quand les assassins de ces derniers sont aussi leurs juges ? En vérité, même en tenant compte de ces réserves, ces attaques font du gouvernement étasunien un des gouvernements qui a commis le plus "d’assassinats ciblés", selon sa propre expression, de l’histoire. Qui plus est, comme l’a indiqué un des représentants de UMANA à propos de leur étude, "Lorsque nous doutons du statut de non-combattant d’une ou de plusieurs victimes, nous ne les incluons pas au nombre des victimes civiles. Et donc il est fort possible que le nombre des victimes rapporté par UMANA soit sous-estimé." En fait tous ceux qui font de telles études reconnaissent avoir ce type de problème.

 

Si on essaie de rassembler ces données éparses, on arrive à un minimum de 140 000 victimes civiles non étasuniennes et non OTANiennes. Et facilement à un maximum de 1 100 000. Ce qui donne 14 000 à 110 000 morts par an. Pour mieux se rendre compte de ce que cela représente, il faut se rappeler que le "Blitz" nazi sur l’Angleterre pendant la seconde guerre mondiale a fait 40 000 morts civiles. Il faut aussi se rappeler que dans cette fourchette d’estimation, ne sont pas comprises les victimes directes d’Afghanistan de 2003 à 2005 ni les victimes indirectes de 2003 à nos jours. Par ailleurs, les morts civiles causées par autre chose que les drones, comme les disparitions et les détentions secrètes, ne sont comptabilisées nulle part et les pertes résultant des campagnes militaires de commanditaires (comme les gouvernements du Pakistan et du Yémen) ne sont pas répertoriées. Le nombre des blessés, des orphelins, ou des gens privés de leurs droits, sans compter le nombre de ceux qui ont été torturés dans des prisons publiques ou privées du monde entier, n’est pas mon plus pris en compte. Et enfin les souffrances des millions de personnes déplacées d’Afghanistan, d’Irak, du Pakistan et d’ailleurs sont incalculables.

Les chiffres que nous venons de vous présenter, même s’ils sont tragiquement incomplets, expliquent pourquoi les officiels des Etats-Unis et de l’OTAN refusent de les établir. Prendre en compte le stupéfiant coût humain de la "guerre contre le terrorisme" les forcerait à reconnaître que le "terrorisme" n’est pas à sens unique et que les états, et non les milices, détiennent les armes les plus meurtrières. Le choix du général Franks de ne pas compter les cadavres est révoltant mais pas surprenant. Le fait que le manque d’intérêt des opinions publiques des Etats-Unis et des pays de l’OTAN fasse écho au sien démontre qu’un consensus (fabriqué ou non) très étonnant règne dans les populations au moins en ce qui concerne ces victimes musulmanes. Rien d’autre que cette indifférence du public et des officiels ne peut expliquer l’absence d’études exhaustives sur les pertes civiles surtout lorsqu’on pleure les près de 3000 civils morts le 11 septembre et au nom desquels la "guerre contre le terrorisme" continue de se déchaîner.

RezaPirbhai

21 juin 2012

M. RezaPirbhai est professeur d’histoire de l’Asie du Sud à Louisiana State University. On peut le joindre à : rpirbhai@lsu.edu

Traduction : Dominique Muselet pour LGS

Source : Le Grand Soir



9 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

 

9-1 Paul Craig Roberts : Le cas des terroristes manquants.

S’il y avait des terroristes réels, José Rodriguez serait mort.

Qui est José Rodriguez ? C’est le criminel qui a géré le programme de torture de la CIA. La vaste majorité de ses victimes ne furent pas des terroristes ni mêmes des insurgés. La plupart furent de pauvres bougres kidnappés par des seigneurs de la guerre et vendus aux Américains comme “terroristes” pour toucher la récompense promise.

Si l’identité de Rodriguez était auparavant un secret, elle ne l’est plus. Il est apparu sur l’émission de CBS “60 Minutes” prenant à son crédit le fait d’avoir torturé des musulmans et utilisé l’information soi-disant obtenue pour tuer les chefs d’Al-Qaïda. Si les terroristes étaient vraiment le problème que la sécurité de la patrie (NdT : le DHS ou la Stasi, Securitate du pays du goulag levant), le FBI et la CIA disent qu’ils sont, le nom de Rodriguez serait un nom à rayer sur la liste d’élimination des terroristes. Il serait déjà dans sa tombe.

De même le serait John Yoo (ci-contre), qui écrivît le memo du ministère de la justice (sic) donnant le feu vert pour torturer et ce malgré qu’à la fois la loi états-unienne et la loi internationale aient banni la torture. Apparemment, Yoo, un professeur à la faculté de droit de Boalt de l’université Berkeley de Californie, était ignorant de la loi américaine et de la loi internationale. Il en va de même pour le ministère de la justice (sic).

 

Notez que Rodriguez, “le tortionnaire des musulmans”, ne doit pas se cacher. Il peut aller sur les chaînes de télévision nationales, révéler son identité, et révéler ses succès à torturer et massacrer des musulmans. Il n’a aucune protection des services secrets et serait une cible très facile pour des assassins terroristes si efficaces paraît-il, qu’ils ont perpétrés le 11-Septembre.

 

Une autre cible facile pour être assassiné serait l’ancien ministre de la défense Donald Rumsfeld, qui bourra le Pentagone de va-t-en guerre néoconservateurs tels que Paul Wolfowitz et Douglas Feith, qui à leur tour concoctèrent la fausse information utilisée pour justifier l’invasion de l’Irak et de l’Afghanistan. Rumsfeld lui-même déclara les membres d’Al-Qaïda comme étant les plus vicieux et les tueurs les plus dangereux de la planète. Et pourtant, Rumsfeld, Wolfowitz, Feith, Richard Perle ainsi que les propagandistes néoconservateurs des médias tels William Kristol et Max Boot, se promènent tous depuis des années non protégés sans avoir été inquiétés par des terroristes qui chercheraient à venger le million plus de musulmans tués en assassinant les responsables.

 

Condi Rice, Colin Powell, qui fît le discours mensonger à l’ONU pour lancer l’invasion de l’Irak et Dick Cheney, dont la protection plus que minimale par les services secrets ne serait en aucun cas un problème dans l’hypothèse d’une tentative d’assassinat déterminée ; tous ces gens profitent de la vie sans être molestés par des terroristes.

 

Vous rappelez-vous du jeu de cartes que le régime Bush avait fait faire avec les visages des responsables irakiens ? Si les terroristes avaient un jeu de carte similaire, tous les noms cités ci-dessus seraient des cibles de la plus haute importance. Et de fait, il n’y a eu aucune tentative d’assassinat sur aucun d’entre eux.

 

Bizarre non, qu’aucune de ces personnes ne soient sujette à une menace terroriste. Pourtant, les machos, durs à cuire des commandos marines qui ont soi-disant tués Oussama Ben Laden doivent avoir leur identité cachée afin qu’ils ne deviennent pas des cibles pour les terroristes. Ces supermen américains, tueurs hautement entraînés eux-mêmes, n’osent pas montrer leurs visages, mais Rodriguez, Rumsfeld et CondiRice se baladent sans être inquiétés.

 

De fait, les vies de ces commandos sont tellement en danger, que le président Obama a abandonné l’énorme avantage en relations publiques et le bénéfice politique que représente une cérémonie de décoration à la Maison Blanche avec ces commandos marines héroïques. Cela est très certainement une étrange attitude venant d’un politicien. Quelques semaines après la soi-disant élimination de Ben Laden, la même unité de commandos marines, ou la vaste majorité d’entre baeux, est décimée dans un crash d’hélicoptère en Afghanistan.

 

Si vous étiez un terroriste musulman cherchant à vous venger des crimes de Washington, essaieriez-vous de passer clandestinement une bombe dans votre slip ou vos chaussures afin de faire sauter un avion de ligne rempli de gens dont la seule responsabilité qu’ils ont de la guerre de Washington contre les musulmans est qu’ils croient la propagande de cette dernière ? Si vous vouliez même faire sauter des innocents, ne placeriez-vous pas votre bombe au milieu de la grande foule en attente de passer la sécurité de l’aéroport ainsi au passage, tuant quelques membres de la TSA avec les passagers ? Des terroristes pourraient coordonner leurs attaques, touchant simultanément dans la même minute un vaste nombre d’aéroports à travers les Etats-Unis. Ceci serait vraiment de la terreur ; de plus cela poserait un problème insoluble à la TSA : comment contrôler les gens avant même qu’ils ne soient contrôlés par la sécurité ?

 

Ou des attaques coordonnées dans des centres commerciaux ou des stades ?

 

Pourquoi des terroristes, si tant est qu’ils existent, s’embêteraient à tuer des gens alors qu’il est facile de causer un chaos total sans les tuer ? Il y a un bon nombre de sub-stations électriques non gardées. Des régions entières du pays pourraient être fermées. Une des méthodes les plus simples et effective pour causer le plus de troubles serait de larguer de grandes quantités de clous sur la chaussée aux heures de pointes à New York, Boston, Washington DC, Atlanta, Dallas, Chicago, Los Angeles, San Francisco. Vous voyez le tableau : des milliers et des milliers de voitures incapacitées avec les pneus crevés bloquant les artères principales pendant des jours.

 

Avant que certains lecteur ne m’accusent de donner des idées aux terroristes, demandez-vous si des gens aussi intelligents pour avoir soi-disant planifié et perpétré le 11 Septembre, ne pourraient pas penser à de telles tactiques si simples, qu’ils pourraient effectuer sans grandes difficultés pour déjouer des systèmes de sécurité ou pour tuer un grand nombre de personnes innocentes ? Mon point de vue n’est pas ce que devraient faire les terroristes, s’ils existent vraiment. Mon avis est que l’absence d’actes de terrorisme faciles à faire suggère que la menace terroriste est plus une invention que la réalité. Et pourtant, nous avons un système de sécurité des plus intrusif qui n’a apparemment aucune fonction si ce n’est que d’exercer un pouvoir plus contraignant sur les citoyens américains.

 

Au lieu de vrais terroristes perpétrant des complots faciles, nous avons des “complots terroristes” rêvés par des agents du FBI et de la CIA, qui ensuite recrutent quelques pauvres hères naïves à moitié démentes, les soudoyant d’argent et d’images héroïques pour elles-mêmes, leur donnant à la fois le fil conducteur du complot et les faux explosifs. Ceci est appelé de l’arnaque, sans l’être. Elles sont orchestrées par nos propres agences de sécurité, qui produisent de faux complots terroristes, qui sont ensuite éventés par les mêmes agences de sécurité qui ont pondu les complots.

L’annonce faite par Washington est toujours : “le public ne fut jamais en danger”. Quel complot ! Nous n’avons jamais été mis en danger par aucun d’entre eux, mais les aéroports ont été en alerte orange depuis 11 ans et demi.

Le système judiciaire fédéral et les jurys conditionnés traitent ces complots concoctés comme de véritables menaces à la sécurité des Américains et ce malgré les annonces du gouvernement que le public n’a jamais été en danger.

 

Les annonces de ces complots “déjoués” maintiennent le public lobotomisé tranquille et docile, plus servile pour plus de fouilles intrusives, d’espionnage sans mandat, d’augmentation d’un état policier irresponsable et de guerres sans fin.

La “guerre contre la terreur” est une escroquerie, qui a été utilisée avec succès pour détruire la constitution des Etats-Unis et pour compléter la transformation de la loi d’un bouclier pour les citoyens en une arme aux mains de l’état. En détruisant l’Habeas Corpus, le droit à une procédure judiciaire et un procès, et la présomption d’innocence, la “guerre contre la terreur” a de fait détruit notre sécurité

Paul Craig Roberts

Le Dr Paul Craig Roberts est le père de la Reaganomics et l’ancien chef de la politique au Département du Trésor. [NdT.

Le ministre français de l'économie et des finances, Édouard Balladur, reconnaissant ses compétences, lui décerne la Légion d'honneur en 1987.

] Il est chroniqueur et a été précédemment rédacteur pour le Wall Street Journal. Son dernier livre, "How the EconomyWasLost: The War of the Worlds" (Comment l’économie a été perdue : la guerre des mondes), détaille les raisons de la désintégration des Etats-Unis

http://11septembre2001.blogspot.be/



Tout  individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

  • " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19

01/06/2012

n°507- 01/06/10 -: L'Alliance doit préparer l'immense chantier de retrait des 130 000 soldats


                       n°507-Les dossiers 'Géopolitique de l'Afghanistan - 01/06/10 -: L'Alliance doit préparer l'immense chantier de retrait des 130 000 soldats


Les dossiers 'Géopolitique, et Stratégie' de l'Afghanistan

   n°507                                                                                                                             01/06/10

                   C.De Broeder    &   M.Lemaire                       



Sommaire.

1 Luttepour la libération du territoire

1-1 Lavrov : Rencontre internationale à Kaboul le 14 juin.

1-2 Moscou s'inquiète du bombardement de l'Afghanistan par les forces étrangères.  

1-3 Moscou préoccupé par le statut des bases US après 2014.

1-4 RIA Novosti : Afghanistan: peu de chances d'embellie.

2 Dommages Collatéraux...

8 civils dont 6 enfants tués dans un bombardement de l'Otan.

3 Retrait Allemand

3-1 Berlin s'engage à aider Kaboul après le retrait de ses troupes.

4 Retrait  français

4-1 Le casse-tête français d'un retrait anticipé.

5 OÙ EN EST LA GUERRE EN AFGHANISTAN ?

5-1 Retrait français et défaite annoncée

5-2THOMAS HOFNUNG :: Le retrait d'Afghanistan, entre «soulagement» et «amertume».

5-3JEAN-PIERRE PERRIN, LUC MATHIEU -: Hollande sonne le retrait sans gloire des troupes françaises.

5-4 Manlio Dinucci : Aube rouge sang à Kaboul.

6 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

6-1 Video : Lakhdar Boumediene, ancien détenu de Guantanamo -

7 Les Brèves.

7-1 Le Kirghizstan autorise le transit terrestre de l'OTAN vers l'Afghanistan.

8 Dossiers

8-1 Sortir d'Afghanistan, la principale préoccupation de l'Otan.



1 Luttepour lalibération du territoire

1-1 Lavrov : Rencontre internationale à Kaboul le 14 juin.

Une rencontre internationale sur l'Afghanistan aura lieu le 14 juin à Kaboul, a déclaré vendredi le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov lors d'une réunion des chefs de la diplomatie de l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS).
"Une rencontre internationale sur l'Afghanistan est prévue le 14 juin à Kaboul", a dit M.Lavrov, avant d'ajouter que la situation dans le pays et dans la région suscitait de sérieuses préoccupations.
"Je pense que nous devons participer activement à l'ensemble des discussions internationales consacrées aux problèmes afghans, avoir des positions concertées et démontrer la volonté de l'OCS de contribuer aux efforts de la communauté internationale visant une renaissance politique et économique de l'Afghanistan. L'octroi au pays du statut d'observateur auprès de l'Organisation favorisera ces processus", a insisté le chef de la diplomatie russe.
Créée en 2001, l'Organisation de coopération de Shanghai regroupe à l'heure actuelle la Chine, le Kazakhstan, le Kirghizstan, l'Ouzbékistan, la Russie et le Tadjikistan. La présidence tournante est assumée depuis le 1er août 2011 par la Chine. Un sommet de l'Organisation aura lieu début juin à Pékin. Les récents événements et la situation au Proche-Orient et en Afrique du Nord seront au menu.

http://fr.rian.ru/world/20120511/194662212.html

 

 


1-2 Moscou s'inquiète du bombardement de l'Afghanistan par les forces étrangères.  

16/05/2012

La diplomatie russe se déclare inquiète du massacre des civils afghans, lors des bombardements menés par les forces étrangères.

Dans une déclaration, publiée, mardi, sur le site web du ministère russe des Affaires étrangères et reprise par l'IRNA, la Russie a exprimé sa vive inquiétude, quant à la multiplication des cas de bombardements erronés, en Afghanistan, survenus, dans le cadre de l'opération de la "liberté invincible", ce qui a fait un grand nombre de victimes, tous, civils. La déclaration de la diplomatie russe indique qu'au seul mois de mai, plus de 30 civils, qui n'ont aucun lien avec les groupes armés, ont été tués, dans les provinces de Badgheis et de Helmand. "De telles erreurs inacceptables nuisent aux efforts censés établir la stabilité, en Afghanistan, vu, notamment, la poursuite du processus de la remise de la responsabilité de l'assurance de la sécurité du pays aux forces afghanes, elles mêmes.

IRIB

 


1-3 Moscou préoccupé par le statut des bases US après 2014.
MOSCOU, 24 mai - RIA Novosti
Le statut des bases militaires américaines en Afghanistan après 2014, soit après le retrait programmé de la Force internationale d'assistance à la sécurité (ISAF), n'est pas évident, a indiqué jeudi Zamir Kaboulov, représentant spécial du président russe pour l'Afghanistan.
"Kaboul et Washington n'ont pas encore signé un accord sur les bases.
Ils se proposent de le faire dans un an. On nous dit que ce document définira tant le statut de telles bases militaires que le statut et les droits des militaires américains sur ces bases", a indiqué le diplomate.
Et d'ajouter que la Russie se posait en outre des questions sur la raison du maintien de ces bases en Afghanistan.
"De toute évidence, une telle infrastructure militaire n'est pas destinée à résoudre des problèmes intérieurs de l'Afghanistan, mais revêt sans doute une vocation régionale beaucoup plus large", a estimé M.Kaboulov.
Selon la Maison Blanche, un tel accord ne prévoit pas de bases militaires permanentes en Afghanistan mais engage le pays à donner "accès et jouissance aux forces américaines jusqu'à 2014 et au delà" et offre la possibilité pour les forces américaines d'y rester après cette date pour "former les forces afghanes et viser (les éléments) d'Al-Qaïda restants".


 

1-4 RIA Novosti : Afghanistan: peu de chances d'embellie.

Ndlr : la publication des articles  ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses  mais doit être vu comme information.

MOSCOU, 21 mai -

La situation politique et militaire en Afghanistan reste tendue, et la perspective de création d'une armée nationale efficace est incertaine, a estimé lundi Albert Khorev, du ministère russe des Affaires étrangères.
"La situation politique et militaire en Afghanistan n'incite guère à l'optimisme. Des groupes extrémistes, notamment les résstants  ldu Parti islamique d'Afghanistan et le Mouvement islamique d'Ouzbékistan, opèrent pratiquement sur tout le territoire afghan", a déclaré le diplomate lors d'un colloque international à Moscou.
Et d'ajouter que la situation était aggravée par la fusion de talibans afghans et pakistanais, ainsi que par une infiltration massive de terroristes à travers la frontière afghano-pakistanaise.
"Moscou considère comme problématique la création en Afghanistan de forces armées efficaces (…). Aussi la stabilité du régime (de Kaboul) à moyen terme sera-t-elle toujours assurée par la présence militaire étrangère", a indiqué M.Khorev.
Selon lui, "le processus de remise des responsabilités en matière de sécurité en Afghanistan par les militaires étrangers aux structures de forces afghanes (…) revêt un caractère manifestement déclaratif".
"Il n'est pas rare qu'après le retrait d'unités militaires des agglomérations, le pouvoir y passe aux mains des talibans bénéficiant du soutien de la population", a constaté l'expert.
Il a relevé en outre le faible niveau professionnel des militaires afghans et leur incapacité de mener des opérations indépendantes. Parmi les problèmes des forces armées d'Afghanistan, M.Khorev a également cité la corruption et les déserteurs.



2 Dommages Collatéraux...

8 civils dont 6 enfants tués dans un bombardement de l'Otan.

Un bombardement de l'Otan a tué huit personnes d'une même famille, dont six enfants, dans leur demeure de Paktia, une province instable de l'est de l'Afghanistan,selon un bilan établi dimanche par des responsables afghans. Samedi soir vers 20h30 locale (18 heures à Paris) «un homme, sa femme et six de leurs enfants sont morts.

C'était un bombardement conduit par l'Otan», a raconté à l'AFP Rohullah Samoon, le porte-parole du gouvernement de Paktia. L'Isaf, la force armée de l'Otan, a indiqué avoir entendu parler de l'événement et enquêter sur le sujet.
L'attaque a été confirmée par une source sécuritaire de haut niveau à Kaboul. «C'est vrai. Une maison a été bombardée par l'Otan. Un homme appelé Mohammad Sahfee, sa femme et six de leurs enfants innocents ont été brutalement tués», a-t-il raconté.
Frictions entre Kaboul et l'Otan
Les opérations nocturnes de la coalition contre les domiciles afghans sont depuis longtemps un sujet de friction entre le chef de l'Etat afghan et ses alliés de l'Otan, qui portent à bout de bras son fragile gouvernement face à l'insurrection talibane depuis dix ans. Début mai, le
président afghan Hamid Karzaï a convoqué le commandant de l'Isaf, le général américain John Allen, et l'ambassadeur des Etats-Unis à Kaboul, Ryan Crocker, pour une «réunion d'urgencer au palais présidentiel après que des dizaines de civils eurent, selon lui, été tuées dans plusieurs bombardements de l'Otan. Hamid Karzaï avait à cette occasion menacé Washington de geler l'accord de partenariat stratégique à long terme signé par les deux pays si l'Isaf ne faisait pas plus d'efforts pour éviter de tuer des civils lors de ses opérations. Cet accord a été ratifié samedi par le parlement afghan.
Les civils sont les premières victimes du conflit opposant Isaf et forces pro-gouvernementales à l'insurrection menée par les talibans. En 2011, plus de 3000 civils sont morts des suites du conflit. Soit autant que le nombre de soldats de l'Isaf ayant péri en Afghanistan depuis plus de dix ans
.

 

4 soldats de l'Isaf tués
Dans le sud du pays, quatre soldats de l'Isaf ont été tués samedi« dans des attentats distincts à l'engin explosif artisanal » a indiqué l'Isaf dimanche, sans s'étendre sur les conditions de l'attaque ni la nationalité des soldats.

Ces attaques portent à 169 le nombre de soldats de l'Otan tués en Afghanistan cette année et à 3.016 depuis 2001, selon un décompte de l'AFP effectué à partir du site icasualties.org.

le 27.05. 

http://www.leparisien.fr/international/afghanistan-8-civils-dont-6-enfants-tues-dans-un-bombardement-de-l-otan-27-05-2012-2019066.php



3 Retrait Allemand

3-1 Berlin s'engage à aider Kaboul après le retrait de ses troupes.

Ndlr : la publication des articles ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses  mais doit être vu comme information.

La chancelière allemande Angela Merkel et le président afghan Hamid Karzai ont signé un accord de partenariat selon lequel Berlin s'engage à poursuivre son aide à Kaboul après le retrait des troupes allemandes du pays, prévu pour 2014, rapportent mercredi les médias allemands.

"C'est une étape importante de nos relations. Nous sommes très préoccupés par le sort de l'Afghanistan", a déclaré Mme Merkel, citée par les médias.

Selon la chancelière, l'Allemagne se sent obligée de contribuer au développement de l'Afghanistan.

L'accord prévoit en outre que Berlin contribuera à la restauration de la république islamique, notamment par le biais de la refondation du système éducatif. Kaboul avait auparavant signé un accord similaire avec Washington.

D'après des sources au sein des autorités allemandes, Angela Merkel envisage d'annoncer au prochain sommet de l'Otan qui se tiendra à Chicago les 20 et 21 ami, les plans de Berlin d'octroyer à l'Afghanistan 190 millions de dollars pour financer les forces armées afghanes.

Les Etats-Unis et les autres pays de l'Alliance avaient à plusieurs reprises annoncé leur intention de poursuivre la coopération avec les autorités afghanes après 2014. Les États donateurs envisagent de débloquer à partir de 2014 quatre milliards de dollars chaque année pour le maintien des forces armées afghanes.

http://fr.rian.ru/world/20120516/194727044.html


4 Retrait  français

4-1 Le casse-tête français d'un retrait anticipé. 

15/05
Effectué par la route ou par les airs, le départ des soldats français a peu de chances d'être effectif avant fin 2012.

Retirer toutes les troupes françaises d'Afghanistan avant la fin 2012. C'est l'une des principales promesses électorales de François Hollande dans le domaine international. Mais sera-t-il capable de la tenir?
Concrètement, il s'agit d'évacuer 3 400 hommes, 900 véhicules dont 500 blindés, 1 400 conteneurs, 3 Mirage 2000 et 14 hélicoptères. Le seul moyen de respecter le délai de 2012 serait d'utiliser des avions-cargos, capables d'emporter les hommes et le matériel depuis les aéroports de Kaboul ou de Bagram jusqu'en France ou aux Émirats arabes unis, où Paris dispose d'une base militaire. La France étant sous-équipée en gros-porteurs, elle devra louer à la Russie ou à l'Ukraine des Antonov, capables d'héberger 7 à 8 véhicules blindés. Mais à environ 30 000 euros l'heure, le prix de l'aller-retour est astronomique. Le retrait anticipé aurait donc un coût énorme. «Il faudrait augmenter tout de suite les impôts», ironise un spécialiste. Même si la France en avait les moyens, elle se heurterait à l'engorgement des aéroports afghans qui devront déjà absorber le retour au pays de 23 000 soldats américains avant la fin septembre. Ainsi qu'à un problème de disponibilité des gros-porteurs, également convoités par les autres pays de l'Alliance pour leurs rotations.
Seconde solution, la moins chère mais aussi la moins sûre: emprunter la route du sud, celle du Pakistan. Mais elle est pour l'instant fermée, Islamabad ayant jusqu'à nouvel ordre interdit le transit de matériel militaire sur son territoire pour protester contre les tirs de drones américains au Pakistan. Reste la route du nord, par le rail, via l'Asie centrale et la Russie. Elle n'est pas donnée non plus, les pays d'Asie centrale, notamment l'Ouzbékistan, ayant augmenté leurs droits de douane, mais elle est plus sûre. Même par cet itinéraire, cependant, le retrait sera long et compliqué à organiser. Certes, les manœuvres de décrochage se feront en coordination avec les alliés et avec l'armée afghane. Mais l'été est propice aux attaques des talibans, qui pourront profiter de la végétation pour monter des embuscades contre les convois de l'Otan. Alors que les soldats français ont reçu l'ordre il y a quelques mois de ne plus guère sortir de leurs bases pour limiter les pertes pendant la campagne électorale, des officiers redoutent que le retrait s'effectue dans la violence.
Conscient des obstacles auxquels se heurte son projet afghan, le nouveau président français a commencé à mettre de l'eau dans son vin. Il laisse désormais entendre que seules les troupes combattantes pourraient partir avant la fin 2012. Quant au retrait du matériel, il «prendra sans doute plus de temps».Pour les militaires, la mission reste très difficile à mettre en place. «On ne va pas laisser nos équipements et demander aux Américains qu'ils le protègent !», glisse l'un deux. Si les troupes combattantes sont évacuées, qui protégera les convois d'équipement des attaques des talibans lorsqu'ils entameront leur retraite? Le retrait précipité de la France, soulignent certains experts, risque en revanche de désorganiser la coalition. La transition en Kapissa, le secteur français, doit normalement durer dix-huit mois. Qui épaulera pendant tout ce temps, dans cette province très instable, la jeune armée afghane?
Aux limites financières, sécuritaires et techniques, s'ajoutent des considérations diplomatiques. «En partant plus tôt que prévu, nous risquons d'abîmer notre relation avec les États-Unis et de passer pour un allié non fiable», redoute un gradé. Au début de l'année, Nicolas Sarkozy avait déjà décidé de précéder d'un an le calendrier établi par l'Otan, qui prévoyait un départ des forces combattantes avant la fin 2014. Washington avait à l'époque manifesté une certaine irritation, au moins sur la forme. Au sein de la coalition, plusieurs petits pays, pas très à l'aise avec l'engagement afghan, pourraient profiter du retrait français pour accélérer eux aussi leur départ. L'armée de terre française nourrit elle aussi quelques amertumes. «Les soldats ont le sentiment de ne pas être allés jusqu'au bout, de devoir partir en cours de route et de manière un peu précipitée», commente un officier.
Entre la promesse faite aux électeurs, la réalité sur le terrain, les impératifs diplomatiques et l'exigence de sécurité, la marge de manœuvre de François Hollande à Chicago, où il se rend cette semaine pour participer au sommet de l'Otan, est étroite. Certains parient qu'il finira par épouser le calendrier de Nicolas Sarkozy. Et que le reste ne sera qu'une question de sémantique.

IRIB

 



5 OÙ EN EST LA GUERRE EN AFGHANISTAN ?

5-1 Retrait français et défaite annoncée

En Afghanistan, les talibans sont à l’offensive et Al Qaïda est de retour. L’accélération par le président Hollande du retrait, dès la fin de cette année, de nos « forces combattantes » n’est que la confirmation de l’échec de la guerre menée par les démocraties contre l’islamisme radical, dans ce pays tribal. C’est aussi le désir ne pas avoir à endosser, politiquement, de nouvelles pertes humaines.

La situation ne cesse objectivement de se dégrader. Quelques dizaines de combattants d’Al Qaïda sont de retour dans les montagnes de l’Est du pays. Ces combattants arabes et pakistanais, dont le nombre n’excède pas la centaine, ont selon toute vraisemblance franchie la frontière du Pakistan pour s’établir dans les provinces de Kunar et du Nouristan, où le regroupement des bases de l’Otan n’a laissé sur place qu’environ 4.200 soldats occidentaux.

Le nombre est, certes, réduit, mais il est jugé préoccupant par les responsables américains, dans la perspective du retrait des troupes de l’Otan et du transfert de la sécurité aux forces afghanes d’ici à la fin 2014. La réapparition de "djihadistes" dans cette région est emblématique des défis auxquels Washington et ses alliés seront confrontés pour se sortir d’une guerre longue et coûteuse, sans laisser l’Afghanistan redevenir une plaque tournante de l’islam radical anti-occidental.

Le président François Hollande a rappelé à son homologue américain, Barack Obama, sa promesse d’accélérer le rapatriement du contingent français, tout en indiquant que Paris appuierait la mission de l’OTAN, dans ce pays, "sous une autre forme". Il a précisé, lors d’une conférence de presse, que le retrait n’était "pas négociable", mais que Paris ferait ses choix, "en bonne intelligence" avec ses alliés.

Politiquement, François Hollande ne peut revenir, à peine élu, sur l’un de ses rares engagements en politique étrangère. Même si la chancelière allemande Angela Merkel, comme le secrétaire général de l’Otan, Anders Rogh Rasmussen, ont rappelé fermemen Paris à ses responsabilités. A Chicago, cette fin de semaine, il y aura une discussion complexe sur le retrait des matériels, la réorganisation du dispositif. "Mais il n’y a pas de raison que ce soit très traumatisant", estime François Heisbourg, président de l’International Institute for Strategic Studies (IISS) de Londres.

Les militaires redoutent, pour leur part, un départ précipité qui donnerait une impression de désordre après dix ans de présence. C’est effectivement le point le plus important. Le signal envoyé par la France au taliban est celui de l’acceptation d’une défaite. Cela tombe, en plus, à un mauvais moment stratégique.

Un retrait "non négociable"

Les talibans ont annoncé mercredi, sur l’un de leur site internet, qu’ils lanceraient, à partir de jeudi, leur traditionnelle "offensive de printemps" contre les forces de l’Otan qui soutiennent le gouvernement de Kaboul et tous leurs alliés. L’opération "Al-Farouq" visera en premier lieu les "envahisseurs étrangers, leurs conseillers, leurs sous-traitants et tous ceux qui les aident militairement et par le renseignement."

Ce communiqué intervient quelques heures après que les résistants  aient tué sept personnes, dont six civils afghans, dans une attaque suicide contre une pension abritant des étrangers de l’ONU, de l’Union européenne et d’ONG à Kaboul. Et peu après une visite surprise du président Barack Obama, venu à Kaboul promettre que la fin de la guerre était proche. Il y a deux semaines, les mêmes talibans avaient déjà annoncé le début de leur "offensive du printemps" en lançant six attaques suicide coordonnées dans la capitale afghane, visant notamment l’OTAN, des ambassades occidentales et des bâtiments publics.

Les hivers afghans, très rigoureux, sont d’ordinaire mis à profit par les résistants islamistes pour se "reposer". Les offensives de la guérilla, qui gagne en intensité et s’étend à tout le pays ces dernières années, reprennent généralement de plus belle au début du printemps.

Le retrait des occidentaux ne marquera certes pas la fin de la guerre, ni du danger pour nos conseillers même "non combattants" sur place. Les rebelles ont dénoncé comme illégitime l’accord de partenariat américano-afghan, signé par les présidents Barack Obama et Hamid Karzaï, qui encadre les conditions d’une présence militaire en Afghanistan jusqu’en 2024. Ils considèrent ce document comme un acte de vente de l’Afghanistan, établi par une marionnette sans pouvoir à son maître et envahisseur, et le condamnent dans les termes les plus forts.

En tant que véritables représentants de la nation islamique d’Afghanistan, les talibans ajoutent qu’ils continueront, de toutes leurs forces, à mener la guerre sainte contre toutes les mesures contenues dans ce document illégitime et jusqu’au retrait total d’Afghanistan de tous les envahisseurs et de leurs marionnettes. Le retrait de Hollande risque donc de rendre plus difficile le retrait en bon ordre des alliés sans pour autant éviter aux Français de nouvelles pertes.
http://www.metamag.fr/metamag-840-O%C3%B9-en-est-la-guerre-e...

URL de cet article 16750
http://www.legrandsoir.info/ou-en-est-la-guerre-en-afghanistan.html


Entre-temps, le ministre britannique de la guerre a regretté que les forces de l'Otan ne quittent pas "ensemble" l'Afghanistan, tout en jugeant "possible" le retrait français anticipé envisagé par le nouveau président français élu François Hollande.
M. Hollande a affirmé ces derniers mois son objectif de retirer les troupes combattantes françaises d'ici à la fin 2012, soit deux ans avant le retrait prévu des forces de l'Otan en Afghanistan.

Al Manar


5-2 THOMAS HOFNUNG :: Le retrait d'Afghanistan, entre «soulagement» et «amertume».

Le départ accéléré des soldats français est diversement apprécié au sein de l'armée.

La visite éclair du président François Hollande en Afghanistan n’avait qu’un seul véritable objectif: cajoler les militaires en venant leur dire, sur place, pourquoi l’heure du retrait avait sonné. Car hormis la date, tenue secrète pour des raisons de sécurité, cette visite n’avait rien de surprenant sur le fond. «François Hollande avait annoncé la couleur durant sa campagne, nous travaillons sur la planification de ce retrait depuis un moment», confie un haut gradé à Paris. L’armée s’apprête d’ailleurs à envoyer en Afghanistan une trentaine de transports blindés de dernière génération pour préparer le départ. L’armée française «n’a pas d’états d’âme», poursuit le haut gradé. «Nous savions que nous n’allions pas rester éternellement en Afghanistan.» Malgré sa brièveté, le voyage du président Hollande semble avoir été apprécié par la hiérarchie militaire. «Son prédécesseur ne se déplaçait qu’en temps de crise, à la suite de pertes dans nos rangs. Le fait de venir en Afghanistan à cet instant, même rapidement, est perçu comme une marque de respect», assure un ancien général.

Lors de son déplacement à Kaboul et en Kapisa, Hollande a indiqué qu’environ 2000 hommes, sur 3400, devraient avoir quitté le théâtre des opérations avant la fin 2012. En 2010, lors du sommet de l’Otan à Lisbonne, les Alliés étaient convenus d’un agenda prévoyant un retrait des forces étrangères en 2014. Le Président a évoqué lors de son déplacement le maintien d’une présence française axée sur la coopération civile et économique.

«C’est vrai que nous étions engagés sur un calendrier, mais nous n’avons pas à rougir de ce que nous avons fait en Afghanistan, insiste le haut gradé. Nous, nous n’avons pas brûlé de Coran (contrairement à des soldats américains récemment, ndlr). Le comportement, cela compte beaucoup.» «De toute façon, tout le monde ne peut pas partir en même temps, explique un officier de réserve. Nicolas Sarkozy, qui voulait jouer les bons élèves, s’était aligné sur le calendrier des Américains.» Paradoxalement, ce retrait anticipé peut apparaître, aux yeux de certains officiers, comme la réaffirmation de l’indépendance de la France. «C’est une décision souveraine», n’a pas manqué de souligner le président Hollande devant les soldats en Kapisa.

Le discours de François Hollande en Afghanistan

Le départ des soldats français devrait se faire sans drame. «Ils vivaient à l’écart, dans leurs campements, et il n’y a jamais eu de symbiose entre nous et les Afghans, poursuit l’officier de réserve. Même avec les militaires locaux que nous formons, et dont certains nous ont tiré dans le dos.» Rien à voir avec le sentiment de lâchage vécu par leurs aînés en Indochine et plus encore en Algérie.

Mais cette accélération du calendrier est appréciée diversement au sein de l'armée. C'est «un soulagement» pour la troupe, assure l’officier de réserve. «Cela fait belle lurette qu’on ne mène plus d’action offensive et que nos soldats sont retranchés dans leurs casernes. Notre présence, c’était devenu de l’affichage.» Un observateur parle «d'un peu d’amertume. Depuis que nos soldats se sont vus imposer des mesures de sécurité renforcées, les progrès enregistrés sur le terrain sont battus en brèche.» Un jugement tempéré par l’état-major des armées à Paris: «Là où nous sommes présents, la sécurité s’est améliorée, et la population vit mieux.» Mais pour combien de temps? Que se passera-t-il lorsque la sécurité de la province de Kapisa aura été transférée totalement à l’armée afghane?

Autre écueil pour les troupes : la crise morale de fin de mission. «Depuis des mois, l’armée de terre vit sous forte pression, note l’ancien directeur de l’Ecole de guerre, Vincent Desportes. Il y a eu la Côte d’Ivoire, la Libye, nos Casques bleus au Liban…Tous les régiments ont tourné dans les missions et se sont intensivement entraînés avant leur déploiement sur le terrain.» De retour à la maison, les soldats vont retrouver la routine de la vie de caserne. Qui plus est avec de sombres perspectives. Du fait du prix du carburant, les budgets consacrés aux entraînement ont été réduits. «Le nouveau pouvoir veut recruter 12 000 personnes pour renforcer la police et la gendarmerie, et 60 000 dans l’Education nationale. Il va bien falloir réduire les effectifs ailleurs, redoute déjà un officier supérieur. Or nous ne pouvons pas arrêter de recruter, sinon nous sommes morts. Nos soldats doivent être jeunes.» «Nos troupes vont quitter l’Afghanistan avec un certain goût d’inachevé et avec pour seule récompense une probable diminution de moyens», résume un expert.

THOMAS HOFNUNG


5-3 JEAN-PIERRE PERRIN, LUC MATHIEU-: Hollande sonne le retrait sans gloire des troupes françaises.

Analyse A Kaboul hier, le Président a promis un repli «ordonné». Sans en évoquer les conséquences.

Par Habituellement, lorsqu’un chef d’Etat se rend sur un théâtre d’opération, c’est soit pour encourager les troupes avant un surge (l’envoi de renforts), soit pour célébrer la victoire de ses soldats, soit pour s’associer à leur douleur après des pertes sévères, comme l’avait fait Nicolas Sarkozy suite à l’embuscade meurtrière d’Uzbin. Vendredi, François Hollande s’est rendu en Afghanistan pour une opération de communication destinée à justifier un retrait anticipé des forces combattantes françaises qui n’aura pas l’heur de plaire à tout le monde.

C’est le cas des autres membres de la coalition, en particulier des Etats-Unis, qui vont devoir palier le départ des troupes françaises dans la province de Kapisa (nord-est), stratégique et vitale pour la sécurité de Kaboul. Même si Washington n’a pas porté le débat sur la place publique, le comportement de Paris a ulcéré l’administration et, plus encore, les militaires américains. Et même si Hollande a déclaré que le désengagement du contingent, prévu d’ici à fin 2012, soit un an avant le délai fixé par Nicolas Sarkozy, se ferait de manière «ordonnée», «coordonnée» et «en bonne intelligence avec nos alliés, notamment avec le président Obama», il reste que celui-ci laisse un trou dans le dispositif allié. A charge de l’armée afghane de prendre la relève. Et c’est bien là que le bât blesse. Car, si celle-ci échoue à contenir l’insurrection, comme on peut s’y attendre, les troupes américaines devront prendre le relais. Et cela au pire moment, puisqu’elles seront alors engagées dans leur propre retrait.

Allégeance. C’est à la demande des Etats-Unis que les militaires français étaient déployés depuis 2008 dans la province de Kapisa. Depuis que l’Afghanistan est en proie à la guerre, à la suite de l’invasion soviétique fin 1979, la région a toujours été particulièrement dangereuse, surtout à cause de la présence de combattants du Hezb-e islami (parti islamique) qui se changeaient volontiers en bandits de grands chemins. Ceux-ci n’ont pas disparu, mais la plupart des moudjahidin d’hier ont changé d’allégeance pour se rapprocher des talibans, la force insurgée dominante aujourd’hui. Selon l’armée afghane, 800 rebelles hantent les districts de Tagab, Alasaï et, dans une moindre mesure, Nijrab. Des combattants étrangers, surtout pakistanais, les épaulent. Ils font office de formateurs ou se chargent d’opérations de propagande.

La province de Kapisa est d’autant plus stratégique qu’elle constitue une porte d’accès à Kaboul. Plusieurs attentats visant la capitale afghane y ont été organisés ces dernières années. Les talibans profitent déjà de l’incapacité de l’Otan à sécuriser deux autres provinces voisines - le Laghman et le Nouristan - pour s’infiltrer quasi librement depuis le Pakistan. Si la Kapisa tombe sous leur coupe, ils ont désormais une autoroute pour attaquer Kaboul. Les trafiquants de drogue empruntent le même itinéraire. Ainsi, alors que la culture du pavot avait été éradiquée dans cette province en 2010 selon l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime, elle a repris l’an dernier.

Corruption. L’échec français en Kapisa tient aussi à la corruption des autorités. L’ancien gouverneur Abou Bakr était connu pour ses liens avec le Hezb-e islami. Il a fallu plusieurs interventions de l’ambassade de France auprès du président Karzaï pour qu’il soit démis de ses fonctions en 2010, après trois ans passés à la tête de la province.

Partout, la corruption profite aux talibans. Plutôt que de se tourner vers la justice officielle, la population a recours à celle fournie par les résistants qui en profitent pour asseoir leur influence. Difficile de croire dans ces conditions que les seules forces afghanes seront capables de tenir la province après le départ de l’armée française. D’une part, parce qu’elles sont infiltrées par les talibans, comme l’a montré l’attentat du 20 janvier : quatre soldats français ont été tués par un militaire afghan. D’autre part, parce qu’elles ont très peu d’hélicoptères, alors que, couplés à des troupes au sol, ils pourraient être efficaces contre la guérilla.

Mais si Washington en veut aussi à Paris, c’est à cause de l’effet d’entraînement que le départ français risque de provoquer au sein de la coalition. Il y aura donc un prix à payer. Notamment pour la formation de l’armée afghane. Et on peut s’attendre à ce qu’il soit cher.

25 mai

http://www.liberation.fr/monde/2012/05/25/afghanistan-hollande-sonne-le-retrait-sans-gloire-des-troupes-francaises_821580?xtor=EPR-450206

http://www.liberation.fr/monde/2012/05/25/le-retrait-d-afghanistan-entre-soulagement-et-amertume_821504?xtor=EPR-450206

 


Entre-temps, le ministre britannique de la guerre a regretté que les forces de l'Otan ne quittent pas "ensemble" l'Afghanistan, tout en jugeant "possible" le retrait français anticipé envisagé par le nouveau président français élu François Hollande.
M. Hollande a affirmé ces derniers mois son objectif de retirer les troupes combattantes françaises d'ici à la fin 2012, soit deux ans avant le retrait prévu des forces de l'Otan en Afghanistan.

Al Manar

 


5-4 Manlio Dinucci :Aube rouge sang à Kaboul.

Les alliés vont pouvoir se retirer d’Afghanistan, la mission est accomplie.

Prétextant la guerre au terrorisme, les puissances coloniales sont parvenues à mettre en place un gouvernement à leur main. Mais une telle opération coûte cher : le régime est protégé par 120 000 soldats, pour deux tiers états-uniens. Il est temps pour ce système politique illégitime d’assurer par lui même son maintien au pouvoir. Les États-Unis se contenteront désormais d’administrer leurs bases militaires et de faire payer la facture de la police par leurs « alliés » européens.

Après la traversée du sombre nuage de la guerre, la lumière pointe maintenant à l’horizon du nouveau jour : c’est avec cette image rhétorique banale que le président Obama a annoncé l’accord signé avec le président Karzaï. Les plumes qui lui écrivent ses discours, à l’évidence, sont fatiguées.

On ne peut pas en dire autant des stratèges qui on rédigé « l’Accord de partenariat stratégique durable » avec l’Afghanistan. Celui-ci assure qu’après le retrait des troupes en 2014, les États-Unis continueront de protéger l’Afghanistan, en lui conférant le statut de « plus grand allié non-OTAN ». Dans le cadre d’un nouvel « Accord de sécurité bilatéral », les USA chercheront des fonds pour que l’Afghanistan « puisse se défendre des menaces internes et externes ». Ce n’est pas eux qui les alloueront, donc, mais ils les « chercheront » en impliquant les alliés (Italie comprise) [1] dans le paiement de la majeure partie des au moins 4 milliards de dollars annuels nécessaires pour entraîner et armer les « forces de sécurité » afghanes, selon « les standards OTAN », de façon à les rendre « inter-opérationnelles avec les forces de l’Alliance ».

De son côté, Kaboul « fournira aux forces étasuniennes l’accès et l’utilisation continus des bases afghanes jusqu’en 2014 et au-delà ». Ce que l’accord ne dit pas c’est que les principales « bases afghanes », qui seront utilisées par des forces étasuniennes, sont les mêmes que celles qu’ils utilisent aujourd’hui (Bagram, Kandahar, Mazar-e-Sharif et d’autres) : avec la différence qu’y flottera le drapeau afghan à la place de celui des États-Unis.

L’accord ne dit pas non plus qu’en Afghanistan opèreront encore plus qu’aujourd’hui des forces USA-OTAN pour les opérations spéciales, flanquées de compagnies militaires privées. Les États-Unis promettent qu’ils n’utiliseront pas les bases contre d’autres pays mais, en cas d’ « agression extérieure contre l’Afghanistan », ils fourniront une « riposte appropriée » comprenant « des mesures militaires ». L’accord, précise l’ambassadeur Ryan Crocker, n’empêche pas les États-Unis de continuer à attaquer depuis l’Afghanistan, avec les drones, les résistants au Pakistan, car « il n’exclut pas le droit à l’autodéfense ».

Mais les piliers sur lesquels reposera le « partenariat stratégique durable » ne sont pas seulement militaires. Washington encouragera « l’activité du secteur privé étasunien en Afghanistan », en particulier pour l’exploitation de la « richesse minière, dont le peuple afghan doit être le principal bénéficiaire ». Le peuple afghan peut en être sûr : ce sont des géologues du Pentagone qui ont découvert, dans le sous-sol afghan, de riches gisements de lithium, cobalt, or et autres métaux. L’Afghanistan, rapporte un mémorandum du Pentagone, pourrait devenir « l’Arabie saoudite du lithium », métal précieux pour la production de batteries [2].

Et puis il y a surtout une autre ressource à exploiter : la position géographique même de l’Afghanistan, de première importance aussi bien militairement qu’économiquement. Ce n’est pas un hasard si, dans l’accord, les États-Unis s’emploient à faire retrouver à l’Afghanistan « son rôle historique de pont entre l’Asie centrale et méridionale et le Moyen-Orient », en réalisant des infrastructures pour les transports, en particulier des « réseaux énergétiques ». La référence est claire au gazoduc Turkmenistan-Inde, à travers Afghanistan et Pakistan, sur lequel mise Washington dans la bataille des gazoducs contre Iran, Russie et Chine. Qui sera contrôlé par des forces spéciales et des drones étasuniens au nom du « droit à l’autodéfense ».

Manlio Dinucci

Traduction
Marie-Ange Patrizio

Source
Il Manifesto (Italie)

 



6 Médias etManipulation de l’opinion / Vidéos

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.

6-1 Video : Lakhdar Boumediene, ancien détenu de Guantanamo -

http://www.youtube.com/watch?v=5BCuTWGBBDw&feature=player_embedded



7 Les Brèves

Ndlr : La publication de l'article doit être vue comme information.

7-1 Le Kirghizstan autorise le transit terrestre de l'OTAN vers l'Afghanistan.  

23/05/2012

Le Kirghizstan a autorisé, lors du sommet de l'OTAN à Chicago, le transit terrestre par son territoire des matériels militaires de l'OTAN vers l'Afghanistan, a annoncé mercredi le service de presse du ministère kirghiz des Affaires étrangères.

"La cérémonie de signature d'un accord sur le transit terrestre (par rail et route) de frets destinés à la Force internationale d'assistance à la sécurité (ISAF) via le Kirghizstan s'est tenue dans le cadre du sommet de l'OTAN à Chicago. L'accord a été signé par le gouvernement kirghiz et l'Otan", a annoncé le service de presse. Le sous-secrétaire général de l'OTAN Alexander Vershbow a exprimé sa reconnaissance à Bichkek pour son soutien et a considéré l'accord comme "un événement historique et une contribution de poids aux efforts visant à stabiliser la situation en Afghanistan", a ajouté le service. Le Kirghizstan abrite une base aérienne américaine. Implantée en décembre 2011 à l'aéroport international "Manas" de Bichkek, la base a été plus tard rebaptisée Centre de transit. Elle assure près de 30% des ravitaillements en vol des avions participant à l'opération de l'OTAN en Afghanistan. Selon les informations officielles, les effectifs du Centre de transit comptent près de 1.500 militaires et civils américains. L'accord prévoyant le fonctionnement de la base arrive à échéance à l'automne 2014.

IRIB

 



8 Dossiers

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

 

8-1 Sortir d'Afghanistan, la principale préoccupation de l'Otan.

 le 21.05. 

L'Otan a déclaré lundi «irréversible» le processus de retrait de ses soldats d'Afghanistan à la fin 2014 tout en affirmant sa détermination à aider Kaboul sur le long terme pour empêcher le retour des talibans.

Au dernier jour de son sommet lundi à Chicago, l'Alliance a voulu démontrer sa force et son unité: elle a réuni autour d'une immense table les dirigeants des 50 pays participants à l'opération en Afghanistan, des Etats-Unis au Bahreïn en passant par la Nouvelle-Zélande, et bien sûr la

L'Otan  donc déclaré «irréversible» le processus de retrait de ses soldats d'Afghanistan à la fin 2014 tout en affirmant sa détermination à aider Kaboul sur le long terme pour empêcher le retour des talibans.
Au delà du symbole, l'enjeu était d'affirmer la volonté de tous d'«aller au bout de la mission», comme l'a déclaré le
président américain Barack Obama, son homologue afghan, Hamid Karzaï, assis à ses côtés. Pour cela, les dirigeants des 28 pays membres de l'Alliance ont renouvelé leur soutien au calendrier établi lors de leur précédent sommet, à Lisbonne en 2010. Ce processus est «irréversible», ont-ils souligné dans leur déclaration.
La responsabilité de la sécurité aux forces afghanes sera transférée «d'ici à la mi-2013» et les troupes internationales passeront alors à un rôle de soutien jusqu'à leur retrait à la fin 2014, selon le texte. «La mission de combat dirigée par l'Otan prendra fin» à cette date. Mais l'Alliance atlantique continuera d'apporter «un solide soutien politique et pratique à long terme» au gouvernement afghan. Elle se dit donc «prête à travailler à l'établissement, à la demande du gouvernement de la République islamique d'Afghanistan, d'une nouvelle mission pour l'après-2014», précise la déclaration.

L'Alliance doit préparer l'immense chantier de retrait des 130 000 soldats
Et le président Obama a promis: «au moment où les Afghans sont appelés à prendre plus de responsabilités, ils ne seront pas abandonnés». En attendant, l'Alliance doit préparer l'immense chantier de retrait des 130.000 soldats actuellement présents et de la quantité énorme de matériel militaire accumulée en une décennie de guerre.
L'un des obstacles les plus urgents à résoudre est le blocage des routes de ravitaillement entre le Pakistan et l'Afghanistan pour les convois de l'alliance militaire. Les dirigeants de l'Otan ont ainsi appelé le Pakistan à réouvrir ces lignes de communication «dès que possible». Manière de faire pression sur le président pakistanais Asif Ali Zardari, invité de dernière minute à Chicago. Ce dernier a, d'ailleurs, indiqué la volonté de son pays de parvenir à un accord, sans donner de date, tandis que M. Rasmussen, le patron de l'Otan, parlait d'une solution dans «un proche avenir».

La décision française n'a guère soulevé de vagues
Washington juge «inacceptable» le prix du droit de passage exigé par le Pakistan qui s'élèverait, selon plusieurs médias américains, à 5.000 dollars par conteneur, soit 30 fois plus qu'avant la fermeture. Dans ce contexte, la, deux ans avant le calendrier de l'Otan, n'a guère soulevé de vagues. Le général américain John Allen, commandant des forces de l'Otan en Afghanistan (Isaf), a affirmé que ce retrait n'entraînera «pas de dégradation de la sécurité» dans la région de Kapisa (est) qui était sous contrôle français.
Pour l'après-2014, l'Otan a donné son accord à une réduction progressive des effectifs des forces afghanes, de 352 000 à 228 500 hommes, qui tiendra compte de «l'évolution de l'environnement de sécurité». Leur budget a été évalué à 4,1 milliards de dollars par an à partir de 2015, qui sera pris en charge par les Etats-Unis pour plus de la moitié et à hauteur de 500 millions de dollars par l'Etat afghan. Ce qui laisse environ 1,3 milliard à se répartir entre les autres. Le secrétaire général de l'Otan a indiqué avoir «bon espoir» que les objectifs soient atteints.
Le sommet se terminait dans l'après-midi après avoir placé Chicago, la ville de Barack Obama, sous haute sécurité pendant plusieurs jours. Des manifestations d'ampleur modérée ont rassemblé depuis jeudi quelques milliers de personnes à l'appel d'associations pacifistes ou anti-capitalistes
.

La réouverture des routes de transit via le Pakistan se précise
La perspective d'une réouverture prochaine par le Pakistan des routes de ravitaillement vers l'Afghanistan, réclamée par l'Otan, semblait se préciser lundi. Le gouvernement pakistanais a donné instruction à ses négociateurs de conclure les discussions avec les Etats-Unis, a affirmé le président pakistanais Asif Ali Zardari devant les 50 chefs d'Etats et de gouvernement de l'Isaf.
Dans sa déclaration officielle, l'Alliance atlantique a de son côté déclaré «travailler avec le Pakistan afin de réouvrir les lignes de communication terrestres dès que possible». L'Otan souhaite voir les routes de ravitaillement rouvertes «aussi vite que possible», a confirmé son secrétaire général Anders Fogh Rasmussen, qui a dit aux journalistes s'attendre à ce qu'elles le soient dans un «avenir très proche». La fermeture des routes pakistanaises n'a jusqu'à maintenant «pas eu d'impact majeur» sur les opérations en Afghanistan mais le retrait graduel des forces internationales d'ici la fin 2014 représente un «défi logistique» qui serait compliqué sans le droit de passage au Pakistan, a-t-il expliqué.

Cette question est dans l'impasse ces derniers jours en raison du coût du péage exigé par le Pakistan, jugé «inacceptable» par les Etats-Unis. Islamabad interdit le passage des convois routiers de l'Otan sur son territoire depuis six mois en représailles à la mort de 24 de ses soldats tués par erreur dans des frappes aériennes américaines contre un poste frontière pakistanais. «L'incident de Salala a constitué un revers sérieux» et a «justifié de revoir notre engagement et notre coopération» avec l'Otan, a plaidé le président pakistanais. Dimanche, il a rencontré en marge du sommet de Chicago la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton.
L'un des principaux points de divergence est le prix du droit de passage exigé par le Pakistan qui s


'élèverait, selon plusieurs médias américains, à 5000 dollars par conteneur, soit 30 fois plus qu'avant la fermeture. «Les Pakistanais veulent aboutir, mais ils doivent se décider entre eux. Ils ont avancé des prix qui sont bien trop élevés et ils doivent être un peu plus réalistes sur les coûts de transport», a expliqué à l'AFP un haut responsable américain sous le couvert de l'anonymat. Les Etats-Unis sont prêts à payer plus qu'auparavant mais il n'est pas question pour eux d'augmentation exponentielle du droit de passage, a-t-il affirmé.

http://www.leparisien.fr/international/sortir-d-afghanistan-la-principale-preoccupation-de-l-otan-21-05-2012-2009922.php


29/05/2012

Afghanistan Journal de la libération du territoire n° 505 Les alliés vont pouvoir se retirer d’Afghanistan, la mission est accomplie.

Afghanistan Journal de  la libération du territoire n° 505 Les alliés vont pouvoir se retirer d’Afghanistan, la mission est accomplie.


Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



Journal de la Lutte pour la libération du territoire Afghan 

n° 506 - du 12-05  au 29-05                                          C.De Broeder & M.Lemaire



Sommaire.

Tiré à part 

Yvonne Ridley : Bush condamné pour crimes de guerre par contumace.

Greshnov Andrei : Karzaï: l'Afghanistan lutte contre le terrorisme, pas contre les rebelles.

1 Lutte pour la libération du territoire &  la victoire de la résistance Afghane

Deux soldats de l'OTAN tués

2 Dommages Collatéraux...

8 civils dont 6 enfants tués dans un bombardement de l'Otan  



Tiré à part 

 

Yvonne Ridley :Bush condamné pour crimes de guerre par contumace.

C’est officiel : George Bush est un criminel de guerre. Dans ce qui est la première condamnation de ce type dans l’histoire, l’ex-président des USA et sept membres de son administration ont été condamnés hier (vendredi) pour crimes de guerre.
Bush, Dick Cheney, Donald Rumsfeld et leurs conseillers juridiques Alberto Gonzales, David Addington, William Haynes, Jay Bybee et John Yoo ont été jugés par contumace en Malaisie,
Le procès qui s’est tenu à Kuala Lumpur a permis d’entendre les témoignages poignants de victimes de tortures subies par ces personnes alors qu’elles étaient aux mains des troupes américaines ou de contractants en Irak et en Afghanistan.
L’un d’eux est le témoignage d’un Britannique, Moazzam Begg, ex-détenu de Guantanamo et aussi celui d’une femme irakienne, Jameelah Abbas Hameedi qui ont été torturés dans la tristement célèbre prison d’Abu Ghraib.
À la fin des audiences qui ont duré tout le week-end, les 5 membres de la Cour ont prononcé à l’unanimité le verdict de culpabilité à l’encontre de Bush, Cheney, Rumsfeld et de leurs principaux conseillers juridiques, les condamnant tous pour crime de guerre en raison de tortures et de traitements cruels, inhumains et dégradants.
La transcription des accusations, les déclarations de témoins et d’autres documents du dossier seront transmis au Procureur général de la Cour Internationale de Justice, ainsi qu’aux Nations Unies et au Conseil de sécurité.
La Commission du Tribunal de guerre de Kuala Lumpur a également demandé à ce que les noms de Bush, Cheney, Rumsfeld, Gonzales, Yoo, Bybee, Addington et Haynes soient officiellement rajoutés au registre de la Commission pour les crimes de guerre.
Ce tribunal est né de l’initiative de l’ex-premier ministre malais, Mahathir Mohamad, qui s’est toujours opposé à l’invasion de l’Irak par les USA en 2003.
Il a assisté personnellement aux audiences où étaient évoquées les expériences personnelles de trois témoins, à savoir Abbas Abid, Moazzam Begg et Jameelah Hameedi. Le tribunal a aussi entendu deux autres déclarations statutaires de la part d’un citoyen irakien, Ali Shalal, et d’un Britannique, Rahul Ahmed.
Après que les cinq juges eurent prononcé la sentence de culpabilité, Mahathir Mohamad a déclaré : « Les États-Unis continuent impunément à commettre des meurtres. »
L’avocat et expert en crimes de guerre, Francis Boyle (ci-dessous), professeur en droit international à l’école de droit de l’université de l’Illinois, faisait partie de l’équipe de procureurs en charge de l’accusation.
Après le procès, il a déclaré : « C’est la toute première fois au monde que ces gens sont condamnés. »
Même si certains ne voient dans ce verdict qu’une mesure purement symbolique, le militant pour les droits de l’homme Francis Boyle a dit que Bush & Co allaient très certainement devoir faire face au même type de procès dans d’autres pays.
« Nous avons essayé par trois fois d’attraper Bush au Canada, mais le gouvernement canadien a fait échouer ces tentatives, puis nous l’avons dissuadé d’aller en Suisse. La démarche entreprise en Espagne a avorté à cause du gouvernement espagnol, et même résultat en Allemagne. »
Boyle a ensuite mentionné la Charte de Nuremberg qui a été utilisée comme support par le tribunal quand il s’est agi de justifier de la crédibilité de l’initiative malaise. Il rappelle que « les dirigeants, les organisateurs et les complices ayant participé à la formulation ou à l’exécution d’un plan commun ou d’un complot visant à commettre des crimes de guerre sont responsables de tous les actes perpétrés par quiconque met ces plans à exécution. »
Les USA sont sujets aux lois internationales communes et aux principes de la Charte de Nuremberg, a expliqué Boyle, qui pense également que le procès de ce week-end a été suivi de près par les responsables du Pentagone et de la Maison-Blanche.
Le professeur Gurdial Singh Nijar, qui présidait la Cour, a déclaré : « Le tribunal a porté une attention particulière au respect scrupuleux des principes dessinés par le tribunal de Nuremberg et les Cours internationales de justice. »
Il s’est aussi montré confiant sur le fait que le tribunal serait imité ailleurs dans le monde, « dans les pays qui ont le devoir de juger les criminels de guerre, » et il a cité le cas du dictateur chilien Augusto Pinochet, arrêté en Grande-Bretagne pour être extradé vers l’Espagne sur des accusations de crimes de guerre.
« Pinochet avait quitté son siège de Président depuis seulement 8 ans lorsque cela s’est produit. »
L’affaire Pinochet fut la première fois où plusieurs juges européens ont appliqué le principe de la juridiction universelle, se déclarant eux-mêmes compétents pour juger les crimes commis par l’ex-chef d’État, malgré les lois d’amnistie locales.
Tout au long de la semaine, la salle du tribunal était remplie d’experts juridiques et d’étudiants en droit écoutant les témoignages des témoins et les analyses croisées de la défense emmenée par l’avocat Jason Kay Kit Leon.
La Cour a entendu comment Abbas Abid, un ingénieur de 48 ans habitant Fallujah en Irak avait eu les ongles retournés à l’aide d’une pince.
• Ali Shalal était ligoté avec des fils électriques puis électrocuté alors qu’on le suspendait contre le mur.
• Moazzam Begg a été battu, le visage encapuchonné, et maintenu en confinement.
• Jameelah a été dénudé et humilié, et utilisé comme bouclier humain alors qu’il était transporté en hélicoptère.
• Les témoins ont également donné des détails sur les séquelles de leurs blessures qui perdurent encore aujourd’hui.
Moazzam Begg, qui travaille désormais comme directeur de l’association de défense des droits de l’homme basée à Londres, Cageprisoners, a dit être très satisfait du verdict, mais a ajouté : « quand les gens parlent de Nuremberg, il faut garder à l’esprit que les personnes jugées ont toutes été poursuivies après la guerre. »
« La prison de Guantanamo est toujours ouverte au jour d’aujourd’hui, des gens y sont toujours détenus et torturés. »
En réponse aux questions sur la différence entre les administrations Bush et Obama, il a ajouté : « Si le président Bush a été le président des tortures extrajudiciaires, alors le président américain Barack Obama est celui des assassinats extrajudiciaires, avec les frappes de drones. Notre travail ne fait que commencer. »
L’accusation s’est efforcée de montrer comment les décisionnaires au plus haut niveau, à savoir le président Bush, son vice-président Dick Cheney, le secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld, aidés et secondés par leurs conseillers juridiques et d’autres hauts responsables, ainsi que des officiels de la CIA, avaient tous agi de concert. La torture était utilisée systématiquement et est devenue un standard de fait.
D’après l’accusation, les récits des témoins prouvent l’exercice continu contre eux de traitements brutaux, barbares et déshumanisants.
Ces actes criminels ont été commis de façon cumulative afin d’infliger les peines et les souffrances maximales, ont expliqué les avocats.
Le président du tribunal, Tan Sri Dato Lamin bin Haji Mohd Yunus Lamin, (abrégé en « M. Lamin ») a statué que l’accusation avait établi au-delà de tout doute raisonnable que les personnes poursuivies, à savoir le Président George W. Bush et ses coaccusés, « avaient participé, à travers un ensemble d’instructions, de mémorandums, de directives, de recommandations et d’actions légales, à établir un plan d’ensemble et un objectif commun, ou encore une conspiration dans le but de commettre les crimes en relation avec la « Guerre contre la terreur » et avec les guerres lancées par les USA en Afghanistan et en Irak. »
Le président Lamin a précisé devant un parterre plein à craquer : « En tant que tribunal de conscience, la Cour n’a pas de pouvoir d’application de la loi (enforcement) ni celui d’imposer une sentence d’emprisonnement à l’une quelconque des 8 personnes condamnées. Ce que nous pouvons faire, au titre de l’article 31 du Chapitre IV de la 2e partie de la Charte, est de recommander à la Commission des Crimes de guerre de Kuala Lumpur qu’elle transmette le verdict d’accusation par le Tribunal, accompagné des documents attenants, au Procureur en chef de la Cour criminelle internationale, ainsi qu’aux Nations Unies et au Conseil de sécurité. »
« Le Tribunal recommande également à la Commission des crimes de guerre de Kuala Lumpur que les noms des personnes condamnées soient ajoutés au Registre des Criminels de guerre de la Commission, et que celui-ci soit communiqué au public. »
« Le Tribunal recommande également que la Commission des crimes de guerre de Kuala Lumpur diffuse le plus largement possible au niveau international l’information sur cette condamnation et sur les garanties de compensations, étant donné qu’il s’agit ici de crimes universels pour lesquels il est de la responsabilité de chaque nation de poursuivre juridiquement ces personnes si elles venaient à pénétrer sur le territoire où s’applique leur juridiction. »
Yvonne Ridley

Samedi 19 Mai 2012

 

 



Commentaires

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.

1.Posté par momolit o2311 le 19/05/2012 20:22

Malheureusement ils n'y aura aucune suite a ces criminel de guerre, par contre il faudrait se battre pour fermer Guantanamo ou il y a encore des musulmans sous la torture !!! Que dieu maudisse les américains et leur allier ainsi que les sions !!!

 

2.Posté par red-one le 19/05/2012 20:24

Bravo à la Malaisie , même si c'est symbolique, mais tout commence par le symbole; ces démons pervers ne pourront plus voyager en Malaisie à titre privé par exemple .......

 

3.Posté par VIRGILE le 19/05/2012 21:23

Je ne crois pas que cela soit symbolique, ce procès fera date. Par contre, c'est tout le gouvernement Bush qu'il faut condamner, notamment les Wolkowich, Perle, Bolton, etc. des juifs-américains à la solde de Tel Aviv, tout comme il faudra ré ouvrir le dossier du 11/09. Israël est directement impliqué dans ce terrible attentat qui tua près de 3000 Américains tout en faisant porter le chapeau à Ben Laden. Nous savons aujourd'hui ce qu'il en est et nous en avons marre de ce perfide état sioniste qui fout le chaos sur toute la planète. Il faudra bien en finir un jour.

 

4.Posté par gjingis le 20/05/2012 00:34

il faut tout d'abord saluer le courage de la Malaisie même si c est pour le début et le symbole . bien que ce pays n'est impliqué d'une manière directe . la réaction de la Malaisie est tout simplement par le principe quelle soit musulmane
ce qui est triste par contre c'est de laisser ce pays par ceux qui sont riches et directement touché.
Autre chose : il parait qu'il viendra le jour ou ils seront tous divulgués selon les dires, si ce n est pas écrit dans le coran ... il me semble que oui ....
de toutes les façons on en parle que des juifs sionistes partout ...et ce n est pas la peine qu’ ils comptabilisent le massacre planétaire sur les arabes comme jusqu’ ici. c est la fin du film !!

 



Greshnov Andrei :

Karzaï: l'Afghanistan lutte contre le terrorisme, pas contre les rebelles.nb Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.

Le président afghan Hamid Karzaï a exposé dans une interview accordée aux correspondants spéciaux de RIA Novosti et des chaînes Russia Today et Rossia-24 les origines de la situation difficile de l'Afghanistan et les perspectives de son règlement après le retrait supposé des troupes étrangères. L'entretien qui s'est tenu dans sa résidence de Kaboul, le palais royal Arg, a été qualifié par le président afghan de très sincère et impartial.

Monsieur le président, merci de nous avoir accordé du temps. La première et la principale question: que pensez-vous des perspectives de l'Afghanistan après le retrait de la Force internationale d'assistance et de sécurité (Isaf)?

Le retrait n'aura pas d'incidence sur l'état d'ensemble de la sécurité en Afghanistan si l'aide financière à l'économie afghane se poursuit, si la contribution à la formation et à l'équipement des forces de sécurité afghanes continue d'être apportée et si la coopération se maintient au niveau actuel entre l'Afghanistan et la communauté internationale. Dans ces conditions, le retrait des forces internationales n'aura aucune conséquence négative. Bien au contraire, il se reflètera positivement sur la sécurisation du pays.

Est-ce que vous considérez vraiment les talibans, le Hezbi Islami d'Afghanistan et le réseau Haqqani comme des terroristes? Le fait est que 25 ans auparavant ces mêmes personnes (Gulbuddin Hekmatyar, Jalaluddin Haqqani) luttaient contre "l'occupation soviétique." A l'époque le monde entier les appelait des "moudjahidines", des combattants de la guerre sainte. Aujourd'hui ces gens luttent contre l'intervention des Etats-Unis et de l'Otan – et tout le monde les qualifie de terroristes. Où est la différence?

Avant tout, en Afghanistan on ne les appelle pas terroristes. C'est du point de vue occidental que certains d'entre eux sont des terroristes. Mais nous faisons une différence entre eux. Bien sûr, le Hezbi Islami, le réseau Haqqani et certains talibans faisaient partie des moudjahidines. De la même manière que nous, en fait: a l'époque on participait tous au jihad contre l'Union soviétique. Lorsque le jihad s'est conclu par le retrait des troupes soviétiques et que nous sommes revenus en Afghanistan, la guerre était terminée et il était nécessaire de s'occuper de la reconstruction pour remettre le pays sur le chemin de la stabilité et du développement. Mais cela ne s'est malheureusement pas produit – aussi bien en raison de nos propres erreurs que de l'ingérence dans les affaires de l'Afghanistan de nos voisins, ainsi que de la négligence des Etats-Unis et d'autres pays occidentaux. L'Occident a complètement ignoré l'Afghanistan. Lorsque l'Union soviétique a retiré ses troupes du pays et que les moudjahidines ont créé leur propre gouvernement, tous les Etats occidentaux ont fermé leurs ambassades en Afghanistan et ont rappelé leur corps diplomatique. Toute aide financière à l'Afghanistan a été suspendue. Tandis que nos voisins étaient autorisés à continuer de s'ingérer dans nos affaires. Les conséquences ont été catastrophiques et ont affecté le monde entier, y compris les Etats-Unis et la Russie. Après le 11 septembre 2001, les Etats-Unis, l'Otan et le reste de la communauté internationale ont soudainement pris conscience de toute la gravité de la situation qui affligeait le peuple afghan et de ses conséquences pour la sécurité internationale en général. Et ils sont alors arrivés en Afghanistan. Le peuple afghan a lutté épaule contre épaule avec eux. Nous avons évincé Al-Qaïda et les talibans en moins d'un mois et demi. Tous les leaders des moudjahidines sont revenus en Afghanistan, à l'exception de Hekmatyar. Il est resté à Téhéran, puis s'en est allé quelque part ailleurs. Nous n'avons jamais qualifié le parti Hezbi Islami d'organisation terroriste. Ce n'en est pas une. Les talibans afghans ne sont pas non plus des terroristes. C'est la raison pour laquelle je m'adresse à eux comme à des "frères."

Parlons du retrait de la Force internationale pour 2014: on en parle depuis longtemps, mais il existe des rumeurs concernant le maintien de la présence internationale en Afghanistan sous une certaine forme jusqu'en 2024. Selon le Conseil national du renseignement des États-Unis (U.S. National Intelligence Council), dans le meilleur des cas la situation en Afghanistan est dans l'impasse, et ce après 11 années de présence. Comment vous-même et votre gouvernement pouvez compter sur le soutien de la communauté internationale malgré la modestie des résultats obtenus au cours de cette période?

En ce qui concerne la sécurité, vous avez probablement raison. Mais quant au développement général de notre pays, nous avons accompli d'énormes progrès. L'éducation, la santé publique, les routes, le développement de l'économie, la monnaie nationale et le taux de change, la stabilité générale de l'Afghanistan, ses relations avec le monde extérieur – nous avons actuellement des relations on ne peut meilleures avec nos voisins et les autres Etats. Par ailleurs, la sécurité n'est pas seulement notre problème. C'est bien ce qui explique la présence de la communauté internationale en Afghanistan. Si c'était un problème purement intérieur de l'Afghanistan, alors les Américains ne seraient jamais intervenus. D'ailleurs, ils ne sont venus qu'après les attentats du 11 septembre 2001.

Mais si c'est un problème afghan, qu'en pense la population – souhaite-t-elle la poursuite de l'occupation?

Ce n'est pas seulement un problème afghan, c'est bien ce que je vous ai dit.

C'est également un problème concernant le Pakistan…

C'est un problème concernant le Pakistan, les pays voisins et l'Occident. C'est également un problème pour la Russie, la Chine, l'Inde et l'Iran. Ainsi, lorsqu'on parle de la sécurité en termes de maintien de l'ordre pour la sécurité des simples Afghans, on parle du problème afghan. Cependant, lorsqu'on parle de la sécurité de l'Afghanistan dans le contexte du terrorisme international et de la lutte contre ce phénomène, ce n'est plus une question afghane, mais une question de sécurité collective de la communauté internationale. Et dans ce sens, la communauté internationale n'a pas tenu toutes ses promesses.

Elle n'en a pas fait suffisamment en 11 ans? Monsieur le président, tant de temps, tellement d'argent, autant de pertes humaines – et tout cela est insuffisant?

Absolument.

Vous allez devoir en persuader le peuple américain.

C'est précisément ce que je m'efforce de faire. Les buts assignés n'ont pas été atteints parce qu'on ne poursuit pas le bon objectif. On insiste depuis longtemps en disant que la guerre contre le terrorisme ne doit pas prendre pour théâtre d'opérations les communes afghanes. La menace terroriste n'émane pas des villages afghans.

Sous quelle forme la présence étrangère se maintiendra-t-elle dans votre pays après 2014?

Je le dirai, mais cette question cruciale nécessite des explications supplémentaires. La guerre contre le terrorisme ne sera gagnée que si on s'intéresse aux refuges des terroristes, à leurs camps d'entraînement et à leurs zones de propagande, et si on s'occupe des problèmes fondamentaux, mais par d'autres moyens. Ce qui n'a pas été fait jusqu'à présent, et c'est la raison pour laquelle la guerre n'a pas connu le succès prévu. La présence internationale (notamment américaine) en Afghanistan après 2014 et jusqu'en 2024 sera déterminée par le Traité de sécurité qu'il est prévu de signer dans un an. Il dépendra, premièrement, de nos accords avec les Etats-Unis concernant le format et le spectre des responsabilités et des engagements des parties; deuxièmement, de ses objectifs et tâches, aussi bien en ce qui concerne l'Afghanistan que la guerre contre le terrorisme. Il convient donc d'examiner cette question séparément de la situation actuelle. Il est question du maintien de la présence militaire américaine en Afghanistan à une échelle largement inférieure par rapport à aujourd'hui, aussi bien dans le cadre de nos relations bilatérales que de la lutte générale contre le terrorisme.

Vous utilisez souvent l'expression "guerre contre le terrorisme." Cependant, au cours des quatre dernières années cette notion est devenue démodée aux Etats-Unis. Est-ce que vous appréciez ce terme?

Chez nous cette notion est loin d'être démodée. Les Etats-Unis utilisent aujourd'hui le mot de "rebelles" au lieu de "guerre contre le terrorisme." Nous ne sommes pas du tout d'accord avec cette terminologie. Si nous avons affaire à de simples rebelles, la communauté internationale n'a rien à faire en Afghanistan, car il s'avère qu'ils s'ingèrent militairement dans un conflit intérieur et soutiennent l'un des camps. C'est une ingérence dans les affaires intérieures pure et simple. Si nous avons affaire à un mouvement de rebelles, c'est aux Afghans, à nous-mêmes, qu'il appartient de régler ce problème – chercher des solutions, remédier à l'injustice et chercher un compromis. Pour cette raison nous n'appelons jamais ces gens des "rebelles", c'est un terme occidental utilisé pour l'Afghanistan. Mais ici on appelle ça le terrorisme.

Que pensez-vous des perspectives de confrontation interethnique en Afghanistan, ainsi que du danger de désintégration du pays?

L'Afghanistan est un pays très soudé. Probablement le plus soudé de cette région. Jugez vous-mêmes: après 30 ans de guerre, de conflit à l'intérieur du pays et d'ingérence étrangère active, les pensées de tous les Afghans restent fidèles à leur pays et à la capitale Kaboul. Chaque Afghan cherche à prouver qu'il est plus patriote que les autres. Le pays n'est donc pas menacé par de partition. En effet, nous avons une société multiethnique. Elle est hétérogène, comme dans beaucoup d'autres pays. C'est toute la beauté de l'Afghanistan: nous sommes un pays bigarré. Dans la diversité des tribus et des groupes ethniques réside notre force, et non pas la faiblesse. C'est notre point fort.

Cependant, vous avez un problème de contradictions entre le nord et le sud…

Pas du tout.

Le monde entier pense autrement.

Les conflits entre les divers mouvements n'ont rien à voir. Ce sont les conséquences de l'impact de l'Union soviétique sur la vie de notre pays, les conséquences de notre lutte contre la présence militaire soviétique, de l'ingérence des Etats voisins, ainsi que des faibles capacités institutionnelles des organisations de moudjahidines, qui n'arrivent pas à rétablir la paix dans le pays. Mais il n'y a jamais eu de conflit au sein du peuple afghan. Regardez tous ces gens qui s'affrontaient d'une manière ou d'une autre pendant divers conflits militaires – les factions Khalq et Parcham associées à l'Union soviétique; les organisations de moudjahidines derrières lesquelles se trouvait l'Occident, le Pakistan et le monde arabe; les groupes laïques en Afghanistan; le clergé – aujourd'hui ils travaillent tous ensemble au parlement afghan. Ils sont assis pratiquement côte à côte. Ce n'est donc pas un problème. L'Afghanistan est un pays uni, et très soudé.

Monsieur Karzaï, j'ai passé beaucoup de temps en Afghanistan – environ 14 ans, je suis ici depuis le début de la révolution de Saur (avril 1978). Je sais parfaitement que les pauvres aiment les Russes et n'aiment pas les Américains. En comparant les 10 années de présence de l'Union soviétique en Afghanistan aux 10 années de déploiement des forces des Etats-Unis et de l'Otan – laquelle de ces périodes a été plus bénéfique pour l'Afghanistan ou pire, et pourquoi?

Comparer les 10 années à l'époque de l'Union soviétique et avec les Américains? Très bien, je dirai sincèrement ce que je pense. Avant l'invasion, l'Union soviétique était l'un de nos meilleurs partenaires. L'URSS offrait à l'Afghanistan les meilleurs projets de développement, formait un grand nombre de personnes et apportait une aide à grande échelle. Lorsque l'URSS a envahi l'Afghanistan, tout notre peuple s'est révolté contre l'invasion. C'est la raison pour laquelle près de 8 millions de réfugiés se sont retrouvés en Iran et au Pakistan. Aux yeux du peuple afghan la résistance contre l'Union soviétique était légitime, et chaque Afghan se battait contre elle. Avec l'arrivée des Américains, des millions de réfugiés, des leaders du jihad et toutes les diasporas afghanes du monde entier sont revenus en Afghanistan. L'économie de notre pays a beaucoup progressé au cours de cette période. La présence de l'Otan et des Etats-Unis était légitime et approuvée par la communauté internationale. Même la Russie a approuvé la résolution du Conseil de sécurité des Nations Unies sur l'envoi des troupes en Afghanistan. C'est donc complètement différent. Et si on parle d'accroissement du potentiel, la présence américaine nous a apporté l'augmentation du potentiel économique, éducatif et social. A son tour, la présence soviétique s'est traduite par le renforcement de notre potentiel militaire. Dans ce sens les Soviétiques nous ont beaucoup apporté. Au moment du retrait des troupes soviétiques, nous disposions de plus de 450 avions et hélicoptères divers, ainsi que des milliers de chars et de véhicules blindés. Dans ce sens, l'URSS a été un allié très puissant. D'autant plus que l'URSS a formé un grand nombre d'Afghans dans divers domaines. Les Américains n'ont pas été aussi efficaces en termes de fourniture de matériel militaire nécessaire. J'espère qu'ils y remédieront.

Comment voyez-vous vos relations avec le Pakistan?

Je voudrais avoir les meilleures relations possibles avec ce pays. C'est une question primordiale. L'Afghanistan devra vivre côte à côte avec ses voisins pendant de nombreuses années après le retrait des troupes de l'Otan et des Etats-Unis. Nous en sommes parfaitement conscients. C'est la raison pour laquelle nous nous efforçons d'améliorer les relations avec les voisins. Par exemple, nos relations avec l'Iran: malgré tous les différends, nous avons payé cher pour garder de bonnes relations avec ce pays. Ainsi qu'avec le Pakistan, en dépit de toutes les difficultés, même si le Pakistan a déjà attaqué l'Afghanistan, malgré les problèmes dans ce pays, et même si des terroristes pénétraient par la frontière [pakistanaise] dans notre pays, nous avons réussi à conserver un dialogue actif avec le Pakistan. Nous avons fait beaucoup d'efforts pour garder des liens solides avec ce pays. Je me suis rendu plus souvent en visite au Pakistan que tout autre dirigeant afghan au cours des 60 dernières années. On en est donc parfaitement conscient et on cherche en permanence à rester en bons termes avec le Pakistan et les autres voisins.

Cependant, il existe certains problèmes dans les relations entre les Etats-Unis et le Pakistan, car vous avez vos propres talibans, et ils ont les leurs. Les militaires dans ce pays ont leurs propres objectifs politiques, et les dirigeants civils poursuivent les leurs. Et votre pays s'est soudainement retrouvé au centre de cet imbroglio.

Ces questions affectent l'Afghanistan aussi bien du point de vue pakistanais qu'américain. Mais nous avons nos propres problèmes. Nous ne percevons pas les relations avec le Pakistan ou avec l'Iran à travers le prisme américain. Nous ne voyons pas nos relations avec la Russie ou la Chine avec les yeux des Etats-Unis. Malgré sa dépendance envers les Etats-Unis et l'Otan, notre pays a réussi à établir sa propre politique étrangère et des relations indépendantes avec les Etats voisins. Il faut continuer dans cet état d'esprit. Néanmoins, la position du Pakistan à l'égard des Etats-Unis et vice versa se reflète forcément sur notre politique étrangère. Cela concerne également l'Iran et la Russie. Mais nous nous efforçons de maintenir ces relations au meilleur niveau possible.

La situation financière en Afghanistan est telle qu'à l'heure actuelle seul le capital étranger est présent dans le pays. Que comptez-vous faire à cet égard? Après tout, la population souffre de la pauvreté et ne voit aucune perspective d'avenir.

En 2002, le revenu par habitant en Afghanistan était seulement de 180 dollars. Aujourd'hui, il est à hauteur de 700 dollars, aussi bien grâce à l'aide étrangère qu'à la croissance de l'économie afghane. Le retrait des forces internationales en 2014 se reflètera forcément sur la situation économique du pays. Mais dans l'ensemble, ce retrait aura un effet positif sur la population et l'économie afghane. Nous devons vivre à hauteur de nos moyens. On ne peut pas compter tout sa vie sur l'aide extérieure. Pour cette raison, indépendamment de l'impact de cet événement, nous devons avancer. La conférence de Bonn a promis de soutenir l'Afghanistan concernant cette réduction du budget et de contribuer au rétablissement de notre pays. De plus, prochainement se tiendra le sommet de l'Otan à Chicago, où les membres de l'Alliance approuveront une aide financière pour les forces de sécurité afghanes d'un montant de 4,1 milliards de dollars pour 10 ans à partir de 2014. Troisièmement, nous comptons sur la poursuite du rétablissement de l'économie afghane, qui connaîtra la croissance au fur à mesure du retrait de la Force internationale et de l'évolution de la situation après 2014. D'ailleurs, cette année notre revenu national a dépassé 2 milliards de dollars. Le revenu de l'exploitation minière augmente. Pour 2024, les revenus de l'Afghanistan devraient atteindre près de 5 milliards de dollars. Ainsi, la vie se normalisera dans notre pays, et lorsque la paix s'établira, et j'espère que ce sera le cas et que des relations étroites lieront tous nos pays (la Russie, le Pakistan, l'Afghanistan, l'Iran et l'Inde), l'Afghanistan deviendra la plaque tournante de nos intérêts communs.

Greshnov Andrei

Mardi 15 mai 2012

RIA Novosti.



1 Lutte pour la libération du territoire &  la victoire de la résistance Afghane

Pertes déclarée des occupants.

US & Isaf

Deux soldats de l'OTAN tués  

Deux soldats de l'Isaf, la force armée de l'Otan en Afghanistan, ont été tués dans une attaque d'résistants dans le sud du pays, où la résistance est très active, a fait savoir l'Isaf dans un communiqué.

Un "attentat suicide contre un convoi de l'Isaf s'est produit (dimanche) matin", a déclaré le général Matiullah Khan, chef de la police de l'Oruzgan (sud), où l'incident s'est produit, ajoutant que deux enfants avaient été tués et plusieurs civils blessés."Le convoi de l'Isaf roulait près du marché de Trin Kot - la capitale provinciale,

NDLR - quand un kamikaze s'est approché à pied et s'est fait exploser", a raconté Farid Adel, le porte-parole de la police de l'Oruzgan.L'attaque s'est produite après une rencontre entre les hommes de la coalition et des responsables policiers, a indiqué Gul Agha, chef de la police du premier district de Trin Kot. L'Isaf, comme à son habitude, n'a pas confirmé les conditions de l'attaque ni la nationalité des soldats.

IRIB


Pas moins de 3.000 effectifs de l'OTAN, tués, en Afghanistan.  

13/05/2012

Quatre soldats de la Force internationale d'assistance à la sécurité (ISAF) ont trouvé la mort, samedi, en Afghanistan, a annoncé l'ISAF, dans un communiqué.

Deux militaires ont péri, dans une embuscade, un troisième a été tué, par un engin explosif artisanal, et le quatrième a été tué, dans un incident non lié aux combats. 22 membres de l'ISAF sont, donc, morts, en 2012, des suites de tirs des forces afghanes, au cours de 16 incidents différents. Près de 3.000 soldats de la Coalition, dont deux tiers d'Américains, sont morts, en Afghanistan, depuis le début de la guerre lancée, fin 2001, par les Etats-Unis, pour renverser le régime.

 Environ, 130.000 effectifs étrangers, qui se sont déployés, sous le commandement américain, sur le territoire afghan, doivent confier, d'ici fin 2014, la responsabilité des affaires de sécurité du pays à l'armée afghane elle-même et quitter l'Afghanistan.

IRIB

 

 

 

Le ministère britannique de la guerre a confirmé dimanche la mort de deux soldats britanniques, tués samedi par des membres des forces de police afghane.
Les deux hommes participaient à une réunion avec des autorités locales près de la base d'Attal, dans la province du Helmand, quand ils ont été tués par balle "par des membres des forces de police afghane", a précisé le ministère dans un communiqué.
Dimanche, le ministre de la guerre Philip Hammond, interviewé par la télévision BBC, a indiqué qu'il était encore "très, très tôt" pour connaître les circonstances précises de l'accident, et que les attaquants pouvaient aussi bien être des "résistants infiltrés" dans la police afghane que des policiers qui auraient développé des relations conflictuelles avec les soldats de l'Isaf.
Par ailleurs, deux autres soldats de l’occupation ont été tués samedi dans le sud du pays. D'après l'Isaf, un premier militaire est décédé samedi des suites d'un incident qui n'était pas lié à un combat, puis un second a péri sur une bombe artisanale.
Jusqu'ici, 20 membres des forces d’occupation sont morts en 2012 des suites d'un tir des forces afghanes lors de 15 incidents différents.

 

 

 

NB

 

Deux hommes en uniforme de la police tuent deux soldats de la police afghane.

 

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses  mais doit être vu comme information.

Deux hommes portant des uniformes de la police afghane ont retourné leur arme et tué deux soldats de la force internationale de l'Otan (Isaf) samedi dans le sud de l'Afghanistan, a annoncé l'Isaf.
Nous sommes au courant de la rumeur selon laquelle les tireurs appartenaient à la police afghane. Mais des rapports opérationnels indiquent que ces hommes étaient des résistants déguisés en policiers et non des policiers, a indiqué à l'AFP un porte-parole de l'Isaf.
Ces propos contrastent avec la version divulguée par Mohammad Ismail Hotak, un officier chargé de la sécurité de la province du Helmand, où l'incident s'est produit, selon qui les tueurs appartenaient depuis un an au 5e bataillon de la police afghane.
Plus tôt samedi, Farid Ahmad Farhang, le porte-parole de la police de cette province, avait déclaré que les deux victimes, britanniques, avaient été tuées par deux policiers afghans dans une base militaire commune du district de Nahre Saraj (Helmand).
Au moment où il parlait à l'AFP, M. Farhang était au courant d'un bilan moins élevé d'un mort et d'un blessé britanniques.
Un insurgé a été tué et un autre est recherché, a dit le porte-parole de l'Isaf, qui n'a pas donné plus d'indications sur les circonstances de l'incident ni sur la nationalité des défunts.
Les talibans n'ont pas revendiqué cette attaque. Londres n'a confirmé aucune perte samedi.
Deux autres soldats de l'Isaf sont morts samedi dans le sud de l'Afghanistan, l'un à la suite d'un incident non lié à un combat, l'autre de l'explosion d'une bombe artisanale, selon l'Isaf.
Jusqu'ici, et s'il est confirmé que les deux tireurs étaient des policiers, 22 membres de l'Isaf sont donc morts en 2012 des suites de tirs des forces afghanes au cours de 16 incidents différents.
La question de la sécurité des militaires étrangers est critique, alors que les membres des personnels militaire et civil de l'Otan forment militaires, policiers et fonctionnaires en général, qui devront sécuriser et administrer seuls l'Afghanistan après le départ prévu des dernières troupes de combat de l'Otan fin 2014.
La coalition de l'Otan, dirigée par les Etats-Unis, arrivée fin 2001 pour traquer Oussama ben Laden après les attentats du 11 septembre et renverser les talibans, au pouvoir depuis 1996 en Afghanistan, n'a jamais réussi à vaincre militairement ces derniers, malgré 130.000 soldats encore présents dans ce pays.
La guérilla est particulièrement active dans le sud et l'est de l'Afghanistan, bastions des talibans, et vise les forces gouvernementales, ainsi que celles de l'Isaf.
Recourant jusqu'ici aux attentats suicide et aux mines artisanales, les résistants ont élargi leur palette ces dernières années, ajoutant les infiltrations meurtrières dans des unités afghanes ou étrangères, une tactique efficace pour miner une confiance déjà très fragile entre l'Otan et les forces afghanes.
D'après un rapport de l'Otan, dont le contenu a été connu en janvier, les altercations mortelles entre Afghans et étrangers sont loin d'être rares ou isolées et reflètent une menace homicide systémique qui croît rapidement. Ce texte, intitulé Une crise de confiance et d'incompatibilité culturelle, évaluait ces pertes à 6% des pertes totales de l'Otan sur une période donnée.
Le document relativisait les infiltrations des talibans, estimant que ces attaques relèvent bien plus de disputes et d'antagonismes personnels que de mobiles idéologiques.

13/05/2012

http://www.romandie.com/news/n/_Afghanistan__deux_hommes_en_uniforme_de_la_police_tuent_deux_soldats_de_l_Otan_83120520121841.asp

 

 


 

 

 

 

 


 

Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières,les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

  • " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19

12/05/2012

n° 504 - Afghanistan - les dossiers - 12-05 :- - Le "tribunal de guerre" d’Obama à Guantanamo à l’œuvre


n° 504 - Afghanistan - les dossiers - 12-05 :- -  Le "tribunal de guerre" d’Obama à Guantanamo à l’œuvre



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



Afghanistan 

Les dossiers

n°504 du 12-05C.

De Broeder & M.Lemaire



Avant propos

La guerre menée par le terrorisme contre ses adversaires déclarés est tout à fait invraisemblable.

Pour être crédible, cette histoire exigerait triplement et simultanément une excessive stupidité des terroristes, une incompétence extravagante des services policiers, et une folle irresponsabilité des médias. Cette invraisemblance est telle qu'il est impossible d'admettre que le terrorisme soit réellement ce qu'il prétend être’.

(MICHEL BOUNAN)

 

·                     Les médias occidentaux pro USA usent d’un terme générique- Al Qaida- Taliban - pour désigner tous les résistants .... idem pour le mot 'terrorisme' employé par les Usa & ces acolytes

Ps : Avant de vous lancer dans la lecture du journal, noter ceci: 'Al Qaïda'  & Al-Zarqaoui, Mollah Omar  = concept réducteur inventé par les Usa, pour désigner la résistance. Idem pour le mot 'terrorisme' employé par les Usa & ces acolytes

 



 Le "journal de l'Afghanistan" est  visible :

a) sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site : 

 www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

c) sur le site de Robert Bibeau :  http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com  

 

d) sur le site de eva R-sistons: - http://no-war.over-blog.com/

 

Si vous voulez nous contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 



Sommaire.

1-Dossiers

1-1James Petras : Le massacre de dix-sept enfants et la diversion d'Obama.

1-2 IRIN News : Vivre dans la bulle de Kaboul.

2 Guantanamo : Les dossiers

2-1 Les USA auraient libéré en secret des prisonniers en Afghanistan.

2-2 Bill VAN AUKEN : Le "tribunal de guerre" d’Obama à Guantanamo à l’œuvre.

3 Témoignage

3-1 Manlio Dinucci L'art de la guerre

4 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

4-1 Jean-Pierre Muller : Le retrait d'Afghanistan, un premier casse-tête pour Hollande.

4-2 Manlio Dinucci : Aube rouge sang à Kaboul.



1 Dossiers

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

1-1 James Petras :Le massacre de dix-sept enfants et la diversion d'Obama.
 Le massacre de dix sept citoyens Afghans le 11 mars dernier, incluant au moins neuf enfants et quatre femmes, soulève beaucoup de questions fondamentales sur la nature d'une guerre coloniale, les pratiques d'une armée coloniale engagée dans une occupation prolongée (onze ans) et le caractère d'un empire qui augmente considérablement la prise de mesures arbitraires et dictatoriales pour s'assurer la complaisance de l'opinion publique et supprimer tout désaccord.

Après le froid et sanglant massacre de dix sept villageois afghans dans la province de Kandahar, l'armée US et le très complice régime d'Obama ont conçu une opération de désinformation élaborée, exposant l'Administration à des charges de conspiration pour avoir dissimuler des faits essentiels, falsifiant les données et entravant la justice. Tous sont passibles d'accusations criminelles et de poursuites judiciaires selon la procédure qui vise les hauts-fonctionnaires US (l'Impeachment).

Ce massacre n'est qu'un parmi plusieurs centaines d'autres commis par les forces armées US selon le président afghan Hamid Karzaï. Cela pourrait ruiner la présidence Obama, un procès contre lui pourrait être intenté pour entrave à la justice et il pourrait même être envoyé en prison pour crimes de guerre.

Les mensonges délibérés d'Obama à propos des « évènements » concernant le massacre et la responsabilité fondamentale de l'état major pour les crimes commis par leurs troupes soulignent l'échec de l'occupation de l'Afghanistan, la pièce maîtresse de la politique guerrière d’Obama. Le président US a personnellement joué un rôle dans la dissimulation de cette affaire. D'un point de vue politique, la charge de conspiration contre l’exécutif a des implications plus profondes et plus sauvages que le massacre lui-même, si horrible soit-il.

 

Le massacre, la version officielle (1ère du nom) et la dissimulation

Selon commandement militaire US en Afghanistan et le régime d'Obama, le 11 mars 2012, à 3 heures du matin, un « soldat dérangé » est sorti d'une base spéciale dans la province rurale de Kandahar et, sans ordre de son commandement, est entré dans deux villages séparés de 3,2 kilomètres, a ouvert le feu et tué dix-sept civils non-armés, pour la plupart des femmes et des enfants, et blessé un nombre non-communiqué de villageois ; puis il a arrosé leurs corps avec de l'essence, y a mis le feu pour ensuite retourner à la base militaire afin de se rendre à ses supérieurs.

Cette « reddition », clame le Pentagone, a été enregistrée sur une vidéo et pas moins que le Président Barack Obama a attesté de l'authenticité de cette preuve concluante pour l'histoire de ce soldat dérangé et tueur de foules. Le commandement militaire a rapidement expédié le meurtrier sans nom hors d'Afghanistan, l'a incarcéré dans la prison de très haute sécurité de Fort Leavenworth, Kansas, et l'a identifié seulement après comme un homme de trente-huit ans, ayant reçu plusieurs décorations au cours de ses onze années de bons et loyaux services : le Sergent Robert Bales.

Les États-Unis ont repoussé toutes les tentatives du président afghan, du chef de l'armée afghane et des membres du Parlement qui voulaient interroger le Sgt Bales afin d'avoir son témoignage et de l'emmener devant un tribunal afghan.

Selon une enquête parlementaire afghane indépendante menée par Sayed Ishaq Gillami, et les enquêtes initiales du Général Sher Mohammed Karimi de l'armée afghane, qui ont interrogé les habitants des deux villages, il y a de singulières contradictions dans la version officielle défendue par l'armée US et le président Obama. Des témoins oculaires ont soutenu que plus de vingt soldats étaient impliqués, aidés par un hélicoptère. Ce qu'ils ont décrit ressemblait à un raid de nuit américain typique, qui induit systématiquement la démolition des portes de maisons, le réveil brutal des familles endormies et l'exécution des ses victimes.

Gordon Duff, éditeur renommé de Veterans Today, trouve la version des villageois très plausible pour les raisons suivantes : les villages, où les meurtres ont été perpétrés, étaient séparés de deux miles (3,2 km), ce qui rend très improbable qu'un soldat seul, armé jusqu'aux dents, puisse porter un jerricane de plusieurs dizaines de litres d'essence depuis sa base jusqu'au premier village endormi, fracasse des portes de maisons, commette dix-sept meurtres, arrose et brûle ses victimes pour ensuite gagner, trois kilomètres plus loin, le second village, tire, tue et brûle d'autres villageois non-armés puis retourne à sa base pour finalement se rendre.

Il paraît beaucoup plus plausible qu'une troupe des Forces Spéciales, lourdement armée, engagée dans une opération de « pacification » de village, ait quitté sa base dans des véhicules militaires, ait passé le pont aux premières lueurs du matin comme lors d'une opération de routine autorisée par leurs supérieurs et que les choses aient mal tourné. Ce qui était supposé n'être qu'un habituel raid de nuit dans un village pacifié pour rechercher d'éventuels sympathisants du régime taliban, s'est transformé en massacre d'enfants et de leurs mères dans leurs lits avec, virtuellement, aucun homme (maris, pères, oncles ou frères) auprès d'eux pour les protéger. Il n'est effectivement pas rare que les paysans afghans cachent des armes dans leurs maisons. Mais ces villages avaient été désarmés par les Forces spéciales et les hommes étaient absents : soit ils avaient déjà été emprisonnés dans des rafles précédentes, soit ils se cachaient pour ne pas justement que leurs femmes et enfants subissent de telles opérations.

Quelles que soient les raisons de cette effroyable tuerie de femmes et d'enfants en chemises de nuit, dans ces deux villages de Kandahar, une chose est claire : le président des États-Unis a comploté avec son état major pour tromper la justice en dissimulant un atroce crime de guerre, ce qui est hautement répréhensible par «  l'impeachment  ».

Quand l'irrationalité de la première version officielle est devenue dangereusement évidente au plus superficiel des observateurs, l'équipe de « couverture » d'Obama a lancé une nouvelle version le 26 mars : selon celle-ci, le solitaire et dérangé sergent Bales a commis le premier massacre à l'aube du 11 mars, est rentré à la base pour le petit déjeuner, a mangé, puis s'est dirigé vers le second village pour une deuxième volée de meurtres en série et est enfin rentré pour se rendre à ses supérieurs et poser dans la vidéo de ses aveux.

 

Pourquoi la couverture d'Obama : le moral des troupes et la guerre en Iran.

Pourquoi le président Obama se serait-il engagé dans une si maladroite affaire, minant un peu plus les relations avec le président Karzaï, son état major et surtout le peuple Afghan ? Pourquoi aurait-il risqué les charges de conspiration pour protéger des criminels de guerre en insistant sur un mensonge aussi facilement réfutable ?

L'histoire de l'assassin présumé, le Sgt Bales, fournit de larges hypothèses à propos de la crise à laquelle fait face cette armée impériale. Bales est un soldat décoré pour trois faits d'armes en Irak et plus récemment pour son affectation afghane où il aurait participé à des opérations similaires de « pacification spéciale » parmi des civils dans la campagne de l'Afghanistan. Dans les jours qui ont suivi l'annonce des nouvelles à propos du massacre, un Afghan furieux, le président Karzaï, s'est insurgé contre les centaines de massacres similaires qui ont été perpétrés par les États Unis d'Amérique et les forces de l'OTAN sans jamais avoir été rapportés par les médias occidentaux et qui donc, sont restés impunis. Karzaï en a appelé plusieurs fois à la fin des raids des Forces Spéciales sur des villages endormis. Mais, jusqu'à maintenant, il n’y avait pas eu besoin que le président US mette la main à la patte pour dissimuler la vérité. Avec le retrait prochain des USA d’Afghanistan et les sentiments nationaux grandissant, le régime d'Obama doit cacher la vraie nature de l'occupation. Les clients afghans de Washington ne pourront plus ignorer bien longtemps les crimes de guerre étasuniens contre des femmes et des enfants innocents ou d'autres non combattants. Ce qui est surtout vrai pour les si biens nommés « villages pacifiés » où les hommes adultes Afghans avaient déjà été arrêtés lors de rafles ou obligés de se cacher et où le peu d'habitants restants sont désarmés et sous contrôle de l'armée américaine.

Prenons en compte la version officielle : pourquoi les commandants des Forces Spéciales chargés du Sgt Bales n'ont pas entendu le son des armes à feu et les cris des victimes dans un périmètre de cent mètres à 3:00 du matin ? Toujours selon la version officielle, le commandement n'aurait été alerté des massacres que quand le Sgt Bales serait rentré à la base, aurait levé ses mains en l'air pour une vidéo de confessions à propos des meurtres et de la profanation des dix-sept corps, principalement des femmes et des enfants. Obama a essayé de vendre cette vidéo comme une preuve irréfutable de la version officielle à un président Karzaï sceptique qui a immédiatement demandé que cette dernière lui soit remise pour un examen détaillé d'authentification. Le refus d'Obama de céder la vidéo tend alors à confirmer son rôle dans la dissimulation des faits.

Obama s'auto-satisfait de son affirmation quant au fait qu'un soldat seul et déséquilibré ait commis les crimes. Cela montre de sérieux problèmes structuraux dans la guerre en Afghanistan.

Là-bas, les troupes US sont démoralisées et en colère car leurs commandements militaires les ont emmenées dans un cul-de-sac, une mort certaine. Ils se sont engagés dans une longue défaite où chaque mort du côté américain fait écho à nombre d’estropiés, d’aveugles ou de traumatisés. Dans la guerre de Barack Obama, les blessés sont pansés puis recyclés dans le même hachoir à viande, dans un environnement de plus en plus hostile où le viol, la torture, la mutilation et le meurtre deviennent les seules « récréations ».

Le Sgt Bales y a été contraint lors de plusieurs opérations en Irak puis il fût expédié en Afghanistan, contrairement à ses attentes de promotion et la fin promise de ses mobilisations outre-mer.

Il y a un énorme fossé entre d’une part le monde des seigneurs de guerre de Washington et leurs complices des « lobbies bellicistes » et d’autre part celui des soldats qui risquent leurs vies dans des guerres d'occupation impériale. Ces soldats, dont on peut se passer, sont sans arrêt déployés à des fins brutales de guerres coloniales à des milliers de kilomètres de leurs maisons pour se confronter à un ennemi qu'ils ne pourront sans doute jamais comprendre. Ils finissent par brutaliser les familles, les amis, les voisins et les partisans des insaisissables combattants anticolonialistes -qui sont partout. Dans les bureaux de Washington, aucun des politiques belliqueux n'a jamais expérimenté la souffrance d'une guerre prolongée pour laquelle chaque soldat est présent sur le champ de bataille. Les soldats, comme le Sgt Bales, opèrent dans un environnement très hostile où une bombe sur le côté de la route, une grenade jetée d'une moto ou encore un « allié » Afghan qui retourne ses armes contre ses « mentors » américains, sont autant de menaces omniprésentes qui pèsent sur les chances qu’ils ont de rentrer chez eux en un seul morceau.

Obama a du comploter avec le Pentagone pour étouffer ce massacre, défendant les officiers chargés de « maintenir la paix » dans ces villages parce qu'il n'y a pas d'alternatives, pas point de non retour, pas de nouvelle recrue à engager dans une douzième année de guerre en Afghanistan. Il n'y a que des tueurs à recycler qui veulent poursuivre leur « carrière » dans les Forces Spéciales en s’impliquant dans des opérations « Kill and Destroy ». De plus, Obama ne peut pas rallier les internationaux qui s'empressent déjà de retirer leurs propres troupes de ce bourbier. Et Obama a un problème avec ses alliés Afghans, seigneurs de guerre et kleptocrates, qui prévoient de filer à l'anglaise avec plus de 4,5 milliards de dollars accumulés en 2011, soit la moitié du budget de l'Etat (Financial Times, 19/3/2012). Le président Obama ne peut pas autoriser une garnison entière, y compris les officiers, de se voir intentée un procès pour crimes de guerre à cause d’un tel massacre. Ne tenir personne pour responsable, sauf bien sûr l'infortuné Sgt Bales. L'inverse pourrait inciter une rébellion générale des forces armées, ou, au minimum, démoraliser l'élite des Forces Spéciales qui dont les hommes attendent leur désengagement au cours des prochains retraits, l’occupation de l’Afghanistan pouvant durer jusqu'en 2024.

Le problème a des implications qui vont bien au-delà de l'Afghanistan : en effet, Obama a développé sa nouvelle stratégie anti-insurrection basée sur « l'entrée facile et la sortie sanglante » (« easy entry and bloody exit ») des Forces Spéciales américaines, ciblant ainsi soixante quinze pays. Ces Forces spéciales font figure de proue dans les préparations militaires de Barack Obama concernant la Syrie et l'Iran, ces préparations ayant été développées sur ordres des suzerains sionistes.

Finalement, l'appareil militaire entier du régime d'Obama, si formidable sur le papier, dépend en réalité des équipes d’Opérations Spéciales. Aussi, elles sont la pièce maîtresse de la nouvelle guerre impériale, développée en guise de réponse aux réductions l'armée de terre, dont le budget est de plus en plus restreint et qui connait des mécontentements au sein de sa propre organisation. Les opérations de ces Forces Spéciales sont montées de façon à ne laisser aucun témoin, ou rien qui pourrait les embarrasser. Ils peuvent être des bourreaux de femmes et d'enfants mais ce sont les bourreaux de service de la Maison Blanche...

Malgré les crimes de guerre et les dissimulations étatiques, la priorité du régime d'Obama est de les défendre avec tout ce qu'il a de valable et de personnel à sa disposition. Donc, pendant que Bales est à Leavenworth, l'élite Afghane crie à l'injustice, les familles de Kandahar pleurent leurs victimes et les Résistants préparent leur revanche.

Sur le plan interne, Obama fait face à une forte opposition à la guerre coûteuse et sans fin qui a détruit l'économie américaine et fait grandir la colère et la dépression des forces armées. Il y a un mécontentement populaire massif des Etasuniens contre les politiques des deux partis qui ont sans retenue envoyé des troupes dans d’anachroniques guerres coloniales. En guise de résultat, le président Obama a délivré un décret exécutif, l'autorisant à avoir les pleins pouvoirs dans le but de militariser l'économie, ses ressources et ses forces de travail. Le 16 mars 2012, Barack Obama a déclaré un « Ordre exécutif national de Préparation des ressources à la Défense » dans le but de subvenir à l'empire global.

Clairement, les guerres coloniales prolongées ne peuvent pas passer outre le consentement des citoyens et beaucoup d'entre elles ne devraient même pas exister selon les manuels militaires et la Convention de Genève. A partir de là, seule la loi présidentielle par décrets peut assurer la complaisance des citoyens au pays et seules les diversions peuvent maintenir les guerres coloniales à l’étranger. Mais ces mesures sont désespérées et temporaires : quand les mesures extrêmes auront fait leur temps, il n'y aura plus rien pour rebondir et rien ne pourra sauver le président de la révolte des ses concitoyens et de ses soldats contre son empire déclinant.

 

Article original en anglais :

 

The Massacre of the Afghan 17 and the Obama Cover-Up

- Prof. James Petras - 2012-03-26

James Petras est un collaborateur régulier de Mondialisation.ca.  Articles de James Petras publiés par Mondialisation.ca

Mondialisation.ca, Le 4 mai 2012

Traduction: Investig'Action

 



1-2 IRINNews : Vivre dans la bulle de Kaboul.

Les attaques coordonnées lancées par des militants contre le Parlement afghan et plusieurs institutions situées dans le quartier diplomatique le 15 avril ont entraîné la suspension temporaire des déplacements du personnel des Nations Unies dans la capitale Kaboul.

  Les travailleurs humanitaires s’inquiètent de voir les Résistants pénétrer dans les zones les plus sécurisées de la ville.

Cet incident est le dernier en date d’une longue série d’attaques - aucune n’a toutefois été aussi spectaculaire - qui ont obligé les travailleurs humanitaires à se cacher derrière des murs de bétons et à se terrer dans des abris anti-aériens.

Les travailleurs humanitaires sont confrontés à de nombreuses restrictions liées à la sécurité, même au cours d’une « journée normale ». Voici un aperçu de leur vie dans la « bulle de Kaboul » pour reprendre les mots d’un travailleur humanitaire.

Les agences d’aide humanitaire des Nations Unies ont installé leurs sièges à l’intérieur de la « ceinture d’acier » ou « zone verte » dont la superficie ne dépasse pas 7 km² - ce quartier placé sous haute protection abrite également de nombreuses ambassades et organisations internationales. Les attaques du 15 avril ont, entre autres, visé ce quartier.

Les membres du personnel des Nations Unies sont logés dans divers bâtiments de Kaboul : des maisons d’hôtes des agences des Nations Unies placées sous haute protection ; le Park Palace Hotel ; ou l’Office des Nations Unies pour la coordination de l’aide économique et humanitaire en Afghanistan (United Nations Office Complex in Afghanistan, UNOCA).

Ce dernier se trouve à environ 20 minutes à l’extérieur de la ville, entouré de murs de 3 à 4 mètres de haut surmontés de fils barbelés. Son entrée est protégée par des blocs de béton disposés en zigzag. Pour pénétrer dans l’enceinte, il faut passer deux points de contrôle, où des agents de sécurité procèdent aux contrôles d’identité et vérifient que les visiteurs ne transportent pas de bombes à l’aide de chiens et de miroirs passés sous le châssis des véhicules.

Des travailleurs humanitaires mangent, dorment et travaillent à l’intérieur de cette enceinte au cours de missions qui peuvent durer plusieurs années. Beaucoup se plaignent de ne pas pouvoir mener une vie saine. Le dimanche après-midi, par exemple, les cafétérias de l’institution sont fermées, nombre de travailleurs humanitaires doivent donc se contenter de biscuits salés ou de conserves de thon. Les conteneurs préfabriqués, dont certains ne font pas plus de 14 m², manquent d’équipements pour cuisiner - ils comprennent un lit simple, une salle de bains, un bureau et deux plaques chauffantes.

Les travailleurs humanitaires peuvent ne pas quitter l’enceinte du bâtiment pendant plusieurs jours (car ils doivent attendre qu’un chauffeur soit disponible) et ne se déplacent que du conteneur dans lequel ils dorment jusqu’au conteneur dans lequel ils travaillent.

Les visiteurs doivent fournir leur nom, leur nationalité, leur passeport et le numéro de la plaque minéralogique de leur véhicule 12 heures avant de se présenter sur place.

Les déplacements à l’intérieur de Kaboul sont en grande partie limités aux bureaux gouvernementaux, à quelques restaurants et hôtels spécifiques ou aux enceintes d’autres organisations d’aide humanitaire. Les agents de sécurité recommandent de limiter les déplacements à l’extérieur du « cercle d’acier ».

À l’extérieur du périmètre de la ville de Kaboul, les travailleurs des Nations Unies doivent circuler en convoi de deux 4x4 blindés escortés par des équipes armées de la police afghane qui encadrent le convoi.

Les travailleurs humanitaires se plaignent régulièrement de ne pas pouvoir rencontrer la population locale, de ne pas pouvoir se rendre au marché et d’avoir le sentiment de ne pas appartenir à la communauté au sein de laquelle ils travaillent. Les défis psychologiques engendrés par la limitation des déplacements sont aggravés par la lourdeur des relations en Afghanistan. Les familles n’étant pas admises à l’intérieur de ce lieu d’affectation, les membres du personnel se contentent de se connecter à Skype avec une connexion Internet médiocre pour contacter leur famille et leurs amis en dehors des visites durant les périodes de repos et récupération (R&R).

Ces difficultés ne sont rien en co « Beaucoup de travailleurs n’ont quasiment pas accès au terrain. La plupart d’entre eux sont très jeunes, n’ont pas d’expérience dans le pays. Ils ne savent pas de quoi ils parlent » mparaison avec les problèmes auxquels les civils afghans sont confrontés au cœur de ce conflit.

Les agences des Nations Unies qui travaillent dans ces environnements doivent entre autres assumer le poids financier des périodes obligatoires de R&R. À ces coûts, il faut ajouter l’augmentation des coûts des 4x4 blindés, les coûts des entreprises de sécurité privées qui fournissent une protection à l’intérieur des établissements, des agents de sécurité qui réalisent les contrôles à l’entrée, des casques et des gilets pare-balles fournis au personnel ... La liste est encore longue. Et les succès obtenus sont discutables.

« Vu la façon dont les Résistants mènent désormais leurs attaques, des millions [de dollars] ne suffiront pas », a dit un travailleur humanitaire.

Toutefois, l’impact de ces attaques sur la fourniture de l’aide est le plus important.

Voici comment Laurent Saillard, vétéran de l’humanitaire en Afghanistan et directeur de l’Office d’aide humanitaire de la Commission européenne (ECHO) en Afghanistan, a décrit la situation :

« Beaucoup de travailleurs n’ont quasiment pas accès au terrain. La plupart d’entre eux sont très jeunes, n’ont pas d’expérience dans le pays. Ils ne savent pas de quoi ils parlent. Ils ne sont jamais venus dans le pays ; ne se sont jamais déplacés à l’étranger ; n’ont jamais géré un projet ; n’ont jamais passé de temps avec la population afghane. Les seuls Afghans qu’ils connaissent sont le cuisinier, le personnel de ménage ou le chauffeur. Ils ne connaissent rien de ce pays. Ils arrivent à l’aéroport, montent dans un véhicule blindé, entrent dans l’enceinte d’une institution et c’est tout...

mercredi 18 avril 2012 - 18h:40

IRIN News

http://www.irinnews.org/Fr/Report/9...



2 Guantanamo : Les dossiers

2-1 Les USA auraient libéré en secret des prisonniers en Afghanistan.

Les Etats-Unis ont secrètement relâché ces dernières années des résistants détenus dans une prison militaire en Afghanistan dans le cadre de négociations avec les résistants, écrit lundi le Washington Post.

Le programme "libération stratégique" a permis aux responsables américains de procéder à l'élargissement de prisonniers en échange d'une baisse des violences dans certaines provinces, précise le journal, citant des sources officielles anonymes.

Les bénéficiaires de ce programme sont en général des combattants détenus à la prison de Parwan qui ne peuvent théoriquement pas être légalement libérés. Ils doivent pour cela promettre de renoncer à la violence, poursuit le journal.

Les officiels interrogés par le Washington Post n'ont pas voulu dire si certains de ces combattants ont par la suite repris les armes.

Ces libérations sont un élément des négociations menées par la Maison blanche pour mettre fin à la guerre en Afghanistan, élément central de la stratégie de l'administration Obama pour retirer les troupes combattantes à l'horizon 2014, ajoute le journal.

Elles n'ont mené à pratiquement aucun résultat concret, d'autant que les effets positifs présumés de ce programme ont été en grande partie annulés par le refus des Etats-Unis de libérer cinq hommes détenus à Guantanamo, dont les taliban avaient fait une condition préalable à la poursuite des négociations de paix.

Contrairement aux prisonniers en Afghanistan, qui peuvent être élargis discrètement avec l'aval du haut commandement militaire américain, les détenus de Guantanamo ne peuvent être relâchés qu'avec l'accord du Congrès américain, précise le Washington Post.

Les officiels américains n'ont pas précisé combien de taliban ont ainsi été libérés, mais ce nombre est peu élevé, ont-ils assuré.

"Les Afghans sont venus nous voir avec des informations qui semblaient renforcer le processus de réconciliation", a expliqué au journal l'ambassadeur américain à Kaboul, Ryan C. Crocker. "Nous agissons souvent de cette façon."

John Crawley, Tangi Salaün pour le service français

http://fr.news.yahoo.com/les-usa-auraient-libéré-en-secret-des-prisonniers-071808894.html


2-2Bill VAN AUKEN : Le "tribunal de guerre" d’Obama à Guantanamo à l’œuvre.

 Derrière les clôtures surmontées de barbelés du camp de détention de la Baie de Guantanamo à Cuba, les procès du « tribunal de guerre, » tel qu’il est officiellement désigné, ont repris leur cours normal sous la nouvelle direction du gouvernement Obama.

Des auditions préalables aux procès ont lieu pour deux affaires qui devraient être entendues sous la présidence d’un juge militaire, le colonel de l’armée de terre James Pohl. Elles seront débattues devant un jury d’officiers américains sélectionnés avec soin, et les accusés encourent la peine de mort.

Le premier cas est le procès pour assassinat d’Abd al Rahim al Nashiri, accusé d’être l’architecte de l’attentat suicide du 12 octobre 2000 contre le destroyer USS Cole au large du Yémen, où 17 marins américains ont perdu la vie. Le second vise Khalid Sheikh Mohammed et quatre autres hommes accusés d’avoir organisé les attentats du 11 septembre 2001. Dans l’affaire du 9/11, la lecture de l’acte d’accusation est fixée au 5 mai.

Le caractère de ce genre de "justice" militaire a été mis en évidence dans les requêtes déposées cette semaine dans l’affaire Nashiri. Les avocats de ce Saoudien de 47 ans, qui est maintenu en détention depuis 2002, d’abord par la CIA puis par l’armée, ont demandé au juge que leur client ne soit pas menotté au sol quand il est en entretien avec eux, contrairement à la procédure normale à Guantanamo.

Les avocats ont avancé que, menotté de la sorte, Nashiri n’était pas en mesure de participer à la préparation de sa défense parce que cela lui faisait revivre les traumatismes qu’il avait subis dans la même position durant des années de tortures imposées par la CIA pendant sa détention. La requête a soulevé une brève controverse quant à savoir si les médias seraient autorisés à entendre Nashiri décrire sa torture, ou si ce témoignage devait être fait à huis clos. Le juge militaire a contourné la difficulté en faisant droit à la requête sans demander à Nashiri de témoigner.

La raison du refus de divulguer ces informations sur la torture est claire. Un rapport de l’inspecteur général de la CIA en 2004 [en anglais], dont de nombreuses informations ont été raturées, donne une idée des méthodes criminelles auxquelles Nashiri a été soumis. Ce rapport admet que Nashiri a subi 83 simulations de noyade, une torture qui a été considérée comme un crime de guerre après la Seconde guerre mondiale.

Une autre technique, décrite dans le rapport comme « non autorisée, » consistait à faire fonctionner un marteau-piqueur juste à côté de la tête du détenu debout, nu et encagoulé. Dans le même genre, on armait un pistolet placé sur sa tempe à plusieurs reprises au cours de ce que l’agence appelle « des simulations d’exécutions. »

Les interrogateurs l’ont menacé de faire venir sa mère au centre de torture et de la violer sous ses yeux. Il a été pendu par les bras, attachés dans le dos, jusqu’à ce que les interrogateurs craignent qu’il ne se démette les deux épaules. Sa peau a été mise à vif avec une brosse de toilettes et ils ont délibérément marché sur ses entraves de pieds pour qu’elles entaillent sa chair. Ils l’ont également pris à la gorge, bloquant la carotide jusqu’à ce qu’il s’évanouisse, puis l’ont ranimé, à plusieurs reprises. Il a aussi été soumis au froid extrême, à la privation de sommeil et à des bruits insupportables.

Les interrogateurs ont également été accusés d’utiliser de la fumée comme « technique d’interrogatoire approfondi » mais, pour leur défense, ils ont dit qu’ils ne fumaient des cigares que pour couvrir la puanteur de la cellule où Nashiri était enfermé toute la journée.

Ces tortures ont permis d’obtenir des confessions de Nashiri non seulement pour l’attentat du Cole, mais aussi pour de nombreux autres actes et projets, il a même reconnu qu’Oussama Ben Laden possédait une bombe atomique. Quand il a comparu devant un tribunal militaire en 2008, il a affirmé avoir fait de fausses dépositions pour que la torture s’arrête.

Dans un mémoire déposé à la commission militaire de Guantanamo en juillet dernier, les avocats de Nashiri ont avancé que le gouvernement américain n’avait pas « l’autorité morale » pour le juger. « En torturant M. Al Nashiri et en le soumettant à des traitements cruels, inhumains et dégradants, les États-Unis ont perdu leur droit à le juger et certainement à le tuer, » y est-il écrit. « En appliquant des sévices physiques et psychologiques, le gouvernement a pratiquement déjà tué l’homme qu’il a interpellé il y a 10 ans. »

Aucun responsable américain – que ce soit de la Maison-Blanche, du ministère de la justice qui a validé ces méthodes, ou parmi les interrogateurs de la CIA – n’a été mis en accusation pour une quelconque infraction relative à ces tortures systématiques. Le gouvernement d’Obama est régulièrement intervenu pour mettre fin aux procédures de dédommagement des victimes de tortures.

Les tribunaux de guerre réunis pour les procès de Nashiri et de Sheikh Mohammed et ses co-accusés n’ont rien de neuf. Ils ne font que reprendre les opérations là où elles avaient été interrompues temporairement par l’élection d’Obama en 2008.

Le candidat Obama avait juré de restaurer les « idéaux » et les « valeurs » de l’Amérique en fermant Guantanamo, en réhabilitant l’habeas corpus [le droit de connaître les motifs d’une arrestation et d’être en liberté sous caution tant qu’aucune condamnation n’est intervenue, ndt], et soit de juger, soit de relâcher les détenus qui y étaient. L’un de ses premiers actes de président a été de publier un décret selon lequel ce camp devait fermer dans l’année.

Les procédures militaires en cours contre Nashiri, Sheikh Mohammed et les autres avaient été suspendues et il avait été annoncé qu’ils comparaîtraient devant des tribunaux civils. Mais, face à l’opposition des républicains et d’une grande partie des démocrates de droite au Congrès, Obama a capitulé, signant des lois qui, pour résumer, ont fait de Guantanamo et des tribunaux militaires montés spécialement pour l’occasion, des aspects permanents de l’Etat américain.

Ces tribunaux, qui ont été remaniés à plusieurs reprises pour tenter de leur donner un vernis de légalité, sont conçus d’emblée pour aboutir au verdict voulu par l’Etat. Cela transparaît dans la composition militaire du jury, dans les règles d’administration des preuves qui permettent de présenter des informations obtenues sous la torture, et dans le contrôle complet de l’accusation sur la procédure. S’ils sont effectivement publics, les procès doivent être diffusés dans les médias avec un délai de 40 secondes, ce qui permet à des agents anonymes des services de renseignement d’effacer tout témoignage considéré comme gênant.

Même dans le cas très improbable où les accusés seraient acquittés, ils seraient simplement renvoyés dans leurs cellules de Guantanamo pour y être détenus comme « combattants ennemis » tant que durera l’éternelle « guerre contre le terrorisme. »

Qu’un tel tribunal digne d’un Etat policier soit maintenant une institution permanente, inscrite dans la loi américaine, constitue un avertissement majeur. Plus récemment, Obama a promulgué une loi lui accordant le droit de maintenir en détention pour une durée indéterminée toute personne, y compris un citoyen américain, sans qu’elle soit présentée à un juge, sur la simple base d’allégations non prouvées qu’elle serait un « terroriste. » Son ministre de la justice a publiquement proclamé le « droit » du président à ordonner l’assassinat des terroristes supposés, y compris de citoyens américains.

Le développement abject de méthodes dignes d’un Etat policier qui s’est poursuivi depuis l’ère Bush jusqu’au gouvernement Obama n’est pas simplement le produit d’une idéologie politique ou juridique particulière, c’est surtout le résultat de contradictions profondes et objectives dans le capitalisme américain et mondial.

Dans le contexte d’une crise prolongée du système d’exploitation et de niveaux sans précédent d’inégalité sociale, les procédures authentiquement démocratiques sont devenues impraticables. Craignant la montée des mouvements sociaux et un regain des luttes de classes, l’élite financière prépare de nouvelles méthodes de répression pour défendre son pouvoir et ses privilèges.

Les tribunaux de guerre qui débutent leurs sessions à Guantanamo pourraient bien anticiper sur leur usage plus large contre les travailleurs américains, annulant tous les droits démocratiques et constitutionnels fondamentaux acquis depuis plus de deux siècles.

Cette menace ne peut être contrée que par la classe ouvrière mobilisant sa force indépendante dans une lutte politique pour mettre fin au capitalisme et réorganiser la vie sociale et économique afin de répondre aux besoins de la grande majorité et non aux désirs de profits d’une minuscule élite.

Bill Van Auken

5 mai 2012

(Article original paru le 14 avril 2012)

http://www.wsws.org/francais/News/2012/avr2012/guan-a26.shtm...



3 Témoignage

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

3-1 Manlio Dinucci L'art de la guerre

Ceux qui nous défendent des atrocités

Qui doutait que Barack Obama ne méritait pas le Prix Nobel de la paix va devoir maintenant revenir sur son opinion. Le président a annoncé la création de l’Atrocities Prevention Board, un comité spécial de la Maison Blanche pour la « prévention des atrocités ». Il est présidé par son inspiratrice, Samantha Power, assistante spéciale du président et directrice pour les droits de l’homme au National Security Council, formé par les conseillers les plus importants en politique étrangère. Dans son ascension au pouvoir (auquel elle semble prédestinée par son nom), Samantha, aspirante secrétaire d’Etat, s’est toujours appuyée sur la dénonciation de présumées atrocités, attribuées à ceux qui, chacun à leur tour, sont désignés comme les ennemis numéro un des Etats-Unis. Sous l’aile de son patron, le puissant financier Georges Soros, Power a contribué à élaborer la doctrine « Responsabilité de protéger », qui attribue aux Etats-Unis et à leurs alliés le droit d’intervenir militairement dans les cas où, de leur avis sans appel, des « atrocités de masse » sont sur le point d’être commises. C’est grâce à ce type de motivation officielle, en particulier celle de protéger la population de Benghazi menacée d’extermination par les forces gouvernementales, que le président Obama a décidé l’an dernier de faire la guerre contre la Libye. La doctrine est maintenant institutionnalisée avec la création de l‘Atrocities Prevention Board. A travers la Communauté d’intelligence (formée par la Cia et 16 autres agences fédérales), il établit quels sont les cas de « potentiels atrocités de masse et génocides », en alertant le président. Il préfigure ainsi les outils politiques, économiques et militaires pour la « prévention ». Dans ce cadre, le Département de la défense est en train de développer « des principes opérationnels ultérieurs, spécifiques de la prévention et de la riposte aux atrocités ». Dorénavant ce sera l’Atrocities Prevention Board qui préparera le terrain à de nouvelles guerres. Et il est déjà au travail : face à l’ « indicible violence à laquelle est soumis le peuple syrien, nous devons faire tout ce que nous pouvons », a déclaré le président Obama, en soulignant qu’aujourd’hui comme dans le passé, « la prévention des atrocités de masse constitue une responsabilité morale fondamentale pour les Etats-Unis d’Amérique ». Dommage que l’Atrocities Prevention Board n’ait été créé que maintenant. Sinon il aurait pu prévenir les atrocités de masse dont est constellée l’histoire étasunienne, à commencer par le génocide des populations autochtones nord-américaines. Il suffit de nous souvenir, en nous limitant aux cinquante dernières années, des guerres contre le Vietnam, le Cambodge, le Liban, la Somalie, l’Irak, la Yougoslavie, l’Afghanistan, la Libye ; les coups d’état orchestrés par les Usa en Indonésie, Chili, Argentine, Salvador. Des millions de personnes emprisonnées, torturées et tuées. Pour prévenir d’autres atrocités, l’Atrocities Prevention Board devrait livrer à la justice les responsables, impunis, des tortures et meurtres à Abu Ghraib, à Guantanamo et dans des dizaines d’autres prisons secrètes de la Cia. Il devrait aussi joindre aux actes les vidéos avec lesquelles les soldats étasuniens documentent, pour s’amuser, le meurtre de civils en Afghanistan[1][1][1], que le Pentagone a essayé d’abord d’occulter puis de minimiser. Que Samantha Power les regarde bien, ces vidéos, pour comprendre ce qu’est vraiment une « atrocité de masse ».

[1][1][1]  Voirhttp://www.rollingstone.com/politics/news/the-kill-team-20110327

Manlio Dinucci

Mardi 1er mai 2012

Edition de mardi 1er mai 2012 de il manifesto

Source : Marie-Ange Patrizio - Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

http://www.ilmanifesto.it/area-abbonati/in-edicola/manip2n1/20120501/manip2pg/14/manip2pz/322008/



Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

4-1 Jean-Pierre Muller : Le retrait d'Afghanistan, un premier casse-tête pour Hollande.

L'un des premiers défis de François Hollande sera de rassurer les alliés de la France au sein de l'Otan, qui ont été surpris par son annonce d'un retrait des soldats combattants d'Afghanistan à la fin 2012, deux ans avant les autres pays. |

L'un des premiers défis de François Hollande sera de rassurer les alliés de la France au sein de l'Otan, qui ont été surpris par son annonce d'un retrait des soldats combattants d'Afghanistan à la fin 2012, deux ans avant les autres pays.
Quelques jours seulement après son entrée en fonction, le nouveau
président français sera très attendu à Chicago, où se tiendra les 20 et 21 mai le sommet de l'Otan, le premier depuis novembre 2010.
M. Hollande devra y expliquer pourquoi il estime que la mission des soldats français est désormais "terminée" et comment il entend les retirer sans affaiblir la force internationale.
"Je considère que, sans prendre le moindre risque pour nos troupes, il convient de retirer les troupes combattantes fin 2012", a-t-il déclaré le 2 mai. "J'annoncerai cette décision dès le sommet de l'Otan de Chicago (...) pour que nous engagions ce processus. Je le ferai en bonne intelligence avec nos alliés", a-t-il souligné.
Au siège de l'Otan, à Bruxelles, "le message de M. Hollande est passé et personne ne devrait donc être surpris à Chicago", a indiqué un diplomate.
N'empêche, cette annonce "n'a pas été chaudement accueillie", selon lui. Car elle ébranle la stratégie établie par l'ensemble des alliés en 2010 qui vise à finaliser le retrait des troupes étrangères à la fin 2014.
Il en va de même au sein du gouvernement afghan. "Si la France se retire à la fin de l'année nous serons préoccupés, mais nous respecterons sa décision", a indiqué à l'AFP le porte-parole du ministère de la Défense, Daulat Waziri.
Le président Nicolas Sarkozy avait déjà enfoncé un coin en décidant au début de l'année d'avancer l'échéance à fin 2013 pour les troupes combattantes françaises.
"Il ne faut pas exagérer les conséquences de l'accélération du calendrier par les Français", souligne François Heisbourg, directeur de la Fondation pour la recherche stratégique. "Son impact sera limité sur le plan militaire car les soldats français ne sont actuellement que 3.500 sur un total de 130.000, dont les trois-quarts d'Américains", dit-il.
L'Otan devra cependant réorganiser le soutien à l'armée afghane à qui les Français s'apprêtent à transférer la sécurité de la province de Kapisa (nord-est), la seule dont ils ont actuellement la charge.
"L'adaptation sera gérée sans heurt" afin de "ne pas affecter la situation sécuritaire sur le terrain", assure un responsable militaire de l'Alliance.
Au-delà des annonces politiques, les armées françaises préparent les opérations de retrait qui s'annoncent extrêmement complexes à mener, prendront du temps et coûteront cher. Car il s'agit de rapatrier 1.500 conteneurs et 1.200 véhicules, dont quelque 500 blindés lourds, et 14 hélicoptères.
M. Hollande a reconnu que l'évacuation du matériel prendra "plus de temps" que celle des hommes et qu'elle se poursuivra au-delà de la fin 2012.
A Chicago, le nouveau président devrait par ailleurs rassurer les alliés de l'Otan en ne revenant pas sur la réintégration de la France dans le commandement intégré de l'Alliance, une décision prise par M. Sarkozy malgré les critiques des socialistes.
Publiquement, le secrétaire général de l'Otan, Anders Fogh Rasmussen, a affiché sa sérénité. "La France a toujours été fortement impliquée dans nos opérations de sécurité et je voudrais que cela reste le cas, quel que soit celui qui sera élu", a-t-il déclaré en avril.
M. Hollande pourrait cependant afficher sa différence sur le bouclier anti-missile, dont l'Otan entend annoncer l'achèvement de la première phase à Chicago. "Je suis réticent à l'égard de cette évolution", a-t-il récemment déclaré, en regrettant que la France n'ait pas les moyens d'y participer au niveau industriel.

Jean-Pierre Muller

Publié le 06.05.2012, 20h12

http://www.leparisien.fr/flash-actualite-monde/le-retrait-d-afghanistan-un-premier-casse-tete-pour-hollande-06-05-2012-1987035.php


4-2 Manlio Dinucci : Aube rouge sang à Kaboul.
Après la traversée du sombre nuage de la guerre, la lumière pointe maintenant à l’horizon du nouveau jour : c’est avec cette image rhétorique banale que le président Obama a annoncé l’accord signé avec le président Karzaï. Les plumes qui lui écrivent ses discours, à l’évidence, tirent leur flemme. On ne peut pas en dire autant des stratèges qui on rédigé « l’Accord de partenariat stratégique durable » avec l’Afghanistan. Celui-ci assure qu’après le retrait des troupes en 2014, les Etats-Unis continueront à protéger l’Afghanistan, en lui conférant le statut de « plus grand allié non-OTAN ». Dans le cadre d’un nouvel « Accord de sécurité bilatéral », les Usa chercheront des fonds pour que l’Afghanistan « puisse se défendre des menaces internes et externes ». Ce n’est pas eux qui les alloueront, donc, mais ils les « chercheront » en impliquant les alliés (Italie comprise) (et France : nous sommes aussi des membres de l’Alliance, NdT) dans le paiement de la majeure partie des au moins 4 milliards de dollars annuels pour entraîner et armer les « forces de sécurité » afghanes. Selon  « les standards OTAN », de façon à les rendre « inter-opérationnelles avec les forces de l’Alliance ».  De son côté, Kaboul « fournira aux forces étasuniennes l’accès et l’utilisation continus des bases afghanes jusqu’en 2014 et au-delà ». Ce que l’accord ne dit pas c’est que les principales « bases afghanes », qui seront utilisées par des forces étasuniennes, sont les mêmes que celles qu’ils utilisent aujourd’hui (Bagram, Kandahar, Mazar-e-Sharif et d’autres) : avec la différence qu’y flottera le drapeau afghan à la place de celui des Etats-Unis.  L’accord ne dit pas non plus qu’en Afghanistan opèreront encore plus qu’aujourd’hui des forces Usa-OTAN pour les opérations spéciales, flanquées de compagnies militaires privées. Les Etats-Unis promettent qu’ils n’utiliseront pas les bases contre d’autres pays mais, en cas d’ « agression extérieure contre l’Afghanistan », ils fourniront une « riposte appropriée » comprenant « des mesures militaires ». L’accord, précise l’ambassadeur Ryan Crocker, n’empêche pas les Etats-Unis de continuer à attaquer depuis l’Afghanistan, avec les drones, les résistants au Pakistan, car « il n’exclut pas le droit à l’autodéfense ». Mais les piliers sur lesquels reposera le « partenariat stratégique durable » ne sont pas seulement militaires. Washington encouragera « l’activité du secteur privé étasunien en Afghanistan », en particulier pour l’exploitation de la « richesse minière, dont le peuple afghan doit être le principal bénéficiaire ».  Le peuple afghan peut en être sûr : ce sont des géologues du Pentagone qui ont découvert, dans le sous-sol afghan, de riches gisements de lithium, cobalt, or et autres métaux. L’Afghanistan, rapporte un mémorandum du Pentagone, pourrait devenir « l’Arabie saoudite du lithium », métal précieux pour la production de batteries (et industries pharmaceutiques, NdT). Et puis il y a surtout une autre ressource à exploiter : la position géographique même de l’Afghanistan, de première importance aussi bien militaire qu’économique. Ce n’est pas un hasard si, dans l’accord, les Etats-Unis s’emploient à faire retrouver à l’Afghanistan « son rôle historique de pont entre l’Asie centrale et méridionale et le Moyen-Orient », en réalisant des infrastructures pour les transports, en particulier des « réseaux énergétiques ». La référence est claire au gazoduc Turkmenistan-Inde, à travers Afghanistan et Pakistan, sur lequel mise Washington dans la bataille des gazoducs contre Iran, Russie et Chine. Qui sera contrôlé par des forces spéciales et des drones étasuniens au nom du « droit à l’autodéfense ».

Manlio Dinucci :

Mardi 8 mai 2012

Edition de mardi 8 mai de il manifesto

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio



Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

  • " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19


30/11/2011

n°26 : Dossier : Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage - 29-11 - : 1ap - : Syrie face au chaos.



n°26 : Dossier  : Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage -  29-11 - :  1ap - : Syrie face au chaos.


Déclaration, courrier des lecteurs & témoignagedeSyrie 

n°26                              29-11

C.De broeder & M.Lemaire



Le "Dossier deSyrie" est  visible 

a) sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

b) sur le site de Eva Resis           :  no-war.over-blog.com

c) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com  

d) sur le site : www.palestine-solidarite.org à cette adresse : http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

NB : Si vous vouleznous contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire :  

1  Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

1-1 Pierre Khalaf : Syrie, Liban face au chaos l’unité.

1-2 Marie-Ange PATRIZIO : Chemins de Damas.

1-3 Julie Lévesque : SYRIE : Mensonges médiatiques ou le prétexte à une autre «guerre humanitaire»

Annexe

2-3. L'intervention radio du matin de Françoise Wallemacq.



1 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

1-1  Pierre Khalaf :Syrie, Liban face au chaos l’unité..

Dans une série d’entretiens accordés aux TV US, le 18 novembre 2011, Hillary Clinton a renoncé à présenter les événements en Syrie comme un soulèvement populaire contre le président Assadet a choisi de les qualifier désormais de « guerre civile ».

Cette rhétorique peut également être utilisée pour justifier une intervention militaire conventionnelle, mais il devient de plus en plus difficile de masquer que Washington livre déjà une guerre non conventionnelle avec des commandos infiltrés.

La tendance en Syrie et au Liban

Face au chaos, l’unité et la détermination 
Le déclin du mouvement de contestation populaire en Syrie est désormais une réalité que plus personne ne peut nier. Vendredi 18 novembre, la population a répondu absent aux appels à manifester lancés par une opposition dont les attaches étrangères sont maintenant bien connues des Syriens. Les rares rassemblements enregistrés ont eu lieu dans des villages reculés des régions de Hama, Homs et Daraa. Et la surexploitation des quelques images, passées en boucle par les télévisions tendancieuses, telles Al-Jazeera et Al-Arabiya, n’ont pas réussi à créer un effet amplificateur. 
Pour compenser ce recul décisif de la mobilisation, les groupes extrémistes armés d’obédience islamiste ont multiplié les actions dirigées contre les civils et les militaires, dans le but quasi avoué de provoquer une guerre civile, contre laquelle le ministre russe des Affaires étrangères, Serguei Lavrov, à mis en garde, et que la secrétaire d’Etat, Hillary Clinton, et son homologue turc Ahmet Davutoglu, ont bien été obligés d’évoquer. Les enlèvements massifs de civils sur des bases confessionnelles et sectaires se se comptent par centaines, notamment dans la région de Homs. Les personnes enlevés sont soit assassinées, soit rendus contre versement de rançons… après avoir subies les pires tortures, bien entendu.

Les extrémistes à l’œuvre au Liban 
La multiplication des propos sur la guerre civile devrait faire taire les va-t-en guerre libanais qui prônent, au nom d’une démocratie qu’ils n’ont jamais eux-mêmes pratiqué, le changement de régime en Syrie, comme s’il s’agissait d’une paisible promenade sans grande conséquence sur l’ensemble du Moyen-Orient. Les avocats de la thèse du changement font croire à leurs partisans que le départ du régime de Bachar al-Assad sera dans l’intérêt des Arabes et de la région en général, occultant les actes de violence commis par les opposants syriens, que même l’administration Obama ne peut s’empêcher de reconnaitre, ainsi que les attaques annoncées par leurs médias de groupes extrémistes, présentés comme des déserteurs, contre des positions de l’armée arabe syrienne. 
Ils occultent aussi les appels Frères musulmans lancés à partir de la Turquie à une action militaire étrangère contre la Syrie. Leur conception de la souveraineté, de l’indépendance et de la démocratie, ces valeurs qu’ils prétendent défendre depuis des années, est certainement bizarre. 
Pourtant, les répercussions sur le Liban d’une guerre civile en Syrie seront de l’ordre d’un véritable désastre. Ainsi, les groupuscules islamistes au Nord, à Tripoli, au Akkar et à Wadi Khaled, des zones limitrophes de la frontière syrienne, ne cachent pas qu’ils se préparent activement à prendre le pouvoir dans les régions sous leur contrôle et à attaquer enfin ces mécréants que sont les chiites et en particulier la Résistance. Les agressions contre un hôtel et un débit de boissons à Tyr, il y a quelques jours, sont l’indice que certains groupes préparent déjà des incidents pour monter les communautés les unes contre les autres et notamment les chrétiens contre les chiites, pour semer le chaos au Liban, en parallèle au chaos en Syrie.

Tentatives de discorde confessionnelle 
Les faits sont là, les préparatifs aussi, notamment dans certains camps palestiniens, et les dirigeants du Courant du Futur de Saad Hariri continuent de clamer haut et fort, inconsciemment, qu’il n’y a rien à craindre et que toutes ces théories visent à faire peur aux Libanais, pour maintenir en place le régime syrien. 
La coalition pro-US du 14-Mars fait semblant de ne pas voir combien la tension est en train de monter dans certaines régions du pays et comment le clivage politique ne cesse d’augmenter. Ce qu’elle fait surtout semblant de ne pas voir c’est qu’en cas de chaos en Syrie, ils seront les premiers à être balayés au Liban par les groupes islamistes extrémistes incontrôlables et tous les groupuscules qui se préparent à semer le désordre sur fond de tensions confessionnelles. 
En dépit de ce scénario alarmiste, il y a encore de grandes possibilités pour qu’il ne se produise pas. D’abord, parce que le régime syrien reste solide et uni, et qu’il n’est pas du tout acculé, comme l’espère l’Occident, et encore moins sur le point de s’effondrer pour céder la place au désordre ou à la guerre civile. Comme la réaffirmé le président Bachar al-Assad au Sunday Times, « la Syrie ne pliera jamais face aux pressions. » (Voir ci-dessous). Et aussi parce qu’au Liban, il existe des forces positives, conscientes des dangers et soucieuses de l’intérêt général. Ces forces-là feront tout pour éviter que le pays ne sombre dans la guerre civile et le chaos et pour qu’il ne soit pas détourné de sa lutte initiale contre l’ennemi israélien. Le Liban et la Syrie sortiront grandis et renforcés de cette épreuve, et ceux qui ne cherchent que des vengeances personnelles ou ne font qu’exécuter les plans ourdis à l’étranger et qui ne servent que les intérêts d’Israël, essuieront un nouvel échec… sans doute le dernier avant la fin de leur carrière politique.

Déclarations et prises de positions

Bachar al-Assad, président de la République arabe syrienne 
Extraits d’une interview accordée le 18 novembre auSunday Times britannique 
« Je peux vous assurer que la Syrie ne cédera pas et qu’elle continuera à résister à la pression dont elle fait l’objet. L’injonction de la Ligue arabe a été lancée pour fournir aux pays occidentaux un prétexte pour mener une intervention militaire contre la Syrie. Je suis tout à fait prêt à combattre et à mourir si je devais affronter des forces étrangères. Cela va sans dire et c’est indéniable. Je ressens du chagrin à chaque goutte de sang versée dans son pays, mais que l’Etat doit faire respecter la loi face à des bandes armées. »

Walid Moallem, ministre syrien des Affaires étrangères 
« En Syrie, nous ne considérons pas que l’ultimatum de la Ligue arabe est une question importante. Le contenu est ce qui est important, et parvenir à un accord avec la Ligue arabe est ce qui compte. La proposition de la Ligue arabe comporte des articles reflétant les positions non équilibrées adoptées par certains Etats membres depuis le début de la crise. Ce protocole accorde aux émissaires de la Ligue arabe de très amples prérogatives, voire impossibles, pouvant aller jusqu’à la violation de la souveraineté nationale. Cela est sans précédent dans l’histoire des organisations régionales, qu’une organisation travaille contre l’intérêt d’un de ses membres. Si le combat nous est imposé, nous combattrons. Nous espérons que cela ne nous sera pas imposé. Le problème en Syrie ne peut être résolu que pas les Syriens eux-mêmes (…) Le dialogue est une nécessité pour dessiner l’image de l’avenir de la Syrie dans un esprit de partenariat. J’exclue une guerre civile, bien qu’ils fassent tout pour la fabriquer. Le dialogue national sert de base pour construire la Syrie. Toute personne de l’opposition nationale souhaitant y participer sera la bienvenue. »

Ali Larijani, président du Parlement iranien 
« L’envoi d’armes en Syrie et la dramatisation des événements afin de compliquer la situation interne nuiront à la réputation des pays orientaux et des Etats-Unis. 
La politique des deux poids deux mesures, adoptée à l’égard des événements dans certains pays, confortent notre conviction que les parties qui se précipitent pour exécuter les plans occidentaux contre la Syrie subiront un triste sort
. »

Revue de presse

As Safir (Quotidien libanais proche de la majorité, 18 novembre 2011) 
Imad Marmal
 
La bipolarisation marquée de la scène politique libanaise autour de la crise syrienne a atteint un tel degré que l’avenir politique de chacun des deux camps semble désormais dépendre de l’issue de cette crise. 
Un député du 8-Mars met en garde ses adversaires politiques de l’opposition : « Si le régime syrien reste en place, vous paierez un prix politique très élevé. S’il tombe, vous paierez le même prix et n’aurez pas le temps de vous en réjouir, surtout si le pays sombre une guerre civile ».Un député du 14-Mars refuse ces « intimidations » et affirme que le 14-Mars ne se laissera jamais entraîner vers une guerre civile. Selon lui, c’est le maintien du régime syrien qui menace la stabilité interne du Liban. 
Des sources de l’opposition estiment par ailleurs que les incidents sécuritaires qui ont eu lieu dernièrement sont des messages pour dire qu’on peut semer le chaos au Liban et menacer la Finul et Israël si les pressions contre Bachar al-Assad se poursuivent. Le fait que ces incidents aient eu lieu dans des régions chrétiennes vise à dire que le régime syrien est le seul garant de la sécurité des chrétiens.

As Safir (16 novembre 2011) 
Sateh Noureddine
 
La bataille pour défendre ou renverser le régime syrien sera tranchée à Beyrouth avant Damas. Il existe une décision arabo-internationale pour activer le front libanais, qui est le front le plus efficace et le moins coûteux dans la guerre contre le régime syrien. La décision extérieure ne sera pas individuelle mais prise à l’unanimité par l’ensemble des acteurs concernés. Et les instruments libanais sont prêts.

As Safir (15 novembre 2011) 
Le financement du Tribunal spécial pour le Liban fait l’objet de toutes sortes de pronostics, l’un des scénarios avancé évoquant la possibilité de voir certains pays se porter volontaires pour contribuer au paiement de la part due par le Liban. Mais il ne sera possible d’en savoir plus que lorsqu’on aura obtenu des réponses aux questions soulevées par certaines sources diplomatiques 

: Est-ce vrai que l’ancien Premier ministre Saad Hariri avait demandé à son homologue britannique David Cameron, pendant sa visite en Grande-Bretagne début novembre 2010, de s’acquitter d’une part de la somme due par le Liban, en raison de la conjoncture financière difficile au pays du Cèdre ?

Est-ce vrai que Cameron a accédé à cette requête et que la Grande-Bretagne a augmenté d’un million de dollars sa contribution annuelle, faisant la même chose par la suite en 2011 ?

Est-ce vrai que Cameron lui-même l’a rappelé en recevant son homologue libanais Najib Mikati pendant sa dernière visite à Londres ?

An Nahar (Quotidien libanais proche du 14-Mars, édition du 18 novembre 2011) 
Rosanna Bou Mounsef 

Le vote libanais au Conseil ministériel de la Ligue arabe contre la suspension de la Syrie soulève de sérieuses interrogations sur la capacité du Liban à honorer ses engagements relatifs au financement du tribunal international. La dernière visite de Najib Mikati en Grande-Bretagne a été accueillie par des réserves américano-françaises, les deux pays souhaitant attendre que le Premier ministre libanais concrétise au moins ses engagements au sujet du Tribunal spécial pour le Liban (TSL). La confiance extérieure quant à la possibilité pour le gouvernement de s’acquitter de la somme due au budget de ce tribunal semble donc avoir été ébranlée, d’autant plus que des positions contradictoires sont exprimées dans ce dossier. Le président du Conseil des ministres aurait déclaré à des diplomates qu’il entend mettre la question du financement du TSL à l’ordre du jour du cabinet dans une dizaine de jours. En revanche, d’aucuns excluent un tel scénario et avancent que Mikati connaît déjà la réponse et qu’il cherchera donc à repousser davantage l’examen de ce sujet controversé.

Al Akhbar (Quotidien libanais proche de la majorité, 16 novembre 2011) 
Ibrahim Al-Amine 
La crise syrienne a atteint son apogée et aucun traitement sérieux ne semble en vue. En attendant qu’une partie courageuse et puissante décide d’ouvrir la voie à un dialogue qui mène vers un véritable changement, pour le bien du peuple syrien et pas des intérêts étrangers, les parties extérieures s’impatientent. Elles ne veulent donner aucune chance au dialogue et ne s’intéressent qu’à leurs intérêts qui se résument en une seule idée : la chute ou l’affaiblissement du régime syrien constitue un acquis supplémentaire pour le projet israélo-américain dans la région du Moyen-Orient.

Al Hayat (Quotidien saoudien, 16 novembre 2011) 
Paris, Randa Takieddine
 
Paris considère le Liban comme soumis à la politique du Hezbollah, affirme une source française qui ajoute que les relations avec Michel Sleiman et Najib Mikati sont gelées. Ces sources affirment que tout ce que le gouvernement libanais fait, à l’intérieur comme à l’extérieur, reflète la mainmise du Hezbollah sur la politique libanaise. Sur le plan intérieur, les sources notent la stagnation au niveau de l’action du gouvernement, parce que la politique du Hezbollah est de geler toute action gouvernementale. Elles rappellent que le Liban est passé par plusieurs périodes où ses gouvernements ne gouvernaient pas. De même, toutes les positions du Liban sur le plan extérieur et international, sur le TSL, la Syrie, la Ligue arabe et la Palestine, montrent l’hégémonie du Hezbollah sur le gouvernement libanais. 
Les sources estiment que le premier ministre Najib Mikati est incapable d’imposer sa position, qu’il avait communiquée au ministre français des Affaires étrangères Alain Juppé et au Premier ministre britannique David Cameron. M. Mikati avait également informé la partie américaine qu’il allait présenter sa démission s’il s’avère incapable d’assurer le financement libanais du TSL, mais toutes les informations qui parviennent à la France, y compris des cercles proches de M. Mikati, montrent qu’il ne démissionnera pas. 
Le vote du Liban à la Ligue arabe n’a pas surpris Paris qui se demande sur l’orientation que prend le Liban tant que le régime syrien n’est pas tombé. Cette chute est pourtant inévitable, estime la France, surtout après la décision de la Ligue arabe. 
Les sources signalent que si l’Iran est attaqué, il est certain que le Hezbollah entrera dans la bataille, ce qui risque d’entraîner une guerre régionale de grande envergure. Les cercles de prise de décisions à Paris estiment que le Hezbollah ne s’exposera pas à des risques pour aider la Syrie comme il le ferait pour l’Iran, d’autant plus que le parti Baas n’est pas proche idéologiquement du Hezbollah comme l’Iran. 
La France a adressé des messages au président Sleiman soulignant la nécessité de ne pas livrer des opposants et des réfugiés syriens, et d’empêcher qu’ils soient enlevés sur le sol libanais. La réponse a été qu’il y a une convention sécuritaire et un traité entre le Liban et la Syrie qui interdisent à chacun des deux pays de permettre à l’opposition de l’autre pays d’agir contre lui. 
Paris considère que les relations politiques au niveau du président de la République et du président du Conseil des ministres libanais sont gelées jusqu’à nouvel ordre. La priorité pour le moment est de suivre l’évolution du dossier syrien qui a un impact sur la situation au Liban. Certains à Paris doutent que la chute du régime syrien assouplisse la position du Hezbollah, d’autant plus que le parti renforce sa position sur la scène intérieure pendant les développements en Syrie.

Ad Diyar (Quotidien libanais proche de la nouvelle majorité, 18 novembre 2011) 
Ibrahim Jbeily
 
Comment expliquer l’enthousiasme sans précédent de la France vis-à-vis du printemps arabe.

La réponse est claire, la France ayant laissé ses empreintes partout et s’empressant de transférer son matériel d’un pays à l’autre dès la fin du mouvement de contestation dans le premier pays. Après la Tunisie, l’Egypte et la Libye, c’est aujourd’hui Damas qui est dans le collimateur français. L’apparition d’un homme mystérieux : Bernard-Henri Lévy, qui s’active aujourd’hui sur le front de l’opposition au régime en Syrie. Dans le dossier syrien, il se serait mis à la tâche dès que l’Odéon à Paris a ouvert ses portes à l’opposition syrienne. On peut voir les empreintes de Bernard-Henri Lévy dans les dernières déclarations anti-régime faites à la presse par l’ancien vice-président syrien Abdel Halim Khaddam. Pour l’intellectuel français, la frontière syro-turque constitue aujourd’hui le point de départ idéal. Il a réussi à convaincre Paris et les autres grandes puissances d’introduire clandestinement en Syrie, via la frontière turque, des missiles Stinger destinés aux insurgés. Et c’est la compagnie aérienne française Corse Air qui transporte ces armes vers la région de Cilicie afin qu’elles soient passées en contrebande à bord de petites voitures à destination des insurgés. 
Bernard-Henri Lévy attend impatiemment d’avoir mené jusqu’au bout ses noirs desseins en Syrie pour passer au Soudan. L’Algérie a elle aussi sa place sur son agenda.

L’Orient-Le Jour (Quotidien francophone libanais proche du 14-Mars, édition du 18 novembre 2011) 
Le porte-parole de la Finul, Andrea Tenenti, a déclaré que dans son dernier rapport sur l’application de la 1701, le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-Moon, a relevé qu’après cinq années d’opérations au cours desquelles la Finul a élargi la panoplie de ses activités, il est désormais temps d’effectuer une révision de la stratégie de la mission onusienne. « Dans ses remarques, le secrétaire général a également mis l’accent sur la tenue d’un dialogue stratégique qui est un élément important en vue d’aider les forces armées libanaises à renforcer leurs capacités de manière à faciliter le transfert graduel des responsabilités des Casques bleus vers la troupe libanaise », a affirmé Tenenti qui a relevé que la décision d’effectuer une révision stratégique n’est pas nouvelle, puisqu’elle avait été soulevée en août 2011, à l’occasion du renouvellement du mandat de la Finul. 
Par ailleurs, et en vue de l’arrivée de la frégate militaire brésilienne qui viendra rejoindre les forces onusiennes chargées de surveiller les eaux territoriales libanaises, plusieurs personnalités brésiliennes d’origine libanaise sont arrivées au Liban. La frégate sera accueillie par le président de la République, Michel Sleiman, des responsables libanais ainsi que par le vice-président de la République brésilienne d’origine libanaise, Michel Tamer, déjà arrivé à Beyrouth.

L’Orient-Le Jour (18 novembre 2011) 
Philippe Abi Akl
 
Un diplomate occidental accrédité à Beyrouth reconnaît que les pays occidentaux, notamment ceux de l’Union européenne, accordent au gouvernement Mikati un délai allant jusqu’au début 2012 pour s’acquitter de son dû dans le financement du Tribunal spécial pour le Liban (TSL), sachant que le délai fixé par la direction du TSL se termine fin novembre. Sauf que de grandes capitales ont repoussé cette date jusqu’au début de l’an prochain et là, en cas de non-respect par Beyrouth de ses engagements, des sanctions seront prises contre lui. 
Contrairement aux personnalités influentes du monde de l’économie et des finances, les milieux du 8-Mars écartent pourtant cette hypothèse et ne pensent pas que l’UE irait jusque-là, assurant que les grandes puissances savent pertinemment quel impact négatif d’éventuelles sanctions auront sur le Liban. La majorité au pouvoir évoque des « informations » qu’elle aurait recueillies auprès de « parties européennes » qui affirment que « rien n’est sûr » à ce niveau, que c’est juste un bâton que les grandes puissances brandissent pour pousser le Liban à payer sa part et qu’il y a mille et une façons d’assurer le financement du TSL si le Liban fait défaut. Dans tous les cas, toujours selon les mêmes milieux diplomatiques, la nature de ces sanctions n’a pas encore été définie et tout reste matière à débat en fonction de la position du gouvernement libanais. Le dossier est entre les mains de la France et c’est à elle d’appeler à une réunion où les décisions européennes seraient prises. On dit et on répète que Paris tend à imposer des sanctions contre Beyrouth en cas de non-paiement ; une tendance communiquée au Premier ministre Najib Mikati au cours d’une récente réunion avec les ambassadeurs européens. 
Les milieux diplomatiques assurent que le PM a officiellement promis à David Cameron et Catherine Ashton que Beyrouth allait respecter ses engagements, parce qu’il tient à sa crédibilité et à garder la confiance placée en lui. Il a également promis que Beyrouth allait rester neutre dans le dossier syrien pour éviter toute répercussion négative de la situation en Syrie sur le Liban. 
Quoi qu’il en soit, Najib Mikati a tout récemment indiqué à l’un des diplomates européens reçus au Sérail qu’il démissionnerait s’il ne parvenait pas à assurer la quote-part du Liban dans le financement du TSL. Mais son entourage a vite précisé que cette démission n’était pas nécessairement chose acquise. Quant au 8-Mars, il ne prend pas cette menace au sérieux, jugeant que c’est une façon pour Najib Mikati de faire pression sur Damas et le Hezbollah afin qu’ils l’aident à assurer le financement du TSL.

L’Orient-Le Jour (18 novembre 2011) 
Le Hezbollah a commenté dans un communiqué le nouveau rapport sur la 1701 du secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-Moon, qu’il accuse de « parti pris en faveur de l’administration occidentale ». Selon le parti, le secrétaire général aurait mieux fait de « s’aligner sur la volonté de consolidation de la paix et de la sécurité dans le monde, un objectif que poursuit en principe l’organisation internationale ». 
Au lieu de cela, poursuit le texte, le secrétaire général « n’a fait que réitérer les déclarations occidentales et les arguments qui émanent de leur adversité à la résistance et du manque respect des sentiments du peuple libanais ». 
Ce rapport, poursuit le communiqué, « est truffé d’erreurs, et laisse filtrer une gêne certaine du choix fait par les Libanais en vue de renforcer leur position face à l’occupation sioniste et à aux agressions continues de l’État hébreu ». 
Le communiqué souligne en outre que le rapport est contraire à la réalité du terrain qui montre clairement que « la stabilité prévaut dans les localités du Liban-Sud », un fait qui avait été relevé par bon nombre de responsables internationaux, à leur tête le commandant en chef de la Finul, note le Hezbollah. 
Le Hezbollah a estimé que le fait que les institutions de l’organisation internationale se trouvent sous l’emprise des puissances occidentales, à leur tête les États-Unis, « constitue un réel danger qui menace la sécurité et la paix internationales et pousse les puissances hégémoniques à violer les droits des peuples. »

The Globe (Quotidien canadien, 14 novembre 2011) 
Patrick Martin 
« À votre avis, monsieur, pensez-vous qu’il y ait encore un espoir ? » J’étais presque gêné par la nature dramatique de la question que me pose cette vendeuse de chaussures de l’est de Beyrouth. Je sais exactement ce qu’elle entend par là. Dans toute la région, les chrétiens se sentent menacés. Les événements s’enchaînent, les régimes tombent, l’ordre ancien n’est plus. Et pour les chrétiens -en Egypte, en Irak, en Syrie et au Liban– c’est une source de préoccupation. 
Je lui ai répondu que toute la région était en plein bouleversement et que beaucoup de bonnes choses pourraient en sortir. Je lui ai expliqué que les chrétiens de Syrie avaient peur de ce qui pourrait leur arriver si les islamistes sunnites prenaient le pouvoir à Damas. Jusqu’à présent, les chrétiens de Syrie se sentaient raisonnablement protégés sous le régime de Bachar al-Assad. 
Un homme se tient debout avec ses trois enfants à l’extérieur de l’église grecque-orthodoxe magnifiquement reconstruite dans le centre-ville. L’homme, d’environ 50 ans, me dit qu’ils étaient des parents de la mariée. Il parle avec appréhension de l’avenir de ses enfants au Liban. Au vu des événements récents, il se demandait « s’il ne serait pas mieux pour les enfants si nous allions au Canada ».

Pierre Khalaf

Source : New Orient News (Liban)

23 NOVEMBRE 2011

http://www.voltairenet.org/Syrie-Liban-face-au-chaos-l-unite


Un témoignage de Syrie

1-2 Marie-Ange PATRIZIO : Chemins de Damas.

Chers amis,

Je reviens (samedi 19 novembre 2011) d’un voyage de 6 jours en Syrie, à l’invitation des Eglises d’Orient [1], autorisé par le gouvernement syrien, et, pour ma part, à la demande de Mère Agnes-Mariam de la Croix, dont j’ai fait la connaissance à la fin du mois d’avril 2011 après qu’elle a lu, sur le site du Réseau Voltaire, ma traduction du texte de D. Losurdo ‘Que se passe-t-il en Syrie ?’ [2].

La logistique a été assurée en coordination avec Thierry Meyssan et le Réseau Voltaire.

Prévu pour une 50aine de personnes au départ, et destiné prioritairement à des journalistes de la presse catholique, ce voyage n’a en définitive regroupé que 15 personnes arrivant de l’étranger : aucun français parmi les journalistes professionnels de la presse écrite ou radio-télévisée, mais : 5 belges, une journaliste venant de Madrid et un journaliste étasunien. Aucun membre de la presse française contactée n’a donc répondu favorablement et saisi l’occasion d’aller voir sur le terrain ce qui s’y passe. Paradoxe surprenant, alors que nos media ne manquent aucune occasion d’accuser la décision du « dictateur » Assad et de « son » régime d’empêcher les journalistes indépendants d’aller en Syrie. Nous pouvons donc témoigner aujourd’hui non seulement que des journalistes et contributeurs divers peuvent entrer officiellement dans ce pays, mais que certains de ceux qui se plaignent de la censure de ce régime sont aussi ceux qui refusent cette occasion extraordinaire quand elle leur est offerte : sous prétexte d’indépendance de la presse, ne pouvant pas entrer s’ils sont invités ?( !) La liberté ne serait-elle garantie que par la clandestinité dans un pays qu’on se hâte maintenant de déclarer en « guerre civile » ?

Les autres membres du groupe étions des représentants d’associations catholiques (Italie) ou des militants actifs sur Internet, pas (très) catholiques pour la plupart et avec - le moins qu’on puisse dire- des positions politiques hétérogènes.

Ce que je vous adresse aujourd’hui, taraudée par une urgence à rendre compte de ce séjour, n’est pas un reportage de journaliste, puisque je ne suis pas journaliste mais psychologue et traductrice, mais une lettre à des amis et camarades. Un témoignage, pour le moment partiel et non chronologique, de ce qui m’a frappée dès les premières heures passées dans ce très beau pays : l’ampleur incroyable, révoltante du mensonge que les media nous assènent ici sur la situation en Syrie. Mensonge en action et en omission, comme on dit. Ces notes seront suivies, ultérieurement, de récits détaillés de plusieurs séquences du voyage, représentatives de la situation actuelle, démontant et démentant l’intoxication époustouflante en cours depuis 8 mois sur les événements qui tentent de déstabiliser ce pays.

Avant tout, j’indique que les organisateurs nous avaient certes préparé un agenda chargé (et annoncé) mais pas obligatoire, bien sûr : chacun des membres de ce groupe a eu la possibilité d’assister ou pas - à visage découvert !- à tout ce qui était prévu, ou/et de quitter le groupe pour aller où il espérait aller, sans forcément avoir à dire où. Je dirai aussi que je ne connaissais pas la composition du groupe avant d’être sur place. Je n’ai constaté aucune entrave (à part des embouteillages monstres, même en Syrie, oui, même ces jours-ci) à une liberté de déplacement, ni aucune surveillance : je dirai même qu’à certains moments, je l’aurais presque appréciée, cette surveillance tant décrite et décriée ici.

Ne parlant pas arabe je me suis contentée (sans être jamais déçue) de rester dans le programme annoncé (et sans cesse bouleversé sous la pression des événements), y compris deux demi-journées pour faire un peu de tourisme. J’ai profité de ces moments d’inoccupation dans un programme dense et éprouvant, intellectuellement, moralement et physiquement, pour promener dans la ville de Damas, qui est superbe. Nous n’avons pas eu le temps de faire davantage d’escapades. A Saint Jacques le Mutilé (Qâra), nous n’avons eu que quelques heures (diurnes) pour promener dans et autour du monastère : j’y ai modestement participé à la fin de la récolte des olives (2 tonnes 4).

Je dirai donc en introduction : liberté, oui, de se déplacer et, en dehors de mon expérience du poste de frontière sur la route Beyrouth-Damas (que je relaterai plus tard sur le thème « que fait la police ? »), personne ne nous a jamais interrogés, ce qui s’appelle interroger, pas bavarder, sur notre présence et nos intentions. Les esprits supérieurs se gausseront : bien sûr, nous étions embedded… Je précise aussi à ce sujet que j’ai payé mon voyage [3], mais que je n’ai quasiment rien dépensé là-bas [4] : une amie syrienne, ici, m’avait dit qu’il était de toutes façons impensable de payer quoi que ce soit dans l’hospitalité syrienne. Chrétienne ou autre.

La liberté de déplacement, pour la plupart d’entre nous y compris les journalistes professionnels, pouvait par contre se trouver limitée plutôt par un élément central et banal dans toute région du monde : parler ou pas la langue du pays, en l’occurrence l’arabe. Je pratique un anglais précaire, et les Syriens parlent parfois le français. Pour tous les déplacements et rencontres, spontanés ou organisés, je n’ai donc, de façon très intéressée, quasiment pas quitté une documentariste algérienne (résidant en France) qui a eu la générosité de (se) faire notre interprète, en plus de son travail (filmer et enregistrer). L’autre interprète inlassable était Agnes-Mariam de la Croix. Le lecteur inlassablement critique pourra dire qu’elles traduisaient ce qu’elles voulaient : évidemment. Les enregistrements (par les journalistes et documentaristes du groupe) faits en arabe avec traduction simultanée permettront de vérifier la fiabilité des traductions. Je dirai ici ma surprise que les rédactions qui ont envoyé leurs journalistes ne leur aient pas aussi adjoint les services d’un interprète, élément essentiel d’un travail annoncé comme indépendant (étant, nous, aliénés dans nos idéologies) dès l’arrivée sur le terrain.

Au monastère et dans certains déplacements, les Sœurs Carmel et Claire-Marie, et deux frères de la communauté, tous quatre francophones, ont rendu notre séjour beaucoup plus confortable y compris matériellement, logistiquement, et moralement. Merci à vous tous de votre présence chaleureuse, constante et courageuse qui a transformé notre séjour. Et à notre patient chauffeur, depuis Qâra, dans la province de Homs et à Banyas.

La vie, quotidienne, banale, qu’on perçoit dans la rue c’est la vie d’une population qui supporte un embargo et des sanctions : rien moins quand même qu’un « génocide lent » pour reprendre l’expression de Webster Tarpley. Sanctions qui, par des mécanismes bancaires dont je n’expliquerai pas ici la complexité des rouages, entraînent, entre autres choses, l’augmentation des prix des carburants nécessaires au confort domestique : pour se chauffer, notamment, et il fait très déjà froid, et humide, en Syrie ces jours-ci. Sans parler du reste des effets des sanctions, sur quoi nos interlocuteurs ne se sont pas attardés. Les gens continuent à vaquer à leurs occupations avec suffisamment de tranquillité (je parle de la rue, des souks, des marchés etc. à Damas mais aussi sur les routes, dans les campagnes) pour qu’on se sente à l’aise aussi bien dans des ruelles désertes à la nuit tombée, qu’aux souks, ou dans les fabuleux monuments désertés par les touristes, ou au restaurant. Restaurants sans aucun doute beaucoup moins fréquentés qu’en période touristique ou dans le train-train damascène traditionnel (mondain ou non). Il n’y a pas de visiteurs étrangers actuellement en Syrie et le commerce doit s’en ressentir considérablement. En dehors d’un déplacement dans Damas, en cortège de 5 limousines noires qui se voulait sans doute une courtoisie de la part du gouvernement (seule intervention logistique des services du régime), nous n’avons jamais été escortés, sécurisés, surveillés etc. Je l’affirme ici malgré les allusions que j’ai déjà lues dans d’autres commentaires, sans que leurs auteurs ne donnent de détails.

Je reviendrai plus tard sur ce convoi protocolaire pittoresque et cocasse dans le paragraphe « Que fait la police ? ».

On s’est même perdu plusieurs fois… Comme surveillance (et protection), j’imaginais (et aurais -bêtement ?!- espéré à quelques reprises) autre chose.

L’atmosphère de guerre civile que nous décrivent lourdement nos media, stipendiés par les nôtres de régimes, je ne l’ai pas trouvée (tant mieux) ; et je peux dire que certains membres de notre groupe l’ont vraiment cherchée, librement. Librement pouvant inclure le service recommandé par leurs directions éditoriales. Dire et écrire autre chose que cette simple phrase : « il n’y a pas de guerre civile en Syrie », relève du mensonge. Dire qu’il s’agit d’un début de guerre civile impliquerait que nous eussions assisté (de près ou de loin, ou par des témoignages) à des affrontements armés et significativement massifs entre des factions de la population, entre elles ou/et avec les forces de sécurité (armée, police etc.) ; la guerre civile n’oppose pas des groupes armés venus de l’extérieur à des soldats de l’intérieur. Dans ce cas cela s’appelle une agression militaire.

Nous aurons l’occasion de revenir sur l’équipement des « insurgés ». Les collègues journalistes qui ont déjà documenté ce voyage ont eux-mêmes reconnus la réalité, terrorisante, atroce dans ses méthodes, de ces incursions depuis l’étranger de bandes de tueurs. Et c’est après chaque témoignage sur cette terreur que j’aurais, pour ma part, bien aimée être parfois plus escortée et surveillée. Et protégée. Le fait que j’écrive aujourd’hui alors que notre voyage était évidemment connu et surveillé par les donneurs d’ordre, étrangers, des escadrons de la mort, est la preuve que, justement, pour le moment au moins, nous pouvions encore circuler en sécurité et sans escorte.

Les Syriens que j’ai rencontrés sont d’une extrême hospitalité : et c’est un pays où il est agréable de se promener même en ce moment, du moins dans Damas. Ailleurs, l’atmosphère que nous avons vécue n’était pas celle d’une tension palpable, mais c’est nous, de là où nous venions, qui étions parfois très tendus (à Homs, à Banyas) : sous l’effet soit de ce que nous venions d’entendre de la part de certains interlocuteurs, victimes des escadrons de la mort, soit sous l’effet de la propagande à laquelle il est difficile d’échapper en France, Italie, Espagne, USA, Belgique ; même quand on est critique par rapport à ces media. Et dans les villes de Homs et Banyas, où nous avons vu et entendu ces victimes et/ou leurs proches, civils ou militaires tués, il est évident qu’il valait mieux être prudent. Le groupe de quelques uns des envoyés spéciaux qui est retourné une deuxième fois à Homs, avec Agnes-Mariam, est même tombé en panne à la sortie (« 10 Kms ») de la ville, à la nuit tombée, et nous a raconté ça le soir, sans drame. Ils sortaient pourtant d’une visite à la famille d’un homme qui avait été enlevé et massacré par les terroristes.

Dans nos déplacements, il était facile de se faire repérer comme étrangers, que les passants soient ou non de ces agents des services de sécurité dont on nous parle tant ici, et qui doivent être très discrets et parfaitement formés car, s’il y en avait, on ne les a jamais vus, ni entendus. Ou bien sommes-nous, nous, de gros benêts endoctrinés (au sabre et au goupillon, n’est-ce pas) et aveugles.

Nous n’avons vu aucun touriste étranger de tout notre séjour. Donc, ma foi, nous avons eu quelque succès … D’autant plus qu’on se baladait avec appareils photos, caméras, carnets de notes etc. Les gosses demandaient (plus ou moins discrètement !) qu’on les prenne en photo ; et ceux qui n’étaient plus des gosses assumaient qu’on les enregistre, à l’improviste, et à visage découvert (eux et nous), donnant (et nous aussi) les noms, adresses etc. A l’opposé exactement de ce que nous a par exemple montré le reportage, diffusé par Arte, de Madame Sofia Amara (dont je vous recommande, pour avoir une idée de sa fiabilité, d’aller voir sur Internet quelles frasques elle a faites avant de se reconvertir avec un grand sens de l’opportunisme dans le prétendu reportage de vraie guerre humanitaire) [5].

Nous avons été le premier groupe de presse entré officiellement en Syrie depuis le début de l’ « insurrection » : je dis officiellement pour signifier que les autres journalistes, ou prétendus tels, sont entrés (si on les croit, car on n’a quand même pas trop de preuves avérées de leur séjour dans le pays) clandestinement [6] : on est en droit, donc, de se demander quelle indépendance ils ont par rapport aux escadrons de la mort qui sévissent dans certaines villes et régions proches des frontières - c’est plus facile pour le moment - où sont établies leurs bases arrières.

Les véritables opposants au régime se déclarent, afin de faire connaître leurs revendications : parmi lesquelles l’ouverture, officielle, assumée, à la presse étrangère.

Depuis qu’a commencé la tentative de déstabilisation du pays, il me semble évident que le « régime » a intérêt à contrôler ceux qui entrent : il y a assez de bandes de tueurs qui s’infiltrent sans, en plus, avoir la stupidité de laisser venir n’importe qui, sous prétexte de prouver - à des gens qui ne veulent de toutes façons rien en savoir - qu’on ne serait pas un régime dictatorial.

Le mot qui revient toujours quand les gens vous abordent c’est « Welcome » ; il paraît que c’est une tradition en Syrie. Mais cette tradition a en ce moment une tonalité particulière pour le visiteur, avec tout ce que les Syriens entendent venant de nos pays : car, eux, ils ne regardent pas que les chaînes de nos media dominant la désinformation. Ils regardent et savent ce que nous on entend mais ils regardent aussi d’autres chaînes, indépendantes : celles n’appartenant pas aux monarchies (libres…) du Golfe. Et ils ont des moyens d’information pour se faire leur propre idée ; d’autant plus, évidemment, que eux sont sur place, à la différence des journalistes ici qui répètent, sans se déranger sur le terrain, ce que leurs rédactions leur commandent.

Dans la rue donc, après vous avoir dit Welcome les passants vous disent souvent We love Assad et, si vous vous présentez comme français, Sarkozy (et parfois Joupé) bad, bad en faisant le geste (sans équivoque), de celui qui écrase quelque chose sous son talon : et ils appuient bien fort, bien franchement. Propagande ? Alors ils sont une majorité, chez les jeunes surtout, à être complètement intoxiqués et aveuglés par le régime : à ce degré de masse, ça deviendrait une dictature populaire… Question à propos du niveau d’information des passants dans les rues de la « dictature » syrienne et chez nous où règne la liberté de la presse et d’opinion etc. : qui, ici, pas dans la rue mais même chez les gens informés, connaît le nom du ministre syrien des affaires étrangères ?

Pour le lecteur perplexe, je précise que je parle ici non pas seulement des gens rencontrés dans les rendez-vous organisés (embedded, n’est-ce pas) mais dans la limite de 6 journées : dans les rues de Damas, avec des passants qui faisaient leurs courses ; sur les routes, lors des haltes imprévues ; dans les rues de Homs, où nous avons débarqué après avoir été reçus par le gouverneur avec des représentants des hiérarchies chrétiennes et deux membres de l’opposition présente dans le pays. Tous donnant leurs noms et téléphones et acceptant d’être filmés et enregistrés : pour eux, tous, aussi, mise en scène du régime ? C’est possible mais alors la comédie était déjà assez critique contre le régime : digne de passer chez nous dans certaines émissions un peu plus indépendantes que la majorité des autres.

Et dans tous les cas, et même pour les deux personnes de l’opposition rencontrées à Homs, il y avait une distinction entre la critique du régime, dont ils pensent qu’il doit être largement et profondément réformé - avec leur participation - et celle du président Bachar al Assad : tous les gens que nous avons rencontrés, spontanément, pseudo-spontanément si la Syrie est totalement contrôlée par les services de sécurité, ou de façon partisane (par exemple certains membres du Parti Baas, dont il était inutile qu’ils nous disent qu’ils étaient membres du parti : c’était évident), tous ont fait cette distinction : apparemment, dans tous les avis que j’ai entendus (y compris avec ma voisine syrienne dans l’avion, installée à Paris depuis plusieurs années, à qui j’envoie ce texte), le président Bachar Al Assad est à l’écart, personnellement, de la masse des critiques. Exceptionnalité d’un régime dictatorial qui serait assez soudé et généreux pour laisser le chef à l’abri et prendrait sur lui toutes les critiques ? Ceci est une des composantes les plus surprenantes pour moi du mensonge époustouflant et grossier des media ici, qui désignent Bachar Al Assad comme un dictateur haï par la population.

Dans ce que j’ai entendu - toujours dans les deux sortes de rencontres : programmées et imprévues - de la critique contre le régime, ce qui revient le plus souvent et avec force est : la bureaucratie, la corruption, l’absence de liberté de parole : critiques, toutes, que nos interlocuteurs attribuent au régime instauré par le père de Bachar mais qu’ils sont prêts à ajourner face à la seule urgence : défendre leur pays, la nation, contre l’agression étrangère. Défendre leur société, leur civilisation, dont ils ne cessent de dire avec fierté qu’elle est plurielle depuis longtemps et que c’est ce qui fait sa solidité. Nous avons rencontré (de façon organisée, oui, annoncée et assumée comme telle) pas mal de chrétiens, mais pas seulement : tout le monde est d’accord sur ce point : ils parlent avant tout en tant que citoyens syriens, pas comme membres de telle ou telle religion, ou association ou parti : même s’ils ont l’honnêteté d’annoncer la couleur -et dans le clergé des églises orientales, souvent éclatante, la couleur !

Ce qui revient toujours aussi c’est la désignation précise de leurs agresseurs véritables, hors du pays : monarchies du Golfe, Qatar, fondamentalistes et capitalistes au service des USA et Israël. Désignés nommément et dans une analyse politique sans faille. Tous témoignages et déclarations (à quelques rares exceptions près) à visage découvert. Nous y reviendrons.

Le dimanche matin (13 novembre 2011) nous avons assisté à la fin d’une manifestation gigantesque : déclenchée par la décision, samedi 12 novembre [7], de la Ligue Arabe (disons plus clairement : Ligue des Arabes du Golfe [8]) de suspendre la Syrie de sa qualité de membre : les citoyens syriens que nous avons rencontrés étaient partagés entre la consternation et la révolte.

Nous arrivons dans une des grandes artères de la ville quand la manifestation est terminée ou presque : nous allons rester sur le terre-plein séparant les deux voies environ deux heures durant, pendant qu’une partie des manifestants quitte le cortège (par une des trois voies d’évacuation possible) : pendant ces deux heures de retour de manif, nous voyons passer des gens souvent souriants, en famille majoritairement, ou par groupes de jeunes qui viennent parler avec nous : toujours les mêmes mots (voir plus haut) et slogans scandés ici gaiement (voire en dansant). Les filles qui se donnent le bras en léchant leurs chupa chups : allures de kermesse, parfois.

Même sans comprendre l’arabe, on identifie assez rapidement un phonème : repérable car il revient sans cesse marteler les interventions des passants ou des orateurs encore au micro, dans ou hors des restes de cortège : Syria (prononcer : Souria). Et je suis frappée aussi par la gravité des jeunes quand ils s’immobilisent pour chanter l’hymne national. Pas parce qu’ils ont gagné un match de foot ; pour défendre leur nation. Embrigadés ? Mais alors, quelle est la proportion dans la population globale, de ces gens qui descendent dans la rue, pas pour écouter en rangs un discours de propagande bien formaté, mais vivants : dansant, chantant, riant, posant pour la photo ? Sous la contrainte ?

Ce dimanche-là, à Damas, alors que la Syrie venait d’être mise au ban de la Ligue Arabe, j’ai reçu une leçon sur les termes : patrie, patriotes. Qu’ils revendiquent (très majoritairement apparemment) ou pas leur admiration pour Bachar Al Assad, tous ceux qui sont là, dans les rues de Damas (et ce sera constant dans toutes nos rencontres spontanées ou organisées) sont avant tout des patriotes, c’est leur nation qu’ils défendent.

Ces salves de slogans (dont ceux « pro Assad »), quelle que soit la réalité de ce pouvoir que je ne connais pas (encore), ont été un des moments impressionnants de ce voyage. Elles avaient une force et une beauté qu’on n’entend pas (plus ?) dans nos pays gavés de libertés d’expression, de droits de parole etc. : celles de l’unité d’un peuple qui est debout, conscient de ce qu’il risque de perdre.

Ces premières impressions seront complétées par des comptes-rendus plus circonstanciés et précis, sur ce que j’ai vu et entendu : impressions, observations non impartiales ? Qui prétend l’être ? Le ministre français des Affaires étrangères qui veut « sauver par des couloirs humanitaires des populations civiles », ingérences qui le conduiront peut-être un jour devant la CPI, avec ses chefs de bande de l’Elysée et Matignon, pour complicité de crime de guerre (assassinat de prisonniers de guerre : Kadhafi, entre autres) et crime contre l’humanité (embargo génocidaire) ? Bernard-Henri Lévy ? Je me limite dans cette lettre à la dénonciation du mensonge, pas à celle de l’obscénité.

« Nous [Syriens, de tous bords] sommes dans un ghetto médiatique, blocus médiatique et nous supplions ceux qui ont la justice, l’équité [au cœur] et qui oeuvrent dans les media de montrer la vérité. Nous ne voulons rien d’autre que montrer la vérité », nous a dit un des représentants de l’opposition à Homs [9].

J’ai lu, vu et entendu depuis mon retour, quelques reportages de nos collègues envoyés spéciaux, présents avec nous en Syrie. « Une part de vérité » [10] annonce l’un d’eux, ménageant l’éventualité de ne pas avoir « tout » vu dans ce « voyage bien balisé par le régime en place mais malgré tout utile ». Ne peut-on entendre aussi dans ces quatre mots un effet du retour d’autres parts de vérité, perçues mais refoulées ? Les auteurs auront leurs raisons, multiples. Mais, fut-ce dans l’équivoque d’un titre, cette autre part peut resurgir, et, à l’insu de l’auteur, produire des effets. On a des précédents fameux dans la région : tel ce fonctionnaire de police zélé au service des occupants impérialistes de l’époque, terrassé (par quoi ?) sur le chemin de Damas. Avec vingt siècles d’effets, en tous genres.

Pendant qu’il en est encore temps, nos directeurs de rédaction occidentaux - européens, étasuniens, israéliens, impérialistes, détenteurs d’armes de distraction de masse [11] - ne perdraient rien à faire un peu d’histoire : la Syrie est un livre rare, à cet égard, et je crois que ses habitants défendent davantage cette richesse là que leurs puits de pétrole.

m-a patrizio
Damas 19 novembre - Marseille, 24 novembre 2011
marie-ange.patrizio@wanadoo.fr

Post scriptum : site du monastère de Saint Jacques l’Intercis : http://www.maryakub.org/medias.html

et deirmaryakub@gmail.com

Voir aussi la revue de presse transmise le 22 novembre par le Réseau Voltaire :

Cette revue de presse ne comprend pas les émissions sur les télé libanaises (OTV, Al-Manar, NBN) et syriennes.

LA LIBRE BELGIQUE (Christophe Lamfalussy )

« Nous apportons une part de vérité »
http://www.lalibre.be/actu/international/article/701436/envoye-special-en-syrie-nous-apportons-une-part-de-verite.html

« Des corps mutilés à Homs »
http://www.lalibre.be/actu/international/article/700974/reportage-des-corps-mutiles-a-homs.html
21 novembre

« Même les éboueurs sont liquidés »
http://www.lalibre.be/actu/international/article/701555/syrie-meme-les-eboueurs-sont-liquides.html
22 novembre
RTBF
http://www.rtbf.be/info/media/video_jt-19h30?id=1412873&mediaset=rtbfinfo--les-derniers-jts&type=video

Journal de 20h de la RTBF, 21 novembre

FRANCE INTER
http://www.franceinter.fr/emission-journal-de-8h-journal-08h00-221111

Journal de 8h France Inter 22 novembre

Reportage de la correspondante RTBF à partir 7mn55s.

IRIB (service français)

Entretiens TM

http://french.irib.ir/analyses/interview/item/154346-thierry-meyssan-journaliste-fran%C3%A7ais

http://french.irib.ir/analyses/interview/item/154416-thierry-meyssan-journaliste-fran%C3%A7ais

Table ronde : « Syrie vers la guerre civile ? »

http://french.irib.ir/programmes/table-ronde/item/154577-table-ronde-syrie-vers-la-guerre-civile ?

RUSSIA TODAY

« Mossad vs Assad ? ’CIA death squads behind Syria bloodbath’ » with Webster Tarpley
http://www.youtube.com/watch?v=5L49L6iZSSg&feature=channel_video_title

[1] Lettre d’invitation fournie sur demande.

[2] Pour ceux qui ne les auraient pas encore lus voir : http://www.voltairenet.org/Que-se-passe-t-il-en-Syrie et

http://www.voltairenet.org/Au-crible-des-informations

[3] 389 euros avec Syrian airlines, plus 150 dollars de taxi privé et non collectif, de la banlieue éloignée de Beyrouth à la porte de l’aéroport de Damas, minuit-5 h du matin. Pas une vraie ballade.

[4] En dehors des achats de souvenirs et quelques taxis pris à l’improviste, et de mes visas : arrivée en Syrie puis retour du Liban = 23 euros puis 12 dollars, cash : avec l’embargo les cartes de crédit ne fonctionnent plus.

[5] http://www.20minutes.fr/medias/803532-sofia-amara-ils-tirent-tout-filme et

http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=27111

[6] Je ne parle pas ici du voyage de Pierre Piccinin http://www.pierrepiccinin.eu/article-syrie-mensonges-et-manipulations-80384964.html

[7] Voir http://www.20minutes.fr/monde/iran/826190-suspension-ligue-arabe-syrie-erreur-historique-selon-officiel-iranien et http://www.babnet.net/rttdetail-41213.asp , par exemple

[8] Tous grands démocrates et champions de la liberté pour tout ce que vous voulez : la presse, la pluralité des partis, les femmes bien sûr -au volant et ailleurs-, contre la corruption etc.

[9] Ecrivain et poète, aaalnaem@gmail.com

[10] http://www.lalibre.be/actu/international/article/701436/envoye-special-en-syrie-nous-apportons-une-part-de-verite.html

[11] http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=27233

URL de cet article 15228
http://www.legrandsoir.info/chemins-de-damas.html

 


 

1-3 Julie Lévesque : SYRIE : Mensonges médiatiques ou le prétexte à une autre «guerre humanitaire»

Manifestations en Syrie: Qui compte les morts?

Selon de nombreux reportages provenant des organisations humanitaires, des médias occidentaux et de l’ONU, un grand nombre de manifestants pacifiques ont été tués par les forces syriennes depuis le début des troubles dans le pays à la mi-mars. Mais d’où viennent les chiffres?

 

Bon nombre de reportages sur la présumée répression meurtrière par le gouvernement syrien ne mentionnent pas la source de leurs informations et font souvent uniquement référence à des « groupes de défense des droits humains » ou « activistes » :

 

« Des groupes de défense des droits humains ont affirmé dimanche que des troupes ont réprimé des manifestants pacifiques tuant huit personnes dans le nord de la province d’Idlib et quatre autres dans des zones centrales, près de Hama. (Syrian Forces Kill 12 as ICRC Head Visits Damascus, Voice of America, 4 septembre 2011.)

 

Ces manifestations représentent une contestation sans précédent du président Bachar Al-Assad et de sa famille qui dirige le pays depuis plus de 40 ans. Les coûts sont élevés : de nombreux cyberactivistes ont été emprisonnés et, selon des groupes de défenses des droits humains, au moins 200 personnes sont mortes. (Deborah Amos, Syrian Activist In Hiding Presses Mission From Abroad, NPR, 22 avril 2011.)

 

Des activistes pour la défense des droits humains ont informé Amnistie internationale qu’au moins 75 personnes on été tuées aujourd’hui en Syrie durant d’importantes manifestations […]

 

Trente personnes ont été tuées dans le sud de la ville d’Izzra, 22 à Damas, 18 dans la région de  Homs et le reste dans d’autres villes et villages ont affirmé les activistes […] (Scores killed in Syria as 'Great Friday' protests are attacked, Amnesty International, 22 avril 2011.)

 

Dans certaines circonstances, on peut comprendre la nécessité de demeurer « anonyme » là où l’on dit que la dissidence constitue un danger de mort. Toutefois, cette attitude sème systématiquement le doute : les « chiffres » peuvent être utilisés pour diaboliser le gouvernement dans le cadre d’opérations clandestines par des États ou des organisations souhaitant un changement de régime à Damas. Il est clair que plusieurs puissances étrangères, dont les États-Unis et Israël, cherchent depuis longtemps à renverser le régime syrien.

La confiance que les médias accordent à des informations émanant de groupes anonymes transmet une compréhension biaisée des manifestations en Syrie, lesquelles appuient l’objectif plus vaste de déstabilisation du régime syrien.

 

Lorsque des informations relatives au bilan des morts et provenant de sources anonymes sont publiées par un média dominant ou un organisme de défense des droits humains reconnu, ces informations sont relayées comme étant des « preuves factuelles » par d’autres sources d’information ou des boîtes de réflexion, cela sans davantage de vérifications.

De plus, en cours de route, l’information est l’objet de déformation.

Voici un exemple de ce phénomène :

 

Le groupe de défense des droits humains Amnistie internationale a affirmé vendredi avoir enregistré les noms de 171 personnes tuées depuis que les premiers manifestants sont morts à Daraa le 18 mars.

 

Le groupe s’est basé sur des informations fournies par des activistes des droits humains, des avocats et d’autres sources et a déclaré que la plupart des personnes semblaient avoir été tuées par balles par les forces de sécurité. (Protesters killed in southern Syria, Al Jazeera, 9 avril 2011.)

 

L’article précédent est basé sur le communiqué suivant:

 

À la suite du décès d’au moins huit autres personnes durant les manifestations, Amnistie internationale a signalé aujourd’hui qu’au moins 171 personnes auraient été tuées au cours de trois semaines troubles sociaux en Syrie.

 

Le nombre de victimes des confrontations aujourd’hui pourrait s’accroître dramatiquement selon des rapports d’activistes des droits humains du pays.

 

Amnistie internationale a enregistré les noms de 171 personnes tuées. Les informations proviennent de sources incluant des activistes des droits humains et des avocats. (Death toll rises amid fresh Syrian protests, Amnesty International, 8 avril 2011.)

 

L’information initiale d’Amnistie internationale (AI) indique que « 171 personnes auraient été tuées », une déclaration démontrant que bien qu’elle ait « enregistré les noms de 171 personnes tuées », l’organisation n’a pas pu confirmer cette information. Al Jazeera, omet cette « incertitude » et décrit ainsi comme un fait la supposition que 171 personnes ont été tuées.

 

Voici un autre exemple de ce genre de déformation :

 

Bien qu’elles aient promis de mettre fin à la répression, les forces de sécurité syriennes ont continué à supprimer des manifestants antirégime, tuant au moins 18 personnes jeudi dans la ville de Homs (al-Jazeera) (sic). (Jonathan Masters, Assad's Broken Promises, Council on Foreign Relations, 3 novembre 2011.)

 

Cette analyse vient du Council on Foreign Relations (CFR), la fameuse et très puissante boîte de réflexion sur la politique étrangère des États-Unis. Il est fondé sur l’article suivant d’Al Jazeera où l’information concernant la tuerie est nettement différente.

 

Des dizaines de personnes auraient été tuées jeudi dans la ville de Homs, un point chaud des affrontements, alors que les forces de sécurité syriennes ont bombardé des zones résidentielles avec des chars d’assaut.

 

Les Comités de coordination locaux de la Syrie, un groupe d’activistes qui surveille le soulèvement du pays, ont déclaré que les décès signalés ont eu lieu jeudi dans le district de Bab Amro à Homs. (Syria “violence defies peace deal”, Al Jazeera, 4 novembre 2011.)

 

La formulation d’Al Jazeera, « auraient été tuées » et « décès signalés » révèle que ces décès ne sont pas confirmés. Le média qatari mentionne aussi que ces affirmations proviennent d’une seule source, à savoir un groupe d’activistes nommé Local Coordination Committees of Syria (Comités de coordination locaux, CCL). L’article du CFR a transformé les allégations d’Al Jazeera en faits concrets.

 

Lorsqu’il est temps de compter les morts, le CCL est très souvent cité dans les médias mainstream comme source d’information dans les reportages sur des tueries commises par les autorités syriennes, comme on peut le voir dans les exemples suivants :

 

Un autre groupe d’opposition, les Comités de coordination locaux, ont déclaré qu’ils ne pouvaient pas corroborer le bilan du Syrian Observatory [Observatoire syrien] concernant les pertes militaires, même s’ils ont également qualifié la journée de lundi comme l’une des plus sanglantes du soulèvement, avec la mort d’au moins 51 civils. « Nous n’avons aucune confirmation de ce qu’ils avancent » a affirmé Omar Idlibi, un porte-parole des Comités de coordination locaux. (Nada Bakri and Rick Gladstone, Syria Faces New Threats as Opposition Seeks Allies, The New York Times, 15 novembre 2011.)

 

Selon le réseau de l’opposition, les Comités de coordination locaux, au moins cinq personnes ont été tuées pendant l’offensive militaire : trois dans la province centrale de Homs, une à Tall Kalakh, une ville frontière de l’est, et une autre à Idleb, le long de la frontière avec la Turquie. (Roula Hajjar, Syria: Activists report manhunt for defectors and protesters, Los Angeles Times, 5 septembre 2011.)

 

Un activiste de la Syrian Revolution Coordinators Union (SRCU) [Union des coordonateurs de la révolution syrienne] a déclaré à Al Jazeera que la police secrète a ouvert le feu et a lancé des gaz lacrymogènes afin de disperser plus de 10 000 manifestants à Deir Ezzor, dans l’est tribal de la Syrie. Dix manifestants ont été blessés et environ 40 arrêtés, a-t-il affirmé.

 

La SRCU est le nom donné cette semaine à l’un des réseaux populaires d’opposition en Syrie. La SRCU travaille en collaboration avec les Comités de coordination locaux (CCL), un autre réseau d’opposition populaire. (Al Jazeera Live Blog – Syria, 3 juin 2011.)

 

Au moins 2 200 personnes ont été tuées en Syrie depuis le début des troubles sociaux selon le bilan des Nations Unies. Un groupe d’activistes, [la SRCU], a affirmé mardi que, uniquement durant le Ramadan, 551 personnes avaient été tuées. Le groupe a déclaré que 130 autres personnes ont été tuées le 31 juillet, la veille du Ramadan, dans une attaque contre la ville de Hama, laquelle a par ailleurs été la scène d’une répression féroce en 1982.

 

Quatre personnes ont été tuées mardi à Hara et deux autres à Inkil, deux villes de la province de Dara, selon les Comités de coordination locaux, un autre groupe d’activistes qui documente les manifestations. (Nada Bakri, Syrian Security Forces Fire on Worshipers as Ramadan Ends, The New York Times, 30 août 2011.)

 

Le dernier article cite un bilan des Nations Unies (ONU) comme s’il s’agissait d’une source indépendante d’information. Toutefois, selon l’un de ses rapports, l’ONU se fie elle aussi à la même source d’information, le CCL, et indique dans une note être incapable de confirmer si les informations fournies par ce groupe sont vraies :

 

Au moment de la rédaction de ce rapport, la mission avait reçu plus de 1900 noms et informations de personnes tuées dans la République arabe syrienne depuis la mi-mars 2011. Tous seraient des civils [26].

 

26. Ces informations sont compilées par des comités de coordination locaux actifs dans la République arabe syrienne, où ils documentent les noms des victimes et les détails à leur sujet. La mission n’est pas en mesure de vérifier ces informations de manière indépendante. (Nations Unies, Report of the United Nations High Commissioner for Human Rights on the situation of human rights in the Syrian Arab Republic - A/HRC/18/53, 15 septembre 2011.)

 

Que sont les Comités de coordination locaux (CCL)?

 

Selon un article du Christian Science Monitor, le groupe CCL fait partie du Conseil national syrien (CNS), une entité non élue. Même si la plupart de ses membres vivent en exil et que ses membres en Syrie demeurent inconnus, le CNS est présenté comme l’autorité légitime de la Syrie et a été reconnu par le Conseil national de transition de la Libye, un autre organisme non élu, reconnu par les puissances occidentales comme représentant « démocratique » du peuple libyen.

 

Les leaders de l’opposition syrienne ont formellement créé le Conseil national syrien [CNS] lors d’une rencontre dimanche en Turquie, réunissant ainsi les groupes les plus disparates cherchant à déloger le président syrien Bachar Al-Assad.

 

Associated Press rapporte que le conseil comprend entre autres les Comités de coordination locaux, qui ont organisé la plupart des manifestations au pays, les Frères musulmans syriens et des groupes kurdes. Presque la moitié des membres [du CNS] sont actuellement en Syrie selon le Washington Post, répondant ainsi à la forte crainte que le conseil compterait trop sur des exilés. (Ariel Zirulnick, Syrian oppositon groups formally unify overcoming key hurdle, 3 octobre 2011.)

 

Le CCL est plutôt anonyme. Le groupe a refusé une entrevue par téléphone mais a accepté de répondre à quelques questions par courriel. On affirme que par mesure de sécurité, le nombre de membres au sein de l’organisation ne peut être divulgué, mais on indique que 13 d’entre eux sont membres du CNS. « Nous avons suffisamment de membres pour organiser une manifestation sur le terrain, pour les médias et les opérations de secours. »

Les membres seraient issus de divers milieux et de tous les groupes d’âge; certains œuvreraient en Syrie, d’autres à l’extérieur du pays. Le CCL signale que, en Syrie et ailleurs, ses membres ont été menacés, arrêtés et torturés par les autorités syriennes.

Comment sont-ils devenus une source d’information pour les médias étrangers?

Parce qu’ils fournissent des faits crédibles, affirme le porte-parole.

Quel est le but ultime du CCL? « Notre but est de changer le régime en Syrie et comme première étape, nous voulons mettre fin au mandat de l’actuel président, lequel est politiquement et légalement responsable de crimes commis par son régime contre le peuple syrien. Ensuite nous souhaitons transférer le pouvoir de manière sécuritaire. »

En somme, le CCL désire un changement de régime en Syrie et il semble constituer la source principale d’informations pour les médias occidentaux et les organisations humanitaires. Si ce groupe d’opposition affirme fournir des « faits crédibles », il n’existe aucun moyen de vérifier ces faits. Les faits présumés pourraient très bien constituer de la propagande visant à discréditer le régime actuel et à galvaniser l’opinion publique en faveur du changement de régime que le groupe souhaite mettre en œuvre.

Même si le porte-parole du CCL a refusé de divulguer les noms des membres du groupe, certains sont parus dans les médias dominants. L’un des membres ou collaborateurs, est Rami Nakhle, un cyberactiviste vivant en exil à Beyrouth au Liban.

 

« Aujourd’hui, après 98 jours de protestations, il vit dans le déni », déclare Rami Nakhle, un Syrien travaillant à Beyrouth avec les Comités de coordination locaux, un centre d’échange pour les manifestations et les activités l’opposition syrienne. « Il est maintenant évident pour tout le monde que Bachar Al-Assad ne peut pas changer. Il ne réalise pas que la Syrie a changé pour toujours, mais il demeure le même président, celui que nous avons entendu la dernière fois en avril. » (Nicholas Blanford, Assad's speech may buy time, but not survival, The Christian Science Monitor, 20 juin 2011.)

Selon NPR, l’activiste a une relation privilégiée avec Al Jazeera :

Lorsque la chaîne arabe Al-Jazeera diffuse les dernières nouvelles, les images proviennent du réseau de Nakhle. (Deborah Amos, Syrian Activist In Hiding Presses Mission From Abroad, 22 avril 2011.)

 

Il convient de signaler ici qu’Al Jazeera a joué un rôle clé dans la promotion du changement de régime en Libye.

 

La cyberdissidence

 

CyberDissidents.org, un site web présenté par le Bush Center comme une « Voix de la liberté en ligne » brosse un portrait de Nakhle, qui n’est pas sans rappeler les autres portraits parus dans la presse mainstream, lesquels le décrivent uniquement comme un cyberdissident, comme s’il n’avait jamais eu d’autres occupations :

 

Rami Nakhle est un cyberdissident de 27 ans. Son utilisation des médias sociaux pour diffuser des informations sur la révolution syrienne a capté l’attention des autorités syriennes, ce qui l’a amené à fuir au Liban en janvier 2011. Depuis les trois dernières années, il travaille sous le pseudonyme de Malath Aumran. Même si la police secrète syrienne a découvert sa véritable identité, il continue à utiliser ce pseudonyme afin de conserver la reconnaissance de ses adeptes en ligne.

 

Malgré ces menaces du gouvernement syrien, Nakhle continue à travailler dans la clandestinité et poursuit sa campagne pour la liberté par Facebook, Twitter et en donnant des entrevues sans restrictions avec de grands médias comme la BBC et le New York Times. (CyberDissident Database)



Portrait de  Rami Nakhle sur
CyberDissident.org. « [Ils m’ont dit] tu retires ton appui à la révolution syrienne ou nous allons t’anéantir. » - Rami Nakhle, blogueur syrien en fuite à Beyrouth

 

Le gouvernement étasunien et des organisations non gouvernementales comme Freedom House, faisant le travail de la CIA, sont d’importants promoteurs de la cyberdissidence :

 

Des dissidents politiques de la Chine, de l’Iran, de la Russie, de l’Égypte, de la Syrie, du Venezuela et de Cuba se rendront à Dallas pour se joindre aux fellows de l’Institut George W. Bush, aux experts de Freedom House, aux représentants du Berkman Center for Internet and Society de Harvard, aux membres du gouvernement des États-Unis ainsi qu’à d’autres leaders de ce domaine pour discuter des succès et des défis des mouvements mondiaux de dissidence politique sur Internet.

 

L’Institut George W. Bush a annoncé aujourd’hui [30 mars 2010] qu’il serait l’hôte le 19 avril 2010 d’une conférence sur les cyberdissidents, en collaboration avec l’organisation des droits humains Freedom House. (George W. Bush Institute and Freedom House to Convene Freedom Activists, Human Rights and Internet Experts to Assess Global Cyber Dissident Movement, Business Wire, 30 mars 2011)

 

Rami Nakhle ne cache pas ses intérêts pour les organisations étasuniennes. Sur sa page Facebook, il dresse la liste d’« intérêts » suivants : National Democratic Institute (NDI), présidé par Madeleine Albright, Human Rights Watch et l’ambassade des États-Unis à Damas.

 

L’intérêt du cyberactiviste pour ces organisations démontre clairement dans quel camp il se trouve, tout comme le membre du CNS, Radwan Ziadeh, ancien fellow du National Endowment for Democracy, une autre organisation reconnue pour ses liens avec la CIA

 

Dans une entrevue avec le Guardian, le cyberdissident affirme avoir été harcelé par la police secrète syrienne sur sa page Facebook. C’est possible, cependant, il s’agirait là d’une tactique inhabituelle pour la police secrète, laquelle habituellement, comme l’indique son nom, agit secrètement. Un tel harcèlement ressemble davantage à de la propagande noire : des gens opposés au régime tentant de faire mal paraître les autorités syriennes. Une sorte de « cyberopération sous faux pavillon », conçue pour être vue de tous.

Le « soulèvement syrien » semble être une copie des événements de Libye, lesquels ont favorisé une intervention de l’OTAN et mené à un changement de régime. La presse dominante a encore une fois une source principale d’information, soit le groupe d’opposition. Les médias ignorent les pertes miliaires et omettent de rapporter que l’on trouve parmi les manifestants des hommes armés, au nombre de 17 000 selon un rapport de l'International Institute for Strategic Studies. Un groupe non élu, le CNS est présenté paradoxalement comme un mouvement démocratique et on lui accorde davantage de crédibilité et une importante couverture médiatique.
Julie Lévesque :

Mondialisation.ca,

Le 25 novembre 2011

Articles de Julie Lévesque publiés par Mondialisation.ca



Annexe

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information.

2-1.L'intervention radio du matin de Françoise Wallemacq.

 ( http://www.rtbf.be/radio/player/lapremiere/journal?r=%7BREGION%7D&s=%7BSPORT%7D&d=1&t=0800 )

Je retranscris ci-dessous cette émission passée à 7h15 (lundi 21).

Manifestement, les journalistes même 'honnêtes' comme je suis sûr que F.W. l'est, n'osent pas aller à contre-courant, et contredire frontalement la propagande : il faut absolument 'se protéger' en affirmant d'abord que 'bien sûr la visite était très encadrée' , et reprenant une partie de "ce qu'il faut dire" - on arrive à lui faire quasiment dire que "le régime syrien fait régner la terreur" ...

Malgré cela, son intervention est une ouverture extrêmement rare dans le front de la propagande, à souligner et encourager

http://www.rtbf.be/radio/player/lapremiere/podcasts?c=lp-map-exp&e=411
Interviewer : On va s'intéresser à la Syrie ce matin, où les manifestations d'opposants se poursuivent, manifestation mais répression aussi... bonjour Françoise Wallemacq.[...]. D'abord sur l'état d'esprit des Syriens. Vous avez rencontré là-bas des gens convaincus, résolus? Quel est l'état d'esprit des opposants? 

FW : Les opposants, je ne les ai pas rencontrés parce que c'était un voyage assez surveillé...

J'ai rencontré des opposants qui manifestaient un soir dans un petit village de manière extrêmement joyeuse et bonne enfant, il n'y avait pas de trace d'armée Ce que j'ai rencontré c'est plutôt la population syrienne, un peu au hasard de mes rencontres, que ce soit des chrétiens ou des musulmans, et dans l'ensemble, j'ai le sentiment que la grande majorité des Syriens soutient encore le président Bachar El Assad, que les Syriens ont très peur d'une déstabilisation de leur pays, il fait savoir que 40 confessions différentes coexistent harmonieusement depuis 7 siècles dans ce pays, et qu'ils ont très peur d'une déstabilisation, d'une guerre civile et peut-être plus tard d'une guerre de religion.

 

Alors dans quelles conditions avez-vous réalisé ce reportage, vous l'avez dit c'était un reportage surveillé, est-ce que vous avez pu vous déplacer librement, choisir les endroits ou vous alliez, rencontrer les gens que vous désiriez rencontrer?

On était invité par des religieuses catholiques [...] ces religieuses en nous invitant faisaient un petit peu le jeu du pouvoir, puisque c'est vrai que le pouvoir a toujours protégé les minorités religieuses, c'est pour ça qu'ils nous ont je pense laissé rentrer, il y a extrêmement peu de journalistes qui rentrent ouvertement en Syrie. Alors : le ministère de l'information était au courant des endroits où nous allions ["mh mh", appuie l'interviouveur], nous avons pu aller à Homs, dans des viles qui sont soumises à l'insurrection, je vous le disais on n'a pas pu rencontrer les insurgés, c'était trop dangereux, et puis on était encadrés, mais on a pu, je trouve, circuler assez librement et le dernier jour à Damas on a pu parler avec à peu près tout le monde dans la rue et je pense que ce n'était pas entièrement organisé puisque les gens qu'on croisait dans la rue euh nous disaient leur attachement au régime et disaient qu'on mentait et que les télévisions étrangères dont Al-Jazira manipulaient la réalité et que ce n'était pas ce qui se passait dans le pays.
J'ai eu l'impression moi aussi que ce qu'on lit dans les dépêches chez nous n'est pas du tout ce qui se passe sur le terrain. Il faut savoir que la seule source d'information de toutes les Agences de Presse est un homme basé à Londres, Monsieur Abdel Rahmane, qui dirige l'Observatoire des Droits de l'Homme, et que personne n'a jamais rencontré. [remarque qui n'empêchera nullement les jours suivants le journaliste de faction de reprendre sans sourcilier les chiffres des civils tués donnés par cet Observatoire au nom qui a l'air si officiel]

 

Ouais... C'est important ce que vous nous dites. Est-ce que ça veut dire que la Syrie n'est pas le pays en proie aux manifestations d'opposition dont on parle quasi quotidiennement chez nous?

Il y a des manifestations d'opposition sans doute quotidiennes, il y a aussi des manifestations pro Bachar El Assad qui ont réuni mercredi passé 1 million de personne par exemple à Damas, et je ne peux pas croire que ces gens soient payé pour descendre dans la rue et manifester leur soutient à leur président avec le sourire. Il me semble que c'est difficile de manipuler une telle ferveur populaire, un tel soutient de la population…

 

Ce ne sont pas des manifestations organisées, il n'y a pas des cars qui amènent les manifestants? [on sent son désarroi]

 l y a des consignes qui circulent sur Facebook,  on a rencontré des jeunes Druzes qui venaient manifester en faveur du président, et qui s'étaient donné le mot par Facebook, mais cela ne m'a pas l'air organisé par le pouvoir et je vois difficilement comment il pourrait le faire.

 

Alors de notre point de vue, on sait qu'au début c'était des manifestations pacifistes (sic), de plus en plus on parle d'une opposition armée en Syrie avec un risque de basculement dans une guerre civile, est-ce qu'on en est là ou pas? 

Tout à fait. J'ai vu des blessés, dans les hôpitaux de Homs, qui étaient blessés par des armes lourdes, c'était des militaires, des soldats des forces de l'ordre, qui étaient blessé par des éclats de shrapnels, d'armes lourdes. Apparemment les opposants sont armés et bien armés, avec beaucoup de munitions et bien sûr tout le monde se demande qui les arme et qui les finance. L'opposition se trouve à l'extérieur du pays, au Liban et en Turquie et reçoivent apparemment des financements de pays étrangers
 [...] Les reportages d'aujourd'hui sont consacrés à la vile de Homs, qui contrairement à ce qu'on imagine n'est pas une ville en état de siège, c'est une ville qui fonctionne normallement, avec un petit quartier qui est en proie à l'insurrection surtout la nuit. On va entendre que les gens sont terrorisés et qu'il y a des actes de barbarie, euh dans les 2 camps je pense [pq? Pour se racheter d'avoir osé contredire la propagande?], que des vidéos circulent d'hommes dépecés, coupés en morceaux, et le pouvoir a tout avantage à terroriser la population par ces vidéos pour les empêcher de descendre dans la rue
[ouais, souligne l'interviouvant], mais aussi assurer une sorte de cohésion grâce à la peur autour du pouvoir. Donc je vous disais, le sentiment qui règne en Syrie c'est la peur, et un sentiment d'injustice et d'incompréhension de la part du monde extérieur.

 

Mmh. Donc un climat de terreur quand même[ouf], quand vous dites que des vidéos qui circulent avec des corps dépecé, c'est pas rien... 

Alors je peux vous dire que c'est assez effrayant, je n'y croyais pas moi mm, j'ai demandé à les voir à la morgue, et je l'ai vu, j'ai vu des corps atrocement mutilés



Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières,les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

" Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19


29/11/2011

n°25 - Dossier - : Syrie : Médias et Manipulation de l'opinion - 29-11 - : L’agression de la Syrie par l’OTAN pourrait déraper en un conflit de grande ampleur.



n°25 - Dossier - : Syrie : Médias et Manipulation de l'opinion  - 29-11 - : L’agression de la Syrie par l’OTAN pourrait déraper en un conflit de grande ampleur.




Face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Sa diffusion est un acte de résistance.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources.



Dossier Syrie : Médias et Manipulation de l’opinion.

n°25                              29-11

C.De broeder & M.Lemaire



Le "Dossier deSyrie" est  visible 

a) sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

b) sur le site de Eva Resis           :  no-war.over-blog.com

c) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com  

d) sur le site : www.palestine-solidarite.org à cette adresse : http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

NB : Si vous vouleznous contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire de la lutte pour la libération du territoire.


Sommaire :  

1 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos.

1-1 Claude Beaulieu : La Syrie calomniée par les médias du système : conditionnement des esprits pour une nouvelle guerre impérialiste

1-2 Thierry Meyssan : Guerre médiatique.

2 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

2-1 Gilles Munier : L’agression de la Syrie par l’OTAN pourrait déraper en un conflit de grande ampleur.

2-2 Pierre Khalaf : Moyen-Orient : Une logique de Guerre froide.

2-3 Roland Marounek  : Ban-Ki-Moon : TROUBLE COMPROMISSION avec l’OTAN.

3 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

3-1 Les Etats-Unis d’Amérique ont ouvert la boîte de Pandore.

3-2 Pierre Khalaf : Syrie, Liban face au chaos l’unité.



1 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction partage le point de vue de l'auteur mais doit être vu comme information.

1-1 Claude Beaulieu : La Syrie calomniée par les médias du système : conditionnement des esprits pour une nouvelle guerre impérialiste
Voir en ligne : Ban-Ki-Moon : TROUBLE COMPROMISSION avec l’OTAN. Roland Marounek

Manifestation de soutien à Bachar al-Assad, à Damas dimanche 13 novembre - nous y étions et avons apprécié la jeunesse des manifestants

Je suis rentré de Syrie depuis une semaine. J’ai accompagné dans ce pays la première équipe de journalistes occidentaux invitée à venir apprécier sur place la réalité de la situation. Celle-ci, chaque citoyen peut le voir, est quasi-unaniment présentée en France, par les médias aux ordres, comme la généralisation d’une répression massive et sanglante d’un soulèvement populaire, l’armée et la police tirant sans retenue sur des populations civiles désarmées et en révolte.

3500 morts depuis huit mois. "La répression du gouvernement syrien contre l’opposition a jusqu’à présent fait plus de 3500 morts dans le pays", a précisé mardi une porte-parole de l’ONU... http://www.lexpress.fr/actualite/monde/proche-orient/homs-epicentre-de-la-repression-syrienne_1049965.html.

Cette référence de l’Express à l’ONU, organisation internationale que Charles de Gaulle appela le MACHIN et qui a démontré son impartialité et sa neutralité dans la récente agression impérialiste contre la Libye - qu’elle a prétendument légitimée - Une fois encore, elle est particulièrement délétère et perverse quand elle prétend authentifier une affirmation qui ne relève pourtant que de la propagande de guerre. Il convient de se souvenir ici que depuis septembre 2008 l’ONU est pratiquement passée sous le contrôle de l’OTAN, sous prétexte de collaboration entre leurs secrétariats respectifs. (voir ci-dessus le texte de Roland Marounek)

Pourtant, il n’est pas inutile de souligner que même l’agence de presse russe RIA Novosti, reprend systématiquement à son compte cette référence trompeuse des 3500 morts de l’ONU, en oubliant avec une légèreté certaine que la Russie est elle aussi dans la ligne de mire des forces de guerre occidentalistes.

Des morts, dans l’agression à laquelle fait face la Syrie, il y en a effectivement de très nombreux. Dans une conférence de presse donnée au Centre Catholique d’Information à Beyrouth et où nous étions présents, Mère Agnès-Mariam de la Croix a annoncé disposer d’une liste de 500 martyrs appartenant aux forces de l’ordre, auxquels s’ajoutaient les 372 personnes tombéés durant le mois d’octobre.

L’OSDH (le prétendu Observatoire Syrien des Droits de l’Homme) basé à Londres, donne quotidiennemnt un nombre de morts sans préciser le noms de ces victimes présumées, et n’indique jamais non plus s’il s’agit de forces de l’ordre. Alaa Ibrahim, ex-correspondant d’Al Jazzeera et actuel journaliste de la TV syrienne d’information continue, est parvenu à se procurer la liste d’une centaine de noms, liste dont il a entrepris la vérification auprès des familles et qui s’est avérée fausse (abandon des recherches après la quarantième personne).

La propagande médiatique contre le régime laïque de la Syrie n’est pas récente. Le Monde en date du 8 avril 2011 titrait par exemple : " En Syrie la répression s’amplifie contre le mouvement de contestation" - " Des heurts entre manifestants et forces de sécurité auraient fait au moins 12 morts et 150 blessés".

A Baniyas, où nous nous sommes rendus, il nous a été donné d’acquérir une autre vision des choses que celle véhiculée par le quotidien "de référence" et journal officiel de la pensée unique.

Nous y avons appris que six camions de l’armée ont été attirés dans une embuscade sur un pont, auprès duquel des personnes dont des femmes et des enfants avaient été rassemblées, tandis que l’imam de l’une des mosquées de la ville appelait au jihad. Quatre de ces camions ont été détruits et les soldats qu’ils transportaient furent transformés en cibles de tireurs camouflés.

Les militaires appliquèrent strictement l’ordre du gouvernement de ne pas riposter afin de ne pas risquer de toucher des civils innocents, en particulier des femmes et des enfants. Pour protéger ses hommes, le sergent responsable du détachement s’est jeté sur une bombe artisanale et a eu les deux jambes arrachées. Ce héros d’une grande modestie, nous a reçu chez lui avec sa famille, certains de ses soldats bléssés ainsi que quelques personnalités régionales. A cette occasion, nos interlocuteurs nous ont informé de leur conviction que les armes utilisées par les escadrons de la mort provenaient du Liban, dont la frontière est proche.

Ils ont accusé l’ancien premier ministre libanais Saad Hariri ainsi que le Syrien Halim Khaddam, d’être parmi les instigateurs des assassins.

A Baniyas, l’armée n’a donc pas tiré sur les civils. L’embuscade y a fait 51 victimes dont 9 morts, des militaires (peut-être aussi des ambulanciers qui étaient également pris pour cible lorsqu’ils voulaient porter secours aux blessés).

Ce dont je suis convaincu à mon retour de Syrie, c’est que les médias de notre pays pratiquent vis-à-vis de ce pays une propagande belliciste basée sur le mensonge à l’état pur, délibéré et méthodique. Comme le souligne Domenico Losurdo, les disciples de Goebbels sont à l’oeuvre contre la Syrie.

De façon claire, nous avons pu voir qu’il n’y a pas actuellement de guerre civile dans ce pays, même si celle-ci est l’objectif évident que souhaitent promouvoir les Obama, Juppé, Sarkozy et Camerone en mobilisant leurs alliés stipendiés, recrutés dans la pègre locale, le lumpenprolétariat et chez les islamistes radicaux.

Il n’y a pas en Syrie de manifestations de masse autres que celles de ceux qui, précisément, refusent la perspective d’une guerre civile sur la base de contradictions confessionnelles, attisées pour l’essentiel de l’extérieur. En conséquence, il n’existe pas non plus de répression de masse.

Le peuple syrien connaît aujourd’hui l’une des périodes les plus difficiles de sa longue histoire. Les occidentalistes sous hégémonie états-unienne entendent remodeler la région pour réaliser leur objectif de Grand Moyen Orient, remis à l’ordre du jour par Barrak Obama, ce fameux prix Nobel de la Paix. Ils pratiquent contre le peuple syrien une criminelle stratégie de la tension et animent des escadrons de la mort qui sèment la terreur en cherchant à dresser les différentes communautés religieuses les une contre les autres, à susciter la haine. Ils souhaitent diviser pour régner en prenant le peuple syrien en otage.

J’ai ressenti chez les Syriens que nous avons rencontrés, en particulier chez les jeunes manifestants, un esprit de résistance très fort ainsi qu’un sentiment patriotique manifeste, une volonté d’unité nationale puissante. Les Syriens inspirent la confiance.

Le peuple syrien et le peuple de France ont des ennemis communs. Mais les Syriens sont en première ligne d’un combat qui concerne tous les peuples. Pour nous Français, la solidarité envers le peuple syrien est certes un devoir internationaliste, elle correspond aussi directement à notre intérêt national.

Claude Beaulieu -

dimanche 27 novembre 2011, par Comité Valmy

A titre d’information

Communiqué de Husein Nemer

Premier secrétaire du Parti communiste syrien (unifié)

Les communistes Syriens soutiennent le mouvement pour des réformes démocratiques mais mettent en garde sur l’ingérence impérialiste croissante et les risques d’un ’scénario Libyen’

http://www.comite-valmy.org:80/spip.php?article2057



1-2 Thierry Meyssan : Guerre médiatique.

Depuis huit mois, les dirigeants occidentaux et certains médias publics font campagne pour une guerre en Syrie. Les accusations d’une extrême gravité qu’ils portent contre Bachar el-Assad intimident ceux qui s’interrogent sur le bien-fondé d’une nouvelle intervention militaire. Tous ? non, car —avec l’appui du Réseau Voltaire— certains sont venus vérifier sur place et ont pu mesurer l’ampleur de la propagande de l’OTAN. Thierry Meyssan fait le point sur l’état de la guerre médiatique.

Réseau Voltaire | Damas (Syrie) | 27 novembre 2011Formé à Paris sous l’égide de la France, le Conseil national syrien entend renverser le régime du président Bachar el-Assad. Il est présidé par Burhan Ghalioun, professeur de sociologie à l’université de la Sorbonne (ici avec Alain Juppé, le 23 novembre 2011).

En 1999, lors de la guerre du Kosovo, le Réseau Voltaire s’indigna de ce que la France puisse entrer dans le conflit aux côtés de l’OTAN sans vote de l’Assemblée nationale avec la complicité passive des présidents de groupes parlementaires. Nous considérâmes que le refus du président de la République et du Premier ministre d’organiser un authentique débat augurait de l’opacité avec laquelle cette guerre serait conduite. Aussi, nous prîmes l’initiative de publier un bulletin quotidien sur le conflit. Les sites internet du gouvernement serbe ayant été immédiatement détruits par l’Alliance atlantique, nous ne pouvions avoir accès à la version serbe des événements. À défaut, nous avons souscrit des abonnements aux agences de presse de la région (croate, bosniaque, grecque, chypriote, turc, hongroise etc. ). Tout au long du conflit, nous avons présenté chaque jour un résumé de la conférence de presse de l’OTAN à Bruxelles et un résumé du témoignage des journalistes des pays riverains ; des pays ayant parfois de lourds contentieux avec la Serbie, mais dont les gouvernements partageaient entre eux une même narration des événements. Au fur et à mesure du temps qui passait, la version de l’OTAN et celle des journalistes locaux s’écartèrent jusqu’à ne plus avoir aucun point commun. À la fin, il s’agissait de deux histoires radicalement différentes. Nous n’avions aucun moyen de savoir qui mentait et si l’une des deux sources disait vrai. Nos lecteurs avaient l’impression de devenir schizophrènes, d’autant que les médias ouest-européens ne relayaient que la version de l’OTAN et que, par conséquent, nos lecteurs n’étaient confrontés aux deux versions parallèles qu’en nous lisant. Nous avons continué cet exercice de style durant les trois mois de combats. Lorsque les armes se sont tues et que des confrères et des amis ont pu se rendre sur place, ils ont constaté avec stupeur qu’il n’y avait pas eu « de la propagande des deux côtés ». Non : la version de l’OTAN était entièrement fausse, tandis que celle des journalistes locaux était entièrement vraie. Dans les mois qui suivirent, des rapports parlementaires dans plusieurs États membres de l’Alliance établirent les faits. Plusieurs ouvrages parurent sur la méthode mise au point par le conseiller en communication de Tony Blair qui permit à l’OTAN de manipuler la totalité de la presse occidentale : le « story telling ». Il est possible d’intoxiquer la totalité des journalistes occidentaux et de leur masquer les faits, si on leur raconte un conte pour enfants, à la condition de ne jamais interrompre la narration, de la charger de références réveillant de lointaines émotions, et de lui conserver sa cohérence.

Je n’avais pas eu le réflexe de courir en Serbie avant la guerre et je n’ai pas pu le faire lorsque les armes parlèrent. Par contre, ami lecteur, je suis aujourd’hui en Syrie où j’ai pris le temps d’enquêter et où j’écris cet article. C’est en pleine connaissance de cause que je peux affirmer que la propagande de l’OTAN est aujourd’hui en action à propos de la Syrie comme elle le fut à propos de la Serbie.

L’Alliance a commencé à raconter une histoire déconnectée de la réalité, dont le but est de justifier une « intervention militaire humanitaire », selon l’oxymore blairien. Le parallèle s’arrête là : Slobodan Milosevic était un criminel de guerre que l’on cherchait à présenter comme un criminel contre l’humanité pour pouvoir dépecer son pays ; Bachar el-Assad est un résistant à l’impérialisme et au sionisme qui a soutenu le Hezbollah lorsque le Liban était attaqué et soutient le Hamas et le Jihad islamique dans leur quête pour la libération de la patrie palestinienne.

Quatre mensonges de l’OTAN

 1. Selon l’OTAN et ses alliés du Golfe, des manifestations de masse auraient lieu depuis huit mois en Syrie pour réclamer plus de libertés et le départ du président Bachar el-Assad.

C’est faux. Il y a bien eu, dans quelques villes des manifestations contre le président Bachar el-Assad à l’appel de prédicateurs saoudiens et égyptiens s’exprimant sur Al-Jazeera, mais elles n’ont rassemblé au total, au grand maximum, que 100 000 personnes. Elles ne réclamaient pas plus de libertés, mais l’instauration d’un régime islamique. Elles exigeaient le départ du président el-Assad, non pas à cause de sa politique, mais parce que ces manifestants se réclament d’un courant sectaire du sunnisme, le takfirisme, et accusent Bachar el-Assad d’être un hérétique (il est alaouite) usurpant le pouvoir dans un pays musulman qui, selon eux, ne peut être gouverné légitimement que par un sunnite de leur école théologique.

 2. Selon l’OTAN et ses alliés du Golfe, le « régime » aurait répondu en dispersant les foules par des tirs à balles réelles, faisant au moins 3 500 morts depuis le début de l’année.

C’est faux. D’abord, il ne peut pas y avoir de répression de manifestations qui n’ont pas existé. Ensuite, dès le début des événements, les autorités ont compris que l’on cherchait à provoquer des affrontements confessionnels dans un pays où la laïcité est la colonne vertébrale de l’État depuis le VIIIe siècle. Le président Bachar el-Assad a donc interdit aux forces de sécurité, polices et armée, de faire usage d’armes à feu dans toute circonstance où des civils pourraient être blessés. Il s’agit d’empêcher que des blessés, voire des morts, de telle ou telle confession, soient instrumentés pour justifier une guerre de religion. Cette interdiction est respectée par les forces de sécurité au péril de leur vie, comme nous le verrons plus loin. Quant aux morts, ils sont moitié moins nombreux. La plupart ne sont pas des civils, mais des soldats et des policiers, ainsi que j’ai pu le constater en visitant des hôpitaux et morgues civils et militaires.

 3. Après que nous ayons réussi à briser le mur du silence et à obtenir que de grands médias occidentaux rapportent la présence en Syrie d’escadrons de la mort venus de l’étranger, tendant des embuscades contre l’armée, et assassinant des civils au cœur des villes, l’OTAN et ses alliés du Golfe ont communiqué sur la présence d’une armée de déserteurs. Selon eux, des militaires (mais pas de policiers) qui auraient reçu l’ordre de tirer sur la foule se seraient rebellés. Ils auraient pris le maquis et constitué l’Armée syrienne libre, déjà forte de 1 500 hommes.

C’est faux. Les déserteurs ne sont que quelques dizaines, ayant fui en Turquie où ils sont encadrés par un officier du clan Rifaat el-Assad/Abdel Hakim Khaddam publiquement lié à la CIA. Il y a par contre de plus en plus d’insoumis, de jeunes gens qui refusent de faire leur service militaire, souvent plus sous la pression de leur famille que par décision personnelle. En effet, les militaires qui se trouvent pris dans une embuscade n’ont pas le droit de faire usage de leurs armes à feu pour se défendre si des civils se trouvent sur les lieux. Ils doivent donc faire le sacrifice de leur vie s’ils ne parviennent pas à fuir.

 4. Selon l’OTAN et ses alliés du Golfe, le cycle révolution/répression aurait laissé la place à un début de « guerre civile ». 1,5 million de Syriens, pris au piège, souffriraient de la faim. Il conviendrait donc d’organiser des « couloirs humanitaires » pour acheminer une aide alimentaire et permettre aux civils qui le souhaitent de fuir les zones de combat.

C’est faux. Au regard du nombre et de la cruauté des attaques par les escadrons de la mort venus de l’étranger, les déplacements de population sont peu nombreux. La Syrie est autosuffisante en matière agricole et la production n’a pas baissé de manière significative. Par contre, la plupart des embuscades ayant lieu sur les grands axes routiers, ceux-ci sont fréquemment interrompus. En outre, lorsque des attaques ont lieu au centre des villes, les commerçants ferment immédiatement leurs boutiques. Il en résulte de graves problèmes de distribution, y compris en matière d’alimentation. Le fond du problème est ailleurs : les sanctions économiques ont provoqué un désastre. Alors que la Syrie avait au cours de la décennie une croissance de l’ordre de 5 % par an, elle ne peut plus vendre ses hydrocarbures en Europe occidentale tandis que son industrie touristique est sinistrée. Beaucoup de gens ont perdu leur emploi et leurs revenus. Ils font des économies sur tout. Le gouvernement les prend en charge et procède à des distributions gratuites de mazout (pour le chauffage) et de nourriture. Dans ces conditions, il conviendrait plutôt de dire que si le gouvernement el-Assad n’intervenait pas, 1,5 million de Syriens souffriraient de malnutrition du fait des sanctions occidentales.

En définitive, alors que nous n’en sommes au stade que de la guerre non conventionnelle, avec l’envoi de mercenaires et de forces spéciales pour déstabiliser le pays, la narration par l’OTAN et ses alliés du Golfe s’est déjà considérablement éloignée de la réalité. Ce fossé va se creuser de plus en plus.

Pour ce qui vous concerne, ami lecteur, vous n’avez aucune raison de me croire plus que l’OTAN, n’étant pas vous-même sur place. Vous avez cependant plusieurs éléments qui devraient vous mettre la puce à l’oreille.

Bernard-Henry Lévy, qui se flatte d’avoir embarqué la France dans la guerre de Libye dans l’intérêt d’Israël, annonce dans « Le Parisien » qu’il a une liste de cibles.

Quatre évidences soigneusement cachées par l’OTAN

 1. On pourrait croire que les imputations sur la prétendue répression et sur le nombre de victimes ont été soigneusement vérifiées. Pas du tout. Elles ne proviennent que d’une seule et même source : l’Observatoire syrien des Droits de l’homme, basé à Londres, dont les responsables requièrent l’anonymat. Que valent des accusations de cette gravité si elles ne sont pas recoupées et pourquoi des institutions comme le Haut-Commissariat des Droits de l’homme de l’ONU les reprennent-elles sans les vérifier ?

 2. La Russie et la Chine ont opposé leur veto à un projet de résolution du Conseil de sécurité ouvrant la voie à une intervention militaire internationale. Les responsables politiques de l’OTAN nous expliquent, désolés, que les Russes protègent leur base navale militaire de Tartous et que les Chinois feraient n’importe quoi pour racler quelques barils de pétrole. Devons-nous accepter l’idée manichéenne que Washington, Londres et Paris sont guidés par de bons sentiments tandis que Moscou et Pékin seraient essentiellement égoïstes et insensibles au martyre d’un peuple ? Comment ne pas remarquer que la Russie et la Chine ont bien moins d’intérêt à défendre la Syrie que les Occidentaux n’en ont à la détruire ?

 3. Il y a une certaine étrangeté à observer la coalition des États soi-disant bien intentionnés. Comment ne pas remarquer que les deux principaux contributeurs de la Ligue arabe et promoteurs de la « démocratisation » de la Syrie, l’Arabie saoudite et le Qatar, sont des dictatures vassales des États-Unis et du Royaume-Uni ? Comment ne pas se demander si les Occidentaux —qui viennent de détruire successivement l’Afghanistan, l’Irak et la Libye, tuant plus de 1,2 million de personnes en dix ans et montrant le peu de cas qu’ils font de la vie humaine— sont bien crédibles en brandissant l’étendard humanitaire ?

 4. Surtout, pour ne pas se laisser manipuler à propos des événements en Syrie, il convient de les replacer dans leur contexte. Pour l’OTAN et ses alliés du Golfe —dont les armées ont envahi le Yémen et le Bahrein pour y écraser les manifestations dans le sang—, la « révolution syrienne » est le prolongement du « printemps arabe » : les peuples de la région aspirent à la démocratie de marché et au confort de l’American Way of Life. Au contraire, pour les Russes et les Chinois, comme pour les Vénézuéliens ou les Sud-Africains, les événements de Syrie sont la continuation du « remodelage du Moyen-Orient élargi » annoncé par Washington qui a déjà fait 1,2 million de morts et que toute personne soucieuse de la vie humaine se doit d’arrêter. Ils se souviennent que le 15 septembre 2001, le président George W. Bush programma sept guerres. La préparation de l’attaque de la Syrie débuta officiellement le 12 décembre 2003 avec le vote du Syrian Accountability Act dans la foulée de la chute de Bagdad. Depuis ce jour, le président des États-Unis —aujourd’hui Barack Obama— a pour ordre du Congrès d’attaquer la Syrie et est dispensé de venir devant les assemblées pour ouvrir le feu. Dès lors, la question n’est pas de savoir si l’OTAN a trouvé une divine justification pour entrer en guerre, mais si la Syrie trouvera un moyen de se sortir de cette situation comme elle est parvenue à échapper à toutes les accusations diffamatoires et à tous les pièges précédents, tel que l’assassinat de Rafik Hariri ou le raid israélien contre une imaginaire centrale nucléaire militaire.

Des médias mainstream occidentaux témoignent

Au terme de cet article, je voudrais vous indiquer, ami lecteur, que le Réseau Voltaire a facilité un voyage de presse organisé à l’initiative du Centre catholique d’information des chrétiens d’Orient, dans le cadre de l’ouverture aux médias occidentaux annoncée par le président el-Assad à la Ligue arabe. Nous avons aidé des journalistes mainstream à voyager dans les zones de combat. Nos collègues ont d’abord mal vécu notre présence à leurs côtés, à la fois parce qu’ils avaient un a priori négatif à notre égard et parce qu’ils pensaient que nous cherchions à leur bourrer le crâne. Par la suite, ils ont pu constater que nous sommes des gens normaux et que le fait de choisir notre camp ne nous a pas fait renoncer à notre esprit critique. En définitive, bien qu’ils soient intimement persuadés de la bienveillance de l’OTAN et ne partagent pas notre engagement anti-impérialiste, ils ont vu et entendu la réalité. Avec honnêteté, ils ont restitué dans leurs reportages l’action des bandes armées qui terrorisent le pays. Certes, ils se sont abstenus de contredire ouvertement la version atlantique et ont essayé de concilier ce qu’ils avaient vu et entendu avec elle, ce qui les a parfois conduits à des contorsions autour du concept de « guerre civile » opposant l’armée syrienne à des mercenaires étrangers. Quoi qu’il en soit, les reportages de la Radio Télévision Belge (RTBF) ou de La Libre Belgique, pour ne citer qu’eux, montrent que, depuis huit mois, l’OTAN masque l’action des escadrons de la mort et impute mensongèrement leurs crimes aux autorités syriennes.



2 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

2-1 Gilles Munier : L’agression de la Syrie par l’OTAN pourrait déraper en un conflit de grande ampleur.
La presse israélienne s’est inquiétée de la présence en Méditerranée de plusieurs navires de guerre russes (1), mais ce n’est rien à côté de ceux qui se profilent à l’horizon (2). Le porte-avions Maréchal Kouznetsov a quitté Mourmansk le 13 novembre. A bord, une trentaine d’avions de chasse et des d’hélicoptères, des missiles à capacité nucléaire d’une portée de 550 km. Le destroyer anti-sous-marin Amiral Chabanenko fait partie de l’escadre qui l’accompagne. Après des exercices en mer de Barentz, le Kouznetsov a pris la direction de la Méditerranée orientale via l’Atlantique nord. Il devrait mouiller à Tartous mi-janvier, où il sera sans doute rejoint par des éléments de la flotte russe de la mer Noire, comme cela a été le cas en 2008. L’attaque de la Syrie par l’OTAN – France et Turquie en tête - a pour objectif le renversement du président Bachar al-Assad et la mise hors-la-loi du parti Baas syrien. Abdelhalim Khaddam, ancien vice-président syrien réfugié à Paris, ou Rifaat al-Assad, autre ancien vice-président, réfugié en Espagne, qui complotent concurremment pour s’emparer de la direction du parti, se bercent d’illusions s’ils croient que les Frères Musulmans laisseraient l’un d’entre eux accéder au pouvoir.

Vladimir Poutine :

Que la France s’occupe de ses oignons !

Nicolas Sarkozy n’a tiré aucun d’enseignement des conséquences catastrophiques provoquées par l’effondrement du régime libyen. Il s’apprête à reconnaître officiellement le CNS (Conseil National Syrien) qui devraitemménager dans les locaux de l’ambassade, rue Vanneau. Le Canard enchaîné a révélé que des instructeurs du Service action de la DGSE, du COS (Commandement des opérations spéciales) et du MI6 britannique forment les extrémistes armés de l’Armée syrienne libre (ASL) à la guérilla urbaine, au Liban et en Turquie (3). Des livraisons d’armes sont effectuées clandestinement. Si la Ligue Arabe le demande – Alain Juppé fait tout pour cela - la France s’associera aux sanctions imposées au peuple syrien, notamment en suspendant ses transactions financières et commerciales, et les vols vers Damas et Alep. Les Syriens résidant en France, pro-Assad ou simplement opposés à l’agression de leur pays, seront inquiétés, expulsés ou assignés à résidence. La diabolisation du régime baasiste et ses déficiences en matière de communication médiatique sont telles qu’il ne faut pas s’attendre à ce que le mouvement anti-guerre mobilise de grandes foules, sauf si la guerre dérape en conflit de grande ampleur.

 

A Moscou, le 18 novembre dernier, Vladimir Poutine a dit clairement à François Fillon qu’en Syrie la France ferait mieux « de s’occuper de ses oignons » (4). Sergueï Lavrov, son ministre des Affaires étrangères, a qualifié de « provocations politiques à l’échelle internationale » (5), les pressions exercées par les Occidentaux sur l’opposition syrienne pour qu’elle dénigre les réformes démocratiques initiées par le président Bachar al-Assad et ses offres de dialogue. Espérons que la présence de la flotte russe en Méditerranée sera suffisante pour calmer les ardeurs guerrières de Nicolas Sarkozy et des faucons de l’OTAN.

 

(1) Report : Russia warships to enter Syria waters in bid to stem foreign intervention (Haaretz – 18/11/11)

http://www.haaretz.com/news/middle-east/report-russia-warships-to-enter-syria-waters-in-bid-to-stem-foreign-intervention-1.396359

(2) Le porte-avions Maréchal Kouznetsov se prépare à croiser dans les eaux chaudes.

http://www.rusnavyintelligence.com/article-le-porte-avions-russe-amiral-kouznetsov-se-prepare-a-croiser-dans-les-eaux-chaudes-85433995.html

(3) Une intervention « limitée » préparée par l’OTAN en Syrie, par Claude Angeli (Le Canard Enchaîné - 23 /11/11)

(4) Syrie : Moscou invite la France à s’occuper de ses « oignons ».

http://www.rtl.fr/actualites/international/article/syrie-moscou-invite-la-france-a-s-occuper-de-ses-oignons-7736233227

(5) Syrie : Moscou dénonce des « provocations » occidentales

http://fr.rian.ru/world/20111121/192063188.html

Gilles Munier

samedi 26 novembre 2011, par Comité Valmy

http://www.france-irak-actualite.com/

http://www.comite-valmy.org:80/spip.php?article2053


2-2 Pierre Khalaf : Moyen-Orient : Une logique de Guerre froide.

L’internationalisation de la crise syrienne replonge le Moyen-Orient dans la logique de la guerre froide, qui, pendant plusieurs décennies, a permis à la Syrie de jouer les équilibres dans la cour des grands.

Damas renoue avec la politique des alliances et tente de tirer les dividendes d’une crise qui menace d’embraser militairement la région, d’Israël à l’Afghanistan, en passant par le Liban, la Syrie, l’Irak, l’Iran et les pétromonarchies du Golfe.

28 novembre 2011

Le risque de conflagration a jusqu’à présent dissuadé l’Otan, la Turquie et Israël d’intervenir militairement contre l’axe Damas-Téhéran allié au Hezbollah et au Hamas. La Russie et la Chine ont pour leur part, réussi à neutraliser les démarches occidentales visant la Syrie et l’Iran au Conseil de sécurité.

Le régime syrien semble loin d’être isolé. Bien au contraire, le retrait américain de l’Irak, perçu comme une défaite à Washington, risque de renforcer le front anti-américain, dans la région. Face à cette perspective alarmante, les pays occidentaux et leurs alliés arabes espèrent renverser le régime syrien, perçu comme le « maillon faible » de cette coalition hostile. C’est ce qu’affirme le néoconservateur américain Elliott Abrams. « La fin du régime d’Assad représentera un grand gain pour les États-Unis », affirme-t-il dans la publication du Council on Foreign Relations d’octobre.

C’est dans cette optique que les pays arabes dirigés par le Qatar se lancent dans une course contre la montre en imposant des délais, des exigences et des sanctions, qu’aucune partie ne semble vouloir respecter, à commencer par la Ligue elle-même et l’opposition syrienne radicale, liée à l’Occident.

L’initiative arabe, qui prévoyait l’arrêt des violences et l’ouverture d’un dialogue entre le régime et l’opposition, est restée sans lendemain.

L’armée syrienne multiplie les succès contre les enclaves rebelles, alimentées par un flot d’armes et d’argent en provenance des pays voisins.

Le Conseil national syrien (CNS), par la voie de Borhane Ghalioun et ses alliés islamistes, ont rejeté le dialogue proposé par la Ligue, contrairement au pouvoir syrien.

Plusieurs membres du Comité national pour le changement démocratique (CNCD, opposition de l’intérieur) ont, en revanche, accepté de dialoguer. En visite au siège de la Ligue arabe au Caire, une délégation syrienne regroupant des membres du CNCD et des opposants respectés dont Michel Kilo, Haitham Manaa et Fayez Sara a été violemment agressée par des partisans du CNS, qui appellent l’armée turque à envahir le nord de la Syrie afin de démocratiser le pays. C’est dans cet esprit que les partisans des Frères musulmans syriens ont agressé, le 20 novembre, une délégation d’acteurs et comédiens arabes en visite au Caire pour protester contre la suspension de la Syrie à la Ligue arabe.

Le secrétaire général des Frères musulmans syrien Riad Chakfi a appelé le 18 novembre l’armée turque à envahir le nord de la Syrie pour y établir une zone tampon, se basant sur l’identité sunnite de la Turquie, à laquelle s’identifie la confrérie.

Exorciser les illusions

L’Iran apparait comme le grand vainqueur en Irak et se prépare à combler le vide laissé par les Américains. L’axe Damas-Téhéran, lié par des intérêts convergents avec la Russie et la Chine, fait front commun pour briser le monopole militaire et pétrolier américain dans le Golfe et dans la mer Caspienne, autour duquel Washington a établi des bases militaires.

S’ajoute également aux yeux de la Russie, la menace turque, qui, depuis l’effondrement du bloc de l’Est en 1991, étend son influence politico-économique dans le Caucase russe, dans les États turcophones et islamiques de l’ex-Union Soviétique, en Asie centrale, ainsi qu’au Moyen-Orient et en Afrique du nord, sur les traces de l’empire ottomans, comme le rappelle Erdogan. Cette perspective inquiète également la Chine, qui fait face à un mouvement islamiste sécessionniste à l’est. Depuis le début de la crise en Syrie, Damas et Moscou sont ouvertement opposés au gouvernement islamiste de Recep Tayyep Erdogan, qui espère reproduire son modèle de gouvernement islamique pro-occidental à Damas.

Dans son édition du 18 novembre, le journal gouvernemental turc Sabah révèle des plans militaires turcs pour l’établissement d’une zone d’exclusion aérienne au nord de la Syrie, puis d’une zone tampon d’une profondeur de 5 km, allant jusqu’à la ville d’Alep à l’ouest, pour favoriser le déclenchement d’une guerre civile contre le pouvoir damascène.

La Syrie a immédiatement répliqué et lancé une opération militaire pour « exorciser les illusions », en établissant une zone militaire d’une profondeur de 20 km le long de la frontière turque. Damas joue également la carte kurde, susceptible de remettre en cause l’intégrité territoriale de la Turquie en cas de guerre.

A cela, s’ajoutent les déclarations des dirigeants iraniens, qui menacent d’allumer tous les fronts en cas d’attaque contre ses installations nucléaires et contre la Syrie. Téhéran et Moscou ont haussé le ton en expédiant des navires de guerre russes et iraniens aux larges des côtes syriennes, au moment où le président Assad se déclarait prêt à combattre.

Face à ce tableau tendu, les pays occidentaux et leurs alliés musulmans ne disposent d’aucun moyen pour renverser le pouvoir, à l’exception des sanctions politiques et économiques qui semblent loin de menacer la pérennité du régime.

Et même si la Ligue arabe maintient ses pressions sur le régime et transmet le dossier syrien au Conseil de sécurité, on retournera à la case de départ avec un double veto russo-chinois.

Ligne de fracture au Liban

La situation en Syrie est devenue la ligne de fracture entre les deux camps rivaux au Liban, et quoi qu’ils en disent, tous deux attendent avec impatience l’issue du bras de fer qui se joue dans ce pays pour définir leur nouveau plan de campagne.

Selon des sources de la majorité parlementaire libanaise, la nouvelle échéance pour la Syrie est le début de l’année 2012. Le régime aura passé le cap le plus dur et les pressions internationales devraient alors baisser en intensité pour de multiples raisons.

La plus importante consiste dans l’achèvement du retrait américain d’Irak, un départ qui ressemble de plus en plus à une défaite stratégique et qui permettra à l’Iran de se retrouver à la frontière de la Syrie via l’Irak, où la République islamique ne cesse d’augmenter son influence.

D’autres raisons sont liées à l’entrée des États-Unis dans une période préélectorale qui les empêche de prendre des décisions importantes à l’étranger. A partir du premier trimestre 2012, le monde devrait avoir d’autres priorités que la Syrie, notamment avec la crise économique grandissante dans la zone euro et dans le reste du monde.

Au cours des prochaines semaines, le régime syrien va donc subir le maximum de pressions. Mais de l’avis de nombreux observateurs, il y a très peu de risques que ce régime saute pour les raisons suivantes : le double veto russe et chinois le protège d’une résolution au Conseil de sécurité adoptant de nouvelles sanctions contre lui ou autorisant une action militaire, et l’équation établie par le secrétaire général du Hezbollah dans son dernier discours, qui annonce une guerre régionale en cas d’attaque contre la Syrie, le protège d’une action militaire de la Turquie.

Déclarations et prises de positions

Béchara Raï, patriarche maronite d’Antioche et de tout l’Orient

« La présence chrétienne en Orient se comprend en termes de communion et témoignage. Ceci signifie que nous ne pouvons pas penser notre avenir en dehors, en marge, ou contre les sociétés où nous vivons. En politique, cette communion se traduit en termes d’identité nationale commune, de citoyenneté et de participation. Nous confrontons l’enjeu des changements en cours dans certains pays arabes.

Tout en étant l’expression d’un éveil et d’un engagement pour une identité nationale commune, nous craignons que ces changements ne conduisent vers des conflits interconfessionnels, une transition vers des régimes plus durs encore et une partition de la région sur une base confessionnelle. Les chrétiens doivent faire face à toutes les tentatives de définir nos sociétés ou nos pays en termes d’identité religieuse. Nous devons nous opposer clairement à l’islamité exclusive de l’identité de nos pays ainsi qu’à la judaïté d’Israël.

Nous saluons l’heureuse déclaration d’al-Azhar du mois de juin dernier, qui confirme que l’islam ne stipule aucune identité religieuse pour l’État, lequel ne doit être ni religieux ni théocratique, mais civil respectant les valeurs religieuses fondamentales.

Nous invitons à un dialogue sincère entre les divers partenaires, politiques et religieux, libéraux, modérés ou conservateurs, islamistes et laïcs, locaux et internationaux, autour du concept de l’État civil. Les trois défis de la communauté chrétienne sont : la sécurité, les libertés fondamentales et la reconnaissance de la diversité.

Nous voulons affirmer que la sécurité est un droit à tout citoyen et que l’État se doit d’assurer. Il ne s’agit donc en aucune manière d’une protection d’une minorité par une majorité, mais d’un droit fondamental et commun à tous, sans distinction et sans discrimination aucune. Quant aux libertés fondamentales, nous souffrons dans quelques pays de la région de certaines formes de régime sécuritaire étatique ou social qui oppriment les libertés fondamentales de conscience, de culte et d’expression.

Nous ne craignons pas pour la présence chrétienne en Orient. Nous croyons que cela dépend davantage de la volonté de Dieu que de notre choix. Nous savons aussi que le scénario d’un monde arabe sans les chrétiens serait un scénario catastrophique pour l’Orient et pour l’Occident. Car ceci sera la fin de l’arabité en tant que culture plurielle et elle sera engloutie par la culture religieuse de l’islam. Ni l’islam ni l’Europe ne pourront supporter une telle situation. »

Najib Mikati, Premier ministre du Liban

« Le 5 septembre dernier, je m’étais entretenu avec le greffier du tribunal et je lui avais demandé quel était le délai ultime que l’on pouvait consentir pour le Liban. Il m’avait répondu : début décembre 2011. Je me suis alors engagé à ce que le Liban verse sa quote-part et j’ai informé Nabih Berry de ce délai. Aujourd’hui, nous y sommes. J’ai considéré que la meilleure façon de procéder était de soumettre la question à la table du Conseil des ministres à la fin du mois. J’en ai notifié les ministres et, à présent, que chacun assume ses responsabilités.

C’est une question très sensible qui a trait à la crédibilité du Liban. Quelqu’un peut-il croire qu’un Premier ministre est en mesure de dénier la justice après le meurtre d’un ancien chef de gouvernement. Si le Liban accepte de verser sa quote-part, il aura honoré ses engagements et préservé les résolutions internationales, y compris la 1701, ainsi que son droit à s’en remettre aux Nations unies pour défendre ses frontières maritimes.

Il aura aussi respecté son engagement à l’égard de la justice, préservé ses relations extérieures, aidé à maintenir la stabilité et empêché la discorde sunnito-chiite. Nous aurons aussi de cette manière sauvegardé la Résistance, car celle-ci ne peut être forte que si le Liban est fort. Lorsque le secrétaire général du Hezbollah, sayyed Hassan Nasrallah, avait dit qu’il fallait trancher par le vote, j’avais estimé qu’il avait laissé la porte ouverte. J’attends toujours des ministres qu’ils aient le sens patriotique pour protéger le pays. Mais s’ils ne me rejoignent pas sur ce point, j’en conclurais en effet qu’ils n’ont pas de sens patriotique.

Je sais que le Hezbollah ne va pas changer de position. Mais nous sommes aujourd’hui 12 pour le financement et on parle de la possibilité que trois ou quatre autres ministres nous rejoignent. L’affaire serait alors conclue. Je compte sur la sagesse de M. Berry. Le critère devrait être l’intérêt du Liban. Il ne fait pas de doute que je n’accepterai pas que, sous mon mandat, le Liban s’abstienne d’honorer ses engagements et sorte de la communauté internationale.

Que personne ne me comprenne mal ; en présentant ma démission, je protège le Liban, car si le gouvernement décide avec mon approbation le rejet du financement et si je reste au pouvoir, il y aura des sanctions contre le Liban. Je le redis à tous les ministres : l’affaire est sérieuse. Considérez le financement du TSL comme une police d’assurance face aux tempêtes de la région. Mon souci est de mettre le Liban à l’abri. Après une éventuelle démission, je n’accepterais pas d’être reconduit dans mes fonctions aux mêmes conditions. »

Alain Juppé, ministre français des Affaires étrangères

« Je fais confiance au Premier ministre libanais, Najib Mikati. Il tiendra parole au sujet du financement du TSL. Nous nous sommes rencontrés en septembre, et il m’avait assuré alors que toutes les dispositions seraient prises pour que le financement soit assuré, au bon moment. J’ai confiance dans sa parole, et je suis prêt à le recevoir. Nous avons déployé de grands efforts pour garantir la stabilité du Liban, mais tous ses efforts sont aujourd’hui menacés, et la chose nous inquiète. Il est impossible de sauver le Liban sans la participation de tous. Les Libanais doivent placer leur pays à l’écart des tensions régionales. Tout le monde sait le genre de relations qui existent entre la Syrie et le Liban. Une déstabilisation ou une guerre civile entre les diverses composantes de la société syrienne aura des conséquences sur le Liban. C’est ce que je veux dire quand je parle de déstabilisation régionale. »

Une analyse de Pierre Khalaf

New Orient News (Liban)
Rédacteur en chef :Pierre Khalaf (*)
Tendances de l’Orient No 59, 28 novembre 2011.


(*) Chercheur au Centre d’Etudes Stratégiques Arabes et Internationales de Beyrouth

Source :
http://www.neworientnews.com/news/fullnews.php ?news_id=49133

http://www.silviacattori.net/article2429.html



2-3 Roland Marounek  : Ban-Ki-Moon : TROUBLE COMPROMISSION avec l’OTAN.

VERS UN CONTRÔLE PLUS DIRECT DE L’ONU PAR L’OTAN

vendredi 25 novembre 2011, par Comité Valmy

Voir en ligne : Lire la déclaration allant dans le sens de la soumission de l’ONU à l’OTAN

 

Le 23 septembre dernier, Le Secrétaire Général de l’ONU Ban Ki-Moon et le Secrétaire Général de l’Otan Jaap de Hoop Scheffer ont signé en toute discrétion une « Déclaration commune sur la collaboration des Secrétariats des Nations Unies et de l’OTAN ». Ahurissant, non seulement pour le contenu de la déclaration, suffisamment vague pour rendre cette coopération extensible à loisir, mais surtout parce que l’existence même d’un tel accord de collaboration vise à octroyer à l’Otan un statut officiel de co-responsabilité dans le maintien de la paix mondiale.

Accord « secret » ?

L’existence de cette Déclaration de coopération a été révélé une première fois 2 semaines après sa signature, par le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, qui s’indignait justement qu’un tel accord puisse être signé à l’insu de la partie russe : « Avant de signer une telle déclaration, il est nécessaire d’en soumettre le projet à l’examen des pays membres. Dans le cas présent, cette procédure n’a pas eu lieu, l’accord entre les secrétariats a été signé en catimini. ». Le 3 décembre la Transnational Foundation for Peace and Future Research en publiait une version obtenue, précise-t-elle, sur simple demande auprès de l’Otan1.

Si l’accord n’est donc pas à proprement parler ’secret’, force est de constater qu’un maximum de discrétion l’entoure. Il n’est toujours pas publié ni sur le site de l’Otan, ni sur celui de l’ONU. Une telle discrétion devrait à elle seule alerter l’attention : Comment le représentant des Nations Unies peut-il s’octroyer le droit de passer dans l’ombre des accords avec une alliance militaire agressive, en court-circuitant les autres membres du Conseil de Sécurité ?

L’Otan, garante de la paix et du respect de la Charte des Nations-Unies...

« Une coopération [entre l’Otan et l’ONU] plus poussée contribuera de manière significative à faire face aux menaces et aux défis auxquels la communauté internationale est appelée à répondre » lit-on dans la Déclaration.

L’Otan est une alliance militaire d’une poignée de pays, qui défend par la menace ou l’agression, les intérêts économiques de l’Occident au détriment du reste du monde. Le concept Stratégique de l’Otan réaffirmait en 1999 que « la présence de forces nucléaires en Europe reste essentielle pour la sécurité de ce continent (...) [Les armes nucléaires] restent indispensables au maintien de la paix »2 De plus en plus ouvertement, l’Otan défend le principe d’intervention militaire hors-zone « pour défendre » les intérêts vitaux des pays membres tels que leur approvisionnement en ressources3.

Accepterait-on de tels concepts stratégiques de la part de la Chine par exemple ? Ou de l’Iran ? Du Venezuela ? Leurs droits à défendre leurs intérêts vitaux seraient-ils de moindre importance ? Ne feraient-ils pas partie de la même « Communauté Internationale » que les pays de l’Alliance Atlantique ?

Comment enfin le Secrétaire Général de l’ONU, censé être le gardien de la Charte des Nations Unies ose-t’il accorder officiellement le label de garant de la paix et de la sécurité internationales à une organisation qui a elle même directement violé la Charte des Nations Unies, en 1999, et en apporte jusqu’aujourd’hui son concours à l’agression de l’Irak ? Dont l’ancien Secrétaire Général Solana déclarait benoîtement que l’Otan avait la légitimité d’agir seule, en dehors de l’autorisation des Nations-Unies ?

Les relations ambiguës entre l’Otan et l’ONU

Bien sûr une telle collusion de fait entre le SG des Nations Unies avec les intérêts occidentaux n’est pas une chose tout à fait nouvelle. On peut rappeler comment Richard Holbrooke s’amuse à rapporter que Koffi Annan a gagné son poste en autorisant le bombardement de la Yougoslavie par les USA, en l’absence de son patron Boutros-Ghali. La caution a posteriori des agression de l’Otan en Yougoslavie, ou le silence devant la dérive de l’ISAF, théorique force de maintien de la paix, en force supplétive de l’invasion US en sont d’autres exemples. Par ailleurs, les rencontres informelles entre Otan et le secrétaire générale de l’ONU sont courantes depuis plusieurs années, et le site officiel de l’Otan étale avec complaisance les visites de haut niveau et les réunions de travail entre l’ONU et l’Otan.

Mais ce qui est réellement en jeu dans cette Déclaration de collaboration, c’est le cachet officiel que l’on espère donner à cette collusion. Car contrairement à une idée répandue jusqu’au sein du mouvement pour la paix, il n’existe à ce jour aucun accord clair et officiel de collaboration liant l’ONU à l’Otan.

En particulier, le commandement de l’ISAF n’a jamais été "confié" à l’Otan, malgré ce qu’une confusion entretenue à dessein tente de faire croire. La création d’une force de maintien de la paix (limitée aux environs de Kaboul dans un premier temps) a bien été votée par la résolution 1386 (décembre 2001), mais la direction de cette force était laissée à la bonne volonté des pays volontaires :

[Le Conseil de sécurité] demande aux États Membres de fournir du personnel, du matériel et des ressources à la Force internationale d’assistance à la sécurité, et invite les États Membres intéressés à se faire connaître auprès du commandement de la Force et du Secrétaire général

En août 2003 l’Otan a pris ’de fait’ la direction de l’ISAF, et cela n’est même pas officialisé dans une résolution ultérieure. La résolution 1510 d’octobre 2003 souvent citée, ne mentionne l’Otan que pour « prendre note » de sa demande d’élargir le mandant de l’ISAF à l’ensemble du territoire afghan :

[Le Conseil de sécurité] prenant note de la lettre datée du 6 octobre 2003 que le Secrétaire général de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) a adressée au Secrétaire général concernant un élargissement possible de la mission de la Force internationale d’assistance à la sécurité...

Les résolutions ultérieures telle la 1833 de septembre 2008 peuvent bien « saluer le rôle de premier plan joué par l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) et la contribution apportée par de nombreux pays à l’ISAF », ou « prier le commandement de l’ISAF [soit l’Otan, de fait] de le tenir régulièrement informé, par l’intermédiaire du Secrétaire général, de l’exécution du mandat de la Force », en aucune manière cela ne permet de prétendre que « le commandement de l’ISAF a été donné par les Nations Unies à l’OTAN » comme il est trop souvent admis.

Même la scandaleuse résolution 1244 (juin 1999) qui entérinait l’agression contre la Yougoslavie, n’accorde en fait aucun mandat officiel à l’Otan :

La présence internationale de sécurité, avec une participation substantielle de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord, doit être déployée sous commandement et contrôle unifiés et autorisée à établir un environnement sûr pour l’ensemble de la population du Kosovo et à faciliter le retour en toute sécurité de toutes les personnes déplacées et de tous les réfugiés.

L’Otan n’est pas le représentant de la (véritable) « Communauté Internationale »

La création des Nations-Unies et l’adoption de sa Charte ont représenté une avancée majeure de l’humanité : pour la première fois le droit international était au moins formellement opposé au droit du plus fort.

Bien évidemment ce n’est pas du tout un combat gagné d’avance, et en particulier depuis l’effondrement de l’URSS, les États-Unis et l’Otan tentent de toutes les manières, avec les meilleurs habillages possibles (droit d’ingérence humanitaire, imposition de la démocratie, lutte contre le terrorisme... ) de remettre en cause ce droit international, pour un ’droit’ où ces immenses puissances militaires sont gagnantes à coup sûr – le droit du plus fort. Le concept médiatique de Communauté Internationale sert à masquer cette tentative de décrédibilisation des Nations Unies.

Cette scandaleuse signature de Ban Ki-Moon est un pas de plus dans la même direction. Nous ne devrions pas accueillir ce texte avec indifférence, comme l’a fait l’ensemble de nos médias. L’ambassadeur russe auprès de l’OTAN Dmitri Rogozine ne s’y est pas trompé : "Ban Ki-moon a reconnu l’alliance non pas comme une organisation militaire régionale, mais comme un remplaçant de l’ONU dans toutes les affaires liées à la sécurité internationale. Le secrétaire général de l’ONU risque de subir une destitution. Ses actions sont honteuses".

Roland Marounek

Mise en ligne CV le 8 janvier 2009

vendredi 25 novembre 2011, par Comité Valmy

http://www.comite-valmy.org/spip.php?article139



3 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information.

3-1 Les Etats-Unis d’Amérique ont ouvert la boîte de Pandore.

Parti Communiste Bolchévique de toute l’Union Soviétique

DECLARATION DU COMITÉ CENTRAL

Parti Communiste Bolchévique de toute l’Union Soviétique 

À propos des évènements de Libye des 20 et 21 octobre 2011

« Les Etats-Unis d’Amérique ont ouvert la boîte de Pandore »

L’impérialisme Etats-Unis-Israël-OTAN a montré encore une fois sa gueule bestiale de vautour-cannibale ensanglantée dans l’immolation de milliers de vies humaines (50000 Libyens massacrés, plus de 200000 blessés, 2 millions, sur les 6 millions d’habitants de la Libye, sont devenus des réfugiés qui se sont involontairement trouvés sur la route de la domination mondiale, si passionnément désirée, des Etats-Unis d’Amérique. vers les gisements de ressources pétrolières et gazières mondiales. Il est universellement connu que la « faute » du dirigeant irakien Saddam Hussein était d’être assis sur le gisement de pétrole le plus riche du Proche-Orient et que c’est la raison pour laquelle il a été renversé par la campagne militaire des Etats-Unis d’Amérique contre l’Irak et sauvagement mis à mort par de maniaques sous-hommes américains qui ont fait la démonstration au monde entier de leur monstrueuse moquerie outrageante à l’égard de Saddam Hussein.

Les Etats-Unis d’Amérique ont accusé Saddam Hussein de posséder des armes de destruction massive, mais cette accusation n’a pas été confirmée, étant donné que Saddam Hussein n’avait pas de telles armes (1)

Aujourd’hui, les vautours impérialistes chantent leur victoire sur Muammar Kadhafi qu’ils ont tué le 20 octobre 2011. Sa « faute » à lui, pour les Etats-Unis, était la même que celle de Hussein mais « en plus », il était le dirigeant reconnu de la lutte de libération nationale des peuples de l’ensemble du continent africain, il avait prévu de créer une devise africaine, ce qui aurait porté un coup sérieux au statut du dollar américain. Muammar Kadhafi savait beaucoup de choses et aurait pu en dire beaucoup sur Sarkozy, Berlusconi, Cameron et consorts pour avoir été personnellement en rapport avec eux. De là les appels hystériques du ministre des Affaires étrangères des Etats Unis Hillary Clinton de tuer Kadhafi (pour effacer les traces). Sa récente visite à Tripoli - en compagnie (pour assurer sa garde) de militaires des 3e et 6e détachements du SEAL (Sea-Air-Land) (2) d’affectation spéciale américaine placé sous les ordres opérationnels du Commandement des opérations spéciales des Forces aériennes des Etats-Unis, où elle est arrivée en avion séparé, disloqué ensuite sur l’aéroport, et repartie dans la nuit du 20 au 21 octobre - fonde à considérer que l’opération d’extermination de M. Kadhafi a été réalisée sous le contrôle de Hillary Clinton en personne.

D’après les sources du ministère des Affaires étrangères des Etats-Unis, nous avons appris que le groupe composé des 3e et 6e détachements du SEAL, après la fin de la visite de H. Clinton à Tripoli, a pris place le 20 octobre avec des guides locaux dans leurs véhicules pour se diriger vers Syrte.

« Le groupe était composé de spécialistes de la lutte radio-électronique et de pointeurs azimutaux. Les premiers se sent occupés de l’opération de désinformation pour attirer Kadhafi hors de la ville les seconds ont pointé avec précision les bombardiers (anglais) sur la colonne de trois jeeps à bord desquelles se déplaçait le dirigeant de la Jamahiriya avec sa garde et des vanilliers. Quelques autres groupes ont bloqué les autres voies de départ de la ville, de sorte que l’on connaissait la seule direction probable du déplacement de la colonne où se trouvait M. Kadhafi. Après qu’il eut été constaté que les blessures du dirigeant de la Jamahiriya, du fait de l’attaque aérienne, étaient mortelles, son corps a été remis aux militaires du C.N.T. », a conclu l’informateur du ministère des Affaires Etrangères des É.-U.A. Ces derniers ont fait justice sommaire de M. Kadhafi. L’ex-chef du Service de sécurité du dirigeant libyen Manür Daw’ a dit que Muammar Kadhafi s’est conduit avec ’courage jusqu’à la dernière heure de sa vie et a seulement éprouvé de l’inquiétude pour le sort de son pays et de ses citoyens.

Muammar Kadhafi était une personnalité remarquable, un révolutionnaire-patriote de sa Patrie, sous lequel la Libye était devenue le pays le plus prospère de, l’Afrique, sous lequel chaque citoyen libyen, grâce aux 40 ans de gouvernement de M. Kadhafi, avait droit à l’instruction et à la protection médicale gratuites, à une subvention désintéressée de 50000 dollars aux jeunes ménages, au logement, à une allocation mensuelle de 730 dollars à chaque chômeur et autres avantages sociaux. L’Amérique impérialiste ou tout autre pays de l’OTAN peuvent-ils se venter de cela, eux qui, en violation de la nature de l’O.N.U. et au mépris de sa Résolution n° 1973 (du 24-03-2011), ont perpétré leurs bombardements barbares de la population civile des villes de Libye en essayant d’exterminer Muammar Kadhafi ? Barack Obama, lauréat prématuré du prix Nobel « de la paix », a poursuivi la mission sanglante de chef-terroriste -international commencée par son prédécesseur G.W.Bush.

Toutes les pseudo-« révolutions » qui se sont produites récemment et qui continuent de se produire aujourd’hui en Afrique et au Moyen-Orient’ ont été approuvées et financées par les Etats-Unis elles sont réalisées avec la participation directe des combattants d’affectation spéciale et des conseillers militaires, en utilisant les désœuvrés e et aigrefins locaux, les bobos avides d’argent, le tout grassement rémunéré par les commanditaires des « révolutions » en dollars américains, véritables papillotes de papier sans valeur que les presses de la Réserve Fédérale Etats-Unis impriment sans discontinuer.

Le Conseil de sécurité de l’O.N.U. a encore une nouvelle fois fait montre de son impuissance et de son inaptitude à assumer la fonction qui lui a été confiée par l’O.N.U. d’être tenu de défendre tout pays victime d’une agression arbitraire, de défendre le peuple de ce pays de son anéantissement par les fascistes contemporains. Dans les conditions du monde unipolaire, par suite de la destruction violente de l’U.R.S.S., le Conseil de sécurité de l’O.N.U. a perdu sa signification initiale, il s’est transformé en un fidèle servant des f.-U.A. et c’est pourquoi il doit être remplacé par un autre organe. L’OTAN, en qualité d’arme de réalisation de la politique militaire de conquête et de pillage des Etats-Unis doit être dissous puisque le but pour lequel il a été créé n’existe plus aujourd’hui : s’opposer au bloc des pays du Pacte de Varsovie. Ce sont ceux qui ont détruit l’U.R.S.S. qui sont pour beaucoup coupables du discrédit de Conseil de sécurité de l’O.N.U. comme garant de la paix et de la stabilité. Nous accusons nos « démocrates » leurs acolytes et leurs bailleurs de fonds qui ont effectué la contre-révolution en U.R.S.S., ce qui a eu des conséquences tragiques pour le monde entier.

Les moyens d’information de masse pro-occidentaux ont organisé à Tripoli un spectacle de pacotille bon marché dans le style d’Hollywood présentant aux caméras des correspondants occidentaux la « joie immense du peuple enfin libéré du tyran Muammar Kadhafi » avec même présentation de petites filles aux visages barbouillés aux couleurs de la « révolution ». On se demande si les femmes d’Orient, dans leur petite enfance, étaient aussi révolutionnaires et si politiquement au fait pour, déjà, comprendre CE QUI SE PASSAIT dans leur pays ? Sont-ils sûrs aujourd’hui, ces enfants et leurs parents, que le nouveau pouvoir banditoïde de mercenaires" et de parasites vénaux- pardon de « révolutionnaires »-insurgés - offrira à la jeunesse la possibilité de recevoir une instruction supérieure gratuite (aux frais de l ’Etat) en Europe comme du temps de Muammar Kadhafi : Les avantages sociaux, si importants pour le peuple seront-ils maintenus ? La Libye demeurera-t-elle l’État le plus heureux de l’Afrique ayant le niveau de vie le plus élevé sous le pouvoir des « Insurgés » ? C’est fort douteux.

Le plus probable est que les « vainqueurs » vont s’entre-égorger les uns les autres dans leur lutte pour le pouvoir, tandis que le peuple libyen n’aura plus qu’à s’enfoncer dans le tourbillon de la misère, de la faim et du banditisme effréné des « insurgés ».Un exemple vivant : l’Irak d’aujourd’hui.

À présent, pour remercier ses « amis » occidentaux pour leurs armes, au moyen desquelles les Insurgés ont anéanti le peuple de Libye, et pour les frappes aériennes des forces de l’OTAN sur les villes libyennes réduites en cendres, le Conseil national de transition (le C.N.T.) a déjà cédé à la France pratiquement gratuitement un tiers des ressources pétrolières (ce dont il avait déjà été convenu dès mars de l’année en cours). On se souvient que N. Sarkozy a, en s’abaissant on ne peut plus humblement, demandé de l’argent à Muammar Kadhafi pour sa campagne électorale présidentielle, argent qu’il a reçu et dont il s’est acquitté par la participation la plus active de la France à l’anéantissement de la Libye : et de son dirigeant. L’Angleterre n’a pas non plus été oubliée par le nouveau gouvernement de la Libye (le C.N.T.) : elle a reçu une grosse part d u gâteau pétrolier presque pour rien. Quant aux Etats-Unis il ne vaut même pas la peine d’en parler. A présent, après l’extermination de Muammar Kadhafi, Barack Obama se vante devant la communauté internationale du fait que « la mission de l’OTAN a été réalisée de la manière extrêmement efficace …Il ne fait aucun doute que nous avons accompli exactement ce que nous avions promis de faire en Libye. » c’est-à-dire dans le déroulement de l’opération militaire internationale pour l’assassinat de la population civile de la Libye. « Les Etats-Unis d’Amérique se réservent toujours le droit et l’obligation de se défendre, de défendre leurs alliés et leurs propres intérêts » On se demande bien, mais QUI a menacé et menace à présent les Etats-Unis et leurs acolytes de l’OTAN ? Comme on le sait, évidemment PERSONNE. Le 20 octobre, le président de la Russie D. Medvedev a déclaré que l’annonce de la capture de Kadhafi était une « excellente nouvelle » (ITARTASS) .La Douma d’Etat n’a pas repris cette déclaration en raison de la situation en Libye et de l’assassinat de Kadhafi.

Il y a 10 ans, les Etats-Unis ont rassemblé la communauté impérialiste dans la lutte pour les ressources énergétiques mondiales sous le drapeau de la prétendue « lutte contre le terrorisme » grâce à l’explosion, organisée parles services spéciaux des Etats-Unis des deux tours du World Trade Center à Manhattan le 11 septembre 2001 et à une série d’autres actes de terrorisme organisés par les mêmes services spéciaux. Aujourd’hui, les services spéciaux Etats-Unis ont élaboré une nouvelle technique pour s’ingérer dans les affaires de n’importe quel pays et pour renverser son dirigeant en organisant de prétendues « guerres et révolutions de libération nationale de renversement des - tyrans ».

Dans leur lutte pour les ressources énergétiques mondiale les Etats-Unis ont ouvert la boîte de Pandore en Afrique et au Proche-Orient par leurs « révolutions pour l’instauration de la démocratie à la mode américaine » et pour « la liberté de l’individu »

.Cela faisant, ils ont placé le monde devant le fait de l’élargissement de l’approfondissement de la guerre globale pour les ressources mondiales. Le tour de la Russie aussi approche de tomber victime des maniaques impérialistes Etats-Unis-Israël-OTAN.

Ayant ouvert la boîte de Pandore, Etats-Unis ne seront pas à même de la refermer. Ils ont eux-mêmes fixé la limite de leur possibilité de maîtriser les processus imprévisibles en plein développement qui conduisent à l’apocalypse générale. Les évènements qui se produisent dans le monde par la faute de l’empire du mal, les É.-U.A. exigent que soit créé un monde multipolaire et un nouveau système pour le gérer à la place du Conseil de sécurité de l’O.N.U. et à la place de l’O.N.U. elle-même qui se sont transformés en un instrument inféodé aux É.-U.A. pour la violence et le brigandage à l’échelle internationale.

Les auteurs de l’assassinat bestial de Muammar Kadhafi tentent d’une manière ou d’une autre de justifier (ce qui est impossible) ou d’amoindrir aux yeux de l’opinion publique le crime qu’ils ont perpétré.

Barack Obama et ses acolytes vont très rapidement se convaincre dans la pratique que la violence et les assassinats auxquels ils se sont livrés en Libye seront vengés. La lutte des peuples d’Afrique et du Proche-Orient, des peuples du monde entier, contre le banditisme-terrorisme international des É.-U.A. et de l’Europe impérialiste du bloc agressif Etats-Unis-Israël-OTAN, ne fait que commencer. Et la Libye n’est pas brisée.

Muammar Kadhafi a été et restera aux yeux des honnêtes gens de la planète un patriote de son pays, un héros, intrépide et honnête, qui ne s’est pas caché et ne s’est pas enfui de son pays pour sauver sa peau. Muammar Kadhafi restera pour toujours, dans l’histoire de la lutte pour la liberté et l’indépendance des pays du continent africain, comme un remarquable homme politique et homme d’État gui a commencé les transformations socialistes en Libye qui a osé s’opposer ouvertement à la dictature Etats-Unis. Il est déjà entré dans l’histoire comme guerrier, héros et fils fidèle de son peuple qu’il a aimé et auprès duquel il est toujours resté

Le Comité Central du Parti Communiste Bolchévique de toute l’Union Soviétique

LENINGRAD, le 22-10-2011.

http://comaguer.over-blog.com

1. Les armes de destruction massive, ce sont Etats-Unis qui les possèdent et qui les ont déjà utilisées de nombreuses fois et les utiliseront probablement encore. (NDT)

2- SEAL, sigle américain de « Sea-Air-Land » qui désigne un groupe mixte de débarquement-diversion (petites unités de bâtiments de combat de l’aéronavale ou de l’infanterie de marine). (N.D.T.)

URL de cet article 15240

« Nouvelles d’U.R.S.S. », n° 112, novembre-décembre 2011
http://www.legrandsoir.info/les-etats-unis-d-amerique-ont-ouvert-la-boite



Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières,les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

" Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19



 

25/11/2011

n°23 - Analyse - Géopolitique et stratégie – Réflexion de Syrie (2) - 24-11 - 1ap - : Bill Van Auken : Les Etats-Unis planifient un renforcement militaire dans le Golfe persique pour compenser le retrait de l’Irak

n°23 - Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion de Syrie (2) - 24-11 - 1ap - :   Bill Van Auken : Les Etats-Unis planifient un renforcement militaire dans le Golfe persique pour compenser le retrait de l’Irak




Face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Sa diffusion est un acte de résistance.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources.



Analyse -  Géopolitique et stratégie Réflexion

deSyrie (2)

n°23                             24-11

C.De broeder & M.Lemaire



Le "Dossier Syrie :Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage1" est  visible 

a) sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

b) sur le site de Eva Resis           :  no-war.over-blog.com

c) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com  

d) sur le site : www.palestine-solidarite.org à cette adresse : http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

NB : Si vous voulez-nous contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire de la lutte pour la libération du territoire.


Sommaire :  

Tiré à part

Louis Denghien : Condamnation de la Syrie : un succès euro-américain sans doute sans lendemain.

Domenico Losurdo : Les disciples de Goebbels à l’œuvre contre la Syrie.

1 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion 

1-1 Fisk :La Syrie glisse vers la guerre confessionnelle.

1-2 Bill Van Auken : Les Etats-Unis planifient un renforcement militaire dans le Golfe persique pour compenser le retrait de l’Irak.

1-3 Akil Cheikh Hussein : Les menaces contre l'Iran et la Syrie...

2 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

2-1 Jacques Borde : Syrie – Après Tripoli, Damas.

2-2 Pierre Khalaf : Syrie et Liban dans la tourmente des alliances contre nature.

2-3 Seyed Abdollah Hoseini : Occident/Libye : la récompense néocolonialiste.

2-4 Communiqué Amal-Hezbollah: Le Liban restera aux côtés de l’Iran et de la Syrie



Tiré à part

Louis Denghien : Condamnation de la Syrie : un succès euro-américain sans doute sans lendemain.

Comme pas mal de choses touchant à l’espèce de « diffamation internationale » dont est victime l’Etat syrien, la condamnation de Damas par l’Assemblée générale de l’ONU, mardi 22 novembre, ne constitue pas une surprise : la pression de l’axe euro-américain, accrue par la « caution morale et politique » de la Ligue arabe, et certainement les arguments diplomatiques et économiques dont dispose cette coalition contre des Etats mineurs pour ne pas dire symboliques, tout cela aboutit « naturellement » à une majorité de 122 contre 13 – et 41 abstentions. Les abstentions équivalant, dans le contexte de cette affaire, à des refus de condamnation, on peut dire sans solliciter les résultats qu’un gros quart des nations composant l’ONU ont refusé de se plier à l’oukase occidental. Parmi celles-ci, bien sûr, la Russie et même la Chine que nos médias voyaient « évoluer » sur le dossier syrien.

Rappelons tout de même que ce texte répercute les simplifications et falsifications véhiculées depuis des mois par la diplomatie américaine « and co » : il condamne « les exécutions arbitraires et l’usage excessif de la force« , enjoint au gouvernement syrien de « cesser immédiatement toutes les violations des droits de l’homme » ainsi que la « persécution » contre les manifestants de l’opposition, « condamne sévèrement les violations des droits de l’homme graves et systématiques« , etc, etc. Et donc il ne dit rien de la réalité, qui est que la violence du pouvoir ne fait que répondre quotidiennement à celle, particulièrement « grave » et cruelle dans bien des cas, de l’opposition radicale armée. Mais, au fait, on n’est pas ici dans le domaine de l’objectivité et de l’équité, mais plutôt dans la confrontation géostratégique.

Un vote symbolique, mais aussi un outil diplomatique

Le représentant syrien aux Nations-Unies, Bachar Jaafari, ne pouvait faire moins, à l’issue de ce vote, que d’accuser les initiateurs de cet énième texte anti-syrien, à savoir la France, la Grande-Bretagne et l’Allemagne, d’ »incitation à la guerre civile » dans son pays, encourageant la sédition armée et donc d’être responsables au premier chef de l’ »escalade de la violence » en Syrie.

On sait que pareil texte, adopté par l’Assemblée générale de l’ONU, n’a pas de valeur contraignante pour celle-ci, et a d’abord une portée diplomatique symbolique. Mais le représentant allemand, Peter Wittig, n’a pas fait mystère qu’il s’agissait là d’une première étape pour revenir au Conseil de sécurité avec une « légitimité » renforcée et y obtenir enfin une condamnation, cette fois « opératoire », de la Syrie. La « suspension » de la Syrie par la Ligue arabe n’a pas d’autre but (à peine) caché. Mais le correspondant de Reuters cite les confidences de diplomates onusiens constatant que ce processus de retour au conseil de sécurité « risque de prendre des semaines, sans garantie de succès, avant que la Russie et la Chine ne soient convaincues de changer de position. »

Oui, ça risque de prendre d’autant plus de temps que tant Moscou que Pékin sont bien conscients qu’ils sont engagés dans un bras de fer de longue haleine et de grande ampleur contre un « Occident » – « Empire atlantiste » conviendrait mieux, eut égard à la civilisation que l’Occident a représenté – aussi arrogant que cynique et irresponsable. Ce n’est évidemment pas une question de morale, laquelle n’a rien à faire dans les confrontations internationales, mais d’intérêts géostratégiques et économiques bien compris pour ces deux puissances continentales alliées, engagées de fait dans une guerre froide – ou tiède – contre l’axe euro-américain, une guerre dont le front traverse, pour leur malheur, la Syrie et tout le monde arabe.

Louis Denghien,

http://www.infosyrie


Domenico Losurdo : Les disciples de Goebbels à l’œuvre contre la Syrie.

Quelle est la nature du conflit qui investit la Syrie depuis quelques mois ? Je voudrais avec cet article inviter tous ceux qui ont à cœur la cause de la paix et de la démocratie dans les rapports internationaux à se poser quelques questions élémentaires, auxquelles, de mon côté, j’essaierai de répondre en laissant la parole à des organes de presse et journalistes qu’on ne peut suspecter de complicité avec les dirigeants de Damas.

1. Il convient en premier lieu de se demander quelle était la condition du pays moyen-oriental avant l’arrivée au pouvoir, en 1970, des Assad (père puis fils) et du régime actuel. Eh bien avant cette date, « la république syrienne était un Etat faible et instable, une arène pour les rivalités régionales et internationales » ; les événements des derniers mois signifient le retour à la « situation précédant 1970 ». En ces termes s’exprime Itamar Rabinovitch, ancien ambassadeur d’Israël à Washington, dans The International Herald Tribune du 19-20 novembre 2011. Nous pouvons tirer une première conclusion : la révolte appuyée en premier lieu par les USA et l’Union européenne risque de ramener la Syrie dans une condition semi-coloniale.

2. Les condamnations et les sanctions de l’Occident et son aspiration au changement de régime en Syrie sont-elles inspirées par l’indignation pour la « brutale répression » de manifestations pacifiques dont le pouvoir  se serait rendu responsable? En réalité, en 2005 déjà, « George W. Bush désirait renverser Bachar al Assad, alors premier ministre »[1]. C’est ce que rapporte encore l’ex-ambassadeur israélien à Washington, lequel ajoute que la politique de regime change en Syrie est maintenant celle que poursuit aussi le gouvernement de Tel Aviv : il convient d’en finir avec un groupe dirigeant qui appuie depuis Damas « le Hezbollah au Liban et le Hamas en Syrie » et qui a des liens étroits avec Téhéran. Oui, « profondément préoccupé par la menace iranienne, Israël pense qu’enlever la brique syrienne du mur iranien pourrait déboucher sur une nouvelle phase de la politique régionale. Il est clair que soit le Hezbollah soit le Hamas avancent à présent avec davantage de prudence ». Donc, la cible de la révolte et des manœuvres qui lui sont connexes n’est pas seulement la Syrie, mais aussi la Palestine, le Liban et l’Iran : il s’agit d’asséner un coup décisif à la cause du peuple palestinien et de consolider la domination néo-coloniale d’Israël et de l’Occident dans une aire d’importance géopolitique et géo-économique décisive.

3. Comment poursuivre cet objectif ? Guido Olimpio nous l’explique dans le Corriere della Sera du 29 octobre : à Antakya (Antioche), dans une région turque frontalière de la Syrie, est déjà à l’œuvre « l’Armée syrienne libre, une organisation qui mène la lutte armée contre le régime d’Assad ». C’est une armée qui a l’usufruit des armes et de l’assistance militaire de la Turquie. De plus -ajoute Olimpio- (dans le Corriere della Sera du 13 novembre) Ankara « a exercé des menaces contre la création d’une zone tampon de trente kilomètres en terre syrienne ». Donc, le gouvernement de Damas non seulement doit faire face à une révolte armée, mais une révolte armée appuyée par un pays qui dispose d’un dispositif militaire de première importance, qui est membre de l'OTAN et qui menace d’envahir la Syrie. Quelles qu’aient été les erreurs et les fautes de ses dirigeants, ce petit pays est à présent l’objet d’une agression militaire. Depuis des années en forte croissance économique, la Turquie depuis quelques temps montrait des signes d’impatience à l’égard de la domination exercée au Moyen-Orient par Israël et les USA. Obama répond à cette impatience en poussant les dirigeants d’Ankara à un sous-impérialisme néo-ottoman, contrôlé évidemment par Washington.

4. Comme il résulte des analyses et témoignages que j’ai rapportés, la Syrie est contrainte à lutter dans des conditions assez difficiles pour garder son indépendance, elle doit dores et déjà affronter une formidable puissance économique, politique et militaire. De plus, l’OTAN menace, directement ou indirectement, les dirigeants de Damas de leur infliger le lynchage et l’assassinat qui ont scellé la mort de Kadhafi. L’infamie de l’agression devrait être claire pour tous ceux qui sont disposés à accomplir un ne serait-ce que modeste effort intellectuel. Si ce n’est que, se prévalant de sa terrible puissance de feu multimédiatique et des nouvelles technologies de manipulations rendues possibles par Internet, l’Occident présente la crise syrienne en cours comme l’exercice d’une violence brutale et gratuite contre les manifestants pacifiques et non-violents. Il ne fait aucun doute que Goebbels, le maléfique et brillant ministre du Troisième Reich, a fait école ; il convient même de reconnaître que ses disciples à Washington et Bruxelles ont même à présent dépassé leur maître jamais oublié.

Publié lundi 21 novembre 2011 sur le blog de l’auteur

http://domenicolosurdo.blogspot.com/

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio


[1] Erreur dans la déclaration de l’ambassadeur israélien : Bachar al Assad n’a jamais été premier ministre, mais directement président de la République, à la mort de son père. NdT.

Domenico Losurdo

Le 22 novembre 2011

Bulletin électronique Mondialisation.ca
www.Mondialisation.ca

URL de cet article: http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=27814


Avis de non-responsabilité : Les opinions exprimées dans cet article n'engagent que l'auteur et ne reflètent pas nécessairement celles du Centre de recherche sur la mondialisation.


1 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion 

1-1 Fisk :La Syrie glisse vers la guerre confessionnelle.

Nb la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information

 

 « La guerre inter-confessionnelle devient une réalité en Syrie

(Manifestants pro-Bachar : pour Fisk, ils sont là de leur plein gré.

.Il y avait le journaliste de la télévision syrienne qui m’a demandé ce que je pensais de la situation en Syrie, et moi qui disais que vous ne pouvez plus infantiliser les Arabes, que les soulèvements/révoltes/révolutions/troubles dans le monde arabe étaient tous différents, mais que la dictature ne marche pas, que s’il y avait – si – une constitution nouvelle et sérieuse, pluraliste avec de vrais partis politiques et de véritables élections libres, la Syrie pourrait simplement sortir de cette tragédie, mais que le gouvernement n’avait plus beaucoup de temps… plus que très peu de temps.

Nous verrons si cela sera diffusé ce samedi (les lecteurs seront tenus informés) mais à l’extérieur dans la rue, une autre manifestation pro-Assad vient de commencer. Ils sont 10 000 puis bientôt 50 000 – ils pourraient se retrouver 200 000 en milieu de journée – et il n’y avait pas de transports de gens en camions dans le style de ce que faisait Saddam, sur la Place des Omeyyades. Il n’y a aucune présence des services de la Mukhabarat [renseignements] et les soldats sont ici avec leurs familles.

Où donc a-t-on vu une manifestation pro-gouvernementale lors du « réveil arabe » ? Il y avait des femmes voilées, des vieillards, des milliers d’enfants avec « Syrie », écrit sur leurs visages. La plupart portent des drapeaux syriens, certaines brandissant même des drapeaux de la Russie et de la Chine.

Ont-ils été contraints de venir ? Je ne le pense pas – pas par le gouvernement Assad, en tout cas. Certains jouent au football dans les parcs autour de la place. D’autres ont marqué leurs noms – musulmans et chrétiens – sur une bannière décorée avec des branches d’un arbre massif représentant la Syrie. Mais si ces personnes étaient sous une contrainte, c’est celle des récits venant du nord.

J’ai parlé à 12 hommes et femmes. Cinq m’ont parlé de parents dans l’armée et qui ont été tués à Homs. Et les nouvelles de Homs sont très mauvaises. J’ai dîné mardi soir avec un vieil ami. Un de ses cousins, âgé de 62 ans, un ingénieur à la retraite, avait donné de l’eau à des soldats à Homs. Le lendemain matin, des hommes armés ont frappé à sa porte et l’ont abattu. Il était chrétien.

Bien sûr, le gouvernement Assad avait mis en garde contre le risque d’une guerre sectaire. Bien sûr, le gouvernement Assad s’est donné le rôle du seul protecteur des minorités. Bien sûr, le gouvernement Assad avait affirmé que des islamistes et des « terroristes » étaient derrière l’opposition au régime qui est dans la rue. Il est également clair que la brutalité des forces de sécurité syriennes à Deraa et Homs et dans d’autres villes contre des manifestants désarmés a été un scandale, que ceux qui sont au gouvernement reconnaissent en privé.

Mais il est aussi transparent que la lutte en Syrie passe maintenant à travers le centre du pays et que de nombreux hommes armés s’opposent à l’armée. En effet, il m’a été rapporté que la ville de Homs – parfois pendant plusieurs heures d’affilé – tombe hors du contrôle du gouvernement. Les damascènes qui voyagent jusqu’à la ville d’Alep au nord pouvaient prendre le bus. Mais aujourd’hui plus que jamais, ils prennent l’avion pour éviter la route dangereuse entre Hama et Alep. Ce sont les raisons, je pense, qui font que tant de milliers se sont déplacés pour manifester hier à Damas. Ils ont peur.

Les journalistes étrangers ne sont pas autorisés à voyager à Homs – une grave erreur de la part du régime – où les sunnites, alaouites et chrétiens vivent proches les uns des autres, au milieu d’Arméniens, de Circassiens et d’autres groupes. Une guerre sectaire pourrait bien être dans l’intérêt cynique de tout régime luttant pour sa survie. Mais à moins que tous ceux que j’ai rencontrés seraient en train de mentir (ce que je ne crois pas), c’est maintenant une réalité de plus en plus pesante dans le centre de la Syrie. Face à cela, aucun veto russe ou chinois aux Nations Unies ne sera d’une quelconque utilité.

Une délégation de la Ligue arabe – la plus pathétique et la plus inutile des institutions arabes – devait arriver à Damas hier après-midi. Dans quel but ? Sont-ils censés envoyer une force de « paix » ? Il y a deux jours, Mohamed Kadour, le doyen de la Faculté de pétrochimie à l’université d’Homs, a été kidnappé en échange de la libération de détenus. Il a été libéré un jour plus tard. Si les hommes emprisonnés ont été libérés, nous ne le savons pas. Mais c’est déjà arrivé. Dans la ville d’Idlib, dit-on, tout le monde est armé. Et les armes – c’est toujours ce qui se dit – viennent du Liban.

Demandez qui sont ces hommes armés dans la région du centre de la Syrie et vous obtiendrez une foule de réponses : des Bédouins qui font de la contrebande de drogues avec l’Arabie Saoudite, des transfuges de l’armée, des « islamistes » venus d’Irak, « des gens qui pensent juste que il n’y a pas d’autre moyen de se débarrasser du régime ». Damas est une ville encore épargnée, avec ses lumières en fin de soirée dans les magasins et les restaurants et les milliers de personnes déambulant dans les rues. Mais Damas n’est pas toute la Syrie. Cette ville est dans une sorte de bulle.

Je me suis levé, hier, après seulement une heure et demie de sommeil – car à l’extérieur de mon hôtel, les employés du gouvernement étaient en train de tester le système sonore assourdissant pour la manifestation. Toute la nuit il y a eu des rafales d’acclamations pré-enregistrées, des tambours, des applaudissements et des trompettes. Mais ces foules d’hier avaient-elles vraiment besoin de ces applaudissements fictifs et de tous ces ajouts trompeurs à leur propre manifestation ?

Officiellement, les choses vont mieux en Syrie. J’en doute.

Si le chiffre publié par les Nations unies de plus de 3 000 morts civils est correct, et si les chiffres côté syrien de 1 150 morts militaires sont corrects, et si le chiffres des morts de ces trois derniers jours – peut-être encore une cinquantaine – sont exacts, alors 4200 Syriens ont été tués en l’espace de sept mois. Et cela suffit pour susciter les craintes de tout un chacun. »

Robert Fisk –

The Independent

Samedi 29 octobre 2011


1-2 Bill Van Auken : Les Etats-Unis planifient un renforcement militaire dans le Golfe persique pour compenser le retrait de l’Irak.

Le gouvernement Obama et le Pentagone planifient un renforcement considérable des moyens militaires dans le Golfe persique pour compenser le retrait des troupes de l'Irak et se préparer à de nouvelles guerres dans la région.

Les responsables, les diplomates et les commandants américains cités dans un article publié dimanche par le New York Times ont indiqué que de nouveaux déploiements pourraient inclure le stationnement de brigades de combat au Koweït, de l'autre côté de la frontière de l'Irak à une distance permettant facilement de frapper l'Iran et d'« envoyer dans la région davantage de bâtiments de guerre par les eaux internationales. »

L'existence de ces projets a émergé après l'annonce faite par le président Barack Obama le 21 octobre que toutes les forces américaines occupant l'Irak seront retirées du pays avant la fin de cette année.

Alors que le gouvernement Obama et ses apologistes présentent ce projet de retrait comme la réalisation des promesses de campagne du président démocrate concernant la fin de la guerre en Irak, et même comme un tournant vers la paix dans la région, en fait il n'en est rien.

En fait, la date d'échéance du retrait en décembre 2011 avait été fixée par le gouvernement Bush dans un Status of Forces Agreement (un accord sur le statut des forces, SOFA) négocié en 2008 avec le régime de Bagdad soutenu par les Etats-Unis. Les deux gouvernements de Bush et d'Obama, aux côtés de leur gouvernement clientéliste de Bagdad ont cherché à négocier un nouvel accord qui aurait permis que jusque 20.000 forces américaines demeurent dans le pays, enregistrés comme « formateurs » et « conseillers. »

Ces négociations ont toutefois échoué en raison de l'incapacité du régime irakien à obtenir une approbation parlementaire pour l'immunité juridique des troupes américaines exigées par le Pentagone. Compte tenu de la colère profonde ressentie par le peuple irakien contre les crimes de guerres atroces commis par les forces américaines et la perte de plus d'un million de vies irakiennes depuis l'invasion de 2003, aucun parti irakien majeur n'est prêt à associer son nom à un soutien à l'impunité de l'armée américaine.

Dans les coulisses, les négociations se poursuivent entre Washington et le gouvernement irakien au sujet du maintien de troupes américaines pour les forces de sécurité irakiennes.

Tom Donilon, conseiller à la Sécurité nationale des Etats-Unis, a rencontré samedi à Washington son homologue irakien Falah al-Fayyath pour discuter de la façon dont ces liens vont être maintenus après le retrait planifié. Selon une déclaration de la Maison Blanche, les deux responsables « ont réaffirmé la vision commune d'un profond partenariat élargi entre les Etats-Unis et l'Irak comme prévu dans le Strategic Framework Agreement (accord cadre stratégique). »

Le porte-parole de la Maison Blanche a ajouté que les deux responsables « étaient déterminés à développer des mécanismes supplémentaires pour l'établissement d'un dialogue stratégique continu entre les Etats-Unis et l'Irak. »

Washington n'abandonne en aucun cas sa tentative de dominer l'Irak. Ils projettent de laisser là-bas une force de quelque 5.500 employés de sécurité privés en tant qu'armée de mercenaires contrôlée par le Département d'Etat américain, ainsi que quelque 16.000 civils employés par le gouvernement américain et basés dans la plus grande ambassade américaine du monde.

Un rapport publié dimanche par l'Inspecteur général spécial américain pour la reconstruction de l'Irak (Special Inspector General for Iraq Reconstruction, SIGIR) cite le chef d'état-major de l'armée irakienne, le lieutenant général Babaker Zebari, disant que les forces de sécurité irakiennes n'auront pas la capacité « sans l'aide de partenaires internationaux » de défendre l'espace aérien et les frontières du pays jusqu'à l'horizon 2020 à 2024. Manifestement, l'implication est que les Etats-Unis resteront la force militaire dominante en Irak bien après la date limite du retrait, et ce au moyen essentiellement d'une puissance aérienne.

Néanmoins, les plans d'urgence révélés dimanche par le Times indiquent que Washington se prépare à une guerre bien plus vaste dans la région après le retrait des troupes d'Irak.

De nouveaux objectifs pour une agression américaine comprennent à la fois la Syrie et l'Iran. La déclaration faite par le président Barack Obama après le meurtre sordide le 20 octobre du dirigeant libyen Mouammar Kadhafi contenait une menace à peine voilée que la Syrie se trouvait dans la ligne de mire des Etats-Unis et de l'OTAN pour une opération de changement de régime identique à celle menée en Libye.

Le sérieux accordé à ces menaces par le régime syrien a été reflété dans une interview de Bashar al-Assad publiée dimanche par le journal britannique Telegraph. Le président syrien a averti qu'une intervention occidentale en Syrie provoquerait un « séisme » qui ébranlerait la région et menacerait de déclencher des « dizaines d'Afghanistan. »

Les Nations unies ont estimé que jusqu'à 3.000 Syriens sont morts dans les troubles qui ont balayé une grande partie du pays depuis mars dernier. Le gouvernement syrien a affirmé que 1.100 soldats et policiers ont été tués lors des affrontements avec les tireurs antigouvernementaux.

Prendre la Syrie pour cible d'agression représenterait le prélude à une guerre encore plus vaste contre l'Iran que Washington considère comme l'un de ses principaux rivaux dans les deux régions stratégiques riches en énergie du Golfe persique et de l'Asie centrale. Après avoir échoué dans deux guerres extrêmement sanglantes et coûteuses au cours de cette dernière décennie – en Afghanistan et en Irak – pour préserver sa domination dans ces régions, l'impérialisme américain n'abandonnera en aucun cas ses objectifs prédateurs. L'échec de ces deux guerres ne fait que créer une impulsion plus forte encore pour une troisième guerre, contre l'Iran cette fois.

Washington est en train de poursuivre une stratégie d'escalade de provocations contre le régime iranien et qui s'est exprimée tout dernièrement dans sa tentative de faire croire à un « complot terroriste » extrêmement improbable qui impliquerait Téhéran dans une conspiration visant à passer un contrat avec un gang de trafiquants de drogue mexicain pour le meurtre de l'ambassadeur saoudien aux Etats-Unis. Dans le même temps, des diplomates américains parcouraient l'Europe en vue d'obtenir du soutien pour l'imposition de sanctions contre la banque centrale de l'Iran, soit embargo économique hâtif qui constituerait un acte de guerre.

« Gardant l'oeil sur la menace d'un Iran belligérant, le gouvernement cherche aussi à élargir ses liens militaires avec les six pays du Conseil de coopération du Golfe (Gulf Cooperation Council, GCC) – l'Arabie saoudite, le Koweït, Bahreïn, le Qatar, les Emirats arabes unis et Oman, » rapporte le Times. Il ajoute que la Maison Blanche et le Pentagone « essaient de développer une nouvelle 'architecture sécuritaire' pour le Golfe persique qui intègrerait des patrouilles aériennes et navales et une défense antimissiles. »

En d'autres termes, Washington tente de rabibocher une alliance anti iranienne et contre-révolutionnaire militaire fondée sur une coopération américaine avec les régimes monarchiques les plus réactionnaires de la région. Un tel pacte militaire viserait à éliminer tout nouveau soulèvement des masses arabes, comme l'avaient faits eux-mêmes les émirats du GCC à l'encontre des masses au Bahreïn, et à fournir une base à l'agression militaire des Etats-Unis contre l'Iran.

Selon l'article du Times, ces préparatifs sont déjà bien avancés et les résultats des négociations concernant l'effectif des forces de combat américaines qui seront déployées au Koweït « seront disponibles dans les jours à venir. »

Il ne fait pas de doute qu'une préoccupation majeure de Washington est la stabilité de ces Etats alliés du Golfe même. L'Arabie saoudite, clé de voûte de la stratégie contrerévolutionnaire américaine dans la région, a elle aussi été ébranlée par des troubles survenus à l'Est du pays, dans sa province productrice de pétrole et à forte prédominance chiite. Un rapport inhabituellement franc de la monarchie située dans le désert a été affiché dernièrement sur Al Jazeera, indiquant que « la lignée de successeurs octogénaires » de la monarchie corrompue « rappelait les dernières années de l'Union soviétique, lorsqu'un dirigeant infirme succédait au précédent pour une brève période de règne inerte. »

Des aspects de politique interne aux Etats-Unis contribuent aussi au renforcement d'une nouvelle guerre. Obama a subi les feux de la critique des Républicains au sujet de l'annonce du retrait de l'Irak, les sénateurs républicains exigeant des audiences quant à ses implications. Et la menace d'une action militaire contre l'Irak est, à n'en pas douter, considérée au sein de l'aile droite du Parti démocrate comme un moyen efficace de contrer de telles critiques.

Mais ce qui est plus décisif toutefois, ce sont les inquiétudes au sujet des troubles sociaux grandissants aux Etats-Unis qui ont trouvé leur expression initiale dans les protestations Occupons Wall Street qui se sont déclenchées partout dans le pays. L'élite dirigeante américaine considère une nouvelle aventure militaire comme un moyen de détourner les conflits de classes qui s'intensifient au sein de l'Amérique même.